Cinéma à la une
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Rencontre avec Jean-François Rauger

Jean-François RaugerLe 28 janvier dernier, Jean-François Rauger rendait un vibrant hommage au cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa, invité d’honneur du 24e Festival de Gérardmer. Directeur de la programmation de la Cinémathèque française (partenaire de Gérardmer), critique de cinéma émérite et fin connaisseur du cinéma fantastique, il a accepté de nous rencontrer. Entre réflexions générales, ode à Kurosawa et souvenirs de toiles.

 
Comment se porte le cinéma fantastique ?

Le fantastique s’est aujourd’hui répandu pour dépasser la production des films à petit budget et pour atteindre des productions plus riches, plus populaires. Donc l’idée de surnaturel au cinéma est une idée qui se porte bien. Concernant le cinéma de genre, c’est une autre histoire… J’ai l’impression que les structures cinématographiques qui ont longtemps permis à un cinéma dit « de genre » d’exister ont aujourd’hui disparu. Le cinéma de genre, c’est un cinéma qui se porte bien lorsqu’il y a de la place pour la série B au sens large… Et j’ai l’impression qu’aujourd’hui l’idée de genre est de plus en plus difficilement cernable, si l’on s’en tient au cinéma exploité en salles. Les frontières sont devenues beaucoup plus floues.

Quelle relation entretenez-vous avec le Festival de Gérardmer ?

Gérardmer est un lieu de découvertes privilégié. C’est un festival qui a le souci d’interroger non seulement le présent du cinéma fantastique mais aussi son histoire. A l’image, cette année, de la rétrospective consacrée à Kiyoshi Kurosawa. Le partenariat entre la Cinémathèque et le Festival s’est donc imposé tout naturellement. Et voilà maintenant plus de dix ans que nous entretenons cette relation privilégiée. (Lire la suite…)

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Loving, de Jeff Nichols

Loving vs Virginia

Loving, de Jeff NicholsLe 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions mixtes entre personnes de races différentes et faisait du mariage l’un des « droits civils fondamentaux de l’homme ». A l’origine de ce bouleversement judiciaire et historique, il y a l’arrestation neuf ans plus tôt, sur dénonciation anonyme, de Mildred Jeter, une femme noire, et Richard Perry Loving, un homme blanc. Partis se marier un jour de juin 1958 dans le district voisin de Columbia (où les unions mixtes étaient autorisées), ils sont arrêtés à leur retour en Virginie, accusés de violation de l’interdiction. Les époux Loving sont condamnés à un an de prison, à moins de quitter l’Etat (et leurs familles) pour les vingt-cinq années à venir… Débute alors une longue et lente bataille judiciaire qui feront des Loving l’un des fers de lance du mouvement des droits civiques.

Ouf ! On respire… Ce film « dossier » inspiré d’une histoire vraie, n’aura finalement pas eu raison de Jeff Nichols. Il y avait pourtant de quoi se sentir fébrile, en amont de la projection, tant l’aventure du biopic s’avère souvent une longue et douloureuse traversée du désert, pesante, linéaire, engourdie par les convenances. (Lire la suite…)

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Le palmarès du 24e Festival de Gérardmer

Chaque année chez Grand Écart, Gérardmer c’est une promesse de paysages enneigés, de films sanglants et de fromages fondus. Autant de bonnes raisons de s’y rendre. Et parfois, cerise sur le gâteau, la sélection laisse rêveur : la métamorphose adolescente de Grave, les zombies darwiniens de The Girl with all the Gifts, le génial Under the Shadow, l’inédit The Autopsy of Jane Doe, le transgressif Clown, sans compter des films hors compétition fascinants – Sam Was Here, David Lynch : The Art Life. Cerise sur le gâteau… On l’a déjà dit ? Double cerise sur le gâteau, donc, un jury drôle, agréable et compétent, contrairement à ce que voulait nous faire croire le président Jean-Paul Rouve en début de festival. Rien à voir avec les choix absurdes et la mièvrerie pseudo-intelligente du jury présidé par Claude Lelouch l’année dernière…

Grand Prix

Grave de Julia Ducournau

Prix du jury ex aequo

Under the Shadow de Babak Anvari
On l’appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti

Meilleure musique originale

Cristobal Tapia de Veer pour The Girl with all the Gifts, de Colm McCarthy

Prix de la critique

Grave de Julia Ducournau
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