Ryota Nonomiya est un architecte dévoué à son travail pendant que sa femme Midori s’occupe de leur fils de 6 ans, Keita. Un jour, l’hôpital dans lequel Midori avait accouché les contacte et leur annonce une terrible nouvelle : Keita n’est pas réellement leur fils, un échange avec un autre nourrisson ayant eu lieu à sa naissance.
Si l’entrée en matière rappelle un grand succès français, l’inénarrable La vie est un long fleuve tranquille, la comparaison s’arrête là. Hirokazu n’est pas Chatiliez, et préfère la gravité à l’humour. Avec Tel père, tel fils, le cinéaste japonais pose la question de la paternité : à partir de quand un père devient-il réellement un père ? Le sang est-il suffisant pour légitimer la paternité, ou bien est-ce l’éducation, la complicité, le partage et l’amour qui justifient le droit à la famille ? Si la réponse paraît évidente de prime abord, et qu’il semble inconcevable d’échanger un enfant, six ans après sa naissance, sous prétexte que son ADN n’est pas compatible, le papa de Tel père, tel fils ne l’entend pas de cette oreille et est obsédé par cette question, d’autant que son véritable fils se trouve dans une famille modeste qui n’offre a priori aucun avenir à son héritier. (Lire la suite…)
Tous les admirateurs de Valse avec Bachir, avec lequel Ari Folman avait embrasé la Croisette en 2008, seront sans aucun doute surpris par Le Congrès. D’abord parce que toute la première partie est en prise de vues réelles. Et qu’elle est plutôt drôle. Ari Folman joue avec son actrice, avec son image. Robin Wright joue Robin Wright, une comédienne de 44 ans à qui son studio, le subtilement nommé Miramount pour ne pas faire de jaloux, reproche ses choix foireux, en matière de films comme d’hommes. La critique sur l’industrie du cinéma est acerbe. Il aurait fallu que Robin Wright incarne encore et toujours la Jenny de Forrest Gump. Qu’elle reste jeune et fraîche à jamais. Et c’est exactement ce que le studio lui propose au cours d’un entretien avec un producteur cynique, qui laisse entendre qu’à son âge, la carrière de l’actrice est terminée. Qu’avec une nouvelle technologie qui permet de “sampler” les acteurs et d’en créer une version numérique, tout est désormais possible pour cet alias à qui des animateurs et techniciens peuvent tout faire faire.
Chez lui, un homme prend son ceinturon. Vérifie que son chargeur de revolver est bien rempli, avant de sortir. Il passe prendre un type occupé à aiguiser avec soin la pointe d’une longue pique. Un prêtre communie avant de troquer sa chasuble contre un fusil de chasse et rejoindre les deux autres larrons… Le nouveau film d’Alex van Warmerdam s’ouvre sur l’étrange prise d’armes de ce trio improbable et nous invite à les suivre dans une chasse tout aussi saugrenue : arracher des hommes à leurs habitations souterraines, au cœur de la forêt. Parmi eux, un certain Borgman. Camiel Borgman. L’allure vagabonde, le visage émacié, la barbe et les cheveux hirsutes. Un marginal, sans doute. Un de ces inadaptés dont les honnêtes citoyens du coin préfèrent se préserver, barricadés derrière les murs de leurs maisons. L’homme mystérieux parvient malgré tout à trouver refuge au sein d’une de ces respectables familles bourgeoises. Il y a Marina, Richard, leurs trois enfants et la nounou. Ils ne le savent pas encore – nous non plus d’ailleurs – mais le Mal, ou quelque chose de ce genre, vient de prendre résidence chez eux. Désormais, Borgman peut jouer. Il est en mission. Et c’est avec un malin plaisir qu’il s’amusera à faire voler en éclats l’apparente respectabilité de ce couple. Patiemment, méthodiquement, irrésistiblement. 









