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	<title>Grand Écart &#187; Les films de la Compétition officielle</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Jupiter&#8217;s Moon, de Kornel Mundruczo</title>
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		<pubDate>Sat, 20 May 2017 19:48:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/jupiter-s-moon-kornel-mundruczo.jpg" alt="Jupiter&#039;s Moon, de Kornel Mundruczo" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25185" />Le sujet est évidemment fort : des migrants serbes tentent de passer la frontière hongroise. Aryan est de ceux-là, mais meurt sous les tirs d&#8217;un policier nerveux. <em>Jupiter&#8217;s Moon</em> aurait pu être une oeuvre sociale forte sur le sort réservé aux réfugiés et le risque de dérive totalitaire en Hongrie &#8211; et partout ailleurs en Europe, eldorado des migrants. Mais Mundruczo pêche par ambition en ajoutant une couche fantastique étonnante, déstabilisante et surtout assez absconse à son film : Aryan renaît et lévite.<br />
<em>Jupiter&#8217;s Moon</em> devient alors un objet fourre-tout qui survole son sujet comme Aryan survole la ville. Difficile, au-delà de ce qu&#8217;on voit à l&#8217;écran &#8211; un réfugié affamé, un réfugié qui fait sauter une bombe, un médecin ripoux qui voit dans les miracles d&#8217;Aryan un business avant d&#8217;y chercher la rédemption &#8211; de trouver autre chose dans le film. <em>Jupiter&#8217;s Moon</em> ne décolle pas.</p>
<p>&nbsp;<br />
Jupiter&#8217;s Moon <em>de Kornel Mundruczo, avec Merab Ninidze, Gyorgy Cserhalmi&#8230; Allemagne, Hongrie, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Loving, de Jeff Nichols</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2017 12:47:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Loving vs Virginia</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/loving.jpg" alt="Loving, de Jeff Nichols" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24111" />Le 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions mixtes entre personnes de races différentes et faisait du mariage l’un des « droits civils fondamentaux de l’homme ». A l’origine de ce bouleversement judiciaire et historique, il y a l’arrestation neuf ans plus tôt, sur dénonciation anonyme, de Mildred Jeter, une femme noire, et Richard Perry Loving, un homme blanc. Partis se marier un jour de juin 1958 dans le district voisin de Columbia (où les unions mixtes étaient autorisées), ils sont arrêtés à leur retour en Virginie, accusés de violation de l’interdiction. Les époux Loving sont condamnés à un an de prison, à moins de quitter l’Etat (et leurs familles) pour les vingt-cinq années à venir&#8230; Débute alors une longue et lente bataille judiciaire qui feront des Loving l’un des fers de lance du mouvement des droits civiques.</p>
<p>Ouf ! On respire&#8230; Ce film « dossier » inspiré d’une histoire vraie, n’aura finalement pas eu raison de Jeff Nichols. Il y avait pourtant de quoi se sentir fébrile, en amont de la projection, tant l’aventure du biopic s’avère souvent une longue et douloureuse traversée du désert, pesante, linéaire, engourdie par les convenances. <span id="more-23564"></span>Il faut dire que, jusque-là, Nichols nous a gratifiés d’un parfait sans-faute avec son cinéma éblouissant de simplicité et de vérité. On le découvrait en 2011 avec le fascinant <em>Take Shelter</em>. Emballés, on remontait le temps pour découvrir son premier long-métrage, <em>Shotgun Stories</em> (2008), poignant bras de fer fratricide. Du pur génie ! De là, rien d’étonnant à voir son <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mud-jeff-nichols/" title="Mud, de Jeff Nichols">Mud</a></em> recevoir les honneurs (mérités) de la Compétition officielle du Festival de Cannes en 2012. Quant à son <em>Midnight Special</em> (2015), exploration inattendue et singulière en terre SF, il apparaît comme son film le plus intime, Jeff Nichols s’appropriant le genre pour mieux lui insuffler toute sa retenue, sa sensibilité à fleur de peau et ses obsessions : un père et son fils contraints de faire face à un monde extérieur violent et un avenir inconnu. Devant une telle persistance à inventer, difficile alors d’imaginer Nichols contenir ses instincts pour rester dans le sillon tout tracé d’une histoire vraie. </p>
<p>Ce <em>Loving</em> s’annonçait donc comme une périlleuse gageure dont le cinéaste risquait de ne pas sortir indemne. Et pourtant Nichols a trouvé dans le destin du couple Mildred-Richard la parfaite caisse de résonance à ses marottes narratives : une famille fragilisée au milieu d’un environnement hostile, un mari et père soucieux de protéger les siens. <em>« Je vais te construire une maison… Je peux prendre soin de toi ! »</em>, dit Richard à sa femme. Sans se soustraire aux figures imposées par l’ossature historique du récit, Jeff Nichols en contourne néanmoins tous les écueils, s’empressant de tourner les pages sur lesquelles d’autres se seraient longuement appesantis à grands coups de cris et de larmes. Pas de « qui a dénoncé ? », pas de bavures policières outrancières, pas d’égarements dans les méandres du droit constitutionnel ni de plaidoiries interminables, pas de diatribe anti-ségrégationniste ou de pamphlet Black Panther. Racisme et violence, avocats et médias : ils sont tous là mais laissés hors champ, tout au plus rapidement suggérés, simples hémistiches d’un poème aux saveurs d’Americana, tout entier consacré à l’amour de Mildred (magnifique Ruth Negga) et Richard (éblouissant Joel Edgerton, tout en pudeur). </p>
<p>Classique, <em>Loving</em> l’est profondément. Humblement. Cachés dans la lumière des paysages du sud américain, on aperçoit les silhouettes d’Eastwood et Malick se dessiner. Entre une <em>Route de Madison</em> et une <em>Balade sauvage</em>. Alors oui, bien sûr, <em>Loving</em> n’est pas aussi éclatant que ses prédécesseurs, il a su néanmoins en garder toute l’élégance. </p>
<p>&nbsp;<br />
Loving <em>de Jeff Nichols, avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Michael Shannon, Nick Kroll&#8230; Etats-Unis, Royaume-Uni, 2016. Sortie courant 2016. En compétition au 69e festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Ma&#8217;Rosa, de Brillante Mendoza</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2016 20:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Parfums Manille Après l’immersion infernale au cœur d’une Manille criminelle dans Kinatay (prix audacieux de la mise en scène à Cannes en 2009), retour dans les bas-fonds interlopes de la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Parfums Manille</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/MaRosa.jpg" alt="Ma&#039;Rosa, de Brillante Mendoza" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24239" />Après l’immersion infernale au cœur d’une Manille criminelle dans <em>Kinatay</em> (prix audacieux de la mise en scène à Cannes en 2009), retour dans les bas-fonds interlopes de la capitale philippine avec <em>Ma’Rosa</em>, le nouveau film du brillant Brillante Mendoza. On y fait la rencontre de Rosa (Jaclyn Jose) et Nestor (Julio Diaz), tenanciers d’une petite épicerie dans les bidonvilles de la ville. Un fond de commerce de façade qui dissimule des petits « à-côtés » illicites, symptômes d’un quotidien féroce et chaotique. Pour rester la tête hors de l’eau et subvenir aux besoins de leurs quatre enfants, Rosa et Nestor arrosent le quartier en narcotiques&#8230; Un petit trafic de proximité pour arrondir des fins de mois de toute façon toujours difficiles. Mais un jour, c’est la descente de police. Ma’Rosa et son mari se retrouvent au poste, menottés, menacés par des flics évidemment corrompus. Ce sera la prison (dont on imagine facilement la brutalité) ou le pot de vin. 200 000 pesos philippins. Comment réunir une telle somme ? La mission incombera aux enfants livrés à eux-mêmes qui, pour acheter la liberté de leurs parents, devront racler tous les fonds de tiroir. Taper à toutes les portes, même les plus inhospitalières. Vendre tout ce qu’ils peuvent. La télé, leur corps. A travers cette chasse au trésor désespérée, Mendoza nous entraîne au cœur de cette zone grise où l’immoralité se trouve tout autant du côté des policiers pervers, adeptes des abus de pouvoir en tout genre, que de celui du clan Rosa-Nestor qui fait très peu de cas de la présence des enfants au milieu de leurs sombres transactions. Les frontières s’estompent entre flics et trafiquants, entre Bien et Mal. La survie se trouve finalement des deux côtés. Si ce <em>Ma’Rosa</em> s’inscrit dans la veine d’un cinéma social moins frontal que celui d’un <em>Kinatay</em> ou même d’un <em>Serbis</em>, Brillante Mendoza y imprime toujours, malgré tout, son style radical. <span id="more-24237"></span>C’est donc caméra à l’épaule que le cinéaste nous plonge dans les méandres des faubourgs poisseux et surpeuplés de Manille, au fil de longs plans-séquences insufflant à l’ensemble une dimension quasi documentaire. Ca grouille, ça crie, ça se bouscule. Il n’y a pas d’emphase dans le cinéma de Mendoza. Simplement une réalité qui nous saute aux yeux et à l’esprit. De quoi nous faire prendre conscience de l’équilibre extrêmement fragile qui maintient en vie cet amas d’hommes et de femmes au bord du précipice. Et à travers eux, Mendoza d’interroger notre humanité.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ma&#8217;Rosa<em> de Brillante Mendoza, avec Jaclyn Jose, Julio Diaz, Andi Eigenmann&#8230; Philippine, 2016. Prix d&#8217;interprétation féminine au 69e Festival de Cannes. Sortie le 30 novembre 2016.</em>  </p>
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		<title>Mademoiselle, de Park Chan-wook</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 19:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sex Crimes en Corée - Park Chan-wook signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu'il y paraît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sex Crimes en Corée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/mademoiselle-park-chan-wook-affiche.jpg" alt="Mademoiselle, de Park Chan-wook" width="197" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23753" /><strong><em>Sympathy for Mister Vengeance</em> et <em>Old Boy</em> (2002 et 2003) étaient baroques et totalement fous. <em>Stoker</em> (2012), esthétiquement parfait, était inconsistant. Park Chan-wook, quelque part entre tout ça, signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu&#8217;il y paraît.</strong> </p>
<p>C’est en lisant <em>Du bout des doigts</em> de Sarah Waters que le réalisateur coréen décide de réaliser <em>Mademoiselle</em>. Il en reprend la trame mais modifie l’époque et les personnages. Ses héroïnes n’évolueront pas dans l’Angleterre victorienne mais dans la Corée des années 1930. Alors sous colonisation japonaise, le pays est ballotté entre plusieurs cultures. Park Chan-wook prend pour cadre une vaste demeure où se croisent les influences occidentales et orientales : architecture victorienne, pièces « à l’anglaise » (tables, tapisseries, décoration chargée) qui s&#8217;opposent à celles « à la japonaise » (futons, beauté zen et simplicité), lieux mystérieux avec ambiance steampunk avant l’heure. Pour sublimer le décor, Park utilise un objectif anamorphique, lui permettant d’enregistrer des plans très larges et de les restituer au format classique. Le procédé multiplie les détails à l’écran. Et rend l’histoire d’Hideko et de Sookee divinement enivrante. <span id="more-23750"></span></p>
<p>Hideko est une riche héritière sous la coupe de son oncle. Désireux de lui voler son héritage, un escroc qui se fait appeler le Comte demande à Sookee de devenir la servante d’Hideko pour l’espionner et l’inciter à s’enfuir avec lui. Film d’arnaque, polar tendu, drame social, triangle amoureux, <em>Mademoiselle</em> brille bien plus que son prédécesseur, le décevant <em>Stoker</em>. Si chaque plan est ultra-soigné pour épouser les formes de ses héroïnes, ce n’est jamais une fin en soi mais une façon de servir l’histoire. De susciter l’attention et la tension. Dans la plus pure tradition des films d’arnaqueurs, on ne distingue jamais bien la proie du prédateur. Le découpage emprunte au baroque de la Trilogie de la Vengeance, recoupant les morceaux au gré du récit, dévoilant par touches les enjeux et les secrets. Et surtout, faisant place à un érotisme rarement vu au cinéma, intense et délicat, qui arrive naturellement, avec légèreté et sans artifice. On savait Park Chan-wook ultra-doué pour les effusions de sang ; on le sait maintenant ultra-doué, tout court.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mademoiselle (Agassi)<em> de Park Chan-wook, avec Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong… Corée, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 1er novembre 2016.</em></p>
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		<title>Toni Erdmann, de Maren Ade</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 19:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ines est allemande, mais elle s’est exilée à Bucarest, où elle est femme d’affaires dans une grande société. Quand elle voit débarquer son père, Winfried, à l’improviste à son travail, elle a du mal à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La vie des autres</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-1.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="138" class="alignleft size-full wp-image-24010" /><strong>Ines est allemande, mais elle s’est exilée à Bucarest, où elle est femme d’affaires dans une grande société. Quand elle voit débarquer son père, Winfried, à l’improviste à son travail, elle a du mal à cacher son agacement. Ce qui ne fait pas peur à Winfried, bien au contraire : il décide de rester et de se déguiser en Toni Erdmann, personnage truculent et envahissant.</strong><br />
&nbsp;<br />
<em>Toni Erdmann</em> est un film d’auteur. Mais un film d’auteur qui fait rire (beaucoup), et pas seulement à cause des blagues de colis piégés et de coussins péteurs (encore que). Non, ce qui met de bonne humeur dans <em>Toni Erdmann</em>, c’est la justesse burlesque ou dramatique de chaque séquence. C’est l’immédiate consécration à l’écran du saisissant Peter Simonischeck (Winfried) et de la charismatique Sandra Huller (Ines). Et c’est surtout le propos de la réalisatrice, Maren Ade, intelligent sans être ennuyeux (2h42 de film qui passent sans longueurs), érudit sans être démonstratif. Si <em>Toni Erdmann</em> est un film farfelu, il l’est par son point de départ : un père prend l’avion pour venir voir sa fille carriériste et lui demander simplement : <em>« Es-tu heureuse ? »</em> (Ensuite, il lui demande <em>« Es-tu un être humain ? »</em>, mais cette fois il n’attend pas vraiment de réponse.) Et c’est lorsque sa fille le congédie assez durement que Winfried, sorte de super-héros de la sociologie, se transforme en Toni. <span id="more-24007"></span></p>
<h3>Kukeri superstar</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-2.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="151" class="alignright size-full wp-image-24014" />Les super-héros existent pour faire ce que les gens normaux ne font pas. Pas seulement parce qu’ils ont (généralement) des superpouvoirs, mais parce que le costume les autorise intrinsèquement à agir dans l’intérêt des autres, sans théoriser sur la législation ou les dommages collatéraux. Toni Erdmann en est un d’un autre genre : il s’invite au bureau de sa fille, à sa fête entre collègues, au restaurant où elle dîne avec ses amis. Et tous – sauf Ines –  d’être sensibles au charme du monsieur. Ses superpouvoirs ? Une perruque brune aux airs de méduse morte, un dentier proéminent, un <em>kukeri</em> bulgare désopilant et un super-humour qui n’a pas peur du ridicule. L’alter ego de Winfried est équipé pour son combat au long cours : se rapprocher d’Ines, qui s’oublie dans un travail désincarné et insensé (en substance, celui de réduire les coûts et donc de virer des gens).</p>
<h3>Génération désenchantée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-sandra-huller-peter-simonischek.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24011" />Ines est un pur produit de la société libérale, qui prône le matérialisme, le pouvoir de l’argent et la flexibilité à outrance. Oui, une femme de ce monde doit être capable de licencier et d’emmener la femme de son client faire du shopping avec le même entrain. Difficile de croire qu’elle est la fille de ce gamin attardé de Winfried, pour qui la liberté, la dérision, l’échange et les petites joies du quotidien sont la raison de vivre. C’est bien là le paradoxe : en l’élevant ainsi, Winfried a rendu possible l’ambition professionnelle d’Ines. Elle est sûre d’elle (au bureau comme au lit) dans un monde peuplé de phallocrates. Ce qui se joue ici, c’est un conflit de générations, et la tentative d’un père, parfois maladroite, de faire renouer sa fille avec l’insouciance de son enfance. L’insistance de Winfried à être Toni apporte à Ines un peu de cette audace et de cette liberté qui lui manquent. Et lorsque, à force d’essayer, Ines se détache enfin de ses habitus professionnels et retrouve pour quelques heures sa dérision et sa clairvoyance, Maren Ade a emmené avec elle tous les spectateurs, libérés, avec son héroïne, du poids des conventions. <em>Toni Erdmann</em> est une œuvre sur l’ambition, qui n’a pas d’autre ambition que l’honnêteté et la générosité ; ce qui en fait un film rare et réparateur, et assurément l’un des plus beaux de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">69e Festival de Cannes</a>.</p>
<p>&nbsp;<br />
Toni Erdmann <em>de Maren Ade, avec Peter Simonischek, Sandra Hüller… Allemagne, Autriche, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Prix Fipresci de la presse internationale 2016. Sortie le 17 août 2016.</em></p>
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		<title>Moi, Daniel Blake, de Ken Loach</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 12:39:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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		<description><![CDATA[Nuit debout On pourrait dire que le nouveau film de Ken Loach est un tract politique supplémentaire. Ajouter qu’il éclaire une nouvelle facette de l’Angleterre prolétaire. On pourrait dire encore...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nuit debout</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/moi-daniel-blake-ken-loach-1.jpg" alt="Moi, Daniel Blake, de Ken Loach" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-23780" />On pourrait dire que le nouveau film de Ken Loach est un tract politique supplémentaire. Ajouter qu’il éclaire une nouvelle facette de l’Angleterre prolétaire. On pourrait dire encore qu’il s’agit là de son dernier baroud d’honneur, lui qui, comme Line Renaud, n’en finit pas de faire ses adieux. Mais impossible pour le réalisateur du <em>Vent se lève</em> (palmé en 2006) de rendre les armes. </p>
<p>A l’image de son attachant personnage, Daniel Blake, Ken Loach ne peut se résoudre à lâcher l’affaire. Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage… A 80 ans (dans un mois), le réalisateur britannique revient en compétition aussi vif qu’à son habitude, révolté, profondément empathique et humaniste. Ce qui se joue ici c’est la continuité d’une œuvre, d’un engagement, d’un propos. Une œuvre toute entière tournée vers les accidentés de la vie et la classe ouvrière. Sans concession, Ken Loach suit son antihéros, revendiquant jusque dans son titre le droit d&#8217;être un individu, un humain, un citoyen. Pas un simple numéro de sécurité sociale. <span id="more-23767"></span></p>
<p>Daniel Blake, double de Ken Loach, vieux bonhomme indigné, fatigué, en colère, est toujours prêt à se battre. Il n’est pas cinéaste. Il est menuisier. Mais c’est un peu la même chose, non ? Face à une administration kafkaïenne, il retrousse les manches, s&#8217;essuie le front et repart au combat. Histoire de ne pas devenir fou. Plaidoyer pour ceux que l&#8217;on désigne (surtout en ce moment) comme des assistés, <em>Moi, Daniel Blake</em> est aussi très sombre. Plus proche d’un <em>My Name is Joe</em> que de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/part-des-anges-ken-loach/"><em>La Part des anges</em></a>, il nous arrache plus de larmes que de sourires. Et si le partage et la solidarité tentent de trouver une brèche ici et là, ce que montre surtout Ken Loach, c&#8217;est un système qui tourne avec la masse, se contrefout de l’homme qui suffoque. Une machine qui broie tout sur son passage. Sauf peut-être l’amour.</p>
<p>&nbsp;<br />
Moi, Daniel Blake <em>(I, Daniel Blake) de Ken Loach, avec Dave Johns, Hayley Squires, Mick Laffey&#8230; Angleterre, 2016. Palme d&#8217;or du 69e Festival de Cannes. Sortie le 26 octobre 2016.</em></p>
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		<title>Elle, de Paul Verhoeven</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 08:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hupperisation - Une femme forte et froide, bourgeoise violentée, un poil déséquilibrée : le type de rôle dans lequel on imagine très bien Isabelle Huppert. Verhoeven aussi.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Hupperisation</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/elle-paul-verhoeven-affiche.jpg" alt="Elle, de Paul Verhoeven" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24231" /><strong>Qui ?</strong><br />
Paul Verhoeven, c’est une écrasante charge politique (<em>Starship Troopers</em>, <em>Black Book</em>), de l’érotisme fulgurant et controversée (<em>Spetters</em>, <em>Basic Instinct</em>, <em>Turkish Délices</em>), de la science-fiction visionnaire (<em>Total Recall</em>, <em>Robocop</em>). Souvent, tout ça à la fois. Et ce qu’on attend moins de ce cinéaste violent, outrancier et décomplexé, c’est le paradoxe d’un homme qui respecte la foi et les croyances et publie <em>Jésus de Nazareth</em> en 2010, fruit de trente années de recherches du « Jésus historique ». Sans se départir de son engagement, puisqu’il y suggère notamment que les miracles n’existent pas et que le Sauveur aurait des penchants homosexuels.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
En mal de réalisation depuis qu’il a décidé de faire de son <em>Jésus de Nazareth</em> un livre au lieu d’un film, et que l’expérience de <em>Tricked</em> (un scénario participatif) s’est avérée plus enrichissante que véritablement qualitative, c’est en lisant <em>Oh…</em> du Français Philippe Djian que le Néerlandais a trouvé la matière à un nouveau long-métrage. <em>Elle</em>, adaptation libre de notre Djian national, avec au casting Isabelle Huppert dans le premier rôle, Laurent Laffite, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Vimala Pons. Un casting de rêve pour l’histoire de Michèle, présidente d’une florissante société de jeux vidéo, violée un jour par un inconnu, qui se met en tête de retrouver son agresseur. <span id="more-24229"></span></p>
<p><strong>Résultat des courses</strong><br />
Une femme forte et froide, bourgeoise violentée, un poil déséquilibrée : le type de rôle dans lequel on imagine très bien Isabelle Huppert. Verhoeven aussi, qui lui offre ce portrait de femme pragmatique à la résilience sans failles. Michèle/Huppert surmonte les épreuves, envers et contre tout. Et pourtant, jamais de pathos ni de mélo. Paul Verhoeven désamorce la violence grâce à la sobriété des interprétations, à l’humour grinçant omniprésent, à une mise en scène structurée comme une peinture de Mondrian : chaque chose est à sa place pour former un tout plus vrai que nature. Ni totalement thriller, ni totalement comédie, ni totalement subversion, <em>Elle</em> est un savant mélange de malaise et de loufoque, sorte d’improbable rencontre entre Michael Haneke et Judd Apatow. Depuis 24 ans que Paul Verhoeven n’était pas revenu présenter un film sur la Croisette (la dernière fois, c’était <em>Basic Instinct</em> en 1992), on l’avait un peu oublié, à tort. Le retour du Hollandais Violent au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">69e Festival de Cannes</a> s’accompagne d’un « Oh… » troublé et fasciné.</p>
<p>&nbsp;<br />
Elle <em>de Paul Verhoeven, avec Isabelle Huppert, Laurent Laffite, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Vimala Pons&#8230; France, Allemagne, 2015. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 25 mai 2016. </em></p>
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		<title>The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn</title>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2016 17:58:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>La plastique c’est fantastique</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/neon-demon-nicolas-winding-refn-elle-fanning.jpg" alt="The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24182" />Après une balade en prison ultraviolente (<em>Bronson</em>), une épopée viking métaphysique (<em>Le Guerrier silencieux</em>), un thriller mécanique éthéré (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/drive-nicolas-winding-refn/">Drive</a></em>) et un film de vengeance étourdissant (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/only-god-forgives-de-nicolas-winding-refn/" title="Only God Forgives de Nicolas Winding Refn">Only God Forgives</a></em>), il restait encore au Danois Nicolas Winding Refn à pénétrer l’univers magnifique et futile de la mode. Inspiré, de son propre aveu, par la beauté qu’il côtoie tous les jours (auprès de sa femme, de ses deux filles et des actrices et mannequins rencontrés sur les tournages de films et publicités), NWR a ainsi mis en branle <em>The Neon Demon</em>. Une plongée ultra-esthétisée dans le Los Angeles des top-modèles, où la concurrence fait rage. On y croise Jesse (Elle Fanning), fraîchement débarquée à L.A. pour devenir mannequin. Belle et naïve, elle va rapidement comprendre, au contact des autres beautés croisées, que si l’homme est un loup pour l’homme, l’apprentie mannequin est pour les autres un véritable requin. Au gré de séquences assourdissantes à l’époustouflante symétrie graphique (mentions à la directrice photo Natasha Braier et au compositeur Cliff Martinez), Jesse va adopter les codes de la mode et repousser tous ceux qui lui tendent la main. Et le film sombre ainsi dans l’horreur morbide, scènes choc à l’appui qui tranchent avec la beauté plastique et ingénue des mannequins. Mais étrangement, alors que les précédents films de NWR s’assemblaient pour former une œuvre filmée impeccable, <em>The Neon Demon</em> semble victime de son objet et se cantonner à la superficialité. Derrière la technique – impressionnante –, pas d’enjeu, pas de complexité, pas de vision singulière d’un monde pourtant fait de fantasmes. <em>The Neon Demon</em> est plus proche du <em>Cremaster</em> de Matthew Barney ou du <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/lost-river-ryan-gosling-christina-hendricks/" title="Lost River, de Ryan Gosling">Lost River</a></em> de l’élève Ryan Gosling que de la magnificence de <em>Drive</em>. Un film en plastique ? <span id="more-24181"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
The Neon Demon <em>de Nicolas Winding Refn, avec Elle Fanning, Karl Glusman, Jena Malone, Desmond Harrington, Christina Hendricks, Keanu Reeves… Danemark, Etats-Unis, France, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 8 juin 2016.</em></p>
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		<title>Aquarius, de Kleber Mendonça Filho</title>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2016 10:51:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>La vieille femme et l’enfant</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/aquarius.jpg" alt="Aquarius, de Kleber Mendonça Filho" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-24045" />C’est l’état de siège à l’Aquarius, immeuble vétuste, ou vintage (question de point de vue), construit dans les années 1940, à Recife, le long de la très convoitée avenida Boa Viagem. Retranchée dans son bel appartement, <em>Madame</em> Clara (époustouflante Sônia Braga), écrivain et journaliste « musique » à la retraite, la soixantaine, résiste corps et âme contre l’envahisseur, un puissant promoteur immobilier, pour continuer à vivre là où elle a toujours et tout vécu. Dans ce face-à-face à la brutalité insidieuse, Kleber Mendonça Filho (<em>Les Bruits de Recife</em>, 2012) filme un Brésil qui s’en va, témoigne de ses changements violents, des conflits de générations et de valeurs. Le cinéaste critique cette idée de renouveau fondé exclusivement sur les exigences d’un marché carnassier, en général, et de la spéculation immobilière, en particulier. Bourgeon tout beau tout neuf de ce renouveau, Diego (Humberto Carrão) est ce jeune roquet vaniteux à peine recruté et prêt à tout pour déloger la reine du palais et mener à bien sa toute première affaire. Tous les autres ont cédé à ses « avances » de rachat. Clara est le grain de sable, la poussière dans l’œil d’un capitalisme aveugle et sauvage. Mais alors que ce fantassin zélé, formé aux méthodes agressives de management <em>made in USA</em>, redouble de médiocrité perverse afin de débusquer sa copropriétaire récalcitrante, Clara oppose son obstination tranquille, ses sarcasmes, sa liberté, son humour, sa beauté et sa musique, son énergie et sa fureur de vivre. <em>« Je suis une vieille femme et un enfant, tout ça à la fois »</em>, dit-elle. <span id="more-24033"></span>Clara et son vieil Aquarius ne se laisseront donc par faire, ultimes remparts d’un Brésil attaqué de toutes parts mais qu’elle s’évertue toujours et encore à transmettre à ses enfants, à son neveu. Un Brésil que Kleber Mendonça Filho embrasse tout entier de sa caméra dans d’impressionnants plans aériens où extérieurs et intérieurs, où Aquarius, plage et mer semblent ne faire qu’un, tous unis dans cet acte de résistance plein de panache. Et qui mieux que la grande et fière Sônia Braga, magnifique icône de la culture brésilienne (<em>Gabriela</em>, <em>Le Baiser de la femme araignée</em>), pouvait incarner ce récit éminemment politique, hymne à la mémoire et à la transmission.</p>
<p>&nbsp;<br />
Aquarius<em> de Kleber Mendonça Filho, avec Sônia Braga, Humberto Carrão, Maeve Jinkings, Irandhir Santos&#8230; Brésil, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>La Fille inconnue, de Jean-Pierre et Luc Dardenne</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 22:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Des Dardenne à la peine</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/filleinconnue.jpg" alt="La Fille inconnue, de Luc et Jean-Pierre Dardenne" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24219" /><em>La Fille inconnue</em>, c’est cette jeune femme à laquelle Jenny (Adèle Haenel), médecin généraliste à Seraing dans la province de Liège, n’ouvrira pas la porte, constatant l’heure de la soirée déjà largement avancée. On la retrouvera morte le lendemain, sans identité… Rongée par la culpabilité, Jenny se lance alors dans une quête de vérité afin de mettre un nom sur cette jeune fille et de lui offrir une sépulture. </p>
<p>Inconnue mais aussi, et on le déplore, inodore et incolore&#8230; La sentence peut sembler sévère tant Adèle Haenel nous avait séduits dans <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/combattants-thomas-cailley-adele-haenel/"><em>Les Combattants</em></a> de Thomas Cailley, en jeune femme désenchantée jusqu’au-boutiste. Mais, passée à la moulinette de la fiction sociale documentée des frères Dardenne, la performance de l’actrice nous laisse pantois. Certes, cette Adèle-là reste une combattante et c’est avec beaucoup de persévérance qu’elle explore toutes les pistes possibles susceptibles de la conduire à l’identité de la mystérieuse inconnue, quitte à s’attirer quelques ennuis en farfouillant là où un généraliste devrait laisser travailler la police. Jessy-Adèle Haenel partage la même obstination que Sandra-Marion Cotillard dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/deux-jours-une-nuit-jean-pierre-luc-dardenne/" title="Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne">Deux jours et une nuit</a></em>. Mais là où Cotillard nous proposait une étonnante palette de nuances, de tons et d’attitudes, Haenel nous perd peu à peu au fil d’une scansion lente et monotone, capable de faire passer une statue pour un moulin à parole. <span id="more-23566"></span>Que de lassitude à voir l’actrice aussi éteinte, récitant son texte sans y insuffler la moindre intention. <em>« Il ne fallait pas donner à voir des effets d’interprétation ou souligner des intentions… »</em>, explique Adèle dans l’interview du dossier de presse. Ok, cela faisait donc partie du plan. De ce point de vue, c’est parfaitement réussi. Mais du coup, côté empathie pour le personnage, on frôle l’encéphalogramme plat. Alors qu’on devrait s’émouvoir du quotidien de ce généraliste confronté tous les jours à la précarité et la misère sociale de ses patients, on se surprend à rester à distance, insensible. Alors quoi ? Cœur de pierre du spectateur ? Ou déconvenue des Dardenne, échouant, une fois n’est pas coutume, à instiller la justesse de ton et la force tranquille auxquelles ils nous ont pourtant habitués depuis tant d’années ? A vous de juger… Pour nous, le débat est clos.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Fille inconnue<em> de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Jérémie Rénier, Christelle Cornil, Marc Zinga&#8230; Belgique, 2016. Sortie le 12 octobre 2016. En compétition au 69e festival de Cannes.</em></p>
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