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	<title>Grand Écart &#187; nature</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Two Lovers and a Bear, de Kim Nguyen</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2016 07:47:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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		<description><![CDATA[Quelque part dans l’Arctique, entre deux aurores boréales. Dans ce village cerné par des dunes de glace, des hommes et des femmes ont choisi d’y vivre, comme si de rien n'était...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Froid dans le dos et chaud au cœur</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/two-lovers-bear-kim-nguyen.jpg" alt="Two Lovers and a Bear, de Kim Nguyen" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24028" />Quelque part dans l’Arctique, entre deux aurores boréales. Dans ce village cerné par des dunes de glace, des hommes et des femmes ont choisi d’y vivre, comme si de rien n’était. Si ce n’est que hormis de conduire des voitures, il s’agit de motos-neige et que l’hôpital le plus proche est à quelques heures d’avion. Roman et Lucy ont choisi tous deux cet exil de manteau blanc où s’abriter de leurs douleurs du passé. Ils s’aiment encore comme des adolescents, communiquant assez peu en dehors du langage du corps. Mais quand Lucy ne parvient plus à vaincre les démons qui la rongent et décide de retourner dans le sud, Roman la suit. Ils enfourchent leurs motos-neige et vogue l’aventure dans une immensité immaculée qui ne demande qu’à les emporter à jamais. </p>
<p>Il y a plusieurs films dans <em>Two Lovers and a Bear</em>, le nouveau long du Canadien Kin Nguyen à qui on doit le remarqué <em>Rebelle</em> en 2012. Ici, une histoire d’amour au goût d’impossible (Lucy doit partir, Roman ne l’accepte pas au début). Là, un drame de la vie quotidienne, rongée par l’alcool. Là encore, une comédie (les policiers semblent tout droit sortis du <em>Fargo</em> des frères Coen) ou de l’absurde (Roman discute philosophie et sens de la vie avec un ours blanc…  qui lui répond). Le tout pour s’achever dans une aventure de l’extrême mâtinée de fantastique et de thriller angoissant avec fantômes qui ressurgissent et lampes-torches dans une base militaire abandonnée, comme dans un épisode d’<em>X-Files</em>. Ce qui pourrait désarçonner au premier abord les aficionados d’histoires bien ficelées qui ne sortent pas des clous. Ici, rien n’est prévisible. <span id="more-24025"></span></p>
<p>C’est ce qui fait la saveur de cet ovni cinématographique remarquablement interprété par Dane DeHaan (le nouveau Leonardo DiCaprio, tant par le physique que par la puissance de jeu) et Tatiana Maslany qui passe d’une émotion à une autre en une fraction de seconde. Kim Nguyen continue de forger son univers particulier avec un sens de la mise en scène très travaillé. On n’a jamais vu l’Arctique de cette manière, avec ses cerfs coincés dans une mer gelée, ses paysages lunaires et ses dangers qui rôdent à tout instant. La mort est omniprésente, enveloppe les deux amoureux, prête à les ensevelir. L’ours blanc devient la métaphore d’un démiurge qui avertit Roman de ce qui le guette, comme s’il savait tout ce qui allait advenir. Et le film de se saupoudrer d’une nouvelle couche de neige, avec de la métaphysique. Mais aussi une blague, celle de deux amants, d’un ours et d’une pieuvre qui peut jouer de tous les instruments de musique. Si vous ne la connaissez pas, rendez-vous dans un igloo de fortune mais douillet. Une histoire qui ne donne pas la chair de poule et vous réchauffera le cœur. Un peu comme ce film…</p>
<p>&nbsp;<br />
Two Lovers and a Bear<em> de Kim Nguyen, avec Dane DeHaan  et Tatiana Maslany. Canada, 2016. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.</em></p>
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		<title>Sea of Trees, de Gus Van Sant</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2015 05:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[La Compétition du 68e Festival de Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Zut. On a connu Gus Van Sant très inspiré, le voici maladroit et ennuyeux à mourir.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/sea-of-tree-foret-songes-matthew-mc-conaughey-gus-van-sant.jpg" alt="Sea of Trees, de Gus Van Sant" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-21102" /><strong>Qui ?</strong><br />
Depuis <em>Prête à tout</em>, présenté hors compétition en 1995, et même, rétrospectivement, depuis son premier film <em>Mala Noche</em> (réalisé en 1985, sortie en France en 2005 et présenté dans la foulée, en 2006, à la Quinzaine des réalisateurs), Gus Van Sant est un habitué de la Croisette. Il y a présenté une grande partie de ses films, pour en ressortir souvent auréolé de récompenses, comme ce fut le cas en 2003 avec <em>Elephant</em>, sa chronique inspirée du massacre de Columbine, qui remporta la Palme d&#8217;or.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
A 62 ans, Gus Van Sant voudrait-il précipiter son ascension cannoise et rejoindre le club des Double-Palmés ? <em>Sea of Trees</em>, aka <em>La Forêt des songes</em> en VF, semble en tout cas constituer un morceau de choix. Comme toujours, Van Sant mêle les sphères de l&#8217;intime et du politique, et si ce seizième long-métrage est bien une fiction, il s&#8217;inspire d&#8217;une histoire collective bien réelle : celle de ces centaines de Japonais qui ont volontairement mis fin à leurs jours dans la forêt d&#8217;Aokigahara, une &#8220;mer d&#8217;arbres&#8221; au pied du mont Fuji, lieu idéal, semble-t-il, pour se suicider en toute discrétion. Le héros de <em>Sea of Trees</em> s&#8217;appelle Arthur (Matthew McConaughey), et se rend justement là pour faire ses adieux au monde connu. Au moment de passer à l&#8217;acte, il tombe sur un homme blessé, Takumi (Ken Watanabe). Instinctivement, il va tenter de le sauver, réveillant en lui-même un sentiment d&#8217;humanité et d&#8217;espoir. <span id="more-21099"></span><br />
Un matériau fort, une nature bouleversante servie par la musique de Danny Elfman, deux acteurs à l&#8217;aura scintillante : Ken Watanabe et surtout Matthew McConaughey, jadis comédien bodybuildé pour midinettes, désormais artiste incontournable à la filmographie &#8211; post-renaissance &#8211; exceptionnelle. <em>Sea of Trees</em> promet au moins une intense digression sur l&#8217;errance.</p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong><br />
Zut. On a connu Gus Van Sant très inspiré. Ses deux précédents longs-métrages (<em>Restless</em> en 2011 et <em>Promised Land</em> en 2013), sans pour autant être désagréables, l’ont révélé un peu feignant, recyclant ses idées sur l’amour, l’errance, le deuil et la quête de soi, sans plus d’originalité. On aurait souhaité mieux pour ce <em>Sea of Trees</em>, notamment grâce à la promesse d’un casting impeccable et d’une histoire fascinante. Malheureusement, les deux parties du film – imbriquées : le présent dans la forêt japonaise d’Aokigahara, le passé en flash-backs – sont chacune aussi pesantes. Dans cette forêt peuplée des âmes en peine qui y ont passé leurs derniers jours, tout invitait à l’onirisme. Et pourtant Gus Van Sant, bien loin du surréalisme de <em>Last Days</em> ou <em>Elephant</em>, a rarement aussi mal filmé un lieu, qu’il ôte de toute sa poésie et sa mélancolie. Images sans profondeur, forêt sous-exploitée malgré son nom de « mer d’arbres » mérité, seuls quelques cadavres rappellent qu’un mystère se trame. Quant à ce qui amène ici Arthur (impeccable Matthew McConaughey, qui sauve probablement le film) – les fameux flash-backs –, c’est le récit lourd et inconsistant d’un couple qui se déchire. Une histoire bavarde vue et revue, même dans son double dénouement, qui ferait hurler de rire si la décence n’imposait pas un silence poli. A l’horizon, une mer d’ennui.</p>
<p>&nbsp;<br />
Sea of Trees <em>de Gus Van Sant, avec Ken Watanabe, Matthew McConaughey, Naomi Watts&#8230; Etats-Unis, 2015. Présenté en compétition au 68e Festival de Cannes. Sortie le 9 septembre 2015.</em></p>
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		<title>Cub, de Jonas Govaerts</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2015 09:07:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>

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		<description><![CDATA[Loup y es-tu ? Prom&#8217;nons-nous dans les bois Pendant que le loup y est pas Pour son tout premier film, Jonas Govaerts nous convie à une sympathique partie de braconnage...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Loup y es-tu ?</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/01/cub.jpg" alt="Cub, de Jonas Govaerts" title="Cub, de Jonas Govaerts" width="189" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20181" />
<p style="text-align:center"><em>Prom&#8217;nons-nous dans les bois<br />
Pendant que le loup y est pas</em></p>
<p>Pour son tout premier film, Jonas Govaerts nous convie à une sympathique partie de braconnage saignant en forêt wallonne. Avec dans le rôle du gibier, une joyeuse meute de petits louveteaux (<em>cub scout</em> en anglais), et, dans celui du rôdeur-traqueur, le <em>kai</em>, une étrange créature des bois. Sempiternelle légende lycanthrope que les monos, Baloo (Stef Aerts) et Akela (Titus De Voogdt), prennent un malin plaisir à agiter aux oreilles des gosses, histoire de pimenter un peu leur virée champêtre. </p>
<p style="text-align:center"><em>Si le loup y était,<br />
il nous mangerait…</em></p>
<p>Et il y est ! Pour le jeune Sam (incarné par l’excellent Maurice Luijten), c’est sûr, il l’a vu. Mais, sur le camp, on reste sceptique. Sam, c’est le profil du gamin inadapté au passé compliqué. Toujours ailleurs, enfoui dans ses rêves. Taciturne et mélancolique… Brebis galeuse au sein de la meute, elle en a fait son bouc émissaire. Govaerts ne manque pas de s’amuser avec cette cruauté enfantine tout ce qu’il y a de plus humaine, en préambule au déchaînement de violence barbare à venir. Et il viendra. La courte séquence d’ouverture ne laisse planer aucun doute là-dessus. Mais Jonas Govaerts prend son temps. Un peu trop. On est d’ailleurs au bord de l’égarement lorsque le cinéaste décide de doubler la menace, encore lointaine, qui vagabonde autour du camp. A celle du <em>kai</em>, il associe celle d’un sombre bonhomme patibulaire vivant reclus sous terre. Un braconnier diabolique et pervers dont les pièges à la mécanique magistralement maléfique parsèment la forêt. Entre branches « épieux », troncs d’arbre « broyeurs » et autres machineries sylvicoles. <span id="more-20176"></span>Deux terreurs, donc, pour deux lignes narratives qui peinent finalement à se fondre l’une dans l’autre, rendant la progression dramatique un brun chaotique. Au point de laisser poindre une sérieuse indifférence quant au sort de ces louveteaux. Mais Govaerts nous rattrape in extremis pour nous offrir une ultime ligne droite totalement enragée (dont une tente truffée de scouts, écrasée par un camion, ou quand le cinéma de genre permet l’inavouable)… Jusqu&#8217;au final sans concession, bien que prévisible, quant aux déviances violentes de notre monde moderne.</p>
<p>On évoquerait bien également cet humour grinçant et la douce folie qui font du cinéma belge l’un des plus singuliers. Il y a également cette très belle photographie signée Nicolas Karakatsanis (<em>Bullhead</em> et <em>Quand vient la nuit</em> de Michaël R. Roskam) ou encore la bande-son de Steve Moore, synthétique à souhait. Après s’être frotté au court-métrage et à la série TV, Jonas Govaerts se jette ici dans le grand bain du long avec une proposition certes inégale, souffrant d’un sérieux problème de rythme, mais qui n’en demeure pas moins tout à fait séduisante et prometteuse. </p>
<p>&nbsp;<br />
Cub <em>de Jonas Govaerts, avec Titus De Voogdt, Stef Aerts, Maurice Luijten, Evelien Bosmans&#8230; Belgique, 2014. Sélectionné en compétition au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/g_62go0Goys" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Une fenêtre sur l&#8217;invisible : Rencontre avec Naomi Kawase</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Oct 2014 09:45:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres et Portraits du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Naomi Kawase]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Naomi Kawase livre l’un des plus beaux films de la compétition de ce 67e Festival de Cannes. <em>Still the Water</em> est une œuvre riche, une ode à la nature empreinte de poésie et d’humilité. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/naomi-kawase-portrait.jpg" alt="Naomi Kawase" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18089" />Naomi Kawase livre l’un des plus beaux films de la compétition de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/futatsume-no-mado-still-the-water-naomi-kawase/" target="_blank">67e Festival de Cannes</a>. <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/futatsume-no-mado-still-the-water-naomi-kawase/" title="Still the Water, de Naomi Kawase" target="_blank">Still the Water</a></em> est une œuvre riche, une ode à la nature empreinte de poésie et d’humilité. Naomi Kawase continue d’explorer les thèmes qui lui sont chers et se tourne, comme elle l’avait déjà fait avec son magnifique documentaire <em>Trace</em>, vers ses racines. La cinéaste japonaise convoque dans <em>Still the Water</em> un autre Japon, loin de la tumultueuse Tokyo sans pour autant la renier. Une rencontre, malgré l’effervescence cannoise, qui invite à la plénitude. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir choisi de tourner <em>Still the Water</em> sur l’île d’Amami ?</strong></p>
<p>Parce que j’y ai mes racines familiales. Je ne l’ai découverte qu’il y a peu de temps, et j’ai été immédiatement émue par la façon dont les gens y vivent. J’ai eu envie de filmer quelque chose là-bas. Je voulais montrer la façon de vivre des habitants de l’île. Ce n’est qu’après que j’ai imaginé l’histoire et écrit le scénario.</p>
<p><strong>Les habitants d&#8217;Amami participent au film, comme par exemple lors de la séquence de la mort d&#8217;Isa. Comment s&#8217;est passé le tournage ?</strong></p>
<p>En fait, cette scène de la mort d&#8217;Isa, nous l’avons construite autour des habitants de l’île. C&#8217;est eux qui chantaient cette chanson, qui dansaient, comme s&#8217;ils accompagnaient vraiment quelqu’un qui allait mourir. C&#8217;est vraiment comme ça que ça se passe là-bas ; il n’était pas question de demander aux habitants de jouer. Il y avait simplement quelques acteurs disséminés au milieu de ces habitants. Nous avons préparé la séquence, il n’était pas question de tourner plusieurs prises, nous avons donc disposé les caméras de façon à pouvoir filmer en une seule fois, sans gêner les habitants de l’île qui apparaissent à l’écran. <span id="more-18086"></span></p>
<p><strong>C&#8217;était donc de l&#8217;improvisation ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/still-the-water-naomi-kawase-2.jpg" title="Still the Water, de Naomi Kawase" alt="Still the Water, de Naomi Kawase" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-17994" />On ne pouvait pas leur demander de dire un dialogue, ce ne sont pas des acteurs. Quand ils disent quelque chose, c’est parce qu’ils ont été pris par la scène, c’est de l’improvisation. La seule chose qui était décidée en avance avec eux, c’était l’ordre des chansons. On savait ce qu’on allait chanter en premier puis en deuxième, puis ça a évolué de manière parfaitement naturelle entre les acteurs qui avaient déjà leurs répliques, et les habitants qui n’en avaient pas. Ca a donné ce que vous voyez dans le film&#8230;</p>
<p><strong>Une séquence du film se déroule à Tokyo ; souhaitiez-vous opposer la vie tumultueuse de la capitale et la vie traditionnelle d&#8217;Amami ?</strong></p>
<p>Je pense que l’une met l&#8217;autre en valeur. Je n’ai pas voulu condamner la vie à Tokyo, au contraire il s’y passe des choses formidables. Je pense que pour faire mieux ressortir la différence et la richesse de la vie de la campagne, il fallait aussi montrer la vie de Tokyo, et pour montrer la richesse de Tokyo, il fallait montrer la vie à la campagne. Pour moi, ce ne sont pas deux mondes qui s’opposent mais qui se complètent. Dans le film, je dis des choses sur Tokyo que je pense vraiment : c’est une ville qui est accueillante, d’une certaine manière, où tout est possible ; la campagne c’est le contraire : c’est la proximité avec la nature, avec les éléments, la possibilité de ressentir directement les choses. La coexistence des deux permet de faire mieux ressortir la beauté des deux.</p>
<p><strong>La séquence du typhon évoque le tsunami de 2011 et la catastrophe de Fukushima : est-ce que ces événements ont influencé votre œuvre ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/still-the-water-futatsumeno-mado-naomi-kawase.jpg" alt="Still the Water, de Naomi Kawase" title="Still the Water, de Naomi Kawase" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17022" />La nature a toujours eu un rôle très important dans mes films, et la catastrophe de Fukushima n’a rien changé à cela. Une existence en harmonie avec la nature est un thème que je défendais déjà avant, et je continuerai de le faire, ça n’a pas eu d’incidence sur <em>Still the Water</em>. Et ce n’est pas non plus un film post-Fukushima. La beauté de la nature va aussi avec la peur de la nature, tout simplement.</p>
<p><strong>La thématique du cycle de vie et de mort de <em>Still the Water</em> en fait un film-somme&#8230;</strong></p>
<p>J&#8217;ai déjà parlé un peu de ce thème avant, simplement cette fois, je suis allé au maximum de ma capacité d’expression sur ce sujet, j’ai été au plus loin de ce que je pouvais exprimer sur ce que je pense du cycle de la vie et de la mort. Mes films suivants seront forcément différents.</p>
<p><strong>Le titre original du film, <em>Futatsume no mado</em>, signifie &#8220;la deuxième fenêtre&#8221;. Quelle est cette deuxième fenêtre ?</strong></p>
<p>La deuxième fenêtre, c’est la porte qui ouvre sur le monde invisible. Lorsqu&#8217;on a fini de faire toutes les rencontres que l’on doit faire, on peut parvenir à cette porte, derrière laquelle se trouvent toutes les choses invisibles.</p>
<p><strong>Vous sentez-vous proche d&#8217;autres cinéastes qui place la nature au centre de leur œuvre, comme Terrence Malick ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/still-the-water-futatsume-no-mado-affiche-naomi-kawase.jpg" alt="Still the Water, de Naomi Kawase" title="Still the Water, de Naomi Kawase" width="201" height="280" class="alignright size-full wp-image-17993" />On me dit souvent que mes films abordent des thèmes similaires à ceux d&#8217;Hayao Miyazaki, comme <em>Totoro</em> ou <em>Princesse Mononoke</em>. En revanche il y a une grosse différence entre l&#8217;univers de Terrence Malick et le mien, parce que Malick fait partie d’un monde monothéiste, il pense à Dieu, alors que les Japonais pensent à tous les dieux ; il y a une infinité de dieux. Nos deux univers n&#8217;ont rien à voir ; nous n&#8217;avons pas la crainte d&#8217;un Dieu unique terrifiant, dans le panthéisme il y a des dieux partout, nous essayons de vivre en harmonie avec eux.</p>
<p><strong>L&#8217;année dernière vous étiez membre du jury à Cannes, que retirez-vous de cette expérience ?</strong></p>
<p>Grâce à cette expérience, ma vision du monde s’est élargie. L’univers de Steven Spielberg et le mien n’ont <em>a priori</em> pas de raisons de se rencontrer – lui travaille avec des budgets considérables à Hollywood, moi je fais de petits films indépendants –, mais grâce à cette alchimie cannoise, j’ai pu parler avec Steven Spielberg et nous avons beaucoup échangé. Il m’a appris beaucoup de choses &#8211; et moi aussi, je pense &#8211; et notamment à toujours repartir de zéro, à avoir une faim, une soif de cinéma permanente. Aujourd’hui je continue de correspondre avec lui, je dois cela à Cannes.</p>
<p>&nbsp;<br />
Still the Water <em>de Naomi Kawase avec Nijirô Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda&#8230; Japon, 2014. En compétition au 67e Festival de Cannes. Sortie en salle le 1er octobre 2014.</em> </p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3qp5xk/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Still the Water, de Naomi Kawase</title>
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		<pubDate>Wed, 21 May 2014 16:57:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Naomi Kawase]]></category>
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		<description><![CDATA[L'âme de fond - <em>Futatsume no mado</em>, c’est le titre original du nouveau film de Naomi Kawase. Littéralement <em>« La deuxième fenêtre »</em>, en japonais. Celle ouverte sur l'invisible...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>L&#8217;âme de fond</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/still-the-water-futatsumeno-mado-naomi-kawase.jpg" alt="Still the Water, de Naomi Kawase" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17022" /><em>Futatsume no mado</em>, c’est le titre original du nouveau film de <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/futatsume-no-mado-still-the-water-deuxieme-fenetre-invisible-naomi-kawase-pantheisme/" title="Une fenêtre sur l’invisible : Rencontre avec Naomi Kawase" target="_blank">Naomi Kawase</a>. Littéralement <em>« La deuxième fenêtre »</em>, en japonais. Celle ouverte sur l&#8217;invisible. Celle qui fait communiquer les vivants et les disparus, l’avenir et la mémoire, le passé et la tradition… C’est l’histoire de Kaito et Kyoko, deux adolescents vivant sur l’île d’Amami. Une terre où les habitants avancent en harmonie avec la nature et les dieux. C’est ici que les deux adolescents vont découvrir les cycles de la vie, de la mort et de l’amour. </p>
<p>Naomi Kawase dédie son film au souffle de la vie. Portée par le vent et la pluie, bercée par le soleil, sa caméra virevolte. Flotte. Quand passent les typhons, la mer se déchaîne et la réalisatrice japonaise saisit la puissance des gigantesques vagues. S’y enfonce juste avant qu’elles ne se fracassent et ne se reforment à l’infini. Comme chez Hokusai, la mer est vivante. C’est d’ailleurs ce qui effraie le jeune Kaito qui refuse de s’y baigner tandis que Kyoko, sourire enchanteur aux lèvres, y plonge toute habillée. Quand la mort rôde, Kawase suspend le temps pour contempler la lumière du soleil se faufiler entre les branches enlacées d’un arbre plusieurs fois centenaire. Et quand l’amour éclot, c’est dans un majestueux ballet aquatique. </p>
<p>Certains diront que <em>Still the Water</em> pèche par son excès de symbolisme, d’autres que Malick ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mekong-hotel-apichatpong-weerasethakul-ecstasy-garden/" target="_blank">Apichatpong</a> leur ont déjà fait le coup de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. Tant pis. Son film, paradoxalement plus accessible et plus palpable qu’un <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tree-life-terrence-malick/" target="_blank">Tree of Life</a></em> ou <em>Oncle Boonmee</em>, résonne comme un hommage aux croyances panthéistes du peuple d’Amami, à l’histoire du Japon, à ses contradictions, à son humilité face aux éléments naturels. </p>
<p>Récit initiatique, ode poétique et métaphysique à la nature, variation terriblement juste et émouvante sur la filiation, conte philosophique sur la mort, <em>Still the Water</em> impose son rythme biologique, ses respirations, ses peurs, ses joies&#8230; Il déborde d’amour et ne cache rien de ses incertitudes. Où donc s’envolent les âmes de ceux que nous aimons quand ils quittent la terre ? <span id="more-17014"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
Still the Water <em>de Naomi Kawase avec Nijirô Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda&#8230; Japon, 2014. En compétition au 67e Festival de Cannes. Sortie en salle le 1er octobre 2014.</em> </p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3qp5xk/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>All is Lost, de J. C. Chandor</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Dec 2013 20:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Le scénario d’<em>All is Lost</em> tient en une ligne : au large de Sumatra, un marin dont le bateau coule lutte en pleine mer pour sa survie. Difficile d’imaginer tenir presque deux heures sur le sujet sans recourir...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/all-is-lost-chandor-redford.jpg" alt="Robert Redford et la mer : All is Lost, de J. C. Chandor" title="Robert Redford et la mer : All is Lost, de J. C. Chandor" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-13139" />Le scénario d’<em>All is Lost</em> tient en une ligne : au large de Sumatra, un marin dont le bateau coule lutte en pleine mer pour sa survie. Difficile d’imaginer tenir presque deux heures sur le sujet sans recourir aux artifices habituels : des flash-back bien sentis (façon <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/127-heures-danny-boyle-histoire-vraie-ralston/" title="127 heures de Danny Boyle"><em>127 heures</em></a>, de Danny Boyle), des communications avec l’extérieur (<em>Buried</em>, de Rodrigo Cortés), ou même des cadeaux venus de nulle part (<em>Seul au monde</em>, de Robert Zemeckis). </p>
<p>Pourtant <em>All is Lost</em> ne ressemble en rien aux <em>survivals</em> précités, ni aux films de catastrophe maritime qui se font fort de rappeler l’insignifiance de l’homme devant la nature. Non, <em>All is Lost</em> est un drame humain, intime, presque un huis clos dans l’océan. Jeffrey C. Chandor évite l’écueil d’enchaîner les plans sur une mer déchaînée et de montrer un bateau ballotté par une lame de quinze mètres de haut. L’échouement est lent et provient d’une suite hasardeuse d’incidents, non de la légendaire tempête du siècle. Au lieu d’effets visuels grandiloquents, le réalisateur décide de faire confiance à son unique acteur, l’immense Robert Redford qui trouve ici un rôle à sa mesure. Les mots sont superflus, l’émotion passe par le regard, la détermination ou le silence frustré… et bien sûr par la mise en scène : chaque plan est minutieusement pensé et millimétré. A contre-courant des parangons du genre, Chandor réduit le champ au maximum, resserre sa caméra sur son personnage maltraité par les eaux. Se crée un climat totalement anxiogène où le hors-champ et les sons tonitruants deviennent terrifiants. Les rares séquences spectaculaires sont vues par les yeux du marin, elles nous parviennent fantasmées et déformées, presque irréelles. <span id="more-13136"></span></p>
<p><em>All is Lost</em> est un film radical qui réussit à dépasser le genre dans lequel il feint de s’enfermer. Presque un thriller, il est aussi une réflexion sur l’existence. Si rien n’est dit, le spectateur s’interroge évidemment sur la présence de cet homme perdu en pleine mer. Que fait-il ici, en retraite du monde des hommes ? Arrivé au crépuscule de sa vie, le marin, qui est aussi un fils, un père, un mari, un ami, a-t-il atteint la sagesse de l’âge qui lui permettra d’affronter une mort certaine ? Les seuls mots prononcés ici sont ceux d’une tristesse résignée, ceux d’un homme qui attend la fin. Comme <em>Le Vieil Homme et la mer</em> ou <em>Moby Dick</em>, <em>All is Lost</em> est aussi une quête initiatique, universelle, celle qui consiste à accepter sa condition, tout en restant digne.</p>
<p>&nbsp;<br />
All is Lost<em> de Jeffrey C. Chandor, avec Robert Redford. Etats-Unis, 2013. Présenté hors compétition au 66e Festival de Cannes. Sortie le 11 décembre 2013.</em></p>
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		<title>Leviathan, de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Aug 2013 18:48:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>

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		<description><![CDATA[La force mythique des éléments, la beauté « brute » d’une nature sauvage, la place de l’homme dans un environnement hostile… Des thématiques bien lourdes, heureusement transcendées dans <em>Leviathan</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/leviathan-documentaire-lucien-castaing-taylor-verena-paravel.jpg" alt="Leviathan, de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor" width="197" height="280" class="alignleft size-full wp-image-14457" />La force mythique des éléments, la beauté « brute » d’une nature sauvage, la place de l’homme dans un environnement qui lui est hostile… Voilà des thématiques <em>a priori</em> bien lourdes, chargées de sens et sujettes à des plans pompeux, des discours clichés, bref, le documentaire <em>Leviathan</em> ne se facilite pas la tâche. Et pourtant, au final, rien de tout ça. Ce qui est troublant…</p>
<p>Pour ce projet, les réalisateurs ont embarqué sur un bateau de pêche intensive au départ du port de New Bedford, ancienne capitale mondiale de la pêche à la baleine. Et quand on dit « embarqué », le terme est à prendre au sens littéral : des caméras GoPro ont été fixées un peu partout sur le bateau, donnant des angles inédits, des points de vue surprenants… La caméra fait ainsi partie du bateau, elle y est viscéralement attachée et c’est donc ainsi que nous vivrons ce voyage, au risque de ne pas s’y retrouver. La perte de repères est une figure de style tout au long du film, en témoigne le plan d’ouverture où le spectateur met quelque minutes avant de comprendre où il est et ce qu’il se passe. <em>Leviathan</em> n’est pas le suivi documentaire d’une profession : c’est la retranscription d’un ressenti. La mer, la sauvage, l’impitoyable, la déchaînée. C’est un roman de Melville, c’est l’étoffe des légendes ; on n’aurait pas été surpris de voir surgir un Kraken dans ce film, l’ombre des grands mythes marins hante le film, on comprend soudain ce qu’inspire la mer à l’homme (citation de Renaud interdite sous peine de sanctions pénales). <span id="more-14456"></span></p>
<p>Comme tous les films non-narratifs (pas de commentaires, pas de vrai discours), c’est une expérience qui se vit plus qu’elle ne se raconte. Cela dit, c’est une belle excuse pour ne pas vraiment critiquer un film et se réfugier derrière sa beauté formelle sidérante. Ce qui impressionne le plus dans <em>Leviathan</em> c’est la tranquillité, la routine qui s’en détache. Ces hommes font ce qu’ils font, peut-être depuis des siècles, ces carcasses d’animaux nous hantent depuis toujours. Sans chercher à épater la galerie avec des plans inédits, du « jamais vu », le documentaire révèle avant tout une activité ancestrale, un lien entre l’homme et la nature qui a toujours été là, de manière très naturelle, normale… La banalité révélée de ces plans est en elle-même ce qu’il y a de plus sidérant. Ces plans à couper le souffle ne sont finalement que les traces de quelque chose qui nous précède et nous survivra.</p>
<p>La communion avec les éléments et la lutte que nous menons contre eux. <em>Leviathan</em> nous fait vivre cette relation paradoxale avec talent et malgré tout avec un regard posé, attentif. On ne sort pas forcément ébranlé de ce film, plutôt avec l’impression d’avoir pris part à un voyage initiatique dont on n&#8217;a pas encore toutes les clés.</p>
<p>&nbsp;<br />
Leviathan<em> de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor. Angleterre, France, Etats-Unis, 2012. Sortie le 28 août 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xs0vkl/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Plateau télé : semaine du 21 avril</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/programme-tv/semaine-tele-21-avril-2013/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 23:12:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[Bon, les semaines de dimanche 21 avril, on ne les sent pas tellement bien. Du coup, comme en écho avec l'actualité, la télé dévoile les parts d'ombre de chacun. Pas de combi Volkswagen ou de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/fantomas-tele.jpg" alt="Fantômas dans ta télé" title="Fantômas dans ta télé" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-12157" />Bon, les semaines de dimanche 21 avril, on ne les sent pas tellement bien. Du coup, comme en écho avec l&#8217;actualité, la télé dévoile les parts d&#8217;ombre de chacun. Pas de combi Volkswagen ou de comptes en Suisse, mais des marchands d&#8217;armes qui regrettent, des frères jumeaux planqués, de la vengeance violente, les ravages de la nature, et l&#8217;envers du luxe. Et vous, quelle est votre part d&#8217;ombre ?<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;</p>
<h4>Dimanche 21 avril</h4>
<p><em>Micmacs à tire-larigot</em>, de Jean-Pierre Jeunet &#8211; 20h45 &#8211; France 2<br />
<em>Le Masque de fer</em>, d&#8217;Henri Decoin &#8211; 20h50 &#8211; HD1<br />
<em>La Gloire de mon père</em>, d&#8217;Yves Robert &#8211; 20h45 &#8211; 6ter<br />
<em>La Guerre des mondes</em>, de Byron Haskin &#8211; 22h15 &#8211; Arte<br />
<em>Old Boy</em>, de Park Chan-wook &#8211; 0h15 &#8211; France 4</p>
<p>Avant, la part d&#8217;ombre de Jean-Pierre Jeunet s&#8217;appelait Marc Caro. Et ça donnait des films drôles et noirs, poétiques et désespérés. Mais depuis quelques années, Jeunet n&#8217;est que lumière, stratagèmes et un brin de nostalgie. <em>Micmacs à tire-larigot</em>, comme son titre, est un peu suranné, un peu déjà vu, mais pas forcément déplaisant. <span id="more-12149"></span></p>
<p>On ne s&#8217;éloigne pas avec <em>Le Masque de fer</em>. On pense toujours recyclage de thèmes et stratagèmes alambiqués. En fait, il faut qu&#8217;on vous dise : Leonardo DiCaprio, c&#8217;est Jean Marais.</p>
<p>L&#8217;été est là, subitement. Alors pourquoi on n&#8217;irait pas se perdre dans la garrigue, écouter chanter les cigales, et célébrer <em>La Gloire de mon père</em> ? </p>
<p>Par contre, une fois la nuit tombée, la part d&#8217;ombre refait surface. Les Martiens envahissent la Terre de 1953, et <em>La Guerre des mondes</em> vaut le détour en matière de lasers et soucoupes volantes. Et on mange du poulpe avec <em>Old Boy</em>, dans un désir de folle vengeance. Folie à voir aussi.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Lundi 22 avril</h4>
<p><em>Sur mes lèvres</em>, de Jacques Audiard &#8211; 20h50 &#8211; HD1<br />
<em>Microcosmos</em>, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou &#8211; 20h45 &#8211; Gulli<br />
<em>Home</em>, de Yann Arthus-Bertrand &#8211; 20h45 &#8211; 6ter<br />
<em>Blueberry</em>, de Jan Kounen &#8211; 22h35 &#8211; Arte</p>
<p>Avec <em>Sur mes lèvres</em>, Jacques Audiard filmait déjà le handicap, mais sans Marion Cotillard et sans <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/barthelemy-beaux-effets-speciaux-moignons-marion-cotillard-rouille-os-audiard/" target="_blank">moignons</a>. Mais avec la rage de Vincent Cassel et l&#8217;innocence d&#8217;Emmanuelle Devos. L&#8217;attirance des contraires et le rapprochement des paumés. Audiard filme l&#8217;apprentissage des mauvaises manières comme personne.</p>
<p>Pour les insensibles à l&#8217;immense talent d&#8217;Emmanuelle Devos, il n&#8217;y a que celui de la nature pour rivaliser. C&#8217;est au choix, les insectes de <em>Microcosmos</em> en très gros plan, la Terre vue du ciel mais qui va mal de <em>Home</em>, ou les ravages du chamanisme sur le cinéma de Jan Kounen et le jeu de Vincent Cassel dans <em>Blueberry</em>.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mardi 23 avril</h4>
<p><em>Iron Man</em>, de Jon Favreau &#8211; 20h50 &#8211; M6</p>
<p>Comme souvent, le superhéros est aussi un homme. Iron Man ne naît pas superhéros, il le devient. Tel un Bruce Wayne, il choisit de défendre la veuve et l&#8217;orphelin dans un costume et une grandiloquence un peu ridicules, ce qui les rend forcément plus intéressants qu&#8217;un Superman qui se contente de dissimuler sa superforce dans le costume d&#8217;un homme invisible. Tony Stark, marchand d&#8217;armes le jour et justicier la nuit, c&#8217;est aussi Robert Downey Jr, drôle et cynique, acteur parfois aussi troublé et troublant que son personnage.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mercredi 24 avril</h4>
<p><em>The Wrestler</em>, de Darren Aronofsky &#8211; 20h50 &#8211; Arte<br />
<em>Fantômas</em>, d&#8217;André Hunebelle &#8211; 20h45 &#8211; France 4</p>
<p>Ce soir, on est taquin à la télévision. On brouille les pistes. Avec la tête de Mickey Rourke dans <em>The Wrestler</em>, on ne sait pas si on n&#8217;est pas, par hasard, tombé dans <em>Fantômas</em>.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Jeudi 25 avril</h4>
<p><em>Place Vendôme</em>, de Nicole Garcia &#8211; 20h45 &#8211; Chérie 25</p>
<p>En cette semaine de l&#8217;égalité, ce n&#8217;est pas un hommage à Christiane Taubira que propose Chérie 25, mais la part d&#8217;ombre, là encore, de l&#8217;autre visage de la place Vendôme. Les joailliers, qui sombrent dans l&#8217;alcool ou se suicident, remontent la piste de diamants à Anvers, et surtout, ne se remettent pas des regrets de leur jeunesse. Catherine Deneuve boit, pleure, crie, mais reste Catherine Deneuve. La classe.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Et pour agrémenter votre fin de semaine</strong>, on vous rappelle la sortie récente en DVD des excellents <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/hauts-hurlevent-andrea-arnold-emily-bronte/" title="Les Hauts de Hurlevent, d’Andrea Arnold">Hauts de Hurlevent</a>, <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/main-dans-la-main-valerie-donzelli/" title="Main dans la main">Main dans la main</a> et <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ernest-et-celestine-renner-patar-aubier/" title="Ernest &#038; Célestine, de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier">Ernest &#038; Célestine</a>.</p>
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		<title>Pierre Rabhi, au nom de la terre, de Marie-Dominique Dhelsing</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Apr 2013 09:26:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Pavan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Penseur, paysan et écrivain, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France, cette vision de l’agriculture qui réhabilite le principe fondamental de la terre nourricière, seul écosystème que...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/03/affiche-pierre-rabhi-dhelsing.jpg" title="Pierre Rabhi, au nom de la terre" alt="Pierre Rabhi, au nom de la terre" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11892" />Penseur, paysan et écrivain, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France, cette vision de l’agriculture qui réhabilite le principe fondamental de la terre nourricière, seul écosystème que nous connaissons au sein de l’univers. Respect de la biodiversité, fertilisation organique des sols, gestion parcimonieuse de l’eau, économie du coût des engrais chimiques, relocalisation de l’économie par la valorisation des ressources locales, autonomie alimentaire des individus, etc., sont autant de préceptes à adopter sur l’ensemble du globe. Au-delà des techniques agronomiques, Pierre Rabhi nous propose une voie peu plébiscitée aujourd’hui en répondant à une problématique : comment se réapproprier sa destinée en se faisant l’artisan d’une pensée globale sur la condition humaine. Dans le film, on le suit en Ardèche, où est établi son domaine, en Afrique et en Europe de l&#8217;Est, creusets de quelques projets fondamentaux. Sa pensée nous est décrite au fil des échanges qu’il entretient avec ses pairs et l’on voit ses idées et son savoir-faire concrétisés dans le centre agroécologique des Amanins ou encore la valorisation écologique de monastères roumains. <span id="more-11891"></span>Pour qui cherche à se documenter sur l’agroécologie, <em>Au nom de la terre</em> se révélera peu fouillé et guère convaincant. Les informations que l’on glane çà et là sont certes précieuses mais trop peu nombreuses pour donner une idée précise de la notion. <em>A fortiori</em> si l’on considère qu’il est urgent de changer notre mode de production agricole. L’intérêt est sans doute à chercher ailleurs, dans le parallèle que l&#8217;on perçoit entre l’ensemencement de la terre et l’éveil des esprits. Une graine en donne plusieurs, Pierre Rabhi a un nombre incalculable de projets réussis et en chantier à son actif. Preuve que sa démarche fait des émules et surtout qu&#8217;elle est l&#8217;une des solutions à la résolution du marasme actuel.</p>
<p>&nbsp;<br />
Pierre Rabhi, au nom de la terre<em> de Marie-Dominique Dhelsing. France, 2013. Sortie le 27 mars 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/q0xurx/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Samsara, de Ron Fricke</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 22:12:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[bouddhisme]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est de ces films qui vous transportent dès le premier plan. Des œuvres dont la force est aussitôt évidente. <em>Samsara</em> est un film inclassable, pas un documentaire au sens strict du terme...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/03/samsara-ron-fricke.jpg" title="Samsara, de Ron Fricke" alt="Samsara, de Ron Fricke" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11873" />Il est de ces films qui vous transportent dès le premier plan. Des œuvres dont la force est aussitôt évidente. <em>Samsara</em> est un film inclassable, pas un documentaire au sens strict du terme, pas une fiction. C’est une méditation sans paroles, où par la simple force du montage naissent des associations, des oppositions, un « non-récit » très « malickien » basé sur les impressions. En ce sens <em>Samsara</em> a quelque chose d’archaïque. On a l’impression d’être le témoin et le personnage d’une œuvre profondément pensée mais aussi libre et irréductible.</p>
<p>Mais commençons par les faits : tourné sur une période de cinq ans à travers 25 pays, <em>Samsara</em> a de quoi vous couper le souffle, la beauté de certains plans est saisissante, implacable. Selon le site officiel c’est un documentaire non-narratif ; pourquoi pas, on a juste envie d’appeler ça un poème. Le film traite des thèmes liés à son titre, le « Samsara » étant en gros le cycle des vies en souffrance avant d’atteindre le Nirvana. <span id="more-11868"></span>Le voyage inclut donc des sites aussi prestigieux que bien connus (Petra, La Mecque, Monument Valley) mais aussi des univers qui le sont beaucoup moins. Le tout filmé en 70 mm avec une infinie précision. Certains objecteront que tout ça a un côté <em>Des Racines et des Ailes</em>. Sauf qu’ici l’absence de commentaire n’impose pas une et unique lecture des plans. Il ne s’agit pas de « faire beau » mais d’être face à une beauté qui nous dépasse, d&#8217;être mis en situation avec l’incroyable complexité du monde et de la civilisation humaine ; le spectateur est invité à cogiter, à faire son propre chemin. Alors évidemment le film est plutôt orienté vers la « folie » du monde moderne, vers l’opposition entre moments de quiétude et ambiances contemporaines démesurées. C’est la « suite » du précédent film du réalisateur, Ron Fricke, <em>Baraka</em> (1992). Une œuvre dans la même veine, bien que <em>Samsara</em> soit plus focalisée sur les « gens ».</p>
<p>L’autre référence est bien sûr <em>Koyaanisqatsi</em> (1983), de Godfrey Reggio et filmé par Ron Fricke. Premier de son genre, le film bénéficie d’une musique originale de Philip Glass, c’est un chef-d’œuvre absolu, référence ultime en la matière pour ce genre de films. Pour en savoir plus sur les « autres » documentaires non-narratifs, il existe un <a href="http://www.spiritofbaraka.com/" title="Spirit of Baraka" target="_blank" rel="nofollow">site</a> qui répertorie ces films avec la liste (presque) complète des lieux de tournages.</p>
<p><em>Samsara</em> est une expérience hors norme, un voyage fabuleux entre stupeur et incompréhension. Dans un monde aussi aseptisé que le nôtre, c’est un film qui détonne dans le paysage cinématographique : ici, le spectateur est invité à se perdre, à se confronter, à s’oublier, à réfléchir. Chaque visionnage peut s’avérer différent, les sensations changent selon l’humeur qu’on « apporte ». Mais une chose demeure, dans ce cycle éternel et implacable, la sensation que nous vivons dans un monde qui menace de nous échapper à chaque instant, que la présence d’un chacun est infime et pourtant chargée de sens. On ne comprend rien de nouveau en sortant de <em>Samsara</em>, on est juste mis en face de l’écrasante responsabilité d’être là, ici et maintenant. Face au monde et dans le monde, impuissant et omniscient. Seuls avec nos questions, seuls à déterminer les multiples niveaux de lecture d’un film qui en appelle avec une infinie modestie à notre Humanité. <em>Whatever that means</em>…</p>
<p>&nbsp;<br />
Samsara <em>de Ron Fricke. Etats-Unis, 2011. Sortie le 27 mars 2013.</em></p>
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