Cinéma à la une
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Le palmarès du 25e Festival de Gérardmer

25e Festival international du film fantastique de GérardmerDes adolescentes violentées par un ogre et une sorcière, des Québécois affamés plutôt politisés, une fable écolo-manga franco-japonaise et un conte fantastique do Brasil… Le palmarès du Festival international du film fantastique de Gérardmer 2018 est tombé. Et le grand gagnant est… roulement de tambour… Pascal Laugier et son Ghostland qui se retrouve auréolé de trois trophées et pas des moindres. Le réalisateur ne repart pas désenchanté, mais « réconforté par tant de reconnaissance » pour un film qu’il qualifie lui-même d’« inconfortable ». Autre lauréat émérite, Les Bonnes Manières de Juliana Rojas et Marco Dutra (deux prix), un film inattendu et passionnant, qui réinvente les codes du genre pour mieux nous parler d’amour… Prochaine édition du 30 janvier au 3 février 2019.

Grand Prix

Ghostland de Pascal Laugier

Prix du jury ex aequo

Les Affamés de Robin Aubert
Les Bonnes Manières de Juliana Rojas & Marco Dutra

Meilleure musique originale

The Toxic Avenger & Guillaume Houzé pour Mutafukaz de Shôjirô Nishimi & Guillaume Renard

Prix de la critique

Les Bonnes Manières de Juliana Rojas & Marco Dutra
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Cold Skin et Downrange : parce qu’ils le valent bien

Ce n’est pas parce que certains films n’ont pas eu les honneurs de la sélection en compétition du 25e Festival de Gérardmer qu’on devrait passer notre chemin sur la troupe des « hors-compète ». Au contraire, c’est dans ce vivier bien vivant de la DTV (direct to video) où se croisent toutes les couleurs du cinéma de genre que l’on trouve des perles qui auraient eu toute leur place en « compète », justement. Pour réparer cette injustice, en voici deux qui méritent une très belle carrière sur vos écrans.

Cold Skin, de Xavier GensCold Skin de Xavier Gens est sans aucun doute un film pertinent dans le fond et ambitieux dans sa forme qui aurait pu donner du souffle à une sélection 2018 qui en a parfois cruellement manqué. Un film fantastique intelligent sublimé par la beauté d’un décor naturel bien photographié réalisé par un des rares spécialistes français du film de genre, à qui l’on doit entre autres l’inutile Frontière(s) et le claustrophobique Divide. L’action se déroule au tout début du XXe siècle sur une île perdue proche du cercle Antarctique. Un homme y est débarqué par un navire marchand pour prendre la relève d’un météorologue qui semble avoir disparu. La seule autre présence sur cette terre hostile et brutale étant celle d’un gardien de phare misanthrope qui a fait de sa bâtisse un camp retranché truffé de pièges. À la tombée de la nuit, l’île s’anime de la présence d’êtres monstrueux venus de la mer bien décidés à en découdre avec l’envahisseur humain. Film d’action efficace et vintage, huis clos à ciel ouvert et en plein hiver austral, combat allégorique de l’homme contre la bête, parabole finaude sur la colonisation… Cold Skin, c’est tout cela et même un peu plus. Mais c’est aussi et surtout un récit d’aventure tourmenté dans une contrée inhospitalière remplie de créatures bizarres parvenant parfois à évoquer ces grands classiques du roman fantastique qu’on a adoré dévorer à l’adolescence signés HG Wells, Jules Verne ou Serge Brussolo. Et ça, ça fait du bien. (Lire la suite…)

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Les Bonnes Manières, de Juliana Rojas et Marco Dutra

La mère et la bête

Les Bonnes manières, de Juliana Rojas et Marco DutraClara, infirmière farouche d’un quartier pauvre de Sao Paulo, se fait engager comme aide à domicile et nounou pour l’enfant qu’attend la jeune et riche Ana. Après un round d’observation marqué par leur différence de classe sociale, les deux femmes aux cœurs solitaires vont se rapprocher jusqu’au partage de leur intimité. Mais, plus sa grossesse avance plus Ana révèle un comportement de plus en plus étrange et inquiétant les nuits de pleine lune.

Film fantastique à plus d’un titre, Les Bonnes Manières réalisé par un talentueux duo mixte brésilien est assurément une des (très) bonnes nouvelles de la sélection 2018 du Festival de Gérardmer. Voilà un film totalement libre assumant sans complexe et avec finesse de muter au fil des minutes de chronique sociale à romance intimiste puis de drame familial à fable d’épouvante. La grande force du tandem aux commandes étant d’avoir réussi à s’affranchir totalement des codes de tous ces genres pour s’insinuer avec une infinie délicatesse dans le quotidien de deux amoureuses solitaires s’illuminant mutuellement avant d’entrer dans celui d’une mère folle d’amour pour un enfant vraiment pas comme les autres. Adeptes d’une certaine économie verbale, ils font le choix judicieux de faire confiance à la musique et de laisser parler le regard incroyablement doux et fiévreux à la fois de leur excellente actrice principale – Isabel Zuaa dans le rôle de Clara – pour raconter cette histoire sombre chargée en sentiments les plus purs. (Lire la suite…)

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