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	<title>Grand Écart &#187; Festival de Cannes 2018</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Le palmarès du 71e Festival de Cannes</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2018 21:15:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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		<description><![CDATA[Le quotidien du festivalier est une histoire de choix, parfois triviaux (aller manger après avoir enchaîné trois films décevants ou tenter le coup avec un quatrième), parfois déchirants (un film...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-26203" alt="71e Festival international du film de Cannes" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/04/71-festival-cinema-cannes-2018.jpg" width="250" height="150" />Le quotidien du festivalier est une histoire de choix, parfois triviaux (aller manger après avoir enchaîné trois films décevants ou tenter le coup avec un quatrième), parfois déchirants (un film prometteur en compétition ou l’entrée d’un réalisateur chéri en section parallèle). Et le soir du palmarès, le sentiment d’être passé à côté, d’avoir fait les mauvais choix. Pourtant, des bons films, on en a vu. Le très déroutant <em><a title="Border, d’Ali Abbasi" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/border-ali-abbasi/" target="_blank">Border</a></em>, le punk <em><a title="L’Eté, de Kirill Serebrennikov" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ete-kirill-serebrennikov/" target="_blank">L’Eté</a></em>, le très drôle <em><a title="En liberté !, de Pierre Salvadori" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/en-liberte-pierre-salvadori/" target="_blank">En liberté !</a></em>, etc. Mais la plus belle surprise &#8211; et la plus grande déception du palmarès &#8211; restera <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/burning-lee-chang-dong/" title="Burning, de Lee Chang-dong" target="_blank">Burning</a></em>. Un film si puissant qu’il happe le spectateur &#8211; même s’il n’avait pas forcément choisi d’être là. Le jury a préféré récompenser la délicatesse de Kore-eda, et sa mise en scène d’une famille d’apparence banale &#8211; qui révélera cependant quelques secrets. Pour prétendre à la Palme d’or, Cate Blanchett a expliqué qu’un film devait cocher toutes les cases : scénario, mise en scène, acteurs, lumière&#8230; Ce que fait brillamment le cinéaste japonais, même s’il surprend moins.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Palme d&#8217;or</h4>
<p><em>Une affaire de famille</em>, de Hirokazu Kore-eda<br />
&nbsp;</p>
<h4>Grand Prix</h4>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/blackkklansman-spike-lee/" title="BlacKkKlansman, de Spike Lee" target="_blank">BlacKkKlansman</a></em>, de Spike Lee<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix de la mise en scène</h4>
<p><em>Cold War</em>, de Pawel Pawlikowski<br />
&nbsp;<br />
<span id="more-26513"></span></p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation masculine</h4>
<p>Marcello Fonte pour <em>Dogman</em>, de Matteo Garrone<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation féminine</h4>
<p>Samal Yeslyamova pour <em>Ayka</em>, de Sergey Dvortsevoy<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix du jury</h4>
<p><em>Capharnaüm</em>, de Nadine Labaki<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix du scénario ex æquo</h4>
<p><em>Heureux comme Lazzaro</em>, d’Alice Rohrwacher<br />
<em>3 visages</em>, de Jafar Panahi<br />
&nbsp;</p>
<h4>Palme d’or spéciale</h4>
<p><em>Le Livre d’image</em>, de Jean-Luc Godard<br />
&nbsp;</p>
<h4>Caméra d&#8217;or</h4>
<p><em>Girl</em>, de Lukas Dhont<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix Un Certain Regard</h4>
<p><em><a title="Border, d’Ali Abbasi" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/border-ali-abbasi/">Border</a></em>, d&#8217;Ali Abbasi<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix du scénario Un Certain Regard</h4>
<p><em>Sofia</em>, de Meryem Benm&#8217;Barek<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix d&#8217;interprétation Un Certain Regard</h4>
<p>Victor Polster pour <em>Girl</em>, de Lukas Dhont<br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix de la mise en scène Un Certain Regard</h4>
<p>Sergei Loznitsa pour <em>Donbass</em><br />
&nbsp;</p>
<h4>Prix spécial du jury Un Certain Regard</h4>
<p><em>Les Morts et les autres</em>, de Joao Salaviza et Renée Nader Messora</p>
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		<title>L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2018 14:40:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
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		<description><![CDATA[25 ans d’attente, plusieurs versions de scénarios, un tournage annulé au bout de cinq jours - mais un making of resté dans l’histoire -, trois changements de casting et des procès à la pelle...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Et Terry Gilliam créa Don Quichotte</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/LHOMME-QUI-TUA-DON-QUICHOTTE.jpg" alt="L&#039;Homme qui tua Don Quichotte" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26492" />25 ans d’attente, plusieurs versions de scénarios, un tournage annulé au bout de cinq jours &#8211; mais un making of resté dans l’histoire (<em>Lost in La Mancha</em>) -, trois changements de casting et des procès à la pelle&#8230; Mais ça y est, Terry Gilliam a fini par gagner sa bataille contre les moulins à vent. Evidemment, <em>L’Homme qui tua Don Quichotte</em> suscite plus d’attente qu’il n’est raisonnable, et ne sera pas à la hauteur des fantasmes de tous. Dès le générique, Terry Gilliam rappelle ces tourments, et s’amuse, pendant toute la première partie du film, avec sa propre histoire rocambolesque. Toby (Adam Driver), réalisateur, est dans le désert espagnol. Il tourne une version de <em>Don Quichotte</em>, qui ne semble pas beaucoup mieux se dérouler que lors de la dernière tentative de Terry Gilliam. Tournage bordélique, réalisateur irascible, acteur médiocre, les raisons du plantage sont différentes (quoique). Adam Driver en alter ego de Terry Gilliam a perdu l’envie et l’inspiration, trop couvé par son assistant et son producteur. Il fait face à l’inverse de ce à quoi fut confronté Gilliam : trop de facilités. Jusqu’à ce qu’on lui rappelle qu’il avait déjà réalisé un <em>Don Quichotte</em>. Un film d’étudiant en noir et blanc, tourné dans un village non loin de là. Les films s’empilent &#8211; le film que l’on est en train de voir, le film en train de se tourner, le film réalisé dix ans plus tôt &#8211; comme autant de niveaux de lecture, autant de strates qui finissent par bâtir cet <em>Homme qui tua Don Quichotte</em>. Une manière d’exorciser, une catharsis avant de se lancer dans la réelle aventure picaresque, réalisée, elle aussi, tambour battant, tel un <em>Baron de Münchhausen</em> moins baroque et plus mature. En revoyant son film d’étudiant, Adam Driver se rappelle. Se rappelle la passion avant l’arrogance, le bricolage avant les moyens. Et réalise l’empreinte qu’il a laissée dans ce petit village reculé, ou un vieux cordonnier croit toujours être le vrai Don Quichotte. <span id="more-26490"></span>Avant d’être un film d’aventure, ce qu’il est aussi, <em>L’Homme qui tua Don Quichotte</em> est avant tout un film sur la fiction, la création et le besoin d’absolu, jouant sans cesse sur différents tableaux, mélangeant avec allégresse fiction, rêves, souvenirs et réalité. Pendant ce périple, Adam Driver joue sur une palette très large, réinventant sans cesse son personnage au cours des événements &#8211; dont le débarquement, clin d’oeil savoureux, de l’Inquisition (or, <em>&#8220;nobody expects the Spanish Inquisition&#8221;</em>) -, à la fois drôle, moqueur, burlesque, touchant, tragique&#8230; parfait. S’il n’y avait qu’une seule bonne raison d’avoir attendu 25 ans, elle se nomme Adam Driver.</p>
<p>&nbsp;<br />
L’Homme qui tua Don Quichotte<em> (The Man who Killed Don Quixote) de Terry Gilliam, avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Stellan Skarsgard, Olga Kurylenko, Joana Ribeiro&#8230; Espagne, France, Belgique, Portugal, 2018. Film de clôture du 71e Festival de Cannes. Sortie le 19 mai 2018.</em></p>
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		<title>Burning, de Lee Chang-dong</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2018 18:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Secret Sunset - Un triangle amoureux, une scène de grâce au soleil couchant, des personnages énigmatiques, des rivalités autant amoureuses que sociales, un chat qui n’existe peut-être pas...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Secret Sunset</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/BURNING.jpg" alt="Burning" title="Burning" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-26459" />Un triangle amoureux, une scène de grâce au soleil couchant, des personnages énigmatiques, des rivalités autant amoureuses que sociales, un chat qui n’existe peut-être pas (ou faut-il oublier qu’il n’y a pas de chat ?), des serres à l’abandon dans la campagne proche de la frontière entre Corée du Sud et du Nord, où se fait entendre la propagande par haut-parleurs&#8230; Les pistes d’entrée pour parler de <em>Burning</em> ne manquent pas, et pourtant toutes seraient réductrices tant le sixième film de Lee Chang-dong (troisième en compétition) ne s’apprécie que dans sa longueur (et sa langueur). Car oui, il dure 2h30, et on n’est guère ébloui par la première heure. Pourtant, à partir de la moitié du film, tout ce que l’on a vu jusque-là s’éclaire d’un jour nouveau &#8211; moitié du film justement marquée par une longue séquence majestueuse au coucher du soleil. Jongsu, jeune coursier aux ambitions d’écrivain, rencontre par hasard son amie d’enfance Haemi, et en tombe amoureux. Mais lorsque celle-ci rentre de voyage, elle ramène Ben dans ses bagages, jeune arrogant qui vit à Gangnam (là où on a du style). Rivalité classique entre amants, qui se double d’une rivalité sociale tant Ben se montre accueillant et bienveillant, mais ne cache jamais ce petit sourire narquois trahissant plutôt sa condescendance. C’est ensuite que cela se corse, mais il est difficile de ne pas trop en dire. Jongsu se mue alors en véritable personnage hitchcockien, persuadé &#8211; à tort ou à raison &#8211; qu’on lui ment, qu’il est manipulé. <span id="more-26458"></span>Troublé par ce que lui a raconté Ben sur les serres à l’abandon près de chez lui, par ce qu’est devenue Haemi, Jongsu court, planque, observe. La force de Lee Chang-dong et de ses acteurs, dont Steven Yeun (Glenn, de <em>The Walking Dead</em>), parfait d’ambiguïté, est de rester dans le mystère et le trouble, n’accréditant jamais l’une ou l’autre des théories, n’en éliminant aucune. On ne sait ce qui relève de la naïveté de Jongsu, personnage plutôt passif, de la paranoïa ou de la clairvoyance, peu importe, on suit une obsession et une sorte de fascination &#8211; comme celle que peut provoquer un incendie. Ou un film.</p>
<p>&nbsp;<br />
Burning<em> (Hangeul) de Lee Chang-dong, avec Yoo Ah-in, Steven Yeun et Jun Jong-seo. Corée du Sud, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Plaire aimer et courir vite, de Christophe Honoré</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2018 17:13:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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		<description><![CDATA[12 battements par heure - Jacques est écrivain. Il a la trentaine qui galope vers la quarantaine, vit dans le 13<sup>e</sup> arrondissement, est homosexuel, a un enfant, le sida et les poches percées...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>12 battements par heure</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/plaire-aimer-courire-vite-christophe-honore.jpg" alt="Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26477" />Jacques est écrivain. Il a la trentaine qui galope vers la quarantaine, vit dans le 13<sup>e</sup> arrondissement, est homosexuel, a un enfant, le sida et les poches percées. Son meilleur ami est son voisin du dessous, Mathieu, journaliste, homosexuel, la cinquantaine, une moustache, la solitude en bandoulière et les poches pleines, ce qui lui permet d’acheter quelques garçons aux muscles saillants. Quant à Arthur, il a 22 ans, est Breton, l’avenir devant lui et une sexualité libérée (il est avec une fille, même s’il préfère les étreintes masculines). Avec Christophe Honoré, on ne prend pas les mêmes (cette fois, son casting est entièrement renouvelé), mais on recommence. On recommence les Bretons qui sentent la crêpe au citron, les Parisiens lettrés qui donnent des leçons, mais ne retiennent pas celles que la vie leur donne, les amours au masculin légères et insouciantes, mais qui pèsent si lourd, pourtant. On est entre deux portes, entre deux ex, entre deux mauvaises nouvelles. On dit des phrases à l’emporte-pièce, poétiques, littéraires, magnifiques, magnifiées, incongrues (le film devrait se lire autant qu&#8217;il se voit). On met de la musique d’ambiance qui devient bande-son intemporelle. On dit merde à la vie, merde à la mort, mais il faudra bien succomber tout de même.</p>
<p>On est en pleine épidémie de sida, dans les années 1990, avant que les traitements thérapeutiques ne fassent leur apparition. On est pourtant dans l’antithèse d’un <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/120-battements-par-minute-robin-campillo/" title="120 battements par minute, de Robin Campillo" target="_blank">120 battements par minute</a></em>, car ici, on s’intéresse aux âmes plutôt qu’aux corps. Et si ces derniers sont suppliciés, ce n’est que pour des scènes d’amour tendre (deux anciens amants qui partagent un même bain pour parler de leur histoire déchue avec tendresse). Et quand ils sont montrés en pleine action, dénudés et fragiles, c’est pour ensuite parler livres en écoutant de la musique classique. Dans le rôle de Louis Garrel, <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-pierre-deladonchamps-inconnu-lac-giraudie/" title="Rencontre avec Pierre Deladonchamps" target="_blank">Pierre Deladonchamps</a> rejoue à l’homosexuel avec le naturalisme qui le caractérise. On a l’impression de le connaître, qu’il est un voisin qui nous a emprunté du sel un jour, gauche et sûr de lui en même temps, fort et effacé dans la même seconde, froid et bouillonnant simultanément. Il est épaulé d’un toujours impeccable Denis Podalydès (de la Comédie-Française, n’oublions pas ses titres de noblesse), moustachu déprimé de ne partager ses nuits qu’avec sa solitude. <span id="more-26472"></span>Il est le témoin de la douloureuse communauté gay qui ostracise ceux qui ont dépassé les 40 ans et n’ont pas le physique de Tom Cruise, à moins d’avoir le porte-monnaie bien garni. Il observe en soupirant la jeunesse qui s’amuse et se perd, il est le garant de ceux qui s’en vont mourir dans l’ombre, ignorés de tous. Et dans le rôle de l’ingénu breton, l’inattendu Vincent Lacoste. Une révélation. De film en film, il métamorphose sa prestance arrogante, son timbre de freluquet qui a un temps d’avance sur les autres et la vie. Ici, il est l&#8217;objet de désir et de tourments, il est l’appât et l’hameçon, le porteur d’espoir et celui dont on doit se prémunir. Dans <em>Les Chansons d’amour</em>, Louis Garrel disait à Grégoire Leprince-Ringuet qu’il vaut mieux l’aimer moins, mais longtemps. Ici, c’est tout l’inverse : Jacques intime Arthur de l’aimer vite et rapidement. Car son temps est compté. Pourtant, celui du film s’étire. L’urgence du titre est une feinte. On finit par s’ennuyer et aimer cet ennui. C’est la magie Honoré : s’énerver d’être là, face à ses films qui racontent sans cesse la même histoire et incapable pourtant de ne pas regarder la suite, encore et toujours. Ne serait-ce que pour Vincent Lacoste, nouveau crocodile du septième art.</p>
<p>&nbsp;<br />
Plaire, aimer et courir vite <em>de Christophe Honré, avec Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès, Vincent Lacoste, Clément Métayer, Adèle Wismes, Thomas Gonzalès&#8230; France, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. En salles le 10 mai 2018.</em></p>
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		<title>Under the Silver Lake, de David Robert Mitchell</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2018 15:12:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sous le vernis - Après <em>The Myth of the American Sleepover</em> et <em>It Follows</em>, présentés à la Semaine de la critique, David Robert Mitchell, qui filme si bien les piscines, se retrouve dans le grand bain de la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sous le vernis</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/USTL.jpg" alt="Under the Silver Lake" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26453" />Après <em>The Myth of the American Sleepover</em> et <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell" target="_blank">It Follows</a></em>, présentés à la Semaine de la critique, David Robert Mitchell, qui filme si bien les piscines, se retrouve dans le grand bain de la compétition cannoise. Dans le grand bain du cinéma aussi, puisque le jeune réalisateur, après avoir revisité le teen-movie et le <em>slasher</em> des années 1970 s’attaque au film noir et plus globalement à Hollywood, en s’installant dans le quartier périphérique de Silver Lake. Celui à côté, celui des aspirantes actrices devenues escort-girls, des jeunes trentenaires pétris de pop culture, passant de fête underground en projections au milieu des tombes d’illustres prédécesseurs. Un monde de la vacuité acidulé, au tons vifs, robes colorées et piscines lumineuses. Un monde auquel on cherche un sens en décryptant des codes cachés dans les paroles de chanson ou les jeux de boîtes de céréales. Une vision qui en appelle aux théories du complot &#8211; dont on ne saisit pas trop jusqu’à quel point elle est ironique pour le réalisateur &#8211; comme à la régression, nostalgie typique des trentenaires qui trouvent les réponses de la vie dans Mario Bros, dansent sur la musique des années 1990 et conservent leurs VHS. En cela, la portée de <em>Under the Silver Lake</em> est peut-être limitée, tant le film est générationnel, ultra-référencé jusqu’à l’overdose. Justement, de perte de sens et de conscience, il est aussi question. Sam, jeune glandeur fauché qui passe plus de temps à espionner ses voisines qu’à trouver un moyen de payer son loyer et les créances de sa voiture, se lance dans une enquête en solitaire lorsque l’une d’elles, l’intrigante et séduisante Sarah, disparaît brusquement. <span id="more-26446"></span>Obnubilé par la jeune femme qu’il n’a eu le temps de rencontrer que brièvement, il se lance au coeur des bas-fonds de ce quartier de Los Angeles, résolvant énigme après énigme, comme autant de niveaux d’un jeu vidéo <em>old school</em>. A travers les rencontres de Sam, un auteur de BD parano ou un compositeur de chansons populaires cynique, David Robert Mitchell glisse un discours sur les revers de la pop culture et ses messages subliminaux comme autant d’injonctions pour une génération sans idéaux. Mais maintenant qu’il a démontré un talent manifeste pour la mise en scène et ses capacités à produire des images léchées et parfois envoûtantes, le jeune réalisateur gagnerait à s’éloigner de ses références, qui le vampirisent autant que ses personnages.</p>
<p>&nbsp;<br />
Under the Silver Lake<em> de David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace&#8230; Etats-Unis, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. Sortie le 8 août 2018.</em></p>
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		<title>The House that Jack Built, de Lars von Trier</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2018 12:34:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[D’enfant terrible de Cannes, où il a présenté quasiment tous ses films, le plus souvent en compétition, à <em>persona non grata</em> et aujourd’hui un retour profil bas après avoir été repêché <em>in extremis</em> hors...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Psycho Killer, qu’est-ce que c’est ?</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/THTJB_aff.jpg" alt="The House that Jack Built" width="189" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26430" />D’enfant terrible de Cannes, où il a présenté quasiment tous ses films, le plus souvent en compétition, à <em>persona non grata</em> et aujourd’hui un retour profil bas après avoir été repêché <em>in extremis</em> hors compétition, Lars von Trier aura tout connu de ce Festival. Une relation d’amour-répulsion, comme le cinéaste en a d’ailleurs filmées, qui laisse penser que ce <em>The House that Jack Built</em> n’est en fait qu’un long message à Cannes. Car, en entrant dans la tête d’un tueur en série, à travers un dialogue en voix off entre celui-ci et sa conscience, Lars von Trier livre sa théorie sur les liens entre l’art, la création, la destruction et la pulsion de mort. Citant pêle-mêle, dans un collage au long cours inséré entre les meurtres de son personnage/porte-parole, Glenn Gould, divers tableaux (brassant de Picasso à Botticelli), dictateurs (dont Hitler, bien sûr, images de charniers comprises), ainsi qu’un mash-up de sa propre œuvre. Une démonstration en forme de réponse à toutes les polémiques dont il a fait l’objet. Cynique, parfois drôle, foisonnante, inventive &#8211; au moins sur la forme, à défaut d’apporter de nouvelles idées sur le fond. Lars von Trier mélange les images (super 8, animation) et les genres, passant avec une terrible aisance de la comédie grinçante (disons comme un vieux cric) au thriller horrifique, acéré comme le couteau de Jack, au son de <em>« Fame »</em> de David Bowie avant de conclure sur l’ironique <em>« Hit the road Jack »</em>. Des images parfois difficiles, atténuées par la froideur de Matt Dillon (qu’on n’avait jamais vu si convaincant), dont le commentaire laconique impose une distance. Dans un sublime final, il convoque Dante et les enfers, rappelant au passage à ses détracteurs aveuglés par sa <em>persona</em> qu’il est aussi un cinéaste majeur.</p>
<p>&nbsp;<br />
The House that Jack Built<em> de Lars von Trier, avec Matt Dillon, Uma Thurman, Sofie Grabol, Riley Keough, Bruno Ganz&#8230; Danemark, Suède, France, Allemagne, 2018. Présenté hors compétition au 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>En guerre, de Stéphane Brizé</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2018 20:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>La réalité du marché</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/EnGuerre1.jpg" alt="En guerre" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26420" />Après le Thierry de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/loi-du-marche-stephane-brize-cannes-2015/" title="La Loi du marché, de Stéphane Brizé" target="_blank"><em>La Loi du marché</em></a>, voici Laurent, syndicaliste CGT d’une usine de sous-traitance automobile dont la fermeture est annoncée. Parce qu’elle n’est plus compétitive, explique la direction. En fait, elle l’est. Elle est même rentable. Mais pas assez : dans les 3 % au lieu des 7 à 8 % attendus par le groupe allemand, maison-mère de l’entreprise. Une différence entre compétitivité et rentabilité au cœur du dialogue de sourds entre représentants du personnel et de la direction. Les salariés ont signé un accord de compétitivité deux ans plus tôt, devant assurer l’emploi pendant au moins 5 ans, contrepartie d’augmentation du temps de travail à salaire égal et de suppression de primes. Mais deux ans plus tard, comme la loi l’y autorise, le groupe considère que le compte n’y est pas et met fin à l’accord. La valeur de la parole donnée, les objectifs divergents (emploi contre dividendes, pour résumer) sont au centre des discussions animées entre syndicalistes et patrons. Et nous sommes là, témoins invités de ces réunions qui se tiennent à huis clos. Caméra embarquée et mouvante au cœur du manque de dialogue et du conflit social. Stéphane Brizé capte les regards, les silences, les tentatives de prises de parole, les agacements. Musique, noir. Occupation d’usine. Téléphone vissé à l’oreille, Laurent veut qu’on écoute les salariés, veut changer d’interlocuteur pour sortir de l’impasse. Visage parmi d’autres, silhouette au milieu de la foule. Cris, fumée, déversement de palettes. Musique, noir. Le dispositif tourne aussi en rond que les discussions &#8211; ce qui finit par lasser tout le monde. Peut-être était-ce la volonté de Stéphane Brizé, de filmer en boucle pour montrer l’impossibilité d’en sortir, malgré les réunions qui s’enchaînent avec toujours de nouveaux venus censés apaiser le conflit, faire ressentir la fatigue d’une grève qui s’éternise. Mais cela finit par amoindrir un propos qui était suffisamment fort par lui-même. Fort sur la violence d’une parole qui répète <em>« Je vous entends, mais&#8230; »</em> et engendre une autre violence, beaucoup plus physique celle-ci. Fort sur le cynisme d’un patron allemand, qui a beau adorer la France pour ses vacances en Camargue, joue à plein des trous de souris permis par la législation pour pouvoir délocaliser la conscience tranquille. Sur l’incapacité des pouvoirs publics, réduits à faire de la figuration dans une langue qui dit tout mais surtout rien. Le film étant construit comme une ritournelle, chaque couplet apporte un éclairage différent à mesure que le conflit stagne. <span id="more-26414"></span>Des syndicats d’abord unis, puis qui s’engueulent franchement entre réformistes pragmatiques et jusqu’au-boutistes. Au regard de l’autre, les uns sont jaunes, les autres sont rouges. Pourtant, Stéphane Brizé s’attache à respecter chacun, les laissant développer leurs arguments, laissant voir leurs exaspérations, gardant toujours la justesse comme fil rouge. Et au milieu de tout ça, Vincent Lindon. Comme Eric Cantona, Vincent Lindon n’est pas un homme. C’est Vincent Lindon. Il a beau être parfois en retrait, noyé dans la masse, son engagement est total. On ne voit que lui, et le réalisateur ne regarde que lui. Son écoute, ses silences, mais aussi ses emportements, ses doutes, l’émotion qu’il tente de dissimuler quand tout se retourne contre lui dans une scène où son jeu pourtant discret explose. Une chronique désenchantée, collective mais qui se réduit finalement au destin d’un seul. Là où Ken Loach ne voit de salut que dans le collectif, Stéphane Brizé, lui, en saisit surtout la menace et la violence.</p>
<p>&nbsp;<br />
En guerre<em> de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon, Mélanie Rover, Olivier Lemaire, Bruno Bourthol&#8230; France, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. Sortie le 16 mai 2018.</em></p>
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		<title>En liberté !, de Pierre Salvadori</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2018 09:47:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Victime émouvante - Heureusement que Pierre Salvadori est là : on en avait presque oublié que l’on peut faire des comédies françaises drôles, intelligentes et enlevées. Comme un mélange de ses...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Victime émouvante</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/EnLiberte.jpg" alt="En Liberte" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-26410" />Heureusement que Pierre Salvadori est là : on en avait presque oublié que l’on peut faire des comédies françaises drôles, intelligentes et enlevées. Comme un mélange de ses précédents films, <em>Cible émouvante</em> et <em>Après vous</em> en particulier, <em>En liberté !</em> est un duo composé par la force des choses, à la fois réconfortant et inextricable pour ses deux protagonistes. Soient Adèle Haenel, Yvonne, veuve de flic et flic elle-même, et Pio Marmaï, Antoine, victime innocente des actes du mari de la première. La jeune femme apprend par hasard &#8211; à la suite d’une mémorable descente dans un bordel sado-maso clandestin &#8211; que son valeureux époux était en fait un flic corrompu. Les histoires, celles que l’on se raconte à soi-même, celles que l’on raconte aux autres, et leurs variantes au gré des humeurs, les masques que l’on s’impose, au propre comme au figuré, sont au coeur de cette comédie dont le rythme ne s’affaiblit jamais. Il y a d’abord en introduction cette percutante parodie de films d’action pour glorifier les faits d’arme du flic tombé en service, histoire à dormir debout que la mère conte à son fils tous les soirs à l’heure du coucher. Un running gag qui revient tout au long du film, et ne cesse d’évoluer en fonction des sentiments de la veuve à l’égard de l’être jadis aimé, aujourd’hui méprisé. Il y a ensuite Audrey Tautou, qui, elle, avait fantasmé la sortie de prison de son compagnon et lui fait refaire son entrée jusqu’à ce qu’elle soit parfaite. Moment de tendresse inopiné, comme il y en aura d’autres, tant le réalisateur choisit de se détourner des sentiers battus du romantisme attendu. Car Pierre Salvadori, en plus d’être très drôle, est malin. <span id="more-26394"></span>Il fait naître un trouble entre ses deux personnages principaux qui n’est pas de nature amoureuse mais plutôt existentiel : un innocent qui aimerait cesser de l’être, une coupable qui ne l’est pas encore tout à fait, la nécessité de l’autre pour le sauver et/ou se sauver. Roi des duos masculins hilarants (<em>Les Apprentis</em>), prince du duo mixte romantique (<em>Hors de prix</em>), Pierre Salvadori mélange ses casquettes avec réussite. Il est aidé par le burlesque dont sait faire preuve Pio Marmaï et le regard habité d’Adèle Haenel, sans oublier la naïveté de Damien Bonnard, flic amoureux et distrait. L’occasion de rappeler que, malgré tout, après le <em>« tu m’émeus »</em> des <em>Apprentis</em>, Pierre Salvadori écrit les plus belles déclarations d’amour, au moment où on s’y attend le moins. Un cinéma profondément humain, avec nos maladresses et nos erreurs mais aussi une salutaire bienveillance, et surtout un humour décapant.</p>
<p>&nbsp;<br />
En liberté !<em>, de Pierre Salvadori, avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Damien Bonnard et Audrey Tautou. France 2018. Prix SACD à la 50e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>BlacKkKlansman, de Spike Lee</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2018 21:34:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Humour noir</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/blackkklansman-spike-lee.jpg" alt="Blackkklansman, de Spike Lee" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-26404" />On avait un peu perdu de vue Spike Lee, lui qui fut découvert en 1986 avec <em>Nola n’en fait qu’à sa tête</em> &#8211; nommé pour la Caméra d’or à Cannes &#8211; puis <em>Do the Right Thing</em>, en compétition en 1989. Il revient plus en verve que jamais, dans cette histoire rocambolesque de deux flics, un noir et un juif, infiltrés au sein du Ku Klux Klan. La situation a tout du pitch parfait, sorti de la tête du cinéaste à la casquette de militant. Et pourtant, l&#8217;histoire de Ron Stallworth, premier flic noir de Colorado Springs, est bien réelle. Sur un coup de bluff, en réponse téléphonique à une annonce parue dans un journal, il intègre le Ku Klux Klan, lui le jeune flic noir qui, auparavant, aura infiltré un groupe proche des Black Panthers. Grand écart garanti, mais il a assuré à ses chefs qu’il était bilingue en anglais noir de la rue et en anglais plus soutenu. Seulement, pour poursuivre l’enquête, il faut rencontrer en personne les membres du Ku Klux Klan. Problème quand on est noir et qu’on arbore fièrement la coupe afro, devenue un geste militant avec Angela Davis. C’est donc l’un de ses collègues, Flip Zimmerman (Adam Driver), qui s’y colle, lui aussi représentant un ennemi du Klan. En répétant les paroles de James Brown (<em>« Say it Loud &#8211; I’m Black and I’m Proud »</em>), Flip apprend à copier le phrasé de son collègue pour que l’illusion soit parfaite et que les deux jeunes flics passent pour un seul et même homme. <span id="more-26398"></span>C’est ce genre d’ironie qui parsème ce <em>BlacKkKlansman</em>, où l’on rit franchement de prendre les membres du Ku Klux Klan pour les imbéciles qu’ils sont, comme s’attache à le démontrer Spike Lee pendant près de deux heures. Sans perte de rythme, il transforme ce qui pourrait ressembler à une blague en petit polar qui se laisse regarder avec plaisir. Puis, vient la conclusion en forme de douche froide. Avec multiples clins d’oeil à Donald Trump, le réalisateur a montré pendant tout le film la bêtise et le racisme sur le ton de la comédie. Mais il conclut avec les images bien réelles et choquantes de Charlottesville, où les suprémacistes blancs ont défilé en août dernier et foncé sur la foule en voiture, faisant un mort. Une jeune femme, dont le nom s’inscrit à l’écran avec la mention <em>« Rest in power »</em>. Glaçant.</p>
<p>&nbsp;<br />
BlacKkKlansman<em> de Spike Lee, avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace et Laura Harrier. Etats-Unis, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. Sortie le 22 août 2018.</em></p>
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		<title>Dans la terrible jungle, de Caroline Capelle et Ombline Ley</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2018 18:45:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Entrées de chant</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/Dans-la-terrible-jungle1.jpg" alt="Dans la terrible jungle" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26385" />Pour ceux qui se demandent, oui, <em>Dans la terrible jungle</em> emprunte son titre au <em>Lion est mort ce soir</em>, revisité en version rap en conclusion. Car de musique il est beaucoup question dans ce film à mi-chemin entre documentaire et fiction. Les deux réalisatrices nous plongent au coeur d’un IME (institut médico-éducatif), avec ces jeunes handicapés, à des degrés divers, en formation pour intégrer un Esat (établissement et service d’aide par le travail). Mais de leurs handicaps ou, plus généralement, de leurs parcours personnels, il n’est pas question. C’est un exercice d’immersion, sans contexte. Des instants de vie, typiques des adolescents lambda, pétris de questions sur leur avenir un peu bouché (<em>« Après l’IME, c’est soit l’Esat soit c’est tout »</em>, dit l’une), sur la manière d’aborder une fille ou de s’oublier dans les histoires d’amour télévisées. Les moments de groupe sont essentiellement dévolus à la formation, et, dans des plans aux cadres très travaillés, l’humour se glisse par une entrée de champ incongrue, un arrière-plan surprenant, laissant entrevoir que l’on n’est pas dans le documentaire pur. L’humour vient aussi de la tchatche de certains, du burlesque d’autres. Mais le plus surprenant, c’est leur rapport à la musique. Dans de longues impro, l’une chante dans un yaourt parfait, l’autre est la reine des percus. <span id="more-26378"></span>Ces jeunes, qui ont parfois du mal à s’exprimer, se libèrent par la musique ou par la danse. Ophélie, le personnage le plus marquant, a l’élocution difficile mais chante parfaitement, et, surtout, transforme tout, même son corps et son corset ou un sac plastique, en instrument pour rythmer ce film étonnant. Les difficultés ne sont pas occultées, notamment avec les crises de violence de deux des pensionnaires, qui font face au calme des éducateurs. Une confrontation à l’image du film, où les plans sont longs et statiques mais au sein desquels le bouillonnement des personnages prend toute sa place.</p>
<p>&nbsp;<br />
Dans la terrible jungle<em> de Caroline Capelle et Ombline Ley, avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir, Médéric Sergott&#8230; France, 2018. Présenté à la sélection ACID au 71e Festival de Cannes.</em></p>
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