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	<title>Grand Écart &#187; Andrei Zviaguintsev</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Sep 2017 08:14:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un selfie ou la vie</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/faute-amour-maryana-spivak-matvey-novikov-zvyaguintsev-s.jpg" alt="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" title="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25083" />Face A. Genia et Boris divorcent. Depuis sa chambre, Alyosha les entend crier. Ils se disputent au sujet de la garde de leur enfant ; non pas pour le garder, mais justement pour ne pas s’encombrer de ce garçon de 12 ans que les hormones commencent à travailler. Le lendemain matin, Alyosha fugue ; les parents se lancent à sa recherche.</p>
<p>Face B. Du <em>Retour</em> à <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev">Leviathan</a></em>, Andreï Zviaguintsev explore le monde dans lequel il vit. D’une sphère à l’autre, avec le recul nécessaire. Il scrute les travers intimes de nos contemporains – <em>Le Bannissement</em> – ou les scories politiques ataviques – <em>Leviathan</em>. Dans <em>Faute d’amour</em>, le cinéaste russe prend la mesure de son talent et mêle les deux. La force du discours n’a d’égale que la subtilité presque respectueuse de ces individus en perte de repères, qui troquent une existence en communion avec l’autre pour un égotisme générationnel. Le plus intime et le plus domestique des drames de la vie – le divorce des parents – est alors chez Andreï Zviaguintsev une simple manifestation de cette translation de valeurs. </p>
<p>Car en filigrane de ce <em>Faute d’amour</em> saisissant et cynique, c’est toute une attitude vis-à-vis du monde, toute une posture qu’expose le réalisateur. A force de mises en scène permanentes à la télévision dans les émissions de téléréalité et les shows politiques, sur les réseaux sociaux ou dans la religion (le film se déroule quelques mois avant le <a href="http://www.grand-ecart.fr/recadrages/apocalypse-cinema-fin-monde-21-decembre-2012/" title="Apocalypse et cinéma : vive la fin du monde !">21 décembre 2012</a>, prétendue date de l’Apocalypse), nous avons tous oublié de nous intéresser à autre chose qu’à nous-mêmes. <span id="more-25074"></span>Ou alors, quand nous le faisons, c’est en regardant le monde à travers l’étroitesse d’un écran. Finalement, Andreï Zviaguintsev pose une simple question : savons-nous encore nous intéresser aux autres ? Ou faut-il, comme Genia et Boris, perdre ce qu’on a de plus précieux pour en saisir l’importance ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/faute-amour-andrei-zviaguintsev-affiche.jpg" alt="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" title="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-25084" />Zviaguintsev explore les processus de ce narcissisme victorieux, qui interdit aux individus le recul nécessaire à un questionnement sérieux et une ouverture à l&#8217;autre. Lorsque Genia passe un moment romantique avec son amant, elle surfe sur son téléphone. Lorsqu’elle s’ennuie, elle regarde les photos de sa <em>timeline</em>. Au restaurant, ses voisines de table font un selfie, moues séductrices comprises, pour immortaliser le moment. Le personnage central de <em>Faute d’amour</em> ? C’est le smartphone, qui remplace les relations humaines par un ersatz de sentiments et d’amour. La technologie sans limite a-t-elle bridé notre empathie ? La peur et la haine &#8211; irréductibles à la seule Russie &#8211; sont-ils les conducteurs de cet enfermement psychologique qui nous fait préférer le confort à la vie ?</p>
<p>Avec intelligence, le réalisateur d’<em>Elena</em> évite l’écueil de tomber dans ce qu’il dénonce. Il raconte l’histoire d’Alyosha sans artifice, sans pathos, musique larmoyante ni effets tape-à-l’œil. <em>Faute d’amour</em> est un film beau et sobre, peut-être encore plus que ses précédentes œuvres. En grand cinéaste, Andrei Zvyaguintsev s’efface avec humilité et honnêteté pour ne pas interférer dans la plus importante des missions de l’artiste : ouvrir une fenêtre sur le monde pour mieux le comprendre &#8211; et, peut-être, le corriger.</p>
<p>&nbsp;<br />
Faute d’amour <em>(Nelyubov) d’Andrei Zvyaguintsev, avec Maryana Spivak, Alexey Rozin, Matvey Novikov… Russie, France, 2017. Prix du jury au 70e Festival de Cannes. Sortie le 20 septembre 2017.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Stéphane Brizé</title>
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		<pubDate>Wed, 17 May 2017 18:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2017]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Haneke]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Brizé]]></category>

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		<description><![CDATA[« Le cinéma qui nous parle autrement. » C&#8217;est la baseline du festival Visions sociales qui, du 20 au 27 mai, en marge du 70e Festival de Cannes, accueillera sur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/affiche-visions-sociales-2017.jpg" alt="Visions sociales 2017" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25054" /><em>« Le cinéma qui nous parle autrement. »</em> C&#8217;est la baseline du festival Visions sociales qui, du 20 au 27 mai, en marge du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">70e Festival de Cannes</a>, accueillera sur le domaine d’Agecroft à Mandelieu-la-Napoule festivaliers et professionnels autour d&#8217;un cinéma pensé comme <em>&#8220;une quête constante de curiosité, de réflexion, de questionnement sur le monde qui nous entoure&#8221;</em>. Pour cette 15e édition, c&#8217;est Stéphane Brizé qui jouera les parrains. L&#8217;occasion de parler politique et engagement. Rencontre. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Que signifie, pour le cinéaste que vous êtes, l’expression « avoir une vision sociale » ?</strong><br />
Je traduirais cela par un questionnement sur la manière dont un individu est impacté par son environnement et inversement. Une réflexion sur la place et le rôle de l&#8217;homme dans la vie de la cité. </p>
<p><strong>Pourquoi avoir accepté d’être le parrain de Visions sociales ? </strong><br />
D&#8217;abord un lien déjà ancien avec la CCAS, le CE d&#8217;EDF. En 1999, je venais à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs avec mon premier film <em>Le Bleu des villes</em> et la CCAS m&#8217;avait remis un prix, le Soleil d&#8217;Or. Parrainer Visions sociales est d&#8217;abord un retour de politesse amical. Ensuite, le plaisir de collaborer avec un CE qui offre aux salariés de l&#8217;entreprise un peu plus que des tickets de piscine et des réductions pour aller en voyage. Car on l&#8217;oublie souvent, une des missions premières des CE est une mission d&#8217;éducation à la culture. Et puis enfin, le plaisir complètement égoïste de découvrir des films qui éclairent notre monde et donc notre route. Et on le sait bien, il y a moins d&#8217;accidents quand on roule avec les phares allumés. <span id="more-25046"></span></p>
<p><strong>Quel regard posez-vous sur la campagne présidentielle qui vient d’avoir lieu ? </strong><br />
D&#8217;abord le regard du citoyen atterré et effrayé par tant de brutalité. Ensuite le regard du réalisateur fasciné par tant de brutalité. Qui aurait pu imaginer ce qui s&#8217;est passé ? Ce qui m&#8217;intéresse le plus, pour être honnête, ce n&#8217;est pas tant le politique que celui qui met son bulletin dans l&#8217;urne. Et celui qui met aujourd&#8217;hui un bulletin « Le Pen » dans cette urne m&#8217;intéresse profondément. Le geste me fait peur mais la personne qui fait le geste me fascine. Sa colère, sa détresse, sa peur et son inquiétude me touchent. Le Front national a kidnappé la colère des plus modestes, des plus en souffrance en allant racler chez l&#8217;homme ce qu&#8217;il a de plus médiocre. On n&#8217;est pas grand chose face à la peur et le dénuement. On perd vite ses repères. Et quand quelqu&#8217;un débarque avec des solutions qui semblent si simples, comment résister ? Ça me fascine. Et mon sentiment sur les deux finalistes, c&#8217;est que chacun à sa manière produit de la violence. </p>
<p><strong>L’avènement d’un « jeune premier » à la tête de la France vous a-t-il surpris ? </strong><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/stephane-brize-s.jpg" alt="Stéphane Brizé" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-25053" />En termes de parcours personnel, c&#8217;est assez exceptionnel, il faut bien le reconnaître. Assez digne d&#8217;un grand personnage de fiction. S&#8217;il a été élu, c&#8217;est qu&#8217;il a su deviner quelque chose de la psyché collective. Et heureusement que sa femme était toujours à moins de trois mètres de lui pour qu&#8217;il sache où elle était car il a quand même eu une chance de cocu. Il fallait que Fillon gagne sa primaire puis qu&#8217;Hamon gagne la sienne avant que Fillon explose en vol puis qu&#8217;Hamon implose pour enfin se retrouver face à Le Pen au deuxième tour. Si ce n&#8217;est pas avoir une bonne étoile, ça ! Mais au delà de la chance, il a su se positionner habilement à un endroit de l&#8217;échiquier au moment où les partis en place depuis longtemps étaient à bout de souffle. L&#8217;image du nouveau président est parfaite, lisse, aimable et audacieuse, la réalité de sa politique qui veut imposer le modèle de la flexi-sécurité offrira évidemment bien plus de  « flexi » que de « sécurité ».</p>
<p><strong>Quelle est votre définition d’un réalisateur engagé ?</strong><br />
Pour moi l&#8217;engagement, c&#8217;est poser une question. Une question intime, une question sur le monde, une question sur l&#8217;intime en écho au monde&#8230; une question. </p>
<p><strong>Quels sont les réalisateurs que vous suivez ?</strong><br />
Ils sont tellement nombreux, comment faire une liste ? <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/the-great-beauty-paolo-sorrentino/" title="La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino" target="_blank">Sorrentino</a> pour sa puissance formelle à la limite parfois de la pose. Mais quand il est du bon côté de la crête, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est beau et puissant. <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" target="_blank">Andreï Zviaguintsev</a> pour la pertinence de sa réflexion sur la place d&#8217;un individu dans un système. Pour les mêmes raisons mais avec une esthétique très différente, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/au-dela-collines-cristian-mungiu/" target="_blank">Cristian Mungiu</a>. Que d&#8217;intelligence ! <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/amour-michael-haneke/" target="_blank">Haneke</a> pour son regard tranchant et sans concession sur notre violence. Andrea Arnold pour sa capacité à faire naître du réel au cœur d&#8217;une esthétique puissante. Quelques noms qui me viennent à l&#8217;esprit à l&#8217;instant où je vous parle. Il y en a d&#8217;autres bien sûr.</p>
<p><strong>Quels sont les sujets politiques et sociétaux que vous aimeriez aborder dans vos prochains films ?</strong><br />
J&#8217;aimerais mettre ma caméra du côté des cadres des entreprises. Je suis persuadé qu&#8217;ils sont les prochains sur la liste des sacrifiés sur l&#8217;autel du profit. Ils ont bien servi à nettoyer en dessous d&#8217;eux, l&#8217;industrie &#8211; et son uberisation à marche forcée &#8211; n&#8217;aura bientôt plus besoin d&#8217;une bonne partie de ces hommes et de ces femmes. Et comme ils n&#8217;ont aucune culture de la lutte, ils se retrouveront dans un grand désarroi. </p>
<p><strong>Documentaire vs fiction ? </strong><br />
J&#8217;ai réalisé un documentaire il y a plus de dix ans, mais j&#8217;aime tellement l&#8217;endroit de la fiction que toute mon énergie au quotidien est mobilisée pour construire des histoires. Des histoires nourries du réel, qui empruntent même à la dramaturgie du documentaire mais que j&#8217;aime à construire complètement. J&#8217;aime l&#8217;endroit de frottement entre la fiction et le réel.</p>
<p><strong>Pourquoi <em>La Loi du marché</em> ? Y avait-il une sorte d&#8217;urgence sociale à faire ce film-là, à ce moment-là et de cette manière-là, proche du documentaire ?</strong><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/la-loi-du-marche-lindon-stephane-brize.jpg" alt="La Loi du marché, de Stéphane Brizé" title="La Loi du marché, de Stéphane Brizé" width="280" height="148" class="alignleft size-full wp-image-25055" />C&#8217;est <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/loi-du-marche-stephane-brize-cannes-2015/" target="_blank">un film</a> qui s&#8217;est invité dans ma vie alors que je terminais l&#8217;écriture d&#8217;<em>Une vie</em> et qu&#8217;il fallait quelques mois pour monter le financement de ce dernier. J&#8217;avais 16 mois devant moi. Le résumé du film existait sur une page dans un coin de mon ordinateur, c&#8217;est une discussion avec Vincent Lindon qui m&#8217;a fait le ressortir comme une évidence. La forme (mise en scène et choix des comédiens non professionnels) s&#8217;est immédiatement imposée. Tout cela correspondait à des choses qui, comme ce texte enfermé dans un recoin de la mémoire de mon ordinateur, était en moi. L&#8217;urgence du projet m&#8217;a permis d&#8217;aller à la rencontre de mon désir sans tergiverser. </p>
<p><strong>A quoi tient votre relation particulière et privilégiée avec Vincent Lindon ? </strong><br />
Vincent et moi venons de planètes sociales totalement opposées. Lui est un bourgeois, moi le fils d&#8217;un très modeste employé à la Poste. Mais nous nous sommes construits autour d&#8217;une même faille intime. Et donc, malgré des enfances dans des milieux si différents, nos colères, nos fragilités, nos émois, nos fragilités se révèlent être très semblables. Notre lien privilégié vient en partie de là, on s&#8217;est reconnus en l&#8217;autre. Aucun souvenir de ma première rencontre de spectateur avec lui. Mais je me souviens très bien que je le suivais d&#8217;un œil attentif en me disant : « Il vieillit bien. »</p>
<p><strong>« Né d&#8217;un père facteur et d&#8217;une mère au foyer, Stéphane Brizé vient d’un milieu où la culture se résume à une poignée de romans dans la bibliothèque familiale », lit-on sur votre bio Wikipédia. Un livre qui vous a marqué et a laissé une empreinte sur votre travail de cinéaste ? </strong><br />
Il faut souvent se méfier de Wikipédia mais pour le coup, ce que vous dites est vrai. Il y avait notamment la collection complète reliée de skaï rouge des romans de Marcel Pagnol. Ça tenait sur une petite étagère en haut d&#8217;un escalier de quelques marches. J&#8217;ai tout lu, j&#8217;ai tout aimé. Après, que cela ait laissé une empreinte sur mon travail, je ne saurais vous le dire. Mais bon, il aimait bien parler des gens modestes. J&#8217;arrêterais là la comparaison. </p>
<p><em>&raquo; Découvrez toute la programmation de <a href="http://www.ccas-visions-sociales.org/" title="Visions sociales" target="_blank">Visions sociales</a></em></p>
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		<title>17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 May 2017 13:20:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la section Un Certain Regard]]></category>
		<category><![CDATA[Les séances spéciales hors compétition]]></category>
		<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
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		<category><![CDATA[Pedro Almodovar]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur les 122 ans que compte l’histoire du cinéma, en voilà 69, déjà, que le Festival de Cannes en célèbre la substantifique moelle. Et pour sa 70e édition, pas de tête-à-queue en vue.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/affiche-70e-festival-film-cannes-2017.jpg" alt="70e Festival de Cannes" title="70e Festival de Cannes" width="205" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24969" />Sur les 122 ans que compte l’histoire du cinéma, en voilà 69, déjà, que le Festival de Cannes en célèbre la substantifique moelle. Et pour sa 70e édition, pas de tête-à-queue en vue. Au contraire, on continue, en mieux. Ainsi, du 17 au 28 mai 2017, la grand-messe du cinéma enfilera, douze jours durant, ses tenues des grands soirs, au fil d’une Sélection officielle de très haute volée. À commencer par ses films en compétition qui, dans leur habituel cocktail de vétérans et de nouveaux venus, nous offriront un joli cliché HD du cinéma mondial. Si l’on ne sera pas surpris d’y retrouver (avec plaisir) Michael Haneke, Sofia Coppola, Todd Haynes, Andrei Zviaguintsev et autre Jacques Doillon (qui n’était pas venu à Cannes depuis 1984), on y découvrira également (avec curiosité) les nouvelles réalisations des compétiteurs inédits que sont Bong Joon-ho, Noah Baumbach, Ruben Ostlund, les frères Safdie ou encore Robin Campillo. Un joli programme mais une lourde charge pour le président Pedro Almodovar et son jury.</p>
<p>La Sélection officielle sortira également l’argenterie côté hors compétition &#8211; avec notamment les derniers films de Roman Polanski et d&#8217;Agnès Varda &#8211; et séances spéciales &#8211; avec Hong Sang-soo, Raymond Depardon, Claude Lanzmann, Vanessa Redgrave&#8230; Sans oublier les « morceaux » de premier choix retenus pour la sélection Un Certain Regard, présidée cette année par Uma Thurman. Au menu, entre autres, Mathieu Amalric, Laurent Cantet, Michel Franco, Kiyoshi Kurosawa ou encore le trop rare Mohammad Rasoulof. <span id="more-24960"></span></p>
<p>Enfin, 70e édition oblige, Cannes Classics dédiera en grande partie sa sélection à l’histoire du Festival de Cannes. Une sélection de prestige née de la révolution numérique, il y a 15 ans, alors que le cinéma s’inquiétait plus que jamais de l’entretien et de la transmission de sa mémoire. Et une sélection qui, cette année, fera la part belle à certains des plus grands chefs-d’œuvre du festival : de <em>La Bataille du rail</em> de René Clément à <em>L’Empire des sens</em> de Nagisa Oshima, en passant par <em>Le Salaire de la peur</em> d’Henri-Georges Clouzot, <em>Blow Up</em> de Michelangelo Antonioni, <em>All That Jazz</em> de Bob Fosse et <em>Au milieu coule une rivière</em> de Robert Redford. </p>
<p>Ca brillera donc sans doute un peu plus que d’habitude cette année du côté de la Croisette. D’autant que, fort de sa Sélection officielle taillée dans le marbre, le Festival de Cannes pourra également compter sur les perles tout aussi précieuses du palais Stéphanie et de la <a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/49e-quinzaine-realisateurs-2017/selection-films-edouard-waintrop/" title="Sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs">Quinzaine des réalisateurs</a>, comme sur les diamants bruts de la <a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/56e-semaine-critique-2017/selection-films-2017/" title="Pourquoi aller à la Semaine de la critique ?">Semaine de la critique</a>, au Miramar. </p>
<h3>La sélection officielle</h3>
<p><strong>Film d&#8217;ouverture</strong><br />
<em>Les Fantômes d&#8217;Ismaël</em> d&#8217;Arnaud Desplechin</p>
<p><strong>En compétition</strong><br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cannes-nelyubov-faute-amour-andrei-zviaguintsev/" title="Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev">Faute d&#8217;amour</a></em> d’Andreï Zviaguintsev<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/robert-pattinson-good-time-benny-josh-safdie/" title="Good Time, de Benny et Josh Safdie">Good Time</a></em> de Benny et Josh Safdie<br />
<em>You Were Never Really Here</em> de Lynne Ramsay<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/jupiter-moon-kornel-mundruczo/" title="Jupiter’s Moon, de Kornel Mundruczo">Jupiter’s Moon</a></em> de Kornél Mundruczó<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/une-femme-douce-sergei-loznitsa-russie/" title="Une femme douce, de Sergei Loznitsa">A Gentle Creature</a></em> de Sergei Loznitsa<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mise-a-mort-cerf-sacre-yorgos-lanthimos/" title="Mise à mort du cerf sacré, de Yorgos Lanthimos">The Killing of a Sacred Deer</a></em> de Yorgos Lanthimos<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/vers-la-lumiere-hikari-naomi-kawase/" title="Vers la lumière, de Naomi Kawase">Hikari</a></em> (Radiance) de Naomi Kawase<br />
<em>Geu-Hu</em> (The Day After) de Hong Sang-soo<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/wonderstruck-musee-merveilles-todd-haynes/" title="Le Musée des merveilles, de Todd Haynes">Wonderstruck</a></em> de Todd Haynes<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/vincent-lindon-izia-higelin-rodin-jacques-doillon/" title="Rodin, de Jacques Doillon">Rodin</a></em> de Jacques Doillon<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/120-battements-par-minute-robin-campillo/" title="120 battements par minute, de Robin Campillo">120 Battements par minute</a></em> de Robin Campillo<br />
<em>Happy End</em> de Michael Haneke<br />
<em>L’Amant double</em> de François Ozon<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/jean-luc-godard-redoutable-michel-hazanavicius/" title="Le Redoutable, de Michel Hazanavicius">Le Redoutable</a></em> de Michel Hazanavicius<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-beguiled-les-proies-sofia-coppola/" title="Les Proies, de Sofia Coppola">The Beguiled</a></em> de Sofia Coppola<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/okja-bong-joon-ho/" title="Okja, de Bong Joon-ho">Okja</a></em> de Bong Joon-Ho<br />
<em>Aus Dem Nichts</em> (In The Fade) de Fatih Akin<br />
<em>The Meyerowitz Stories</em> de Noah Baumbach<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-square-ruben-ostlund/" title="The Square, de Ruben Ostlund">The Square</a></em> de Ruben Ostlund</p>
<p><strong>Hors compétition</strong><br />
<em>Mugen no Junin</em> de Takashi Miike<br />
<em>How to Talk to Girls at Parties</em> (Comment parler aux filles en soirée) de John Cameron Mitchell<br />
<em>D&#8217;après une histoire vraie</em> de Roman Polanski<br />
<em>Visages Villages</em> d&#8217;Agnès varda</p>
<p><strong>Un Certain Regard</strong><br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/barbara-mathieu-amalric-jeanne-balibar/" title="Barbara, de Mathieu Amalric">Barbara</a></em> de Mathieu Amalric<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/fiancee-desert-cecilia-atan-valeria-pivato/" title="La Fiancée du désert, de Cecilia Atan et Valeria Pivato">La Fiancée du désert</a></em> de Cecilia Atan &#038; Valeria Pivato<br />
<em>Etroitesse</em>, de Kantemir Balagov<br />
<em>La Belle et la Meute</em> de Kaouther Ben Hania<br />
<em>L’Atelier</em> de Laurent Cantet<br />
<em>Lucky</em> de Sergio Castellitto<br />
<em>Les Filles d’Avril</em> de Michel Franco<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/western-valeska-grisebach/" title="Western, de Valeska Grisebach">Western</a></em> de Valeska Grisebach<br />
<em>Directions</em> de Stephan Komandarev<br />
<em>Out</em> de Gyorgy Kristof<br />
<em>Before We Vanish</em> de Kiyoshi Kurosawa<br />
<em>En attendant les hirondelles</em> de Karim Moussaoui<br />
<em>Dregs</em> de Mohammad Rasoulof<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/jeune-femme-leonor-serraille/" title="Jeune femme, de Léonor Serraille">Jeune femme</a></em> de Léonor Serraille<br />
<em>Wind River</em> de Taylor Sheridan<br />
<em>Après la guerre</em> de Annarita Zambrano<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/el-presidente-santiago-mitre/" title="El Presidente, de Santiago Mitre">La Cordillera</a></em> de Santiago Mitre<br />
<em>Walking Past the Future</em> de Li Ruijun</p>
<p><strong>Séances spéciales</strong><br />
<em>Une suite qui dérange</em> de Bonni Cohen &#038; Jon Shenk<br />
<em>They</em> de Anahita Ghazvinizadeh<br />
<em>Eul-le-eo-ui Ka-me-la</em> (Clair’s Camera) de Hong Sang-soo<br />
<em>12 jours</em> de Raymond Depardon<br />
<em>Promised Land</em> de Eugene Jarecki<br />
<em>Napalm</em> de Claude Lanzmann<br />
<em>Demons in Paradise</em> de Jude Ratman<br />
<em>Sea Sorrow</em> de Vanessa Redgrave<br />
<em>Le Vénérable W.</em> de Barbet Schroeder<br />
<em>Carré 35</em> d&#8217;Eric Caravaca<br />
<em>Zombillénium</em> d&#8217;Arthur de Pins &#038; Alexis Ducord</p>
<p><strong>Séances de minuit</strong><br />
<em>The Villainess</em> de Jung Byung-gil<br />
<em>The Merciless</em> de Byun Sung-hyun<br />
<em>Prayer Before Dawn</em> de Jean-Stéphane Sauvaire</p>
<p><strong>Cannes Classics : Une brève histoire du Festival de Cannes</strong><br />
1946 : <em>La Bataille du rail</em> de René Clément (France) : Grand Prix international de la mise en scène et Prix du jury international<br />
1953 : <em>Le Salaire de la peur</em> de Henri-Georges Clouzot (1952, France, Italie) : Grand Prix<br />
1956 : <em>Un petit carrousel de fête</em> de Zoltán Fábri (1955, Hongrie) : en compétition<br />
1957 : <em>Vers l’inconnu ?</em> de Georges Nasser (Liban) : en compétition<br />
1967 : <em>J’ai même rencontré des Tziganes heureux</em> d’Aleksandar Petrović (Serbie) : Grand Prix spécial du jury, Prix de la critique internationale – FIPRESCI ex æquo<br />
1967 : <em>Blow-up</em> de Michelangelo Antonioni (1966, Royaume-Uni, Italie, États-Unis) : Grand Prix international du Festival<br />
1969 : <em>Matzor</em> (Siège) de Gilberto Tofano (Israël) : en compétition<br />
1970 : <em>Soleil O</em> de Med Hondo (Mauritanie, France) : Semaine de la critique<br />
1976 : <em>Babatu, les trois conseils</em> de Jean Rouch (Niger, France) : en compétition<br />
1976 : <em>L’Empire des sens</em> de Nagisa Oshima (France, Japon) : Quinzaine des réalisateurs<br />
1980 : A<em>ll that Jazz (Que le spectacle commence)</em> de Bob Fosse (1979, ÉtatsUnis) : Palme d’or<br />
1981 : <em>L’Homme de fer</em> d’Andrzej Wajda (Pologne) : Palme d’or<br />
1982 : <em>La Permission</em> de Yilmaz Güney, réalisé par Serif Gören (Suisse) : Palme d’or ex æquo, Prix de la critique internationale – FIPRESCI<br />
1983 : <em>La Ballade de Narayama</em> de Shôhei Imamura (Japon) : Palme d’or<br />
1992 : <em>El sol del membrillo</em> (Le Songe de la lumière) de Victor Erice (Espagne) : Prix du jury ex æquo, Prix de la critique internationale – FIPRESCI</p>
<p><strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/49e-quinzaine-realisateurs-2017/selection-films-edouard-waintrop/" title="Sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs">&raquo; Voir la sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs</a></strong><br />
<strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/56e-semaine-critique-2017/selection-films-2017/" title="Pourquoi aller à la Semaine de la critique ?">&raquo; Voir la sélection de la 56e Semaine de la critique</a></strong></p>
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		<title>Léviathan, d&#8217;Andreï Zviaguintsev</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 08:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[Monstre de talent - Kolia vit paisiblement dans la maison de son enfance avec sa femme Lylia et son fils Roma. Le maire de la ville, Vadim, souhaite s’approprier le terrain de Kolia pour...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Monstre de talent</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/leviathan-andrey-zvyagintsev.jpg" alt="Leviathan, d&#039;Andrey Zvyagintsev" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17072" /><strong>Kolia vit paisiblement dans la maison de son enfance avec sa femme Lylia et son fils Roma. Le maire de la ville, Vadim, souhaite s’approprier le terrain de Kolia pour s’y installer. Devant le refus de ce dernier, le maire va devenir plus agressif.</strong></p>
<p>Le titre du quatrième film d’Andreï Zviaguintsev renvoie moins au monstre marin biblique qu’à l’ouvrage de philosophie politique signé Thomas Hobbes (<em>Léviathan, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d&#8217;une république ecclésiastique et civile</em>, 1651), ouvrage qui détermine les conditions de la sujétion à un souverain tyrannique et théorise déjà le contrat social. Presque quatre siècles plus tard, Andreï Zviaguintsev fait un constat alarmant : entre le monde archaïque du XVIIe siècle et la Russie actuelle, rien a changé. La société est toujours gangrenée par le pouvoir et l’argent ; les puissants sont corrompus jusqu’à la moelle, les autres sont des pions qui ne doivent leur survie qu’à leur silence ou leur morne acceptation de la situation. Lorsque Kolia, désespéré, se réfugie dans l’alcool et croise le moine local (aussi sincère que déshérité), celui-ci lui raconte l’histoire de Job, humble devant Dieu et le mal infligé par Satan, puis récompensé par une vie longue et tranquille : <em>« Il a vécu jusqu’à 140 ans et a connu quatre générations de petits-enfants. »</em> Confirmation de la conscience malheureuse en Russie, la religion devenant la dernière maison dans laquelle se réfugier. <span id="more-17032"></span><br />
&nbsp;</p>
<p style="text-align:center"><em>« Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu&#8217;elle disparaisse de l&#8217;année, Qu&#8217;elle ne soit plus comptée parmi les mois !<br />
Que cette nuit devienne stérile, Que l&#8217;allégresse en soit bannie !<br />
Qu&#8217;elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan !<br />
Que les étoiles de son crépuscule s&#8217;obscurcissent, Qu&#8217;elle attende en vain la lumière, Et qu&#8217;elle ne voie point les paupières de l&#8217;aurore !<br />
Car elle n&#8217;a pas fermé le sein qui me conçut, Ni dérobé la souffrance à mes regards.<br />
Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n&#8217;ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? »</em><br />
Job 3, 6-11</p>
<p>&nbsp;<br />
S’il est définitivement un humaniste, Andreï Zviaguintsev évite pourtant avec intelligence de faire de ses héros des martyrs : <em>Leviathan</em> est un film sur la condition humaine davantage que sur une tragédie familiale. Une observation du réel davantage que des sentiments exacerbés. La technique utilisée par le cinéaste russe (une distance visuelle entretenue tout au long du métrage) comme son talent de metteur en images (une nature à la beauté stupéfiante, grandiose et macabre à la fois, à l’instar de ces épaves de bateaux ou ce squelette de baleine qui constellent le paysage), viennent appuyer, sans artifices superfétatoires, cette œuvre à la puissance extraordinaire. Andreï Zviaguintsev a adopté une démarche opposée à celle de nombreux cinéastes : en quatre films, il est parti du plus intime (la découverte d’un père dans <em>Le Retour</em>, l’adultère et l’avortement dans <em>Le Bannissement</em>) pour progresser vers un cinéma plus universel et plus critique : <em>Elena</em> et ce <em>Léviathan</em> rappellent que la haine et les manigances sont toujours au cœur de la Russie de Vladimir Poutine. Dans une hilarante séquence de tir, l’un des protagonistes affiche les portraits d’anciens présidents russes pour servir de cible. Kolia demande : <em>« Il n’y a pas les actuels ? »</em> L’autre, pince-sans-rire : <em>« Non, pour les nouveaux, il nous manque encore le recul historique. »</em> </p>
<p>Andreï Zviaguintsev livre une œuvre crépusculaire qui ébranle le spectateur en alertant sur une situation sans issue. Lorsque l’un des personnages meurt, les suspects sont légion : dans la Russie de Zviaguintsev (probablement pas si éloignée de nombreuses autres nations), il semble impossible d’imaginer une rationalisation de la barbarie. Un suicide, pour échapper à une existence défaillante ? Le mari, dévoré par la jalousie et la folie meurtrière ? Le fils, qui se heurte à l’attitude incompréhensible des adultes qui l’entourent ? Ou le suspect le plus évident, le maire Vadim, prêt à tout lorsqu’on le pousse dans ses retranchements. Dans une ultime séquence confondante, le réalisateur montre les riches dans l’église orthodoxe nouvellement construite écouter le pope réciter un sermon hypocrite ; l’administration et l’Eglise, main dans la main, tiennent en otages des millions d’individus. Seule certitude : les hommes disparaîtront, engloutis par le monstre qu’ils ont créé, la nature perdurera.</p>
<p>&nbsp;<br />
Léviathan <em>d’Andreï Zviaguintsev, avec Alexeï Serebriakov, Elena Liadova, Vladimir Vdovitchenkov, Roman Madianov, Sergueï Pokhodaev. Russie, 2014. Prix du scénario du 67e Festival de Cannes. Sortie le 24 septembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3uuf0u" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>12/11-18/11 : 12e Semaine du cinéma russe à Paris</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Sep 2014 10:17:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Le cinéma russe aura marqué 2014 de son empreinte avec la consécration d&#8217;Andreï Zviaguintsev (son film Léviathan, en salle ces jours-ci, a reçu à Cannes le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/12e-regards-de-russie-semaine-cinema-russe-paris-2014.jpg" alt="Regards de Russie 2014" title="Regards de Russie 2014" width="161" height="220" class="alignleft size-full wp-image-19351" /><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Le cinéma russe aura marqué 2014 de son empreinte avec la consécration d&#8217;Andreï Zviaguintsev (son film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev" target="_blank">Léviathan</a></em>, en salle ces jours-ci, a reçu à <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/67e-festival-international-film-cannes-jane-campion-2014/" target="_blank">Cannes</a> le Prix du scénario). Rien de plus naturel que de continuer sur notre lancée et de grandement conseiller aux lecteurs de Grand Écart de pousser les portes de trois cinémas parisiens : l’Arlequin (76 Rue de Rennes), le Majestic Passy (18 Rue de Passy) et le Reflet Médicis (3/7 Rue Champollion). Regards de Russie &#8211; 12e Semaine du nouveau cinéma russe se déroule cette année du 12 au 18 novembre et va présenter une vingtaine de films inédits pour la plupart, accompagnés de rencontres et débats avec les réalisateurs, acteurs, producteurs&#8230;<br />
Programme complet à venir.</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le <a href="http://www.cinema-russe-paris.com/" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">site de la Semaine du cinéma russe</a></em></p>
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