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	<title>Grand Écart &#187; Belgique</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Harry Kümel</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 14:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/levres-rouges-c-malavida.jpg" alt="Les Lèvres rouges" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27381" />Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de l&#8217;histoire de la comtesse Bathory version vampire, avec une Delphine Seyrig sulfureuse en diable. Un film présenté au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival international du film fantastique de Gérardmer 2020</a> lors de la nouvelle édition de Rétromania. Tandis que le film va bientôt ressortir en version restaurée, rencontre avec son réalisateur.</p>
<p><strong>Avez-vous été surpris de l&#8217;invitation du festival ?</strong></p>
<p>Pas vraiment, car <em>Les Lèvres rouges</em> est assez connu dans le monde du fantastique et je suis souvent invité pour en parler dans de nombreux festivals. Cela dit, je ne connaissais pas celui de Gérardmer.</p>
<p><strong>Quelle est la genèse des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>J’avais déjà réalisé un premier long-métrage et des producteurs sont venus me voir pour me demander si je voulais bien faire un autre film, mais dans la veine fantastique, qui se vendait bien à l’époque. J’ai accepté et en me promenant à Bruxelles, j’ai vu un fascicule dédié à Elizabeth Bathory, la fameuse Comtesse sanglante. Je l’ai acheté, j’ai lu l’histoire de cette femme et tout de suite, j’ai voulu écrire quelque chose sur elle. Comme cela nécessitait beaucoup de fonds, de faire une reconstitution historique, on est plutôt partis sur l’idée qu’il s’agissait d’un vampire qui survit en se baignant dans le sang de jeunes vierges, pour rester éternellement jeune. Elle traverse le monde en compagnie de sa servante. Avec le producteur, nous avons écrit un synopsis très rapidement, qui a ensuite été envoyé au scénariste Jean Ferry, avec qui j’écrivais un autre film, <em>Malpertuis</em>. Un très grand scénariste. Il m’a envoyé un télégramme en me disant qu’il acceptait de collaborer sur ce film et qu’il voulait en faire les dialogues. Quelques mois plus tard, le film était vendu au Festival de Cannes. Cela se faisait très facilement et rapidement, à l’époque. <span id="more-27375"></span></p>
<p><strong>Pourquoi le choix de Delphine Seyrig ?</strong></p>
<p>C’était la condition que j’avais émise pour faire ce film. Si l’on mettait une actrice de grand renom dans le rôle principal, cela prendrait de l’allure et donnerait une aura particulière au film. Ce qui a particulièrement réussi. Delphine était une amie d’Alain Resnais. Elle a accepté, car Resnais trouvait que le film se lisait comme une bande dessinée dont il raffolait. On s’est très bien entendus elle et moi, c’était très agréable de travailler avec elle. Les seuls qui ont des problèmes avec elle, ce sont les producteurs. Elle réclamait toujours son argent, elle considérait les producteurs comme des ennemis. C’était comme un réflexe naturel chez elle, très français. </p>
<p><strong>Au moment de la sortie, est-ce que ce fut un choc ?</strong></p>
<p>Il est d’abord sorti aux Etats-Unis, car il y avait un co-financier américain. Avec un sujet pareil, cela n’aurait pas pu se faire uniquement sur des fonds belge. Il est sorti à New York et a fait un malheur. Il est sorti avec un slogan qui donnait envie de le voir. C’est grâce à cela que le film est sorti ensuite en Belgique. Il y a eu des critiques qui l’ont trouvé scandaleux, mais globalement l’accueil était plutôt bon. J’étais d’ailleurs excessivement étonné moi-même. C’est même devenu un film culte ! Je le revois maintenant comme s’il était tourné par un autre. On n&#8217;était pas habitués à voir ce genre de film, mélangeant érotisme et fantastique, avec une actrice connue et une très belle photographie. Cela ne s’était jamais fait aussi explicitement. C’est ça qui avait fait de l’effet à l’époque. </p>
<p><strong>Des réalisateurs se réclament-ils des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! C’est très flatteur ! Quand je consulte les pages anglophones sur Internet sur moi, je découvre plein de commentaires élogieux. On vient de restaurer le film en version haute définition, qui sortira bientôt et les techniciens venaient voir la restauration en trouvant qu’on ne faisait plus de films comme ça, avec une telle couleur, une telle photographie, comme si c’était nouveau. Un cinéma qui est bien fait reste intemporel. Je ne dis pas cela par nostalgie, mais je suis très heureux que le film vieillisse bien, qu’il tienne le coup, comme du bon vin.</p>
<p><strong>Aviez-vous l’impression de faire quelque chose de précurseur à l’époque ?</strong></p>
<p>Non, pas du tout ! Un réalisateur pour moi, c’est l’interprète d’un scénario. La mise en scène, c’est trouver des solutions d’images et de son pour des moments dramatiques. C’est tout. Il faut toujours étonner le spectateur. C’est ce que disait Hitchcock. C’est grâce à lui que j’ai voulu faire du cinéma. Le seul devoir d’un réalisateur, c’est d’étonner. Prenez récemment un film comme 1917 de Sam Mendes, l’étonnement est à chaque moment. Ce n’est pas le sujet qui fait le film, qui est ici classique. Mais la manière dont il est fait, le rend étonnant. Ce qui est important et fait durer les films, c’est leur facture, quel que soit le sujet. Le sujet n’est que le porte-manteau du film. Un film ne doit surtout pas refléter la réalité de tous les jours. Les films doivent être vus en salle, avec des êtres humains autour de soi. </p>
<p><strong>Des réalisateurs vous surprennent-ils ?</strong></p>
<p>Le film de genre est ce qu’il y a de plus intéressant de nos jours. Un film comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/parasite-bong-joon-ho/" title="Parasite, de Bong Joon-ho">Parasite</a></em> est un film fantastique dans tous les sens du terme. Les films les plus intéressants ne viennent plus d’Europe, mais de l’Asie, comme ceux de l’Inde, de la Corée du Sud, du Japon. Ce sont des grands films. La Russie commence à retrouver de l’intérêt petit à petit. La France a des problèmes avec le cinéma fantastique. Georges Franju, à qui on doit <em>Les Yeux sans visage</em>, est mort dans la pauvreté. Des cinéastes comme René Clément ont essayé de se mettre au genre et ont été assassinés par la critique de la Nouvelle Vague. Quand j’ai vu <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>, j’avais été époustouflé, mais les critiques belges n’y avaient rien compris, parce qu’ils s’attachaient à l’histoire&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Lèvres rouges <em>de Harry Kümel, avec Delphine Seyrig, John Karlen, Danielle Ouimet. Allemagne, Belgique, France, 1971.</em></p>
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		<title>Le Jeune Ahmed, de Jean-Pierre et Luc Dardenne</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2019 07:42:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le gamin au couteau</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Dardenne.png" alt="Le Jeune Ahmed, de Jean-Pierre et Luc Dardenne" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27130" /><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/la-fille-inconnue-jean-pierre-luc-dardenne/" title="La Fille inconnue, de Jean-Pierre et Luc Dardenne">La Fille inconnue</a></em> avait donné le ton. Pour parler de la question des sans-papiers, les cinéastes mettaient le focus sur une jeune médecin belge et sa culpabilité. Ils avaient changé de camp, et traitaient leur sujet d’un point de vue plus proche du leur, disons du côté de la bourgeoisie. Avec <em>Le Jeune Ahmed</em>, Jean-Pierre et Luc Dardenne ont beau coller au corps de ce jeune adolescent radicalisé, de tous les plans comme pouvait l’être <em>Rosetta</em>, ils restent comme extérieurs. Jamais ils ne tentent de comprendre leur personnage. Au début du film, le jeune Ahmed est déjà radicalisé. Le sujet n’est donc pas la radicalisation. On voit aussi la détresse de sa mère, à laquelle il semble indifférent. Le sujet n’est donc pas non plus la démission des parents. Envoyé dans un centre fermé, on voit le regard bienveillant de son éducateur, qui l’accompagne en respectant son obsession de l’heure de la prière quoi qu’il en coûte. Dans son travail à la ferme, on s’amuse des premiers émois qu’il suscite auprès de la jeune fille avec qui il passe ses journées. Tout cela se déroule sans accroc. Ah, le sujet n’est toujours pas l’impuissance des institutions à agir, comprendre, raisonner un jeune fanatisé. Le moment de bascule, pour le jeune Ahmed, dépeint en garçon de 13 ans, avec sa naïveté et son immaturité, c’est le refus de cette jeune fille de se convertir à l’islam pour pouvoir se marier. Sa demande provoque le rire du spectateur, preuve que les frères Dardenne n’ont pas su susciter l’empathie et que l’on observe ce gamin de loin, comme un être étrange qui suit des rituels de manière mécanique, sans esquisser une compréhension de sa motivation. <span id="more-27129"></span>Et alors qu’il passe tout le film à montrer qu’il a changé, tout en fomentant une nouvelle agression, la rédemption arrive au tout dernier plan du film. Un retournement aussi soudain qu’incompréhensible, tant on n’est pas avec cet ado, mais simplement derrière lui. En conférence de presse, les frères Dardenne, questionnés sur cette fin inattendue, ont d’ailleurs répondu qu’ils s’étaient longuement interrogés et n’avaient pas trouvé autre chose. Il ressort effectivement cette forte impression : les frères Dardenne ont fait un film mais ne savaient pas quoi dire.<br />
&nbsp;<br />
Le Jeune Ahmed<em> de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec  Idir Ben Addi, Victoria Bluck, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou&#8230; Belgique, 2019. Prix de la mise en scène du 72e Festival de Cannes. Sortie le 22 mai 2019.</em></p>
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		<title>L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2018 14:40:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Et Terry Gilliam créa Don Quichotte</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/LHOMME-QUI-TUA-DON-QUICHOTTE.jpg" alt="L&#039;Homme qui tua Don Quichotte" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26492" />25 ans d’attente, plusieurs versions de scénarios, un tournage annulé au bout de cinq jours &#8211; mais un making of resté dans l’histoire (<em>Lost in La Mancha</em>) -, trois changements de casting et des procès à la pelle&#8230; Mais ça y est, Terry Gilliam a fini par gagner sa bataille contre les moulins à vent. Evidemment, <em>L’Homme qui tua Don Quichotte</em> suscite plus d’attente qu’il n’est raisonnable, et ne sera pas à la hauteur des fantasmes de tous. Dès le générique, Terry Gilliam rappelle ces tourments, et s’amuse, pendant toute la première partie du film, avec sa propre histoire rocambolesque. Toby (Adam Driver), réalisateur, est dans le désert espagnol. Il tourne une version de <em>Don Quichotte</em>, qui ne semble pas beaucoup mieux se dérouler que lors de la dernière tentative de Terry Gilliam. Tournage bordélique, réalisateur irascible, acteur médiocre, les raisons du plantage sont différentes (quoique). Adam Driver en alter ego de Terry Gilliam a perdu l’envie et l’inspiration, trop couvé par son assistant et son producteur. Il fait face à l’inverse de ce à quoi fut confronté Gilliam : trop de facilités. Jusqu’à ce qu’on lui rappelle qu’il avait déjà réalisé un <em>Don Quichotte</em>. Un film d’étudiant en noir et blanc, tourné dans un village non loin de là. Les films s’empilent &#8211; le film que l’on est en train de voir, le film en train de se tourner, le film réalisé dix ans plus tôt &#8211; comme autant de niveaux de lecture, autant de strates qui finissent par bâtir cet <em>Homme qui tua Don Quichotte</em>. Une manière d’exorciser, une catharsis avant de se lancer dans la réelle aventure picaresque, réalisée, elle aussi, tambour battant, tel un <em>Baron de Münchhausen</em> moins baroque et plus mature. En revoyant son film d’étudiant, Adam Driver se rappelle. Se rappelle la passion avant l’arrogance, le bricolage avant les moyens. Et réalise l’empreinte qu’il a laissée dans ce petit village reculé, ou un vieux cordonnier croit toujours être le vrai Don Quichotte. <span id="more-26490"></span>Avant d’être un film d’aventure, ce qu’il est aussi, <em>L’Homme qui tua Don Quichotte</em> est avant tout un film sur la fiction, la création et le besoin d’absolu, jouant sans cesse sur différents tableaux, mélangeant avec allégresse fiction, rêves, souvenirs et réalité. Pendant ce périple, Adam Driver joue sur une palette très large, réinventant sans cesse son personnage au cours des événements &#8211; dont le débarquement, clin d’oeil savoureux, de l’Inquisition (or, <em>&#8220;nobody expects the Spanish Inquisition&#8221;</em>) -, à la fois drôle, moqueur, burlesque, touchant, tragique&#8230; parfait. S’il n’y avait qu’une seule bonne raison d’avoir attendu 25 ans, elle se nomme Adam Driver.</p>
<p>&nbsp;<br />
L’Homme qui tua Don Quichotte<em> (The Man who Killed Don Quixote) de Terry Gilliam, avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Stellan Skarsgard, Olga Kurylenko, Joana Ribeiro&#8230; Espagne, France, Belgique, Portugal, 2018. Film de clôture du 71e Festival de Cannes. Sortie le 19 mai 2018.</em></p>
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		<title>Chasseuse de géants, d&#8217;Anders Walter</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 07:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<description><![CDATA[La jeune Barbara n'est pas qu'une adolescente à lunettes munie d'un serre-tête avec des oreilles de lapin. Non, elle pourfend également des géants de son marteau magique...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un géant encore trop vert&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/chasseuse-geants-anders-walter-1.jpg" alt="Chasseuse de géants, d&#039;Anders Walter" width="280" height="155" class="alignleft size-full wp-image-26091" />La jeune Barbara n&#8217;est pas qu&#8217;une adolescente à lunettes munie d&#8217;un serre-tête avec des oreilles de lapin. Non, elle pourfend également des géants de son marteau magique, baptisé du nom d&#8217;un ancien joueur de baseball. Du moins, le croit-elle dur comme fer. Car ni ses frère et sœur, ni sa nouvelle amie Sophia, ni ses camarades à la brimade facile, ni sa psychologue, ne daignent la prendre au sérieux. Aussi traîne-t-elle comme une carapace, le qualificatif de folle, qui lui permet, au mieux, d&#8217;être évitée par tout un chacun. Au pire, elle n&#8217;est pas à l&#8217;abri d&#8217;une rouste intempestive. Mais qu&#8217;importe ! Elle a le monde à sauver de ces géants malfaisants qui ne trouvent rien de mieux que de se confondre avec les arbres de la forêt&#8230;</p>
<p>Il a fallu plus de deux années et demie au réalisateur danois Anders Walter pour réaliser cette <em>Chasseuse de géants</em>, qui succède à <em>Helium</em>, Oscar du court-métrage en 2014. Courtisé par Hollywood, fasciné par le roman graphique éponyme de Joe Kelly et JM Ken Niimura, le réalisateur a emmené femme et enfant à Los Angeles pour tenter de développer ce projet d&#8217;envergure qui nécessite à la fois de grands élans d&#8217;émotion et des effets spéciaux impressionnants. Le film possède d&#8217;ailleurs toutes les qualités et les menus défauts des premiers longs-métrages : une envie de montrer son savoir-faire, un besoin de se mesurer aux plus grands (Guillermo Del Toro ne semble pas si loin), quitte à faire trop long et oublier au passage, entre une sincérité évidente de son propos, des pointes d&#8217;originalité&#8230; <span id="more-26062"></span></p>
<p>Car Anders Walter passe après bien des films ambitieux sur l&#8217;enfance ou l&#8217;adolescence qui se réfugie dans l&#8217;imaginaire pour éviter de se plonger dans une réalité tragique. Il y a déjà eu, entre autres, <em>L&#8217;Histoire sans fin, Donnie Darko, Le Labyrinthe de Pan</em> et plus près de nous,<em> Quelques minutes après minuit</em>, un frère jumeau de cette<em> Chasseuse de géants</em>, en plus fort, vibrant et mieux maîtrisé. Si Anders Walter évite le copier-coller de justesse avec ce dernier, il souffre terriblement de la comparaison. Mais il a une arme qui le sauve malgré tout : non pas un marteau magique, mais une interprète saisissante pour le rôle ô combien difficile de Barbara. Physique, charismatique, émouvante, Madison Wolfe, 15 ans et ses déjà quatre années de carrière. A chaque fois, elle se plonge corps et âme, comme une grande, dans des prestations dramatiques marquantes : <em>Conjuring 2, Joy</em> ou encore<em> Dalton Trumbo</em>. Le géant Hollywood n&#8217;a qu&#8217;à bien se tenir&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Chasseuse de géants<em> (I Kill Giants) d&#8217;Anders Walter, avec Madison Wolfe, Zoe Saldana, Imogen Poots, Sydney Wade&#8230; Etats-Unis, Belgique et Irlande, 2017. Présenté en compétition officielle du Festival du film fantastique de Gérardmer 2018.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Jonas Bloquet</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2017 06:11:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Isabelle Huppert]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Verhoeven]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est belge, il est jeune, un physique à la James Dean et il a déjà tourné avec Joachim Lafosse, Luc Besson, et dernièrement avec Paul Verhoeven qui lui offre sa première nomination aux César...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/02/jonas-bloquet-2.jpg" title="Jonas Bloquet - (c) Guy Ferrandis" alt="Jonas Bloquet - (c) Guy Ferrandis" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-24834" />Il est belge, il est jeune, un physique à la James Dean (un de ses modèles) et il a déjà tourné avec Joachim Lafosse, Luc Besson, et dernièrement avec Paul Verhoeven dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/isabelle-huppert-elle-paul-verhoeven/" title="Elle, de Paul Verhoeven">Elle</a></em> qui lui offre sa première nomination aux César, catégorie Meilleur Espoir masculin. Surtout, il n’a pas sa langue dans sa poche, ose dire tout haut ce qu’il pense tout bas et s’apprête à croquer le cinéma à pleines dents.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Encore un Belge qui cartonne en France&#8230; </strong></p>
<p>Oui… Quand on est un jeune comédien belge, on a très envie de s’exporter en France, car il y a plus d’opportunités, de travail, de castings. Les Français aiment bien les Belges, sans doute parce qu’ils sont plus bosseurs et plus fiers de leur travail, dans le sens où ils sont heureux de dire qu’ils travaillent pour réussir. On est moins démonstratifs d’une sorte de talent inné de l’acteur français qui n’aurait pas besoin de travailler pour ses rôles…</p>
<p><strong>Quelles sont les particularités du cinéma belge justement, selon vous ?</strong></p>
<p>Il y a un côté profond et décalé. Les films coûtent peu cher et sur les tournages belges, tout le monde est soudé, content d’être là et cela transparaît dans les films. En France, il y a un côté plus technique, on se rend sur un tournage comme si on allait au bureau, alors que c’est quand même un métier sympa ! Je ne généralise pas, bien évidemment, ni ne parle de tous les tournages que j’ai faits, mais cela se ressent surtout sur les séries françaises. Sur le tournage de <em>Elle</em> en revanche, tout le monde était heureux de faire partie de ce film, même quand il y avait des heures supplémentaires à faire. On sentait que toute l’équipe était fière de travailler sur ce film et avec Paul Verhoeven. <span id="more-24828"></span></p>
<p><strong>Que retirez-vous de l’enseignement de l’Ecole de la Cité ?</strong></p>
<p>Après mes cours de théâtre, j’y ai étudié la réalisation pendant deux ans. J’aime jouer et réaliser. J’écris beaucoup d’histoires que j’aimerais tourner un jour. Cette école m’a permis de rencontrer des jeunes cinéastes, de me faire un réseau, c’est très agréable. </p>
<p><strong>Vos premières expériences ciné sont impressionnantes… Il y a notamment <em>Elève libre</em> de Joachim Lafosse ou <em>Malavita</em> de Luc Besson…</strong></p>
<p>J’avais 15 ans pour <em>Elève libre</em>, j’étais presque inconscient d’être acteur sur le tournage. J’étais juste un adolescent qui faisait un film, je n’y voyais que le bonheur, sans voir l’aspect métier que j’ai maintenant. J’ai eu de la chance ensuite de faire des films complètement différents, indépendants ou des grosses productions. A chaque fois, ça m’a apporté beaucoup. </p>
<p><strong>Comment êtes-vous arrivé sur le projet <em>Elle</em> ?</strong></p>
<p>Par un casting, mais c’était très rapide et très simple, car j’ai eu un appel dès le lendemain pour me dire que j’étais pris. </p>
<p><strong>Qu’est-ce qui était le plus intimidant : arriver sur un tournage dirigé par Paul Verhoeven ou jouer le fils d’Isabelle Huppert ?</strong></p>
<p>J’avais rencontré Paul Verhoeven sur le casting et j’avais pu lui parler pendant les essayages de costumes. C’est un homme très calme, bien loin de tout ce qu’on avait pu me dire sur lui. J’avais un peu plus peur de ma rencontre avec Isabelle Huppert, comme j’interprétais son fils, mais on a eu une très belle relation de jeu, finalement. Dès le premier jour, j’ai compris que tout allait bien se passer. </p>
<p><strong>Etant jeune comédien, vous ont-ils prodigué des conseils ou vous ont-ils traité d’égal à égal ? </strong></p>
<p>D’égal à égal, mais quand Isabelle Huppert me donnait des conseils, je l’écoutais avec les oreilles grandes ouvertes ! Quand quelqu’un comme ça te donne un conseil, tu n’as pas intérêt à faire le malin : tu prends et tu écoutes. </p>
<p><strong>Que retirez-vous de cette expérience ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/elle-paul-verhoeven-affiche.jpg" alt="Elle, de Paul Verhoeven" width="206" height="280" class="alignright size-full wp-image-24231" />Je retiens surtout l’ambiance de tournage. Si un jour je réalise un long-métrage, je veux la même chose : une implication et une concentration exceptionnelles, tout en restant très joyeux. Je retiens aussi Paul Verhoeven dans sa manière de travailler qui donne beaucoup de liberté dans le jeu. Je suis très inspiré par lui, car à son âge <em>[78 ans, ndlr]</em>, il arrive dès 7h30 sur le tournage, avec la banane, il repart à minuit toujours en souriant, il n’est jamais fatigué, ne prend pas de pauses… C’est un monstre de travail. Quant à Isabelle Huppert, j’ai découvert une nouvelle méthode de travail avec elle, que je ne suis pas sûr de suivre, mais c’est impressionnant de la voir faire. Quand elle arrive sur le plateau, elle rentre dans une bulle, une carapace, pour ne pas se laisser divertir par tout ce qui l’entoure. Quand une journée de tournage se terminait, elle rentrait dans sa loge avec une sorte de relâchement. Cette femme ne vit que pour son métier et ses enfants. C’est très impressionnant : elle est sur le plateau toute la journée et le soir, elle va répéter une pièce de trois heures… Après plus de quarante ans de carrière, elle donne toujours autant, grâce à sa méthode de travail. Le dernier jour de tournage, on découvre une autre Isabelle Huppert : la personne et non plus la comédienne, et elle est totalement différente.</p>
<p><strong>Etes-vous surpris de cette nomination aux César ? </strong></p>
<p>Quand mon agent m’a appelé pour me dire que j’étais dans les pré-nominations, je ne m’y attendais pas, car je n’y pensais pas. Puis quand je me suis retrouvé dans les cinq nommés, je n’y croyais pas, car je n’ai qu’un second rôle sur ce film. C’est très encourageant pour moi, mais je suis un gros outsider, là ! </p>
<p><strong>Avez-vous vu les films de vos concurrents ?</strong></p>
<p>J’ai vu <em>Diamant noir</em> et <em>Quand on a 17 ans</em>. Je n’ai pas réussi à voir <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/rester-vertical-alain-guiraudie/" title="Rester vertical, d’Alain Guiraudie">Rester vertical</a></em>, mais j’aimerais beaucoup, ça a l’air bien spécial. J’avoue avoir détesté <em>Diamant noir</em>… J’ai eu l’impression de retourner dans les années 1980-1990 avec une image et un son sales, je ne suis pas du tout rentré dedans. Pour <em>Quand on a 17 ans</em>, d&#8217;André Téchiné, j’ai trouvé les deux comédiens formidables, mais le film est trop dans le réalisme, avec un côté documentaire parfois. </p>
<p><strong>Quels sont les acteurs et cinéastes de votre Panthéon ?</strong></p>
<p>J’aime beaucoup Tom Hardy, James Dean &#8211; la crème de la crème pour moi -, David Fincher, Robert Zemeckis, Jennifer Lawrence… Côté Français, j’aime Vincent Cassel, Kim Shapiron, Luc Besson, Jacques Audiard, Jean-Pierre Jeunet…</p>
<p><strong>Et quels sont vos projets ?</strong></p>
<p>Là je suis en tournage à Liège, je profite de mes deux derniers jours et ensuite, je pars un mois à Los Angeles. Ca fait six ans que je suis à Paris et j’ai envie de voyager, de partir à l’aventure, de découvrir une nouvelle ville. J’ai un agent là-bas, il va me faire passer des castings, on verra bien !</p>
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		<title>La Fille inconnue, de Jean-Pierre et Luc Dardenne</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 22:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
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		<description><![CDATA[Des Dardenne à la peine - <em>La Fille inconnue</em>, c’est cette jeune femme à laquelle Jenny (Adèle Haenel), médecin généraliste à Seraing dans la province de Liège, n’ouvrira pas la porte...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Des Dardenne à la peine</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/filleinconnue.jpg" alt="La Fille inconnue, de Luc et Jean-Pierre Dardenne" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24219" /><em>La Fille inconnue</em>, c’est cette jeune femme à laquelle Jenny (Adèle Haenel), médecin généraliste à Seraing dans la province de Liège, n’ouvrira pas la porte, constatant l’heure de la soirée déjà largement avancée. On la retrouvera morte le lendemain, sans identité… Rongée par la culpabilité, Jenny se lance alors dans une quête de vérité afin de mettre un nom sur cette jeune fille et de lui offrir une sépulture. </p>
<p>Inconnue mais aussi, et on le déplore, inodore et incolore&#8230; La sentence peut sembler sévère tant Adèle Haenel nous avait séduits dans <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/combattants-thomas-cailley-adele-haenel/"><em>Les Combattants</em></a> de Thomas Cailley, en jeune femme désenchantée jusqu’au-boutiste. Mais, passée à la moulinette de la fiction sociale documentée des frères Dardenne, la performance de l’actrice nous laisse pantois. Certes, cette Adèle-là reste une combattante et c’est avec beaucoup de persévérance qu’elle explore toutes les pistes possibles susceptibles de la conduire à l’identité de la mystérieuse inconnue, quitte à s’attirer quelques ennuis en farfouillant là où un généraliste devrait laisser travailler la police. Jessy-Adèle Haenel partage la même obstination que Sandra-Marion Cotillard dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/deux-jours-une-nuit-jean-pierre-luc-dardenne/" title="Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne">Deux jours et une nuit</a></em>. Mais là où Cotillard nous proposait une étonnante palette de nuances, de tons et d’attitudes, Haenel nous perd peu à peu au fil d’une scansion lente et monotone, capable de faire passer une statue pour un moulin à parole. <span id="more-23566"></span>Que de lassitude à voir l’actrice aussi éteinte, récitant son texte sans y insuffler la moindre intention. <em>« Il ne fallait pas donner à voir des effets d’interprétation ou souligner des intentions… »</em>, explique Adèle dans l’interview du dossier de presse. Ok, cela faisait donc partie du plan. De ce point de vue, c’est parfaitement réussi. Mais du coup, côté empathie pour le personnage, on frôle l’encéphalogramme plat. Alors qu’on devrait s’émouvoir du quotidien de ce généraliste confronté tous les jours à la précarité et la misère sociale de ses patients, on se surprend à rester à distance, insensible. Alors quoi ? Cœur de pierre du spectateur ? Ou déconvenue des Dardenne, échouant, une fois n’est pas coutume, à instiller la justesse de ton et la force tranquille auxquelles ils nous ont pourtant habitués depuis tant d’années ? A vous de juger… Pour nous, le débat est clos.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Fille inconnue<em> de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Jérémie Rénier, Christelle Cornil, Marc Zinga&#8230; Belgique, 2016. Sortie le 12 octobre 2016. En compétition au 69e festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Grave, de Julia Ducournau</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 09:29:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 55e Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sœurs sourires</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Grave1.jpg" alt="Grave, de Julia Ducournau" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-23970" />Après <em>Somos lo que hay</em> et son remake américain, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/we-are-what-we-are-jim-mickle/" title="We Are What We Are, de Jim Mickle" target="_blank">We Are What We Are</a></em> &#8211; tous deux présentés à la Quinzaine, et avant <em>The Neon Demon</em>, de Nicolas Winding Refn, présenté cette année en <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">Compétition</a>, on peut dire que le genre exploré par Julia Ducournau pour son premier film est déjà bien balisé sur la Croisette. Il en faut pour épater le festivalier blasé. Et pourtant, la jeune réalisatrice semble apporter un regard inédit. </p>
<p>D’abord, parce qu’elle raconte avant tout l’histoire de l’émancipation d’une jeune fille. Déjà fille de vétérinaires, elle rentre en école vétérinaire à la suite de sa sœur. Les traditions et la transmission sont des valeurs familiales, on le comprendra. Végétarienne convaincue &#8211; une autre valeur de son éducation -, le bizutage qu’elle subit, et au cours duquel elle doit ingurgiter des reins de lapin, bouscule ses certitudes. Justine découvre le nouveau visage de sa sœur aînée, Alex, elle déjà sortie du cocon et du carcan familial. Elle se découvre aussi une appétence insoupçonnée pour la viande rouge et des pulsions auxquelles son corps ne l’avait pas habituée. Julia Ducournau filme avec une justesse bluffante cette période de la fin de l’adolescence, cette confrontation avec un nouveau soi où il s’agit d’arbitrer entre les valeurs que l’on s’est vu transmettre et celles que l’on se construit, de trouver sa voie entre les envies héritées et ses désirs profonds. La réalisatrice filme toutes ces contradictions et la transformation progressive de la jeune fille à la jeune femme au plus près des corps et par le prisme du tabou ultime. Car, depuis <em>Carrie</em>, on sait bien que le film de genre a toujours été une manière de matérialiser les bouleversements intérieurs de cet âge particulier. Les litres de sang déversés, les soudaines attaques sur les corps n’étant que le reflet d’une transformation physique et de pulsions qu’il s’agit d’apprendre à décoder. <span id="more-23969"></span></p>
<p>Parce que l’histoire de sa déviance commence par sa relation avec sa sœur, la jeune Justine brise là deux tabous en un seul. Une relation entre sœurs dont toutes les composantes sont explorées : elles sont à la fois jalouses et complices, solidaires et rivales, mais liées l’une à l’autre de manière irrémédiable. La grande sœur accompagne sa cadette, lui montre la voie, parfois avec brutalité, parfois en lui tenant la main &#8211; avec ce qu’il en reste. La petite sœur suit son aînée pour le meilleur et pour le pire, cherche son approbation tout en cherchant à s’affirmer. Rarement cette relation fraternelle aura été décrite avec tant de vérité. Une relation tumultueuse, pouvant basculer à chaque instant dans la violence, mais réservant aussi une intimité rare. Par l’histoire de ces deux sœurs, Julia Ducournau signe un film très féminin en ce qu’il montre à la fois le corps des femmes sorti de toute séduction, et dans sa crudité la plus banale, et celui des hommes comme objet de désir. Elle signe également un film d’une modernité revigorante, par ses dialogues très justes (et drôles) portés par des acteurs à la hauteur, et surtout par sa mise en scène rythmée, jouant des lumières, des couleurs et des décors, reflétant à la fois l’énergie de la jeunesse, parfois son apathie, et l’alternance des deux. Bref, un film de genre français et féminin réussi. Des mots qu’on ne pensait jamais pourvoir associer.</p>
<p>&nbsp;<br />
Grave<em>, de Julia Ducournau, avec Garance Marinier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Laurent Lucas&#8230; France, Belgique, 2016. Sélectionné à la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Le Tout Nouveau Testament, de Jaco Van Dormael</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2015 06:13:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Quinzaine des réalisateurs 2015]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
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		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Dieu est un fumiste en tatanes En bon Belge qu’il est, Jaco Van Dormael s’inscrit parfaitement dans la tradition de l’absurde. Regarder le monde par un autre angle, en modifier...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Dieu est un fumiste en tatanes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Picto_VanDormael.jpg" alt="Le Tout Nouveau Testament, de Jaco Van Dormael" title="Le Tout Nouveau Testament, de Jaco Van Dormael" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-21742" />En bon Belge qu’il est, Jaco Van Dormael s’inscrit parfaitement dans la tradition de l’absurde. Regarder le monde par un autre angle, en modifier une donnée essentielle, et voir ce que ça donne. Ici, le réalisateur découvert à la Quinzaine en 1991 avec <em>Toto le héros</em> &#8211; et une Caméra d’or au passage -, signe le pitch le plus excitant lu depuis longtemps : <em>&#8220;Dieu existe, il habite à Bruxelles, il est odieux avec sa femme et sa fille.&#8221;</em> Benoît Poelvoorde, toujours aussi survolté, incarne donc Dieu, reclus dans un immense bureau où il invente des lois pour emmerder le monde sur un ordinateur (la tartine tombera toujours du côté de la confiture ; la file d’à côté va toujours plus vite ; ou encore quand on tombe amoureux, ce n’est pas avec cette personne que l’on passe sa vie), provoque des crashs d’avion, des déraillements de train ou des inondations, parce que ça l’amuse. Parce qu’il aime le pouvoir, dira plus tard sa fille vengeresse. Il séquestre sa femme &#8211; dont les seules occupations sont la broderie et les équipes de baseball &#8211; et sa fille &#8211; qui, ne supportant plus le pouvoir paternel, suit les traces de son frère JC, en partant en quête de six apôtres supplémentaires. Sans avoir oublié de planter le Grand Ordinateur et de balancer à tout propriétaire d’un téléphone portable l’heure exacte de sa mort. </p>
<p>Jaco Van Dormael s’attaque à un sujet plus philosophique que religieux &#8211; convoquant pêle-mêle Jean-Jacques Rousseau ou Jean-Claude Van Damme &#8211; en interrogeant ce qui fait l’humanité : la conscience de sa propre mort, mais amputée d’une part du mystère. Chacun étant alors renvoyé au bilan de son existence. Certains changent tout, dans l’espoir de grappiller quelques semaines, ou années, c’est selon, de bonheur avant la mort. D’autres, plus rares, en paix avec leurs choix, ne changent rien. Avec des réflexions parfois convenues mais de jolies idées, et parfois les deux en même temps, le cinéaste écoute la musique intérieure de ses personnages et convoque les rêves de tous : parcourir le monde, retrouver la grâce d’une main, devenir une fille pour un petit garçon, trouver l’amour sous les formes les plus inattendues. <span id="more-21739"></span>Oublié <em>Mr Nobody</em>, avec ce <em>Tout Nouveau Testament</em>, Jaco Van Dormael se replace dans la veine de <em>Toto le héros</em> : la présentation de son histoire et de ses personnages par la voix off d’un enfant, un attachement aux petits ennuis du quotidien universellement reconnus, des plans très graphiques, un rythme soutenu. Mais signe un film beaucoup plus drôle et plein d’espoir, de la Genèse grise de l’enfermement de l’appartement divin, au Cantique des cantiques ensoleillé et fleuri. </p>
<p>&nbsp;<br />
Le Tout Nouveau Testament<em> de Jaco Van Dormael, avec Benoît Poelvoorde, Pili Groyne, François Damiens, Catherine Deneuve, Yolande Moreau&#8230; France, Belgique, Luxembourg, 2014. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2015.</em></p>
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		<title>Cub, de Jonas Govaerts</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2015 09:07:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>

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		<description><![CDATA[Loup y es-tu ? Prom&#8217;nons-nous dans les bois Pendant que le loup y est pas Pour son tout premier film, Jonas Govaerts nous convie à une sympathique partie de braconnage...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Loup y es-tu ?</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/01/cub.jpg" alt="Cub, de Jonas Govaerts" title="Cub, de Jonas Govaerts" width="189" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20181" />
<p style="text-align:center"><em>Prom&#8217;nons-nous dans les bois<br />
Pendant que le loup y est pas</em></p>
<p>Pour son tout premier film, Jonas Govaerts nous convie à une sympathique partie de braconnage saignant en forêt wallonne. Avec dans le rôle du gibier, une joyeuse meute de petits louveteaux (<em>cub scout</em> en anglais), et, dans celui du rôdeur-traqueur, le <em>kai</em>, une étrange créature des bois. Sempiternelle légende lycanthrope que les monos, Baloo (Stef Aerts) et Akela (Titus De Voogdt), prennent un malin plaisir à agiter aux oreilles des gosses, histoire de pimenter un peu leur virée champêtre. </p>
<p style="text-align:center"><em>Si le loup y était,<br />
il nous mangerait…</em></p>
<p>Et il y est ! Pour le jeune Sam (incarné par l’excellent Maurice Luijten), c’est sûr, il l’a vu. Mais, sur le camp, on reste sceptique. Sam, c’est le profil du gamin inadapté au passé compliqué. Toujours ailleurs, enfoui dans ses rêves. Taciturne et mélancolique… Brebis galeuse au sein de la meute, elle en a fait son bouc émissaire. Govaerts ne manque pas de s’amuser avec cette cruauté enfantine tout ce qu’il y a de plus humaine, en préambule au déchaînement de violence barbare à venir. Et il viendra. La courte séquence d’ouverture ne laisse planer aucun doute là-dessus. Mais Jonas Govaerts prend son temps. Un peu trop. On est d’ailleurs au bord de l’égarement lorsque le cinéaste décide de doubler la menace, encore lointaine, qui vagabonde autour du camp. A celle du <em>kai</em>, il associe celle d’un sombre bonhomme patibulaire vivant reclus sous terre. Un braconnier diabolique et pervers dont les pièges à la mécanique magistralement maléfique parsèment la forêt. Entre branches « épieux », troncs d’arbre « broyeurs » et autres machineries sylvicoles. <span id="more-20176"></span>Deux terreurs, donc, pour deux lignes narratives qui peinent finalement à se fondre l’une dans l’autre, rendant la progression dramatique un brun chaotique. Au point de laisser poindre une sérieuse indifférence quant au sort de ces louveteaux. Mais Govaerts nous rattrape in extremis pour nous offrir une ultime ligne droite totalement enragée (dont une tente truffée de scouts, écrasée par un camion, ou quand le cinéma de genre permet l’inavouable)… Jusqu&#8217;au final sans concession, bien que prévisible, quant aux déviances violentes de notre monde moderne.</p>
<p>On évoquerait bien également cet humour grinçant et la douce folie qui font du cinéma belge l’un des plus singuliers. Il y a également cette très belle photographie signée Nicolas Karakatsanis (<em>Bullhead</em> et <em>Quand vient la nuit</em> de Michaël R. Roskam) ou encore la bande-son de Steve Moore, synthétique à souhait. Après s’être frotté au court-métrage et à la série TV, Jonas Govaerts se jette ici dans le grand bain du long avec une proposition certes inégale, souffrant d’un sérieux problème de rythme, mais qui n’en demeure pas moins tout à fait séduisante et prometteuse. </p>
<p>&nbsp;<br />
Cub <em>de Jonas Govaerts, avec Titus De Voogdt, Stef Aerts, Maurice Luijten, Evelien Bosmans&#8230; Belgique, 2014. Sélectionné en compétition au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/g_62go0Goys" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/deux-jours-une-nuit-jean-pierre-luc-dardenne/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 May 2014 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>

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		<description><![CDATA[Souffrage universel - Elevés aux documentaire puis passés à la fiction en 1987 avec <em>Falsch</em>, Jean-Pierre et Luc déploient depuis maintenant une trentaine d'années leur cinéma hybride, fictions...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Souffrage universel</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/marion-cotillard-deux-jours-une-nuit-dardenne.jpg" alt="Deux jours, une nuit, des frères Dardenne" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17164" />Elevés aux documentaire puis passés à la fiction en 1987 avec <em>Falsch</em>, Jean-Pierre et Luc déploient depuis maintenant une trentaine d&#8217;années leur cinéma hybride, fictions sociales documentées, engagées et exigeantes. Et ce <em>Deux jours, une nuit</em> est une pierre de plus posée sur les murs de la prestigieuse maison Dardenne. Une maison où l&#8217;on se rend à chaque fois avec plaisir mais dont on finit par connaître les moindres recoins. Et c&#8217;est sans doute d&#8217;autant plus vrai avec ce dernier film puisque les deux frères y reprennent les thématiques qui, en 1999, avaient nourri leur <em>Rosetta</em>.</p>
<p><em>Deux jours, une nuit</em>, c&#8217;est une sorte de <em>Rosetta</em> sous Xanax. Sandra, campée par la très convaincante Marion Cotillard, s&#8217;apprête à reprendre le travail, suite à une grave dépression. Le téléphone sonne. Au bout du fil, son amie Juliette. Sandra reste silencieuse, la tête s&#8217;enfonçant de plus en plus dans les épaules. <em>&#8220;Faut pas pleurer. Faut pas pleurer&#8221;</em>, se répète-t-elle. Elle monte dans sa salle de bains et prend un cachet… Ses collègues ont voté. Ils toucheront leur prime. Elle devra vider son casier. </p>
<p>La méthode est bien connue et les résultats quasi garantis. Une méthode qui permet à une direction, en période de crise, de se décharger de la responsabilité des licenciements sur les épaules des employés par une pernicieuse et efficace mise en concurrence. Le procédé est simple : on pressurise tout le monde, on laisse reposer, puis on agite bien fortement des billets sous le nez des salariés. Il n&#8217;y a plus ensuite qu&#8217;à laisser agir. La division naît d&#8217;elle-même. Il ne reste plus qu&#8217;au patron à faire le ménage en écartant les éléments les plus faibles. </p>
<p>Mais Sandra se voit exceptionnellement offrir un sursis en obtenant de son boss un deuxième tour de votes, après avoir appris que le contremaître aurait usé de son influence sur certains employés. Elle dispose donc d&#8217;un week-end, deux jours et une nuit, pour organiser sa campagne et convaincre la majorité de ses collègues de sauver son poste. Portée par son mari (excellent Fabricio Rongione, un habitué des Dardenne), elle entame sa tournée…</p>
<p>Inlassablement, Sandra scande auprès de ses collègues sa douloureuse mélopée. A chaque face-à-face, son verdict. Et nous avec elle de compter les points. Les &#8220;oui&#8221; sincères, les autres plus fragiles. Les &#8220;non&#8221; poltrons, les refus fermes. Les &#8220;oui mais non&#8221;, les &#8220;non mais oui&#8221;. Il y a celui qui ne peut pas se passer de la prime, travaillant déjà au noir chaque fin de semaine pour boucher les trous. Celui pour qui le maintien de Sandra à son poste serait une catastrophe mais le lui souhaite malgré tout. Cet autre encore qui s&#8217;écroule devant Sandra, honteux d&#8217;avoir dans un premier temps voté contre elle. Qui crédits à rembourser, qui une terrasse à construire, qui estime très simplement mériter cette rallonge, gagnée à la sueur du front. Tous ont leurs raisons. Et tous ont raison. Les Dardenne se gardent de porter un jugement – certains pourraient d&#8217;ailleurs le leur reprocher. Mais comme ne cesse de le répéter Sandra, gênée : <em>&#8220;Ne t&#8217;excuse pas. Je comprends.&#8221;</em> Les réalisateurs laissent ainsi au spectateur son libre-arbitre. Sa liberté de recevoir avec plus ou moins d&#8217;empathie les témoignages des uns et des autres. Un peu comme dans la vie. Surtout, les deux frangins font encore une fois preuve d&#8217;un sens du rythme épatant. Alors que l&#8217;écueil du film &#8220;catalogue&#8221; les guette à chaque étape de ce pénible porte-à-porte, les Dardenne, sans totalement l&#8217;éviter c&#8217;est vrai, parviennent néanmoins à faire éclore chez Cotillard une étonnante palette de nuances, de fluctuations de tons et d&#8217;attitudes. Tantôt fragile et chancelante, rattrapée par ses angoisses et son sentiment d&#8217;inutilité. Tantôt plus vindicative et déterminée, défendant son sort avec conviction. <em>&#8220;Toi aussi, mets toi un peu à ma place&#8221;</em>, lance-t-elle à l&#8217;un d&#8217;eux, ou <em>&#8220;ce n&#8217;est pas moi qui ait demandé à ce que tu choisisses entre moi ou ta prime&#8221;</em>. Et alors que leurs détracteurs s&#8217;apprêtent à bondir en criant au pathos misérabiliste, Jean-Pierre et Luc bifurquent pour laisser une émotion faire son chemin et en faire naître une autre.</p>
<p>Avec une minutie quasi-documentaire, la talentueuse fratrie poursuit son exploration de la réalité en lui insufflant cette captivante force dramatique. Et ainsi de se faire l&#8217;éminente dépositaire d&#8217;une œuvre consciencieuse et parfaitement cohérente.</p>
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Deux jours, une nuit<em> de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione… Belgique, 2014. Sortie le 21 mai 2014. En compétition au 67e festival de Cannes.</em></p>
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