Cinéma à la une
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Le palmarès du 71e Festival de Cannes

71e Festival international du film de CannesLe quotidien du festivalier est une histoire de choix, parfois triviaux (aller manger après avoir enchaîné trois films décevants ou tenter le coup avec un quatrième), parfois déchirants (un film prometteur en compétition ou l’entrée d’un réalisateur chéri en section parallèle). Et le soir du palmarès, le sentiment d’être passé à côté, d’avoir fait les mauvais choix. Pourtant, des bons films, on en a vu. Le très déroutant Border, le punk L’Eté, le très drôle En liberté !, etc. Mais la plus belle surprise – et la plus grande déception du palmarès – restera Burning. Un film si puissant qu’il happe le spectateur – même s’il n’avait pas forcément choisi d’être là. Le jury a préféré récompenser la délicatesse de Kore-eda, et sa mise en scène d’une famille d’apparence banale – qui révélera cependant quelques secrets. Pour prétendre à la Palme d’or, Cate Blanchett a expliqué qu’un film devait cocher toutes les cases : scénario, mise en scène, acteurs, lumière… Ce que fait brillamment le cinéaste japonais, même s’il surprend moins.

 

Palme d’or

Une affaire de famille, de Hirokazu Kore-eda
 

Grand Prix

BlacKkKlansman, de Spike Lee
 

Prix de la mise en scène

Cold War, de Pawel Pawlikowski
 
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L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam

Et Terry Gilliam créa Don Quichotte

L'Homme qui tua Don Quichotte25 ans d’attente, plusieurs versions de scénarios, un tournage annulé au bout de cinq jours – mais un making of resté dans l’histoire (Lost in La Mancha) -, trois changements de casting et des procès à la pelle… Mais ça y est, Terry Gilliam a fini par gagner sa bataille contre les moulins à vent. Evidemment, L’Homme qui tua Don Quichotte suscite plus d’attente qu’il n’est raisonnable, et ne sera pas à la hauteur des fantasmes de tous. Dès le générique, Terry Gilliam rappelle ces tourments, et s’amuse, pendant toute la première partie du film, avec sa propre histoire rocambolesque. Toby (Adam Driver), réalisateur, est dans le désert espagnol. Il tourne une version de Don Quichotte, qui ne semble pas beaucoup mieux se dérouler que lors de la dernière tentative de Terry Gilliam. Tournage bordélique, réalisateur irascible, acteur médiocre, les raisons du plantage sont différentes (quoique). Adam Driver en alter ego de Terry Gilliam a perdu l’envie et l’inspiration, trop couvé par son assistant et son producteur. Il fait face à l’inverse de ce à quoi fut confronté Gilliam : trop de facilités. Jusqu’à ce qu’on lui rappelle qu’il avait déjà réalisé un Don Quichotte. Un film d’étudiant en noir et blanc, tourné dans un village non loin de là. Les films s’empilent – le film que l’on est en train de voir, le film en train de se tourner, le film réalisé dix ans plus tôt – comme autant de niveaux de lecture, autant de strates qui finissent par bâtir cet Homme qui tua Don Quichotte. Une manière d’exorciser, une catharsis avant de se lancer dans la réelle aventure picaresque, réalisée, elle aussi, tambour battant, tel un Baron de Münchhausen moins baroque et plus mature. En revoyant son film d’étudiant, Adam Driver se rappelle. Se rappelle la passion avant l’arrogance, le bricolage avant les moyens. Et réalise l’empreinte qu’il a laissée dans ce petit village reculé, ou un vieux cordonnier croit toujours être le vrai Don Quichotte. (Lire la suite…)

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Burning, de Lee Chang-dong

Secret Sunset

BurningUn triangle amoureux, une scène de grâce au soleil couchant, des personnages énigmatiques, des rivalités autant amoureuses que sociales, un chat qui n’existe peut-être pas (ou faut-il oublier qu’il n’y a pas de chat ?), des serres à l’abandon dans la campagne proche de la frontière entre Corée du Sud et du Nord, où se fait entendre la propagande par haut-parleurs… Les pistes d’entrée pour parler de Burning ne manquent pas, et pourtant toutes seraient réductrices tant le sixième film de Lee Chang-dong (troisième en compétition) ne s’apprécie que dans sa longueur (et sa langueur). Car oui, il dure 2h30, et on n’est guère ébloui par la première heure. Pourtant, à partir de la moitié du film, tout ce que l’on a vu jusque-là s’éclaire d’un jour nouveau – moitié du film justement marquée par une longue séquence majestueuse au coucher du soleil. Jongsu, jeune coursier aux ambitions d’écrivain, rencontre par hasard son amie d’enfance Haemi, et en tombe amoureux. Mais lorsque celle-ci rentre de voyage, elle ramène Ben dans ses bagages, jeune arrogant qui vit à Gangnam (là où on a du style). Rivalité classique entre amants, qui se double d’une rivalité sociale tant Ben se montre accueillant et bienveillant, mais ne cache jamais ce petit sourire narquois trahissant plutôt sa condescendance. C’est ensuite que cela se corse, mais il est difficile de ne pas trop en dire. Jongsu se mue alors en véritable personnage hitchcockien, persuadé – à tort ou à raison – qu’on lui ment, qu’il est manipulé. (Lire la suite…)

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