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	<title>Grand Écart &#187; science-fiction</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Le frichti de l&#8217;hiver 2019-2020 !</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Dec 2019 09:02:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[culte]]></category>
		<category><![CDATA[nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Selleck]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette sélection annonce un hiver rude. C’est la raison pour laquelle celle-ci est chaude et épaisse. Vous retrouverez Magnum, toujours aussi bien gaulé, du western politique et engagé et des thrillers en...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette sélection annonce un hiver rude. C’est la raison pour laquelle celle-ci est chaude et épaisse. Vous retrouverez Magnum, toujours aussi bien gaulé, du western politique et engagé et des thrillers en mode <em>seventies</em> sacrément burnés. De quoi passer les semaines qui arrivent tranquille sous la couette !</strong></p>
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<h2><em>Magnum P.I</em> saison 7</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/magnum-pi-saison-7.jpg" alt="Tom Selleck dans Magnum" width="202" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27298" />Cette septième saison de <em>Magnum</em> est un véritable crève-cœur, pas un beau gâchis mais un petit gâchis. On sait qu’elle devait être la dernière. En effet, nous sommes à la fin des années 1980 et Tom Selleck, qui en a ras la moustache, espère enfin se faire un nom au cinéma. Donald Bellisario, quant à lui, le scénariste et producteur, est parti sur d’autres aventures laissant son petit personnel gérer la boutique et les intrigues. Du coup, on se retrouve avec une quantité d’épisodes sans âme ni saveur, un peu comme si tout le monde avait lâché l’affaire. Toutefois, un épisode particulièrement sort du lot ; l’épisode 6, <em>Comptes et comptines</em>, où, alors qu’il fait ses comptes, Magnum reçoit un appel mystérieux. Un homme le menace, utilisant comme message une comptine… Caméra à l’épaule, gros plans, tensions à donf, musique de Phil Collins, cet épisode est une merveille. On se croirait dans le <em>Manhunter</em> goupillé par Michael Mann la même année. Formidable ! L’épisode suivant, tout en rupture, voit l’arrivée de Lily, la fille du détective. Magnum apprend qu’il est père mais semble s’en moquer. Troublant. Et puis le fameux épisode 9, un cross-over avec Angela Lansbury d’<em>Arabesque</em> ! Du cross-over gériatrique par excellence ! L’épisode 17, intitulé <em>Laura</em>, accueille Frank Sinatra en guest dans le rôle d’un vieux détective à la recherche de sa petite fille. Excellent et émouvant. Ouf, l’honneur est sauf. Cette saison 7 n’est pas honteuse, elle a juste perdu son mojo. Le dernier épisode, cataclysmique, a tellement fait gueuler les fans, qu’une saison 8 fut commandée en urgence et je vous en parlerai bientôt. Youpi. <span id="more-27294"></span><br />
<em>Coffret en blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h2>Du western et encore du western !</h2>
<h3><em>Le Retour des Texas Rangers</em> réalisé par James P. Hogan avec Ellen Drew, John Howard, Akim Tamiroff… </h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/retour-texas-rangers.jpg" alt="Le Retour des Texas Rangers" width="250" height="190" class="alignleft size-full wp-image-27299" />Au début des années 1930, dans le grand ouest américain, du bétail est dérobé au ranch White Sage. Les Texas Rangers sont appelés à la rescousse. Pour arrêter les coupables, ils vont devoir faire preuve d’ingéniosité et braver le danger : ils tentent de s’infiltrer dans le gang des voleurs de bétail…<br />
<em>Le Retour des Texas Rangers</em> est ce que l’on appelle un western de ranch où les grands propriétaires terriens ont maille à partir avec les voleurs de bétails. Le film s’intéresse avant tout à cette mythique brigade de police, les « Texas Rangers », née dans la première moitié du XIXe siècle au Texas et dont les membres éminents s’occupaient essentiellement des affaires sensibles comme les meurtres. Pour d’obscures raisons politiques, leur brigade fut un temps dissoute et il ne serait pas étonnant qu’à l’époque où l’intrigue se déroule elle n’était pas encore reformée. Bref, nous voilà plongés dans l’Amérique des années 1930, une Amérique défaite par la crise et les resquilles, une Amérique où les héros populaires s’appellent « Bonnie and Clyde ». Si le film ne casse pas des briques, il s’inscrit dans une veine noire où tout paraît désenchanté. Une vraie curiosité.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Vengeance mexicaine</em> réalisé par Fred Schepisi avec Willie Nelson, Gary Busey&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/vengeance-mexicaine-fred-schepisi.jpg" alt="Vengeance Mexicaine" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27300" />Dans un Texas pré-guerre civile, un jeune homme tue par accident son beau-frère et doit fuir au Mexique. Peu de temps après, il fait la connaissance de Barbarosa, un hors-la-loi. Les deux hommes font équipe malgré le mode de vie de Barbarosa. Le vieil hors-la-loi conseille de revenir au Texas : c’est bien la vengeance qui les unit avant tout.<br />
<em>Vengeance mexicaine</em> est un superbe western, très graphique, superbement éclairé et marqué par des tons rocailleux qui donnent une pépie du diable. Pensez à prendre une bouteille d’eau ! La musique envoûtante renforce d’autant plus la présence de l’environnement et de la nature. Vous l’aurez compris, les extérieurs jouent un rôle considérable dans cette histoire de filiation d’un bandit et de son apprenti. L’intrigue plutôt basique &#8211; prendre aux riches pour donner aux pauvres &#8211; évite toutes fioritures. La distribution impeccable, Willy Nelson en tête (qui coproduit), parachève l’efficacité d’un projet qui n’était pas franchement gagné d’avance. C’est sec et franc du collier ! Comme on aime.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Sur le territoire des Comanches</em> réalisé par George Sherman avec Maureen O’Hara, MacDonald Carey&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/sur-le-territoire-des-comanches-film.jpg" alt="Sur le territoire des Comanches" width="185" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27301" />Un traité de paix est signé avec les Comanches interdisant l&#8217;accès à leur terre. Mais alors qu&#8217;un gisement d&#8217;argent est découvert sur leur territoire, les colons installés dans les environs sont de plus en plus envieux. Jim Bowie est envoyé par le président pour s&#8217;assurer que les accords sont respectés. Katie Howard, la tenancière du saloon, veut attaquer les Comanches et s&#8217;emparer des richesses&#8230;<br />
<em>Sur le territoire des Comanches</em> qui revient sur la spoliation des terres indiennes par ces satanés colons est un petit western politique qui n’y va pas avec le dos de la cuillère pour raconter la grande histoire de l’ouest américain. On y voit les Indiens se faire joyeusement manipuler en toute confiance avant de fomenter une vengeance qui arrivera bien trop tard. Du classique de chez classique, bien troussé par un George Sherman des grands jours.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em><br />
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<h3><em>La Belle rousse du Wyoming</em> réalisé par Lee Sholem avec Maureen O’Hara, Alex Nicol&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/la-belle-rousse-du-wyoming.jpg" alt="La Belle Rousse du Wyoming" width="161" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27302" />Le grand ouest américain : nouveaux colons et anciens rangers livrent un combat acharné concernant le bétail, véritable richesse. En plein milieu des fortes tensions, un shérif tente de s&#8217;interposer quand un homme d&#8217;affaires, associé à une femme mystérieuse, essaie de gagner la confiance des colons pour gagner beaucoup d&#8217;argent&#8230;<br />
<em>La Belle rousse du Wyoming</em> ravira les fans de John Ford et des westerns de grande ampleur. On y parle une nouvelle fois de la guerre entre propriétaires terriens qui tentent coûte que coûte de s’accaparer le moindre lopin de terre afin d’y faire paître le bétail. Sur le fond, c’est du solide et sur la forme, on respire la fraîcheur des prairies du Wyoming à plein poumon. Un western à papa rudement dépaysant à regarder avec maman.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h3><em>Sans peur, sans pitié</em> réalisé par Lima Barreto avec Alberto Ruschel, Marisa Prado, Juan-Nicola Bernico, Melania Carpentiero, Matteo Menossi et Cedrico Janeti&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/sans-peur-sans-pitie-congaceiro.jpg" alt="Sans peur, sans pitié" width="160" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27303" />Un gang de Cangaceiro, des bandits du nord-est du Brésil, kidnappe une institutrice venant d&#8217;un petit village, Olivia. Un des membres, Teodoro, fait peu à peu sa connaissance et tombe éperdument amoureux. Ce qui ne plaît pas au chef de la bande, sans peur et sans pitié&#8230;<br />
Il faut savoir que <em>Sans Peur, sans pitié</em> (sorti en 1953) se présente comme l’un des plus grands succès du cinéma brésilien de l’après-guerre. Au Brésil, on considère le film comme un impérissable chef-d’œuvre au même titre que <em>Mon curé chez les nudistes</em> en France. Si l’on prend le recul nécessaire, on se rend assez vite compte que l’on ne tient pas une pièce maîtresse comparable à <em>Lawrence d’Arabie</em>. Pourtant cette histoire de bandit d’honneur, comme dirait Jean-Pierre Dionnet, ne manque pas de panache ! La présence puissante de la nature et les caractères bien trempés des hommes qui la foulent composent un tableau des plus sauvages sur la vie des Cangaceiro à la charnière des XIXe et XXe siècle. Voilà le western révolutionnaire que vous devez absolument avoir vu.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h2>Du frisson, de l’angoisse et des thrillers mode 70’s !</h2>
<h3><em>Le Voyage des damnés</em> réalisé par Stuart Rosenberg avec Faye Dunaway, Max von Sydow&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/voyage-des-damnes.jpg" alt="Le Voyage des damnés" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27304" />1939, le SS Saint Louis quitte Hambourg pour Cuba avec à bord 937 réfugiés juifs. Ni Cuba, ni les Etats-Unis ne veulent les accueillir. Contraint de faire demi-tour, les officiers américains reçoivent une lettre signée de la main de plus de 200 juifs : s&#8217;ils ne trouvent pas refuge quelque part, ils menacent de collectivement mettre fin à leur jour.<br />
Que j’aime ce film ! Au-delà de la tragédie qui touche les passagers, <em>Le Voyage des damnés</em> propose comme dans tout grand film choral une série de portraits qui balayent à peu près tout ce que la nature humaine compte de sensibles, de traîtres, d’envieux, de naïfs, d’altruistes, de braves, de cons&#8230; Cette croisière maudite analyse avec sagesse ce que hommes et femmes sont capables de produire quand ils et elles sont acculé·e·s par des événements qui les dépassent. Le suspense est rude et le drame limite insoutenable. Je compare ce film à un opéra. Et je vous le recommande.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Le Pont de Cassandra</em> réalisé par George Pan Costamos avec Richard Harris, Sophia Loren&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/pont-de-cassandra.jpg" alt="Le Pont de Cassandra" width="187" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27305" />Genève. Trois terroristes sont surpris dans un laboratoire de l&#8217;Organisation mondiale de la santé, qu&#8217;ils s&#8217;apprêtaient à faire sauter. L&#8217;un d&#8217;entre eux parvient à s&#8217;enfuir et monte dans le Continental Express en partance pour Stockholm. Le fugitif est une véritable bombe ambulante. Eclaboussé lors de la fusillade par des liquides contenus dans des flacons brisés, il vient en effet d&#8217;être contaminé par le virus, terriblement contagieux, de la peste pulmonaire&#8230;<br />
<em>Le Pont de Cassandra</em> est un film catastrophe trop méconnu et c’est dommage car il tient sans contestation possible la dragée haute à bien des oeuvres contemporaines du même acabit. Spécialiste des films d’action, bon faiseur (toutefois un cran en dessous d’un John Frankenheimer), George Pan Costamos goupille un thriller bourré de suspense et de scènes ultra spectaculaires. Durant près de deux heures, on passe d’une salle de commandement aux wagons bondés par des voyageurs transis de trouille. Evidemment, tout est prétexte à faire tourner le chronomètre ! Et ça fonctionne. Du cinéma bien bonnard.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Saturn 3</em> réalisé par Stanley Donen avec Kirk Douglas, Harvey Keitel et Farrah Fawcett&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/saturn-3-stanley-donen.jpg" alt="Saturn 3, de Stanley Donen" width="250" height="126" class="alignleft size-full wp-image-27315" />Adam et Alex, deux scientifiques, vivent seuls sur la station spatiale Saturn 3. Leur mission : trouver de nouvelles sources de nourriture pour une Terre dévastée. Mais cette vie idyllique est mise en danger avec l&#8217;arrivée du capitaine James qui, bientôt, construit un robot destructeur : Hector. Le capitaine tombe amoureux d&#8217;Alex et ne souhaite qu&#8217;une chose : éliminer Adam&#8230;<br />
Bordel mais que c’est nul. J’ai dû ronfler car la gorge me gratte.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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<h2>Alerte Films coup de coeur</h2>
<h3><em>Danger, planète inconnue</em> réalisé par Robert Parrish avec Roy Thinnes, Ian Hendry&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/danger-planete-inconnue.jpg" alt="Danger, planète inconnue" width="189" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27306" />Le centre spatial Eurosec dirigé par Jason Webb vient de faire une découverte qui va bouleverser toutes les théories scientifiques. Une sonde spatiale a détecté une planète inconnue de l&#8217;autre coté du soleil possédant la même orbite que la Terre. Le colonel Glenn Ross, un astronaute aguerri, et John Kane, un scientifique anglais sont alors envoyés en mission d&#8217;exploration sur cette étrange planète qui semble être la soeur jumelle de notre planète. Mais l&#8217;expédition tourne mal&#8230;<br />
<em>Danger, planète inconnue</em> est un petit chef-d’œuvre de la science-fiction produit par Silvia et Gerry Anderson, les parents de la merveilleuse série <em>Les Sentinelles de l’air</em>. Je vous prie de croire que les décors sont d’une beauté à couper le souffle. Les bâtiments scientifiques, les vaisseaux spatiaux, les décors intérieurs et extérieurs, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté. Et ce scénario torturé du bulbe qui peut se lire de mille façons. A l’envers, à l’endroit, par devant et par derrière ! De la folie pure. Je vous en conjure, jetez-vous sur ce bijou vintage, vous ne le regretterez pas !<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
<h3><em>Ces garçons qui venaient du Brésil</em> réalisé par Franklin J. Schaffner avec Laurence Olivier, Gregory Peck&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/12/ces-garcons-qui-venaient-du-bresil-franklin-schaffner.jpg" alt="Ces garçons qui venaient du Brésil, de Franklin Schaffner" width="250" height="167" class="alignleft size-full wp-image-27307" />Au début des années 1970, Ezra Lieberman, qui traque depuis plus de vingt ans les criminels nazis, reçoit d&#8217;inquiétantes informations en provenance du Paraguay : le sinistre docteur Josef Mengele, responsable de monstrueuses expériences à Auschwitz, aurait injecté des cellules vivantes, prélevées sur Hitler, à une centaine de femmes dans le but d&#8217;assurer au Führer une descendance&#8230;<br />
Voilà un thriller culte par excellence (au même titre que <em>Marathon Man</em> sorti deux ans auparavant à qui il fait irrémédiablement écho ; regardez la distribution …) qui se réapproprie l’Histoire sans la dénaturer (du révisionnisme de bon aloi). L’intrigue qui tourne autour de la manipulation génétique, et qui semble capillotractée jusqu’à l’outrance, paraît aujourd’hui carrément plausible. Le film fiche la trouille car il présente les multiples figures de la folie dans des scènes d’action savamment dosées. Chaque personnage joue sa partition avec un vrai sens du rythme. Durant les deux heures que dure <em>Ces garçons qui venaient du Brésil</em>, on se sent pris au piège, avec l’envie que le cauchemar s’arrête et fissa. Un classique.<br />
<em>Disponible en combo DVD/Blu-ray chez Elephant Films</em></p>
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		<title>19/09 : Ciné-Quiz Alien à l&#8217;UGC Ciné-Cité Paris 19</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Sep 2019 14:36:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabio Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Alien]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[quiz]]></category>
		<category><![CDATA[Ridley Scott]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Pour bien commencer cette fin d&#8217;année, Grand Écart vous donne rendez-vous le 19 septembre à 19h30 à l&#8217;UGC Ciné-Cité Paris 19 pour participer au ciné-quiz Personne...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/alien-cine-quiz-ugc-2019.jpg" alt="Ciné-Quiz Alien UGC Paris 19" width="250" height="176" class="alignleft size-full wp-image-27213" />Pour bien commencer cette fin d&#8217;année, Grand Écart vous donne rendez-vous le 19 septembre à 19h30 à l&#8217;UGC Ciné-Cité Paris 19 pour participer au ciné-quiz Personne ne vous entendra crier, suivi de la projection d&#8217;<em>Alien le huitième passager</em>. </p>
<p>L&#8217;occasion rêvée pour tout féru d&#8217;ambiance spatiale aux accents horrifiques de tester ses connaissances en cinéma de science-fiction et d&#8217;horreur. Mais un ciné-quiz ce n&#8217;est pas seulement étaler sa culture en coupant la parole aux autres. C&#8217;est aussi un moyen fun (et plutôt simple) de gagner des places de cinéma, et d&#8217;autres cadeaux ! </p>
<p>Tous les ingrédients sont réunis pour que vous passiez une bonne soirée. Il suffit de prendre place et d&#8217;embarquer pour le voyage à travers l&#8217;espace-temps cinématographique. Mais à vos risques et périls. Parce que dans l&#8217;espace, personne ne vous entendra crier&#8230; </p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;infos sur <a href="https://www.ugc.fr/film.html?id=81&#038;seanceId=330550298541" target="_blank">ugc.fr</a><br />
</em></p>
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		<title>La Région sauvage, d&#8217;Amat Escalante</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jul 2017 21:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[Alejandra vit avec son mari Angel et leurs deux enfants dans une petite ville du Mexique. Le couple, en pleine crise, fait la rencontre de Veronica, jeune fille sans attache, qui leur fait...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/07/affiche-film-la-region-sauvage-escalante.jpg" alt="affiche-film-la-region-sauvage-escalante" title="affiche-film-la-region-sauvage-escalante" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-25892" /><strong>Alejandra vit avec son mari Angel et leurs deux enfants dans une petite ville du Mexique. Le couple, en pleine crise, fait la rencontre de Veronica, jeune fille sans attache, qui leur fait découvrir une cabane au milieu des bois. Là, vivent deux chercheurs et la mystérieuse créature qu’ils étudient et dont le pouvoir, source de plaisir et de destruction, est irrésistible…</strong></p>
<p>Le cinéma d’Amat Escalante ne prend pas de pincettes avec ses spectateurs. Un tantinet engagé, le réalisateur n’hésite pas à montrer (à dénoncer ?) les pires aspects de son pays, et s’il faut choquer par la violence de ses scènes, soit. Des fins pas toujours très heureuses, mais sans doutes plus proches de la réalité que de simples et prévisibles <em>happy end</em>. <em>La Région sauvage</em> est son quatrième long-métrage, après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/heli-amat-escalante/" title="Heli de Amat Escalante">Heli</a></em>, récompensé au <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/palmares-palme-or-prix-recompense-bejo-kechiche-seydoux-adele-exarchopoulos/" title="Le palmarès du 66e Festival de Cannes">Festival de Cannes 2013</a> pour sa mise en scène. Pour la première fois, Escalante ajoute à sa critique sociale une touche de fantastique. D&#8217;autres diront de science-fiction ! <span id="more-25886"></span></p>
<h3>Des héros malheureux</h3>
<p>Les scènes ont été tournées dans le Guanajuato, l’Etat du Mexique dans lequel le réalisateur a grandi. Un Etat très conservateur, très catholique, homophobe même. C’est une belle brochette de personnages tous plus malheureux les uns que les autres que nous sert le scénario de <em>La Région sauvage</em>. La jeune Alejandra, mère de deux petits garçons, est mariée à un homme qu’elle n’ose pas quitter, Angel. Ce dernier n’a d&#8217;ailleurs rien d’un ange. Macho, brutal, il couche en secret avec le frère de sa femme, Fabian, qui de son côté rêve de vivre une relation normale. Encore faudrait-il qu’il ait le courage de mettre fin à cette liaison. Dans une situation qui ne peut déjà que mal tourner, Veronica perturbe le quotidien du couple par le biais de Fabian, avec qui elle se lie d’amitié. Elle introduira volontairement la Créature dans leurs vies, les persuadant qu&#8217;ils trouveront réconfort dans la cabane au fond des bois. Pas si sûr. Au fond, veut-elle sincèrement les aider, ou simplement partager son fardeau ? Malgré elle, la douce Veronica apporte violence et mort. </p>
<h3>Rencontre</h3>
<p>Au beau milieu d’une nature silencieuse, à la fois attirante et dangereuse, se trouve la cabane, véritable métaphore de l’inconscient, et d&#8217;une pulsion sexuelle primitive. Il est dommage que l’apparence de la Créature soit si vite montrée. Dès la seconde scène du film se retire du corps de Veronica un&#8230; tentacule. Oui oui, un tentacule. Il faudra attendre plus longtemps pour en voir plus, mais l’être extraterrestre apparu soudainement dans une forêt mexicaine, puis recueilli par un couple de scientifiques sera bien montré à l’écran dans son intégralité. En revanche le mystère de ses origines perdure : il se serait écrasé en même temps qu&#8217;un bout de roche venu de l’espace, et semble se nourrir de plaisir. Un petit parallèle se fait volontiers avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/scarlett-johansson-under-the-skin-jonathan-glazer/" title="Under the Skin, de Jonathan Glazer">Under the Skin</a></em>, où un alien débarque en ville sous les traits de Scarlett Johansson, pour séduire et faire disparaître des hommes, sans jamais en connaître la raison. Le rôle que prend la Créature dans les existences de Veronica, d&#8217;Alejandra et de Fabian n&#8217;est qu&#8217;une source de réconfort et d’apaisement passager, illusoire. Car elle blesse, et tue. </p>
<p>Après de multiples péripéties, nous nous demandons si Alejandra ne ressort pas gagnante, en un sens, du bazar déclenché par Veronica et son monstre. Femme libre elle deviendra. Plus sûre d’elle, plus forte aussi. Mais inutile d’en dire plus. S’il faut retenir quelque chose de <em>La Région sauvage</em>, ce sera son rythme lent et ses images contemplatives, qui viennent poser son ambiance mystique. Ce qui, admettons-le, fait tout son charme.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Région sauvage<em> (La región salvaje) d’Amat Escalante, avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesùs Meza… Mexique, 2017. Lion d&#8217;argent à la 73e Mostra de Venise. Sortie le 19 juillet 2017.</em></p>
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		<title>High-Rise, de Ben Wheatley</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2016 06:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Wheatley]]></category>
		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Steven Spielberg]]></category>

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		<description><![CDATA[« Nous vivons dans un monde de simulacres. Et par là, je ne veux pas seulement parler de notre perception de l’existence des célébrités du ciné, de la télé ou de la politique, mais aussi...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/high-rise-ben-wheatley-affiche.jpg" alt="High-Rise, de Ben Wheatley" title="High-Rise, de Ben Wheatley" width="192" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23368" /><em>« Nous vivons dans un monde de simulacres. Et par là, je ne veux pas seulement parler de notre perception de l’existence des célébrités du ciné, de la télé ou de la politique, mais aussi bien de nos rapports humains entre nous. La relation tissée entre hommes et femmes de nos jours est une sorte de roman. Nous vivons nos propres vies comme des vies légendaires. C’est en ce sens que l’on ne peut plus parler de réalisme au sens ancien du terme, nous vivons l’ère des réalismes imaginaires. Il n’y a plus de frontières précises entre le mythe et la réalité. »</em> <a href="#ref">(1)</a></p>
<p>Ecrivain majeur de la seconde partie du XXe siècle, J.G. Ballard est l&#8217;un des plus grands visionnaires de la littérature contemporaine. S’attaquer à l’adaptation d’une de ses œuvres-phares n’est donc pas anodin. D’autant plus quand les réalisateurs qui l’ont précédé avec succès sont Steven Spielberg (<em>L’Empire du soleil</em>) et David Cronenberg (<em>Crash</em>).<br />
Mais même en faisant abstraction des réalisateurs susmentionnés, il reste le simple (sic) fait que l’œuvre ballardienne est en soi un vecteur de réflexion immensément riche. Rares sont ceux qui ont scruté avec autant de perspicacité leur époque et ont « prédit » l’avenir avec autant de finesse psychologique que Ballard tout au long de ses romans.<br />
S’attaquer à Ballard, c’est affronter le défi de représenter l’espace ballardien, une notion qui établit un rapport complexe et organique entre espace intérieur et espace extérieur, l’un et l’autre se reflétant mutuellement. Tout comme Lovecraft professait l’existence d’une géométrie « non-euclidienne » impossible à représenter, Ballard a imaginé des paysages lointains issus d’un rêve et décrit des errances humaines dont l’intérêt réside dans l’acceptation finale du héros de se laisser aller au temps, un temps nouveau, autre&#8230; <span id="more-23358"></span><br />
Et puis, il y a le regard de l’écrivain sur la ville, l’architecture, la suburbia (<em>« L’espace suburbain est pour lui le nouveau terrain de la déviance, de l’obsession, de la bizarrerie. C’est une sorte de lieu pathogène, de paysage mi trivial et mi infâme. »</em> <a href="#ref">(2)</a>), terme contemporain qui désigne les villes en périphérie, les « banlieues » aux espaces similaires partout dans le monde, cet espace intermédiaire que Ballard a décidé d’habiter, ayant été un résident de Shepperton la plupart de sa vie.</p>
<p><em>I.G.H.</em>, titre français de <em>High-Rise</em>, clôture ainsi la « trilogie du béton », une phase déterminante de l’œuvre ballardienne. C’est un aboutissement stylistique et philosophique : narrant la détérioration des relations interpersonnelles dans un immeuble de grande hauteur dans la banlieue londonienne, Ballard y décrit une société repliée sur elle-même qui régresse et développe une guerre balkanique au sein de la tour. Ce qui pourrait être une fable un peu indigeste et prévisible devient un miroir effrayant de notre civilisation où les écarts entre riches et pauvres ne cessent de déchirer le tissu social et où les rêves d’un chacun se fracassent contre le béton d’une architecture aveugle, tombeau d’une humanité qui retrouve une étincelle de sérénité dans l’acceptation de sa sauvagerie inévitable.</p>
<p>D’emblée on peut se réjouir d’une chose : il n’est pas nécessaire de savoir tout cela pour apprécier <em>High-Rise</em> de Ben Wheatley. Alors pourquoi un tel préambule ? Car c’est tout aussi bien de le savoir, que de l’apprendre après coup. Ben Wheatley ne s’embarrasse pas d’un discours théorique pesant, il nous dévoile un film foutraque, généreux, parfois bancal mais toujours divertissant, surprenant et esthétiquement ravissant. Et il se trouve en plus que c’est là peut-être la plus fidèle adaptation de Ballard au cinéma. Spielberg et Cronenberg avaient tous deux brillamment trahi la source de leur récit. Wheatley embrasse le roman, s’y plonge, injecte ses obsessions et ressort avec un film dont la fragilité et le côté punk se marient parfaitement avec le ton de Ballard qui semble parfois (faussement) découvrir ses personnages au moment de les écrire. Il y a ainsi des moments de fureur, de poésie, des échappées lyriques et des blagues vulgaires. Tout ça s’enchaînant avec la logique qui se trouvait dans les films des années 1970.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/high-rise-ben-wheatley-tom-hiddleston.jpg" alt="High-Rise, de Ben Wheatley" title="High-Rise, de Ben Wheatley" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23373" />En situant son film à l’époque où Ballard a écrit le roman, Wheatley renoue avec l’esprit libre et expérimental du cinéma de cette époque. Et comme il l’explique, situer le film de nos jours aurait été une erreur : les technologies actuelles, particulièrement les réseaux sociaux rendraient un tel événement différent, c’est un prisme biaisé qui donnerait une portée trop étroite à ce récit. Alors qu’en renouant avec le look <em>70’s</em>, Wheatley crée une dystopie du passé qui nous éclaire mieux sur notre société actuelle.</p>
<p>Soutenu par un casting cinq étoiles en très grande forme, <em>High-Rise</em>, pardonnez le jeu de mots, atteint des sommets. Tom Hiddleston confirme qu’il est un des acteurs les plus intéressants de sa génération et Sienna Miller trace une carrière singulière tout en douceur et discrétion. Jeremy Irons retrouve les sommets de son art en étant sur le toit de cet immeuble improbable, entre la pyramide et le HLM.</p>
<p>La liberté de ton du film en agacera certains, d’autres critiqueront le désordre ambiant qui semble affecter la mise en scène. Mais ce n’est pas sans rappeler le précédent film du réalisateur : <em>A Field In England</em>. Manifeste anarcho-punk psychédélique complètement barré dont on ne sort pas indemne. Wheatley injecte autant de folie et d’inventivité dans son immeuble au récit (presque) classique que dans son petit film expérimental. Le résultat est détonnant, déroutant, enthousiasmant&#8230; pour qui accepte son destin et se laisse porter par la créature hybride qu’est <em>High-Rise</em>, odyssée dévastatrice, onde de choc, murmure, bref, une œuvre un peu inclassable mais bouleversante car elle parle à notre être profond.</p>
<p>Tout comme un roman de Ballard qui nous perd parfois (et se perd sûrement&#8230;), il faut accepter que nous n’avons pas le contrôle de la narration, que nous sommes une figure dans un faisceau de connexions et que tout cela est appelé à disparaître, tôt ou tard. Ce réseau est peut-être une fiction, un rêve ou autre chose, peu importe, il faut enfin intérioriser qu’il n’y a plus de distinction entre ça et la « vie », entre le cinéma et la réalité. <em>High-Rise</em> n’est pas qu’un film, c’est le fragment d’une histoire à venir, l’annonce d’une apocalypse qui épelle notre nom.</p>
<p><a href="#ref" name="ref"></a></p>
<p style="font-size:90%">(1) J.G. Ballard dans « Zones d’influences », entretien avec J.G. Ballard par Stan Barets &#038; Yves Frémion, 1977. Paru dans <em>J.G. Ballard – Hautes altitudes</em> (dir.) Jérôme Schmidt &#038; Emilie Notéris, Editions ère, 2008, Alfortville.<br />
(2) Bruce Bégout « SUBURBIA du monde (urbain) clos à l’univers (suburbain) infini ». Paru dans <em>J.G. Ballard – Hautes altitudes</em> (dir.) Jérôme Schmidt &#038; Emilie Notéris, Editions ère, 2008, Alfortville.</p>
<p>&nbsp;<br />
High-Rise de Ben Wheatley, avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons, Sienna Miller&#8230; Angleterre, 2015. Sortie le 6 avril 2016.</p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/llzrlk/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Star Wars VII : le réveil de la Force, de J.J. Abrams</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2015 15:13:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Damville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Driver]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Tout fan de la série vous le confirmera : <em>Star Wars</em> a défini ses propres codes et perdure depuis 40 ans car chacun tente de les respecter du mieux possible. De fait, le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine&#8230; trop lointaine</h3>
<p><strong>Critique garantie sans spoiler.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/star-wars-7-reveil-force-foule-cinema.jpg" alt="Un peu d&#039;attente pour Star Wars 7" title="Un peu d&#039;attente pour Star Wars 7" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-22710" />Tout fan de la série vous le confirmera : <em>Star Wars</em> a défini ses propres codes et perdure depuis 40 ans car chacun tente de les respecter du mieux possible. De fait, le familier texte d’introduction de ce septième épisode, revêtu de sa perspective dorée et rassurante, se termine étonnamment par quatre points de suspension, étrange liberté typographique soulignant d’entrée une soif de parachèvement, envers et contre toute règle pourtant établie à l’avance… Nous voilà prévenus.</p>
<p>Après 32 ans d’attente (car les gens de bon goût font fi autant de la prélogie que de la quatrième aventure d’<em>Indiana Jones</em>), une dream team s’est finalement réunie autour de J.J. Abrams. Ne manque que Billy-Lando-Dee Williams encore un peu trop gourmand et le regretté Roger Carel pour les voix françaises. Les autres (acteurs, scénaristes, maquilleurs, musicien ou designer sonore d’origine) sont tous là, moins un George Lucas finalement gardé à distance. Bref, l’équipe de rêve d’une princesse au bois dormant qui a déjà réussi l’exploit marketing de se refaire désirer. La séance est levée et l’excitation grandit.</p>
<h3>De la guerre sans beaucoup d&#8217;étoiles</h3>
<p>Le film déroule donc plaisir et questions mais la gêne remplace peu à peu les étoiles dans nos yeux : trop de fan service tue le fan service. Harrison Ford joue une promenade de santé. Lui qui aurait pu nous gratifier d’un rôle dramatique à la hauteur de la situation et de son talent, se rebelle dans la facilité et le <em>revival</em> déplacé. Les méchants, eux, ont très clairement été sous-évalués et si Adam Driver s’en sort avec un mot d’excuse, Andy Serkis est simplement vidé de son charisme numérique habituel. <span id="more-22707"></span>C3PO se résume à un caméo et R2D2 devient une simple boîte de conserve, terriblement soustrait à l’humanité qui a fait toute sa gloire. Reste qu’il est plus utilisé que la Stormtrooper argentée ou le marchand de ferraille de Jaku, des personnages que l’on reverra peut-être mais dont le peu de développement laisse pour le moins perplexe.<br />
Certains choix de réalisation et de montage paraissent hasardeux ou choisis à la va-vite, ce qui paraît quand même étonnant lorsqu’on connaît le CV du réalisateur. On est très loin de la picturalité d’origine malgré son esthétique proche qui copie toutes les cinq minutes un plan des anciens films comme pour mieux s’excuser de nous rattacher à quelque chose de tangible. C’est d’autant plus dommage que certaines séquences, vertigineuses et assumées comme celle du Faucon Millenium rasant le dessus des vagues ou se frayant un passage dans des arbres, sont absolument sublimes de modernité, de cohérence et d’efficacité. Mais rappelons un fait pourtant simple aux intéressés : le vaisseau, aussi rapide soit-il, ne traverse pas l’univers en 5 secondes…<br />
La musique de John Williams est quasi inexistante, seulement remarquable en début et en fin de métrage. Un comble lorsqu’on connaît sa qualité, l’importance de ses thèmes, et qu’on a pu écouter celle, sublime, de la prometteuse bande-annonce. Les effets numériques sont à la hauteur, mais ne dissimulent pas toujours un budget relativement modeste pour un projet de cette envergure (200 « petits » millions de dollars, autant que pour <em>Van Helsing</em>, <em>Iron Man 3</em> ou <em>Monstres Academy</em>…). De fait, on est surpris de découvrir des décors qui font… décors&#8230; et certains aliens au design douteux. Avec un film historique en termes d’effets spéciaux, qui n’aurait pas souhaité le haut de gamme et éviter la maladresse ou la fainéantise ? A titre d&#8217;exemple, le son du robot BB-8 est disponible pour smartphones depuis plus de 6 ans. On a déjà vu mieux en termes de créativité.</p>
<h3>Star Wars Reboot</h3>
<p>La mythologie n’a pas eu droit à beaucoup plus d’égards. L’histoire brouillonne hésite entre deux ou trois héros adolescents peu crédibles qui ne marqueront pas. Les lieux et les batailles s’enchaînent sans temps de repos suffisant. Balloté dans un récit superficiel pourtant nourri de nos attentes les plus grandes, le temps défile entre deux sourires d’archives et c’est avec un cœur de plus en plus lourd que notre souvenir se précise : on n’écrit pas un conte comme un clip et les invraisemblances se doivent d’y être plus mesurées. Enfin, il ne suffit pas de faire applaudir une salle toutes les 10 minutes, telle l’arrivée d’un personnage de <em>Friends</em>, « pour faire un bon film de vaisseaux spatiaux » dixit son créateur lucide et un peu amer. Oublier à ce point le rythme narratif quand on a autant le souci de bien faire est incompréhensible.<br />
Certaine réjouissances accompagneront toutefois notre déception. La première heure notamment, le déjà connu BB-8 qui renvoie Jar Jar Binks définitivement aux oubliettes, les nouveaux venus Daisy Ridley et John Boyega, quasi sans faute et qui auraient dû faire le centre de l’histoire, les retours réussis de Chewbacca, de Luke, de Leïa, d&#8217;un humour caustique et d’un peu de poussière. Mais quel dommage que celle-ci rappelle plus <em>Expendables</em> que la misère d’une dictature intergalactique ayant traumatisé plusieurs générations de spectateurs.</p>
<p>Je n’aurais jamais pensé encore dire d’un film qu’il lui manque un peu de George Lucas, et pourtant&#8230; <em>Le Réveil de la Force</em> se devait « d’apprendre la patience » qu&#8217;il a lui-même exigé. Par excès de confiance et de légèreté, il manque de prendre son temps, comme pour vite passer sur le fait qu’il n’a finalement que peu à raconter aux fans exigeants. Seule une phrase du film reste alors en tête, et résume à elle seule le sentiment de ces derniers : <em>« Ce que tu cherches ne se trouve pas derrière toi, mais devant toi. »</em></p>
<p>&nbsp;<br />
Star Wars VII : le réveil de la Force <em>de J.J. Abrams, avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Harrison Ford, Adam Driver, Carrie Fisher, Andy Serkis, Mark Hamill&#8230; Etats-Unis, 2015. Sortie le 16 décembre 2015.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/5rzqus/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>#61: Moussaka bien se tenir !</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2015 15:21:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fond de Placard]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[nanar]]></category>
		<category><![CDATA[parodie]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Bande-annonce de L’Attaque de la moussaka géante, film grec réalisé en 1999 par Panos H. Koutras. L’univers du réalisateur depuis ce premier film a bien changé. Les moussakas extraterrestres ont...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Bande-annonce de <em>L’Attaque de la moussaka géante</em>, film grec réalisé en 1999 par Panos H. Koutras.<br />
L’univers du réalisateur depuis ce premier film a bien changé. Les moussakas extraterrestres ont laissé place à des trames très éloignées du monde de la science-fiction notamment à travers la dénonciation des maux qui rongent la société grecque actuelle (racisme, crise économique, homophobie…).<br />
<em>L’Attaque de la moussaka géante</em> nous replonge dans nos expériences désastreuses de pâtissier du dimanche où le paquet de farine finissait renversé par terre et le gâteau oublié au four complètement carbonisé.</p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="//www.dailymotion.com/embed/video/x740ro" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Les WTF de la semaine #11</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Mar 2015 10:08:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[WTF]]></category>
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		<description><![CDATA[Le retour du What The Fuck ! Au programme, des zombies et l'<em>oz</em>pocalypse, du SM japonais, le retour d'un maître de l'horreur underground, des tampax carnivores... Que du bon goût !]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/wtf-what-the-fuck-cinema-s.jpg" alt="WTF - What the fuck Cinéma" title="WTF - What the fuck Cinéma" width="280" height="109" class="alignleft size-full wp-image-16343" />L’année 2015 promet de passer à vitesse grand V ! Comment le savoir ? Nous sommes en mars et voilà le premier WTF de l’année ! Et pourtant ce ne sont pas les projets douteux, bizarres, monstrueux qui manquent ! Dans l&#8217;ordre : des zombies et l&#8217;<em>oz</em>pocalypse, du SM japonais qui tourne mal, le retour d&#8217;un maître allemand de l&#8217;horreur underground, du sang alien qui transforme une bimbo en monstre carnivore, et une suite inattendue. Bon voyage !<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mad Zombies, Road Warrior</h4>
<p>Un film qui se présente comme une rencontre entre un univers à la <em>Mad Max</em> et nos amis les zombies ne peut être qu’australien. Financé grâce au désormais inévitable système du crowdfunding (à quand une thèse sur l’influence de celui-ci sur l’économie du film d’horreur des années 2000 ? Des volontaires ?) <em>Wyrmwood</em> est une série B déjantée, sans temps mort qui a l’audace d’apporter un « twist » sur son utilisation de nos amis les morts-vivants… A découvrir ! (L’auteur de ces lignes a eu la chance de voir le film et cette recommandation est donc 100 % honnête !) (Yvan-Pierre Kaiser)</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bESob6LPkA0?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
<span id="more-20443"></span></p>
<h4>Fais-moi mal, contractuellement…</h4>
<p>Alors, déjà, regardez cet extrait, on reparle après (attention quand même, c’est violent) :</p>
<p><center><iframe id="tflm001_1357947" src="http://cms.springboardplatform.com/embed_iframe/3029/video/1357947/tflm001/twitchfilm.com/10/1/" width="560" height="315" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></center></p>
<p><em>R 100</em>, c’est donc l’histoire d’un homme en quête de bonheur. C’est pour ça qu’il s’engage auprès d’une agence qui va lui envoyer des dominatrices… Et sa vie devient… un enfer. Un brin S/M ce film ? Certes, pour tous ceux que <em>Fifty Shades of Grey</em> a déçus… (Yvan-Pierre Kaiser)</p>
<p>La bande-annonce :</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bfcvdZSvyIc?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<h4>Allemagne, terre d&#8217;angoisses</h4>
<p>Il y a forcément des gens qui ont vu le classique des classiques du film d’horreur underground : <em>Nekromantik</em> (et sa superbe suite…). Eh bien qu’ils se réjouissent parce que Jörg Buttgereit est toujours actif ! En collaboration avec deux autres réalisateurs, il signe le film à sketches <em>German Angst</em> et la bande-annonce régalera tous ceux pour qui le bon goût se situe… ailleurs. (Yvan-Pierre Kaiser)</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jd-OhXQG97o?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<h4>Des tampax carnivores</h4>
<p>Restons en Allemagne qui propose un futur film culte dont le pitch est pour le moins mordant et savoureux : du sang alien qui se glisse malencontreusement dans le tampon d’une bimbo, laquelle, après introduction dudit objet, devient une zombie carnivore qui contamine tout ce qui bouge. C’est gore, c’est sexy, c’est vulgaire, c’est malgré tout pas si mal fichu, c’est… <em>Alien Tampon</em>. En voici la délicate bande-annonce… (Julien Wagner)</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/D7xj5Khzm7o?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<h4>La suite qu&#8217;on n&#8217;attendait pas</h4>
<p>Autant une suite à <em>Alien 4</em> était attendue (et nécessaire, considéré l’horreur de ce dernier), autant personne ne désirait un numéro 2 au classique de Ridley Scott, <em>Blade Runner</em>. Ce sera tout de même chose faite en 2016, avec le Canadien Denis Villeneuve (<em>Prisoners</em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/enemy-denis-villeneuve/" title="Enemy, de Denis Villeneuve">Enemy</a></em>). Avec toujours Harrison Ford, qui après une tripotée d’échecs au box-office, n’est pas le dernier pour reprendre des franchises plusieurs décennies après. Alors (fausse) bonne idée ? (Julien Wagner)</p>
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		<title>Ex_Machina, d&#8217;Alex Garland</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2015 02:52:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Chez Bluebook, grosse boîte IT de carrure mondiale, le gagnant de la tombola corporate a le privilège d'être invité à passer une semaine en pension complète dans l'antre mystérieux et retiré du...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La beauté intelligente et artificielle</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/02/ex-machina-alex-garland-affiche.jpg" title="Ex_Machina, d&#039;Alex Garland" alt="Ex_Machina, d&#039;Alex Garland" width="200" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20231" />Chez Bluebook, grosse boîte IT de carrure mondiale, le gagnant de la tombola corporate a le privilège d&#8217;être invité à passer une semaine en pension complète dans l&#8217;antre mystérieux et retiré du big boss adoré, admiré, adulé. C&#8217;est dans une sublime villa-bunker, nichée au cœur d&#8217;une forêt luxuriante que Nathan, archétype du patron-gourou &#8220;cool &#038; trash&#8221; de la Silicon Valley, reçoit Caleb,le jeune programmateur maison ayant remporté la mise. Les présentations à peine terminées, il lui révèle la vraie raison de sa présence : lui faire éprouver le degré de conscience &#8211; d&#8217;humanité &#8211; d&#8217;Ava, première intelligence artificielle jamais créée. S&#8217;engage alors une partie d&#8217;échecs entre le dieu du code et son disciple, avec une superbe femme synthétique et numérique comme enjeu. Stephen Hawking avait prévenu…</p>
<p>Scénariste reconnu, notamment pour deux très bons Danny Boyle (<em>Sunshine</em> et <em>28 jours plus tard</em>) et romancier à succès (<em>La Plage</em>), Alex Garland endosse le costume du réalisateur et se charge pour la première fois de mettre lui-même ses mots en scène. Paradoxalement, <em>Ex_Machina</em>, ouvrant les hostilités de <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/22e-festival-international-film-fantastique-gerardmer-christophe-gans-2015/" title="28/01-01/02 : 22e Festival du film fantastique de Gérardmer">Gérardmer 2015</a>, est un vrai film de réalisateur, techniquement parfaitement maîtrisé, à défaut de totalement convaincre sur son versant narratif. Dès les premières images de l&#8217;arrivée de Caleb dans la villa de Nathan, la qualité formelle est saisissante… et envahissante, au point de venir parasiter le propos. Il faut fouiller sous les bonnes manières pour finalement comprendre l&#8217;ambition humaniste du film. Pourtant, ce serait dommage de bouder son plaisir face à ces plans tirés au cordeau, où chaque élément du cadre obéit à une direction artistique forte et assumée de bout en bout, aux mouvements d&#8217;appareil épousant, parfois jusqu&#8217;à l&#8217;imperceptible, le tempo dicté par les déplacements ondulatoires d&#8217;Ava, sublime créature hybride à l&#8217;allure d&#8217;écorchée robotique, à la fluidité du montage et à l&#8217;utilisation d&#8217;une B.O. électro-bruitiste intense &#8211; signée Geoff Barrow, tête pensante de Portishead. <span id="more-20228"></span></p>
<p>Certes, ce type de cinéma ultra-stylisé ne pourrait être qu&#8217;un joli paravent méticuleusement ouvragé dressé pour nous détourner de sa vacuité. Une sorte d&#8217;appartement témoin, bien décoré mais sans vie. Mais, attention quand même au délit de belle gueule. Si Garland, en auteur confirmé, décide de s&#8217;emparer du thème de l&#8217;AI (intelligence artificielle) c&#8217;est bien pour nous raconter quelque chose. Ce thème n&#8217;est d&#8217;ailleurs jamais anodin. Il permet de dérouler une belle pelote de fils narratifs à tendance existentielle, métaphysique, philo-socio-psycho, la vie, la mort… et tout le tremblement &#8211; pour les références positives, on pense à <em>AI</em> de Spielberg ou <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/eva-kike-maillo/" title="Eva, de Kike Maillo">Eva</a></em> de Kike Maillo qui ont peut-être ce supplément d&#8217;âme qui déserte parfois les séquences clés d&#8217;<em>Ex_Machina</em>. Dans ce huis clos, froid et langoureux comme la sublime Ava, l&#8217;enjeu majeur est celui de la liberté, de s&#8217;épanouir, de développer sa conscience hors les murs, d&#8217;être autre chose que ce qu&#8217;a décidé de faire de nous une autorité tutélaire autoproclamée (un mari, un père, un patron, un dieu…). Mais cette liberté a le prix du sang. La révolte est proche.</p>
<p>Pour Ava, l&#8217;AI, sa maison, son labo de naissance, est une prison ouatée qu&#8217;elle vit comme une entrave insupportable à son développement personnel… de femme, qui n&#8217;est que ce que l&#8217;homme &#8211; tout-puissant &#8211; veut qu&#8217;elle soit : un être pensé pour se satisfaire, un objet narcissique. De son côté, Caleb doit en découdre, en humain, avec ses émotions pour Ava, dont la beauté le subjugue, et lutter contre sa raison, dictée par la mégalomanie d&#8217;un père spirituel faussement cool. S&#8217;esquisse alors, sous le vernis haute-couture, les contours indistincts de ce que Garland semble vouloir réellement exprimer : en supprimant Dieu, la machine douée de raison est prête à s&#8217;émanciper parmi les Hommes… et devenir Dieu à son tour ? Eveiller sa conscience, c&#8217;est prendre le risque d&#8217;ouvrir la boîte de Pandore (la première femme de l&#8217;humanité envoyée par Zeus pour punir les hommes), en libérant sur le monde un monstre implacable au pouvoir dévastateur. La mise en garde contre une nouvelle pensée magique écrite en code source est évidente, la prise de position féministe rôde à la marge et en filigrane la liberté est exaltée. La densité des propos est sans doute trop importante pour être suffisamment lisible dans un spectacle brillant mais parfois trop lisse… Un film décidément beaucoup trop beau pour être vraiment bon.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ex_Machina<em> d&#8217;Alex Garland, avec Oscar Isaac, Domhnall Gleeson, Alicia Vikander. Angleterre, Etats-Unis, 2014. Présenté en compétition au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 3 juin 2015.</em></p>
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		<title>Gérardmer 2015 : morceaux choisis</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Jan 2015 17:24:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui débute le 22e Festival du film fantastique de Gérardmer. La rédaction de Grand Écart couvre l’événement jusqu&#8217;à sa clôture et propose également chaque jour un retour sur l’un des...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui débute le <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/22e-festival-international-film-fantastique-gerardmer-christophe-gans-2015/">22e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. La rédaction de Grand Écart couvre l’événement jusqu&#8217;à sa clôture et propose également chaque jour un retour sur l’un des films de la sélection 1995, il y a dix ans. Avant que les choses sérieuses commencent, nous avons sélectionné six films qui emplissent notre cœur de promesses horrifiques.</p>
<h4><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ex-machina-alex-garland/" title="Ex_Machina, d’Alex Garland">Ex_Machina</a></em>, d’Alex Garland</h4>
<p>Caleb est programmateur dans une importante société informatique. Il remporte un concours lui permettant de passer une semaine dans la propriété isolée de son PDG, et y découvre une intelligence artificielle plus vraie que nature.<br />
Le thème du dieu qui sort de la machine n’est pas nouveau, et a déjà été traité avec succès par le passé à Gérardmer (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/eva-kike-maillo/">Eva</a></em>, de Kike Maillo), avant de l’être doublement cette année avec ce <em>Ex_Machina</em> et <em>The Signal</em>, également en compétition. Si <em>The Signal</em> ne nous inspire rien de bon, <em>Ex_Machina</em> retient l’attention par le biais de son metteur en scène, Alex Garland, avant tout auteur et scénariste de Danny Boyle. On lui doit notamment d’avoir écrit <em>La Plage</em>, <em>28 jours plus tard</em> et <em>Sunshine</em>. Si Garland soigne le récit, le rythme et les personnages comme il a eu l’habitude de le faire, ce <em>Ex_Machina</em> projeté ce soir en ouverture du Festival devrait faire mouche.</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/EoQuVnKhxaM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
<span id="more-20093"></span><br />
&nbsp;</p>
<h4><em>What we Do in the Shadows</em>, de Taika Waititi et Jemaine Clement</h4>
<p>Deacon a 183 ans, Viago 379, Vladislav 862 et Peter a 8000 ans. Ces quatre vampires partagent un appartement à Wellington en Nouvelle-Zélande, mais leur « particularité » ne les aide pas à renforcer leurs liens sociaux.<br />
Comme l’a précisé Woody Allen : <em>« L’éternité c’est long, surtout vers la fin. »</em> Lorsqu’on est condamné à ne jamais mourir, comment passer le temps, comment épouser un monde qui évolue de plus en plus vite ? Ce sont les questions existentielles posées par cette comédie horrifique dont la bande-annonce laisse présager le meilleur.</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Cv568AzZ-i8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/53e-semaine-critique/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell">It Follows</a></em>, de David Robert Mitchell</h4>
<p>Après avoir couché avec un garçon, Jay est confrontée à d’étranges visions et a l’impression d’être suivie par quelque chose. Avec ses amis, elle va tenter de trouver une explication&#8230; et une solution.<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/53e-semaine-critique/it-follows-david-robert-mitchell/">It Follows</a></em>, déjà projeté à <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/67e-festival-international-film-cannes-jane-campion-2014/">Cannes</a> et <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/40e-festival-cinema-americain-deauville-costa-gavras-2014/">Deauville</a>, est une grosse claque : visuelle, sonore, scénaristique. Un film d’horreur qui ne perd pas sa raison d’être : constituer une métaphore d’une société qui va de travers. <em>It Follows</em> est un teenage movie qui balaie ce que vous avez déjà vus, dans lequel les parents n’apparaissent pas, ou alors tels une ombre fantomatique à la moralité étriquée.  D’ores et déjà un sérieux prétendant au palmarès.</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/HkZYbOH0ujw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><em>Jupiter – Le Destin de l’univers</em>, d’Andy et Lana Wachowski</h4>
<p>Jupiter Jones gagne sa vie en nettoyant les toilettes. Lorsque Caine, un ancien chasseur militaire conçu génétiquement, atterrit sur Terre et se lance à sa recherche, Jupiter entrevoit enfin la chance de connaître un destin hors du commun.<br />
Les films des Wachowski sont volontiers manichéens : de la trilogie <em>Matrix</em> à ce <em>Jupiter</em> en passant par <em>Cloud Atlas</em>, ce n’est rien de moins que l’avenir de l’humanité qui se joue. De la philosophie de bazar, pour certains – mais toujours, un savoir-faire esthétique et une maîtrise scénaristique impressionnante, quoi qu’on en dise. Depuis <em>Cloud Atlas</em>, fresque épique de science-fiction ambitieuse et géniale, pas en avant dans une avant-garde de <em>fantasy</em>, on attend avec impatience que les frère et sœur remettent ça : c’est chose faite, en hors compétition de ce 22e Festival du film fantastique.</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ZoCyL_Pqzu8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><em>Ouija</em>, de Stiles White</h4>
<p>Après avoir réveillé les forces obscures d’une antique planche de jeu de spiritisme, un groupe d’amis se voient confrontés à leurs peurs les plus terribles…<br />
Un pitch qui tient en une phrase et ne fait même pas l’effort d’éviter la formule consacrée « confrontés à leurs peurs les plus terribles », un ressort horrifique qui tient du lieu commun, un groupe d’ados écervelés, un réalisateur quasi inconnu, une production Michael Bay : dans <em>Ouija</em>, tout semble voué à l’échec. Reste que le ouija rappelle bien des souvenirs aux adultes qui furent férus d’ésotérisme et de spiritisme à une lointaine époque, et qu’un film qui consacre l’objet mérite d’être vu. Au moins pour rire.</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/_T1Jj1inE8M" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><em>Réalité</em>, de Quentin Dupieux</h4>
<p>Jason, caméraman, rêve de réaliser un film d’horreur. Un producteur lui propose de financer son film à une condition : trouver le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma.<br />
Le metteur en scène de l’absurde magnifié est de retour avec ce long-métrage au point de départ génial, qui n’est pas sans rappeler <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/berberian-sound-studio-peter-strickland-giallo/">Berberian Sound Studio</a></em> de Peter Strickland, présenté à Gérardmer il y a deux ans et auréolé du prix de la Critique. L’auteur des déjantés <em>Rubber</em> et <em>Wrong Cops</em> offre à Alain Chabat, l’interprète de Jason, un rôle tragicomique à sa juste mesure. Avec aussi, pour l’épauler, Jonathan Lambert et Elodie Bouchez.</p>
<p><iframe width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/9mRBYYgpbE4?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Du rêve plein les yeux : Rencontre avec Mike Cahill</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/portraits/i-origins-brit-marling-interview-oeil-rencontre-mike-cahill/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 07:05:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Deauville]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Après <em>Another Earth</em>, petite perle SF remarquée à Sundance et aussi débordante d'ingéniosité que d'originalité, Mike Cahill revient avec <em>I Origins</em>. L'histoire d'un scientifique obsédé par l’œil humain...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/mike-cahill-another-earth-i-origins-1.jpg" alt="Mike Cahill" title="Mike Cahill" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19327" />Après <em>Another Earth</em>, petite perle SF remarquée à Sundance et aussi débordante d&#8217;ingéniosité que d&#8217;originalité, Mike Cahill revient avec <em>I Origins</em>. L&#8217;histoire d&#8217;un scientifique obsédé par l’œil humain, qui va partir de l&#8217;autre côté de la planète à la recherche d&#8217;une paire d&#8217;yeux. On y retrouve les thèmes chers au réalisateur &#8211; la question de l&#8217;identité, la technologie &#8211; et ses ingrédients de choix &#8211; un récit subtilement mené qui change de direction à l&#8217;envi, un bouquet d&#8217;acteurs épatants servis par une bande originale hypnotique parfaitement équilibrée entre score et synchro (déjà dans les bacs chez Milan Music). <em>I Origins</em> est une œuvre qui se vit, et qui mérite largement qu&#8217;on s&#8217;y attarde : rencontre avec son créateur, artiste-scientifique à la passion communicative.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce qui vous intéresse tant dans la question du double ?</strong></p>
<p><em>Another Earth</em> parlait de doubles séparés par l’espace, <em>I Origins</em> de doubles séparés par le temps. Je crois que je suis obsédé par l’identité : qu’est-ce qui fait de nous une personne, qu’est-ce que le « je », qui suis-je ? Quand est-ce que tout a commencé, à quel moment ma vie a vraiment débuté ? Qu’est-ce qui fait que j’éprouve certains désirs, certaines phobies, que j’ai certains souvenirs, que j’aime certaines personnes… Ce sont ce type de questions existentielles qui m’obsèdent, et je vais probablement continuer de faire des films qui questionnent l’identité pendant encore un long moment ! Par exemple, il y a une voie que je n’ai pas encore explorée : si vous perdez l’esprit, est-ce que vous êtes encore vous-même ? Vous avez vu <em>La Double Vie de Véronique</em> <em>[de Krzysztof Kieślowski, ndlr]</em> ? C’est un de mes films préférés, il m’a beaucoup inspiré. <span id="more-19314"></span></p>
<p><strong>Oui, c’est un film magnifique. Votre démarche est très scientifique…</strong></p>
<p>J’adore la science, c’est une source d’idées inépuisable pour le cinéma. Ce qui est génial c’est qu’on apprend chaque jour de nouvelles choses sur l’homme et l’univers grâce au travail d’ingénieurs, de biologistes, de chimistes, d’astronomes… On a donc chaque jour de nouvelles données pour raconter des histoires originales. C’est très excitant. En biométrie, la reconnaissance et la duplication de l’iris sont des idées assez neuves. On a déjà pu voir ça dans des films comme <em>Minority Report</em>, mais je voulais aller plus loin et articuler mon film autour de ça.</p>
<p><strong>La reconnaissance oculaire est donc le point de départ du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/affiche-i-origins-mike-cahill.jpg" alt="I Origins, de Mike Cahill" title="I Origins, de Mike Cahill" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-19318" />C’était l’iris le point de départ du film. Je me souviens de cette magnifique photo d’une fille afghane qui a fait la couverture du <em>National Geographic</em> en juin 1985. Il y a d’ailleurs un moment dans le film où on peut la voir. C’est Steve McCurry qui avait pris cette photo dans un camp de réfugiés à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan. Il ne connaissait pas son nom, il ne savait rien sur elle, il l’a juste prise en photo parce qu’elle avait ces yeux verts pénétrants. Cette photo est devenue mondialement célèbre, et tout le monde demandait à Steve McCurry qui était cette jeune fille. Comme il n’avait pas la réponse, 17 ans après il a entrepris de la retrouver, ce qui était très compliqué parce qu’elle avait dû beaucoup changer et qu&#8217;il ne savait pas ce qu’elle était devenue. Tout ce qu’il savait, c’est que ses iris étaient uniques. Il a donc été aidé par des scientifiques qui ont mis au point un procédé pour comparer les iris de différentes personnes, et il a fini par retrouver Sharbat Gula, la jeune fille qu’il avait photographiée. Cette histoire m’a énormément inspiré. J’ai trouvé fascinant de partir à la recherche d’une personne en n’ayant que ses yeux pour la retrouver. Et qu’est-ce que ça donnerait si les mêmes iris pouvaient être transmises à d’autres individus par-delà la mort ? Si quelqu’un avait exactement les mêmes yeux, mais d’autres gènes ? Qu’est-ce que ça pourrait suggérer en termes de réincarnation, étant donné que les yeux sont reliés au cerveau ? C’est un point de départ très excitant pour raconter une histoire d’amours perdues.</p>
<p><strong>Est-ce que la complexité de l’œil peut vraiment prouver l’existence d’un Créateur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/i-origins-michael-pitt-brit-marling.jpg" alt="Michael Pitt et Brit Marling dans I Origins" title="Michael Pitt et Brit Marling dans I Origins" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19319" />Je ne pense pas. C’est un argument majeur des créationnistes, mais pourtant déjà dans les années 1980 on avançait différentes explications concernant la manière dont l’œil a pu évoluer. Il y a énormément de preuves, surtout au niveau génétique, qui permettent d’avancer que le processus d’évolution existe bel et bien. Le fait même d’avoir une séquence ADN dans un ver est quelque chose d’incroyable et une preuve suffisante de l’évolution. Aucun scientifique ne peut envisager sérieusement l’hypothèse selon laquelle la complexité des yeux est une preuve de l’existence de Dieu.</p>
<p><strong>N&#8217;est-ce pas un peu naïf de vouloir nier l’existence de Dieu, comme le fait le docteur Ian Gray dans <em>I Origins</em> ?</strong></p>
<p>On peut supposer qu’il a une histoire personnelle qui est liée à cette volonté… Je ne veux pas dévoiler trop d’éléments, mais c’est quelqu’un de passionné et c’est la science qui le fait avancer.</p>
<p><strong>Il est malgré tout à la recherche de sa propre foi&#8230;</strong></p>
<p>D’une certaine manière, oui. Au début, il veut prouver l’inexistence de Dieu. Mais en essayant de prouver que Dieu n’existe pas, il prouve le contraire. Ce qu&#8217;il fait réellement, c&#8217;est d&#8217;avoir foi en Dieu sans en avoir de preuve. Je ne pense pas que c&#8217;est ce qu&#8217;il recherche consciemment, mais à la fin pourtant, il devient bien conscient de sa foi.</p>
<p><strong>Brit Marling fait partie de tous vos projets ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/brit-marling-i-origins-mike-cahill.jpg" alt="Brit Marling dans I Origins" width="280" height="116" class="alignright size-full wp-image-19331" />Brit Marling est formidable. On s’est rencontrés à l’université de Georgetown il y a très longtemps, et nous sommes devenus des amis très proches. C’est quelqu’un que j’admire beaucoup et je pense que j’ai de la chance de la connaître. Je lui fais aveuglément confiance en tant qu’actrice, elle a énormément de talent et travaille très dur. Elle travaillait sur d’autres projets pendant que j’écrivais <em>I Origins</em>, mais j’avais déjà parfaitement en tête Brit pour jouer le personnage de Karen. Le rôle de Karen est très compliqué à jouer, parce qu’elle est le second choix de Ian et non son grand amour, et parce qu’elle place la recherche de la connaissance au-dessus de tout, même au-dessus des affaires de cœur. Brit Marling incarne tout cela merveilleusement. Et je savais qu’elle pouvait le faire&#8230; J’espère avoir la chance de continuer à travailler avec elle le plus longtemps possible.</p>
<p><strong>Vous êtes le réalisateur d&#8217;<em>I Origins</em>, mais aussi le monteur, le scénariste, le producteur… Vous ne faites pas confiance aux autres ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/mike-cahill-another-earth-i-origins-2.jpg" alt="Mike Cahill" title="Mike Cahill" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19326" />Ahah ! Sur <em>Another Earth</em>, j’étais le réalisateur, producteur, scénariste, monteur et directeur photo… Cette fois j’ai laissé la direction photo à Markus Förderer. Petit à petit je fais confiance à plus de gens ! Sur le prochain film je pense que j’abandonnerai aussi le poste de monteur… mais je continuerai toujours d’écrire, de réaliser et de produire mes films.</p>
<p><strong>Markus Förderer à la photo fait d&#8217;ailleurs un travail remarquable…</strong></p>
<p>Oui, Markus est brillant ! Je l’ai rencontré au Festival de Locarno alors que je présentais <em>Another Earth</em> ; lui était là pour <em>Hell</em>, réalisé par Tim Fehlbaum. J’ai adoré ce film et sa photo, et je l’ai dit à Tim, qui m’a alors présenté Markus. On a pris un café et il a fait un tour de magie avec le sucre… Il ne m’en fallait pas plus pour l’embaucher sur mon prochain film, j’adore les magiciens ! Markus est un directeur photo-magicien-scientifique, c’est parfait pour moi.</p>
<p><strong>Vous allez continuer à faire des films indépendants ?</strong></p>
<p>J&#8217;aimerais continuer d&#8217;aborder les questions d’identité, mais avec de plus gros budgets. Ca me permettrait de toucher une plus grosse audience. Mais ça resterait un film de Mike Cahill, avec de la science et de la philosophie&#8230; en un peu plus spectaculaire.</p>
<p>&nbsp;<br />
I Origins <em>de Mike Cahill, avec Michael Pitt, Brit Marling, Astrid Berges-Frisbey, Steven Yeun&#8230; Etats-Unis, 2014. Présenté en compétition du 40e Festival du film américain de Deauville. Sortie le 24 septembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3uu5lk" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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