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	<title>Grand Écart &#187; adaptation</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Roger Corman / Edgar Allan Poe : les maîtres de l’horreur</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Apr 2023 10:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[Edgar Allan Poe]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/04/malediction-arkham-vincent-price-roger-corman-300x168.jpg" alt="La Malédiction d&#039;Arkham" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27853" /><strong>Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret <em>Edgar Allan Poe</em> par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout le savoir-faire d’un génie du septième art. Roger Corman, capable de réaliser 8 films originaux (entre 1960 et 1964) dans les mêmes décors, transcende les écrits fantastiques d’un maître de la littérature gothique, Edgar Allan Poe. Voici la revue de 4 films, juste pour vous mettre l’eau à la bouche.</strong></p>
<h2><em>La Tombe de Ligeia </em></h2>
<p><em>La Tombe de Ligeia</em> clôt le cycle Edgar Allan Poe dirigé par Roger Corman. Quelques mois plus tôt, le public tremblait devant <em>Le Masque de la mort rouge</em> (septième film de la série), magnifique film de studio dominé par l’acteur fétiche du maître, le sourcilleux Vincent Price. Quel bonheur de profiter du savoir-faire d’un géant du cinéma américain, et ce dans une version ultra-soignée !<br />
<em>La Tombe de Ligeia</em> raconte le désespoir de Verden Fell après la mort de sa femme. Inconsolable, l’aristocrate hante son abbaye, le cœur brisé. Un jour de chasse, il rencontre Lady Rowena Trevanion de Tremaine qu’il décide d’épouser. Les époux convolent en justes noces, mais dès leur retour, le chagrin l’emporte sur le bonheur. Les souvenirs ne s’effacent pas.<br />
Roger Corman a tourné ce huitième et dernier opus en extérieur. Les couleurs pastel de la campagne anglaise s’opposent à la violence des sentiments. Corman suggère, dévoile à peine. La terreur règne. Nous sommes charmés et épouvantés. Lunettes de soleil sur le nez, Vincent Price cabotine en cachette. Il a le look, coco. Chez Corman, le gothique a de la tenue. <span id="more-27851"></span></p>
<h2><em>Le Masque de la mort rouge</em></h2>
<p>Le Prince Prospero, grand adorateur de Satan, décide de s’enfermer dans son château à l’abri de la maladie. Au dehors sévit une épidémie de peste qui décime la population. Son goût pour le sang et les plaisirs interdits font de lui une figure redoutée des villageois. On craint son courroux et sa folie. Indifférent aux malheurs du monde, Prospero organise une fête qui sera le point d’orgue de sa dévotion exacerbée pour le maître des ténèbres. Un mystérieux étranger rôde par delà les forêts. On lui prête de donner la mort.<br />
En réalisant <em>Le Masque de la mort rouge</em>, Roger Corman signe l’une des plus belles adaptations d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Vincent Price incarne le mal avec tant de conviction qu’il fout le trouillomètre à zéro. Tout du long, un sale goût vous pourrit l’haleine. Tout est malsain. Transposée à l’écran, l’œuvre de Poe est puissante et dérangeante comme peuvent l’être les écrits de Lovecraft. Avec trois francs six sous, Roger Corman sait mieux que quiconque utiliser les moyens qui sont à sa disposition pour transposer sur un écran les belles lettres. Une réussite totale. </p>
<h2><em>L’Enterré vivant </em></h2>
<p>Troisième aventure de Roger Corman au pays d’Edgar Allan Poe. Le film suit le parcours d’un homme qui peu à peu sombre dans la folie. Il ne faut pas être « Grand Clair » pour deviner que la plus grande peur du héros, celle d’être enterré vivant, pourrait être exaucée s’il ne prend pas garde. L’intérêt du film, outre son incroyable beauté plastique, reste d’observer les réactions et les desseins des personnages secondaires ; entre la pitié et l’envie. Le bonhomme possède une belle fortune. <em>L’Enterré vivant</em> est un bonheur pour les yeux. Vincent Price n’est pas du projet mais Francis Ford Coppola assiste Corman à la réalisation. </p>
<h2><em>La Malédiction d’Arkham</em></h2>
<p><em>La Malédiction d’Arkham</em> est la sixième des huit adaptations du cycle Poe sauf que : sauf que de Poe il ne reste plus que le titre d’un poème, <em>The Haunted Palace</em>.<br />
Bref, il s’en passe de drôles aux pays du ciné bricolo. <em>The Haunted Palace</em> en VO n’est rien d’autre que l’adaptation cinématographique d’un chef-d’œuvre de la littérature d’horreur, <em>L’Affaire Charles Dexter Ward</em> d’H.P. Lovecraft. Corman en avait ras la couscoussière de Poe, mais manifestement pas les investisseurs.<br />
Le film est bien loin d’être aussi efficace que le roman. Mais Vincent Price sourcille comme personne. On frôle parfois le n’importe quoi. Mais que c’est beau. Et puis du cinoche comme ça, goupillé avec les tripes, on n&#8217;en fait plus. Rare et indispensable pour tout passionné qui se respecte. </p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/coffrets/1671-coffret-corman-9999-eur.html" title="Coffret Edgar Allan Poe" target="_blank" class="broken_link">Coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman disponible chez Sidonis Calysta</a></em></p>
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		<title>La Frichti Sélection</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Sep 2019 18:57:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Douglas Sirk]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Selleck]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette nouvelle sélection ne manque ni de charme, ni de piquant et encore moins d’originalité. Elephant Films nous sort de derrière les fagots quatre Douglas Sirk inédits, du muet tragique et bidonnant et du culte de chez culte. Alors que demande le peuple ? Le peuple ne demande rien &#8211; à part la revalorisation du SMIC à 6000 euros net par mois, une baisse de la TVA de 20 % à 0,1 % &#8211; car il est forcément satisfait par cette nouvelle sélection. </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/magnum-tom-selleck.jpg" alt="Magnum" width="183" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27237" />Et vous savez quoi ? Nous allons commencer cette revue par une surprise avec la saison 6 de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/magnum-pi-hawai-tom-selleck-john-hillerman-higgins-saison-4-5-dvd/" title="Magnum : retour à Hawaï !">Magnum P.I.</a></em> Une saison surprenante qui dénote des précédentes. On y voit Magnum et Higgins régler leurs affaires personnelles en Angleterre (<em>Déjà vu</em> épisodes 1 et 2), Magnum endosser le rôle de surveillant au Gardens Hotel (<em>Hotel Dick</em> épisode 5) puis retourner chez lui après 13 ans d’absence (cet épisode 7, <em>La Lettre volée</em>, est sans aucun doute l’un des plus émouvants de la série). Dans cette saison 6, chaque personnage semble désabusé, prêt à quitter l’île définitivement, comme si l’aventure était terminée. L’épisode 14, <em>Coup de force</em>, où Higgins est accusé d’avoir volé 50 000 dollars à Robin Masters bouleverse nos repères. Higgins soupçonné d’avoir dépouillé Robin Masters de ces œuvres d’art … ? Cornegidouille, c’est impossible !! Plus qu’aucune autre saison, on sent que les scénaristes et les producteurs cherchent à se renouveler avant le bouquet final. Nostalgie et mélancolie habitent chacun des 21 épisodes. La restauration de l’image est exceptionnelle.<br />
<em>La saison 6 est disponible dans un coffret blu-ray.</em><br />
<span id="more-27235"></span><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/demain-autre-jour-douglas-sirk.jpg" alt="Demain est un autre jour, de Douglas Sirk" width="220" height="280" class="alignright size-full wp-image-27238" />Chères et chers cinéphages, si nous poursuivions ces recommandations par <em>Le Joyeux Charlatan</em> (1953), un Sirk resté invisible durant six longues décennies. Pourquoi et comment l’œuvre d’un maître peut-elle rester à pourrir au fond d’un tiroir aussi longtemps ? Simple supposition ; <em>Le Joyeux Charlatan</em> est une œuvre hybride, une comédie musicale à la frontière de plusieurs genres, un barnum de première catégorie. Il y a fort à parier que les producteurs n’ont jamais su quoi en faire ni comment le vendre. Et pourtant, le résultat vaut le détour tant le charme sirkien agit instantanément (les décors, la mise en scène, le jeu des faux-semblants). Toutefois, je qualifierais ce long-métrage de totalement à part, où l’on ne comprend pas grand-chose de l’intrigue qui tourne autour d’une histoire d’amour et de l’audit d’un orphelinat en décrépitude. Après 90 minutes surréalistes, on peut s’interroger si Sirk n’est pas le véritable créateur du fameux Kamoulox. Si vous êtes fan des bizarreries vous ne serez pas déçus.<br />
Embrayons sans transition sur <em>All I Desire</em> (1953), tragique mélo sur fond de vie ratée. Le film ne fait pas dans la dentelle quand il explore le destin d’une actrice à qui rien ne réussit tant sur le plan professionnel que sur le plan privé. La critique virulente du milieu artistique et des illusions qu’il suscite chez les âmes passionnées et naïves rentre dans le lard bien comme il faut. Vous êtes prévenus, c’est d’une absolue cruauté !! Si après tout ça, vous ne comprenez pas les avertissements sur les dangers du monde du spectacle, Douglas Sirk aura failli. Barbara Stanwick est bouleversante dans son rôle de femme abandonnée. <em>All I Desire</em> délivre une partition dramatique qui perfore le cœur. Encore un grand Sirk.<br />
<em>Demain est un autre jour</em> incarne « Le » style Sirk par excellence. Une histoire de couple qui vire au cauchemar. Un couple qui étouffe, prisonnier et victime des convenances de la petite-bourgeoisie où l’un s’échappe pour tenter de survivre quand l’autre refuse catégoriquement de déroger aux règles de sa condition. C’est dans ces mélos venimeux où l’on peut le mieux admirer le talent de Sirk à faire l’examen des classes sociales américaines. Un chef-d’œuvre.<br />
<em>Les Ailes de l’espérance</em> (1957), qui n’est rien de moins qu’une œuvre culte en Corée, raconte le bombardement d’un orphelinat par l’aviation américaine et la tentative d’un officier supérieur de se racheter de sa bévue. Les intentions du soldat restent louables mais la naïveté des sentiments (au-delà du cucul la praline) écœure rapidement. Voilà un tragique film de guerre, une histoire vraie, où l’humour sert de simple pivot entre les autorités américaines et les enfants survivants. On ne sait pas trop si l’on doit pleurer ou trouver ça consternant. Un Sirk foiré. C’est rare ! </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/feerie-du-jazz.jpg" alt="La Féerie du jazz, de John Murray Anderson" width="280" height="215" class="alignleft size-full wp-image-27242" /><em>La Féerie du Jazz</em> (1930) de John Murray Anderson, l’une des premières comédies musicales en Technicolor que le monde n’ait jamais connue, revient sur l’importance du jazz dans la culture populaire américaine au cours du premier tiers du XXe siècle à travers un défilé de tableaux mêlant music-hall, comédie classique et animation. Cette orgie de spectacle délivrée en pleine période de Dépression nous en colle plein les mirettes et c’est peu de chose de le dire. La qualité des décors (le décorateur Herman Ross obtint l’Oscar), tous plus hallucinants les uns que les autres, sublime les partitions orchestrées par le Chef Paul Whiteman. Les critiques regrettent à juste titre l’absence de Sidney Bechet, Louis Armstrong ou Duke Ellington au générique. Ils ont bien raison ! C’était, paraît-il, pour ne pas faire de l’ombre à Paul Whiteman. Je vous laisse le soin d’apprécier les rapports cordiaux entre Blancs et Noirs. Je vous conseille tout de même de découvrir ce bijou intemporel. </p>
<p><em>L’Homme qui rit</em> version 1928. En Angleterre, à la fin du XVIIe siècle, le roi Jacques se débarrasse de son ennemi, le Lord Clancharlie, et vend son jeune fils, Gwynplaine, aux trafiquants d’enfants qui le défigurent. Le garçon s’enfuit et sauve du froid un bébé aveugle, Dea. Tous les deux sont recueillis par Ursus, un forain. Gwynplaine, baptisé &#8220;L’Homme qui rit&#8221;, devient un célèbre comédien ambulant. Le bouffon Barkilphedro découvre son ascendance noble et la dévoile à la reine Anne, qui a succédé au roi Jacques. <em>L’Homme qui rit</em> a le mérite de remettre en perspective les thèmes principaux du complexe roman de Victor Hugo, à savoir que le monde est un théâtre où tout n’est qu’apparence et dissimulation. Le cinéaste Paul Leni évite donc soigneusement de tomber dans l’écueil du surlignage propre au langage hugolien, proposant ainsi ses propres points de vue. Cette volonté de s’approprier la grammaire de l’artiste sans jamais la trahir font de cette version une grande réussite.<br />
Les fiancés en folie (1925), c’est l’adaptation d’une pièce de boulevard. Le personnage de Keaton doit se marier pour toucher son héritage et tout cela avant 19 heures. Un malentendu avec son amoureuse et une petite annonce pas très fine provoqueront une hystérie collective. Un parcours contre le temps pour toucher le pactole, un vaudeville bourré de marches effrénées et de courses-poursuites. Pas très fin, mais marrant.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/enfer-mecanique-elliot-silverstein.jpg" alt="Enfer mécanique, d&#039;Elliot Silverstein" width="280" height="219" class="alignright size-full wp-image-27239" />Pour terminer en beauté ce papier, j’annonce la sortie de trois pépites. La première pépite, <em>Enterré vivant</em> est un téléfilm ultra-culte chez les bisseux. Il s’agit du premier long-métrage de Franck Darabont. Rien que ça. Voilà une sordide histoire de couple autour d’un mari bafoué, empoisonné, enterré vivant et même pas mort ! Du coup, je vous le donne en mille, sa vengeance sera terrible. Terrible ! Le téléfilm (quant à lui) n’est pas terrible mais il réserve assez de qualité pour que l’on ne s’ennuie pas une seconde. La deuxième pépite est l’œuvre d’Elliot Silverstein, <em>Enfer mécanique</em> réalisé à la fin des années 1970. <em>Enfer mécanique</em> s’inscrit dans la veine de <em>Jaws</em> mais en lieu et place d’un requin on peut admirer une voiture démoniaque customisée comme un camion volé s’acharner sur des jeunes gens de bonne famille ! C’est badass à mort ! Une merveille de plaisir coupable. La beauté des montagnes de l’Utah n’est pas étrangère à la réussite de l’entreprise. Et pour terminer en beauté, je vous annonce une formidable édition du <em>Fantôme de Milburn</em> avec les grands Fred Astaire et Douglas Fairbanks JR. Suite au décès suspect de son frère, un homme retourne dans sa ville natale pour tenter de comprendre les raisons du drame. Ce dernier serait lié au Club de la Chaudrée, espèce de cercle littéraire qui compte parmi ses membres le propre père du héros. Apparemment anodines, les veillées au coin du feu au cours desquelles quatre vieillards se plaisent à partager des contes fantastiques dissimuleraient un sombre secret. <em>Le Fantôme de Milburn</em>, c’est le bonbon acidulé de la période « eighties ». On déguste là le feel-good movie fantastique par excellence. Certes, tous nos héros et nos héroïnes cabotinent un peu, mais les scénettes au cœur de la petite bourgade, le cercle d’amis, les souvenirs, l’enfance, les histoires au coin du feu… tout fonctionne à merveille. </p>
<p><em>Tous ces films sont disponibles en DVD/Blu-ray restauré 4K chez Elephant Films.</em></p>
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		<title>Belladonna, de Eiichi Yamamoto</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2016 09:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/06/belladonna-eiichi-yamamoto.jpg" alt="Belladonna, de Eiichi Yamamoto" width="280" height="203" class="alignleft size-full wp-image-24400" />(Re)découvrir le chef-d’œuvre qu’est <em>Belladonna</em> sur grand écran, de plus restauré en 4K, c’est un peu comme assister à un miracle. Longtemps le film n’était disponible que sous forme de copies de très mauvaises qualités. C’’était avant tout un film mystérieux, une œuvre que peu avaient vu. On s’en parlait entres cinéphiles avertis et amoureux des OFNIs, on ne pensait plus avoir droit à une ressortie. Mais voilà… Belle comme au premier jour, resplendissante, vénéneuse et désirable comme jamais, Jeanne, la villageoise amoureuse de son cher Jean est de retour dans les salles obscures, là où il faut impérativement découvrir ce conte psychédélique, érotique et terriblement envoûtant.</p>
<p>On ne s’étendra pas sur le travail de restauration qui a redonné toute sa beauté au film, il est formidable. Ce qui frappe en revoyant le film, c’est sa modernité, son actualité. Sa sortie coïncide (n’oublions pas qu’il est librement adapté d’une nouvelle de Jules Michelet intitulée <em>La Sorcière</em>) merveilleusement avec celles de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-witch-robert-eggers-anya-taylor-joy/" title="The Witch, de Robert Eggers">The Witch</a></em> et de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-neon-demon-nicolas-winding-refn/" title="The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn">The Neon Demon</a></em>. Trois films où la femme est au centre de l’histoire, sa sensualité, son corps et les ravages que cela provoque sur son entourage. A chacun son approche, à chacun son imagerie particulière mais ce qu’ils ont en commun, c’est que chaque film regorge de plans inoubliables qui s’impriment sur la rétine. On peut trouver à tous ces films un discours féministe, mais ce qui frappe encore plus c’est l’opposition entre la chair et la douleur, l’image et sa violence, des thèmes qu’ils partagent tous. <span id="more-24395"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/06/belladonna-affiche-japonaise-eiichi-yamamoto.jpg" alt="Kanashimi no Belladonna, de Eiichi Yamamoto" width="196" height="280" class="alignright size-full wp-image-24407" />Si ces œuvres montrent des femmes qui reprennent en main leur destin, leur sexualité, leur corps, ils parlent aussi du supplice enduré pour parvenir à cette libération. Toute métamorphose est accompagnée de souffrances, cela devient très clair à la vue de cette trilogie fantasmée. Images parfaites dans le regard des hommes (et des femmes), les trois héroïnes transcendent chacune cette « image première » pour devenir plus. Elles vont au-delà de l’image en faisant corps avec celle-ci. Amalgame purement diégétique et fantasmagorique, pures créatures de cinéma elles deviennent ainsi des êtres fictionnels autrement plus séduisants et terrifiants qu’elles sont absolument irréelles. Il ne leur reste alors plus que le feu pour exister, élément de la renaissance, celui qui instaure la Femme comme un être suprême et définitivement intouchable. Ce par quoi elles devaient être achevées, condamnées devient le vecteur même de leur réalisation.</p>
<p>&nbsp;<br />
Belladonna <em>(Kanashimi no Belladonna) de Eiichi Yamamoto. Japon, 1973. Ressortie le 15 juin 2016.</em></p>
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		<title>Ma vie de Courgette, de Claude Barras</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 15:17:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Préparez vos mouchoirs</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Courgette_Affiche.jpg" alt="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" width="212" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23989" />C’est avec une infinie délicatesse que Claude Barras aborde la question de la maltraitance des enfants. De la mère du surnommé Courgette, on ne verra que le dos et les canettes de bière qui jonchent le sol, et l’on n’en entendra que la voix, menaçante. Seul dans sa chambre, Courgette, petit garçon aux cheveux bleus et aux yeux ronds comme des billes, dessine, élève des pyramides avec les canettes, et fait voler le cerf-volant qu’il a fabriqué. Un cerf-volant orné d’un père absent grimé en super-héros, et d’une poule. La <em>« poule »</em> avec qui papa est parti. Cette confusion enfantine dit tout de <em>Ma vie de Courgette</em> : un film à hauteur d’enfant, une capacité à faire sourire au milieu des larmes. Parce qu’on pleure beaucoup devant <em>Ma vie de Courgette</em>, adaptation en stop-motion (ou &#8220;animation en volume&#8221;) et à destination des enfants du roman de Gilles Paris, <em>Autobiographie d’une courgette</em>, avec Céline Sciamma (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/" title="Tomboy, de Céline Sciamma">Tomboy</a></em>) au scénario.</p>
<p>Il y est question d’enfants maltraités, abusés, abandonnés, tous réunis dans un orphelinat, tenu par des adultes bienveillants. Souvent, les foyers sont dépeints comme une prison. Ici, c’est au contraire le lieu de l’amitié, de la solidarité, un cocon qu’on ne veut pas quitter face aux menaces d’un monde extérieur qui n’a jusqu’ici pas fait de cadeaux. Les malheurs qui ont amené ces enfants au Foyer des Fontaines ne sont qu’évoqués &#8211; lors de l’entretien entre Courgette et le policier Raymond, lors d’une brève galerie de portraits établie par Simon, le boss de l’orphelinat, curieux fouineur cherchant à savoir à qui il a affaire. <span id="more-23988"></span>Et pourtant on ressent toute la peine et les traumatismes de ces enfants, grâce à leurs grands yeux expressifs. L’empathie est totale avec ces enfances brisées. Et comme on partage leurs pleurs et leurs craintes, on partage aussi leurs joies et leurs espoirs. Le bonheur d’être ensemble, unis face à l’adversité. Celui de trouver chez les adultes une oreille, une épaule, un foyer. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Courgette2.jpg" alt="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23993" />Alors que l’animation en stop-motion pour enfants était jusqu’ici principalement l’apanage des studios Aardman, pères de <em>Wallace &amp; Gromit</em>, <em>Ma vie de Courgette</em> engage le genre vers plus de gravité, tout en conservant beaucoup d’humour, langagier et visuel, et une simplicité rafraîchissante. Les enfants, leurs grands yeux, leurs styles, colorés et modernes, sont du côté de la vie, pleins d’énergie et de vivacité. Ils se détachent de leur environnent grisâtre, de leurs vies gâchées, pour construire une nouvelle famille, portant bien haut des valeurs d’amour inconditionnel, de solidarité et d’amitié. Si <em>Ma vie de Courgette</em> provoque les larmes pendant quasiment toute sa durée, ce sont des larmes changeantes. Tristesse, joie et espoir s’entremêlent dans un tourbillon bouleversant.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ma vie de Courgette<em> de Claude Barras, avec les voix de Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud, Michel Vuillermoz… France, Suisse, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016. Cristal du long-métrage et Prix du public au Festival d&#8217;Annecy 2016. Sortie le 19 octobre 2016.</em></p>
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		<title>High-Rise, de Ben Wheatley</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2016 06:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
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		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
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		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[« Nous vivons dans un monde de simulacres. Et par là, je ne veux pas seulement parler de notre perception de l’existence des célébrités du ciné, de la télé ou de la politique, mais aussi...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/high-rise-ben-wheatley-affiche.jpg" alt="High-Rise, de Ben Wheatley" title="High-Rise, de Ben Wheatley" width="192" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23368" /><em>« Nous vivons dans un monde de simulacres. Et par là, je ne veux pas seulement parler de notre perception de l’existence des célébrités du ciné, de la télé ou de la politique, mais aussi bien de nos rapports humains entre nous. La relation tissée entre hommes et femmes de nos jours est une sorte de roman. Nous vivons nos propres vies comme des vies légendaires. C’est en ce sens que l’on ne peut plus parler de réalisme au sens ancien du terme, nous vivons l’ère des réalismes imaginaires. Il n’y a plus de frontières précises entre le mythe et la réalité. »</em> <a href="#ref">(1)</a></p>
<p>Ecrivain majeur de la seconde partie du XXe siècle, J.G. Ballard est l&#8217;un des plus grands visionnaires de la littérature contemporaine. S’attaquer à l’adaptation d’une de ses œuvres-phares n’est donc pas anodin. D’autant plus quand les réalisateurs qui l’ont précédé avec succès sont Steven Spielberg (<em>L’Empire du soleil</em>) et David Cronenberg (<em>Crash</em>).<br />
Mais même en faisant abstraction des réalisateurs susmentionnés, il reste le simple (sic) fait que l’œuvre ballardienne est en soi un vecteur de réflexion immensément riche. Rares sont ceux qui ont scruté avec autant de perspicacité leur époque et ont « prédit » l’avenir avec autant de finesse psychologique que Ballard tout au long de ses romans.<br />
S’attaquer à Ballard, c’est affronter le défi de représenter l’espace ballardien, une notion qui établit un rapport complexe et organique entre espace intérieur et espace extérieur, l’un et l’autre se reflétant mutuellement. Tout comme Lovecraft professait l’existence d’une géométrie « non-euclidienne » impossible à représenter, Ballard a imaginé des paysages lointains issus d’un rêve et décrit des errances humaines dont l’intérêt réside dans l’acceptation finale du héros de se laisser aller au temps, un temps nouveau, autre&#8230; <span id="more-23358"></span><br />
Et puis, il y a le regard de l’écrivain sur la ville, l’architecture, la suburbia (<em>« L’espace suburbain est pour lui le nouveau terrain de la déviance, de l’obsession, de la bizarrerie. C’est une sorte de lieu pathogène, de paysage mi trivial et mi infâme. »</em> <a href="#ref">(2)</a>), terme contemporain qui désigne les villes en périphérie, les « banlieues » aux espaces similaires partout dans le monde, cet espace intermédiaire que Ballard a décidé d’habiter, ayant été un résident de Shepperton la plupart de sa vie.</p>
<p><em>I.G.H.</em>, titre français de <em>High-Rise</em>, clôture ainsi la « trilogie du béton », une phase déterminante de l’œuvre ballardienne. C’est un aboutissement stylistique et philosophique : narrant la détérioration des relations interpersonnelles dans un immeuble de grande hauteur dans la banlieue londonienne, Ballard y décrit une société repliée sur elle-même qui régresse et développe une guerre balkanique au sein de la tour. Ce qui pourrait être une fable un peu indigeste et prévisible devient un miroir effrayant de notre civilisation où les écarts entre riches et pauvres ne cessent de déchirer le tissu social et où les rêves d’un chacun se fracassent contre le béton d’une architecture aveugle, tombeau d’une humanité qui retrouve une étincelle de sérénité dans l’acceptation de sa sauvagerie inévitable.</p>
<p>D’emblée on peut se réjouir d’une chose : il n’est pas nécessaire de savoir tout cela pour apprécier <em>High-Rise</em> de Ben Wheatley. Alors pourquoi un tel préambule ? Car c’est tout aussi bien de le savoir, que de l’apprendre après coup. Ben Wheatley ne s’embarrasse pas d’un discours théorique pesant, il nous dévoile un film foutraque, généreux, parfois bancal mais toujours divertissant, surprenant et esthétiquement ravissant. Et il se trouve en plus que c’est là peut-être la plus fidèle adaptation de Ballard au cinéma. Spielberg et Cronenberg avaient tous deux brillamment trahi la source de leur récit. Wheatley embrasse le roman, s’y plonge, injecte ses obsessions et ressort avec un film dont la fragilité et le côté punk se marient parfaitement avec le ton de Ballard qui semble parfois (faussement) découvrir ses personnages au moment de les écrire. Il y a ainsi des moments de fureur, de poésie, des échappées lyriques et des blagues vulgaires. Tout ça s’enchaînant avec la logique qui se trouvait dans les films des années 1970.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/high-rise-ben-wheatley-tom-hiddleston.jpg" alt="High-Rise, de Ben Wheatley" title="High-Rise, de Ben Wheatley" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23373" />En situant son film à l’époque où Ballard a écrit le roman, Wheatley renoue avec l’esprit libre et expérimental du cinéma de cette époque. Et comme il l’explique, situer le film de nos jours aurait été une erreur : les technologies actuelles, particulièrement les réseaux sociaux rendraient un tel événement différent, c’est un prisme biaisé qui donnerait une portée trop étroite à ce récit. Alors qu’en renouant avec le look <em>70’s</em>, Wheatley crée une dystopie du passé qui nous éclaire mieux sur notre société actuelle.</p>
<p>Soutenu par un casting cinq étoiles en très grande forme, <em>High-Rise</em>, pardonnez le jeu de mots, atteint des sommets. Tom Hiddleston confirme qu’il est un des acteurs les plus intéressants de sa génération et Sienna Miller trace une carrière singulière tout en douceur et discrétion. Jeremy Irons retrouve les sommets de son art en étant sur le toit de cet immeuble improbable, entre la pyramide et le HLM.</p>
<p>La liberté de ton du film en agacera certains, d’autres critiqueront le désordre ambiant qui semble affecter la mise en scène. Mais ce n’est pas sans rappeler le précédent film du réalisateur : <em>A Field In England</em>. Manifeste anarcho-punk psychédélique complètement barré dont on ne sort pas indemne. Wheatley injecte autant de folie et d’inventivité dans son immeuble au récit (presque) classique que dans son petit film expérimental. Le résultat est détonnant, déroutant, enthousiasmant&#8230; pour qui accepte son destin et se laisse porter par la créature hybride qu’est <em>High-Rise</em>, odyssée dévastatrice, onde de choc, murmure, bref, une œuvre un peu inclassable mais bouleversante car elle parle à notre être profond.</p>
<p>Tout comme un roman de Ballard qui nous perd parfois (et se perd sûrement&#8230;), il faut accepter que nous n’avons pas le contrôle de la narration, que nous sommes une figure dans un faisceau de connexions et que tout cela est appelé à disparaître, tôt ou tard. Ce réseau est peut-être une fiction, un rêve ou autre chose, peu importe, il faut enfin intérioriser qu’il n’y a plus de distinction entre ça et la « vie », entre le cinéma et la réalité. <em>High-Rise</em> n’est pas qu’un film, c’est le fragment d’une histoire à venir, l’annonce d’une apocalypse qui épelle notre nom.</p>
<p><a href="#ref" name="ref"></a></p>
<p style="font-size:90%">(1) J.G. Ballard dans « Zones d’influences », entretien avec J.G. Ballard par Stan Barets &#038; Yves Frémion, 1977. Paru dans <em>J.G. Ballard – Hautes altitudes</em> (dir.) Jérôme Schmidt &#038; Emilie Notéris, Editions ère, 2008, Alfortville.<br />
(2) Bruce Bégout « SUBURBIA du monde (urbain) clos à l’univers (suburbain) infini ». Paru dans <em>J.G. Ballard – Hautes altitudes</em> (dir.) Jérôme Schmidt &#038; Emilie Notéris, Editions ère, 2008, Alfortville.</p>
<p>&nbsp;<br />
High-Rise de Ben Wheatley, avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons, Sienna Miller&#8230; Angleterre, 2015. Sortie le 6 avril 2016.</p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/llzrlk/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Le Géant égoïste, de Clio Barnard</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2016 14:24:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Justine Monchecourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
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		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>La noirceur au bout des doigts</h3>
<p><strong>Un film, une séquence, un plan. Quand le cinéma donne aux mots l&#8217;envie de se faire du cinéma. Relecture de films, entre projections réelles et rêvées. Parce qu&#8217;on ne sort jamais vraiment intact d&#8217;une salle obscure.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/03/le-geant-egoiste.jpg" alt="Le géant égoïste, de Clio Barnard" width="280" height="190" class="alignleft size-full wp-image-23180" />Nous entrons de nuit dans le film, par une colline endormie. La ligne d’horizon est haute, les étoiles embrasent le ciel. Des chevaux immobiles, têtes baissées, paissent des touffes d’herbe. Cette prairie tranquille n’est qu’une vision voilée, fantasmée, l’antichambre d’un autre monde qui se situe à la lisière de cette nuit. Après-midi gris et moite, Bradford, ville du nord de l’Angleterre. Sa rase campagne ponctuée de pylônes électriques bruissants, ses déchets ravalés, traînant le long des trottoirs et absorbés par la végétation environnante, ses rues désertes, quelques habitants, prostrés. Des maisons vétustes collées les unes aux autres, comme pour contenir le peu de chaleur qui resterait à partager. C’est dans ce cadre qu’évoluent Arbor et Swifty, deux gamins laissés-pour-compte. Ils forment un duo d’oiseaux écorchés, qui fonctionnent comme deux pôles aimantés : Arbor, persistant dans des soubresauts vitaux, électrifié par sa colère et Swifty, qui recueille les heurts dans ses mains pour les apaiser. Sous le lit, endiablé, Arbor accepte de détendre le poing pour absorber la chaleur de Swifty. Il laisse la tendresse imbibante de Swifty le toucher. Allongés sur la moquette beige, ils s’immobilisent, Swifty a le regard profond de ses ascendants gitans. L’absorbant et l’absorbé. Quand l’un ne parvient plus à se soulever et que l’autre promet de tout supporter. <span id="more-23179"></span><br />
Sortis du système scolaire, les deux amis trouvent chez Kitten, marchand de ferraille, la possibilité de récupérer leurs vies laissées sur le bord de la route. Kitten rachète vieux frigos, machines à laver, voitures, vélos à celui qui les lui apporte. Arbor ne pense alors plus qu’à une chose : remplir ses poches de livres sterling en versant dans la décharge de Kitten les décombres de la ville. Munis d’une poussette, les deux compagnons vont arpenter les rues pour ramasser les rognures recrachées par la ville. Un soir, nous les suivons, vagabonds dans une ville déshumanisée, scrutant dans l’obscurité des hommes aux desseins douteux, qui déposent des câbles sur une voie ferrée, attendant qu’un train passe et les sectionne. Arbor réalise alors que la richesse n’est pas honnête fille. Délaissant ses casseroles glanées dans les bas-côtés, Kitten lui apprend à faire fondre la gaine noire des câbles volés dans des feux en campagne, à l’abri des regards. La tâche accomplie, Arbor passe la main sur le câble, enlève la suie. Le métal brille. Arbor se met à rêver du cuivre. Face au paysage, les mains sales, il se laisse bercer par le grésillement des lignes à haute tension. C’est à ce moment-là, dans le débordement frénétique des uns et des autres que le film nous fait vaciller entre envies avides grandissantes et saccades ténues d’humanité. Que reste-t-il des liens humains, une fois la gaine retirée ?</p>
<p><strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-clio-barnard-selfish-giant-geant-egoiste/" target="_blank">&raquo; Lire l&#8217;interview de Clio Barnard sur Grand Écart</a></strong></p>
<p>&nbsp;<br />
Le Géant égoïste<em> (The Selfish Giant) de Clio Barnard, avec Conner Chapman, Shaun Thomas, Sean Gilder&#8230; Angleterre, 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Sortie le 18 décembre 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xvrkfq/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Hammer : le coffret de tous les cauchemars</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Nov 2015 17:43:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Hammer]]></category>
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		<description><![CDATA[Si vous désirez vivre une expérience de voyage dans le temps où gothique et horreur font bon ménage, je vous conseille vivement l’acquisition de ce coffret Hammer...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous désirez vivre une expérience de voyage dans le temps où gothique et horreur font bon ménage, je vous conseille vivement l’acquisition de ce coffret Hammer, <em>Le coffret de tous les cauchemars</em>, rassemblant quatre bijoux tournés au début des années 1970. Quatre films d’excellente facture qui font honneur au célèbre studio. En 1976, les aficionados du genre vivront, avec <em>Une fille… pour le diable</em>, une triste extinction des feux. Mais là n’est pas le sujet, alors revenons à nos moutons enragés. Préparez-vous à recevoir dans vos salons des vampires assoiffés de sang, des goules assoiffées de sexe, des villageois assoiffés de bière et des aristocrates assoiffés de pouvoir. Les fameuses demeures victoriennes équipées de leurs fameux escaliers en bois combleront de joie les fidèles du magazine Relais et Châteaux. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/lessevicesdedracula-1.jpg" alt="Les Sévices de Dracula, de John Hough" width="280" height="164" class="alignleft size-full wp-image-22545" /><strong><em>Les Sévices de Dracula</em>, réalisé par John Hough, avec Peter Cushing, Dennis Price, Mary Collinson, Madeleine Collinson… </strong></p>
<p>A la mort de leurs parents, Fride et Maria (les sœurs Collinson) doivent quitter Vienne pour un petit village où elles sont recueillies par leur oncle, Gustav Weil (Peter Cushing). Ce fanatique religieux traque et brûle les sorcières des alentours. Il s’oppose au comte Karnstein (Damien Thomas), une créature de la nuit qui convoite les jumelles pour les initier à ses perversions maléfiques.<br />
Il ne faut que quelques secondes pour se fondre dans l’ambiance macabre. Peter Cushing incarne un fou de Dieu, un horrible inquisiteur armé d’une milice toute soumise à ses sombres désirs, passant ses nuits à brûler les jolies filles. Blondes, brunes ou rousses, tant qu’il y a de la braise… Au moment où Fride et Maria débarquent, le vieil oncle acariâtre crame à tour de bras. <span id="more-22538"></span>Problème. Les sœurs jumelles sont belles à mourir. Des petits seins fermes, une peau laiteuse, des petits culs rebondis. Difficile de ne pas être émoustillé. Cette adaptation réussie du roman <em>Carmilla</em> de Sheridan Le Fanu ne baisse jamais de rythme. On ne s’ennuie pas une seconde. Quand l’une des sœurs tombe sous le charme du vampire, il se joue une cruelle guerre des sentiments. Tonton condamnera-t-il sa nièce au bûcher ? Suspense. Le château, le village, l’épaisse forêt, tout l’environnement provoque le frisson. Les perversions maléfiques du comte Karstein méritent que vous y jetiez les deux yeux. Un très chouette film fantastique.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/comtessedracula-2.jpg" alt="Comtesse Dracula, de Peter Sasdy " width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-22541" /><strong><em>Comtesse Dracula</em>, réalisé par Peter Sasdy,avec Ingrid Pitt, Nigel Green, Lesley-Anne Down…</strong></p>
<p>Depuis la mort de son mari, la terrible Comtesse Elisabeth (Ingrid Pitt) règne cruellement sur ses sujets. Mais cela ne suffit pas à la veuve, en quête d’une jeunesse éternelle.<br />
Quand elle découvre que le sang de jeunes vierges lui redonne le visage de ses 20 ans, elle n’hésite pas à envoyer son amant, le capitaine Dobi (Nigel Green), à la recherche de ses futures victimes afin de retrouver sa beauté perdue.<br />
Quel bonheur chers lecteurs ! <em>Comtesse Dracula </em>ne fait pas dans la dentelle ! Les jeunes vierges du village terminent leurs belles années vidées de leur sang au fond de la baignoire de la comtesse Elisabeth. Une nouvelle fois, on ne voit pas le temps passer en compagnie de la diablesse Bathory (revoyez l’excellent film de Julie Delpy sur la vraie Comtesse). La splendide Ingrid Pitt fait des merveilles dans ce rôle de sorcière schizophrène. On attend avec impatience le moment où les pères et les mères éplorés feront la peau à la vieille bique. L’esthétique du film rappelle le cinéma fantastique de l’Europe de l’Est avec ces décors et costumes pas très orthodoxes (jeu de mots laid). Un très bon cru.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/lafilledejackleventreur-3.jpg" alt="La Fille de Jack l&#039;éventreur, de Peter Sasdy" width="280" height="168" class="alignleft size-full wp-image-22542" /><strong><em>La Fille de Jack l’éventreur</em>, réalisé par Peter Sasdy, avec Eric Porter, Angharad Rees, Jane Merrow…</strong></p>
<p>Le docteur John Prichard (Eric Porter) recueille Anna (Angharad Rees), témoin du terrible meurtre de la médium pour laquelle elle travaillait. Rapidement, il se rend compte que, suite à un traumatisme, la jeune fille développe des troubles du comportement qui fascinent le psychiatre. Quinze ans auparavant, Anna a assisté à l’assassinat de sa mère par son propre père, le célèbre Jack l’éventreur. En proie à ses démons, la fille perpétuerait-elle l’héritage du tueur ? A moins que la vérité soit bien pire encore !<br />
<em>La Fille de Jack l’éventreur</em> ! Ouch ! On peut avoir peur. Comment une telle idée a-t-elle pu germer ? Et pourquoi pas la petite cousine de Frankenstein ! Eh bien que nenni ! Laissez-vous prendre au jeu des apparences. Arpentez les rues malfamées de Whitechapel et partez à la rencontre de sa populace. Rencontrez l’enfant du Mal au cœur de Londres.<br />
Les décors soignés font pour beaucoup à l’ambiance <em>so british</em>. Eric Porter et Angharad Rees s’amusent comme des petits fous. Ils sont aux limites du cabotinage mais tellement bons ! Le film ne laisse aucun répit. Encore une réussite. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/lecirquedesvampires-4.jpg" alt="Le Cirque des vampires, de Robert Young" width="280" height="198" class="alignleft size-full wp-image-22543" /><strong><em>Le Cirque des vampires</em>, réalisé par Robert Young, avec Adrienne Corri, Anthony Higgins…</strong></p>
<p>XIXe siècle. Les habitants d’un petit village exécutent le terrible comte Mitterhaus qu’ils soupçonnent de vampirisme. Dans son dernier souffle, la créature leur lance une malédiction. Quinze ans plus tard, alors que le village est décimé par une épidémie, un cirque vient distraire la population de ses malheurs avec de fabuleux spectacles de métamorphoses. A la nuit tombée, clowns, acrobates, femmes-léopards commencent leur numéro, mais le public ignore tout de l’horrible dessein qui se trame en coulisse pour le village maudit…<br />
<em>Le Cirque des vampires</em> exhale toute la poésie horrifique du studio Hammer. Une folie cathartique qui sonne comme des adieux. En effet, encore quatre années, une poignée de longs-métrages et le studio fermera bientôt ses portes. Si le film ne manque pas d’ambitions formelles, le scénario n’est pas très clair. Voire un peu bancal. On ne sait pas si l’origine du problème vient de coupes franches ou de raccourcis malheureux. Je penche plutôt vers la deuxième solution. Mais l’ambiance unique, presque malsaine, nous fait oublier la narration un poil confuse. Tim Burton serait le réalisateur parfait pour un remake. Voilà un barnum jubilatoire.</p>
<p>&nbsp;<br />
Hammer : le coffret de tous les cauchemars, <em>disponible en coffret DVD chez Elephantfilms.</em></p>
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		<title>Boomerang, de François Favrat</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2015 08:19:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Mélanie Laurent]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/09/boomerang-francois-favrat-tatiana-de-rosnay-lafitte-laurent-melanie.jpg" alt="Boomerang, de François Favrat" title="Boomerang, de François Favrat" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22430" />Ah, les secrets de famille ! Ressource inépuisable du cinéma, elle a rarement été usitée en France sous la forme du thriller. En général, on préfère le huis clos où les vociférations succèdent aux pleurs ou l’inverse, jusqu’au dénouement final, bien évidemment tout en tension dramatique. Avec <em>Boomerang</em>, adaptation d’un best-seller de Tatiana de Rosnay, on n’échappe pas à ce cahier des charges, mais on le sort de son carcan. On lui fait prendre l’air, notamment celui de Noirmoutier où Antoine (intense et magnétique Laurent Lafitte) et sa petite sœur Agathe (Mélanie Laurent que l’on n’avait plus vue aussi juste et émouvante depuis longtemps), commémorent les trente ans de la mort de leur mère par noyade, mystère qui n’a jamais été élucidé et reste lettre morte dans une famille qui préfère parler du beau temps que de rentrer dans de scabreux détails. Et Antoine en a assez, de ce mutisme. Il s’agite, remue tous les méandres enfouis, sans relâche, afin de découvrir le fin mot de l’histoire. Les causes n’allant jamais sans leurs conséquences, ce petit séisme dont Antoine est l’épicentre, va bouleverser une famille boulimique de secrets inavouables. Il y en aura pour tout le monde et personne n’en sortira indemne. Certes, l’ensemble est filmé comme un téléfilm de France 2 de bonne facture, avec de beaux paysages, les embruns qui vous fouettent les narines, des touches d’humour pour décompresser un peu. <span id="more-22428"></span>Mais on entre dans cette famille par effraction et on ne parvient plus à faire marche arrière, grâce à toute une galerie de seconds rôles : Audrey Dana en médecin légiste attachante, Bulle Ogier en mamie gâteaux tout en sucre et en fiel, ou encore Wladimir Yordanoff en père autoritaire dépassé. De révélation en révélation, d’engueulades en réconciliations, on suit les deux protagonistes dans leur quête de vérité avec délices. Même si chacun ne recherche pas la même chose : le besoin d’apaisement pour l’aîné, le désir d’oublier pour la cadette. Cela dépend de leur manière de lancer leur propre boomerang et de le rattraper. Quand il daignera revenir…</p>
<p>&nbsp;<br />
Boomerang <em>de François Favrat, avec Laurent Lafitte, Mélanie Laurent, Audrey Dana, Wladimir Yordanoff, Bulle Ogier… France, 2015. Sortie le 23 septembre 2015.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/5qk8rx/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Trois classiques adaptés au cinéma</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/adaptation-litteraire-classique-joyce-shakespeare-doyle-gens-dublin-huston/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2015 13:49:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[James Joyce, William Shakespeare, Arthur Conan Doyle. John Huston, Renato Castellani et Irwin Allen. Le premier est un chef-d’œuvre du cinéma, le deuxième un classique et le troisième l’hommage au...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>James Joyce, William Shakespeare, Arthur Conan Doyle. John Huston, Renato Castellani et Irwin Allen. Le premier est un chef-d’œuvre du cinéma, le deuxième un classique et le troisième l’hommage au cinéma de quartier. Retour sur trois classiques littéraires adaptés par des maîtres du septième art.</strong><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Gens de Dublin</em> réalisé par John Huston avec Angelica Huston, Donal McCann, Bairbre Dowling ….</strong></p>
<p>Dublin hiver 1904. Les vieilles demoiselles Morhan organisent comme chaque année une soirée de réveillon, où les esprits les plus brillants et fortunés de la ville se pressent pour profiter de l’ambiance joyeuse. Parmi les convives, Gabriel Conroy (Donal McCann), le neveu favori des hôtes fait une entrée remarquée en compagnie de sa magnifique femme Gretta (Angelica Huston). Mais l’insouciance du moment est bientôt troublée par la mélancolie profonde de Gretta, dont le fantôme d’une douloureuse passion est réveillé par les récits et les chants de la fête.<br />
<em>Gens de Dublin</em> est tiré de la nouvelle <em>The Dead</em> issue du recueil <em>Gens de Dublin</em> du grand, très grand James Joyce. Cet ouvrage fait figure de référence quant à la description et l’analyse sociogéographique d’une ville au début du XXe siècle. <em>Gens de Dublin</em> est le dernier film du cinéaste John Huston. Souffrant, Huston dirigea depuis son lit, raconte la légende.<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/gens-de-dublin.jpg" alt="Gens de Dublin, de John Huston" width="243" height="162" class="alignleft size-full wp-image-20527" />Ce chef-d’œuvre, car il s’agit d’un « vrai » chef-d’œuvre, s’est inscrit au panthéon du septième art pour sa fin. Un épilogue d’une beauté absolue qui transperce le cœur.<br />
Nous voilà embarqués au cœur d’une petite maison bourgeoise. Le cocher dépose les invités. Les ombres géantes caressent les murs et passent la porte. Tombe la neige. Les conversations polies hantent le couloir. Au 1er étage, résonne la voix de la maîtresse de maison soutenue par quelques notes de piano. Entre deux chants, le parquet supporte les danses de salon. Dans la salle à manger, la carcasse de l’oie rôtie trône sur la table. Les conversations s’animent et les souvenirs surgissent. Le pudding flambé renouvelle les amitiés. L’heure du départ approche. Et la fin, sublime. <span id="more-20523"></span><br />
<em>Gens de Dublin</em>, plus qu’aucun autre film, est le siège de la simplicité et de la complexité. Vous ne trouverez jamais d’autres conversations aussi banales et aussi profondes. Les mots du quotidien chargés de convenance racontent les histoires de chacun sans jamais rien dévoiler de l’intime. Jusqu’à l’épilogue.<br />
Vous qui ne connaissez pas <em>Gens de Dublin</em>, chanceux que vous êtes ! Vous goûterez 1h19 de pureté cinématographique. John Huston possède ce génie des grands d’inventer chaque scène comme unique, dépendante de la précédente et qui appelle la suivante. Les acteurs et les actrices rivalisent de justesse.<br />
Absolument recommandé.<br />
<em>Disponible en DVD dans la Collection des Maîtres « Cinemas Master Class ».</em><br />
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<strong><em>Roméo et Juliette</em> réalisé par Renato Castellani avec Laurence Harvey, Susan Shentall, John Gielgud et Flora Robson…</strong><br />
Vérone. Lors d’un bal masqué, les jeunes Roméo et Juliette tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, au mépris de la haine que se vouent leurs familles, les Capulet et les Montaigu. Le père de Juliette, afin de s’opposer à cette idée, organise l’union de sa fille avec le Comte de Paris. Dans le même temps, Roméo tue un Capulet, Tybald, pour venger Mercutio, son meilleur ami lors d’un duel. Alors que les noces de sa bien-aimée sont arrangées en toute hâte, il est poussé à l’exil, loin de Vérone.<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/romeo-and-juliet.jpg" alt="Romeo and Juliet, de Renato Castellani" width="247" height="190" class="alignright size-full wp-image-20528" />D’après les fans de Shakespeare, les vrais de vrai, les mêmes qui suivent Motorhead en tournée, ce <em>Roméo et Juliette</em> réalisé par Renato Castellani n’est pas la meilleure adaptation mais l’une des plus respectueuses. Je me garderais bien de vous pointer le film parfait, je n’en sais fichtre rien.<br />
L’image restaurée vous transporte 500 ans en arrière à l’époque où les demoiselles et les damoiseaux s’amourachaient d’une œillade coquine couverts d’oripeaux feutrés à la mode de chez eux. Ce <em>Roméo et Juliette</em>-là n’est pas très rock and roll ! Il reprend l’intrigue sans jamais trahir l’esprit de la pièce, évite les digressions et se contente d’assurer au récit que les grands thèmes étudiés à l’école soient présents. Le film rassurera l’institution scolaire mais pas sûre qu’il suscite l’engouement de la nouvelle génération. Du moment que les salauds soient salauds, les amoureux amoureux et la tragédie tragique…<br />
Un classique très plaisant à découvrir ou à redécouvrir.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray dans la Collection des Maîtres « Cinemas Master Class ».</em><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Le Monde perdu</em> réalisé par Irwin Allen avec Michael Rennie, Jil Saint-John, Claude Rains, Fernando Lamas…</strong><br />
Le professeur Challenger organise une grande expédition. Accompagné d&#8217;une équipe de scientifiques, il part en pleine jungle amazonienne pour explorer une plaine sur laquelle vivent encore des dinosaures.<br />
Producteur et réalisateur, grand spécialiste du film d’aventures (<em>Cinq semaines en ballon</em>, <em>Voyage au fond des mers</em>, <em>Perdus dans l’espace</em>…), Irwin Allen est comme un poisson dans l’eau dans l’univers d’Arthur Conan Doyle. Le charme du film, un brin compassé (soyons honnêtes !), réside dans les expressions guindées et la prestance des interprètes toujours disposés à lever le sourcil dans un souci de coquetterie et de complicité. Jil Saint-John incarne l’aventurière de service qui désire s’incruster coûte que coûte dans l’équipe parce que les femmes, c’est comme ça, on le droit de chausser les bottes comme les hommes, c’est comme ça, pas la peine de le répéter deux fois. Un bon conseil, évitez de planter une amie féministe devant la télé, elle risque de défaillir ! Vous retrouverez cette méfiance machiste du héros dans <em>Voyage au centre de la Terre</em>. Sacrées bonnes femmes qui feraient mieux d’astiquer les fourneaux encrassés de gras !<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/le-monde-perdu.jpg" alt="Le Monde perdu, de Irwin Allen" width="250" height="192" class="alignleft size-full wp-image-20529" />L’aventure, c’est l’aventure. Les expéditions à l’ancienne valent pour leur longue préparation et le mystère qui toujours s’épaissit. Aujourd’hui, le moindre satellite vous calcule l’itinéraire le plus difficile en deux temps, trois mouvements. Les mondes perdus ne le restent jamais longtemps avant d’être envahis de touristes, putes, chercheurs d’or, toxicos, trafiquants si chers à Bernard de La Villardière.<br />
<em>Le Monde perdu</em> garde une belle intensité jusqu’aux premières découvertes. Ensuite, la tension se relâche, les nerfs lâchent, chacun y va de son couplet sur les intérêts à s’accaparer, ou pas, ce foutu nouveau monde. Dans le dernier tiers, on retrouve la magie qui hante les cités oubliées.<br />
Un chouette film d’aventures à l’ancienne, plein de carton pâte et de bric et de broc.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.</em></p>
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		<title>Une semaine dans la vie de Stephen King, un roman d’Alexandra Varrin</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Mar 2015 16:10:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Sa passion pour Stephen King, Alexandra Varrin nous l’explique avec pudeur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/alexandra-varrin-une-semaine-dans-vie-stephen-king-livre.jpg" alt="Une semaine dans la vie de Stephen King, d&#039;Alexandra Varrin" title="Une semaine dans la vie de Stephen King, d&#039;Alexandra Varrin" width="184" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20407" />Sa passion pour Stephen King, Alexandra Varrin l’expose sans ambages, et nous l’explique avec pudeur. Une pudeur bien à elle, qui s’exprime dans un style franc du collier et bourré d’énergie, sans doute la meilleure façon d’éviter les malentendus et les lecteurs à la con. Une présentation sans armure. La passion faite de considération nourrit la prose comme elle renforce la couenne.<br />
Cette fille-là se présente comme tendre à l’intérieur et terrible à l’extérieur. « Nougat et nougatine », disait ma grand-mère Alexandrine, trois fois championne du monde de Nain Jaune. Alexandra ne se dissimule pas sous les artifices du fan décérébré, vous l’aurez compris. Attention toutefois quand j’écris « terrible », ne comprenez pas « terrible » dans le sens « méchante et mauvaise » mais plutôt que la demoiselle s’est offerte une paire de couilles à faire pâlir de honte Tom Hardy et qu’elle les pose rarement sur le buffet de l’entrée.<br />
Il y a du jus dans ce roman. </p>
<p>Alexandra passe sa jeunesse au cœur de la Franche-Comté chez ses grands-parents qui l’élèvent et côtoie « maman », mais pas tout le temps. L’amour ne manque pas, il est difficile de l’apprécier.<br />
Dans cette histoire, le maître apparaît au détour d’un rayon de bibliothèque municipale. Quand la jeune Alexandra, âgée d’une douzaine de printemps tardifs, se fond dans l’univers du King, c’est pour ne plus jamais revenir. Le ticket sera sans retour. <span id="more-20401"></span></p>
<p>Mais quid de cette fameuse semaine ? Fin 2013, Stephen King débarque à Paris promouvoir <em>Docteur Sleep</em> roman qui reprend le personnage de Danny Torrance, le jeune héros de <em>Shining</em> devenu adulte. Quelques semaines plus tôt, le milieu et les passionnés savent que l’écrivain prendra son temps car l’homme voyage peu. Alexandra rappelle l’angoisse de l’attente mais surtout la crainte de manquer l’occasion de le croiser, et pire, l’appréhension de le sentir à proximité sans même pouvoir le caresser des yeux. Rater la moindre consolation reste insupportable. C’est sans compter sur cette fameuse paire de burnes qui encombre le pantalon de la demoiselle car Alexandra nous donne une sacrée leçon de volonté. <em>Une semaine dans la vie de Stephen King</em>, c’est le titre du roman. La messe est dite. Alexandra nous fait vivre jour après jour les rendez-vous télé et radio et cerise sur une pâtisserie d’Annie Wilkes, les fameux moments où. Les fameux moments où quoi ? Pour les découvrir, je vous conseille d’acheter le roman. Aussi, Alexandra revient en détail sur deux œuvres majeures : le cycle de <em>La Tour sombre</em> et <em>Le Fléau</em> dans le dessein de mieux nous expliquer la complexité de l’univers du King. Une belle attention pour les néophytes, une belle mise au point pour les fans.<br />
Un roman qui résonne avec beaucoup d’amour et de passion. </p>
<p>- Alexandra, donne-nous ton avis sur les adaptations cinéma !<br />
- Mais bien sûr Cédric.</p>
<p><strong><em>Carrie</em> réalisé par Brian De Palma ?</strong><br />
Une très bonne adaptation après laquelle il aurait été de bon ton de s’arrêter. Je ne sais pas à combien de suites et remakes nous en sommes exactement, mais ça en fait probablement le texte le plus rentable de toute la carrière de Stephen King !</p>
<p><strong><em>Dead Zone</em> réalisé par David Cronenberg ?</strong><br />
Jusque-là c’était parfait. Et puis il y a eu cette série stupide… </p>
<p><strong><em>Christine</em> réalisé par John Carpenter ?</strong><br />
Je n’ai vu le film qu’une fois et il y a longtemps ; je me souviens que toute l’atmosphère des années 1950 personnifiée par la voiture en elle-même et la BO y était retranscrite à la perfection, avec de bonnes scènes terrifiantes en prime. L’aspect plus psychologique concernant le personnage d’Arnie Cunningham y est juste esquissé, en revanche, alors qu’il occupe une place très importante dans le livre. C’est visuellement moins intéressant que cette horrible bagnole, cela dit. </p>
<p><strong><em>Shining</em> réalisé par Stanley Kubrick ?</strong><br />
Stephen King n’a pas aimé cette adaptation, en arguant du fait qu’elle était trop différente de son livre et en avançant un argument imparable : personne de sensé n’embaucherait un type à l’allure de Jack Nicholson pour s’occuper seul de la gestion d’un hôtel comme l’Overlook.<br />
Le documentaire <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/room-237-kubrick-rodney-ascher/" title="Room 237, de Rodney Ascher">Room 237</a></em> offre une théorie intéressante partant du principe que Kubrick aurait délibérément pris le parti de « tuer » l’œuvre d’origine pour se l’approprier complètement : dans le livre, les Torrance arrivent à l’hôtel à bord d’une coccinelle rouge, qui est jaune dans le film et on voit cette voiture jaune croiser son double rouge, accidenté – ce qui ne relève certainement pas du hasard.<br />
Stephen King a incontestablement raison en disant que l’adaptation de Kubrick est différente, voire en opposition à son livre. Ce qui n’enlève rien au fait que le <em>Shining</em> de Kubrick soit un très très grand film d’horreur. </p>
<p><strong><em>Stand By Me</em> réalisé par Rob Reiner ?</strong><br />
Le livre est un très beau conte sur l’amitié, la nostalgie de l’enfance et le passage à l’âge adulte, autant d’émotions qui sont parfaitement retranscrites dans le film. </p>
<p><strong><em>Misery</em> réalisé par Rob Reiner ?</strong><br />
Sans cette adaptation, seuls les lecteurs du livre se seraient rendu compte à quel point Annie Wilkes est un personnage casse-pied, et je trouve important que ce constat frappe l’imaginaire collectif de la manière la plus large et percutante possible. Kathy Bates est une actrice formidable. </p>
<p><strong><em>Les Evadés</em> réalisé par Frank Darabont ?</strong><br />
Pourquoi ce titre ? Sérieusement ? <em>La Rédemption de Shawshank</em>, c’était très bien ; là c’est comme si on avait donné au <em>Sixième Sens</em> un titre du genre « Le mec en fait c’est parce qu’il est mort qu’il voit des morts ». </p>
<p><strong><em>Dolores Claiborne</em> réalisé par Taylor Hackford ?</strong><br />
Une fois de plus, Kathy Bates est une actrice formidable. </p>
<p><strong><em>Un élève doué</em> réalisé par Bryan Singer ?</strong><br />
La nouvelle va encore plus loin dans le sordide, mais le film est un sacré choc aussi. La joyeuse marche du papi dans son petit déguisement m’a particulièrement fait froid dans le dos. </p>
<p><strong><em>La Ligne verte</em> réalisé par Frank Darabont ?</strong><br />
Comme <em>Les Evadés</em>, on est très très proche du livre, avec des passages entiers de narration qui sont repris en voix off. Qui n’a pas pleuré en voyant <em>La Ligne verte</em> la première fois ? </p>
<p><strong><em>Cœurs perdus en Atlandide</em> réalisé par Scott Hicks ?</strong><br />
Anthony Hopkins doit être un des seuls acteurs capables d’incarner un personnage comme Hannibal Lecter et de le faire instantanément oublier en campant le rôle d’un bienveillant. </p>
<p><strong><em>Fenêtre secrète</em> réalisé par David Koepp ?</strong><br />
La nouvelle avait été un choc pour moi parce que je l’ai lue à un âge où la schizophrénie était un thème peu à la mode dans les histoires et films d’horreur, hormis <em>Psychose</em> bien sûr. Je ne m’attendais pas du tout à la chute, qui est sans doute prévisible maintenant – le fait que <em>Fenêtre secrète</em> (le film) soit sorti après un film comme <em>Fight Club</em> n’a sûrement pas joué en sa faveur.<br />
Johnny Depp fait un très bon Mort Rainey en tout cas, mais je le soupçonne d’être un peu comme ça dans la vraie vie : fou à lier, crade et en peignoir. </p>
<p><strong><em>Chambre 1408</em> réalisé par Mikael Hafström ?</strong><br />
Je retiens une scène parmi toutes : celle où John Cusack, à la fenêtre de la fameuse chambre, fait signe à une personne qui se trouve dans l’immeuble d’en face, plein d’espoir à l’idée d’avoir trouvé un moyen de s’échapper de son enfer, et se rend compte que ladite personne ne fait qu’imiter en effet de miroir les mêmes gestes que lui. Ensuite un fantôme l’attaque, ça gâche un peu l’effet, finalement. </p>
<p><strong><em>The Mist</em> réalisé par Frank Darabont ?</strong><br />
C’est dommage qu’il faille se fader tous les soliloques de la vieille bigote avant la fin, magistrale. </p>
<p><strong><em>Ça</em> réalisé par Tommy Lee Wallace ?</strong><br />
Tim Curry fait bien Grippe-Sou.<br />
A part ça, ce téléfilm reste une sombre daube qui aura quand même traumatisé toute une génération et pour lequel j’ai une étrange affection qui me pousse à le revisionner de temps en temps, quand vraiment ça ne va pas.<br />
Tout le symbolisme très très fort dans le livre au sujet de l’enfance, de la croyance, a simplement été éradiqué, et la richesse et la multiplicité des niveaux de lecture du roman en est réduite à une peau de chagrin. </p>
<p><strong>Un coup de cœur et un coup de boule ?</strong><br />
Je vais déjà commencer par le coup de gueule à propos de Jamey Sheridan dans l’adaptation en mini-série du <em>Fléau</em> (par Mick Garris) : le méchant le plus charismatique de toute l’œuvre de Stephen King, la figure du Mal absolu, l’agent du Chaos, ça n’est pas possible qu’il ait un <em>mullet</em>.<br />
Je pense que Rob Reiner et Frank Darabont réalisent les meilleures adaptations de Stephen King. Toutes celles de la liste sont globalement réussies d’ailleurs, et je pense que les ratées (type <em>Les Tommyknockers</em>, <em>Les Langoliers</em>, <em>Simetierre</em> et j’en passe) viennent du fait que les réalisateurs focalisent sur les éléments surnaturels au détriment d’une réflexion sociologique très riche, invariablement présente dans les romans.<br />
Et je trouve ça dommage, parce que beaucoup de gens qui n’ont vu que les films passent à côté de la multiplicité des degrés de lecture que les romans restent les plus susceptibles de nous offrir.<br />
En conséquence, tout ce que je demande, c’est qu’on n’adapte jamais <em>La Tour sombre</em> !</p>
<p>Merci Alexandra !</p>
<p>&nbsp;<br />
Une semaine dans la vie de Stephen King<em> d’Alexandra Varrin, éditions Léo Scheer. Sortie le 3 septembre 2014. 252 pages.</em></p>
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