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	<title>Grand Écart &#187; Autriche</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Le tour des éditions Montparnasse &#8211; Part One</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Feb 2020 09:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme chaque année, les éditions Montparnasse renouvellent leurs trésors, réalisant le bonheur des cinéphiles et des cinéphages en manque de pellicule. Des documentaires engagés aux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, les éditions Montparnasse renouvellent leurs trésors, réalisant le bonheur des cinéphiles et des cinéphages en manque de pellicule. Des documentaires engagés aux plaisirs coupables des grandes comédies hollywoodiennes, des raretés historiques aux portraits intimes de Jean Rouch, d’un animé made in France aux plages proustiennes, il y a de quoi avoir la tête qui tourne.<br />
&nbsp;</p>
<h2>Inquiétude et insouciance</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/vienne-avant-la-nuit-robert-bober.jpg" alt="Vienne avant la nuit, de Robert Bober" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27505" /><strong><em>Vienne avant la nuit</em>, de Robert Bober</strong></p>
<p>En 75 minutes, Robert Bober mêle la grande Histoire de ce début du XXe siècle à l’histoire personnelle de Wolf Leibe Fränkel, son grand-père, autour d’un périple allant de sa Pologne natale aux postes frontières d’Ellis Island jusqu’à la grande et mystérieuse Vienne, capitale de l’Autriche. L’histoire d’un aller et presque retour en quelque sorte. Robert Bober évoque la vie d’un immigré perpétuel, ce grand-père qu’il n’a jamais connu, mais qui fut le témoin des changements de paradigme politique qui bouleverseront à jamais le monde. Dans son récit familial, Bober s’efface derrière les mots de Schnitzler, Stephan Zweig et Joseph Roth qui rendent compte, comme son grand-père aurait pu le faire, d’un mal étrange qui ronge les esprits. <span id="more-27503"></span>C’est Vienne avant la nuit&#8230; Cette exhumation poétique colle à la peau du réalisateur. Le documentaire d’une douce violence rappelle à quel point il suffit d’un rien pour que tout bascule dans l’horreur. S’il n’avait pas été atteint d’un trachome et renvoyé des Etats-Unis, Wolf Leibe Fränkel serait peut-être mort de sa belle mort, sur un banc de Central Park.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/les-dames-de-la-cote-nina-companeez.jpg" alt="Les dames de la côte, de Nina Companeez" width="280" height="154" class="alignright size-full wp-image-27506" /><strong><em>Les Dames de la côte</em>, de Nina Companeez avec Fanny Ardant, Michel Aumont, Françoise Fabian …</strong></p>
<p>Quand on évoque le nom de Nina Companeez résonne tout un pan du cinéma français des années 1970 où <em>Faustine et le bel été</em> (1971) qui révéla Muriel Catala (mais aussi Isabelle Adjani et Isabelle Huppert) et <em>L’Histoire très belle et très joyeuse de Colinot trousse-chemise</em> (1973) qui révéla Francis Huster (encore sobre et pas trop cabotin dans un rôle de Casanova échevelé !) symbolisent à la perfection le bonheur et l’insouciance d’une époque aujourd’hui révolue. Nina Companeez, c’est également la femme des grandes sagas télévisées classes et luxueuses (<em>L’Allée du Roi</em>, <em>Un pique-nique chez Osiris</em>, <em>A la recherche du temps perdu</em>&#8230;) dans lesquelles elle excelle à rendre des portraits ciselés des familles de la haute bourgeoisie française de la fin du XIXe et début du XXe siècle. Dans ses œuvres, il est toujours question d’amour et de convention, d’excès et de normes, comme si les personnages féminins qu’elle s’applique à croquer avec délices ne peuvent s’émanciper que dans la douleur. Vous l’aurez compris, Nina Companeez, ce n’est pas vraiment Romain Goupil ou Gérard Mordillat… <em>Les Dames de la côte</em>, c’est du Marcel Proust réinventé, une certaine idée de la France aisée et insouciante avant et après la Première Guerre mondiale. Cette valse des couples sur fond de mutation sociale de la société française est d’une cruauté sans nom quand la cinéaste s’attarde avec délice sur ces petits esprits étriqués. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/autrichienne-pierre-granier-deferre.jpg" alt="L&#039;Autrichienne, de Pierre Granier-Deferre" width="280" height="230" class="alignleft size-full wp-image-27507" /><strong><em>L’Autrichienne</em>, de Pierre Granier-Deferre avec Ute Lemper, Patrick Chesnais, Daniel Mesguich, Rufus&#8230;</strong></p>
<p>Avec <em>L’Autrichienne</em>, Pierre Granier-Deferre s’offrait un morceau d’histoire, un terrible huis clos narrant dans une série de flash-back les quatre derniers jours de la reine Marie-Antoinette. Une reine condamnée d’avance par une « cour » de magistrats dans un procès à charge mené par le Président du tribunal révolutionnaire, Martial Herman – incarné par un Patrick Chesnais des grands jours, naturel, odieux et exécrable… fabuleux donc ! L’actrice allemande Ute Lemper, comédienne, danseuse et musicienne accomplie, livre une prestation exemplaire, toute en légèreté et toute en gravité, d’une grande justesse. Le film est sec, épuré à l’extrême, sans fioriture… on ne badine pas avec la reine ! Elle va y passer ! Cette empathie qu’on développe pour elle naît de cette justice truquée, des mots cruels lâchés par le procureur, le juge et même l’avocat de la défense, un pleutre de première catégorie. Drôle de sentiment que de se sentir impuissant à la sauver, elle qui ne semble rien comprendre à ce qui lui arrive. Nous ne sommes pas en position de refaire l’Histoire. Le peuple crevait la dalle quand la reine dépensait la fortune du pays en pâtisserie. Absolument passionnant.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/branches-arbres-satyajit-ray.jpg" alt="Les Branches de l&#039;arbre, de Satyajit Ray" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-27508" /><strong><em>Les Branches de l’arbre</em>, de Satyajit Ray avec Ajit Bannerjee, Haradhan Bannerjee, Soumitra Chatterjee&#8230;</strong></p>
<p>Ananda, ancien directeur de Mica Works, vit retiré avec son second fils, Proshanto, devenu handicapé mental à la suite d&#8217;un accident. Il a 3 autres fils qui ont tous une position sociale confortable, à l&#8217;exception du plus jeune, Protap, qui a préféré une carrière artistique au milieu financier dans lequel évolue le reste de la famille. Alors qu&#8217;Ananda les a tous réunis à l&#8217;occasion de son 70e anniversaire, ainsi que plusieurs notables de la ville, celui-ci est victime d&#8217;une attaque cardiaque.<br />
C’est en partie grâce à Gérard Depardieu qui dans les années 1990 rachète les droits de distribution de tous les films de Satyajit Ray, que les œuvres du maître indien sont visibles aujourd’hui. D’ailleurs, notre Gégé national et Daniel Toscan Du Plantier produiront et distribueront ses trois derniers films, dont <em>Les Branches de l’arbre</em>. C’est au travers de ces branches, huis clos familial, que le cinéaste dresse un état des lieux net et sans bavure d’une classe aisée décidée à rompre avec les traditions séculaires. L’Inde se modernise et les nouvelles générations s’acculturent au mode de vie occidentale. Les enfants d’Ananda ne considèrent plus leur père comme une référence, la poutre maîtresse sur laquelle repose d’immuables valeurs. <em>Les Branches de l’arbre</em> se fait le témoin du temps qui passe dans un pays que l’on pensait définitivement cristallisé dans ses coutumes et son folklore. Le cinéaste n’affirme pas que tout va changer du jour au lendemain mais qu’une révolution est en cours ; sans aucun doute l’avènement de l’Inde d’aujourd’hui qui tente de préserver sa culture et de prouver qu’elle est une grande puissance mondiale. Un grand film.</p>
<p>&nbsp;<br />
A suivre&#8230;</p>
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		<title>Western, de Valeska Grisebach</title>
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		<pubDate>Sat, 27 May 2017 12:52:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la section Un Certain Regard]]></category>
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		<description><![CDATA[Un groupe d’ouvriers allemands part travailler sur un chantier en Bulgarie. Ils montent leur baraquement et hissent leur drapeau allemand en haut d’une colline à quelques galops d’un village perdu...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Il a les yeux revolver… </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/western-valeska-grisebach-s.jpg" alt="Western, de Valeska Grisebach" title="Western, de Valeska Grisebach" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-25566" /><strong>Le pitch…</strong> Un groupe d’ouvriers allemands part travailler sur un chantier en Bulgarie. Ils montent leur baraquement et hissent leur drapeau allemand en haut d’une colline à quelques galops d’un village perdu. Dévier le cours d’une rivière pour installer une infrastructure : leur chantier semble une montagne pour le peu de mains qu’ils ont. D’un côté les Allemands, de l’autre les villageois bulgares. Entre les deux, la barrière de la langue. Et Meinhard (Meinhard Neumann), nouveau venu parmi les travailleurs qui ne sait pas trop où est sa place. </p>
<p><strong>Et donc ?&#8230;</strong> Un décor de western, des démarches de cow-boys, un café dans un village paumé en guise de saloon, quelques femmes, des regards revolver et des chevaux sauvages qu’on apprivoise. Le titre du film de Valeska Grisebach est d’abord à prendre au premier degré. Un western moderne dans une sorte de no man’s land bulgare où l’eau semble denrée rare et où les loisirs ne sont pas légion. Au cœur de ce film au scénario subtil et à l’image léchée, il y a surtout la langue. Sans elle, comment comprendre l’autre, dépasser ses préjugés et ne pas déraper. Pourtant malgré cette barrière Meinhard, l’ancien de la Légion étrangère, décide de partir à la rencontre de l’autre et tente de se faire accepter. Silencieux, il est l’honnête homme, alors que ses collègues de chantier balancent leurs remarques hostiles et nationalistes. Une tension palpable traverse ce long-métrage produit par Maren Ade (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/toni-erdmann-maren-ade/" title="Toni Erdmann, de Maren Ade">Toni Erdmann</a></em>). Tout pourrait basculer…</p>
<p>&nbsp;<br />
Western <em>de Valeska Grisebach, avec Meinhard Neumann, Reinhardt Wetrek, Syuleyman Alilov Letifov, Vyara Borisova et Kevin Bashev. Allemagne, Autriche, Bulgarie, 2017. Présenté en sélection Un certain Regard au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Tehran Taboo, d’Ali Soozandeh</title>
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		<pubDate>Mon, 22 May 2017 10:44:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sea, sex and no fun Trois destins de femmes qui s’entrecroisent. Non, il ne s’agit pas du résumé du nouveau film de Desplechin ou de Téchiné. Ici, nous sommes au...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sea, sex and no fun</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/tehran-taboo-ali-soozandeh.jpg" alt="Tehran Taboo, d&#039;Ali Soozandeh" width="280" height="120" class="alignleft size-full wp-image-25690" />Trois destins de femmes qui s’entrecroisent. Non, il ne s’agit pas du résumé du nouveau film de Desplechin ou de Téchiné. Ici, nous sommes au Moyen-Orient. En Iran, plus précisément où ces trois femmes sont loin d’avoir des préoccupations métaphysiques. Le mari de Pari est en prison et refuse de divorcer. Alors, cette jeune mère de famille en vient à se prostituer devant son fils. Sara vit chez ses beaux-parents où elle leur sert de manante, est enceinte et aimerait travailler. Mais son mari refuse. Donya vient de perdre sa virginité dans les toilettes d’une boîte de nuit et doit reconstituer son hymen avant son mariage la semaine suivante. Mais son amant d’un soir, Elias, étudiant et musicien sans le sou, n’a pas les moyens de l’aider. </p>
<p>Pour rendre compte de cette trinité dramatique, Ali Soozandeh a utilisé la technique de la rotoscopie. C’est-à-dire qu’il a filmé ses comédiens sur un fond vert et les a ensuite transformés en personnages animés qui s’amalgament à des décors dessinés. Le résultat est bluffant. Surtout, il permet de montrer l’impossible dans un pays où la religion est un carcan trop lourd à porter, où il est interdit aux femmes de s’émanciper sans un homme, où un couple qui se tient par la main sans être marié peut être emmené en prison, où l’on ne peut avoir un prêt dans une banque si l’on est étudiant, où la virginité avant le mariage est obligatoire… Ici, le film commence par une fellation dans un taxi avec un petit garçon qui s’oblige à regarder ailleurs, pour ne pas voir ce que sa mère est en train de prodiguer. Là, des pendaisons publiques. Là encore, une scène de sexe dans une discothèque. Ou ici, un ayatollah qui échange ses services de juge moral contre une partie de jambes en l’air peu délicate. Dans <em>Tehran Taboo</em>, on baise, on jure, on se drogue et on craint à tout instant d’être arrêté par la police pour un destin funeste. Tout le monde agit en cachette, comme dans une section parallèle, loin du regard des autorités qui n’hésitent pas elles-mêmes à briser les tabous et user des pires exactions. <span id="more-25636"></span></p>
<p>Le film est pessimiste, sans espoir, sans échappatoire ou presque pour ses personnages. Teinté d’humour noir et d’un cynisme tellement assumé, <em>Tehran Taboo</em> nous rend admiratif de cette bravoure somptueuse d’Ali Soozandeh. Le réalisateur habite en Allemagne, lui permettant une telle liberté de ton. On a peine à imaginer la réaction des Iraniens devant un tel brûlot qui brise toutes les conventions. A coup sûr, le film n’y sera jamais projeté, ou alors sous le manteau. Raison de plus pour aller le voir en salles, comme un acte politique, pour que la création demeure sans contraintes. Sans tabou. Surtout venant de Téhéran.</p>
<p>&nbsp;<br />
Tehran Taboo <em>d’Ali Soozandeh, avec Elmira Rafizadeh, Zar Amir Ebrahimi, Arash Marandi, Bilal Yasar… Allemagne, Autriche, 2017. Présenté à la 56e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>Toni Erdmann, de Maren Ade</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 19:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ines est allemande, mais elle s’est exilée à Bucarest, où elle est femme d’affaires dans une grande société. Quand elle voit débarquer son père, Winfried, à l’improviste à son travail, elle a du mal à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La vie des autres</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-1.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="138" class="alignleft size-full wp-image-24010" /><strong>Ines est allemande, mais elle s’est exilée à Bucarest, où elle est femme d’affaires dans une grande société. Quand elle voit débarquer son père, Winfried, à l’improviste à son travail, elle a du mal à cacher son agacement. Ce qui ne fait pas peur à Winfried, bien au contraire : il décide de rester et de se déguiser en Toni Erdmann, personnage truculent et envahissant.</strong><br />
&nbsp;<br />
<em>Toni Erdmann</em> est un film d’auteur. Mais un film d’auteur qui fait rire (beaucoup), et pas seulement à cause des blagues de colis piégés et de coussins péteurs (encore que). Non, ce qui met de bonne humeur dans <em>Toni Erdmann</em>, c’est la justesse burlesque ou dramatique de chaque séquence. C’est l’immédiate consécration à l’écran du saisissant Peter Simonischeck (Winfried) et de la charismatique Sandra Huller (Ines). Et c’est surtout le propos de la réalisatrice, Maren Ade, intelligent sans être ennuyeux (2h42 de film qui passent sans longueurs), érudit sans être démonstratif. Si <em>Toni Erdmann</em> est un film farfelu, il l’est par son point de départ : un père prend l’avion pour venir voir sa fille carriériste et lui demander simplement : <em>« Es-tu heureuse ? »</em> (Ensuite, il lui demande <em>« Es-tu un être humain ? »</em>, mais cette fois il n’attend pas vraiment de réponse.) Et c’est lorsque sa fille le congédie assez durement que Winfried, sorte de super-héros de la sociologie, se transforme en Toni. <span id="more-24007"></span></p>
<h3>Kukeri superstar</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-2.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="151" class="alignright size-full wp-image-24014" />Les super-héros existent pour faire ce que les gens normaux ne font pas. Pas seulement parce qu’ils ont (généralement) des superpouvoirs, mais parce que le costume les autorise intrinsèquement à agir dans l’intérêt des autres, sans théoriser sur la législation ou les dommages collatéraux. Toni Erdmann en est un d’un autre genre : il s’invite au bureau de sa fille, à sa fête entre collègues, au restaurant où elle dîne avec ses amis. Et tous – sauf Ines –  d’être sensibles au charme du monsieur. Ses superpouvoirs ? Une perruque brune aux airs de méduse morte, un dentier proéminent, un <em>kukeri</em> bulgare désopilant et un super-humour qui n’a pas peur du ridicule. L’alter ego de Winfried est équipé pour son combat au long cours : se rapprocher d’Ines, qui s’oublie dans un travail désincarné et insensé (en substance, celui de réduire les coûts et donc de virer des gens).</p>
<h3>Génération désenchantée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/toni-erdmann-maren-ade-sandra-huller-peter-simonischek.jpg" alt="Toni Erdmann, de Maren Ade" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-24011" />Ines est un pur produit de la société libérale, qui prône le matérialisme, le pouvoir de l’argent et la flexibilité à outrance. Oui, une femme de ce monde doit être capable de licencier et d’emmener la femme de son client faire du shopping avec le même entrain. Difficile de croire qu’elle est la fille de ce gamin attardé de Winfried, pour qui la liberté, la dérision, l’échange et les petites joies du quotidien sont la raison de vivre. C’est bien là le paradoxe : en l’élevant ainsi, Winfried a rendu possible l’ambition professionnelle d’Ines. Elle est sûre d’elle (au bureau comme au lit) dans un monde peuplé de phallocrates. Ce qui se joue ici, c’est un conflit de générations, et la tentative d’un père, parfois maladroite, de faire renouer sa fille avec l’insouciance de son enfance. L’insistance de Winfried à être Toni apporte à Ines un peu de cette audace et de cette liberté qui lui manquent. Et lorsque, à force d’essayer, Ines se détache enfin de ses habitus professionnels et retrouve pour quelques heures sa dérision et sa clairvoyance, Maren Ade a emmené avec elle tous les spectateurs, libérés, avec son héroïne, du poids des conventions. <em>Toni Erdmann</em> est une œuvre sur l’ambition, qui n’a pas d’autre ambition que l’honnêteté et la générosité ; ce qui en fait un film rare et réparateur, et assurément l’un des plus beaux de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">69e Festival de Cannes</a>.</p>
<p>&nbsp;<br />
Toni Erdmann <em>de Maren Ade, avec Peter Simonischek, Sandra Hüller… Allemagne, Autriche, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Prix Fipresci de la presse internationale 2016. Sortie le 17 août 2016.</em></p>
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		<title>Goodnight Mommy, de Veronika Franz et Severin Fiala</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2015 17:10:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Deux jumeaux, Lukas et Elias, jouent à travers champs, dans les bois et dans la grande maison familiale en attendant le retour de leur mère. Quand celle-ci revient, le visage...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/01/goodnight-mommy-veronika-franz-severin-fiala.jpg" alt="Goodnight Mommy, de Veronika Franz et Severin Fiala" title="Goodnight Mommy, de Veronika Franz et Severin Fiala" width="195" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20218" />Deux jumeaux, Lukas et Elias, jouent à travers champs, dans les bois et dans la grande maison familiale en attendant le retour de leur mère. Quand celle-ci revient, le visage masqué par des bandages, les deux jumeaux la trouvent froide et distante. Est-ce vraiment leur mère ?</p>
<p><em>Goodnight Mommy</em> distille une atmosphère étrange et irréelle. Des jumeaux (un élément courant du cinéma fantastique), une maison isolée et froide dont la couleur ne semble jamais s’échapper, une mère fantomatique et une relation familiale mystérieuse : la première moitié de <em>Goodnight Mommy</em> est consacrée à installer un malaise durable – parfois avec quelques longueurs, mais dans l’ensemble avec efficacité. Les réalisateurs prennent le temps de développer l’intrigue, sans cacher l’influence de leurs deux modèles autrichiens : Ulrich Seidl d’abord, qui produit le film et partage le même intérêt morbide pour la psyché humaine. Michael Haneke, ensuite, dont l’œuvre chirurgicale, froide et réflexive est souvent convoquée ici. De tous les films de Haneke, c’est évidemment à <em>Funny Games</em> qu’on pense lorsque <em>Goodnight Mommy</em> sombre dans la violence et la torture.</p>
<p>Pour pouvoir prouver si cette femme est bien, oui ou non, leur mère, Lukas et Elias vont passer aux choses sérieuses. Une deuxième partie beaucoup plus explicite, qui fait la lumière sur les non-dits du début à coups de pleurs et de sang. <span id="more-20217"></span>C’est glaçant et dérangeant ; pourtant révéler le mystère au cinéma est souvent un processus déceptif : <em>Goodnight Mommy</em> ne fait pas exception en voulant expliquer ce que tout le monde présumait déjà – au lieu de se demander qui est la mère, demandons-nous qui sont les jumeaux. Malheureusement, les réponses attendues n’ont pas réellement d’importance narrative, elles viennent surtout arracher le spectateur au monde de l’entre-deux dans lequel il était si inconfortablement installé.</p>
<p>Mais au-delà de l’importance du récit, <em>Goodnight Mommy</em> est un hommage (conscient ou non, qui sait ?) à deux films fascinants du cinéma de genre, le fameux <em>Créatures célestes</em> (Peter Jackson, Grand Prix à Gérardmer en 1995) et le prodigieux et méconnu <em>Mais ne nous délivrez pas du mal</em> (Joël Séria, 1970), tous deux inspirés par la terrifiante affaire meurtrière Parker-Hulme. Trois films, trois traitements différents mais cette même subversion, ces mêmes questionnements sur l’identité et la famille ; ces mêmes figures religieuses à l’incommensurable petitesse, ces mêmes rites purificatoires pervers. <em>Goodnight Mommy</em> s’inscrit dans la lignée de ses deux prédécesseurs, une lignée racée et perturbante dont les représentants qui font date ne sont pas légion. A défaut d’être un chef-d’œuvre, ce premier film de Veronika Franz et Severin Fiala est une pièce ambitieuse et personnelle qui se contrefiche des <em>jumpscares</em> et autres demandes du cahier des charges horrifique, et c’est déjà beaucoup.</p>
<p>&nbsp;<br />
Goodnight Mommy <em>(Ich Seh, Ich Seh) de Véronika Franz et Severin Fiala, avec Suzanne West, Lukas Schwarz, Elias Schwarz. Autriche, 2014. Présenté en compétition au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
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		<title>Amour fou, de Jessica Hausner</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2014 21:37:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Chouanière</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Certain Regard 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>

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		<description><![CDATA[Sélection Un Certain Regard 2014 Qui ? Ancienne assistante de Michael Haneke, Jessica Hausner reste une des figures de proue du jeune cinéma autrichien. On a pu la découvrir à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sélection Un Certain Regard 2014</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/amour-fou-jessica-hausner.jpg" alt="Amour fou, de Jessica Hausner" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17380" /><strong>Qui ?</strong><br />
Ancienne assistante de Michael Haneke, Jessica Hausner reste une des figures de proue du jeune cinéma autrichien. On a pu la découvrir à Cannes grâce à ses deux premiers films, <em>Lovely Rita</em> et <em>Hôtel</em>, aux ambiances soignées et à la psychologie ambivalente. Elle dirige en 2011 Sylvie Testud et Léa Seydoux dans <em>Lourdes</em>, un métrage autour des guérisons miraculeuses et de leurs conséquences.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Après la présentation l’an dernier de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/michael-kohlhaas-arnaud-des-pallieres/" title="Michael Kohlhaas, de Arnaud Des Pallières" target="_blank">Michael Kohlhaas</a></em> d’Arnaud Des Pallières en sélection officielle, l’écrivain allemand Heinrich von Kleist retrouve la Croisette, mais point d’adaptation cette fois-ci : Jessica Hausner a choisi de raconter la vie de l’auteur, et notamment sa liaison avec Henriette Vogel, une musicienne, mariée, qui devait connaître l’homme derrière <em>La Marquise d’O…</em> à la toute fin de sa courte existence.</p>
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		<title>Welcome in Vienna, une trilogie d&#8217;Axel Corti</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 14:30:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est des temps dans une vie de modeste cinéphage à marquer d’une pierre blanche. Les fameux temps à soi. Le fameux matin cannois où <em>Paris, Texas</em> joue sa partition magique. J’y étais. C’était en 1984...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/welcome-in-vienna-santa-fe.jpg" alt="Santa Fe" title="Santa Fe" width="280" height="160" class="alignleft size-full wp-image-12067" />Il est des temps dans une vie de modeste cinéphage à marquer d’une pierre blanche. Les fameux temps à soi. Le fameux matin cannois où <em>Paris, Texas</em> joue sa partition magique. J’y étais. C’était en 1984. Le fameux soir où <em>Brazil</em> m’explose le cerveau. C’était en 1985. Le fameux après-midi d’un faune où <em>Twin Peaks</em> me fait prendre ma vessie pour une lanterne. C’était en 1992.<br />
Février 2013, je découvre <em>Welcome in Vienna</em>, trilogie sur l’exil de juifs viennois pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux mois plus tard, je digère encore l’expérience.<br />
Avant d’engloutir les six heures de bobine, je me prépare comme pour assurer sans encombre les 42 kilomètres d’un marathon. Les <em>a priori</em> se bousculent dans ma petite tête, toujours les mêmes quand il s’agit des malheurs du monde car je supporte mal en vieux rabat-joie que je suis les névroses collectives qui tournent aux leçons de morale. Mais rien de tout cela. <em>Welcome in Vienna</em> universalise son propos et réussit le pari de construire une œuvre humaniste qui fonctionne à l’aide d’allusions d’une incroyable justesse.<br />
Marchez les petites gens. Marchez les intellectuels. Ensemble sur les routes. L’exode d’éternels errants. Troller donne vie à ces héros du quotidien. Extraordinaires anonymes qui, tantôt drôles, tantôt désespérés, foulent leur propre tragédie. <span id="more-12065"></span><br />
<em>Welcome in Vienna</em> sidère par son hallucinante authenticité. Cette justesse lui confère une absolue utilité pédagogique. Une leçon de mise en scène, une leçon de cinéma, une leçon d’histoire.<br />
Georg Stefan Troller, célèbre journaliste de la télévision allemande, habite en France depuis des années. Les spectateurs allemands le croient français, il se fait passer pour alsacien. C’est au début des années 1980 en compagnie d’Axel Corti qu’il replonge dans son passé de juif autrichien. <em>Dieu ne croit plus en nous</em> est né. Souvenirs.<br />
&nbsp;</p>
<h4>1<sup>re</sup> partie<br />
<em>Dieu ne croit plus en nous</em></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/welcome-in-vienna-dieu-ne-croit-plus-en-nous.jpg" alt="Dieu ne croit plus en nous" title="Dieu ne croit plus en nous" width="280" height="176" class="alignleft size-full wp-image-12073" />La Nuit de cristal. Un adolescent, Ferry Tobler, caché au sous-sol de son immeuble, assiste à l’arrestation des habitants du quartier, aux premières persécutions contre les juifs. Au-dessus, son père est déjà mort, tué dans son lit. Ferry prend la fuite en compagnie d’un couple. Ils traversent l’Europe avec la peur au ventre. A Paris, ils sont arrêtés par les autorités françaises puis envoyés dans le camp de Saint-Just-en-Chaussée. La débâcle qui suit l’arrivée des Allemands leur ouvre une porte de sortie jusqu’à Marseille. La terre promise, c’est l’Amérique.<br />
Le spectateur peut facilement s’identifier aux destins individuels. Ces femmes et ces hommes, nous les reconnaissons parce que les auteurs nous invitent à lire en eux. De ville en ville, de campagne en campagne, de camp en camp, l’interminable périple déshumanise autant qu’il rend humain. Alors, à notre tour, nous les accueillons en notre sein.<br />
&nbsp;</p>
<h4>2<sup>e</sup> partie<br />
<em>Santa Fe</em></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/santa-fe-welcome-in-vienna-2.jpg" alt="Welcome in Vienna - Santa Fe" title="Welcome in Vienna - Santa Fe" width="280" height="183" class="alignleft size-full wp-image-12074" />1940. Port de New York. Ferry se noie en tentant de sauver une femme qui s’est jetée à l’eau.<br />
Le quai grouille de monde. Avant de retrouver la liberté, les arrivants doivent prendre leur mal en patience. Franchir un contrôle tient du parcours du combattant. Il faut encore réussir les tests psychologiques puis éviter la quarantaine. Les autorités américaines méfiantes réservent un accueil glacial à ces malheureux.<br />
Freddy Wolff intègre une communauté d’émigrés qui n’a rien d’autre à partager qu’un peu de misère. Chaque jour, la même rengaine se répète. Courir la ville. Espérer se remplir le ventre. Au cœur de New York, Freddy n’est plus le juif de service, il est devenu le sale immigré. Pire, on l’assimile à l’ennemi allemand au moment où l’Amérique rentre en guerre. Freddy décide de s’engager dans l’armée pour combattre le nazisme. Retour au pays, en soldat.<br />
&nbsp;</p>
<h4>3<sup>e</sup> partie<br />
<em>Welcome in Vienna</em></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/welcome-in-vienna-axel-corti.jpg" alt="Welcome in Vienna, d&#039;Axel Corti" title="Welcome in Vienna, d&#039;Axel Corti" width="280" height="178" class="alignleft size-full wp-image-12075" />1944. Freddy est à Vienne. Une Vienne en ruines, divisée en quatre zones, meurtrie par les combats et les opportunistes qui pillent et profitent. <em>Welcome in Vienna</em> raconte la confusion générale après l’apocalypse et, plus qu’aucun autre film ne l’a jamais fait auparavant, réalise un véritable diagnostic de territoire. Freddy redécouvre sa ville natale à travers une nouvelle galerie de personnages et les milieux qui la composent.<br />
L’étude du contexte, et plus spécifiquement l’analyse sociologique du milieu théâtral, révèle une hypocrisie générale où les nombreuses concessions morales pendant l’Occupation ont servi d’écran de fumée aux vieux profiteurs comme ils servent désormais aux nouveaux arrivistes. On s’arrange entre amis. On se pardonne. On relativise. La vie a repris son cours et la mémoire est soluble dans l’eau.<br />
Entre rancœurs et déceptions, quelques exilés choisissent de repartir aux Etats-Unis. Freddy traverse une nouvelle tragédie.<br />
Ce dernier épisode n’a pas reçu un accueil des plus enthousiastes à sa sortie en Autriche. Anciens nazis ou jeunes gauchistes, chacun en prend pour son grade. </p>
<p>Six heures d’un superbe noir et blanc. Une œuvre ambitieuse qui respire l’authenticité. Tragique et drôle. Sidérante parce que réaliste et poétique. J’y pense encore, et souvent.</p>
<p>&nbsp;<br />
Welcome in Vienna <em>d&#8217;Axel Corti, avec Johannes Silberschneider, Barbara Petritsch, Armin Mueller-Stahl, Gabriel Barylli, Doris Buchrucker, Peter Lühr, Nicolas Brieger, Claudia Messner. Disponible aux Editions Montparnasse.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/sl5lf/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Paradis : Amour, de Ulrich Seidl</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jan 2013 07:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Ach… le cinéma autrichien, y a pas à dire c'est toujours truculent. Avec son <em>Paradis : amour</em>, Ulrich Seidl entame une trilogie plus que prometteuse sur les différentes façons de passer ses vacances...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/paradis-amour-seidl-ulrich.jpg" alt="Paradis : Amour de Ulrich Seidl" title="Paradis : Amour de Ulrich Seidl" width="208" height="280" class="alignleft size-full wp-image-6894" />Ach… le cinéma autrichien, y a pas à dire c&#8217;est toujours truculent. Avec son <em>Paradis : amour</em>, Ulrich Seidl entame une trilogie plus que prometteuse sur les différentes façons de passer ses vacances. Dans ce premier opus, il s&#8217;attaque au tourisme de masse et aux séjours érotico-exotiques (plus communément nommés &#8220;tourisme sexuel&#8221;) de quinquas autrichiennes au Kenya (les &#8220;sugar mamas&#8221;). Le réalisateur autrichien s’interrogeait déjà sur le corps et son commerce dans <em>Dog Days</em> et <em>Import Export</em>. Cette fois, il dresse un portrait ironique et sordide, réaliste et pathétique de ces relations humaines monnayées au pied des cocotiers. </p>
<p>La cloche des vacances a sonné et Térésa laisse derrière elle fille pubère, chat et job auprès des handicapés pour venir chercher l’amour. D’abord hésitante, la voilà qui enchaîne bientôt les <em>beach boys</em>, portée par l’illusion de l’amour. Car <em>« l’amour ne finit jamais en Afrique »</em>. Mais les relations sont éphémères et chimériques ici. A la clef : toujours la même déception. <span id="more-6197"></span></p>
<p>Travaillant la symétrie et déroulant ses plans comme autant de cartes postales surannées, Seidl écaille l’exotisme. Peintre excellant dans la composition picturale, il multiplie les images-tableaux pour magnifier le glauque des situations. Sans artifice, il montre l’impossible rencontre. Souligne les frontières visibles et invisibles. La plage des touristes délimitée par une corde tirée entre deux piquets devant laquelle des gardiens déambulent pour protéger leurs ouailles. La ferme aux crocodiles où l’on tente de réveiller les bêtes avec un bout de barbaque pour divertir l’étranger… </p>
<p>Tout est si triste et drôle dans ce long-métrage. Un film-épreuve dans lequel Ulrich Seidl n’épargne jamais le spectateur. La réalité est crue. Comment la montrer autrement ? La solitude, la misère, le prix des corps noirs, les signes extérieurs de vieillesse chez ces femmes qui se regardent vieillir, guettent leurs rides et leurs chairs flétrissantes. Il est aussi question de racisme, évidemment. De rémanence coloniale. Ici le Noir est encore « Nègre », difficilement reconnaissable <em>« parce qu&#8217;ils se ressemblent tous »</em>. Cet autre que l’on peut dresser à l’envi. </p>
<p>Sous le soleil brûlant qui rougit les peaux blondes et les corps replets, le tourisme sexuel interroge les rapports exploité/exploitant, le pouvoir de l’argent, le fossé qui sépare l’Europe et l’Afrique et en dit long sur la déliquescence du monde.</p>
<p>&nbsp;<br />
Paradis : Amour<em> de Ulrich Seidl, avec Margarethe Tiesel, Peter Kuzungu, Inge Maux&#8230; Autriche, 2012. En compétition au 65e Festival de Cannes. Sortie le 9 janvier 2013.</em> </p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/s5f0r/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Häxan, de Benjamin Christensen et Cagliostro, de Richard Oswald</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 17:09:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[Danemark]]></category>
		<category><![CDATA[expressionnisme]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>Häxan</em> et <em>Cagliostro</em> sortent enfin de l’ombre et des fonds de tiroirs. Tournés dans les années 1920, leur destin s’est cristallisé dans la poussière et l’oubli, mais les œuvres, même les plus confidentielles...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les Grands Illuminés</h3>
<p><strong><em>Häxan</em> et <em>Cagliostro</em> sortent enfin de l’ombre et des fonds de tiroirs.</strong> Tournés dans les années 1920, leur destin s’est cristallisé dans la poussière et l’oubli, mais les œuvres, même les plus confidentielles, ont leur ange gardien. Nettoyés, briqués, remastérisés, les sorcières et le thaumaturge brillent de mille feux. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/haxan-christensen.jpg" alt="Affiche de Haxan de Benjamin Christensen" title="Affiche de Haxan de Benjamin Christensen" width="195" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4878" /><strong><em>Häxan</em> (1922), réalisé par Benjamin Christensen </strong><br />
<em>Disponible en DVD aux éditions Potemkine films/Agnès B</em></p>
<p>Entre 1919 et 1921, le cinéaste suédois Benjamin Christensen dévore les ouvrages traitant de sorcellerie et de chasse aux sorcières. Sa passion du Moyen Age le pousse à s’immerger dans d’obscurs incunables, bréviaires de sorcières et autres manuels de la Sainte Inquisition. De février à octobre 1921, Christensen s’affaire à ce qui deviendra l’un des films muets les plus chers de l’histoire du petit cinématographe mais, surtout, une étude qui encore aujourd’hui fait référence ; la sorcellerie à travers les âges. <em>Häxan</em> déroule une série de tableaux d’une hallucinante beauté, où lumière et ténèbres se fondent et s’entrelacent comme pour mieux rendre les honneurs aux démons et fées de mauvaise vie. La lumière danse. Les suppôts crochus et cornus remontent des enfers accueillis en rois. Christensen pose l’ambiance et n’oublie rien ni personne : le manuel du parfait petit tortionnaire, le diable lubrique, les nonnes masochistes, les vierges folles… <span id="more-4876"></span>Black Sabbat, l’orgie bat son plein ! <em>Häxan</em> est avant tout une œuvre politique qui, fort heureusement, ne tombe pas dans le piège du manichéisme à deux sous mais dénonce les excès d’institutions reconnues par les sociétés de l’époque ; la vieille institution catholique romaine et sa terrible inquisition, ainsi que la moderne institution psychiatrique et ses terribles asiles. Sous ses airs gothiques, <em>Häxan</em> est un bijou du cinéma expressionniste. La Bête immonde trouve refuge dans un magnifique coffret 2 galettes contenant pas moins de trois versions : une première de 87 minutes soutenue par la bande-son de l&#8217;artiste islandais Bardi Johannsson et interprétée par le Bulgarian Chamber Orchestra, la version de 1968 (76’) narrée par William S. Burroughs sur le score du violoniste virtuose Jean-Luc Ponty, et la dernière, cerise sur le gâteau, dure 104 minutes. Ô joie !</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/cagliostro.jpg" alt="Affiche de Cagliostro de Richard Oswald" title="Affiche de Cagliostro de Richard Oswald" width="204" height="270" class="alignright size-full wp-image-4879" /><strong><em>Cagliostro</em> (1929), réalisé par Richard Oswald avec Hans Stüwe, Charles Dullin, Alfred Abel…</strong><br />
<em>Disponible en DVD aux éditions Potemkine films/La Cinémathèque française</em></p>
<p>Thaumaturge, alchimiste, aventurier, séducteur, voleur, comploteur, Joseph Balsamo, plus connu sous le sobriquet de &#8220;comte de Cagliostro&#8221; (rien que ça !), a tout vu, tout vécu, tout expérimenté, sauf qu’il n’est jamais devenu marchande de gaufres. Au XVIIIe siècle, Cagliostro s’est illustré en marchand de rêves au sein des cours royales d’Europe. En bon intriguant, l’homme ne soignait pas les pauvres. Non, il préférait hanter les couloirs des demeures majestueuses à la recherche de nobles incrédules prêts à se faire beurrer la raie pour quelques compliments. D’après la légende, Cagliostro a usé et abusé de son pouvoir (guérisseur et spirite) tout comme Raspoutine usera du sien auprès des Romanov. Cagliostro était peut-être un illuminé, mais il était fou de sa femme, fou d’amour, et c’est elle qui tirait les ficelles. <em>Cagliostro</em>, le film, brasse les genres (drame, amour, aventure, cape et d’épée, espionnage…) et les intrigues. La fameuse « affaire du collier », si bien reprise par Alexandre Dumas dans son roman <em>Le Collier de la reine</em> (n’hésitez pas à poursuivre la lecture avec <em>Ange Pitou</em> et <em>La Comtesse de Charny</em>), nourrit l’intrigue principale qui revient sur l’inéluctable chute du combinard à la cour de France. Grandeur et décadence. Aussi trépidant soit-il (quelques ventres mous viennent gâcher la fête, mais réalisé il y a près de 80 ans, Michael Bay, Tony Scott et moi-même pardonnons aisément), la distribution peut faire tiquer et laisse même quelque peu à désirer ; Marie-Antoinette ressemble à une vieille catin et Louis XVI souffre visiblement d’anorexie. Seule la comtesse de La Motte, interprétée par Ilena Meery, donne matière à s’émouvoir. Mais <em>Cagliostro</em> a de la tenue, un charisme certain, c’est l’essentiel. Et cette superproduction européenne d&#8217;accueillir deux futurs génies du septième art, Marcel Carné et Jean Dreville (cliquez <a href="http://www.marcel-carne.com/carne-et-la-presse/articles-ecrits-par-marcel-carne/24-05-29-lorsque-richard-oswald-tournait-cagliostro-in-cinemagazine/" target="_blank" rel="nofollow">ici</a> pour en savoir plus). </p>
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		<title>Michael, de Markus Schleinzer</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2011 11:13:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[faits divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Sobre, efficace, le premier film de Markus Schleinzer, <em>Michael</em>, sur un pédophile séquestrant un môme d’une dizaine d’années dans sa maisonnette verdâtre de banlieue autrichienne emprunte à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/michael-schleinzer.jpg" alt="Michael de Markus Schleinzer" title="Michael de Markus Schleinzer" width="300" height="198" class="alignleft size-full wp-image-2686" />Sobre, efficace, le premier film de Markus Schleinzer, <em>Michael</em>, sur un pédophile séquestrant un môme d’une dizaine d’années dans sa maisonnette verdâtre de banlieue autrichienne emprunte à Michael Haneke son sens du cadre et de l’essentiel tout en s&#8217;accrochant au côté extrêmement terrien d’un Ulrich Seidl. Balançons donc une généralité : les Autrichiens ne sont pas du genre à prendre des détours. Ce premier film s&#8217;affiche totalement maîtrisé. Aucune vaine explication ne sera donnée. En un plan, on plante le décor, en un second, on partage une émotion, avec un autre, on raconte le passé des protagonistes. Ce long-métrage s’attaque aux entrailles d’un fait divers. Plus précisément même au lieu du crime. Alors que la télévision diffuse en fond sonore les statistiques d’enlèvements d’enfants, c’est dans la tanière du prédateur que la caméra du réalisateur autrichien pénètre, gardant toujours une distance, laissant le spectateur en périphérie, au bord. <span id="more-2684"></span></p>
<p>La journée, l’homme est assureur. Dans son petit costume, il renseigne ses souscripteurs, ne se lie pas facilement avec ses collègues sans pour autant être désagréable. Un homme discret qui préfère passer Noël seul, loin de sa mère et de sa sœur, mais s’autorise parfois un séjour au ski avec deux amis. Chaque soir, il rentre chez lui, gare sa voiture dans son garage. La caméra reste à l’extérieur, s’attarde sur les rais de lumière qui disparaissent à mesure que les stores se baissent. Silence. Ce qui intéresse Markus Schleinzer, ce n’est pas l’enfant (dont il fait une victime résistante à la colère contenue) mais son ravisseur. D’ailleurs, souvent pour suivre ce dernier, le film abandonne le gamin pour suivre le parcours de cet homme au regard taciturne. Sa solitude, son mal-être, ses obsessions… Rien qui ne le rende sympathique ou ne le condamne lourdement. Les faits. Seulement les faits. Le malaise et l’incompréhension.  </p>
<p>Dans le quotidien qu’il partage avec sa victime, Schleinzer observe froidement les gestes de tous les jours dont la banalité effraie. Effleure les peaux. Fixe un objet. Il écoute la violence muette. Une fois cet univers posé, la situation actée, il s’autorise même quelques traits d’humour. Acide. Amer. Troublant.</p>
<p><em>Michael, de Markus Schleinzer. Autriche, 2011. En compétition au Festival de Cannes 2011. Sortie le 9 novembre 2011.</em></p>
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