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	<title>Grand Écart &#187; Films</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Hercule Poirot : les petites cellules grises n’ont pas pris une ride</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 13:58:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[série]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h2>Enquête sur un phénomène étrange</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2026/10/hercule-poirot-mort-sur-le-nil-300x298.jpg" alt="Mort sur le Nil, Hercule Poirot " width="300" height="298" class="alignleft size-medium wp-image-27942" />Je vais vous faire une confidence. Je me méfie des chefs-d’œuvre. D’abord parce que les chefs-d’œuvre autoproclamés sont souvent aussi passionnants qu’une réunion de copropriété sur le remplacement des ampoules du hall d’entrée. Ensuite parce que lorsqu’une œuvre est portée aux nues depuis trente ans, elle finit parfois par sentir la naphtaline. Or, voilà que débarque sur mon bureau un énorme coffret Blu-ray regroupant les 70 épisodes d’Hercule Poirot avec David Suchet.<br />
Soixante-dix épisodes.<br />
Le genre de coffret capable de provoquer un divorce, un arrêt maladie ou une rupture des relations diplomatiques avec vos proches. Une question s’impose alors : pourquoi cette série fonctionne-t-elle encore aussi bien ? J’ai mené l’enquête.</p>
<h2>Pièce à conviction numéro 1 : David Suchet est coupable</h2>
<p>Coupable d’avoir commis le crime parfait.<br />
Celui de faire oublier l’acteur derrière le personnage.<br />
Prenez n’importe quelle adaptation de Sherlock Holmes.<br />
Vous voyez l’acteur.<br />
Prenez n’importe quel James Bond.<br />
Vous voyez l’acteur.<br />
Prenez Poirot.<br />
Vous voyez Poirot.<br />
Point. <span id="more-27940"></span><br />
David Suchet possède quelque chose de rarissime.<br />
Une évidence.<br />
Une évidence tellement puissante qu’elle finit par effacer toutes les autres incarnations du personnage.<br />
La moustache est parfaite.<br />
La démarche est parfaite.<br />
La voix est parfaite.<br />
Même sa manière de regarder un vase mal aligné donne l’impression qu’il s’apprête à résoudre un triple homicide.<br />
Le plus fort reste ailleurs.<br />
Poirot est objectivement un casse-pieds.<br />
Imaginez un invité qui critique votre décoration intérieure, replace vos bibelots, juge votre costume, vous explique comment ranger votre bibliothèque et refuse de s’asseoir parce que votre fauteuil n’est pas parfaitement symétrique.<br />
Vous lui balancez une pantoufle.<br />
David Suchet réussit pourtant à rendre cet homme profondément attachant.<br />
C’est du très grand art.</p>
<h2>Pièce à conviction numéro 2 : les années 30 existent encore</h2>
<p>J’en ai désormais la preuve.<br />
Elles se cachent dans cette série.<br />
Nom d’un petit bonhomme, que c’est beau.<br />
Les hôtels.<br />
Les trains.<br />
Les paquebots.<br />
Les salons.<br />
Les manoirs.<br />
Les automobiles.<br />
Les costumes.<br />
Les luminaires.<br />
Les papiers peints.<br />
Même les rideaux semblent avoir suivi une formation de trois ans au Conservatoire National du Bon Goût.<br />
La série ne reconstitue pas les années 1930.<br />
Elle les ressuscite.<br />
Certaines productions contemporaines à cent millions de dollars donnent parfois l’impression d’avoir été tournées dans un parking souterrain avec deux pots de peinture et un écran vert.<br />
Poirot, lui, ressemble à une immense carte postale animée.<br />
Une carte postale luxueuse.<br />
Une carte postale parfumée.<br />
Une carte postale où même les suspects ont de la classe.<br />
Le Blu-ray sublime encore davantage ce travail monumental.<br />
On redécouvre chaque détail.<br />
Chaque texture.<br />
Chaque moulure.<br />
Chaque reflet.<br />
On ne regarde plus une série.<br />
On visite un musée.<br />
Mais un musée où les gens s’empoisonnent entre deux tasses de thé.</p>
<h2>Pièce à conviction numéro 3 : Agatha Christie savait tout de nous</h2>
<p>Absolument tout.<br />
Et c’est même un peu inquiétant.<br />
Car enfin, regardons les choses en face.<br />
Ses histoires parlent-elles vraiment de meurtres ?<br />
Pas seulement.<br />
Elles parlent surtout d’argent.<br />
D’amour.<br />
D’héritage.<br />
De jalousie.<br />
D’ambition.<br />
De vengeance.<br />
De mensonge.<br />
Autrement dit des mêmes choses qui font aujourd’hui exploser les familles à Noël.<br />
Les technologies changent.<br />
Les époques changent.<br />
Les modes changent.<br />
Les êtres humains beaucoup moins.<br />
Le cousin cupide existe toujours.<br />
Le manipulateur existe toujours.<br />
Le notable véreux existe toujours.<br />
Le menteur professionnel existe toujours.<br />
Agatha Christie avait compris une vérité fondamentale :<br />
L’homme moderne possède un smartphone mais continue de faire les mêmes bêtises que son arrière-grand-père.<br />
C’est précisément pour cela que ses intrigues traversent le temps avec une facilité déconcertante.</p>
<h2>Pièce à conviction numéro 4 : la série grandit avec nous</h2>
<p>Au début, Poirot ressemble à une délicieuse gourmandise anglaise.<br />
Une pâtisserie raffinée.<br />
Un biscuit au beurre.<br />
Un thé fumant.<br />
Une enquête.<br />
Puis les années passent.<br />
Le monde change.<br />
Le ton s’assombrit.<br />
Et la série gagne en profondeur.<br />
Les dernières saisons regardent davantage du côté de la tragédie que de la simple énigme policière.<br />
Poirot vieillit.<br />
Il doute.<br />
Il souffre.<br />
Il s’interroge.<br />
Sur Dieu.<br />
Sur la justice.<br />
Sur le bien.<br />
Sur le mal.<br />
Sur sa propre existence.<br />
David Suchet accompagne cette évolution avec une intelligence remarquable.<br />
Son regard devient plus grave.<br />
Son sourire plus rare.<br />
Son élégance plus mélancolique.<br />
Le détective belge qui amusait au début finit par nous émouvoir profondément.<br />
Et ça, peu de séries en sont capables.</p>
<h2>Pièce à conviction numéro 5 : le plus beau cadeau fait à Agatha Christie</h2>
<p>Adapter Agatha Christie est une activité dangereuse.<br />
Un peu comme essayer de caresser un chat qui ne vous connaît pas.<br />
Ça peut très bien se passer.<br />
Ou très mal.<br />
La série Poirot choisit la voie du respect.<br />
Mais pas le respect poussiéreux.<br />
Pas le respect de musée.<br />
Pas le respect qui transforme les romans en objets morts.<br />
Le respect intelligent.<br />
Le respect amoureux.<br />
Le respect vivant.<br />
Chaque intrigue semble comprendre exactement ce qui fait la force des romans.<br />
Un détail.<br />
Une phrase.<br />
Un regard.<br />
Une montre oubliée.<br />
Un cendrier déplacé.<br />
Un bouton de manchette.<br />
Chez Christie, rien n’est gratuit.<br />
La série le sait.<br />
Et elle reproduit cette mécanique d’horlogerie suisse avec une précision impressionnante.</p>
<h2>Conclusion : affaire classée</h2>
<p>Alors pourquoi Poirot n’a-t-il pas pris une ride ?<br />
Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’une série policière.<br />
C’est un voyage.<br />
Un voyage dans une Europe disparue.<br />
Un voyage dans l’œuvre de la reine du crime.<br />
Un voyage au cœur de la nature humaine.<br />
Et puis il y a David Suchet.<br />
Toujours David Suchet.<br />
Impossible d’y échapper.<br />
À mesure que les épisodes défilent, on comprend que l’acteur n’a pas seulement interprété Hercule Poirot.<br />
Il lui a prêté son âme.<br />
Le coffret Blu-ray permet aujourd’hui de mesurer l’ampleur de cet exploit.<br />
Soixante-dix épisodes.<br />
Vingt-cinq années d’enquête.<br />
Des centaines de suspects.<br />
Des dizaines de crimes.<br />
Des milliers de petites cellules grises.<br />
Et au bout du compte, une certitude.<br />
Certaines séries vieillissent.<br />
D’autres deviennent immortelles.<br />
Hercule Poirot appartient à la seconde catégorie.<br />
Nom d’une moustache parfaitement cirée.</p>
<p><em>Coffret Poirot Intégrale, Blu-ray édité chez Elephant Films.</em></p>
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		<title>Les joyaux de la télévision</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 16:39:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[série]]></category>

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		<description><![CDATA[Les éditions Elephant Films poursuivent leur travail d’archéologue télévisuel avec une série de coffrets qui rappellent une évidence : avant les plateformes, avant les algorithmes et avant les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les éditions Elephant Films poursuivent leur travail d’archéologue télévisuel avec une série de coffrets qui rappellent une évidence : avant les plateformes, avant les algorithmes et avant les bandes-annonces qui hurlent plus fort que les films qu’elles vendent, la télévision française savait prendre son temps. Six épisodes pour raconter Molière. Six autres pour suivre Voltaire. Plusieurs soirées pour accompagner Claudine ou Jean Valjean. Des œuvres ambitieuses, populaires, parfois oubliées, mais jamais poussiéreuses. Alors, avant qu’un influenceur ne vous explique en quinze secondes pourquoi il faut absolument voir la dernière série du moment, accordons quelques heures à ces trésors retrouvés.</strong></p>
<h2>Molière pour rire et pour pleurer</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2026/07/moliere-serie-marcel-camus-3-300x162.png" alt="Molière, de Marcel Camus" width="300" height="162" class="alignleft size-medium wp-image-27935" />Six épisodes sur Molière. Dit comme ça, certains prennent déjà peur. Ils imaginent un professeur de français armé d’un manuel scolaire, des citations apprises par cœur et des dissertations en embuscade derrière chaque scène. Rassurez-vous. <em>Molière pour rire et pour pleurer</em> ne ressemble pas à une punition mais à une aventure. Une vraie.<br />
Marcel Camus raconte la vie de Jean-Baptiste Poquelin comme un roman d’apprentissage. On croise les routes boueuses de province, les tréteaux brinquebalants, les galères financières, les cabales religieuses, les rivalités artistiques et bien sûr Louis XIV qui plane sur l’ensemble comme un soleil parfois chaleureux, parfois brûlant. Le feuilleton a l’intelligence de ne jamais transformer son sujet en statue de marbre. Molière n’est pas un monument national mais un homme. Un ambitieux. Un travailleur acharné. Un amoureux parfois maladroit. Un chef de troupe obligé de négocier avec les puissants tout en amusant le peuple.</p>
<p>Jean-Pierre Darras porte l’ensemble avec une élégance remarquable. Il ne joue pas Molière comme un génie inaccessible mais comme un artisan du spectacle vivant. Le genre de type capable de faire rire une salle entière tout en rentrant chez lui avec des dettes jusqu’au plafond. Et c’est là toute la réussite du feuilleton. Derrière les costumes, les perruques et les décors somptueux, il y a des êtres humains qui se débattent avec leurs rêves.<br />
Les six épisodes défilent avec une fluidité étonnante. On passe des années d’errance aux triomphes parisiens sans jamais avoir l’impression de feuilleter un manuel scolaire. Les auteurs privilégient les conflits, les passions et les rencontres. Racine, Boileau, Lully, Armande Béjart ou le Roi-Soleil apparaissent comme de véritables personnages et non comme de simples notes de bas de page.<br />
Et puis il y a cette idée magnifique : rappeler que derrière les éclats de rire se cache souvent une profonde mélancolie. Le titre ne ment pas. On rit beaucoup. On pleure un peu. On comprend surtout pourquoi quatre siècles plus tard, on continue d’appeler le français « la langue de Molière ». Rien que pour ça, le voyage mérite largement le détour. <span id="more-27929"></span></p>
<p><em>Molière pour rire et pour pleurer, de Marcel Camus, 1973. Six épisodes de 55 minutes.</em></p>
<h2>Voltaire, ce diable d’homme</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2026/07/voltaire-serie-marcel-camus-nicole-garcia-300x162.png" alt="Voltaire, série de Marcel Camus avec Nicole Garcia" width="300" height="162" class="alignleft size-medium wp-image-27932" />Si Molière est un combattant du rire, Voltaire ressemble davantage à un escrimeur. Une phrase, une pique, une ironie bien placée et l’adversaire finit en morceaux sans même comprendre ce qui lui arrive. <em>Voltaire, ce diable d’homme</em> raconte précisément cette existence menée tambour battant. Claude Dauphin incarne le philosophe avec une gourmandise communicative. Son Voltaire parle vite, pense encore plus vite et semble toujours avoir deux ou trois coups d’avance sur ses ennemis. Ce qui tombe bien puisqu’il en possède une collection impressionnante. Censeurs, religieux, courtisans, jaloux, puissants de tous bords : le feuilleton ressemble parfois à un concours de gens vexés par l’intelligence d’un seul homme.</p>
<p>Mais la série ne réduit jamais Voltaire à ses bons mots. Derrière le provocateur se cache un personnage complexe. Ambitieux, opportuniste à l’occasion, sincèrement révolté face à certaines injustices, amoureux de liberté mais parfaitement conscient des règles du jeu politique. En clair : un être humain. Pas une gravure coincée dans un manuel scolaire.<br />
La reconstitution est généreuse. Costumes, décors, intrigues de cour, voyages et exils donnent au récit une ampleur romanesque qui rappelle les grandes productions télévisées de l’époque. Les six épisodes prennent le temps de raconter une vie entière sans courir après la montre. Un luxe devenu rare.<br />
Ce qui frappe surtout, c’est l’actualité du propos. Voltaire s’attaque au fanatisme, à la bêtise, aux abus de pouvoir et aux certitudes trop confortables. Autant dire que le monsieur trouverait encore de quoi s’occuper aujourd’hui. Le feuilleton évite pourtant le discours pesant. Il préfère l’humour, l’intelligence et le panache.<br />
Résultat : une fresque historique passionnante qui donne envie de rouvrir quelques livres une fois le générique terminé. Et ça, convenons-en, ça n’arrive pas tous les jours.</p>
<p><em>Voltaire, ce diable d’homme, de Marcel Camus, 1978. Six épisodes de 52 minutes.</em></p>
<h2>Claudine</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2026/07/claudine-serie-marie-helene-breillat-300x186.jpg" alt="Marie-Hélène Breillat dans Claudine, d&#039;Edouard Molinaro" width="300" height="186" class="alignleft size-medium wp-image-27936" />Il existe des héroïnes qui traversent les époques sans prendre une ride. Claudine fait partie de cette famille-là. Adaptant les romans de Colette, cette mini-série portée par Marie Hélène Breillat suit une jeune femme qui refuse obstinément d’entrer dans les cases qu’on lui prépare.<br />
Au départ, tout semble léger. <em>Claudine à l’école</em> nous plonge dans un univers de pensionnat, de petites révoltes et d’émois adolescents. Puis le récit grandit avec son héroïne. <em>Claudine à Paris</em> ouvre les portes d’un monde plus vaste, plus séduisant et parfois plus cruel. Enfin, <em>Claudine se marie</em> poursuit cette trajectoire en confrontant son personnage aux réalités du sentiment amoureux et des conventions sociales.</p>
<p>Marie Hélène Breillat est de tous les plans ou presque. Son énergie, son naturel et son regard malicieux suffisent à faire exister Claudine. Impossible de ne pas la suivre. Impossible également de ne pas remarquer Georges Marchal dont la présence apporte au récit une élégance très particulière. On comprend rapidement pourquoi cette adaptation a marqué les téléspectateurs.</p>
<p>Ce qui séduit avant tout, c’est la modernité. Derrière les costumes d’époque, Colette parle déjà d’émancipation, de désir, d’indépendance et de liberté. Claudine observe les adultes avec un mélange d’admiration et d’ironie. Elle refuse les chemins tout tracés. Elle avance à sa manière. Pas toujours raisonnablement. Heureusement.<br />
La mise en scène d’Édouard Molinaro privilégie la simplicité. Pas besoin d’artifices spectaculaires quand les personnages sont aussi bien écrits. Les dialogues font mouche, les situations respirent et les épisodes se dégustent comme un bon roman que l’on promet de refermer après un chapitre avant d’en lire trois de plus.<br />
Charmant, drôle, tendre et parfois mélancolique, <em>Claudine</em> rappelle que certaines héroïnes n’ont jamais cessé d’être contemporaines.</p>
<p><em>Claudine, d’Édouard Molinaro, 1978. Quatre épisodes de 90 minutes.</em></p>
<h2>Les Misérables</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2026/07/Les-miserables-serie-marcel-bluwal-300x300.jpg" alt="Les Misérables, série de Marcel Bluwal" width="300" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27937" />Adapter <em>Les Misérables</em> relève habituellement du sport extrême. Trop court, on trahit Victor Hugo. Trop long, on épuise le spectateur. Cette version portée par Bernard Fresson réussit pourtant un numéro d’équilibriste particulièrement impressionnant.<br />
Dès les premières minutes, Bernard Fresson impose un Jean Valjean d’une incroyable densité. Pas un saint. Pas une icône. Un homme. Un homme blessé, poursuivi par son passé et contraint de réinventer sa vie à chaque étape. Face à lui, les autres personnages composent une galerie de figures inoubliables où la grandeur côtoie constamment la misère.<br />
La force de cette adaptation réside dans sa capacité à rendre l’œuvre accessible sans l’appauvrir. Les grandes scènes sont là. Les rencontres décisives aussi. Mais le récit n’oublie jamais les petites gens, les humiliés, les oubliés, tous ceux que Hugo regardait avec une infinie tendresse.</p>
<p>Nicole Jamet apporte beaucoup de sensibilité à l’ensemble, tandis que la réalisation privilégie la clarté du récit. On comprend tout. On suit tout. On ne se perd jamais dans les ramifications du roman. Une qualité plus rare qu’on ne le croit.<br />
Et puis il y a ce souffle. Cette capacité qu’ont certaines productions à vous embarquer malgré la connaissance de l’histoire. Nous savons ce qui va arriver. Nous connaissons les grandes lignes. Pourtant nous restons là, happés par les personnages, leurs espoirs et leurs tragédies.<br />
<em>Les Misérables</em> n’est pas seulement une adaptation littéraire réussie. C’est aussi une démonstration éclatante du savoir faire de la télévision française lorsqu’elle décidait de voir grand. Un feuilleton populaire au sens noble du terme. Celui qui rassemble les générations, nourrit l’imaginaire et donne envie, une fois le dernier épisode terminé, de ressortir le roman de la bibliothèque. Mission accomplie.</p>
<p><em>Les Misérables</em>, de Marcel Bluwal, 1972. Deux épisodes de 117 minutes.</p>
<p><strong>Les quatre séries sont disponibles en coffret DVD chez Elephant Films.</strong></p>
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		<title>Roger Corman / Edgar Allan Poe : les maîtres de l’horreur</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Apr 2023 10:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Allan Poe]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/04/malediction-arkham-vincent-price-roger-corman-300x168.jpg" alt="La Malédiction d&#039;Arkham" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27853" /><strong>Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret <em>Edgar Allan Poe</em> par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout le savoir-faire d’un génie du septième art. Roger Corman, capable de réaliser 8 films originaux (entre 1960 et 1964) dans les mêmes décors, transcende les écrits fantastiques d’un maître de la littérature gothique, Edgar Allan Poe. Voici la revue de 4 films, juste pour vous mettre l’eau à la bouche.</strong></p>
<h2><em>La Tombe de Ligeia </em></h2>
<p><em>La Tombe de Ligeia</em> clôt le cycle Edgar Allan Poe dirigé par Roger Corman. Quelques mois plus tôt, le public tremblait devant <em>Le Masque de la mort rouge</em> (septième film de la série), magnifique film de studio dominé par l’acteur fétiche du maître, le sourcilleux Vincent Price. Quel bonheur de profiter du savoir-faire d’un géant du cinéma américain, et ce dans une version ultra-soignée !<br />
<em>La Tombe de Ligeia</em> raconte le désespoir de Verden Fell après la mort de sa femme. Inconsolable, l’aristocrate hante son abbaye, le cœur brisé. Un jour de chasse, il rencontre Lady Rowena Trevanion de Tremaine qu’il décide d’épouser. Les époux convolent en justes noces, mais dès leur retour, le chagrin l’emporte sur le bonheur. Les souvenirs ne s’effacent pas.<br />
Roger Corman a tourné ce huitième et dernier opus en extérieur. Les couleurs pastel de la campagne anglaise s’opposent à la violence des sentiments. Corman suggère, dévoile à peine. La terreur règne. Nous sommes charmés et épouvantés. Lunettes de soleil sur le nez, Vincent Price cabotine en cachette. Il a le look, coco. Chez Corman, le gothique a de la tenue. <span id="more-27851"></span></p>
<h2><em>Le Masque de la mort rouge</em></h2>
<p>Le Prince Prospero, grand adorateur de Satan, décide de s’enfermer dans son château à l’abri de la maladie. Au dehors sévit une épidémie de peste qui décime la population. Son goût pour le sang et les plaisirs interdits font de lui une figure redoutée des villageois. On craint son courroux et sa folie. Indifférent aux malheurs du monde, Prospero organise une fête qui sera le point d’orgue de sa dévotion exacerbée pour le maître des ténèbres. Un mystérieux étranger rôde par delà les forêts. On lui prête de donner la mort.<br />
En réalisant <em>Le Masque de la mort rouge</em>, Roger Corman signe l’une des plus belles adaptations d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Vincent Price incarne le mal avec tant de conviction qu’il fout le trouillomètre à zéro. Tout du long, un sale goût vous pourrit l’haleine. Tout est malsain. Transposée à l’écran, l’œuvre de Poe est puissante et dérangeante comme peuvent l’être les écrits de Lovecraft. Avec trois francs six sous, Roger Corman sait mieux que quiconque utiliser les moyens qui sont à sa disposition pour transposer sur un écran les belles lettres. Une réussite totale. </p>
<h2><em>L’Enterré vivant </em></h2>
<p>Troisième aventure de Roger Corman au pays d’Edgar Allan Poe. Le film suit le parcours d’un homme qui peu à peu sombre dans la folie. Il ne faut pas être « Grand Clair » pour deviner que la plus grande peur du héros, celle d’être enterré vivant, pourrait être exaucée s’il ne prend pas garde. L’intérêt du film, outre son incroyable beauté plastique, reste d’observer les réactions et les desseins des personnages secondaires ; entre la pitié et l’envie. Le bonhomme possède une belle fortune. <em>L’Enterré vivant</em> est un bonheur pour les yeux. Vincent Price n’est pas du projet mais Francis Ford Coppola assiste Corman à la réalisation. </p>
<h2><em>La Malédiction d’Arkham</em></h2>
<p><em>La Malédiction d’Arkham</em> est la sixième des huit adaptations du cycle Poe sauf que : sauf que de Poe il ne reste plus que le titre d’un poème, <em>The Haunted Palace</em>.<br />
Bref, il s’en passe de drôles aux pays du ciné bricolo. <em>The Haunted Palace</em> en VO n’est rien d’autre que l’adaptation cinématographique d’un chef-d’œuvre de la littérature d’horreur, <em>L’Affaire Charles Dexter Ward</em> d’H.P. Lovecraft. Corman en avait ras la couscoussière de Poe, mais manifestement pas les investisseurs.<br />
Le film est bien loin d’être aussi efficace que le roman. Mais Vincent Price sourcille comme personne. On frôle parfois le n’importe quoi. Mais que c’est beau. Et puis du cinoche comme ça, goupillé avec les tripes, on n&#8217;en fait plus. Rare et indispensable pour tout passionné qui se respecte. </p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/coffrets/1671-coffret-corman-9999-eur.html" title="Coffret Edgar Allan Poe" target="_blank" class="broken_link">Coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman disponible chez Sidonis Calysta</a></em></p>
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		<title>Le palmarès du 30e Festival de Gérardmer</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 13:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[palmarès]]></category>

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		<description><![CDATA[Au Festival de Gérardmer cette année, plutôt que de voir un cinéma de genre jouer avec les codes, on aura vu le genre aller voir ailleurs, se libérer des stricts...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au Festival de Gérardmer cette année, plutôt que de voir un cinéma de genre jouer avec les codes, on aura vu le genre aller voir ailleurs, se libérer des stricts territoires de l’horreur et du fantastique pour explorer d’autres terres et s’enrichir d’autres langages, d’autres esthétiques. Des partis pris aventuriers plus ou moins aboutis mais dont le jury longs-métrages à la présidence partagée entre Bérénice Bejo et Michel Hazanavicius a su dignement saluer les plus belles expressions.</p>
<p>Grand vainqueur de cette 30<sup>e</sup> édition, l’effronterie d’Eduardo Casanova dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/la-pieta-deduardo-casanova/" title="La Pietà, d’Eduardo Casanova">La Pietà</a></em>, fable irrévérencieuse au lyrisme terrifiant faisant d’un amour maternel la source de toutes les tyrannies. Le film rafle le Grand Prix du jury mais aussi le Prix du jury jeunes et le précieux Prix du public. Une passe de trois amplement méritée. Tout comme l’est la double reconnaissance à l’égard du nouveau long-métrage de Thomas Salvador (8 ans après <em>Vincent n’a pas d’écailles</em> !), <em>La Montagne</em> : son enivrante ascension vers les contrées d’un réalisme merveilleux remporte le Prix de la critique ainsi que le Prix du jury. Un prix qu’il partage avec une autre expérience sensorielle tout aussi radicale : <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/festival-gerardmer-2023-blood-memory-of-water-watcher-tour-piaffe-ann-oren/" title="Gérardmer 2023 : Blood, Piaffe, Watcher, La Tour et Memory of Water">Piaffe</a></em> de la jeune réalisatrice Ann Oren, ou la quête érotico-existentielle d’une jeune bruiteuse. Mais là où Salvador signe un éloge du silence, Oren chante une ode harmonieuse aux infinies richesses des sons. À noter enfin, un prix spécial &#8220;30<sup>e</sup> anniversaire&#8221; décerné au plus orthodoxe mais très honorable <em>Watcher</em> de Chloe Okuno. </p>
<p>Au final, un palmarès des plus éclectiques pour célébrer un cinéma de genre en mouvement perpétuel.<br />
&nbsp;</p>
<h2>Grand Prix</h2>
<p><em>La Pietà</em>, de Eduardo Casanova<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du jury ex aequo</h2>
<p><em>La Montagne</em>, de Thomas Salvador<br />
<em>Piaffe</em>, de Ann Oren<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du 30<sup>e</sup> Festival de Gérardmer</h2>
<p><em>Watcher</em>, de Chloe Okuno<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix de la critique</h2>
<p><em>La Montagne</em>, de Thomas Salvador<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du public</h2>
<p><em>La Pietà</em>, de Eduardo Casanova<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du jury jeunes</h2>
<p><em>La Pietà</em>, de Eduardo Casanova<br />
&nbsp;</p>
<h2>Grand Prix du court-métrage</h2>
<p><em>Il y a beaucoup de lumière ici</em>, de Gonzague Legout</p>
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		<title>Rencontre avec Jaume Balagueró</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 17:11:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après un début de 30e Festival du film fantastique de Gérardmer un peu timide en terme d'entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/venus-jaume-balaguero-211x300.jpg" alt="Venus, de Jaume Balaguero" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27830" />Après un début de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands">30e Festival du film fantastique de Gérardmer</a> un peu timide en terme d&#8217;entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de Jaume Balagueró, <em>Vénus</em>, a remis un peu de baume au coeur des festivaliers. Film d&#8217;action rondement mené, récit horrifique savamment maîtrisé, déluge d&#8217;hémoglobine cathartique, actrices au top : si <em>Vénus</em> avait fait partie de la compétition du Festival de Gérardmer, nul doute qu&#8217;il en serait reparti avec quelques récompenses. Une petite piqûre de rappel de l&#8217;immense talent de celui qui fut, aux côtés de Paco Plaza, Alex de la Iglesia et Juan Antonio Bayona, l&#8217;un des fers de lance du renouveau du cinéma fantastique espagnol il y a de ça une vingtaine d&#8217;années. On n&#8217;a donc pas boudé l&#8217;occasion de le rencontrer, même si, emploi du temps de festival oblige, le moment fut trop court.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez gagné 11 prix à Gérardmer, vous avez été président du jury. Cette année le Festival vous rend hommage, et vous présentez un nouveau film, <em>Venus</em>… Que vous évoque Gérardmer, après tout ce temps ?</strong></p>
<p>C’est toujours très émouvant de revenir à Gérardmer, parce que j’y ai vécu des choses très intenses. Que ce soit lorsque je présentais un film ou en tant que président du jury, les gens que j’ai rencontrés, les réactions du public, dans cette ville que j’adore, ce sont des souvenirs que je vais garder à jamais. Je n’ai jamais rien vécu de négatif à Gérardmer… Ah si ! Une chose ! La fois où j’étais venu avec Paco Plaza, on est allés skier, c’était la première fois que Paco skiait, et il n’y arrivait pas. J’essayais de lui apprendre mais il tombait tout le temps ! Alors on est rentrés… C’est la chose la plus horrible que j’ai vécue ici !</p>
<p><strong>Votre précédent film, <em>Braquage final</em>, était un film d’action. Avec <em>Vénus</em>, vous revenez au fantastique, votre genre d’origine. Ca vous avait manqué ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas qu’il me manque, mais le fantastique fait partie de mon ADN, c’est toujours un plaisir d’y revenir. D’ailleurs, je crois que <em>Vénus</em> est un film très proche de ceux de mes débuts. <span id="more-27814"></span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p>Thématiquement. Quand je regarde certaines séquences de <em>Vénus</em>, je pense à <em>La Secte sans nom</em>, à <em>Darkness</em>. C’est plus sophistiqué, plus évolué, mais il y a quelque chose de commun entre ces films. </p>
<p><strong><em>Vénus</em> est inspiré d’une nouvelle de Lovecraft ?</strong></p>
<p>Un peu inspiré, oui. Il y a cette nouvelle de Lovecraft, <em>La Maison de la sorcière</em>. Dedans on y trouve une maison, des sorcières, et cette « horreur cosmique » typiquement lovecraftienne. Vénus raconte une histoire très différente, très contemporaine, celle d’une gogo dancer qui vole de la drogue à des trafiquants. Elle est découverte et s’échappe. Elle se réfugie dans la maison de sa sœur, une maison qui cache des choses vraiment terrifiantes. Il y a donc deux histoires d’horreur qui se rejoignent : un récit d’action avec les trafiquants de drogue, et un récit surnaturel dans la maison.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les histoires de sorcières et de religion ?</strong></p>
<p>Je suis très attiré par tout ce qui a à voir avec les icônes de la religion catholique. Ses représentations. C’est à la fois fascinant et effrayant, pour moi. Je ne suis pas quelqu’un de religieux, j’entre dans les églises non par foi mais parce que j’aime beaucoup l’ambiance. Je crois qu’il y a quelque chose de tout ça dans mes films. Le surnaturel, l’obscure de la religion, c’est très intéressant.</p>
<p><strong>Quelle évolution voyez-vous dans le cinéma depuis vos débuts ?</strong></p>
<p>C’est difficile de répondre… Si tu pars dans un autre monde quinze ans et que tu rentres sans avoir vu aucun film, tu vas forcément voir la différence. Sinon, non. Bien sûr, il y a une évolution. La narration a changé ; le rythme a évolué, parfois d’une façon un peu incontrôlée. Mais ce n’est pas lié qu’au cinéma lui-même, c’est aussi lié à ce qui nous entoure. Les nouvelles technologies, les plateformes de streaming… Les jeunes ont besoin d’un rythme très intense. Ce n’est peut-être pas une bonne chose, mais seul l’avenir le dira.</p>
<p><strong>Et dans votre cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/itw-jaume-balaguero-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="rencontre avec Jaume Balaguero" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27831" />Même si je ne suis pas toujours d’accord avec cette évolution incontrôlée, je suis une partie de ce monde. Moi aussi, je suis une victime de tout ça. Donc oui, mes films aussi ont changé de rythme, mais comme j’ai une façon très personnelle de raconter des histoires, peut-être que cette évolution est moins visible dans mes films.</p>
<p><strong>Beaucoup de films espagnols sortent directement sur les plateformes de streaming, désormais. Que pensez-vous de ce nouveau modèle ?</strong></p>
<p>Je crois que les plateformes sont devenues des refuges pour le cinéma en général. Parce que les salles ne marchent pas vraiment. Les gens vont très peu au cinéma désormais, donc si on pense à l’avenir du cinéma, on doit penser à l’avenir des plateformes. Moi, j’adore l’expérience de la salle de cinéma. Quand je fais un film, je pense toujours à la salle qui va le projeter. Mais l’économie fait que l’on doit désormais penser aux plateformes quand on réalise un film.</p>
<p>&nbsp;<br />
Vénus<em>, de Jaume Balagueró avec Ester Expósito, Ángela Cremonte, Magüi Mira, Fernando Valdivielso&#8230; Espagne, 2022.</em></p>
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		<title>La Pietà, d&#8217;Eduardo Casanova</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 10:01:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Pedro Almodovar]]></category>

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		<description><![CDATA[De la dictature domestique d’une mère possessive à la tyrannie politique d’un dirigeant nord-coréen, il n’y avait qu’un pas que l’Ibère séditieux Eduardo Casanova franchit avec une réjouissante...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Rien sans ma mère</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/La-Pieta-300x201.jpeg" alt="La Pietà, d&#039;Eduardo Casanova" width="300" height="201" class="alignleft size-medium wp-image-27824" /><strong>De la dictature domestique d’une mère possessive à la tyrannie politique d’un dirigeant nord-coréen, il n’y avait qu’un pas que l’Ibère séditieux Eduardo Casanova franchit avec une réjouissante extravagance dans <em>La Pietà</em> : une fable trash et libertaire sur l’obsession du pouvoir et la soumission. </strong></p>
<p>Mère toxique, intrusive et castratrice, l’oppressive Libertad – fantastique Ángela Molina (<em>Cet obscur objet du désir</em>,  <em>En chair et en os</em>, <em>Étreintes brisées</em>) ! – préserve son fils Mateo – flegmatique Manel Llunell – du monde extérieur en le gardant maternellement enfermé dans un cocon à l’apparente douceur guimauve. En réalité, une prison rose bonbon qui, lorsque tombe la nouvelle du cancer de Mateo, devient la scène de théâtre suffocante et tragique d’une relation mère-fils aussi destructrice que consentie. Entre complexe d’Œdipe et syndrome de Stockholm&#8230; <span id="more-27818"></span></p>
<p>En 2017, au fil d’un premier long-métrage déjà totalement disjoncté (<em>Pieles</em>), Eduardo Casanova nous plongeait dans un monde surréaliste peuplé de personnages difformes, comédie noire sans concession sur le complexe et l’acceptation de soi. <em>« Une riposte punk, rebelle et violente à la construction sociale et à toute la pression à laquelle la société est confrontée »</em>, avait alors expliqué le jeune réalisateur espagnol. Avec <em>La Pietà</em>, le cinéaste s’entête, nous entraînant à nouveau dans un univers imaginaire où le rose, omniprésent, n’est que l’emballage sucré d’une sombre allégorie acide et violente autour des thèmes de la soumission, du pouvoir et du contrôle absolu. Comme <em>« un coup de sabre dans une jolie pièce montée »</em>, Eduardo Casanova tranche dans le vif des faux-semblants d’une société moderne autoritaire où la <em>« liberté »</em> (<em>« libertad »</em>), incarnée par une figure maternelle au comportement despotique, devient symbole de souffrance et de mort : une Pietà, selon le thème artistique de l’iconographie picturale chrétienne. Mais Eduardo Casanova va plus loin, très loin en associant cette figure maternelle à celle, paternaliste et totalitaire, de Kim Jong-il (oui, oui !). Parallèle pour le moins piquant entre d’un côté cette relation mère-fils maladivement délétère et de l’autre, l’emprise du dictateur nord-coréen sur son peuple. Entre deux mondes où la liberté fait peur. Car c’est bien la question que pose le cinéaste. En nous intimant à tout définir et contrôler – nos vies, nos enfants, nos carrières, notre sexualité&#8230; –, nos sociétés libres ne brouillent-elles pas notre perception de la réalité ? Nos choix nous appartiennent-ils vraiment ou sont-ils les réponses attendues par une dictature invisible aux préceptes moraux prédéfinis ?</p>
<p>Toujours est-il que sa liberté, Eduardo Casanova s’en empare ici avec une énergie folle et jubilatoire, la laissant exploser à l’écran dans un film de genreS où s’entremêlent horreur et mélo, absurde et comédie potache. Où les décors et les costumes aux teintes pastel immaculées contrastent avec la noirceur du malheur et de la souffrance qui frappe cette mère et son grand garçon. Des confessions du réalisateur lui-même, Todd Solondz, Gaspar Noé, David Cronenberg ou encore Douglas Sirk comptent parmi ses influences. Mais on pense surtout ici à l’enfant de la Movida, el maestro Pedro Almodovar, ainsi qu’à John Waters auquel le réalisateur espagnol est souvent associé. Les deux trublions sont d’ailleurs très amis. De quoi faire de <em>La Pietà</em> une sorte de <em>Tout sur ma mère</em> à la sauce <em>Pink Flamingos</em>. Si le film divisera certainement, il nous a en tout cas totalement embarqués, cette <em>Pietà</em> portant en elle une vision qui mérite que l’on y réfléchisse&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
La Piedad <em>(Pietà), d&#8217;Eduardo Casanova avec Ángela Molina, Manel Llunell, Ana Polvorosa&#8230; Espagnol, Argentine, 2022.</em></p>
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		<title>Gérardmer 2023 : Blood, Piaffe, Watcher, La Tour et Memory of Water</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 09:09:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Après une ellipse virale de trois ans et autant de jours de compétition, c’est le moment de faire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>En manque de calcium…</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/piaffe-ann-oren-festival-gerardmer-2023-1.jpg" alt="Piaffe, d&#039;Ann Oren" width="300" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27794" /><strong>Après une ellipse virale de trois ans et autant de jours de compétition, c’est le moment de faire un point d’étape à mi-parcours de cette <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands" target="_blank">30<sup>e</sup> édition du Festival de Gérardmer</a>.</strong></p>
<p>Côté off, l’Espace Lac est intact. On a comme l’impression de reprendre le fil de l’histoire. Les fauteuils rouges sont en place, les discours protocolaires interminables, Nirvana passe en mode jingle, le jury se présente façon brochette et le public connaît ses gimmicks. À part ça, la montagne est belle, le froid intense, la neige durcit le long des rues, les hôteliers sont sympas, les restaurateurs aussi. Mention spéciale pour les génies qui vendent des fondues où le fromage est aussi rare que la pluie au Sahel…</p>
<p>Côté in, cinq films d’une sélection au mieux intrigante, au pire peu inspirante viennent de nous passer sous les yeux. En l’absence totale d’émotions fortes, la tendance est pour l’heure à l’abattement mais pas à la résignation. Car, comme le dit si bien la sagesse populaire, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Alors, par ordre d’apparition sur l’écran de l’Espace Lac, voici quelques premières impressions à chaud de ce qui nous a traversé le cerveau depuis mercredi… <span id="more-27787"></span></p>
<h2><em>Blood</em> de Brad Anderson… Maman, j’ai raté le tendon</h2>
<p>Une femme dont le divorce se passe mal prend ses deux enfants sous le bras pour déménager à la campagne dans la ferme de sa défunte tante. Là, de mauvais esprits dont on ne saura rien, infectent le gentil chien de la famille qui se met à croquer les mollets et la jugulaire du petit dernier. Revenu de loin, le pré-ado se réveille à l&#8217;hôpital avec un besoin vital de consommer du sang. D&#8217;abord horrifiée, sa mère décide de le nourrir en secret quel qu’en soit le prix à payer… Série B de consommation ordinaire calibrée pour les dimanches soir de déprime, <em>Blood</em> est un thriller horrifique aiguillé par un drame familial. Michelle Monaghan y fait honnêtement son job dans un rôle de mère courage égorgeant sans état d’âme lapins et patients pour nourrir son petit vampire. Scénaristiquement paresseux, mollement incarné, honnêtement réalisé, le film met en scène la formule populaire qui veut qu’on se saigne aux quatre veines pour ses enfants. À des années-lumières de la rugosité de <em>The Machinist</em>, Brad Anderson assure avec application le service minimum.</p>
<h2><em>Piaffe</em> de Ann Oren… Copine de cheval</h2>
<p>Alors qu’elle travaille sur un spot publicitaire où elle doit bruiter un cheval en position piaffe (le piétinement avant l’élan), une bruiteuse vit un puissant séisme existentiel à propos de son identité sexuelle… Véritable curiosité d’une sélection où il était plutôt osé de lui faire une place, <em>Piaffe</em> est un objet arty et cérébral qui représente pour l’instant la seule véritable bonne surprise du festival. Inspirée par les techniques du cinéma expérimental (scories sur la pellicule, surimpressions, travail sur le son…), la réalisatrice venue des beaux-arts affiche une incontestable beauté formelle sur tous ses plans. Une audace artistique époustouflante qui traverse des séquences orchestrées comme une succession de tableaux agencés par un montage à la fois juste et ambitieux. Côté fond, la symbolique du cheval prêt à s’élancer et la dimension fétichiste du travail de bruitage viennent étayer un propos parfois abscons sur la soumission aux normes genrées. Pourtant, malgré toutes ses qualités naturelles, <em>Piaffe</em> pèche par un manque de chair sans doute hérité de sa (f)rigidité nordique originelle. Un peu trop long, un peu trop précieux, un peu trop crâneur mais tellement brillant, le film d’Ann Oren devrait recueillir les suffrages unanimes de toutes celles et ceux qui se cognent des jumpscares et des zombies.</p>
<h2><em>Watcher</em> de Chloe Okuno… Atmosphère, atmosphère</h2>
<p>Un couple de trentenaires américains s’expatrie à Bucarest pour des raisons professionnelles. D’origine roumaine et parfaitement bilingue, le mari s’épanouit dans son nouveau job. Au contraire de sa jeune épouse qui traîne son spleen et sa solitude dans une ville dont la culture lui est totalement étrangère. Seule dans son grand appartement, elle distingue chaque soir la silhouette d’un homme qui la regarde depuis l’immeuble d’en face. Dans le même temps, un tueur en série sévit dans son quartier… Ambiance noire et crépusculaire pour ce pur thriller qui lorgne du côté de la période française de Polanski pour la paranoïa urbaine et domestique. Avec ce <em>Lost in Translation</em> sous le ciel plombé de Bucarest, la réalisatrice réussit à installer un climat inquiétant et à ménager ses rares effets avec une belle maîtrise. Malheureusement, alors qu’on s&#8217;oriente vers un final bien noir et non consensuel, un dernier twist absurde vient doucher nos espoirs de voir enfin un bon film de genre. Au travail sur un remake de l&#8217;effrayant <em>Audrey Rose</em> (1977) de Robert Wise, Chloe Okuno ne manque pas d’arguments pour réussir à se faire une place dans le monde de l’horreur d’atmosphère.</p>
<h2><em>La Tour</em> de Guillaume Nicloux… Ma cité a craqué</h2>
<p>Les habitants d’une tour de cité délabrée découvrent à leur réveil qu’ils sont coupés du monde par une brume noire qui avale tout ce qui entre en son contact. Piégé dans le bâtiment, tout le monde s’organise pour survivre. Des groupes commencent alors à se former sur des critères raciaux. Mois après mois, année après année, le cauchemar continue et la nature humaine s’exprime dans toute son horreur… Réalisateur tout terrain, aussi à l’aise sur un thriller que sur un drame à gros casting ou un projet expérimental, Guillaume Nicloux s’essaie cette fois à la fable post-apocalyptique à caractère social. Tragique et claustrophobique, <em>La Tour</em> tient parfaitement sa promesse initiale. Maîtrisé dans sa gestion de la violence en circuit fermé, habile dans les changements de rythmes, le film maintient une tension diffuse qui satisfait enfin les émotions qu’on est venu y chercher. Moins convaincant et brouillon, son propos anti-communautariste manque en revanche un peu trop de clarté pour faire vraiment mouche. Reste un final nihiliste et infiniment triste qui va sans aucun doute permettre à ce cauchemar social d’attraper son prix au passage. </p>
<h2><em>Memory of Water</em> de Saara Saarela… La soif du vide</h2>
<p>Dans un futur baptisé nouvelle ère, la Terre s’est asséchée et l’eau pure vient à manquer. En Scandinavie, une dictature militaire a pris le pouvoir en répartissant la ressource à la population selon son bon vouloir. Dans un petit village, une jeune maîtresse du thé découvre un secret qui pourrait changer la donne mais la mettre en grand danger… Après une introduction prometteuse où il faut reconnaître le soin apporté à l’image et à la reconstitution d’une société nordique au look rigoriste et rétro-futuriste, on bascule bien vite dans la trame et les codes narratifs d’une dystopie young adult ripolinée à la sauce cli-fi. Sur un scénario microscopique qui respecte scolairement la charte éditoriale du genre (le gentil qui est en réalité le méchant, l’héroïne qui en pince pour lui mais préfère sauver le monde, la bonne copine qui trahit avant de changer d’avis, la dictature d’opérette…), le film affiche tout du long un inquiétant deux de tension au compteur, des dialogues dignes d’un épisode de <em>Dora l’exploratrice</em> et un sous-texte écologique dont on se fiche très vite comme d’une guigne. En résumé, ne jamais oublier que derrière une image racée et un thème engagé peut couler des tonnes de guimauve.</p>
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		<title>1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 08:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[À 30 ans, on finit de réaliser qu’on est devenu grand pour l’être vraiment. En 1994, Gérardmer reprenait courageusement le flambeau vacillant d’Avoriaz. 30 ans et 29 éditions plus tard,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/festival-gerardmer-2023-225x300.jpg" alt="festival-gerardmer-2023" width="225" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27753" /><strong>À 30 ans, on finit de réaliser qu’on est devenu grand pour l’être vraiment. En 1994, Gérardmer reprenait courageusement le flambeau vacillant d’Avoriaz. 30 ans et 29 éditions plus tard, la flamme est plus ravivée que jamais et le rendez-vous vosgien de devenir un incontournable du genre.  </strong></p>
<h2>Coucou c’est nous !</h2>
<p>2020-2023&#8230; Trois ans que n’étions pas retournés en terre vosgienne. Le temps de laisser passer la tempête, entre une édition 2021 numérisée en distancielle et une autre, en 2022, aux airs de bal masqué FFP2&#8230; Une légère prise de distance s’est imposée avant de mieux pouvoir revenir souffler la trentième bougie du Festival de Gérardmer, grand-messe du cinéma de genre horrifique et fantastique. Gérardmer, son lac, ses forêts, son casino, ses raclettes&#8230; et une énergie folle. Celle des quelque 600 bénévoles, qui le temps du festival se font les ambassadeurs souriants et prévenants de toute une ville, se mobilisant corps et âme pour rendre l’horreur toujours plus belle. Quel plaisir de les retrouver, fidèles au poste !</p>
<h2>30 ans de Gérardmer !</h2>
<p>Trois décennies pendant lesquelles Fantastic’Arts aura su se hisser au rang de Festival international du film fantastique de Gérardmer pour devenir l’antre privilégié des amateurs de frissons et autres sueurs froides. 30 éditions, plus de 1200 œuvres projetées et autant d’occasions de découvrir et d’aimer des réalisateurs et réalisatrices du monde entier. <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/hobbit-voyage-inattendu-peter-jackson/" title="Le Hobbit : un voyage inattendu, de Peter Jackson">Peter Jackson</a>, Kim Jee-woon, Jaume Balaguero, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scream-wes-craven-grand-prix-gerardmer-1997/" title="Dans le rétro de Gérardmer : I Scream for ice cream" target="_blank">Wes Craven</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/laurent-lucas-alleluia-fabrice-du-welz/" title="Alléluia, de Fabrice Du Welz" target="_blank">Fabrice Du Welz</a>, Guillermo Del Toro, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell" target="_blank">David Robert Mitchell</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau" target="_blank">Julia Ducournau</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/rose-glass-saint-maud-angleterre-religion-gerardmer-2020/" title="Rencontre avec Rose Glass" target="_blank">Rose Glass</a>&#8230; Toutes et tous auront su 30 ans durant aller puiser dans les dislocations de notre monde pour mieux en faire jaillir l’irrationnel et nos peurs les plus profondes. <span id="more-27749"></span></p>
<h2>Promis Jury !</h2>
<p>À édition spéciale, jury spécial. Pour ce 30e anniversaire, le Festival de Gérardmer a choisi de doubler la mise en dotant son jury de la compétition d’une présidence bicéphale. Un homme, une femme. Michel Hazanavicius et Bérénice Béjo. À leurs côtés, du très beau monde également. Finnegan Oldfield, Pierre Deladonchamps, Anne Le Ny, Alex Lutz, Sébastien Marnier, Pierre Rochefort mais aussi, hors du sérail, Catherine Ringer et Gringe. </p>
<h2>À se mettre sous la dent&#8230;</h2>
<p>La maladie, une planète asséchée ou désertée, l’absence, le manque, les faux-semblants, l’autre, des familles dysfonctionnelles ou fusionnelles ou les deux&#8230; Voilà, en vrac, quelques-unes des thématiques qui alimenteront la sélection de cette 30e édition. Au menu : neuf longs et cinq courts-métrages en compétition, treize films hors compétition, une séance spéciale (<em>Meurtres sous contrôle</em>, Larry Cohen), des nuits blanches, entre Nuit sang lendemain et Nuit décalée, une rétrospective sur le thème de la gémellité (<em>Deux sœurs</em>, <em>Us</em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/jumeaux-seidl-goodnight-mommy-veronika-franz-severin-fiala/" title="Goodnight Mommy, de Veronika Franz et Severin Fiala">Goodnight Mommy</a></em>&#8230;) ainsi qu’une alléchante Rétromania qui verra notamment projetés <em>La Nuit des morts-vivants</em> de Romero et <em>The Host</em> de Bong Joon-ho. Et last but not least, cette 29e édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer sera l’occasion de rendre hommage à deux cinémas omniprésents du genre : les cinémas espagnol et coréen, en la personne respective de Jaume Balagueró (<em>[Rec]</em>, <em>La Secte sans nom</em>&#8230;) qui viendra présenter son dernier long-métrage, <em>Venus</em>, et Kim Jee-woon (<em>J’ai rencontré le diable</em>, <em>A Bittersweet Life</em>, <em>Deux sœurs</em>&#8230;) qui&#8230; roulement de tambour, viendra honorer le festival d’une Masterclass exceptionnelle.</p>
<p>Bon festival à tous !</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>&raquo; Découvrez tous les <a href="https://festival-gerardmer.com/2023/competition/" target="_blank">films en compétition du Festival de Gérardmer 2023</a></strong></p>
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		<title>Du sang, du cœur et des humeurs</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2022 12:26:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Mario Bava]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour ce centième papier, mettons les petits plats dans les grands. John Wayne, Angie Dickinson, Joel McCrae, Marlène Dietrich, Burt Lancaster, Sam Peckinpah, Randolph Scott, Budd Boetticher...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2022/11/bill-doolin-300x168.jpg" alt="Bill Doolin" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27712" />Pour ce centième papier, mettons les petits plats dans les grands. John Wayne, Angie Dickinson, Joel McCrae, Marlène Dietrich, Burt Lancaster, Sam Peckinpah, Randolph Scott, Budd Boetticher, Lee Van Cleef, James Coburn et le grand Mario Bava dévoilent tout leur talent dans des versions DVD et Blu-ray si bichonnées qu’elles donnent l’envie de dépenser l’intégralité du budget que vous aviez réservé pour vous chauffer cet hiver. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Bava dans le coup</h2>
<p>Mario Bava tient une place spéciale dans le temple du septième art, au côté de Welles et Chaplin, là où s’épanouit le clair-obscur. Considéré par les cinéphages, les professionnels de la profession et les apprentis cinéastes comme un artisan génial, il symbolise à la perfection le lien étroit entre métier et passion. Artiste singulier, technicien de génie, sauveur des causes désespérées, Bava a touché à tous les styles, occupé tous les postes, vécu toutes les emmerdes. Il est une légende vénérée et révérée. Aujourd’hui, la référence Bava, référence sacrée, est une marque qui inspire et nourrit ses héritiers. Son écriture et son langage cinématographique, qui n’ont jamais paru aussi modernes, exacerbent les sens. De Bava, il faut tout voir. Sans exception. Et tout revoir. C’est ici : <a href="https://sidoniscalysta.com/recherche?s=mario+bava" title="sidoniscalysta.com/recherche?s=mario+bava" target="_blank">https://sidoniscalysta.com/recherche?s=mario+bava</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Mordez la poussière ! </h2>
<p>Embrayons les hostilités avec <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1580-810-lhomme-au-fusil-1699-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">L’Homme au fusil</a></em> (1955) de Richard Wilson. Ce western lunaire où Robert Mitchum incarne un antihéros chargé de débarrasser une petite ville de ses sauvageons dénote du tout-venant par ses scènes aussi belles que cruelles. Richard Wilson, producteur légendaire d’Orson Welles, qui signe ici son premier film, livre une œuvre singulière sur l’Ouest américain. <span id="more-27711"></span>C’est direct, sec et pas aimable. Les choix osés de Wilson ne sont pas pour rien dans la réussite de l’entreprise. <em>La Vengeance du Shérif</em> (1969) réalisé par Burt Kennedy (et toujours avec Robert Mitchum) est de facture plus classique, plus plan-plan, moins hanté par les démons du genre. À la fin des années 1960, le western est déjà un genre à l’agonie. Du coup, si vous appréciez les œuvres inédites et décalées (ou classées à leur époque comme ringardes), jetez-vous sur <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1574-802-bill-doolin-le-hors-la-loi-1499-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">Bill Doolin, le hors-la-loi</a></em> (1981), dernier western de Burt Lancaster. L’histoire est assez drôle : deux adolescentes, fans de roman à deux sous, décident de partir à la recherche de leur cow-boy préféré. Petit hic, la fiction ne colle pas vraiment à la réalité. Ce décalage rappelle l’une des pièces maîtresses du romancier Larry McMurtry, <em>Anything for Billy</em>, qui raconte l’épopée hallucinante dans le Grand Ouest d’un auteur à la petite semaine qui n’a jamais quitté son bureau de New York ! Autre inédit à vous mettre sous la dent, l’original <em>Fleuve de la dernière chance</em> (1955), western d’aventure qui voit une bande de survivants d’un massacre fuir les Indiens sur le fleuve Colorado. Dépaysement garanti !</p>
<p>Un premier grand western. <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1640-948-les-compagnons-de-la-gloire-combo-1999-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">Les Compagnons de la gloire</a></em> (1965). Arnold Laven est aux manettes et Sam Peckinpah au scénario. C’est l’histoire d’une troupe de bleus sacrifiés pour assassiner le peuple indien. On y voit de jeunes soldats mal préparés tomber devant des ennemis qui ne sont pas les leurs. Les Compagnons de la gloire reste dans l’histoire du cinéma comme une référence esthétique. Les cadres et la lumière subliment la cruauté des hommes autant qu’ils magnifient la nature. Du grand cinéma. Second grand western avec <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1622-fort-massacre-combo-1999-eur.html" target="_blank">Fort Massacre</a></em> (1958). Ce bijou porté par Joel McCrea relate l’odyssée vengeresse d’un homme qui perd les pédales après la mort de son fils et de sa femme. Le sergent Vinson doit ramener sains et saufs des soldats de la cavalerie mais traverser le territoire hostile des Indiens le porte vers l’abîme. Fort Massacre a fait sa réputation sur la profondeur psychologique de son intrigue et la puissance de sa dramaturgie. Les dialogues puissants et ciselés marquent au fer rouge. <em>Les Écumeurs</em> (1942) et <em>Fort Yuma</em> (1955), de nature plus classique sonnent davantage comme des westerns à papa. Notons que Les Écumeurs explore l’ambiance des trappeurs et chercheurs d’or au début du XX<sup>e</sup> siècle en Alaska. Pour les yeux. Réservez <em>Les Compagnons de la gloire</em> et <em>Fort Massacre</em> pour le cerveau. </p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/catalogue/1540-decision-a-sundown-combo-1999-eur.html" title="Décision à Sundown" target="_blank">Décision à Sundown</a></em> (1957), classé au rayon des merveilles du cinéma, ne plaît pas à Bertrand Tavernier mais ravit Martin Scorsese, Tarantino, Sergio Leone et consorts. Autant dire que cette énième histoire de vengeance (et donc d’échec personnel) a fait couler beaucoup d’encre et de salive chez les plus cinéphiles et connaisseurs du genre. Pour ma part, je rejoins Tavernier. <em>Décision à Sundown</em> n’est pas le meilleur Budd Boetticher. Je préfère, et de loin, <em>Sept hommes à abattre</em> et <em>Comanche Station</em> dont le soin apporté à la mise en scène, aux dialogues et à la distribution surclassent largement ce décidément trop falot <em>Décision à Sundown</em>. Si vous ne le connaissez pas, tentez tout de même l’aventure. Remettons-nous de nos émotions avec un petit western des familles sec et nerveux, <em>Bataille sans merci</em> (1953). Goupillé par le grand Raoul Walsh, le film vaut surtout pour sa mise en scène inventive qui à l’origine devait être exploitée en relief. Notons qu’il ne fut jamais projeté en 3D dans les salles françaises. L’intrigue tourne autour d’une épopée en diligence qui tourne au fiasco. Le père Walsh déroule toute la panoplie du Grand Ouest (Indiens, cow-boys, malandrins et jolies pépés) sur un rythme effréné mais sans grande inspiration. C’est un drôle de film que celui-là !</p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/catalogue/1567-la-chevauchee-de-la-vengeance-combo-1999-eur.html" target="_blank">La Chevauchée de la vengeance</a></em> (1959) de Budd Boetticher. Qu’est-ce qui fait un très grand western ? Un cahier des charges précis avec : une histoire simple et efficace filmée en scope, une immersion réaliste dans le Grand Ouest, des paysages utilisés comme des éléments essentiels de l’intrigue, une construction implacable de la dramaturgie, des personnages idiots et sadiques, un héros hanté par son passé, une fin magnifique. Et cetera. <em>La Chevauchée de la vengeance</em> est un grand Boetticher et un grand western. C’est entendu, mais qu’est-ce qui fait un très très grand western ? Un western unique qui révolutionne le genre. Un exemple ? <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1451-543-le-passage-du-canyon-1499-eur.html#/1-format-dvd" target="_blank">Le Passage du canyon</a></em> (1946) du grand Jacques Tourneur. Unique parce que le ton est unique et qu’il porte la marque singulière d’un cinéaste européen qui a su comme peu de ses confrères se réapproprier les codes du genre. Déjà, <em>Le Passage du canyon</em> se passe dans les épaisses forêts de l’Oregon, loin du désert aride de l’Arizona. Durant cette traversée, on semble transportés dans un univers inconnu. Ensuite, c’est tout le savoir-faire de Tourneur qui s’exprime ; les mouvements de caméra, aussi doux que des caresses flattent la rétine comme peu de long-métrages l’ont fait. Et s’il n’y avait que la forme&#8230; La direction d’acteur, mes aïeux ! En effet, Tourneur, qui s’appliquait dans chacun de ses films à faire déjouer ses acteurs et ses actrices en leur offrant des contre-emplois, crée des atmosphères à chaque plan. Cette épopée au long cours laisse encore pantois les grands maîtres du septième art. Quel privilège de pouvoir découvrir ce bijou ! </p>
<p>En aparté : si quelques lignes plus haut, j’évoque les qualités de <em>La Chevauchée de la vengeance</em> et <em>Décision à Sundown</em> de Boetticher, sachez que Sidonis Calysta ressort <em>Comanche Station</em> (1960) en version remasterisée HD. Rien que ça ! Et si vous êtes ultra fan de Randolph Scott, jetez votre dévolu sur <em>Dix hommes à abattre</em>, moins puissant qu’un Boetticher mais Scott fait le job.</p>
<p>Terminons cette sélection de westerns avec <em><a href="https://sidoniscalysta.com/accueil/1571-798-valdez-1499-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">Valdez</a></em> (1971). Quand un éleveur de bétail tue un Noir et refuse de payer son enterrement, Valdez, un ancien éclaireur, l&#8217;exige pour sa veuve. Face au refus musclé de l&#8217;éleveur, Valdez entend régler les comptes à sa manière. <em>Valdez</em>, adaptation d’un roman d’Elmore Leonard, délivre un ton mordant, puissant et sec quasi salvateur. La gueule burinée de Burt Lancaster fait du bien à l’âme. Ça déménage et c’est tant mieux. Un dernier pour la route ? En 1970, sortait <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1644-macho-callahan-combo-1999-eur.html" target="_blank">Macho Callahan</a></em> (1970), un western OVNI, craspec et méchant avec David Jenssen et Jean Seberg qui raconte l’histoire d’un déserteur obnubilé par la vengeance. La beauté formelle du film détonne derrière la montagne de cruauté.</p>
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		<title>Le Village des damnés et Vidéodrome</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 21:36:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[John Carpenter]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h2>par Docteur Cronenberg et Mister Carpenter</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2022/04/village-des-damnes-john-carpenter.jpg" alt="Le Village des damnés, de John Carpenter" width="280" height="262" class="alignleft size-full wp-image-27703" />Si l’envie vous prend de découvrir ou revoir dans des conditions optimum, deux œuvres de deux des plus formidables artisans de l’horreur fantastique, alors ces coffrets sont faits pour vous.</p>
<p>John Carpenter et David Cronenberg. Quoi de plus différent que ces deux-là ! Le populo contre l’intello. Et pourtant. Quoi de plus semblable que ces deux cinéastes subversifs et engagés, fervents critiques des communautés et des individus qui les composent. Un temps décriés et haïs, ils sont aujourd’hui les figures incontournables d’un genre toujours mésestimé.<br />
Dans <em>Le Village des damnés</em> et <em>Vidéodrome</em>, Carpenter et Cronenberg se plaisent à déformer les corps et les esprits pour mieux dénoncer les auteurs de ces abominables sévices. Il faut voir pour y croire. Mais qui sont les auteurs de ces crimes ? Ceux qui nous mentent, nous manipulent, nous avilissent et nous ridiculisent ? Le message de Carpenter et Cronenberg est limpide ; regardons-nous dans la glace. </p>
<p><em>Le Village des damnés</em> (1995) dépeint le traumatisme d’une petite bourgade rurale après la naissance simultanée d’enfants dotés de superpouvoirs. Ces gamins, monstres aux cheveux d’or, déambulent dans les rues, s’exhibent comme des dieux jusqu’à aspirer le moindre souffle de vie chez des habitants qui se sentent harcelés, étouffés, tourmentés, réduits à de sombres idiots. C’est tout un mode d&#8217;existence qui s’effondre, l’essence même de la société villageoise classique, pourrie et sclérosée dans ses vieux oripeaux, ses vieilles coutumes et ses vieilles habitudes.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2022/04/videodrome-david-cronenberg.jpg" alt="Videodrome, de David Cronenberg" width="280" height="190" class="alignright size-full wp-image-27704" />Dans <em>Vidéodrome</em> (1983), Cronenberg nous propose d’observer les conséquences sur le corps et la psyché des pires dépravations de la société contemporaine à travers l’utilisation des médias. C’est le modèle de l’individu qui vit dans son mirage urbain, esseulé, monomaniaque, paranoïaque et angoissé qui s’effondre à son tour.</p>
<p>Les deux cinéastes déboulonnent avec cynisme le monde d’hier et d’aujourd’hui. Chacun à leur manière parlent de toxicité. Chez Carpenter le poison est dans l’air. Chez Cronenberg, il est davantage programmé en chacun de nous. Les deux font état de notre faiblesse et de notre dégénérescence. C’est joyeux. Vive la vie !</p>
<p>Le coffret du <em>Village des damnés</em> est bourré de suppléments quand celui de <em>Vidéodrome</em> nous propose l’un des premiers longs de Cronenberg, <em>Crimes of the Past</em>. Le top !</p>
<p>Ces deux merveilles remastérisées sont disponibles en blu-ray chez Elephant Films.</p>
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