Son nom ne vous dit peut-être pas encore grand-chose, mais avec son visage atypique et son jeu personnel, Guillaume Gouix pose peu à peu une empreinte indélébile sur la pellicule du cinéma français. Les professionnels ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : son rôle sombre et physique dans Jimmy Rivière lui vaut une nomination aux César. L’histoire d’un jeune gitan fougueux et torturé qui choisit la voie du pentecôtisme sous l’influence de sa communauté et doit renoncer à sa carrière prometteuse de boxeur thaï et à l’amour de sa vie…
A la veille des César où vous êtes nommé en tant que Meilleur espoir masculin, comment vous sentez-vous ?
Je ne réalise pas trop, je ne ressens pas encore la pression. C’est encore abstrait pour moi, surtout quand on commence ce métier. Cela dit, cette nomination, c’est hyper-flatteur et cela fait d’autant plaisir que c’est le vote des gens du métier. Le César, les comédiens en rêvent tous secrètement, mais ce n’est pas un but en soi. Moi, mon rêve, c’est avant tout de faire de beaux films, même si je sais que cette récompense pourra m’aider à faire d’autres longs-métrages dont je serai fier. Je me sens donc ancré dans le réel et quoi qu’il arrive le 24 février, on fera la fête. (Lire la suite…)
Regarder un film de Guy Maddin est toujours une expérience fascinante, une sorte de retrouvaille avec un cinéma quasiment disparu. Si Ulysse, souviens-toi ! a été entièrement tourné en numérique, Guy Maddin est avant tout un cinéaste de la débrouille, habitué à filmer en super-8 et à pallier le manque de moyens par une créativité inattendue. En jouant sur le grain de l’image et en donnant une place primordiale au montage, il atteint un résultat unique et remarquable. Car rien ne ressemble plus à un film de Guy Maddin qu’un film de Guy Maddin. L’affirmation est à entendre avec la plus grande déférence : Maddin est l’un des rares cinéastes actuels à savoir faire fi d’interrogations commerciales, d’une esthétique lissée et de codes normatifs. On pourrait le rapprocher d’un autre bricoleur de génie qui sort ses films de ses rêves, Michel Gondry, et même de David Lynch, dont l’univers de Twin Peaks n’est jamais loin de celui de Maddin. Mais il est surtout un héritier du surréalisme, et on pense volontiers à Luis Buñuel (époque Un chien andalou) ou à Alejandro Jodorowsky, pape du film-drogue – comprendre, un film qui fait le même effet qu’une prise massive de stupéfiants.
Chronicle, c’est l’histoire de trois ados, Andrew (Dane DeHaan), Matt (Alex Russell) et Steve (Michael B. Jordan), qui, après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, se mettent à développer d’étranges pouvoirs de télékinésie. Mais ici, pas question de répondre au vieil adage de l’oncle Ben : « A grand pouvoir, grandes responsabilités. » Pas de devoir moral poussant nos nouveaux héros à débarrasser la ville d’un dangereux Bouffon vert, encore moins à sauver le monde. La raison n’a pas sa place ici. Lorsqu’on a 17 ans et des superpouvoirs, eh bien on fait mumuse avec. A cet âge ingrat où tout se juge à l’aune de l’apparence, on en profite pour booster une popularité en berne ou pour épater les filles. Et surtout, on n’en parle à personne. 









