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	<title>Grand Écart &#187; moignon</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Cannes 2012 : Corps meurtris, cœurs battants</title>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2012 12:36:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne-Claire Cieutat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Audiard]]></category>
		<category><![CDATA[moignon]]></category>

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		<description><![CDATA[Les écrans du Palais des festivals et de ses sections parallèles en auront accueilli, des corps malmenés, altérés ou déliquescents. Une large part des films sélectionnés cette année au 65e Festival de Cannes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/marion-cotillard-rouille-os-1.jpg" alt="Marion Cotillard dans De rouille et d&#039;os" title="Marion Cotillard dans De rouille et d&#039;os" width="280" height="166" class="alignleft size-full wp-image-7842" />Les écrans du Palais des festivals et de ses sections parallèles en auront accueilli, des corps malmenés, altérés ou déliquescents. Une large part des films sélectionnés cette année au <a href="/pense-bete/festival-de-cannes-2012/" target="_blank">65e Festival de Cannes</a> interrogent leur finitude, subite ou annoncée. Et dans la peau de ces êtres de chair à l’image figurés, des comédiens sublimes ont marqué les esprits par leur présence remarquable. Retour sur ces chocs cannois et sur leurs durables effets.   </p>
<p>Il y eut, en préambule à une copieuse compétition, une image traumatisante. Celle d’une silhouette réduite de moitié, celle d’un corps délicat à la féminité brutalement confisquée : l’orque dressée de <em><a href="/cinema/de-rouille-et-os-jacques-audiard/" target="_blank">De rouille et d’os</a></em>, bête colossale à la trajectoire accidentellement déviée, fait voler en éclats la vie de Stéphanie, désormais privée de ses jambes. L’impact visuel est à la mesure des performances numériques actuelles : immense et persistant. Jacques Audiard, dès lors, réhabilite le corps de son héroïne et le guide sur le chemin de la réconciliation. Au vérisme de ses images, s’adjoignent des éléments de mythologies convoquées &#8211; une canne, deux tatouages, des prothèses métalliques apparentes dessinent les contours hybrides d’une héroïne cousine des univers de <em>Crash</em> ou <em>Robocob</em>. C’est le cinéma, ses réminiscences, autant que sa rencontre avec un homme impulsif et sans codes qui la reconstruiront. Effets saisissants, beau film. <span id="more-7826"></span></p>
<h3>Fragments d’anatomie pulvérisée </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/post-tenebras-lux-photo.jpg" alt="Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas" title="Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas" width="280" height="174" class="alignright size-full wp-image-7849" />Cette image inaugurale cédera la place à d’autres, frontales, elles aussi, mais à l’impact tout relatif. Un homme, de dos, s’arrache la tête avec les mains : <em><a href="/cinema/post-tenebras-lux-carlos-reygadas/" target="_blank">Post Tenebras Lux</a></em> de Carlos Reygadas (prix de la mise en scène, contre toute attente) aura déclenché les rires excédés d’un parterre de journalistes ahuris face à la plus littérale « prise de tête » de l’histoire du septième art. Instant choc, mais sans résonance. D’autres carcasses connaîtront un sort guère plus enviable dans <em><a href="/cinema/cogan-mort-douce-killing-them-softly-andrew-dominik/" target="_blank">Cogan, la mort en douce</a></em>, polar cynique d’Andrew Dominik, où un tueur à gages (Brad Pitt, statufié) nettoie ses victimes à bout portant et au ralenti, ou dans <em><a href="/cinema/lawless-hommes-sans-loi-john-hillcoat/" target="_blank">Des hommes sans loi</a></em> de John Hillcoat : la baston, à l’heure de la prohibition, s’y élève au rang d’art national. Oubliable. </p>
<h3>Souffrances profondes </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/au-dela-collines-mungiu.jpg" alt="Au delà des collines, de Cristian Mungiu" title="Au delà des collines, de Cristian Mungiu" width="280" height="168" class="alignleft size-full wp-image-7845" />Mais à ces gueules cassées, répondent des souffrances moins spectaculaires et bien plus bouleversantes. L’amoureuse exorcisée du magnifique <em><a href="/cinema/au-dela-collines-cristian-mungiu/" target="_blank">Au delà des collines</a></em> de Cristian Mungiu, sous la soutane imposée, vivra, elle aussi, un martyre. Au cœur d’un monastère orthodoxe niché sur des terres roumaines, elle partira en guerre contre l’obscurantisme, ses désirs en bandoulière. Le film raconte son combat passionnel, hors du temps, hors du monde. Et lorsqu’aux ténèbres répond la clarté, visuelle et sonore, du brillant final hors les murs, c’est tout l’élan vital renié jusqu’alors qui jaillit au grand jour. Quel effet ! C’est qu’on aura retenu notre souffle, quotidiennement ou presque, lors de cette édition. Nous aurons fréquenté ténèbres et souterrains, des heures durant &#8211; Carax et son errance nocturne, Reygadas et ses fantasmes floutés, Vinterberg et son cauchemar éveillé, Haneke et son temps suspendu.<br />
Leurs films parlent, aussi, de ce qui a été et qui n’est plus – un certain cinéma aujourd’hui disparu dans <em><a href="/cinema/holy-motors-de-leos-carax/" target="_blank">Holy Motors</a></em> de Leos Carax, une calomnie et ce qu’elle emporte sur son passage dans <em><a href="/cinema/la-chasse-thomas-vinterberg/" target="_blank">La Chasse</a></em> de Thomas Vinterberg, une vie évanouie dans <em><a href="/cinema/amour-michael-haneke/" target="_blank">Amour</a></em> de Michael Haneke. Les corps qui s’y meuvent portent la marque durable de cet avant-après. </p>
<h3>Corps en mélancolie </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/paradis-amour-seidl-margarete-tiesel.jpg" alt="Margarete Tiesel dans Paradis : Amour" title="Margarete Tiesel dans Paradis : Amour" width="280" height="151" class="alignright size-full wp-image-7846" />Ils sont bouleversants, ces corps marqués par le temps qui passe. Ceux de Jean-Louis Trintignant et d’Emmanuelle Riva, qui n’aura eu cesse de clamer, de conférence en entretiens, jusque sur la scène de la salle Lumière à l’heure de la juste victoire, sa joie profonde à incarner Anne, sous la caméra sensible et respectueuse de Michael Haneke. Les regards croisés et les voix tissées de leurs personnages racontent, avec pudeur et intensité combinées, cet éternel amour à l’heure où les corps, de fait, se séparent. Une pareille présence, une pareille audace, sont inoubliables.<br />
Il y eut aussi, pathétiques et rageurs, ces corps difformes de femmes désertées par leur jeunesse dans <em><a href="/cinema/paradis-amour-ulrich-seidl/" target="_blank">Paradis : amour</a></em> d’Ulrich Seidl. Instants d’effroi : lorsque valsent, dans la moiteur d’un exotisme visité (le Kenya et son tourisme sexuel), le racisme éhonté et le désir d’un frisson qui se dérobe à lui-même.<br />
La jeunesse évadée, aussi, s’invite chez Noémie Lvovsky qui revisite son adolescence avec grâce dans <em><a href="/cinema/camille-redouble-noemie-lvovsky/" target="_blank">Camille redouble</a></em> (sélectionné à la <a href="/festival-cannes-2012/films-65e-cannes/quinzaine-realisateurs-edouard-waintrop/" target="_blank">Quinzaine des réalisateurs</a>). Son goût du fantasque la propulse, sous ses traits actuels de quadra, à l’époque de ses 16 ans. Une Alice au pays d’antan qui, dans un vertige, retrouvera ses parents disparus et son grand amour, avant le naufrage. Celle que les cinéastes confrontent aujourd’hui, en tant qu’actrice, aux corps graciles de comédiennes juvéniles (<em><a href="/cinema/apollonide-maison-close-bertrand-bonello/" target="_blank">L&#8217;Apollonide</a></em>, <em><a href="/cinema/17-filles-delphine-muriel-coulin/" target="_blank">17 filles</a></em>, <em>Les Adieux à la reine</em>), se joue avec tendresse de l’inexorable. Elle exulte, burlesque et émouvante, et nous embarque avec joie dans sa folle traversée. </p>
<h3>La réconciliation </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/mud-matthew-mcconaughey-jeff-nichols.jpg" alt="Matthew McConaughey dans Mud" title="Matthew McConaughey dans Mud" width="280" height="163" class="alignleft size-full wp-image-7850" />Il y eut donc aussi, au cœur de ces souffrances plurielles, de beaux instants d’exultation et d’épiphanie. Le corps mutilé de Stéphanie/Marion Cotillard à nouveau traversé par le désir dans <em>De rouille et d’os</em>, Melvil Poupaud en homme-femme aux prises avec sa métamorphose sexuelle dans le flamboyant film-fleuve de Xavier Dolan, <em><a href="/cinema/laurence-anyways-xavier-dolan/" target="_blank">Laurence Anyways</a></em>. Ou la silhouette sculptée de Matthew McConaughey dans le tellurique <em><a href="/cinema/mud-jeff-nichols/">Mud</a></em> de Jeff Nichols. Le glamour bodybuildé fait la courte échelle à la faille sentimentale dans ce film magnifique où les hommes ont le cœur en berne. Ce fut le point d’orgue de la compétition, bel instant de réconciliation et puissant chant d’amour. Joli final pour un festival où l’intime et le spectaculaire, les ténèbres et la lumière se seront succédé tour à tour.  </p>
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		<title>Interview Moignons Cotillard</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2012 11:15:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres & Portraits du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Audiard]]></category>
		<category><![CDATA[métiers du cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[moignon]]></category>
		<category><![CDATA[technique]]></category>

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		<description><![CDATA[Grand Écart a rencontré Barthélemy Beaux, l'un des graphistes responsables des moignons de Marion sur <em>De rouille et d'os</em>, qui nous en dit un peu plus sur ce tour de passe-passe numérique...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Rencontre avec Barthélemy Beaux, docteur ès Moignons</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/de-rouille-et-dos.jpg" alt="De rouille et d&#039;os, Jacques Audiard" title="De rouille et d&#039;os, Jacques Audiard" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-7385" />Le 17 mai dernier, <em><a href="/cinema/de-rouille-et-os-jacques-audiard/" target="_blank">De rouille et d&#8217;os</a></em>, le sixième long-métrage de Jacques Audiard, lançait les véritables hostilités de la compétition du <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/festival-cannes-2012/">Festival de Cannes</a>. La comédienne y incarne le rôle d&#8217;une dresseuse d&#8217;orques qui, suite à un accident, se retrouve en fauteuil roulant, privée de ses deux jambes. Présente sur le plateau du <em>Grand Journal</em> de Canal +, elle avait très justement et très gentiment rembarré les journalistes qui lui demandaient, en gros, un truc du genre : <em>&#8220;Mais vos moignons, là, comment qu&#8217;ils ont fait ?&#8221;</em> Et l&#8217;actrice de répondre : <em>&#8220;Je ne sais pas si c&#8217;est très intéressant de parler de ça, pardonnez moi (…). Je n&#8217;ai pas forcément très envie de parler de ces choses techniques, en tout cas moi (…). Mais c&#8217;est vraiment bien fait.&#8221;</em> Hannnnn ! Dans les dents ! C&#8217;est qu&#8217;elle a bien raison la Marion. Si des journalistes ont des questions d&#8217;ordre technique à poser, ils n&#8217;ont qu&#8217;à faire leur travail d&#8217;investigateur en allant chercher l&#8217;information à la source, à savoir auprès des spécialistes ! C&#8217;est ce qu&#8217;a fait l&#8217;équipe de Grand Écart, toujours sur le qui-vive, en allant à la rencontre de Barthélemy Beaux, l&#8217;un des mÔssieurs &#8220;moignons&#8221; qui a bien voulu nous en apprendre plus sur ce tour de passe-passe numérique particulièrement bluffant. <span id="more-7377"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Comment en arrive-t-on à faire des moignons pour Jacques Audiard ? </strong></p>
<p>Ca commence en juin-juillet 2011 à Mikros Image, la société de postproduction dans laquelle je travaille. Cédric Fayolle (superviseur des effets spéciaux cinéma) me dit qu’on doit faire des tests pour le prochain film de Jacques Audiard. Il s’agit de tourner avec une actrice qui, dans le film, est supposée être amputée au niveau des genoux. Il fallait anticiper les problématiques auxquelles on pourrait être amené à faire face. Comment recréer le décor à la place des jambes effacées ? Que se passe t-il lorsque l’un des acteurs porte celui qui est supposé ne plus avoir de jambes ?… On a donc tourné quelques plans caméra à l&#8217;épaule dans lesquels je faisais moi-même l’acteur, et que l’on a ensuite truqués et présentés à Jacques Audiard. Les images lui ont beaucoup plu. Lorsque le travail sur les plans a commencé en février, mon expérience sur les premiers essais ont permis que je sois intégré à l’équipe.</p>
<p><strong>Comment modélise-t-on des moignons ?</strong></p>
<p>Selon les plans, le travail n’était pas tout à fait le même. Mais d’une manière générale, il a fallu effacer les tibias de Marion Cotillard, et recréer ce qu’il y a derrière (décors, acteurs, vêtements, objets…). Parfois, c’étaient des mouvements entiers de Matthias Schoenaerts qu’on a dû reconstituer. Il a fallu aussi trouver une découpe cohérente du genou. Sur le tournage, Marion était équipée d’une prothèse (comme une sorte de genouillère) qui permettait d’avoir l’extrémité de sa cuisse lisse (sans les volumes des genoux) ainsi que les cicatrices. Cela nous a servi de repères pour la découpe. Mais il a fallu par la même occasion effacer le raccord entre cuisse et prothèse. Et faire correspondre la couleur. Sur certains plans, des moignons ont été créés et animés en 3D. Il a fallu alors faire le raccord entre la cuisse de Marion et la 3D, faire correspondre la bonne orientation, la bonne lumière, les bonnes couleurs… Parfois, on sentait encore le creux créé par les tendons du genou, il a fallu alors recréer une partie de la cuisse pour cacher tout ça. Dès qu’un trucage touche à quelque chose en mouvement (les muscles d’un corps par exemple), recréer peut devenir assez vite compliqué. Il fallait surtout être minutieux, patient et trouver des astuces. Mais c’est souvent comme ça dans les trucages. Il faut toujours avoir le souci du détail. </p>
<p><strong>C&#8217;était ton premier moignon ?</strong></p>
<p>Oui, ou plutôt ma première paire de moignons, pour être exact.</p>
<p><strong>Ca t&#8217;a donné envie de continuer à faire des moignons ?</strong></p>
<p>Pourquoi pas. Ou peut-être des bras pour changer. Non, plus sérieusement, pour moi, peu importe le type de trucage que l&#8217;on me demande. L’envie de créer des images reste présente. C’est tout l’intérêt de ce métier ; chaque trucage est différent, à chaque fois on doit réfléchir à quelque chose de nouveau, à des problèmes que l’on n’a jamais rencontrés auparavant. Et personnellement, j’y trouve encore plus de plaisir quand je sais dans quel but cela est fait et quelle image forte cela peut créer. D’autant plus dans <em>De rouille et d’os</em> où les trucages sont davantage destinés à servir une histoire.</p>
<p><strong>Y a-t-il une façon différente d’appréhender les trucages dans un film en prises de vues réelles par rapport à un film d’animation ?</strong> </p>
<p>Il y a quelques différences… dans le vocabulaire. Dans un film d’animation, les éléments que l’on mélange ensemble sont globalement issus de la 3D, ce qu’on appelle des &#8220;passes&#8221;, où l’on a séparé la couleur, la lumière, les ombres… En prises de vues réelles, on prend en considération d’autres aspects comme le grain de la pellicule, la distorsion optique… Et les &#8220;genres&#8221; se mélangent lorsqu’il faut, par exemple, intégrer un élément 3D dans un élément filmé. Pour que ça marche, la 3D doit être travaillée pour qu’elle puisse correspondre aux propriétés des images filmées. La balance des blancs, la manière dont réagit la lumière, la focale utilisée, le grain… Tout doit correspondre à ce qui a été filmé pour que le trucage marche. Mais sinon, dans l&#8217;ensemble, l’approche est la même dans le sens où il s’agit de mélanger différents éléments ensemble pour créer le plan final.</p>
<p><strong>As-tu parlé moignon avec Marion ?</strong></p>
<p>Malheureusement, aucun débat-moignon n’a pu être organisé, je ne l’ai pas rencontrée. </p>
<p><strong>Lui a-t-on demandé d&#8217;adapter son jeu de jambes ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/de-rouille-et-dos-3.jpg" alt="Les bas verts de Marion Cotillard sur le tournage de De rouille et d&#039;os" title="Les bas verts de Marion Cotillard sur le tournage de De rouille et d&#039;os" width="205" height="280" class="alignright size-full wp-image-7386" />Non, je n’étais pas sur le tournage mais je crois que son jeu vient simplement de son talent et de la direction de Jacques Audiard. Elle jouait en faisant traîner le plus possible ses jambes, comme s’il s’agissait d’un poids mort qui n’influence pas ses autres mouvements. Mais pas de demande ni de restriction spécifique pour les trucages, mis à part que sur le tournage elle était habillée avec des bas verts qui nous permettaient ensuite d’identifier plus facilement sur les plans la position exacte de ses jambes. Après, sur les plans avec de la 3D, ce sont les animateurs qui ont dû recréer les mouvements de jambes de Marion sur des jambes 3D. Et là, il fallait que ça corresponde au réel pour que tout soit cohérent.</p>
<p><strong>Comment s&#8217;est terminée ton aventure ? </strong></p>
<p>Entre le moment où les plans ont été livrés et la projection, ça a été très rapide. Mais de notre côté, on a pu tout finir à temps. D’une manière générale, le travail sur les plans avançait assez rapidement, du coup ça a permis d’équilibrer entre les plans plus compliqués et ceux qui demandaient moins de travail. Pour moi, c’était un super projet, du coup quand il s’est terminé, ça me manquait déjà. C’était la première fois que je passais autant de temps sur un film ; entre lire le script, faire les tests un an plus tôt et travailler sur les plans du film. Puis ensuite voir les affiches de plus en plus présentes dans les rues, et enfin visionner le film, c’est tout un projet qui s&#8217;est terminé. Et quand il s’agit d’un film comme celui-ci, ce ne sont que des bons souvenirs.</p>
<p><strong>Quels sont tes films préférés de moignons ?</strong></p>
<p>Je dirai <em>Forrest Gump</em>, dont les scènes avec le lieutenant Dan ont été très intéressantes à analyser pour voir comment ils avaient fait et pour comprendre pourquoi certaines scènes marchent encore très bien aujourd’hui, presque vingt ans plus tard. Et pour le côté décalé, <em>Planète Terreur</em>, si tu veux voir une <em>wonder woman</em> avec une mitraillette en guise de jambe.</p>
<p>&nbsp;<br />
De rouille et d’os <em>de Jacques Audiard, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners… France, 2012. Sortie le 16 mai 2012. En compétition au 65e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>De rouille et d&#8217;os, de Jacques Audiard</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 07:17:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Audiard]]></category>
		<category><![CDATA[moignon]]></category>

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		<description><![CDATA[La prophétie ne s'était pas réalisée il y a trois ans lors de sa plongée au fin fond du microcosme carcéral. Peut-être Jacques Audiard trouvera-t-il cette année à Cannes des vents plus favorables ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/de-rouille-et-d-os.jpg" alt="De rouille et d&#039;os" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-6934" />La prophétie ne s&#8217;était pas réalisée il y a trois ans lors de sa monumentale plongée au fin fond du microcosme carcéral. Peut-être Jacques Audiard trouvera-t-il cette année à Cannes des vents plus favorables ? Une chose est sûre : avec <em>De rouille et d&#8217;os</em>, son sixième long-métrage, le réalisateur français continue indiscutablement à s&#8217;imposer comme ce cinéaste hors norme, déroulant son univers tortueux aux personnages tourmentés. Des bêtes blessées aux parcours chaotiques qu&#8217;Audiard magnifie en les jetant, sans protection, dans l&#8217;arène d&#8217;un réel implacable et asphyxiant. Et en point de mire de ce nouvel opus, toujours cette Amérique qui le fascine tant. En l&#8217;occurrence, celle de l&#8217;écrivain Craig Davidson et de son recueil de nouvelles, <em>Un goût de rouille et d&#8217;os</em>, dont les pages ont nourri celles du scénario. <span id="more-6920"></span></p>
<p><em>De rouille et d&#8217;os</em>, c&#8217;est donc la rencontre singulière et improbable entre Ali, ce jeune père fauché et paumé, et Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland d&#8217;Antibes, une jeune femme séduisante et pleine d’assurance qui se retrouve en fauteuil, privée de ses deux jambes après un accident. C&#8217;est l&#8217;histoire de deux intimités mutilées, de deux corps outragés qui se débattent au cœur d&#8217;un monde moderne en déliquescence. C&#8217;est une histoire d&#8217;amour entre deux destins que Jacques Audiard jette à l&#8217;écran avec la violence tragique des films noirs et qu&#8217;il sublime par une esthétique visuelle âpre et sans atours. </p>
<p>Le travail de composition offert par les deux comédiens, Matthias Schoenaerts, cet acteur belge au physique massif révélé récemment dans l&#8217;excellent <em>Bullhead</em> (de Michael R. Roskam), et Marion Cotillard, que l&#8217;on retrouve enfin dans un véritable premier rôle, est tout simplement étourdissant d&#8217;authenticité. Lui dans la peau de cet Ali brutal et sauvage. Et elle dans celle d&#8217;une jeune femme qui pense avoir tout perdu mais qui devra pourtant apprendre à se reconstruire. Entre les mains d’Audiard, la môme aura su se défaire de son statut de poupée d’Hollywood pour nous offrir une interprétation tout en retenue. Il faudra un drame pour faire s&#8217;effondrer la carapace de ces deux-là qui s&#8217;efforçaient à dissimuler leur fragilité. Un accident qui les contraindra à lâcher prise. Elle, à accepter sa condition d&#8217;infirme. Lui, à laisser tomber ses gants de boxe et à se coucher avant de s&#8217;écrouler dans un ultime round qu&#8217;assurément il ne gagnera pas. </p>
<p>Comme à son habitude, le réalisateur français ne quitte pas ses héros d&#8217;une semelle, faisant du monde extérieur un écrin aux contours flous, mais dont il laisse deviner les teintes sombres et menaçantes. Notamment à travers le portrait de quelques personnages secondaires qu&#8217;Audiard prend le temps, comme toujours, de dessiner avec minutie et pertinence. A l&#8217;image d&#8217;Anna (Corinne Masiero), la sœur d&#8217;Ali qui l&#8217;accueille lui et son fils, Sam (Armand Verdure). Elle est caissière dans un supermarché, son mec est chauffeur routier. Dans le frigo s&#8217;entassent les yaourts périmés qu&#8217;elle ramène de son travail. Ou à l&#8217;image également de Martial (Bouli Lanners), ce barbu taciturne chargé par des managers d&#8217;entreprises de planquer des caméras de surveillance pour espionner les employés. C&#8217;est Martial encore qui initie Ali au monde interlope des combats clandestins, histoire de se faire un peu de fric. Bref, ce monde moderne est là, tout prêt, menaçant, écrasant. </p>
<p>Jacques Audiard est un maître artisan, construisant son récit comme un musicien couche ses notes sur sa partition. Retirant une note ici, en rajoutant une autre là. Quelques pauses, quelques silences. Et pour finir, un point d&#8217;orgue. Mais jamais d&#8217;arythmies. Une réalisation tranchante où chaque séquence, chaque plan, chaque cadre, chaque réplique semblent avoir été pensés dans les moindre détails. Avec une impression de facilité déconcertante, Audiard fait traverser à sa caméra et à ses acteurs un nombre incroyable de thématiques telles que le handicap, l&#8217;amour, la sexualité et plus généralement le rapport à la chair, mais aussi la différence, le regard de l&#8217;autre ou encore la solitude, l&#8217;abandon et la précarité. Autant de motifs que Jacques Audiard parvient à (con)tenir dans une seule et unique narration, intense et bouleversante. Le tout sans jamais nous donner la sensation de se perdre à trop vouloir en faire. Comme dans son <em>Prophète</em>, il évite le naufrage du traitement moralisateur ou complaisant, nous épargnant le couplet de l&#8217;apitoiement miséricordieux ou celui de la violence démonstrative. Rigoureux, un brin pudique, le cinéaste impose son rythme et ses distances &#8211; entre ses héros et leur environnement, entre ses héros et nous -, octroyant ainsi à son film toute l&#8217;harmonie et la délicatesse qu&#8217;il méritait. Et Audiard de rester l’une des figures les plus éclatantes du cinéma français contemporain. </p>
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<em>De rouille et d&#8217;os de Jacques Audiard, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners&#8230; France, 2012. Sortie le 16 mai 2012. En compétition au 65e Festival de Cannes.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
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