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	<title>Grand Écart &#187; Films</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Roger Corman / Edgar Allan Poe : les maîtres de l’horreur</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Apr 2023 10:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Allan Poe]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/04/malediction-arkham-vincent-price-roger-corman-300x168.jpg" alt="La Malédiction d&#039;Arkham" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27853" /><strong>Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret <em>Edgar Allan Poe</em> par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout le savoir-faire d’un génie du septième art. Roger Corman, capable de réaliser 8 films originaux (entre 1960 et 1964) dans les mêmes décors, transcende les écrits fantastiques d’un maître de la littérature gothique, Edgar Allan Poe. Voici la revue de 4 films, juste pour vous mettre l’eau à la bouche.</strong></p>
<h2><em>La Tombe de Ligeia </em></h2>
<p><em>La Tombe de Ligeia</em> clôt le cycle Edgar Allan Poe dirigé par Roger Corman. Quelques mois plus tôt, le public tremblait devant <em>Le Masque de la mort rouge</em> (septième film de la série), magnifique film de studio dominé par l’acteur fétiche du maître, le sourcilleux Vincent Price. Quel bonheur de profiter du savoir-faire d’un géant du cinéma américain, et ce dans une version ultra-soignée !<br />
<em>La Tombe de Ligeia</em> raconte le désespoir de Verden Fell après la mort de sa femme. Inconsolable, l’aristocrate hante son abbaye, le cœur brisé. Un jour de chasse, il rencontre Lady Rowena Trevanion de Tremaine qu’il décide d’épouser. Les époux convolent en justes noces, mais dès leur retour, le chagrin l’emporte sur le bonheur. Les souvenirs ne s’effacent pas.<br />
Roger Corman a tourné ce huitième et dernier opus en extérieur. Les couleurs pastel de la campagne anglaise s’opposent à la violence des sentiments. Corman suggère, dévoile à peine. La terreur règne. Nous sommes charmés et épouvantés. Lunettes de soleil sur le nez, Vincent Price cabotine en cachette. Il a le look, coco. Chez Corman, le gothique a de la tenue. <span id="more-27851"></span></p>
<h2><em>Le Masque de la mort rouge</em></h2>
<p>Le Prince Prospero, grand adorateur de Satan, décide de s’enfermer dans son château à l’abri de la maladie. Au dehors sévit une épidémie de peste qui décime la population. Son goût pour le sang et les plaisirs interdits font de lui une figure redoutée des villageois. On craint son courroux et sa folie. Indifférent aux malheurs du monde, Prospero organise une fête qui sera le point d’orgue de sa dévotion exacerbée pour le maître des ténèbres. Un mystérieux étranger rôde par delà les forêts. On lui prête de donner la mort.<br />
En réalisant <em>Le Masque de la mort rouge</em>, Roger Corman signe l’une des plus belles adaptations d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Vincent Price incarne le mal avec tant de conviction qu’il fout le trouillomètre à zéro. Tout du long, un sale goût vous pourrit l’haleine. Tout est malsain. Transposée à l’écran, l’œuvre de Poe est puissante et dérangeante comme peuvent l’être les écrits de Lovecraft. Avec trois francs six sous, Roger Corman sait mieux que quiconque utiliser les moyens qui sont à sa disposition pour transposer sur un écran les belles lettres. Une réussite totale. </p>
<h2><em>L’Enterré vivant </em></h2>
<p>Troisième aventure de Roger Corman au pays d’Edgar Allan Poe. Le film suit le parcours d’un homme qui peu à peu sombre dans la folie. Il ne faut pas être « Grand Clair » pour deviner que la plus grande peur du héros, celle d’être enterré vivant, pourrait être exaucée s’il ne prend pas garde. L’intérêt du film, outre son incroyable beauté plastique, reste d’observer les réactions et les desseins des personnages secondaires ; entre la pitié et l’envie. Le bonhomme possède une belle fortune. <em>L’Enterré vivant</em> est un bonheur pour les yeux. Vincent Price n’est pas du projet mais Francis Ford Coppola assiste Corman à la réalisation. </p>
<h2><em>La Malédiction d’Arkham</em></h2>
<p><em>La Malédiction d’Arkham</em> est la sixième des huit adaptations du cycle Poe sauf que : sauf que de Poe il ne reste plus que le titre d’un poème, <em>The Haunted Palace</em>.<br />
Bref, il s’en passe de drôles aux pays du ciné bricolo. <em>The Haunted Palace</em> en VO n’est rien d’autre que l’adaptation cinématographique d’un chef-d’œuvre de la littérature d’horreur, <em>L’Affaire Charles Dexter Ward</em> d’H.P. Lovecraft. Corman en avait ras la couscoussière de Poe, mais manifestement pas les investisseurs.<br />
Le film est bien loin d’être aussi efficace que le roman. Mais Vincent Price sourcille comme personne. On frôle parfois le n’importe quoi. Mais que c’est beau. Et puis du cinoche comme ça, goupillé avec les tripes, on n&#8217;en fait plus. Rare et indispensable pour tout passionné qui se respecte. </p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/coffrets/1671-coffret-corman-9999-eur.html" title="Coffret Edgar Allan Poe" target="_blank" class="broken_link">Coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman disponible chez Sidonis Calysta</a></em></p>
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		<title>Le palmarès du 30e Festival de Gérardmer</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 13:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[palmarès]]></category>

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		<description><![CDATA[Au Festival de Gérardmer cette année, plutôt que de voir un cinéma de genre jouer avec les codes, on aura vu le genre aller voir ailleurs, se libérer des stricts...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au Festival de Gérardmer cette année, plutôt que de voir un cinéma de genre jouer avec les codes, on aura vu le genre aller voir ailleurs, se libérer des stricts territoires de l’horreur et du fantastique pour explorer d’autres terres et s’enrichir d’autres langages, d’autres esthétiques. Des partis pris aventuriers plus ou moins aboutis mais dont le jury longs-métrages à la présidence partagée entre Bérénice Bejo et Michel Hazanavicius a su dignement saluer les plus belles expressions.</p>
<p>Grand vainqueur de cette 30<sup>e</sup> édition, l’effronterie d’Eduardo Casanova dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/la-pieta-deduardo-casanova/" title="La Pietà, d’Eduardo Casanova">La Pietà</a></em>, fable irrévérencieuse au lyrisme terrifiant faisant d’un amour maternel la source de toutes les tyrannies. Le film rafle le Grand Prix du jury mais aussi le Prix du jury jeunes et le précieux Prix du public. Une passe de trois amplement méritée. Tout comme l’est la double reconnaissance à l’égard du nouveau long-métrage de Thomas Salvador (8 ans après <em>Vincent n’a pas d’écailles</em> !), <em>La Montagne</em> : son enivrante ascension vers les contrées d’un réalisme merveilleux remporte le Prix de la critique ainsi que le Prix du jury. Un prix qu’il partage avec une autre expérience sensorielle tout aussi radicale : <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/festival-gerardmer-2023-blood-memory-of-water-watcher-tour-piaffe-ann-oren/" title="Gérardmer 2023 : Blood, Piaffe, Watcher, La Tour et Memory of Water">Piaffe</a></em> de la jeune réalisatrice Ann Oren, ou la quête érotico-existentielle d’une jeune bruiteuse. Mais là où Salvador signe un éloge du silence, Oren chante une ode harmonieuse aux infinies richesses des sons. À noter enfin, un prix spécial &#8220;30<sup>e</sup> anniversaire&#8221; décerné au plus orthodoxe mais très honorable <em>Watcher</em> de Chloe Okuno. </p>
<p>Au final, un palmarès des plus éclectiques pour célébrer un cinéma de genre en mouvement perpétuel.<br />
&nbsp;</p>
<h2>Grand Prix</h2>
<p><em>La Pietà</em>, de Eduardo Casanova<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du jury ex aequo</h2>
<p><em>La Montagne</em>, de Thomas Salvador<br />
<em>Piaffe</em>, de Ann Oren<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du 30<sup>e</sup> Festival de Gérardmer</h2>
<p><em>Watcher</em>, de Chloe Okuno<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix de la critique</h2>
<p><em>La Montagne</em>, de Thomas Salvador<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du public</h2>
<p><em>La Pietà</em>, de Eduardo Casanova<br />
&nbsp;</p>
<h2>Prix du jury jeunes</h2>
<p><em>La Pietà</em>, de Eduardo Casanova<br />
&nbsp;</p>
<h2>Grand Prix du court-métrage</h2>
<p><em>Il y a beaucoup de lumière ici</em>, de Gonzague Legout</p>
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		<title>Rencontre avec Jaume Balagueró</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 17:11:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après un début de 30e Festival du film fantastique de Gérardmer un peu timide en terme d'entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/venus-jaume-balaguero-211x300.jpg" alt="Venus, de Jaume Balaguero" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27830" />Après un début de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands">30e Festival du film fantastique de Gérardmer</a> un peu timide en terme d&#8217;entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de Jaume Balagueró, <em>Vénus</em>, a remis un peu de baume au coeur des festivaliers. Film d&#8217;action rondement mené, récit horrifique savamment maîtrisé, déluge d&#8217;hémoglobine cathartique, actrices au top : si <em>Vénus</em> avait fait partie de la compétition du Festival de Gérardmer, nul doute qu&#8217;il en serait reparti avec quelques récompenses. Une petite piqûre de rappel de l&#8217;immense talent de celui qui fut, aux côtés de Paco Plaza, Alex de la Iglesia et Juan Antonio Bayona, l&#8217;un des fers de lance du renouveau du cinéma fantastique espagnol il y a de ça une vingtaine d&#8217;années. On n&#8217;a donc pas boudé l&#8217;occasion de le rencontrer, même si, emploi du temps de festival oblige, le moment fut trop court.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez gagné 11 prix à Gérardmer, vous avez été président du jury. Cette année le Festival vous rend hommage, et vous présentez un nouveau film, <em>Venus</em>… Que vous évoque Gérardmer, après tout ce temps ?</strong></p>
<p>C’est toujours très émouvant de revenir à Gérardmer, parce que j’y ai vécu des choses très intenses. Que ce soit lorsque je présentais un film ou en tant que président du jury, les gens que j’ai rencontrés, les réactions du public, dans cette ville que j’adore, ce sont des souvenirs que je vais garder à jamais. Je n’ai jamais rien vécu de négatif à Gérardmer… Ah si ! Une chose ! La fois où j’étais venu avec Paco Plaza, on est allés skier, c’était la première fois que Paco skiait, et il n’y arrivait pas. J’essayais de lui apprendre mais il tombait tout le temps ! Alors on est rentrés… C’est la chose la plus horrible que j’ai vécue ici !</p>
<p><strong>Votre précédent film, <em>Braquage final</em>, était un film d’action. Avec <em>Vénus</em>, vous revenez au fantastique, votre genre d’origine. Ca vous avait manqué ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas qu’il me manque, mais le fantastique fait partie de mon ADN, c’est toujours un plaisir d’y revenir. D’ailleurs, je crois que <em>Vénus</em> est un film très proche de ceux de mes débuts. <span id="more-27814"></span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p>Thématiquement. Quand je regarde certaines séquences de <em>Vénus</em>, je pense à <em>La Secte sans nom</em>, à <em>Darkness</em>. C’est plus sophistiqué, plus évolué, mais il y a quelque chose de commun entre ces films. </p>
<p><strong><em>Vénus</em> est inspiré d’une nouvelle de Lovecraft ?</strong></p>
<p>Un peu inspiré, oui. Il y a cette nouvelle de Lovecraft, <em>La Maison de la sorcière</em>. Dedans on y trouve une maison, des sorcières, et cette « horreur cosmique » typiquement lovecraftienne. Vénus raconte une histoire très différente, très contemporaine, celle d’une gogo dancer qui vole de la drogue à des trafiquants. Elle est découverte et s’échappe. Elle se réfugie dans la maison de sa sœur, une maison qui cache des choses vraiment terrifiantes. Il y a donc deux histoires d’horreur qui se rejoignent : un récit d’action avec les trafiquants de drogue, et un récit surnaturel dans la maison.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les histoires de sorcières et de religion ?</strong></p>
<p>Je suis très attiré par tout ce qui a à voir avec les icônes de la religion catholique. Ses représentations. C’est à la fois fascinant et effrayant, pour moi. Je ne suis pas quelqu’un de religieux, j’entre dans les églises non par foi mais parce que j’aime beaucoup l’ambiance. Je crois qu’il y a quelque chose de tout ça dans mes films. Le surnaturel, l’obscure de la religion, c’est très intéressant.</p>
<p><strong>Quelle évolution voyez-vous dans le cinéma depuis vos débuts ?</strong></p>
<p>C’est difficile de répondre… Si tu pars dans un autre monde quinze ans et que tu rentres sans avoir vu aucun film, tu vas forcément voir la différence. Sinon, non. Bien sûr, il y a une évolution. La narration a changé ; le rythme a évolué, parfois d’une façon un peu incontrôlée. Mais ce n’est pas lié qu’au cinéma lui-même, c’est aussi lié à ce qui nous entoure. Les nouvelles technologies, les plateformes de streaming… Les jeunes ont besoin d’un rythme très intense. Ce n’est peut-être pas une bonne chose, mais seul l’avenir le dira.</p>
<p><strong>Et dans votre cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/itw-jaume-balaguero-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="rencontre avec Jaume Balaguero" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27831" />Même si je ne suis pas toujours d’accord avec cette évolution incontrôlée, je suis une partie de ce monde. Moi aussi, je suis une victime de tout ça. Donc oui, mes films aussi ont changé de rythme, mais comme j’ai une façon très personnelle de raconter des histoires, peut-être que cette évolution est moins visible dans mes films.</p>
<p><strong>Beaucoup de films espagnols sortent directement sur les plateformes de streaming, désormais. Que pensez-vous de ce nouveau modèle ?</strong></p>
<p>Je crois que les plateformes sont devenues des refuges pour le cinéma en général. Parce que les salles ne marchent pas vraiment. Les gens vont très peu au cinéma désormais, donc si on pense à l’avenir du cinéma, on doit penser à l’avenir des plateformes. Moi, j’adore l’expérience de la salle de cinéma. Quand je fais un film, je pense toujours à la salle qui va le projeter. Mais l’économie fait que l’on doit désormais penser aux plateformes quand on réalise un film.</p>
<p>&nbsp;<br />
Vénus<em>, de Jaume Balagueró avec Ester Expósito, Ángela Cremonte, Magüi Mira, Fernando Valdivielso&#8230; Espagne, 2022.</em></p>
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		<title>La Pietà, d&#8217;Eduardo Casanova</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 10:01:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
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		<category><![CDATA[Pedro Almodovar]]></category>

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		<description><![CDATA[De la dictature domestique d’une mère possessive à la tyrannie politique d’un dirigeant nord-coréen, il n’y avait qu’un pas que l’Ibère séditieux Eduardo Casanova franchit avec une réjouissante...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Rien sans ma mère</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/La-Pieta-300x201.jpeg" alt="La Pietà, d&#039;Eduardo Casanova" width="300" height="201" class="alignleft size-medium wp-image-27824" /><strong>De la dictature domestique d’une mère possessive à la tyrannie politique d’un dirigeant nord-coréen, il n’y avait qu’un pas que l’Ibère séditieux Eduardo Casanova franchit avec une réjouissante extravagance dans <em>La Pietà</em> : une fable trash et libertaire sur l’obsession du pouvoir et la soumission. </strong></p>
<p>Mère toxique, intrusive et castratrice, l’oppressive Libertad – fantastique Ángela Molina (<em>Cet obscur objet du désir</em>,  <em>En chair et en os</em>, <em>Étreintes brisées</em>) ! – préserve son fils Mateo – flegmatique Manel Llunell – du monde extérieur en le gardant maternellement enfermé dans un cocon à l’apparente douceur guimauve. En réalité, une prison rose bonbon qui, lorsque tombe la nouvelle du cancer de Mateo, devient la scène de théâtre suffocante et tragique d’une relation mère-fils aussi destructrice que consentie. Entre complexe d’Œdipe et syndrome de Stockholm&#8230; <span id="more-27818"></span></p>
<p>En 2017, au fil d’un premier long-métrage déjà totalement disjoncté (<em>Pieles</em>), Eduardo Casanova nous plongeait dans un monde surréaliste peuplé de personnages difformes, comédie noire sans concession sur le complexe et l’acceptation de soi. <em>« Une riposte punk, rebelle et violente à la construction sociale et à toute la pression à laquelle la société est confrontée »</em>, avait alors expliqué le jeune réalisateur espagnol. Avec <em>La Pietà</em>, le cinéaste s’entête, nous entraînant à nouveau dans un univers imaginaire où le rose, omniprésent, n’est que l’emballage sucré d’une sombre allégorie acide et violente autour des thèmes de la soumission, du pouvoir et du contrôle absolu. Comme <em>« un coup de sabre dans une jolie pièce montée »</em>, Eduardo Casanova tranche dans le vif des faux-semblants d’une société moderne autoritaire où la <em>« liberté »</em> (<em>« libertad »</em>), incarnée par une figure maternelle au comportement despotique, devient symbole de souffrance et de mort : une Pietà, selon le thème artistique de l’iconographie picturale chrétienne. Mais Eduardo Casanova va plus loin, très loin en associant cette figure maternelle à celle, paternaliste et totalitaire, de Kim Jong-il (oui, oui !). Parallèle pour le moins piquant entre d’un côté cette relation mère-fils maladivement délétère et de l’autre, l’emprise du dictateur nord-coréen sur son peuple. Entre deux mondes où la liberté fait peur. Car c’est bien la question que pose le cinéaste. En nous intimant à tout définir et contrôler – nos vies, nos enfants, nos carrières, notre sexualité&#8230; –, nos sociétés libres ne brouillent-elles pas notre perception de la réalité ? Nos choix nous appartiennent-ils vraiment ou sont-ils les réponses attendues par une dictature invisible aux préceptes moraux prédéfinis ?</p>
<p>Toujours est-il que sa liberté, Eduardo Casanova s’en empare ici avec une énergie folle et jubilatoire, la laissant exploser à l’écran dans un film de genreS où s’entremêlent horreur et mélo, absurde et comédie potache. Où les décors et les costumes aux teintes pastel immaculées contrastent avec la noirceur du malheur et de la souffrance qui frappe cette mère et son grand garçon. Des confessions du réalisateur lui-même, Todd Solondz, Gaspar Noé, David Cronenberg ou encore Douglas Sirk comptent parmi ses influences. Mais on pense surtout ici à l’enfant de la Movida, el maestro Pedro Almodovar, ainsi qu’à John Waters auquel le réalisateur espagnol est souvent associé. Les deux trublions sont d’ailleurs très amis. De quoi faire de <em>La Pietà</em> une sorte de <em>Tout sur ma mère</em> à la sauce <em>Pink Flamingos</em>. Si le film divisera certainement, il nous a en tout cas totalement embarqués, cette <em>Pietà</em> portant en elle une vision qui mérite que l’on y réfléchisse&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
La Piedad <em>(Pietà), d&#8217;Eduardo Casanova avec Ángela Molina, Manel Llunell, Ana Polvorosa&#8230; Espagnol, Argentine, 2022.</em></p>
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		<title>Gérardmer 2023 : Blood, Piaffe, Watcher, La Tour et Memory of Water</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 09:09:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Après une ellipse virale de trois ans et autant de jours de compétition, c’est le moment de faire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>En manque de calcium…</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/piaffe-ann-oren-festival-gerardmer-2023-1.jpg" alt="Piaffe, d&#039;Ann Oren" width="300" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27794" /><strong>Après une ellipse virale de trois ans et autant de jours de compétition, c’est le moment de faire un point d’étape à mi-parcours de cette <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands" target="_blank">30<sup>e</sup> édition du Festival de Gérardmer</a>.</strong></p>
<p>Côté off, l’Espace Lac est intact. On a comme l’impression de reprendre le fil de l’histoire. Les fauteuils rouges sont en place, les discours protocolaires interminables, Nirvana passe en mode jingle, le jury se présente façon brochette et le public connaît ses gimmicks. À part ça, la montagne est belle, le froid intense, la neige durcit le long des rues, les hôteliers sont sympas, les restaurateurs aussi. Mention spéciale pour les génies qui vendent des fondues où le fromage est aussi rare que la pluie au Sahel…</p>
<p>Côté in, cinq films d’une sélection au mieux intrigante, au pire peu inspirante viennent de nous passer sous les yeux. En l’absence totale d’émotions fortes, la tendance est pour l’heure à l’abattement mais pas à la résignation. Car, comme le dit si bien la sagesse populaire, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Alors, par ordre d’apparition sur l’écran de l’Espace Lac, voici quelques premières impressions à chaud de ce qui nous a traversé le cerveau depuis mercredi… <span id="more-27787"></span></p>
<h2><em>Blood</em> de Brad Anderson… Maman, j’ai raté le tendon</h2>
<p>Une femme dont le divorce se passe mal prend ses deux enfants sous le bras pour déménager à la campagne dans la ferme de sa défunte tante. Là, de mauvais esprits dont on ne saura rien, infectent le gentil chien de la famille qui se met à croquer les mollets et la jugulaire du petit dernier. Revenu de loin, le pré-ado se réveille à l&#8217;hôpital avec un besoin vital de consommer du sang. D&#8217;abord horrifiée, sa mère décide de le nourrir en secret quel qu’en soit le prix à payer… Série B de consommation ordinaire calibrée pour les dimanches soir de déprime, <em>Blood</em> est un thriller horrifique aiguillé par un drame familial. Michelle Monaghan y fait honnêtement son job dans un rôle de mère courage égorgeant sans état d’âme lapins et patients pour nourrir son petit vampire. Scénaristiquement paresseux, mollement incarné, honnêtement réalisé, le film met en scène la formule populaire qui veut qu’on se saigne aux quatre veines pour ses enfants. À des années-lumières de la rugosité de <em>The Machinist</em>, Brad Anderson assure avec application le service minimum.</p>
<h2><em>Piaffe</em> de Ann Oren… Copine de cheval</h2>
<p>Alors qu’elle travaille sur un spot publicitaire où elle doit bruiter un cheval en position piaffe (le piétinement avant l’élan), une bruiteuse vit un puissant séisme existentiel à propos de son identité sexuelle… Véritable curiosité d’une sélection où il était plutôt osé de lui faire une place, <em>Piaffe</em> est un objet arty et cérébral qui représente pour l’instant la seule véritable bonne surprise du festival. Inspirée par les techniques du cinéma expérimental (scories sur la pellicule, surimpressions, travail sur le son…), la réalisatrice venue des beaux-arts affiche une incontestable beauté formelle sur tous ses plans. Une audace artistique époustouflante qui traverse des séquences orchestrées comme une succession de tableaux agencés par un montage à la fois juste et ambitieux. Côté fond, la symbolique du cheval prêt à s’élancer et la dimension fétichiste du travail de bruitage viennent étayer un propos parfois abscons sur la soumission aux normes genrées. Pourtant, malgré toutes ses qualités naturelles, <em>Piaffe</em> pèche par un manque de chair sans doute hérité de sa (f)rigidité nordique originelle. Un peu trop long, un peu trop précieux, un peu trop crâneur mais tellement brillant, le film d’Ann Oren devrait recueillir les suffrages unanimes de toutes celles et ceux qui se cognent des jumpscares et des zombies.</p>
<h2><em>Watcher</em> de Chloe Okuno… Atmosphère, atmosphère</h2>
<p>Un couple de trentenaires américains s’expatrie à Bucarest pour des raisons professionnelles. D’origine roumaine et parfaitement bilingue, le mari s’épanouit dans son nouveau job. Au contraire de sa jeune épouse qui traîne son spleen et sa solitude dans une ville dont la culture lui est totalement étrangère. Seule dans son grand appartement, elle distingue chaque soir la silhouette d’un homme qui la regarde depuis l’immeuble d’en face. Dans le même temps, un tueur en série sévit dans son quartier… Ambiance noire et crépusculaire pour ce pur thriller qui lorgne du côté de la période française de Polanski pour la paranoïa urbaine et domestique. Avec ce <em>Lost in Translation</em> sous le ciel plombé de Bucarest, la réalisatrice réussit à installer un climat inquiétant et à ménager ses rares effets avec une belle maîtrise. Malheureusement, alors qu’on s&#8217;oriente vers un final bien noir et non consensuel, un dernier twist absurde vient doucher nos espoirs de voir enfin un bon film de genre. Au travail sur un remake de l&#8217;effrayant <em>Audrey Rose</em> (1977) de Robert Wise, Chloe Okuno ne manque pas d’arguments pour réussir à se faire une place dans le monde de l’horreur d’atmosphère.</p>
<h2><em>La Tour</em> de Guillaume Nicloux… Ma cité a craqué</h2>
<p>Les habitants d’une tour de cité délabrée découvrent à leur réveil qu’ils sont coupés du monde par une brume noire qui avale tout ce qui entre en son contact. Piégé dans le bâtiment, tout le monde s’organise pour survivre. Des groupes commencent alors à se former sur des critères raciaux. Mois après mois, année après année, le cauchemar continue et la nature humaine s’exprime dans toute son horreur… Réalisateur tout terrain, aussi à l’aise sur un thriller que sur un drame à gros casting ou un projet expérimental, Guillaume Nicloux s’essaie cette fois à la fable post-apocalyptique à caractère social. Tragique et claustrophobique, <em>La Tour</em> tient parfaitement sa promesse initiale. Maîtrisé dans sa gestion de la violence en circuit fermé, habile dans les changements de rythmes, le film maintient une tension diffuse qui satisfait enfin les émotions qu’on est venu y chercher. Moins convaincant et brouillon, son propos anti-communautariste manque en revanche un peu trop de clarté pour faire vraiment mouche. Reste un final nihiliste et infiniment triste qui va sans aucun doute permettre à ce cauchemar social d’attraper son prix au passage. </p>
<h2><em>Memory of Water</em> de Saara Saarela… La soif du vide</h2>
<p>Dans un futur baptisé nouvelle ère, la Terre s’est asséchée et l’eau pure vient à manquer. En Scandinavie, une dictature militaire a pris le pouvoir en répartissant la ressource à la population selon son bon vouloir. Dans un petit village, une jeune maîtresse du thé découvre un secret qui pourrait changer la donne mais la mettre en grand danger… Après une introduction prometteuse où il faut reconnaître le soin apporté à l’image et à la reconstitution d’une société nordique au look rigoriste et rétro-futuriste, on bascule bien vite dans la trame et les codes narratifs d’une dystopie young adult ripolinée à la sauce cli-fi. Sur un scénario microscopique qui respecte scolairement la charte éditoriale du genre (le gentil qui est en réalité le méchant, l’héroïne qui en pince pour lui mais préfère sauver le monde, la bonne copine qui trahit avant de changer d’avis, la dictature d’opérette…), le film affiche tout du long un inquiétant deux de tension au compteur, des dialogues dignes d’un épisode de <em>Dora l’exploratrice</em> et un sous-texte écologique dont on se fiche très vite comme d’une guigne. En résumé, ne jamais oublier que derrière une image racée et un thème engagé peut couler des tonnes de guimauve.</p>
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		<title>1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 08:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[À 30 ans, on finit de réaliser qu’on est devenu grand pour l’être vraiment. En 1994, Gérardmer reprenait courageusement le flambeau vacillant d’Avoriaz. 30 ans et 29 éditions plus tard,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/festival-gerardmer-2023-225x300.jpg" alt="festival-gerardmer-2023" width="225" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27753" /><strong>À 30 ans, on finit de réaliser qu’on est devenu grand pour l’être vraiment. En 1994, Gérardmer reprenait courageusement le flambeau vacillant d’Avoriaz. 30 ans et 29 éditions plus tard, la flamme est plus ravivée que jamais et le rendez-vous vosgien de devenir un incontournable du genre.  </strong></p>
<h2>Coucou c’est nous !</h2>
<p>2020-2023&#8230; Trois ans que n’étions pas retournés en terre vosgienne. Le temps de laisser passer la tempête, entre une édition 2021 numérisée en distancielle et une autre, en 2022, aux airs de bal masqué FFP2&#8230; Une légère prise de distance s’est imposée avant de mieux pouvoir revenir souffler la trentième bougie du Festival de Gérardmer, grand-messe du cinéma de genre horrifique et fantastique. Gérardmer, son lac, ses forêts, son casino, ses raclettes&#8230; et une énergie folle. Celle des quelque 600 bénévoles, qui le temps du festival se font les ambassadeurs souriants et prévenants de toute une ville, se mobilisant corps et âme pour rendre l’horreur toujours plus belle. Quel plaisir de les retrouver, fidèles au poste !</p>
<h2>30 ans de Gérardmer !</h2>
<p>Trois décennies pendant lesquelles Fantastic’Arts aura su se hisser au rang de Festival international du film fantastique de Gérardmer pour devenir l’antre privilégié des amateurs de frissons et autres sueurs froides. 30 éditions, plus de 1200 œuvres projetées et autant d’occasions de découvrir et d’aimer des réalisateurs et réalisatrices du monde entier. <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/hobbit-voyage-inattendu-peter-jackson/" title="Le Hobbit : un voyage inattendu, de Peter Jackson">Peter Jackson</a>, Kim Jee-woon, Jaume Balaguero, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scream-wes-craven-grand-prix-gerardmer-1997/" title="Dans le rétro de Gérardmer : I Scream for ice cream" target="_blank">Wes Craven</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/laurent-lucas-alleluia-fabrice-du-welz/" title="Alléluia, de Fabrice Du Welz" target="_blank">Fabrice Du Welz</a>, Guillermo Del Toro, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell" target="_blank">David Robert Mitchell</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau" target="_blank">Julia Ducournau</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/rose-glass-saint-maud-angleterre-religion-gerardmer-2020/" title="Rencontre avec Rose Glass" target="_blank">Rose Glass</a>&#8230; Toutes et tous auront su 30 ans durant aller puiser dans les dislocations de notre monde pour mieux en faire jaillir l’irrationnel et nos peurs les plus profondes. <span id="more-27749"></span></p>
<h2>Promis Jury !</h2>
<p>À édition spéciale, jury spécial. Pour ce 30e anniversaire, le Festival de Gérardmer a choisi de doubler la mise en dotant son jury de la compétition d’une présidence bicéphale. Un homme, une femme. Michel Hazanavicius et Bérénice Béjo. À leurs côtés, du très beau monde également. Finnegan Oldfield, Pierre Deladonchamps, Anne Le Ny, Alex Lutz, Sébastien Marnier, Pierre Rochefort mais aussi, hors du sérail, Catherine Ringer et Gringe. </p>
<h2>À se mettre sous la dent&#8230;</h2>
<p>La maladie, une planète asséchée ou désertée, l’absence, le manque, les faux-semblants, l’autre, des familles dysfonctionnelles ou fusionnelles ou les deux&#8230; Voilà, en vrac, quelques-unes des thématiques qui alimenteront la sélection de cette 30e édition. Au menu : neuf longs et cinq courts-métrages en compétition, treize films hors compétition, une séance spéciale (<em>Meurtres sous contrôle</em>, Larry Cohen), des nuits blanches, entre Nuit sang lendemain et Nuit décalée, une rétrospective sur le thème de la gémellité (<em>Deux sœurs</em>, <em>Us</em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/jumeaux-seidl-goodnight-mommy-veronika-franz-severin-fiala/" title="Goodnight Mommy, de Veronika Franz et Severin Fiala">Goodnight Mommy</a></em>&#8230;) ainsi qu’une alléchante Rétromania qui verra notamment projetés <em>La Nuit des morts-vivants</em> de Romero et <em>The Host</em> de Bong Joon-ho. Et last but not least, cette 29e édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer sera l’occasion de rendre hommage à deux cinémas omniprésents du genre : les cinémas espagnol et coréen, en la personne respective de Jaume Balagueró (<em>[Rec]</em>, <em>La Secte sans nom</em>&#8230;) qui viendra présenter son dernier long-métrage, <em>Venus</em>, et Kim Jee-woon (<em>J’ai rencontré le diable</em>, <em>A Bittersweet Life</em>, <em>Deux sœurs</em>&#8230;) qui&#8230; roulement de tambour, viendra honorer le festival d’une Masterclass exceptionnelle.</p>
<p>Bon festival à tous !</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>&raquo; Découvrez tous les <a href="https://festival-gerardmer.com/2023/competition/" target="_blank">films en compétition du Festival de Gérardmer 2023</a></strong></p>
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		<title>Du sang, du cœur et des humeurs</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2022 12:26:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Mario Bava]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour ce centième papier, mettons les petits plats dans les grands. John Wayne, Angie Dickinson, Joel McCrae, Marlène Dietrich, Burt Lancaster, Sam Peckinpah, Randolph Scott, Budd Boetticher...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2022/11/bill-doolin-300x168.jpg" alt="Bill Doolin" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27712" />Pour ce centième papier, mettons les petits plats dans les grands. John Wayne, Angie Dickinson, Joel McCrae, Marlène Dietrich, Burt Lancaster, Sam Peckinpah, Randolph Scott, Budd Boetticher, Lee Van Cleef, James Coburn et le grand Mario Bava dévoilent tout leur talent dans des versions DVD et Blu-ray si bichonnées qu’elles donnent l’envie de dépenser l’intégralité du budget que vous aviez réservé pour vous chauffer cet hiver. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Bava dans le coup</h2>
<p>Mario Bava tient une place spéciale dans le temple du septième art, au côté de Welles et Chaplin, là où s’épanouit le clair-obscur. Considéré par les cinéphages, les professionnels de la profession et les apprentis cinéastes comme un artisan génial, il symbolise à la perfection le lien étroit entre métier et passion. Artiste singulier, technicien de génie, sauveur des causes désespérées, Bava a touché à tous les styles, occupé tous les postes, vécu toutes les emmerdes. Il est une légende vénérée et révérée. Aujourd’hui, la référence Bava, référence sacrée, est une marque qui inspire et nourrit ses héritiers. Son écriture et son langage cinématographique, qui n’ont jamais paru aussi modernes, exacerbent les sens. De Bava, il faut tout voir. Sans exception. Et tout revoir. C’est ici : <a href="https://sidoniscalysta.com/recherche?s=mario+bava" title="sidoniscalysta.com/recherche?s=mario+bava" target="_blank">https://sidoniscalysta.com/recherche?s=mario+bava</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Mordez la poussière ! </h2>
<p>Embrayons les hostilités avec <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1580-810-lhomme-au-fusil-1699-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">L’Homme au fusil</a></em> (1955) de Richard Wilson. Ce western lunaire où Robert Mitchum incarne un antihéros chargé de débarrasser une petite ville de ses sauvageons dénote du tout-venant par ses scènes aussi belles que cruelles. Richard Wilson, producteur légendaire d’Orson Welles, qui signe ici son premier film, livre une œuvre singulière sur l’Ouest américain. <span id="more-27711"></span>C’est direct, sec et pas aimable. Les choix osés de Wilson ne sont pas pour rien dans la réussite de l’entreprise. <em>La Vengeance du Shérif</em> (1969) réalisé par Burt Kennedy (et toujours avec Robert Mitchum) est de facture plus classique, plus plan-plan, moins hanté par les démons du genre. À la fin des années 1960, le western est déjà un genre à l’agonie. Du coup, si vous appréciez les œuvres inédites et décalées (ou classées à leur époque comme ringardes), jetez-vous sur <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1574-802-bill-doolin-le-hors-la-loi-1499-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">Bill Doolin, le hors-la-loi</a></em> (1981), dernier western de Burt Lancaster. L’histoire est assez drôle : deux adolescentes, fans de roman à deux sous, décident de partir à la recherche de leur cow-boy préféré. Petit hic, la fiction ne colle pas vraiment à la réalité. Ce décalage rappelle l’une des pièces maîtresses du romancier Larry McMurtry, <em>Anything for Billy</em>, qui raconte l’épopée hallucinante dans le Grand Ouest d’un auteur à la petite semaine qui n’a jamais quitté son bureau de New York ! Autre inédit à vous mettre sous la dent, l’original <em>Fleuve de la dernière chance</em> (1955), western d’aventure qui voit une bande de survivants d’un massacre fuir les Indiens sur le fleuve Colorado. Dépaysement garanti !</p>
<p>Un premier grand western. <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1640-948-les-compagnons-de-la-gloire-combo-1999-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">Les Compagnons de la gloire</a></em> (1965). Arnold Laven est aux manettes et Sam Peckinpah au scénario. C’est l’histoire d’une troupe de bleus sacrifiés pour assassiner le peuple indien. On y voit de jeunes soldats mal préparés tomber devant des ennemis qui ne sont pas les leurs. Les Compagnons de la gloire reste dans l’histoire du cinéma comme une référence esthétique. Les cadres et la lumière subliment la cruauté des hommes autant qu’ils magnifient la nature. Du grand cinéma. Second grand western avec <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1622-fort-massacre-combo-1999-eur.html" target="_blank">Fort Massacre</a></em> (1958). Ce bijou porté par Joel McCrea relate l’odyssée vengeresse d’un homme qui perd les pédales après la mort de son fils et de sa femme. Le sergent Vinson doit ramener sains et saufs des soldats de la cavalerie mais traverser le territoire hostile des Indiens le porte vers l’abîme. Fort Massacre a fait sa réputation sur la profondeur psychologique de son intrigue et la puissance de sa dramaturgie. Les dialogues puissants et ciselés marquent au fer rouge. <em>Les Écumeurs</em> (1942) et <em>Fort Yuma</em> (1955), de nature plus classique sonnent davantage comme des westerns à papa. Notons que Les Écumeurs explore l’ambiance des trappeurs et chercheurs d’or au début du XX<sup>e</sup> siècle en Alaska. Pour les yeux. Réservez <em>Les Compagnons de la gloire</em> et <em>Fort Massacre</em> pour le cerveau. </p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/catalogue/1540-decision-a-sundown-combo-1999-eur.html" title="Décision à Sundown" target="_blank">Décision à Sundown</a></em> (1957), classé au rayon des merveilles du cinéma, ne plaît pas à Bertrand Tavernier mais ravit Martin Scorsese, Tarantino, Sergio Leone et consorts. Autant dire que cette énième histoire de vengeance (et donc d’échec personnel) a fait couler beaucoup d’encre et de salive chez les plus cinéphiles et connaisseurs du genre. Pour ma part, je rejoins Tavernier. <em>Décision à Sundown</em> n’est pas le meilleur Budd Boetticher. Je préfère, et de loin, <em>Sept hommes à abattre</em> et <em>Comanche Station</em> dont le soin apporté à la mise en scène, aux dialogues et à la distribution surclassent largement ce décidément trop falot <em>Décision à Sundown</em>. Si vous ne le connaissez pas, tentez tout de même l’aventure. Remettons-nous de nos émotions avec un petit western des familles sec et nerveux, <em>Bataille sans merci</em> (1953). Goupillé par le grand Raoul Walsh, le film vaut surtout pour sa mise en scène inventive qui à l’origine devait être exploitée en relief. Notons qu’il ne fut jamais projeté en 3D dans les salles françaises. L’intrigue tourne autour d’une épopée en diligence qui tourne au fiasco. Le père Walsh déroule toute la panoplie du Grand Ouest (Indiens, cow-boys, malandrins et jolies pépés) sur un rythme effréné mais sans grande inspiration. C’est un drôle de film que celui-là !</p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/catalogue/1567-la-chevauchee-de-la-vengeance-combo-1999-eur.html" target="_blank">La Chevauchée de la vengeance</a></em> (1959) de Budd Boetticher. Qu’est-ce qui fait un très grand western ? Un cahier des charges précis avec : une histoire simple et efficace filmée en scope, une immersion réaliste dans le Grand Ouest, des paysages utilisés comme des éléments essentiels de l’intrigue, une construction implacable de la dramaturgie, des personnages idiots et sadiques, un héros hanté par son passé, une fin magnifique. Et cetera. <em>La Chevauchée de la vengeance</em> est un grand Boetticher et un grand western. C’est entendu, mais qu’est-ce qui fait un très très grand western ? Un western unique qui révolutionne le genre. Un exemple ? <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1451-543-le-passage-du-canyon-1499-eur.html#/1-format-dvd" target="_blank">Le Passage du canyon</a></em> (1946) du grand Jacques Tourneur. Unique parce que le ton est unique et qu’il porte la marque singulière d’un cinéaste européen qui a su comme peu de ses confrères se réapproprier les codes du genre. Déjà, <em>Le Passage du canyon</em> se passe dans les épaisses forêts de l’Oregon, loin du désert aride de l’Arizona. Durant cette traversée, on semble transportés dans un univers inconnu. Ensuite, c’est tout le savoir-faire de Tourneur qui s’exprime ; les mouvements de caméra, aussi doux que des caresses flattent la rétine comme peu de long-métrages l’ont fait. Et s’il n’y avait que la forme&#8230; La direction d’acteur, mes aïeux ! En effet, Tourneur, qui s’appliquait dans chacun de ses films à faire déjouer ses acteurs et ses actrices en leur offrant des contre-emplois, crée des atmosphères à chaque plan. Cette épopée au long cours laisse encore pantois les grands maîtres du septième art. Quel privilège de pouvoir découvrir ce bijou ! </p>
<p>En aparté : si quelques lignes plus haut, j’évoque les qualités de <em>La Chevauchée de la vengeance</em> et <em>Décision à Sundown</em> de Boetticher, sachez que Sidonis Calysta ressort <em>Comanche Station</em> (1960) en version remasterisée HD. Rien que ça ! Et si vous êtes ultra fan de Randolph Scott, jetez votre dévolu sur <em>Dix hommes à abattre</em>, moins puissant qu’un Boetticher mais Scott fait le job.</p>
<p>Terminons cette sélection de westerns avec <em><a href="https://sidoniscalysta.com/accueil/1571-798-valdez-1499-eur.html#/3-format-combo_dvd_blu_ray" target="_blank">Valdez</a></em> (1971). Quand un éleveur de bétail tue un Noir et refuse de payer son enterrement, Valdez, un ancien éclaireur, l&#8217;exige pour sa veuve. Face au refus musclé de l&#8217;éleveur, Valdez entend régler les comptes à sa manière. <em>Valdez</em>, adaptation d’un roman d’Elmore Leonard, délivre un ton mordant, puissant et sec quasi salvateur. La gueule burinée de Burt Lancaster fait du bien à l’âme. Ça déménage et c’est tant mieux. Un dernier pour la route ? En 1970, sortait <em><a href="https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/1644-macho-callahan-combo-1999-eur.html" target="_blank">Macho Callahan</a></em> (1970), un western OVNI, craspec et méchant avec David Jenssen et Jean Seberg qui raconte l’histoire d’un déserteur obnubilé par la vengeance. La beauté formelle du film détonne derrière la montagne de cruauté.</p>
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		<title>Le Village des damnés et Vidéodrome</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 21:36:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[John Carpenter]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h2>par Docteur Cronenberg et Mister Carpenter</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2022/04/village-des-damnes-john-carpenter.jpg" alt="Le Village des damnés, de John Carpenter" width="280" height="262" class="alignleft size-full wp-image-27703" />Si l’envie vous prend de découvrir ou revoir dans des conditions optimum, deux œuvres de deux des plus formidables artisans de l’horreur fantastique, alors ces coffrets sont faits pour vous.</p>
<p>John Carpenter et David Cronenberg. Quoi de plus différent que ces deux-là ! Le populo contre l’intello. Et pourtant. Quoi de plus semblable que ces deux cinéastes subversifs et engagés, fervents critiques des communautés et des individus qui les composent. Un temps décriés et haïs, ils sont aujourd’hui les figures incontournables d’un genre toujours mésestimé.<br />
Dans <em>Le Village des damnés</em> et <em>Vidéodrome</em>, Carpenter et Cronenberg se plaisent à déformer les corps et les esprits pour mieux dénoncer les auteurs de ces abominables sévices. Il faut voir pour y croire. Mais qui sont les auteurs de ces crimes ? Ceux qui nous mentent, nous manipulent, nous avilissent et nous ridiculisent ? Le message de Carpenter et Cronenberg est limpide ; regardons-nous dans la glace. </p>
<p><em>Le Village des damnés</em> (1995) dépeint le traumatisme d’une petite bourgade rurale après la naissance simultanée d’enfants dotés de superpouvoirs. Ces gamins, monstres aux cheveux d’or, déambulent dans les rues, s’exhibent comme des dieux jusqu’à aspirer le moindre souffle de vie chez des habitants qui se sentent harcelés, étouffés, tourmentés, réduits à de sombres idiots. C’est tout un mode d&#8217;existence qui s’effondre, l’essence même de la société villageoise classique, pourrie et sclérosée dans ses vieux oripeaux, ses vieilles coutumes et ses vieilles habitudes.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2022/04/videodrome-david-cronenberg.jpg" alt="Videodrome, de David Cronenberg" width="280" height="190" class="alignright size-full wp-image-27704" />Dans <em>Vidéodrome</em> (1983), Cronenberg nous propose d’observer les conséquences sur le corps et la psyché des pires dépravations de la société contemporaine à travers l’utilisation des médias. C’est le modèle de l’individu qui vit dans son mirage urbain, esseulé, monomaniaque, paranoïaque et angoissé qui s’effondre à son tour.</p>
<p>Les deux cinéastes déboulonnent avec cynisme le monde d’hier et d’aujourd’hui. Chacun à leur manière parlent de toxicité. Chez Carpenter le poison est dans l’air. Chez Cronenberg, il est davantage programmé en chacun de nous. Les deux font état de notre faiblesse et de notre dégénérescence. C’est joyeux. Vive la vie !</p>
<p>Le coffret du <em>Village des damnés</em> est bourré de suppléments quand celui de <em>Vidéodrome</em> nous propose l’un des premiers longs de Cronenberg, <em>Crimes of the Past</em>. Le top !</p>
<p>Ces deux merveilles remastérisées sont disponibles en blu-ray chez Elephant Films.</p>
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		<title>Polars, classiques et thrillers de fin d&#8217;année</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 15:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Oyez oyez braves gens ! Voici quelques belles idées cinéma pour la fin d’année. Pour lire cet article, vous n’aurez ni besoin d’être vacciné ni de pass sanitaire. Toutefois, vous...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Oyez oyez braves gens ! Voici quelques belles idées cinéma pour la fin d’année. Pour lire cet article, vous n’aurez ni besoin d’être vacciné ni de pass sanitaire. Toutefois, vous devrez porter une paire de charentaises rouges et vertes et vous resservir un verre de vermouth à chaque chronique. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça !</p>
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<h2>Duel au soleil</h2>
<h3><em>Contre toute attente</em> réalisé par Taylor Hackford avec Jeff Bridges, Rachel Ward, James Woods…</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/11/contre-toute-attente-taylor-hackford-1.jpg" alt="Contre toute attente" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-27692" />Blessé, le joueur de football américain Terry Brogan tombe sous le coup d’une sanction sévère : son équipe le congédie ! Sous la pression de Jack Wise, un bookmaker véreux qui en sait beaucoup sur ses tricheries, Terry accepte de se lancer sur les traces de Jessy Wyler. En possession de 50.000 $ volés à celui qu’elle fuit, cette dernière se réfugie au Mexique. Quand Terry lui met la main dessus, il en tombe amoureux. Une erreur à ne pas commettre…<br />
Quel plaisir de voir <em>Contre toute attente</em> dans des conditions optimales ! Le cinéaste chevronné Taylor Hackford (<em>L’Associé du diable, Officier et Gentleman, Dolores Claiborne</em>…) livre un thriller romantique coloré et nerveux habité par de sacrés gueules. <span id="more-27690"></span>Le solaire Jeff Bridges, le lunaire James Wood, le buriné Richard Widmark et la ténébreuse Rachel Ward nous entraînent dans une course poursuite haletante autour des grands boulevards de Los Angeles et des plages sauvages du Mexique. Ce remake très libre des <em>Griffes du passé</em> de Jacques Tourneur réussit le tour de force à renouveler une œuvre originale (avec Robert Mitchum et Kirk Douglas, excusez du peu!) déjà puissante. Faire s’affronter Jeff Bridges et James Woods, si différents, est une trouvaille géniale. D’ailleurs, la scène où Woods en Ferrari et Bridges en Porsche se tirent la bourre sur Sunset Boulevard reste comme l’une des plus belles courses de voiture jamais filmée. Si le film est un peu tombé dans l’oubli, il marqua toute époque et notamment par sa bande originale. Taylor Hackford, grand mélomane, sut tirer parti de sa passion pour la musique, concoctant un score hallucinant mêlant le tube planétaire de Phil Collins &#8220;Against All Odds&#8221;, Peter Gabriel, les Fleetwood Mac, le guitariste virtuose Larry Carlton au cultissime compositeur français Michel Colombier. N’hésitez pas à revoir ou découvrir cette pépite du cinéma américain des années 1980.<br />
Disponible en combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
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<h2>Sur la piste des géants</h2>
<h3><em>La Caravane de feu</em> réalisé par Burt Kennedy avec John Wayne, Kirk Douglas…</h3>
<p>Dépossédé de ses mines d’or par Franck Pierce, Taw Jackson entend bien se venger à sa sortie de prison. Pour se faire, il réunit une équipe dont Lomax, tueur à gages et spécialiste des coffres-forts, pour attaquer la diligence blindée, dans laquelle son ennemi juré transporte l’or de ses terres vers El Paso. Une entreprise risquée, car le fourgon blindé est équipé d’une puissante mitrailleuse…<br />
<em>La Caravane de feu</em> est un petit western nerveux qui joue plein pot sur la connivence entre ses deux légendes. Et ça marche. Derrière le sujet sensible sur la spoliation des terres, John Wayne et Kirk Douglas s’amusent à se défier sans s’affronter. On peut être un peu gênés aux entournures quand des sujets difficiles ne sont pas traités avec les égards qui leur sont dus mais <em>La Caravane de feu</em> ne se moque de rien ni de personne. En fait, c’est un drôle de western. Profond et léger. A découvrir dans une magnifique version.<br />
Disponible en combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
<h3><em>Une Bible et un fusil</em> réalisé par Stuart Millar avec John Wayne et Katharine Hepburn&#8230;</h3>
<p>Démis de ses fonctions pour avoir fait un usage excessif de la force, le Marshal Rooster Cogburn reprend son insigne pour retrouver des pillards en possession d’une mitrailleuse et d’un chargement de nitroglycérine. Il est accompagné dans cette aventure par Eula Goodnight, une institutrice fille de pasteur au comportement plus pondéré, qui veut venger son père abattu par ces mêmes bandits…<br />
Suite de <em>100 dollars pour un shérif</em> et remaké par les frères Coen il y a quelques années sous le titre original <em>True Grit</em> (avec Jeff Bridges et Matt Damon), c’est le producteur Stuart Millar qui prend les choses en main sur Une Bible et un fusil pour assurer à John Wayne l’un de ses meilleurs derniers rôles et à Katherine Hepburn un rôle à la hauteur de son talent. Si de nouveau, on prend plaisir à voir John Wayne encombré d’une acolyte, on prend encore plus de plaisir à observer à quel point cette compagne d’infortune fait avancer l’histoire dans le bon sens. Dans cette saga inspirée par le roman de Charles Portis, John Wayne n’a jamais été la vedette et n’a jamais volé la vedette à Mattis et Eula. Une Bible et un fusil, c’est un chant du cygne aussi divertissant qu’émouvant.<br />
Disponible en combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
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<h2>Sous le soleil de Satan</h2>
<h3><em>Nazarin</em> réalisé par Luis Bunuel avec FranCisco Rabal, Marga Lopez, Rita Macedo&#8230;</h3>
<p>Parce que sa générosité et sa charité n&#8217;ont pas de limites, le père Nazarin vit dans une misère profonde. Désavoué par l&#8217;Église pour avoir protégé une prostituée soupçonnée de meurtre, Nazarin doit fuir, condamné à une longue errance. Andara, la prostituée, et Beatriz, jeune femme délaissée par son amant, se joignent par une pitié hystérique au sort du prêtre persécuté. Nazarin poursuit son chemin de croix, mais toutes ses tentatives pour prêcher l&#8217;amour divin se retournent contre lui.<br />
Présenté au Festival de Cannes en 1959, <em>Nazarin</em> fit polémique. Une polémique sur la croisette ? Rien de bien original me direz-vous ! Surtout que <em>Nazarin</em> obtint le prix du Film International. A l’apogée de sa gloire, Bunuel fut conspué par les critiques et une partie du public qui lui reprochèrent d’avoir viré catho. Ces glandus se trompaient lourdement. Avec <em>Nazarin</em>, Bunuel s’offrait une réflexion sur la foi et l’intégrité d’une rare justesse. Si cette histoire de prêtre persécuté, décidé à vivre sa religion comme elle devrait se vivre, c’est-à-dire avec pureté, sacrifice de soi et sans contrepartie, hérissa autant le poil des athées que des cathos, c’est bien qu’elle visait juste et qu’elle vise encore juste. Comme Pialat avec <em>Sous le soleil de Satan</em> et Pasolini avec <em>L’Evangile selon Saint-Mathieu</em>, Bunuel confronte l’église du cœur à celle du Vatican, l’intégrité contre la corruption. <em>Nazarin</em> est une œuvre simple et pure comme son anti-héros, loin des films surréalistes qui firent la renommée du cinéaste. La lumière et les paysages mexicains nous transportent sur le sentier de l’illumination.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
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<h2>Polar au noir</h2>
<h3><em>La Clé de verre</em> réalisé par Stuart Heisler avec Alan Ladd, Veronica Lake, Brian Donlevy…</h3>
<p>À l&#8217;approche des élections, un homme politique nommé Paul Madvig est soupçonné dans le meurtre du fils du sénateur Henry et doit subir une campagne de presse hostile orchestrée par son ennemi, Nick Varna. Sa propre sœur, Opal, ainsi que la fille du sénateur, Janet, proclament sa culpabilité. Ed Beaumont, son bras droit, en vient à mener sa propre enquête sur l&#8217;affaire.<br />
Ce film noir joue avec nos nerfs. En effet, nous assistons durant 85 minutes au bal des faux-culs et des faux-semblants où les participants cherchent à savoir qui sont les plus faux-culs dans tous ce fatras de faux-semblants. <em>La Clé de verre</em> n’est pas un thriller parfait, loin s’en faut. On peut s’y paumer si tant est qu’une envie pressante nous prenne ! Voilà une œuvre du Hollywood Classic aussi sympa que clichouille !<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
<p><strong><em>Les Yeux de la nuit</em> réalisé par John Farrow avec Edward G.Robinson, Gail Russell, John Lund…</strong><br />
John Triton est un voyant de spectacle de cabaret. Il exerce en compagnie de Jenny et Whitney, ses deux partenaires. Tout bascule quand John est traversé de visions étranges. Plusieurs de ses prédictions se révèlent exactes. Quand il voit que Jenny, dont il est fou amoureux, va mourir lors de son premier accouchement, il se retire du monde. 20 ans plus tard, il tombe nez à nez avec la fille de Jenny, devenue orpheline…<br />
Mais en voilà une de jolie pépite ! <em>Les Yeux de la nuit</em> est une preuve que des petites productions peuvent être de beaux bijoux. Mise en scène, lumière, montage, interprétation, tout est à l’avenant et efficace au possible. Le film, qui se situe au lisière du polar et du fantastique, est un exemple de sobriété et d’intelligence. Et ce, sur une durée très courte. Si cette histoire de medium n’était pas gagné d’avance, on applaudit des deux mains une intrigue qui ne perd jamais le fil de son histoire et sa galerie de personnages qui ne se désincarnent pas au bout de 25 minutes. Voilà une œuvre très conseillée.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h3><em>La Grande Horloge</em> réalisé par John Farrow avec Ray Milland, Charles Laughton, Maureen O’Sullivan…</h3>
<p>Le meilleur reporter d&#8217;un grand magazine enquête sur un homicide avec d&#8217;autant plus d&#8217;empressement que tout concourt à le désigner comme l&#8217;assassin lui-même.<br />
<em>La Grande Horloge</em> est un petit film noir torturé. Torturé par une absence de manichéisme de bon aloi et tout à fait réjouissante. Heureusement d’ailleurs ! Policiers, journalistes, femmes du monde, rien ni personne n’inspire confiance dans cette histoire de complot et de jeux des pouvoirs. <em>La Grande Horloge</em> est un peu plan-plan et loin d’être le meilleur film de John Farrow. C’est une curiosité au charme indéniable mais pas vraiment saisissante. On sent le film inachevé où vite fait.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h3><em>Les Mains qui tuent</em> réalisé par Robert Siodmak avec Ella Raines, Franchot Tone, Alan Curtis…</h3>
<p>Après une dispute avec son épouse, Scott Henderson, séduisant ingénieur de 32 ans, quitte son domicile et, dans un bar, fait la connaissance d&#8217;une jeune femme. Elle accepte sa proposition de passer la soirée ensemble, à condition de ne pas divulguer son identité. À son retour chez lui, Scott Henderson est accueilli par trois policiers qui lui annoncent que sa femme a été étranglée avec l&#8217;une de ses cravates. L&#8217;enquête menée par la police ne permet pas de retrouver cette inconnue d&#8217;un soir et deux témoins affirment avoir vu Scott seul&#8230;<br />
Adapté du classique <em>Phantom lady</em> de William Irish, <em>Les Mains qui tuent</em> vaut davantage pour le travail de la lumière de Elwood Bredell que par la réalisation un peu plan-plan de Siodmak et les interprétations compassées et théâtrales de ses comédiens. En fait, on peut rester mitigés devant ce polar qui parfois nous étonne par sa beauté et son aspect vieillot. A découvrir.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Le grand film</h2>
<h3><em>L’Héritière</em> réalisé par William Wyler avec Olivia de Havilland, Montgomery Clift, Ralph Richarson…</h3>
<p>A la fin du XIXe siècle, Catherine Sloper vit dans une riche demeure de Washington Square en compagnie de son père, un veuf richissime et tyrannique. La jeune fille, timide et sans grands attraits, fait la rencontre du séduisant Morris Townsend lors d&#8217;un bal. Le jeune homme lui fait aussitôt une cour empressée. Devenant un habitué de la maison des Sloper, il demande la main de Catherine à son père. Mais, celui-ci ne tarde pas à accuser le jeune homme d&#8217;être un coureur de dot et refuse&#8230;<br />
<em>L’Héritière</em> est l’un des plus beaux films du cinéaste. Un film somme qui fait référence dans l’histoire du cinéma. Un film qui sur le fond comme sur la forme interroge le spectateur. Une œuvre si précise et intelligente qu’elle en devient interactive. Comme si elle développait une idée par plan. <em>L’Héritière</em> rappelle les grandes études sociales façon Balzac ou Julien Green. C’est un grand huit d’émotions. Étude sociale et étude de mœurs on ne sort pas indemne d’un tel morceau de cinoche.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
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		<title>Le panier garni du printemps 2021</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 17:01:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<description><![CDATA[Si vous aimez l’éclectisme alors vous aimerez cette sélection. La verve de Simenon, les critiques de Spike Lee, la mise en perspective de Ron Howard, l’acidité de Gus Van Sant...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous aimez l’éclectisme alors vous aimerez cette sélection. La verve de Simenon, les critiques de Spike Lee, la mise en perspective de Ron Howard, l’acidité de Gus Van Sant et la sagacité de Paul Schrader, voilà ce qui vous attend. Y a même du Jean-Claude Brialy ! Non mais, attendez, on vous soigne.<br />
&nbsp;</p>
<h2>Coffret Simenon</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/04/la-mort-auguste.jpg" alt="La mort d&#039;Auguste" width="280" title="La mort d&#039;Auguste" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-27681" />L’œuvre de Georges Simenon inspire les cinéastes les plus prestigieux et ce, depuis les années 1930 et <em>La Nuit du carrefour</em> de Jean Renoir. D’ailleurs, nous profiterons bientôt de l’interprétation de Gérard Depardieu en commissaire Maigret dans Maigret et la jeune morte sous la direction de Patrice Leconte. Parmi les adaptations les plus réussies, citons <em>Le Voyageur de la Toussaint</em> (Louis Daquin), <em>Les Fantômes du chapelier</em> (Claude Chabrol), <em>Le Chat</em> (Pierre Granier-Deferre), <em>L’Etoile du Nord</em> (Pierre Granier-Deferre), <em>L’Horloger de Saint-Paul</em> (Bertrand Tavernier), <em>Le Président</em> (Henri Verneuil) et tant d’autres…<br />
Il y a quelques années France 3 se réappropriait les romans durs et les classiques de l’auteur pour livrer une série de téléfilms très respectueux des ambiances qui aujourd’hui sortent en coffret. Une histoire à la Simenon tourne toujours autour du même postulat, à savoir une immersion au cœur d’une cellule familiale dysfonctionnelle appartenant à la moyenne bourgeoisie. Pourquoi « moyenne bourgeoisie » ? Parce qu’elle permet de disséquer une couche sociale qui ne veut plus faire partie du peuple et de ses petites gens et qui, désespérément, tente d’intégrer une classe plus prestigieuse à laquelle jamais elle n’appartiendra. Simenon ausculte comme personne ces petits notables de province, avides de pouvoir, qui maltraitent leur petit personnel, eux qui furent il n’y a pas si longtemps que cela leur semblable. <span id="more-27676"></span>Au cœur des enjeux « simenesques », des enfants innocents, des âmes déçus et aigris et de la rancœur, beaucoup de rancœur. L’adaptation de <em>La Boule noire</em> avec Bernard Campan est particulièrement réussie tout comme <em>La Mort d’Auguste</em> soutenu par un formidable trio composé de Jean-Pierre Darroussin, Bruno Solo et l’omniprésent Antoine Duléry. On peut y observer les plus méprisables comportements de la nature humaine. Jalousie, petites magouilles entre amis, amertume, tout le tableau périodique des défauts. Et c’est un pur régal ! <em>La Fuite de Monsieur Monde</em> avec Bernard Le Coq nous offre le portrait ciselé d’un homme déçu par la médiocrité de sa famille et qui décide sur un coup de tête de tout abandonner et de laisser les siens à leur triste sort (à savoir ne plus les couvrir d’argent et souffrir de leur mauvais caractère). Ces études psychologiques, criantes de vérité, nous sautent à la gueule tant elles semblent nous désigner personnellement. Quoi, moi ? A voir aussi <em>Jusqu’à L’Enfer</em>, <em>En cas de malheur</em>, <em>Les Innocents</em> et une très honorable version de <em>L’Escalier de fer</em> avec Laurent Gerra (si, si!).<br />
Coffret Simenon chez Elephant Films.</p>
<h2>Un peu d’histoire&#8230;</h2>
<p>Au rayon téléfilms et séries estampillées ORTF, célébrons la réédition du feuilleton <em>Les Habits noirs</em> (1967) tiré de la saga littéraire éponyme du romancier Paul Féval. <em>Les Habits noirs</em> raconte les méfaits d’une bande de criminels sous la Restauration. Les 31 épisodes, courts et ramassés, racontent l’essentiel d’une époque troublée où rien ni personne ne semble digne de confiance. Si vous appréciez les séries vintage, le plaisir sera au rendez-vous. Les moyens sont ceux de la télé à la fin des années 1960 mais la qualité des dialogues et les références historiques emportent tout. Autre rareté « académique » issue de la télé française, la série Marie-Antoinette en quatre épisode de 90 minutes par Guy Lefranc vaut le coup d’œil. Si les ambitions formelles classiques peuvent rebuter, les soins apportés aux détails et aux événements font de cette série une référence en la matière et mieux car elle prend le parti de déconstruire l’aspect conte de fées de la vie à Versailles. Au bout du compte, se révèle une furieuse critique contre la monarchie et cette cour de fieffés empotés. Autre perle de la téloche, le téléfilm <em>Cinq-Mars</em> réalisé par Jean-Claude Brialy qui, entre deux cocktails onéreux, se permet le luxe de nous narrer avec brio l’ascension et la chute du préféré de Louis XIII, le bien nommé Henri Coëffier de Ruzé d&#8217;Effiat, marquis de Cinq-Mars qui tenta de fomenter un sale coup contre Richelieu et qui s’en mordit les doigts.<br />
Toutes ces œuvres sont éditées en coffret chez Elephant Films.</p>
<h2>Spike Lee, le community manager</h2>
<p>Avant d’arriver à nos moutons, un mot sur&#8230; <em>When the Levees Broke</em> (<em>Quand les digues ont cédé</em>).<br />
J’ai toujours apprécié le cinéma engagé de Spike Lee même si ses films possèdent quasi tous ce vilain défaut d’être trop long. Mais là, je vous invite et vous incite à goûter (et peut-être découvrir) chaque seconde de son meilleur film, <em>When the Levees Broke</em>, documentaire de près de 4 heures qui raconte avec force minutie les causes et les conséquences qui ont amené la ville de La Nouvelle-Orléans et une partie de la Louisiane à plier &#8211; et rompre &#8211; sous la force de l’ouragan Katrina en 2004. Spike Lee, lui, n’évite rien des problèmes qui ont pu causer cette catastrophe&#8230; évitable ! Politiques, habitants, universitaires, musiciens, hommes, femmes et enfants témoignent dans un flot de colère, de tristesse et d’amour. Voilà le chef-d’œuvre absolu de Spike Lee. Je profite même de cette tribune exceptionnelle sur Grand Écart pour vous conseiller l’immense (et je pèse mes mots !) bande originale du film composée par Terence Blanchard <em>A Tale of God’s Will (A Requiem for Katrina)</em> véritable hommage à la ville et à ses habitants disparus. Terence Blanchard, natif de La Nouvelle-Orléans (qui témoigne avec sa maman) livre une partition des plus délicates jamais entendue sur un label de jazz. Des torrents de larmes, je vous dis. Non, vous ne le regretterez pas.</p>
<p>Donc. Deux (bons) films de Spike Lee arrivent dans des versions certifiées « Haute Qualité » chez Elephant Films. Le premier, <em>Mo’Better Blues</em> raconte le parcours d’un trompettiste de génie, Bleek Gilliam, qui par passion pour la musique et sa musique en arrive à négliger sa famille, ses amis et tout son entourage professionnel. <em>Mo’Better Blues</em> marque la première collaboration « très réussie » entre le cinéaste et Denzel Washington. Le film s’inscrit adroitement dans l’hommage à la culture jazz et la reconnaissance des musiciens noirs au cœur de l’establishment new-yorkais. La Grande Pomme, ici magnifiquement filmée, rayonne de mille feux. Ce second film qui déboule dans les bacs se présente comme l’un des sommets de la carrière de Spike Lee, l’excellent <em>Jungle Fever</em>. A cette époque, Spike Lee enchaîne les succès et après <em>School Daze</em> (1988), <em>Do The Right Thing</em> (1989) et <em>Mo’Better Blues</em> (1990), <em>Jungle Fever</em> (1991) produit une vague d’indignation. En effet, les détracteurs de la culture interraciale voient d’un mauvais œil cette histoire d’amour illégitime entre un architecte noir et sa secrétaire blanche. <em>Jungle Fever</em> s’impose comme le drame du couple dans toute sa splendeur sur fond de préjugés raciaux. <em>Jungle Fever</em> n’est rien de moins qu’un film puissant et fiévreux porté par un Wesley Snipes des grands jours.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant films.</p>
<h2>Du Rififi au <em>New York Sun</em></h2>
<p>Notons la ressortie d’un film oublié de Ron Howard, <em>Le Journal</em>. C’est d’autant plus dommage qu’il soit sorti de nos mémoires car il est sans nul doute l’un des meilleurs films du cinéaste. Nous suivons sur 24 heures la vie trépidante d’Henry Hackett, rédacteur du journal <em>New York Sun</em> qui, harcelé d’un côté par sa chef de service et occupé de l’autre à prendre soin de sa femme qui est sur le point d’accoucher, tente de réfléchir à la place que lui offre le très prestigieux <em>New York Sentinel</em> pendant que se déroule dans les rues de la ville une histoire de meurtre prête à défrayer la chronique. Bref, ça n’arrête pas. Michael Keaton qui endosse le rôle d’Henry Hackett est génialissime. Le casting dans son ensemble, les situations, les dialogues, les rebondissements, les péripéties, c’est du grand art. Si vous désespérez à trouver un bon film sur le journalisme (hors les grands classiques du genre), vous ne saurez être déçus. Voilà une pépite oubliée qui mérite le devant de la scène.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant films.</p>
<h2>Et pour quelques classiques de plus</h2>
<p>Pour terminer cette sélection des plus éclectiques, je vous propose deux longs-métrages réalisés par deux maîtres du septième art. D’abord le thriller sacrément tendu de Gus Van Sant, <em>Prête à tout</em>, où une Nicole Kidman vénale et vénéneuse à souhait décide de se débarrasser de tous ceux et de toutes celles qui pourraient l’empêcher de vivre son rêve. Pour arriver à ses fins, la Nicole, comme on dit en Bourgogne, décide d’engager des petites frappes, des mineurs aussi dangereux que mignons. Trop mignons. Slurp qu’elle fait la Nicole avec sa langue.<br />
Et enfin voilà <em>Blue Collar</em>, le premier film de Paul Schrader en tant que réalisateur, proposé dans une édition digne de ce nom. Comme à son habitude, Schrader, ce vieil anar, nous emporte dans une diatribe antisociale où l’on ne sait plus vraiment qui des ouvriers (les cols bleus), des syndicalistes, des dirigeants ou des politiques sont les plus salauds. Ce pamphlet anticapitaliste avec Richard Pryor, Harvey Keitel et Yaphet Kotto (connu pour son rôle de Parker dans <em>Alien</em> et qui vient tout juste de disparaître) ne semble pas avoir vieilli d’un poil (à gratter). &#8220;Vous êtes tous des cons !&#8221; semble être l’expression favorite de l’artiste depuis près de 50 ans.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
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