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	<title>Grand Écart &#187; polar</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Polars, classiques et thrillers de fin d&#8217;année</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 15:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Oyez oyez braves gens ! Voici quelques belles idées cinéma pour la fin d’année. Pour lire cet article, vous n’aurez ni besoin d’être vacciné ni de pass sanitaire. Toutefois, vous devrez porter une paire de charentaises rouges et vertes et vous resservir un verre de vermouth à chaque chronique. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça !</p>
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<h2>Duel au soleil</h2>
<h3><em>Contre toute attente</em> réalisé par Taylor Hackford avec Jeff Bridges, Rachel Ward, James Woods…</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/11/contre-toute-attente-taylor-hackford-1.jpg" alt="Contre toute attente" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-27692" />Blessé, le joueur de football américain Terry Brogan tombe sous le coup d’une sanction sévère : son équipe le congédie ! Sous la pression de Jack Wise, un bookmaker véreux qui en sait beaucoup sur ses tricheries, Terry accepte de se lancer sur les traces de Jessy Wyler. En possession de 50.000 $ volés à celui qu’elle fuit, cette dernière se réfugie au Mexique. Quand Terry lui met la main dessus, il en tombe amoureux. Une erreur à ne pas commettre…<br />
Quel plaisir de voir <em>Contre toute attente</em> dans des conditions optimales ! Le cinéaste chevronné Taylor Hackford (<em>L’Associé du diable, Officier et Gentleman, Dolores Claiborne</em>…) livre un thriller romantique coloré et nerveux habité par de sacrés gueules. <span id="more-27690"></span>Le solaire Jeff Bridges, le lunaire James Wood, le buriné Richard Widmark et la ténébreuse Rachel Ward nous entraînent dans une course poursuite haletante autour des grands boulevards de Los Angeles et des plages sauvages du Mexique. Ce remake très libre des <em>Griffes du passé</em> de Jacques Tourneur réussit le tour de force à renouveler une œuvre originale (avec Robert Mitchum et Kirk Douglas, excusez du peu!) déjà puissante. Faire s’affronter Jeff Bridges et James Woods, si différents, est une trouvaille géniale. D’ailleurs, la scène où Woods en Ferrari et Bridges en Porsche se tirent la bourre sur Sunset Boulevard reste comme l’une des plus belles courses de voiture jamais filmée. Si le film est un peu tombé dans l’oubli, il marqua toute époque et notamment par sa bande originale. Taylor Hackford, grand mélomane, sut tirer parti de sa passion pour la musique, concoctant un score hallucinant mêlant le tube planétaire de Phil Collins &#8220;Against All Odds&#8221;, Peter Gabriel, les Fleetwood Mac, le guitariste virtuose Larry Carlton au cultissime compositeur français Michel Colombier. N’hésitez pas à revoir ou découvrir cette pépite du cinéma américain des années 1980.<br />
Disponible en combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
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<h2>Sur la piste des géants</h2>
<h3><em>La Caravane de feu</em> réalisé par Burt Kennedy avec John Wayne, Kirk Douglas…</h3>
<p>Dépossédé de ses mines d’or par Franck Pierce, Taw Jackson entend bien se venger à sa sortie de prison. Pour se faire, il réunit une équipe dont Lomax, tueur à gages et spécialiste des coffres-forts, pour attaquer la diligence blindée, dans laquelle son ennemi juré transporte l’or de ses terres vers El Paso. Une entreprise risquée, car le fourgon blindé est équipé d’une puissante mitrailleuse…<br />
<em>La Caravane de feu</em> est un petit western nerveux qui joue plein pot sur la connivence entre ses deux légendes. Et ça marche. Derrière le sujet sensible sur la spoliation des terres, John Wayne et Kirk Douglas s’amusent à se défier sans s’affronter. On peut être un peu gênés aux entournures quand des sujets difficiles ne sont pas traités avec les égards qui leur sont dus mais <em>La Caravane de feu</em> ne se moque de rien ni de personne. En fait, c’est un drôle de western. Profond et léger. A découvrir dans une magnifique version.<br />
Disponible en combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
<h3><em>Une Bible et un fusil</em> réalisé par Stuart Millar avec John Wayne et Katharine Hepburn&#8230;</h3>
<p>Démis de ses fonctions pour avoir fait un usage excessif de la force, le Marshal Rooster Cogburn reprend son insigne pour retrouver des pillards en possession d’une mitrailleuse et d’un chargement de nitroglycérine. Il est accompagné dans cette aventure par Eula Goodnight, une institutrice fille de pasteur au comportement plus pondéré, qui veut venger son père abattu par ces mêmes bandits…<br />
Suite de <em>100 dollars pour un shérif</em> et remaké par les frères Coen il y a quelques années sous le titre original <em>True Grit</em> (avec Jeff Bridges et Matt Damon), c’est le producteur Stuart Millar qui prend les choses en main sur Une Bible et un fusil pour assurer à John Wayne l’un de ses meilleurs derniers rôles et à Katherine Hepburn un rôle à la hauteur de son talent. Si de nouveau, on prend plaisir à voir John Wayne encombré d’une acolyte, on prend encore plus de plaisir à observer à quel point cette compagne d’infortune fait avancer l’histoire dans le bon sens. Dans cette saga inspirée par le roman de Charles Portis, John Wayne n’a jamais été la vedette et n’a jamais volé la vedette à Mattis et Eula. Une Bible et un fusil, c’est un chant du cygne aussi divertissant qu’émouvant.<br />
Disponible en combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta.</p>
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<h2>Sous le soleil de Satan</h2>
<h3><em>Nazarin</em> réalisé par Luis Bunuel avec FranCisco Rabal, Marga Lopez, Rita Macedo&#8230;</h3>
<p>Parce que sa générosité et sa charité n&#8217;ont pas de limites, le père Nazarin vit dans une misère profonde. Désavoué par l&#8217;Église pour avoir protégé une prostituée soupçonnée de meurtre, Nazarin doit fuir, condamné à une longue errance. Andara, la prostituée, et Beatriz, jeune femme délaissée par son amant, se joignent par une pitié hystérique au sort du prêtre persécuté. Nazarin poursuit son chemin de croix, mais toutes ses tentatives pour prêcher l&#8217;amour divin se retournent contre lui.<br />
Présenté au Festival de Cannes en 1959, <em>Nazarin</em> fit polémique. Une polémique sur la croisette ? Rien de bien original me direz-vous ! Surtout que <em>Nazarin</em> obtint le prix du Film International. A l’apogée de sa gloire, Bunuel fut conspué par les critiques et une partie du public qui lui reprochèrent d’avoir viré catho. Ces glandus se trompaient lourdement. Avec <em>Nazarin</em>, Bunuel s’offrait une réflexion sur la foi et l’intégrité d’une rare justesse. Si cette histoire de prêtre persécuté, décidé à vivre sa religion comme elle devrait se vivre, c’est-à-dire avec pureté, sacrifice de soi et sans contrepartie, hérissa autant le poil des athées que des cathos, c’est bien qu’elle visait juste et qu’elle vise encore juste. Comme Pialat avec <em>Sous le soleil de Satan</em> et Pasolini avec <em>L’Evangile selon Saint-Mathieu</em>, Bunuel confronte l’église du cœur à celle du Vatican, l’intégrité contre la corruption. <em>Nazarin</em> est une œuvre simple et pure comme son anti-héros, loin des films surréalistes qui firent la renommée du cinéaste. La lumière et les paysages mexicains nous transportent sur le sentier de l’illumination.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
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<h2>Polar au noir</h2>
<h3><em>La Clé de verre</em> réalisé par Stuart Heisler avec Alan Ladd, Veronica Lake, Brian Donlevy…</h3>
<p>À l&#8217;approche des élections, un homme politique nommé Paul Madvig est soupçonné dans le meurtre du fils du sénateur Henry et doit subir une campagne de presse hostile orchestrée par son ennemi, Nick Varna. Sa propre sœur, Opal, ainsi que la fille du sénateur, Janet, proclament sa culpabilité. Ed Beaumont, son bras droit, en vient à mener sa propre enquête sur l&#8217;affaire.<br />
Ce film noir joue avec nos nerfs. En effet, nous assistons durant 85 minutes au bal des faux-culs et des faux-semblants où les participants cherchent à savoir qui sont les plus faux-culs dans tous ce fatras de faux-semblants. <em>La Clé de verre</em> n’est pas un thriller parfait, loin s’en faut. On peut s’y paumer si tant est qu’une envie pressante nous prenne ! Voilà une œuvre du Hollywood Classic aussi sympa que clichouille !<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
<p><strong><em>Les Yeux de la nuit</em> réalisé par John Farrow avec Edward G.Robinson, Gail Russell, John Lund…</strong><br />
John Triton est un voyant de spectacle de cabaret. Il exerce en compagnie de Jenny et Whitney, ses deux partenaires. Tout bascule quand John est traversé de visions étranges. Plusieurs de ses prédictions se révèlent exactes. Quand il voit que Jenny, dont il est fou amoureux, va mourir lors de son premier accouchement, il se retire du monde. 20 ans plus tard, il tombe nez à nez avec la fille de Jenny, devenue orpheline…<br />
Mais en voilà une de jolie pépite ! <em>Les Yeux de la nuit</em> est une preuve que des petites productions peuvent être de beaux bijoux. Mise en scène, lumière, montage, interprétation, tout est à l’avenant et efficace au possible. Le film, qui se situe au lisière du polar et du fantastique, est un exemple de sobriété et d’intelligence. Et ce, sur une durée très courte. Si cette histoire de medium n’était pas gagné d’avance, on applaudit des deux mains une intrigue qui ne perd jamais le fil de son histoire et sa galerie de personnages qui ne se désincarnent pas au bout de 25 minutes. Voilà une œuvre très conseillée.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h3><em>La Grande Horloge</em> réalisé par John Farrow avec Ray Milland, Charles Laughton, Maureen O’Sullivan…</h3>
<p>Le meilleur reporter d&#8217;un grand magazine enquête sur un homicide avec d&#8217;autant plus d&#8217;empressement que tout concourt à le désigner comme l&#8217;assassin lui-même.<br />
<em>La Grande Horloge</em> est un petit film noir torturé. Torturé par une absence de manichéisme de bon aloi et tout à fait réjouissante. Heureusement d’ailleurs ! Policiers, journalistes, femmes du monde, rien ni personne n’inspire confiance dans cette histoire de complot et de jeux des pouvoirs. <em>La Grande Horloge</em> est un peu plan-plan et loin d’être le meilleur film de John Farrow. C’est une curiosité au charme indéniable mais pas vraiment saisissante. On sent le film inachevé où vite fait.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h3><em>Les Mains qui tuent</em> réalisé par Robert Siodmak avec Ella Raines, Franchot Tone, Alan Curtis…</h3>
<p>Après une dispute avec son épouse, Scott Henderson, séduisant ingénieur de 32 ans, quitte son domicile et, dans un bar, fait la connaissance d&#8217;une jeune femme. Elle accepte sa proposition de passer la soirée ensemble, à condition de ne pas divulguer son identité. À son retour chez lui, Scott Henderson est accueilli par trois policiers qui lui annoncent que sa femme a été étranglée avec l&#8217;une de ses cravates. L&#8217;enquête menée par la police ne permet pas de retrouver cette inconnue d&#8217;un soir et deux témoins affirment avoir vu Scott seul&#8230;<br />
Adapté du classique <em>Phantom lady</em> de William Irish, <em>Les Mains qui tuent</em> vaut davantage pour le travail de la lumière de Elwood Bredell que par la réalisation un peu plan-plan de Siodmak et les interprétations compassées et théâtrales de ses comédiens. En fait, on peut rester mitigés devant ce polar qui parfois nous étonne par sa beauté et son aspect vieillot. A découvrir.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films</p>
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<h2>Le grand film</h2>
<h3><em>L’Héritière</em> réalisé par William Wyler avec Olivia de Havilland, Montgomery Clift, Ralph Richarson…</h3>
<p>A la fin du XIXe siècle, Catherine Sloper vit dans une riche demeure de Washington Square en compagnie de son père, un veuf richissime et tyrannique. La jeune fille, timide et sans grands attraits, fait la rencontre du séduisant Morris Townsend lors d&#8217;un bal. Le jeune homme lui fait aussitôt une cour empressée. Devenant un habitué de la maison des Sloper, il demande la main de Catherine à son père. Mais, celui-ci ne tarde pas à accuser le jeune homme d&#8217;être un coureur de dot et refuse&#8230;<br />
<em>L’Héritière</em> est l’un des plus beaux films du cinéaste. Un film somme qui fait référence dans l’histoire du cinéma. Un film qui sur le fond comme sur la forme interroge le spectateur. Une œuvre si précise et intelligente qu’elle en devient interactive. Comme si elle développait une idée par plan. <em>L’Héritière</em> rappelle les grandes études sociales façon Balzac ou Julien Green. C’est un grand huit d’émotions. Étude sociale et étude de mœurs on ne sort pas indemne d’un tel morceau de cinoche.<br />
Disponible en blu-ray chez Elephant Films.</p>
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		<title>Le panier garni du printemps 2021</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 17:01:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si vous aimez l’éclectisme alors vous aimerez cette sélection. La verve de Simenon, les critiques de Spike Lee, la mise en perspective de Ron Howard, l’acidité de Gus Van Sant...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous aimez l’éclectisme alors vous aimerez cette sélection. La verve de Simenon, les critiques de Spike Lee, la mise en perspective de Ron Howard, l’acidité de Gus Van Sant et la sagacité de Paul Schrader, voilà ce qui vous attend. Y a même du Jean-Claude Brialy ! Non mais, attendez, on vous soigne.<br />
&nbsp;</p>
<h2>Coffret Simenon</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/04/la-mort-auguste.jpg" alt="La mort d&#039;Auguste" width="280" title="La mort d&#039;Auguste" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-27681" />L’œuvre de Georges Simenon inspire les cinéastes les plus prestigieux et ce, depuis les années 1930 et <em>La Nuit du carrefour</em> de Jean Renoir. D’ailleurs, nous profiterons bientôt de l’interprétation de Gérard Depardieu en commissaire Maigret dans Maigret et la jeune morte sous la direction de Patrice Leconte. Parmi les adaptations les plus réussies, citons <em>Le Voyageur de la Toussaint</em> (Louis Daquin), <em>Les Fantômes du chapelier</em> (Claude Chabrol), <em>Le Chat</em> (Pierre Granier-Deferre), <em>L’Etoile du Nord</em> (Pierre Granier-Deferre), <em>L’Horloger de Saint-Paul</em> (Bertrand Tavernier), <em>Le Président</em> (Henri Verneuil) et tant d’autres…<br />
Il y a quelques années France 3 se réappropriait les romans durs et les classiques de l’auteur pour livrer une série de téléfilms très respectueux des ambiances qui aujourd’hui sortent en coffret. Une histoire à la Simenon tourne toujours autour du même postulat, à savoir une immersion au cœur d’une cellule familiale dysfonctionnelle appartenant à la moyenne bourgeoisie. Pourquoi « moyenne bourgeoisie » ? Parce qu’elle permet de disséquer une couche sociale qui ne veut plus faire partie du peuple et de ses petites gens et qui, désespérément, tente d’intégrer une classe plus prestigieuse à laquelle jamais elle n’appartiendra. Simenon ausculte comme personne ces petits notables de province, avides de pouvoir, qui maltraitent leur petit personnel, eux qui furent il n’y a pas si longtemps que cela leur semblable. <span id="more-27676"></span>Au cœur des enjeux « simenesques », des enfants innocents, des âmes déçus et aigris et de la rancœur, beaucoup de rancœur. L’adaptation de <em>La Boule noire</em> avec Bernard Campan est particulièrement réussie tout comme <em>La Mort d’Auguste</em> soutenu par un formidable trio composé de Jean-Pierre Darroussin, Bruno Solo et l’omniprésent Antoine Duléry. On peut y observer les plus méprisables comportements de la nature humaine. Jalousie, petites magouilles entre amis, amertume, tout le tableau périodique des défauts. Et c’est un pur régal ! <em>La Fuite de Monsieur Monde</em> avec Bernard Le Coq nous offre le portrait ciselé d’un homme déçu par la médiocrité de sa famille et qui décide sur un coup de tête de tout abandonner et de laisser les siens à leur triste sort (à savoir ne plus les couvrir d’argent et souffrir de leur mauvais caractère). Ces études psychologiques, criantes de vérité, nous sautent à la gueule tant elles semblent nous désigner personnellement. Quoi, moi ? A voir aussi <em>Jusqu’à L’Enfer</em>, <em>En cas de malheur</em>, <em>Les Innocents</em> et une très honorable version de <em>L’Escalier de fer</em> avec Laurent Gerra (si, si!).<br />
Coffret Simenon chez Elephant Films.</p>
<h2>Un peu d’histoire&#8230;</h2>
<p>Au rayon téléfilms et séries estampillées ORTF, célébrons la réédition du feuilleton <em>Les Habits noirs</em> (1967) tiré de la saga littéraire éponyme du romancier Paul Féval. <em>Les Habits noirs</em> raconte les méfaits d’une bande de criminels sous la Restauration. Les 31 épisodes, courts et ramassés, racontent l’essentiel d’une époque troublée où rien ni personne ne semble digne de confiance. Si vous appréciez les séries vintage, le plaisir sera au rendez-vous. Les moyens sont ceux de la télé à la fin des années 1960 mais la qualité des dialogues et les références historiques emportent tout. Autre rareté « académique » issue de la télé française, la série Marie-Antoinette en quatre épisode de 90 minutes par Guy Lefranc vaut le coup d’œil. Si les ambitions formelles classiques peuvent rebuter, les soins apportés aux détails et aux événements font de cette série une référence en la matière et mieux car elle prend le parti de déconstruire l’aspect conte de fées de la vie à Versailles. Au bout du compte, se révèle une furieuse critique contre la monarchie et cette cour de fieffés empotés. Autre perle de la téloche, le téléfilm <em>Cinq-Mars</em> réalisé par Jean-Claude Brialy qui, entre deux cocktails onéreux, se permet le luxe de nous narrer avec brio l’ascension et la chute du préféré de Louis XIII, le bien nommé Henri Coëffier de Ruzé d&#8217;Effiat, marquis de Cinq-Mars qui tenta de fomenter un sale coup contre Richelieu et qui s’en mordit les doigts.<br />
Toutes ces œuvres sont éditées en coffret chez Elephant Films.</p>
<h2>Spike Lee, le community manager</h2>
<p>Avant d’arriver à nos moutons, un mot sur&#8230; <em>When the Levees Broke</em> (<em>Quand les digues ont cédé</em>).<br />
J’ai toujours apprécié le cinéma engagé de Spike Lee même si ses films possèdent quasi tous ce vilain défaut d’être trop long. Mais là, je vous invite et vous incite à goûter (et peut-être découvrir) chaque seconde de son meilleur film, <em>When the Levees Broke</em>, documentaire de près de 4 heures qui raconte avec force minutie les causes et les conséquences qui ont amené la ville de La Nouvelle-Orléans et une partie de la Louisiane à plier &#8211; et rompre &#8211; sous la force de l’ouragan Katrina en 2004. Spike Lee, lui, n’évite rien des problèmes qui ont pu causer cette catastrophe&#8230; évitable ! Politiques, habitants, universitaires, musiciens, hommes, femmes et enfants témoignent dans un flot de colère, de tristesse et d’amour. Voilà le chef-d’œuvre absolu de Spike Lee. Je profite même de cette tribune exceptionnelle sur Grand Écart pour vous conseiller l’immense (et je pèse mes mots !) bande originale du film composée par Terence Blanchard <em>A Tale of God’s Will (A Requiem for Katrina)</em> véritable hommage à la ville et à ses habitants disparus. Terence Blanchard, natif de La Nouvelle-Orléans (qui témoigne avec sa maman) livre une partition des plus délicates jamais entendue sur un label de jazz. Des torrents de larmes, je vous dis. Non, vous ne le regretterez pas.</p>
<p>Donc. Deux (bons) films de Spike Lee arrivent dans des versions certifiées « Haute Qualité » chez Elephant Films. Le premier, <em>Mo’Better Blues</em> raconte le parcours d’un trompettiste de génie, Bleek Gilliam, qui par passion pour la musique et sa musique en arrive à négliger sa famille, ses amis et tout son entourage professionnel. <em>Mo’Better Blues</em> marque la première collaboration « très réussie » entre le cinéaste et Denzel Washington. Le film s’inscrit adroitement dans l’hommage à la culture jazz et la reconnaissance des musiciens noirs au cœur de l’establishment new-yorkais. La Grande Pomme, ici magnifiquement filmée, rayonne de mille feux. Ce second film qui déboule dans les bacs se présente comme l’un des sommets de la carrière de Spike Lee, l’excellent <em>Jungle Fever</em>. A cette époque, Spike Lee enchaîne les succès et après <em>School Daze</em> (1988), <em>Do The Right Thing</em> (1989) et <em>Mo’Better Blues</em> (1990), <em>Jungle Fever</em> (1991) produit une vague d’indignation. En effet, les détracteurs de la culture interraciale voient d’un mauvais œil cette histoire d’amour illégitime entre un architecte noir et sa secrétaire blanche. <em>Jungle Fever</em> s’impose comme le drame du couple dans toute sa splendeur sur fond de préjugés raciaux. <em>Jungle Fever</em> n’est rien de moins qu’un film puissant et fiévreux porté par un Wesley Snipes des grands jours.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant films.</p>
<h2>Du Rififi au <em>New York Sun</em></h2>
<p>Notons la ressortie d’un film oublié de Ron Howard, <em>Le Journal</em>. C’est d’autant plus dommage qu’il soit sorti de nos mémoires car il est sans nul doute l’un des meilleurs films du cinéaste. Nous suivons sur 24 heures la vie trépidante d’Henry Hackett, rédacteur du journal <em>New York Sun</em> qui, harcelé d’un côté par sa chef de service et occupé de l’autre à prendre soin de sa femme qui est sur le point d’accoucher, tente de réfléchir à la place que lui offre le très prestigieux <em>New York Sentinel</em> pendant que se déroule dans les rues de la ville une histoire de meurtre prête à défrayer la chronique. Bref, ça n’arrête pas. Michael Keaton qui endosse le rôle d’Henry Hackett est génialissime. Le casting dans son ensemble, les situations, les dialogues, les rebondissements, les péripéties, c’est du grand art. Si vous désespérez à trouver un bon film sur le journalisme (hors les grands classiques du genre), vous ne saurez être déçus. Voilà une pépite oubliée qui mérite le devant de la scène.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant films.</p>
<h2>Et pour quelques classiques de plus</h2>
<p>Pour terminer cette sélection des plus éclectiques, je vous propose deux longs-métrages réalisés par deux maîtres du septième art. D’abord le thriller sacrément tendu de Gus Van Sant, <em>Prête à tout</em>, où une Nicole Kidman vénale et vénéneuse à souhait décide de se débarrasser de tous ceux et de toutes celles qui pourraient l’empêcher de vivre son rêve. Pour arriver à ses fins, la Nicole, comme on dit en Bourgogne, décide d’engager des petites frappes, des mineurs aussi dangereux que mignons. Trop mignons. Slurp qu’elle fait la Nicole avec sa langue.<br />
Et enfin voilà <em>Blue Collar</em>, le premier film de Paul Schrader en tant que réalisateur, proposé dans une édition digne de ce nom. Comme à son habitude, Schrader, ce vieil anar, nous emporte dans une diatribe antisociale où l’on ne sait plus vraiment qui des ouvriers (les cols bleus), des syndicalistes, des dirigeants ou des politiques sont les plus salauds. Ce pamphlet anticapitaliste avec Richard Pryor, Harvey Keitel et Yaphet Kotto (connu pour son rôle de Parker dans <em>Alien</em> et qui vient tout juste de disparaître) ne semble pas avoir vieilli d’un poil (à gratter). &#8220;Vous êtes tous des cons !&#8221; semble être l’expression favorite de l’artiste depuis près de 50 ans.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
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		<title>Le frichti de l&#8217;hiver 2019-2020 !</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Dec 2019 09:02:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette sélection annonce un hiver rude. C’est la raison pour laquelle celle-ci est chaude et épaisse. Vous retrouverez Magnum, toujours aussi bien gaulé, du western politique et engagé et des thrillers en mode <em>seventies</em> sacrément burnés. De quoi passer les semaines qui arrivent tranquille sous la couette !</strong></p>
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<h2><em>Magnum P.I</em> saison 7</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/magnum-pi-saison-7.jpg" alt="Tom Selleck dans Magnum" width="202" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27298" />Cette septième saison de <em>Magnum</em> est un véritable crève-cœur, pas un beau gâchis mais un petit gâchis. On sait qu’elle devait être la dernière. En effet, nous sommes à la fin des années 1980 et Tom Selleck, qui en a ras la moustache, espère enfin se faire un nom au cinéma. Donald Bellisario, quant à lui, le scénariste et producteur, est parti sur d’autres aventures laissant son petit personnel gérer la boutique et les intrigues. Du coup, on se retrouve avec une quantité d’épisodes sans âme ni saveur, un peu comme si tout le monde avait lâché l’affaire. Toutefois, un épisode particulièrement sort du lot ; l’épisode 6, <em>Comptes et comptines</em>, où, alors qu’il fait ses comptes, Magnum reçoit un appel mystérieux. Un homme le menace, utilisant comme message une comptine… Caméra à l’épaule, gros plans, tensions à donf, musique de Phil Collins, cet épisode est une merveille. On se croirait dans le <em>Manhunter</em> goupillé par Michael Mann la même année. Formidable ! L’épisode suivant, tout en rupture, voit l’arrivée de Lily, la fille du détective. Magnum apprend qu’il est père mais semble s’en moquer. Troublant. Et puis le fameux épisode 9, un cross-over avec Angela Lansbury d’<em>Arabesque</em> ! Du cross-over gériatrique par excellence ! L’épisode 17, intitulé <em>Laura</em>, accueille Frank Sinatra en guest dans le rôle d’un vieux détective à la recherche de sa petite fille. Excellent et émouvant. Ouf, l’honneur est sauf. Cette saison 7 n’est pas honteuse, elle a juste perdu son mojo. Le dernier épisode, cataclysmique, a tellement fait gueuler les fans, qu’une saison 8 fut commandée en urgence et je vous en parlerai bientôt. Youpi. <span id="more-27294"></span><br />
<em>Coffret en blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h2>Du western et encore du western !</h2>
<h3><em>Le Retour des Texas Rangers</em> réalisé par James P. Hogan avec Ellen Drew, John Howard, Akim Tamiroff… </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/retour-texas-rangers.jpg" alt="Le Retour des Texas Rangers" width="250" height="190" class="alignleft size-full wp-image-27299" />Au début des années 1930, dans le grand ouest américain, du bétail est dérobé au ranch White Sage. Les Texas Rangers sont appelés à la rescousse. Pour arrêter les coupables, ils vont devoir faire preuve d’ingéniosité et braver le danger : ils tentent de s’infiltrer dans le gang des voleurs de bétail…<br />
<em>Le Retour des Texas Rangers</em> est ce que l’on appelle un western de ranch où les grands propriétaires terriens ont maille à partir avec les voleurs de bétails. Le film s’intéresse avant tout à cette mythique brigade de police, les « Texas Rangers », née dans la première moitié du XIXe siècle au Texas et dont les membres éminents s’occupaient essentiellement des affaires sensibles comme les meurtres. Pour d’obscures raisons politiques, leur brigade fut un temps dissoute et il ne serait pas étonnant qu’à l’époque où l’intrigue se déroule elle n’était pas encore reformée. Bref, nous voilà plongés dans l’Amérique des années 1930, une Amérique défaite par la crise et les resquilles, une Amérique où les héros populaires s’appellent « Bonnie and Clyde ». Si le film ne casse pas des briques, il s’inscrit dans une veine noire où tout paraît désenchanté. Une vraie curiosité.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Vengeance mexicaine</em> réalisé par Fred Schepisi avec Willie Nelson, Gary Busey&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/vengeance-mexicaine-fred-schepisi.jpg" alt="Vengeance Mexicaine" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27300" />Dans un Texas pré-guerre civile, un jeune homme tue par accident son beau-frère et doit fuir au Mexique. Peu de temps après, il fait la connaissance de Barbarosa, un hors-la-loi. Les deux hommes font équipe malgré le mode de vie de Barbarosa. Le vieil hors-la-loi conseille de revenir au Texas : c’est bien la vengeance qui les unit avant tout.<br />
<em>Vengeance mexicaine</em> est un superbe western, très graphique, superbement éclairé et marqué par des tons rocailleux qui donnent une pépie du diable. Pensez à prendre une bouteille d’eau ! La musique envoûtante renforce d’autant plus la présence de l’environnement et de la nature. Vous l’aurez compris, les extérieurs jouent un rôle considérable dans cette histoire de filiation d’un bandit et de son apprenti. L’intrigue plutôt basique &#8211; prendre aux riches pour donner aux pauvres &#8211; évite toutes fioritures. La distribution impeccable, Willy Nelson en tête (qui coproduit), parachève l’efficacité d’un projet qui n’était pas franchement gagné d’avance. C’est sec et franc du collier ! Comme on aime.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Sur le territoire des Comanches</em> réalisé par George Sherman avec Maureen O’Hara, MacDonald Carey&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/sur-le-territoire-des-comanches-film.jpg" alt="Sur le territoire des Comanches" width="185" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27301" />Un traité de paix est signé avec les Comanches interdisant l&#8217;accès à leur terre. Mais alors qu&#8217;un gisement d&#8217;argent est découvert sur leur territoire, les colons installés dans les environs sont de plus en plus envieux. Jim Bowie est envoyé par le président pour s&#8217;assurer que les accords sont respectés. Katie Howard, la tenancière du saloon, veut attaquer les Comanches et s&#8217;emparer des richesses&#8230;<br />
<em>Sur le territoire des Comanches</em> qui revient sur la spoliation des terres indiennes par ces satanés colons est un petit western politique qui n’y va pas avec le dos de la cuillère pour raconter la grande histoire de l’ouest américain. On y voit les Indiens se faire joyeusement manipuler en toute confiance avant de fomenter une vengeance qui arrivera bien trop tard. Du classique de chez classique, bien troussé par un George Sherman des grands jours.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em><br />
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<h3><em>La Belle rousse du Wyoming</em> réalisé par Lee Sholem avec Maureen O’Hara, Alex Nicol&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/la-belle-rousse-du-wyoming.jpg" alt="La Belle Rousse du Wyoming" width="161" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27302" />Le grand ouest américain : nouveaux colons et anciens rangers livrent un combat acharné concernant le bétail, véritable richesse. En plein milieu des fortes tensions, un shérif tente de s&#8217;interposer quand un homme d&#8217;affaires, associé à une femme mystérieuse, essaie de gagner la confiance des colons pour gagner beaucoup d&#8217;argent&#8230;<br />
<em>La Belle rousse du Wyoming</em> ravira les fans de John Ford et des westerns de grande ampleur. On y parle une nouvelle fois de la guerre entre propriétaires terriens qui tentent coûte que coûte de s’accaparer le moindre lopin de terre afin d’y faire paître le bétail. Sur le fond, c’est du solide et sur la forme, on respire la fraîcheur des prairies du Wyoming à plein poumon. Un western à papa rudement dépaysant à regarder avec maman.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h3><em>Sans peur, sans pitié</em> réalisé par Lima Barreto avec Alberto Ruschel, Marisa Prado, Juan-Nicola Bernico, Melania Carpentiero, Matteo Menossi et Cedrico Janeti&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/sans-peur-sans-pitie-congaceiro.jpg" alt="Sans peur, sans pitié" width="160" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27303" />Un gang de Cangaceiro, des bandits du nord-est du Brésil, kidnappe une institutrice venant d&#8217;un petit village, Olivia. Un des membres, Teodoro, fait peu à peu sa connaissance et tombe éperdument amoureux. Ce qui ne plaît pas au chef de la bande, sans peur et sans pitié&#8230;<br />
Il faut savoir que <em>Sans Peur, sans pitié</em> (sorti en 1953) se présente comme l’un des plus grands succès du cinéma brésilien de l’après-guerre. Au Brésil, on considère le film comme un impérissable chef-d’œuvre au même titre que <em>Mon curé chez les nudistes</em> en France. Si l’on prend le recul nécessaire, on se rend assez vite compte que l’on ne tient pas une pièce maîtresse comparable à <em>Lawrence d’Arabie</em>. Pourtant cette histoire de bandit d’honneur, comme dirait Jean-Pierre Dionnet, ne manque pas de panache ! La présence puissante de la nature et les caractères bien trempés des hommes qui la foulent composent un tableau des plus sauvages sur la vie des Cangaceiro à la charnière des XIXe et XXe siècle. Voilà le western révolutionnaire que vous devez absolument avoir vu.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h2>Du frisson, de l’angoisse et des thrillers mode 70’s !</h2>
<h3><em>Le Voyage des damnés</em> réalisé par Stuart Rosenberg avec Faye Dunaway, Max von Sydow&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/voyage-des-damnes.jpg" alt="Le Voyage des damnés" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27304" />1939, le SS Saint Louis quitte Hambourg pour Cuba avec à bord 937 réfugiés juifs. Ni Cuba, ni les Etats-Unis ne veulent les accueillir. Contraint de faire demi-tour, les officiers américains reçoivent une lettre signée de la main de plus de 200 juifs : s&#8217;ils ne trouvent pas refuge quelque part, ils menacent de collectivement mettre fin à leur jour.<br />
Que j’aime ce film ! Au-delà de la tragédie qui touche les passagers, <em>Le Voyage des damnés</em> propose comme dans tout grand film choral une série de portraits qui balayent à peu près tout ce que la nature humaine compte de sensibles, de traîtres, d’envieux, de naïfs, d’altruistes, de braves, de cons&#8230; Cette croisière maudite analyse avec sagesse ce que hommes et femmes sont capables de produire quand ils et elles sont acculé·e·s par des événements qui les dépassent. Le suspense est rude et le drame limite insoutenable. Je compare ce film à un opéra. Et je vous le recommande.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Le Pont de Cassandra</em> réalisé par George Pan Costamos avec Richard Harris, Sophia Loren&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/pont-de-cassandra.jpg" alt="Le Pont de Cassandra" width="187" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27305" />Genève. Trois terroristes sont surpris dans un laboratoire de l&#8217;Organisation mondiale de la santé, qu&#8217;ils s&#8217;apprêtaient à faire sauter. L&#8217;un d&#8217;entre eux parvient à s&#8217;enfuir et monte dans le Continental Express en partance pour Stockholm. Le fugitif est une véritable bombe ambulante. Eclaboussé lors de la fusillade par des liquides contenus dans des flacons brisés, il vient en effet d&#8217;être contaminé par le virus, terriblement contagieux, de la peste pulmonaire&#8230;<br />
<em>Le Pont de Cassandra</em> est un film catastrophe trop méconnu et c’est dommage car il tient sans contestation possible la dragée haute à bien des oeuvres contemporaines du même acabit. Spécialiste des films d’action, bon faiseur (toutefois un cran en dessous d’un John Frankenheimer), George Pan Costamos goupille un thriller bourré de suspense et de scènes ultra spectaculaires. Durant près de deux heures, on passe d’une salle de commandement aux wagons bondés par des voyageurs transis de trouille. Evidemment, tout est prétexte à faire tourner le chronomètre ! Et ça fonctionne. Du cinéma bien bonnard.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Saturn 3</em> réalisé par Stanley Donen avec Kirk Douglas, Harvey Keitel et Farrah Fawcett&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/saturn-3-stanley-donen.jpg" alt="Saturn 3, de Stanley Donen" width="250" height="126" class="alignleft size-full wp-image-27315" />Adam et Alex, deux scientifiques, vivent seuls sur la station spatiale Saturn 3. Leur mission : trouver de nouvelles sources de nourriture pour une Terre dévastée. Mais cette vie idyllique est mise en danger avec l&#8217;arrivée du capitaine James qui, bientôt, construit un robot destructeur : Hector. Le capitaine tombe amoureux d&#8217;Alex et ne souhaite qu&#8217;une chose : éliminer Adam&#8230;<br />
Bordel mais que c’est nul. J’ai dû ronfler car la gorge me gratte.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h2>Alerte Films coup de coeur</h2>
<h3><em>Danger, planète inconnue</em> réalisé par Robert Parrish avec Roy Thinnes, Ian Hendry&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/danger-planete-inconnue.jpg" alt="Danger, planète inconnue" width="189" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27306" />Le centre spatial Eurosec dirigé par Jason Webb vient de faire une découverte qui va bouleverser toutes les théories scientifiques. Une sonde spatiale a détecté une planète inconnue de l&#8217;autre coté du soleil possédant la même orbite que la Terre. Le colonel Glenn Ross, un astronaute aguerri, et John Kane, un scientifique anglais sont alors envoyés en mission d&#8217;exploration sur cette étrange planète qui semble être la soeur jumelle de notre planète. Mais l&#8217;expédition tourne mal&#8230;<br />
<em>Danger, planète inconnue</em> est un petit chef-d’œuvre de la science-fiction produit par Silvia et Gerry Anderson, les parents de la merveilleuse série <em>Les Sentinelles de l’air</em>. Je vous prie de croire que les décors sont d’une beauté à couper le souffle. Les bâtiments scientifiques, les vaisseaux spatiaux, les décors intérieurs et extérieurs, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté. Et ce scénario torturé du bulbe qui peut se lire de mille façons. A l’envers, à l’endroit, par devant et par derrière ! De la folie pure. Je vous en conjure, jetez-vous sur ce bijou vintage, vous ne le regretterez pas !<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Ces garçons qui venaient du Brésil</em> réalisé par Franklin J. Schaffner avec Laurence Olivier, Gregory Peck&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/ces-garcons-qui-venaient-du-bresil-franklin-schaffner.jpg" alt="Ces garçons qui venaient du Brésil, de Franklin Schaffner" width="250" height="167" class="alignleft size-full wp-image-27307" />Au début des années 1970, Ezra Lieberman, qui traque depuis plus de vingt ans les criminels nazis, reçoit d&#8217;inquiétantes informations en provenance du Paraguay : le sinistre docteur Josef Mengele, responsable de monstrueuses expériences à Auschwitz, aurait injecté des cellules vivantes, prélevées sur Hitler, à une centaine de femmes dans le but d&#8217;assurer au Führer une descendance&#8230;<br />
Voilà un thriller culte par excellence (au même titre que <em>Marathon Man</em> sorti deux ans auparavant à qui il fait irrémédiablement écho ; regardez la distribution …) qui se réapproprie l’Histoire sans la dénaturer (du révisionnisme de bon aloi). L’intrigue qui tourne autour de la manipulation génétique, et qui semble capillotractée jusqu’à l’outrance, paraît aujourd’hui carrément plausible. Le film fiche la trouille car il présente les multiples figures de la folie dans des scènes d’action savamment dosées. Chaque personnage joue sa partition avec un vrai sens du rythme. Durant les deux heures que dure <em>Ces garçons qui venaient du Brésil</em>, on se sent pris au piège, avec l’envie que le cauchemar s’arrête et fissa. Un classique.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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		<title>Magnum : retour à Hawaï !</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/magnum-pi-hawai-tom-selleck-john-hillerman-higgins-saison-4-5-dvd/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Jun 2019 17:19:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[série]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Selleck]]></category>

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		<description><![CDATA[Après les chefs-d’œuvre cannois, revenons à des considérations plus terre à terre ; la télé, les années 1980, une paire de moustaches, Higgins, Zeus, Apollon...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après les chefs-d’œuvre cannois, revenons à des considérations plus terre à terre ; la télé, les années 1980, une paire de moustaches, Higgins, Zeus, Apollon&#8230;</strong></p>
<h2><em>Magnum P.I.</em> saison 4</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/06/magnum-saison-4-tom-selleck-roger-mosley.jpg" alt="Magnum" width="280" height="207" class="alignleft size-full wp-image-27198" />La saison 4 des aventures de notre détective moustachu chéri et préféré est sans doute l’une des meilleures car l’une des plus profondes. Après une soixantaine d’histoires, où les arcs narratifs de chacun des personnages semblent enfin parfaitement posés, place aux épisodes qui font la part belle à l’introspection et aux remises en question. Pour rappel, les trois premières saisons insistaient davantage sur l’histoire d’Hawaï au sortir de la Seconde Guerre mondiale (entre croissance du tourisme de masse et croissance des conflits migratoires) et sur les traumas psychologiques vécus par Magnum, Rick et T.C. durant la guerre du Vietnam. A ce propos, le créateur et scénariste de la série, Donald Bellisario, déclare dans une récente interview disponible dans les bonus que <em>Magnum P.I.</em> valait plus qu’un soupçon de coolitude et qu’envisager à l’époque une étude critique de l’Amérique à fric des années Carter et Reagan n’était pas du luxe ! Bellisario, nabab parmi les nababs et aujourd’hui 83 ans au compteur, a toujours possédé ce sens de la formule et des réalités qui lui garantissent encore fortune et succès. Bref, cette quatrième saison se distingue par des scénarios qui ciblent davantage les histoires personnelles et familiales de Rick, Higgins, T.C. et Magnum.<br />
L’épisode 1, <em>Record battu</em>, se présente comme le plus emblématique de ce nouveau virage où confronté à une mort imminente, le héros se met à nu : parti faire du surf en solitaire, Magnum est pris dans un courant qui l’entraîne au large. A bout de forces, il se remémore quelques instants de son enfance… L’épisode 6, <em>Lettre à la duchesse</em> nous régale pour son flot de sarcasmes : Higgins, ravi d’accueillir lady Wilkerson à la propriété, lui propose de l’aider à vendre ses bijoux. Il tombe rapidement amoureux de la belle mais, hélas, elle n’a d’yeux que pour Magnum. Quelques jours plus tard, lady Wilkerson est enlevée… L’épisode 8, <em>La Dette</em>, nous présente toute la puissance de caractère de T.C., perso plutôt modéré d’ordinaire : au volant de la Ferrari de Robin, T.C. renverse un vétéran du Vietnam membre de la compagnie Delta 41, Léon Blatt. Boxeur déchu, celui-ci se produit désormais dans des tournées minables. T.C. décide de l’aider… L’épisode 11, <em>Le Prince de Jororo</em>, le plus émouvant, étonne par son absence de concessions et sa fin dramatique : Magnum assure la sécurité de Danny Lin, enfant de huit ans héritier du royaume du Jororo, venu à Hawaï avec son équipe de base-ball. On tente de l’assassiner…<br />
Si on sort un peu lessivés de ces 21 épisodes, le ton mélancolique apporte un indéniable supplément d’âme aux événements qui s’y déroulent. </p>
<h2><em>Magnum P.I.</em> saison 5</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/06/magnum-john-higgins-hillerman-saison-4.jpg" alt="Magnum" width="280" height="183" class="alignleft size-full wp-image-27199" />Et (re)voilà qu’à l’instar de la sous-préfète arrive la cinquième saison… Une saison bien plus fun et surprenante que la précédente mais pas moins enthousiasmante ! Les deux premiers épisodes, <em>Prémonitions</em>, resteront à jamais gravés au panthéon de l’histoire télévisuelle car ils nous gratifient de l’auguste présence de Sharon Stone, une Sharon Stone dans un double rôle de… sœurs jumelles ! Oui, vous avez bien lu, soeurs jumelles. Sharon Stone, pas encore Catherine Tramell mais vénéneuse à souhait, dégage un tel magnétisme qu’elle bouffe véritablement l’écran, éclipsant tous les autres protagonistes. Seul Higgins et ses formes généreuses rivalisent de beauté. Et puis déboule cet épisode 3, <em>Réapparition</em>, épisode pivot totalement surréaliste, où Magnum décide que son ancien ami Mac, disparu quelques années plus tôt dans une explosion, vivra désormais dans les traits de son sosie ! L’effet escompté fonctionne à merveille car à ce moment précis nous nous rendons compte du nouveau traumatisme vécu par le détective en nous rendant complices de ses hallucinations. Sous les couches de déconnade et de second degré se dessine tout simplement l’impossibilité de faire son deuil. Une idée géniale du producteur et scénariste Donald Bellisario. S’ensuit une palanquée d’épisodes où la rivalité entre Higgins et Magnum poussée à son paroxysme délivre des échanges d’une folle drôlerie ! Ahaha voilà ce que provoque la folle drôlerie sur nos zygomatiques. Jusqu’aux épisodes 15 et 16, <em>Tous pour un</em>, qui rompent l’ambiance hawaïenne pour nous emmener au Cambodge dans une périlleuse mission de sauvetage.<br />
Mac et Carole, deux proches de Magnum, jouent un rôle prépondérant dans l’intensité humoristique et la dramatisation de cette cinquième saison, encore meilleure que la précédente. Voilà qui promet pour la sixième ! </p>
<p>&nbsp;<br />
Magnum <em>(Magnum P.I.) de Glen A. Larson et Donald P. Bellisario, avec Tom Selleck, John Hillerman, Larry Manetti, Roger E. Mosley&#8230; Etats-Unis, 1980-1988.</em></p>
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		<title>Les Siffleurs, de Corneliu Porumboiu</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2019 07:11:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Là-haut sur la colline</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Les-Siffleurs.jpg" alt="Les Siffleurs, de Corneliu Porumboiu" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-27091" />Les premières notes de <em>I’m a Passenger</em> d’Iggy Pop se font entendre alors que Cristi et son air soupçonneux débarquent aux Canaries. Le ton est donné. <em>Les Siffleurs</em> sera décalé, drôle, entraînant. Corneliu Porumboiu poursuit son travail d’exploration du langage et de la corruption, entamé avec <em>12h08 à l’est de Bucarest</em> et <em>Policier, adjectif</em>. Cette fois, le langage est sifflé, et ainsi secret, et si le flic corrompu se rend sur l’île de La Gomera, c’est pour l’apprendre. Un lieu au nom bien choisi pour appréhender les rudiments d’une langue vouée à converser avec la mafia. Car si le langage intéresse le cinéaste, la corruption est l’autre thème de son cinéma. Plus qu’une dénonciation, elle sert ici de cadre à un polar efficace. Construit en flash-backs et chapitres colorés autour de chacun des personnages, <em>Les Siffleurs</em> se dévoile peu à peu, par bribes, dans des séquences courtes, percutantes, parfois abruptes. Corneliu Porumboiu amuse, surprend, détourne. On pense autant à Hitchcock &#8211; à Doris Day et son <em>Que sera sera</em>, tant la musique est utilisée comme code, comme au motel de Norman Bates, dans un clin d’oeil savoureux &#8211; qu’aux films noirs, avec un rôle de femme fatale (la bien nommée Gilda), qui ne dévoile jamais vraiment son jeu. Pourtant, loin d’être écrasé par les conventions et références qu’il convoque, Corneliu Porumboiu parvient à signer un film original, maîtrisé de bout en bout. A l’image de son personnage principal, spectateur averti qui enregistre les codes pour mieux les retourner à son avantage.<br />
&nbsp;<br />
Les Siffleurs<em> de Corneliu Porumboiu, avec Vlad Ivanov, Catrinel Marlon, Sabin Tambrea, Rodica Lazar&#8230; Roumanie, France, 2019. En compétition du 72e Festival de Cannes</em></p>
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		<title>Everybody Knows, d&#8217;Asghar Farhadi</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2018 00:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On ne sait pas pourquoi le titre original, en espagnol, a été traduit en anglais pour la sortie française, mais le résultat est le même : <em>Todos lo saben</em>, <em>Everybody Knows</em>, oui tout le monde le sait...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sagesse populaire</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-26212" alt="Everybody Knows" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/everybody-knows.jpeg" width="206" height="280" />On ne sait pas pourquoi le titre original, en espagnol, a été traduit en anglais pour la sortie française, mais le résultat est le même : <em>Todos lo saben</em>, <em>Everybody Knows</em>, oui tout le monde le sait. Tout le monde sait quoi ? C’est justement l’objet du premier film d’Asghar Farhadi sans lien avec l’Iran. A la manière d’un Woody Allen de l’autre côté du monde, le cinéaste vient poser sa caméra en Espagne, filmer les rapports forcément plus <em>caliente</em> entre Penelope Cruz et Javier Bardem dans leur langue maternelle. Ici, elle est Laura, une jeune mère de famille de retour au pays natal pour le mariage de sa soeur ; il est Paco, son amour de jeunesse, vigneron et (soi-disant) ami de la famille. Sous la lumière dorée du soleil espagnol, tout ce petit monde est heureux de se retrouver, de constater que les enfants ont grandi, les parents vieilli, et que les mémoires sont intactes. Tous les invités de la noce, jusqu’aux piliers de comptoir du village, se souviennent de la jeunesse des deux protagonistes, tout comme de la manière par laquelle Paco a acquis ses terres. Bon, une fois ce petit tableau dressé, la suite, ce que tout le monde sait, donc, n’est pas bien difficile à deviner. Asghar Farhadi nous la révèle pourtant bien tardivement, une fois que l’ambiance festive a viré au tragique avec l’enlèvement d’une adolescente, comme s’il s’agissait là du point d’orgue du film. On se retrouve à suivre une enquête (presque) sans police, dont on possède déjà les indices fournis au compte-goutte. <span id="more-26211"></span>Entre <em>Columbo</em> (où le spectateur a un coup d’avance sur l’enquêteur) et <em>Derrick</em> (l’ancêtre de Captain Obvious), tant la révélation de l’identité du criminel importe peu (et non, ce n’est pas Nordahl Lelandais). Pendant ce temps, Penelope Cruz pleure à merveille et Javier Bardem endosse parfaitement le rôle du type un peu rustre mais sensible. Tout cela est bien exécuté, chacun tient son rang, mais pour une histoire finalement vaine. Les secrets enfouis ne l’étaient pas tant que ça &#8211; c’est dans le titre &#8211; et la révélation finale semble n’intéresser personne, y compris le réalisateur, qui expédie la séquence de la découverte du coupable, parce qu’il fallait bien y passer. Une montagne, si jolie soit-elle, qui accouche d’une souris &#8211; laquelle s’échappe bien vite. Tout ça pour ça. Plus que Woody Allen et sa tournée européenne, Asghar Farhadi serait peut-être le nouveau Claude Lelouch et ses films choraux dont on oublie tout (et pourtant&#8230; tout le monde le sait).<br />
&nbsp;<br />
Everybody Knows<em> (Todos lo saben) d&#8217;Asghar Farhadi, avec Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin… Espagne, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. Sortie le 8 mai 2018.</em></p>
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		<title>Good Time, de Benny et Josh Safdie</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 16:04:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Pattin sonne</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/good-time-benny-josh-safdie-robert-pattinson-cannes-2017.jpg" alt="Good Time, de Benny et Josh Safdie" width="280" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25534" />Dans vingt ans, quand on se penchera sur la carrière florissante de Kristen Stewart et de Robert Pattinson, qu&#8217;on les comparera à Nicole Kidman et Leonardo DiCaprio, on s&#8217;amusera de leurs débuts : personne n&#8217;aurait vu dans leurs mièvreries romantico-fantastiques (<em>Twilight</em>, quand même cinq épisodes) les prémices d&#8217;une grande carrière de comédien. Et pourtant, Stewart a trouvé en Assayas un pygmalion exigeant (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/sils-maria-assayas-binoche-kristen-stewart/" title="Sils Maria, de Olivier Assayas">Sils Maria</a></em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/personal-shopper-dolivier-assayas/" title="Personal Shopper, d’Olivier Assayas">Personal Shopper</a></em>), quand Robert Pattinson s&#8217;est éloigné de son rôle de beau gosse chez Cronenberg (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cosmopolis-david-cronenberg/" title="Cosmopolis, de David Cronenberg">Cosmopolis</a></em>) et désormais chez les frères Safdie avec ce <em>Good Time</em> dopé à l&#8217;acide. Robert Pattinson y est éblouissant dans le rôle de Connie, petit délinquant toxique qui prend soin à sa façon de Nick, son frère handicapé mental (incarné à l&#8217;écran par Benny Safdie), au point de le confondre avec un autre à l&#8217;hôpital. Absurde. </p>
<p>Sorte d&#8217;<em>After Hours</em> poisseux, <em>Good Time</em> est le récit d&#8217;une nuit pendant laquelle Connie va essayer de sortir Nick de prison après un braquage raté. Connie erre dans les bas-fonds new-yorkais, à la recherche d&#8217;une solution foireuse à son problème et à la rencontre d&#8217;autres marginaux laissés pour compte, comme lui. Le quatrième long-métrage de Benny et Josh Safdie est aussi rythmé qu&#8217;imprévisible, les frères réalisateurs ajoutant au polar une bonne dose d&#8217;humour très noir. Et brouillent efficacement les pistes sur leurs intentions et celles de leurs personnages. <em>Good Time</em> est un morceau de cinéma insaisissable qu&#8217;on s&#8217;amusera dans vingt ans à voir comme le tournant de Robert Pattinson, mais aussi comme l&#8217;éclatante mise en lumière, tardive et méritée, du talent de la fratrie Safdie.</p>
<p>&nbsp;<br />
Good Time <em>de Benny et Josh Safdie, avec Robert Pattinson, Jennifer Jason Leigh, Benny Safdie, Buddy Duress&#8230; Etats-Unis, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes. Sortie le 11 octobre 2017.</em></p>
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		<title>Little big movies !</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Mar 2017 14:55:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici quelques idées pour bien terminer l’hiver et préparer le printemps. D’abord, un magnifique coffret qui nous enlève ce qui est vain et secondaire. Quatre polars qui donnent le froid...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Voici quelques idées pour bien terminer l’hiver et préparer le printemps. D’abord, un magnifique coffret qui nous enlève ce qui est vain et secondaire. Quatre polars qui donnent le froid pour qu’on aime la flamme. Quatre raretés fantastiques pour que nous aimions aujourd’hui oublier les toujours.<br />
C’est LE papier qui vous donnera l’envie d’avoir envie. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Il était une fois le cinéma :<br />
Coffret « Un Film et son époque »</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/un-film-une-epoque-cinema-montparnasse.jpg" alt="Un film et son époque" title="Un film et son époque" width="205" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24877" /><em>Un Film et son époque</em>, c’est quoi ? Comment ça marche ? Michel Chevalet tiendrait à peu près ce langage s’il tenait la rubrique « cinéma » sur LCI. Eh bien, <em>Un Film et son époque</em> est un imposant coffret où reposent 10 galettes composées de 20 documentaires de 52 minutes sur 20 longs-métrages majeurs. Ça en jette ?<br />
Chaque documentaire propose un angle de vue singulier visant à mettre en valeur le caractère remarquable d’un film dans son époque. Croyez-le ou non mais Serge July et Marie Genin réussissent 20 fois le tour de force de ne jamais nous lasser. Pas une fois, on s’interroge sur la pénible sensation de « déjà-vu ». Sur le fond, les témoignages et les propositions d’analyse sont assez pédagogiques et ludiques pour titiller notre curiosité jusqu’à donner l’envie de voir ou revoir les films, voire même les apprécier sous un nouveau jour. Mission réussie ! Cette invitation au partage culturel réside dans une formule simple ; on se sent toujours concernés par les propos des intervenants. C’est à la fois pointu et très accessible. Comprendre la genèse de certaines œuvres, leur impact auprès du public et des institutions ne nécessite pas de faire partie d’un réseau d’initiés ! Si tous les films sélectionnés ont laissé des traces dans la mémoire collective, c’est parce qu’ils dégagent cette puissance universelle typique des grandes œuvres. Tous émettent un écho reconnaissable. Tous nous interpellent. Tous aiguisent notre sensibilité. <span id="more-24839"></span><br />
Vous apprendrez mille anecdotes sur Billy Wilder, Sydney Pollack, Maurice Pialat ou Michael Haneke. Vous saurez pourquoi <em>Vol au dessus d’un nid de coucou</em> et <em>Le Charme discret de la bourgeoisie</em> ont tant chagriné les esprits étriqués. Vous apprécierez toutes les subtilités qui caractérisent une œuvre classique et une œuvre culte. Je ne suis peut-être pas Michel Chevalet mais ce coffret est un bien bel objet. Et ça, c’est Pierre Bellemare qui vous le dit !<br />
<em>Disponible en DVD aux Editions Montparnasse.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Sunset Polar</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/on-ne-joue-pas-avec-le-crime-phil-karlson.jpg" alt="On ne joue pas avec le crime, de Phil Karlson" title="On ne joue pas avec le crime, de Phil Karlson" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24876" /><strong><em>On ne joue pas avec le crime</em>, réalisé par Phil Karlson avec Guy Madison, Brian Keith, Kerwin Mathews&#8230;</strong><br />
A Reno, deuxième capitale américaine du jeu après Las Vegas, quatre amis, vétérans de la guerre de Corée, parient de réussir le braquage de l’un des plus importants casinos de la ville. Leur objectif : franchir toutes les mesures de sécurité et ensuite rendre le butin. Leur plan ne se déroule pas précisément comme prévu…<br />
Un petit polar pas très intéressant ni très palpitant. Tout ce qui concerne la préparation du braquage manque de rythme et d’enjeux (Rappelez-vous les ennuyeuses expositions qui plombent les films de super-héros. Eh bien là, c’est un peu pareil !) comme si nous étions simplement préparés à vivre le casse du « Petit Casino » de la rue des Martyrs. Pour la faire courte, la mise en condition du spectateur est plutôt ratée ! On voit que Phil Karlson manque cruellement de budget et d’idées pour nous mettre l’eau à la bouche. Toutefois, une fois dans les couloirs de l’établissement (le vrai, pas la supérette !), les péripéties s’enchaînent et l’on retrouve un tempo et une fluidité qui redonnent foi dans le genre. Dommage que le scénario ne s’amuse pas assez de la dextérité de ces protagonistes. <em>On ne joue pas avec le crime</em> pèche par manque d’ambition. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/ronde-crime-don-siegel.jpg" alt="La Ronde du crime, de Don Siegel" title="La Ronde du crime, de Don Siegel"  width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24878" /><strong><em>La Ronde du crime</em>, réalisé par Don Siegel avec Eli Wallach, Brian Keith&#8230; </strong><br />
Une bande de trafiquants d’héroïne a trouvé un moyen astucieux de faire passer la drogue. Ils la cachent dans des objets achetés par les touristes. Lorsque ces derniers reviennent à San Francisco, ils sont pris en filature par plusieurs complices des passeurs pour récupérer le précieux chargement. Deux de ces hommes, Dancer, un psychopathe extraverti, et Julian, un homme froid et calculateur, doivent reprendre la poudre à trois personnes qui viennent de débarquer, mais la police a découvert la manœuvre&#8230;<br />
<em>La Ronde du crime</em> est un polar noir qui a du corps. Dès les premières secondes, une course-poursuite s’engage, des coups de feu retentissent, un corps gît sur la chaussée. En moins de temps qu&#8217;il ne faut pour le dire, les inspecteurs de police sapés comme des princes débarquent toutes sirènes hurlantes. Le charme opère immédiatement parce qu’aucun des personnages, bandits ou hommes de loi, ne donnent véritablement confiance. L’incertitude et le danger sont omniprésents. Alors chacun joue double jeu espérant tirer avantage de la faiblesse de son adversaire. Au gré de l’enquête, les prédateurs deviennent des proies et les proies deviennent des prédateurs. Oui, les comédiens assurent comme des bêtes. Voilà un polar comme on les aime, mitonné aux petits oignons. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/plomb-pour-inspecteur-richard-quine.jpg" alt="Du plomb pour l&#039;inspecteur, de Richard Quine" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24874" /><strong><em>Du plomb pour l’inspecteur</em>, réalisé par Richard Quine avec Fred MacMurray, Kim Novak&#8230;</strong><br />
Des braqueurs tuent un vigile avant de prendre la fuite avec leur butin. Un inspecteur infiltré surveille la maîtresse de l’un d’eux. Mais l’amour entre en jeu. Et il est coincé entre gangster et policiers, sa vie est en jeu.<br />
Drôle d’ambiance. Le cinéaste Richard Quine, raide dingue de Kim Novak, confond la réalité et la fiction et peine à cacher ses sentiments. Avec sa grosse caméra, il caresse sa muse et la rend femme fatale. Dans les bonus, Maître Tavernier revient avec de bouleversantes anecdotes sur cette divine idylle. <em>Du plomb pour l’inspecteur</em> fait partie de ces polars fiévreux où les héros, tous soumis à une extrême tension, rendent la moindre scène névralgique. La romance interdite entre le flic et la mauvaise fille nous met les nerfs à rude épreuve. Eh oui, on se laisse prendre au jeu des sentiments illusoires, on se laisse gentiment berner avant que la véritable nature des personnages ne nous rattrape et ne les rattrape. C’est fin et malin. Grand film. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/kimono-pourpre-fuller.jpg" alt="Le Kimono pourpre, de Samuel Fuller" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24873" /><strong><em>Le Kimono pourpre</em>, réalisé par Samuel Fuller avec James Shigeta, Glenn Corbett, Victoria Shaw&#8230;</strong><br />
Deux inspecteurs inséparables depuis la guerre de Corée recherchent le tueur d’une strip-teaseuse dans Little Tokyo, le quartier japonais de Los Angeles ; le seul indice est une photo de la danseuse assassinée en Kimono rouge.<br />
Le grand Sam montre tout son savoir-faire &#8211; et son génie &#8211; dans ce polar quasiment inconnu du grand public et resté invisible pendant des décennies. Samuel Fuller, cinéaste sans concession(s) qui n’est pas du genre à jouer avec les artifices, nous offre l’une des plus belles immersions connues (à la limite du documentaire) du Little Tokyo de l’après-guerre. C’est ce que l’on appelle un réalisme confondant.<br />
Comme d’hab’, les rapports entre les protagonistes sont douloureux. Victoria Shaw, actrice australienne qui connaîtra une toute petite carrière, inonde l’écran de sa beauté. <em>Le Kimono pourpre</em>, c’est le film anti-système, l’œuvre anti-hollywoodienne par excellence. Une grande redécouverte.<br />
<em>Disponibles en DVD chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>C’est dans les vieux pots&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/ile-docteur-moreau-erle-kenton.jpg" alt="L&#039;Ile du docteur Moreau, d&#039;Erle Kenton" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24870" /><strong><em>L’Ile du docteur Moreau</em>, réalisé par Erle C. Kenton avec Charles Laughton, Richard Arlen&#8230;</strong><br />
Recueilli sur un cargo, Edward Parker est jeté par-dessus bord après une dispute avec le capitaine, à proximité d&#8217;une petite île tropicale. Il y rencontre le docteur Moreau : un scientifique fou, qui réalise des expériences génétiques épouvantables sur des animaux, cherchant à les rendre humains. Mais ses expériences ont donné lieu à des abominations, à l&#8217;exception de Lota, la belle femme panthère&#8230;<br />
Cette adaptation de 1932 du roman d’H. G. Wells reste la plus mystérieuse, la plus fantastique, la plus dérangeante jamais tournée à ce jour, même si la version de 1977 avec Burt Lancaster mérite qu’on y jette un œil. D’abord, le scénario est au service de l’histoire. Une histoire très dense qui entremêle avec brio une palanquée de réflexions philosophiques. A la fin du XIXe siècle, H. G. Wells dénonce la folie des hommes à travers les abus de la science. Les médecins, vus à l’époque comme des démiurges par une société occidentale en plein développement, abusent de leur position et de leur influence pour tenter sur les hommes et les animaux des expériences réprouvées par la morale. Le film ne s’embarrasse pas d’effets de manche ultra-grossiers pour susciter le malaise mais il embrasse généreusement son propos en veillant à ne jamais le surligner. Nous comprenons que nous sommes les témoins privilégiés d’une société aberrante et décadente. Un petit chef-d’œuvre. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/fantome-vivant-hayes-hunter.jpg" alt="Le Fantôme vivant, de T. Hayes Hunter" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24872" /><strong><em>Le Fantôme vivant</em>, réalisé par T. Hayes Hunter avec Cedric Hardwick, Boris Karloff&#8230;</strong><br />
Le professeur Morlant, passionné d&#8217;égyptologie, acquiert un bijou, la &#8220;Lumière éternelle&#8221;, qui aurait le pouvoir de conférer l&#8217;immortalité. Rongé par la maladie, il fait promettre à son fidèle serviteur de l&#8217;enterrer avec le joyau, le menaçant de revenir le hanter si sa volonté n&#8217;est pas respectée. Mais Morlant est inhumé sans le précieux médaillon, qui attise de nombreuses convoitises. Par une nuit de pleine lune, le professeur revient alors d&#8217;entre les morts pour se venger&#8230;<br />
<em>Le Fantôme vivant</em> est une pépite du fantastique anglais datée de 1933, qui à bien des égards rappelle les meilleurs travaux de la Universal Company et notamment la célèbre série <em>La Momie</em>. Premier film de l’histoire du septième art estampillé « film d’horreur », on a cru qu’il était définitivement perdu avant qu’on ne retrouve une copie par miracle au début des années 2000 en Angleterre. Le grand acteur classique Ernest Thesiger illumine de sa présence (il est également l’un des héros de <em>La Maison de la mort</em>) cette folie macabre. <em>Le Fantôme vivant</em> dégage une ambiance unique. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/maison-mort-james-whale.jpg" alt="La Maison de la mort, de James Whale" title="La Maison de la mort, de James Whale" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24871" /><strong><em>La Maison de la mort</em> réalisé par James Whale avec Boris Karloff, Melvyn Douglas&#8230;</strong><br />
Surpris par un orage et une pluie diluvienne, des voyageurs égarés trouvent refuge dans une demeure lugubre, appartenant à l&#8217;étrange famille Femm. Ils y rencontrent d&#8217;inquiétants personnages : Horace, le blafard maître de maison, sa sœur Rebecca, sourde et religieuse obsessionnelle, ou encore Morgan, le domestique défiguré et muet, sujet à des crises de violence lorsqu&#8217;il boit. L&#8217;atmosphère est lourde et menaçante, la nuit s&#8217;annonce bien longue&#8230;<br />
Voilà mon film coup de cœur ! <em>La Maison de la mort</em> qui porte également le titre <em>Une soirée étrange</em> rassemble tous les ingrédients pour flipper pendant 70 minutes. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action, il est impossible de s’échapper. <em>La Maison de la mort</em> est d’une étonnante modernité mais surtout d’une incroyable efficacité. Un régal. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/double-assassinat-rue-morgue-florey.jpg" alt="Double assassinat dans la rue Morgue, de Robert Florey" title="Double assassinat dans la rue Morgue, de Robert Florey" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-24869" /><strong><em>Double assassinat dans la rue Morgue</em>, réalisé par Robert Florey avec Bela Lugosi, Sidney Fox…</strong><br />
Paris, 1845. Dans la même semaine, trois femmes sont retrouvées mortes dans la Seine, s&#8217;étant apparemment suicidées. En examinant les corps, Pierre Dupin, étudiant en médecine, remarque de petites entailles sur les bras des victimes. Ces jeunes femmes sont en fait des cobayes du Dr Mirakle, un scientifique fanatique qui cherche à démontrer le lien de parenté entre l&#8217;homme et le singe&#8230;<br />
Libre adaptation de la nouvelle d’Edgar Allan Poe, <em>Double assassinat de la rue Morgue</em> n’en est pas moins une franche réussite. Robert Florey, tout juste débarqué de <em>Frankenstein</em>, hérite d’une histoire similaire qui vise à dénoncer la folie d’une partie de la communauté scientifique. Les aficionados du serial gothique prendront un pied fou, et les autres aussi par la même occasion. De la brume, des meurtres, du sang, des calèches, des ombres dans la nuit. Brrr&#8230;</p>
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		<title>Dog Eat Dog, de Paul Schrader</title>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2016 15:32:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<category><![CDATA[Nicolas Winding Refn]]></category>
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		<category><![CDATA[Quentin Tarantino]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film qui manque de chien Difficile de bouder son plaisir en allant voir Dog Eat Dog. Après tout, Paul Schrader a toute notre sympathie en ayant été le scénariste...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un film qui manque de chien</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/dog-eat-dog-paul-schrader-affiche.jpg" alt="Dog Eat Dog, de Paul Schrader" width="211" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24151" />Difficile de bouder son plaisir en allant voir <em>Dog Eat Dog</em>. Après tout, Paul Schrader a toute notre sympathie en ayant été le scénariste de perles scorsesiennes (comme <em>Taxi Driver</em>, <em>Raging Bull</em> ou <em>A tombeau ouvert</em>) ou en ayant réalisé quelques films plus ou moins marquants (<em>American Gigolo</em>, <em>La Sentinelle</em>). En adaptant le roman éponyme d’Eddie Bunker, on était déjà conquis par avance, on allait voir ce qu’on allait voir ! Surtout que Schrader n’a pas pris des manchots pour incarner ses trois anti-héros : Nicolas Cage (qui alterne nanars et films d’auteurs avec une aisance qui confine au respect), Willem Dafoe (le plus européen des acteurs américains) et Christopher Matthew Cook, révélation à la carrure imposante et aperçu dans les séries <em>Under the Dome</em> et <em>Walking Dead</em>. Les trois lascars s’en donnent à cœur joie dans leurs rôles d’ex-taulards meilleurs amis du monde (ou presque), partageant lignes de coke, prostituées et mauvais coups avec force jubilation. Et le début de <em>Dog Eat Dog</em> est d’ailleurs fulgurant : un Willem Dafoe au bord de l’overdose regardant une émission de télévision sur les armes à feu et assassinant sa dulcinée obèse peu encline à accepter ses penchants pour les sites pornographiques. Le ton est donné.<span id="more-24139"></span> Entre images saturées, noir et blanc et arrière-plans absurdes, Schrader convoque les âmes de certains maîtres de cinéma. Scorsese en tête, bien évidemment, pour cette histoire de petits mafieux prêts à tout pour de l’argent bien sale (quitte à enlever un bébé ou exploser la tête d’un homme avec un fusil). Aronofsky période <em>Requiem for a Dream</em> pour les effets hallucinogènes des substances que les trois zigues s’envoient l’air de rien. Et surtout Tarantino lors de scènes alternant dialogues métaphysiques sur la rédemption et violences exacerbées, avec cervelle collée au mur. Il y a même un peu de Winding Refn option <em>Drive</em> aux néons et sous la brume. Seulement voilà, Schrader n’est aucun d’entre eux. S’il est un réalisateur chevronné qui n’a plus (trop) à faire ses preuves, il ne dépasse jamais le stade du brouillon bien fichu. On rit devant certaines répliques plus que politiquement incorrectes, on s’étonne de situations qui échappent aux protagonistes, mais on a l’impression d’assister à un trio en roue libre qui cabotine à qui mieux mieux pour détourner l’attention du spectateur du vide dans lequel ils s’ébattent. Tant et si bien qu’on finit par oublier pourquoi ils sombrent et comment ils pourront bien se sortir du bourbier dans lequel ils se sont mis tout seuls. Le rythme tombe peu à peu et on passe de la trombe des premières minutes au coma des dernières. Restent des moments d’humour plus que noir et des prestations habitées de trois comédiens qui semblent s’entendre comme larrons en foire. Dommage qu’ils soient les seuls à en profiter. <em>Dog Eat Dog</em>, c’est un chien qui jappe plus qu’il n’aboie avec un dentier de mâchoire menaçante…</p>
<p>&nbsp;<br />
Dog Eat Dog <em>de et avec Paul Schrader, avec aussi Nicolas Cage, Willem Dafoe et Christopher Matthew Cook. Etats-Unis, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016.</em></p>
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		<title>La Fille inconnue, de Jean-Pierre et Luc Dardenne</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 22:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Des Dardenne à la peine</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/filleinconnue.jpg" alt="La Fille inconnue, de Luc et Jean-Pierre Dardenne" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24219" /><em>La Fille inconnue</em>, c’est cette jeune femme à laquelle Jenny (Adèle Haenel), médecin généraliste à Seraing dans la province de Liège, n’ouvrira pas la porte, constatant l’heure de la soirée déjà largement avancée. On la retrouvera morte le lendemain, sans identité… Rongée par la culpabilité, Jenny se lance alors dans une quête de vérité afin de mettre un nom sur cette jeune fille et de lui offrir une sépulture. </p>
<p>Inconnue mais aussi, et on le déplore, inodore et incolore&#8230; La sentence peut sembler sévère tant Adèle Haenel nous avait séduits dans <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/combattants-thomas-cailley-adele-haenel/"><em>Les Combattants</em></a> de Thomas Cailley, en jeune femme désenchantée jusqu’au-boutiste. Mais, passée à la moulinette de la fiction sociale documentée des frères Dardenne, la performance de l’actrice nous laisse pantois. Certes, cette Adèle-là reste une combattante et c’est avec beaucoup de persévérance qu’elle explore toutes les pistes possibles susceptibles de la conduire à l’identité de la mystérieuse inconnue, quitte à s’attirer quelques ennuis en farfouillant là où un généraliste devrait laisser travailler la police. Jessy-Adèle Haenel partage la même obstination que Sandra-Marion Cotillard dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/deux-jours-une-nuit-jean-pierre-luc-dardenne/" title="Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne">Deux jours et une nuit</a></em>. Mais là où Cotillard nous proposait une étonnante palette de nuances, de tons et d’attitudes, Haenel nous perd peu à peu au fil d’une scansion lente et monotone, capable de faire passer une statue pour un moulin à parole. <span id="more-23566"></span>Que de lassitude à voir l’actrice aussi éteinte, récitant son texte sans y insuffler la moindre intention. <em>« Il ne fallait pas donner à voir des effets d’interprétation ou souligner des intentions… »</em>, explique Adèle dans l’interview du dossier de presse. Ok, cela faisait donc partie du plan. De ce point de vue, c’est parfaitement réussi. Mais du coup, côté empathie pour le personnage, on frôle l’encéphalogramme plat. Alors qu’on devrait s’émouvoir du quotidien de ce généraliste confronté tous les jours à la précarité et la misère sociale de ses patients, on se surprend à rester à distance, insensible. Alors quoi ? Cœur de pierre du spectateur ? Ou déconvenue des Dardenne, échouant, une fois n’est pas coutume, à instiller la justesse de ton et la force tranquille auxquelles ils nous ont pourtant habitués depuis tant d’années ? A vous de juger… Pour nous, le débat est clos.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Fille inconnue<em> de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Jérémie Rénier, Christelle Cornil, Marc Zinga&#8230; Belgique, 2016. Sortie le 12 octobre 2016. En compétition au 69e festival de Cannes.</em></p>
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