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	<title>Grand Écart &#187; chef-d&#8217;oeuvre</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Mordez la poussière ! #13</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Nov 2019 08:31:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Charlton Heston]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette nouvelle sélection de westerns compile des œuvres qui offrent de magnifiques portraits de femmes et d'hommes prisonniers de leur condition ou qui cherchent à s'en échapper. Quand le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette nouvelle sélection de westerns compile des œuvres qui offrent de magnifiques portraits de femmes et d&#8217;hommes prisonniers de leur condition ou qui cherchent à s&#8217;en échapper. Quand le western sort des sentiers battus, il faut en profiter ! Alors savourez&#8230;<br />
</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/11/chevaliers-texas-ray-enright.jpg" alt="Les Chevaliers du Texas, de Ray Enright" width="208" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27277" /><strong><em>Les Chevalier du Texas</em> réalisé par Ray Enright avec Joel McCrea, Dorothy Malone, Alexis Smith, Zachary Scott&#8230;</strong></p>
<p>Durant la guerre de Sécession, Luke Cottrell, chef des francs-tireurs nordistes, brûle le ranch des « Trois Cloches », propriété de Kip Davis, Charlie Burns et Lee Price. Pour se venger, Kip décide de laisser sa fiancée Deborah et prend la route du sud pour retrouver Luke Cottrell et le punir. Afin de pouvoir reconstruire le ranch, Kip s&#8217;engage avec Rouge de Lisle, bientôt rejoint par Charlie, pour organiser un trafic d&#8217;armes pour le Sud. Lorsqu&#8217;enfin Kip revient dans la ville, il apprend que Deborah est amoureuse de Lee…<br />
<em>Les Chevaliers du Texas</em> n&#8217;est pas un western révolutionnaire. C&#8217;est une oeuvre solide (comprenez par là « traditionnelle ») portée par des acteurs non moins solides. Joel McCrea, Zachary Scott et Dorothy Malone crèvent l&#8217;écran au coeur de chaque scène. Cette histoire d&#8217;amour et d&#8217;abandon ne devrait pas laisser de marbre les fans de romance déceptive. En effet, si le genre western ne s&#8217;aventure que trop rarement sur le terrain de la psychologie, les scénaristes, Zachary Gold et James R.Webb, n&#8217;ont pas hésité à privilégier la profondeur des personnages au détriment de l&#8217;intrigue. Ici, le manichéïsme de bas étage n&#8217;est pas de mise car les héros ne sont pas vraiment des héros et les méchants pas si méchants. <em>Les Chevaliers du Texas</em> se regarde comme une étude de moeurs. Le technicolor est d&#8217;une beauté à couper le souffle. <span id="more-27273"></span><br />
<strong>Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/11/streets-laredo-chevauchee-honneur-leslie-fenton-william-holden.jpg" alt="La Chevauchée de l&#039;honneur, de Leslie Fenton" width="184" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27278" /><strong><em>La Chevauchée de l&#8217;honneur</em> réalisé par Leslie Fenton avec William Holden, Mona Freeman, Macdonald Carey, William Bendix&#8230;</strong></p>
<p>1878. Jim Dawkins, Reuben Wahoo Jones et Lorn Reming attaquent une diligence. Lorn oblige le bandit Charley Calico à rendre à Rannie Carter de l&#8217;argent pour la dédommager. Mais, au cours d&#8217;une poursuite, Jim et Wahoo d&#8217;un côté et Lorn de l&#8217;autre se perdent mutuellement. Pour sauver Lorn qu&#8217;ils ont retrouvé, Jim et Wahoo l&#8217;arrêtent et sont ainsi enrôlés dans les Texas Rangers. Lorn ne comprend pas l&#8217;attitude de ses amis. Il s&#8217;évade, les assomme et fuit. Lors dune patrouille, Jim et Wahoo retrouvent Lorn…<br />
<em>La Chevauchée de l&#8217;honneur</em> est une pépite du genre, un petit miracle déjà porté à l&#8217;écran par King Vidor en 1936 sous le titre <em>Texas Ranger</em>. Derrière le savoir-faire du réalisateur Leslie Fenton et du scénariste Charles Marquis Warren, le grand William Holden nous offre, en canaille déboussolée, l&#8217;une de ses plus subtiles prestations. Comme pour <em>Les Chevaliers du Texas</em>, la puissance de l&#8217;intrigue ne réside pas dans l&#8217;enchaînement des péripéties mais dans l&#8217;évolution psychologique de ses personnages. On les observe faire le point sur des années d&#8217;errance et de mauvais choix, fragiles et perdus. Un très grand western.<br />
<strong>Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/11/triomphe-buffalo-bill-jerry-hopper-charlton-heston.jpg" alt="Le Triomphe de Buffalo Bill, de Jerry Hopper" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27282" /><strong><em>Le Triomphe de Buffalo Bill</em> réalisé par Jerry Hopper avec Charlton Heston, Rhonda Fleming&#8230;</strong></p>
<p>1860. Buffalo Bill Cody et Wild Bill Hickok souhaitent établir un service de courrier entre l&#8217;Est et l&#8217;Ouest mais cette idée déplaît à certains qui voudraient que la Californie se détache de l&#8217;Union. Rance Hastings et sa sœur Evelyn font partie de ceux qui s&#8217;opposent au Pony Express. Cody s&#8217;éprend d&#8217;Evelyn, ce qui irrite Denny Russell qui l&#8217;aime depuis longtemps. Si l&#8217;opposition des Hastings est d&#8217;ordre idéologique, Joe Cooper ne pense en revanche qu&#8217;au contrat de courrier qu&#8217;il a avec le gouvernement.<br />
Cette histoire de Pony Express est un bonbon, la douceur qu&#8217;il fait plaisir de déguster une fin d&#8217;après-midi pluvieuse. Un dimanche de préférence. <em>Le Triomphe de Buffalo Bill</em> a le mérite de divertir autant que de nous instruire sur la création du modèle postal américain durant la seconde moitié du XIXe siècle. On y voit comment le Pony Express fut un élément essentiel dans la création du lien social entre l&#8217;Est et l&#8217;Ouest de l&#8217;Amérique. Quoi qu&#8217;il fasse, Charlton Heston est génial ! Voilà un western d&#8217;entertainement comme on les aime. Très recommandé.<br />
<strong>Disponible en blu-ray chez Sidonis Calysta</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/11/la-femme-qui-faillit-etre-lynchee-affiche.jpg" alt="La Femme qui faillit être lynchée, d&#039;Allan Dwan" width="217" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27279" /><strong><em>La Femme qui faillit être lynchée</em> réalisé par Allan Dwan avec Audrey Totter, Joan Leslie, John Lund&#8230;</strong></p>
<p>1865. Sally Maris rejoint son frère Bill qui tient le saloon de Border City, mais Bill est tué par Lance Horton qu&#8217;il menaçait. Pour payer les dettes de son frère, Sally est obligée de diriger le saloon. Elle se bat avec Kate Quantrill, la femme du chef de guerre, et affronte celle-ci dans un duel au revolver qu&#8217;elle remporte. Lorsque les Nordistes investissent la ville, Sally cache Kate et Lance Horton, qui en réalité est un capitaine sudiste.<br />
<em>La Femme qui faillit être lynchée</em> pourrait peut-être s&#8217;apparenter à un « feel good western » tant il est positif et solaire. Ici, ce sont les femmes qui mènent la danse. Le grand Allan Dwan réalise une œuvre féministe en diable qui présente avec force détails l&#8217;influence absolue de la société patriarcale à cette époque. Une femme au saloon d&#8217;accord, mais une femme patronne de saloon ! Alors là&#8230; <em>La Femme qui faillit être lynchée</em> est une œuvre généreuse sur l&#8217;amitié, la vraie, celle qui rebat les cartes et éclipse les tabous. Une pépite à redécouvrir.<br />
<strong>Disponible en blu-ray chez Sidonis Calysta</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/11/traquenard-sans-loi-utah-blaine-fred-sears.jpg" alt="Le Traquenard des sans-loi, de Fred Sears" width="176" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27283" /><strong><em>Le Traquenard des sans-loi</em> réalisé par Fred S. Sears avec Rory Calhoun, Susan Cummings, Angela Stevens, Ray Teal&#8230;</strong></p>
<p>Utah Blaine aide Joe Neal qui possède un ranch et doit faire face à Russ Nevers, à la tête d&#8217;une bande de vauriens, qui cherche à s&#8217;emparer de toutes les terres. Neal est assassiné, souhaitant que Utah et Angie Kinyon, dont le père a aussi été tué par Nevers, prennent soin de son ranch. Dans leur combat contre Nevers, Utah et Angie sont rejoints par Mary Blake dont le père a également été tué, et par Gus Ortmann, toujours ravi de se battre.<br />
Il faut savoir avant toute chose que <em>Le Traquenard des sans-loi</em> est une rareté. Alors merci Sidonis !Ce petit western à papa est une œuvre modeste qui va à l&#8217;essentiel. Pas de fioriture ! Les personnages dessinés avec soin provoquent une empathie réelle et rapide chez le spectateur. On ne s&#8217;ennuie pas une seconde devant cette histoire de vengeance et de rédemption. Rory Calhoun, comme à son habitude, dégage une force peu commune. Il nous rassure comme le font les héros de cinéma. Encore un chouette western psychologique.<br />
<strong>Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</strong></p>
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		<title>La Frichti Sélection</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Sep 2019 18:57:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Douglas Sirk]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Selleck]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette nouvelle sélection ne manque ni de charme, ni de piquant et encore moins d’originalité. Elephant Films nous sort de derrière les fagots quatre Douglas Sirk inédits, du muet tragique et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette nouvelle sélection ne manque ni de charme, ni de piquant et encore moins d’originalité. Elephant Films nous sort de derrière les fagots quatre Douglas Sirk inédits, du muet tragique et bidonnant et du culte de chez culte. Alors que demande le peuple ? Le peuple ne demande rien &#8211; à part la revalorisation du SMIC à 6000 euros net par mois, une baisse de la TVA de 20 % à 0,1 % &#8211; car il est forcément satisfait par cette nouvelle sélection. </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/magnum-tom-selleck.jpg" alt="Magnum" width="183" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27237" />Et vous savez quoi ? Nous allons commencer cette revue par une surprise avec la saison 6 de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/magnum-pi-hawai-tom-selleck-john-hillerman-higgins-saison-4-5-dvd/" title="Magnum : retour à Hawaï !">Magnum P.I.</a></em> Une saison surprenante qui dénote des précédentes. On y voit Magnum et Higgins régler leurs affaires personnelles en Angleterre (<em>Déjà vu</em> épisodes 1 et 2), Magnum endosser le rôle de surveillant au Gardens Hotel (<em>Hotel Dick</em> épisode 5) puis retourner chez lui après 13 ans d’absence (cet épisode 7, <em>La Lettre volée</em>, est sans aucun doute l’un des plus émouvants de la série). Dans cette saison 6, chaque personnage semble désabusé, prêt à quitter l’île définitivement, comme si l’aventure était terminée. L’épisode 14, <em>Coup de force</em>, où Higgins est accusé d’avoir volé 50 000 dollars à Robin Masters bouleverse nos repères. Higgins soupçonné d’avoir dépouillé Robin Masters de ces œuvres d’art … ? Cornegidouille, c’est impossible !! Plus qu’aucune autre saison, on sent que les scénaristes et les producteurs cherchent à se renouveler avant le bouquet final. Nostalgie et mélancolie habitent chacun des 21 épisodes. La restauration de l’image est exceptionnelle.<br />
<em>La saison 6 est disponible dans un coffret blu-ray.</em><br />
<span id="more-27235"></span><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/demain-autre-jour-douglas-sirk.jpg" alt="Demain est un autre jour, de Douglas Sirk" width="220" height="280" class="alignright size-full wp-image-27238" />Chères et chers cinéphages, si nous poursuivions ces recommandations par <em>Le Joyeux Charlatan</em> (1953), un Sirk resté invisible durant six longues décennies. Pourquoi et comment l’œuvre d’un maître peut-elle rester à pourrir au fond d’un tiroir aussi longtemps ? Simple supposition ; <em>Le Joyeux Charlatan</em> est une œuvre hybride, une comédie musicale à la frontière de plusieurs genres, un barnum de première catégorie. Il y a fort à parier que les producteurs n’ont jamais su quoi en faire ni comment le vendre. Et pourtant, le résultat vaut le détour tant le charme sirkien agit instantanément (les décors, la mise en scène, le jeu des faux-semblants). Toutefois, je qualifierais ce long-métrage de totalement à part, où l’on ne comprend pas grand-chose de l’intrigue qui tourne autour d’une histoire d’amour et de l’audit d’un orphelinat en décrépitude. Après 90 minutes surréalistes, on peut s’interroger si Sirk n’est pas le véritable créateur du fameux Kamoulox. Si vous êtes fan des bizarreries vous ne serez pas déçus.<br />
Embrayons sans transition sur <em>All I Desire</em> (1953), tragique mélo sur fond de vie ratée. Le film ne fait pas dans la dentelle quand il explore le destin d’une actrice à qui rien ne réussit tant sur le plan professionnel que sur le plan privé. La critique virulente du milieu artistique et des illusions qu’il suscite chez les âmes passionnées et naïves rentre dans le lard bien comme il faut. Vous êtes prévenus, c’est d’une absolue cruauté !! Si après tout ça, vous ne comprenez pas les avertissements sur les dangers du monde du spectacle, Douglas Sirk aura failli. Barbara Stanwick est bouleversante dans son rôle de femme abandonnée. <em>All I Desire</em> délivre une partition dramatique qui perfore le cœur. Encore un grand Sirk.<br />
<em>Demain est un autre jour</em> incarne « Le » style Sirk par excellence. Une histoire de couple qui vire au cauchemar. Un couple qui étouffe, prisonnier et victime des convenances de la petite-bourgeoisie où l’un s’échappe pour tenter de survivre quand l’autre refuse catégoriquement de déroger aux règles de sa condition. C’est dans ces mélos venimeux où l’on peut le mieux admirer le talent de Sirk à faire l’examen des classes sociales américaines. Un chef-d’œuvre.<br />
<em>Les Ailes de l’espérance</em> (1957), qui n’est rien de moins qu’une œuvre culte en Corée, raconte le bombardement d’un orphelinat par l’aviation américaine et la tentative d’un officier supérieur de se racheter de sa bévue. Les intentions du soldat restent louables mais la naïveté des sentiments (au-delà du cucul la praline) écœure rapidement. Voilà un tragique film de guerre, une histoire vraie, où l’humour sert de simple pivot entre les autorités américaines et les enfants survivants. On ne sait pas trop si l’on doit pleurer ou trouver ça consternant. Un Sirk foiré. C’est rare ! </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/feerie-du-jazz.jpg" alt="La Féerie du jazz, de John Murray Anderson" width="280" height="215" class="alignleft size-full wp-image-27242" /><em>La Féerie du Jazz</em> (1930) de John Murray Anderson, l’une des premières comédies musicales en Technicolor que le monde n’ait jamais connue, revient sur l’importance du jazz dans la culture populaire américaine au cours du premier tiers du XXe siècle à travers un défilé de tableaux mêlant music-hall, comédie classique et animation. Cette orgie de spectacle délivrée en pleine période de Dépression nous en colle plein les mirettes et c’est peu de chose de le dire. La qualité des décors (le décorateur Herman Ross obtint l’Oscar), tous plus hallucinants les uns que les autres, sublime les partitions orchestrées par le Chef Paul Whiteman. Les critiques regrettent à juste titre l’absence de Sidney Bechet, Louis Armstrong ou Duke Ellington au générique. Ils ont bien raison ! C’était, paraît-il, pour ne pas faire de l’ombre à Paul Whiteman. Je vous laisse le soin d’apprécier les rapports cordiaux entre Blancs et Noirs. Je vous conseille tout de même de découvrir ce bijou intemporel. </p>
<p><em>L’Homme qui rit</em> version 1928. En Angleterre, à la fin du XVIIe siècle, le roi Jacques se débarrasse de son ennemi, le Lord Clancharlie, et vend son jeune fils, Gwynplaine, aux trafiquants d’enfants qui le défigurent. Le garçon s’enfuit et sauve du froid un bébé aveugle, Dea. Tous les deux sont recueillis par Ursus, un forain. Gwynplaine, baptisé &#8220;L’Homme qui rit&#8221;, devient un célèbre comédien ambulant. Le bouffon Barkilphedro découvre son ascendance noble et la dévoile à la reine Anne, qui a succédé au roi Jacques. <em>L’Homme qui rit</em> a le mérite de remettre en perspective les thèmes principaux du complexe roman de Victor Hugo, à savoir que le monde est un théâtre où tout n’est qu’apparence et dissimulation. Le cinéaste Paul Leni évite donc soigneusement de tomber dans l’écueil du surlignage propre au langage hugolien, proposant ainsi ses propres points de vue. Cette volonté de s’approprier la grammaire de l’artiste sans jamais la trahir font de cette version une grande réussite.<br />
Les fiancés en folie (1925), c’est l’adaptation d’une pièce de boulevard. Le personnage de Keaton doit se marier pour toucher son héritage et tout cela avant 19 heures. Un malentendu avec son amoureuse et une petite annonce pas très fine provoqueront une hystérie collective. Un parcours contre le temps pour toucher le pactole, un vaudeville bourré de marches effrénées et de courses-poursuites. Pas très fin, mais marrant.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/enfer-mecanique-elliot-silverstein.jpg" alt="Enfer mécanique, d&#039;Elliot Silverstein" width="280" height="219" class="alignright size-full wp-image-27239" />Pour terminer en beauté ce papier, j’annonce la sortie de trois pépites. La première pépite, <em>Enterré vivant</em> est un téléfilm ultra-culte chez les bisseux. Il s’agit du premier long-métrage de Franck Darabont. Rien que ça. Voilà une sordide histoire de couple autour d’un mari bafoué, empoisonné, enterré vivant et même pas mort ! Du coup, je vous le donne en mille, sa vengeance sera terrible. Terrible ! Le téléfilm (quant à lui) n’est pas terrible mais il réserve assez de qualité pour que l’on ne s’ennuie pas une seconde. La deuxième pépite est l’œuvre d’Elliot Silverstein, <em>Enfer mécanique</em> réalisé à la fin des années 1970. <em>Enfer mécanique</em> s’inscrit dans la veine de <em>Jaws</em> mais en lieu et place d’un requin on peut admirer une voiture démoniaque customisée comme un camion volé s’acharner sur des jeunes gens de bonne famille ! C’est badass à mort ! Une merveille de plaisir coupable. La beauté des montagnes de l’Utah n’est pas étrangère à la réussite de l’entreprise. Et pour terminer en beauté, je vous annonce une formidable édition du <em>Fantôme de Milburn</em> avec les grands Fred Astaire et Douglas Fairbanks JR. Suite au décès suspect de son frère, un homme retourne dans sa ville natale pour tenter de comprendre les raisons du drame. Ce dernier serait lié au Club de la Chaudrée, espèce de cercle littéraire qui compte parmi ses membres le propre père du héros. Apparemment anodines, les veillées au coin du feu au cours desquelles quatre vieillards se plaisent à partager des contes fantastiques dissimuleraient un sombre secret. <em>Le Fantôme de Milburn</em>, c’est le bonbon acidulé de la période « eighties ». On déguste là le feel-good movie fantastique par excellence. Certes, tous nos héros et nos héroïnes cabotinent un peu, mais les scénettes au cœur de la petite bourgade, le cercle d’amis, les souvenirs, l’enfance, les histoires au coin du feu… tout fonctionne à merveille. </p>
<p><em>Tous ces films sont disponibles en DVD/Blu-ray restauré 4K chez Elephant Films.</em></p>
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		<title>Le panier garni de l&#8217;automne 2017</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Oct 2017 15:25:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette rentrée automnale 2017, nous décidons de mettre les petits plats dans les grands. Alors ne la jouons pas petit bras, inutile de mégotter, envoyons du lourd ! Dont acte. C’est juré, promis, craché, les nouveautés des Editions Montparnasse sollicitent les neurones autant qu’elles piquent la curiosité. Au programme de ces réjouissances pour le moins hétéroclite : le coffret des œuvres essentielles de Jean-Bat’ Poquelin, le Paris des cinéastes de la Nouvelle Vague, deux Wajda inédits qui risquent de vous secouer méchamment les tripes, un documentaire bien barré ou le bonheur de retrouver la fantaisie d’Arthur Joffé, un étonnant dessin animé brésilien présenté au Festival d’Annecy (le plus beau des festivaux !) et, pour terminer en beauté, du vagabondage philosophique qui ne vous fera ni mal aux pieds ni à la tête. </p>
<h3>Le coffret « Comédie française ». 5 pièces de Molière</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/michel-duchaussoy-avare-moliere.jpg" alt="Michel Duchaussoy dans L&#039;Avare" title="Michel Duchaussoy dans L&#039;Avare" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26006" /><strong><em>L’Avare</em>. Mise en scène de Jean-Paul Roussillon avec Jacques Eyser dans le rôle d’Anselme, Jean-Paul Roussillon dans le rôle de La Flèche, Michel Aumont dans le rôle d’Harpagon&#8230;</strong></p>
<p>Michel Aumont, en Harpagon grisâtre et nerveux, balaie la scène comme si le percepteur était à ses trousses. Inapte au bonheur, le plus radin des antihéros brasse le vent, pétri de désirs mais résistant à toutes les tentations, surtout celles qui lui en coûteraient. Un sou est un sou. Aumont, c’est l’acteur qui a le verbe haut mais qui, en même temps, sait faire montre d’une extrême douceur. Ces sautes d’humeur nous terrassent ! La mise en scène de Jean-Paul Roussillon épurée à l’extrême n’a jamais été aussi juste, et riche. Du grand art ! <span id="more-25994"></span></p>
<p><strong><em>Tartuffe</em>. Mise en scène de Jacques Charon avec Jacques Charon dans le rôle d’Orgon, Robert Hirsh dans le rôle de Tartuffe, Michel Duchaussoy dans le rôle de Monsieur Loyal…</strong></p>
<p>Tout du long de ce tragique ballet de la comédie humaine où les faux culs élèvent leur hypocrisie au rang de qualité, notre cœur est soulevé jusqu’à la nausée. Attention, tant de bassesse et d’ignominie concentrées sur 2 heures nécessitent un solide traitement contre les aigreurs d’estomac. <em>Tartuffe</em> est peut-être l’œuvre la plus acide de son auteur, la pièce maîtresse, parce qu’elle met frontalement à nu les hommes, qu’elle ne cache rien et dévoile tout. La tartufferie, comme le dit si bien Honoré de Balzac, est le dernier degré des vices sous lequel on couvre ses débordements !<br />
Alors quand la bonhomie d’Orgon se pique sur les traits aquilins de Tartuffe, on jubile. La cruauté est totale, et magnifique. Tartuffe que nous sommes !</p>
<p><strong><em>Le Malade imaginaire</em>. Mise en scène de Jean-Laurent Cochet avec Jacques Charon dans le rôle d’Argan, Jacques Eyser dans le rôle de Diafoirus, Georges Descrières dans le rôle de Purgon&#8230;</strong></p>
<p>Professeur et pédagogue (les deux ne vont pas forcément de pair !), grand comédien, le metteur en scène Jean-Laurent Cochet est l’homme qui a rendu la parole à Gérard Depardieu. Rien que ça ! Alors forcément, son malade imaginaire a la langue bien pendue, voire chargée comme un âne du Poitou. Le résultat est d’une folle gaîté ! En Argan, Jacques Charon envoie du bois, comme disent les plus rebelles des abonnés du Français. Les reparties fusent à la vitesse de la lumière à tel point qu’il est préférable, même devant sa télé, de porter un masque pour se protéger des postillons. Signalons par la même occasion qu’il est très appréciable de profiter du théâtre filmé sans s’envoyer au préalable une boite d’Aspegic 500. </p>
<p><strong><em>Les Femmes savantes</em>. Mise en scène de Jean-Paul Roussillon avec François Chaumette dans le rôle d’Ariste, Dominique Constanza dans le rôle d’Henriette, Simon Eine dans le rôle de Clitandre&#8230;</strong></p>
<p>L’une des plus truculentes pièces de JB Poquelin nous révèle avec force et intensité que si le ridicule ne tue pas, il ne rend pas plus fort ni plus intelligent ! <em>Les Femmes savantes</em> rassemble une cohorte de glandus aussi bavards que pénibles. Les écouter se chicaner sur des broutilles est un enchantement pour les oreilles ! </p>
<p><strong><em>Le Misanthrope</em>. Mise en scène de Jean-Paul Carrère avec Georges Descrières dans le rôle d’Alceste, Bernard Dhéran dans le rôle d’Oronte&#8230;</strong></p>
<p><em>Le Misanthrope</em> célèbre la complexité humaine dans toute sa splendeur quand la haine et l’amour se mêlent de telle façon qu’on ne peut plus rien discerner. Sans doute l’œuvre de Molière la plus moderne. La misanthropie n’est pas une maladie imaginaire. </p>
<h3>Hommage à la Nouvelle Vague</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/affiche-paris-vu-par.jpg" alt="Paris vu par..." title="Paris vu par..." width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25998" /><em>Paris vu par&#8230;</em> réalisé par Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol.</p>
<p>1965. Jeune producteur et déjà chef d’orchestre, Barbet Schroeder dirige les cinéastes de la Nouvelle Vague pour une immersion dans un Paris en pleine mutation économique et sociale. Chaque quartier qui possède son ambiance devient le théâtre d’une tranche de vie parfois heureuse ou parfois malheureuse. Ma préférence va aux courts d’Eric Rohmer et de Claude Chabrol. Parce que les deux artistes se placent très adroitement à la lisière du fantastique et que l’on peut déjà y reconnaître leur petite musique et leur langage cinématographique. <em>Paris vu par&#8230;</em> reste un exercice de style réjouissant. </p>
<h3>Deux films d’Andrzej Wajda</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/docteur-korczak-wajda.jpg" alt="Docteur Korczak, d&#039;Andrzej Wajda" title="Docteur Korczak, d&#039;Andrzej Wajda" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25999" /><strong><em>Korczak</em> avec Wojciech Pszoniak, Ewa Dalkowska, Teresa Budzisz-Krzyzanowska, Marzena Trybala, Piotr Kozlowski&#8230;</strong></p>
<p>Le docteur Korczak a passé ses trois dernières années en tant que médecin juif polonais de 1939 à 1942, dans le ghetto de Varsovie. Il décrit avec réalisme la vie qui y règne. Le scénario du film est directement inspiré de son <em>Journal du ghetto</em>.<br />
Je n’irai pas par quatre chemins pour déclarer à la face du monde que Korczak est un chef-d’œuvre. Pas seulement parce qu’il raconte une histoire vraie et tragique mais tout simplement parce qu’il sonne juste à chaque seconde. Je ne connaissais pas le film avant d’en faire la promotion mais j’en reste encore coi de bonheur. Eh oui, il y a du bon parfois à être aussi ignorant ! Pendant les deux heures que dure le film, nous apprenons à connaître un Juste et nous apprenons à lui dire adieu. A travers le docteur et ces orphelins, Andrzej Wajda raconte sans voyeurisme la résistance dans le ghetto. Avant Steven Spielberg et Roman Polanski, Wajda embrassait l’horreur totale et l’amour absolu.</p>
<p><strong><em>L’Anneau de crin</em> avec Rafal Królikowski, Adrianna Biedrzynska, Cezary Pazura, Jerzy Kamas, Miroslaw Baka&#8230;</strong></p>
<p>Automne 1944, l&#8217;insurrection de Varsovie s&#8217;achève. Après cent jours d&#8217;héroïsme, les soldats de l&#8217;Armée de l&#8217;Intérieur rendent les armes. Marcin, jeune lieutenant, est grièvement blessé. Il est porté par deux jeunes infirmières, Wiska et Jamina. Elles cherchent à se fondre dans la masse de civils qui s&#8217;apprêtent à quitter Varsovie après la capitulation. Les soldats ukrainiens arrivent et l&#8217;un deux s&#8217;éprend de Wiska et l&#8217;ordonne de le suivre&#8230;<br />
<em>L’Anneau de crin</em> est un bel objet cinématographique mais trop insaisissable pour être réellement apprécié à sa juste valeur. L’anneau en question symbolise la promesse du combat pour une société libre et démocratique. Evidemment, en temps de guerre, entre les belles paroles et la réalité du terrain, nous savons tous que les petits intérêts passent avant les grands idéaux. Marcin est un personnage complexe, à la fois résistant, hésitant et pleutre, à tel point que l’on ne sait plus trop si nous devons lui accorder notre confiance. <em>L’Anneau de crin</em> raconte les espoirs déçus et les promesses non tenues. Ce film désenchanté est l’exact opposé des héros sacrifiés de <em>L’Armée des ombres</em>. </p>
<h3>Et comme si ça ne suffisait pas&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/feu-sacre-arthur-joffe.jpg" alt="Le Feu sacré, d&#039;Arthur Joffé" title="Le Feu sacré, d&#039;Arthur Joffé" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26000" /><strong><em>Le Feu sacré</em> réalisé par Arthur Joffé avec Arthur Joffé, Dominique Pinon, Maurice Lamy&#8230;</strong></p>
<p>Un cinéaste pose des scénarios et cède à son désir de filmer à travers un vagabondage cinématographique. Filmer les gens qu&#8217;il aime, les lumières qu&#8217;il aime, ses voyages et ses amours, sont ses inspirations. On y trouve la drôlerie d&#8217;anonymes : une dispute de 2 chauffeurs de taxi new-yorkais à propose d&#8217;une église, une scène digne de Woody Allen. Le tout filmé merveilleusement à travers un sacre de la lumière.<br />
Dans <em>Le Feu sacré</em>, Arthur Joffé nous parle de sa vie de fils de cinéaste (son père Alex Joffé a tourné 6 films avec Bourvil entre 1960 et 1970 dont le merveilleux <em>Fortunat</em> que je vous recommande chaudement) et de sa propre vie de cinéaste entre folie absolue et vaines recherches de fond. Durant 1h30, ses amis, ses acteurs fétiches et sa famille le titillent sur ses défauts et ses qualités et son absence totale de concession, qui lui vaut encore aujourd’hui d’être considéré par la profession comme un drôle d’olibrius (on peut penser qu’il doit bien s’en tamponner le coquillard !). Bref, un gars à qui on ne confierait pas la réalisation du prochain <em>Star Wars</em>. Arthur Joffé est un poète, un auteur perché qui s’applique à offrir des œuvres singulières &#8211; <em>Harem, Alberto Express, Que la lumière soit !, Ne quittez pas !</em> &#8211; qui brassent les genres. <em>Le Feu sacré</em>, bourré d’humour et d’autodérision, nous présente un artiste généreux. Parfois, l’autofiction a du bon !</p>
<p><strong><em>Rio 2096</em> réalisé par Luiz Bolognesi</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/rio-2096-luiz-bolognesi.jpg" alt="Rio 2096, de Luiz Bolognesi" title="Rio 2096, de Luiz Bolognesi" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26002" />Un immortel dévoile les événements historiques qui se sont déroulés au cours de l&#8217;histoire du Brésil : des guerres tribales précoloniales en passant par les révoltes paysannes du XIXe siècle, la résistance à la dictature militaire des années 1960 jusqu&#8217;au futur dystopique de 2096. Renaissant à chaque époque, ce héros lutte sans cesse aux côtés des plus faibles à la recherche d&#8217;un idéal et d&#8217;un amour perdu.<br />
<em>Rio 2096</em> prouve tout simplement que l’animé peut sans complexe brasser les genres, n’hésitant pas par la même occasion à prendre un certain nombre de risques formels (mélange de crayonné et de numérique) et scénaristiques. Si les allers-retours incessants dans le temps peuvent déranger les plus jeunes spectateurs davantage aguerris aux frises chronologiques made in Education nationale, on salue l’ambition de l’auteur à planter son décor principal dans un territoire dystopique jusque-là réservé aux œuvres pointues de la science-fiction classique. Les voyages temporels du héros nous servent à mieux appréhender la très grande du histoire du Brésil. On va, on vient, on comprend, on apprend. Au cours de ces immersions successives, on décèle un réel point de vue critique sur la gestion du pouvoir. <em>Rio 2096</em> est une œuvre politique et sociale engagée, aussi profonde qu’intelligente, militant pour les droits des plus démunis. Très conseillé. </p>
<p><strong><em>La Philo vagabonde</em> réalisé par Yohan Laffort avec Alain Guyard</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/philo-vagabonde-alain-guyard.jpg" alt="La Philo vagabonde" title="La Philo vagabonde" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26001" />Mettre la philosophie dans tous ses états, hors les murs de l&#8217;université et du lycée, loin des intellectuels médiatisés. Plus que démocratiser la philosophie c&#8217;est chercher à la vulgariser, la ramener à sa dimension charnelle, dérangeante, remuante, faisant irruption là où on ne l&#8217;attend pas causant à tous, même aux plus humbles. Surtout à eux. Voilà le combat d&#8217;Alain Guyard lors de ses interventions en France et en Belgique dans des espaces marginalisés où la philosophie rencontrait un nouveau public.<br />
<em>La Philo vagabonde</em> est un récit documenté un peu plus sérieux que La Philo selon Philippe, la série préférée de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/mc/">MC</a> et <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jnb/">JNB</a>. Trêve de plaisanteries, l’heure est grave. Yohan Laffort et Alain Guyard se sont accoquinés pour rendre au monde un film utile. Utile parce qu’il donne l’envie de se plonger dans les bouquins, parce qu’il incite le spectateur à se bouger la rondelle pour penser autrement qu’un robot devant BFMTV, parce qu’il rend curieux tout simplement. <em>La Philo vagabonde</em> et nous transporte dans un ailleurs où l’on se sent tout d’un coup plus léger.<br />
Le DVD bénéficie d’un formidable livret de 88 pages transportable dans les dîners mondains.</p>
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		<title>Little big movies !</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Mar 2017 14:55:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici quelques idées pour bien terminer l’hiver et préparer le printemps. D’abord, un magnifique coffret qui nous enlève ce qui est vain et secondaire. Quatre polars qui donnent le froid...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Voici quelques idées pour bien terminer l’hiver et préparer le printemps. D’abord, un magnifique coffret qui nous enlève ce qui est vain et secondaire. Quatre polars qui donnent le froid pour qu’on aime la flamme. Quatre raretés fantastiques pour que nous aimions aujourd’hui oublier les toujours.<br />
C’est LE papier qui vous donnera l’envie d’avoir envie. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Il était une fois le cinéma :<br />
Coffret « Un Film et son époque »</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/un-film-une-epoque-cinema-montparnasse.jpg" alt="Un film et son époque" title="Un film et son époque" width="205" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24877" /><em>Un Film et son époque</em>, c’est quoi ? Comment ça marche ? Michel Chevalet tiendrait à peu près ce langage s’il tenait la rubrique « cinéma » sur LCI. Eh bien, <em>Un Film et son époque</em> est un imposant coffret où reposent 10 galettes composées de 20 documentaires de 52 minutes sur 20 longs-métrages majeurs. Ça en jette ?<br />
Chaque documentaire propose un angle de vue singulier visant à mettre en valeur le caractère remarquable d’un film dans son époque. Croyez-le ou non mais Serge July et Marie Genin réussissent 20 fois le tour de force de ne jamais nous lasser. Pas une fois, on s’interroge sur la pénible sensation de « déjà-vu ». Sur le fond, les témoignages et les propositions d’analyse sont assez pédagogiques et ludiques pour titiller notre curiosité jusqu’à donner l’envie de voir ou revoir les films, voire même les apprécier sous un nouveau jour. Mission réussie ! Cette invitation au partage culturel réside dans une formule simple ; on se sent toujours concernés par les propos des intervenants. C’est à la fois pointu et très accessible. Comprendre la genèse de certaines œuvres, leur impact auprès du public et des institutions ne nécessite pas de faire partie d’un réseau d’initiés ! Si tous les films sélectionnés ont laissé des traces dans la mémoire collective, c’est parce qu’ils dégagent cette puissance universelle typique des grandes œuvres. Tous émettent un écho reconnaissable. Tous nous interpellent. Tous aiguisent notre sensibilité. <span id="more-24839"></span><br />
Vous apprendrez mille anecdotes sur Billy Wilder, Sydney Pollack, Maurice Pialat ou Michael Haneke. Vous saurez pourquoi <em>Vol au dessus d’un nid de coucou</em> et <em>Le Charme discret de la bourgeoisie</em> ont tant chagriné les esprits étriqués. Vous apprécierez toutes les subtilités qui caractérisent une œuvre classique et une œuvre culte. Je ne suis peut-être pas Michel Chevalet mais ce coffret est un bien bel objet. Et ça, c’est Pierre Bellemare qui vous le dit !<br />
<em>Disponible en DVD aux Editions Montparnasse.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Sunset Polar</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/on-ne-joue-pas-avec-le-crime-phil-karlson.jpg" alt="On ne joue pas avec le crime, de Phil Karlson" title="On ne joue pas avec le crime, de Phil Karlson" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24876" /><strong><em>On ne joue pas avec le crime</em>, réalisé par Phil Karlson avec Guy Madison, Brian Keith, Kerwin Mathews&#8230;</strong><br />
A Reno, deuxième capitale américaine du jeu après Las Vegas, quatre amis, vétérans de la guerre de Corée, parient de réussir le braquage de l’un des plus importants casinos de la ville. Leur objectif : franchir toutes les mesures de sécurité et ensuite rendre le butin. Leur plan ne se déroule pas précisément comme prévu…<br />
Un petit polar pas très intéressant ni très palpitant. Tout ce qui concerne la préparation du braquage manque de rythme et d’enjeux (Rappelez-vous les ennuyeuses expositions qui plombent les films de super-héros. Eh bien là, c’est un peu pareil !) comme si nous étions simplement préparés à vivre le casse du « Petit Casino » de la rue des Martyrs. Pour la faire courte, la mise en condition du spectateur est plutôt ratée ! On voit que Phil Karlson manque cruellement de budget et d’idées pour nous mettre l’eau à la bouche. Toutefois, une fois dans les couloirs de l’établissement (le vrai, pas la supérette !), les péripéties s’enchaînent et l’on retrouve un tempo et une fluidité qui redonnent foi dans le genre. Dommage que le scénario ne s’amuse pas assez de la dextérité de ces protagonistes. <em>On ne joue pas avec le crime</em> pèche par manque d’ambition. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/ronde-crime-don-siegel.jpg" alt="La Ronde du crime, de Don Siegel" title="La Ronde du crime, de Don Siegel"  width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24878" /><strong><em>La Ronde du crime</em>, réalisé par Don Siegel avec Eli Wallach, Brian Keith&#8230; </strong><br />
Une bande de trafiquants d’héroïne a trouvé un moyen astucieux de faire passer la drogue. Ils la cachent dans des objets achetés par les touristes. Lorsque ces derniers reviennent à San Francisco, ils sont pris en filature par plusieurs complices des passeurs pour récupérer le précieux chargement. Deux de ces hommes, Dancer, un psychopathe extraverti, et Julian, un homme froid et calculateur, doivent reprendre la poudre à trois personnes qui viennent de débarquer, mais la police a découvert la manœuvre&#8230;<br />
<em>La Ronde du crime</em> est un polar noir qui a du corps. Dès les premières secondes, une course-poursuite s’engage, des coups de feu retentissent, un corps gît sur la chaussée. En moins de temps qu&#8217;il ne faut pour le dire, les inspecteurs de police sapés comme des princes débarquent toutes sirènes hurlantes. Le charme opère immédiatement parce qu’aucun des personnages, bandits ou hommes de loi, ne donnent véritablement confiance. L’incertitude et le danger sont omniprésents. Alors chacun joue double jeu espérant tirer avantage de la faiblesse de son adversaire. Au gré de l’enquête, les prédateurs deviennent des proies et les proies deviennent des prédateurs. Oui, les comédiens assurent comme des bêtes. Voilà un polar comme on les aime, mitonné aux petits oignons. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/plomb-pour-inspecteur-richard-quine.jpg" alt="Du plomb pour l&#039;inspecteur, de Richard Quine" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24874" /><strong><em>Du plomb pour l’inspecteur</em>, réalisé par Richard Quine avec Fred MacMurray, Kim Novak&#8230;</strong><br />
Des braqueurs tuent un vigile avant de prendre la fuite avec leur butin. Un inspecteur infiltré surveille la maîtresse de l’un d’eux. Mais l’amour entre en jeu. Et il est coincé entre gangster et policiers, sa vie est en jeu.<br />
Drôle d’ambiance. Le cinéaste Richard Quine, raide dingue de Kim Novak, confond la réalité et la fiction et peine à cacher ses sentiments. Avec sa grosse caméra, il caresse sa muse et la rend femme fatale. Dans les bonus, Maître Tavernier revient avec de bouleversantes anecdotes sur cette divine idylle. <em>Du plomb pour l’inspecteur</em> fait partie de ces polars fiévreux où les héros, tous soumis à une extrême tension, rendent la moindre scène névralgique. La romance interdite entre le flic et la mauvaise fille nous met les nerfs à rude épreuve. Eh oui, on se laisse prendre au jeu des sentiments illusoires, on se laisse gentiment berner avant que la véritable nature des personnages ne nous rattrape et ne les rattrape. C’est fin et malin. Grand film. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/kimono-pourpre-fuller.jpg" alt="Le Kimono pourpre, de Samuel Fuller" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24873" /><strong><em>Le Kimono pourpre</em>, réalisé par Samuel Fuller avec James Shigeta, Glenn Corbett, Victoria Shaw&#8230;</strong><br />
Deux inspecteurs inséparables depuis la guerre de Corée recherchent le tueur d’une strip-teaseuse dans Little Tokyo, le quartier japonais de Los Angeles ; le seul indice est une photo de la danseuse assassinée en Kimono rouge.<br />
Le grand Sam montre tout son savoir-faire &#8211; et son génie &#8211; dans ce polar quasiment inconnu du grand public et resté invisible pendant des décennies. Samuel Fuller, cinéaste sans concession(s) qui n’est pas du genre à jouer avec les artifices, nous offre l’une des plus belles immersions connues (à la limite du documentaire) du Little Tokyo de l’après-guerre. C’est ce que l’on appelle un réalisme confondant.<br />
Comme d’hab’, les rapports entre les protagonistes sont douloureux. Victoria Shaw, actrice australienne qui connaîtra une toute petite carrière, inonde l’écran de sa beauté. <em>Le Kimono pourpre</em>, c’est le film anti-système, l’œuvre anti-hollywoodienne par excellence. Une grande redécouverte.<br />
<em>Disponibles en DVD chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>C’est dans les vieux pots&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/ile-docteur-moreau-erle-kenton.jpg" alt="L&#039;Ile du docteur Moreau, d&#039;Erle Kenton" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24870" /><strong><em>L’Ile du docteur Moreau</em>, réalisé par Erle C. Kenton avec Charles Laughton, Richard Arlen&#8230;</strong><br />
Recueilli sur un cargo, Edward Parker est jeté par-dessus bord après une dispute avec le capitaine, à proximité d&#8217;une petite île tropicale. Il y rencontre le docteur Moreau : un scientifique fou, qui réalise des expériences génétiques épouvantables sur des animaux, cherchant à les rendre humains. Mais ses expériences ont donné lieu à des abominations, à l&#8217;exception de Lota, la belle femme panthère&#8230;<br />
Cette adaptation de 1932 du roman d’H. G. Wells reste la plus mystérieuse, la plus fantastique, la plus dérangeante jamais tournée à ce jour, même si la version de 1977 avec Burt Lancaster mérite qu’on y jette un œil. D’abord, le scénario est au service de l’histoire. Une histoire très dense qui entremêle avec brio une palanquée de réflexions philosophiques. A la fin du XIXe siècle, H. G. Wells dénonce la folie des hommes à travers les abus de la science. Les médecins, vus à l’époque comme des démiurges par une société occidentale en plein développement, abusent de leur position et de leur influence pour tenter sur les hommes et les animaux des expériences réprouvées par la morale. Le film ne s’embarrasse pas d’effets de manche ultra-grossiers pour susciter le malaise mais il embrasse généreusement son propos en veillant à ne jamais le surligner. Nous comprenons que nous sommes les témoins privilégiés d’une société aberrante et décadente. Un petit chef-d’œuvre. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/fantome-vivant-hayes-hunter.jpg" alt="Le Fantôme vivant, de T. Hayes Hunter" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24872" /><strong><em>Le Fantôme vivant</em>, réalisé par T. Hayes Hunter avec Cedric Hardwick, Boris Karloff&#8230;</strong><br />
Le professeur Morlant, passionné d&#8217;égyptologie, acquiert un bijou, la &#8220;Lumière éternelle&#8221;, qui aurait le pouvoir de conférer l&#8217;immortalité. Rongé par la maladie, il fait promettre à son fidèle serviteur de l&#8217;enterrer avec le joyau, le menaçant de revenir le hanter si sa volonté n&#8217;est pas respectée. Mais Morlant est inhumé sans le précieux médaillon, qui attise de nombreuses convoitises. Par une nuit de pleine lune, le professeur revient alors d&#8217;entre les morts pour se venger&#8230;<br />
<em>Le Fantôme vivant</em> est une pépite du fantastique anglais datée de 1933, qui à bien des égards rappelle les meilleurs travaux de la Universal Company et notamment la célèbre série <em>La Momie</em>. Premier film de l’histoire du septième art estampillé « film d’horreur », on a cru qu’il était définitivement perdu avant qu’on ne retrouve une copie par miracle au début des années 2000 en Angleterre. Le grand acteur classique Ernest Thesiger illumine de sa présence (il est également l’un des héros de <em>La Maison de la mort</em>) cette folie macabre. <em>Le Fantôme vivant</em> dégage une ambiance unique. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/maison-mort-james-whale.jpg" alt="La Maison de la mort, de James Whale" title="La Maison de la mort, de James Whale" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24871" /><strong><em>La Maison de la mort</em> réalisé par James Whale avec Boris Karloff, Melvyn Douglas&#8230;</strong><br />
Surpris par un orage et une pluie diluvienne, des voyageurs égarés trouvent refuge dans une demeure lugubre, appartenant à l&#8217;étrange famille Femm. Ils y rencontrent d&#8217;inquiétants personnages : Horace, le blafard maître de maison, sa sœur Rebecca, sourde et religieuse obsessionnelle, ou encore Morgan, le domestique défiguré et muet, sujet à des crises de violence lorsqu&#8217;il boit. L&#8217;atmosphère est lourde et menaçante, la nuit s&#8217;annonce bien longue&#8230;<br />
Voilà mon film coup de cœur ! <em>La Maison de la mort</em> qui porte également le titre <em>Une soirée étrange</em> rassemble tous les ingrédients pour flipper pendant 70 minutes. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action, il est impossible de s’échapper. <em>La Maison de la mort</em> est d’une étonnante modernité mais surtout d’une incroyable efficacité. Un régal. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/double-assassinat-rue-morgue-florey.jpg" alt="Double assassinat dans la rue Morgue, de Robert Florey" title="Double assassinat dans la rue Morgue, de Robert Florey" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24869" /><strong><em>Double assassinat dans la rue Morgue</em>, réalisé par Robert Florey avec Bela Lugosi, Sidney Fox…</strong><br />
Paris, 1845. Dans la même semaine, trois femmes sont retrouvées mortes dans la Seine, s&#8217;étant apparemment suicidées. En examinant les corps, Pierre Dupin, étudiant en médecine, remarque de petites entailles sur les bras des victimes. Ces jeunes femmes sont en fait des cobayes du Dr Mirakle, un scientifique fanatique qui cherche à démontrer le lien de parenté entre l&#8217;homme et le singe&#8230;<br />
Libre adaptation de la nouvelle d’Edgar Allan Poe, <em>Double assassinat de la rue Morgue</em> n’en est pas moins une franche réussite. Robert Florey, tout juste débarqué de <em>Frankenstein</em>, hérite d’une histoire similaire qui vise à dénoncer la folie d’une partie de la communauté scientifique. Les aficionados du serial gothique prendront un pied fou, et les autres aussi par la même occasion. De la brume, des meurtres, du sang, des calèches, des ombres dans la nuit. Brrr&#8230;</p>
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		<title>Le panier garni de l’été 2016</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/coffrets-douglas-sirk-david-lean-cinema-monster-club-elephant-films-2016/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 17:46:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chez Elephant films, on ne fait pas dans la demi-mesure. Sortez votre chéquier ! Vos économies se sont dangereusement réduites pendant les vacances ? (Restez donc chez vous l’année prochaine...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/douglas-sirk-tout-ce-que-le-ciel-permet.jpg" alt="Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-24455" />Chez Elephant films, on ne fait pas dans la demi-mesure. Sortez votre chéquier ! Vos économies se sont dangereusement réduites pendant les vacances ? (Restez donc chez vous l’année prochaine et achetez du papier peint imprimé façon « New York dans la nuit ». Effet garanti.) Pas de panique ! N’hésitez pas à vendre votre mère à un groupe pharmaceutique ou votre enfant à un couple de vieux. Aujourd’hui, on gratte des sous où on peut ! Mieux, vendez l’un de vos reins mais surtout, surtout, ne ratez pas les chefs-d’œuvre qui débarquent.<br />
Alors voilà ce qui vous attend : un nouveau cycle Douglas Sirk, les premières œuvres de David Lean, un quatrième Cinéma Monsters Club et les ressorties de <em>La Féline</em> et <em>Série noire pour une nuit blanche</em>. Vous aurez de quoi vous occuper pendant les week-ends pourris qui s’annoncent. Et puis sans Laurent Ruquier, sans Cyril Hanouna, sans Les Ch’tis au CocciMarket, votre écran pourra enfin se repaître de nobles images. Amen. <span id="more-24441"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Cycle Douglas Sirk</h3>
<p><em>Ecrit sur du vent<br />
Tout ce que le ciel permet<br />
Le Mirage de la vie<br />
Le Signe du païen</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/le-signe-du-paien.jpg" alt="Le Signe du païen" title="Le Signe du païen" width="280" height="142" class="alignleft size-full wp-image-24444" />En son temps, Douglas Sirk est un cinéaste déconsidéré, voire méprisé par le milieu. L’artiste s’échine à boucler des cycles, refusant de prendre les trains en marche, comme si mûrir un genre était une fin en soi. Sirk, on l’imagine en dernier client avant la fermeture définitive du magasin. Jamais à la mode, jamais en avance, juste irréprochable. Aujourd’hui, comme quoi il n’est jamais trop tard, on réévalue son œuvre. Je n’en mettrais pas ma main à couper car je suis d’une lâcheté sans pareille, mais je suis à peu près sûr que la jeune génération ne le connaît pas, ou peu. Dans les collèges et les lycées, on préfère étudier Jean Renoir, Otto Preminger, Billy Wilder mais pas Douglas Sirk. Une réhabilitation est en marche.</p>
<p>Après une première carrière en Europe (rappelons que Sirk est d’origine danoise), c’est la Seconde Guerre mondiale qui le pousse à rejoindre les Etats-Unis. Là-bas, où tout est neuf et tout est sauvage, Sirk s’incarne en auteur prolifique et connaît une période faste où, durant les années 1950, il réalise avec Rock Hudson des chefs-d’œuvre impérissables. </p>
<p>Sirk, c’est un style, une patte reconnaissable entre mille. Sur la forme, il aime opposer les couleurs chaudes aux ambiances glaciales. Sur le fond, il affectionne le choc des mentalités et les chocs de culture. Dans ses films, les bouseux de la campagne se confrontent aux salauds de la ville. Sirk taille sa réputation sur ses mélodrames en forme de chronique sociale et politique. Avec lui, une histoire d’amour n’a pas de raison d’être si en toile de fond il n’y a pas une fine analyse de la société ou de quoi naviguer en eaux troubles. Sirk, qui déteste la société de consommation, ne se gêne pas pour alimenter tous ces scénarios de virulentes diatribes contre les vilains affairistes du monde moderne. Attention, l’homme n’est pas un manichéen de bas étage. Il adore s’emparer de ceux et celles qui se laissent dominer par leur mauvais caractère. </p>
<p><em>Ecrit sur du vent</em> oppose le détestable fils à papa miné par l’alcool et la névrose à l’homme qui s’est fait seul à la sueur de son front. Voilà l’affrontement de deux amis incompatibles. Evidemment, le premier, fragile et impulsif, impose ses volontés au monde entier quand le second, qui incarne la force et l’intelligence, résiste tant bien que mal aux attaques gratuites des hommes du pouvoir. Entre Rock Hudson le gentil et Robert Stack le vil enfant gâté, Lauren Bacall mène la danse en femme moderne. <em>Ecrit sur du vent</em> est un drame d’amour sec et poignant, une tragédie des classes sociales que l’on n’oublie pas de sitôt. Il faut se perdre dans ces paysages immenses où les derricks ont remplacé les arbres millénaires pour comprendre l’Amérique d’après-guerre, nation obsédée par la réussite et les billets verts. Attention, les thématiques foisonnantes sollicitent le cerveau. Vous risquez plus la rupture d’anévrisme qu’avec <em>Camping 3</em>. </p>
<p><em>Tout ce que le ciel permet</em>, tourné en 1955, évoque déjà la fin du rêve américain et critique une société sclérosée par des principes d’un autre âge. Une nouvelle fois, nous sommes au cœur d’une guerre sociale autour d’un amour impossible avec pour protagonistes une femme modèle, un grand bourgeois et un jardinier rousseauiste. Sirk nous plonge au cœur d’une petite ville où tout semble formaté, sans danger, mais où la sensation d’étouffement prédomine. On expérimente l’expression d’un monde qui sent la naphtaline. Un monde prisonnier des traditions. D’ailleurs, le film joue avec les symboles religieux et carcéraux. En effet, les chapitres s’égrènent aux apparitions de l’église (haut lieu de la morale) et dans certains plans très travaillés, les murs des jardins dépassent les toits des maisons. Ces effets de manche ne sont pas anecdotiques. Au contraire, Sirk empêche à tout prix les personnages de respirer. Il les retient de vivre. <em>Tout ce que le ciel permet</em> est ce que l’on appelle une expérience de cinéma qui a notamment inspiré François Ozon (<em>8 femmes</em>), Todd Haynes (<em>Loin du Paradis</em>), Rainer Werner Fassbinder (<em>Tous les autres s’appellent Ali</em>) et fait toujours l’admiration de Martin Scorsese (la célèbre scène du traîneau) … Dans ce chef-d’œuvre (l’expression n’est pas galvaudée), Sirk est allé aux bouts de ses ambitions. Quant à moi, j’ai pensé à un autre chef-d’œuvre : <em>Les Gens de Dublin</em> de John Huston.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/tout-ce-que-ciel-permet.jpg" alt="Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk" title="Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk" width="280" height="160" class="alignleft size-full wp-image-24446" />Dans <em>Le Mirage de la vie</em>, Sirk s’offre les talents de Lana Turner pour dénoncer le racisme ordinaire qui plombe la société américaine des années 1950. Adapté du roman de Fanny Hurst, le scénario passe à la moulinette les sujets brûlants de la filiation et de l’émancipation. Ces questions d’héritage culturel nourrissent davantage la complexité du film que l’approche ultra-rabâchée des Blancs contre les Noirs. Croyez-moi, c’est assez plaisant quand la génératrice de poncifs est en mode pause ! Ici, tout est finesse et intelligence dans le déploiement des armes de réflexion massive. D’après les historiens du petit cinématographe, <em>Imitation of Life</em> (in english) remit à flot le studio Universal et tourna la page des mélodrames à l’ancienne. Rien que ça !</p>
<p>En 1954, Sirk tourne <em>Le Signe du païen</em>, un luxueux péplum anachronique (les péplums ne s’embarrassent jamais de la réalité historique) d’une rare violence où Attila ravage les terres d’un Empire romain en voie de dégénérescence. L’esprit du paganisme habite le film de bout en bout. L’ambiance est sale, sauvage et barbare. <em>Le Signe du païen</em> est une rareté.<br />
Maintenant, vous n’avez plus d’excuses pour découvrir ce génie du septième art. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Cycle David Lean</h3>
<p><em>Heureux mortels<br />
L’Esprit s’amuse<br />
Les Amants passionnés</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/heureux-mortels-david-lean.jpg" alt="Heureux mortels, de David Lean" title="Heureux mortels, de David Lean" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24451" />David Lean n’est pas seulement l’homme de <em>La Route des Indes</em>, <em>Docteur Jivago</em>, <em>Lawrence d’Arabie</em>, <em>Le Pont de la rivière Kwaï</em>… Il débute sa carrière en adaptant les pièces de Noël Coward, prolifique auteur britannique de théâââtre de la première moitié du XXe siècle. Dans <em>Heureux mortels</em>, nous suivons la famille Gibbons &#8211; issue de la classe moyenne et vivant dans les faubourgs du sud de Londres &#8211; sur une période allant de la démobilisation en 1919 jusqu’aux prémices de la Seconde Guerre mondiale en 1939. A travers trois générations, David Lean dresse le portrait de la Grande-Bretagne de l’entre-deux-guerres. C’est classique, subtil et efficace. </p>
<p><em>L’Esprit s’amuse</em>, toujours tiré d’une pièce de Noël Coward, joue cette fois la carte de la comédie fantastique. Lors d’une séance de spiritisme, un veuf fraîchement remarié provoque le retour de sa défunte femme. Evidemment, comme lui seul voit et entend l’ectoplasme, il s’ensuit toute une série de malentendus. Parce qu’il parle dans le vide, sa nouvelle dulcinée et ses amis n’y comprennent goutte. Ahaha ! Mon Dieu que c’est cocasse ! </p>
<p><em>Les Amants passionnés</em>, adapté d’une nouvelle d’H.G. Wells, nous embarque dans un triangle amoureux où les non-dits et les faux-semblants rendent l’atmosphère particulièrement irrespirable et ce, jusqu’au dénouement. <em>Les Amants passionnés</em> rappelle le cinéma italien d’après-guerre à la Rossellini où les personnages changent de caractère comme ils changent de chemise. On sort épuisé de ces jeux de l’amour aux limites de la schizophrénie.<br />
Ces trois films mettent en place les fondamentaux que nous retrouverons dans <em>Les Grandes Espérances</em> et <em>Oliver Twist</em>. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Paul Schrader et John Landis</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/la-feline.jpg" alt="La Féline, de Paul Schrader" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24442" />Le nouveau master Blu-ray de <em>La Féline</em> (remake du film homonyme de Jacques Tourneur tourné en 1942) est une absolue merveille. L’intro, mystique et fiévreuse, devenue culte chez les amateurs de fantastique fait dresser le poil sauf si, bien entendu, vous êtes adeptes de l’épilation intégrale. A sa sortie, le film fait sensation. On vante l’efficacité des effets spéciaux, Nastassja Kinski &#8211; belle à se damner &#8211; provoque des érections intempestives et Malcolm McDowell, sous des airs de satyre, cabotine comme un malade. Malgré les nombreuses qualités formelles, <em>La Féline</em> déçoit les puristes. Schrader en montre trop et ne laisse pas assez de mystère aux raisons de la malédiction. On le sait, les sous-entendus dégagent davantage de puissance que la vérité toute crue. Les allusions, quand elles font travailler le ciboulot, dérangent jusqu’à nous faire perdre nos repères. Malheureusement, à trop vouloir jouer la provocation, Paul Schrader (qui quand même prend un malin plaisir à nous balancer des vilains tabous à la figure) court-circuite ses effets de surprise. Reste la ville de La Nouvelle-Orléans, poisseuse et animale, hantée par l’esprit vaudou. Angoisse. Alors quand celle-ci est habillée par la voix de David Bowie et les notes de Giorgio Moroder, il nous prend l’envie de boucler les valises. Tourné en 1982, le film de Schrader fait encore son petit effet. Soyons franc, des films comme <em>La Féline</em>, on aimerait en goûter plus souvent.</p>
<p>Autant vous le dire tout de suite, <em>Série noire pour une nuit blanche</em> n’est pas le meilleur film du génial John Landis. L’énorme qualité de <em>Série noire pour une nuit blanche</em> réside dans un argument tout simple : il a été réalisé par le génial John Landis. C’est un polar mollasson et pas vraiment intéressant. Toutefois, il a été réalisé par John Landis ! Et rien que pour ça… </p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Monster Club, cycle La Momie</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/la-main-de-la-momie.jpg" title="La Main de la Momie" alt="La Main de la Momie" width="280" height="206" class="alignleft size-full wp-image-24443" />Au même titre que ses trois affreux compagnons, Dracula, Frankenstein et le loup-garou, la Momie fit les beaux jours du studio Universal pendant une quinzaine d’années. De 1940 à 1955, la major produit dans le cadre de son département « Universal Monsters » <em>La Main de la Momie</em>, <em>La Tombe de la Momie</em>, <em>Le Fantôme de la Momie</em>, <em>La Malédiction de la Momie</em> et <em>Deux nigauds et la Momie</em>. Cinq films d’une soixantaine de minutes à suivre dans l’ordre sous peine d’être maudit sur quatre générations. Les intrigues ne cassent pas trois pattes à un canard mais il y a un tel savoir-faire qu’on se fait berner à chaque épisode. Pourquoi ? Parce que le mot d’ordre est d’aller à l’essentiel. Le montage est rythmé, les dialogues enlevés, les décors (souvent réutilisés) soignés et les interprètes s’amusent comme des petits fous. C’est en quelque sorte la réussite du succès. Une œuvre d’entertainement qui ne dure pas 2h45 préserve les neurones de la connerie.<br />
Quelques années plus tard, le studio Hammer pendra la relève. </p>
<p>Tous les films sont disponibles en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
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		<title>Le marché noir des films obscurs</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2015 08:31:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
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		<description><![CDATA[Amateurs de <em>midnight movies</em>, d’obscurités en tous genres et d’OFNIS, réjouissez-vous ! L’éditeur Blaq Out inaugure une nouvelle collection nommée « Blaq Market »...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Amateurs de <em>midnight movies</em>, d’obscurités en tous genres et d’OFNIS, réjouissez-vous ! L’éditeur Blaq Out inaugure une nouvelle collection nommée « Blaq Market » et pour lancer ce projet dédié aux œuvres inclassables, étranges et méconnues, il nous offre deux perles du genre : <em>L’Enfant-miroir</em> de Philip Ridley (GB, 1990) et <em>Der Samurai</em> de Till Kleinert, (Allemagne, 2014).</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/der-samurai-samourai-till-kleinert-1.jpg" alt="Le Samourai, de Till Kleinert" title="Le Samourai, de Till Kleinert" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-22526" />Penchons-nous premièrement sur le cas du <em>Samurai</em>…<br />
Récompensé par un prix lors du dernier <a href="http://www.festivaldesmauditsfilms.com" target="_blank" rel="nofollow">Festival des maudits films</a> à Grenoble, ce long-métrage allemand narre l’histoire d’un jeune policier qui va croiser la route d’un mystérieux et violent individu lors d’une nuit ensanglantée. Mélangeant les genres et les références (les loups-garous, la théorie du genre et les films de samouraïs…), le film baigne dans une ambiance de cauchemar. Tout comme le héros, on ne sait pas à quoi s’attendre, la seule certitude, c’est que cet étrange samouraï est venu pour ce policier, pour lui faire comprendre quelque chose, pour qu’il réalise ou accepte enfin…<br />
Magnifiquement réalisé &#8211; certains plans évoquent les contes de fées -, superbement interprété, <em>Der Samurai</em> est une œuvre envoûtante, unique dont le grand mérite est d’aller au bout de son « délire ». Il y a une honnêteté et un premier degré assez touchants dans ce récit d’apprentissage tordu et terriblement émouvant…<br />
Passé inaperçu lors de sa sortie en salle l&#8217;été dernier, il serait dommage de passer à côté d’un fleuron du cinéma « autre ». <span id="more-22524"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/enfant-miroir-philip-ridley.jpg" alt="L&#039;Enfant-miroir, de Philip Ridley" title="L&#039;Enfant-miroir, de Philip Ridley"width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-22527" /><em>L’Enfant-miroir</em> est l’œuvre du plasticien et réalisateur britannique Philip Ridley. Il s’agit de son premier long-métrage. On y découvre la vie de Seth Dove, un enfant vivant dans une petite communauté entourée de champs de blé interminables. Nous sommes dans les années 1950. Seth est convaincu que sa voisine, Dolphin Blue, une jeune veuve anglaise est en fait un vampire. Quand le frère de Seth rentre de la guerre et tombe amoureux de la jeune femme, le monde de Seth s’écroule.<br />
Résumer ce film, c’est littéralement « le résumer ». C’est-à-dire le réduire. Difficile de donner dans un synopsis l’ampleur de la narration, les différents niveaux d’histoire, les mini-intrigues qui finissent par converger à la fin et donnent lieu à l’un des plans finaux les plus glaçants du cinéma. C’est une œuvre dont la poésie, la force picturale et émotionnelle n’ont d’égal que sa maîtrise et son charme étrange, oppressant.<br />
Le film a beau se dérouler dans les champs de blé, on se sent suffoquer. C’est que pour Seth, le seul horizon possible est celui de son imaginaire. Rêveur, le garçon s’invente des histoires, des mondes imaginaires dont il a besoin pour supporter une vie au sein d’une famille absolument dysfonctionnelle et une communauté peuplée de fanatiques religieux.<br />
Drame psychologique, film d’horreur, <em>L’Enfant-miroir</em>, défie la notion de genre. C’est un film complètement à part, comme toutes les œuvres de son auteur (qui n’a réalisé que trois films à ce jour, mais trois films essentiels), un film qui dérange, qui secoue et ne s’oublie pas. Dépeignant le monde de l’enfance comme un conte dont la cruauté est sans merci, il nous met face à un spectacle terrifiant : le cycle horrible de la violence humaine. Qu’elle soit psychologique ou physique, fantasmée ou réelle, elle gouverne ce monde où Seth tente d’exister, mais où il est sans cesse contraint d’être à la fois le bourreau et la victime, un spectacle désolant et déchirant dont il ne peut pas sortir indemne.<br />
Ce chef-d’œuvre nous plonge ainsi dans un univers trouble, un monde cauchemardesque que l’on n’est même pas sûr d’avoir quitté une fois le film terminé…</p>
<p>Une rencontre avec Philip Ridley est organisée le samedi 21 novembre, plus de détails <a href="https://www.facebook.com/events/645242118912212/" target="_blank" rel="nofollow">ici</a>.</p>
<p>Le film est projeté le 22 novembre à 16h30, à l&#8217;occasion des Séances cultes du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/5e-paris-international-fantastic-film-festival-grand-rex-2015/">Paris International Fantastic Film Festival</a>, en présence de Philip Ridley.</p>
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		<title>Trois classiques adaptés au cinéma</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/adaptation-litteraire-classique-joyce-shakespeare-doyle-gens-dublin-huston/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2015 13:49:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[James Joyce, William Shakespeare, Arthur Conan Doyle. John Huston, Renato Castellani et Irwin Allen. Le premier est un chef-d’œuvre du cinéma, le deuxième un classique et le troisième l’hommage au...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>James Joyce, William Shakespeare, Arthur Conan Doyle. John Huston, Renato Castellani et Irwin Allen. Le premier est un chef-d’œuvre du cinéma, le deuxième un classique et le troisième l’hommage au cinéma de quartier. Retour sur trois classiques littéraires adaptés par des maîtres du septième art.</strong><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Gens de Dublin</em> réalisé par John Huston avec Angelica Huston, Donal McCann, Bairbre Dowling ….</strong></p>
<p>Dublin hiver 1904. Les vieilles demoiselles Morhan organisent comme chaque année une soirée de réveillon, où les esprits les plus brillants et fortunés de la ville se pressent pour profiter de l’ambiance joyeuse. Parmi les convives, Gabriel Conroy (Donal McCann), le neveu favori des hôtes fait une entrée remarquée en compagnie de sa magnifique femme Gretta (Angelica Huston). Mais l’insouciance du moment est bientôt troublée par la mélancolie profonde de Gretta, dont le fantôme d’une douloureuse passion est réveillé par les récits et les chants de la fête.<br />
<em>Gens de Dublin</em> est tiré de la nouvelle <em>The Dead</em> issue du recueil <em>Gens de Dublin</em> du grand, très grand James Joyce. Cet ouvrage fait figure de référence quant à la description et l’analyse sociogéographique d’une ville au début du XXe siècle. <em>Gens de Dublin</em> est le dernier film du cinéaste John Huston. Souffrant, Huston dirigea depuis son lit, raconte la légende.<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/gens-de-dublin.jpg" alt="Gens de Dublin, de John Huston" width="243" height="162" class="alignleft size-full wp-image-20527" />Ce chef-d’œuvre, car il s’agit d’un « vrai » chef-d’œuvre, s’est inscrit au panthéon du septième art pour sa fin. Un épilogue d’une beauté absolue qui transperce le cœur.<br />
Nous voilà embarqués au cœur d’une petite maison bourgeoise. Le cocher dépose les invités. Les ombres géantes caressent les murs et passent la porte. Tombe la neige. Les conversations polies hantent le couloir. Au 1er étage, résonne la voix de la maîtresse de maison soutenue par quelques notes de piano. Entre deux chants, le parquet supporte les danses de salon. Dans la salle à manger, la carcasse de l’oie rôtie trône sur la table. Les conversations s’animent et les souvenirs surgissent. Le pudding flambé renouvelle les amitiés. L’heure du départ approche. Et la fin, sublime. <span id="more-20523"></span><br />
<em>Gens de Dublin</em>, plus qu’aucun autre film, est le siège de la simplicité et de la complexité. Vous ne trouverez jamais d’autres conversations aussi banales et aussi profondes. Les mots du quotidien chargés de convenance racontent les histoires de chacun sans jamais rien dévoiler de l’intime. Jusqu’à l’épilogue.<br />
Vous qui ne connaissez pas <em>Gens de Dublin</em>, chanceux que vous êtes ! Vous goûterez 1h19 de pureté cinématographique. John Huston possède ce génie des grands d’inventer chaque scène comme unique, dépendante de la précédente et qui appelle la suivante. Les acteurs et les actrices rivalisent de justesse.<br />
Absolument recommandé.<br />
<em>Disponible en DVD dans la Collection des Maîtres « Cinemas Master Class ».</em><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Roméo et Juliette</em> réalisé par Renato Castellani avec Laurence Harvey, Susan Shentall, John Gielgud et Flora Robson…</strong><br />
Vérone. Lors d’un bal masqué, les jeunes Roméo et Juliette tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, au mépris de la haine que se vouent leurs familles, les Capulet et les Montaigu. Le père de Juliette, afin de s’opposer à cette idée, organise l’union de sa fille avec le Comte de Paris. Dans le même temps, Roméo tue un Capulet, Tybald, pour venger Mercutio, son meilleur ami lors d’un duel. Alors que les noces de sa bien-aimée sont arrangées en toute hâte, il est poussé à l’exil, loin de Vérone.<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/romeo-and-juliet.jpg" alt="Romeo and Juliet, de Renato Castellani" width="247" height="190" class="alignright size-full wp-image-20528" />D’après les fans de Shakespeare, les vrais de vrai, les mêmes qui suivent Motorhead en tournée, ce <em>Roméo et Juliette</em> réalisé par Renato Castellani n’est pas la meilleure adaptation mais l’une des plus respectueuses. Je me garderais bien de vous pointer le film parfait, je n’en sais fichtre rien.<br />
L’image restaurée vous transporte 500 ans en arrière à l’époque où les demoiselles et les damoiseaux s’amourachaient d’une œillade coquine couverts d’oripeaux feutrés à la mode de chez eux. Ce <em>Roméo et Juliette</em>-là n’est pas très rock and roll ! Il reprend l’intrigue sans jamais trahir l’esprit de la pièce, évite les digressions et se contente d’assurer au récit que les grands thèmes étudiés à l’école soient présents. Le film rassurera l’institution scolaire mais pas sûre qu’il suscite l’engouement de la nouvelle génération. Du moment que les salauds soient salauds, les amoureux amoureux et la tragédie tragique…<br />
Un classique très plaisant à découvrir ou à redécouvrir.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray dans la Collection des Maîtres « Cinemas Master Class ».</em><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Le Monde perdu</em> réalisé par Irwin Allen avec Michael Rennie, Jil Saint-John, Claude Rains, Fernando Lamas…</strong><br />
Le professeur Challenger organise une grande expédition. Accompagné d&#8217;une équipe de scientifiques, il part en pleine jungle amazonienne pour explorer une plaine sur laquelle vivent encore des dinosaures.<br />
Producteur et réalisateur, grand spécialiste du film d’aventures (<em>Cinq semaines en ballon</em>, <em>Voyage au fond des mers</em>, <em>Perdus dans l’espace</em>…), Irwin Allen est comme un poisson dans l’eau dans l’univers d’Arthur Conan Doyle. Le charme du film, un brin compassé (soyons honnêtes !), réside dans les expressions guindées et la prestance des interprètes toujours disposés à lever le sourcil dans un souci de coquetterie et de complicité. Jil Saint-John incarne l’aventurière de service qui désire s’incruster coûte que coûte dans l’équipe parce que les femmes, c’est comme ça, on le droit de chausser les bottes comme les hommes, c’est comme ça, pas la peine de le répéter deux fois. Un bon conseil, évitez de planter une amie féministe devant la télé, elle risque de défaillir ! Vous retrouverez cette méfiance machiste du héros dans <em>Voyage au centre de la Terre</em>. Sacrées bonnes femmes qui feraient mieux d’astiquer les fourneaux encrassés de gras !<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/le-monde-perdu.jpg" alt="Le Monde perdu, de Irwin Allen" width="250" height="192" class="alignleft size-full wp-image-20529" />L’aventure, c’est l’aventure. Les expéditions à l’ancienne valent pour leur longue préparation et le mystère qui toujours s’épaissit. Aujourd’hui, le moindre satellite vous calcule l’itinéraire le plus difficile en deux temps, trois mouvements. Les mondes perdus ne le restent jamais longtemps avant d’être envahis de touristes, putes, chercheurs d’or, toxicos, trafiquants si chers à Bernard de La Villardière.<br />
<em>Le Monde perdu</em> garde une belle intensité jusqu’aux premières découvertes. Ensuite, la tension se relâche, les nerfs lâchent, chacun y va de son couplet sur les intérêts à s’accaparer, ou pas, ce foutu nouveau monde. Dans le dernier tiers, on retrouve la magie qui hante les cités oubliées.<br />
Un chouette film d’aventures à l’ancienne, plein de carton pâte et de bric et de broc.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.</em></p>
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		<title>Le choix cinéma de 2014</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jan 2015 08:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>2015 débute mal et on peut raisonnablement se demander si la publication d&#8217;un papier de cinéma qui célèbre l&#8217;année 2014 a sa place ces jours-ci. Peut-on penser à des futilités alors que la liberté d&#8217;expression est atteinte et que la France traverse un terrifiant épisode ? Les événements de ces derniers jours ont montré une France solidaire devant l&#8217;inhumanité, résolue à la combattre. On dit de la culture, pourvoyeuse de savoir et d&#8217;intelligence, qu&#8217;elle est le dernier rempart contre la barbarie : alors nous aussi, à notre manière, nous combattons l&#8217;ignorance et la sauvagerie. Chaque rédacteur de Grand Écart a sélectionné un film de 2014 qui l&#8217;avait notablement marqué, ainsi que quelques « fragments », comme nous en avions <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/top-99-fragments-fetiches-scenes-cultes/" title="Il était 99 fois le cinéma">déjà proposés</a>, qui ont constellé l&#8217;année cinématographique. Pas de « top », pas de « meilleur » film, simplement des choix et conseils à piocher au hasard des envies. <span id="more-19976"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jw/">Julien Wagner</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Her</em> de Spike Jonze</div>
<div id="texte-top14">Parce que Spike Jonze est de retour en mode inspiration et que cela se fête ! Parce que Joaquin Phoenix a rarement été aussi drôle et touchant et porte vraiment bien la moustache. Parce que Scarlett Johansson n&#8217;apparaît pas à l&#8217;écran, mais devient enfin crédible depuis des lustres (les mauvaises langues diront « pour la première fois ») en voix virtuelle toute en nuances (et pas seulement en animatrice de téléphone rose). Parce qu&#8217;on y dépeint un demain qui ressemble atrocement à aujourd&#8217;hui, avec des solitudes qui ne se rencontrent même plus et qui entrent en symbiose avec la technologie. Parce que <em>Her</em>, ce n&#8217;est pas seulement elle, ou lui. Mais un bout de nous. </p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi :</strong> le concours de fellations par deux adolescentes goulues dans un train de nuit dans <em>Nymphomaniac</em>, Xavier Dolan devenu adulte avec le maîtrisé <em>Tom à la ferme</em> (mais redevenant adolescent pénible avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mommy-xavier-dolan/" title="Mommy, de Xavier Dolan">Mommy</a></em>), la lancinante chanson marocaine d&#8217;<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/only-lovers-left-alive-jim-jarmusch/" title="Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch">Only Lovers Left Alive</a></em>, une scène de procès intimiste et lacrymale dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/adoption-homosexualite-in-the-family-patrick-wang/" title="In the Family, de Patrick Wang">In the Family</a></em> que ferait mieux de regarder Christine Boutin, la fracassante arrivée de Jake Gyllenhaal comme dans un jeu de quilles au panthéon des acteurs oscarisables avec <em>Nightcall</em>, Budapest déserte et encerclée de chiens errants en quête de rédemption et de vengeance dans <em>White God</em> ou encore la renaissance d&#8217;Eric Rohmer et de Jocelyn Quivrin grâce au bucolique <em>Maestro</em>.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/cj/">Cédric Janet</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Zero Theorem</em> de Terry Gilliam</div>
<div id="texte-top14">1°) Parce que c&#8217;est un film de Terry Gilliam 2°) Parce qu&#8217;un seul plan de <em>Zero Theorem</em> contient dix fois plus d&#8217;idées que dans tous les films Marvel et autres crétineries à base de super-héros 3°) Parce que le film a été produit et tourné dans un temps record avec un budget ultra-riquiqui 4°) Parce que Christoph Waltz et Mélanie Thierry y sont formidables 5°) Parce que le film, au même titre que <em>Las Vegas Parano</em> et <em>Tideland</em>, connaîtra une seconde et troisième vie 6°) Parce qu&#8217;il est bon de rappeler que Terry Gilliam ne fait aucune concession 7°) Parce qu&#8217;il n&#8217;est jamais trop tard pour voir ou revoir <em>Bandits, Bandits</em>, <em>Brazil</em>, <em>Les Aventures du Baron Munchausen</em>, <em>Fisher King</em>, <em>L&#8217;Armée des douze singes</em>, <em>Las Vegas Parano</em>, <em>Les Frères Grimm</em>, <em>Tideland</em> et <em>L&#8217;Imaginarium du docteur Parnassus</em> 8°) 9°) 10°) Parce que c&#8217;est comme ça !</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi</strong> la tristesse sur le visage Mary Bee Cuddy incarnée par Hilary Swank dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/the-homesman-tommy-lee-jones/" title="The Homesman, de Tommy Lee Jones">The Homesman</a></em> de Tommy Lee Jones.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jm/">Justine Monchecourt</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Under the skin</em> de Jonathan Glazer</div>
<div id="texte-top14">La séance est à 22h. Nous sommes fin juin, la nuit tombe à peine. Je marche en direction du cinéma, les arêtes des immeubles de la rue arpentée se dessinent très clairement dans une lumière qui s’étiole. J’approche du cinéma, l’affiche de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scarlett-johansson-under-the-skin-jonathan-glazer/" title="Under the Skin, de Jonathan Glazer">Under the Skin</a></em> m’invitant à me glisser dans une autre nuit, celle de Jonathan Glazer.<br />
Les lumières s’éteignent dans la salle. Les premières images projetées à l’écran m’extraient de la réalité, des formes rondes aux matériaux lisses, insondables évoluent, s’altèrent, se modifient, hésitent entre l’infiniment petit, l’infiniment grand. J’entrevois une dimension cosmique à l’agencement de ces sphères étranges, me perd dans cet espace irréel. Un gros plan sur un œil me ramène à la réalité, à des appréhensions formelles plus connues. La caméra bascule alors sur d’autres plans, s’immisce dans le terreau brut de la vie : ciel gris et bas d’une ville écossaise, larges trottoirs, passants affairés, voitures s’engouffrant dans les rues délavées. Nous devenons passagers d’un fourgon conduit par Scarlett Johansson, le personnage principal, une espèce d’alien à l’apparence humaine. Des sons retentissent dans la salle de cinéma, des syllabes qui se contractent, se répètent, qui pétrissent une matière sonore en devenir. Ecran noir.<br />
La nuit tombe, le fourgon stationne au bord de la route. Scarlett s’arrête. Attend. Guette. Un homme passe. Elle descend la fenêtre, l’interpelle. <em>« Tu es seul ? »</em> L’homme monte dans le fourgon, ensemble, ils roulent jusqu’à chez elle. Ils entrent dans la maison. A nouveau, un espace incertain s’ouvre, un espace obscur sans limites spatiales. Les deux personnages évoluent dans cette zone indéterminée, Scarlett se déshabille progressivement, explose les parois fragiles du désir. Nous la voyons avancer lascive, suivie de l’homme exalté. Progressivement, l’homme s’enfonce dans le sol et disparaît. Tel est le processus entrepris par l’alien pour capturer les hommes, les faire tomber dans le liquide noir et visqueux du sol instable de la maison, jusqu’à la pétrification.<br />
Par un procédé de répétition (la recherche, la séduction puis la prise d’une proie humaine par un extraterrestre), la trame narrative du film en devient circulaire, et parvient à capturer notre propre fascination, ajoutant à cette structure, une exploration fantastique des ressources sensorielles de l’image et du son.  Alternant des images se rattachant plutôt au style documentaire, caméra à l’épaule, et d’autres résolument plus plastiques, tendant à une dimension métaphysique de l’espace qui rappelle l’écho vide des peintures de Chirico, <em>Under the skin</em> trouble et déroute notre perception de spectateur.<br />
La lumière revient dans la salle obscure. Je sors du cinéma, redescend la rue. Le silence de la nuit urbaine grésille. Hypnotisée, résonne encore en moi la bande originale signée par Mica Levi. Je lève les yeux. Le ciel du mois de juin vibre d’étoiles crépitantes. J’essaie d’imprimer sur ma rétine, alors orientée vers les constellations, un visage.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi</strong> le moment où Josh Charles, dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/bird-people-pascale-ferran/" title="Bird People, de Pascale Ferran">Bird People</a></em> de Pascale Ferran, connecté à Skype pour s’expliquer avec sa femme, se retrouve seul. L’image est fixe. Nous considérons l’espace vide de la cuisine américaine, le temps est comme suspendu. La caméra opère un plan rapproché sur l’écran d’ordinateur. L’image saute, et comme une apparition fantastique, un moineau se pose sur le bord de la fenêtre de la cuisine, fait irruption.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/mh/">Maid Marion</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Les Combattants</em> de Thomas Cailley</div>
<div id="texte-top14">Pour nous faire oublier que <em>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on a fait au bon Dieu ?</em>, avec Christian Clavier et Chantal Lauby, caracole en tête du box-office de l&#8217;année, que Jean-Jacques Goldman est toujours la personnalité préférée des Français selon le JDD, et pour nous rappeler qu&#8217;on entre en 2015, la vraie année du futur, donc, et non en 1995, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/combattants-thomas-cailley-adele-haenel/" title="Les Combattants, de Thomas Cailley">Les Combattants</a></em> est venu donner un « coup de jeune », comme dirait notre président, au cinéma français. Loin de la comédie française où les humoristes cherchent en vain une crédibilité d&#8217;acteur, loin de la comédie romantique aux sentiers (re)battus, le premier film de Thomas Cailley s&#8217;affranchit de tous les codes. Avec Adèle Haenel, débarquée avec fracas il y a quelques années dans le paysage devant la caméra de Céline Sciamma, et le nouveau venu Kevin Azaïs, c&#8217;est un couple résolument moderne qu&#8217;il met en scène. Ils se rencontrent en se battant l&#8217;un contre l&#8217;autre, et c&#8217;est elle qui lui met une raclée. Elle prévoit la fin du monde, la fantasme même. Au lieu de la rassurer, il lui offre une opération de survie sur un plateau. Avec pour toile de fond les stages commandos de l&#8217;armée, sans tomber dans l&#8217;humour de bidasse. Sublimé par une lumière parfois presque irréelle, servi par des dialogues savoureux, <em>Les Combattants</em>, vraie histoire d&#8217;amour très drôle, redonne ses lettres de noblesse à la comédie romantique, et dépasse enfin les traditionnels princesses et princes charmants un peu surannés. Le futur, c&#8217;est maintenant.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi :</strong> l&#8217;accent belge de Marion Cotillard, dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/deux-jours-une-nuit-jean-pierre-luc-dardenne/" title="Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne">Deux jours, une nuit</a></em>, bien plus naturel que sa mort dans <em>The Dark Knight Rises</em> ou que le kilo et demi de maquillage de <em>La Môme</em>.<br />
La joie éclatante, et surtout flippante, de Julianne Moore et sa chanson d&#8217;adieu au petit Micah, « Na Na Hey Hey Kiss Me Goodbye », dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/maps-to-the-stars-david-cronenberg/" title="Maps to the Stars, de David Cronenberg">Maps to the Stars</a></em>.<br />
Le sentiment, dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/pride-de-matthew-warchus/" title="Pride, de Matthew Warchus">Pride</a></em> ou dans <em>Deux jours, une nuit</em> que la lutte est plus importante que la victoire.<br />
La leçon de disco d&#8217;un Dominic West permanenté devant des mineurs gallois éberlués dans <em>Pride</em>.<br />
L&#8217;évidence : Scarlett Johansson est sexy même quand son visage n&#8217;apparaît pas à l&#8217;écran, dans <em>Her</em>.<br />
Le futur selon Spike Jonze, qui fait porter à Joaquin Phoenix moustache et pantalon sous les aisselles, ou la victoire du normcore dans <em>Her</em>.<br />
La performance anti-De Niro de Matthew McConaughey, qui a perdu, lui, des dizaines de kilos pour <em>Dallas Buyers Club</em>, l&#8217;accent texan en prime.<br />
La grâce de Jared Leto en travesti dans <em>Dallas Buyers Club</em>, ou la rupture définitive avec Jordan Catalano.<br />
La surprise <em>Dans la cour</em>, où la rencontre improbable entre une Catherine Deneuve obsessive, qui se laisse absorber par une fissure, et un Gustave Kervern touchant en ours gentil, le tout sur un ton auquel Pierre Salvadori nous avait peu habitués.<br />
Le travail du chirurgien de Nicole Kidman dans <em>Grace de Monaco</em>.<br />
Le papier peint mal posé de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/chambre-bleue-mathieu-amalric-drucker/" title="La Chambre bleue, de Mathieu Amalric">La Chambre bleue</a></em>.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/yvan/">Yvan Pierre-Kaiser</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Under The Skin</em> de Jonathan Glazer</div>
<div id="texte-top14">J&#8217;ai beaucoup attendu ce film et à l&#8217;arrivée, je suis resté perplexe. Puis, des images me hantaient. Des scènes me revenaient et ne cessaient de se rejouer dans ma tête. Je suis retourné le voir. Et l&#8217;évidence m&#8217;a saisie dès le premier plan. <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scarlett-johansson-under-the-skin-jonathan-glazer/" title="Under the Skin, de Jonathan Glazer">Under the Skin</a></em> est un chef-d&#8217;œuvre, un film comme peu d&#8217;autres, sensuel, dérangeant, sublime&#8230; Un alien, comme son personnage, qu&#8217;il accompagne jusqu&#8217;au bout de son odyssée étrange. Un hymne essentiel à ce qu&#8217;il y a de plus effrayant dans l&#8217;être humain : sa capacité d&#8217;empathie.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi :</strong> le spleen insondable des personnages de <em>Only Lovers Left Alive</em>.<br />
La fin de <em>Lucy</em> (parce que WTF ??????).<br />
La musique d&#8217;<em>Interstellar</em>.<br />
L&#8217;actrice principale de <em>Wetlands</em>, encore inédit en France.<br />
Le premier et le dernier plan de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/gone-girl-david-fincher-thriller-ben-affleck-rosamund-pike/" title="Gone Girl, de David Fincher">Gone Girl</a></em>.<br />
La poursuite en ski de <em>The Grand Budapest Hotel</em> et chaque autre plan du film.<br />
La moustache de Joaquin Phoenix et la voix de Scarlett dans <em>Her</em>.<br />
La séquence finale de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/boyhood-richard-linklater/" title="Boyhood, de Richard Linklater">Boyhood</a></em> et puis&#8230; le passage du temps&#8230; les ellipses&#8230;<br />
Everything is awesome ! dans <em>La Grande Aventure Lego</em>.<br />
La scène de baston dans la cuisine de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/iko-uwais-the-raid-2-gareth-evans/" title="The Raid 2, de Gareth Evans">The Raid 2</a></em>.<br />
Quicksilver dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/x-men-days-of-future-past-bryan-singer-omar-sy/" title="X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer">X-Men Days of Future Past</a></em>.<br />
Chris Pratt et la puissance de la cassette audio dans <em>Gardiens de la galaxie</em>.<br />
La tendresse et la délicatesse tout au long de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/short-term-12-states-of-grace-destin-cretton/" title="States of Grace, de Destin Cretton">States of Grace</a></em>.<br />
Emily Blunt dans <em>Edge of Tomorrow</em>.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/cf/">Claire Fallou</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Le vent se lève</em> d&#8217;Hayao Miyazaki</div>
<div id="texte-top14">Le vent dans les cerisiers, dans les robes mi-longues, dans les cheveux noirs des héros : c&#8217;est le vieux Japon qui bruisse et qui s&#8217;envole dans ce poétique adieu de Miyazaki au grand écran. Le réalisme l&#8217;emporte, pour une fois dans son œuvre, net et ciselé comme l&#8217;avion de guerre qui naît sous les traits de crayon du héros. Pourtant l&#8217;on retrouve bien toute sa fantaisie, enfantine et légère, dans les pluies d&#8217;avion de papier&#8230; Des divagations parfaites de son imaginaire est née une vision humaine de l&#8217;Histoire, toute en nuances impressionnistes que l&#8217;on pleure de perdre quand il faut atterrir.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi</strong> Bruce Dern, version très vieux, qui va chercher à pied à travers trois Etats le million de dollars promis par une campagne de pub, dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/nebraska-de-alexander-payne/" title="Nebraska, d’Alexander Payne">Nebraska</a></em> d&#8217;Alexander Payne. <em>« Je ne savais même pas que ce con voulait être millionnaire »</em>, remarque sa femme.</div>
<div id="title-top14">Le choix d&#8217;<a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/ar/">Alessandro Rizzo</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Babadook</em> de Jennifer Kent</div>
<div id="texte-top14">La <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent">sensation horrifico-analytique de l&#8217;année</a> où tous les codes du genre sont sublimés par l&#8217;intelligence – de la réalisatrice – et le talent – de ses deux comédiens principaux. Une variation délicatement glaçante sur le deuil impossible et les traumatismes de l&#8217;enfance qui nous rappelle combien les idées noires détestent qu&#8217;on leur tienne tête. Il paraît que les livres pop-up font parfois peur aux enfants, celui d’où jaillit la silhouette funèbre du Babadook est taillé pour hanter à jamais leurs parents.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi</strong> <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/" title="Whiplash, de Damien Chazelle">Whiplash</a></em> : full metal baguette !<br />
<em>Interstellar</em> : contrairement aux racontars, pas besoin de doctorat en physique quantique pour aimer ce film. « <em>Just aware</em> », comme dirait JCVD.<br />
<em>Les Gardiens de la galaxie</em> : drôle, pétillant, pétaradant, parfois poétique et tellement pop&#8230; Le meilleur de Marvel au cinéma, un pur plaisir pubère à bâfrer sans complexe.<br />
Et le talent de David Fincher dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/gone-girl-david-fincher-thriller-ben-affleck-rosamund-pike/" title="Gone Girl, de David Fincher">Gone Girl</a></em>.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jnb/">JNB</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Whiplash</em> de Damien Chazelle</div>
<div id="texte-top14"><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/" title="Whiplash, de Damien Chazelle">Whiplash</a></em> pour la transposition dans la musique des rapports sociaux et leur violence inhérente, pour la mise en scène brillante et pensée autant comme un thriller qu&#8217;un morceau de jazz, pour les grosses gouttes de sueur qui ont coulé le long de mon corps transi de fascination, de peur et de tension pendant les deux heures du film. Et parce qu&#8217;un film comme ça, qu&#8217;il est impossible de classer comme <em>entertainment</em> ni comme film d&#8217;art et essai, qui emprunte à une multitude d&#8217;univers cinématographiques et qui le fait à la perfection, ça n&#8217;arrive pas chaque année.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi</strong> l&#8217;improbable trio <em>eighties</em> formé par Michael C. Hall, Don Johnson et Sam Shepard dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/cold-in-july-jim-mickle/" title="Cold in July, de Jim Mickle">Cold in July</a></em>, la dilatation du temps sur la planète Miller dans <em>Interstellar</em>, Iko Uwais dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/iko-uwais-the-raid-2-gareth-evans/" title="The Raid 2, de Gareth Evans">The Raid 2</a></em>, les plans expressionnistes de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent">Mister Babadook</a></em>, les paysages sublimes et désolés de l&#8217;extraordinaire <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev">Léviathan</a></em>, le voyage dans l&#8217;invisible de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/futatsume-no-mado-still-the-water-naomi-kawase/" title="Still the Water, de Naomi Kawase">Still the Water</a></em>, la dispute rhétorique entre Aydin et Necla dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/sommeil-hiver-winter-sleep-nuri-bilge-ceylan/" title="Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan">Winter Sleep</a></em>, les jubilatoires « play again » de <em>Edge of Tomorrow</em>, Scarlett superbe dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scarlett-johansson-under-the-skin-jonathan-glazer/" title="Under the Skin, de Jonathan Glazer">Under the Skin</a></em>, et Scarlett ridicule dans le ridicule <em>Lucy</em>. Et bien sûr, le chien d&#8217;<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/adieu-langage-jean-luc-godard/" title="Adieu au langage, de Jean-Luc Godard">Adieu au langage</a></em>.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/tc/">Thomas Chouanière</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Only Lovers Left Alive</em> de Jim Jarmusch</div>
<div id="texte-top14">Il y avait les gentils fantômes. Il y aura désormais les vampires lettrés. Fans de rock (donc recommandables), auteur occulte de l’œuvre de Shakespeare, grands voyageurs, les oiseaux de nuit filmés par Jim Jarmusch ont bien des attraits. Et cette surhumanité qui les rend immortels évoque moins le folklore habituel du vampirisme qu&#8217;une certaine permanence dans le raffinement, dans sa lutte avec la vulgarité. Mais <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/only-lovers-left-alive-jim-jarmusch/" title="Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch">Only Lovers Left Alive</a></em>, complexe, évoque aussi la bestialité et la nécessité de survivre dans un monde qui change. Epoque et intemporalité se mêlent avec délice dans cette oeuvre atypique.</p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi :</strong> la lutte pour la vie de <em>Dallas Buyers Club</em>.<br />
L&#8217;enthousiasme ridicule autour des <em>Gardiens de la galaxie</em>. Puberté, j&#8217;écris ton nom.<br />
Lauren Bacall, Mike Nichols, Robin Williams, Richard Attenborough, Harold Ramis, Marie Dubois, HR Giger. RIP.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/mc/">Melanie Carpentier</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Still the Water</em> de Naomi Kawase</div>
<div id="texte-top14"><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/futatsume-no-mado-still-the-water-naomi-kawase/" title="Still the Water, de Naomi Kawase">Still the Water</a></em>, parce qu&#8217;on y parle de l’invisible et de la mémoire. Parce qu&#8217;on y croise des habitants qui vivent en harmonie avec la nature et les dieux. Parce que c&#8217;est l&#8217;histoire de deux adolescents qui découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l’amour. Parce que le film respire et que son coeur palpite au rythme des vagues qui se forment et se fracassent. Parce qu&#8217;il est beau. Parce qu&#8217;il ouvre une fenêtre sur une autre culture. Parce qu&#8217;il ne cache rien de ses incertitudes. Parce que la poésie sauve tout. Parce qu&#8217;il n&#8217;a pas eu la <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/palmares-jury-jane-campion-palme-or-2014/" title="Cannes 2014 : le palmarès">Palme d&#8217;or</a>. </p>
<p><strong>Mais 2014, ce fut aussi</strong> le panache de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/cold-in-july-jim-mickle/" title="Cold in July, de Jim Mickle">Cold In July</a></em>, la glaçante certitude de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev">Léviathan</a></em>, la torpeur dans laquelle m&#8217;a plongée <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/only-lovers-left-alive-jim-jarmusch/" title="Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch">Only Lovers Left Alive</a></em>, les pommettes ambiguës de Julianne Moore dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/maps-to-the-stars-david-cronenberg/" title="Maps to the Stars, de David Cronenberg">Maps to the Stars</a></em>, <em>Interstellar</em> qui réconcilie avec les histoires de mecs qui se perdent dans les étoiles, <em>Edge of Tomorrow</em> qui réconcilie avec les jeux vidéo, la folie maternelle dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent">Babadook</a></em> qui rappelle que les nuits sans sommeil peuvent faire perdre la boule et qu&#8217;être mère célibataire, c&#8217;est la bonne grosse tuile, quand même, et enfin, les poils qui se dressent et l&#8217;envie de casser de la baguette tout au long de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/" title="Whiplash, de Damien Chazelle">Whiplash</a></em>.</div>
<div id="title-top14">Le choix de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/mm/">Mathieu Menossi</a></div>
<div id="subtitle-top14"><em>Black Coal</em> de Diao Yinan</div>
<div id="texte-top14mm">L’angoisse intelligente de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent">Mister Babadook</a></em> de Jennifer Kent, la frénésie de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mommy-xavier-dolan/" title="Mommy, de Xavier Dolan">Mommy</a></em> de Xavier Dolan, le « trois en un » de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/gone-girl-david-fincher-thriller-ben-affleck-rosamund-pike/" title="Gone Girl, de David Fincher">Gone Girl</a></em> de David Fincher, le percutant <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/" title="Whiplash, de Damien Chazelle">Whiplash</a></em> de Damien Chazelle (rien à voir avec Marie-Anne) ou encore la retenue glaçante de <em>Blue Ruin</em>, signé Jeremy Saulnier… Autant de prétendants légitimes, à mes yeux, au poste de <em>number one</em> 2014. Mais, au regard des circonstances de ce sombre mois de janvier 2015, je jetterais finalement mon dévolu sur le long-métrage du réalisateur chinois Diao Yinan, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/black-coal-thin-ice-diao-yinan-chine/" title="Black Coal, de Diao Yinan">Black Coal</a></em>.<br />
Un troisième film exemplaire récompensé de l’Ours d’or lors de la Berlinale 2014. Un sombre labyrinthe urbain et industrieux magistralement mis en mouvements et en images par un réalisateur brillant. <em>Black Coal</em>, c’est le symbole d’une liberté d’expression regagnant inéluctablement le lit de son fleuve dans un pays au système moribond, encore embourbé dans sa violence bureaucratique. Le symbole d’une résistance pleine d’esprit, d’une révolte sage, réfléchie et consciente. <em>Black Coal</em>, c’est l’archétype parfait de ce sillon social implacable creusé dans une Chine ouvrière contemporaine à la dérive par toute une association de réalisateurs veilleurs et éveillés, ceux de la générations post-Tiananmen. Et Diao Yinan de venir ainsi rejoindre les Lou-Ye, Jia Zhangke et autre Zhou Xiaowen…</div>
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		<title>Rencontre avec Damien Chazelle et Miles Teller</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2014 08:02:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[De son premier prix reçu à Sundance en janvier dernier à sa sortie en salle ce 24 décembre 2014, <em>Whiplash</em> aura donc été le film de l'année, à plus d'un titre. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Coup d&#8217;éclat</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-miles-teller-jk-simmons-damien-chazelle.jpg" alt="Miles Teller et J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="Miles Teller et J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19881" />De son premier prix reçu à Sundance en janvier dernier à sa sortie en salle ce 24 décembre 2014, <em>Whiplash</em> aura donc été le film de l&#8217;année, à plus d&#8217;un titre. Parce qu&#8217;il est venu se rappeler à notre bon souvenir à intervalles réguliers d&#8217;abord. Nous n&#8217;étions pas à Sundance, mais à <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/" title="Whiplash, de Damien Chazelle" target="_blank">la Quinzaine des réalisateurs</a>, il nous a redonné le coup de fouet toujours salutaire en milieu de festival. Du coup, on est retourné le voir à <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-40e-festival-film-americain-deauville-2014/" title="Le palmarès du 40e Festival du film américain de Deauville" target="_blank">Deauville</a>, où il nous a donné la pêche en séance de minuit. L&#8217;occasion de discuter avec son réalisateur, Damien Chazelle, batteur lui-même, jeune réalisateur américain qui s&#8217;exprime dans un français impeccable (ce qui suscite encore un peu plus notre admiration), et avec son acteur principal, Miles Teller, jeune acteur qui alterne cinéma indépendant et grosse machine à la <em>Divergente</em> ou <em>Les Quatre Fantastiques</em>. A vous désormais de le découvrir en salle : le film idéal pour recharger ses batteries en fin d&#8217;année. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Si on vous dit que votre film se situe entre <em>Full Metal Jacket</em> et <em>Black Swan</em>, ça vous convient ?</strong></p>
<p><em>Damien Chazelle</em> : Oui, tout à fait. Quand j&#8217;étais batteur de jazz, j&#8217;étais dans un orchestre très dur, très compétitif, et pour moi, la musique, c&#8217;était la peur. Dans les films sur la musique et les musiciens, je ne trouvais rien qui correspondait à ce que je vivais dans cet orchestre. La première fois que j&#8217;ai vu <em>Full Metal Jacket</em>, j&#8217;étais en deuxième ou troisième année, c&#8217;était enfin quelque chose qui me parlait. C&#8217;est ça l&#8217;ironie : il fallait un film de guerre pour trouver quelque chose qui ressemblait à ce que je vivais. Pour le personnage de Fletcher, je voulais un grand personnage de méchant. Il y a toujours un enjeu de pouvoir dans la relation entre le prof et l&#8217;élève. Dans un orchestre, il y a un chef. Comme batteur, il faut se soumettre à son pouvoir. Et pour <em>Black Swan</em>, c&#8217;est le même genre d&#8217;histoire : montrer l&#8217;art à travers la souffrance. Ca pose la même question : est-ce que ça vaut le coup ? <span id="more-19871"></span></p>
<p><strong>C&#8217;est pour le rendre encore plus menaçant que vous avez donné à J. K. Simmons le look qu&#8217;il avait dans <em>Oz</em>, dans le personnage de Vern Schillinger ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-jk-simmons.jpg" alt="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-19882" /><em>D. C.</em> : Je suis un grand fan de <em>Oz</em>. Ce que je trouvais intéressant, c&#8217;est que J. K. Simmons n&#8217;avait pas joué ce genre de personnage depuis longtemps. Dans la plupart de ses films, il est assez sympathique, ou comique. C&#8217;est le père de <em>Juno</em>, c&#8217;est le patron de Peter Parker dans <em>Spiderman</em>. J&#8217;aimais bien l&#8217;idée de revenir à ses racines. Mais le look, c&#8217;est J. K. qui l&#8217;a amené. Il ne ressemblait pas du tout à mon chef d&#8217;orchestre. C&#8217;est pour ça que c&#8217;est bien de travailler avec de grands acteurs, parce qu&#8217;ils amènent des choses, ils participent à la création. Avec lui, Fletcher est devenu un autre personnage, et pas seulement celui que j&#8217;avais écrit. Il est devenu un vrai personnage de cinéma. </p>
<p><strong>Miles, connaissiez-vous J. K. Simmons avant le tournage ? Etiez-vous aussi impressionné que votre personnage face à lui ?</strong></p>
<p><em>Miles Teller</em> : Je savais qui il était, même si je n&#8217;avais vu aucun de ses films. Comme la plupart des Américains, je le connais par la pub qu&#8217;il fait pour des assurances <em>[Farmers Insurance, ndlr]</em>. Mais quand on tournait, on n&#8217;avait pas cette relation bizarre, il n&#8217;était pas dans son personnage toute la journée et moi non plus. Quand on tournait une scène intense, dès qu&#8217;on entendait « Coupez ! », on pouvait recommencer à rire et plaisanter. Parce que c&#8217;est quand même quelque chose d&#8217;absurde. Certaines scènes sont complètement ridicules, il faut en rire. Quand il me hurle dans l&#8217;oreille, quand il m&#8217;envoie des cymbales au visage&#8230; Si on se prend au sérieux, on se détruit.</p>
<p><strong>Miles, vous jouez de la batterie depuis l&#8217;âge de 15 ans, mais avez-vous dû travailler vous aussi, pour atteindre le niveau de votre personnage, Andrew ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-film-miles-teller-1.jpg" alt="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="181" class="alignleft size-full wp-image-19883" /><em>M. T.</em> : On a eu trois semaines de répétition avant le tournage. Des sessions de quatre heures, trois jours par semaine. La première personne qui m&#8217;a aidé pour m&#8217;entraîner, c&#8217;est Damien, parce que Damien est un très bon batteur de jazz. Il a installé une batterie chez moi. Et j&#8217;avais un prof à Los Angeles. Damien ne savait même pas que je jouais quand il m&#8217;a proposé le rôle ! C&#8217;était une coïncidence. Mais le fait que je joue, et le fait que le film soit en partie autobiographique, et que J. K. ait déjà dirigé des orchestres, ça n&#8217;a fait qu&#8217;ajouter à l&#8217;authenticité de <em>Whiplash</em>. D&#8217;ailleurs, les scènes de répétition ont été les plus difficiles pour moi. On a tourné tout ça en une journée. Donc plusieurs heures à jouer de la batterie, suer, faire des pauses pour mettre des pansements, mettre du faux sang, enlever la chemise, changer de vêtements, et recommencer. C&#8217;était assez fatigant ! Mais parfois, c&#8217;est mieux d&#8217;être réellement fatigué que de jouer la fatigue. Comme me l&#8217;a dit mon prof de théâtre : être acteur est une profession magnifique, tant que personne ne se rend compte que tu joues. Donc oui, parfois, c&#8217;est mieux d&#8217;être réellement dans le même état que le personnage. Quand on est censé avoir froid, c&#8217;est mieux si on ne tourne pas à Hawaï. </p>
<p><strong>Dans le film, il y a énormément de tension, quelques surprises. Vous évitez beaucoup d&#8217;écueils de films sur une ascension vers la gloire. C&#8217;était un défi de mise en scène ou un défi de scénario ?</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : Les deux peut-être, mais il y avait surtout un enjeu de mise en scène. Avec seulement le scénario, c&#8217;était difficile de convaincre les gens que ça puisse être comme un thriller, très excitant et très angoissant. Ce n&#8217;est pas une question de vie ou de mort dans le film, il ne s&#8217;agit que d&#8217;un musicien à l&#8217;école. Dans les films de gangster, où dans les films où il y a des armes ou des meurtres, il y a toujours une question de vie ou de mort. Ca aide pour la trame du film. Comme on n&#8217;avait pas cet enjeu, il fallait créer la même tension avec d&#8217;autres méthodes, avec la caméra, avec la musique, avec le montage, et surtout avec les acteurs. En fin de compte, la chose la plus importante, c&#8217;est le visage des acteurs. C&#8217;est par leurs visages qu&#8217;on perçoit l&#8217;épreuve.</p>
<p><strong>Miles, Damien vous avait expliqué avant le tournage que le film serait si intense ?</strong></p>
<p><em>M. T.</em> : Tout était déjà dans le scénario. Je ne savais pas qu&#8217;il allait utiliser autant le gros plan, en revanche. Même pendant le tournage, je ne savais pas que c&#8217;était comme ça qu&#8217;il filmait, que je serais autant en gros plan. C&#8217;est au montage qu&#8217;il en a fait un thriller, très tendu. Mais sur le tournage, je pensais que c&#8217;était un drame, pas ce film si tranchant, si prenant.</p>
<p><strong>Damien, en tant qu&#8217;ex-musicien, est-ce que vous avez pensé votre montage comme un morceau ?</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : Oui. Le rythme est très important pour moi. Avec le scénario, j&#8217;ai fait un story-board. J&#8217;avais tout préparé, on savait un peu ce qui allait se passer avant même le tournage. Pour le montage, il fallait trouver le bon rythme. Parfois le tempo était trop lent ou trop rapide. La première version du film durait 2h30, c&#8217;était nul. On n&#8217;a pas beaucoup coupé, mais il fallait trouver des petits morceaux à coincer dans d&#8217;autres temps plus longs.</p>
<p><strong>On sent l&#8217;influence de Scorsese dans certains mouvements de caméra, des rapprochements brusques vers les personnages. C&#8217;est un réalisateur important pour vous ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-sang-batterie-film-damien-chazelle.jpg" alt="Whiplash, de Damien Chazelle" title="Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="157" class="alignright size-full wp-image-19884" /><em>D. C.</em> : Oui, bien sûr. Surtout pour ses films violents. Scorsese, pour moi, c&#8217;est le cinéma de la violence : <em>Raging Bull</em>, <em>Taxi Driver</em>, <em>Mean Streets</em>, <em>Les Affranchis</em>. Surtout <em>Raging Bull</em>. Avec mon monteur <em>[Tom Cross, ndlr]</em>, on voulait créer des scènes de musique qui seraient comme des scènes de boxe ou des scènes d&#8217;action. Des scènes de combat. On sent la violence physique, émotionnelle, psychologique, mais à travers la musique. Et je voulais montrer aussi le côté physique de la musique. On ne voit pas ça assez souvent au cinéma. Alors que la batterie, c&#8217;est très très physique. Quand je jouais, j&#8217;avais les mains en sang, j&#8217;avais mal partout, les oreilles qui sifflaient. Je voulais montrer ça. C&#8217;est un aspect de la musique que les non-musiciens ne connaissent pas vraiment. Et puis on a souvent l&#8217;impression que le jazz est une musique assez délicate, soft, pour les vieux. Moi je voulais faire du jazz comme si c&#8217;était du Metallica, du punk-rock agressif, vif, énergique.</p>
<p><strong>La scène inaugurale, où les deux personnages se rencontrent, est particulièrement efficace. Comment l&#8217;avez-vous pensée ?</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : J&#8217;aimais bien l&#8217;idée de commencer le film immédiatement. Je ne voulais pas faire de détours, introduire l&#8217;univers avant cette rencontre. Parce que c&#8217;est leur rencontre qui commence tout. Donc on commence là, et on finit avec l&#8217;aboutissement de cette première scène. Il fallait trouver le début et la fin. Et on ne voit rien avant le début, on ne voit rien après la fin. C&#8217;est le problème de beaucoup de films : ils commencent avant le début, et se terminent après la fin. Selon moi, il ne faut pas montrer plus qu&#8217;il ne faut. </p>
<p><strong>A la fin du film, on se demande quelle est votre position sur l&#8217;efficacité ou la valeur de cet enseignement. Cette ambiguïté est intentionnelle ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-jk-simmons-2.jpg" alt="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-19885" /><em>D. C.</em> : Je ne sais pas s&#8217;il y a une réponse à cette question. Il faut trouver sa propre réponse. Ce que je sais, c&#8217;est que la maltraitance, la souffrance &#8211; on le voit dans l&#8217;histoire du jazz, et je l&#8217;ai vu dans ma propre expérience -, parfois ça marche. Même si, beaucoup de fois, ça ne marche pas. Ce n&#8217;est pas tant la question de l&#8217;efficacité que de savoir si, quand ça marche, ça vaut le coup. Et ca c&#8217;est une question très difficile. Normalement, je suis un humaniste, donc je ne crois pas à la souffrance pour l&#8217;art. Même en tant qu&#8217;artiste, je trouve que c&#8217;est bête. Mais si on me dit « OK, on va retirer tous les solos de Charlie Parker, tous les solos de Buddy Rich, tout ce qu&#8217;a fait Beethoven, parce que c&#8217;est le bonheur humain qui prime »&#8230; ça devient une question plus difficile. Si la fin du film n&#8217;était pas ce qu&#8217;elle est, si le personnage ne devenait pas un grand batteur, on aurait eu une réponse : ça ne marche pas. Alors, il n&#8217;y a pas de question. Mais parce que ça marche, la question existe. Pour moi, c&#8217;est une fin très triste. C&#8217;est un gars qui n&#8217;aura pas une vie heureuse, il est totalement solitaire, il est devenu Fletcher, il est devenu un monstre. C&#8217;est une tragédie finalement.</p>
<p><em>M. T.</em> : C&#8217;est la question que le film explore : quelle quantité de souffrance peut-on endurer pour atteindre son but, pour réussir ? A mon avis, il n&#8217;y a pas de limite. Ce n&#8217;est pas plafonné. Chacun a son chemin pour atteindre l&#8217;excellence. Et Andrew et Fletcher ont placé la barre très haut. Ce n&#8217;est pas le chemin que tout le monde emprunte, mais il faut respecter ceux qui vont aussi loin pour être excellent dans leur domaine. </p>
<p><strong>La relation entre Fletcher et Andrew peut-elle être comparée à celle entre un réalisateur et un acteur ?</strong></p>
<p><em>M. T.</em> : J&#8217;ai travaillé avec certains réalisateurs, dont je ne citerai pas le nom, qui étaient tyranniques, effectivement. </p>
<p><strong>Et ça vous a rendu meilleur acteur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-film-miles-teller-2.jpg" alt="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-19886" /><em>M. T.</em> : Je ne pense pas, non. C&#8217;est bizarre quand il s&#8217;agit de jouer la comédie. Ca dépend du film. Si on fait un gros film, avec énormément de choses à gérer, certains pensent qu&#8217;on ne peut pas asseoir son pouvoir en parlant calmement, ils pensent qu&#8217;il leur faut crier sur tout le monde. Un film de Michael Bay, un film de James Cameron&#8230; Il faut qu&#8217;ils contrôlent un univers énorme. Chacun a sa façon de faire les choses. Mais dans mon expérience, sur un film indépendant, on ne peut pas crier sur ses acteurs, ça ne marche pas comme ça. Une grande partie du boulot de réalisateur, c&#8217;est de gérer les personnalités. A moi, on peut me dire « <em>Dis, Miles, c&#8217;était vraiment pas terrible, on en fait une autre</em> », je ne vais pas mal le prendre. Mais peut-être qu&#8217;on ne peut pas dire la même chose à un autre acteur. Pour certains, il faut le dire avec des fleurs. </p>
<p><strong>Dans la scène du repas avec sa famille, où l&#8217;on compare les réussites des uns et des autres, Andrew montre déjà l&#8217;orgueil qui le mènera vers ce finale.</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : La plupart de ceux qui ont lu le scénario pensait qu&#8217;il fallait la couper, que ça ne marchait pas du tout. Avec cette scène, on va détester Andrew, il est trop méchant, me disait-on. On l&#8217;a tournée quand même. Parce que pour moi, c&#8217;est une des scènes les plus importantes. C&#8217;est une scène où on aime Andrew encore plus, même s&#8217;il se comporte un peu comme un connard. Sa famille, c&#8217;est quand même des connards aussi. Les musiciens de jazz rencontrent toujours ça : ils se donnent à fond pour leur musique, et le monde s&#8217;en fiche. C&#8217;est tout le problème d&#8217;être obsédé par un art marginal. Un art qui n&#8217;est plus l&#8217;art populaire de la société. Je pense que c&#8217;est une lutte constante, pour les musiciens de jazz. Je voulais que cette scène soit une représentation de ça.</p>
<p><strong>Depuis Sundance en janvier, puis Cannes, Toronto, et Deauville, le film a un accueil incroyable partout où il passe. Est-ce que vous en profitez ou est-ce que la pression prend le dessus, pour la sortie du film, et pour le prochain ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-miles-teller-jk-simmons-damien-chazelle-film.jpg" alt="Whiplash, de Damien Chazelle" title="Whiplash, de Damien Chazelle" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19887" /><em>D. C.</em> : Ca ne me paralyse pas parce que je me sens toujours comme un outsider, je suis un peu pessimiste. Même si les choses se passent très bien, je me concentre sur le négatif. D&#8217;ailleurs, j&#8217;ai l&#8217;impression que dès qu&#8217;on devient satisfait, on devient nul. Il faut toujours être affamé. C&#8217;est quand ils ne le sont plus que les réalisateurs et les artistes commencent à plonger. Ensuite, c&#8217;est vrai que la pression est là, mais c&#8217;est toujours bien. Tout compte pour soutenir un film. Particulièrement pour le cinéma indépendant aux Etats-Unis. On a besoin des critiques, des festivals, du public. On est toujours en train de lutter, d&#8217;essayer de convaincre, de vendre le film. Je n&#8217;aime pas vraiment être dans la position de devoir vendre quelque chose, mais c&#8217;est nécessaire. C&#8217;est surtout ça qui me donne un peu d&#8217;angoisse. </p>
<p><strong>C&#8217;est un film qui a démarré à Sundance. On parle de plus en plus du déclin du festival, et de l&#8217;étiquette de ce cinéma indépendant qui peut devenir un cliché. C&#8217;est quelque chose que vous ressentez aussi ?</strong></p>
<p><em>M. T.</em> : C&#8217;est vrai que la réputation de Sundance commence à baisser. On sait déjà à quoi s&#8217;attendre quand on va voir un film de Sundance. Mais <em>Whiplash</em> n&#8217;est pas du tout un film conventionnel. Il repousse un peu les limites. Il y a plein de films qui sont à Sundance et qui ne sont jamais distribués. J&#8217;ai tourné dans des films qui ne sont jamais sortis. Donc c&#8217;est bien d&#8217;être dans un film qui va dans les festivals, qui se fait remarquer, et dont on parle toujours tellement de temps après sa présentation en janvier. </p>
<p>&nbsp;<br />
Whiplash <em>de Damien Chazelle avec Miles Teller, Melissa Benoist, J.K. Simmons. Etats-Unis, 2014. Sortie en salle le 24 décembre 2014. Présenté à la 46e Quinzaine des réalisateurs. Grand Prix du 40e Festival du film américain de Deauville.</em></p>
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		<title>Bugsy Malone, d&#8217;Alan Parker</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Oct 2014 21:11:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/10/bugsy-malone-alan-parker-jodie-foster.jpg" alt="Bugsy Malone, d&#039;Alan Parker" title="Bugsy Malone, d&#039;Alan Parker" width="280" height="159" class="alignleft size-full wp-image-19504" />Dans l&#8217;Amérique de la prohibition, Fat Sam, chef de gang et tenancier d&#8217;un club clandestin, engage Bugsy Malone, petite frappe et dragueur à ses heures perdues. Ensemble, ils déclarent la guerre à Dan le Dandy et sa bande, détenteurs d&#8217;une arme secrète invincible : une mitraillette à crème pâtissière. Tous les coups sont permis pour tenter de voler l&#8217;arme à la bande rivale, mais le chemin de Bugsy est semé d&#8217;embûches, de femmes fatales et de guets-apens&#8230;</p>
<p><em>Bugsy Malone</em> devrait être injecté en intraveineuse aux créateurs d’émissions et films pour enfants tant la magie du cinéma à conserver une saveur exceptionnelle. Ce petit chef-d’œuvre s’est même bonifié. Il fallait quand même oser transposer l’univers du Mal absolu, la mafia américaine période prohibition, au monde des 4/17 ans, âges des enfants et des adolescents visibles à l’écran. Chaque tic d’adulte, chaque manie de grande personne sur les gueules de ces mômes est un pur régal. L’imitation frise la perfection jusqu’aux voitures à pédales, aux costards et moustaches de dandy.<br />
Le grand démiurge aux commandes de <em>Bugsy Malone</em> n’est pas Alan Parker (<em>The Wall</em>, <em>Midnight Express</em>, <em>Birdy</em>…) mais le compositeur Paul Williams qui concocte un programme « soul cabaret » à tomber à la renverse tant la qualité des mélodies colle aux situations, car <em>Du rififi chez les mômes</em>, in french, est avant tout une pièce musicale savamment montée. </p>
<p>Voici une petite revue des forces en présence :</p>
<p><strong>Florrie Dugger alias Blousey</strong><br />
Blousey tente sa chance de cabaret en cabaret. Elle chante, danse, joue la comédie mais sa soif de reconnaissance la fragilise. Blousey ne se laisse pas compter fleurette facilement, la demoiselle renferme un caractère bien trempé. Indépendante mais désappointée par le système corrompu qui préfère les filles acoquinées aux malfrats, Blousey ne lâchera rien et encore moins sa carrière. Elle réussira coûte que coûte. Quand elle rencontre Bugsy, l’horizon s’éclaircit. L’amour. <span id="more-19503"></span></p>
<p><strong>Scott Baio alias Bugsy Malone</strong><br />
Bugsy est un charmeur. Le petit malfrat fauché au grand cœur, la belle gueule d’amour. Tout le monde l’apprécie car il traîne une indéniable classe. Dès la première seconde, il tombe fou raide dingue de Blousey. Petit problème, il est fauché comme les blés et Blousey n’a pas besoin d’un Bugsy dans les pattes mais d’un garçon qui a les pieds sur terre. </p>
<p><strong>Jodie Foster alias Tallulah</strong><br />
Tallulah se produit dans le cabaret de Fat Sam. Elle est la star magnétique, la vedette qui brille sous les feux de la rampe. On la regarde et on l’admire. Tallulah vous ensorcelle avec ses grands yeux clairs. Difficile d’y résister. Son verbe est fort, ses phrases puissantes. Quelle nana ! Elle craque pour Bugsy mais lui résiste à son charme.</p>
<p><strong>John Cassisi alias Fat Sam</strong><br />
Fat Sam fait tourner sa boutique comme un chef de bande. Entouré de ses hommes, il joue au dur mais il est un peu pleutre. Fort en gueule, Fat Sam craint la concurrence, surtout Dan le Dandy, son ennemi juré.</p>
<p><strong>Marty Lev alias Dan le Dandy</strong><br />
Dan le Dandy s’apprête à devenir le caïd de la ville car il utilise contre ses adversaires une arme secrète, la mitraillette à crème pâtissière bien plus meurtrière que celle à la guimauve. Sa petite moustache lui donne un air de petite frappe. Dan le Dandy crèche dans une demeure de cadors mais ses jours sont comptés. Bugsy prendra sa revanche.</p>
<p>&nbsp;<br />
Bugsy Malone <em>d&#8217;Alan Parker avec Scott Baio, Jodie Foster, Florrie Dugger, John Cassisi, Dexter Fletcher&#8230; Angleterre, 1976. Ressortie DVD chez Elephant Films le 7 octobre 2014.</em></p>
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