Le Village des damnés et Vidéodrome

 

par Docteur Cronenberg et Mister Carpenter

Le Village des damnés, de John CarpenterSi l’envie vous prend de découvrir ou revoir dans des conditions optimum, deux œuvres de deux des plus formidables artisans de l’horreur fantastique, alors ces coffrets sont faits pour vous.

John Carpenter et David Cronenberg. Quoi de plus différent que ces deux-là ! Le populo contre l’intello. Et pourtant. Quoi de plus semblable que ces deux cinéastes subversifs et engagés, fervents critiques des communautés et des individus qui les composent. Un temps décriés et haïs, ils sont aujourd’hui les figures incontournables d’un genre toujours mésestimé.
Dans Le Village des damnés et Vidéodrome, Carpenter et Cronenberg se plaisent à déformer les corps et les esprits pour mieux dénoncer les auteurs de ces abominables sévices. Il faut voir pour y croire. Mais qui sont les auteurs de ces crimes ? Ceux qui nous mentent, nous manipulent, nous avilissent et nous ridiculisent ? Le message de Carpenter et Cronenberg est limpide ; regardons-nous dans la glace.

Le Village des damnés (1995) dépeint le traumatisme d’une petite bourgade rurale après la naissance simultanée d’enfants dotés de superpouvoirs. Ces gamins, monstres aux cheveux d’or, déambulent dans les rues, s’exhibent comme des dieux jusqu’à aspirer le moindre souffle de vie chez des habitants qui se sentent harcelés, étouffés, tourmentés, réduits à de sombres idiots. C’est tout un mode d’existence qui s’effondre, l’essence même de la société villageoise classique, pourrie et sclérosée dans ses vieux oripeaux, ses vieilles coutumes et ses vieilles habitudes.

Videodrome, de David CronenbergDans Vidéodrome (1983), Cronenberg nous propose d’observer les conséquences sur le corps et la psyché des pires dépravations de la société contemporaine à travers l’utilisation des médias. C’est le modèle de l’individu qui vit dans son mirage urbain, esseulé, monomaniaque, paranoïaque et angoissé qui s’effondre à son tour.

Les deux cinéastes déboulonnent avec cynisme le monde d’hier et d’aujourd’hui. Chacun à leur manière parlent de toxicité. Chez Carpenter le poison est dans l’air. Chez Cronenberg, il est davantage programmé en chacun de nous. Les deux font état de notre faiblesse et de notre dégénérescence. C’est joyeux. Vive la vie !

Le coffret du Village des damnés est bourré de suppléments quand celui de Vidéodrome nous propose l’un des premiers longs de Cronenberg, Crimes of the Past. Le top !

Ces deux merveilles remastérisées sont disponibles en blu-ray chez Elephant Films.