Cinéma à la une
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Rencontre avec Lorcan Finnegan

Un bonheur insoutenable

Lorcan FinneganPrécédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, Vivarium aura eu le mérite d’animer une bien terne 27e édition du Festival de Gérardmer. Un film délirant, stupéfiant et signifiant qui méritait bien quelques confidences de la part de son jeune réalisateur irlandais. Rencontre avec Lorcan Finnegan.

 
Vivarium est une fable surréaliste, métaphorique et cruelle. Êtes-vous d’accord avec cette définition ?

Oui, tout à fait. Même s’il y a tout un tas d’autres interprétations possibles.

Sans oublier sa dimension politique…

Sociopolitique serait plus juste.

Justement, quels sont les sujets qui parcourent Vivarium ?

Même si chacun y trouve l’interprétation qu’il souhaite, pour moi Vivarium est un point de vue sur un certain mode de vie que l’on a voulu nous vendre comme idéal à partir de la fin des années 1950. En réalité, c’est un modèle absurde et atroce ! Je ne parle évidemment pas de tous les lotissements ni de toutes les banlieues pavillonnaires mais plutôt de ces programmes immobiliers aberrants qui ont poussé au milieu de nulle part. Ils favorisent l’individualisme tout en brisant les individus. Les promoteurs y vendent très cher du rêve à grand renfort de marketing à des gens qui y seront prisonniers pour la vie. Une vie de cauchemar qu’ils vont passer à rembourser des prêts où les contacts sociaux sont réduits au minimum et où il doivent faire des kilomètres en voiture chaque matin pour aller travailler. C’est quand même très étrange de faire ce choix de vie… (Lire la suite…)

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Le tour des éditions Montparnasse – Part One

Comme chaque année, les éditions Montparnasse renouvellent leurs trésors, réalisant le bonheur des cinéphiles et des cinéphages en manque de pellicule. Des documentaires engagés aux plaisirs coupables des grandes comédies hollywoodiennes, des raretés historiques aux portraits intimes de Jean Rouch, d’un animé made in France aux plages proustiennes, il y a de quoi avoir la tête qui tourne.
 

Inquiétude et insouciance

Vienne avant la nuit, de Robert BoberVienne avant la nuit, de Robert Bober

En 75 minutes, Robert Bober mêle la grande Histoire de ce début du XXe siècle à l’histoire personnelle de Wolf Leibe Fränkel, son grand-père, autour d’un périple allant de sa Pologne natale aux postes frontières d’Ellis Island jusqu’à la grande et mystérieuse Vienne, capitale de l’Autriche. L’histoire d’un aller et presque retour en quelque sorte. Robert Bober évoque la vie d’un immigré perpétuel, ce grand-père qu’il n’a jamais connu, mais qui fut le témoin des changements de paradigme politique qui bouleverseront à jamais le monde. Dans son récit familial, Bober s’efface derrière les mots de Schnitzler, Stephan Zweig et Joseph Roth qui rendent compte, comme son grand-père aurait pu le faire, d’un mal étrange qui ronge les esprits. (Lire la suite…)

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Rencontre avec Rose Glass

Allons voir si la rose qui ce matin avait déclose…

Rose GlassÀ tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Un sacre largement mérité pour elle et son premier long-métrage, Saint Maud. L’histoire de Maud – divine Morfydd Clark –, jeune et (très) pieuse infirmière à domicile envoyée auprès d’une chorégraphe gravement malade pour lui prodiguer ses derniers soins. Mais plus qu’au serment d’Hippocrate, c’est aux sermons de Dieu que Maud semble vouée, préférant consacrer son énergie à sauver l’âme de sa patiente plutôt qu’à soulager son corps… Plébiscité à quatre reprises (Grand Prix du jury, prix de la Critique, du Jury Jeunes et de la Meilleure musique originale), le film restera pour nous cette lumière éblouissante, aussi inattendue qu’inespérée, venue sortir de l’obscurité une compétition bien décevante. Certes, on sortira également du lot l’audacieux Vivarium de Lorcan Finnegan et l’original Vigil de Keith Thomas, mais il n’y avait sinon pas photo face à cette première réalisation d’une insolente maîtrise. Une Rose s’est donc bien éclose cette année à Gérardmer…

 
Pourquoi avez-vous choisi le cinéma de genre pour votre premier film ?

Pour être honnête, au tout début, je n’étais pas partie dans l’idée de faire un film fantastique ou un film d’horreur. L’histoire a finalement et naturellement évolué dans cette voie. J’ai toujours su que je voulais faire des films intenses, plutôt surréalistes, étranges. Ce n’est donc pas étonnant si j’ai fini par me diriger vers une forme de cinéma plutôt extrême, comme celle du cinéma de genre. (Lire la suite…)

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