Cinéma à la une
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Hard Day, de Kim Seong-hun

Hard Day, de Kim Seong-hunIl est des journées plus difficiles que d’autres. Pour le policier (un peu) ripou Geon-soo, il y a l’enterrement de sa mère, sa sœur qui le presse pour ouvrir une sandwicherie et ses collègues qui l’interpellent au moment où la police des polices locale (beaucoup) ripou dénoue leurs petites filouteries. Le tout en même temps. Et comme si ça ne suffisait pas, il écrase un homme qui s’est mystérieusement jeté sous ses roues. Et Geon-soo de s’enfoncer toujours un peu plus dans les difficultés qui s’accumulent, en décidant de placer le corps dans son coffre, afin de le cacher dans le cercueil de sa mère, ni vu, ni connu. Ce ne sont que les prémices de ses ennuis, avec l’arrivée d’un superflic (énormément) ripou qui va le faire chanter…

Le cinéma coréen (du Sud, évidemment) est de plus en plus productif et nous offre chaque année un bijou comme lui seul sait le faire. Dans la lignée de The Host, le réalisateur Kim Seong-hun a concocté un polar décoiffant où chaque seconde est à la fois stressante (pour Geon-soo mais aussi pour le spectateur), prenante et en même temps poilante, tant les situations sont de plus en plus absurdes et confinent à un humour noir des plus jouissifs. On se souviendra longtemps de la sonnerie du portable du malencontreux renversé qui résonne inlassablement dans le cercueil cloué dans le funérarium. (Lire la suite…)

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Shining pour Charlie

Shining, de Stanley KubrickIl y avait tant de monde que toutes les rues débordaient. Des voix toutes proches de mon oreille se disaient de bonnes choses : « Après vous madame » et « Vive la liberté ! » Nous avons progressé à petits pas vers la République, la Bastille et la Nation, dans un calme qui résonnait du nom de Charlie et de vagues d’applaudissements.

Ce n’est qu’en fin de journée que je me suis retrouvée. Sortie de la foule, j’ai pu marcher dans les ombres du soir, le long de portes fermées et de vitrines silencieuses qui disaient la paix. Paris redevenait ma ville aux bras confortables, après n’avoir été, pendant quatre jours étranges, qu’une caverne peuplée de rats.

Rentrée à la maison, à demi congelée, je prends le verre de rouge que l’on me tend et je demande à regarder Shining.

Il y a trop de notions abstraites enroulées autour de ces événements, comme pour les protéger, comme l’obscurité autour des rats. On jette des mots qui n’ont de sens que pour le moderne en nous : politique, religion, hashtag. Je n’aime pas le sensationnel et je n’aime pas Twitter. Mais comment ne pas ressentir le suintement causé par cette morsure dégoûtante.

Qu’en faire ? (Lire la suite…)

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Le choix cinéma de 2014

2015 débute mal et on peut raisonnablement se demander si la publication d’un papier de cinéma qui célèbre l’année 2014 a sa place ces jours-ci. Peut-on penser à des futilités alors que la liberté d’expression est atteinte et que la France traverse un terrifiant épisode ? Les événements de ces derniers jours ont montré une France solidaire devant l’inhumanité, résolue à la combattre. On dit de la culture, pourvoyeuse de savoir et d’intelligence, qu’elle est le dernier rempart contre la barbarie : alors nous aussi, à notre manière, nous combattons l’ignorance et la sauvagerie. Chaque rédacteur de Grand Écart a sélectionné un film de 2014 qui l’avait notablement marqué, ainsi que quelques « fragments », comme nous en avions déjà proposés, qui ont constellé l’année cinématographique. Pas de « top », pas de « meilleur » film, simplement des choix et conseils à piocher au hasard des envies. (Lire les choix cinéma des auteurs de Grand Écart…)

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