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	<title>Grand Écart &#187; philosophie</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Le panier garni de l&#8217;automne 2017</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Oct 2017 15:25:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour cette rentrée automnale 2017, nous décidons de mettre les petits plats dans les grands. Alors ne la jouons pas petit bras, inutile de mégotter, envoyons du lourd ! Dont acte....]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette rentrée automnale 2017, nous décidons de mettre les petits plats dans les grands. Alors ne la jouons pas petit bras, inutile de mégotter, envoyons du lourd ! Dont acte. C’est juré, promis, craché, les nouveautés des Editions Montparnasse sollicitent les neurones autant qu’elles piquent la curiosité. Au programme de ces réjouissances pour le moins hétéroclite : le coffret des œuvres essentielles de Jean-Bat’ Poquelin, le Paris des cinéastes de la Nouvelle Vague, deux Wajda inédits qui risquent de vous secouer méchamment les tripes, un documentaire bien barré ou le bonheur de retrouver la fantaisie d’Arthur Joffé, un étonnant dessin animé brésilien présenté au Festival d’Annecy (le plus beau des festivaux !) et, pour terminer en beauté, du vagabondage philosophique qui ne vous fera ni mal aux pieds ni à la tête. </p>
<h3>Le coffret « Comédie française ». 5 pièces de Molière</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/michel-duchaussoy-avare-moliere.jpg" alt="Michel Duchaussoy dans L&#039;Avare" title="Michel Duchaussoy dans L&#039;Avare" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26006" /><strong><em>L’Avare</em>. Mise en scène de Jean-Paul Roussillon avec Jacques Eyser dans le rôle d’Anselme, Jean-Paul Roussillon dans le rôle de La Flèche, Michel Aumont dans le rôle d’Harpagon&#8230;</strong></p>
<p>Michel Aumont, en Harpagon grisâtre et nerveux, balaie la scène comme si le percepteur était à ses trousses. Inapte au bonheur, le plus radin des antihéros brasse le vent, pétri de désirs mais résistant à toutes les tentations, surtout celles qui lui en coûteraient. Un sou est un sou. Aumont, c’est l’acteur qui a le verbe haut mais qui, en même temps, sait faire montre d’une extrême douceur. Ces sautes d’humeur nous terrassent ! La mise en scène de Jean-Paul Roussillon épurée à l’extrême n’a jamais été aussi juste, et riche. Du grand art ! <span id="more-25994"></span></p>
<p><strong><em>Tartuffe</em>. Mise en scène de Jacques Charon avec Jacques Charon dans le rôle d’Orgon, Robert Hirsh dans le rôle de Tartuffe, Michel Duchaussoy dans le rôle de Monsieur Loyal…</strong></p>
<p>Tout du long de ce tragique ballet de la comédie humaine où les faux culs élèvent leur hypocrisie au rang de qualité, notre cœur est soulevé jusqu’à la nausée. Attention, tant de bassesse et d’ignominie concentrées sur 2 heures nécessitent un solide traitement contre les aigreurs d’estomac. <em>Tartuffe</em> est peut-être l’œuvre la plus acide de son auteur, la pièce maîtresse, parce qu’elle met frontalement à nu les hommes, qu’elle ne cache rien et dévoile tout. La tartufferie, comme le dit si bien Honoré de Balzac, est le dernier degré des vices sous lequel on couvre ses débordements !<br />
Alors quand la bonhomie d’Orgon se pique sur les traits aquilins de Tartuffe, on jubile. La cruauté est totale, et magnifique. Tartuffe que nous sommes !</p>
<p><strong><em>Le Malade imaginaire</em>. Mise en scène de Jean-Laurent Cochet avec Jacques Charon dans le rôle d’Argan, Jacques Eyser dans le rôle de Diafoirus, Georges Descrières dans le rôle de Purgon&#8230;</strong></p>
<p>Professeur et pédagogue (les deux ne vont pas forcément de pair !), grand comédien, le metteur en scène Jean-Laurent Cochet est l’homme qui a rendu la parole à Gérard Depardieu. Rien que ça ! Alors forcément, son malade imaginaire a la langue bien pendue, voire chargée comme un âne du Poitou. Le résultat est d’une folle gaîté ! En Argan, Jacques Charon envoie du bois, comme disent les plus rebelles des abonnés du Français. Les reparties fusent à la vitesse de la lumière à tel point qu’il est préférable, même devant sa télé, de porter un masque pour se protéger des postillons. Signalons par la même occasion qu’il est très appréciable de profiter du théâtre filmé sans s’envoyer au préalable une boite d’Aspegic 500. </p>
<p><strong><em>Les Femmes savantes</em>. Mise en scène de Jean-Paul Roussillon avec François Chaumette dans le rôle d’Ariste, Dominique Constanza dans le rôle d’Henriette, Simon Eine dans le rôle de Clitandre&#8230;</strong></p>
<p>L’une des plus truculentes pièces de JB Poquelin nous révèle avec force et intensité que si le ridicule ne tue pas, il ne rend pas plus fort ni plus intelligent ! <em>Les Femmes savantes</em> rassemble une cohorte de glandus aussi bavards que pénibles. Les écouter se chicaner sur des broutilles est un enchantement pour les oreilles ! </p>
<p><strong><em>Le Misanthrope</em>. Mise en scène de Jean-Paul Carrère avec Georges Descrières dans le rôle d’Alceste, Bernard Dhéran dans le rôle d’Oronte&#8230;</strong></p>
<p><em>Le Misanthrope</em> célèbre la complexité humaine dans toute sa splendeur quand la haine et l’amour se mêlent de telle façon qu’on ne peut plus rien discerner. Sans doute l’œuvre de Molière la plus moderne. La misanthropie n’est pas une maladie imaginaire. </p>
<h3>Hommage à la Nouvelle Vague</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/affiche-paris-vu-par.jpg" alt="Paris vu par..." title="Paris vu par..." width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25998" /><em>Paris vu par&#8230;</em> réalisé par Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol.</p>
<p>1965. Jeune producteur et déjà chef d’orchestre, Barbet Schroeder dirige les cinéastes de la Nouvelle Vague pour une immersion dans un Paris en pleine mutation économique et sociale. Chaque quartier qui possède son ambiance devient le théâtre d’une tranche de vie parfois heureuse ou parfois malheureuse. Ma préférence va aux courts d’Eric Rohmer et de Claude Chabrol. Parce que les deux artistes se placent très adroitement à la lisière du fantastique et que l’on peut déjà y reconnaître leur petite musique et leur langage cinématographique. <em>Paris vu par&#8230;</em> reste un exercice de style réjouissant. </p>
<h3>Deux films d’Andrzej Wajda</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/docteur-korczak-wajda.jpg" alt="Docteur Korczak, d&#039;Andrzej Wajda" title="Docteur Korczak, d&#039;Andrzej Wajda" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25999" /><strong><em>Korczak</em> avec Wojciech Pszoniak, Ewa Dalkowska, Teresa Budzisz-Krzyzanowska, Marzena Trybala, Piotr Kozlowski&#8230;</strong></p>
<p>Le docteur Korczak a passé ses trois dernières années en tant que médecin juif polonais de 1939 à 1942, dans le ghetto de Varsovie. Il décrit avec réalisme la vie qui y règne. Le scénario du film est directement inspiré de son <em>Journal du ghetto</em>.<br />
Je n’irai pas par quatre chemins pour déclarer à la face du monde que Korczak est un chef-d’œuvre. Pas seulement parce qu’il raconte une histoire vraie et tragique mais tout simplement parce qu’il sonne juste à chaque seconde. Je ne connaissais pas le film avant d’en faire la promotion mais j’en reste encore coi de bonheur. Eh oui, il y a du bon parfois à être aussi ignorant ! Pendant les deux heures que dure le film, nous apprenons à connaître un Juste et nous apprenons à lui dire adieu. A travers le docteur et ces orphelins, Andrzej Wajda raconte sans voyeurisme la résistance dans le ghetto. Avant Steven Spielberg et Roman Polanski, Wajda embrassait l’horreur totale et l’amour absolu.</p>
<p><strong><em>L’Anneau de crin</em> avec Rafal Królikowski, Adrianna Biedrzynska, Cezary Pazura, Jerzy Kamas, Miroslaw Baka&#8230;</strong></p>
<p>Automne 1944, l&#8217;insurrection de Varsovie s&#8217;achève. Après cent jours d&#8217;héroïsme, les soldats de l&#8217;Armée de l&#8217;Intérieur rendent les armes. Marcin, jeune lieutenant, est grièvement blessé. Il est porté par deux jeunes infirmières, Wiska et Jamina. Elles cherchent à se fondre dans la masse de civils qui s&#8217;apprêtent à quitter Varsovie après la capitulation. Les soldats ukrainiens arrivent et l&#8217;un deux s&#8217;éprend de Wiska et l&#8217;ordonne de le suivre&#8230;<br />
<em>L’Anneau de crin</em> est un bel objet cinématographique mais trop insaisissable pour être réellement apprécié à sa juste valeur. L’anneau en question symbolise la promesse du combat pour une société libre et démocratique. Evidemment, en temps de guerre, entre les belles paroles et la réalité du terrain, nous savons tous que les petits intérêts passent avant les grands idéaux. Marcin est un personnage complexe, à la fois résistant, hésitant et pleutre, à tel point que l’on ne sait plus trop si nous devons lui accorder notre confiance. <em>L’Anneau de crin</em> raconte les espoirs déçus et les promesses non tenues. Ce film désenchanté est l’exact opposé des héros sacrifiés de <em>L’Armée des ombres</em>. </p>
<h3>Et comme si ça ne suffisait pas&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/feu-sacre-arthur-joffe.jpg" alt="Le Feu sacré, d&#039;Arthur Joffé" title="Le Feu sacré, d&#039;Arthur Joffé" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26000" /><strong><em>Le Feu sacré</em> réalisé par Arthur Joffé avec Arthur Joffé, Dominique Pinon, Maurice Lamy&#8230;</strong></p>
<p>Un cinéaste pose des scénarios et cède à son désir de filmer à travers un vagabondage cinématographique. Filmer les gens qu&#8217;il aime, les lumières qu&#8217;il aime, ses voyages et ses amours, sont ses inspirations. On y trouve la drôlerie d&#8217;anonymes : une dispute de 2 chauffeurs de taxi new-yorkais à propose d&#8217;une église, une scène digne de Woody Allen. Le tout filmé merveilleusement à travers un sacre de la lumière.<br />
Dans <em>Le Feu sacré</em>, Arthur Joffé nous parle de sa vie de fils de cinéaste (son père Alex Joffé a tourné 6 films avec Bourvil entre 1960 et 1970 dont le merveilleux <em>Fortunat</em> que je vous recommande chaudement) et de sa propre vie de cinéaste entre folie absolue et vaines recherches de fond. Durant 1h30, ses amis, ses acteurs fétiches et sa famille le titillent sur ses défauts et ses qualités et son absence totale de concession, qui lui vaut encore aujourd’hui d’être considéré par la profession comme un drôle d’olibrius (on peut penser qu’il doit bien s’en tamponner le coquillard !). Bref, un gars à qui on ne confierait pas la réalisation du prochain <em>Star Wars</em>. Arthur Joffé est un poète, un auteur perché qui s’applique à offrir des œuvres singulières &#8211; <em>Harem, Alberto Express, Que la lumière soit !, Ne quittez pas !</em> &#8211; qui brassent les genres. <em>Le Feu sacré</em>, bourré d’humour et d’autodérision, nous présente un artiste généreux. Parfois, l’autofiction a du bon !</p>
<p><strong><em>Rio 2096</em> réalisé par Luiz Bolognesi</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/rio-2096-luiz-bolognesi.jpg" alt="Rio 2096, de Luiz Bolognesi" title="Rio 2096, de Luiz Bolognesi" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26002" />Un immortel dévoile les événements historiques qui se sont déroulés au cours de l&#8217;histoire du Brésil : des guerres tribales précoloniales en passant par les révoltes paysannes du XIXe siècle, la résistance à la dictature militaire des années 1960 jusqu&#8217;au futur dystopique de 2096. Renaissant à chaque époque, ce héros lutte sans cesse aux côtés des plus faibles à la recherche d&#8217;un idéal et d&#8217;un amour perdu.<br />
<em>Rio 2096</em> prouve tout simplement que l’animé peut sans complexe brasser les genres, n’hésitant pas par la même occasion à prendre un certain nombre de risques formels (mélange de crayonné et de numérique) et scénaristiques. Si les allers-retours incessants dans le temps peuvent déranger les plus jeunes spectateurs davantage aguerris aux frises chronologiques made in Education nationale, on salue l’ambition de l’auteur à planter son décor principal dans un territoire dystopique jusque-là réservé aux œuvres pointues de la science-fiction classique. Les voyages temporels du héros nous servent à mieux appréhender la très grande du histoire du Brésil. On va, on vient, on comprend, on apprend. Au cours de ces immersions successives, on décèle un réel point de vue critique sur la gestion du pouvoir. <em>Rio 2096</em> est une œuvre politique et sociale engagée, aussi profonde qu’intelligente, militant pour les droits des plus démunis. Très conseillé. </p>
<p><strong><em>La Philo vagabonde</em> réalisé par Yohan Laffort avec Alain Guyard</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/philo-vagabonde-alain-guyard.jpg" alt="La Philo vagabonde" title="La Philo vagabonde" width="220" height="150" class="alignleft size-full wp-image-26001" />Mettre la philosophie dans tous ses états, hors les murs de l&#8217;université et du lycée, loin des intellectuels médiatisés. Plus que démocratiser la philosophie c&#8217;est chercher à la vulgariser, la ramener à sa dimension charnelle, dérangeante, remuante, faisant irruption là où on ne l&#8217;attend pas causant à tous, même aux plus humbles. Surtout à eux. Voilà le combat d&#8217;Alain Guyard lors de ses interventions en France et en Belgique dans des espaces marginalisés où la philosophie rencontrait un nouveau public.<br />
<em>La Philo vagabonde</em> est un récit documenté un peu plus sérieux que La Philo selon Philippe, la série préférée de <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/mc/">MC</a> et <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jnb/">JNB</a>. Trêve de plaisanteries, l’heure est grave. Yohan Laffort et Alain Guyard se sont accoquinés pour rendre au monde un film utile. Utile parce qu’il donne l’envie de se plonger dans les bouquins, parce qu’il incite le spectateur à se bouger la rondelle pour penser autrement qu’un robot devant BFMTV, parce qu’il rend curieux tout simplement. <em>La Philo vagabonde</em> et nous transporte dans un ailleurs où l’on se sent tout d’un coup plus léger.<br />
Le DVD bénéficie d’un formidable livret de 88 pages transportable dans les dîners mondains.</p>
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		<title>Mimosas, d&#8217;Oliver Laxe</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2016 18:43:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 55e Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Oliver Laxe, réalisateur franco-espagnol installé au Maroc, avait déjà fait bruisser la Croisette avec <em>Todos vós sodes Capitáns</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2010, et lauréat du...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nouveau western</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Mimosas.jpg" alt="Mimosas, d&#039;Oliver Laxe" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24054" />Oliver Laxe, réalisateur franco-espagnol installé au Maroc, avait déjà fait bruisser la Croisette avec <em>Todos vós sodes Capitáns</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2010, et lauréat du prix Fipresci. Avec son deuxième long-métrage, <em>Mimosas</em>, cette fois-ci à la Semaine de la critique, le cinéaste se fait mystique. Dans le Haut Atlas marocain, une caravane accompagne un cheikh vers son village pour mourir auprès des siens. L’homme ne peut aller au bout du voyage, et c’est sa dépouille qu’une partie de la caravane promet de convoyer à destination. Un homme, guidé par sa foi, se donne pour mission de les y aider. La caravane, pressée par le temps, doit traverser les montagnes, s’y perd, fait de mauvaises rencontres. Dans des paysages sublimes, le trajet prend les allures d’un western à la Sergio Leone, dans lequel les hommes de foi prennent la place des chasseurs de primes. Dans l’immensité d&#8217;un désert aride, à flanc de montagne, à la lumière du soleil couchant, dans les canyons hostiles, l’homme est bien peu de chose. Oliver Laxe se fait aussi mystérieux que la foi elle-même, explique peu, embrouille à dessein. Tant pis, ou tant mieux. On accepte de se perdre avec lui, avec eux. De se laisser porter, transporter, par la beauté des images, par une spiritualité qu’on ne maîtrise pas, mais dont on ressent la force.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mimosas<em> d’Oliver Laxe, avec Ahmed Hammoud, Shakib Ben Omar, Saïd Aagli… Espagne, Maroc, France, Qatar, 2016. Grand Prix Nespresso de la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>A table avec Naomi Kawase et Kore-eda Hirokazu</title>
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		<pubDate>Thu, 14 May 2015 21:50:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Compétition du 68e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Un Certain Regard 2015]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
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		<category><![CDATA[Naomi Kawase]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Projetés le même jour au Palais de ce 68e Festival de Cannes, An de Naomi Kawase et Notre petite sœur de Kore-eda Hirokazu. Deux films qui donnent du sens à la gastronomie...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Bon appétit</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/umimachi-diary-notre-petite-soeur-kore-eda-hirokazu.jpg" alt="Notre petite soeur, de Kore-eda Hirokazu" title="Notre petite soeur, de Kore-eda Hirokazu" width="280" height="150" class="alignleft size-full wp-image-21350" /><strong>Projetés le même jour au Palais de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/68e-festival-international-film-cannes-cinema-joel-ethan-coen-2015/" title="13/05-24/05 : Festival de Cannes 2015">68e Festival de Cannes</a>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/an-naomi-kawase/" title="An, de Naomi Kawase">An</a></em> de Naomi Kawase et <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/notre-petite-soeur-umimachi-diary-kore-eda-hirozaku/" title="Notre petite sœur, de Kore-eda Hirozaku">Notre petite sœur</a></em> de Kore-eda Hirokazu. Deux films qui donnent du sens à la gastronomie.</strong></p>
<p>Les deux cinéastes japonais ont souvent monté les célèbres marches du Festival de Cannes. En 2013, Kore-eda dévoilait <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/tel-pere-fils-hirokazu-kore-eda/" title="Tel père, tel fils, de Kore-eda Hirokazu">Tel père, tel fils</a></em>, l’histoire d’un échange de bébés à la maternité. L’année dernière, en 2014, Naomi Kawase y livrait l’un de ses plus beaux films, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/futatsume-no-mado-still-the-water-naomi-kawase/" title="Still the Water, de Naomi Kawase">Still the Water</a></em>. Tantôt heureux au palmarès (le Prix du jury pour <em>Tel père, tel fils</em>), tantôt moins (<em>Still the Water</em> oublié du jury), ces deux-là constituent pour l’Occident de fiers représentants du cinéma nippon. Pourquoi <em>Notre petite sœur</em> de Kore-eda Hirokazu est projeté en compétition, en lice pour la Palme d’or, et <em>An</em>, de Naomi Kawase, « relégué » à la section Un Certain Regard, nul ne peut le savoir. Ce qui est sûr, c’est qu’alors que leurs précédents films ne partageaient que lointainement des sujets, ceux-là ont de nombreuses choses en commun – et même une actrice merveilleuse, Kirin Kiki.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/masatoshi-nagase-an-naomi-kawase-b.jpg" alt="An, de Naomi Kawase" title="An, de Naomi Kawase" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-21358" />Il y a différentes façons d’appréhender une culture. Pour embrasser une société – et ses membres –, on peut passer par l’art, par l’économie. Par le sport. Ce qui est plus rare, c’est les pas de côté : au Japon par exemple, la gastronomie, tout à la fois art et artisanat, lien social et rite. <em>Notre petite sœur</em> n’est pas à proprement parler un film qui parle de la nourriture, mais, en bon cinéaste biberonné par les œuvres de Yasujiro Ozu, Kore-eda aime les séquences autour d’un bon repas, qu’il distille aux moments opportuns. Là où des cinéastes d’action mettraient une scène de course-poursuite pour faire avancer l’intrigue, Kore-eda place un déjeuner. C’est au cours du repas – ou en le préparant – que les quatre sœurs du film, abandonnées de parents tantôt morts, tantôt démissionnaires, vont parler de leur famille, de leurs attentes, de leurs craintes. La nourriture, alcool y compris, permet de se remémorer les bons souvenirs comme les mauvais, de grandir et de progresser. <span id="more-21349"></span></p>
<p><em>An</em> donne aussi à la gastronomie une place prépondérante. C’est l’histoire de Sentaro, gérant d’une boutique de dorayakis, ces délicieuses pâtisseries japonaises fourrées à la pâte de haricots rouges (« an »). Un jour une vieille femme, Tokue (la comédienne Kirin Kiki, par ailleurs actrice fétiche de Kore-eda), lui propose de l’aider et lui apporte une pâte qu’elle a préparée elle-même. Sentaro refuse d’abord, avant de goûter ladite pâte, délicieuse. Ensemble, ils vont redonner vie à la boutique.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/an-kirin-kiki-naomi-kawase.jpg" alt="Kirin Kiki dans An, de Naomi Kawase" title="Kirin Kiki dans An, de Naomi Kawase" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-21361" />Derrière ce sujet a priori léger se cache un film à l’infinie intensité. Comme dans <em>Notre petite sœur</em>, préparation et dégustation de mets constituent des moments clés du film. A cela près qu’à travers cette petite faiblesse nippone, Naomi Kawase livre une œuvre pleine de grâce et merveilleuse, d’une justesse incroyable. Les dorayakis du sujet sont un prétexte à une progression constante de l’intrigue, qui dépasse largement le cadre professionnel d’une boutique. Sentaro et Tokue, deux laissés-pour-compte à leur façon, vont apprendre chacun l’un de l’autre. L’un reprendra goût à la vie ; l’autre se frottera de nouveau à un monde qui l’a violemment exclue, et transmettra son savoir-faire. </p>
<p>Un savoir-faire qui englobe la préparation de la pâte de haricots rouges, mais qui s’étend bien au-delà. Entre Tokue et Sentaro, c’est le choc des générations. Si le Japon reste encore pour nous Occidentaux, une nation mystérieuse, quoique souvent réduite soit au bouddhisme zen, soit aux perversions sexuelles, elle est pour les Japonais un pays dont la face change radicalement et à toute allure. Ce que fait Naomi Kawase, c’est exprimer les croyances animistes et chamaniques qui sont au cœur de l’existence. Tokue ne se contente pas de cuisiner des haricots, elle les remercie pour le bien-être prochainement procuré, elle les invite « à faire connaissance avec le sucre », elle les écoute et les ressent.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/dorayaki-azuki-an-naomi-kawase.jpg" alt="Des dorayakis !" title="Des dorayakis !" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-21362" />En japonais, on ne dit pas « bon appétit » mais « itadakimasu ». La formule peut être traduite par « je reçois ». Elle n’est pas destinée aux autres convives mais à soi-même : « itadakimasu » exprime la déférence envers des dieux archaïques et une nature toute-puissante, qui offre à l’humanité ses bienfaits. Tokue respecte la vie, où qu’elle soit. Comme des millions de Japonais chaque année, elle chérit aussi la courte période de floraison des cerisiers – « Hanami », une dizaine de jours au début du mois d’avril –, se laissant d’ailleurs porter par le vent qui agite les branches des cerisiers en direction de l’échoppe de Sentaro. Dans <em>An</em> et dans <em>Notre petite sœur</em>, Hanami symbolise le cycle de la vie et de la mort : une beauté sublime et fulgurante qui meurt pour mieux revivre l’année suivante, éternellement.</p>
<p>Mais le cinéma de Kawase et d’Hirokazu ne passe pas non plus sous silence les heurts de la société japonaise : <em>Still the Water</em> appelait autant l’émerveillement que l’effroi face à la nature ; <em>Nobody Knows</em>, <em>Air Doll</em> et <em>Tel père, tel fils</em>, disait la tragique perte de repères dans l’archipel. Dans <em>An</em> comme dans <em>Notre petite sœur</em>, la difficulté de trouver sa place. Jadis atteinte de la lèpre, la vieille femme de <em>An</em> fut internée de force dans un sanatorium. Il y a encore peu, le gouvernement excluait toute personne atteinte de la lèpre, réminiscence du passé eugéniste de la première partie du XXe siècle japonais. Kawase et Kore-eda ne dépeignent pas un Japon idéal, qui serait exclusivement fait d’une grand-mère drôle et touchante, de quatre sœurs belles et intelligentes, et de fabuleux plats, mais le Japon tel qu’il est, fait de nombreux paradoxes et parfois d’une stupéfiante violence. L’archipel nippon ne se révèle qu’à ceux qui gardent les yeux grands ouverts, tout comme son impalpable cinéma, dont Kore-eda Hirokazu et surtout Naomi Kawase livrent la quintessence.</p>
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		<title>Du rêve plein les yeux : Rencontre avec Mike Cahill</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 07:05:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Deauville]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Après <em>Another Earth</em>, petite perle SF remarquée à Sundance et aussi débordante d'ingéniosité que d'originalité, Mike Cahill revient avec <em>I Origins</em>. L'histoire d'un scientifique obsédé par l’œil humain...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/mike-cahill-another-earth-i-origins-1.jpg" alt="Mike Cahill" title="Mike Cahill" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19327" />Après <em>Another Earth</em>, petite perle SF remarquée à Sundance et aussi débordante d&#8217;ingéniosité que d&#8217;originalité, Mike Cahill revient avec <em>I Origins</em>. L&#8217;histoire d&#8217;un scientifique obsédé par l’œil humain, qui va partir de l&#8217;autre côté de la planète à la recherche d&#8217;une paire d&#8217;yeux. On y retrouve les thèmes chers au réalisateur &#8211; la question de l&#8217;identité, la technologie &#8211; et ses ingrédients de choix &#8211; un récit subtilement mené qui change de direction à l&#8217;envi, un bouquet d&#8217;acteurs épatants servis par une bande originale hypnotique parfaitement équilibrée entre score et synchro (déjà dans les bacs chez Milan Music). <em>I Origins</em> est une œuvre qui se vit, et qui mérite largement qu&#8217;on s&#8217;y attarde : rencontre avec son créateur, artiste-scientifique à la passion communicative.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce qui vous intéresse tant dans la question du double ?</strong></p>
<p><em>Another Earth</em> parlait de doubles séparés par l’espace, <em>I Origins</em> de doubles séparés par le temps. Je crois que je suis obsédé par l’identité : qu’est-ce qui fait de nous une personne, qu’est-ce que le « je », qui suis-je ? Quand est-ce que tout a commencé, à quel moment ma vie a vraiment débuté ? Qu’est-ce qui fait que j’éprouve certains désirs, certaines phobies, que j’ai certains souvenirs, que j’aime certaines personnes… Ce sont ce type de questions existentielles qui m’obsèdent, et je vais probablement continuer de faire des films qui questionnent l’identité pendant encore un long moment ! Par exemple, il y a une voie que je n’ai pas encore explorée : si vous perdez l’esprit, est-ce que vous êtes encore vous-même ? Vous avez vu <em>La Double Vie de Véronique</em> <em>[de Krzysztof Kieślowski, ndlr]</em> ? C’est un de mes films préférés, il m’a beaucoup inspiré. <span id="more-19314"></span></p>
<p><strong>Oui, c’est un film magnifique. Votre démarche est très scientifique…</strong></p>
<p>J’adore la science, c’est une source d’idées inépuisable pour le cinéma. Ce qui est génial c’est qu’on apprend chaque jour de nouvelles choses sur l’homme et l’univers grâce au travail d’ingénieurs, de biologistes, de chimistes, d’astronomes… On a donc chaque jour de nouvelles données pour raconter des histoires originales. C’est très excitant. En biométrie, la reconnaissance et la duplication de l’iris sont des idées assez neuves. On a déjà pu voir ça dans des films comme <em>Minority Report</em>, mais je voulais aller plus loin et articuler mon film autour de ça.</p>
<p><strong>La reconnaissance oculaire est donc le point de départ du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/affiche-i-origins-mike-cahill.jpg" alt="I Origins, de Mike Cahill" title="I Origins, de Mike Cahill" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-19318" />C’était l’iris le point de départ du film. Je me souviens de cette magnifique photo d’une fille afghane qui a fait la couverture du <em>National Geographic</em> en juin 1985. Il y a d’ailleurs un moment dans le film où on peut la voir. C’est Steve McCurry qui avait pris cette photo dans un camp de réfugiés à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan. Il ne connaissait pas son nom, il ne savait rien sur elle, il l’a juste prise en photo parce qu’elle avait ces yeux verts pénétrants. Cette photo est devenue mondialement célèbre, et tout le monde demandait à Steve McCurry qui était cette jeune fille. Comme il n’avait pas la réponse, 17 ans après il a entrepris de la retrouver, ce qui était très compliqué parce qu’elle avait dû beaucoup changer et qu&#8217;il ne savait pas ce qu’elle était devenue. Tout ce qu’il savait, c’est que ses iris étaient uniques. Il a donc été aidé par des scientifiques qui ont mis au point un procédé pour comparer les iris de différentes personnes, et il a fini par retrouver Sharbat Gula, la jeune fille qu’il avait photographiée. Cette histoire m’a énormément inspiré. J’ai trouvé fascinant de partir à la recherche d’une personne en n’ayant que ses yeux pour la retrouver. Et qu’est-ce que ça donnerait si les mêmes iris pouvaient être transmises à d’autres individus par-delà la mort ? Si quelqu’un avait exactement les mêmes yeux, mais d’autres gènes ? Qu’est-ce que ça pourrait suggérer en termes de réincarnation, étant donné que les yeux sont reliés au cerveau ? C’est un point de départ très excitant pour raconter une histoire d’amours perdues.</p>
<p><strong>Est-ce que la complexité de l’œil peut vraiment prouver l’existence d’un Créateur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/i-origins-michael-pitt-brit-marling.jpg" alt="Michael Pitt et Brit Marling dans I Origins" title="Michael Pitt et Brit Marling dans I Origins" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19319" />Je ne pense pas. C’est un argument majeur des créationnistes, mais pourtant déjà dans les années 1980 on avançait différentes explications concernant la manière dont l’œil a pu évoluer. Il y a énormément de preuves, surtout au niveau génétique, qui permettent d’avancer que le processus d’évolution existe bel et bien. Le fait même d’avoir une séquence ADN dans un ver est quelque chose d’incroyable et une preuve suffisante de l’évolution. Aucun scientifique ne peut envisager sérieusement l’hypothèse selon laquelle la complexité des yeux est une preuve de l’existence de Dieu.</p>
<p><strong>N&#8217;est-ce pas un peu naïf de vouloir nier l’existence de Dieu, comme le fait le docteur Ian Gray dans <em>I Origins</em> ?</strong></p>
<p>On peut supposer qu’il a une histoire personnelle qui est liée à cette volonté… Je ne veux pas dévoiler trop d’éléments, mais c’est quelqu’un de passionné et c’est la science qui le fait avancer.</p>
<p><strong>Il est malgré tout à la recherche de sa propre foi&#8230;</strong></p>
<p>D’une certaine manière, oui. Au début, il veut prouver l’inexistence de Dieu. Mais en essayant de prouver que Dieu n’existe pas, il prouve le contraire. Ce qu&#8217;il fait réellement, c&#8217;est d&#8217;avoir foi en Dieu sans en avoir de preuve. Je ne pense pas que c&#8217;est ce qu&#8217;il recherche consciemment, mais à la fin pourtant, il devient bien conscient de sa foi.</p>
<p><strong>Brit Marling fait partie de tous vos projets ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/brit-marling-i-origins-mike-cahill.jpg" alt="Brit Marling dans I Origins" width="280" height="116" class="alignright size-full wp-image-19331" />Brit Marling est formidable. On s’est rencontrés à l’université de Georgetown il y a très longtemps, et nous sommes devenus des amis très proches. C’est quelqu’un que j’admire beaucoup et je pense que j’ai de la chance de la connaître. Je lui fais aveuglément confiance en tant qu’actrice, elle a énormément de talent et travaille très dur. Elle travaillait sur d’autres projets pendant que j’écrivais <em>I Origins</em>, mais j’avais déjà parfaitement en tête Brit pour jouer le personnage de Karen. Le rôle de Karen est très compliqué à jouer, parce qu’elle est le second choix de Ian et non son grand amour, et parce qu’elle place la recherche de la connaissance au-dessus de tout, même au-dessus des affaires de cœur. Brit Marling incarne tout cela merveilleusement. Et je savais qu’elle pouvait le faire&#8230; J’espère avoir la chance de continuer à travailler avec elle le plus longtemps possible.</p>
<p><strong>Vous êtes le réalisateur d&#8217;<em>I Origins</em>, mais aussi le monteur, le scénariste, le producteur… Vous ne faites pas confiance aux autres ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/mike-cahill-another-earth-i-origins-2.jpg" alt="Mike Cahill" title="Mike Cahill" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19326" />Ahah ! Sur <em>Another Earth</em>, j’étais le réalisateur, producteur, scénariste, monteur et directeur photo… Cette fois j’ai laissé la direction photo à Markus Förderer. Petit à petit je fais confiance à plus de gens ! Sur le prochain film je pense que j’abandonnerai aussi le poste de monteur… mais je continuerai toujours d’écrire, de réaliser et de produire mes films.</p>
<p><strong>Markus Förderer à la photo fait d&#8217;ailleurs un travail remarquable…</strong></p>
<p>Oui, Markus est brillant ! Je l’ai rencontré au Festival de Locarno alors que je présentais <em>Another Earth</em> ; lui était là pour <em>Hell</em>, réalisé par Tim Fehlbaum. J’ai adoré ce film et sa photo, et je l’ai dit à Tim, qui m’a alors présenté Markus. On a pris un café et il a fait un tour de magie avec le sucre… Il ne m’en fallait pas plus pour l’embaucher sur mon prochain film, j’adore les magiciens ! Markus est un directeur photo-magicien-scientifique, c’est parfait pour moi.</p>
<p><strong>Vous allez continuer à faire des films indépendants ?</strong></p>
<p>J&#8217;aimerais continuer d&#8217;aborder les questions d’identité, mais avec de plus gros budgets. Ca me permettrait de toucher une plus grosse audience. Mais ça resterait un film de Mike Cahill, avec de la science et de la philosophie&#8230; en un peu plus spectaculaire.</p>
<p>&nbsp;<br />
I Origins <em>de Mike Cahill, avec Michael Pitt, Brit Marling, Astrid Berges-Frisbey, Steven Yeun&#8230; Etats-Unis, 2014. Présenté en compétition du 40e Festival du film américain de Deauville. Sortie le 24 septembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3uu5lk" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Un peu de philo, beaucoup de ciné avec Sébastien Charbonnier</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 08:30:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[A quelques jours du bac philo, petite balade cinéphile au bras d'un candidat idéal : Sébastien Charbonnier, professeur et chercheur en philosophie et en sciences de l’éducation...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/sebastien-charbonnier1.jpg" alt="Sébastien Charbonnier" width="224" height="280" class="alignleft size-full wp-image-13820" />Professeur et chercheur en philosophie et en sciences de l’éducation, Sébastien Charbonnier a déjà signé plusieurs ouvrages. Le premier publié en 2009, <em>Deleuze pédagogue</em>, s&#8217;intéressait au souci pédagogique qui traversait l’œuvre du philosophe. En 2013, il publie <em>Que peut la philosophie ?</em>, aux éditions du Seuil. L&#8217;occasion de s&#8217;interroger après plus d’un siècle d’enseignement obligatoire de la philosophie, sur la formation de l’esprit critique. Bref, à quelques jours du bac philo, Sébastien Charbonnier s&#8217;imposait comme le candidat idéal pour une petite balade cinéphile&#8230; </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Le premier film vu ?</strong></p>
<p>Impossible de s&#8217;en souvenir : trop de films passés par-là depuis&#8230; Le recouvrement a rendu l&#8217;origine inatteignable. Et c&#8217;est sans doute tant mieux !</p>
<p><strong>Par quel genre de films a été bercée votre adolescence ? Que recherchiez-vous ?</strong>  </p>
<p>Les documentaires animaliers, qui expriment la quintessence de ce grand genre cinématographique qu&#8217;est le documentaire. Il y avait une avidité de découvrir la nature, le monde, sous ses formes les plus étrangères à ce que je voyais se dérouler autour de moi (vie d&#8217;un Occidental adolescent). C&#8217;est en plus un bon moyen de sublimer la misanthropie qui peut exister à cette période de la vie. <span id="more-10945"></span></p>
<p><strong>Y a-t-il un film qui vous ait fait grandir d’un coup ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/barry-lyndon.jpg" alt="Barry Lyndon" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-13779" /><em>Barry Lyndon</em> : un film de récit d&#8217;apprentissage, avec une échelle temporelle qui fait prendre conscience du temps long de la vie. Quand on est jeune et insouciant, ça sort brutalement du présentisme de ses petites préoccupations &#8211; dans lequel la société voudrait nous acculer &#8211; pour forcer à penser le sens d&#8217;une vie et des choix qu&#8217;on y fait.</p>
<p><strong>Le premier film qui fait rire aux larmes ? De quoi s’agissait-il ? Pourquoi ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai un peu honte, mais c&#8217;est <em>Le Dîner de cons</em>. Sans doute parce que c&#8217;est un des premiers films comiques que j&#8217;ai vu au cinéma (je me contentais de la télévision habituellement pour ce genre de film)&#8230; J&#8217;ai été emporté par une salle hilare et j&#8217;ai compris ce jour-là l&#8217;importance de l&#8217;infra-communication entre spectateurs dans une salle obscure : expérience renouvelée plus tard, de manière presque scientifique avec <em>Shrek 2</em> en VO dans une salle explosive (un moment d&#8217;anthologie), puis à 11h du matin en VF avec que des petits (un sentiment de solitude et d&#8217;ennui : aucune connivence dans les moments perçus comme drôles).</p>
<p><strong>Y a-t-il eu un film interdit que vous avez essayé de vous procurer par tous les moyens ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/fanny-alexandre-bergman.jpg" alt="Fanny et Alexandre" width="258" height="280" class="alignleft size-full wp-image-13781" /><em>Fanny &#038; Alexandre</em> : le seul film de Bergman non réédité en France&#8230; Impossible à trouver, alors que je lisais partout que c&#8217;était un pur chef-d’œuvre. Donc un interdit lié à des raisons commerciales&#8230; Ce sont les pires, celles-là : elles font tomber objectivement un film dans le néant. Un ancien prof a fini par me passer une VHS d&#8217;un enregistrement qu&#8217;il avait fait lorsque le film était passé il y a fort longtemps sur la télé française. Heureusement, il y a Internet depuis ! Mais aucune version originale sous-titrée en français n&#8217;existe.</p>
<p><strong>Un film dont vous ne vous êtes pas remis ? Pourquoi ?</strong></p>
<p><em>Flandres</em> : le réalisme à l&#8217;état pur au service de l&#8217;absurde et de l&#8217;injustice. Le réalisateur arrive à montrer avec un art inouï comment les humains se font du mal par pure incompréhension et faiblesse : c&#8217;est toujours quand on est faible ou qu&#8217;on souffre que l&#8217;on est méchant ou injuste. Et quand on voit des gens qui se font du mal entre « perdus de la vie » parce qu&#8217;ils ont peur, c&#8217;est terrible&#8230; </p>
<p><strong>Un film que vous aimez en secret, dont vous avez un peu honte quand même ?</strong></p>
<p><em>Alice au pays des merveilles</em>, version Disney. J&#8217;adore cette adaptation, même si on perd énormément par rapport à l’œuvre de Lewis Carroll&#8230; Je décomplexe complètement face à des scènes que je vénère alors que mon surmoi me dit : « Ca va, ce n&#8217;est pas non plus ce que le septième art a fait de mieux&#8230;. » Mais je m&#8217;en fous. </p>
<p><strong>Le film le plus nietzschéen selon vous ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/oslo-31-aout.jpg" alt="Oslo 31 août" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-13783" /><em>Oslo 31 août</em> : un de ces films rares et précieux où le réalisateur arrive à nous faire ressentir des choses chargées de bien et de mal sans jamais créer en nous la volonté de juger. C&#8217;est très beau : une empathie dénuée de jugement. Et puis il y a une réplique sublime lorsque le personnage principal dit son désarroi face à ses deux parents qui s&#8217;aimaient magnifiquement, mais dont il n&#8217;a jamais compris comment ils faisaient (renversant le topos de l&#8217;enfant malheureux parce que ses parents l&#8217;étaient également, se déchiraient, etc.).</p>
<p><strong>Si Platon avait réalisé un film ?</strong></p>
<p><em>M. Smith au Sénat</em> de Capra : le meilleur dirigeant politique est celui qui ne veut pas l&#8217;être. « Vouloir le pouvoir » est déjà l&#8217;indice qu&#8217;on sera un mauvais politicien. Et en même temps, faire une critique féroce de la démocratie, de toutes ses dérives possibles : Platon aurait beaucoup aimé le scénario. En revanche, en vrai pessimiste (Socrate meurt condamné par la démocratie athénienne), il y aurait eu une version « director&#8217;s cut » avec une fin alternative, moins « happy »&#8230;</p>
<p><strong>Un film qui développerait le sens critique ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/johan-van-der-keuken.jpg" alt="Johan Van Der Keuken" width="280" height="185" class="alignleft size-full wp-image-13785" />Les bons documentaires : c&#8217;est une connexion sur le réel, mais en même temps c&#8217;est déjà un point de vue (car il n&#8217;existe pas de point de vue « brut » : tout regard est déjà une construction du réel). Bref, rien de tel que du Van der Keuken, du Wiseman ou du Depardon pour développer son sens critique et aiguiser son regard &#8211; le sens critique commençant par l&#8217;apprentissage de la perception.</p>
<p><strong>Il ne reste plus que quelques jours à un élève pour réviser le bac philo. Quels films lui conseillez-vous pour réviser quels concepts ?</strong> </p>
<p>Non pas réviser tel ou tel concept, mais se préparer mentalement. Donc je proposerais un film qui le fasse relativiser sur son « petit » drame personnel. Bref, un film humaniste et dur en même temps, qui lui permette de percevoir le caractère raisonnablement banal de ce qu&#8217;il s&#8217;apprête à vivre (au regard des vrais enjeux de la vie). <em>La ligne rouge</em>, ce serait très bien.</p>
<p><strong>Votre plus grande frayeur au cinéma ?</strong> </p>
<p><em>L&#8217;Exorciste</em>, que j&#8217;ai vu pour la première fois lors de sa sortie en version longue dans une salle obscure.</p>
<p><strong>Quels sont les héros de cinéma qui vous ont interpellé ? Pourquoi ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/james-bond-sean-connery.jpg" alt="James Bond" width="280" height="189" class="alignright size-full wp-image-13787" />James Bond : toujours propre sur lui, il ne pisse et ne chie jamais ; il a toujours la classe et l&#8217;art de croiser des super jolies filles. Comment fait-il ? C&#8217;est un très bon moyen de comprendre le caractère démiurgique de la fiction : on y fait ce qu&#8217;on veut.</p>
<p><strong>Y a-t-il un film dont vous auriez aimé écrire le scénario ? Si oui, lequel ? Pourquoi ?</strong></p>
<p><em>Sérénade à trois</em> de Lubitsch : parce que c&#8217;est d&#8217;une liberté, d&#8217;une allégresse folle. Il brise des tabous, mais le fait avec une telle verve et une telle insouciance (sans cette pompe de ceux qui sont persuadés d&#8217;être des avant-gardes éclairées) que ça devient un chef-d’œuvre de film moral et comique.</p>
<p><strong>Le film le plus chaud, érotique, sensuel ?</strong></p>
<p>Les trois adjectifs sont assez différents&#8230; Pour le côté chaleur et sensualité, certains films de Tran Anh Hung dégagent une atmosphère qui mérite amplement ces adjectifs.</p>
<p><strong>L’actrice avec laquelle vous auriez aimé dîner ? Pourquoi ? De quoi auriez-vous parlé ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/felix-le-chat.jpg" alt="Félix le chat" width="280" height="205" class="alignleft size-full wp-image-13791" />Je ne suis pas sûr de vouloir dîner avec une actrice dont j&#8217;ai vu des films. Si j&#8217;apprécie ses rôles, je risque d&#8217;être intimidé (le cinéma crée des icônes et nous sommes tous victimes de cela, même si ce sont des êtres humains qui en sont les supports vivants). Je préférerais discuter avec une actrice débutante, dont je n&#8217;ai peut-être vu aucun film, qui soit passionnée et pleine de désir. Là, je crois qu&#8217;on pourrait parler cinéma, métier d&#8217;acteur&#8230; et passer une belle soirée.</p>
<p><strong>Un film que vous gardez précieusement en VHS ?</strong></p>
<p>Des vieux <em>Felix le chat</em> originaux. A l&#8217;époque, il avait été très dur de se les procurer&#8230; Maintenant, on trouve sur Youtube tout cela assez facilement&#8230;</p>
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