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	<title>Grand Écart</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Le quiz nouveautés du déconfinement</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2020 07:30:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[Cecil B. DeMille]]></category>
		<category><![CDATA[Charlton Heston]]></category>
		<category><![CDATA[fétiches]]></category>
		<category><![CDATA[Gary Cooper]]></category>
		<category><![CDATA[John Wayne]]></category>
		<category><![CDATA[quiz]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour vous réadapter à la vie trépidante d’hier qui annonce l'effondrement de demain, nous vous avons concocté un petit quiz cinéphilique sympathique autour de films classiques et cultes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>- Déconfiné·e, déconfiné·e ? Est-ce que j’ai une gueule de déconfiné·e ? Quels acteurs ou quelles actrices ont pu formuler ces mots le 11 mai 2020 ? Jean Gabin ? Vincent Lindon ? Perrette Pradier ? Juliette Binoche ? Charles Bronson ? Franck Dubosc ? Attention il y a un piège ! Pour vous réadapter à la vie trépidante d’hier qui annonce le prochain effondrement de demain, nous vous avons concocté un petit quiz cinéphilique sympathique autour de longs-métrages classiques et cultes tous remastérisés et depuis peu disponibles dans les bacs. A vous de jouer !</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><em>Les Voyages de Gulliver</em>, réalisé par Jack Sher avec Kerwin Mathews, Jo Morrow, June Thorburn&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/05/jack-sher-voyages-gulliver.jpg" alt="Les Voyages de Gulliver, de Jack Sher" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27556" />Humble médecin dans une petite ville d’Angleterre, Gulliver rêve de découvrir le vaste monde. Quand, enfin, il peut le faire en embarquant sur un bateau à destination des Indes, une tempête le jette par-dessus bord. Quand il se réveille, c’est dans un étrange royaume, Lilliput, dont les habitants sont si petits qu’il pourrait leur marcher dessus. Petits, mais toujours prêts à en découdre avec leurs voisins de Blefuscu&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Questions sur le film :</strong><br />
1°) Qui se cache derrière les effets spéciaux des <em>Voyages de Gulliver</em> ? Douglas Trumbull, Phil Tippett ou Ray Harryhausen ?<br />
2°) Combien d’adaptations cinématographiques compte le roman de Jonathan Swift ? Une dizaine, une quinzaine, une vingtaine ?<br />
3°) Gulliver voyage et s’arrête à Laputa. A quel grand cinéaste pense-t-on lorsque l’on évoque Laputa ?<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Réponses :</strong><br />
1°) Ray Harryhausen<br />
2°) Une quinzaine<br />
3°) Hayao Miyazaki</p>
<p>Avis de Grand Écart : un classique des classiques. Indémodable et indispensable. Un vrai moment de cinéma à l’ancienne et garanti sans fond vert !<br />
Disponible en version collector combo blu-ray et DVD chez Sidonis Calysta</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><em>Un justicier dans la ville 1 &amp; 2</em>, réalisés par Michael Winner avec Charles Bronson&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/05/justicier-ville-death-wish-charles-bronson.jpg" alt="Un justicier dans la ville" width="250" height="140" class="alignleft size-full wp-image-27549" /><em>1er opus : </em>Quand il apprend la mort de sa femme, battue à mort, et le viol de sa fille, traumatisée à vie, l’architecte Paul Kersey contient sa douleur, sa colère. S’il se réfugie d’abord dans le travail, le révolver que lui offre un client texan décide de son destin. Armé, de plus en plus sûr de ses gestes, Kersey erre la nuit dans les quartiers les plus malfamés de New York, abattant tous ceux qui constituent une menace pour lui et la société…</p>
<p><em>2e opus :</em> Cinq ans après avoir nettoyé les rues de New York de sa faune la moins fréquentable, Paul Kersey mène une existence paisible à Los Angeles, auprès d’une nouvelle compagne, une journaliste. Mais, à nouveau, le destin le frappe de plein fouet. Enlevée et violée par une bande de voyous, sa fille se suicide. Accablé, il retrouve un à un ses agresseurs et, de sang froid, leur applique le châtiment suprême.</p>
<p><strong>Questions sur les films :</strong><br />
1°) Quel acteur américain fait ses débuts dans ce premier opus ? Michael Keaton, Jeff Goldblum, Nick Nolte<br />
2°) Qui compose la bande-son d’<em>Un justicier dans la ville</em> ? Isaac Hayes, Herbie Hancock, Quincy Jones<br />
3°) Qui compose la bande-son d’<em>Un justicier dans la ville 2</em> ? Isaac Hayes, Jimmy Page, David Bowie<br />
4°) Qui endosse le rôle de Charles Bronson dans le remake de 2017 ? Adam Driver, Bruce Willis, Mark Wahlberg<br />
5°) Le succès relatif d’<em>Un justicier dans la ville 2</em> signera-t-il la fin de la saga ? Vrai ou faux ?<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Réponses :</strong><br />
1°) Jeff Goldblum<br />
2°) Herbie Hancock<br />
3°) Jimmy Page<br />
4°) Bruce Willis<br />
5°) Faux, Charles Bronson incarnera encore 3 fois le rôle de Paul Kersey</p>
<p>Avis de Grand Écart sur <em>Un justicier dans la ville</em> : un film d’action culte sur la vengeance et l’insuffisance de la justice. On y voit la ville de New York sous tension, craspec et poisseuse. Charles Bronson s’impose comme un action hero d’une rare brutalité.<br />
Avis de Grand Écart sur <em>Un justicier dans la ville 2</em> : encore plus bourrin et extrême que le premier opus, <em>Un justicier dans la ville 2</em> se vit comme une expérience cathartique redoutable.<br />
Disponible dans de superbes éditions DVD, blu-ray et collector chez Sidonis Calysta.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><em>La Nuit des morts-vivants</em>, réalisé par Tom Savini avec Tony Todd, Patricia Tallman, Tom Towles, Bill Moseley&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/05/nuit-morts-vivants-tom-savini-romero.jpg" alt="La Nuit des morts-vivants, de Tom Savini" width="250" height="136" class="alignleft size-full wp-image-27548" />Un phénomène inexpliqué s’abat sur une région des Etats-Unis : les morts ressuscitent puis se jettent sur les vivants qui, infectés par leurs morsures, se transforment eux-mêmes en morts-vivants. Une jeune femme, Barbara, et un homme, Ben, se réfugient dans une maison isolée qu’encerclent bientôt les créatures enragées. Ils ignorent que d’autres survivants s’y cachent. Commence alors une longue et sanglante nuit…</p>
<p><strong>Questions sur le film :</strong><br />
1°) <em>La Nuit des morts-vivants</em> est-il le remake de : <em>Le Jour des morts-vivants</em>, <em>Le Crépuscule des morts-vivants</em>, <em>La Nuit des morts-vivants</em><br />
2°) Pourquoi Tom Savini obtint la confiance de George Romero pour réaliser ce remake ? Tom Savini est le beau-frère de George Romero, Tom Savini devait travailler sur le film original, Tom Savini est le gendre de George Romero (attention, il y a un piège !)<br />
3°) Pourquoi George Romero accepta de produire ce remake ? Parce que le film original est tombé dans le domaine public, parce que les studios obligèrent Romero à produire un remake, parce que Romero toucha une prime de 5 millions de dollars<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Réponses :</strong><br />
1°) La Nuit des morts-vivants<br />
2°) Tom Savini devait travailler sur le film original (il partit au Vietnam)<br />
3°) Parce que le film est tombé dans le domaine public (et qu’il avait promis à l’équipe originale qu’il les rétribuerait un jour ou l’autre)</p>
<p>Avis de Grand Écart : Le remake de Savini respecte l’esprit de son créateur, George Romero, l’ami des zombies. Angoisse, frisson, horreur, ce cocktail spécial « samedi soir entre potes » enivre et remue les boyaux.<br />
Disponible en DVD et Blu-ray dans une superbe édition collector chez Sidonis Calysta.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><em>Les Boucaniers</em>, réalisé par Anthony Quinn avec Yul Brynner, Charlton Heston, Charles Boyer, Claire Bloom, Inger Stevens, Woody Strode, Lorne Greene…</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/05/boucaniers-anthony-quinn.jpg" alt="Les Boucaniers, d&#039;Anthony Quinn" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27557" />1812 en Louisiane. Installé dans les bayous de La Nouvelle-Orléans, le pirate français Jean Laffite contrôle toute la région, et tente de rester neutre dans le conflit qui oppose Américains et Britanniques. Mais son amour pour la fille du gouverneur Clairborne, va l’obliger à prendre parti et à s’engager au côté du général américain Andrew Jackson.</p>
<p>&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Questions sur le film :</strong><br />
1°) Qui produit le film ? Dino DeLaurentiis, Cecil B. DeMille, Stanley Kubrick<br />
2°) Combien de films Anthony Quinn réalisera au cours de la longue carrière ? 1 film, 3 films, 6 films<br />
3°) De quel film <em>Les Boucaniers</em> est-il le remake ? <em>Les Corsaires du bayou</em>, <em>Les Flibustiers</em>, <em>Terreur en Louisiane</em><br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Réponses :</strong><br />
1°) Cecil B. DeMille<br />
2°) 1 film<br />
3°) <em>Les Flibustiers</em> (1937) réalisé par Cecil B. DeMille</p>
<p>Avis de Grand Écart : Anthony Quinn réalise une œuvre grand spectacle pleine de panache bien qu’un peu trop proprette (entendez par là « un poil académique »). Le master « haute définition » fait honneur au format cinémascope et au technicolor.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><em>Ouragan sur la Louisiane</em>, réalisé par Bernard Vortrans avec John Wayne, Ona Munson, Henri Stephenson&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/05/ouragan-sur-la-louisiane-vortrans.jpg" alt="Ouragan sur la Louisiane" width="250" height="150" class="alignleft size-full wp-image-27563" />Avocat originaire du Nord des Etats-Unis, John Reynolds descend dans le Sud avec pour mission de débarrasser l&#8217;univers du jeu de ses éléments les plus notoirement convertis à la criminalité. S&#8217;il croit avoir trouvé un coupable en la personne du général Mirbeau, père de la jeune femme dont il s&#8217;éprend, il se trompe pour se rendre à l&#8217;évidence que c&#8217;est son bras droit, Blackie Williams, qui tire les ficelles, allant jusqu&#8217;à faire tuer un gagnant…</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Questions sur le film et John Wayne :</strong><br />
1°) <em>Ouragan sur la Louisiane</em> sort en 1941 aux Etats-Unis mais en quelle année atteindra t-il les écrans français ? 1947, 1954, 1962<br />
2°) Quel surnom porte John Wayne ? The King, The Duke, Big John<br />
3°) De quel film <em>True Grit</em> des frères Coen s’inspire t-il ? <em>Une Bible et un fusil</em>, <em>Cent dollars pour un shérif</em>, <em>Rooster Cogburn</em><br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Réponses :</strong><br />
1°) 1947<br />
2°) The Duke<br />
3°) Cent Dollars pour un shérif</p>
<p>Avis de Grand Écart : <em>Ouragan sur la Louisiane</em> raconte avec précision l’histoire ultra-complexe de l’ancienne province française prise dans l’étau des conflits entre Américains et Anglais. Un film court, efficace et passionnant.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><em>Le train sifflera trois fois</em> réalisé par Fred Zinnemann avec Gary Cooper, Grace Kelly&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/05/train-sifflera-trois-fois.jpg" alt="Le train sifflera trois fois" width="250" height="125" class="alignleft size-full wp-image-27560" />A peine marié, le shérif Will Kane apprend que Frank Miller, un homme qu&#8217;il a fait arrêter cinq ans plus tôt, arrivera en ville par le train de midi. Déjà, trois de ses complices l&#8217;y attendent. Le sens du devoir l&#8217;emportant sur la démission qu&#8217;il avait l&#8217;intention de donner, Kane espère cependant que quelques-uns de ses concitoyens prennent les armes avec lui. Aucun ne le suit. Bien que le combat s&#8217;annonce perdu d&#8217;avance, le shérif se dresse contre les bandits&#8230;</p>
<p><strong>Questions sur le film :</strong><br />
1°) Quel acteur de légende apparaît pour la première fois ? Max Von Sydow, Lee Van Cleef, Llyod Bridges<br />
2°) <em>Le train sifflera trois fois</em> se déroule t-il ? En temps réel, en flash-back, dans l’esprit d’un mort<br />
3°) Le film reçut : 4 oscars, 6 oscars, 10 oscars<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Réponses:</strong><br />
1°) Lee Van Cleef<br />
2°) En temps réel<br />
3°) 4 oscars (meilleur acteur, meilleur montage, meilleure musique, meilleure chanson)</p>
<p>Avis de Grand Écart : un sublime western, un chef-d’œuvre du cinéma. Ni plus ni moins. La version proposée par Sidonis Calysta est superbe.<br />
Disponible en combo DVD et blu-ray collector.</p>
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		<title>Rencontre avec Lorcan Finnegan</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2020 13:35:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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		<description><![CDATA[Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne 27e édition du Festival de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Un bonheur insoutenable</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/lorcan-finnegan-portrait.jpg" alt="Lorcan Finnegan" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27464" />Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e édition du Festival de Gérardmer</a>. Un film délirant, stupéfiant et signifiant qui méritait bien quelques confidences de la part de son jeune réalisateur irlandais. Rencontre avec Lorcan Finnegan.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Vivarium</em> est une fable surréaliste, métaphorique et cruelle. Êtes-vous d’accord avec cette définition ?</strong></p>
<p>Oui, tout à fait. Même s’il y a tout un tas d’autres interprétations possibles.</p>
<p><strong>Sans oublier sa dimension politique&#8230; </strong></p>
<p>Sociopolitique serait plus juste.</p>
<p><strong>Justement, quels sont les sujets qui parcourent <em>Vivarium</em> ?</strong></p>
<p>Même si chacun y trouve l’interprétation qu’il souhaite, pour moi <em>Vivarium</em> est un point de vue sur un certain mode de vie que l’on a voulu nous vendre comme idéal à partir de la fin des années 1950. En réalité, c’est un modèle absurde et atroce ! Je ne parle évidemment pas de tous les lotissements ni de toutes les banlieues pavillonnaires mais plutôt de ces programmes immobiliers aberrants qui ont poussé au milieu de nulle part. Ils favorisent l’individualisme tout en brisant les individus. Les promoteurs y vendent très cher du rêve à grand renfort de marketing à des gens qui y seront prisonniers pour la vie. Une vie de cauchemar qu&#8217;ils vont passer à rembourser des prêts où les contacts sociaux sont réduits au minimum et où il doivent faire des kilomètres en voiture chaque matin pour aller travailler. C’est quand même très étrange de faire ce choix de vie&#8230; <span id="more-27450"></span></p>
<p><strong>Comment est née l’idée du film ?</strong></p>
<p>Du boom économique qui a eu lieu en Irlande entre 2005 et 2008. À ce moment-là, ces programmes immobiliers ont poussé comme des champignons à travers tout le pays. Les banques accordaient des prêts sans compter et le gouvernement en tirait de gros bénéfices. Mais quand, en 2008, la crise des subprimes a éclaté, ceux qui avaient acheté se sont retrouvés piégés dans ces endroits sans âme. Revendre leur maison devenait impossible, personne ne pouvant plus les acheter, alors que leur niveau d&#8217;endettement grossissait dangereusement. Ces lotissements sont devenus des sortes de cimetières. J’ai connu personnellement pas mal de personnes dans ce cas&#8230; Ce sont toutes ces idées autour d’un contrat social mensonger que nous avons voulu explorer avec le scénariste Garrett Shanley.</p>
<p><strong>Votre vision est sombre. Pensez-vous que nous ayons définitivement perdu la partie face à ce système ?</strong></p>
<p>Sans doute pas si nous nous rendons compte de ce qui se trame à notre insu. La petite fille au début du film n’aime pas ce qu’elle voit (des oisillons morts après avoir été éjectés de leur nid par d’autres poussins plus forts) et c’est bien ! La prise de conscience est indispensable pour les générations futures.</p>
<p><strong>Y aurait-il derrière tout ça une forme de dictature du bonheur ?</strong></p>
<p>Sans doute est-ce la marque du capitalisme de nous imposer un idéalisme illusoire…</p>
<p><strong>Quel est le sens de cette scène d’ouverture naturaliste avec les oisillons ?</strong></p>
<p>Il s’agit de coucous, une race d’oiseaux qui pond dans le nid des autres avant d’abandonner ses œufs. Une fois nés, les poussins coucous dégagent du nid les autres oisillons pour être élevés et nourris de façon exclusive par leurs parents d&#8217;adoption. Ils ont un comportement de parasites. Après avoir vu un documentaire sur les coucous, avec Garrett nous nous sommes dit qu’ils feraient une bonne métaphore des promoteurs immobiliers. Voilà comment est née une des idées principales de l’intrigue. Sinon, c’est également une référence à la violence de la sélection naturelle qui sévit au sein de toutes les espèces, humains compris.</p>
<p><strong>Quel est le rôle des deux classiques de ska jamaïcain<sup>(1)</sup> des <em>60’s</em> que vous utilisez ?</strong></p>
<p>Ce sont des chansons qui parlent de pauvreté sur un rythme ensoleillé. De révolte sociale dans la bonne humeur. C’est à la fois de super morceaux et de formidables contrepoints, d’abord entre paroles et musique, puis entre la musique et la situation désespérée du couple à l’écran.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le film de genre pour traiter votre sujet ?</strong></p>
<p>Le film fantastique permet d’avoir une grande liberté et de laisser libre cours à sa créativité. En se coupant de toute représentation du réel, on peut exagérer à souhait, utiliser toutes les perspectives que l’on veut pour montrer la complexité et l’étrangeté de nos comportements.</p>
<p><strong>Quelles ont été vos références pour ce film ?</strong></p>
<p>L’influence graphique de Magritte est évidente et était présente depuis le début dans le scénario. Je pense aussi aux films du Suédois Roy Andersson, notamment pour la lumière et la photographie, à <em>La Femme des sables</em> (1964) de Hiroshi Teshigahara, au <em>Dernier Survivant</em> (1985), un film de SF post-apocalyptique de Geoff Murphy et à <em>Lost Highway</em> de David Lynch.</p>
<p><strong>Et vos films préférés ?</strong></p>
<p>Qui sait, je ne les ai peut-être pas encore vus… Sinon, j’ai grandi avec les films d’horreur et les épisodes de <em>Twilight Zone</em> à la télévision, les films de David Cronenberg. J’aime tous les genres de films, du moment que c’est du bon cinéma. En aparte, j’aimerais dire qu’on me parle souvent de <em>Black Mirror</em> comme si c’était une référence de <em>Vivarium</em>. Mais la vérité est que le projet a été initié bien avant la diffusion du premier épisode de la série, qui est excellente par ailleurs. </p>
<p><strong>Votre prochain projet sera-t-il toujours un film fantastique ?</strong></p>
<p>Ce sera effectivement un thriller surnaturel sur le thème de la vengeance. Il y aura encore une dimension politique puisqu’il évoquera l’exploitation humaine en Asie liée à l’industrie occidentale de la mode. Grâce au cinéma, on peut envoyer des messages importants au plus grand nombre. Quoi qu’il en soit, j’ai besoin d’une thématique forte pour aller au bout d’un projet.</p>
<p>(1) <em>A message To You Rudy</em> (Dandy Livingstone, 1967) et <em>007</em> (Desmond Dekker, 1967).</p>
<p>&nbsp;<br />
Vivarium <em>de Lorcan Finnegan, avec Jesse Eisenberg, Imogen Poots. Etats-Unis, Irlande, 2019. En compétition au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 11 mars 2020.</em></p>
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		</item>
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		<title>Le tour des éditions Montparnasse &#8211; Part One</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/nouveautes-editions-montparnasse-robert-baber-satyajit-ray-2020/</link>
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		<pubDate>Tue, 11 Feb 2020 09:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[films indépendants]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme chaque année, les éditions Montparnasse renouvellent leurs trésors, réalisant le bonheur des cinéphiles et des cinéphages en manque de pellicule. Des documentaires engagés aux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, les éditions Montparnasse renouvellent leurs trésors, réalisant le bonheur des cinéphiles et des cinéphages en manque de pellicule. Des documentaires engagés aux plaisirs coupables des grandes comédies hollywoodiennes, des raretés historiques aux portraits intimes de Jean Rouch, d’un animé made in France aux plages proustiennes, il y a de quoi avoir la tête qui tourne.<br />
&nbsp;</p>
<h2>Inquiétude et insouciance</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/vienne-avant-la-nuit-robert-bober.jpg" alt="Vienne avant la nuit, de Robert Bober" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27505" /><strong><em>Vienne avant la nuit</em>, de Robert Bober</strong></p>
<p>En 75 minutes, Robert Bober mêle la grande Histoire de ce début du XXe siècle à l’histoire personnelle de Wolf Leibe Fränkel, son grand-père, autour d’un périple allant de sa Pologne natale aux postes frontières d’Ellis Island jusqu’à la grande et mystérieuse Vienne, capitale de l’Autriche. L’histoire d’un aller et presque retour en quelque sorte. Robert Bober évoque la vie d’un immigré perpétuel, ce grand-père qu’il n’a jamais connu, mais qui fut le témoin des changements de paradigme politique qui bouleverseront à jamais le monde. Dans son récit familial, Bober s’efface derrière les mots de Schnitzler, Stephan Zweig et Joseph Roth qui rendent compte, comme son grand-père aurait pu le faire, d’un mal étrange qui ronge les esprits. <span id="more-27503"></span>C’est Vienne avant la nuit&#8230; Cette exhumation poétique colle à la peau du réalisateur. Le documentaire d’une douce violence rappelle à quel point il suffit d’un rien pour que tout bascule dans l’horreur. S’il n’avait pas été atteint d’un trachome et renvoyé des Etats-Unis, Wolf Leibe Fränkel serait peut-être mort de sa belle mort, sur un banc de Central Park.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/les-dames-de-la-cote-nina-companeez.jpg" alt="Les dames de la côte, de Nina Companeez" width="280" height="154" class="alignright size-full wp-image-27506" /><strong><em>Les Dames de la côte</em>, de Nina Companeez avec Fanny Ardant, Michel Aumont, Françoise Fabian …</strong></p>
<p>Quand on évoque le nom de Nina Companeez résonne tout un pan du cinéma français des années 1970 où <em>Faustine et le bel été</em> (1971) qui révéla Muriel Catala (mais aussi Isabelle Adjani et Isabelle Huppert) et <em>L’Histoire très belle et très joyeuse de Colinot trousse-chemise</em> (1973) qui révéla Francis Huster (encore sobre et pas trop cabotin dans un rôle de Casanova échevelé !) symbolisent à la perfection le bonheur et l’insouciance d’une époque aujourd’hui révolue. Nina Companeez, c’est également la femme des grandes sagas télévisées classes et luxueuses (<em>L’Allée du Roi</em>, <em>Un pique-nique chez Osiris</em>, <em>A la recherche du temps perdu</em>&#8230;) dans lesquelles elle excelle à rendre des portraits ciselés des familles de la haute bourgeoisie française de la fin du XIXe et début du XXe siècle. Dans ses œuvres, il est toujours question d’amour et de convention, d’excès et de normes, comme si les personnages féminins qu’elle s’applique à croquer avec délices ne peuvent s’émanciper que dans la douleur. Vous l’aurez compris, Nina Companeez, ce n’est pas vraiment Romain Goupil ou Gérard Mordillat… <em>Les Dames de la côte</em>, c’est du Marcel Proust réinventé, une certaine idée de la France aisée et insouciante avant et après la Première Guerre mondiale. Cette valse des couples sur fond de mutation sociale de la société française est d’une cruauté sans nom quand la cinéaste s’attarde avec délice sur ces petits esprits étriqués. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/autrichienne-pierre-granier-deferre.jpg" alt="L&#039;Autrichienne, de Pierre Granier-Deferre" width="280" height="230" class="alignleft size-full wp-image-27507" /><strong><em>L’Autrichienne</em>, de Pierre Granier-Deferre avec Ute Lemper, Patrick Chesnais, Daniel Mesguich, Rufus&#8230;</strong></p>
<p>Avec <em>L’Autrichienne</em>, Pierre Granier-Deferre s’offrait un morceau d’histoire, un terrible huis clos narrant dans une série de flash-back les quatre derniers jours de la reine Marie-Antoinette. Une reine condamnée d’avance par une « cour » de magistrats dans un procès à charge mené par le Président du tribunal révolutionnaire, Martial Herman – incarné par un Patrick Chesnais des grands jours, naturel, odieux et exécrable… fabuleux donc ! L’actrice allemande Ute Lemper, comédienne, danseuse et musicienne accomplie, livre une prestation exemplaire, toute en légèreté et toute en gravité, d’une grande justesse. Le film est sec, épuré à l’extrême, sans fioriture… on ne badine pas avec la reine ! Elle va y passer ! Cette empathie qu’on développe pour elle naît de cette justice truquée, des mots cruels lâchés par le procureur, le juge et même l’avocat de la défense, un pleutre de première catégorie. Drôle de sentiment que de se sentir impuissant à la sauver, elle qui ne semble rien comprendre à ce qui lui arrive. Nous ne sommes pas en position de refaire l’Histoire. Le peuple crevait la dalle quand la reine dépensait la fortune du pays en pâtisserie. Absolument passionnant.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/branches-arbres-satyajit-ray.jpg" alt="Les Branches de l&#039;arbre, de Satyajit Ray" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-27508" /><strong><em>Les Branches de l’arbre</em>, de Satyajit Ray avec Ajit Bannerjee, Haradhan Bannerjee, Soumitra Chatterjee&#8230;</strong></p>
<p>Ananda, ancien directeur de Mica Works, vit retiré avec son second fils, Proshanto, devenu handicapé mental à la suite d&#8217;un accident. Il a 3 autres fils qui ont tous une position sociale confortable, à l&#8217;exception du plus jeune, Protap, qui a préféré une carrière artistique au milieu financier dans lequel évolue le reste de la famille. Alors qu&#8217;Ananda les a tous réunis à l&#8217;occasion de son 70e anniversaire, ainsi que plusieurs notables de la ville, celui-ci est victime d&#8217;une attaque cardiaque.<br />
C’est en partie grâce à Gérard Depardieu qui dans les années 1990 rachète les droits de distribution de tous les films de Satyajit Ray, que les œuvres du maître indien sont visibles aujourd’hui. D’ailleurs, notre Gégé national et Daniel Toscan Du Plantier produiront et distribueront ses trois derniers films, dont <em>Les Branches de l’arbre</em>. C’est au travers de ces branches, huis clos familial, que le cinéaste dresse un état des lieux net et sans bavure d’une classe aisée décidée à rompre avec les traditions séculaires. L’Inde se modernise et les nouvelles générations s’acculturent au mode de vie occidentale. Les enfants d’Ananda ne considèrent plus leur père comme une référence, la poutre maîtresse sur laquelle repose d’immuables valeurs. <em>Les Branches de l’arbre</em> se fait le témoin du temps qui passe dans un pays que l’on pensait définitivement cristallisé dans ses coutumes et son folklore. Le cinéaste n’affirme pas que tout va changer du jour au lendemain mais qu’une révolution est en cours ; sans aucun doute l’avènement de l’Inde d’aujourd’hui qui tente de préserver sa culture et de prouver qu’elle est une grande puissance mondiale. Un grand film.</p>
<p>&nbsp;<br />
A suivre&#8230;</p>
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		<title>Rencontre avec Rose Glass</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 16:08:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[À tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Un sacre largement mérité pour elle et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Allons voir si la rose qui ce matin avait déclose&#8230;</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/rose-glass-saint-maud-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Rose Glass" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27492" />À tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020/" title="Le palmarès du 27e Festival de Gérardmer">27e Festival international du film fantastique de Gérardmer</a>. Un sacre largement mérité pour elle et son premier long-métrage, <em>Saint Maud</em>. L’histoire de Maud – divine Morfydd Clark –, jeune et (très) pieuse infirmière à domicile envoyée auprès d’une chorégraphe gravement malade pour lui prodiguer ses derniers soins. Mais plus qu’au serment d’Hippocrate, c’est aux sermons de Dieu que Maud semble vouée, préférant consacrer son énergie à sauver l’âme de sa patiente plutôt qu’à soulager son corps&#8230; Plébiscité à quatre reprises (Grand Prix du jury, prix de la Critique, du Jury Jeunes et de la Meilleure musique originale), le film restera pour nous cette lumière éblouissante, aussi inattendue qu’inespérée, venue sortir de l’obscurité une compétition bien décevante. Certes, on sortira également du lot l’audacieux <em>Vivarium</em> de Lorcan Finnegan et l’original <em>Vigil</em> de Keith Thomas, mais il n’y avait sinon pas photo face à cette première réalisation d’une insolente maîtrise. Une Rose s’est donc bien éclose cette année à Gérardmer&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avez-vous choisi le cinéma de genre pour votre premier film ?</strong></p>
<p>Pour être honnête, au tout début, je n’étais pas partie dans l’idée de faire un film fantastique ou un film d’horreur. L’histoire a finalement et naturellement évolué dans cette voie. J’ai toujours su que je voulais faire des films intenses, plutôt surréalistes, étranges. Ce n’est donc pas étonnant si j’ai fini par me diriger vers une forme de cinéma plutôt extrême, comme celle du cinéma de genre. <span id="more-27481"></span></p>
<p><strong>Quel est votre rapport à la religion ? Quelle cheminement, personnel ou intellectuel, vous a mené à aborder ces questions de croyance et de foi ?</strong></p>
<p>J’ai grandi dans une famille chrétienne, non pratiquante. On allait de temps en temps à l&#8217;église. J&#8217;ai été baptisée, scolarisée dans une école catholique, avec des nonnes pour professeurs. Des femmes très cool ! Donc oui, la religion a toujours été autour de moi dans ma jeunesse. Et lorsque vous êtes enfant et que quelque chose fait ainsi partie de votre vie, vous ne vous posez pas de questions. Cela fait partie de votre quotidien. Adolescente, la religion ne m’intéressait pas vraiment. Cela m’ennuyait plutôt de devoir aller à l’église, je ne croyais pas en Dieu et je regardais tout cela d’un œil plutôt cynique. Mais en grandissant, j’ai pris un peu plus de distance avec la religion et j’ai commencé à m’intéresser non pas à la religion en tant qu’organisation mais à la foi. Qu’est-ce que cela signifie « avoir la foi » ? Pourquoi certaines personnes croient et d’autres non ? Dans quelle mesure la foi peut-elle influer psychologiquement la vie de quelqu’un ? </p>
<p><strong>Justement, pourquoi Maud a-t-elle la foi, d&#8217;où lui vient une telle ferveur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/saint-maud-rose-glass-grand-prix-gerardmer-2020.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-27472" />Plutôt que quelqu’un qui aurait grandi dans la foi, j&#8217;étais intéressée par l&#8217;idée qu&#8217;une personne la trouve en cours de route. Maud s&#8217;y accroche parce qu&#8217;elle lui permet de s&#8217;élever. Sa ferveur religieuse repose sur une conception inhabituelle du christianisme. Elle s’est inventée de nombreuses règles qui l’aident dans sa vie quotidienne. C’est une façon de prendre soin d’elle, comme une thérapie. Sans être moi-même croyante, je pense que l&#8217;idée de vouloir faire partie de quelque chose de plus grand pour donner un sens à sa vie et trouver sa place dans le monde, c&#8217;est un besoin vital assez universel. Dans mon film, Maud se croit choisie par Dieu, qu&#8217;Il lui a confié une mission importante. Je voulais capter la réalité de sa vie, sa tristesse, sa solitude&#8230; Toutes ces raisons qui la poussent à s’accrocher à cette identité de quasi sainte. Sa foi est une réaction évidente à quelque chose qui dysfonctionnait dans son existence. Et je pense que cela l’a vraiment aidée. Simplement, en l&#8217;absence d’une véritable vie sociale, cela finit par prendre des proportions bien trop importantes. Elle va trop loin et cela devient dangereux.</p>
<p><strong>Il y a tellement de films sur la possession, mais sur la possession par l&#8217;Esprit Saint, c’est plus inhabituel&#8230;</strong></p>
<p>Vraiment ? Je ne sais pas. Mais je ne parlerais pas ici de « possession ». Certes, j’imagine qu’une personne pieuse, croyant fermement en Dieu, peut se sentir comme habitée, connectée à une sorte d&#8217;esprit sain. Dans le film, j’emmène Maud très loin dans sa foi. C’est en ce sens qu’elle peut éventuellement paraître possédée. Mais, s’ils sont poussés à l’extrême chez elle, ces moments de ravissement extatique religieux qui la traversent sont, selon moi, ressentis de façon plus contrôlée par de nombreux croyants. Encore une fois, cet état d’extase atteint par Maud répond à un désir très humain. On essaie tous de transcender nos corps, de transcender notre réalité ennuyeuse. Je crois que la vie est compliquée, désordonnée, chaotique et inexplicable. Et que c&#8217;est finalement profondément humain de vouloir trouver quelque chose qui nous élève, qui rend les choses plus claires. Simplement, cela prend des proportions incontrôlables chez Maud.</p>
<p><strong>Maud, c’est la rencontre entre Jeanne d’Arc et Travis Bickle (<em>Taxi Driver</em>), deux de vos inspirations. Mais vous en citez beaucoup d’autres, notamment Ingmar Bergman&#8230; </strong></p>
<p>Oui, un film en particulier, <em>Á travers le miroir</em>. L’histoire d’une jeune femme qui, sortant d&#8217;un hôpital psychiatrique, revient dans sa famille pour la première fois. Simplement, elle reste rongée par sa schizophrénie, sujette à des crises de délire psychotique. Là encore, tout dépend de la manière dont on regarde les choses. Personnellement, je qualifie ses crises de psychotiques, mais pour d’autres il pourra s’agir d’une véritable connexion divine. Avec <em>Saint Maud</em>, j&#8217;ai voulu faire un film qui fonctionne de la même manière, que l’on peut interpréter à sa guise. Peut-être que le cas de Maud relève de la psychiatrie, résultat de ses expériences de vie passées, ou peut-être entretient-elle réellement une relation avec l’Esprit Saint. </p>
<p><strong>Il n&#8217;y a encore pas si longtemps, parler à Dieu était un signe de divinité. Aujourd&#8217;hui, vous passez pour un dingue&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/saint-maud-rose-glass-gerardmer.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-27414" />Absolument. Il y a notamment cette théorie soutenue par certains psychologues disant que Jeanne d&#8217;Arc souffrait d&#8217;une forme d’épilepsie due à des problèmes au niveau du lobe temporal. Et l’un des symptômes serait justement ce qu&#8217;ils appellent des crises extatiques. Jeanne d’Arc en aurait souffert, tout comme Dostoïevski. Des crises qui s’accompagnaient de sentiments de « révélations », d’ « élévation ». C’est ce que vit Maud. Des crises qu’elle interprète comme autant de manifestations divines. Mais si la science et la psychologie viennent aujourd’hui se substituer de plus en plus aux explications religieuses, mystiques ou spirituelles, je ne pense pas que cela change pour autant le ressenti des personnes qui vivent ces « expériences ». Science, psychologie et religion se rencontrent ici à une intersection très intéressante, je trouve.</p>
<p><strong>Vous expliquez que beaucoup d&#8217;histoires de la Bible permettent de comprendre l&#8217;humanité, sans doute de trouver sa place. Mais avec Maud, cela ne marche pas. Est-ce à dire que, dans un esprit faible, les histoires religieuses peuvent devenir une source de désordre mental ?</strong></p>
<p>Alors, je ne parlerais pas d’« esprit faible ». Ce serait trop désobligeant. Je ne pense pas me tromper en disant que la plupart des chrétiens n’appréhendent pas les textes de la Bible littéralement mais les interprètent comme autant d’allégories, de paraboles et de mythes. Prendre ces récits au pied de la lettre me paraît dangereux, selon moi. Mais je ne dirais pas que c’est une faiblesse non plus. On appréhende tous la réalité de façon subjective et l’une des forces du cinéma est de nous permettre de plonger dans la subjectivité d’une autre personne. D’explorer son monde, de vivre ses expériences de manière viscérale. Une façon de sortir un peu de nos strictes bulles de réflexion personnelles. Et le cinéma permet de se glisser dans les esprits les plus étranges, les plus extrêmes. C’est très excitant et on pourrait être surpris de s’y reconnaître, jusqu’à avoir de l’empathie pour ces esprits « extrêmes »&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Saint Maud<em> de Rose Glass, avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight&#8230; Royaume-Uni, 2019. Grand Prix du jury du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Sortie en salle le 24 juin 2020.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Alice Winocour</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 08:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Winocour]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/interview-alice-winocour-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Alice Winocour au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27437" /><strong>Après <em>Proxima</em> qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette réalisatrice singulière, qui ne cache pas son amour pour le film de genre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir accepté d’être jurée au Festival de Gérardmer ?</strong></p>
<p>Parce que je me suis toujours intéressée au cinéma fantastique, même si ce n’est pas un genre qui m’a construite en tant que cinéaste, mais ça m’a beaucoup aidée. Par exemple, pour mon premier film, <em>Augustine</em>, je me suis inspirée de films d’exorcisme, de possession… C’est un cinéma inspirant qui n’est pas celui d’où je viens et je voulais donc en savoir plus.</p>
<p><strong>Quels sont vos films fantastiques de référence ?</strong></p>
<p>Les films qui ont vraiment compté pour moi, qui m’ont construite, ce sont les films de David Cronenberg comme <em>La Mouche</em>, <em>Faux-semblants</em>… J’ai revu <em>Crash</em> il n’y a pas longtemps. Le cinéma doit être comme ses films, une expérience physique et sensorielle, le rapport au corps me fascine. Je trouve qu’on n’aborde pas assez la sensualité, la sensorialité… Le cinéma d’horreur qui travaille les questions d’inconscient ou de psychanalyse, cela m’intéresse tout autant, comme le film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em> de Julia Ducournau ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell"><em>It Follows</em></a> de David Robert Mitchell. <span id="more-27433"></span></p>
<p><strong>Vos films sont d’ailleurs axés sur le corps…</strong></p>
<p>Oui, comme dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/maryland-alice-winocour-kruger/" title="Maryland, d’Alice Winocour">Maryland</a></em>, mon deuxième film, qui n’est que dans le point de vue sensoriel du personnage, dans une vision fragmentaires des choses à travers ses perceptions. Dans <em>Proxima</em> aussi. </p>
<p><strong>De plus en plus de femmes tournent des films de genre, pourriez-vous y verser vous-même ?</strong></p>
<p>J’ai besoin d’avoir une connexion intime avec le sujet, cela peut être dans n’importe quel genre. J’appartiens à une génération qui mélange plus ou moins diverses influences, différentes cultures. Ce que j’admire dans le cinéma de Julia Ducournau, qui était dans la même école que moi, c’est sa manière de se servir du carcan du genre, pour injecter des problématiques de cinéma d’auteur. </p>
<p><strong>Quels sont les critères pour juger les films que vous voyez en tant que jurée ?</strong></p>
<p>Je ne les vois pas selon une autre grille de lecture que n’importe quel festival. Ce qui m’importe c’est l’émotion, les problématiques explorées de notre monde contemporain… Il y a évidemment le critère de la peur, du jeu, de la bande son. Dans mes films, je passe énormément de temps à travailler dessus, cela participe d’un cinéma immersif et sensoriel et c’est parfois trop laissé de côté, je suis souvent frustrée que ça ne soit pas travaillé davantage. Un film silencieux peut être plus terrifiant que le bruit, comme dans <em>Les Oiseaux</em>.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fait peur au cinéma ?</strong></p>
<p>Je suis quelqu’un de très peureux. Les <em>home invasion movies</em>, c’est quelque chose qui me terrifie, me marque, comme <em>Panic Room</em> de David Fincher… Ce sont aussi des émotions de mon enfance comme <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock. Avec mon frère, on le regardait 5 à 6 fois par jour, parfois certaines séquences en boucle. Cela faisait partie de notre vie, on vivait dans ce film. C’était à la fois une frayeur et une fascination.</p>
<p><strong>Les ingrédients d&#8217;un bon film fantastique ?</strong></p>
<p>La bande son est très importante pour moi, comme le sous-texte de ce que cela raconte de notre société d’aujourd’hui. Qu’il y ait une seconde couche. Je suis déçue si cela ne réinvente pas la réalité ou si l’on voit des choses déjà vues des milliards de fois. Dans <em>It Follows</em>, ce qui était bien justement, c’était son côté immatériel.</p>
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		<title>Le palmarès du 27e Festival de Gérardmer</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2020 20:58:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[palmarès]]></category>

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		<description><![CDATA[Après une compétition où le talent et la qualité furent des denrées aussi rares que la neige dans les Vosges en 2020, le verdict de la 27e édition du Festival de Gérardmer vient de tomber.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/saint-maud-rose-glass-grand-prix-gerardmer-2020.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-27472" />Après une compétition où le talent et la qualité furent des denrées aussi rares que la neige dans les Vosges en 2020, le verdict de la <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e édition du Festival de Gérardmer</a> vient de tomber. Sans surprise et comme une évidence, il consacre une future grande cinéaste anglaise qui n’aura eu aucun mal à se démarquer d’une concurrence beaucoup trop faible pour entraver sa marche triomphale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Grand Prix</h3>
<p><em>Saint Maud</em>, de Rose Glass</p>
<h3>Prix du jury</h3>
<p><em>Howling Village</em>, de Takashi Shimizu</p>
<h3>Prix de la musique originale</h3>
<p><em>Saint Maud</em>, de Rose Glass</p>
<h3>Prix de la critique</h3>
<p><em>Saint Maud</em>, de Rose Glass <span id="more-27429"></span></p>
<h3>Prix du public</h3>
<p><em>1 br: The Apartment</em>, de David Marmor</p>
<h3>Prix du jury jeunes</h3>
<p><em>Saint Maud</em>, de Rose Glass</p>
<h3>Grand Prix du court-métrage</h3>
<p><em>Dibbuk</em>, de Dayan D. Oualid<br />
Mention spéciale à <em>Figurant</em>, de Jan Vejnar</p>
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		<title>Répertoire des villes disparues, de Denis Côté</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2020 14:38:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[fantômes]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le silence et la grisaille de l’hiver québécois, une voiture sort brusquement de la route pour aller s’encastrer dans des blocs de béton. Au volant, Simon. Mort sur le coup. Le début d’un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Chronique d’une mort annoncée</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/repertoire-villes-disparues-affiche.jpg" alt="Répertoire des villes disparues, de Denis Côté" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27452" />Dans le silence et la grisaille de l’hiver québécois, une voiture sort brusquement de la route pour aller s’encastrer dans des blocs de béton. Au volant, Simon. Mort sur le coup. Le début d’un deuil douloureux pour la famille – Simon laisse derrière lui un frère, une mère et un père dévastés – mais aussi pour les quelque 200 habitants d’Irénée-les-Neiges. Dans <em>Répertoire des villes disparues</em>, 11e long métrage de Denis Côté, le réalisateur canadien retrouve ses marottes. La perte, le deuil, l’isolement, l’ennui. Il filme la peur de l’autre et le repli sur soi d’une communauté villageoise au cœur d’un Québec rural à l’agonie. Repli sur soi face à la mort prématurée de l’un des leurs. Mais aussi face à la disparition inéluctable de leur village. Car la transformation du monde n’attend pas. N’attend plus. Elle est violente et irréversible. A moins de s’ouvrir rapidement à ce monde en mutation, les habitants d’Irénée-les-Neiges se condamnent à une mort certaine. Et leur commune, à devenir un village fantôme. « Village fantôme »&#8230; Denis Côté prend d’ailleurs l’idée à la lettre pour la figurer à l’écran à travers l’apparition de mystérieuses silhouettes. Des revenants immobiles et mutiques, anciens villageois de retour sur leur terre, rappelant à « ceux qui restent » leur devoir de réagir pour ne pas sombrer dans l’oubli. Revenants qui ne sont pas sans rappeler ceux de Robin Campillo ou de Fabrice Gobert. <span id="more-27440"></span></p>
<p>Filmé en 16 mm, <em>Répertoire des villes disparues</em> est enveloppé d’un charme lugubre à l’étrangeté inquiétante. Une esthétique vaporeuse qui participe à la propagation quasi imperceptible d’une angoisse diffuse tout au long du récit. Sauf qu’il y a un hic, malheureusement. Si les âmes disparues sont de retour à Irénée-les-Neiges, le film semble en manquer cruellement. Passée l’immersion plutôt séduisante dans cet univers mélancolique, le récit finit par se désincarner peu à peu, et ce en dépit de la très bonne prestation collective du casting. Un écueil regrettable dû, peut-être, au non-choix de Denis Côté qui semble vouloir ménager la chèvre et le chou, tergiversant entre poésie désabusée et film quasi documentaire, façon <em>Strip-tease</em>. Une « hésitation » qui finit par nous sortir de la langueur cotonneuse et hypnotique initiale. C’est dommage tant les choix narratifs comme esthétiques s’avéraient au départ plus prometteurs. Mais Denis est passé à côté&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Répertoire des villes disparues <em>de Denis Côté, avec Robert Taylor, Josee Deschenes, Diane Lavallée, Jean-Michel Anctil, Jocelyn Zucco&#8230; Québec, 2019. En compétition au 27e Festival de Gérardmer.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Asia Argento</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 09:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Asia Argento]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente - il aura fallu attendre 27 éditions - du jury des longs-métrages du Festival du film fantastique de Gérardmer. Elle abandonne sa...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Portrait d&#8217;une présidente</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/asia-argento-presidente-festival-gerardmer-2020.jpg" alt="Asia Argento" title="Asia Argento" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27392" /><strong>L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente &#8211; il aura fallu attendre 27 éditions &#8211; du jury des longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. Elle abandonne sa chevelure longue noir corbeau pour une coupe blonde et courte qui ne change rien à sa conception du cinéma, libre de tout engagement. Elle nous parle films de genre, possession et George Romero&#8230;</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être la première femme présidente du festival ?</strong></p>
<p>Ca fait du bien… On est dans un festival de genre, mais pour moi, le genre masculin ou féminin, ça n’a aucune importance. Mais peut-être suis-je idéaliste, je ne crois pas aux étiquettes. Je suis honorée d’être présidente du jury, mais c’est étonnant que cela ne soit pas déjà arrivé avant, car c’est déjà la 27e édition. J’ouvre la porte, comme je l’ai déjà fait auparavant dans ma vie, mais j’espère que je ne me la prendrai pas sur la tête. Ce qui arrive souvent !</p>
<p><strong>Comment définiriez-vous votre rôle de présidente ?</strong></p>
<p>J’ai émis quelques règles avec le jury, comme de se parler tous les jours quelques minutes. J’ai distribué des carnets pour écrire ses idées. C’est important d’écouter les avis des uns et des autres. J’ai la chance d’avoir un jury très intelligent. J’arrive parfois à penser comme ils pensent, à voir des choses qui m’avaient échappé. <span id="more-27387"></span></p>
<p><strong>Pourquoi si peu de femmes dans le cinéma fantastique, selon vous ?</strong></p>
<p>Même dans le cinéma tout court, je dirais. Le patriarcat est toujours au pouvoir, mais c’est politique d’aborder ce sujet.</p>
<p><strong>Qu’attendez-vous de cette édition ?</strong></p>
<p>Avec mon travail, les enfants, je ne vais plus au cinéma comme je le faisais quand j’étais plus jeune, c’est donc une occasion de voir ce qui se passe en ce moment, de voir les points de vue différents des réalisateurs et réalisatrices. Ce festival, c’est une belle manière de se mettre au courant de ce qui se passe à travers le monde. Mais je n’attends rien de particulier, car j’aime être surprise et ça m’évite d’être déçue.</p>
<p><strong>Vous avez tourné à l’âge de 9 ans, quels sont vos souvenirs d’enfance liés au fantastique ?</strong></p>
<p>J’étais dans une voiture, entourée par des comédiens déguisés en démons et je fermais les yeux quand la caméra se focalisait sur moi, j’avais peur, même si je savais que c’était pour de faux <em>[Asia parle du tournage de </em>Démons 2<em>, de Lamberto Bava]</em>.</p>
<p><strong>Avez-vous des films de genre de prédilection ?</strong></p>
<p>Je suis touchée par les films sur les possessions, les fantômes, les esprits et les démons. J’aime <em>L’Exorciste</em>, <em>L’Exorcisme d’Emily Rose</em>, <em>Deliverance from Evil</em>… Je sais pourquoi, mais c’est personnel. Cela me fait vraiment peur quand c’est bien fait. Quand j’ai vu <em>Deliverance from Evil</em>, c’était la nuit, j’étais seule et j’ai entendu du bruit, j’ai eu peur d’être possédée…</p>
<p><strong>Où prenez-vous le plus de plaisir ? Dans le jeu ou la réalisation ?</strong></p>
<p>Etre réalisatrice, c’est comme un repas complet, il y a la photographie, le jeu, les costumes… On n&#8217;a jamais le temps de s’ennuyer, alors que quand on est acteur, on s’ennuie beaucoup. </p>
<p><strong>Vous qui avez tourné à travers le monde, avez-vous perçu des différences notables dans la façon d’aborder le cinéma fantastique en fonction des pays ?</strong></p>
<p>Oui, bien sûr, parce que les cultures sont différentes. Mais cela dépend des époques aussi. Par exemple, au Japon, dans les années 1990, on ne présentait pas le cinéma fantastique de la même manière que maintenant. Mais je ne regarde pas les films en fonction de leur provenance, je suis simplement spectatrice.</p>
<p><strong>Si vous n’aviez pas évolué dans le milieu du cinéma, qu’auriez-vous fait ?</strong></p>
<p>Sans doute jardinière. Travailler avec la nature et les arbres.</p>
<p><strong>Quels souvenirs gardez-vous de votre tournage avec George Romero, <em>Le Territoire des morts</em> ?</strong></p>
<p>C’était un ami de mon père, un ami perdu, car ils ne se voyaient plus. Il avait adoré mon premier film en tant que réalisatrice, <em>Scarlet Diva</em>, et il m’a contactée, ce qui m’avait étonnée. C’était d’abord pour un autre film qu’il n’a finalement pas tourné, puis pour celui-ci. C’était encore mieux que de travailler avec mon père, car il était comme un oncle gentil, toujours très inspiré, très calme, je ne l’ai jamais vu se mettre en colère. Nous étions en communion. Il faisait des films très politiques avec le genre fantastique : si on avait envie d’y voir des zombies, on en voyait, mais il pouvait s’agir de tout autre chose. C’étaient presque des films clairvoyants.</p>
<p><strong>Cet été, vous allez tourner sous la direction de votre père dans <em>Occhiali Neri</em> ; lui demandez-vous encore des conseils ?</strong></p>
<p>Oui et pas seulement sur le cinéma, sur la vie en général. Et il m’en demande également, même si on parle beaucoup de cinéma, en effet.</p>
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		<title>Gérardmer 2020 : quatre nanars et un (grand) film</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 22:05:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[diable]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[monstre]]></category>
		<category><![CDATA[possession]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Après deux jours de la compétition gérômoise du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer, un constat s’impose : à Gérardmer, le dérèglement n’est pas seulement climatique – c’est possible, la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/saint-maud-rose-glass-gerardmer.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-27414" />Après deux jours de la compétition gérômoise du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>, un constat s’impose : à Gérardmer, le dérèglement n’est pas seulement climatique &#8211; c’est possible, la mousson dans les Vosges ? &#8211; il est également cinématographique. À mi-parcours, soit après cinq films dont quatre purges aussi ineptes qu’une raclette surgelée ou une tartiflette au Caprice des dieux, le bilan penche dangereusement dans le rouge. À moins que toute cette médiocrité ne soit qu’une machination pour laisser le champ libre à la stupéfiante épiphanie britannique que cette pluvieuse matinée de vendredi nous a réservée. Une lumière venue d’une jeune et frêle Anglaise au talent aussi insolemment mature qu’une référence à laquelle on se sent bien incapable de la rapprocher. Mais ça, c’est une autre histoire que d’autres sauront brillamment raconter…</p>
<h2><em>Snatchers</em>&#8230; Teen movie tiédasse</h2>
<p>Tout commence donc, et avant d’aller rêver à des jours meilleurs, dans la potacherie yankee lors d’un traditionnel mercredi soir d’ouverture des festivités. <em>Snatchers</em> &#8211; pour rappeler que le corps humain, en l&#8217;occurrence celui des femmes, est une matrice scénaristiquement idéale à profaner &#8211; est un pastiche de teen movie horrifique tiédasse qui transgresse du bout des lèvres et sans trop se mouiller le kiki dans la sauce piquante (paraît-il que c’est une pratique à la mode chez certains mâles sans neurones utilisateurs de l’appli TikTok). <span id="more-27406"></span>À partir d’un pitch pourtant subversif et prometteur sur la grossesse spontanée et monstrueuse d’une ado en mal de sexe, le binôme de réalisateurs “in charge” a réussi l’exploit de torcher un nanar qui ressemble furieusement à un de ces bonbons hyper-acides qui se finissent en chewing-gum fadasse. Rattrapés sciemment ou pas par une morale bien sage et jamais bonne pour le business, le duo aurait été bien inspiré de jeter un œil avant de se lancer à une pépite hilarante et transgressive comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cradiole-cooties-jonathan-milott-cary-murnion/" title="Cooties, de Jonathan Milott et Cary Murnion">Cooties</a></em>. Mais, trop tard…</p>
<h2><em>Répertoire des villes disparues</em>&#8230; Ennui abyssal</h2>
<p>Le lendemain, au saut du lit, on sent de la gravité dans l’air. Fini la rigolade, <em>Répertoire des villes disparues</em> est au programme. Voilà, un film canadien d’auteur qui promet une déclinaison originale du retour des morts-vivants sur fond d’exode rurale et de peur de l’étranger. Malheureusement, le résultat est d’un ennui abyssal. Tourner sous la neige et en 16 mm ne suffit pas à donner de la mœlle à un sujet qui n’a plus que ses tics “auteurisants” sur les os. Pourtant, l’image granuleuse, le montage fantasque, le rythme hiératique, les cadrages impressionnistes et les dialogues à contre-temps auraient dû nous emporter dans les tourments de ces braves gens médusés par le retour allégorique de tous les ex-vivants du village… Par ailleurs, avoir le film et la série <em>Les Revenants</em> dans la tête ne rend vraiment pas service à cet exercice de style fantomatique.</p>
<h2><em>Sea Fever</em>&#8230; Consternation des grands fonds</h2>
<p>Fin de journée, les choses s’enchaînent pour le meilleur… ou encore pour le pire ? On se dit qu’après avoir touché le fond, il est temps de remonter à la surface. Et pour ça, le programme nous enverrait-il des signes. Le <em>Sea Fever</em> qui se présente est certes un euro-pudding mais son pitch augure de bonnes choses à tous celles et ceux qui apprécient l’angoisse maritime à base de huis clos oppressant en pleine mer et de créature marine inconnue et malfaisante. Mais bien vite, le fol espoir laisse la place à la consternation des grands fonds. Avec son scénario mal maîtrisé, sa réalisation indigente, son suspense asthmatique, sa photographie loupée et son interprétation incertaine, le film s’avère finalement un bien mauvais copié/mal collé du <em>Cabin Fever</em> d’Eli Roth. Caramba ! Et de trois !</p>
<h2><em>1 br</em>&#8230; Ecrit par un algorithme ?</h2>
<p>C’est certain. La séance suivante doit être celle de la rédemption. Après une présentation survoltée du producteur du film, c’est à <em>1 br: the Apartment</em> de faire résonner son générique dans la salle de l’Espace Lac. Cette fois, on sent dès les premières minutes que la narration tient la route. Une jeune femme s’installe en toute confiance dans un appartement d’une résidence de Los Angeles tenue par un syndic de copropriété aux méthodes plutôt radicales. Malheureusement, 1h30 plus tard, le verdict tombe : entre emprise, soumission et ambiance sectaire avec sévices à la clé, ce film sans talent ni saveur ne s’élève jamais au-dessus d’un banal produit Netflix suspecté d’avoir été écrit par un algorithme. Quelle tristesse, encore raté…</p>
<h2><em>Saint Maud</em>&#8230; Lumière céleste !</h2>
<p>Vendredi matin, après ces quatre plaies d’Égypte, une lumière céleste a miraculeusement percé un ciel gérômois qu’on croyait définitivement voué aux ténèbres de la médiocrité… Alors pour ce premier jour de cinéma : Gloire à <em>Saint Maud</em> ! On vous en parle davantage très vite.</p>
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		<title>Rencontre avec Harry Kümel</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 14:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[vampire]]></category>

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		<description><![CDATA[Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/levres-rouges-c-malavida.jpg" alt="Les Lèvres rouges" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27381" />Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de l&#8217;histoire de la comtesse Bathory version vampire, avec une Delphine Seyrig sulfureuse en diable. Un film présenté au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival international du film fantastique de Gérardmer 2020</a> lors de la nouvelle édition de Rétromania. Tandis que le film va bientôt ressortir en version restaurée, rencontre avec son réalisateur.</p>
<p><strong>Avez-vous été surpris de l&#8217;invitation du festival ?</strong></p>
<p>Pas vraiment, car <em>Les Lèvres rouges</em> est assez connu dans le monde du fantastique et je suis souvent invité pour en parler dans de nombreux festivals. Cela dit, je ne connaissais pas celui de Gérardmer.</p>
<p><strong>Quelle est la genèse des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>J’avais déjà réalisé un premier long-métrage et des producteurs sont venus me voir pour me demander si je voulais bien faire un autre film, mais dans la veine fantastique, qui se vendait bien à l’époque. J’ai accepté et en me promenant à Bruxelles, j’ai vu un fascicule dédié à Elizabeth Bathory, la fameuse Comtesse sanglante. Je l’ai acheté, j’ai lu l’histoire de cette femme et tout de suite, j’ai voulu écrire quelque chose sur elle. Comme cela nécessitait beaucoup de fonds, de faire une reconstitution historique, on est plutôt partis sur l’idée qu’il s’agissait d’un vampire qui survit en se baignant dans le sang de jeunes vierges, pour rester éternellement jeune. Elle traverse le monde en compagnie de sa servante. Avec le producteur, nous avons écrit un synopsis très rapidement, qui a ensuite été envoyé au scénariste Jean Ferry, avec qui j’écrivais un autre film, <em>Malpertuis</em>. Un très grand scénariste. Il m’a envoyé un télégramme en me disant qu’il acceptait de collaborer sur ce film et qu’il voulait en faire les dialogues. Quelques mois plus tard, le film était vendu au Festival de Cannes. Cela se faisait très facilement et rapidement, à l’époque. <span id="more-27375"></span></p>
<p><strong>Pourquoi le choix de Delphine Seyrig ?</strong></p>
<p>C’était la condition que j’avais émise pour faire ce film. Si l’on mettait une actrice de grand renom dans le rôle principal, cela prendrait de l’allure et donnerait une aura particulière au film. Ce qui a particulièrement réussi. Delphine était une amie d’Alain Resnais. Elle a accepté, car Resnais trouvait que le film se lisait comme une bande dessinée dont il raffolait. On s’est très bien entendus elle et moi, c’était très agréable de travailler avec elle. Les seuls qui ont des problèmes avec elle, ce sont les producteurs. Elle réclamait toujours son argent, elle considérait les producteurs comme des ennemis. C’était comme un réflexe naturel chez elle, très français. </p>
<p><strong>Au moment de la sortie, est-ce que ce fut un choc ?</strong></p>
<p>Il est d’abord sorti aux Etats-Unis, car il y avait un co-financier américain. Avec un sujet pareil, cela n’aurait pas pu se faire uniquement sur des fonds belge. Il est sorti à New York et a fait un malheur. Il est sorti avec un slogan qui donnait envie de le voir. C’est grâce à cela que le film est sorti ensuite en Belgique. Il y a eu des critiques qui l’ont trouvé scandaleux, mais globalement l’accueil était plutôt bon. J’étais d’ailleurs excessivement étonné moi-même. C’est même devenu un film culte ! Je le revois maintenant comme s’il était tourné par un autre. On n&#8217;était pas habitués à voir ce genre de film, mélangeant érotisme et fantastique, avec une actrice connue et une très belle photographie. Cela ne s’était jamais fait aussi explicitement. C’est ça qui avait fait de l’effet à l’époque. </p>
<p><strong>Des réalisateurs se réclament-ils des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! C’est très flatteur ! Quand je consulte les pages anglophones sur Internet sur moi, je découvre plein de commentaires élogieux. On vient de restaurer le film en version haute définition, qui sortira bientôt et les techniciens venaient voir la restauration en trouvant qu’on ne faisait plus de films comme ça, avec une telle couleur, une telle photographie, comme si c’était nouveau. Un cinéma qui est bien fait reste intemporel. Je ne dis pas cela par nostalgie, mais je suis très heureux que le film vieillisse bien, qu’il tienne le coup, comme du bon vin.</p>
<p><strong>Aviez-vous l’impression de faire quelque chose de précurseur à l’époque ?</strong></p>
<p>Non, pas du tout ! Un réalisateur pour moi, c’est l’interprète d’un scénario. La mise en scène, c’est trouver des solutions d’images et de son pour des moments dramatiques. C’est tout. Il faut toujours étonner le spectateur. C’est ce que disait Hitchcock. C’est grâce à lui que j’ai voulu faire du cinéma. Le seul devoir d’un réalisateur, c’est d’étonner. Prenez récemment un film comme 1917 de Sam Mendes, l’étonnement est à chaque moment. Ce n’est pas le sujet qui fait le film, qui est ici classique. Mais la manière dont il est fait, le rend étonnant. Ce qui est important et fait durer les films, c’est leur facture, quel que soit le sujet. Le sujet n’est que le porte-manteau du film. Un film ne doit surtout pas refléter la réalité de tous les jours. Les films doivent être vus en salle, avec des êtres humains autour de soi. </p>
<p><strong>Des réalisateurs vous surprennent-ils ?</strong></p>
<p>Le film de genre est ce qu’il y a de plus intéressant de nos jours. Un film comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/parasite-bong-joon-ho/" title="Parasite, de Bong Joon-ho">Parasite</a></em> est un film fantastique dans tous les sens du terme. Les films les plus intéressants ne viennent plus d’Europe, mais de l’Asie, comme ceux de l’Inde, de la Corée du Sud, du Japon. Ce sont des grands films. La Russie commence à retrouver de l’intérêt petit à petit. La France a des problèmes avec le cinéma fantastique. Georges Franju, à qui on doit <em>Les Yeux sans visage</em>, est mort dans la pauvreté. Des cinéastes comme René Clément ont essayé de se mettre au genre et ont été assassinés par la critique de la Nouvelle Vague. Quand j’ai vu <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>, j’avais été époustouflé, mais les critiques belges n’y avaient rien compris, parce qu’ils s’attachaient à l’histoire&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Lèvres rouges <em>de Harry Kümel, avec Delphine Seyrig, John Karlen, Danielle Ouimet. Allemagne, Belgique, France, 1971.</em></p>
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