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	<title>Grand Écart &#187; Festival de Cannes 2016</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Jupiter&#8217;s Moon, de Kornel Mundruczo</title>
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		<pubDate>Sat, 20 May 2017 19:48:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/jupiter-s-moon-kornel-mundruczo.jpg" alt="Jupiter&#039;s Moon, de Kornel Mundruczo" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25185" />Le sujet est évidemment fort : des migrants serbes tentent de passer la frontière hongroise. Aryan est de ceux-là, mais meurt sous les tirs d&#8217;un policier nerveux. <em>Jupiter&#8217;s Moon</em> aurait pu être une oeuvre sociale forte sur le sort réservé aux réfugiés et le risque de dérive totalitaire en Hongrie &#8211; et partout ailleurs en Europe, eldorado des migrants. Mais Mundruczo pêche par ambition en ajoutant une couche fantastique étonnante, déstabilisante et surtout assez absconse à son film : Aryan renaît et lévite.<br />
<em>Jupiter&#8217;s Moon</em> devient alors un objet fourre-tout qui survole son sujet comme Aryan survole la ville. Difficile, au-delà de ce qu&#8217;on voit à l&#8217;écran &#8211; un réfugié affamé, un réfugié qui fait sauter une bombe, un médecin ripoux qui voit dans les miracles d&#8217;Aryan un business avant d&#8217;y chercher la rédemption &#8211; de trouver autre chose dans le film. <em>Jupiter&#8217;s Moon</em> ne décolle pas.</p>
<p>&nbsp;<br />
Jupiter&#8217;s Moon <em>de Kornel Mundruczo, avec Merab Ninidze, Gyorgy Cserhalmi&#8230; Allemagne, Hongrie, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Loving, de Jeff Nichols</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2017 12:47:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Loving vs Virginia</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/loving.jpg" alt="Loving, de Jeff Nichols" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24111" />Le 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions mixtes entre personnes de races différentes et faisait du mariage l’un des « droits civils fondamentaux de l’homme ». A l’origine de ce bouleversement judiciaire et historique, il y a l’arrestation neuf ans plus tôt, sur dénonciation anonyme, de Mildred Jeter, une femme noire, et Richard Perry Loving, un homme blanc. Partis se marier un jour de juin 1958 dans le district voisin de Columbia (où les unions mixtes étaient autorisées), ils sont arrêtés à leur retour en Virginie, accusés de violation de l’interdiction. Les époux Loving sont condamnés à un an de prison, à moins de quitter l’Etat (et leurs familles) pour les vingt-cinq années à venir&#8230; Débute alors une longue et lente bataille judiciaire qui feront des Loving l’un des fers de lance du mouvement des droits civiques.</p>
<p>Ouf ! On respire&#8230; Ce film « dossier » inspiré d’une histoire vraie, n’aura finalement pas eu raison de Jeff Nichols. Il y avait pourtant de quoi se sentir fébrile, en amont de la projection, tant l’aventure du biopic s’avère souvent une longue et douloureuse traversée du désert, pesante, linéaire, engourdie par les convenances. <span id="more-23564"></span>Il faut dire que, jusque-là, Nichols nous a gratifiés d’un parfait sans-faute avec son cinéma éblouissant de simplicité et de vérité. On le découvrait en 2011 avec le fascinant <em>Take Shelter</em>. Emballés, on remontait le temps pour découvrir son premier long-métrage, <em>Shotgun Stories</em> (2008), poignant bras de fer fratricide. Du pur génie ! De là, rien d’étonnant à voir son <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mud-jeff-nichols/" title="Mud, de Jeff Nichols">Mud</a></em> recevoir les honneurs (mérités) de la Compétition officielle du Festival de Cannes en 2012. Quant à son <em>Midnight Special</em> (2015), exploration inattendue et singulière en terre SF, il apparaît comme son film le plus intime, Jeff Nichols s’appropriant le genre pour mieux lui insuffler toute sa retenue, sa sensibilité à fleur de peau et ses obsessions : un père et son fils contraints de faire face à un monde extérieur violent et un avenir inconnu. Devant une telle persistance à inventer, difficile alors d’imaginer Nichols contenir ses instincts pour rester dans le sillon tout tracé d’une histoire vraie. </p>
<p>Ce <em>Loving</em> s’annonçait donc comme une périlleuse gageure dont le cinéaste risquait de ne pas sortir indemne. Et pourtant Nichols a trouvé dans le destin du couple Mildred-Richard la parfaite caisse de résonance à ses marottes narratives : une famille fragilisée au milieu d’un environnement hostile, un mari et père soucieux de protéger les siens. <em>« Je vais te construire une maison… Je peux prendre soin de toi ! »</em>, dit Richard à sa femme. Sans se soustraire aux figures imposées par l’ossature historique du récit, Jeff Nichols en contourne néanmoins tous les écueils, s’empressant de tourner les pages sur lesquelles d’autres se seraient longuement appesantis à grands coups de cris et de larmes. Pas de « qui a dénoncé ? », pas de bavures policières outrancières, pas d’égarements dans les méandres du droit constitutionnel ni de plaidoiries interminables, pas de diatribe anti-ségrégationniste ou de pamphlet Black Panther. Racisme et violence, avocats et médias : ils sont tous là mais laissés hors champ, tout au plus rapidement suggérés, simples hémistiches d’un poème aux saveurs d’Americana, tout entier consacré à l’amour de Mildred (magnifique Ruth Negga) et Richard (éblouissant Joel Edgerton, tout en pudeur). </p>
<p>Classique, <em>Loving</em> l’est profondément. Humblement. Cachés dans la lumière des paysages du sud américain, on aperçoit les silhouettes d’Eastwood et Malick se dessiner. Entre une <em>Route de Madison</em> et une <em>Balade sauvage</em>. Alors oui, bien sûr, <em>Loving</em> n’est pas aussi éclatant que ses prédécesseurs, il a su néanmoins en garder toute l’élégance. </p>
<p>&nbsp;<br />
Loving <em>de Jeff Nichols, avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Michael Shannon, Nick Kroll&#8230; Etats-Unis, Royaume-Uni, 2016. Sortie courant 2016. En compétition au 69e festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Fais de beaux rêves, de Marco Bellocchio</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2016 18:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après avoir tué la mère dans <em>Les Point dans les poches</em>, Marco Bellocchio lui adresse, 50 ans de cinéma plus tard, la plus belle des caresses avec <em>Fais de beaux rêves</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La Maman et l&#8217;orphelin</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Faisdebeauxreves.jpg" alt="Fais de beaux rêves, de Marco Bellocchio" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-23680" />Après avoir tué la mère dans <em>Les Point dans les poches</em>, en 1965, Marco Bellocchio lui adresse, cinquante ans de cinéma plus tard, la plus belle des caresses avec <em>Fais de beaux rêves</em>. Et au Bellocchio révolté des premiers pas de laisser ici parler et filmer le maestro aguerri et sûr de son art qu’il est devenu. </p>
<p>Adapté de l’œuvre éponyme et personnelle de Massimo Gramellini, <em>Fais de beaux rêves</em> raconte l’histoire d’un parcours, d’une construction. Celle d’un enfant (étonnant Nicolò Cabras) contraint d’apprendre à devenir adulte lesté d’une douleur irrépressible : la perte brutale et mystérieuse de sa maman adorée, alors qu’il n’avait que 9 ans, au soir du 31 décembre 1969. Celle douleur conditionnera toute sa vie. Son enfance, son adolescence, bien sûr, durant lesquelles ni foi ni Dieu et autre promesse de « lumière » ne parviendront à l’extirper du vide dans lequel il se sent inexorablement tomber, encore et encore. Mais alors qu’il est devenu un journaliste émérite à <em>La Stampa</em>, grand quotidien national, Massimo « l’adulte » (Valerio Mastandrea) n’a toujours pas réussi à la laisser partir. Ses angoisses, il a appris à les contrôler. Seul, éteint, écrasé, il survit, indifférent aux autres et au monde… Mais il le sait. On le lui a dit, plus jeune. <em>« La seule façon d’avoir la réponse, c’est de continuer à se poser la question. »</em> Alors Massimo d’entrevoir peut-être dans son quotidien de journaliste un chemin pour renouer avec la réalité, reprendre pied et se construire. Enfin. <span id="more-23676"></span></p>
<p>L’histoire de ce parcours chaotique écrite par Gramellini, Marco Bellocchio la filme avec douceur et élégance. Le cinéaste a trouvé dans le livre les figures de l’intime qui lui sont chères. La famille, la mère (« détruite »), le père… Mais, comme toujours chez Bellocchio, crises individuelles et collectives restent profondément liées. Souvenons-nous de l’audacieuse mise en scène de l’assassinat d’Aldo Moro autour du personnage de Chiara, la jeune terroriste de <em>Buongiorno, notte</em> (2003). Ou, plus fascinant encore, la naissance du fascisme à travers la lutte à mort d&#8217;Ida Dalser, cette femme éperdument amoureuse d’un Mussolini pas encore Duce dans le puissant <em>Vincere</em> (2009)… On retrouve cette même double dimension, individuelle et collective, dans <em>Fais de beaux rêves</em> : au portrait personnel et intérieur de Massimo vient répondre, en toile de fond, celui d’une époque, le film louvoyant sans cesse entre 1969 et la fin des années 1990. Un mouvement narratif cadencé aux rythmes de quelques « marqueurs » historiques. Ici les images en noir et blanc de <em>Belphégor</em>, série star de l’ORTF signée Claude Barma et diffusée en 1965, là celle de l’icône cathodique des années 1970 Rafaella Carrà, là encore le souvenir douloureux et toujours vivace du drame de <em>Superga</em>, qui vit l’avion transportant l’équipe de football du Torino (LE club rival de la <em>Juve</em>) s’écraser dans les environs de Turin, en mai 1949. </p>
<p>Tel un Riccardo Muti des grands soirs, Marco Bellocchio dirige sa tragédie d&#8217;une autorité toute délicate, prenant soin de ne jamais la laisser s’emporter vers un trop-plein de compassion. Qu’elles soient douloureuses ou rieuses, les séquences mère-fils se révèlent particulièrement réussies. Intenses, émouvantes, jamais douceâtres ou pleurnichardes. Et alors qu’on pourrait voir poindre le semblant d’une envolée trop appuyée, le temps d’une lecture en voix off d’une réponse de Massimo à un lecteur de <em>La Stampa</em> (du genre, « ne boude pas ta chance d’avoir une maman »), <em>il maestro</em> prend la salle – et son film – à revers d’un trait d’humour inattendu et d’une simplicité enfantine. Un bien beau mélo, donc, que ce Bellocchio.</p>
<p>&nbsp;<br />
Fais de beaux rêves<em> (Fai Bei Sogni) de Marco Bellocchio, avec Valerio Mastandrea, Barbara Ronchi, Guido Caprino, Bérénice Bejo… Italie, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016.</em></p>
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		<title>Ma&#8217;Rosa, de Brillante Mendoza</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2016 20:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Parfums Manille Après l’immersion infernale au cœur d’une Manille criminelle dans Kinatay (prix audacieux de la mise en scène à Cannes en 2009), retour dans les bas-fonds interlopes de la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Parfums Manille</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/MaRosa.jpg" alt="Ma&#039;Rosa, de Brillante Mendoza" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24239" />Après l’immersion infernale au cœur d’une Manille criminelle dans <em>Kinatay</em> (prix audacieux de la mise en scène à Cannes en 2009), retour dans les bas-fonds interlopes de la capitale philippine avec <em>Ma’Rosa</em>, le nouveau film du brillant Brillante Mendoza. On y fait la rencontre de Rosa (Jaclyn Jose) et Nestor (Julio Diaz), tenanciers d’une petite épicerie dans les bidonvilles de la ville. Un fond de commerce de façade qui dissimule des petits « à-côtés » illicites, symptômes d’un quotidien féroce et chaotique. Pour rester la tête hors de l’eau et subvenir aux besoins de leurs quatre enfants, Rosa et Nestor arrosent le quartier en narcotiques&#8230; Un petit trafic de proximité pour arrondir des fins de mois de toute façon toujours difficiles. Mais un jour, c’est la descente de police. Ma’Rosa et son mari se retrouvent au poste, menottés, menacés par des flics évidemment corrompus. Ce sera la prison (dont on imagine facilement la brutalité) ou le pot de vin. 200 000 pesos philippins. Comment réunir une telle somme ? La mission incombera aux enfants livrés à eux-mêmes qui, pour acheter la liberté de leurs parents, devront racler tous les fonds de tiroir. Taper à toutes les portes, même les plus inhospitalières. Vendre tout ce qu’ils peuvent. La télé, leur corps. A travers cette chasse au trésor désespérée, Mendoza nous entraîne au cœur de cette zone grise où l’immoralité se trouve tout autant du côté des policiers pervers, adeptes des abus de pouvoir en tout genre, que de celui du clan Rosa-Nestor qui fait très peu de cas de la présence des enfants au milieu de leurs sombres transactions. Les frontières s’estompent entre flics et trafiquants, entre Bien et Mal. La survie se trouve finalement des deux côtés. Si ce <em>Ma’Rosa</em> s’inscrit dans la veine d’un cinéma social moins frontal que celui d’un <em>Kinatay</em> ou même d’un <em>Serbis</em>, Brillante Mendoza y imprime toujours, malgré tout, son style radical. <span id="more-24237"></span>C’est donc caméra à l’épaule que le cinéaste nous plonge dans les méandres des faubourgs poisseux et surpeuplés de Manille, au fil de longs plans-séquences insufflant à l’ensemble une dimension quasi documentaire. Ca grouille, ça crie, ça se bouscule. Il n’y a pas d’emphase dans le cinéma de Mendoza. Simplement une réalité qui nous saute aux yeux et à l’esprit. De quoi nous faire prendre conscience de l’équilibre extrêmement fragile qui maintient en vie cet amas d’hommes et de femmes au bord du précipice. Et à travers eux, Mendoza d’interroger notre humanité.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ma&#8217;Rosa<em> de Brillante Mendoza, avec Jaclyn Jose, Julio Diaz, Andi Eigenmann&#8230; Philippine, 2016. Prix d&#8217;interprétation féminine au 69e Festival de Cannes. Sortie le 30 novembre 2016.</em>  </p>
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		<title>Mademoiselle, de Park Chan-wook</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 19:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sex Crimes en Corée - Park Chan-wook signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu'il y paraît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sex Crimes en Corée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/mademoiselle-park-chan-wook-affiche.jpg" alt="Mademoiselle, de Park Chan-wook" width="197" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23753" /><strong><em>Sympathy for Mister Vengeance</em> et <em>Old Boy</em> (2002 et 2003) étaient baroques et totalement fous. <em>Stoker</em> (2012), esthétiquement parfait, était inconsistant. Park Chan-wook, quelque part entre tout ça, signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu&#8217;il y paraît.</strong> </p>
<p>C’est en lisant <em>Du bout des doigts</em> de Sarah Waters que le réalisateur coréen décide de réaliser <em>Mademoiselle</em>. Il en reprend la trame mais modifie l’époque et les personnages. Ses héroïnes n’évolueront pas dans l’Angleterre victorienne mais dans la Corée des années 1930. Alors sous colonisation japonaise, le pays est ballotté entre plusieurs cultures. Park Chan-wook prend pour cadre une vaste demeure où se croisent les influences occidentales et orientales : architecture victorienne, pièces « à l’anglaise » (tables, tapisseries, décoration chargée) qui s&#8217;opposent à celles « à la japonaise » (futons, beauté zen et simplicité), lieux mystérieux avec ambiance steampunk avant l’heure. Pour sublimer le décor, Park utilise un objectif anamorphique, lui permettant d’enregistrer des plans très larges et de les restituer au format classique. Le procédé multiplie les détails à l’écran. Et rend l’histoire d’Hideko et de Sookee divinement enivrante. <span id="more-23750"></span></p>
<p>Hideko est une riche héritière sous la coupe de son oncle. Désireux de lui voler son héritage, un escroc qui se fait appeler le Comte demande à Sookee de devenir la servante d’Hideko pour l’espionner et l’inciter à s’enfuir avec lui. Film d’arnaque, polar tendu, drame social, triangle amoureux, <em>Mademoiselle</em> brille bien plus que son prédécesseur, le décevant <em>Stoker</em>. Si chaque plan est ultra-soigné pour épouser les formes de ses héroïnes, ce n’est jamais une fin en soi mais une façon de servir l’histoire. De susciter l’attention et la tension. Dans la plus pure tradition des films d’arnaqueurs, on ne distingue jamais bien la proie du prédateur. Le découpage emprunte au baroque de la Trilogie de la Vengeance, recoupant les morceaux au gré du récit, dévoilant par touches les enjeux et les secrets. Et surtout, faisant place à un érotisme rarement vu au cinéma, intense et délicat, qui arrive naturellement, avec légèreté et sans artifice. On savait Park Chan-wook ultra-doué pour les effusions de sang ; on le sait maintenant ultra-doué, tout court.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mademoiselle (Agassi)<em> de Park Chan-wook, avec Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong… Corée, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 1er novembre 2016.</em></p>
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		<title>Toni Erdmann, de Maren Ade</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 19:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ines est allemande, mais elle s’est exilée à Bucarest, où elle est femme d’affaires dans une grande société. Quand elle voit débarquer son père, Winfried, à l’improviste à son travail, elle a du mal à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La vie des autres</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-1.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="138" class="alignleft size-full wp-image-24010" /><strong>Ines est allemande, mais elle s’est exilée à Bucarest, où elle est femme d’affaires dans une grande société. Quand elle voit débarquer son père, Winfried, à l’improviste à son travail, elle a du mal à cacher son agacement. Ce qui ne fait pas peur à Winfried, bien au contraire : il décide de rester et de se déguiser en Toni Erdmann, personnage truculent et envahissant.</strong><br />
&nbsp;<br />
<em>Toni Erdmann</em> est un film d’auteur. Mais un film d’auteur qui fait rire (beaucoup), et pas seulement à cause des blagues de colis piégés et de coussins péteurs (encore que). Non, ce qui met de bonne humeur dans <em>Toni Erdmann</em>, c’est la justesse burlesque ou dramatique de chaque séquence. C’est l’immédiate consécration à l’écran du saisissant Peter Simonischeck (Winfried) et de la charismatique Sandra Huller (Ines). Et c’est surtout le propos de la réalisatrice, Maren Ade, intelligent sans être ennuyeux (2h42 de film qui passent sans longueurs), érudit sans être démonstratif. Si <em>Toni Erdmann</em> est un film farfelu, il l’est par son point de départ : un père prend l’avion pour venir voir sa fille carriériste et lui demander simplement : <em>« Es-tu heureuse ? »</em> (Ensuite, il lui demande <em>« Es-tu un être humain ? »</em>, mais cette fois il n’attend pas vraiment de réponse.) Et c’est lorsque sa fille le congédie assez durement que Winfried, sorte de super-héros de la sociologie, se transforme en Toni. <span id="more-24007"></span></p>
<h3>Kukeri superstar</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-2.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="151" class="alignright size-full wp-image-24014" />Les super-héros existent pour faire ce que les gens normaux ne font pas. Pas seulement parce qu’ils ont (généralement) des superpouvoirs, mais parce que le costume les autorise intrinsèquement à agir dans l’intérêt des autres, sans théoriser sur la législation ou les dommages collatéraux. Toni Erdmann en est un d’un autre genre : il s’invite au bureau de sa fille, à sa fête entre collègues, au restaurant où elle dîne avec ses amis. Et tous – sauf Ines –  d’être sensibles au charme du monsieur. Ses superpouvoirs ? Une perruque brune aux airs de méduse morte, un dentier proéminent, un <em>kukeri</em> bulgare désopilant et un super-humour qui n’a pas peur du ridicule. L’alter ego de Winfried est équipé pour son combat au long cours : se rapprocher d’Ines, qui s’oublie dans un travail désincarné et insensé (en substance, celui de réduire les coûts et donc de virer des gens).</p>
<h3>Génération désenchantée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-sandra-huller-peter-simonischek.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24011" />Ines est un pur produit de la société libérale, qui prône le matérialisme, le pouvoir de l’argent et la flexibilité à outrance. Oui, une femme de ce monde doit être capable de licencier et d’emmener la femme de son client faire du shopping avec le même entrain. Difficile de croire qu’elle est la fille de ce gamin attardé de Winfried, pour qui la liberté, la dérision, l’échange et les petites joies du quotidien sont la raison de vivre. C’est bien là le paradoxe : en l’élevant ainsi, Winfried a rendu possible l’ambition professionnelle d’Ines. Elle est sûre d’elle (au bureau comme au lit) dans un monde peuplé de phallocrates. Ce qui se joue ici, c’est un conflit de générations, et la tentative d’un père, parfois maladroite, de faire renouer sa fille avec l’insouciance de son enfance. L’insistance de Winfried à être Toni apporte à Ines un peu de cette audace et de cette liberté qui lui manquent. Et lorsque, à force d’essayer, Ines se détache enfin de ses habitus professionnels et retrouve pour quelques heures sa dérision et sa clairvoyance, Maren Ade a emmené avec elle tous les spectateurs, libérés, avec son héroïne, du poids des conventions. <em>Toni Erdmann</em> est une œuvre sur l’ambition, qui n’a pas d’autre ambition que l’honnêteté et la générosité ; ce qui en fait un film rare et réparateur, et assurément l’un des plus beaux de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">69e Festival de Cannes</a>.</p>
<p>&nbsp;<br />
Toni Erdmann <em>de Maren Ade, avec Peter Simonischek, Sandra Hüller… Allemagne, Autriche, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Prix Fipresci de la presse internationale 2016. Sortie le 17 août 2016.</em></p>
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		<title>Le palmarès du 69e Festival de Cannes</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 21:01:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 69e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Andrea Arnold]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Ken Loach]]></category>
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		<description><![CDATA[Une grande partie de l'équipe qui constitue aujourd'hui Grand Écart s'est rendue pour la première fois au Festival de Cannes il y a dix ans, en 2006. Face à Andrea Arnold (<em>Red Road</em>), Pedro...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/ken-loach-daniel-blake-palme-or-2016.jpg" alt="Moi, Daniel Blake, Palme d&#039;or du 69e Festival de Cannes" width="280" height="177" class="alignleft size-full wp-image-24244" />Une grande partie de l&#8217;équipe qui constitue aujourd&#8217;hui Grand Écart s&#8217;est rendue pour la première fois au Festival de Cannes il y a dix ans, en 2006. Face à Andrea Arnold (<em>Red Road</em>), Pedro Almodovar (<em>Volver</em>), Nicole Garcia (<em>Selon Charlie</em>), pour n&#8217;en citer que quelques-uns, c&#8217;est Ken Loach qui remportait la Palme d&#8217;or avec <em>Le vent se lève</em>. Dix ans plus tard, en 2016, face à Andrea Arnold (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/american-honey-andrea-arnold-shia-labeouf-road-movie/" title="American Honey, d’Andrea Arnold">American Honey</a></em>), Pedro Almodovar (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/julieta-pedro-almodovar/" title="Julieta, de Pedro Almodovar">Julieta</a></em>), Nicole Garcia (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mal-pierres-nicole-garcia-milena-agus-marion-cotillard/" title="Mal de pierres, de Nicole Garcia">Mal de pierres</a></em>), pour n&#8217;en citer que quelques-uns, c&#8217;est Ken Loach qui remporte la Palme d&#8217;or, avec le révolté <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/moi-daniel-blake-ken-loach/" title="Moi, Daniel Blake, de Ken Loach">Moi, Daniel Blake</a></em>. Et pendant ce temps Xavier Dolan, encore un peu trop jeune pour être là en 2006, se rapproche lentement mais sûrement de la Palme d&#8217;or avec la très belle adaptation de <em>Juste la fin du monde</em>, de Jean-Luc Lagarce. Gageons qu&#8217;il sera encore là en 2026. Espérons que Grand Écart aussi.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Palme d&#8217;or</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/moi-daniel-blake-ken-loach/" title="Moi, Daniel Blake, de Ken Loach">Moi, Daniel Blake</a></em> de Ken Loach<br />
&nbsp;</p>
<h4>Grand Prix</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/juste-la-fin-du-monde-xavier-dolan/" title="Juste la fin du monde, de Xavier Dolan">Juste la fin du monde</a></em>, de Xavier Dolan<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix de la mise en scène ex aequo</h4>
<p><em>Baccalauréat</em>, de Cristian Mungiu<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/personal-shopper-dolivier-assayas/" title="Personal Shopper, d’Olivier Assayas">Personal Shopper</a></em>, d&#8217;Olivier Assayas<br />
&nbsp;<br />
<span id="more-24215"></span></p>
<h4>Prix du scénario</h4>
<p><em>Le Client</em>, d&#8217;Asghar Farhadi<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix du jury</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/american-honey-andrea-arnold-shia-labeouf-road-movie/" title="American Honey, d’Andrea Arnold">American Honey</a></em>, d&#8217;Andrea Arnold<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation féminine</h4>
<p>Jaclyn Jose dans <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ma-rosa-brillante-mendoza-philippines/" title="Ma’Rosa, de Brillante Mendoza">Ma&#8217;Rosa</a>, de Brillante Mendoza<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation masculine</h4>
<p>Shahab Hosseini dans <em>Le Client</em>, d&#8217;Asghar Farhadi<br />
&nbsp;</p>
<h4>Caméra d&#8217;or</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/divines-houda-benyamina/" title="Divines, de Houda Benyamina">Divines</a></em>, de Houda Benyamina</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Et pour ceux qui préfèrent, il y a aussi notre <a href="http://www.grand-ecart.fr/69e-festival-cinema-cannes/actualite-film-2016/cite-peur-les-nuls-faux-pronostic/" title="Cannes 2016 : le faux pronostic">palmarès alternatif</a>&#8230;</strong></p>
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		<title>Moi, Daniel Blake, de Ken Loach</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 12:39:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Ken Loach]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Nuit debout On pourrait dire que le nouveau film de Ken Loach est un tract politique supplémentaire. Ajouter qu’il éclaire une nouvelle facette de l’Angleterre prolétaire. On pourrait dire encore...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nuit debout</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/moi-daniel-blake-ken-loach-1.jpg" alt="Moi, Daniel Blake, de Ken Loach" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-23780" />On pourrait dire que le nouveau film de Ken Loach est un tract politique supplémentaire. Ajouter qu’il éclaire une nouvelle facette de l’Angleterre prolétaire. On pourrait dire encore qu’il s’agit là de son dernier baroud d’honneur, lui qui, comme Line Renaud, n’en finit pas de faire ses adieux. Mais impossible pour le réalisateur du <em>Vent se lève</em> (palmé en 2006) de rendre les armes. </p>
<p>A l’image de son attachant personnage, Daniel Blake, Ken Loach ne peut se résoudre à lâcher l’affaire. Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage… A 80 ans (dans un mois), le réalisateur britannique revient en compétition aussi vif qu’à son habitude, révolté, profondément empathique et humaniste. Ce qui se joue ici c’est la continuité d’une œuvre, d’un engagement, d’un propos. Une œuvre toute entière tournée vers les accidentés de la vie et la classe ouvrière. Sans concession, Ken Loach suit son antihéros, revendiquant jusque dans son titre le droit d&#8217;être un individu, un humain, un citoyen. Pas un simple numéro de sécurité sociale. <span id="more-23767"></span></p>
<p>Daniel Blake, double de Ken Loach, vieux bonhomme indigné, fatigué, en colère, est toujours prêt à se battre. Il n’est pas cinéaste. Il est menuisier. Mais c’est un peu la même chose, non ? Face à une administration kafkaïenne, il retrousse les manches, s&#8217;essuie le front et repart au combat. Histoire de ne pas devenir fou. Plaidoyer pour ceux que l&#8217;on désigne (surtout en ce moment) comme des assistés, <em>Moi, Daniel Blake</em> est aussi très sombre. Plus proche d’un <em>My Name is Joe</em> que de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/part-des-anges-ken-loach/"><em>La Part des anges</em></a>, il nous arrache plus de larmes que de sourires. Et si le partage et la solidarité tentent de trouver une brèche ici et là, ce que montre surtout Ken Loach, c&#8217;est un système qui tourne avec la masse, se contrefout de l’homme qui suffoque. Une machine qui broie tout sur son passage. Sauf peut-être l’amour.</p>
<p>&nbsp;<br />
Moi, Daniel Blake <em>(I, Daniel Blake) de Ken Loach, avec Dave Johns, Hayley Squires, Mick Laffey&#8230; Angleterre, 2016. Palme d&#8217;or du 69e Festival de Cannes. Sortie le 26 octobre 2016.</em></p>
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		<title>Divines, de Houda Benyamina</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 10:46:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Qatar]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un film sur les banlieues ? Oui, mais pas que. Et surtout, pas n’importe lequel. Pour son premier long-métrage, Houda Benyamina ne verse pas dans la facilité, loin de là. A travers...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Argent content</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Divines1.jpg" alt="Divines, de Houda Benyamina" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24127" />Encore un film sur les banlieues ? Oui, mais pas que. Et surtout, pas n’importe lequel. Pour son premier long-métrage, Houda Benyamina ne verse pas dans la facilité, loin de là. A travers l’histoire de Dounia et Maïmouna, fleurs de bitume d’une cité brûlante du 93, la réalisatrice fait non seulement un constat de ces existences qui se consument dans la violence, la drogue et le crime, mais aussi des envies de bonheur qu’elles ne font que caresser. Les deux jeunes filles préfèrent sécher les cours de leur BEP pour servir Rebecca, caïd qui fait régner l’ordre et le chaos entre les tours grisâtres. Elles dérobent de l’essence, dealent du shit, s’imaginent recouvertes de billets après le casse de leur siècle. En parallèle, il y a Djigui, agent de sécurité d’un hypermarché qui, lui, vit ses rêves de danseur contemporain, et que Dounia observe du coin de l’œil, le cœur en ébullition. Entre ces deux réalités, des êtres qui se débattent avec eux-mêmes, qui se cognent à la réalité, qui lancent des pavés aux policiers, qui traînent en survêtement en bas de leurs immeubles. L’amour peut-il encore poindre ? Quel avenir attend tous ces jeunes gens écorchés vifs ? <span id="more-24117"></span></p>
<p>Pour répondre à ces questions et à bien d’autres thèmes encore (le féminisme, l’amitié, la religion, le sens de l’honneur), Houda Benyamina ne cherche pas à styliser et esthétiser sa cité comme l’a fait Céline Sciamma dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/bande-filles-celine-sciamma/" title="Bande de filles, de Céline Sciamma" target="_blank">Bande de filles</a></em> &#8211; dont on pourrait rapprocher ce <em>Divines</em>. Ici, on ne fait pas du joli, on fait du cinéma. En découlent des scènes d’une intensité brute (la confrontation entre Dounia et sa professeure, la relation ambiguë, entre crainte et admiration, entre Dounia et Rebecca) et d’une beauté inouïe (une scène de « air-Ferrari » inoubliable, les chorégraphies où s’ébat Djigui avec force et majesté, la passion dévorante qui lie le danseur à Dounia…). Du cinéma léché entre hyperréalisme et onirisme. Un peu ce que n’a pas réussi à faire le pourtant palmé Audiard avec son <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/dheepan-lhomme-qui-naimait-pas-la-guerre-de-jacques-audiard/" title="Dheepan, de Jacques Audiard">Dheepan</a></em>, qui se terminait en jeu vidéo ultra-violent. Surtout, <em>Divines</em> donne la part belle aux femmes et renverse tous les codes : c’est une fille, Rebecca, qui gouverne la cité avec armes et fracas. C’est un garçon, Djigui, qui devient objet de convoitise, qui se dénude pour séduire, qui passe par le corps pour exprimer ses émotions. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Divines2.jpg" alt="Divines, de Houda Benyamina" width="280" height="164" class="alignright size-full wp-image-24140" />Certes, Houda Benyamina n’évite pas certains clichés ou quelques incohérences. Tout comme elle n’élude pas une certaine réalité que l’on se cache (les bidonvilles qui jonchent l’Ile-de-France, la chance qui n’est jamais donnée aux laissés-pour-compte). Et entre deux thèmes tout juste effleurés (les ravages de l’alcool, l’homosexualité à travers un personnage maghrébin travesti), point une histoire d’amour. Timide, incandescente. Tout à la fois. Un amour entre une perle de béton et un artiste encore en carton. Dounia devra se confronter à l’heure des choix : suivre Djigui ou se damner pour le dieu Euro. Djigui incarne le danger, l’inconnu &#8211; car personne n’a su toucher Dounia comme lui &#8211; drapé dans son mystère et une ambition qui transpire par tous les pores de sa peau, qu’il lui offre bien volontiers. Mais le dieu Euro présente quant à lui un tout autre visage : celui de tous les possibles, quitte à se perdre. Et à tout perdre. Plusieurs fois, les billets de banque ressemblent à des épées de Damoclès. Ils deviennent raison de vivre, obsession, un chant des sirènes qui fera s’échouer le moindre navire. On est terrifié par cette scène où Dounia, visage ensanglanté mais sourire aux lèvres, brasse des liasses entières de billets de 200 euros. A l’heure des clips où des Rihanna dénudées sont prêtes à tout pour de l’argent (<em>&#8220;Bitch better have my money&#8221;</em>, qu’elle disait) et qui servent de modèles à des jeunes désœuvrés, le constat est édifiant. Entre les rires, les situations parfois absurdes ou rocambolesques, le drame, latent, doucereux, n’est jamais loin. Jusqu’à un final qui prend aux tripes. Emouvant, déroutant. Qui fera parler de lui à coup sûr.</p>
<p>Malgré quelques défauts inhérents aux premières œuvres, <em>Divines</em> est proche du divin. Surtout parce que le film est servi par quatre comédiens tombés du ciel. Isca Kalvanda en Rebecca à la fois animale, dangereuse, vénéneuse et apeurée par l’avenir et ses choix ; Deborah Lukumuena, alias Maïmouna, qui se sacrifie, en oublie sa foi pour suivre jusqu’au bout du monde (même s’il ne dépasse pas le périphérique) une Dounia prête à tout pour s’en sortir ; Kevin Mischel, à la beauté troublante, objet d’un désir qui ne peut pas s’assouvir ; et surtout, Oulaya Amamra, Dounia incandescente, charismatique, fascinante dont il ne s’agira certainement pas du dernier film. Quatre anges déchus qui viennent illuminer une œuvre qui n’offre aucune rédemption, aucune solution. Mais une œuvre aussi belle que brutale.</p>
<p>&nbsp;<br />
Divines<em> de Houda Benyamina, avec Oulaya Amamra, Deborah Lukumuena, Kevin Mischel et Jisca Kalvanda. France, Qatar, 2016. Mention spéciale de la SACD à la Quinzaine des Réalisateurs 2016. Caméra d&#8217;or du 69e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Wolf and Sheep, de Shahrbanoo Sadat</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 10:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le loup dans la bergerie Un petit village d’Afghanistan. Non, plutôt un hameau, aux maisons disparates. Des chèvres qui grimpent la colline aux herbes brûlées par le soleil, suivies par...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le loup dans la bergerie</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/wolf-sheep-shahrbanoo-sadat.jpg" alt="Wolf and Sheep, de Shahrbanoo Sadat" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24039" />Un petit village d’Afghanistan. Non, plutôt un hameau, aux maisons disparates. Des chèvres qui grimpent la colline aux herbes brûlées par le soleil, suivies par leurs bergers ou bergères respectifs. Un mouton qu’on égorge pour des funérailles. Une vache qui attend d’être saillie. Des commérages qui jaillissent entre épouses d’un même homme ou entre enfants chapardeurs. On fait des galettes de crottin ou joue à la fronde en attendant qu’il se passe quelque chose. Souvent rien. La journée, lentement, s’écoule, puis la nuit jaillit et avec elle, son lot de légendes qui attendaient l’obscurité pour se manifester : un loup à taille humaine ou une femme nue à la peau verte et la longue chevelure de jais. Et le lendemain de ressembler trait pour trait au jour qui le précède. </p>
<p>Dans <em>Wolf and Sheep</em>, la réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat qui a vécu sept années dans ce type de village, livre une chronique à la fois esthétique et sociale de ces oubliés du monde, avec des comédiens non professionnels dans leur propre rôle. Ils sont loin de la civilisation occidentale (il faut douze jours à dos d’âne pour atteindre la première grande ville) et pétris de superstitions ou de traditions dont il ne faut pas déroger. <span id="more-24031"></span>Comme la séparation des garçons et des filles, même si cette règle est largement bafouée par deux d’entre eux, Qodrat, petit berger à la chevelure ébouriffée et Sediqa, petite bergère aux grands yeux expressifs et qui s’en vont ensemble dérober des pommes de terre dans un champ. On regrette toutefois que ce <em>Wolf and Sheep</em> choisisse uniquement la voie de la chronique sans chercher à la dépasser vraiment. Rien n’est expliqué, tout est à peine scénarisé, par petites touches discrètes. Et quand la fin arrive, le mystère demeure. On quitte ces villageois sans l’ombre d’une émotion qu’on aurait souhaité plus forte, laissés à leur sort nappé d’incertitudes. </p>
<p>&nbsp;<br />
Wolf and Sheep<em> de Shahrbanoo Sadat, avec Sediqa Rasuli, Qodratollah Qadiri, Amina Musavi, Masuma Hussaini… Afghanistan, France, Suède, 2016. Art Cinema Award de la Quinzaine des réalisateurs. Sortie le 23 novembre 2016.</em></p>
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