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	<title>Grand Écart &#187; Michel Franco</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Michel Franco</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 22:56:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Le dernier film du réalisateur mexicain Michel Franco est disponible en DVD, ce jour. L'occasion de rencontrer un artiste qui aborde des sujets qui grincent et qui grattent...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;font-size:90%;"><em>Merci à <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jw/" target="_blank">Julien &#038; Nacim</a> pour leur collaboration et leur traduction</em></p>
<p><strong>Le dernier film du réalisateur mexicain Michel Franco est disponible en DVD, ce jour.</strong> L&#8217;occasion de rencontrer un artiste qui aborde des sujets qui grincent et qui grattent. Qui aime, si ce n&#8217;est mettre le spectateur mal à l&#8217;aise, tout au moins interroger son regard en le plaçant dans une zone d&#8217;inconfort. Et lui offrir des pistes de réflexion autour de la nature humaine. Dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/chronic-michel-franco/" target="_blank">Chronic</a></em> (prix du Scénario à Cannes en 2015), on parle maladie, compassion, abnégation et euthanasie. Et donc ?<br />
&nbsp;</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/affiche-chronic-franco.jpg" alt="Affiche de Chronic de Michel Franco" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23087" /><strong>Quel est le point de départ de <em>Chronic</em> ?</strong></p>
<p>Ma grand-mère a eu une crise cardiaque en 2010 et a dû être alitée pendant plusieurs mois. Elle a eu une infirmière qui s&#8217;est occupée d&#8217;elle pendant tout ce temps, et c&#8217;est ce qui m&#8217;a inspiré pour le film. </p>
<p><strong>Le vrai sujet n&#8217;est-il pas, finalement, la compassion et la dévotion que l&#8217;on peut avoir pour quelqu&#8217;un ?</strong></p>
<p>Oui, <em>Chronic</em> parle de la fin de l&#8217;existence. Qu&#8217;advient-il quand on a de moins en moins de facultés physiques ou intellectuelles ? Comment garder sa dignité ? Je voulais montrer la compassion qui lie une infirmière (et ici, un infirmier) à son patient. La relation très humaine qui se crée entre eux.  </p>
<p><strong>Au début du film, vous laissez planer un doute sur le personnage de David. Il pourrait tout aussi bien être un pervers ou un tueur en série&#8230;</strong></p>
<p>Quand je vais voir un film, je ne veux pas avoir toutes les informations dès les premières scènes. J&#8217;aime découvrir petit à petit le personnage principal. Le voir sous plusieurs angles. Je n&#8217;use pas de tous les subterfuges habituels de scénariste pour que les spectateurs aient tout de suite de l&#8217;empathie pour lui. Pour moi, il doit être bien plus complexe que cela et dans <em>Chronic</em>, justement, on perçoit David comme quelqu&#8217;un de mystérieux que l&#8217;on n&#8217;est pas obligé d&#8217;aimer immédiatement. C&#8217;est ça qui le rend intéressant. <span id="more-23083"></span></p>
<p><strong>Certaines familles des patients de David pensent qu&#8217;il nourrit de mauvaises intentions. Pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p>Quand ma grand-mère a été prise en charge par son infirmière, c&#8217;était au début comme une étrangère qui vivait dans la maison, dont on ne connaissait rien. Il nous a fallu lui faire complètement confiance, parce qu&#8217;elle s&#8217;occupait de quelqu&#8217;un que l&#8217;on aimait. C&#8217;était intéressant pour moi que les spectateurs se mettent également dans cette position-là, qu&#8217;il leur faille avoir confiance en ce personnage, sans savoir qui il est vraiment. </p>
<p><strong>La dévotion, la compassion, l&#8217;humanisme : des valeurs devenues rares par les temps qui courent ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/chronic.jpg" alt="Chronic de Michel FrancoChronic de Michel Franco" width="280" height="148" class="alignright size-full wp-image-23100" />Oui. Dans la vie, les gens ne sont plus prêts à donner autant d&#8217;eux-mêmes. L&#8217;amour, l&#8217;aide et la compassion que David offre à ses patients ne sont pas courants dans notre société. C&#8217;est ce qui le rend si spécial. Pourtant, heureusement, cela peut arriver que des infirmiers soient réellement dévoués et c&#8217;est ce qui confère à ce métier quelque chose de beau. </p>
<p><strong><em>Chronic</em> est donc un hommage à ces hommes et femmes ?</strong></p>
<p>Absolument ! En général, on a tendance à rendre hommage aux médecins, alors qu&#8217;en fait, ce sont surtout les infirmiers et les infirmières qui donnent tout leur temps à leurs patients, et on ne les remercie pas autant que l&#8217;on devrait&#8230; </p>
<p><strong>Quelles sont les limites que vous vous étiez fixées pour parler de la maladie, de la souffrance, de l&#8217;euthanasie ? </strong></p>
<p>Je ne pense jamais en ces termes-là. D&#8217;autant plus pour un tel sujet ! Il est impossible de ne pas dépasser les limites, parce que même si les infirmiers doivent être professionnels, ils doivent accepter les émotions des patients, les nettoyer, les prendre dans leurs bras quand ils pleurent. Il y a forcément des limites qui sont dépassées et que je devais montrer.  </p>
<p><strong>Certains médias considèrent votre travail comme particulièrement pessimiste. Cela vous surprend-il ?</strong></p>
<p>Je ne pense pas être pessimiste, même si je traite de sujets compliqués, de la violence qui se vit au quotidien, des difficultés à communiquer dans une famille&#8230; Dans <em>Chronic</em>, je parle de la fin de la vie et quand on traite de ce type de sujet, on ne peut pas le faire de manière simple. Si on veut trouver des réponses, il faut creuser de manière profonde, car c&#8217;est là que l&#8217;on saisit la complexité des choses, celles qui peuvent être intéressantes et utiles pour comprendre réellement ce qui nous échappe de prime abord. </p>
<p><strong>La plupart des comédiens de <em>Chronic</em> ne sont pas des professionnels. Etait-ce une manière pour vous de vous rapprocher de la réalité ?</strong></p>
<p>Oui, j&#8217;ai une approche très réaliste. Dans les films que je fais, il y a des choses qui ne doivent et ne peuvent pas être incarnées par des comédiens. Il n&#8217;y a qu&#8217;avec des talents comme Tim Roth que l&#8217;on peut aller très profondément dans l&#8217;introspection.</p>
<p><strong>Pourquoi l&#8217;avoir choisi pour le personnage de David ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/franco-cannes-20151.jpg" alt="Michel Franco et Tim Roth" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-23108" />C&#8217;est l&#8217;un de mes acteurs préférés et je n&#8217;aurais jamais osé le choisir, mais je l&#8217;ai rencontré lors du <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/festival-cannes-2012/films-65e-cannes/" target="_blank">Festival de Cannes 2012</a>. Il était président de la section Un Certain Regard et il m&#8217;avait remis le prix pour <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/despues-lucia-michel-franco/" target="_blank">Despuès de Lucia</a></em>. On a discuté et il m&#8217;a dit vouloir travailler avec moi. Je lui ai alors expliqué le sujet du film que j&#8217;étais en train d&#8217;écrire. A l&#8217;époque, le personnage principal était une femme, car je voulais que ce soit proche de ce que j&#8217;avais vécu avec ma grand-mère. Mais Tim m&#8217;a dit qu&#8217;il jouerait ce personnage si je le changeais en homme. Ce que j&#8217;ai fait. Et on est devenu tout de suite très amis.</p>
<p><strong>Vous avez des thèmes toujours très particuliers dans vos films : l&#8217;inceste dans <em>Daniel y Ana</em>, le harcèlement numérique dans <em>Despuès de Lucia</em>, la fin de vie et l&#8217;euthanasie ici. Quel fil peut-on tirer entre tous vos films ?</strong></p>
<p>Le fait que je traite de personnages qui s&#8217;aiment et qui essaient de donner le meilleur d&#8217;eux-mêmes, les uns pour les autres. Mais d&#8217;une certaine manière, sans nous en rendre forcément compte, même si nous sommes éduqués et que nous avons beaucoup de repères, nous devenons confus et faisons du mal aux autres. Dans mes films, il n&#8217;y a jamais de personnages mauvais, c&#8217;est la nature humaine qui complique tout, le manque de communication, même s&#8217;il y a de l&#8217;amour. Et c&#8217;est ce qui m&#8217;intéresse.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi de faire ce film en anglais et non en espagnol comme les précédents ?</strong></p>
<p>Uniquement parce que je voulais travailler avec Tim Roth ! J&#8217;habite à Mexico et lui à Los Angeles et c&#8217;est très similaire culturellement entre ces deux villes, car il y a plein de Mexicains en Californie. Du coup, c&#8217;était plutôt facile pour moi. </p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce que le prix du meilleur scénario que vous avez reçu à <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/68e-festival-cinema-cannes/competition-selection-officielle-cannes-2015/" target="_blank">Cannes</a> pour <em>Chronic</em> a changé à votre carrière ?</strong></p>
<p>Je ne me suis jamais considéré comme un scénariste, car je n&#8217;écris que dans la perspective de réaliser mes propres films. Cela dit, je pense que ça m&#8217;a aidé à avoir davantage confiance en moi en tant qu&#8217;auteur. J&#8217;ai travaillé pendant deux ans sur ce film, donc avoir une telle récompense pour tout ce travail a été un moment incroyable.</p>
<p><strong>Et quel regard posez-vous sur le cinéma français ?</strong></p>
<p>Je l&#8217;ai découvert quand j&#8217;avais quinze ans, à travers les films de Philippe Bresson, Jean-Luc Godard&#8230; Ce sont des œuvres qui comptent beaucoup pour le réalisateur que je suis. Leur façon d&#8217;exprimer les choses m&#8217;interpelle énormément. Le cinéma français reste toujours une référence pour moi. J&#8217;y reviens souvent. Dans le cinéma mexicain, ce qui me captive ce sont les contrastes d&#8217;un pays toujours en chaos, alors qu&#8217;en France, ce qui est intéressant, ce sont les changements qui s&#8217;opèrent dans la société. Si je devais faire un film en France, je traiterais des contrastes sociaux, de l&#8217;immigration, comme le font d&#8217;ailleurs déjà certains de vos réalisateurs.</p>
<p><strong>Y a-t-il des acteurs français avec qui vous voudriez travailler ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai toujours beaucoup aimé Isabelle Huppert, qui est une très grande actrice. Nous avons déjà parlé de faire, un jour, un film ensemble. </p>
<p>&nbsp;<br />
Chronic <em>de Michel Franco, avec Tim Roth, Bitsie Tulloch, Michael Cristofer&#8230; Mexique, 2014. Prix du Scénario au 68e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Chronic, de Michel Franco</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2015 20:57:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/chronic-michel-franco-tim-roth-1.jpg" alt="Chronic, de Michel Franco" title="Chronic, de Michel Franco" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-21912" /><strong><em>Chronic</em> est un film froid et âpre. L’un de ceux qu’on ne regarde pas pour aller mieux. Ce qui n’en fait pas un mauvais film – bien au contraire.</strong></p>
<p>Michel Franco, dont c’est le quatrième long-métrage, ne fait jamais des choix faciles. <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/despues-lucia-michel-franco/" title="Después de Lucia, de Michel Franco">Después de Lucia</a></em> racontait le deuil d’une collégienne, <em>Daniel &#038; Ana</em> le cauchemar éveillé d’un frère et d’une sœur, et <em>A los ojos</em> l’immobilité du système médical au Mexique. Alors <em>Chronic</em>, l’histoire de David, aide-soignant auprès de personnes lourdement malades, ne constitue pas une surprise dans sa filmographie. Autour de son personnage gravitent une malade du sida, une victime d’AVC restée paralysée, une cancéreuse. Dès les premières images, on sait qu’on va être confronté à la mort, à la douleur, à la question de l’euthanasie, à la façon de surmonter de telles épreuves. David (Tim Roth, pénétré par son rôle) est un aidant exemplaire, méticuleux, doux et dévoué, qui n’hésite pas à renvoyer chez lui l’infirmier qui vient le relever lorsqu’il juge nécessaire de rester auprès de son patient. Mais une fois revenu à la vie civile, il revêt un masque d’impassibilité et se révèle inapte à de « normales » relations sociales, que ce soit avec sa famille, une femme en deuil qui cherche du réconfort, ou un couple de jeunes mariés qui entament la conversation dans un bar. David est dépressif, trop souvent prostré dans sa voiture. Et c’est pourtant uniquement dans son métier qu’il semble trouver du sens à sa vie. </p>
<p>Le cinéaste mexicain refuse toute esthétisation : pas de musique, un éclairage naturel, des plans larges et désincarnés. Il use néanmoins d’un artifice : celui d’orienter le regard du spectateur dans la mauvaise direction. Ainsi lorsque David suit quelqu’un dans la rue ; lorsqu’il visite une maison ayant été construite jadis par son patient ; lorsqu’il s’invente un lien intime avec une patiente décédée. Autant de fausses pistes qui interrogent, avant toutes les questions de société sur la fin de vie, notre regard sur ces gens qui se consacrent à d’autres. David, d’apparence si gentil, altruiste, cacherait-il un lourd secret ? Pédophilie, perversion sexuelle, sociopathie ? Rien de tout cela, évidemment, mais cette suspicion est révélatrice : dans un monde où l’homme est un loup, toujours prêt à s’enrichir aux dépens des autres, à fermer les yeux lorsque c’est dangereux de les ouvrir, comment accepter qu’un homme soit prêt à tout sacrifier pour d’autres, qu’il connaît à peine ? Au milieu de <em>Chronic</em>, la famille d’un patient, qui préfère rester au rez-de-chaussée à faire la fête plutôt qu’aider le patriarche paralysé dans son lit à l&#8217;étage, porte plainte contre l’aide-soignant pour un prétexte fallacieux de harcèlement et de domination exercée. La vérité est bien plus triviale : la jalousie. David partage les derniers moments de la vie de ses patients, qui en sont également les plus humiliants. Naît entre eux un lien qui échappe au langage, de plus en plus indéfectible à mesure que les vivants se rapprochent du monde des morts. Pour les personnes extérieures à cette relation, c’est incompréhensible. David se sacrifie lorsqu’un mourant le lui demande, et accumule au fond de lui une somme infinie de peines et de désespoir, jusqu’au trop-plein, que Michel Franco a le courage d’affronter dans une ultime scène pénible et un brin moralisatrice : faire le bien, ça use.</p>
<p>&nbsp;<br />
Chronic <em>de Michel Franco, avec Tim Roth, Bitsie Tulloch, Michael Cristofer&#8230; Mexique, 2014. Présenté en compétition au 68e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Después de Lucia, de Michel Franco</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Oct 2012 19:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Après <em>Daniel y Ana</em>, l’histoire vraie et tragique du kidnapping d’un frère et d’une sœur, Michel Franco est de retour avec <em>Después de Lucia</em>, prix Un Certain Regard du 65e Festival de Cannes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/04/despues-de-lucia-1.jpg" alt="Después de Lucia, de Michel Franco" width="280" height="175" class="alignleft size-full wp-image-7781" />Après son premier long-métrage <em>Daniel y Ana</em>, l’histoire vraie et tragique du kidnapping d’un frère et d’une sœur dans laquelle il abordait avec beaucoup de pudeur des sujets sensibles tels que le viol, l’inceste et la pornographie clandestine, Michel Franco est de retour avec un deuxième film, <em>Después de Lucia</em> (<em>Après Lucia</em>), dans lequel le cinéaste continue d&#8217;exposer ses inquiétudes quant à l&#8217;évolution de la société mexicaine. <em>Después de Lucia</em> raconte l&#8217;histoire de Roberto (Hernán Mendoza), dépressif, miné par la perte de sa femme, Lucia, après un accident de voiture. Il décide alors d’aller s’installer à Mexico avec sa fille Alejandra (Tessa Ia), 15 ans. Un nouveau départ qui s’avère des plus délicats pour la jeune adolescente. Jolie, brillante, elle devient vite la cible de ses camarades de classe. Humiliée, harcelée moralement et sexuellement, Alejandra choisit pourtant de dissimuler ses souffrances, afin de ne pas accabler son père. La violence s’immisce alors peu à peu dans chaque recoin de son quotidien. <span id="more-6602"></span></p>
<p>Le personnage d&#8217;Alejandra que campe la jeune et néanmoins très convaincante Tessa Ia évolue dans un milieu plutôt aisé. Un milieu bourgeois où il est d&#8217;autant plus délicat d&#8217;avouer ses défaillances et ses douleurs. Celles d&#8217;Alejandra sont pourtant profondes. A l&#8217;école, elle subit, en silence, tous les supplices que lui infligent ses camarades de classe. Une pénitence qu&#8217;elle s&#8217;impose et grâce à laquelle elle pense pouvoir absorber toute l&#8217;affliction de son père, qui, incapable de faire son deuil, a cessé de croire en quoi que ce soit. Abattu et aveuglé par son chagrin, il ne voit pas sa fille s&#8217;enfoncer chaque jour un peu plus. A la maison, la jeune fille s&#8217;évertue à donner le change. Elle prépare à manger, elle incite son père à rencontrer d&#8217;autres femmes, elle l&#8217;encourage lorsque celui-ci est sur le point d&#8217;abandonner son projet professionnel, l&#8217;ouverture de son propre restaurant. Mais dans sa volonté de combler le vide laissé par sa mère, dans son désir d&#8217;un retour à l&#8217;équilibre, l&#8217;adolescente sort de son rôle et se retrouve à assumer une charge beaucoup trop lourde pour elle. </p>
<p>Afin de ne pas troubler l&#8217;attention du spectateur, Michel Franco a opté pour une réalisation très épurée, nettoyée de tout mouvement de caméra superflu, de toute rupture dans la narration. Le cinéaste tient à tout prix à éviter une dramatisation excessive. A chaque situation, son cadre. Cela passerait presque pour du &#8220;tourné-monté&#8221;. Une simplicité formelle qui, par contraste avec la violence du propos, insuffle au récit une atmosphère parfaitement réaliste et naturelle, amplifiant par la même occasion la sensation de malaise chez celui qui regarde. Dans cette mise en scène frontale, statique et glaciale, Michel Franco dessine les contours de cette violence protéiforme et banale, physique et morale qui submerge aujourd&#8217;hui toutes les strates de son pays (mais que l&#8217;on pourrait retrouver n&#8217;importe où). Une violence généralisée qui dépasse largement les problématiques de classes sociales.</p>
<p>&nbsp;<br />
Después de Lucia <em>de Michel Franco, avec Tessa Ia, Hernán Mendoza&#8230; Mexique, 2012. Prix Un Certain Regard du 65e Festival de Cannes. Sortie le 3 octobre 2012.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
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