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	<title>Grand Écart &#187; Vincent Lindon</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>En guerre, de Stéphane Brizé</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2018 20:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>La réalité du marché</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/EnGuerre1.jpg" alt="En guerre" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26420" />Après le Thierry de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/loi-du-marche-stephane-brize-cannes-2015/" title="La Loi du marché, de Stéphane Brizé" target="_blank"><em>La Loi du marché</em></a>, voici Laurent, syndicaliste CGT d’une usine de sous-traitance automobile dont la fermeture est annoncée. Parce qu’elle n’est plus compétitive, explique la direction. En fait, elle l’est. Elle est même rentable. Mais pas assez : dans les 3 % au lieu des 7 à 8 % attendus par le groupe allemand, maison-mère de l’entreprise. Une différence entre compétitivité et rentabilité au cœur du dialogue de sourds entre représentants du personnel et de la direction. Les salariés ont signé un accord de compétitivité deux ans plus tôt, devant assurer l’emploi pendant au moins 5 ans, contrepartie d’augmentation du temps de travail à salaire égal et de suppression de primes. Mais deux ans plus tard, comme la loi l’y autorise, le groupe considère que le compte n’y est pas et met fin à l’accord. La valeur de la parole donnée, les objectifs divergents (emploi contre dividendes, pour résumer) sont au centre des discussions animées entre syndicalistes et patrons. Et nous sommes là, témoins invités de ces réunions qui se tiennent à huis clos. Caméra embarquée et mouvante au cœur du manque de dialogue et du conflit social. Stéphane Brizé capte les regards, les silences, les tentatives de prises de parole, les agacements. Musique, noir. Occupation d’usine. Téléphone vissé à l’oreille, Laurent veut qu’on écoute les salariés, veut changer d’interlocuteur pour sortir de l’impasse. Visage parmi d’autres, silhouette au milieu de la foule. Cris, fumée, déversement de palettes. Musique, noir. Le dispositif tourne aussi en rond que les discussions &#8211; ce qui finit par lasser tout le monde. Peut-être était-ce la volonté de Stéphane Brizé, de filmer en boucle pour montrer l’impossibilité d’en sortir, malgré les réunions qui s’enchaînent avec toujours de nouveaux venus censés apaiser le conflit, faire ressentir la fatigue d’une grève qui s’éternise. Mais cela finit par amoindrir un propos qui était suffisamment fort par lui-même. Fort sur la violence d’une parole qui répète <em>« Je vous entends, mais&#8230; »</em> et engendre une autre violence, beaucoup plus physique celle-ci. Fort sur le cynisme d’un patron allemand, qui a beau adorer la France pour ses vacances en Camargue, joue à plein des trous de souris permis par la législation pour pouvoir délocaliser la conscience tranquille. Sur l’incapacité des pouvoirs publics, réduits à faire de la figuration dans une langue qui dit tout mais surtout rien. Le film étant construit comme une ritournelle, chaque couplet apporte un éclairage différent à mesure que le conflit stagne. <span id="more-26414"></span>Des syndicats d’abord unis, puis qui s’engueulent franchement entre réformistes pragmatiques et jusqu’au-boutistes. Au regard de l’autre, les uns sont jaunes, les autres sont rouges. Pourtant, Stéphane Brizé s’attache à respecter chacun, les laissant développer leurs arguments, laissant voir leurs exaspérations, gardant toujours la justesse comme fil rouge. Et au milieu de tout ça, Vincent Lindon. Comme Eric Cantona, Vincent Lindon n’est pas un homme. C’est Vincent Lindon. Il a beau être parfois en retrait, noyé dans la masse, son engagement est total. On ne voit que lui, et le réalisateur ne regarde que lui. Son écoute, ses silences, mais aussi ses emportements, ses doutes, l’émotion qu’il tente de dissimuler quand tout se retourne contre lui dans une scène où son jeu pourtant discret explose. Une chronique désenchantée, collective mais qui se réduit finalement au destin d’un seul. Là où Ken Loach ne voit de salut que dans le collectif, Stéphane Brizé, lui, en saisit surtout la menace et la violence.</p>
<p>&nbsp;<br />
En guerre<em> de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon, Mélanie Rover, Olivier Lemaire, Bruno Bourthol&#8230; France, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. Sortie le 16 mai 2018.</em></p>
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		<title>Rodin, de Jacques Doillon</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 17:10:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Chouanière</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis qu’elle a été réhabilitée (notamment sous les traits d’Isabelle Adjani ou devant la caméra de Bruno Dumont), Camille Claudel aurait tendance à éclipser son maître, Rodin. Il faut dire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/rodin-doillon-vincent-lindon-izia-higelin.jpg" alt="Rodin, de Jacques Doillon" title="Rodin, de Jacques Doillon" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25574" />Depuis qu’elle a été réhabilitée (notamment sous les traits d’Isabelle Adjani ou devant la caméra de Bruno Dumont), Camille Claudel aurait tendance à éclipser son maître, Rodin. Il faut dire que le destin tragique de cette artiste, morte de faim dans une institution psychiatrique, méprisée par le milieu de l’art de son temps et malgré tout incommensurablement brillante, ne pouvait que faire de l’ombre à Auguste, finalement vénéré de son vivant et représentant d’une époque où l’art le plus radical a gagné, à la loyale, sa partie contre l’académisme.</p>
<p>A ce titre, le film de Jacques Doillon, qui sort en cette année du centenaire de la mort du sculpteur, vient non pas ravaler la façade d’un monument mais tenter de le revisiter. Oui Rodin fut reconnu en son temps, mais cela n’a pas été sans passer par des moments d’égarement. En choisissant de nous plonger dans la glaise de son atelier, le réalisateur préfère finalement l’intimité à la mondanité. Rodin et ses élèves, Rodin avec ses commanditaires, Rodin seul face à ses modèles : tout dans ce film contribue à montrer un sculpteur sous son angle humain. Inflexible, parfois lâche, queutard devant l’éternel, l’homme derrière <em>Le Penseur</em> et <em>La Porte de l’Enfer</em> n’était point un demi-dieu si l’on en croit ce qui nous est dépeint ici. Dans les traits et les expressions de Vincent Lindon se mirent les possibles découragements, les liens entre l’amour pour Camille Claudel (la gracieuse Izïa Higelin) et ses réussites (ou échecs) artistiques, et le doute enfin de celui qui apparaît d’abord comme un travailleur manuel lettré plutôt que comme un monstre sacré (rôle dévolu dans le film à Victor Hugo, dont Rodin peine à tirer le portrait). <span id="more-25572"></span></p>
<p>Il est devenu conventionnel aujourd’hui de ne plus évoquer les gens illustres sous l’angle traditionnel du biopic. Jacques Doillon circonscrit ainsi l’action à une très courte période de la vie de Rodin, d’à peine quelques années. Mais ce laps de temps fait sens : c’est le moment où sa relation à Claudel s’ombrage, où sa reconnaissance commence à arriver, où lui-même s’installe dans le milieu de l’art, et ne pourra plus le quitter. Avec une photographie naturaliste, un défilé de corps féminins tous dignes des bustes du maître, et une interprétation introvertie, Rodin s’éloigne du film en costumes pour devenir un produit de son époque ; au lieu de tresser des lauriers à son héros, il en rend une image en demi-teinte, loin des ors et du marbre. Et remercions donc Doillon de n’avoir pas figé son sujet en évoquant la sculpture.</p>
<p>&nbsp;<br />
Rodin <em>de Jacques Doillon, avec Vincent Lindon, Izïa Higelin&#8230; France, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes. Sortie le 24 mai 2017.</em></p>
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		<title>Augustine, de Alice Winocour</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 15:58:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alice Fargier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Winocour]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Lindon]]></category>

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		<description><![CDATA[Temps d’orage. Augustine, domestique de la maison, sert la soupe à une grande assemblée de convives...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Dans le corps d&#8217;Augustine</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/augustine-winocour.jpg" alt="Augustine de Alice Winocour" title="Augustine de Alice Winocour" width="270" height="157" class="alignleft size-full wp-image-7272" />Temps d’orage. Augustine, domestique de la maison, sert la soupe à une grande assemblée de convives. Sa main se met à trembler, elle manque de renverser le potage. La jeune fille cherche à calmer son mal, discrètement, en cuisines ; une autre jeune domestique s’enquiert d’elle, pour l’instant, seule témoin de son trouble. Augustine persiste à camoufler ses tremblements. Mais parviendra-t-elle à remplir cette interminable quantité de verres sans que personne ne s’aperçoive du mal dont elle souffre ? Véritable suspense. Ca y est, nous sommes dans son secret. Un mal caché qui deviendra très vite chose publique, objet d’étude, d’effroi et de fascination. Le spectateur est de son côté et en absolue empathie avec elle. A travers Augustine, son regard et son corps aux formes affirmées, nous frémirons, désirerons pendant plus d’une heure et demie et certainement longtemps après avoir quitté la salle, en pensées. <span id="more-7270"></span></p>
<p>Alice Winocour sait dans sa magnifique scène d’ouverture poser tous les fondamentaux de sa mise en scène. Une caméra qui suit les mouvements de la protagoniste (la chanteuse Soko devenue ici comédienne) filmée en longue focale, avec une grande sensualité (la caméra est désirante, le corps de l’actrice et l’œil du chef opérateur semblent dialoguer du début à la fin du film). Un montage construit sur des raccords de regard : de l’objet regardé au sujet regardant ; déterminant les rôles assignés. Une opposition nette qui existe dès la première séquence jusqu’au plan final : d’un côté, la foule, intriguée, consternée et de l’autre, la malade, seule, scrutée, jugée, examinée. Les cartes du jeu resteront les mêmes, mais se distribueront de plusieurs autres façons. En ce sens, la structure du scénario d’Alice Winocour est psychanalytique. Le symptôme : l’hystérie, évolue, se transforme… On assiste au parcours physique et intérieur d’une jeune femme, enfermée dans sa maladie, qui lentement et progressivement trouvera la voie de sa libération. Ce film est l’histoire d’une émancipation. Augustine est accueillie à l’hôpital de la Salpêtrière et suivie par le docteur Charcot. Sa guérison passera par un duel avec le médecin. <em>« L’hystérique est une esclave qui cherche un maître sur qui régner »</em>, disait Lacan. Vincent Lindon incarne le professeur Charcot à merveille, en jouant sur la contradiction d’une voix grave, insensible et autoritaire et d’un regard soumis et fragile devant l’érotisme d’Augustine. Il joue de son pouvoir, parle d’elle comme d’un animal. Mais la jeune fille refuse ce statut et retrouve dans la révolte et la fuite, sa dignité.</p>
<p>La réalisatrice a mieux compris l’hystérie que David Cronenberg n’avait tenté de le faire dans <a href="/cinema/dangerous-method-david-cronenberg/" target="_blank"><em>A Dangerous Method</em></a>, scandé par les mouvements spasmodiques de Sabina Spielrein réduits par Keira Knightley à de ridicules singeries. Le long-métrage d’Alice Winocour détient une puissante vérité et doit certainement beaucoup à son actrice, Soko, qui s’est donnée corps et âme à son personnage (elle dit avoir connu pendant le tournage les mêmes maux qu’Augustine et avoir par la suite consulté plusieurs médecins !). Mais pas seulement. Non. Il fallait aussi certainement une femme réalisatrice (ou du moins un regard féminin) pour traiter de l’hystérie avec autant de justesse, de discernement et d’intelligence. Il fallait un regard désacralisant, un regard qui voit au-delà du spectacle, qui enjambe l’obstacle et une fois de l’autre côté, nous fait vibrer avec celle qui vibre. Aborder l’hystérie sans hystérie.</p>
<p>&nbsp;<br />
Augustine, <em>de Alice Winocour, avec Vincent Lindon, Soko, Chiara Mastroianni&#8230; France, 2012. Sélectionné à la Semaine de la critique du 65e Festival de Cannes. Sortie le 7 novembre 2012.</em></p>
<p><strong>&raquo; Lire l&#8217;<a href="#">interview d&#8217;Alice Winocour</a><br />
&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>Toutes nos envies, de Philippe Lioret</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 07:57:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Lindon]]></category>

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		<description><![CDATA[L'injustice, la résignation, puis l'envie qui revient. Lioret filme l'étincelle, celle qui met le feu aux poudres, celle qu'on cherche, celle que certains ont. Simplement, avec pudeur et sincérité. Et on pleure.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Préparez vos mouchoirs</h3>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/toutes-nos-envies-lioret.jpg" alt="Affiche de Toutes nos envies de Philippe Lioret" title="Affiche de Toutes nos envies de Philippe Lioret" width="200" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4537" /><strong>L&#8217;injustice, la résignation, puis l&#8217;envie qui revient. Lioret filme l&#8217;étincelle, celle qui met le feu aux poudres, celle qu&#8217;on cherche, celle que certains ont. Simplement, avec pudeur et sincérité. Et on pleure. Encore.</strong></p>
<p>A chaque fois. Au moins depuis <em>Mademoiselle</em>. A chaque fois que les lumières se rallument après un film de Lioret, j&#8217;ai la tête de Meg Ryan réalisant qu&#8217;elle aura 40 ans un jour (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UnierMA90D4" rel="shadowbox[sbpost-4524];player=swf;width=640;height=385;" target="_blank">ici</a>). <em>Toutes nos envies</em> ne manque pas à la règle. Il faut dire que ce coup-ci, il a mis le paquet. Elle est jeune, elle est juge, elle est intègre, elle est passionnée. Et elle va mourir quand même. C&#8217;est injuste, hein. Pourtant, cette injustice-là, elle ne la combat pas. Alors qu&#8217;elle joue les Don Quichotte pour sauver une mère surendettée, elle est résignée face à cette cause perdue. La résignation, c&#8217;est ça le sujet de <em>Toutes nos envies</em>, comme c&#8217;était celui de <em>Welcome</em>. Et dans le rôle du vieux briscard qui n&#8217;y croit plus, le même Vincent Lindon, qui s&#8217;en sort définitivement mieux dans le rôle plus ou moins politique que coincé dans une cabine dans <em>L&#8217;Etudiante</em> (<a href="http://youtu.be/OytVEgO9Q4E" target="_blank" rel="nofollow">là</a>). <span id="more-4524"></span></p>
<p>Dit comme ça, je vous vois venir, vous imaginez déjà les violons et le pathos suintant. Mais la force de Philippe Lioret est de produire les mêmes effets sans s&#8217;embarrasser de ces artifices. Il expliquait déjà lors de la promo de <em>Welcome</em> qu&#8217;on ne s&#8217;engage qu&#8217;en résonance avec une histoire personnelle. Alors il réalise des films forts à hauteur d&#8217;hommes et raconte des histoires qui réveillent ses personnages du ronron quotidien. L&#8217;excitation sur le visage de Vincent Lindon quand il recommence à croire à son rôle de juge. L&#8217;émotion d&#8217;une femme à qui on tend enfin la main. La joie des petites victoires aussi fortes que les grandes. C&#8217;est tout cela que montre <em>Toutes nos envies</em>. Simplement, en s&#8217;approchant du regard de ses acteurs (tous brillants), de leurs émotions, de leurs sourires, et oui, parce qu&#8217;il faut bien passer par là, de leurs larmes. Avec autant de pudeur que celle dont font preuve ses personnages.</p>
<p>Parce qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;engagement, de surendettement et de pinailleries (réjouissantes) sur la taille de police des caractères des dossiers de crédits revolving. La solitude partagée du secret et du combat impossible rapproche les deux juges, Claire et Stéphane. Une amitié, amoureuse sans doute. Qu&#8217;importe. Un lien, une complicité, et un soutien évidents, flagrants, touchants. Mais Lioret ne tombe pas dans une banale histoire d&#8217;adultère. Il ne met pas de mots sur cette relation, d&#8217;autant plus forte qu&#8217;elle reste latente, inexorable et impossible. Avec rien, il dit tout. Et rien, c&#8217;est bien mieux que tout, chantait Gainsbourg.</p>
<p>Toutes nos envies<em> de Philippe Lioret, avec Vincent Lindon, Marie Gillain, Amandine Dewasmes, Yannick Renier&#8230; France, 2011. Sortie le 9 novembre 2011.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="245" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xk7rg4?hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Pater, d&#8217;Alain Cavalier</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 23:14:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<description><![CDATA[A 80 ans, le très facétieux Alain Cavalier est revenu sur la Croisette avec <em>Pater</em>, une œuvre d'une liberté juvénile, pleine d'énergie et d'insouciance volontaire. Fidèle à ses mises en scène faites de bric...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Jeu drôle</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3037" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/pater-vincent-lindon.jpg" alt="Pater d'Alain Cavalier" width="300" height="169" />A 80 ans, le très facétieux Alain Cavalier est revenu sur la <a href="/tag/croisette-cannes/">Croisette</a> avec <em>Pater</em>, une œuvre d&#8217;une liberté juvénile, pleine d&#8217;énergie et d&#8217;insouciance volontaire. Fidèle à ses mises en scène faites de bric et de broc, c&#8217;est la caméra DV à la main que Cavalier a réalisé ce film en forme de &#8220;journal intime&#8221;, ou plus exactement dans le cas présent, de &#8220;carnet de campagne&#8221;. </p>
<p>Un film aux histoires imbriquées. L&#8217;histoire d&#8217;un président de la République (Alain Cavalier) et de son Premier ministre (Vincent Lindon) en campagne. Leurs mesures, entre autres : réduire l&#8217;écart de salaire entre un ouvrier et son patron. Restituer la Légion d&#8217;honneur lorsque l&#8217;on décide de quitter le pays. Ou encore la tolérance zéro pour des élus qui détourneraient ne serait-ce qu&#8217;un euro. Faut pas déconner avec le Premier ministre Lindon. <span id="more-3032"></span><br />
Mais <em>Pater</em>, c&#8217;est aussi l&#8217;histoire d&#8217;un cinéaste et de son acteur qui ont choisi de partager avec nous leur travail. De filmer un film en train de se faire. D&#8217;interroger le cinéma et ses réalités.<br />
C&#8217;est aussi et enfin l&#8217;histoire de deux amis, Alain, l&#8217;espiègle malin, et Vincent, le gentil bouillonnant. &#8220;Il me plaît. Il est chaleureux. Un peu impulsif. Mais je le freinerai. Il est robuste. Il est terriblement sympathique. On l&#8217;aimera&#8221;, dit Cavalier à propos de son ami. Ou peut-être serait-ce le réalisateur à propos de son acteur, ou bien encore le président à propos de son Premier ministre.<br />
<em>Pater</em> fourmille de ces instants aux lectures multiples, où l&#8217;on tâtonne, hagard, entre le faux documentaire et la vraie fiction. Jeu drôle et jeu de rôles où l&#8217;on s&#8217;amuse à déceler ce qu&#8217;il y a de Cavalier dans ce président ou de Lindon dans ce Premier ministre. Et vice versa. Peu à peu, on voit l&#8217;acteur s&#8217;approprier son personnage, jusqu&#8217;à s&#8217;y confondre. &#8220;J&#8217;ai l&#8217;impression que je peux vraiment être Premier ministre&#8221;, se confie Vincent Lindon face à la caméra. &#8220;Si je suis bien entouré, si je choisis les bonnes personnes, si j&#8217;ai la bonté en moi, si j&#8217;ai du bon sens, que je sais trier les bonnes et les mauvaises idées.&#8221;</p>
<p><em>Pater</em> est un film exceptionnel qui nous plonge au cœur du processus de création, où le contenu apparaît presque moins essentiel que son contenant. Une mise en abîme géniale. L&#8217;affirmation intime et profondément optimiste que le cinéma va bien. Et la conviction presque militante qu&#8217;il saura toujours s&#8217;insinuer là où on ne l&#8217;attend pas. Avec <em>Pater</em>, Alain Cavalier honore une nouvelle fois toute l&#8217;étendue de ses talents, en s&#8217;accaparant un sujet très en vogue &#8211; la pratique du pouvoir &#8211; pour mieux en démultiplier les perspectives par un simple jeu de formes. Une inventivité et une sensibilité qui semblent avoir manqué à <em>La Conquête</em> très orthodoxe de Xavier Durringer.</p>
<p>Pater <em>d&#8217;Alain Cavalier, avec Alain Cavalier et Vincent Lindon. Sortie le 22 juin 2011. En compétition au Festival de Cannes 2011.</em></p>
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