Cinéma à la une
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Mandy, de Panos Cosmatos

Nicolas Rage

Mandy, de Panos CosmatosIl était une fois un bucheron taiseux et dévoué qui vivait un amour fusionnel avec une femme fragile et torturée qui portait sur elle les stigmates d’un passé douloureux. Alors qu’ils se croyaient protégés de tous les dangers du monde dans leur somptueuse bicoque forestière, les tourtereaux vont être violemment éjectés de leur paradis sylvestre le jour où Madame Mandy croise la route d’une vilaine secte crypto-christique dirigée par un ex-chanteur de rock FM assujetti à une bande de bikers mutants qui se chauffent au LSD…

Avant d’esquisser la moindre tentative d’analyse rationnelle, il est important de dire que Mandy est une création improbable et inconfortable tirée de la matière grise en surchauffe du fils d’un des barons de l’action movie US des années 1980, réalisateur à ses heures des « stallonesques » Rambo II et Cobra. Mais aussi que Mandy est un spectacle son et lumière tordu et abscons qui imprime la rétine à mesure que son poison narcotique se déverse sur l’écran ; un acte radical répulsif et jouissif qui éjecte les spectateurs de la salle comme du pop corn ; un revenge movie psychédélique taillé pour décevoir les adeptes du cinéma sévèrement burné de papa Cosmatos ; une montée d’acide de deux heures, et sans descente, qui rappelle parfois les grands films barrés de Ken Russell (Tommy, Les Diables, Au-delà du réel…). Enfin, Mandy est une fable sordide qui n’attendait que Nicolas Cage pour exister… (Lire la suite…)

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Le palmarès du 26e Festival de Gérardmer

26e Festival du film fantastique de GérardmerLa planète part en sucette, les nazis reprennent du poil de la puppet, les enfants violés sont des zombies et la fibre optique nous bouffe la vie, l’identité devient un problème quand la nature reprend ce qu’elle sème… Voilà quelques-unes des réjouissances que réservait la sélection dépressionnaire (la neige et la pluie sont tombées en masse) de cette 26e édition du Festival du film fantastique de Gérardmer.

 
Résultat des courses : la Suède avec ses deux films en compétition et une armée de fachos à l’échelle 1/100e font une OPA sur le palmarès, sans que l’on n’y trouve rien à redire.

 

 

Grand Prix

The Puppet Master : Pop corn movie de sensibilité grolandaise scénarisé par deux Suédois (encore !).

Prix du jury ex aequo

Aniara : Après la Terre, direction la mort (en version suédoise).
The Unthinkable : Champion de la soirée réalisé par un collectif de jeunes (suédois) plein d’avenir.

Prix de la meilleure musique

The Puppet Master : Et un joli vase en cristal pour Fabio Frizzi, maître italien du genre.

Prix de la critique

The Unthinkable : Maîtrise, inventivité, sincérité, efficacité. Les critiques ont adoré ce cocktail (suédois).

Prix du public

The Puppet Master : Tout le monde a bien ri.

Prix du jury jeunes

The Unthinkable : Les jeunes aiment les jeunes.

Prix du jury Syfy

The Witch : Escapade coréenne.

Prix du court métrage

Diversion : Bon courage pour la suite.

Et une pensée sincère pour les oubliés du palmarès que sont The Dark et Lifechanger.

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The Unthinkable, de Crazy Pictures

The Unthinkable, de Crazy PicturesAlex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son rejeton qu’il l’aime. Après une dispute, Anna quitte Bjorn, puis c’est au tour d’Alex de quitter son ancien militaire de père. Devenu jeune adulte, Alex vit seul à Stockholm quand plusieurs attaques terroristes surviennent.

Voilà le pitch de The Unthinkable, premier long-métrage du collectif Crazy Pictures, rassemblement de cinq amis qui conservent le contrôle de leurs films en maîtrisant à la fois le scénario, la réalisation, le montage, les décors, la photo et les effets spéciaux. Au vu du résultat, leur mini-conglomérat alternatif affiche un insolent succès : The Unthinkable a tout d’une grosse production au budget conséquent, alors qu’il a coûté à peine 2 millions de dollars, en partie financés par crowdfunding. Au-delà de ce constat entrepreneurial, les qualités artistiques et formelles de The Unthinkable sont indéniables. Crazy Pictures soigne ses effets sonores et visuels, et installe une atmosphère de fin du monde dès les premières minutes, alors que le récit se concentre encore massivement sur la passion entre Alex et Eva. Leur histoire d’amour avortée constitue le fil rouge de The Unthinkable, même lorsque les menaces de guerre se font réelles. Le film suédois rappelle d’ailleurs quelques jolies œuvres du genre, et notamment Perfect Sense de David Mackenzie (2011). (Lire la suite…)

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