Cinéma à la une
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Rencontre avec Kaveh Bakhtiari

Kaveh Bakhtiari a présenté L’Escale à la Quinzaine des réalisateurs, une immersion dans un groupe de migrants iraniens en attente d’un nouveau départ. Film personnel, film d’urgence, L’Escale est le premier film d’un réalisateur exigeant. Rencontre.

 
Dans quelle mesure le ton du film, à la fois léger et bouleversant, est un choix de mise en scène ?

Kaveh BakhtiariC’est un choix. J’étais en train d’écrire une fiction quand je suis arrivé en Grèce pour aider mon cousin. Et très vite, j’ai senti que l’urgence, c’était de faire un documentaire. En fonctionnant à l’instinct, on a des réflexes. Les réflexes que j’avais développés avec la fiction m’ont « sauvé » parce que chaque soir, je me disais que je tournais mon dernier plan. C’était tellement dur qu’il était inimaginable de tomber dans une gratuité, de balancer ça à la figure du monde, comme je l’ai souvent vu dans les documentaires. Je trouve ça insupportable, d’une flemmardise improbable. Sans arrêt, j’avais une partie de mon cerveau qui pensait au spectateur. Comment il reçoit ça, comment il peut digérer ça, est-ce que je ne suis pas en train de le couler. Je n’arrêtais pas de me dire : « Il ne faut pas que je coule le spectateur, même si moi je suis en train de couler émotionnellement. » Cette volonté de chercher de l’humour, de le provoquer, ça sort instinctivement, naturellement. Parce que la vie est comme ça. Et en plus je suis tombé sur des gens avec un humour iranien bien développé. Du coup, il ne fallait pas trop se fouler pour le trouver. Mais il fallait chercher ça aussi au quotidien. Ils recherchaient ça, moi aussi, et je l’ai évidemment dosé au montage. Mais en même temps, les passages où on rigole sont souvent les passages les plus signifiants. (Lire la suite…)

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Gone Girl, de David Fincher

Scènes d’une vie conjugale

Gone Girl, de David FincherAvant de s’en aller tourner Gone Girl, David Fincher se trouvait, fin 2012, en plein pourparlers avec Kathleen Kennedy, la big boss de l’empire Lucasfilm. Pas étonnant : Finch’ connaît bien la maison de tonton George. Il était déjà de la partie chez Industrial Light & Magic pour Le Retour du Jedi ou Indiana Jones et le temple maudit. Pas étonnant donc de voir Miss Lucasfilm lui poser la sacro-sainte question à 1000 $ : oui ou non pour la réalisation de l’Episode VII de Star Wars ? Ce sera non. Plus qu’échaudé par l’esprit “studio” depuis son tournage d’Alien 3, expérience laborieuse au résultat tout juste honnête, miné notamment par l’interventionnisme pesant de la Twentieth Century Fox, David Fincher a préféré se retirer de la course, jugeant a priori incompatible son approche de la saga et les velléités artistiques supposées de l’imposante mécanique Disney-Lucasfilm – la machine à divertir ayant racheté la société de George Lucas en octobre 2012 pour 4,05 milliards de billets verts.

Mais alors que nos corps fébriles attendent avec impatience, bien que circonspecte, ce septième volet de la Guerre des étoiles que J.J. Abrams, l’heureux élu, annonce très 70′s et vintage (sortie prévue pour le 18 décembre 2015), David Fincher, quant à lui, a donc pu s’en retourner à son atelier, retrouver ses marottes et ses névroses, étancher son insatiable soif du mal. C’est ainsi, en fervent disciple reconnu du film noir, qu’il persiste avec Gone Girl à dérouler ce cinéma sombre et désespéré. Celui-là même qui fait de lui l’un des cinéastes les plus exaltants. (Lire la suite…)

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Méfiez-vous de Molly Gates…

Travail de la graphiste Molly GatesMéfiez-vous de Molly Gates… Une injonction qui sonne comme le titre d’un film, pourtant l’affaire n’a rien à voir avec le cinéma. Encore que. Méfiez-vous de Molly Gates car la nuit, cette jeune femme de 23 ans traverse les murs de nos demeures, nous observe dormir paisiblement avant de charmer nos âmes et de les capturer pour l’éternité dans un joli petit bocal scellé.

L’idée a germé dans l’esprit de cette graphiste talentueuse alors qu’elle voulait réaliser quelque chose pour le MCAD (Minneapolis College of Art & design). Quelque temps auparavant, elle avait eu vent d’un homme qui mettait son âme en vente sur le Web. Ce qu’il vendait ? Un bocal vide.

De fil en aiguille, le travail a séduit et pris de l’ampleur. Et voilà qu’aujourd’hui Molly Gates, a.k.a Happy Reaper (“La Joyeuse Faucheuse”), a ouvert sa boutique en ligne sur Etsy et répond aux commandes des uns et des autres. Sa promesse de vente : vous passez commande, elle s’empare de l’âme désirée et vous l’expédie dès le lendemain pour en conserver toute la fraîcheur. Bref, un service cinq étoiles.

Si l’on vous révélait que les petits pots de Molly sont remplis de paillettes, de coton rose vif (censé représenté le duvet de l’âme) avant d’être soigneusement étiquetés, on casserait un brin le mythe. Alors on préfère vous dire que vous pouvez d’ores et déjà commander l’âme de votre choix : conjoint, voisin, cousin ? Ou bien : Ryan Gosling, Scarlett Johansson, Denzel Washington ou Justin Bieber – puisqu’il en faut pour tous les goûts.

Toute âme sur Terre peut être commandée. Toute sauf une. Celle de Kanye West que Molly s’est jurée de ne jamais emprisonner.

» Pour voir le travail de graphiste de Molly Gates : mollygates.com

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