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	<title>Grand Écart &#187; Mexique</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>La Région sauvage, d&#8217;Amat Escalante</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jul 2017 21:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Alejandra vit avec son mari Angel et leurs deux enfants dans une petite ville du Mexique. Le couple, en pleine crise, fait la rencontre de Veronica, jeune fille sans attache, qui leur fait...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/07/affiche-film-la-region-sauvage-escalante.jpg" alt="affiche-film-la-region-sauvage-escalante" title="affiche-film-la-region-sauvage-escalante" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-25892" /><strong>Alejandra vit avec son mari Angel et leurs deux enfants dans une petite ville du Mexique. Le couple, en pleine crise, fait la rencontre de Veronica, jeune fille sans attache, qui leur fait découvrir une cabane au milieu des bois. Là, vivent deux chercheurs et la mystérieuse créature qu’ils étudient et dont le pouvoir, source de plaisir et de destruction, est irrésistible…</strong></p>
<p>Le cinéma d’Amat Escalante ne prend pas de pincettes avec ses spectateurs. Un tantinet engagé, le réalisateur n’hésite pas à montrer (à dénoncer ?) les pires aspects de son pays, et s’il faut choquer par la violence de ses scènes, soit. Des fins pas toujours très heureuses, mais sans doutes plus proches de la réalité que de simples et prévisibles <em>happy end</em>. <em>La Région sauvage</em> est son quatrième long-métrage, après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/heli-amat-escalante/" title="Heli de Amat Escalante">Heli</a></em>, récompensé au <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/palmares-palme-or-prix-recompense-bejo-kechiche-seydoux-adele-exarchopoulos/" title="Le palmarès du 66e Festival de Cannes">Festival de Cannes 2013</a> pour sa mise en scène. Pour la première fois, Escalante ajoute à sa critique sociale une touche de fantastique. D&#8217;autres diront de science-fiction ! <span id="more-25886"></span></p>
<h3>Des héros malheureux</h3>
<p>Les scènes ont été tournées dans le Guanajuato, l’Etat du Mexique dans lequel le réalisateur a grandi. Un Etat très conservateur, très catholique, homophobe même. C’est une belle brochette de personnages tous plus malheureux les uns que les autres que nous sert le scénario de <em>La Région sauvage</em>. La jeune Alejandra, mère de deux petits garçons, est mariée à un homme qu’elle n’ose pas quitter, Angel. Ce dernier n’a d&#8217;ailleurs rien d’un ange. Macho, brutal, il couche en secret avec le frère de sa femme, Fabian, qui de son côté rêve de vivre une relation normale. Encore faudrait-il qu’il ait le courage de mettre fin à cette liaison. Dans une situation qui ne peut déjà que mal tourner, Veronica perturbe le quotidien du couple par le biais de Fabian, avec qui elle se lie d’amitié. Elle introduira volontairement la Créature dans leurs vies, les persuadant qu&#8217;ils trouveront réconfort dans la cabane au fond des bois. Pas si sûr. Au fond, veut-elle sincèrement les aider, ou simplement partager son fardeau ? Malgré elle, la douce Veronica apporte violence et mort. </p>
<h3>Rencontre</h3>
<p>Au beau milieu d’une nature silencieuse, à la fois attirante et dangereuse, se trouve la cabane, véritable métaphore de l’inconscient, et d&#8217;une pulsion sexuelle primitive. Il est dommage que l’apparence de la Créature soit si vite montrée. Dès la seconde scène du film se retire du corps de Veronica un&#8230; tentacule. Oui oui, un tentacule. Il faudra attendre plus longtemps pour en voir plus, mais l’être extraterrestre apparu soudainement dans une forêt mexicaine, puis recueilli par un couple de scientifiques sera bien montré à l’écran dans son intégralité. En revanche le mystère de ses origines perdure : il se serait écrasé en même temps qu&#8217;un bout de roche venu de l’espace, et semble se nourrir de plaisir. Un petit parallèle se fait volontiers avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scarlett-johansson-under-the-skin-jonathan-glazer/" title="Under the Skin, de Jonathan Glazer">Under the Skin</a></em>, où un alien débarque en ville sous les traits de Scarlett Johansson, pour séduire et faire disparaître des hommes, sans jamais en connaître la raison. Le rôle que prend la Créature dans les existences de Veronica, d&#8217;Alejandra et de Fabian n&#8217;est qu&#8217;une source de réconfort et d’apaisement passager, illusoire. Car elle blesse, et tue. </p>
<p>Après de multiples péripéties, nous nous demandons si Alejandra ne ressort pas gagnante, en un sens, du bazar déclenché par Veronica et son monstre. Femme libre elle deviendra. Plus sûre d’elle, plus forte aussi. Mais inutile d’en dire plus. S’il faut retenir quelque chose de <em>La Région sauvage</em>, ce sera son rythme lent et ses images contemplatives, qui viennent poser son ambiance mystique. Ce qui, admettons-le, fait tout son charme.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Région sauvage<em> (La región salvaje) d’Amat Escalante, avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesùs Meza… Mexique, 2017. Lion d&#8217;argent à la 73e Mostra de Venise. Sortie le 19 juillet 2017.</em></p>
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		<title>Desierto, de Jonas Cuarón</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Apr 2016 20:57:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Gael Garcia Bernal]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>
		<category><![CDATA[survival]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans le désert, personne ne vous entendra hurler de douleur. Peut-être, répercuté sur les montagnes environnantes, percevra-t-on l&#8217;écho de la balle qui vous traversera de part en part. Tel est...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/desierto-affiche.jpg" alt="Desierto, de Jonas Cuarón" title="Desierto, de Jonas Cuarón" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23388" />Dans le désert, personne ne vous entendra hurler de douleur. Peut-être, répercuté sur les montagnes environnantes, percevra-t-on l&#8217;écho de la balle qui vous traversera de part en part. Tel est le quasi point de départ de <em>Desierto</em>, premier long-métrage de Jonas Cuarón qui a de qui tenir… En effet, le fils d&#8217;Alfonso Cuarón a déjà signé le court <em>Aningaaq</em>, miroir terrestre de <em>Gravity</em> renvoyant à la discussion que tenait Sandra Bullock avec un Inuit à quelques centaines de milliers de kilomètres de distance. Et on retrouve dans ce <em>Desierto</em> cette même ambiance de huis clos, en pleine nature sauvage. Car il s&#8217;agit là de l&#8217;affrontement de deux hommes. L&#8217;un qui doit survivre (Gael Garcia Bernal, toujours aussi magnétique et qui produit le film, comme un remerciement au fils de celui qui le lança dans le cinéma) et l&#8217;autre, chasseur d&#8217;immigrés mexicains (Jeffrey Dean Morgan, bien trop rare). Autour d&#8217;eux, les corps de ceux qui viennent d&#8217;être assassinés, tandis qu&#8217;ils essayaient de gagner les Etats-Unis, la terre promise. Et pour seul bruit, hormis celui du vent, le claquement des aboiements d&#8217;un chien amateur de chair humaine&#8230; </p>
<p>Des films de chasse à l&#8217;homme, de traques en terres hostiles, il y en a pléthore. On ne compte plus les <em>Délivrance</em>, <em>Vieux Fusil</em> et autre <em>Predator</em>. L&#8217;homme est un loup pour l&#8217;homme et tous les moyens sont bons pour survivre. <em>Desierto</em>, porté par la musique toujours pompeuse et fascinante de Woodkid, n&#8217;échappe pas à toutes les bonnes règles à suivre pour réussir son film. <span id="more-23385"></span>L&#8217;empathie pour le héros (qui aide son prochain comme il se doit), la haine fétide contre le chasseur (dont les motivations sont balayées par un simple racisme anti-Mexicains que ne renierait pas Donald Trump), des paysages à couper le souffle (le pendant aride de <em>The Revenant</em> d&#8217;Alejandro González Iñárritu), une jeune fille en danger, un animal malfaisant qui rôde, la mort à chaque tournant, brutale et sanguinolente, le face-à-face final. Et pourtant, le film happe, provoque des sueurs froides malgré le sol craquelé uniquement nourri du sang des corps qui tombent. Et le dernier quart d&#8217;heure est autant tragique qu&#8217;absurde. Un jeu du chat et de la souris autour d&#8217;une montagne escarpée. Comme un cartoon de <em>Bip bip et Coyote</em> où il en va de sa survie. Un film presque muet où tout réside dans l&#8217;émotion des deux protagonistes, traqueur et chassé. Deux visages crispés, l&#8217;un pour tuer, l&#8217;autre pour tenter de survivre. Deux visages qui ne se feront jamais face pour tenter de comprendre pourquoi ils en sont là, réduits à l&#8217;état d&#8217;animaux sauvages. Deux pertes d&#8217;humanité qui s&#8217;affrontent en terre inconnue. Ne reste que le désert, personnage principal qui lui, reste immuable. La nature l&#8217;emporte toujours…</p>
<p>&nbsp;<br />
Desierto<em> de Jonas Cuarón, avec Gael Garcia Bernal, Jeffrey Dean Morgan, Alondra Hidalgo, Diego Catano… Mexique, 2015. Sortie le 13 avril 2016.</em> </p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/lr385x/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Rencontre avec Michel Franco</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 22:56:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Le dernier film du réalisateur mexicain Michel Franco est disponible en DVD, ce jour. L'occasion de rencontrer un artiste qui aborde des sujets qui grincent et qui grattent...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;font-size:90%;"><em>Merci à <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jw/" target="_blank">Julien &#038; Nacim</a> pour leur collaboration et leur traduction</em></p>
<p><strong>Le dernier film du réalisateur mexicain Michel Franco est disponible en DVD, ce jour.</strong> L&#8217;occasion de rencontrer un artiste qui aborde des sujets qui grincent et qui grattent. Qui aime, si ce n&#8217;est mettre le spectateur mal à l&#8217;aise, tout au moins interroger son regard en le plaçant dans une zone d&#8217;inconfort. Et lui offrir des pistes de réflexion autour de la nature humaine. Dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/chronic-michel-franco/" target="_blank">Chronic</a></em> (prix du Scénario à Cannes en 2015), on parle maladie, compassion, abnégation et euthanasie. Et donc ?<br />
&nbsp;</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/affiche-chronic-franco.jpg" alt="Affiche de Chronic de Michel Franco" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23087" /><strong>Quel est le point de départ de <em>Chronic</em> ?</strong></p>
<p>Ma grand-mère a eu une crise cardiaque en 2010 et a dû être alitée pendant plusieurs mois. Elle a eu une infirmière qui s&#8217;est occupée d&#8217;elle pendant tout ce temps, et c&#8217;est ce qui m&#8217;a inspiré pour le film. </p>
<p><strong>Le vrai sujet n&#8217;est-il pas, finalement, la compassion et la dévotion que l&#8217;on peut avoir pour quelqu&#8217;un ?</strong></p>
<p>Oui, <em>Chronic</em> parle de la fin de l&#8217;existence. Qu&#8217;advient-il quand on a de moins en moins de facultés physiques ou intellectuelles ? Comment garder sa dignité ? Je voulais montrer la compassion qui lie une infirmière (et ici, un infirmier) à son patient. La relation très humaine qui se crée entre eux.  </p>
<p><strong>Au début du film, vous laissez planer un doute sur le personnage de David. Il pourrait tout aussi bien être un pervers ou un tueur en série&#8230;</strong></p>
<p>Quand je vais voir un film, je ne veux pas avoir toutes les informations dès les premières scènes. J&#8217;aime découvrir petit à petit le personnage principal. Le voir sous plusieurs angles. Je n&#8217;use pas de tous les subterfuges habituels de scénariste pour que les spectateurs aient tout de suite de l&#8217;empathie pour lui. Pour moi, il doit être bien plus complexe que cela et dans <em>Chronic</em>, justement, on perçoit David comme quelqu&#8217;un de mystérieux que l&#8217;on n&#8217;est pas obligé d&#8217;aimer immédiatement. C&#8217;est ça qui le rend intéressant. <span id="more-23083"></span></p>
<p><strong>Certaines familles des patients de David pensent qu&#8217;il nourrit de mauvaises intentions. Pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p>Quand ma grand-mère a été prise en charge par son infirmière, c&#8217;était au début comme une étrangère qui vivait dans la maison, dont on ne connaissait rien. Il nous a fallu lui faire complètement confiance, parce qu&#8217;elle s&#8217;occupait de quelqu&#8217;un que l&#8217;on aimait. C&#8217;était intéressant pour moi que les spectateurs se mettent également dans cette position-là, qu&#8217;il leur faille avoir confiance en ce personnage, sans savoir qui il est vraiment. </p>
<p><strong>La dévotion, la compassion, l&#8217;humanisme : des valeurs devenues rares par les temps qui courent ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/chronic.jpg" alt="Chronic de Michel FrancoChronic de Michel Franco" width="280" height="148" class="alignright size-full wp-image-23100" />Oui. Dans la vie, les gens ne sont plus prêts à donner autant d&#8217;eux-mêmes. L&#8217;amour, l&#8217;aide et la compassion que David offre à ses patients ne sont pas courants dans notre société. C&#8217;est ce qui le rend si spécial. Pourtant, heureusement, cela peut arriver que des infirmiers soient réellement dévoués et c&#8217;est ce qui confère à ce métier quelque chose de beau. </p>
<p><strong><em>Chronic</em> est donc un hommage à ces hommes et femmes ?</strong></p>
<p>Absolument ! En général, on a tendance à rendre hommage aux médecins, alors qu&#8217;en fait, ce sont surtout les infirmiers et les infirmières qui donnent tout leur temps à leurs patients, et on ne les remercie pas autant que l&#8217;on devrait&#8230; </p>
<p><strong>Quelles sont les limites que vous vous étiez fixées pour parler de la maladie, de la souffrance, de l&#8217;euthanasie ? </strong></p>
<p>Je ne pense jamais en ces termes-là. D&#8217;autant plus pour un tel sujet ! Il est impossible de ne pas dépasser les limites, parce que même si les infirmiers doivent être professionnels, ils doivent accepter les émotions des patients, les nettoyer, les prendre dans leurs bras quand ils pleurent. Il y a forcément des limites qui sont dépassées et que je devais montrer.  </p>
<p><strong>Certains médias considèrent votre travail comme particulièrement pessimiste. Cela vous surprend-il ?</strong></p>
<p>Je ne pense pas être pessimiste, même si je traite de sujets compliqués, de la violence qui se vit au quotidien, des difficultés à communiquer dans une famille&#8230; Dans <em>Chronic</em>, je parle de la fin de la vie et quand on traite de ce type de sujet, on ne peut pas le faire de manière simple. Si on veut trouver des réponses, il faut creuser de manière profonde, car c&#8217;est là que l&#8217;on saisit la complexité des choses, celles qui peuvent être intéressantes et utiles pour comprendre réellement ce qui nous échappe de prime abord. </p>
<p><strong>La plupart des comédiens de <em>Chronic</em> ne sont pas des professionnels. Etait-ce une manière pour vous de vous rapprocher de la réalité ?</strong></p>
<p>Oui, j&#8217;ai une approche très réaliste. Dans les films que je fais, il y a des choses qui ne doivent et ne peuvent pas être incarnées par des comédiens. Il n&#8217;y a qu&#8217;avec des talents comme Tim Roth que l&#8217;on peut aller très profondément dans l&#8217;introspection.</p>
<p><strong>Pourquoi l&#8217;avoir choisi pour le personnage de David ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/franco-cannes-20151.jpg" alt="Michel Franco et Tim Roth" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-23108" />C&#8217;est l&#8217;un de mes acteurs préférés et je n&#8217;aurais jamais osé le choisir, mais je l&#8217;ai rencontré lors du <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/festival-cannes-2012/films-65e-cannes/" target="_blank">Festival de Cannes 2012</a>. Il était président de la section Un Certain Regard et il m&#8217;avait remis le prix pour <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/despues-lucia-michel-franco/" target="_blank">Despuès de Lucia</a></em>. On a discuté et il m&#8217;a dit vouloir travailler avec moi. Je lui ai alors expliqué le sujet du film que j&#8217;étais en train d&#8217;écrire. A l&#8217;époque, le personnage principal était une femme, car je voulais que ce soit proche de ce que j&#8217;avais vécu avec ma grand-mère. Mais Tim m&#8217;a dit qu&#8217;il jouerait ce personnage si je le changeais en homme. Ce que j&#8217;ai fait. Et on est devenu tout de suite très amis.</p>
<p><strong>Vous avez des thèmes toujours très particuliers dans vos films : l&#8217;inceste dans <em>Daniel y Ana</em>, le harcèlement numérique dans <em>Despuès de Lucia</em>, la fin de vie et l&#8217;euthanasie ici. Quel fil peut-on tirer entre tous vos films ?</strong></p>
<p>Le fait que je traite de personnages qui s&#8217;aiment et qui essaient de donner le meilleur d&#8217;eux-mêmes, les uns pour les autres. Mais d&#8217;une certaine manière, sans nous en rendre forcément compte, même si nous sommes éduqués et que nous avons beaucoup de repères, nous devenons confus et faisons du mal aux autres. Dans mes films, il n&#8217;y a jamais de personnages mauvais, c&#8217;est la nature humaine qui complique tout, le manque de communication, même s&#8217;il y a de l&#8217;amour. Et c&#8217;est ce qui m&#8217;intéresse.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi de faire ce film en anglais et non en espagnol comme les précédents ?</strong></p>
<p>Uniquement parce que je voulais travailler avec Tim Roth ! J&#8217;habite à Mexico et lui à Los Angeles et c&#8217;est très similaire culturellement entre ces deux villes, car il y a plein de Mexicains en Californie. Du coup, c&#8217;était plutôt facile pour moi. </p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce que le prix du meilleur scénario que vous avez reçu à <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/68e-festival-cinema-cannes/competition-selection-officielle-cannes-2015/" target="_blank">Cannes</a> pour <em>Chronic</em> a changé à votre carrière ?</strong></p>
<p>Je ne me suis jamais considéré comme un scénariste, car je n&#8217;écris que dans la perspective de réaliser mes propres films. Cela dit, je pense que ça m&#8217;a aidé à avoir davantage confiance en moi en tant qu&#8217;auteur. J&#8217;ai travaillé pendant deux ans sur ce film, donc avoir une telle récompense pour tout ce travail a été un moment incroyable.</p>
<p><strong>Et quel regard posez-vous sur le cinéma français ?</strong></p>
<p>Je l&#8217;ai découvert quand j&#8217;avais quinze ans, à travers les films de Philippe Bresson, Jean-Luc Godard&#8230; Ce sont des œuvres qui comptent beaucoup pour le réalisateur que je suis. Leur façon d&#8217;exprimer les choses m&#8217;interpelle énormément. Le cinéma français reste toujours une référence pour moi. J&#8217;y reviens souvent. Dans le cinéma mexicain, ce qui me captive ce sont les contrastes d&#8217;un pays toujours en chaos, alors qu&#8217;en France, ce qui est intéressant, ce sont les changements qui s&#8217;opèrent dans la société. Si je devais faire un film en France, je traiterais des contrastes sociaux, de l&#8217;immigration, comme le font d&#8217;ailleurs déjà certains de vos réalisateurs.</p>
<p><strong>Y a-t-il des acteurs français avec qui vous voudriez travailler ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai toujours beaucoup aimé Isabelle Huppert, qui est une très grande actrice. Nous avons déjà parlé de faire, un jour, un film ensemble. </p>
<p>&nbsp;<br />
Chronic <em>de Michel Franco, avec Tim Roth, Bitsie Tulloch, Michael Cristofer&#8230; Mexique, 2014. Prix du Scénario au 68e Festival de Cannes.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/l5f8km/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Chronic, de Michel Franco</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2015 20:57:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[La Compétition du 68e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>Chronic</em> est un film froid et âpre. L’un de ceux qu’on ne regarde pas pour aller mieux. Ce qui n’en fait pas un mauvais film – bien au contraire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/chronic-michel-franco-tim-roth-1.jpg" alt="Chronic, de Michel Franco" title="Chronic, de Michel Franco" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-21912" /><strong><em>Chronic</em> est un film froid et âpre. L’un de ceux qu’on ne regarde pas pour aller mieux. Ce qui n’en fait pas un mauvais film – bien au contraire.</strong></p>
<p>Michel Franco, dont c’est le quatrième long-métrage, ne fait jamais des choix faciles. <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/despues-lucia-michel-franco/" title="Después de Lucia, de Michel Franco">Después de Lucia</a></em> racontait le deuil d’une collégienne, <em>Daniel &#038; Ana</em> le cauchemar éveillé d’un frère et d’une sœur, et <em>A los ojos</em> l’immobilité du système médical au Mexique. Alors <em>Chronic</em>, l’histoire de David, aide-soignant auprès de personnes lourdement malades, ne constitue pas une surprise dans sa filmographie. Autour de son personnage gravitent une malade du sida, une victime d’AVC restée paralysée, une cancéreuse. Dès les premières images, on sait qu’on va être confronté à la mort, à la douleur, à la question de l’euthanasie, à la façon de surmonter de telles épreuves. David (Tim Roth, pénétré par son rôle) est un aidant exemplaire, méticuleux, doux et dévoué, qui n’hésite pas à renvoyer chez lui l’infirmier qui vient le relever lorsqu’il juge nécessaire de rester auprès de son patient. Mais une fois revenu à la vie civile, il revêt un masque d’impassibilité et se révèle inapte à de « normales » relations sociales, que ce soit avec sa famille, une femme en deuil qui cherche du réconfort, ou un couple de jeunes mariés qui entament la conversation dans un bar. David est dépressif, trop souvent prostré dans sa voiture. Et c’est pourtant uniquement dans son métier qu’il semble trouver du sens à sa vie. </p>
<p>Le cinéaste mexicain refuse toute esthétisation : pas de musique, un éclairage naturel, des plans larges et désincarnés. Il use néanmoins d’un artifice : celui d’orienter le regard du spectateur dans la mauvaise direction. Ainsi lorsque David suit quelqu’un dans la rue ; lorsqu’il visite une maison ayant été construite jadis par son patient ; lorsqu’il s’invente un lien intime avec une patiente décédée. Autant de fausses pistes qui interrogent, avant toutes les questions de société sur la fin de vie, notre regard sur ces gens qui se consacrent à d’autres. David, d’apparence si gentil, altruiste, cacherait-il un lourd secret ? Pédophilie, perversion sexuelle, sociopathie ? Rien de tout cela, évidemment, mais cette suspicion est révélatrice : dans un monde où l’homme est un loup, toujours prêt à s’enrichir aux dépens des autres, à fermer les yeux lorsque c’est dangereux de les ouvrir, comment accepter qu’un homme soit prêt à tout sacrifier pour d’autres, qu’il connaît à peine ? Au milieu de <em>Chronic</em>, la famille d’un patient, qui préfère rester au rez-de-chaussée à faire la fête plutôt qu’aider le patriarche paralysé dans son lit à l&#8217;étage, porte plainte contre l’aide-soignant pour un prétexte fallacieux de harcèlement et de domination exercée. La vérité est bien plus triviale : la jalousie. David partage les derniers moments de la vie de ses patients, qui en sont également les plus humiliants. Naît entre eux un lien qui échappe au langage, de plus en plus indéfectible à mesure que les vivants se rapprochent du monde des morts. Pour les personnes extérieures à cette relation, c’est incompréhensible. David se sacrifie lorsqu’un mourant le lui demande, et accumule au fond de lui une somme infinie de peines et de désespoir, jusqu’au trop-plein, que Michel Franco a le courage d’affronter dans une ultime scène pénible et un brin moralisatrice : faire le bien, ça use.</p>
<p>&nbsp;<br />
Chronic <em>de Michel Franco, avec Tim Roth, Bitsie Tulloch, Michael Cristofer&#8230; Mexique, 2014. Présenté en compétition au 68e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Allende, mi abuelo Allende, de Marcia Tambutti Allende</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2015 16:46:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au-delà d’une enquête sur un personnage public, historique et emblématique du Chili, Marcia Tambutti Allende est surtout à la recherche de son grand-père, Salvador Allende.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Mon grand-père, ce héros</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/abuelo-salvador-allende-chili-marcia-tambutti.jpg" alt="Allende, mi abuelo Allende" title="Allende, mi abuelo Allende" width="275" height="280" class="alignleft size-full wp-image-21752" />Au-delà d’une enquête sur un personnage public, historique et emblématique du Chili, Marcia Tambutti Allende est surtout à la recherche de son grand-père, Salvador Allende. &#8220;Chicho&#8221; pour les intimes. Il s’agit de découvrir quel homme il était, quel mari, quel père, quel grand-père, donc, à travers les photos et films privés. En interrogeant sa propre famille, elle se confronte en fait à un tabou inattendu. La famille Allende a connu le deuil et l’exil et se retrouve face à des plaies encore ouvertes. La réalisatrice, qui met en scène ses conversations avec ses tante, frère, mère, grand-mère et cousins, se confronte au silence, au refus de faire resurgir des souvenirs douloureux, qu’il s’agisse des événements mêmes du 11 septembre 1973, de l’exil, du suicide de l’une des filles d’Allende à Cuba, ou de la vie familiale avant le coup d’Etat qui est celle d’une famille entièrement tournée vers la politique (les maisons hypothéquées et vendues pour financer les campagnes, l’absence du père et mari, les secrétaires personnelles qui sont aussi les maîtresses). L’émotion et la pudeur sont palpables dans chaque silence, chaque esquive, chaque refus d’obstacle, et ils sont nombreux. <em>Allende, mi abuelo Allende</em> souligne aussi l’importance de la photo, alors même que chacun stocke aujourd’hui des gigaoctets sans jamais les consulter. <span id="more-21713"></span>Ici, les photos de famille &#8211; dont de nombreuses ont disparu lors du coup d’Etat &#8211; sont l’objet d’un véritable enjeu émotionnel. Il y a celles que l’on refuse de voir, celles que l’on cache, celles dont on ne veut pas se séparer. Et, enfin, il y a l’album qui réunit toute la famille, permet l’expression et le partage de sentiments enfouis. Marcia Tambutti Allende signe là un film à la fois très personnel et universel sur les douleurs et les non-dits, sur la transmission et la mémoire. Un portrait de famille bouleversant.</p>
<p>&nbsp;<br />
Allende, mi abuelo Allende<em> de Marcia Tambutti Allende. Chili, Mexique, 2015. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2015. Lauréat du prix documentaire L&#8217;Oeil d&#8217;or 2015.</em></p>
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		<title>Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Oct 2013 07:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<em>Post Tenebras Lux</em> est le sixième film de Carlos Reygadas. "Après les ténèbres, la lumière"… Une lumière qui a eu bien du mal à transpercer l'épais nuage dans lequel le cinéaste plonge son auditoire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/04/post-tenebras-lux-1.jpg" rel="shadowbox[sbpost-6191];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/04/post-tenebras-lux-1.jpg" alt="Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas" title="Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas" width="196" height="280" class="alignleft size-full wp-image-7656" /></a><em>Post Tenebras Lux</em> est le sixième long-métrage de Carlos Reygadas. &#8220;Après les ténèbres, la lumière&#8221;… Une lumière qui a eu bien du mal à transpercer l&#8217;épais nuage dans lequel le cinéaste mexicain plonge son auditoire plus de deux heures durant. Sur le papier, ça donne ça : Juan, sa femme Natalia et leurs deux enfants ont quitté leur ville de Mexico pour s&#8217;installer à la campagne où ils profitent et souffrent d&#8217;un lieu qui voit la vie différemment. Ces deux mondes coexistent pourtant, sans savoir s&#8217;ils se complètent réellement ou si chacun lutte pour la disparition de l&#8217;autre. Sur l&#8217;écran, une succession de tableaux agencés au hasard des lieux et du temps. Il y a cette séquence d&#8217;ouverture magnifique où une petite fille s&#8217;ébroue dans l&#8217;herbe humide en courant après chiens, vaches, ânes et chevaux, avec dans le ciel, la lumière crépusculaire d&#8217;un orage qui approche. Il y a ce Belzébuth numérique et rougeoyant s&#8217;immisçant à pas feutrés dans une maison. Tranquille. Il porte une étrange mallette. Présence maligne qui semble figurer les déchirements et les dangers à venir. L&#8217;esthétique est soignée, comme toujours chez Reygadas, l&#8217;atmosphère mystérieuse et mystique, suggérée notamment par les contours d&#8217;une image volontairement floutée et par les bruissements d&#8217;une nature que l&#8217;on sent toute-puissante. <span id="more-6191"></span>L&#8217;entrée en matière semble tenir toutes les promesses d&#8217;un film hors du commun, beau et spirituel. Une proposition artistique radicale mais habitée d&#8217;une poésie éblouissante. De celle qui traverse l&#8217;<em>Oncle Boonmee</em> d&#8217;Apichatpong Weerasethakul ou le <em><a href="/cinema/tree-life-terrence-malick/" target="_blank">Tree of Life</a></em> de Terrence Malick. Mais très vite, Reygadas nous perd dans un défilé de scènes de la vie quotidienne montées sans cohérence apparente. Un pique-nique, une réunion de famille le soir de Noël, une jeune équipe de rugby dans un vestiaire s&#8217;apprêtant à rentrer sur le terrain, une expérience sexuelle troublante dans un hammam échangiste, ou encore un cambriolage qui tourne mal… Le réalisateur s&#8217;accorde toutes les libertés, lâchant sur la pellicule ses souvenirs et ses émotions sans se préoccuper de qui que ce soit. <em>Post Tenebras Lux</em> prend peu à peu la forme d&#8217;un cri artistique inaudible, d&#8217;une expression profondément intime qu&#8217;il est bien difficile de déchiffrer. Peut-être Carlos Reygadas souhaitait-il rester seul ? Pourquoi pas. Après tout, il fait ce qu&#8217;il veut.</p>
<p>&nbsp;<br />
Post Tenebras Lux <em>de Carlos Reygadas, avec Adolfo Jiménez Castro, Nathalia Acevedo, Willebaldo Torres&#8230; Mexique, France, Allemagne, Pays-Bas, 2012. Prix de la mise en scène du 65e Festival de Cannes. Sortie le 8 mai 2013. Sortie en DVD le 1er octobre 2013.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="315" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xr1977?hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Heli de Amat Escalante</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 18:08:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/heli-escalante1.jpg" alt="Heli, d&#039;Amat Escalante" width="197" height="280" class="alignleft size-full wp-image-12607" />A l&#8217;arrière d&#8217;un pick-up, une tête ensanglantée. Une ranger lui écrase la joue, comme pour s&#8217;assurer qu&#8217;elle ne bougera pas. Lentement, la caméra remonte, le cadre s&#8217;élargit, nous laissant découvrir deux corps inanimés, tête-bêche. L&#8217;un d&#8217;eux finira pendu au bout d&#8217;une corde, sous un pont. L&#8217;autre, c&#8217;est Heli, qui sera miraculeusement épargné. Une séquence d&#8217;ouverture à la violence abrupte qui sert de point de départ à un long flash-back. Cette violence jalonne tout le cinéma, pourtant encore très jeune, du mexicain Amat Escalante, petit protégé de Carlos Reygadas. Après l&#8217;asphyxiant <em>Sangre</em> et la folie meurtrière de <em>Los Bastardos</em>, le réalisateur poursuit, avec <em>Heli</em>, son tableau de la société mexicaine contemporaine. Celle des laborieux et des crève-la-faim.</p>
<p>Heli, sa femme et leur bébé, son père, sa petite-sœur Estrela, 12 ans. Toute la petite famille s&#8217;est regroupée dans la ville de Guanajuato. Une cité ouvrière dont l&#8217;existence n&#8217;est due qu&#8217;à la présence d&#8217;une usine automobile qui rythme la vie de ses habitants. Pas beaucoup d&#8217;autres choix de toute façon. Pour Heli, c&#8217;était ça ou s&#8217;enrôler dans la police. A l&#8217;instar de Beto, 17 ans, petit ami d&#8217;Estrela et jeune &#8220;bleu&#8221; d&#8217;un bataillon de flics locaux. Tous les jours, il se soumet aux sévices avilissants dictés par un de ces Texas Rangers venus au Mexique prodiguer ses techniques &#8220;commandos&#8221; <em>made in US</em>. L&#8217;usine ou la police, donc. Et autour, rien ou presque. D&#8217;immenses étendues désertiques, cerclées au loin de chaînes de montagnes. C&#8217;est dans cette prison à ciel ouvert qu&#8217;Amat Escalante a choisi de poser ses personnages. <span id="more-12261"></span>Telles des âmes errantes au Purgatoire avec, sous leurs pieds, les Enfers. Ceux du trafic de drogue et des cartels mafieux. Le cinéaste les filme dans leur quotidien et leur combat permanent pour ne pas sombrer. Jusqu&#8217;au jour où Beto cède à la tentation. Se met à rêver d&#8217;un ailleurs. Et finit impliqué dans un détournement de cocaïne. Il entraînera tout le monde dans sa chute…</p>
<p>Comme dans <em>Sangre</em>, on retrouve dans ce troisième long-métrage cette dimension sociale qu&#8217;Amat Escalante prend soin, encore une fois, de décrire avec beaucoup de précision. Le pointage à l&#8217;usine et la menace permanente du licenciement. Ces familles vivant les unes sur les autres et l&#8217;absence d&#8217;intimité. La religion et l&#8217;école, tellement déconnectées. On retrouve par ailleurs cette violence sauvage, sans détour qu&#8217;Escalante nous avait déjà jetée au visage dans <em>Los Bastardos</em>. Là encore, il ne nous épargne rien. Du malheureux p&#8217;tit-chiot-tout-mignon à qui on tord le cou, à la séance de torture interminable, entre coups de batte et pénis brûlé. Mais cette violence n&#8217;est jamais le fait d&#8217;individus sadiques dégénérés ou de monstres instables. Pas de John Doe ou de Hans Gruber. Ce serait trop simple et tellement déculpabilisant. Non, les bourreaux sont des enfants, des ados tout au plus, volontiers disposés à troquer leurs manettes de jeux vidéo contre une séance de lynchage en chair et en os, histoire de se faire la main. Pendant ce temps, dans la pénombre de la pièce à côté, la silhouette discrète et apeurée d&#8217;une mère impuissante. </p>
<p>Amat Escalante ne nous cache rien, certes, mais ne verse jamais dans la complaisance ou la morale. Avec <em>Heli</em>, il fait la synthèse de ses deux premiers films et signe le troisième volet d&#8217;un cycle – inconscient – consacré à la tension permanente qui traverse son pays. A cette violence profondément triste dont il s&#8217;évertue à montrer toutes les réalités. </p>
<p>&nbsp;<br />
Heli <em>d&#8217;Amat Escalante, avec Armando Estrada, Linda González Hernández, Andrea Jazmín Vergara&#8230; Mexique, 2013. Prix de la mise en scène du 66e Festival de Cannes.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/x0qkmz/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Después de Lucia, de Michel Franco</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Oct 2012 19:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après <em>Daniel y Ana</em>, l’histoire vraie et tragique du kidnapping d’un frère et d’une sœur, Michel Franco est de retour avec <em>Después de Lucia</em>, prix Un Certain Regard du 65e Festival de Cannes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/04/despues-de-lucia-1.jpg" alt="Después de Lucia, de Michel Franco" width="280" height="175" class="alignleft size-full wp-image-7781" />Après son premier long-métrage <em>Daniel y Ana</em>, l’histoire vraie et tragique du kidnapping d’un frère et d’une sœur dans laquelle il abordait avec beaucoup de pudeur des sujets sensibles tels que le viol, l’inceste et la pornographie clandestine, Michel Franco est de retour avec un deuxième film, <em>Después de Lucia</em> (<em>Après Lucia</em>), dans lequel le cinéaste continue d&#8217;exposer ses inquiétudes quant à l&#8217;évolution de la société mexicaine. <em>Después de Lucia</em> raconte l&#8217;histoire de Roberto (Hernán Mendoza), dépressif, miné par la perte de sa femme, Lucia, après un accident de voiture. Il décide alors d’aller s’installer à Mexico avec sa fille Alejandra (Tessa Ia), 15 ans. Un nouveau départ qui s’avère des plus délicats pour la jeune adolescente. Jolie, brillante, elle devient vite la cible de ses camarades de classe. Humiliée, harcelée moralement et sexuellement, Alejandra choisit pourtant de dissimuler ses souffrances, afin de ne pas accabler son père. La violence s’immisce alors peu à peu dans chaque recoin de son quotidien. <span id="more-6602"></span></p>
<p>Le personnage d&#8217;Alejandra que campe la jeune et néanmoins très convaincante Tessa Ia évolue dans un milieu plutôt aisé. Un milieu bourgeois où il est d&#8217;autant plus délicat d&#8217;avouer ses défaillances et ses douleurs. Celles d&#8217;Alejandra sont pourtant profondes. A l&#8217;école, elle subit, en silence, tous les supplices que lui infligent ses camarades de classe. Une pénitence qu&#8217;elle s&#8217;impose et grâce à laquelle elle pense pouvoir absorber toute l&#8217;affliction de son père, qui, incapable de faire son deuil, a cessé de croire en quoi que ce soit. Abattu et aveuglé par son chagrin, il ne voit pas sa fille s&#8217;enfoncer chaque jour un peu plus. A la maison, la jeune fille s&#8217;évertue à donner le change. Elle prépare à manger, elle incite son père à rencontrer d&#8217;autres femmes, elle l&#8217;encourage lorsque celui-ci est sur le point d&#8217;abandonner son projet professionnel, l&#8217;ouverture de son propre restaurant. Mais dans sa volonté de combler le vide laissé par sa mère, dans son désir d&#8217;un retour à l&#8217;équilibre, l&#8217;adolescente sort de son rôle et se retrouve à assumer une charge beaucoup trop lourde pour elle. </p>
<p>Afin de ne pas troubler l&#8217;attention du spectateur, Michel Franco a opté pour une réalisation très épurée, nettoyée de tout mouvement de caméra superflu, de toute rupture dans la narration. Le cinéaste tient à tout prix à éviter une dramatisation excessive. A chaque situation, son cadre. Cela passerait presque pour du &#8220;tourné-monté&#8221;. Une simplicité formelle qui, par contraste avec la violence du propos, insuffle au récit une atmosphère parfaitement réaliste et naturelle, amplifiant par la même occasion la sensation de malaise chez celui qui regarde. Dans cette mise en scène frontale, statique et glaciale, Michel Franco dessine les contours de cette violence protéiforme et banale, physique et morale qui submerge aujourd&#8217;hui toutes les strates de son pays (mais que l&#8217;on pourrait retrouver n&#8217;importe où). Une violence généralisée qui dépasse largement les problématiques de classes sociales.</p>
<p>&nbsp;<br />
Después de Lucia <em>de Michel Franco, avec Tessa Ia, Hernán Mendoza&#8230; Mexique, 2012. Prix Un Certain Regard du 65e Festival de Cannes. Sortie le 3 octobre 2012.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>La sélection Un Certain Regard du 65e Festival de Cannes</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/festival-cannes-2012/films-65e-cannes/selection-certain-regard/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 12:08:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pendant parallèle - mais tout aussi prestigieux - à la compétition officielle, la sélection Un Certain Regard 2012, présidée cette année par Mr Orange <em>aka</em> Tim Roth, ne déroge pas à sa règle, à savoir...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Cannes 2012 pour les nuls #2</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/tim-roth-cannes.jpg" alt="Tim Roth, président du jury Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes" title="Tim Roth, président du jury Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-6744" />Pendant parallèle &#8211; mais tout aussi prestigieux &#8211; à la <a href="/festival-cannes-2012/films-65e-cannes/selection-officielle-competition/" target="_blank">compétition officielle</a>, la sélection Un Certain Regard 2012, présidée cette année par Mr Orange <em>aka</em> Tim Roth, ne déroge pas à sa règle, à savoir la mise en perspective de projets singuliers, peut-être un tantinet plus aventureux que la programmation du théâtre Lumière.<br />
<span id="more-6517"></span><br />
&nbsp;<br />
&nbsp;</p>
<h4><em><a href="/cinema/miss-lovely-ashim-ahluwalia/" target="_blank">Miss Lovely</a></em> d&#8217;Ashim Ahluwalia</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/miss-lovely-ashim-ahluwalia1.jpg" alt="Miss Lovely de Ashim Ahluwalia" title="Miss Lovely de Ashim Ahluwalia" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6654" /><strong>Qui ?</strong><br />
Jeune réalisateur indien, Ashim Ahluwalia représentera le cinéma de Bollywood à Cannes. Enfin, un Bollywood comme on n&#8217;en a encore jamais vu. Loin des clichés et des conventions. Celui qui a commencé à faire du cinéma en retravaillant les films amateurs réalisés par son grand-père dans les années 1950 (il en a fait son premier court-métrage <em>The Dust</em> en 1993) est devenu un des cinéastes les plus originaux de sa génération. Remarqué en 2005 au festivals de Toronto et de Berlin pour son premier long-métrage <em>John et Jane</em>, un documentaire aux airs de fiction &#8211; ou l&#8217;inverse &#8211; sur la fièvre consumériste à Mumbai, il reçut à cette occasion le prix du cinéma national indien en 2007. Un cinéma audacieux, entre tradition bollywoodienne et exploration avant-gardiste. Le monde de l&#8217;art contemporain s&#8217;intéresse d&#8217;ailleurs beaucoup à son travail. Ses courts-métrages ont été diffusés à la Tate Modern, au centre Pompidou et à la Biennale d&#8217;architecture de Venise.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
L&#8217;histoire de <em>Miss Lovely</em> se passe dans l&#8217;industrie cinématographique de Mumbai, dans les années 1980. Portant un regard sans concession sur le monde de Bollywood, le film suit deux frères, producteurs minables de films d&#8217;horreur, qui se lancent à la recherche de l&#8217;histoire la plus gore. Quant à Pinky (interprétée par une ancienne Miss Inde, Niharika Singh), jeune femme qui aspire à devenir actrice, elle va vite se retrouver plongée dans l&#8217;enfer du film porno. Bienvenue dans le monde merveilleux de Bollywood !<br />
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<h4><em><a href="/cinema/playa-juan-andres-arango/" target="_blank">La Playa D.C.</a></em> de Juan Andrés Arango</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/playa-juan-andres-arango1.jpg" alt="La Playa D.C. de Juan Andrés Arango" title="La Playa D.C. de Juan Andrés Arango" width="200" height="129" class="alignleft size-full wp-image-6655" /><strong>Qui ?</strong><br />
Colombien d&#8217;origine, canadien d&#8217;adoption, Juan Andrés Arango ne cesse de faire des va-et-vient entre ces deux pays pour parfaire son apprentissage du cinéma. Après un cursus à l&#8217;université de cinéma en Colombie qu&#8217;il clôt par la réalisation d&#8217;un film de fin d&#8217;études, <em>Eloisa y las Nieves</em>, il retourne au Canada pour travailler sur son second film, son premier long-métrage, <em>La Playa D.C.</em>. Une plongée réaliste au cœur d&#8217;une Bogota brutale et dangereuse qu&#8217;il réussit à faire financer par une aide du fonds colombien pour le développement cinématographique. Le film est par ailleurs retenu pour participer au Festival du cinéma en construction de San Sebastian.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Tourné dans les quartiers populaires de Bogota, <em>La Playa D.C.</em> dépeint cette ville où s&#8217;installent aujourd’hui des réfugiés afro-colombiens en quête d&#8217;une vie meilleure. La chute est souvent rude quand ils sont contraints de devenir au mieux coiffeurs de rue, et au pire, dealers, à l&#8217;image de Tomas, le héros de cette fiction. Ce jeune a dû fuir son village à cause de la guerre et il se retrouve à Bogota, une ville de &#8220;Blancs&#8221; stigmatisante et violente. Le film raconte ses errances dans la capitale à la recherche de son frère Jairo.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/chevaux-dieu-nabil-ayouch/" target="_blank">Les Chevaux de Dieu</a></em> de Nabil Ayouch</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/chevaux-dieu-nabil-ayouch1.jpg" alt="Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch" title="Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch" width="200" height="148" class="alignleft size-full wp-image-6656" /><strong>Qui ?</strong><br />
Nabil Ayouch : avec Jilali Ferhati ou la réalisatrice Farida Benlyazid, ce réalisateur né à Paris incarne la dimension sociale du cinéma marocain des années 1990, une cinématographie hélas réputée alors pour ses conditions de production difficiles. Avec <em>Mektoub</em> et <em>Whatever Lola Wants</em>, Ayouch s’est approprié le thème du retour au pays et a fait connaître son cinéma aux milieux cinématographiques internationaux. C’est aussi le réalisateur qui a fait débuter Jamel Debbouze au cinéma, en 1992.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Les Chevaux de Dieu</em> semble rejoindre thématiquement <em>Ali Zaoua prince de la rue</em>, autre film d’Ayouch évoquant les petites gens des villes marocaines. Mais si le métrage de 2001 rendait compte d’une solidarité entre enfants de la balle, le cru 2012 s’annonce plus sombre, puisque à travers le destin de deux frères issus des bidonvilles de Sidi Moumen, Ayouch entend retracer le parcours qui les a menés au terrorisme et au sanglant attentat de Casablanca, en 2003.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/renoir-gilles-bourdos/" target="_blank">Renoir</a></em> de Gilles Bourdos</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/renoir-gilles-bourdos.jpg" alt="Renoir, de Gilles Bourdos" title="Renoir, de Gilles Bourdos" width="200" height="121" class="alignleft size-full wp-image-6702" /><strong>Qui ?</strong><br />
<em>Un cadeau de Noël</em>, <em>L&#8217;Eternelle Idole</em>, <em>Relâche</em>. C&#8217;est avec ces trois courts-métrages que Gilles Bourdos se lance à l&#8217;assaut du septième art, épaulé par son actrice fétiche Brigitte Catillon. Il convie d&#8217;ailleurs à nouveau sa muse pour signer ses deux premiers longs, <em>Disparus</em> en 1998 et <em>Inquiétudes</em> en 2003. Quatre ans plus tard, il adapte à l&#8217;écran le roman de Guillaume Musso <em>Et après</em>.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
C&#8217;est <em>in extremis</em> que Gilles Bourdos intègre ce Certain Regard 2012 avec son film <em>Renoir</em>, dans lequel le réalisateur revient avec liberté sur les dernières années de la vie du célèbre peintre. Incarné par Michel Bouquet, Auguste Renoir sent ses forces doucement l&#8217;abandonner. Il retrouve pourtant l&#8217;émoi et la frénésie de ses débuts avec l&#8217;« apparition » d&#8217;Andrée, une jeune fille belle et insaisissable. Elle devient son ultime inspiration. Mais lorsque Jean (Vincent Rottiers), le fils blessé, revient du front goûter à une convalescence bien méritée, il tombe lui aussi en admiration devant la jeune femme. Transporté par son énergie effrénée, Jean se décide à embrasser une carrière de cinéaste.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/trois-mondes-catherine-corsini/" target="_blank">Trois mondes</a></em> de Catherine Corsini</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/trois-mondes-corsini1.jpg" alt="Trois mondes de Catherine Corsini" title="Trois mondes de Catherine Corsini" width="200" height="133" class="alignleft size-full wp-image-6658" /><strong>Qui ?</strong><br />
A Catherine Corsini, on doit la révélation de Karin Viard et Pierre-Loup Rajot dans <em>La Nouvelle Eve</em>. Elle paumée mais énergique, lui trop gentil et trop raisonnable. Eux amoureux illégitimes. C&#8217;était drôle, enlevé et émouvant. Depuis, variant les registres, du plus léger (<em>Mariées mais pas trop</em>) au plus sombre (<em>La Répétition</em>), elle n&#8217;a cessé de décortiquer les liens amoureux, entre pouvoir, ambition, orgueil et soumission, décelant chaque fois une vérité inexplorée chez ses acteurs.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Changement de cap avec <em>Trois mondes</em> ? Un accident, un délit de fuite, un témoin, un coupable, une victime et une collatérale. On semble s&#8217;éloigner des atermoiements amoureux pour se concentrer sur des questions morales dans une ambiance de polar. Et avec les jeunes acteurs, Raphaël Personnaz, Clotilde Hesme et Arta Dobroshi, découverte, à Cannes déjà, dans <em>Le Silence de Lorna</em>, tout cela prend des airs de cure de jouvence et de renouveau pour Catherine Corsini.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/antiviral-brandon-cronenberg/" target="_blank">Antiviral</a></em> de Brandon Cronenberg</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/antiviral-brandon-cronenberg1.jpg" alt="Antiviral de Brandon Cronenberg" title="Antiviral de Brandon Cronenberg" width="200" height="133" class="alignleft size-full wp-image-6659" /><strong>Qui ?</strong><br />
Brandon Cronenberg est totalement inconnu. Si ce n’est que son père se prénomme David, est également présent à Cannes avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cosmopolis-david-cronenberg/" target="_blank">Cosmopolis</a></em> (en compétition), et figure parmi les plus grands noms du cinéma actuel. Ainsi, Brandon paraît subitement plus connu, plus sympa, et même plus talentueux. Car si le jeune réalisateur-scénariste a écouté ne serait-ce qu’une infime partie des conseils du paternel, nul doute que son premier film, <em>Antiviral</em>, va réserver quelques surprises.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Antiviral</em>, donc. L’histoire d’un jeune chercheur qui inocule à ses patients les pathologies de leurs stars préférées. Une histoire étrange, une réflexion sur la maladie et sur la célébrité : Brandon Cronenberg s’annonce aussi excentrique et créatif que son père.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/grand-soir-benoit-delepine-gustave-kervern/" target="_blank">Le Grand Soir</a></em> de Benoît Delépine et Gustave Kervern</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/grand-soir-kervern-delepine1.jpg" alt="Le Grand Soir de Benoît Delépine et Gustave Kervern" title="Le Grand Soir de Benoît Delépine et Gustave Kervern" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6660" /><strong>Qui ?</strong><br />
On ne présente plus le fameux duo Benoît Delépine / Gustave Kervern, auteurs et acteurs de <em>Groland</em>, réalisateurs de comédies sociales mordantes, surfant toujours sur l’actualité : <em>Aaltra</em> en 2004, <em>Avida</em> en 2006, <em>Louise-Michel</em> en 2008 et <em>Mammuth</em> en 2010. Si leur humour fait grincer des dents, il n’en est pas moins reconnu pour être aussi efficace qu’intelligent.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Le Grand Soir</em>, cinquième long-métrage du duo, met en scène Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel. Le premier incarne « le plus vieux punk à chien d’Europe », le second son frère, commercial déchu. Les deux hommes vont tardivement se retrouver dans la haine du système et lutter contre celui-ci. Mais quel est le lieu idéal de la révolution ? Le dernier endroit à la mode : les centres commerciaux. Il n’y a qu’à voir les premières images du film pour se convaincre de la forme olympique de Delépine et Kervern. Poelvoorde, crête dressée sur la tête, entraîne le naïf Dupontel vers la révolution, sur une célèbre musique de Didier Wampas. <em>Le Grand Soir</em> s’annonce jubilatoire.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/laurence-anyways-xavier-dolan/" target="_blank">Laurence Anyways</a></em> de Xavier Dolan</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/laurence-anyways-xavier-dolan1.jpg" alt="Laurence Anyways de Xavier Dolan" title="Laurence Anyways de Xavier Dolan" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6661" /><strong>Qui ?</strong><br />
Xavier Dolan est l’un des plus jeunes réalisateurs au monde aussi reconnu et incarne le chef de file d’une nouvelle génération de cinéastes québécois. Il fut d’abord acteur dans de nombreux spots publicitaires, séries télévisées et films puis à 20 ans seulement, il tourne son premier long-métrage <em>J’ai tué ma mère</em>, sélectionné en 2009 à la Quinzaine des réalisateurs. Il y explore des rapports violents entre une mère et son fils homosexuel et interprète lui-même le protagoniste. Un film très autobiographique, donc. L’année suivante c’est avec une comédie sur <em>Les Amours imaginaires</em> qu’il revient à Cannes, cette fois-ci dans la sélection Un Certain Regard, évoquant là encore, la question de l’homosexualité mais plus généralement les interprétations erronées et les fantasmes déçus de deux amis (un jeune homme homo et une jeune femme) épris du même éphèbe. Xavier Dolan oscille donc entre comédie et drame, avec une langue très écrite, proche parfois de l’écriture théâtrale, et c’est d’ailleurs, tel qu’il aime à le souligner, essentiellement du côté du théâtre (de Shakespeare à Jean-Marie Koltès), que le réalisateur va puiser son inspiration.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Laurence Anyways</em>, tourné en février 2011, est le troisième long-métrage de Xavier Dolan. Dans le rôle titre, on trouve l’acteur français Melvil Poupaud, dont la mère est incarnée par Nathalie Baye. Petite anecdote : le rôle principal fut d’abord tenu par Louis Garrel, qui, tyrannisé par le réalisateur, aurait quitté le plateau du jour au lendemain et mis fin à cette douloureuse collaboration. <em>Laurence Anyways</em> raconte l’histoire d’un homme qui souhaite devenir une femme. Il l’annonce à sa compagne tout en cherchant à la convaincre d’accepter son choix et de rester avec la nouvelle personne qu’il deviendra. Xavier Dolan a réussi à passer brillamment le cap difficile car attendu du deuxième film avec <em>Les Amours imaginaires</em>, réalisé dans les mêmes modestes moyens économiques que le premier ; à l&#8217;inverse, <em>Laurence Anyways</em> a bénéficié d’un grand soutien financier et on peut se demander comment cette nouvelle donne influera sur son œuvre. Ce long-métrage aura-t-il la même simplicité foudroyante, la même authenticité que la critique a reconnu chez Xavier Dolan ? Le film sera-t-il fait de cette « sueur » si chère au réalisateur ? Car la vraie question purement météorologique mais de grand intérêt, c’est : transpirerons-nous cette année à cannes ?<br />
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<h4><em><a href="/cinema/despues-lucia-michel-franco/" target="_blank">Después de Lucia</a></em> de Michel Franco</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/despues-luca-franco1.jpg" alt="Después de Lucia de Michel Franco" title="Después de Lucia de Michel Franco" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6663" /><strong>Qui ?</strong><br />
Une formation à la New York Academy, quelques films publicitaires en guise de premiers pas, un court-métrage, <em>Entre dos</em> (2003), qui parcourt les festivals : Michel Franco n&#8217;est pas bien vieux lorsqu&#8217;il déboule sur la Croisette en 2009 avec son premier long <em>Daniel y Ana</em> dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs. L&#8217;histoire vraie et tragique du kidnapping d&#8217;un frère et d&#8217;une sœur. Le réalisateur y abordait avec beaucoup de pudeur des sujets aussi sensibles tels que le viol, l&#8217;inceste et la pornographie clandestine.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Michel Franco est de retour au Festival de Cannes avec son deuxième film, <em>Después de Lucia</em>, présenté cette année au Certain Regard. Un récit qui ne s&#8217;annonce pas encore des plus joyeux : Roberto est dépressif, miné par la perte de sa femme après un accident de voiture. Il décide alors d&#8217;aller s&#8217;installer à Mexico avec sa fille Alejandra, 15 ans. Un nouveau départ qui s&#8217;avère des plus délicats pour la jeune adolescente. Plus jolie, plus brillante, elle devient vite la cible de ses camarades de classe. Humiliée, harcelée moralement et sexuellement, Alejandra choisit pourtant de garder le secret, afin de ne pas accabler son père. La violence s&#8217;immisce peu à peu dans chaque recoin de son quotidien.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/perdre-raison-joachim-lafosse/" target="_blank">A perdre la raison</a></em> de Joachim Lafosse</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/perdre-raison-joachim-lafosse-1.jpg" alt="A perdre la raison de Joachim Lafosse" title="A perdre la raison de Joachim Lafosse" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6665" /><strong>Qui ?</strong><br />
Joachim Lafosse est belge. C&#8217;est un peu le cinéaste de la troisième voie. Ni frère Dardenne, ni Benoît Poelvoorde. Doué et prolifique, avec ses quatre précédents films (<em>Folie privée</em>, <em>Ca rend heureux</em>, <em>Nue propriété</em>, <em>Elève libre</em>), il a déjà essaimé les festivals de Locarno, Venise, et Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs. Il ne joue pas dans la cour du réalisme dur, âpre et, avouons-le, souvent glauque. Ne goûte pas non plus la bonne blague et l&#8217;absurde. Mais quelque part entre les deux, il s&#8217;intéresse aux limites, celles que l&#8217;on se fixe, celles que l&#8217;on dépasse, et celles qu&#8217;on transgresse, plutôt à tort qu&#8217;à raison. En résulte un cinéma trouble et fascinant, qui décortique les complexes liens de la famille.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>A perdre la raison</em> lance Joachim Lafosse dans la lignée de Jacques Audiard : un titre pris d&#8217;un extrait de chanson, comme <em>De battre mon cœur s&#8217;est arrêté</em> ; et le duo reformé de Niels Arestrup et Tahar Rahim, après <em>Un prophète</em>. On lui souhaite le même destin. Il s&#8217;inspire ici d&#8217;un fait divers qui a remué la Belgique en 2007, celui d&#8217;un quintuple infanticide. Et sent déjà le parfum de scandale, l&#8217;ex-mari de la mère meurtrière s&#8217;étant opposé au projet, criant à la récupération mercantile. On a du mal à croire que ce soient les intentions de Joachim Lafosse, qui semble filmer une détresse croissante, une perte des sens, jusqu&#8217;au-delà des limites.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/student-darezhan-omirbayev/" target="_blank">Student</a></em> de Darezhan Omirbaev</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/student-darezhan-omirbayev-1.jpg" alt="Student de Darezhan Omirbayev" title="Student de Darezhan Omirbayev" width="200" height="113" class="alignleft size-full wp-image-6666" /><strong>Qui ?</strong><br />
Darezhan Omirbaev… Un nom peu connu du grand public, un peu à l&#8217;image de ces terres dont il est originaire, celles d&#8217;Asie centrale. Du Kazakhstan, plus précisément. Ce nom, c&#8217;est pourtant celui d&#8217;un des réalisateurs les plus atypiques du cinéma mondial. Un réalisateur dont les films, au gré des festivals, ont très souvent créé l&#8217;émoi. Que ce soit à Locarno en 1991, avec son premier long-métrage <em>Kairat</em>, récompensé par un Léopard d&#8217;argent et le prix Fipresci. A Venise, en 1995, avec <em>Kardiogramma</em>, sélectionné en compétition officielle. Ou encore à Cannes, à deux reprises. Une première fois en 1998 avec <em>Tueur à gages</em>, récompensé par le prix Un Certain Regard-Fondation Gan, puis en 2001, avec <em>La Route</em> (pas celle de Kerouac…), qui figurait à nouveau dans la sélection officielle Un Certain Regard. Le cinéma de Darezhan Omirbaev est un cinéma sobre, aux lignes de dialogues épurées, aux cadres précis, à la photographie soignée et aux personnages guidés par leur destin.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Pour sa troisième sélection dans le cadre du Certain Regard, Darezhan Omirbaev viendra cette année présenter son film <em>Student</em>, une adaptation audacieuse et personnelle du roman de Dostoïevski, <em>Crime et châtiment</em>. L&#8217;action se situe dans le Kazakhstan moderne. Désargenté et souffrant de solitude, un étudiant en philosophie s&#8217;efforce de survivre à sa condition. Exaspéré par une société coupée en deux, entre riches et pauvres, forts et faibles, il en arrive à envisager le pire et ira jusqu&#8217;à commettre un crime. Omirbaev reprend dans son long-métrage les grands thèmes qui traversent le roman russe : l&#8217;isolement, la souffrance, le remord, la culpabilité, la religion et la rédemption.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/pirogue-moussa-toure/" target="_blank">La Pirogue</a></em> de Moussa Touré</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/pirogue-moussa-toure1.jpg" alt="La Pirogue, de Moussa Touré" title="La Pirogue, de Moussa Touré" width="200" height="133" class="alignleft size-full wp-image-6696" /><strong>Qui ?</strong><br />
Moussa Touré a fait ses armes comme technicien auprès de François Truffaut ou Bertrand Tavernier, avant de réaliser son premier film en 1991. <em>Toubab Bi</em> remporte de nombreux prix et révèle son réalisateur au-delà des frontières du Sénégal. Ses films suivants, <em>TGV</em>, <em>5 x 5</em> et <em>Nosaltres</em>, connaissent le même engouement (<em>Nosaltres</em> gagne notamment une mention spéciale au Festival panafricain du cinéma et de la télévision en 2007).</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
A l’instar de <em>Nosaltres</em>, <em>La Pirogue</em> traite de l’immigration et de la peur de l’autre. Le nouveau film de Moussa Touré raconte l’histoire de Baye Laye, capitaine de pirogue, chargé d’emmener trente hommes en Espagne. Trente hommes qui ne parlent pas tous la même langue, qui n’ont parfois jamais vu la mer et qui avancent vers l’inconnu. Peu représenté dans les festivals, le cinéma d’Afrique noire réserve pourtant souvent d’agréables surprises : en 2010, <em>Un homme qui crie</em>, du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, avait obtenu le prix du Jury du 63e Festival de Cannes.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/elefante-blanco-pablo-trapero/" target="_blank">Elefante blanco</a></em> de Pablo Trapero</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/elefante-blanco-pablo-trapero-1.jpg" alt="Elefante blanco de Pablo Trapero" title="Elefante blanco de Pablo Trapero" width="200" height="133" class="alignleft size-full wp-image-6667" /><strong>Qui ?</strong><br />
Réalisateur de l’étonnant <em>Mundo grua</em> en 1999, chantre du nouveau cinéma argentin, scénariste et producteur, habitué de la Croisette – il y a déjà présenté <em>El Bonaerense</em>, <em>Leonera</em> et <em>Carancho</em> -, Pablo Trapero défend un cinéma audacieux et militant.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Cette année, Pablo Trapero revient à Cannes avec deux films, tous deux au Certain Regard. D’abord le film collectif <em>Sept jours à La Havane</em>, puis cet <em>Elefante blanco</em>, l’histoire d’une communauté religieuse qui lutte contre la corruption dans la banlieue de Buenos Aires. Trapero avait déjà traité le sujet dans <em>El Bonaerense</em>, mais l’envisage ici sous un angle plus mystique. Dans le rôle des prêtres, Ricardo Darin (star argentine déjà vue dans <em>Carancho</em>) et notre Jérémie &#8220;Cloclo&#8221; Renier ; dans le rôle de la femme fatale, la magnifique Martina Gusman, muse et compagne de Pablo Trapero, qui illumine à elle seule n’importe quel film.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/confession-enfant-siecle-sylvie-verheyde/" target="_blank">Confession d’un enfant du siècle</a></em> de Sylvie Verheyde</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/confession-enfant-siecle-sylvie-verheyde-1.jpg" alt="Confession d&#039;un enfant du siècle de Sylvie Verheyde" title="Confession d&#039;un enfant du siècle de Sylvie Verheyde" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6668" /><strong>Qui ?</strong><br />
Sylvie Verheyde, rare sur grand écran, y a tout de même laissé quelques traces, entre <em>Princesses</em>, mélange iconoclaste de polar et de drame &#8220;paumé&#8221;, confrontant Emma de Caunes (qu’elle avait dirigée dans son premier métrage <em>Un frère</em>) à Jean-Hugues Anglade, et <em>Stella</em>, reconstitution de la vie d’une préadolescente dans les années 1970. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Musset haut, Musset bas : peu plébiscité au cinéma, l’auteur de <em>Lorenzaccio</em> a été plus souvent évoqué pour sa liaison avec George Sand (<em>Les Enfants du siècle</em> de Diane Kurys) que transcrit à l’écran (ces dernières années, l’un des seuls exemples reste <em>Il ne faut jurer de rien !</em> sur lequel on ne dira rien, de peur de jurer). Avec <em>Confession d’un enfant du siècle</em>, Verheyde rapproche les deux ambitions, l’œuvre adaptée restant l’une des plus autobiographiques de l’écrivain. Au casting, Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg continuent l’une des particularités de la cinéaste, à savoir la direction de chanteur-acteur, à l’exemple de Benjamin Biolay, méconnaissable en patron de PMU bourru dans <em>Stella</em>. Et si la présence à l’affiche de l’ancien chanteur des Libertines et des Babyshambles fera sans doute beaucoup plus parler du film que les atermoiements amoureux de l’oncle Alfred, gageons que cet artiste francophile saura œuvrer à la redécouverte du patrimoine.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/novembre-jour-mishima-choisi-destin-wakamatsu/" target="_blank">25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin</a></em> de Koji Wakamatsu</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/jour-mishima-destin-wakamatsu-1.jpg" alt="25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin" title="25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6669" /><strong>Qui ?</strong><br />
Dresser la liste des films de Koji Wakamatsu serait vain, tant ils sont nombreux et souvent invisibles de notre côté de la planète. Pourtant, Wakamatsu est le plus connu des cinéastes underground japonais : ancien yakuza, il débute sa carrière par le <a href="http://www.grand-ecart.fr/recadrages/roman-porno-japonais-nikkatsu/" target="_blank">pinku eiga</a>, dans lequel il voit immédiatement l’opportunité de développer des thèses politiques et anarchistes. Derrière une imagerie perverse et surréaliste, son regard critique sur le pouvoir en place donne une profondeur inattendue à ses films. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Avec <em>25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin</em>, Koji Wakamatsu resserre encore le virage entamé avec <em>United Red Army</em> en 2008. Après avoir croqué en temps réel les faits divers et l’évolution politique du Japon pendant quarante ans, Wakamatsu s’attache à raviver les souvenirs morbides de l’histoire nippone : la prise du chalet d’Asama dans <em>United Red Army</em>, les conséquences de la Seconde Guerre mondiale dans <em>Le Soldat dieu</em>. <em>25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin</em> revient sur la tentative de putsch et le seppuku public de l’écrivain Yukio Mishima en 1970.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/mystery-lou-ye/" target="_blank">Mystery</a></em> de Lou Ye</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/mystery-lou-ye1.jpg" alt="Mystery, de Lou Ye" title="Mystery, de Lou Ye" width="200" height="134" class="alignleft size-full wp-image-6693" /><strong>Qui ?</strong><br />
Lou Ye, né à Shanghai en 1965, fait partie de la « sixième génération » de réalisateurs chinois (avec jia Zhangke, Wang Chao, Zhang Yuan et Wang Xiaoshuai).<br />
C’est le peintre de la passion amoureuse, qu’il place au centre de son œuvre et qu’il confronte souvent à l’histoire de son pays, et aux conflits sociaux. Lou Ye entame son parcours par <em>Weekend Lover</em> (prix Fassbinder au Festival de Mannheim), portrait d’une jeunesse sans repères à Shanghai ; mais c’est avec son deuxième long-métrage, <em>Suzhou River</em>, une histoire d’amour teintée d’onirisme tournée en caméra subjective qu’il se fait connaître auprès des Occidentaux. En Chine, le film n’a pas droit de sortie en salle. Le cinéaste enchaîne les paris ambitieux, défiant la censure et brisant les tabous imposés par la dictature chinoise. Il réalise <em>Purple Butterfly</em>, fresque consacrée au conflit sino-japonais des années 1930 (en compétition officielle cannoise en 2003) puis <em>Une jeunesse chinoise</em> autour des événements tragiques de la place Tian An Men, qui lui vaut une interdiction de tourner en Chine pendant cinq ans. Dès la fin de l&#8217;interdiction, Lou Ye fait coproduire son nouveau film <em>Nuits d’ivresse printanière</em> par des sociétés de Hong Kong et de France, échappant ainsi à la censure. Présenté au Festival de Cannes de 2009, il remporte le prix du scénario. Suit <em>Love and Bruises</em>, tourné à Paris avec la star Tahar Rahim et mettant à nouveau en scène une passion intense et violente entre une jeune étudiante chinoise et un jeune ouvrier. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Mystery</em> : une histoire d’adultère qui tourne au drame par la mort de la jeune amante, dont le corps sanglant est retrouvé sur le bord d’une autoroute. Un policier ambitieux prend en charge l’affaire ; il refuse de croire à un accident. Lou Ye déplace donc son champ de prédilection vers le polar. On attend avec impatience de voir comment il maniera le genre ; s’il reste prétexte à raconter des sentiments passionnels ou si le cinéaste saura se servir du suspense pour tenir d’une nouvelle et autre façon son public en haleine.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/betes-sud-sauvage-benh-zeitlin/" target="_blank">Les Bêtes du sud sauvage</a></em> de Benh Zeitlin</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/betes-sud-sauvage-zeitlin.jpg" alt="Les Bêtes du sud sauvage, de Benh Zeitlin" title="Les Bêtes du sud sauvage, de Benh Zeitlin" width="200" height="146" class="alignleft size-full wp-image-6697" /><strong>Qui ?</strong><br />
Benh Zeitlin préfère le cinéma au hockey. C’est sûrement pour ça qu’il cofonde en 2004 Court 13, un collectif de réalisateurs indépendants, et déménage à La Nouvelle-Orléans pour tourner son premier court-métrage, <em>Glory at Sea</em>, ayant pour toile de fond l’ouragan Katrina.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Les Bêtes du sud sauvage</em>, son premier long, a quelque chose de <em>Max et les Maximonstres</em>, jusqu’à son titre original qui y fait directement écho (<em>Beasts of the Southern Wild</em> vs <em>Where the Wild Things Are</em>). Benh Zeitlin décrit lui-même son film comme un voyage fantastique dans une réalité alternative. <em>Les Bêtes du sud sauvage</em> suit l’odyssée d’une petite fille de 6 ans qui part à la recherche de sa mère alors que la nature reprend ses droits. En janvier 2012, le Festival de Sundance a décerné au film le Grand Prix du jury, et les critiques ont porté aux nues ce tout jeune réalisateur. Sa participation à Cannes est donc hautement attendue – encore plus qu’un match de hockey Canada / Suède.<br />
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<h4><em><a href="/cinema/7-jours-havane-del-toro-trapero-cantet/" target="_blank">Sept jours à La Havane</a></em> de Benicio Del Toro, Pablo Trapero, Julio Medem, Elia Suleiman, Gaspar Noé, Juan Carlos Tabio, Laurent Cantet</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/sept-jours-havane.jpg" alt="Sept jours à La Havane" title="Sept jours à La Havane" width="200" height="133" class="alignleft size-full wp-image-6692" /><strong>Qui ?</strong><br />
Benicio Del Toro, c&#8217;est le Sean Penn latin. C&#8217;est le gangster maniéré dans <em>Usual Suspects</em> de Brian Singer, c&#8217;est le policier mexicain désabusé dans <em>Traffic</em> de Soderbergh. Réalisateur qu&#8217;il retrouvera quelques années plus tard pour donner vie dans un diptyque épique à la figure révolutionnaire du Che. C&#8217;est encore l&#8217;ex-taulard dans <em>21 grammes</em> d&#8217;Alejandro Gonzalez Iñarritu.<br />
Pablo Trapero, quant à lui, fait figure, avec Diego Lerman ou Lucrecia Martel, de chef de file de la Nouvelle Vague argentine. Habitué du festival cannois, il était déjà venu présenter <em>El Bonaerense</em> en 2002 (Un Certain Regard) et <em>Leonera</em> en 2008, sélectionné en compétition. Dans <em>Carancho</em>, son dernier film, le cinéaste confirmait son statut de cinéaste engagé, en dénonçant les déviances d&#8217;une société argentine aux institutions corrompues.<br />
Avec Julio Medem, on retrouve un cinéma plus intimiste, poétique et parfois mystérieux (<em>L&#8217;Ecureuil rouge</em>, <em>Les Amants du cercle polaire</em>, <em>Lucia et le sexe</em>, <em>Yo también</em>…), souvent plus soucieux d&#8217;interroger les états d&#8217;âme de ses personnages que le monde dans lequel ils s&#8217;inscrivent.<br />
Accoutumé au grand rendez-vous du cinéma international, le réalisateur palestinien Elia Suleiman se fait surtout connaître avec son <em>Intervention divine</em>, une critique ironique de l&#8217;absurdité de la situation géopolitique en Palestine présentée en compétition à Cannes en 2002 et récompensé du prix du Jury. Une compétition qu&#8217;il retrouve sept ans plus tard avec <em>Le Temps qu&#8217;il reste</em>, un récit en forme de carnet de route, celui d&#8217;une famille palestinienne vivant à Nazareth, de 1948 à nos jours. Deux œuvres représentatives d&#8217;un cinéma proche de celui d&#8217;un Tati ou d&#8217;un Keaton, dans lequel politique et esthétique apparaissent comme parfaitement indissociables.<br />
<em>&#8220;Choquer est un plaisir&#8221;</em>… Trublion agité du septième art, Gaspar Noé a souvent défrayé la chronique et la Croisette par ses prises de positions artistiques souvent fracassantes, parfois arrogantes. Avec des films tels que <em>Irréversible</em> (qui avait scandalisé les festivaliers cannois en 2002) ou <em>Enter the Void</em>, sélectionné en compétition en 2010, le cinéaste déroule des thèmes de réflexion aussi sulfureux que la haine, la violence, la drogue, la sexualité ou la pornographie. Des réflexions auxquelles le spectateur n&#8217;est, non plus invité, mais forcé de prendre part. On est souvent pro ou anti-Noé, mais rarement entre les deux. Preuve d&#8217;une personnalité insolite et d&#8217;une œuvre déroutante.<br />
Juan Carlos Tabio est l&#8217;une des figures incontournables du cinéma cubain, reconnu pour son cinéma critique, sarcastique et ironique mais toujours bienveillant. Il est notamment le coréalisateur, avec Tomás Gutiérrez Alea, de <em>Fraise et chocolat</em> en 1993, véritable vitrine du cinéma cubain. Une œuvre éminemment polémique de par le choix de sa thématique, l&#8217;homosexualité, qui s&#8217;était vue récompensée du prix spécial du Jury au Festival de Sundance en 1995.<br />
Laurent Cantet, c&#8217;est notamment <em>Ressources humaines</em>, réalisé en 1999, un premier long-métrage de cinéma dans lequel le cinéaste entremêlait documentaire et fiction. Une œuvre largement saluée par la critique, récompensée par deux César, celui de la Meilleure première œuvre et du Meilleur jeune espoir pour Jalil Lespert, seul acteur professionnel au milieu d&#8217;un casting d&#8217;amateurs. Le réalisateur se voit consacré en 2008 avec <em>Entre les murs</em>, bien sûr, qui reçoit la récompense suprême au Festival de Cannes. Un docu-fiction, ou plus exactement une fiction documentaire adaptée à partir du roman éponyme de François Bégaudeau, dans lequel l&#8217;auteur évoquait ses souvenirs de professeur de français dans un collège dit &#8220;difficile&#8221;.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
<em>Sept jours à La Havane</em>, c&#8217;est donc sept chapitres, sept réalisateurs, sept regards, un pour chaque jour de la semaine. Un film construit en cadavre exquis porté par sept talents du cinéma international chargés de dérouler autant de récits. Des récits indépendants qui, mis bout à bout, rassemblés dans une trame commune constituent au final un instantané inédit de La Havane. Au fil des quartiers, des atmosphères, des générations, des classes sociales et des cultures, les réalisateurs entrecroisent leurs sensibilités, leurs parcours et leurs styles pour offrir un véritable portrait contemporain de la mythique capitale cubaine.</p>
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		<title>Pastorela, d&#8217;Emilio Portes</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 12:10:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chaque année à Noël, l’officier de police Jesus Juarez interprète le diable dans la pastourelle de son quartier. Mais suite au décès du curé de sa paroisse et à la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/pastorela-emilio-portes.jpg" alt="Image de Pastorela, d&#039;Emilio Portes" title="Image de Pastorela, d&#039;Emilio Portes" width="280" height="109" class="alignleft size-full wp-image-5160" />Chaque année à Noël, l’officier de police Jesus Juarez interprète le diable dans la pastourelle de son quartier. Mais suite au décès du curé de sa paroisse et à la nomination pour lui succéder d’Edmundo Posadas, le rôle lui est soufflé par un de ses voisins. S’engage alors une véritable bataille où tous les coups sont permis pour avoir le premier rôle de la pièce…</p>
<p>Avec <em>Pastorela</em>, Emilio Portes ne fait pas dans la dentelle. Quand un curé meurt, c’est en troussant une bonne sœur. Quand un autre combat le démon, c’est une caricature du père Merrin de <em>L’Exorciste</em>, crucifix et eau bénite contre yeux exorbités et vomi verdâtre. Et quand une insignifiante pièce de théâtre racontant la victoire du Bien sur le Mal devient l’événement le plus important de l’année, Emilio Portes en fait une véritable allégorie. <span id="more-5130"></span><em>Pastorela</em> se situe quelque part entre <em>Nacho libre</em> et <em>Dogma</em> : l’officier Juarez y incarne un héros acclamé au gré d’un récit de plus en plus loufoque, qui convoque le surnaturel sans même sourciller. Lorsque arrive le final, apocalyptique et grand-guignolesque, le rythme ne s’est pas essoufflé une seconde. Car derrière la farce fantastique complètement déjantée, <em>Pastorela</em> ne fait pas seulement rire, son scénario solidement ficelé égratigne aussi la société mexicaine. La religion, bien sûr, dont les membres hypocrites constituent des proies faciles pour le Malin ; mais également la police mexicaine, violente, corrompue et étroitement liée aux cartels.<br />
Pour réussir cette grande aventure, le réalisateur Emilio Portes est parfaitement épaulé par un duo d’acteurs irréprochables : Joaquin Cosio est génial en flic musclé au visage de brute qui s’éclaire lorsqu’il parle de son rôle de diable au théâtre ; quant à Carlos Cobos, qui incarne le père Edmundo Posadas, on jurerait découvrir le Bernard Blier mexicain, râleur aux répliques assassines, curé machiavélique qui ne recule devant rien.<br />
Grosse surprise de la sélection 2012 du Festival de Gérardmer, hilarant et maîtrisé, <em>Pastorela</em> ne ressemble à rien d’autre, et c’est probablement encore sa plus grande qualité.</p>
<p>&nbsp;<br />
Pastorela<em> d’Emilio Portes, avec Joaquin Cosio, Carlos Cobos, Eduardo Espana, Ana Serradilla, Ernesto Yanez… Mexique, 2011. En compétition au 19e Festival de Gérardmer.</em></p>
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