Cinéma à la une
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Le Hobbit : la bataille des cinq armées, de Peter Jackson

Le Hobbit 3Depuis deux ans, nous revenons en Terre du Milieu. Pour ce troisième épisode, après un Voyage inattendu bavard et une Désolation de Smaug désolante, Peter Jackson enterre sa nouvelle trilogie avec une bataille épique (et colegram) dantesque et copieusement ennuyeuse. Là où il avait clos Le Seigneur des anneaux en majesté avec un Retour du roi qui faisait la part belle à l’action, certes, mais aussi à l’émotion, pour cette Bataille des cinq armées, Peter Jackson décide de fracasser ses jouets les uns contre les autres, comme s’il voulait qu’on ne l’y reprenne plus. Comme s’il voulait décevoir tout le monde afin qu’on ne lui demande plus jamais d’adapter Tolkien (ça tombe bien, ses héritiers ne le veulent plus). Pour ce faire, il commence le film là où il avait laissé le précédent, avec le dragon Smaug qui s’en va faire éclater sa fureur sur les hommes. Smaug étant présenté comme LE méchant de la saga, on allait voir ce qu’on allait voir ! Une flèche plus tard, au bout de cinq minutes ou presque, Smaug disparaît. Bon. On se dit alors que Sauron étant un peu de retour, il allait prendre le pas sur le dragon occis. Que nenni ! Le voici renvoyé dans ses pénates aussi sec par une super-Galadriel qui porte Gandalf à bout de bras dans tous les sens du terme. Les deux heures suivantes ne seront plus que batailles. Sans dialogues ou si peu. Sans enjeu ou presque. (Lire la suite…)

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Adieu au langage, de Jean-Luc Godard

Fragmentation de l’ensemble

Adieu au langage, de Jean-Luc GodardLe Prix du jury du Festival de Cannes 2014 sort en DVD et Blu-ray 3D. Si Jean-Luc Godard avait prévu ce film pour la 3D, l’œuvre garde son sens sur les deux supports.

Un homme récite un texte d’une voix solennelle, les yeux rivés à son iPhone, l’appareil tenu haut entre ses deux mains. Derrière lui, ce panneau : USINE A GAZ. Un bateau blanc de tourisme part, et repart, et repart, glissant sur l’eau bleue d’un lac. Une voix d’étudiante militante donne le Contexte Historique, Bismarck, Hitler, en off impérieux qui se perd dans des bruits de moteur. L’écran devient noir ; fin de la phrase, un point blanc apparaît.

Après Film Socialisme (2010), Jean-Luc Godard signe un nouveau film fragmenté, fait de courtes scènes chorégraphiées entrecoupées de textures visuelles et sonores – détails de peinture, parasites de radio – qui filent au gré d’une image tremblante. Les traces de la modernité se succèdent et s’emmêlent, entre objets technologiques dont les écrans mangent le salon, extraits de films d’archives sur l’obsédant nazisme, et tentatives de penser à l’ère médiatisée : « Monsieur, est-ce qu’il est possible de produire un concept d’Afrique ? » Une voix off très sérieuse fournit un discours libre, citant des auteurs, maniant les apories, cherchant l’absurde. Ce n’est pas l’animal qui est aveugle, mais l’homme, aveuglé par la conscience et incapable de regarder le monde. (Lire la suite…)

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Rencontre avec Katia Lewkowicz

Affiche de Tiens toi droiteAvec Tiens-toi droite, son second long-métrage en tant que réalisatrice, la comédienne Katia Lewkowicz installe son univers à la fois tendre et absurde. Cette comédie déroutante et féminine ne nous a pas laissés indifférents et il était de notre devoir d’en savoir un petit peu plus…

Tiens-toi droite, on peut dire que c’est un univers chaotique qui finit par s’ordonner…

Le point de départ est forcément chaotique quand on parle de la féminité d’aujourd’hui… Je voulais montrer que c’est compliqué pour une femme de nos jours de travailler, s’occuper de ses enfants et de son foyer, avoir des projets, tout en étant dépositaire de l’héritage de sa propre mère… Ca crée du chaos dans lequel on essaie de se frayer un chemin. C’est déjà bouillonnant quand on naît, ça ne fait que s’amplifier et dans tout ceci, il faut trouver sa voie.

Vous êtes comédienne au départ, comment en êtes-vous venue à la réalisation ?

C’était à une période où je jouais beaucoup au théâtre et j’avais rencontré Benjamin Biolay tout à fait par hasard. Je trouvais que dans la vie, il était un vrai personnage de cinéma, tout à fait atypique et quand Canal Plus a proposé de produire des courts-métrages écrits pour un chanteur, j’ai tout de suite pensé à Benjamin. Je le trouvais en dehors du réel. Après ce court-métrage, C’est pour quand ?, je lui ai écrit un long : Pourquoi tu pleures ? (Lire la suite…)

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