<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Grand Écart &#187; Croisette</title>
	<atom:link href="https://www.grand-ecart.fr/tag/croisette-cannes/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.grand-ecart.fr</link>
	<description>Étirements cinéphiles</description>
	<lastBuildDate>Sat, 27 Sep 2025 21:12:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5</generator>
		<item>
		<title>72e Festival de Cannes : séance de rattrapage</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/festival-de-cannes-2019/72e-palmares-seance-rattrapage-kechiche-mektoub/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/festival-de-cannes-2019/72e-palmares-seance-rattrapage-kechiche-mektoub/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 May 2019 08:45:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellatif Kechiche]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Desplechin]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Elia Suleiman]]></category>
		<category><![CDATA[Justine Triet]]></category>
		<category><![CDATA[Mati Diop]]></category>
		<category><![CDATA[palmarès]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27165</guid>
		<description><![CDATA[Voilà, le 72e Festival de Cannes est terminé, et il faut dire que ce fut une grande édition, même si le choc incontestable qui met tout le monde d’accord n’a...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Mektoub.jpg" alt="Mektoub my love : Intermezzo, d&#039;Abdellatif Kechiche" title="Mektoub my love : Intermezzo, d&#039;Abdellatif Kechiche" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-27179" />Voilà, le <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/72e-festival-cannes-inarritu-201/" title="14/05-25/05 : 72e Festival de Cannes">72e Festival de Cannes</a> est terminé, et il faut dire que ce fut une grande édition, même si le choc incontestable qui met tout le monde d’accord n’a pas vraiment eu lieu. La Palme d’or est certes unanime au sein du jury d’Alejandro Gonzalez Inarritu, et plébiscitée par la presse française et internationale, mais, auprès des festivaliers sondés ces derniers jours, chacun avait un favori différent, tant la qualité de la sélection offrait tous les pronostics possibles. Si choc il y a eu, c’est celui provoqué par Abdellatif Kechiche avec <em>Mektoub My Love : Intermezzo</em>. Une longue séquence d’ouverture sur la plage, aux discussions banales, puis 3h (TROIS HEURES) enfermés dans une boîte de nuit avec cette bande de jeunes Sétois, au son d’une mauvaise techno suffisamment insipide pour pouvoir éviter les faux-raccords, suppose-t-on. Des fesses qui twerkent, en gros plan, en contre-plongée &#8211; on croirait voir un Terrence Malick qui se serait reclus dans une boîte de nuit un peu vide un soir de semaine. Et&#8230; c’est tout. Plus qu’un choc, un malaise général. Et des interrogations. Sur le traitement réservé aux comédiennes et sur sa place en compétition, quand le Festival se targue d’une conversion sinon féministe, au moins plus égalitaire.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Suleiman.jpg" alt="It Must be Heaven, d&#039;Elia Suleiman" title="It Must be Heaven, d&#039;Elia Suleiman" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-27180" />Pas de claque, donc, à part sur les fesses rougies d’Ophélie Bau &#8211; qui a toute notre compassion. Mais chacun des films vus, s’ils pouvaient être inaboutis, confus, trop longs, ou quelque reproche ou regret possible, recelait de vrais moments de cinéma et avait sa place en compétition. Le temps nous a manqué pour en parler, tentons de nous rattraper. <em>It Must Be Heaven</em>, d’Elia Suleiman, vu le même jour que le film de Kechiche, fut une bouffée d’air, justement présente au palmarès. Entre Tati et Buster Keaton (pour le chapeau), il balade son regard amusé et ironique de la Palestine à New York en passant par Paris. Film à sketchs, certains anecdotiques, d’autres plus frontalement politiques, <em>It Must Be Heaven</em> souligne les bizarreries typiques de la France ou de l’Amérique, et regarde cet Occident toiser ce curieux cinéaste palestinien. Un producteur parisien qui adorerait travailler sur son film, si seulement il n’était pas drôle et s’il était militant pro-Palestiniens. <span id="more-27165"></span>Comme s’il lui était interdit d’être léger, d’être poétique, de parler d’autre chose &#8211; ce qu’il fait brillamment. Les producteurs américains, eux, l’ignorent superbement, plus occupés à faire un film sur la conquête de l’Amérique du Sud, mais parlé en anglais. Gros succès pour ce sketch lors de la projection officielle au Grand Théâtre Lumière, où quelques jours plus tôt, les acteurs et personnages autrichiens de <em>Une vie cachée</em>, de Terrence Malick s’exprimaient en anglais (quand les nazis, eux, beuglaient en allemand).</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Atlantique.jpg" alt="Atlantique, de Mati Diop" title="Atlantique, de Mati Diop" width="280" height="168" class="alignleft size-full wp-image-27181" />Parmi les films également primés, <em>Bacurau</em> est un drôle de western brésilien, qui commence comme la chronique d’un village perdu au milieu de nulle part, avant d’être pris pour cible par des mercenaires aux motivations obscures. Un peu trop d’ailleurs pour emporter notre suffrage, même si le film est surprenant et installe une vraie tension, tout en adressant quelques piques aux politiques corrompus. <em>Atlantique</em>, récompensé par un Grand Prix, entre un peu dans la même catégorie de ces beaux films auxquels on ne comprend pas tout. Malgré une superbe image et une ambiance bien installée, dans les rues et la nuit du Sénégal, il faut confesser notre confusion devant tant de thèmes brassés &#8211; conditions sociales, départs clandestins vers l’Europe, mariages contraints&#8230; &#8211; et, surtout, de personnages passant de la vie à la mort et inversement. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Roubaix2.jpg" alt="Roubaix, une lumière, d&#039;Arnaud Desplechin" title="Roubaix, une lumière, d&#039;Arnaud Desplechin" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-27182" />Au rayon des absents au palmarès, citons <em>Sibyl</em>, de Justine Triet, et la performance de Virginie Efira, passant d’une émotion à une autre dans ce portrait d’un personnage qui vacille, chute et se relève sans cesse. Un film ambitieux, mélangeant les arcs narratifs, en ode à la fiction comme nouvelle réalité. Un discours que ne renierait pas Tarantino. Question rapport entre fiction et réalité, Desplechin a aussi son mot à dire. <em>Roubaix, une lumière</em> surprend de la part du réalisateur d’<em>Un Conte de Noël</em>, spécialiste des drames personnels psychologisants. Ici, justement, de la psychologie, il y a peu. Mais de la précision documentaire, oui. Un film comme un acte de foi envers les institutions, le travail quotidien de la police, la bienveillance de son commissaire Daoud (excellent Roschdy Zem). Un flic qui ne juge pas mais veut comprendre, accompagner, soutenir, même les criminelles à la petite semaine, dont la bouleversante Sara Forestier. On a aussi vu durant cette quinzaine un Dolan en mode mineur (<em>Matthias et Maxime</em>), finalement bien plus touchant lorsqu’il ne se cache plus derrière les artifices. Une oeuvre de jeunesse tardive, une <em>« coming of age story »</em>, genre qui n’a pas d’équivalent français, et peut-être de coming out tout court&#8230; la fin reste ouverte.</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Parasite.jpg" alt="Parasite, de Bong Joon-ho" width="640" height="250" class="aligncenter size-full wp-image-27142" /><br />
&nbsp;</p>
<h2>Le palmarès du 72e Festival de Cannes</h2>
<h3>Palme d&#8217;or</h3>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/parasite-bong-joon-ho/" title="Parasite, de Bong Joon-ho" target="_blank">Parasite</a></em>, de Bong Joon-ho<br />
&nbsp;</p>
<h3>Grand Prix</h3>
<p><em>Atlantique</em>, de Mati Diop<br />
&nbsp;</p>
<h3>Prix de la mise en scène</h3>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/jeune-ahmed-jean-pierre-luc-dardenne/" title="Le Jeune Ahmed, de Jean-Pierre et Luc Dardenne" target="_blank">Le Jeune Ahmed</a></em>, de Jean-Pierre et Luc Dardenne<br />
&nbsp;</p>
<h3>Prix d’interprétation masculine</h3>
<p>Antonio Banderas pour <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/douleur-gloire-pedro-almodovar/" title="Douleur et gloire, de Pedro Almodóvar" target="_blank">Douleur et gloire</a></em>, de Pedro Almodovar<br />
&nbsp;</p>
<h3>Prix d’interprétation féminine</h3>
<p>Emily Beecham pour <em>Little Joe</em>, de Jessica Hausner<br />
&nbsp;</p>
<h3>Prix du jury ex æquo</h3>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/les-miserables-ladj-ly/" title="Les Misérables, de Ladj Ly" target="_blank">Les Misérables</a></em>, de Ladj Ly<br />
<em>Bacurau</em>, de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles<br />
&nbsp;</p>
<h3>Prix du scénario</h3>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/portrait-jeune-fille-en-feu-celine-sciamma/" title="Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma" target="_blank">Portrait de la jeune fille en feu</a></em>, de Céline Sciamma<br />
&nbsp;</p>
<h3>Mention spéciale</h3>
<p><em>It Must be Heaven</em>, d’Elia Suleiman<br />
&nbsp;</p>
<h3>Caméra d’or</h3>
<p><em>Nuestras madres</em>, de Cesar Diaz</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/festival-de-cannes-2019/72e-palmares-seance-rattrapage-kechiche-mektoub/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chambre 212, de Christophe Honoré</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/chambre-212-christophe-honore/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/chambre-212-christophe-honore/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 May 2019 19:10:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[festival de cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27117</guid>
		<description><![CDATA[En annonçant dans la sélection Un Certain Regard la présence inattendue de Christophe Honoré, Thierry Frémaux avait décrit le réalisateur-dramaturge-romancier en Sacha Guitry contemporain...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La superbe</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/honore.jpg" alt="Chambre 212, de Christophe Honoré" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-27120" />En annonçant dans la sélection Un Certain Regard la présence inattendue de Christophe Honoré, Thierry Frémaux avait décrit le réalisateur-dramaturge-romancier en Sacha Guitry contemporain. Et il est vrai qu’on ne peut s’empêcher de penser à <em>Quadrille</em> dans ce marivaudage d’un nouveau genre. Maria (pétillante Chiara Mastroianni) quitte avec brio son amant et rejoint son mari (Benjamin Biolay, plus déprimé que jamais en bermuda-chaussettes). Mais après l’engueulade qui suit la découverte des textos du jeune homme éconduit, elle va passer la nuit dans l’hôtel qui fait face à leur appartement. Elle y observe l’être autrefois aimé et s’interroge sur leur avenir commun, sur les conseils plus ou moins avisés d’une version jeune de son époux, de la femme avec qui il aurait pu passer sa vie, de sa volonté &#8211; incarnée avec délice par un sosie d’Aznavour habillé en peignoir digne de DSK &#8211; et de la ribambelle d’amants qu’elle a eus au cours de ses 25 ans de mariage. </p>
<p>Assumant la dimension théâtrale du récit, la caméra de Christophe Honoré virevolte au-dessus de décors en studio, où les portes s’ouvrent et se ferment dans l’esprit de Maria, encombré d’un tourbillon de personnages, de souvenirs, de regrets, de questionnements. <span id="more-27117"></span>Le réalisateur surprend sans cesse, avec des dialogues savoureux, l’apparition de personnages (et d’acteurs) sortis de nulle part, la beauté soudaine d’une scène entre deux éclats de rire, la profondeur sous la farce. Christophe Honoré n’est jamais aussi bon que lorsqu’il s’impose une rigueur formelle, qui semble finalement le libérer, et qu’il prend le parti de la légèreté pour se poser des questions fondamentales : comment aimer, comment durer, quelle direction donner à sa vie, une occasion ratée l’est-elle pour toujours ? <em>« Quelle aventure »</em>, chanterait Benjamin Biolay.<br />
&nbsp;<br />
Chambre 212<em> de Christophe Honoré, avec Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay, Vincent Lacoste, Camille Cottin&#8230; France, Luxembourg, Belgique, 2019. Présenté en sélection Un Certain Regard au 72e Festival de Cannes. Sortie le 30 octobre 2019.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/chambre-212-christophe-honore/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/portrait-jeune-fille-en-feu-celine-sciamma/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/portrait-jeune-fille-en-feu-celine-sciamma/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 May 2019 13:47:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[festival de cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27099</guid>
		<description><![CDATA[La beauté du geste Faire un film d’époque et sur la peinture est toujours casse-gueule. Un défi que Céline Sciamma remporte haut la main, tant son film n’est pas ampoulé,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La beauté du geste</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Sciamma.jpg" alt="Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma" width="209" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27103" />Faire un film d’époque et sur la peinture est toujours casse-gueule. Un défi que Céline Sciamma remporte haut la main, tant son film n’est pas ampoulé, enfermé dans des carcans. Car s’en échapper, c’est tout le cinéma de la réalisatrice de <em>Naissance des pieuvres</em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/" title="Tomboy, de Céline Sciamma">Tomboy</a></em> et <em><a title="Bande de filles, de Céline Sciamma" href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/bande-filles-celine-sciamma/" target="_blank">Bande de filles</a></em>. C’est donc une nouvelle histoire d’émancipation qu’elle raconte. Celle d’Héloïse (Adèle Haenel), dont le portrait doit être fait pour sceller son mariage avec un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Celle aussi de la peintre, Marianne (Noémie Merlant), encouragée par son modèle à pousser son art plus loin. Avec un sens du cadre impressionnant, une lumière envoûtante, Céline Sciamma s’approprie son thème de la peinture pour montrer l’artiste au travail. La recherche de la vérité intérieure de son sujet, la manière dont on intègre les conventions, puis s’en libère. Adèle Haenel, elle, s’offre sous un jour nouveau. Sa dureté frondeuse fait place à une douceur inattendue, dont la colère n’est pourtant pas absente. Composition complexe d’un personnage riche, à l’écoute de ses émotions, et en constante réflexion. <span id="more-27099"></span></p>
<p><em>Portrait de la jeune fille en feu</em> est un film sur le regard, avant tout. Celui de la peintre qui observe discrètement son modèle, devient celui de la cinéaste regardant ses actrices, avec désir et complicité. Celui que l’on reçoit et que l’on donne en retour. Observer et se sentir observé, dans une relation de séduction mutuelle. Un trouble incandescent, qui donne son titre au film, dans une séquence d’une beauté rare, où les coeurs s’enflamment autant que les robes. L’évolution, enfin, de ce regard au cours d’échanges intellectuels, de partages de vision sur la peinture, la littérature, la musique. Les deux jeunes femmes débattent ainsi, avec la servante de la maison, Sophie (Luana Bajrami), du choix d’Orphée de se retourner pour un dernier regard, encore, à Eurydice. Est-il seulement idiot et impatient ? Fait-il le choix du poète : celui de garder le souvenir d’Eurydice ? Ou est-ce elle, Eurydice, qui le lui demande ? L’objet du désir en est aussi l’acteur, dit la cinéaste à chaque plan. Céline Sciamma explore la naissance d’un amour, mais aussi le souvenir qu’il laisse, comme une trace éternelle. « Ne regrette pas, souviens-toi », dit l’une à l’autre. Un dernier plan, sublime, voit ces émotions passer sur le visage de la jeune fille devenue femme : la tristesse des regrets qui se mue en sourire du souvenir.<br />
&nbsp;<br />
Portrait de la jeune fille en feu<em> de Céline Sciamma, avec Adèle Haenel, Noémie Merlant, Luana Bajrami, Valeria Golino. France, 2019. Prix du scénario du 72e Festival de Cannes. Sortie le 18 septembre 2019.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/portrait-jeune-fille-en-feu-celine-sciamma/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Siffleurs, de Corneliu Porumboiu</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/les-siffleurs-corneliu-porumboiu/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/les-siffleurs-corneliu-porumboiu/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 May 2019 07:11:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[festival de cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[mafia]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[Roumanie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27084</guid>
		<description><![CDATA[Là-haut sur la colline Les premières notes de I’m a Passenger d’Iggy Pop se font entendre alors que Cristi et son air soupçonneux débarquent aux Canaries. Le ton est donné....]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Là-haut sur la colline</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Les-Siffleurs.jpg" alt="Les Siffleurs, de Corneliu Porumboiu" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-27091" />Les premières notes de <em>I’m a Passenger</em> d’Iggy Pop se font entendre alors que Cristi et son air soupçonneux débarquent aux Canaries. Le ton est donné. <em>Les Siffleurs</em> sera décalé, drôle, entraînant. Corneliu Porumboiu poursuit son travail d’exploration du langage et de la corruption, entamé avec <em>12h08 à l’est de Bucarest</em> et <em>Policier, adjectif</em>. Cette fois, le langage est sifflé, et ainsi secret, et si le flic corrompu se rend sur l’île de La Gomera, c’est pour l’apprendre. Un lieu au nom bien choisi pour appréhender les rudiments d’une langue vouée à converser avec la mafia. Car si le langage intéresse le cinéaste, la corruption est l’autre thème de son cinéma. Plus qu’une dénonciation, elle sert ici de cadre à un polar efficace. Construit en flash-backs et chapitres colorés autour de chacun des personnages, <em>Les Siffleurs</em> se dévoile peu à peu, par bribes, dans des séquences courtes, percutantes, parfois abruptes. Corneliu Porumboiu amuse, surprend, détourne. On pense autant à Hitchcock &#8211; à Doris Day et son <em>Que sera sera</em>, tant la musique est utilisée comme code, comme au motel de Norman Bates, dans un clin d’oeil savoureux &#8211; qu’aux films noirs, avec un rôle de femme fatale (la bien nommée Gilda), qui ne dévoile jamais vraiment son jeu. Pourtant, loin d’être écrasé par les conventions et références qu’il convoque, Corneliu Porumboiu parvient à signer un film original, maîtrisé de bout en bout. A l’image de son personnage principal, spectateur averti qui enregistre les codes pour mieux les retourner à son avantage.<br />
&nbsp;<br />
Les Siffleurs<em> de Corneliu Porumboiu, avec Vlad Ivanov, Catrinel Marlon, Sabin Tambrea, Rodica Lazar&#8230; Roumanie, France, 2019. En compétition du 72e Festival de Cannes</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/les-siffleurs-corneliu-porumboiu/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Douleur et gloire, de Pedro Almodóvar</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/douleur-gloire-pedro-almodovar/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/douleur-gloire-pedro-almodovar/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 19 May 2019 19:52:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[addiction]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[deuil]]></category>
		<category><![CDATA[douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[festival de cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Pedro Almodovar]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27071</guid>
		<description><![CDATA[La fleur de ses secrets Un cinéaste vieillissant, en tout cas souffrant &#8211; du dos, de la tête, de l’œsophage, et de la perte de sa mère. Almodóvar, habitué des...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La fleur de ses secrets</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Dolor.jpg" alt="Douleur et gloire, de Pedro Almodovar" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27074" />Un cinéaste vieillissant, en tout cas souffrant &#8211; du dos, de la tête, de l’œsophage, et de la perte de sa mère. Almodóvar, habitué des portraits de femme, fait ici celui d’un homme, le sien. Il prête à Antonio Banderas sa coiffure, ses vêtements, le décor de son appartement. Il prête à son personnage presque son nom (Salvador Mallo), sa carrière, ses douleurs (lui aussi a été opéré du dos), son deuil. Almodóvar refuse de détricoter le vrai du faux, mais peu importent les faits quand les émotions sont aussi réelles et palpables.</p>
<p><em>Douleur et gloire</em> s’articule autour de trois scènes clés, trois manières de revenir sur sa vie. La première est un monologue, qu’un acteur avec lequel Salvador vient de se réconcilier dit sur scène. Un texte très personnel qu’il a trouvé dans l’ordinateur du réalisateur empêché de travailler, qui n’avait pas vocation à être lu, encore moins joué. Un témoignage de la Movida, un retour sur son grand amour de ces années-là, sincère et touchant. La deuxième est celle des retrouvailles avec cet homme, d’une pudeur bouleversante. Si Almodóvar a beaucoup filmé les femmes c’est qu’il trouve leur manière d’exprimer leurs émotions plus dramatique, au sens théâtral du terme. Mais en filmant ces deux hommes, leur émotion retenue et leur désir contenu, leurs regards et leurs gestes, il est aussi à son meilleur. La troisième est la réminiscence de sa mère à la fin de sa vie. Ses reproches à elle, ses regrets à lui. <span id="more-27071"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Dolor3.jpg" alt="Douleur et gloire, de Pedro Almodovar" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-27076" /><em>Douleur et gloire</em> est aussi un film sur la solitude et le sentiment d’impuissance. Face à la maladie, la vieillesse, l’addiction. Les siennes, celles des autres. Tout cela semble d’une tristesse infinie. Et pourtant, ça ne l’est pas. Tout à sa sobriété, Pedro Almodóvar n’oublie pas ses années flamboyantes, les couleurs vives, l’humour du désespoir. Surtout, entre ces scènes clés, Salvador qui se met doucement à l’héroïne pour oublier ses douleurs, se prend à rêver de son enfance. Ce qui donne les séquences les plus lumineuses du film. Une enfance dans une maison troglodyte aux murs éclatants de chaux, sa mère, alors incarnée par Penélope Cruz, aussi vive qu’elle l’était dans <em>Volver</em>, et un jeune ouvrier, objet du « premier désir ». Et source du dernier espoir.<br />
&nbsp;<br />
Douleur et gloire<em> de Pedro Almodóvar, avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Penélope Cruz, Leonardo Sbaraglia. Espagne, 2019. En compétition du 72e Festival de Cannes. Sortie le 17 mai 2019.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/douleur-gloire-pedro-almodovar/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Résonances cannoises</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/festival-de-cannes-2019/resonances-cannoises-sorry-we-missed-you-loach-cavalier-dupieux-daim/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/festival-de-cannes-2019/resonances-cannoises-sorry-we-missed-you-loach-cavalier-dupieux-daim/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 18 May 2019 15:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[festival de cannes]]></category>
		<category><![CDATA[lutte sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Quinzaine des réalisateurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27040</guid>
		<description><![CDATA[Paolo Moretti, le nouveau délégué général, a dit dans la presse en ouverture de ce festival que la Quinzaine des réalisateurs, bien que construite en opposition à la sélection officielle,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-27043" alt="Le Daim, de Quentin Dupieux" title="Le Daim, de Quentin Dupieux" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/le-daim-aff.jpg" width="207" height="280" />Paolo Moretti, le nouveau délégué général, a dit dans la presse en ouverture de ce festival que la Quinzaine des réalisateurs, bien que construite en opposition à la sélection officielle, avait aujourd’hui surtout vocation à être complémentaire et dans un dialogue avec elle. Et c’est étonnant de voir à quel point c’est le cas dans cette première semaine.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mercredi, côté Quinzaine, Jean Dujardin se saisit d’un caméscope dans <em>Le Daim</em> de Quentin Dupieux et filme. La montagne environnante, mais aussi et surtout son reflet dans le miroir, dialoguant avec son blouson 100 % daim. Lui qui a tout lâché se réinvente dans la vallée d’Aspe. Auprès de la serveuse du bar du patelin, il se dit cinéaste. Ca tombe bien, elle est monteuse pour son plaisir. Par exemple, elle a remonté <em>Pulp Fiction</em> à l’endroit (c’est naze). Puis Georges essaie de se convaincre lui-même : <em>« Un mec qui filme, c’est un mec qui fait des films. »</em> Sauf qu’il n’a aucune idée de ce qu’est le cinéma. Il n’y a que Denise pour voir dans les premiers rushs un potentiel, et un sujet. Le blouson, c’est celui qu’on porte tous, celui dans lequel on se cache, tente-t-elle. Mais Georges n’y connaît rien, ne comprend pas tellement le cinéma, simplement il s’en sert. Un moyen et non une fin. <span id="more-27040"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
<img class="alignright size-full wp-image-27044" alt="Le Filmeur, d'Alain Cavalier" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/le-filmeur.jpg" width="210" height="280" />Jeudi, côté sélection officielle, Alain Cavalier filme son reflet dans un ascenseur et commente son travail avec Emmanuèle Bernheim. Il prépare le film qui sera l’adaptation du livre de la romancière, <em>Tout s’est bien passé</em>, dans lequel elle doit aider son père, victime d’un AVC, à mourir. Alain Cavalier filme tout. Ses rencontres avec Emmanuèle Bernheim, ses installations de légumes qui pourrissent comme évocation de la mort, qui angoisse tant le réalisateur que son film s’appelle <em>Etre vivant et le savoir</em>, mais aussi un pigeon. Puis un pigeon regardant les images dudit pigeon sur un écran d’ordinateur. C’est étrange, déstabilisant, toujours à la frontière de la grâce et du ridicule. Et comme, chez Cavalier, c’est la grâce qui l’emporte, on se dit que oui, <em>« un mec qui filme, c’est un mec qui fait des films »</em>. D’ailleurs, le cinéaste a signé un film s’intitulant <em>Le Filmeur</em>. C’est son état. Cavalier est cinéaste dans tout ce qu’il fait. Le cinéma comme une fin.</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/40901504263_37179cd3bb.jpg" alt="On va tout péter, de Lech Kowalski" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27053" />Autre collision entre la Quinzaine et l’officielle, jeudi toujours. Le matin, côté Quinzaine, le documentariste Lech Kowalski présente <em>On va tout péter</em>. Il a suivi la lutte des métallos de GM&amp;S à La Souterraine, dans la Creuse, pour la survie de leur usine, condamnée à suivre les soubresauts de ses donneurs d’ordre, Renault et PSA. Film confus d’un conflit social vu par un Américain, <em>On va tout péter</em> révèle pourtant des scènes savoureuses, d’ouvriers qui discutent pêche à la carpe avec les CRS, et surtout montrant leur détermination, leur volonté de poursuivre le combat ensemble, à 277. Une entreprise collective quoi qu’il arrive, qui fera dire à l’un des ouvriers que, même si tout n’a pas été gagné, <em>« ça a quand même été une belle lutte »</em>. Et quand on voit débarquer dans le théâtre Croisette cette bande de joyeux métallos alors que défile le générique, on se dit ça aussi. Ils n’ont peut-être pas tout gagné. Mais ils l’ont fait ensemble, toujours, jusqu’au bout.</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/KenLoach_SaintPatrondesSalauds.jpg" alt="Sorry We Missed You, de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-27056" />Le même jour, Ken Loach montait les marches avec <em>Sorry We Missed You</em>. L’histoire d’une famille qui croit aux mirages de l’ubérisation. Elle, Abby, est aide à domicile en contrat zéro heure, un contrat étrange qui oblige le travailleur à être disponible mais à qui on ne garantit pas d’heures de travail. Et évidemment, il n’est payé que pour les heures effectivement travaillées, sans prise en charge des transports (et du temps passé) entre les patients, l’obligeant à faire des journées de 7h à 21h. <em>« Où est passée la journée de 8h ? »</em>, dit une malade à son aide soignante, alors qu’elle lui raconte la grève des mineurs de 1984 &#8211; haut moment de lutte sociale, de solidarité, surtout. Ricky, lui, vend tout ce qu’il a (la voiture de sa femme), pour acheter un camion de livraison et devenir chauffeur à son compte. Mais soumis aux diktats de son donneur d’ordre &#8211; comme le sont les métallos de GM&amp;S -, aux cadences imposées par son scanner de codes-barres qui l’obligent à pisser dans une bouteille faute d’avoir le temps de faire une pause. Le couple &#8211; et plus généralement la famille &#8211; se trouve pris dans une spirale de dettes, où chaque jour de travail manqué est autant d’amendes, de sanctions, d’argent perdu. Ken Loach faisait, dans les années 1980, des films sur la lutte sociale comme une lutte collective. Aujourd’hui, il filme des gens seuls, individualisés, en concurrence les uns des autres. Et donc incapables de se défendre, démunis face à un système qui n’est même plus humain. L’évolution de son cinéma se résume à ça : sans collectif, il n’y a pas de lutte possible.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/festival-de-cannes-2019/resonances-cannoises-sorry-we-missed-you-loach-cavalier-dupieux-daim/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Misérables, de Ladj Ly</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/les-miserables-ladj-ly/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/les-miserables-ladj-ly/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 18 May 2019 12:11:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[banlieues]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27032</guid>
		<description><![CDATA[Le premier jour d’un condé Avant même que Ladj Ly ne foule les marches de Cannes, on ne se référait qu’à La Haine pour parler des Misérables. Les deux films...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le premier jour d’un condé</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-27033" alt="Les Miserables, de Ladj Ly" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Les-Mis.jpg" width="210" height="280" />Avant même que Ladj Ly ne foule les marches de Cannes, on ne se référait qu’à <em>La Haine</em> pour parler des <em>Misérables</em>. Les deux films sont pourtant très différents, même s’ils résonnent l’un avec l’autre. Mais que l’on n’ait d’autre références qu’un film qui date de 1995 en dit déjà assez long sur la manière dont on traite les banlieues dans le cinéma français. Ladj Ly, issu du collectif Kourtrajmé, est un militant sur ce sujet. Né à Montfermeil, il y vit toujours, y travaille, y a créé une école de cinéma gratuite. On sent dans ce premier long de fiction, prolongation du travail entamé dans ses courts-métrages et documentaires, sa volonté de présenter une vision complexe, entière, nuancée des questions qu’il soulève.</p>
<p><em>Les Misérables</em> relate la première journée d’un flic de la BAC (brigade anti-criminalité) avec sa nouvelle équipe, dans un nouvel environnement. C’est-à-dire Chris et Gwada, « bacqueux » roublards, circulant toute la journée dans la cité, mélangeant étrangement police cow-boy et police de proximité. Dans ce grand tour de présentation des protagonistes &#8211; des frères musulmans au « Maire », qui régente le quartier &#8211; Ladj Ly multiplie les ruptures de ton, montrant les contradictions de ces flics comme les tensions, toujours au bord de l’explosion. <span id="more-27032"></span><em>Les Misérables</em> est un film politique mais pas militant dans le sens où il expose différents points de vue, questionne son propre jugement, propose des personnages à plusieurs facettes. En confrontant les idéaux d’un débutant aux petits arrangements de l’expérience de terrain, sans occulter les dérives qu’engendre le sentiment de toute-puissance, mais sans occulter non plus la fatigue et le débordement. En montrant surtout comment la violence se construit, de toutes parts. Le point de rupture vers la bavure comme vers la vengeance, ce trop-plein d’humiliations qui fait basculer.</p>
<p>Si <em>Les Misérables</em> s’inscrit dans la continuité de <em>La Haine</em>, c’est dans son final suspendu et sa conclusion en forme de morale, ici tirée de Victor Hugo après avoir montré une nouvelle forme de barricade, tenue par un Gavroche contemporain : <em>« Il n’y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs. »</em> On ne peut que voir les balises du temps : 1862, 1995, 2019. Et constater le peu d’évolution.</p>
<p>Les Misérables<em> de Ladj Ly, avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Zonga, Issa Perica, Al-Hassan Ly, Steve Tientcheu&#8230; France, 2019. Prix du jury ex-aequo du 72e Festival de Cannes.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/les-miserables-ladj-ly/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>The Dead Don’t Die, de Jim Jarmusch</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/dead-don-t-die-jim-jarmusch/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/dead-don-t-die-jim-jarmusch/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 May 2019 15:50:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[zombies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=27021</guid>
		<description><![CDATA[Quel que soit le genre auquel il se confronte, Jim Jarmusch imprime sa patte. Le western de <em>Dead Man</em>, le road-movie de <em>Broken Flowers</em>, les vampires de <em>Only Lovers Left Alive</em> et désormais les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La farce tranquille</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/dead-don-t-die-jim-jarmusch.jpg" alt="The Dead Don&#039;t Die, de Jim Jarmusch" title="The Dead Don&#039;t Die, de Jim Jarmusch" width="189" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27027" />Quel que soit le genre auquel il se confronte, Jim Jarmusch imprime sa patte. Le western de <em>Dead Man</em>, le road-movie de <em>Broken Flowers</em>, les vampires de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/only-lovers-left-alive-jim-jarmusch/" title="Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch" target="_blank">Only Lovers Left Alive</a></em> et désormais les zombies de <em>The Dead Don’t Die</em> avancent au rythme lent, posé, presque serein malgré tout, qu’impose le cinéaste. Face aux montages saccadés et au déluge d’hémoglobine habituels, Jim Jarmusch met en place, pièce par pièce, son décor, ses personnages et sa situation. Tout le monde voit bien que ça ne tourne pas rond. Les horaires de jour et de nuit sont chamboulés, les téléphones portables ne fonctionnent plus, les montres s’arrêtent, les animaux se planquent. Autant de passages obligés des films catastrophes, enquillés ici sans que ça n’affole outre mesure. En conférence de presse, Jim Jarmusch a expliqué être autant terrifié par la vitesse à laquelle notre monde se dérègle que par notre apathie et notre incapacité à faire face à ce déclin. Et c’est cela qu’il montre. Un flic qui se borne à répéter sans cesse <em>« This is not gonna end well »</em>, <em>« tout cela va mal finir »</em>, mais qui, lorsque l’invasion zombie est effectivement là, reste avec ses collègues à regarder ça derrière la baie vitrée du commissariat avant de se décider à patrouiller. C’est le discours le plus pertinent du film, même s’il n’est pas nouveau. <em>« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »</em>, disait déjà Chirac en&#8230; 2002. <span id="more-27021"></span></p>
<p>Et c’est un peu le problème de <em>The Dead Don’t Die</em>. Hormis les réjouissants dialogues entre Adam Driver et Bill Murray, qui brisent allègrement le quatrième mur en parlant de la musique du film, de son scénario ou de leurs collaborations passées avec Jarmusch, le film sent un peu le réchauffé (climatique). La critique de la société américaine et d’un monde en perdition n’a rien de subtile. Elle passe par les gros sabots de Steve Buscemi en caricature de trumpiste plus prompt à accuser l’ermite local qu’à assumer ses propos racistes devant Danny Glover, par les très réguliers bulletins d’info montrant des industriels peu scrupuleux soutenus par un gouvernement tout aussi menteur, par le fossé entre les hipsters urbains et les ploucs locaux, se méprisant les uns les autres. Comme des scènes juxtaposées sans réel fil conducteur, le film se déroule jusqu’à un final improbable. Toute la pensée du film est résumée par les derniers mots de Tom Waits, observant tout ça depuis sa forêt : <em>« what a fucked up world »</em>, <em>« quel monde déglingué »</em>. Un peu court.</p>
<p>Finalement, c’est sans doute Edouard Baer qui aurait fait la version la plus intéressante de ce film. Lors de la cérémonie d’ouverture du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/72e-festival-cannes-inarritu-201/" title="14/05-25/05 : 72e Festival de Cannes">72e Festival de Cannes</a>, quelques minutes avant que l’on ne découvre la dernière livraison de Jim Jarmusch, il réfléchissait à voix haute, s’extasiant devant la promesse du titre. <em>« Si les morts ne meurent plus, les vivants, si. »</em> Alors quoi ? Vaut-il mieux vivre ou mourir ? C’est peut-être ce film-là qu’on aurait aimé voir.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Dead Don’t Die<em> de Jim Jarmusch, avec Bill Murray, Adam Driver, Chloe Sevigny, Tilda Swinton, Steve Buscemi, Danny Glover, Selena Gomez, Tom Waits&#8230; Etats-Unis, 2019. En compétition du 72e Festival de Cannes. Sortie le 14 mai 2019.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/dead-don-t-die-jim-jarmusch/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les films du 72e Festival de Cannes : Top 15</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/films-72e-festival-cannes-top-2019/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/cinema/films-72e-festival-cannes-top-2019/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 14 May 2019 11:21:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=26959</guid>
		<description><![CDATA[On a compté : sans les courts, moyens métrages et épisodes de série, 92 films seront présentés sur la Croisette, toutes sélections confondues. Puisqu’on n’a pas le « retourneur de temps »...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Aff-Cannes-280.png" alt="Festival de Cannes 2019" width="188" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27000" />On a compté : sans les courts, moyens métrages et épisodes de série, 92 films seront présentés sur la Croisette, toutes sélections confondues. Puisqu’on n’a pas le « retourneur de temps » d’Hermione Granger et que pour nous, simples moldus, une journée ne dure que 24 heures, il faudra renoncer à certaines de ces pépites pour en graver d’autres dans le marbre de notre agenda (oui, on est un peu <em>old school</em>). Après avoir épluché les synopsis, les castings et les pedigree des réalisateurs, on a réduit la sélection à 15 incontournables, qu’on espère bien voir lors de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/72e-festival-cannes-inarritu-201/" title="14/05-25/05 : 72e Festival de Cannes" target="_blank">72e Festival de Cannes</a> &#8211; si la programmation, le temps des files d’attente à prévoir et celui de courir d’un bout à l’autre de la Croisette nous le permettent. <a title="Le palmarès du 71e Festival de Cannes" href="http://www.grand-ecart.fr/71e-festival-cinema-film-cannes-2018/palmares-competition-hirokazu-kore-eda/" target="_blank">L’an dernier</a>, le jury n’avait pas suivi nos choix pourtant indiscutables (comment ça, <em><a title="Burning, de Lee Chang-dong" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/burning-lee-chang-dong/" target="_blank">Burning</a></em> n’est pas la Palme d’or 2018 ?) et de bas instincts primaires (se nourrir) nous avaient privés de films qui ont ensuite marqué l’année cinéma (<em>Girl</em> par exemple). Pour savoir si on a plus de flair cette année, rendez-vous le 25 mai pour le palmarès du jury d’Alejandro Gonzalez Inarritu.</p>
<h2>1 &#8211; <em>Once Upon a Time&#8230; in Hollywood</em>, de Quentin Tarantino<br />En compétition</h2>
<p>On a eu peur. On a bien cru que Tarantino ne serait pas là pour célébrer les 25 ans de sa Palme d’or pour <em>Pulp Fiction</em> et surtout présenter la dernière émanation de son esprit déjanté. Mais parce qu’il rêvait, selon les mots de Thierry Frémaux, de voir son film sur le grand écran du théâtre Lumière, Quentin Tarantino a poussé sur l’accélérateur &#8211; et on a déjà vu son efficacité dans ce domaine, par exemple dans <em>Boulevard de la mort</em>. Un hommage à Hollywood, au moment charnière de la fin de l’âge d’or, en 1969, avec un cinéphile obsessionnel à la manoeuvre, et Brad Pitt et Leonardo DiCaprio au look vintage&#8230; C’est peu dire qu’on attend beaucoup de cette histoire du cinéma par le maître de la pop culture.</p>
<h2>2 &#8211; <em>Douleur et gloire</em>, de Pedro Almodóvar<br />En compétition</h2>
<p>Les retrouvailles entre le cinéaste madrilène et quelques-uns de ses acteurs fétiches, dont, entre autres, Antonio Banderas et Penelope Cruz. Un réalisateur vieillissant qui, ne pouvant plus travailler, se tourne vers ses souvenirs, son enfance, ses amours, son oeuvre&#8230; Un film qui s’annonce nostalgique et personnel pour Almodóvar, et prometteur pour celui qui, malgré les prix déjà récoltés, court toujours après la Palme d’or.</p>
<h2>3 &#8211; <em>The Dead don’t Die</em>, de Jim Jarmusch<br />Film d’ouverture &#8211; En compétition</h2>
<p>Après les vampires romantiques et un brin désespérés de <em><a title="Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/only-lovers-left-alive-jim-jarmusch/" target="_blank">Only Lovers Left Alive</a></em>, place aux zombies. Logique. Les flics Bill Murray, Adam Driver et Chloe Sevigny de la paisible ville américaine de Centerville &#8211; et Tilda Swinton en croque-mort &#8211; seront donc aux prises d’autres morts-vivants sans doute moins délicats dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/dead-don-t-die-jim-jarmusch/" title="The Dead Don’t Die, de Jim Jarmusch">The Dead don’t Die</a></em>, parmi lesquels Iggy Pop. Après le Détroit d’une Amérique post-crise des subprimes, sûrement l’occasion de poser un regard, mine de rien, sur l’Amérique post-Trump. Des vampires, des zombies, ou une certaine vision de l’éternité face aux soubresauts d’un pays changeant.</p>
<h2>4 &#8211; <em>Le Daim</em>, de Quentin Dupieux<br />Film d’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Le-Daim-280.png" alt="Le Daim, de Quentin Dupieux" width="280" height="146" class="alignright size-full wp-image-26994" />Ne cherchez pas, le pitch le plus excitant &#8211; et aussi le plus minimaliste &#8211; de ces sélections, c’est celui-ci : <em>« Georges, 44 ans, et son blouson, 100 % daim, ont un projet. »</em> Jean Dujardin fait donc son entrée dans l’univers décalé de Quentin Dupieux, qui nous a déjà fait suivre les aventures d’un pneu assassin (<em>Rubber</em>) ou filmé Alain Chabat à la recherche du cri parfait (<em>Réalité</em>), avant, l’an dernier, de revisiter à sa manière toute personnelle le film de garde à vue (<em>Au poste !</em>). Chaque fois, un pitch simplissime, chaque fois une détermination jusqu’à l’absurde, chaque fois une oeuvre drôle et déroutante. On ne sait donc rien de ce dernier opus, si ce n’est qu’on a furieusement envie de découvrir ce qu’il cache. <span id="more-26959"></span></p>
<h2>5 &#8211; <em>Portrait de la jeune fille en feu</em>, de Céline Sciamma<br />En compétition</h2>
<p>Passage à l’âge adulte pour Céline Sciamma qui a exploré les tourments de l’enfance (<em><a title="Tomboy, de Céline Sciamma" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/" target="_blank">Tomboy</a></em>, <em><a title="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/gilles-paris-ma-vie-de-courgette-claude-barras/" target="_blank">Ma vie de Courgette</a></em> &#8211; dont elle cosignait le scénario) et de l’adolescence (<em>Naissance des pieuvres</em>, <em><a title="Bande de filles, de Céline Sciamma" href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/bande-filles-celine-sciamma/" target="_blank">Bande de filles</a></em>). Passage au plus classique aussi, puisque ce <em>Portrait de la jeune fille en feu</em> se déroule dans la Bretagne du XVIIIe siècle. Adèle Haenel, la fameuse jeune fille, sera l’objet d’observation de la peintre Noémie Merlant (remarquée dans <em>Le ciel attendra</em>), dans les derniers jours menant à son mariage. On compte sur la réalisatrice pour insuffler un peu de soufre et de romantisme dans ce carcan, puisque c’est là toute l’histoire de son cinéma.</p>
<h2>6 &#8211; <em>Roubaix, une lumière</em>, d’Arnaud Desplechin<br />En compétition</h2>
<p>Desplechin avait déjà filmé Roubaix à Noël. Il y avait Catherine Deneuve, Mathieu Amalric, une famille déchirée et amère, et c’était brillant. Il y a cette fois des flics, Roschdy Zem et Antoine Reinartz (vu dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/120-battements-par-minute-robin-campillo/" title="120 battements par minute, de Robin Campillo" target="_blank">120 Battements par minute</a></em>), le meurtre d’une vieille dame, et deux jeunes femmes interpellées, Léa Seydoux et Sara Forestier. Il y a enfin un cinéaste qui s’intéresse moins à une enquête policière qu’aux <em>« tragédies humaines »</em>, dit-il, qu’elle met au jour. Ou plutôt, en lumière (de Noël).</p>
<h2>7 &#8211; <em>Sibyl</em>, de Justine Triet<br />En compétition</h2>
<p>Chacune des présentations des films de Justine Triet à Cannes a été remarquée, qu’il s’agisse de <em>La Bataille de Solférino</em>, tourné en partie le soir de l’élection de François Hollande en 2012, à l’ACID, ou de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/victoria-justine-triet/" title="Victoria, de Justine Triet" target="_blank">Victoria</a></em>, qui a véritablement révélé Virginie Efira à la Semaine de la critique 2017, dans une comédie romantique résolument moderne et un peu absurde. Toujours avec la comédienne belge, mais aussi Adèle Exarchopoulos, dont c’est le grand retour en compétition depuis <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/la-vie-adele-abdellatif-kechiche/" title="La Vie d’Adèle – Chapitre 1 &amp; 2 de Abdellatif Kechiche" target="_blank">La Vie d’Adèle</a></em> (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-last-face-sean-penn-charlize-theron-javier-bardem/" title="The Last Face, de Sean Penn" target="_blank">The Last Face</a></em> n’existe pas), <em>Sibyl</em> se présente comme l’histoire d’une fascination inquiétante. Celle de Sibyl, donc, psychanalyste et romancière, pour sa patiente, une actrice inspirante en plein émoi. Un tourbillon qui s’annonce vertigineux.</p>
<h2>8 &#8211; <em>Parasite</em>, de Bong Joon-ho<br />En compétition</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Aff-Bong-Joon-ho-280.png" alt="Parasite, de Bong Joon-ho" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26996" />Oublié le logo Netflix hué en compétition pour la présentation d’<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/okja-bong-joon-ho/" title="Okja, de Bong Joon-ho" target="_blank">Okja</a></em> il y a deux ans, Bong Joon-ho revient comme si de rien n’était monter les marches avec son acteur fétiche, Song Kang-ho, vu dans <em>Memories of Murder</em> et <em>The Host</em>. Le synopsis de ce nouvel essai du réalisateur sud-coréen intrigue. On croit y déceler un genre de Groseille et Le Quesnoy à la sauce coréenne, où les deux familles, celle, chômeuse, de Ki-taek, et celle, richissime, des Park, se retrouvent mêlées sans le savoir, après des événements étranges. Bong Joon-ho se dit persuadé que son film est trop coréen pour parler à un public étranger. On demande quand même à voir.</p>
<h2>9 &#8211; <em>Les Misérables</em>, de Ladj Ly<br />En compétition</h2>
<p>Issu du collectif Kourtrajmé, auquel on doit notamment <em>Sheitan</em> et les films de Romain Gavras (<em>Notre jour viendra</em>, <em>Le monde est à toi</em>), Ladj Ly s’impose comme le volet politique et engagé de ce groupe foisonnant. Pour son premier long métrage et son entrée en compétition, il revisite <em>Les Misérables</em> dans la banlieue parisienne. Un film qui s’annonce d’une actualité brûlante, sur fond de violences policières et d’une nouvelle forme de lutte des classes, après un court métrage documentaire remarqué sur les émeutes de 2005, <em>365 jours à Clichy-Montfermeil</em>. Pour l’instant le film coup de poing et manifeste de la sélection officielle.</p>
<h2>10 &#8211; <em>Etre vivant et le savoir</em>, d’Alain Cavalier<br />Sélection officielle, séance spéciale</h2>
<p>Armé de sa petite caméra DV, Alain Cavalier signe des films troublants, mêlant réalité et fiction. Des journaux parfois très intimes, témoins du cinéma en train de se faire. Ou de ne pas se faire, comme c’est le cas ici, puisque <em>Etre vivant et le savoir</em> &#8211; titre déjà plein de promesses &#8211; est le film d’un film interrompu. Alain Cavalier devait adapter, avec son auteure, le livre autobiographique d’Emmanuèle Bernheim qui raconte la fin de vie de son père, jusqu’à ce qu’elle soit, à son tour, frappée par la maladie. La poursuite d’une oeuvre singulière aux frontières floues, à la recherche d’une forme de vérité pure.</p>
<h2>11 &#8211; <em>Sorry We Missed You</em>, de Ken Loach<br />En compétition</h2>
<p>Finalement, Ken Loach aura mené la blague des adieux plus loin qu’Aznavour et le cinéaste double palmé et multiprimé revient monter les marches et nous montrer un monde qui tourne pas bien rond. On pourrait se lasser de voir Ken Loach dénoncer toujours les mêmes travers&#8230; et puis non. Parce que malgré ses plus de 80 printemps, ses films restent toujours en prise avec l’actualité et l’évolution du monde. La leçon de cette année portera donc sur l’ubérisation du travail, sur le mirage de l’indépendance qui ne fait que se transformer en servitude volontaire. Prends ça la start-up nation.</p>
<h2>12 &#8211; <em>Le Traître</em>, de Marco Bellocchio<br />En Compétition</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Aff-Bellocchio-280.png" alt="Le Traître, de Marco Bellocchio" width="206" height="280" class="alignright size-full wp-image-27004" />La Sicile, les années 1980. Un juge intègre, le juge Falcone, un mafieux qui parle, Tommaso Buscetta. La fuite, les règlements de comptes et, finalement, la trahison. Après <em>Vincere</em> il y a dix ans, sur Mussolini et la montée du fascisme, Marco Bellocchio revient à Cannes pour explorer une autre facette pas bien reluisante de nos voisins transalpins. Mais si la mafia a toujours fait les choux gras du cinéma, on imagine qu’ici, il ne s’agira pas de glorifier le code d’honneur mais plutôt d’analyser sa transgression.</p>
<h2>13 &#8211; <em>Chambre 212</em>, de Christophe Honoré<br />Un Certain Regard</h2>
<p>C’est un peu l’invité surprise de cette sélection. Avec un film en compétition l’an dernier (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/plaire-aimer-courir-vite-christophe-honore/" title="Plaire aimer et courir vite, de Christophe Honoré" target="_blank">Plaire, aimer et courir vite</a></em>), une pièce de théâtre (<em>Les Idoles</em>) et une mise en scène d’opéra (<em>Don Carlos</em>, de Verdi), on ne sait pas où celui que Thierry Frémaux a qualifié de <em>« Sacha Guitry contemporain »</em> a trouvé le temps de réaliser un film, mais le voilà, à nouveau entouré de Vincent Lacoste et Chiara Mastroianni. La chambre 212, c’est celle par laquelle une femme observe sa vie, après avoir quitté le domicile conjugal pour s’installer dans l’hôtel d’en face. Après la <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/room-237-kubrick-rodney-ascher/" title="Room 237, de Rodney Ascher" target="_blank">room 237</a> de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/making-of-shining-vivian-kubrick/" title="Making of The Shining par Vivian Kubrick">Shining</a></em>, une nouvelle entrée dans le panthéon des chambres d’hôtel au cinéma ?</p>
<h2>14 &#8211; <em>J’ai perdu mon corps</em>, de Jérémy Clapin<br />Semaine de la critique</h2>
<p>Il y a eu « la chose » de la <em>Famille Addams</em> et <em>La Main qui tue</em>. <em>J’ai perdu mon corps</em> est aussi l’histoire d’une main, sauf qu’on change de registre. Pas d’horreur en vue, mais une quête : retrouver le corps auquel elle appartient. Avec Guillaume Laurant au scénario &#8211; co-auteur attitré de Jean-Pierre Jeunet &#8211; on s’attend plus à une forme de poésie désenchantée qu’à une potacherie à l’humour grinçant. Le tout sublimé par les pouvoirs de l’animation (et au moins, <a href="http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/amelie-poulain-paris-trop-moche-pour-faire-une-suite-selon-jeunet-la-ville-replique-10-05-2019-8069589.php" target="_blank">on n’est pas dérangé par les travaux à Paris</a>).</p>
<h2>15 &#8211; <em>Yves</em>, de Benoît Forgeard<br />Film de clôture de la Quinzaine des réalisateurs</h2>
<p>Pour conclure, la Quinzaine des réalisateurs se clôt comme elle s’ouvre, avec le deuxième pitch le plus intrigant de cette édition cannoise. Yves n’est pas un personnage comme les autres, Yves est un frigo. Pas n’importe lequel, un frigo moderne, un frigo connecté. Intelligent, dit-on dans la start-up nation qui forme le cadre de la nouvelle folie de Benoît Forgeard, toujours en prise avec son temps après avoir mis en scène Philippe Katerine en président bien trop normal dans <em>Gaz de France</em> en 2015. Avec <em>Yves</em>, place à la relation entre un homme (la nouvelle coqueluche de la comédie française, William Lebghil) et son frigo. On rêve de savoir ce que Ken Loach en pensera.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/cinema/films-72e-festival-cannes-top-2019/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>14/05-25/05 : 72e Festival de Cannes</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/pense-bete/72e-festival-cannes-inarritu-201/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/pense-bete/72e-festival-cannes-inarritu-201/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 May 2019 08:36:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=26970</guid>
		<description><![CDATA[Du 14 au 25 mai 2019, la Croisette se pare de son tapis rouge et accueille la 72e édition du Festival de Cannes. Cette année, le jury longs-métrages sera présidé...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Festival-de-Cannes-2019-300x180.jpeg" alt="Festival de Cannes 2019" title="Festival de Cannes 2019" widthwidth="300" height="180" class="alignleft size-medium wp-image-26971" />Du 14 au 25 mai 2019, la Croisette se pare de son tapis rouge et accueille la 72e édition du Festival de Cannes. Cette année, le jury longs-métrages sera présidé par Alejandro González Iñárritu, faisant suite à Kate Blanchett. Parmi les membres du jury, on retrouvera notamment Robin Campillo, Elle Fanning, Yórgos Lánthimos, ou encore Kelly Reichardt.</p>
<p>Parmi les films les plus attendus, on a bien sûr le nouveau Tarantino, <em>Once Upon a Time… in Hollywood</em>, <em>Mektoub, my love: intermezzo</em> d&#8217;Abdellatif Kechiche, ou encore Almodóvar avec <em>Amour et Gloire</em>.</p>
<p>Grand Écart suivra le Festival tout au long de l&#8217;événement.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.grand-ecart.fr/pense-bete/72e-festival-cannes-inarritu-201/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
