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	<title>Grand Écart &#187; Semaine de la critique 2014</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>It Follows, de David Robert Mitchell</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2015 18:44:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
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		<description><![CDATA[Plutôt pour&#8230; Jay rencontre un garçon. Après avoir couché avec lui, celui-ci lui avoue qu’il lui a « refilé » quelque chose. Pas une maladie, mais une présence maléfique qui...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Plutôt pour&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/It-follows-david-robert-mitchell-affiche.jpg" alt="It Follows, de David Robert Mitchell" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20268" /><strong>Jay rencontre un garçon. Après avoir couché avec lui, celui-ci lui avoue qu’il lui a « refilé » quelque chose. Pas une maladie, mais une présence maléfique qui se rapproche doucement d’elle.</strong></p>
<p><em>It Follows</em> est un film qui divise. Enfin, qui me divise. Comme toujours dans ces cas-là, j’ai un débat avec mon doppelganger personnel ; lui hurle que non, vraiment, il y a quelque chose de pourri au royaume de David Robert Mitchell. Moi, je réponds d’une voix douce mais non sans ironie à ses arguments, et assure placer le film bien au-dessus des derniers films horrifiques visionnés. Ca met Pilopan (oui, c’est son nom, il est fan de <em>Clerks</em>) hors de lui :</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Mais c’est quoi ce film moralisateur ? On nage en pleine Amérique puritaine ! Sur un million de sujets de départ, le réalisateur choisit ça, ce n’est pas anodin et ça en dit beaucoup sur sa petite personnalité de petit bonhomme frustré ! Coucher sans sentiments, c’est dangereux, non mais n’importe quoi !</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Bon, déjà, t’aurais pu prévenir le lecteur que tu allais spoiler l’histoire. T’es vraiment dégueulasse. Sinon, calme-toi un peu : les films d’horreur sont rarement célèbres pour leur subtilité, c’est même souvent ça qui fait leur charme. Partir sur une relation sexuelle qui va mettre en branle un putain de cauchemar éveillé (parce que franchement, on oscille entre le réalisme le plus pur et le rêve), c’est pas une mauvaise idée. Depuis <em>Halloween</em>, le sexe est un incontournable du cinéma d’horreur.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Sauf que dans <em>Halloween</em>, ça restait une métaphore ! <span id="more-17324"></span></p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Une métaphore ? Arrête, tous ceux qui couchent se font tuer dans le film, sauf la virginale Jamie Lee Curtis ! Elle survit seulement parce qu’elle est pure ! Je veux bien dire tout ce que tu veux : que c’est une métaphore de la culpabilité, du danger de l’interdit, et même de la maladie avant l’heure… mais c’était pas beaucoup plus subtil et tout aussi puritain : le sexe hors mariage, c’est dangereux. Depuis, un paquet de films ont exploité cette veine, soit directement comme <em>Teeth</em>, <em>Jennifer’s Body</em> ou <em>Scream</em> &#8211; avec humour et déférence en prime -, soit simplement en rappelant l’importance de la relation sexuelle dans ce type de film.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Alors l’idée que si les ados couchent ils vont attraper une saloperie &#8211; ici un démon -, toi ça te gêne pas ?</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Je dis pas que je ne tique pas un peu, mais les Zombies ont déjà filé la métaphore de la MST. C’était beaucoup plus politisé, ok, mais encore une fois il n’y a rien de nouveau. Soit on décide d’être systématiquement critique, et bien sûr qu’on peut voir dans <em>It Follows</em> un appel au sexe « réfléchi » chez les adolescents  : d’ailleurs la scène de fin laisse effectivement supposer que le sexe pratiqué avec amour va les sauver… soit on décide d’être naïf et innocent, et on se laisse prendre la main par le réalisateur. On accepte le postulat.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Et donc, toi, tu es naïf et innocent ?</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Pas forcément. Là où je veux en venir, c’est qu’à moins d’avoir l’occasion de discuter avec David Robert Mitchell, je lui laisse le bénéfice du doute. Et j’ai adoré tellement de choses dans le film… On fonce tête baissée dans quelque chose qu’on connaît : un démon visible seulement par les « porteurs » de la malédiction, et une relation sexuelle finale entre Jay et Paul qu’on pressent depuis le début. Ca cloisonne le film, et le réal le sait forcément ; pourtant il ne se démonte pas et offre ces deux séquences avec une classe et une efficacité que je n’avais pas vues depuis un moment.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Oui, enfin le gars qui se fait projeter en l’air par quelque chose d’invisible, c’était un peu grotesque…</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Il fallait forcément passer par cette scène pour que l’intrigue avance ; il l’a fait au bon moment, c’est une séquence très très courte et pourtant elle donne un second souffle au film. Après ça, j’ai eu parfois l’impression d’assister à du Joe Dante, avec le même génie et la même tendresse pour les ados qui bricolent des solutions ! Je dis « bricole », parce qu’on sait bien que ça ne va pas marcher, mais c’est l’intention, la force de la jeunesse ! C’est magnifique ! Les quelques défauts du film quant à la morale, je les oublie volontiers parce que formellement, j’ai été scotché. Les effets visuels avec les plans-séquences tournoyants, la musique grave en sourdine qui résonne dans les oreilles…</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Ca aussi, ça vient d’<em>Halloween</em>. La musique <em>eighties</em> qui vient appuyer, noircir l’image, et le « monstre » qui avance inexorablement vers sa victime…</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Grave ! Mais c’est une référence, un hommage ! Le metteur en scène de <em>It Follows</em> ne vole rien à John Carpenter, il relance plutôt le genre du <em>survival</em> à ciel ouvert. Tout comme il pioche par exemple chez Wes Craven la bonne idée d’une séquence d’ouverture du tonnerre… C’est facile de se dire qu’on va faire ça pour que tout le monde rentre immédiatement dans le film, mais c’est souvent difficile à mettre en scène, ensuite… Là, c’est parfait ! Les premières minutes sont totalement anxiogènes, puis ça continue tout du long. Je parlais d’onirisme tout à l’heure, parce que le film est parfois – volontairement – lent, et pourtant on ne perd jamais ce sentiment d’urgence et de danger. Sans aucun recours aux artifices habituels de l’héroïne qui chute et se casse la cheville, ni aux <em>jumping scares</em> inutiles ! Il n’y a simplement pas d’échappatoire. « Ca » nous suit. Même le titre est bien trouvé !</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Bon, j’abandonne, de toute façon t’as réponse à tout… T’as pas été payé par le producteur, au moins, pour dire toutes ces conneries ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Plutôt contre&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/it-follows.jpg" alt="It Follows" title="It Follows" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17328" />Pour son entrée dans le cinéma de genre, David Robert Mitchell fait appel aux maîtres : <em>Halloween</em>, <em>Amityville</em>, <em>L’Exorciste</em>, <em>Ring</em>, <em>Frankenstein</em>… Ils sont venus, ils sont tous là. Mais dans une certaine confusion, entre incohérences scénaristiques et montée en tension artificielle (mettre la musique fort ne suffit pas toujours). Avec cette malédiction sexuellement transmissible (on voit des gens qui nous suivent), David Robert Mitchell délivre un discours puritain. Si le sexe inconsidéré est toujours plus ou moins lié à une mort violente dans d’atroces souffrances (règle n°1 édictée par Randy dans <em>Scream</em>), on espérait que 40 ans après les premiers <em>slashers</em>, la morale ait un peu évolué…<br />
(<a href="/auteur/mh/">Maid Marion</a>)</p>
<p>It Follows<em> de David Robert Mitchell, avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Lili Sepe&#8230; Etats-Unis, 2014. Prix de la critique du 40e Festival du film américain de Deauville. Sortie le 4 février 2015.</em></p>
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		<title>Hippocrate, de Thomas Lilti</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Sep 2014 10:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/hippocrate-thomas-lilti.jpg" alt="Hippocrate, de Thomas Lilti" title="Hippocrate, de Thomas Lilti" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17201" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Thomas Lilti a deux vies. Qui se rejoignent cette année dans <em>Hippocrate</em>. Le jour, il est médecin. Et sinon, il est scénariste et réalisateur. Outre ses courts-métrages réalisés pendant ses études, on a pu voir de lui <em>Les Yeux bandés</em>, un point de vue original, même si pas tout à fait abouti, sur le crime, porté par des acteurs discrets mais toujours surprenants (Jonathan Zaccaï, Lionel Abelanski). Il a aussi coécrit <em>Télé Gaucho</em>, le récit des aventures de Michel Leclerc à Télé Bocal, les utopies et les désillusions d&#8217;un gamin naïf et attachant, accompagné de la toujours délicieuse Sara Forestier. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Avec <em>Hippocrate</em>, qui, comme son nom l&#8217;indique, évoque certainement un sujet personnel pour le réalisateur, Thomas Lilti pourrait bien réunir les qualités de ses premiers essais : la bonne idée de faire un pas de côté pour proposer un regard différent, un ton incisif, un humour efficace, une pointe de naïveté touchante, avec un casting de première classe pour donner chair et humanité à tout ça. On y verra Vincent Lacoste, peut-être enfin sorti des rôles d&#8217;ados boutonneux, faire son première stage d&#8217;interne en médecine dans le service de son père. Un parcours initiatique, avec pour guides Jacques Gamblin et Reda Kateb. Thomas Lilti, lui, arpentera peut-être la Croisette en se disant que <em>Le Nom des gens</em>, le deuxième film de Michel Leclerc, avec le même Jacques Gamblin, avait débuté sa belle carrière à la Semaine de la critique.</p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong></p>
<p>D&#8217;un point de vue artistique, <em>Hippocrate</em> n&#8217;est sûrement pas le film de l&#8217;année, et Vincent Lacoste ne se départ décidément pas de son rôle de grand benêt qui lui colle aux basques depuis <em>Les Beaux Gosses</em>. Pourtant, il faut voir cette plongée dans le coeur de l&#8217;hôpital, parce qu&#8217;elle en aborde tous les enjeux, plus ou moins profondément, avec une acuité rare. Le tout sans signer un film grossièrement militant, qui égrainerait les situations promptes à soulever les indignations. <span id="more-17060"></span>Thomas Lilti n&#8217;est certes pas Ken Loach, mais il réalise un film à la fois simple et complexe. Simple parce qu&#8217;il est abordable, sans ce jargon propre aux séries médicales qui veulent montrer qu&#8217;elles se sont vaguement renseigné sur le sujet (pas de « <em>C&#8217;est un lupus !</em> » et autres maladies auto-immunes). Simple aussi parce que c&#8217;est à travers le regard d&#8217;un jeune interne, qui découvre l&#8217;hôpital en même temps que le spectateur qu&#8217;on pénètre cet univers parfois anxiogène, s&#8217;étonnant à la fois du comportement des patients (violents ou touchants), des subtilités du fonctionnement de l&#8217;institution, et de l&#8217;impact personnel que peut avoir l&#8217;exercice de la médecine sur ce grand gars encore naïf. La complexité vient du fait que malgré tous les thèmes abordés (l&#8217;ambiance de salle de garde, les relations entre médecins et infirmières, les responsabilités laissées aux internes, le statut des médecins étrangers, la gouvernance de l&#8217;hôpital, la gestion des lits, les erreurs médicales, la solitude du médecin face à la loi Leonetti sur la fin de vie&#8230;), Thomas Lilti ne verse pas dans le catalogue et humanise chacune de ces situations dans un ensemble étonnamment cohérent et fluide. On pardonnera le ressort dramatique final un peu artificiel, manière de se sortir de son histoire devenue un peu ingérable, parce que le réalisateur se repose sur ses acteurs, tous impressionnants de justesse. Du plus petit rôle d&#8217;infirmière aux deux premiers rôles – Vincent Lacoste et Reda Kateb –, duo a priori mal assorti, finalement complice et solidaire. A voir avant la présentation de la loi de santé publique, histoire de savoir de quoi on parle. </p>
<p>Hippocrate<em> de Thomas Lilti, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt&#8230; France, 2014. Présenté en clôture de la 53e Semaine de la critique. Sortie le 3 septembre 2014.</em></p>
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		<title>Hope, de Boris Lojkine</title>
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		<pubDate>Wed, 21 May 2014 22:12:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Espoir et endurance</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/hope-boris-lojkine-s.jpg" alt="Hope, de Boris Lojkine" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-18187" />Il y a plusieurs options pour évoquer l&#8217;immigration clandestine au cinéma, devenu presque un genre à part entière. Entre documentaire et fiction, Boris Lojkine n&#8217;a pas vraiment choisi. Issu du documentaire, il signe une fiction entièrement jouée par des acteurs non-professionnels trouvés dans les ghettos camerounais et les églises nigérianes clandestines du Maroc. Les mêmes que ceux reconstitués dans <em>Hope</em>. Hope, c&#8217;est le prénom de la jeune femme que l&#8217;on suit du Sahara aux rives de la Méditerranée, l&#8217;Europe en point de mire. Mais pour tout dire, c&#8217;est le prénom de l&#8217;actrice, Endurance, qui aurait mieux convenu, tant rien ne lui est épargné. Lorsqu&#8217;on la découvre dans le désert, elle se fait passer pour un homme, avant d&#8217;être rapidement démasquée, violée, puis abandonnée par le groupe d&#8217;hommes auquel elle appartenait aux abords de Tamanrasset. Un homme, dans ce groupe, vient à son aide. Ils ne se sépareront plus, pour le meilleur et pour le pire. Mais surtout le pire. Malgré les trahisons réciproques, ils s&#8217;entraident et se soutiennent au milieu du racket, de la prostitution, des intimidations en tous genres. Unis par la force des choses, plus que par les sentiments, ces deux personnages sont pourtant profondément attachés et attachants. Boris Lojkine s&#8217;offre même de jolis moments, le temps d&#8217;une échappée du couple dans les vergers marocains. Pour oublier leur environnement violent et sectaire, avec des oranges fraîchement cueillies, le fil d&#8217;un cours d&#8217;eau, avant que la réalité ne les rattrape vite, brutale, implacable.</p>
<p>&nbsp;<br />
Hope<em> de Boris Lojkine, Avec Justin Wang, Endurance Newton&#8230; France, 2013. Sortie le 28 janvier 2015. Prix SACD de la 53e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>The Tribe, de Myroslav Slaboshpytskiy</title>
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		<pubDate>Wed, 21 May 2014 20:51:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est, dégueulasse ? Que le Grand Prix de la Semaine de la critique, dont le jury est présidé par Andrea Arnold, réalisatrice notamment de Red Road, soit décerné...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est, dégueulasse ?</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/the-tribe.jpg" alt="The Tribe" width="280" height="146" class="alignleft size-full wp-image-18139" />Que le Grand Prix de la <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/53e-semaine-critique/">Semaine de la critique</a>, dont le jury est présidé par Andrea Arnold, réalisatrice notamment de <em>Red Road</em>, soit décerné à un film radical n&#8217;a rien d&#8217;étonnant. Qu&#8217;il récompense un film qui met en scène la prostitution comme une sortie en boîte, et, en longs plans-séquences fixes, avortement, viol et meurtres, est plus dérangeant. Myroslav Slaboshpytskiy propose certes un dispositif intrigant : filmer des jeunes sourds-muets, qui s&#8217;expriment, donc, en langue des signes, sans sous-titres ou voix off. Inverser les rôles et mettre le spectateur en situation de handicap. Ok, pourquoi pas. Mais la surdité, ou même plus généralement l&#8217;incommunicabilité ne sont jamais des sujets abordés par le film. Dès lors, on s&#8217;interroge sur la portée et l&#8217;intérêt d&#8217;un exercice qui ne dépasse jamais la posture. C&#8217;est plutôt une histoire simple, simpliste même, que le réalisateur est obligé de mettre en scène, contraint par les limites qu&#8217;il s&#8217;est imposées : que seuls les corps s&#8217;expriment, de manière primaire. Soit un groupe d&#8217;étudiants d&#8217;un internat pour sourds qui trafiquent, volent, agressent et prostituent leurs camarades. L&#8217;un de ces jeunes, au départ plutôt introverti, tombe amoureux d&#8217;une des jeunes filles qu&#8217;il prostitue, et le film prend une tangente détestable. Soi-disant amoureux, il continue cependant de payer la jeune fille, pour des séquences de sexe, puis de viol, filmées en intégralité, en plans fixes. Enceinte, elle avorte, sur le rebord d&#8217;une baignoire, à l&#8217;aiguille. Là encore, plan fixe en temps réel. Mais Myroslav Slaboshpytskiy, qui à ce stade du film a déjà montré l&#8217;étendue et les limites de son dispositif, ne dénonce rien. Il se contente de contraindre le spectateur, qu&#8217;il a volontairement laissé à l&#8217;extérieur de son film, à assister à des atrocités sans aucune empathie, sans susciter de colère ou de révolte. Il n&#8217;inspire finalement que du dégoût, pas pour les situations qu&#8217;il dépeint, mais pour sa démarche, vaine et tape à l’œil.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Tribe<em> de Myroslav Slaboshpytskiy, avec Grigoriy Fesenko, Yana Novikova, Alexander Dsiadevich&#8230; Ukraine, 2014. Grand Prix Nespresso, Prix Révélation France 4 et lauréat de l&#8217;Aide de la Fondation GAN à la diffusion de la 53e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>FLA &#8211; Faire : l&#8217;amour, de Djinn Carrénard</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Apr 2014 11:03:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[Présenté à la 53e Semaine de la critique &#8211; Film d&#8217;ouverture Qui ? Il y a deux ans, Rachid Djaïdani avait bousculé la Croisette avec Rengaine, présenté à la Quinzaine, tourné...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Présenté à la 53e Semaine de la critique &#8211; Film d&#8217;ouverture</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/fla-faire-amour-djinn-carrenard.jpg" alt="Faire : l&#039;amour, de Djinn Carrénard" title="Faire : l&#039;amour, de Djinn Carrénard" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17215" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Il y a deux ans, Rachid Djaïdani avait bousculé la Croisette avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/rengaine-rachid-djaidani/" target="_blank">Rengaine</a></em>, présenté à la Quinzaine, tourné avec des bouts de ficelle, une DV à la main, dans les rues de Paris, pendant neuf ans. Un film coup de poing, un film poignant, en tout cas, fait avec les tripes. Djinn Carrénard ouvre la Semaine de la critique avec un parcours similaire. <em>Donoma</em>, en sélection à l&#8217;ACID en 2010, avait bousculé les règles de la production et de la distribution, ravivant le <em>guérilla film making</em> à l&#8217;heure des réseaux sociaux. Tourné, selon la légende, pour 150 euros en 2009, il reçoit le prix Louis-Delluc deux ans plus tard.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Pour son deuxième film, Djinn Carrénard s&#8217;autoproduit toujours, mais cette fois-ci avec une équipe et un peu plus de moyens, auréolé d&#8217;une rumeur forcément favorable, revendiquant son indépendance. Il conserve la forme du film choral et des histoires qui s&#8217;entremêlent (un désir d&#8217;enfant, une ambition de musicien, la lutte pour la réinsertion), et poursuit son questionnement, cette fois plus ancré dans le réel et le concret : la construction de l&#8217;amour.</p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong></p>
<p>S’autoproduire et garder sa liberté, ok. Mais les producteurs ne sont pas que des méchants messieurs avec des cigares qui ne pensent qu’au pognon. Quelqu’un aurait ainsi pu dire à Djinn Carrénard que relire un scénario, ça se fait, et que l’usage des ciseaux en salle de montage n’est pas superflu : 2h45 de blabla, de mauvais rap, d’engueulades interminables, de dialogues mal improvisés plus que mal écrits, le tout sans faire le point (et pourtant, comme dirait Aimé, “<em>ça ne coûte pas plus cher de bien manger</em>”) et à travers des filtres Instagram (les filtres qui soi-disant donnent du style à ce qui n’en a pas à l’origine). Dommage parce que çà et là, affleurent les moments d’émotion, l’espoir d’une justesse, l’ébauche d’un personnage. <em>FLA</em> ferait peut-être un bon film d’1h30. Mais 2h45, pour les nerfs, c’est compliqué.</p>
<p>FLA &#8211; Faire : l&#8217;amour<em> de Djinn Carrénard, avec Azu, Laurette Lalande, Maha, Saul Williams&#8230; France, 2014. Film d&#8217;ouverture de la 53e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>When Animals Dream, de Jonas Alexander Arnby</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2014 20:57:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Danemark]]></category>
		<category><![CDATA[loup-garou]]></category>

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		<description><![CDATA[Femmes à poils Marie et ses parents vivent dans un petit village de pêcheurs du Jutland accroché le long de la côte ouest du Danemark. Une famille qui fait l&#8217;objet...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Femmes à poils</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/when-animals-dream-jonas-arnby.jpg" alt="When Animals Dream, de Jonas Alexander Arnby" title="When Animals Dream, de Jonas Alexander Arnby" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17372" />Marie et ses parents vivent dans un petit village de pêcheurs du Jutland accroché le long de la côte ouest du Danemark. Une famille qui fait l&#8217;objet de toutes les attentions, suscitant crainte et curiosité… Alors que son père se met en quatre pour ne pas faire de vagues et dissimuler la mystérieuse maladie de son épouse, contrainte à rester scotcher sur son fauteuil roulant, mutique, Marie, au contraire, compte bien trouver sa place au sein de cette communauté aux mœurs rigides (on est en plein fief protestant). La jeune fille, visage d&#8217;ange, beauté diaphane, ne passe pas inaperçue. Notamment auprès des spécimens masculins. Et elle-même ne reste d&#8217;ailleurs pas insensible à certains regards. Et alors que Marie croit pouvoir atteindre une certaine &#8220;normalité&#8221;, elle se met à développer les mêmes symptômes que sa mère et serait alors condamnée à subir le même sort. Piqûres de sédatifs pour ne pas devenir ce qu&#8217;elle est, apathie, regard vide. Une perspective qu&#8217;elle refuse rageusement. Mais alors que les stigmates de sa &#8220;différence&#8221; s&#8217;affirment chaque jour un peu plus, Marie sent croître l&#8217;animosité des villageois à son égard…</p>
<p><em>When Animals Dream</em>, c&#8217;est d&#8217;abord le portrait de deux femmes, d&#8217;une mère et de sa fille s&#8217;évertuant à se libérer d&#8217;un carcan qu&#8217;elles refusent. Celui d&#8217;un surmoi castrateur mis à mal par le moi de plus en plus pressant d&#8217;une adolescente confrontée à l&#8217;acceptation de son corps, de ses instincts, de sa sexualité. Un film également sur la crainte que suscitent bien souvent les femmes de pouvoir qui, au-delà de simplement s&#8217;assumer, revendiquent leur identité, leur parcours, leurs origines, face aux regards des autres, prisonniers de leur pré carré moraliste et de leur pieuse culpabilité. <em>When Animals Dream</em> est un film non pas &#8220;de&#8221; loups garous mais &#8220;avec&#8221; des loups garous. La lycanthropie, comme le vampirisme dans le <em>Morse</em> de Tomas Alfredson, ne sert que de prétexte allégorique à une réflexion autrement plus subtile que le déchaînements de séquences ensanglantées (c&#8217;est bien aussi, mais ce n&#8217;est pas le propos ici). Ce premier long-métrage de Jonas Alexander Arnby partage d&#8217;ailleurs beaucoup plus avec le chef d&#8217;œuvre d&#8217;Alfredson. Il en a l&#8217;esthétique naturaliste, épurée et la luminosité brumeuse. La mise en scène sèche, la retenue élégante et la finesse des personnages. La même volonté de proposer une variation inédite autour d&#8217;un cinéma de genre multi-référencé. Un premier coup 100% gagnant pour ce Arnby dont on surveillera désormais les moindres faits et gestes. </p>
<p>When Animals Dream<em>, de Jonas Alexander Arnby, avec Sonia Suhl, Lars Mikkelsen, Sonja Richter&#8230; Danemark, 2014. Présenté à la 53e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>Respire, de Mélanie Laurent</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Apr 2014 11:09:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[Présenté à la 53e Semaine de la critique – Séance spéciale Qui ? Il est de bon ton de railler Mélanie Laurent, enfant gâtée du cinéma français qui tourne avec Tarantino...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Présenté à la 53e Semaine de la critique – Séance spéciale</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/respire-melanie-laurent-film.jpg" alt="Respire, de Mélanie Laurent" title="Respire, de Mélanie Laurent" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17218" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Il est de bon ton de railler Mélanie Laurent, enfant gâtée du cinéma français qui tourne avec Tarantino ou Ewan McGregor aussi facilement qu&#8217;on prend le train. Pourtant, son premier film de réalisatrice, <em>Les Adoptés</em>, avait fait mouche. Malgré quelques petites manies dont elle semble avoir du mal à se défaire (le portrait de la fille sensible, créative, ouverte, cool et sympa, même devant les plus grandes épreuves de la vie, réfugiée dans son immense appartement sans qu&#8217;on comprenne comment elle le paye), elle avait eu la bonne idée de dévoiler une nouvelle facette de <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-denis-menochet-grand-central-heros-morts-soir-eyjafjallojokull/" title="Rencontre avec Denis Ménochet" target="_blank">Denis Ménochet</a> (un gars sensible, en fait. Parce que Mélanie Laurent est sensible, ok ?) et l&#8217;art de montrer une réelle complicité communicative entre ses personnages / acteurs. On attend donc de voir si l&#8217;essai est transformé.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Le premier talent de Mélanie Laurent serait peut-être celui de s&#8217;entourer de gens discrets sur lesquels elle pourrait donner un peu de sa lumière. Ainsi, pour coscénariste, elle s&#8217;est adjoint les services de Julien Lambroschini, un nom qui ne dit sûrement pas grand-chose à la plupart d&#8217;entre vous, mais qui révèle en fait le Bruno du <em>Péril jeune</em>. L&#8217;acteur joue peu. L&#8217;auteur écrit des courts-métrages, des sketches, des pubs et participe à des séries. On a donc hâte de retrouver sa voix, ici dans un portrait de l&#8217;adolescence et des premiers émois. La chronique de la rencontre entre deux jeunes filles, forcément sensible.</p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong></p>
<p>Du film “sensible”, Mélanie Laurent a décidé de passer au “film choc”. Bon, elle est toujours un être chamboulé, pour preuve ses larmes en présentant son film en présence de la totalité de son équipe technique (la moitié de la salle étant remplie par des invités, l&#8217;ovation finale avait un goût d&#8217;autocongratulation). Au départ, Mélanie Laurent, qui adapte le roman d&#8217;Anne-Sophie Brasme, signe un film classique sur l&#8217;adolescence et ses amitiés fluctuantes, exclusives, fusionnelles, avec les passages obligés : la manière qu&#8217;a Sarah de séduire tout le monde avec facilité par son parcours exotique et son franc-parler, les vacances qui mettent à jour les jalousies et ambiguïtés. Puis vient la brouille, en forme de harcèlement scolaire, menant vers une fin inéluctable, fléchée avec des gros panneaux lumineux, tant le personnage de Sarah est grossièrement dessiné, manipulant sa comparse avec des gros sabots. Le regard caméra de Joséphine Japy-Charlie qui clôt le film finit de convaincre du manque total de finesse de cette deuxième réalisation.</p>
<p>Respire<em>, de Mélanie Laurent, avec Lou de Lâage, Joséphine Japy, Isabelle Carré, Roxane Duran&#8230; France, 2014. Sortie le 12 novembre 2014.</em></p>
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		<title>Self Made, de Shira Geffen</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Apr 2014 11:01:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>

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		<description><![CDATA[Présenté à la 53e Semaine de la critique &#8211; En compétition Qui ? Cannes fait la part belle au cinéma israélien cette année : Ronit et Shlomi Elkabetz à la Quinzaine des...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Présenté à la 53e Semaine de la critique &#8211; En compétition</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/self-made-film-shira-geffen.jpg" alt="Self Made, de Shira Geffen" title="Self Made, de Shira Geffen" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17211" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Cannes fait la part belle au cinéma israélien cette année : Ronit et Shlomi Elkabetz à la Quinzaine des réalisateurs (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/gett-proces-viviane-amsalem-ronit-et-shlomi-elkabetz/" title="Gett, le procès de Viviane Amsalem, de Ronit et Shlomi Elkabetz" target="_blank">Gett, le procès de Vivane Amsalem</a></em>), Shira Geffen (<em>Self Made</em>) et Nadav Lapid (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/53e-semaine-critique/institutrice-nadav-lapid/" title="L’Institutrice, de Nadav Lapid" target="_blank">L&#8217;Institutrice</a></em>) à la Semaine de la Critique, Keren Yedaya (<em>Loin de son absence</em>) au Certain Regard&#8230; Shira Geffen est connue sur la Croisette pour avoir coréalisé <em>Les Méduses</em> avec son mari, Etgar Keret. L&#8217;histoire de trois femmes à Tel Aviv qui se laissent porter par des courants plus ou moins cléments avait remporté la Caméra d&#8217;or en 2007. C&#8217;est seule qu&#8217;elle se lance cette fois, avec son bagage de metteur en scène de théâtre et de danse. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Lorsque l&#8217;on avait rencontré Etgar Keret et Shira Geffen à l&#8217;occasion de leur premier film, Shira Geffen paraissait la moins fantasque et la plus politisée des deux coréalisateurs. Quand elle se lance seule, c&#8217;est pour aborder de manière plus frontale les questions traversées par son pays. <em>Self Made</em> s&#8217;annonce comme le portrait croisé de deux mondes qui paraissent inconciliables en confrontant les points de vue, en déconstruisant les préjugés : l&#8217;histoire de deux femmes obligées de vivre la vie de l&#8217;autre, de l&#8217;autre côté de la frontière. L&#8217;une est israélienne, l&#8217;autre palestinienne.</p>
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		<title>L&#8217;Institutrice, de Nadav Lapid</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Apr 2014 10:52:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>

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		<description><![CDATA[Présenté à la 53e Semaine de la critique &#8211; Séance spéciale Qui ? Parmi les cinéastes israéliens présents à Cannes, Nadav Lapid n&#8217;est pas la figure la plus connue. Pourtant, son...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Présenté à la 53e Semaine de la critique &#8211; Séance spéciale</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/l-institutrice-film-nadav-lapid.jpg" alt="L&#039;Institutrice, de Nadav Lapid" title="L&#039;Institutrice, de Nadav Lapid" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17207" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Parmi les cinéastes israéliens présents à Cannes, Nadav Lapid n&#8217;est pas la figure la plus connue. Pourtant, son <em>Policier</em>, dont le scénario a été développé à la Cinéfondation, avait su retenir l&#8217;attention, notamment du jury de Locarno (prix spécial) et du public nantais des Trois Continents. La confrontation entre les forces israéliennes antiterroristes et un groupe de jeunes révolutionnaires en lutte contre une société inégalitaire et raciste. Les uns, ancrés dans leur quotidien, un peu beaufs et un peu lâches, célébrant la virilité et la loi du plus fort en toutes circonstances. Les seconds, idéalistes bien nés, parfois confus dans leurs motivations pour entrer dans la lutte violente. Malgré un film divisé en deux parties – qui finissent inévitablement par se rejoindre –, Nadav Lapid évite tout manichéisme primaire pour proposer une réflexion plus complexe et dénoncer les travers de son pays. La promesse d&#8217;un cinéma profond qui ne cède pas à la facilité.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Finie la violence. Avec <em>L&#8217;Institutrice</em>, Nadav Lapid semble se tourner vers un peu plus d&#8217;espoir et d&#8217;optimisme avec le portrait de cette femme qui décèle le talent d&#8217;un enfant de 5 ans pour la poésie, persuadée qu&#8217;il est le sauveur d&#8217;un Israël perdu entre son armée et son monde des affaires, décidée à le protéger coûte que coûte. Une question de génération, une fois encore. Si les révolutionnaires du <em>Policier</em> étaient dans la colère vis-à-vis de leurs parents pour avoir transformé un idéal socialiste en société profondément inégalitaire et en défense contre l&#8217;autre, <em>L&#8217;Institutrice</em> entrevoit une issue dans la génération à venir, par les mots – déjà un enjeu du film précédent – plus que par les armes.</p>
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