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	<title>Grand Écart &#187; Mélanie Carpentier</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Benjamin Blasco-Martinez</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 15:53:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion du Festival de Gérardmer 2025, l’illustrateur et auteur de BD, Benjamin Blasco-Martinez, et le scénariste Philippe Pelaez, exposent Noir Horizon...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>L’apocalypse en BD</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/02/noir-horizon-tome-1-couverture-224x300.jpeg" alt="Noir horizon" width="224" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27906" />À l’occasion du Festival de Gérardmer 2025, l’illustrateur et auteur de BD, Benjamin Blasco-Martinez, et le scénariste Philippe Pelaez, exposent <em>Noir Horizon</em> (publié chez Glénat), une fresque de dark SF aussi visuelle que politique.</p>
<p><strong><em>Noir Horizon</em> à Gérardmer ?</strong><br />
Vous pourrez voir à Gérardmer un certain nombre de planches originales en noir et blanc des deux premiers tomes de la trilogie <em>Noir Horizon</em>, un space opera où six criminels sont envoyés derrière un gigantesque écran noir sur une planète hostile (Kepler 452-b), pour y chercher une nouvelle source d&#8217;énergie qui permettrait de prolonger le règne d&#8217;une dictature à l&#8217;agonie (Kadingirra).</p>
<p><strong>Ce n’est pas tant que ça de la science-fiction ?</strong><br />
C&#8217;est ce qui rend la science-fiction intéressante et tellement essentielle ! Les messages qu&#8217;elle véhicule sont universels et intemporels. C&#8217;est ce que Philippe Pelaez, le scénariste, a voulu démontrer. <em>Noir Horizon</em> s&#8217;inspire du <em>Discours de la servitude volontaire</em> de La Boétie écrit au XVIe siècle, qui est un véritable réquisitoire contre l&#8217;absolutisme, interrogeant les rapports de domination, la légitimité de l&#8217;autorité sur la population et l’acceptation de cette soumission. Donc oui, le propos est carrément d&#8217;actualité malheureusement, et le sera toujours j&#8217;en ai bien peur&#8230;</p>
<p><strong>Comment met-on en images un monde post-apocalyptique ?</strong><br />
<em>Noir Horizon</em> n&#8217;est pas à proprement parler un récit post-apo dans son ensemble. Le post-apo, on le trouve surtout sur la planète Kepler, où l&#8217;on montre les vestiges d&#8217;une ancienne civilisation, « un monde d&#8217;avant », qui a été anéantie par un cataclysme. Pour créer cela, il faut imaginer ce monde avant destruction, là est la difficulté. D&#8217;autant plus quand ce monde qu&#8217;on est censé imaginer n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;humanité et l&#8217;histoire de sa civilisation. <span id="more-27904"></span>J&#8217;ai donc créé des ruines antiques fictives en mélangeant des inspirations mayas, égyptiennes et babyloniennes sur lesquelles la faune et la flore extraterrestres ont repris leurs droits ; une image souvent vue dans les récits post-apocalyptiques comme <em>The Walking Dead</em> ou <em>The Last Of Us</em> récemment. Je voulais quelque chose de très « lovecraftien », gigantesque, terrifiant, insondable et mystérieux pour Kepler et sa cité perdue. Pour Kadingirra c&#8217;est différent, nous sommes dans la dystopie. Il fallait imaginer un monde humain futuriste mais cauchemardesque, à la <em>Blade Runner</em> de Ridley Scott ou <em>1984</em> d&#8217;Orwell. Il fallait que tout soit titanesque et oppressant dans les bâtiments, les vaisseaux, les décors, à l&#8217;image de la démesure et de la folie des humains. Le choix délibéré de ne représenter aucune nature, aucun animal sauvage lorsque l&#8217;on montre Kadingirra contraste avec la planète Kepler qui, bien qu&#8217;hostile, représente l&#8217;espoir pour nos héros.</p>
<p><strong>Va-t-on de l’image au scénario ou l’inverse quand on parle apocalypse ?</strong><br />
Je pense qu&#8217;une idée, un concept naît d&#8217;une vision. Donc d&#8217;une image oui en quelque sorte et quel que soit le genre, en fait. Mais la vision peut aussi venir d&#8217;un texte ou d&#8217;une réflexion qui nous inspire. On ne sait pas trop où cela commence en vrai et c&#8217;est merveilleux ! Pour ce qui est de l&#8217;apocalypse, on essaye de répondre par le texte ou l&#8217;image à une question existentielle et à une peur ; « il y a eu un commencement, il y aura forcément une fin, comment cela va finir ? »</p>
<p><strong>Dans quelle mesure votre approche est « cinématographique » ?</strong><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/02/noir-horizon-planche-225x300.jpg" alt="Noir horizon" width="225" height="300" class="alignright size-medium wp-image-27907" />Je ne sais pas trop à vrai dire car c&#8217;est un peu inconscient en ce qui me concerne. Il est vrai que je m&#8217;inspire beaucoup du cinéma de manière générale, j&#8217;aime glisser des clins d&#8217;œil où des petites références dans mes planches mais la BD est cinématographique par elle-même. On retrouve les cadrages, la mise en scène, le rythme, les jeux de lumière, le jeu d&#8217;acteur pour les personnages. Ne manque que le son et le mouvement. D&#8217;ailleurs un film est une BD en quelque sorte, avant d&#8217;être un film ; on appelle cela un storyboard. La plupart des auteurs de BD sont amoureux du cinéma, cela je peux vous l&#8217;affirmer !</p>
<p><strong>Si <em>Noir Horizon</em> devait être porté à l’écran : qui le réaliserait ?</strong><br />
Guillermo Del Toro sans hésitation. C&#8217;est celui qui cocherait toutes les cases vu ses goûts, ses influences et sa filmographie. Et en plus il aime la BD ! L&#8217;espoir fait vivre&#8230;</p>
<p><strong>Top 3 des films post-apocalyptiques selon vous ? </strong><br />
La saga <em>Mad Max</em> de George Miller et Byron Kennedy. Tout est parfait dans ces films. L&#8217;humanité revenue à un état quasi primitif après une guerre nucléaire à cause des pénuries de pétrole, un western antique où les chevaux sont remplacés par des engins trafiqués, crasseux, monstrueux et surpuissants gavés de gasoil ! Un Mel Gibson fou furieux en guerrier de la route, solaire, magnétique, culte&#8230; et violent ! On peut ajouter le <em>Fury Road</em> qui est excellent aussi, du pur opéra !<br />
<em>Matrix</em> de Lilly et Lana Wachowski. L&#8217;originalité du scénario, les références bibliques et littéraires mêlées à l&#8217;univers geek et informatique. L&#8217;idée flippante que notre monde libre n&#8217;est qu&#8217;une illusion et que nous vivons esclave dans une autre réalité sans le savoir. Des scènes d&#8217;actions ultra-stylisées, du kung fu, l&#8217;agent Smith, la BO très techno, bref un pur chef-d&#8217;œuvre (du moins pour le premier film), le côté mecha moins passionnant pour les opus suivants.<br />
<em>28 jours plus tard</em> de Danny Boyle. L&#8217;ambiance de ce film est complètement dingue. Le centre-ville de Londres complètement désert après une pandémie, la solitude (temporaire) du héros, son désarroi, son incompréhension&#8230; juste mythique, inoubliable. Ajoutez à cela la nervosité de la mise en scène, des « zombies » infectés ultra-flippants assoiffés de sang qui courent partout, des militaires psychopathes, la BO et une fin heureuse pour une fois !</p>
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		<title>Rencontre avec Judith Beauvallet</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 21:46:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Femme d&#8217;un nouveau genre Journaliste cinéma pour le magazine Écran Large, Judith Beauvallet fait également partie de l’association S’Horrorité, qui réfléchit sur le féminisme et le cinéma de genre, et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Femme d&#8217;un nouveau genre</h2>
<p><div id="attachment_27897" class="wp-caption alignleft" style="width: 209px"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/01/judith-beauvallet-c-lytnim-199x300.jpeg" alt="Judith Beauvallet (c) Lytnim" width="199" height="300" class="size-medium wp-image-27897" /><p class="wp-caption-text">Judith Beauvallet (c) Lytnim</p></div>Journaliste cinéma pour le magazine <em>Écran Large</em>, Judith Beauvallet fait également partie de l’association S’Horrorité, qui réfléchit sur le féminisme et le cinéma de genre, et de la chaîne Demoiselles d’Horreur qui met en lumière les femmes dans le cinéma horrifique. Autant d’étiquettes qui font d’elle l’animatrice parfaite de la conférence « Les fantômes au féminin à travers les âges et ce qu’ils disent de notre rapport à la féminité » lors de ce 32e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Rencontre passionnante.</p>
<p><strong>Les nouvelles sont-elles bonnes pour les femmes et le cinéma de genre ? </strong><br />
Oui, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas encore de chemin à faire. Ces dernières années, les réussites éclatantes de Julia Ducournau et Coralie Fargeat donnent beaucoup d’espoir et contribuent à changer les choses, c’est certain. Mais elles sont aussi un peu l’arbre qui cache la forêt d’une multitude de réalisatrices talentueuses qui peinent à continuer à faire les films qu’elles souhaitent après un ou deux premiers longs-métrages très prometteurs : Jennifer Kent, Natalie-Erika James, Natasha Kermani, Anna Lily Amirpour, Corinna Faith, Alice Lowe… Autant de metteuses en scène qui ont surpris tout le monde en réalisant de véritables perles, mais qui ont pourtant du mal à se faire une place au soleil dans la durée. Et si le nombre de réalisatrices est grandissant, leur difficulté à faire des films se ressent encore largement en festivals, où les longs-métrages réalisés par des femmes restent encore très minoritaires. Donc les choses changent, oui, et c’est génial, mais le combat ne s’arrête pas là !<span id="more-27896"></span></p>
<p><strong>Est-ce propre au genre ou au cinéma en général ? </strong><br />
Je pense que, à grande échelle, le même phénomène est valable pour le cinéma en général. Mais je pense qu’il est spécialement observable dans le cinéma de genre, où il évolue peut-être plus vite. Comme le genre a longtemps été méprisé (et c’est parfois encore le cas), c’est une industrie dont toute une partie s’est construite et continue de se construire sur des tout petits budgets. Et comme toujours, on laisse plus facilement la place aux femmes là où il n’y a pas beaucoup d’argent en jeu, et peut-être aussi des enjeux intellectuels considérés à tort comme moindres. En littérature, il y a aussi toute une époque où les femmes écrivaient beaucoup de romans gothiques ou horrifiques, parce que c’était un genre là aussi méprisé et qu’elles pouvaient donc s’y faire une place sans piquer celle des hommes. La même formule se répète, et les femmes ont fini par trouver dans l’horreur un terrain de jeu qui leur est finalement assez spécifique.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que les femmes apportent au cinéma de genre ?</strong><br />
Le cinéma de genre a toujours mis en scène des personnages de femmes centraux, davantage que dans un cinéma plus mainstream. L’une des raisons étant que, dans un cinéma conçu par des hommes, les femmes faisaient office de victimes idéales en tant que sexe dit faible, et qu’elles étaient plus à même de subir les menaces et de susciter l’empathie du spectateur. Mais c’est une conception sexiste à double tranchant, parce que le cinéma de genre a aussi tôt fait de subvertir la figure de la femme innocente et d’en faire tantôt une sorcière, tantôt une prédatrice, tantôt un fantôme vengeur… Support de projection de fantasmes en tout genre, la femme est devenue la star des films d’horreur. Ce n’était qu’une question de temps avant que les femmes passent aussi derrière la caméra pour se réapproprier toutes ces histoires largement fondées sur leur représentation, leur sexualité, leurs oppressions… Aujourd’hui, les metteuses en scène qui font du genre font parfois des films avec un regard qui transparaît comme étant spécifiquement féminin (par exemple avec une manière plus juste et moderne de traiter les violences sexistes), mais elles font aussi parfois des films qui n’ont absolument rien à voir avec le fait d’être une femme. Et tant mieux, elles se contentent de faire des films comme les hommes, sans qu’on ait besoin d’attendre d’elles de prouver qu’elles le méritent davantage.</p>
<p><strong>⁠Vous attendez quoi des années qui viennent ?</strong><br />
Je croise très fort les doigts pour que les Rose Glass, Anita Rocha Da Silveira, Jennifer Kent et toutes les autres réussissent à s’imposer dans l’industrie, continuent à faire des films, et qu’elles entraînent avec elles toute une génération de femmes cinéastes. Et j’attends du milieu du cinéma qu’il leur fasse de la place en salles et en festivals sans qu’il faille attendre des phénomènes Ducournau ou Fargeat pour réaliser qu’elles y ont droit.</p>
<p><strong>⁠Les fantômes au féminin à travers les âges et ce qu’ils disent de notre rapport à la féminité… sujet de la conférence à Gérardmer. Quelques mots sur cela ?</strong><br />
Le fantôme en particulier est une créature fantastique associée au féminin par bien des aspects. Comme je le disais, en tant que sexe faible, les femmes ont beaucoup été mises en scène comme victimes idéales, et il est donc beaucoup question de leur mort dans les films de genre, une mort plus singulière, signifiante et douloureuse que dans les films d’action où les types se canardent par paquets de cinquante. La mort précoce d’une femme est, en fiction (et malheureusement parfois dans la vraie vie), souvent causée par un homme, et on y rattache donc tout un panel de thématiques : l’injustice, la vengeance, le regret… Des sentiments qui vont évidemment nourrir les histoires de hantise. Le fantôme est l’être parfait pour symboliser la culpabilité de personnages masculins qui incarnent, d’une manière ou d’une autre, le patriarcat. C’est pourquoi, dans les films japonais, les fantômes sont souvent des esprits vengeurs féminins qui ont subi un viol, des violences domestiques, un assassinat… Dans la figure du fantôme victorien, on est plutôt sur un écho de la figure de la jeune fille morte telle que l’a sacralisée Edgar Poe : la femme aimée par le narrateur est très jeune, très belle et très fragile. Sa mort (souvent causée par des raisons très floues) est à la fois la chose la plus triste et la plus injuste du monde, mais donc aussi celle qui va susciter les sentiments les plus torturés, et donc les poésies les plus belles. Ces approches sont différentes, mais se ressemblent dans leur manière de parler plus ou moins directement du rapport homme-femme. Bref, il va y avoir beaucoup de choses à raconter pendant cette conférence !</p>
<p><strong>⁠Quelques films auxquels vous ferez référence ?</strong><br />
Je ne peux pas parler pour mes consœurs avec qui nous nous sommes réparti des périodes différentes de l’histoire du cinéma, mais pour ma partie, je mentionnerai les adaptations d’Edgar Poe par Roger Corman, Twixt de Francis Ford Coppola, La Dame en noir… Parce que je vais me concentrer sur le fantôme gothique dans la littérature, et la manière dont il s’est retrouvé au cinéma.</p>
<p><strong>Le Festival de Gérardmer, pour vous ?</strong><br />
Je suis venue pour la première fois il y a deux ans, en tant que marraine du Jury jeunes, et ça a été un super moment. Je rêvais depuis longtemps de découvrir le festival, et j’y ai trouvé tout ce que j’espérais : des films complètement barrés, un public passionné, une petite ville adorable avec des coins où tout le monde se retrouve pour bavarder… Et les membres du Jury jeunes formaient un super groupe, j’ai beaucoup aimé les écouter débattre pour choisir le film à récompenser. Je n’avais jamais fait ça et je suis très heureuse que le festival m’en ait donné l’occasion ! J’espère avoir souvent l’occasion de revenir.</p>
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		<title>Rencontre avec Henri Lœvenbruck</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2024 16:39:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[On a profité de la présence d'Henri Lœvenbruck au Festival du film fantastique de Gérardmer 2024 pour lui poser quelques questions et parler adaptations de romans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/01/henri-loevenbruck-gerardmer-2024-ok-228x300.jpg" alt="Henri Loevenbruck" width="228" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27866" /><strong>On a profité de la présence d&#8217;Henri Lœvenbruck au Festival du film fantastique de Gérardmer 2024 pour lui poser quelques questions et parler adaptations de romans.</strong></p>
<p><strong>Quelques mots sur votre présence au 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer ? </strong></p>
<p>Je me réjouis de retrouver les lecteurs au Grimoire, et si je le peux, de prendre un peu de temps pour voir quelques films. Je suis impatient de voir <em>Girls</em>, le court-métrage de Julien Hosmalin, un réalisateur pour lequel j’ai une affection particulière. Je suis aussi très heureux que La Ligue de l’Imaginaire, le collectif d’auteurs que j’ai créé il y a 15 ans, soit très bien représenté avec Bernard Minier, Bernard Werber, Alexis Laipsker et Mathias Malzieu. Notre collectif a des liens étroits avec le Festival depuis longtemps. Et puis, j’ai été très touché par la proposition d’Anthony Humbertclaude de monter une exposition autour de l’adaptation BD de <em>La Moïra</em> (Glénat), à la Maison de la Culture et des Loisirs. C’est la série qui m’a fait connaître, il y a vingt ans. Et que j’étais d’ailleurs venu dédicacer ici !</p>
<p><strong>Le thème qui traverse le festival est &#8220;de l’écrit à l’écran&#8221;, qu’est-ce que cela vous inspire ?</strong></p>
<p>Les liens entre écriture et cinéma sont évidemment essentiels et me tiennent à cœur. J’ai souvent œuvré pour créer des ponts en France entre ces deux médias, notamment au sein de la Ligue de l’Imaginaire, ce collectif de romanciers dans lequel le réalisateur Sébastien Drouin (<em>Cold Meat</em>) nous a rejoints, et avec lequel nous avons souvent organisé des rencontres avec des réalisateurs tels que Jan Kounen, Cédric Klapisch ou Jean-Pierre Jeunet. On peut mettre le plus grand metteur en scène du monde derrière la caméra, s’il n’a pas un scénario solide, le film a peu de chance de réussir. Beaucoup d’écrivains, dont je fais partie, voient leurs œuvres adaptées pour le grand ou le petit écran, c’est aussi le cas de Bernard Werber, Bernard Minier et Alexis Laipsker, trois de mes camarades de la Ligue, qui sont présents au festival. C’est émouvant, cette transposition vers un autre média. De voir quelqu’un s’emparer de votre bébé pour lui donner vie, le faire grandir&#8230;</p>
<p><strong>Une transposition qui peut s’avérer difficile ? </strong></p>
<p>Le travail d’adaptation est passionnant, parfois frustrant, bien sûr, car le format audiovisuel ne laisse pas autant d’espace que les longues pages d’un roman, mais tout l’intérêt est là : savoir tirer d’une œuvre sa substantifique moelle pour que son esprit transparaisse à l’écran, mais aussi pour que l’adaptation apporte quelque chose au livre, sinon, à quoi bon ? <span id="more-27864"></span></p>
<p><strong>Quand est-ce que ça marche ?</strong></p>
<p>Quand le réalisateur et le scénariste comprennent l’âme du roman, et lui apportent l’univers visuel qui va le mieux servir celle-ci. Étrangement, l’auteur du livre n’est pas toujours la personne la mieux placée pour l’adapter en film, car il y a souvent des sacrifices à faire dans l’intrigue qui, pour l’auteur, sont un arrache-cœur, mais qui vont pourtant dans l’intérêt du langage filmé. Parfois, il faut même « trahir » le texte, comme l’a fait Ridley Scott avec <em>Blade Runner</em> : le film est très éloigné de la nouvelle dont il s’inspire, et pourtant, il a su capturer l’esprit de l’auteur, en vérité, l’esprit de l’œuvre de Philip K. Dick tout entière.</p>
<p><strong>La dernière adaptation qui vous a bluffé ?</strong></p>
<p>Il y a de grands exemples d’adaptations littéraires fort réussies au cinéma, comme <em>Stand By Me</em>, adapté par Rob Reiner à partir de la nouvelle <em>Le Corps</em>, de Stephen King, qui est au moins aussi bon sur l’écran que sur le papier. J’ai été bluffé par l’adaptation que Peter Jackson a faite du <em>Seigneur des anneaux</em>, qui était pourtant un défi de taille : tout le monde l’attendait au tournant. Et j’ai un petit faible pour <em>Incendies</em>, adaptation virtuose par Denis Villeneuve de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. À vrai dire, c’est même pour moi le meilleur film de Villeneuve.</p>
<p><strong>Un livre de genre que vous aimeriez voir porté à l’écran ?</strong></p>
<p>Les fans de Lovecraft comme moi attendent toujours une adaptation réussie de l’une de ses plus grandes nouvelles. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent, il faut l’admettre, n’est pas extraordinaire… Le fait que Guillermo Del Toro ait dû abandonner (jusqu’à nouvel ordre) son adaptation des <em>Montagnes hallucinées</em>, a été pour moi une grande déception, car je pensais que nous allions enfin avoir un film qui rende correctement hommage à Lovecraft… Cela reste à accomplir, pour essuyer l’affront du catastrophique <em>Lovecraft Country</em> !</p>
<p><strong>Les Vosges, une terre inspirante en matière de fantastique ? Pourquoi ?</strong></p>
<p>À cause de la Mirabelle, bien sûr ! Peut-être aussi de ces grandes forêts et des brumes qui enveloppent le lac de Gérardmer, à l’aube…</p>
<p><strong>Quelles sont vos relations avec le Festival ?</strong></p>
<p>Anciennes, fidèles et amicales. J’ai dû venir à une bonne vingtaine d’éditions du festival, depuis sa création &#8211; je me demande si je n’ai pas le record… -, et j’entretiens avec Gérardmer des liens particuliers, puisque j’y ai moi-même organisé le festival des Motordays pendant huit ans… Gérardmer, c’est un peu ma deuxième famille, et j’y compte des amis très chers, dont le parrain de mon deuxième fils, l’inénarrable Yves Ragazzoli.</p>
<p><strong>Votre dernier frisson de cinéphile ?</strong></p>
<p>À vrai dire, c’est plutôt un frisson de téléphile. Je suis en train de regarder la série <em>Slow Horses</em>, et je me régale de bout en bout.</p>
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		<title>7 choses que l’on voulait vous dire sur… Escape Game</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 08:39:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Escape Game, c’est un peu comme le Métropolis à Rungis. 5 salles, 5 ambiances. Une sorte de Cube Leader Price avec quelques décors pas mal, mais beaucoup d’artifices bidon. Mais...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/7-choses-que-lon-voulait-vous-dire-sur-escape-game/attachment/escape/" rel="attachment wp-att-26704"><img class="size-large wp-image-26704" alt="escape game - gérardmer" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/escape-1024x416.jpg" width="620" height="251" /></a></p>
<ol>
<li><em>Escape Game</em>, c’est un peu comme le Métropolis à Rungis. 5 salles, 5 ambiances.</li>
<li>Une sorte de <em>Cube</em> Leader Price avec quelques décors pas mal, mais beaucoup d’artifices bidon.</li>
<li>Mais aussi une variation autour du thème de <em>Destination finale</em>. Une histoire dans laquelle il ne fait pas bon être un survivant.</li>
<li>Un film en déficit de plans, qui ne progresse pas vraiment. Et puis tout à coup, trop.</li>
<li>On y apprend quelque chose que l’on savait déjà : les riches dans ce genre de film sont vraiment des pourris qui s’ennuient.</li>
<li>Et saviez-vous qu’on peut faire fondre un cube de glace avec les mains sans se les brûler, mais que l’être humain fond moins vite qu’un mannequin en plastique ?</li>
<li>Mention spéciale à FaceApp pour la séquence sous ecstasy un poil ridicule.</li>
</ol>
<p><em>&raquo; Plus d’infos sur le site officiel du <a href="http://festival-gerardmer.com/2019/" target="_blank">Festival de Gérardmer</a></em></p>
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		<title>Western, de Valeska Grisebach</title>
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		<pubDate>Sat, 27 May 2017 12:52:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la section Un Certain Regard]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<description><![CDATA[Un groupe d’ouvriers allemands part travailler sur un chantier en Bulgarie. Ils montent leur baraquement et hissent leur drapeau allemand en haut d’une colline à quelques galops d’un village perdu...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Il a les yeux revolver… </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/western-valeska-grisebach-s.jpg" alt="Western, de Valeska Grisebach" title="Western, de Valeska Grisebach" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-25566" /><strong>Le pitch…</strong> Un groupe d’ouvriers allemands part travailler sur un chantier en Bulgarie. Ils montent leur baraquement et hissent leur drapeau allemand en haut d’une colline à quelques galops d’un village perdu. Dévier le cours d’une rivière pour installer une infrastructure : leur chantier semble une montagne pour le peu de mains qu’ils ont. D’un côté les Allemands, de l’autre les villageois bulgares. Entre les deux, la barrière de la langue. Et Meinhard (Meinhard Neumann), nouveau venu parmi les travailleurs qui ne sait pas trop où est sa place. </p>
<p><strong>Et donc ?&#8230;</strong> Un décor de western, des démarches de cow-boys, un café dans un village paumé en guise de saloon, quelques femmes, des regards revolver et des chevaux sauvages qu’on apprivoise. Le titre du film de Valeska Grisebach est d’abord à prendre au premier degré. Un western moderne dans une sorte de no man’s land bulgare où l’eau semble denrée rare et où les loisirs ne sont pas légion. Au cœur de ce film au scénario subtil et à l’image léchée, il y a surtout la langue. Sans elle, comment comprendre l’autre, dépasser ses préjugés et ne pas déraper. Pourtant malgré cette barrière Meinhard, l’ancien de la Légion étrangère, décide de partir à la rencontre de l’autre et tente de se faire accepter. Silencieux, il est l’honnête homme, alors que ses collègues de chantier balancent leurs remarques hostiles et nationalistes. Une tension palpable traverse ce long-métrage produit par Maren Ade (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/toni-erdmann-maren-ade/" title="Toni Erdmann, de Maren Ade">Toni Erdmann</a></em>). Tout pourrait basculer…</p>
<p>&nbsp;<br />
Western <em>de Valeska Grisebach, avec Meinhard Neumann, Reinhardt Wetrek, Syuleyman Alilov Letifov, Vyara Borisova et Kevin Bashev. Allemagne, Autriche, Bulgarie, 2017. Présenté en sélection Un certain Regard au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Jeune femme, de Léonor Serraille</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 13:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Femme au bord de la crise de nerfs Voilà un premier film qui colle à la peau de sa comédienne principale. La jeune femme qui donne son titre au long-métrage...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Femme au bord de la crise de nerfs</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/jeune-femme-leonor-serraille-cannes-2017.jpg" alt="Jeune Femme, de Léonor Serraille" width="280" height="170" class="alignleft size-full wp-image-25539" />Voilà un premier film qui colle à la peau de sa comédienne principale. La jeune femme qui donne son titre au long-métrage de Léonor Serraille. Drôlement fagotée dans un manteau couleur brique, à poil sur le lit d’un hôtel miteux, moulée dans un uniforme cheap d’une marque de sous-vêtements de centre commercial : Lætitia Dosch (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-victoria-virginie-efira-rencontre-justine-triet/" title="Rencontre avec Justine Triet">La Bataille de Solférino</a></em>) est de tous les plans, passe par tous les états et déroule ici une partition juste et émouvante. Elle est Paula, la rouquine aux yeux vairons, la paumée, la larguée, la chiante à tendance hystérique qui baratine un peu, beaucoup, passionnément. Il y eut Sue perdue dans Manhattan, il y a Paula perdue dans Paris. Une ville qu’elle n’aime pas. Une jungle. Mais ici ou ailleurs, faut bien faire son trou, dit-elle. Alors elle cherche chez qui elle pourrait poser ses bagages, même pour quelques jours. Elle se demande quel petit boulot elle pourrait faire, elle dont le CV tient sur un timbre-poste. Elle vend ses bijoux chez Cash Converter. Accepte une chambre de bonne en échange de babysitting, s&#8217;amourache d&#8217;un vigile, et trimballe le chat de son ex dans un carton. Elle fait quelques rencontres. Laisse derrière elle quelques amis qui n’en étaient peut-être pas vraiment. Elle avance, elle avance, elle avance. C’est une évidence. Dis comme ça on pourrait croire à un drame façon frères Dardenne, mais la chose est plus légère, énergique, sincère et brute. Derrière ce portrait d’une jeune femme à l’esprit fantasque, aussi libre que seule, qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, se dessine celui d’une société précaire, d’une époque en faillite et d&#8217;une jeunesse sur un fil. #StartupNation, comme dirait l&#8217;autre. </p>
<p>&nbsp;<br />
Jeune femme <em>de Léonor Serraille, avec Lætitia Dosch, Souleymane Seye Ndiaye, Grégoire Monsaingeon&#8230; France, 2017. Présenté en sélection Un Certain Regard au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Barbara, de Mathieu Amalric</title>
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		<pubDate>Thu, 25 May 2017 07:51:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mosaïque étincelante, variation free jazz, jeu de miroirs où se croisent, s'effleurent et se cognent Mathieu Amalric, son double, Barbara (mi-déesse mi-sorcière) et Jeanne Balibar, hypnotique et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Souviens-toi Barbara&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/barbara-jeanne-balibar-mathieu-amalric.jpg" alt="Jeanne Balibar et Mathieu Amalric dans Barbara" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25385" />Mosaïque étincelante, variation free jazz, jeu de miroirs où se croisent, s&#8217;effleurent et se cognent Mathieu Amalric, son double, Barbara (mi-déesse mi-sorcière) et Jeanne Balibar, hypnotique et fantasque. Dialogue à distance entre les deux femmes. Collage époustouflant dans lequel les images de Barbara et Balibar se superposent, se mêlent jusqu’à se confondre, portées par un montage extrêmement maîtrisé. Ode à la création et à l’imagination. Eloge du spectacle, de ses coulisses, des émotions. Les costumes, les gestes, la réalité du terrain et puis, le vertige…. Tout y est. Et l’on retrouve la chaleur, l’enthousiasme, la passion qui traversaient <em>Tournée</em>. Chronique d’une obsession. Celle d’un artiste pour son modèle, d’un amant pour sa maîtresse, d’une musicienne pour son instrument. Celle d’un cinéaste pour le cinéma. Portrait d’une comédienne, aussi. Barbara est tout cela à la fois. Un film ultramoderne qui réinvente le biopic, joue avec le vrai et le faux, enflamme le modèle et son reflet, s’amuse de mises en abîme avant de basculer dans la transe. Drôle, tendre, captivant. Fascinant. </p>
<p>&nbsp;<br />
Barbara <em>de Mathieu Amalric avec Jeanne Balibar, Aurore Clément, Grégoire Colin&#8230; France, 2017. Présenté en sélection Un Certain Regard au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Vers la lumière, de Naomi Kawase</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 18:50:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Misako ferme les yeux pour mieux décrire les objets, les visages et le monde qui l’entoure. Nakamori, photographe de renom va bientôt perdre la vue et plonger pour toujours dans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/hikari-vers-lumiere-naomi-kawase.jpg" alt="Vers la lumière, de Naomi Kawase" title="Vers la lumière, de Naomi Kawase" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25477" />Misako ferme les yeux pour mieux décrire les objets, les visages et le monde qui l’entoure. Nakamori, photographe de renom va bientôt perdre la vue et plonger pour toujours dans l’obscurité. C’est l’histoire de leur rencontre lors d’une séance de travail pour l’audiodescription d’un film qui parle d’un amour infini. Sur fond de sentiments naissants et de destins qui s’entremêlent, Naomi Kawase signe un joli poème sur le regard, la perception du réel, l’imaginaire, le pouvoir du cinéma et ses silences, l’interprétation… Une histoire de lumière. Un dialogue entre le visible et l’invisible parfois trop littéral. <em>« Rien n’est plus beau que ce qu’on a sous les yeux et qui va disparaître »</em>, <em>« Le photographe est un chasseur dont la proie est le temps »</em>, <em>« A travers les films on se connecte à la vie des autres »</em> : autant d&#8217;haïkus cinématographiques qui ponctuent <em>Vers la lumière</em> et lui confèrent un statut de réflexion technique et philosophique sur ce qu’est l’image et son rapport au langage. On regrette alors que la réalisatrice japonaise n’ait pas souhaité injecter plus de métaphysique, de spirituel, de chamanique dans cet opus. Sa signature. Mais on se dit quand même que c&#8217;était une putain d&#8217;idée et qu&#8217;elle est une cinéaste géniale. </p>
<p>&nbsp;<br />
Vers la lumière <em>(Hikari) de Naomi Kawase, avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji. Japon, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes. Sortie le 20 septembre 2017.</em></p>
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		<title>120 battements par minute, de Robin Campillo</title>
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		<pubDate>Sun, 21 May 2017 19:46:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<em>« On est vivant ou on est mort »</em>, lance Sean, personnage principal s’il en est du nouveau film de Robin Campillo, <em>120 battements par minute</em>. Ligne directrice du long-métrage, la phrase claque comme...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La fureur de vivre</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/120-battements-minute-robin-campillo-arnaud-valois-adele-haenel.jpg" alt="120 battements par minute, de Robin Campillo" title="120 battements par minute, de Robin Campillo" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25148" /><em>« On est vivant ou on est mort »</em>, lance Sean, personnage principal s’il en est du nouveau film de Robin Campillo, <em>120 battements par minute</em>. Ligne directrice du long-métrage, la phrase claque comme cette œuvre précise, documentée, vivante et hautement romanesque. </p>
<p>Pendant 2 heures et 20 minutes (qui passent tellement vite), le réalisateur des <em>Revenants</em> et de <em>Eastern Boys</em> nous invite à partager la vie d’un groupe d’activistes d’Act Up. Assis à leurs côtés dans le petit amphithéâtre qui leur sert de QG pour leur RH (Réunion Hebdo), le spectateur semblable aux nouveaux venus dans ce groupe militant, se fait d’abord timide et observateur, avant de devenir partie prenante des débats, des actions, de cette lutte pour la vie et contre le silence qui entoure l’épidémie du sida.</p>
<p>Gays, lesbiennes, hémophiles, mères d’enfants malades, séronégatifs… On apprend à connaître ce collectif dans toutes ses individualités. On guette leurs réactions, on devine leurs doutes, on écoute leurs certitudes. <em>120 battements par minute</em> prend le temps de faire exister ses personnages. Tous ses personnages. Il fait le choix d’un didactisme incarné qui procède par touche. Jamais redondant, toujours palpitant, il mêle intime et politique, humour cinglant et tragique au naturel, romanesque et réalisme. <span id="more-25135"></span></p>
<p>Dans cette course contre la montre, notre cœur s’emballe. Souvent. Et les particules de poussière flottent dans l’air comme les confettis pendant la Gay Pride. La mort qui rôde. L’urgence de se sentir vivant. Tout s’imbrique dans une dramaturgie fascinante. Le portrait sans filtre d’un groupe qui découvre sa force en se heurtant à l’immobilité des dirigeants et au silence complice d’une société qui ne se sent pas encore vraiment concernée. L’histoire d’amour entre Arnaud, séronégatif, nouveau venu chez Act Up et Sean, séropositif, militant de la première heure… </p>
<p><em>« Des molécules pour qu’on s’encule »</em>, le slogan d’Act Up est cru, comme ce film sans artifices. Le corps, sujet central, est à la fois arme et cible. Catapulte balançant des litres de faux sang sur les murs immaculés d’un laboratoire pharmaceutique qui tarde à communiquer les résultats de nouveaux traitements, il se laisse tomber au sol pour résister pacifiquement aux forces de l’ordre. Il défile dans la rue, saute les portiques du métro, danse sur les dancefloors, fait l’amour dans des scènes extrêmement sensuelles. De la vie menacée par la mort naît une énergie débordante qui transporte toute la première partie du film. Puis les T4 diminuent, les espoirs s’amenuisent, Act Up patine, et la mort frappe. Evidemment. Et avec elle, la peine, la solitude. Le soulagement aussi. Et après ? Poursuivre le combat, continuer à vivre. Renaître de leurs cendres. </p>
<p>&nbsp;<br />
120 battements par minute <em>de Robin Campillo, avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel. France, 2017. En compétition au 70e festival de Cannes. Sortie le 23 août 2017.</em> </p>
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		<title>Rencontre avec Stéphane Brizé</title>
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		<pubDate>Wed, 17 May 2017 18:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2017]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
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		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Haneke]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Brizé]]></category>

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		<description><![CDATA[« Le cinéma qui nous parle autrement. » C&#8217;est la baseline du festival Visions sociales qui, du 20 au 27 mai, en marge du 70e Festival de Cannes, accueillera sur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/affiche-visions-sociales-2017.jpg" alt="Visions sociales 2017" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25054" /><em>« Le cinéma qui nous parle autrement. »</em> C&#8217;est la baseline du festival Visions sociales qui, du 20 au 27 mai, en marge du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">70e Festival de Cannes</a>, accueillera sur le domaine d’Agecroft à Mandelieu-la-Napoule festivaliers et professionnels autour d&#8217;un cinéma pensé comme <em>&#8220;une quête constante de curiosité, de réflexion, de questionnement sur le monde qui nous entoure&#8221;</em>. Pour cette 15e édition, c&#8217;est Stéphane Brizé qui jouera les parrains. L&#8217;occasion de parler politique et engagement. Rencontre. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Que signifie, pour le cinéaste que vous êtes, l’expression « avoir une vision sociale » ?</strong><br />
Je traduirais cela par un questionnement sur la manière dont un individu est impacté par son environnement et inversement. Une réflexion sur la place et le rôle de l&#8217;homme dans la vie de la cité. </p>
<p><strong>Pourquoi avoir accepté d’être le parrain de Visions sociales ? </strong><br />
D&#8217;abord un lien déjà ancien avec la CCAS, le CE d&#8217;EDF. En 1999, je venais à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs avec mon premier film <em>Le Bleu des villes</em> et la CCAS m&#8217;avait remis un prix, le Soleil d&#8217;Or. Parrainer Visions sociales est d&#8217;abord un retour de politesse amical. Ensuite, le plaisir de collaborer avec un CE qui offre aux salariés de l&#8217;entreprise un peu plus que des tickets de piscine et des réductions pour aller en voyage. Car on l&#8217;oublie souvent, une des missions premières des CE est une mission d&#8217;éducation à la culture. Et puis enfin, le plaisir complètement égoïste de découvrir des films qui éclairent notre monde et donc notre route. Et on le sait bien, il y a moins d&#8217;accidents quand on roule avec les phares allumés. <span id="more-25046"></span></p>
<p><strong>Quel regard posez-vous sur la campagne présidentielle qui vient d’avoir lieu ? </strong><br />
D&#8217;abord le regard du citoyen atterré et effrayé par tant de brutalité. Ensuite le regard du réalisateur fasciné par tant de brutalité. Qui aurait pu imaginer ce qui s&#8217;est passé ? Ce qui m&#8217;intéresse le plus, pour être honnête, ce n&#8217;est pas tant le politique que celui qui met son bulletin dans l&#8217;urne. Et celui qui met aujourd&#8217;hui un bulletin « Le Pen » dans cette urne m&#8217;intéresse profondément. Le geste me fait peur mais la personne qui fait le geste me fascine. Sa colère, sa détresse, sa peur et son inquiétude me touchent. Le Front national a kidnappé la colère des plus modestes, des plus en souffrance en allant racler chez l&#8217;homme ce qu&#8217;il a de plus médiocre. On n&#8217;est pas grand chose face à la peur et le dénuement. On perd vite ses repères. Et quand quelqu&#8217;un débarque avec des solutions qui semblent si simples, comment résister ? Ça me fascine. Et mon sentiment sur les deux finalistes, c&#8217;est que chacun à sa manière produit de la violence. </p>
<p><strong>L’avènement d’un « jeune premier » à la tête de la France vous a-t-il surpris ? </strong><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/stephane-brize-s.jpg" alt="Stéphane Brizé" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-25053" />En termes de parcours personnel, c&#8217;est assez exceptionnel, il faut bien le reconnaître. Assez digne d&#8217;un grand personnage de fiction. S&#8217;il a été élu, c&#8217;est qu&#8217;il a su deviner quelque chose de la psyché collective. Et heureusement que sa femme était toujours à moins de trois mètres de lui pour qu&#8217;il sache où elle était car il a quand même eu une chance de cocu. Il fallait que Fillon gagne sa primaire puis qu&#8217;Hamon gagne la sienne avant que Fillon explose en vol puis qu&#8217;Hamon implose pour enfin se retrouver face à Le Pen au deuxième tour. Si ce n&#8217;est pas avoir une bonne étoile, ça ! Mais au delà de la chance, il a su se positionner habilement à un endroit de l&#8217;échiquier au moment où les partis en place depuis longtemps étaient à bout de souffle. L&#8217;image du nouveau président est parfaite, lisse, aimable et audacieuse, la réalité de sa politique qui veut imposer le modèle de la flexi-sécurité offrira évidemment bien plus de  « flexi » que de « sécurité ».</p>
<p><strong>Quelle est votre définition d’un réalisateur engagé ?</strong><br />
Pour moi l&#8217;engagement, c&#8217;est poser une question. Une question intime, une question sur le monde, une question sur l&#8217;intime en écho au monde&#8230; une question. </p>
<p><strong>Quels sont les réalisateurs que vous suivez ?</strong><br />
Ils sont tellement nombreux, comment faire une liste ? <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/the-great-beauty-paolo-sorrentino/" title="La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino" target="_blank">Sorrentino</a> pour sa puissance formelle à la limite parfois de la pose. Mais quand il est du bon côté de la crête, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est beau et puissant. <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" target="_blank">Andreï Zviaguintsev</a> pour la pertinence de sa réflexion sur la place d&#8217;un individu dans un système. Pour les mêmes raisons mais avec une esthétique très différente, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/au-dela-collines-cristian-mungiu/" target="_blank">Cristian Mungiu</a>. Que d&#8217;intelligence ! <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/amour-michael-haneke/" target="_blank">Haneke</a> pour son regard tranchant et sans concession sur notre violence. Andrea Arnold pour sa capacité à faire naître du réel au cœur d&#8217;une esthétique puissante. Quelques noms qui me viennent à l&#8217;esprit à l&#8217;instant où je vous parle. Il y en a d&#8217;autres bien sûr.</p>
<p><strong>Quels sont les sujets politiques et sociétaux que vous aimeriez aborder dans vos prochains films ?</strong><br />
J&#8217;aimerais mettre ma caméra du côté des cadres des entreprises. Je suis persuadé qu&#8217;ils sont les prochains sur la liste des sacrifiés sur l&#8217;autel du profit. Ils ont bien servi à nettoyer en dessous d&#8217;eux, l&#8217;industrie &#8211; et son uberisation à marche forcée &#8211; n&#8217;aura bientôt plus besoin d&#8217;une bonne partie de ces hommes et de ces femmes. Et comme ils n&#8217;ont aucune culture de la lutte, ils se retrouveront dans un grand désarroi. </p>
<p><strong>Documentaire vs fiction ? </strong><br />
J&#8217;ai réalisé un documentaire il y a plus de dix ans, mais j&#8217;aime tellement l&#8217;endroit de la fiction que toute mon énergie au quotidien est mobilisée pour construire des histoires. Des histoires nourries du réel, qui empruntent même à la dramaturgie du documentaire mais que j&#8217;aime à construire complètement. J&#8217;aime l&#8217;endroit de frottement entre la fiction et le réel.</p>
<p><strong>Pourquoi <em>La Loi du marché</em> ? Y avait-il une sorte d&#8217;urgence sociale à faire ce film-là, à ce moment-là et de cette manière-là, proche du documentaire ?</strong><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/la-loi-du-marche-lindon-stephane-brize.jpg" alt="La Loi du marché, de Stéphane Brizé" title="La Loi du marché, de Stéphane Brizé" width="280" height="148" class="alignleft size-full wp-image-25055" />C&#8217;est <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/loi-du-marche-stephane-brize-cannes-2015/" target="_blank">un film</a> qui s&#8217;est invité dans ma vie alors que je terminais l&#8217;écriture d&#8217;<em>Une vie</em> et qu&#8217;il fallait quelques mois pour monter le financement de ce dernier. J&#8217;avais 16 mois devant moi. Le résumé du film existait sur une page dans un coin de mon ordinateur, c&#8217;est une discussion avec Vincent Lindon qui m&#8217;a fait le ressortir comme une évidence. La forme (mise en scène et choix des comédiens non professionnels) s&#8217;est immédiatement imposée. Tout cela correspondait à des choses qui, comme ce texte enfermé dans un recoin de la mémoire de mon ordinateur, était en moi. L&#8217;urgence du projet m&#8217;a permis d&#8217;aller à la rencontre de mon désir sans tergiverser. </p>
<p><strong>A quoi tient votre relation particulière et privilégiée avec Vincent Lindon ? </strong><br />
Vincent et moi venons de planètes sociales totalement opposées. Lui est un bourgeois, moi le fils d&#8217;un très modeste employé à la Poste. Mais nous nous sommes construits autour d&#8217;une même faille intime. Et donc, malgré des enfances dans des milieux si différents, nos colères, nos fragilités, nos émois, nos fragilités se révèlent être très semblables. Notre lien privilégié vient en partie de là, on s&#8217;est reconnus en l&#8217;autre. Aucun souvenir de ma première rencontre de spectateur avec lui. Mais je me souviens très bien que je le suivais d&#8217;un œil attentif en me disant : « Il vieillit bien. »</p>
<p><strong>« Né d&#8217;un père facteur et d&#8217;une mère au foyer, Stéphane Brizé vient d’un milieu où la culture se résume à une poignée de romans dans la bibliothèque familiale », lit-on sur votre bio Wikipédia. Un livre qui vous a marqué et a laissé une empreinte sur votre travail de cinéaste ? </strong><br />
Il faut souvent se méfier de Wikipédia mais pour le coup, ce que vous dites est vrai. Il y avait notamment la collection complète reliée de skaï rouge des romans de Marcel Pagnol. Ça tenait sur une petite étagère en haut d&#8217;un escalier de quelques marches. J&#8217;ai tout lu, j&#8217;ai tout aimé. Après, que cela ait laissé une empreinte sur mon travail, je ne saurais vous le dire. Mais bon, il aimait bien parler des gens modestes. J&#8217;arrêterais là la comparaison. </p>
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