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	<title>Grand Écart &#187; Andrea Arnold</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Le palmarès du 69e Festival de Cannes</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 21:01:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 69e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Andrea Arnold]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Ken Loach]]></category>
		<category><![CDATA[palmarès]]></category>

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		<description><![CDATA[Une grande partie de l'équipe qui constitue aujourd'hui Grand Écart s'est rendue pour la première fois au Festival de Cannes il y a dix ans, en 2006. Face à Andrea Arnold (<em>Red Road</em>), Pedro...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/ken-loach-daniel-blake-palme-or-2016.jpg" alt="Moi, Daniel Blake, Palme d&#039;or du 69e Festival de Cannes" width="280" height="177" class="alignleft size-full wp-image-24244" />Une grande partie de l&#8217;équipe qui constitue aujourd&#8217;hui Grand Écart s&#8217;est rendue pour la première fois au Festival de Cannes il y a dix ans, en 2006. Face à Andrea Arnold (<em>Red Road</em>), Pedro Almodovar (<em>Volver</em>), Nicole Garcia (<em>Selon Charlie</em>), pour n&#8217;en citer que quelques-uns, c&#8217;est Ken Loach qui remportait la Palme d&#8217;or avec <em>Le vent se lève</em>. Dix ans plus tard, en 2016, face à Andrea Arnold (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/american-honey-andrea-arnold-shia-labeouf-road-movie/" title="American Honey, d’Andrea Arnold">American Honey</a></em>), Pedro Almodovar (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/julieta-pedro-almodovar/" title="Julieta, de Pedro Almodovar">Julieta</a></em>), Nicole Garcia (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mal-pierres-nicole-garcia-milena-agus-marion-cotillard/" title="Mal de pierres, de Nicole Garcia">Mal de pierres</a></em>), pour n&#8217;en citer que quelques-uns, c&#8217;est Ken Loach qui remporte la Palme d&#8217;or, avec le révolté <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/moi-daniel-blake-ken-loach/" title="Moi, Daniel Blake, de Ken Loach">Moi, Daniel Blake</a></em>. Et pendant ce temps Xavier Dolan, encore un peu trop jeune pour être là en 2006, se rapproche lentement mais sûrement de la Palme d&#8217;or avec la très belle adaptation de <em>Juste la fin du monde</em>, de Jean-Luc Lagarce. Gageons qu&#8217;il sera encore là en 2026. Espérons que Grand Écart aussi.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Palme d&#8217;or</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/moi-daniel-blake-ken-loach/" title="Moi, Daniel Blake, de Ken Loach">Moi, Daniel Blake</a></em> de Ken Loach<br />
&nbsp;</p>
<h4>Grand Prix</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/juste-la-fin-du-monde-xavier-dolan/" title="Juste la fin du monde, de Xavier Dolan">Juste la fin du monde</a></em>, de Xavier Dolan<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix de la mise en scène ex aequo</h4>
<p><em>Baccalauréat</em>, de Cristian Mungiu<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/personal-shopper-dolivier-assayas/" title="Personal Shopper, d’Olivier Assayas">Personal Shopper</a></em>, d&#8217;Olivier Assayas<br />
&nbsp;<br />
<span id="more-24215"></span></p>
<h4>Prix du scénario</h4>
<p><em>Le Client</em>, d&#8217;Asghar Farhadi<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix du jury</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/american-honey-andrea-arnold-shia-labeouf-road-movie/" title="American Honey, d’Andrea Arnold">American Honey</a></em>, d&#8217;Andrea Arnold<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation féminine</h4>
<p>Jaclyn Jose dans <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ma-rosa-brillante-mendoza-philippines/" title="Ma’Rosa, de Brillante Mendoza">Ma&#8217;Rosa</a>, de Brillante Mendoza<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation masculine</h4>
<p>Shahab Hosseini dans <em>Le Client</em>, d&#8217;Asghar Farhadi<br />
&nbsp;</p>
<h4>Caméra d&#8217;or</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/divines-houda-benyamina/" title="Divines, de Houda Benyamina">Divines</a></em>, de Houda Benyamina</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Et pour ceux qui préfèrent, il y a aussi notre <a href="http://www.grand-ecart.fr/69e-festival-cinema-cannes/actualite-film-2016/cite-peur-les-nuls-faux-pronostic/" title="Cannes 2016 : le faux pronostic">palmarès alternatif</a>&#8230;</strong></p>
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		<title>American Honey, d’Andrea Arnold</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2016 10:37:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[Andrea Arnold]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[road movie]]></category>

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		<description><![CDATA[Ados de la route - Chez Andrea Arnold, on ne prend jamais les mêmes et surtout on ne recommence pas. Après son « puzzle » d’écrans vidéo dans les bas-fonds de Glasgow (<em>Red Road</em>), après...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Ados de la route</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/AMERICAN-HONEY-HD-©-Parts-Labor-LLCPulse-Films-LimitedThe-British-Film-InstituteChannel-Four-Television-Corporation-2016.jpg" alt="American Honey, d&#039;Andrea Arnold" width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-23499" />Chez Andrea Arnold, on ne prend jamais les mêmes et surtout on ne recommence pas. Après son « puzzle » d’écrans vidéo dans les bas-fonds de Glasgow (<em>Red Road</em>), après son tableau d’une adolescence solitaire dans la banlieue de Londres (<em>Fish Tank</em>) et après son incartade sur les Highlands des <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/hauts-hurlevent-andrea-arnold-emily-bronte/"><em>Hauts de Hurlevent</em></a>, la cinéaste britannique a choisi cette fois-ci d’aller voir, son cinéma social sous le bras, si l’herbe qui pousse de l’autre côté de l’Atlantique est plus verte… <em>American Honey</em> (traduire <em>« Américain(e) pur sucre »</em>) est un road-movie mené tambour battant sur les routes du Midwest américain, porté par un casting encore une fois inconnu au bataillon ou presque. C’est l’histoire d’une <em>étoile</em> fuyante, Star (fantastique Sasha Lane), adolescente de 18 ans prisonnière d’une famille totalement perdue pour la cause (père incestueux, mère pas très claire, tous les deux démissionnaires). La jeune fille décide de prendre le large à bord d’un van. A son bord, une bande de jeunes dont un Shia LaBeouf en chien fou hâbleur et cabotin (un rôle sur mesure). Lancés à toute berzingue sur l’asphalte sud-américain, ils « avancent » (c’est déjà ça) de ville en ville pour faire du porte-à-porte afin de vendre des abonnements de magazines. Initiée et très vite intégrée au <em>crew</em> (à l’exception des accrochages récurrents avec Krystal, talentueuse Riley Keough, chef de meute intraitable de la petite entreprise ambulante), Star découvre un autre mode de vie. <span id="more-23498"></span>Entre liquides euphorisants de toutes sortes, marie-jeanne, batifolages et argent pas toujours très propre. Comme elle, ils ont tous quitté le foyer familial histoire de mettre <em>un peu de sucre dans leur bol</em>. De se donner une chance de devenir des adultes pas trop mal. Les moins pires possibles.</p>
<p>Pour tourner son film, Andrea Arnold a opté pour le format 4:3. Un cadre pour le moins serré, peu approprié au genre du road-movie. Et pourtant, ça tient la route. Car plus encore qu’aux paysages, Andrea Arnold s’intéresse davantage aux forces et aux tremblements qui agitent cette nouvelle famille de substitution. Avec son format 4:3, sa caméra toujours trépidante et sa lumière toujours naturelle, la cinéaste cadre au plus près des visages et des corps pour mieux nous plonger dans l’intimité de ces jeunes têtes brûlées. On passe ainsi de longs moments à l’intérieur du van, lieu de vie principal et incontournable du film. Coincée dans l’espace exigu de l’habitacle, Arnold insuffle à ces séquences (merveilleusement montées) une incroyable effervescence. L’occasion pour nous de faire plus ample connaissance avec les personnages. L’occasion également de profiter d’une bande-son aux petits oignons (oui, sur la route, on écoute de la musique), entre trap (sous-genre <em>dirty south</em> du hip-hop), pop et country. Elle est omniprésente. Assourdissante, dirons certains. Elle nous en dit pourtant beaucoup sur les émotions et les sentiments de la troupe qui, elle, y puise toute son énergie avant de rejoindre le prochain motel miteux. Quant aux missions de porte-à-porte, elles apparaissent comme autant de confrontations avec les différentes communautés (religieuses, sociales, économiques) qui composent les vastes territoires du Midwest. De la bourgeoisie Wasp et pavillonnaire de Kansas City à la réserve indienne miséreuse de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, aux champs de forage pétrolier de Williston, dans le Dakota du Nord… Et aux visages de ses adolescents, Andrea Arnold de laisser poindre alors en filigrane celui d’un sud américain contrasté, inégal, âpre et excessif. </p>
<p>&nbsp;<br />
American Honey<em> d’Andrea Arnold, avec Shia LaBeouf, Sasha Lane, Riley Keough… Angleterre, Etats-Unis, 2016. Prix du jury du 69e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Les Hauts de Hurlevent, d&#8217;Andrea Arnold</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 07:26:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Andrea Arnold]]></category>
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		<description><![CDATA[Plus qu'une adaptation, <em>Les Hauts de Hurlevent</em> apparaît comme une confidence humble et profonde, comme un témoignage plein d'admiration pour une romancière d'exception... En DVD le 17 avril 2013.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/affiche-hauts-hurlevent.jpg" alt="Les Hauts de Hurlevent d&#039;Andrea Arnold" title="Les Hauts de Hurlevent d&#039;Andrea Arnold" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-10225" />Au départ, il y a cette histoire fascinante et troublante écrite par Emily Brontë en 1845-1846. La jeune femme n&#8217;a alors que 27 ans et vit quasi recluse dans un presbytère à Haworth, dans le Yorkshire. Cette histoire c&#8217;est celle de la famille Earnshaw, un père et ses deux enfants, Cathy et Hindley, qui, retirés dans une ferme isolée au cœur des landes, voient leur paisible quotidien soudain troublé par l&#8217;irruption d&#8217;un jeune vagabond que M. Earnshaw a décidé de recueillir. <em>&#8220;Un enfant malpropre, déguenillé, aux cheveux noirs&#8221;</em>, écrit la jeune écrivaine. Il le baptise Heathcliff. </p>
<p><em>Les Hauts de Hurlevent</em> est un livre <em>&#8220;à la fois gothique, féministe, socialiste, sadomasochiste, freudien, incestueux, violent et viscéral&#8221;</em>, explique la cinéaste britannique qui avait bien conscience dès le départ du caractère hasardeux de ce projet d&#8217;adaptation. <em>&#8220;Un livre a un langage tellement différent d&#8217;un film</em>, poursuit-elle, <em>il est complet en tant que tel. Je me suis étonnée en me lançant dans cette adaptation.&#8221;</em> Mais il faut croire que c&#8217;était plus fort qu&#8217;elle : après Albert Victor Bramble en 1920 (film muet), William Wyler en 1939 dont la version avec Laurence Olivier et Merle Oberon est considérée comme la plus réussie (… il y a pourtant à redire), après Luis Buñuel en 1954, Jacques Rivette en 1986 ou encore le Japonais Kiju Yoshida en 1988, Andrea Arnold a cédé à son tour au désir irrépressible de proposer &#8220;sa&#8221; vision du récit des <em>Hauts de Hurlevent</em>. <span id="more-10216"></span></p>
<p>Celle qui, à travers ses deux premiers longs-métrages, <em>Red Road</em> et <em>Fish Tank</em>, nous avait habitués à ses univers urbains, s&#8217;inscrivant dans la dynamique d&#8217;un cinéma social contemporain, surprend ici tout son petit monde en offrant une œuvre absolument déconcertante, profitant de l&#8217;exercice dangereux que constitue l&#8217;&#8221;adaptation&#8221; pour se laisser aller à une expression artistique nouvelle et audacieuse, libérée de tout académisme (on est loin des <em>Raisons et sentiments</em> et autre <em>Orgueil et préjugés</em>). Et Andrea Arnold de confirmer, si c&#8217;était encore nécessaire, la nature singulière et géniale de son cinéma. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/heathcliff-hauts-hurlevent.jpg" alt="Les Hauts de Hurlevent d&#039;Andrea Arnold" title="Les Hauts de Hurlevent d&#039;Andrea Arnold" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-10227" />Une singularité que la réalisatrice a toujours affirmé dès son casting, en travaillant avec de jeunes comédiens débutants, voire non professionnels. Ainsi pour incarner son Heathcliff, a-t-elle jeté son dévolu sur un certain James Howson, inconnu du grand public, mais qui impose à l&#8217;écran une présence exceptionnelle, envoûtante. Après Kate Dickie dans <em>Red Road</em> (pour qui il s&#8217;agissait de son premier rôle au cinéma) et Katie Jarvis dans <em>Fish Tank</em>, ce James Howson vient entériner l&#8217;intuition géniale de la réalisatrice britannique lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de choisir ses acteurs. Trois films, trois diamants. Pour interpréter Cathy, on retrouve la talentueuse Kaya Scodelario, vue dans la série <em>Skins</em>, d&#8217;une beauté diaphane et troublante. Et enfin, belle performance également de la part des deux jeunes acteurs Shannon Beer et Solomon Glave dans les rôles de Cathy et Heathcliff &#8220;enfants&#8221;, à qui Andrea Arnold, comme dans le livre, a souhaité donner une place importante, tout en respectant l&#8217;âge des personnages.</p>
<p>Si les adaptations précédentes s&#8217;étaient essentiellement évertuées à dépeindre le roman sous les traits de la seule passion romantique entre Cathy et Heathcliff, <em>Les Hauts de Hurlevent</em> d&#8217;Andrea Arnold témoigne d&#8217;une interprétation très personnelle mais finalement bien plus en accord avec la dimension exceptionnelle des êtres et des mœurs décrits par la romancière. Comme le livre, le film est tragique, sombre et cruel. Comme le livre, le film est une histoire de violence, de force et de faiblesse. L&#8217;histoire d&#8217;une obsession brûlante. Celle, notamment, du jeune Heathcliff, dont Arnold a choisi de faire son unique prisme de lecture. En cela, la réalisatrice prend ses distances par rapport au roman, boycottant bon nombre de protagonistes. Mais elle parvient à condenser dans ce seul personnage toute la force narrative et la complexité des sentiments qui traversent l&#8217;œuvre de Brontë. Et à travers lui, Andrea Arnold semble remonter des mots à la plume, de la plume à la main qui la tient, jusqu&#8217;à pénétrer l&#8217;âme de celle qui a couché les lignes sur le papier. Pour la cinéaste, <em>&#8220;Emily Brontë est Heathcliff.&#8221;</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/cathy-hauts-hurlevent.jpg" alt="Les Hauts de Hurlevent d&#039;Andrea Arnold" title="Les Hauts de Hurlevent d&#039;Andrea Arnold" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-10228" />On retrouve effectivement dans la réalisation d&#8217;Arnold le portrait de celle que l&#8217;on a décrite comme une jeune femme solitaire, à la nature farouche et impétueuse. Une réalisation trouble hantée par une certaine folie, sensuelle et sensorielle, où la cinéaste nous lance au visage une nature justement omniprésente, brutale et bouillonnante, à l&#8217;image de la fureur qui habite le personnage d&#8217;Heathcliff. Des extérieurs à l&#8217;atmosphère brumeuse, à la teinte bleutée, glaciale et tranchante. Des intérieurs tout juste éclairés où l&#8217;on devine à peine les silhouettes qui se dessinent dans un contre-jour ou le halo d&#8217;une bougie. La caméra tient à peine sur l&#8217;épaule, emportée par une furie indomptable. Dans la veine d&#8217;un Tarkovski ou d&#8217;un Terrence Malick, Arnold s&#8217;attache aux détails. Au tumulte du vent. Aux courses folles d&#8217;un chien dans la boue. Au parcours semé d&#8217;embuches d&#8217;un insecte sur un morceau d&#8217;écorce. Au souffle haletant d&#8217;un cheval. A la branche d&#8217;un arbre qui cogne sur le carreau d&#8217;une fenêtre. Au bruit de l&#8217;eau qui tombe ou qui s&#8217;écoule. Un jeu de sons et lumières oppressant à travers lequel la réalisatrice donne forme au sentiment intense qu&#8217;éprouve secrètement cet orphelin mystérieux et sauvage pour cette jeune Cathy intrépide et cabocharde. Une façon également de nous confronter aux violences cinglantes qu&#8217;il encaisse sans sourciller, mais qui façonnent peu à peu son désir de vengeance. Car Arnold ne perd effectivement jamais de vue que ce roman est avant tout l&#8217;histoire de la vengeance d&#8217;Heathcliff, implacable et diabolique, à l&#8217;encontre de tous ceux qui l&#8217;ont rejeté et méprisé.</p>
<p>Déconcertés, les ayatollahs du roman crieront peut-être au blasphème devant cette interprétation insolite offerte par la cinéaste britannique. Pourtant, rarement aura-t-on vu un si bel exemple de ce que doit être une adaptation cinématographique. Arnold s&#8217;est efforcée de retranscrire non pas le livre mais les émotions intenses qu&#8217;il lui a procurées. Plus qu&#8217;une adaptation, <em>Les Hauts de Hurlevent</em> d&#8217;Andrea Arnold apparaît comme une confidence humble et profonde, comme un témoignage plein d&#8217;admiration pour une romancière d&#8217;exception. Un film avec lequel la cinéaste parvient à toucher à l&#8217;essence même du roman et à l&#8217;intimité de sa créatrice. </p>
<p>&nbsp;<br />
Les Hauts de Hurlevent <em>d’Andrea Arnold, avec Kaya Scodelario, James Howson, Solomon Glave, Shannon Beer, Steve Evets… Angleterre, 2012. Sortie le 5 décembre 2012. Sortie DVD le 17 avril 2013.</em></p>
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