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	<title>Grand Écart &#187; JNB</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Jaume Balagueró</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 17:11:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après un début de 30e Festival du film fantastique de Gérardmer un peu timide en terme d'entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/venus-jaume-balaguero-211x300.jpg" alt="Venus, de Jaume Balaguero" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27830" />Après un début de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands">30e Festival du film fantastique de Gérardmer</a> un peu timide en terme d&#8217;entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de Jaume Balagueró, <em>Vénus</em>, a remis un peu de baume au coeur des festivaliers. Film d&#8217;action rondement mené, récit horrifique savamment maîtrisé, déluge d&#8217;hémoglobine cathartique, actrices au top : si <em>Vénus</em> avait fait partie de la compétition du Festival de Gérardmer, nul doute qu&#8217;il en serait reparti avec quelques récompenses. Une petite piqûre de rappel de l&#8217;immense talent de celui qui fut, aux côtés de Paco Plaza, Alex de la Iglesia et Juan Antonio Bayona, l&#8217;un des fers de lance du renouveau du cinéma fantastique espagnol il y a de ça une vingtaine d&#8217;années. On n&#8217;a donc pas boudé l&#8217;occasion de le rencontrer, même si, emploi du temps de festival oblige, le moment fut trop court.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez gagné 11 prix à Gérardmer, vous avez été président du jury. Cette année le Festival vous rend hommage, et vous présentez un nouveau film, <em>Venus</em>… Que vous évoque Gérardmer, après tout ce temps ?</strong></p>
<p>C’est toujours très émouvant de revenir à Gérardmer, parce que j’y ai vécu des choses très intenses. Que ce soit lorsque je présentais un film ou en tant que président du jury, les gens que j’ai rencontrés, les réactions du public, dans cette ville que j’adore, ce sont des souvenirs que je vais garder à jamais. Je n’ai jamais rien vécu de négatif à Gérardmer… Ah si ! Une chose ! La fois où j’étais venu avec Paco Plaza, on est allés skier, c’était la première fois que Paco skiait, et il n’y arrivait pas. J’essayais de lui apprendre mais il tombait tout le temps ! Alors on est rentrés… C’est la chose la plus horrible que j’ai vécue ici !</p>
<p><strong>Votre précédent film, <em>Braquage final</em>, était un film d’action. Avec <em>Vénus</em>, vous revenez au fantastique, votre genre d’origine. Ca vous avait manqué ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas qu’il me manque, mais le fantastique fait partie de mon ADN, c’est toujours un plaisir d’y revenir. D’ailleurs, je crois que <em>Vénus</em> est un film très proche de ceux de mes débuts. <span id="more-27814"></span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p>Thématiquement. Quand je regarde certaines séquences de <em>Vénus</em>, je pense à <em>La Secte sans nom</em>, à <em>Darkness</em>. C’est plus sophistiqué, plus évolué, mais il y a quelque chose de commun entre ces films. </p>
<p><strong><em>Vénus</em> est inspiré d’une nouvelle de Lovecraft ?</strong></p>
<p>Un peu inspiré, oui. Il y a cette nouvelle de Lovecraft, <em>La Maison de la sorcière</em>. Dedans on y trouve une maison, des sorcières, et cette « horreur cosmique » typiquement lovecraftienne. Vénus raconte une histoire très différente, très contemporaine, celle d’une gogo dancer qui vole de la drogue à des trafiquants. Elle est découverte et s’échappe. Elle se réfugie dans la maison de sa sœur, une maison qui cache des choses vraiment terrifiantes. Il y a donc deux histoires d’horreur qui se rejoignent : un récit d’action avec les trafiquants de drogue, et un récit surnaturel dans la maison.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les histoires de sorcières et de religion ?</strong></p>
<p>Je suis très attiré par tout ce qui a à voir avec les icônes de la religion catholique. Ses représentations. C’est à la fois fascinant et effrayant, pour moi. Je ne suis pas quelqu’un de religieux, j’entre dans les églises non par foi mais parce que j’aime beaucoup l’ambiance. Je crois qu’il y a quelque chose de tout ça dans mes films. Le surnaturel, l’obscure de la religion, c’est très intéressant.</p>
<p><strong>Quelle évolution voyez-vous dans le cinéma depuis vos débuts ?</strong></p>
<p>C’est difficile de répondre… Si tu pars dans un autre monde quinze ans et que tu rentres sans avoir vu aucun film, tu vas forcément voir la différence. Sinon, non. Bien sûr, il y a une évolution. La narration a changé ; le rythme a évolué, parfois d’une façon un peu incontrôlée. Mais ce n’est pas lié qu’au cinéma lui-même, c’est aussi lié à ce qui nous entoure. Les nouvelles technologies, les plateformes de streaming… Les jeunes ont besoin d’un rythme très intense. Ce n’est peut-être pas une bonne chose, mais seul l’avenir le dira.</p>
<p><strong>Et dans votre cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/itw-jaume-balaguero-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="rencontre avec Jaume Balaguero" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27831" />Même si je ne suis pas toujours d’accord avec cette évolution incontrôlée, je suis une partie de ce monde. Moi aussi, je suis une victime de tout ça. Donc oui, mes films aussi ont changé de rythme, mais comme j’ai une façon très personnelle de raconter des histoires, peut-être que cette évolution est moins visible dans mes films.</p>
<p><strong>Beaucoup de films espagnols sortent directement sur les plateformes de streaming, désormais. Que pensez-vous de ce nouveau modèle ?</strong></p>
<p>Je crois que les plateformes sont devenues des refuges pour le cinéma en général. Parce que les salles ne marchent pas vraiment. Les gens vont très peu au cinéma désormais, donc si on pense à l’avenir du cinéma, on doit penser à l’avenir des plateformes. Moi, j’adore l’expérience de la salle de cinéma. Quand je fais un film, je pense toujours à la salle qui va le projeter. Mais l’économie fait que l’on doit désormais penser aux plateformes quand on réalise un film.</p>
<p>&nbsp;<br />
Vénus<em>, de Jaume Balagueró avec Ester Expósito, Ángela Cremonte, Magüi Mira, Fernando Valdivielso&#8230; Espagne, 2022.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Keith Thomas</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2020 07:57:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
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		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[Shoah]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand on aime le film de genre, en particulier d’horreur, on se retrouve vite à fouiller les méandres des boutiques spécialisées et des forums du Net en quête DU film, celui qui ne ressemblera pas aux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Unorthodox</h2>
<p><strong>Ce 29 juillet 2020, quelques semaines après la date initialement prévue par son distributeur Wild Side, sort au cinéma <em>The Vigil</em>. Un premier film horrifique novateur, ambitieux, sincère&#8230; et surtout réellement terrifiant par moments. Bref, une oeuvre qui mérite qu&#8217;on s&#8217;y attarde. Rencontre en terres vosgiennes avec son scénariste-réalisateur Keith Thomas. </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/07/the-vigil-keith-thomas.jpg" alt="The Vigil, de Keith Thomas" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27615" />Quand on aime le film de genre, en particulier d’horreur, on se retrouve vite à fouiller les méandres des boutiques spécialisées et des forums du Net en quête DU film, celui qui ne ressemblera pas aux dix regardés le mois précédent, celui qui n’utilisera pas les mêmes ressorts pour susciter effroi et intérêt. On a beau aimer nos classiques et le regain horrifique de ces dernières années, voir des <em>Exorciste</em>-like ou des <em>Insidious</em>-like a tout bout de champ a aussi ses limites. Aussi, sans savoir grand-chose du film, assister en plein <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival de Gérardmer</a> à la projection de <em>The Vigil</em> avait quelque chose de merveilleux. Le premier film de Keith Thomas &#8211; certes non exempt de défauts &#8211; emporte l’adhésion par son originalité et sa maîtrise formelle.<br />
C’est l’histoire de Yakov, jeune adulte qui quitte sa communauté juive orthodoxe new-yorkaise pour se jeter dans le grand bain du monde (celui avec des téléphones portables, de la musique, de la liberté mais aussi de la brutalité et de la solitude) et revient le temps d’une nuit pour une veillée funèbre particulièrement funeste : corps mort sous un drap au milieu du salon, maison aussi mal éclairée que la grotte de Lascaux, vieille veuve sénile, parquet qui craque. Autant d’éléments du patrimoine horrifique qui trouvent ici un enchaînement logique et innovant. <span id="more-27422"></span><br />
Mais, aussi tendu de bout en bout qu’il soit, <em>The Vigil</em> doit surtout énormément à l’écriture du scénario (signé également du réalisateur). Au cinéma, le diable et autres démons sont étroitement liés à la chrétienté et à l’image qu’elle véhicule. Rares sont les films à montrer un autre type de combat face aux forces infernales. En plaçant son récit au sein d’une communauté juive, avec ses propres superstitions, ses propres peurs et ses propres exorcismes, <em>The Vigil</em> surprend autant qu’il terrifie.<br />
Autant de bonnes raisons de rencontrer Keith Thomas au sortir de cette projection du Festival de Gérardmer 2020 – festival pré-COVID on vous le rappelle, et aussi pré-<em>Unorthodox</em>, l’excellente mini-série de Maria Schrader disponible sur Netflix.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>The Vigil</em> est un film d’horreur, mais c’est aussi un film sur une communauté… C’est votre histoire ?</strong></p>
<p>Une partie de ma famille éloignée est hassidique. Ma mère est juive, je suis donc juif, mais mon père ne l’est pas. J’ai grandi dans un milieu assez laïque, hors de la vie religieuse. Ma mère s’est rapprochée plus tard de la religion. C’est à ce moment-là que j’ai moi-même commencé à explorer la religion et à me documenter. J’ai toujours été fasciné par la théologie – l’étude des textes religieux –, et je savais que le jour où je me déciderai à réaliser mon premier film d’horreur, j’aurai besoin de parler de quelque chose de personnel, quelque chose que je connaissais, des choses à la fois culturelles et spécifiques. J’ai réalisé qu’il y avait très peu de films d’horreur sur les juifs, et absolument aucun sur cette communauté orthodoxe. Cette communauté ayant beaucoup plus de croyances superstitieuses que la majorité des communautés juives, je me suis dit que ce serait intéressant d’y situer mon film, et de m’intéresser à ces superstitions.</p>
<p><strong>Au début du film, Yakov a quitté la communauté et parle de ses peurs dans ce « nouveau monde ». La religion éloigne-t-elle de la société ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/the-vigil-keith-thomas-dave-davis.jpg" alt="Dave Davis dans The Vigil" title="Dave Davis dans The Vigil" width="280" height="175" class="alignright size-full wp-image-27426" />Dans le cas de ces personnes, oui, c’est évident. Et dans cette scène d’ouverture, toutes les personnes à la table autour de Dave Davis, cet exceptionnel acteur principal qui interprète Yakov, ont vraiment fait partie puis quitté cette communauté. Dans la vraie vie comme dans <em>The Vigil</em>, c’est un genre de groupe de soutien pour ces personnes. La communauté juive orthodoxe, un peu comme la communauté amish, s’est retirée de la société et a ses propres règles, ses propres lois. Ses membres vivent dans la plus grande ville américaine, mais restent pourtant en dehors. C’est étrange, mais c’est comme ça. Et c’est intéressant : les gens qui l’ont quittée et que j’ai rencontrés, étaient excités d’être dehors parce qu’ils avaient accès à plein de choses qu’ils n’avaient pas dans la communauté, comme la technologie, les films, la musique, toutes sortes de nourriture, la possibilité d’explorer la ville… Et en même temps, la communauté leur manquait. La camaraderie leur manquait, le soutien, parce que pour eux, se retrouver dans un monde laïque est très froid, très solitaire. Personne ne vous aidera à payer votre loyer si vous avez du mal, personne ne vous aidera à vous relever si vous tombez… Dans la communauté, personne n’a faim, tout le monde a une maison, on se sent en sécurité. Mais ces gens se sont également sentis trop isolés. Certains sont gays, certains sont des artistes, veulent créer des choses, ce qui n’est pas acceptable là-bas. Ils sont donc partis pour trouver leur propre chemin.</p>
<p><strong>Yakov est dans ce moment où il l’a quittée, mais il n’a pas encore trouvé sa voie…</strong></p>
<p>J’ai pensé que ce serait un intervalle intéressant pour faire vivre le personnage, déchiré entre les deux mondes. C’est toujours intéressant d’avoir quelqu’un qui quitte quelque chose, et qui revient avec un peu de recul. Yakov traverse une crise. Il a un pied dans chaque monde, et doit aussi s’occuper de ses propres problèmes : le traumatisme qu’il a vécu, les raisons qui l’ont poussé à partir : il avait besoin de voir un docteur, de prendre une médicamentation&#8230; Je pensais que le forcer à affronter ce qui cause sa crise donnerait quelque chose d’intéressant. C’était mon point de départ. Je devais commencer avec ce personnage dans cette situation difficile ; c’est un cliché, mais il devait essentiellement affronter ses propres démons, c’est le sujet de <em>The Vigil</em>.</p>
<p><strong>Comment on affronte ses démons, son chagrin ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/the-vigil-dave-davis-shomer-hassidique.jpg" alt="Dave Davis dans The Vigil" title="Dave Davis dans The Vigil" width="280" height="116" class="alignleft size-full wp-image-27427" />Pour moi, la réponse est clairement de passer à travers, d’avancer. The Vigil parle de traumatisme et de la peur qui peut nous habiter. Affronter ses démons, c’est une aventure intérieure. Il n’y a pas de poignard pour le tuer. Le seul moyen est d’affronter ses démons, de prendre ses problèmes à bras le corps.</p>
<p><strong><em>The Vigil</em> réussit à faire peur, sans pour autant utiliser à outrance les jump scares et autres effets horrifiques actuellement à la mode. Comment avez-vous imaginé les moments de peur ?</strong></p>
<p>Je voulais utiliser tous les moyens possibles pour créer la peur. Y compris le jump scare, la musique assourdissante… Mais j’avais effectivement envie d’essayer autre chose, pour donner à voir à l’écran une autre peur. Pour moi, la réussite de l’effet de peur réside dans sa construction. C’est la tension qui la précède qui va produire la peur. J’ai donc essayé de faire traîner la tension longtemps, pour mettre le public mal à l’aise, avant de déclencher l’effet horrifique. Il fallait que le spectateur ait le temps de se mettre à la place du personnage.</p>
<p><strong><em>The Vigil</em> est votre premier film. Comment passe-t-on de la recherche médicale à la réalisation ?</strong></p>
<p>L’envie de raconter des histoires et de réaliser a toujours été là. Déjà à l’école, je publiais des nouvelles, des chroniques ciné, des poèmes. Puis mon travail avec des patients à écouter leur vie, à leur expliquer les protocoles de recherche, a encore stimulé mon imagination. Mes rencontres m’ont beaucoup inspiré pour mes histoires, et enfin pour ce premier film, que je rêvais de réaliser depuis des années.</p>
<p><strong>A votre avis, qu’est-ce qui fait d’un film, un bon film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/keith-thomas-portrait-c-OlivierVigerie.jpg" alt="Keith Thomas, réalisateur de The Vigil" width="187" height="280" class="alignright size-full wp-image-27424" />Mmmh… Quand j’ai écrit le scénario, on a passé beaucoup de temps en préproduction avec mon directeur photo. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un bon directeur photo. On a passé beaucoup de temps à imaginer comment on allait tourner les plans, ce qu’allait donner la photo. Mais c’est vraiment le troisième jour de tournage que j’ai réalisé ce que j’étais en train de faire. Parce que je ai écrit <em>The Vigil</em>, j’ai casté les acteurs, j’ai choisi l’équipe, j’ai tout calculé, mais sur le plateau, j’avais beau parler à tout le monde et crier « Action ! », je n’avais pas encore compris ce que fait vraiment un réalisateur. Et donc, ce troisième jour, on installait la cuisine, quand mon directeur artistique m’a amené des cuillères et m’a demandé : <em>« Celle-ci ou celle-là ? »</em> Elles allaient être dans des tiroirs qu’on n’allait jamais ouvrir. Et pourtant j’ai su immédiatement : <em>« Celle-là ! »</em><br />
Je crois que ce que fait le réalisateur, c’est de maintenir la vision du film. C’est avoir le film dans sa tête et être capable de le restituer sur le plateau aussi clairement que possible, pour que dès qu’une question est posée, on puisse répondre immédiatement. Parce que c’est ça, un plateau de tournage : tout le monde posant en permanence des questions. Où est la caméra ? Quelle lentille on utilise ? Où va cette lumière ? Comment je joue cette scène ? Qu’est-ce que je dois porter ? Personne ne connaît la réponse… Tu portes ça. La lumière va là. La caméra ici. On utilise une lentille 15 mm. Tu vas jouer comme ça… Tu dois avoir toutes ces choses en tête et être capable de les reproduire sur le plateau. Je pense – en tout cas dans mon cas – que faire un film sans savoir tout ça a une grande chance de ne pas fonctionner. Parce qu’il n’y a pas de capitaine à bord du navire. Ca ne veut pas dire qu’on doit être un commandant, hurler sur tout le monde et être un connard, ça veut juste dire qu’il faut avoir confiance dans ce qu’on fait, savoir où on va et maintenir le cap.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Vigil <em>de Keith Thomas, avec Dave Davis, Menashe Lustig, Lynn Cohen… Etats-Unis, 2019. Sortie le 29 juillet.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2019 11:36:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/The-Unthinkable-214x300.jpg" alt="The Unthinkable, Crazy Pictures" width="214" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-26892" />Ils sont cinq : Albin Pettersson, Rasmus Råsmark, Hannes Krantz, Victor Danell et Olle Tholén. A ces cinq-là s&#8217;ajoute Christoffer Nordenrot, acteur au long cours et coscénariste. A eux six, ils composent le collectif suédois Crazy Pictures, rassemblement assez unique de jeunes talents du septième art à qui l&#8217;on doit en ce début d&#8217;année un premier long-métrage enthousiasmant, véritable succès en Suède et reparti du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/26e-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="30/01-3/02 : 26e Festival du film fantastique de Gérardmer">26e Festival de Gérardmer</a> avec (entre autres) un Prix du jury bien mérité : <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-unthinkable-crazy-pictures-christoffer-nordenrot/" title="The Unthinkable, de Crazy Pictures">The Unthinkable</a></em>. Rencontre avec trois des membres de <a href="http://crazypictures.se/" title="Crazy Pictures" target="_blank">Crazy Pictures</a>, Olle Tholén, Albin Pettersson et Christoffer Nordenrot.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quel a été le point de départ de <em>The Unthinkable</em> ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Le noyau du film, c’était la scène du début avec la guitare, qui a servi à créer cette famille dysfonctionnelle. Le père qui voulait faire quelque chose de bien mais qui se termine mal. C’est ce qui a permis de lancer l’histoire de la famille. Parallèlement, mais sans imaginer que ça ferait partie du même film, nous pensions à cette « alarme de guerre », testée quatre fois par an en Suède. Un jour, ça ne serait plus un test. Comment réagirions-nous, que ferions-nous, où irions-nous ? En Suède, cela fait plus de 300 ans qu’il n’y a pas eu de guerre. Et si la Suède était en guerre ? C’était une pensée excitante. </p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous sommes habitués à voir ce genre de choses dans des films américains et à la télé. Mais nous n’avons pas ça en Suède. Nous nous sommes dit que c’était intéressant de faire un film à propos de ça. Quand on commence à enquêter sur ce sujet, à parler aux gens, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de choses palpitantes dans l’histoire de la Suède. Pendant la guerre froide, le gouvernement a fabriqué des bunkers pour accueillir tous les habitants. Donc il y a beaucoup de bunkers, qui n’ont en fait jamais été utilisés puisqu’il n’y a jamais eu de guerre. Mais c’était un cadre intéressant. Les bunkers existent toujours : que se passerait-il si l’alarme d&#8217;alerte se déclenche, et que cette fois-ci, c’est pour de vrai ? <span id="more-26891"></span></p>
<p><em>Albin :</em> C’était très important pour nous d’avoir tous ces éléments dans le même noyau : on suit les personnages, partout, tout le temps, et on voit l’attaque à travers leurs yeux. On s&#8217;attache à Anna.</p>
<p><strong><em>The Unthinkable</em> est tout à la fois un drame, une histoire d’amour, un film catastrophe, mais aussi un film politique ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-3-300x125.jpg" alt="THE UNTHINKABLE-effondrement pont" width="300" height="125" class="alignright size-medium wp-image-26902" /><em>Albin :</em> Nous n’avions pas prévu de faire un film politique, mais c’est inévitable quand on fait un film sur des attaques en Suède&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous voulions créer un ennemi mystérieux. Le spectateur n’a aucune idée de ce qui est en train de se passer, et de qui est derrière ça. Nous n’avons pas dit grand-chose à propos de l’ennemi. Parfois, nous avons besoin d’en dire un peu plus aux spectateurs, comme à la fin par exemple. Bien sûr, nous parlons à certains moments d’attaques d’aliens, pour ne pas être trop politique. Nous voulions vraiment avoir un ancrage dans la réalité, de façon à rendre les choses le plus plausible possible. Nous avons discuté avec des militaires, des gens sur Internet, pour tenter de trouver la façon la plus réelle de décrire les événements, si cela devait arriver un jour.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, quand on parle d&#8217;attaque militaire en Suède, on pense forcément à la Russie et à ses menaces régulières&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Bien sûr. Il y a un océan autour de la Suède, et la Russie a des sous-marins. Parfois, vous pouvez voir les sous-marins aux alentours de Stockholm : c’est quelque chose d’important en Suède. Je ne pense pas que les gens voient ça comme une menace, mais on en a toujours parlé en Suède. Certains nous ont critiqués, en disant que nous rendons les gens encore plus effrayés par la Russie. Qu’on donne à la Russie le mauvais rôle. Mais ce n’est pas la réalité.</p>
<p><em>Albin :</em> Dans <em>The Unthinkable</em>, la politique n’est qu’une petite partie qui sert à construire un tout. Nous ne voulons pas transmettre ce message ; la Russie n’est pas le « méchant » dans le film.</p>
<p><strong>Est-ce que ce scénario cauchemar est vraiment impensable ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-4-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-masque à gaz" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26904" /><em>Olle :</em> C’est un peu éloigné de la réalité. Quand nous avons créé le scénario, il y a 8 ans, c’était une fiction totale, de l’imagination. Nous avons discuté avec des gens pour le rendre plausible. Mais au fil des années, la menace se rapprochait, l’insécurité aussi. Je pense que le film est plus d’actualité aujourd’hui.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Oui, pas nécessairement avec la Russie, mais avec le monde entier. On vit dans une époque instable, les gens ont peur. Le gouvernement suédois a diffusé une brochure <em>[alertant les civils de la marche à suivre en cas d'attaque étrangère, ndlr]</em> un mois après que notre film est sorti. On aurait dit qu’elle sortait des années 1960.</p>
<p><em>Albin :</em> Ca s’est passé trois semaines avant notre première, ça nous a fait une belle campagne marketing&#8230; Certains ont pensé que nous étions à l’origine de cette brochure !</p>
<p><strong>Chaque pays a ses peurs : quelle est la peur de la Suède ?</strong></p>
<p><em>Christoffer :</em> Notre film est très axé sur les personnages, sur le fait de dire les choses avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce qu’on a travaillé avec le personnage d’Alex, et c’est quelque chose de très suédois : garder nos émotions et ne pas en parler. C’est ce qui résonne à travers le film. Mais d’un autre côté, <em>The Unthinkable</em> n’a pas grand-chose de suédois. On n’a encore jamais vu de film comme ça en Suède.</p>
<p><em>Olle :</em> Pour parler d’une vraie menace, le terrorisme est la chose la plus probable qui pourrait arriver à Stockholm. Nous voulions en faire l’expérience dans le film.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Depuis le début, c’est une fiction. Y compris la scène de la bande-annonce, avec le pont qui explose au centre de Stockholm. Nous l’avons écrite il y a plusieurs années, mais avec la peur des attaques terroristes, les gens ont été bien plus effrayés. <em>« C’est réel, ça peut arriver. »</em></p>
<p><strong>Dans la vie, vous êtes plutôt optimistes ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Oui, clairement ! Mais beaucoup de gens en Suède sont pessimistes&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Avec la situation politique actuelle en Suède, comme dans d’autres pays européens, un parti d’extrême droite est en train de monter. C’est le 3e parti, cela veut dire beaucoup de choses à propos des peurs des gens.</p>
<p><strong>Vous dites que d&#8217;une certaine manière, votre film n&#8217;est pas suédois, mais les thrillers scandinaves parlent généralement de crime sans occulter un contexte politique ou social, comme c&#8217;est le cas ici&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, d’un côté, il est très suédois, mais de l’autre non : l’attaque, et le style hollywoodien.</p>
<p><em>Albin :</em> Cette combinaison le rend unique en Suède. On voit beaucoup de films américains, mais nous sommes tous des réalisateurs suédois. Nous ne voulions pas faire un film américain, donc c’est notre point de vue sur de genre de film.</p>
<p><strong>D&#8217;où vient l&#8217;idée de créer le collectif Crazy Pictures ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-Crazy-Pictures-collective_photo-300x200.jpg" alt="Crazy Pictures collectif" width="300" height="200" class="alignright size-medium wp-image-26898" /><em>Albin :</em> Nous nous sommes tous rencontrés à l’école, quand nous avions 16 ans. On faisait déjà beaucoup de films, on s’amusait ensemble. A 17 ans, on a fait notre premier long-métrage. Ensuite, en terminant l’école, on a eu envie de continuer de travailler ensemble. Nous avions 19 ans quand nous avons lancé notre boîte de production. C’était il y a 11 ans. Depuis, nous avons fait beaucoup de courts-métrages sur YouTube, beaucoup de publicités pour vivre. Christoffer a joué le rôle principal dans plusieurs de nos films.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Ça a été une chance de les rencontrer. Ils se connaissaient depuis longtemps. J’ai commencé en tant qu’acteur dans leurs films, puis je me suis mis à écrire. C’était une belle rencontre.</p>
<p><em>Olle :</em> On est un collectif de cinéastes, et on aime la manière dont on réalise des films ensemble. Au début, on pensait que c’était étrange, qu’il fallait quelqu’un qui soit directeur, l’autre producteur, etc. Mais on n’aime pas travailler comme ça. Nous sommes un collectif, nous avons tous des compétences différentes, et un seul et même but : faire les meilleurs films possibles.</p>
<p><strong>Sur le plateau, ça fonctionne comment ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Pour vous donner un exemple, même si je ne suis pas directeur du plateau, je peux prendre le rôle de directeur. On a tous passé du temps autour d’une table, à parler du film, donc on sait tout sur le film. C’est plus facile de faire le film ensemble. Habituellement, il n’y a que deux personnes qui discutent de ça. Là, on est cinq. Comme ça, chacun peut remplacer l&#8217;autre si besoin.</p>
<p><strong>Vous avez des techniciens à vos côtés ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, on doit être 25 personnes sur le plateau. Nous sommes une équipe petite et jeune. L’âge moyen doit être de 27 ans. C’est une toute nouvelle génération.</p>
<p><strong>Être structuré de cette manière, c’est aussi une approche politique, quelque part ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui. Nous avons toujours voulu mettre la marque Crazy Pictures en avant. Les gens ne sont pas habitués à voir un collectif réaliser un film, sans préciser qui fait quoi. C’est une bonne chose pour notre marque&#8230; Vous connaissez quelqu’un qui fait la même chose ?</p>
<p><strong>Les sœurs Wachowski peut-être ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, mais elles sont toutes deux réalisatrices.</p>
<p><strong>C’est donc unique en Suède ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, nous ne connaissons personne d’autre. Nous sommes une inspiration en quelque sorte. Des jeunes gens se revendiquent maintenant en tant que boîtes de production, et veulent faire comme nous.</p>
<p><strong>Est-ce que l’industrie cinématographique suédoise voit Crazy Pictures différemment, depuis le succès du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-6-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-Alex" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26906" /><em>Albin :</em> Nous avons eu beaucoup de mal au niveau du financement du film. Nous avions 24 ans et nous faisions beaucoup de courts-métrages, nous avions le script de notre long-métrage mais aucun organisme de financement n&#8217;y croyait. Nous nous sommes donc rapprochés de notre communauté. Nous leur avons dit <em>« vous voulez voir le film ? »</em> et nous avons sorti le pilote. Nous avons récolté 30 000 euros les premières 24h, et nous avons terminé à 50 000 euros. Nous sommes ensuite retournés voir les industries cinématographiques en leur disant : <em>« Les gens croient en nous, pouvez-vous le faire également ? »</em> Nous avons eu les financements, et nous avons pu faire le film. Mais nous n’avons pas eu de subvention de l’Etat, même en s’y prenant à cinq reprises&#8230; Quand le film est sorti, plus de 100 000 Suédois sont allés le voir. Le film le plus vu l’année dernière culminait à 300 000 spectateurs. Donc le succès de <em>The Unthinkable</em>, pour un film indépendant, été fabuleux. Maintenant, il est vendu dans 90 pays. En janvier on a été nommés dans quatre catégories aux Guldbagge Awards : on a remporté le prix du « newcomer of the year ». C’est la preuve que nous sommes les bienvenus maintenant.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>The Unthinkable, de Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2019 15:04:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/the-unthinkable-christoffer-nordenrot-1.jpg" alt="The Unthinkable, de Crazy Pictures" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-26777" />Alex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son rejeton qu’il l’aime. Après une dispute, Anna quitte Bjorn, puis c’est au tour d’Alex de quitter son ancien militaire de père. Devenu jeune adulte, Alex vit seul à Stockholm quand plusieurs attaques terroristes surviennent. </p>
<p>Voilà le pitch de <em>The Unthinkable</em>, premier long-métrage du collectif Crazy Pictures, rassemblement de cinq amis qui conservent le contrôle de leurs films en maîtrisant à la fois le scénario, la réalisation, le montage, les décors, la photo et les effets spéciaux. Au vu du résultat, leur mini-conglomérat alternatif affiche un insolent succès : <em>The Unthinkable</em> a tout d’une grosse production au budget conséquent, alors qu’il a coûté à peine 2 millions de dollars, en partie financés par crowdfunding. Au-delà de ce constat entrepreneurial, les qualités artistiques et formelles de <em>The Unthinkable</em> sont indéniables. Crazy Pictures soigne ses effets sonores et visuels, et installe une atmosphère de fin du monde dès les premières minutes, alors que le récit se concentre encore massivement sur la passion entre Alex et Eva. Leur histoire d’amour avortée constitue le fil rouge de <em>The Unthinkable</em>, même lorsque les menaces de guerre se font réelles. Le film suédois rappelle d’ailleurs quelques jolies œuvres du genre, et notamment <em>Perfect Sense</em> de David Mackenzie (2011). <span id="more-26775"></span></p>
<p>Mais derrière la passion, <em>The Unthinkable</em> parle surtout de terrorisme. Ses racines suédoises le rendant assez unique et terrifiant ; alors qu’ailleurs dans le cinéma mondial, reflet de nos peurs oblige, le terrorisme aborde quasi systématiquement la religion islamique et l’embrigadement, les angoisses d’Europe du Nord, et particulièrement suédoises, sont tout autres : le peuple menaçant, aux portes du pays, est gouverné par Vladimir Poutine. Les thèses complotistes d’un des protagonistes du film, d’abord farfelues, se font de plus en plus réalistes au fur et à mesure que l’intrigue évolue. Les récentes intimidations russes envers la Suède, le rétablissement du service militaire obligatoire en 2017 et la distribution dans tout le pays de tracts en 2018 informant les habitants de la conduite à tenir en cas d’attaque, sont autant d’éléments qui permettent de mieux appréhender la portée politique de <em>The Unthinkable</em>. Histoire d’amour, film de guerre, manifeste politique : le premier long-métrage de Crazy Pictures est suffisamment dense pour promettre au collectif un bel avenir.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Sep 2017 08:14:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un selfie ou la vie</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/faute-amour-maryana-spivak-matvey-novikov-zvyaguintsev-s.jpg" alt="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" title="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25083" />Face A. Genia et Boris divorcent. Depuis sa chambre, Alyosha les entend crier. Ils se disputent au sujet de la garde de leur enfant ; non pas pour le garder, mais justement pour ne pas s’encombrer de ce garçon de 12 ans que les hormones commencent à travailler. Le lendemain matin, Alyosha fugue ; les parents se lancent à sa recherche.</p>
<p>Face B. Du <em>Retour</em> à <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev">Leviathan</a></em>, Andreï Zviaguintsev explore le monde dans lequel il vit. D’une sphère à l’autre, avec le recul nécessaire. Il scrute les travers intimes de nos contemporains – <em>Le Bannissement</em> – ou les scories politiques ataviques – <em>Leviathan</em>. Dans <em>Faute d’amour</em>, le cinéaste russe prend la mesure de son talent et mêle les deux. La force du discours n’a d’égale que la subtilité presque respectueuse de ces individus en perte de repères, qui troquent une existence en communion avec l’autre pour un égotisme générationnel. Le plus intime et le plus domestique des drames de la vie – le divorce des parents – est alors chez Andreï Zviaguintsev une simple manifestation de cette translation de valeurs. </p>
<p>Car en filigrane de ce <em>Faute d’amour</em> saisissant et cynique, c’est toute une attitude vis-à-vis du monde, toute une posture qu’expose le réalisateur. A force de mises en scène permanentes à la télévision dans les émissions de téléréalité et les shows politiques, sur les réseaux sociaux ou dans la religion (le film se déroule quelques mois avant le <a href="http://www.grand-ecart.fr/recadrages/apocalypse-cinema-fin-monde-21-decembre-2012/" title="Apocalypse et cinéma : vive la fin du monde !">21 décembre 2012</a>, prétendue date de l’Apocalypse), nous avons tous oublié de nous intéresser à autre chose qu’à nous-mêmes. <span id="more-25074"></span>Ou alors, quand nous le faisons, c’est en regardant le monde à travers l’étroitesse d’un écran. Finalement, Andreï Zviaguintsev pose une simple question : savons-nous encore nous intéresser aux autres ? Ou faut-il, comme Genia et Boris, perdre ce qu’on a de plus précieux pour en saisir l’importance ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/faute-amour-andrei-zviaguintsev-affiche.jpg" alt="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" title="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-25084" />Zviaguintsev explore les processus de ce narcissisme victorieux, qui interdit aux individus le recul nécessaire à un questionnement sérieux et une ouverture à l&#8217;autre. Lorsque Genia passe un moment romantique avec son amant, elle surfe sur son téléphone. Lorsqu’elle s’ennuie, elle regarde les photos de sa <em>timeline</em>. Au restaurant, ses voisines de table font un selfie, moues séductrices comprises, pour immortaliser le moment. Le personnage central de <em>Faute d’amour</em> ? C’est le smartphone, qui remplace les relations humaines par un ersatz de sentiments et d’amour. La technologie sans limite a-t-elle bridé notre empathie ? La peur et la haine &#8211; irréductibles à la seule Russie &#8211; sont-ils les conducteurs de cet enfermement psychologique qui nous fait préférer le confort à la vie ?</p>
<p>Avec intelligence, le réalisateur d’<em>Elena</em> évite l’écueil de tomber dans ce qu’il dénonce. Il raconte l’histoire d’Alyosha sans artifice, sans pathos, musique larmoyante ni effets tape-à-l’œil. <em>Faute d’amour</em> est un film beau et sobre, peut-être encore plus que ses précédentes œuvres. En grand cinéaste, Andrei Zvyaguintsev s’efface avec humilité et honnêteté pour ne pas interférer dans la plus importante des missions de l’artiste : ouvrir une fenêtre sur le monde pour mieux le comprendre &#8211; et, peut-être, le corriger.</p>
<p>&nbsp;<br />
Faute d’amour <em>(Nelyubov) d’Andrei Zvyaguintsev, avec Maryana Spivak, Alexey Rozin, Matvey Novikov… Russie, France, 2017. Prix du jury au 70e Festival de Cannes. Sortie le 20 septembre 2017.</em></p>
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		<title>Les Proies, de Sofia Coppola</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Aug 2017 22:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Chemin de proies</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/proies-beguiled-sofia-coppola-colin-farrell-elle-fanning.jpg" alt="Les Proies, de Sofia Coppola" title="Les Proies, de Sofia Coppola" width="280" height="140" class="alignleft size-full wp-image-25432" />En 1971, c’était à Clint Eastwood que le rôle d’un caporal blessé échouait dans <em>Les Proies</em>, réalisé par Don Siegel. Le film, trop cynique pour l’époque, montrait Eastwood comme un salaud et non comme le héros américain qu’il devait être. Résultat : un échec commercial et critique. A rebours, <em>Les Proies</em> a pourtant constitué une réussite : d’abord parce qu’il a indirectement permis à Clint Eastwood de passer peu après à la réalisation avec le superbe <em>Un frisson dans la nuit</em> (<em>Play Misty for Me</em> en VO), dans lequel on retrouve également un homme tourmenté par une femme. Don Siegel y joue d’ailleurs un petit rôle. Ensuite, parce qu’il faut bien le dire : <em>Les Proies</em> de Don Siegel, première adaptation du roman de Thomas Cullinan, était sacrément bon.</p>
<p>En 2017, Sophia Coppola réadapte <em>Les Proies</em>. Avec sobriété et beaucoup d’élégance. Il s’agit moins d’un remake du film de Don Siegel que d’un hommage à un cinéaste souvent décrié malgré son héritage. Car <em>L’Invasion des profanateurs de sépultures</em>, film phare de la SF moderne et métaphorique, c’est lui ; <em>L’Inspecteur Harry</em>, modèle du polar poisseux avec Clint Eastwood, c’est lui ; le film-testament <em>Le Dernier des géants</em> avec John Wayne, c’est encore lui. Ce n’est pas un hasard si depuis quelques années, vingt-cinq ans après sa disparition, on s’intéresse de nouveau à Donald Siegel. <span id="more-25429"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/proies-beguiled-sofia-coppola-nicole-kidman-dunst.jpg" alt="Les Proies, de Sofia Coppola" title="Les Proies, de Sofia Coppola" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-25430" />Dans <em>Les Proies</em>, un caporal nordiste blessé à la jambe trouve refuge dans un pensionnat de jeunes filles sudiste. En pleine guerre de Sécession, elles sont encore quelques-unes à continuer de suivre les cours et enseignements donnés par la professeur Edwina (Kirsten Dunst) et la directrice de l’école, Martha (Nicole Kidman). L’homme est vu d’un mauvais œil, mais la charité chrétienne oblige à lui porter secours plutôt qu’à le livrer en pâture à l’armée sudiste. Et puis, dans ce petit univers fermé et exclusivement féminin, l’arrivée d’un mâle fort et cultivé suscite beaucoup d’intérêt. Le caporal McBurney sait jouer de ses charmes : entre la pensionnaire délurée (Elle Fanning), la professeur désespérée et la directrice d’école troublée par ce corps robuste, le militaire devine très vite que s’il ne veut retourner ni au front ni à l’échafaud, le pensionnat et son jardin sont pour lui un paradis inespéré à défendre coûte que coûte. Pour y rester, il va falloir séduire et faire des promesses. La cinéaste propose d’ailleurs une lecture plus ambiguë que celle de son prédécesseur, les proies n’étant pas toujours celles qu’on croit. Moins fantaisiste que de coutume, Sofia Coppola saisit l’atmosphère incandescente du moment. Comme un western, <em>Les Proies</em> offre aux regards et aux non-dits plus de poids qu’aux rares actions : l’arrivée du Yankee, sa dépendance grandissante, l’inéluctable dénouement en sont les trois moments d’intensité dramatique. <em>Les Proies</em> avance avec lenteur, offre au spectateur un duel saisissant et effroyable entre une Nicole Kidman protectrice et un Colin Farrell calculateur. Autour de ces deux acteurs parfaits, une Kirsten Dunst mélancolique et une Elle Fanning à la nubilité impatiente, admirablement dirigés par Sofia Coppola qu’on n’attendait pas dans un récit aux contours classiques. Le résultat réhabilite le cinéma de Don Siegel et redonne à celui de Sofia Coppola l’aura qu’il mérite. Des <em>Proies</em> de choix.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Proies <em>(The Beguiled) de Sofia Coppola, avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning… Etats-Unis, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Good Time, de Benny et Josh Safdie</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 16:04:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans vingt ans, quand on se penchera sur la carrière florissante de Kristen Stewart et de Robert Pattinson, qu'on les comparera à Nicole Kidman et Leonardo DiCaprio, on s'amusera de leurs débuts...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Pattin sonne</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/good-time-benny-josh-safdie-robert-pattinson-cannes-2017.jpg" alt="Good Time, de Benny et Josh Safdie" width="280" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25534" />Dans vingt ans, quand on se penchera sur la carrière florissante de Kristen Stewart et de Robert Pattinson, qu&#8217;on les comparera à Nicole Kidman et Leonardo DiCaprio, on s&#8217;amusera de leurs débuts : personne n&#8217;aurait vu dans leurs mièvreries romantico-fantastiques (<em>Twilight</em>, quand même cinq épisodes) les prémices d&#8217;une grande carrière de comédien. Et pourtant, Stewart a trouvé en Assayas un pygmalion exigeant (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/sils-maria-assayas-binoche-kristen-stewart/" title="Sils Maria, de Olivier Assayas">Sils Maria</a></em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/personal-shopper-dolivier-assayas/" title="Personal Shopper, d’Olivier Assayas">Personal Shopper</a></em>), quand Robert Pattinson s&#8217;est éloigné de son rôle de beau gosse chez Cronenberg (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cosmopolis-david-cronenberg/" title="Cosmopolis, de David Cronenberg">Cosmopolis</a></em>) et désormais chez les frères Safdie avec ce <em>Good Time</em> dopé à l&#8217;acide. Robert Pattinson y est éblouissant dans le rôle de Connie, petit délinquant toxique qui prend soin à sa façon de Nick, son frère handicapé mental (incarné à l&#8217;écran par Benny Safdie), au point de le confondre avec un autre à l&#8217;hôpital. Absurde. </p>
<p>Sorte d&#8217;<em>After Hours</em> poisseux, <em>Good Time</em> est le récit d&#8217;une nuit pendant laquelle Connie va essayer de sortir Nick de prison après un braquage raté. Connie erre dans les bas-fonds new-yorkais, à la recherche d&#8217;une solution foireuse à son problème et à la rencontre d&#8217;autres marginaux laissés pour compte, comme lui. Le quatrième long-métrage de Benny et Josh Safdie est aussi rythmé qu&#8217;imprévisible, les frères réalisateurs ajoutant au polar une bonne dose d&#8217;humour très noir. Et brouillent efficacement les pistes sur leurs intentions et celles de leurs personnages. <em>Good Time</em> est un morceau de cinéma insaisissable qu&#8217;on s&#8217;amusera dans vingt ans à voir comme le tournant de Robert Pattinson, mais aussi comme l&#8217;éclatante mise en lumière, tardive et méritée, du talent de la fratrie Safdie.</p>
<p>&nbsp;<br />
Good Time <em>de Benny et Josh Safdie, avec Robert Pattinson, Jennifer Jason Leigh, Benny Safdie, Buddy Duress&#8230; Etats-Unis, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes. Sortie le 11 octobre 2017.</em></p>
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		<title>La Fiancée du désert, de Cecilia Atan et Valeria Pivato</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 12:03:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/fiancee-desert-cecilia-atan-valeria-pivato.jpg" alt="La Fiancée du désert, de Cecilia Atan et Valeria Pivato" width="200" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25523" />On a tous entendu parler de cet ami d&#8217;ami qui a changé de vie. Uberisation et crise économique ont posé les jalons de ces alternatives de plus en plus fréquentes. Un licenciement, un déménagement, une passion, un besoin de voir ailleurs, de suivre l&#8217;autre, un travail ou une organisation qui a du sens à l&#8217;autre bout du monde. Les raisons ne manquent pas de prendre un nouveau départ. Mais il y a toujours une constante : il est communément admis que pour changer son destin, on se doit d&#8217;être jeune. Ne pas avoir d&#8217;enfant, être éligible à l&#8217;apprentissage d&#8217;un nouveau métier, pouvoir obtenir un visa longue durée&#8230; Les deux réalisatrices Cecilia Atan et Valeria Pivato prouve pourtant le contraire. Pied de nez aux conventions et à une société qui oublie ses vieux, <em>La Fiancée du désert</em> raconte l&#8217;histoire de Teresa, 54 ans, ayant travaillé toute sa vie pour la même famille. A la mort de la doyenne, Teresa est obligée d&#8217;accepter un autre poste loin de chez elle, à Buenos Aires. La longue route la mène près d&#8217;un sanctuaire où des milliers de pèlerins se pressent chaque année pour quémander un petit miracle. Elle, elle y perd son sac et demande de l&#8217;aide au Gringo, vendeur ambulant de tout et de rien qui roule sa bosse un peu partout. L&#8217;homme propose d&#8217;emmener Teresa à destination et la confronte à tout ce que sa famille patronale lui a interdit : la femme va se frotter à une nouvelle existence et découvrir que l&#8217;inconnu n&#8217;est pas forcément terrifiant. <span id="more-25520"></span>Elle découvre l&#8217;immensité du désert argentin et va apprendre à l&#8217;apprivoiser pour en faire un compagnon de sa liberté gagnée. Une quête de sens portée par l&#8217;actrice Paulina Garcia, la cinquantaine fière et fraîche qu&#8217;on suit avec intérêt malgré l&#8217;insistance des réalisatrices à utiliser des effets de flou pour rappeler au spectateur que la visibilité est limitée.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Fiancée du désert <em>(La Novia del desierto) de Cecilia Atan et Valeria Pivato, avec Pauline Garcia&#8230; Argentine, Chili, 2017. Présenté en sélection Un Certain Regard au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>The Square, de Ruben Ostlund</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 07:31:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rapine carrée - Christian est conservateur d'un musée d'art contemporain suédois. Un jour, il se fait dérober son téléphone portable et son portefeuille. Cet événement somme toute assez banal va... ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Rapine carrée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/the-square-ruben-ostlund-terry-notary-cannes.jpg" alt="The Square, de Ruben Ostlund" title="The Square, de Ruben Ostlund" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-25270" /><strong>Christian est conservateur d&#8217;un musée d&#8217;art contemporain suédois. Un jour, il se fait dérober son téléphone portable et son portefeuille. Cet événement somme toute assez banal va déclencher une série de conséquences qui vont modifier son existence bien tranquille. </strong></p>
<p>Le Square du titre, c&#8217;est le nom de la dernière exposition accueillie par Christian dans son musée. Il s&#8217;agit d&#8217;un « sanctuaire », un carré de confiance et de bienveillance dans lequel tous les individus ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. C&#8217;est autour de ces deux éléments &#8211; le vol du téléphone et le montage de l&#8217;exposition &#8211; que Ruben Ostlund construit <em>The Square</em>, réflexion légère et drôle sur l&#8217;altruisme et la confiance en l&#8217;autre. Presque comme des sketchs, les séquences se succèdent avec autodérision, Ruben Ostlund trouvant dans l&#8217;art de nombreuses occasions de rire &#8211; et non de se moquer, différence de taille. Et les personnages, même habités des meilleures intentions, d&#8217;illustrer à merveille la difficulté de vivre en respectant ses valeurs &#8211; surtout lorsqu&#8217;on est, comme Christian, un homme de (petit) pouvoir et de culture et qu&#8217;on tient à garder sa position.</p>
<p><em>The Square</em> enfonce des fenêtres ouvertes ? Oui, et le réalisateur de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/tourist-force-majeure-ruben-ostlund/" title="Snow Therapy, de Ruben Östlund">Force majeure</a></em> en est bien conscient ; <em>The Square</em> est un joli divertissement ludique qui réussit à ne pas devenir ce qu&#8217;il dénonce : un bel objet à admirer mais inutile, irréaliste et loin de tout pragmatisme. Avec intelligence, Ostlund préfère lancer un débat et laisser au spectateur le soir de l&#8217;approfondir et d&#8217;en discuter ensuite. Et tant mieux si les paradoxes affluent, à l&#8217;image de cette conférence de presse surréaliste pendant laquelle les médias reprochent à Christian sa campagne de communication inhumaine, alors que ces mêmes médias se nourrissent allégrement des scandales, polémiques et autres faits divers croquants. <span id="more-25267"></span></p>
<p>Au milieu du film, les deux filles de Christian sont invitées à l&#8217;entrée de l&#8217;exposition à choisir de faire confiance ou non aux autres. Facile, sur le papier, de choisir la confiance en l&#8217;autre. En pratique, le choix est plus difficile, et c&#8217;est le cheminement de <em>The Square</em>, plus profond qu&#8217;il y paraît, qui donne envie d&#8217;aimer l&#8217;autre et de croire en lui. De ce point de vue, Ruben Ostlund réussit ici son pari : donner envie au spectateur, une fois les lumières rallumées, de changer, de percevoir le monde différemment. C&#8217;est le propre d&#8217;une œuvre d&#8217;art.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Square <em>de Ruben Ostlund, avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West&#8230; Suède, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Mise à mort du cerf sacré, de Yorgos Lanthimos</title>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 12:02:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bois mort - Steven, chirurgien dans un hôpital, vit une paisible existence bourgeoise avec sa belle femme Anna et ses deux enfants parfaits, Kim et Bob. Il rencontre aussi régulièrement un... ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Bois mort</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/affiche-mise-a-mort-cerf-sacre-yorgos-lanthimos.jpg" alt="Mise à mort du cerf sacré, de Yorgos Lanthimos" width="196" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25244" /><strong>Steven, chirurgien dans un hôpital, vit une paisible existence bourgeoise avec sa belle femme Anna et ses deux enfants parfaits, Kim et Bob. Il rencontre aussi régulièrement un jeune homme, Martin, qu&#8217;il voit à l&#8217;écart des autres et à qui il montre beaucoup d&#8217;égard. Le temps passant, Martin se fait de plus en plus envahissant dans la vie de Steven et de sa famille.</strong></p>
<p>En 2009, contre toutes les attentes &#8211; en vérité : contre toutes <em>mes</em> attentes -, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos avait remporté le prix Un Certain Regard avec <em>Canine</em>, chronique faussement provocatrice sur les valeurs et l&#8217;éducation bourgeoises. Après avoir ensuite servi à Cannes du homard pas très frais (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/homard-lobster-yorgos-lanthimos/" title="The Lobster, de Yorgos Lanthimos">The Lobster</a></em>, prix du Jury du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/68e-festival-international-film-cannes-cinema-joel-ethan-coen-2015/" title="13/05-24/05 : Festival de Cannes 2015">68e Festival de Cannes</a>), Yorgos remet le couvert. Cette fois avec une <em>Mise à mort du cerf sacré</em> au titre exigeant, avec toujours Colin Farrell qui troque son costume de crustacé pinceur pour celui d&#8217;animal-roi de la forêt, barbe touffue à l&#8217;appui. <span id="more-25242"></span><br />
&nbsp;</p>
<h4>Symbole au ras du sol</h4>
<p>Un homard. Un cerf. Dès le titre, les films de Yorgos Lanthimos affichent une symbolique forte que le cinéaste grec va dérouler tout du long. Il nous a d&#8217;ailleurs habitués à ça depuis un moment, plaçant au centre de ses oeuvres la question du choix et de ses conséquences, saupoudrant le tout de quelques scènes provocantes et sibyllines à souhait. Dans ce <em>Cerf sacré</em>, il y a un secret inavouable : la mort du père de Martin, a priori provoquée accidentellement par le docteur Steven. Pour se venger, Martin imagine un plan d&#8217;une cruauté sans égale : faire tomber un à un les membres de la famille jusqu&#8217;à ce que Billy décide de tuer l&#8217;un des siens ; dans ce cas, la malédiction &#8211; ou la maladie selon l&#8217;endroit d&#8217;où on se place &#8211; prendra fin.</p>
<h4>Plan en bois</h4>
<p>Pendant 1h30, Colin le cerf sacré s&#8217;interroge, mais avec beaucoup de silence et un visage monolithique. Ce sont surtout les véritables victimes de cette machination (les deux enfants et la mère, campée par une belle et froide Nicole Kidman) qui font preuve de sentiments et d&#8217;instinct de survie : les enfants tentent, l&#8217;un après l&#8217;autre, de séduire leur père, la mère envisage l&#8217;avenir sans l&#8217;un de ses enfants. Pendant ce temps, le père en est réduit à consulter le directeur de l&#8217;école de sa progéniture pour savoir lequel de ses deux enfants est le meilleur. Il y a dans <em>Mise à mort du cerf sacré</em> un ramassis de péripéties caricaturales, qu&#8217;on verrait plus dans un épisode de <em>Spirou</em> dopé aux <em>Idées noires</em> que dans une œuvre de cinéma ambitieuse. Jamais la famille ne cherche à destituer le père, « cerf de famille » sacré. Interdit de remettre en cause les actes et décisions du chef de la meute ? C&#8217;est justement ce qui devrait différencier les hommes des animaux : le libre arbitre. Et sur ce libre arbitre, Yorgos Lanthimos, pas très inspiré, fait le silence absolu.</p>
<h4>Cerf veule</h4>
<p>Pourtant oui, l&#8217;ambition déborde de <em>Mise à mort du cerf sacré</em>. De l&#8217;ambition et beaucoup de prétention appuyée par des plans mystérieux et silencieux. Chez Yorgos Lanthimos, il semble entendu que des personnages se taisent par érudition, et pas simplement parce qu&#8217;ils n&#8217;ont rien à dire. Visuellement, <em>Mise à mort du cerf sacré</em> est ampoulé et maniériste, l&#8217;orchestration faite de musique et de sonorités « mentales » est insistante et accompagne de nombreux ralentis que n&#8217;auraient pas reniés Chow Yun-fat et John Woo à l&#8217;époque du <em>Syndicat du crime</em>. Autant d&#8217;éléments qui appuient le discours philosophique du film. On ne peut pourtant s&#8217;empêcher de penser que ça ne vole pas très haut, en tout cas bien en-dessous de ce que Lanthimos promet. </p>
<h4>Grec indigeste</h4>
<p>Ce qui rend enfin ce <em>Cerf sacré</em> assez indigeste, c&#8217;est la sensation de déjà-vu chez le cinéaste grec. Ses films font penser à. A d&#8217;autres films, d&#8217;autres livres, souvent plus réussis, en tout cas plus humbles. Les films de Yorgos Lanthimos fonctionnent comme un agglomérat d’œuvres qu&#8217;il a ingérées et digérées pour mieux les reconstituer. Dans <em>Mise à mort du cerf sacré</em>, il y a un peu de toutes ces séries B et autres <em>revenge movies</em> jubilatoires, divertissants et non moins intelligents &#8211; <em>The Box</em> et <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/piel-que-habito-pedro-almodovar/" title="La Piel que habito, de Pedro Almodovar">La Piel que habito</a></em>, par exemple, préfigurent à eux deux <em>Mise à mort du cerf sacré</em>. Yorgos Lanthimos balaie tout un pan de cinéma moins complexé, moins pompier, moins grandiloquent mais tout aussi inventif, alors qu&#8217;il aurait pu rendre hommage à ces faiseurs d&#8217;histoires qui ont construit et nourri la culture ciné et une réflexion sur l&#8217;état du monde ou le sens de nos actions. Et respecter ainsi le spectateur.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mise à mort du cerf sacré <em>(The Killing of a Sacred Deer) de Yorgos Lanthimos, avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Barry Keoghan&#8230; Angleterre, Etats-Unis, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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