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	<title>Grand Écart &#187; interview</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Benjamin Blasco-Martinez</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 15:53:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion du Festival de Gérardmer 2025, l’illustrateur et auteur de BD, Benjamin Blasco-Martinez, et le scénariste Philippe Pelaez, exposent Noir Horizon...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>L’apocalypse en BD</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/02/noir-horizon-tome-1-couverture-224x300.jpeg" alt="Noir horizon" width="224" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27906" />À l’occasion du Festival de Gérardmer 2025, l’illustrateur et auteur de BD, Benjamin Blasco-Martinez, et le scénariste Philippe Pelaez, exposent <em>Noir Horizon</em> (publié chez Glénat), une fresque de dark SF aussi visuelle que politique.</p>
<p><strong><em>Noir Horizon</em> à Gérardmer ?</strong><br />
Vous pourrez voir à Gérardmer un certain nombre de planches originales en noir et blanc des deux premiers tomes de la trilogie <em>Noir Horizon</em>, un space opera où six criminels sont envoyés derrière un gigantesque écran noir sur une planète hostile (Kepler 452-b), pour y chercher une nouvelle source d&#8217;énergie qui permettrait de prolonger le règne d&#8217;une dictature à l&#8217;agonie (Kadingirra).</p>
<p><strong>Ce n’est pas tant que ça de la science-fiction ?</strong><br />
C&#8217;est ce qui rend la science-fiction intéressante et tellement essentielle ! Les messages qu&#8217;elle véhicule sont universels et intemporels. C&#8217;est ce que Philippe Pelaez, le scénariste, a voulu démontrer. <em>Noir Horizon</em> s&#8217;inspire du <em>Discours de la servitude volontaire</em> de La Boétie écrit au XVIe siècle, qui est un véritable réquisitoire contre l&#8217;absolutisme, interrogeant les rapports de domination, la légitimité de l&#8217;autorité sur la population et l’acceptation de cette soumission. Donc oui, le propos est carrément d&#8217;actualité malheureusement, et le sera toujours j&#8217;en ai bien peur&#8230;</p>
<p><strong>Comment met-on en images un monde post-apocalyptique ?</strong><br />
<em>Noir Horizon</em> n&#8217;est pas à proprement parler un récit post-apo dans son ensemble. Le post-apo, on le trouve surtout sur la planète Kepler, où l&#8217;on montre les vestiges d&#8217;une ancienne civilisation, « un monde d&#8217;avant », qui a été anéantie par un cataclysme. Pour créer cela, il faut imaginer ce monde avant destruction, là est la difficulté. D&#8217;autant plus quand ce monde qu&#8217;on est censé imaginer n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;humanité et l&#8217;histoire de sa civilisation. <span id="more-27904"></span>J&#8217;ai donc créé des ruines antiques fictives en mélangeant des inspirations mayas, égyptiennes et babyloniennes sur lesquelles la faune et la flore extraterrestres ont repris leurs droits ; une image souvent vue dans les récits post-apocalyptiques comme <em>The Walking Dead</em> ou <em>The Last Of Us</em> récemment. Je voulais quelque chose de très « lovecraftien », gigantesque, terrifiant, insondable et mystérieux pour Kepler et sa cité perdue. Pour Kadingirra c&#8217;est différent, nous sommes dans la dystopie. Il fallait imaginer un monde humain futuriste mais cauchemardesque, à la <em>Blade Runner</em> de Ridley Scott ou <em>1984</em> d&#8217;Orwell. Il fallait que tout soit titanesque et oppressant dans les bâtiments, les vaisseaux, les décors, à l&#8217;image de la démesure et de la folie des humains. Le choix délibéré de ne représenter aucune nature, aucun animal sauvage lorsque l&#8217;on montre Kadingirra contraste avec la planète Kepler qui, bien qu&#8217;hostile, représente l&#8217;espoir pour nos héros.</p>
<p><strong>Va-t-on de l’image au scénario ou l’inverse quand on parle apocalypse ?</strong><br />
Je pense qu&#8217;une idée, un concept naît d&#8217;une vision. Donc d&#8217;une image oui en quelque sorte et quel que soit le genre, en fait. Mais la vision peut aussi venir d&#8217;un texte ou d&#8217;une réflexion qui nous inspire. On ne sait pas trop où cela commence en vrai et c&#8217;est merveilleux ! Pour ce qui est de l&#8217;apocalypse, on essaye de répondre par le texte ou l&#8217;image à une question existentielle et à une peur ; « il y a eu un commencement, il y aura forcément une fin, comment cela va finir ? »</p>
<p><strong>Dans quelle mesure votre approche est « cinématographique » ?</strong><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/02/noir-horizon-planche-225x300.jpg" alt="Noir horizon" width="225" height="300" class="alignright size-medium wp-image-27907" />Je ne sais pas trop à vrai dire car c&#8217;est un peu inconscient en ce qui me concerne. Il est vrai que je m&#8217;inspire beaucoup du cinéma de manière générale, j&#8217;aime glisser des clins d&#8217;œil où des petites références dans mes planches mais la BD est cinématographique par elle-même. On retrouve les cadrages, la mise en scène, le rythme, les jeux de lumière, le jeu d&#8217;acteur pour les personnages. Ne manque que le son et le mouvement. D&#8217;ailleurs un film est une BD en quelque sorte, avant d&#8217;être un film ; on appelle cela un storyboard. La plupart des auteurs de BD sont amoureux du cinéma, cela je peux vous l&#8217;affirmer !</p>
<p><strong>Si <em>Noir Horizon</em> devait être porté à l’écran : qui le réaliserait ?</strong><br />
Guillermo Del Toro sans hésitation. C&#8217;est celui qui cocherait toutes les cases vu ses goûts, ses influences et sa filmographie. Et en plus il aime la BD ! L&#8217;espoir fait vivre&#8230;</p>
<p><strong>Top 3 des films post-apocalyptiques selon vous ? </strong><br />
La saga <em>Mad Max</em> de George Miller et Byron Kennedy. Tout est parfait dans ces films. L&#8217;humanité revenue à un état quasi primitif après une guerre nucléaire à cause des pénuries de pétrole, un western antique où les chevaux sont remplacés par des engins trafiqués, crasseux, monstrueux et surpuissants gavés de gasoil ! Un Mel Gibson fou furieux en guerrier de la route, solaire, magnétique, culte&#8230; et violent ! On peut ajouter le <em>Fury Road</em> qui est excellent aussi, du pur opéra !<br />
<em>Matrix</em> de Lilly et Lana Wachowski. L&#8217;originalité du scénario, les références bibliques et littéraires mêlées à l&#8217;univers geek et informatique. L&#8217;idée flippante que notre monde libre n&#8217;est qu&#8217;une illusion et que nous vivons esclave dans une autre réalité sans le savoir. Des scènes d&#8217;actions ultra-stylisées, du kung fu, l&#8217;agent Smith, la BO très techno, bref un pur chef-d&#8217;œuvre (du moins pour le premier film), le côté mecha moins passionnant pour les opus suivants.<br />
<em>28 jours plus tard</em> de Danny Boyle. L&#8217;ambiance de ce film est complètement dingue. Le centre-ville de Londres complètement désert après une pandémie, la solitude (temporaire) du héros, son désarroi, son incompréhension&#8230; juste mythique, inoubliable. Ajoutez à cela la nervosité de la mise en scène, des « zombies » infectés ultra-flippants assoiffés de sang qui courent partout, des militaires psychopathes, la BO et une fin heureuse pour une fois !</p>
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		<title>Rencontre avec Jaume Balagueró</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 17:11:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après un début de 30e Festival du film fantastique de Gérardmer un peu timide en terme d'entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/venus-jaume-balaguero-211x300.jpg" alt="Venus, de Jaume Balaguero" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27830" />Après un début de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands">30e Festival du film fantastique de Gérardmer</a> un peu timide en terme d&#8217;entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de Jaume Balagueró, <em>Vénus</em>, a remis un peu de baume au coeur des festivaliers. Film d&#8217;action rondement mené, récit horrifique savamment maîtrisé, déluge d&#8217;hémoglobine cathartique, actrices au top : si <em>Vénus</em> avait fait partie de la compétition du Festival de Gérardmer, nul doute qu&#8217;il en serait reparti avec quelques récompenses. Une petite piqûre de rappel de l&#8217;immense talent de celui qui fut, aux côtés de Paco Plaza, Alex de la Iglesia et Juan Antonio Bayona, l&#8217;un des fers de lance du renouveau du cinéma fantastique espagnol il y a de ça une vingtaine d&#8217;années. On n&#8217;a donc pas boudé l&#8217;occasion de le rencontrer, même si, emploi du temps de festival oblige, le moment fut trop court.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez gagné 11 prix à Gérardmer, vous avez été président du jury. Cette année le Festival vous rend hommage, et vous présentez un nouveau film, <em>Venus</em>… Que vous évoque Gérardmer, après tout ce temps ?</strong></p>
<p>C’est toujours très émouvant de revenir à Gérardmer, parce que j’y ai vécu des choses très intenses. Que ce soit lorsque je présentais un film ou en tant que président du jury, les gens que j’ai rencontrés, les réactions du public, dans cette ville que j’adore, ce sont des souvenirs que je vais garder à jamais. Je n’ai jamais rien vécu de négatif à Gérardmer… Ah si ! Une chose ! La fois où j’étais venu avec Paco Plaza, on est allés skier, c’était la première fois que Paco skiait, et il n’y arrivait pas. J’essayais de lui apprendre mais il tombait tout le temps ! Alors on est rentrés… C’est la chose la plus horrible que j’ai vécue ici !</p>
<p><strong>Votre précédent film, <em>Braquage final</em>, était un film d’action. Avec <em>Vénus</em>, vous revenez au fantastique, votre genre d’origine. Ca vous avait manqué ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas qu’il me manque, mais le fantastique fait partie de mon ADN, c’est toujours un plaisir d’y revenir. D’ailleurs, je crois que <em>Vénus</em> est un film très proche de ceux de mes débuts. <span id="more-27814"></span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p>Thématiquement. Quand je regarde certaines séquences de <em>Vénus</em>, je pense à <em>La Secte sans nom</em>, à <em>Darkness</em>. C’est plus sophistiqué, plus évolué, mais il y a quelque chose de commun entre ces films. </p>
<p><strong><em>Vénus</em> est inspiré d’une nouvelle de Lovecraft ?</strong></p>
<p>Un peu inspiré, oui. Il y a cette nouvelle de Lovecraft, <em>La Maison de la sorcière</em>. Dedans on y trouve une maison, des sorcières, et cette « horreur cosmique » typiquement lovecraftienne. Vénus raconte une histoire très différente, très contemporaine, celle d’une gogo dancer qui vole de la drogue à des trafiquants. Elle est découverte et s’échappe. Elle se réfugie dans la maison de sa sœur, une maison qui cache des choses vraiment terrifiantes. Il y a donc deux histoires d’horreur qui se rejoignent : un récit d’action avec les trafiquants de drogue, et un récit surnaturel dans la maison.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les histoires de sorcières et de religion ?</strong></p>
<p>Je suis très attiré par tout ce qui a à voir avec les icônes de la religion catholique. Ses représentations. C’est à la fois fascinant et effrayant, pour moi. Je ne suis pas quelqu’un de religieux, j’entre dans les églises non par foi mais parce que j’aime beaucoup l’ambiance. Je crois qu’il y a quelque chose de tout ça dans mes films. Le surnaturel, l’obscure de la religion, c’est très intéressant.</p>
<p><strong>Quelle évolution voyez-vous dans le cinéma depuis vos débuts ?</strong></p>
<p>C’est difficile de répondre… Si tu pars dans un autre monde quinze ans et que tu rentres sans avoir vu aucun film, tu vas forcément voir la différence. Sinon, non. Bien sûr, il y a une évolution. La narration a changé ; le rythme a évolué, parfois d’une façon un peu incontrôlée. Mais ce n’est pas lié qu’au cinéma lui-même, c’est aussi lié à ce qui nous entoure. Les nouvelles technologies, les plateformes de streaming… Les jeunes ont besoin d’un rythme très intense. Ce n’est peut-être pas une bonne chose, mais seul l’avenir le dira.</p>
<p><strong>Et dans votre cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/itw-jaume-balaguero-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="rencontre avec Jaume Balaguero" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27831" />Même si je ne suis pas toujours d’accord avec cette évolution incontrôlée, je suis une partie de ce monde. Moi aussi, je suis une victime de tout ça. Donc oui, mes films aussi ont changé de rythme, mais comme j’ai une façon très personnelle de raconter des histoires, peut-être que cette évolution est moins visible dans mes films.</p>
<p><strong>Beaucoup de films espagnols sortent directement sur les plateformes de streaming, désormais. Que pensez-vous de ce nouveau modèle ?</strong></p>
<p>Je crois que les plateformes sont devenues des refuges pour le cinéma en général. Parce que les salles ne marchent pas vraiment. Les gens vont très peu au cinéma désormais, donc si on pense à l’avenir du cinéma, on doit penser à l’avenir des plateformes. Moi, j’adore l’expérience de la salle de cinéma. Quand je fais un film, je pense toujours à la salle qui va le projeter. Mais l’économie fait que l’on doit désormais penser aux plateformes quand on réalise un film.</p>
<p>&nbsp;<br />
Vénus<em>, de Jaume Balagueró avec Ester Expósito, Ángela Cremonte, Magüi Mira, Fernando Valdivielso&#8230; Espagne, 2022.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Keith Thomas</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2020 07:57:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Quand on aime le film de genre, en particulier d’horreur, on se retrouve vite à fouiller les méandres des boutiques spécialisées et des forums du Net en quête DU film, celui qui ne ressemblera pas aux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Unorthodox</h2>
<p><strong>Ce 29 juillet 2020, quelques semaines après la date initialement prévue par son distributeur Wild Side, sort au cinéma <em>The Vigil</em>. Un premier film horrifique novateur, ambitieux, sincère&#8230; et surtout réellement terrifiant par moments. Bref, une oeuvre qui mérite qu&#8217;on s&#8217;y attarde. Rencontre en terres vosgiennes avec son scénariste-réalisateur Keith Thomas. </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/07/the-vigil-keith-thomas.jpg" alt="The Vigil, de Keith Thomas" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27615" />Quand on aime le film de genre, en particulier d’horreur, on se retrouve vite à fouiller les méandres des boutiques spécialisées et des forums du Net en quête DU film, celui qui ne ressemblera pas aux dix regardés le mois précédent, celui qui n’utilisera pas les mêmes ressorts pour susciter effroi et intérêt. On a beau aimer nos classiques et le regain horrifique de ces dernières années, voir des <em>Exorciste</em>-like ou des <em>Insidious</em>-like a tout bout de champ a aussi ses limites. Aussi, sans savoir grand-chose du film, assister en plein <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival de Gérardmer</a> à la projection de <em>The Vigil</em> avait quelque chose de merveilleux. Le premier film de Keith Thomas &#8211; certes non exempt de défauts &#8211; emporte l’adhésion par son originalité et sa maîtrise formelle.<br />
C’est l’histoire de Yakov, jeune adulte qui quitte sa communauté juive orthodoxe new-yorkaise pour se jeter dans le grand bain du monde (celui avec des téléphones portables, de la musique, de la liberté mais aussi de la brutalité et de la solitude) et revient le temps d’une nuit pour une veillée funèbre particulièrement funeste : corps mort sous un drap au milieu du salon, maison aussi mal éclairée que la grotte de Lascaux, vieille veuve sénile, parquet qui craque. Autant d’éléments du patrimoine horrifique qui trouvent ici un enchaînement logique et innovant. <span id="more-27422"></span><br />
Mais, aussi tendu de bout en bout qu’il soit, <em>The Vigil</em> doit surtout énormément à l’écriture du scénario (signé également du réalisateur). Au cinéma, le diable et autres démons sont étroitement liés à la chrétienté et à l’image qu’elle véhicule. Rares sont les films à montrer un autre type de combat face aux forces infernales. En plaçant son récit au sein d’une communauté juive, avec ses propres superstitions, ses propres peurs et ses propres exorcismes, <em>The Vigil</em> surprend autant qu’il terrifie.<br />
Autant de bonnes raisons de rencontrer Keith Thomas au sortir de cette projection du Festival de Gérardmer 2020 – festival pré-COVID on vous le rappelle, et aussi pré-<em>Unorthodox</em>, l’excellente mini-série de Maria Schrader disponible sur Netflix.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>The Vigil</em> est un film d’horreur, mais c’est aussi un film sur une communauté… C’est votre histoire ?</strong></p>
<p>Une partie de ma famille éloignée est hassidique. Ma mère est juive, je suis donc juif, mais mon père ne l’est pas. J’ai grandi dans un milieu assez laïque, hors de la vie religieuse. Ma mère s’est rapprochée plus tard de la religion. C’est à ce moment-là que j’ai moi-même commencé à explorer la religion et à me documenter. J’ai toujours été fasciné par la théologie – l’étude des textes religieux –, et je savais que le jour où je me déciderai à réaliser mon premier film d’horreur, j’aurai besoin de parler de quelque chose de personnel, quelque chose que je connaissais, des choses à la fois culturelles et spécifiques. J’ai réalisé qu’il y avait très peu de films d’horreur sur les juifs, et absolument aucun sur cette communauté orthodoxe. Cette communauté ayant beaucoup plus de croyances superstitieuses que la majorité des communautés juives, je me suis dit que ce serait intéressant d’y situer mon film, et de m’intéresser à ces superstitions.</p>
<p><strong>Au début du film, Yakov a quitté la communauté et parle de ses peurs dans ce « nouveau monde ». La religion éloigne-t-elle de la société ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/the-vigil-keith-thomas-dave-davis.jpg" alt="Dave Davis dans The Vigil" title="Dave Davis dans The Vigil" width="280" height="175" class="alignright size-full wp-image-27426" />Dans le cas de ces personnes, oui, c’est évident. Et dans cette scène d’ouverture, toutes les personnes à la table autour de Dave Davis, cet exceptionnel acteur principal qui interprète Yakov, ont vraiment fait partie puis quitté cette communauté. Dans la vraie vie comme dans <em>The Vigil</em>, c’est un genre de groupe de soutien pour ces personnes. La communauté juive orthodoxe, un peu comme la communauté amish, s’est retirée de la société et a ses propres règles, ses propres lois. Ses membres vivent dans la plus grande ville américaine, mais restent pourtant en dehors. C’est étrange, mais c’est comme ça. Et c’est intéressant : les gens qui l’ont quittée et que j’ai rencontrés, étaient excités d’être dehors parce qu’ils avaient accès à plein de choses qu’ils n’avaient pas dans la communauté, comme la technologie, les films, la musique, toutes sortes de nourriture, la possibilité d’explorer la ville… Et en même temps, la communauté leur manquait. La camaraderie leur manquait, le soutien, parce que pour eux, se retrouver dans un monde laïque est très froid, très solitaire. Personne ne vous aidera à payer votre loyer si vous avez du mal, personne ne vous aidera à vous relever si vous tombez… Dans la communauté, personne n’a faim, tout le monde a une maison, on se sent en sécurité. Mais ces gens se sont également sentis trop isolés. Certains sont gays, certains sont des artistes, veulent créer des choses, ce qui n’est pas acceptable là-bas. Ils sont donc partis pour trouver leur propre chemin.</p>
<p><strong>Yakov est dans ce moment où il l’a quittée, mais il n’a pas encore trouvé sa voie…</strong></p>
<p>J’ai pensé que ce serait un intervalle intéressant pour faire vivre le personnage, déchiré entre les deux mondes. C’est toujours intéressant d’avoir quelqu’un qui quitte quelque chose, et qui revient avec un peu de recul. Yakov traverse une crise. Il a un pied dans chaque monde, et doit aussi s’occuper de ses propres problèmes : le traumatisme qu’il a vécu, les raisons qui l’ont poussé à partir : il avait besoin de voir un docteur, de prendre une médicamentation&#8230; Je pensais que le forcer à affronter ce qui cause sa crise donnerait quelque chose d’intéressant. C’était mon point de départ. Je devais commencer avec ce personnage dans cette situation difficile ; c’est un cliché, mais il devait essentiellement affronter ses propres démons, c’est le sujet de <em>The Vigil</em>.</p>
<p><strong>Comment on affronte ses démons, son chagrin ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/the-vigil-dave-davis-shomer-hassidique.jpg" alt="Dave Davis dans The Vigil" title="Dave Davis dans The Vigil" width="280" height="116" class="alignleft size-full wp-image-27427" />Pour moi, la réponse est clairement de passer à travers, d’avancer. The Vigil parle de traumatisme et de la peur qui peut nous habiter. Affronter ses démons, c’est une aventure intérieure. Il n’y a pas de poignard pour le tuer. Le seul moyen est d’affronter ses démons, de prendre ses problèmes à bras le corps.</p>
<p><strong><em>The Vigil</em> réussit à faire peur, sans pour autant utiliser à outrance les jump scares et autres effets horrifiques actuellement à la mode. Comment avez-vous imaginé les moments de peur ?</strong></p>
<p>Je voulais utiliser tous les moyens possibles pour créer la peur. Y compris le jump scare, la musique assourdissante… Mais j’avais effectivement envie d’essayer autre chose, pour donner à voir à l’écran une autre peur. Pour moi, la réussite de l’effet de peur réside dans sa construction. C’est la tension qui la précède qui va produire la peur. J’ai donc essayé de faire traîner la tension longtemps, pour mettre le public mal à l’aise, avant de déclencher l’effet horrifique. Il fallait que le spectateur ait le temps de se mettre à la place du personnage.</p>
<p><strong><em>The Vigil</em> est votre premier film. Comment passe-t-on de la recherche médicale à la réalisation ?</strong></p>
<p>L’envie de raconter des histoires et de réaliser a toujours été là. Déjà à l’école, je publiais des nouvelles, des chroniques ciné, des poèmes. Puis mon travail avec des patients à écouter leur vie, à leur expliquer les protocoles de recherche, a encore stimulé mon imagination. Mes rencontres m’ont beaucoup inspiré pour mes histoires, et enfin pour ce premier film, que je rêvais de réaliser depuis des années.</p>
<p><strong>A votre avis, qu’est-ce qui fait d’un film, un bon film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/keith-thomas-portrait-c-OlivierVigerie.jpg" alt="Keith Thomas, réalisateur de The Vigil" width="187" height="280" class="alignright size-full wp-image-27424" />Mmmh… Quand j’ai écrit le scénario, on a passé beaucoup de temps en préproduction avec mon directeur photo. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un bon directeur photo. On a passé beaucoup de temps à imaginer comment on allait tourner les plans, ce qu’allait donner la photo. Mais c’est vraiment le troisième jour de tournage que j’ai réalisé ce que j’étais en train de faire. Parce que je ai écrit <em>The Vigil</em>, j’ai casté les acteurs, j’ai choisi l’équipe, j’ai tout calculé, mais sur le plateau, j’avais beau parler à tout le monde et crier « Action ! », je n’avais pas encore compris ce que fait vraiment un réalisateur. Et donc, ce troisième jour, on installait la cuisine, quand mon directeur artistique m’a amené des cuillères et m’a demandé : <em>« Celle-ci ou celle-là ? »</em> Elles allaient être dans des tiroirs qu’on n’allait jamais ouvrir. Et pourtant j’ai su immédiatement : <em>« Celle-là ! »</em><br />
Je crois que ce que fait le réalisateur, c’est de maintenir la vision du film. C’est avoir le film dans sa tête et être capable de le restituer sur le plateau aussi clairement que possible, pour que dès qu’une question est posée, on puisse répondre immédiatement. Parce que c’est ça, un plateau de tournage : tout le monde posant en permanence des questions. Où est la caméra ? Quelle lentille on utilise ? Où va cette lumière ? Comment je joue cette scène ? Qu’est-ce que je dois porter ? Personne ne connaît la réponse… Tu portes ça. La lumière va là. La caméra ici. On utilise une lentille 15 mm. Tu vas jouer comme ça… Tu dois avoir toutes ces choses en tête et être capable de les reproduire sur le plateau. Je pense – en tout cas dans mon cas – que faire un film sans savoir tout ça a une grande chance de ne pas fonctionner. Parce qu’il n’y a pas de capitaine à bord du navire. Ca ne veut pas dire qu’on doit être un commandant, hurler sur tout le monde et être un connard, ça veut juste dire qu’il faut avoir confiance dans ce qu’on fait, savoir où on va et maintenir le cap.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Vigil <em>de Keith Thomas, avec Dave Davis, Menashe Lustig, Lynn Cohen… Etats-Unis, 2019. Sortie le 29 juillet.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Lorcan Finnegan</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2020 13:35:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne 27e édition du Festival de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Un bonheur insoutenable</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/lorcan-finnegan-portrait.jpg" alt="Lorcan Finnegan" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27464" />Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e édition du Festival de Gérardmer</a>. Un film délirant, stupéfiant et signifiant qui méritait bien quelques confidences de la part de son jeune réalisateur irlandais. Rencontre avec Lorcan Finnegan.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Vivarium</em> est une fable surréaliste, métaphorique et cruelle. Êtes-vous d’accord avec cette définition ?</strong></p>
<p>Oui, tout à fait. Même s’il y a tout un tas d’autres interprétations possibles.</p>
<p><strong>Sans oublier sa dimension politique&#8230; </strong></p>
<p>Sociopolitique serait plus juste.</p>
<p><strong>Justement, quels sont les sujets qui parcourent <em>Vivarium</em> ?</strong></p>
<p>Même si chacun y trouve l’interprétation qu’il souhaite, pour moi <em>Vivarium</em> est un point de vue sur un certain mode de vie que l’on a voulu nous vendre comme idéal à partir de la fin des années 1950. En réalité, c’est un modèle absurde et atroce ! Je ne parle évidemment pas de tous les lotissements ni de toutes les banlieues pavillonnaires mais plutôt de ces programmes immobiliers aberrants qui ont poussé au milieu de nulle part. Ils favorisent l’individualisme tout en brisant les individus. Les promoteurs y vendent très cher du rêve à grand renfort de marketing à des gens qui y seront prisonniers pour la vie. Une vie de cauchemar qu&#8217;ils vont passer à rembourser des prêts où les contacts sociaux sont réduits au minimum et où il doivent faire des kilomètres en voiture chaque matin pour aller travailler. C’est quand même très étrange de faire ce choix de vie&#8230; <span id="more-27450"></span></p>
<p><strong>Comment est née l’idée du film ?</strong></p>
<p>Du boom économique qui a eu lieu en Irlande entre 2005 et 2008. À ce moment-là, ces programmes immobiliers ont poussé comme des champignons à travers tout le pays. Les banques accordaient des prêts sans compter et le gouvernement en tirait de gros bénéfices. Mais quand, en 2008, la crise des subprimes a éclaté, ceux qui avaient acheté se sont retrouvés piégés dans ces endroits sans âme. Revendre leur maison devenait impossible, personne ne pouvant plus les acheter, alors que leur niveau d&#8217;endettement grossissait dangereusement. Ces lotissements sont devenus des sortes de cimetières. J’ai connu personnellement pas mal de personnes dans ce cas&#8230; Ce sont toutes ces idées autour d’un contrat social mensonger que nous avons voulu explorer avec le scénariste Garrett Shanley.</p>
<p><strong>Votre vision est sombre. Pensez-vous que nous ayons définitivement perdu la partie face à ce système ?</strong></p>
<p>Sans doute pas si nous nous rendons compte de ce qui se trame à notre insu. La petite fille au début du film n’aime pas ce qu’elle voit (des oisillons morts après avoir été éjectés de leur nid par d’autres poussins plus forts) et c’est bien ! La prise de conscience est indispensable pour les générations futures.</p>
<p><strong>Y aurait-il derrière tout ça une forme de dictature du bonheur ?</strong></p>
<p>Sans doute est-ce la marque du capitalisme de nous imposer un idéalisme illusoire…</p>
<p><strong>Quel est le sens de cette scène d’ouverture naturaliste avec les oisillons ?</strong></p>
<p>Il s’agit de coucous, une race d’oiseaux qui pond dans le nid des autres avant d’abandonner ses œufs. Une fois nés, les poussins coucous dégagent du nid les autres oisillons pour être élevés et nourris de façon exclusive par leurs parents d&#8217;adoption. Ils ont un comportement de parasites. Après avoir vu un documentaire sur les coucous, avec Garrett nous nous sommes dit qu’ils feraient une bonne métaphore des promoteurs immobiliers. Voilà comment est née une des idées principales de l’intrigue. Sinon, c’est également une référence à la violence de la sélection naturelle qui sévit au sein de toutes les espèces, humains compris.</p>
<p><strong>Quel est le rôle des deux classiques de ska jamaïcain<sup>(1)</sup> des <em>60’s</em> que vous utilisez ?</strong></p>
<p>Ce sont des chansons qui parlent de pauvreté sur un rythme ensoleillé. De révolte sociale dans la bonne humeur. C’est à la fois de super morceaux et de formidables contrepoints, d’abord entre paroles et musique, puis entre la musique et la situation désespérée du couple à l’écran.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le film de genre pour traiter votre sujet ?</strong></p>
<p>Le film fantastique permet d’avoir une grande liberté et de laisser libre cours à sa créativité. En se coupant de toute représentation du réel, on peut exagérer à souhait, utiliser toutes les perspectives que l’on veut pour montrer la complexité et l’étrangeté de nos comportements.</p>
<p><strong>Quelles ont été vos références pour ce film ?</strong></p>
<p>L’influence graphique de Magritte est évidente et était présente depuis le début dans le scénario. Je pense aussi aux films du Suédois Roy Andersson, notamment pour la lumière et la photographie, à <em>La Femme des sables</em> (1964) de Hiroshi Teshigahara, au <em>Dernier Survivant</em> (1985), un film de SF post-apocalyptique de Geoff Murphy et à <em>Lost Highway</em> de David Lynch.</p>
<p><strong>Et vos films préférés ?</strong></p>
<p>Qui sait, je ne les ai peut-être pas encore vus… Sinon, j’ai grandi avec les films d’horreur et les épisodes de <em>Twilight Zone</em> à la télévision, les films de David Cronenberg. J’aime tous les genres de films, du moment que c’est du bon cinéma. En aparte, j’aimerais dire qu’on me parle souvent de <em>Black Mirror</em> comme si c’était une référence de <em>Vivarium</em>. Mais la vérité est que le projet a été initié bien avant la diffusion du premier épisode de la série, qui est excellente par ailleurs. </p>
<p><strong>Votre prochain projet sera-t-il toujours un film fantastique ?</strong></p>
<p>Ce sera effectivement un thriller surnaturel sur le thème de la vengeance. Il y aura encore une dimension politique puisqu’il évoquera l’exploitation humaine en Asie liée à l’industrie occidentale de la mode. Grâce au cinéma, on peut envoyer des messages importants au plus grand nombre. Quoi qu’il en soit, j’ai besoin d’une thématique forte pour aller au bout d’un projet.</p>
<p>(1) <em>A message To You Rudy</em> (Dandy Livingstone, 1967) et <em>007</em> (Desmond Dekker, 1967).</p>
<p>&nbsp;<br />
Vivarium <em>de Lorcan Finnegan, avec Jesse Eisenberg, Imogen Poots. Etats-Unis, Irlande, 2019. En compétition au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 11 mars 2020.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Rose Glass</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 16:08:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[À tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Un sacre largement mérité pour elle et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Allons voir si la rose qui ce matin avait déclose&#8230;</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/rose-glass-saint-maud-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Rose Glass" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27492" />À tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020/" title="Le palmarès du 27e Festival de Gérardmer">27e Festival international du film fantastique de Gérardmer</a>. Un sacre largement mérité pour elle et son premier long-métrage, <em>Saint Maud</em>. L’histoire de Maud – divine Morfydd Clark –, jeune et (très) pieuse infirmière à domicile envoyée auprès d’une chorégraphe gravement malade pour lui prodiguer ses derniers soins. Mais plus qu’au serment d’Hippocrate, c’est aux sermons de Dieu que Maud semble vouée, préférant consacrer son énergie à sauver l’âme de sa patiente plutôt qu’à soulager son corps&#8230; Plébiscité à quatre reprises (Grand Prix du jury, prix de la Critique, du Jury Jeunes et de la Meilleure musique originale), le film restera pour nous cette lumière éblouissante, aussi inattendue qu’inespérée, venue sortir de l’obscurité une compétition bien décevante. Certes, on sortira également du lot l’audacieux <em>Vivarium</em> de Lorcan Finnegan et l’original <em>Vigil</em> de Keith Thomas, mais il n’y avait sinon pas photo face à cette première réalisation d’une insolente maîtrise. Une Rose s’est donc bien éclose cette année à Gérardmer&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avez-vous choisi le cinéma de genre pour votre premier film ?</strong></p>
<p>Pour être honnête, au tout début, je n’étais pas partie dans l’idée de faire un film fantastique ou un film d’horreur. L’histoire a finalement et naturellement évolué dans cette voie. J’ai toujours su que je voulais faire des films intenses, plutôt surréalistes, étranges. Ce n’est donc pas étonnant si j’ai fini par me diriger vers une forme de cinéma plutôt extrême, comme celle du cinéma de genre. <span id="more-27481"></span></p>
<p><strong>Quel est votre rapport à la religion ? Quelle cheminement, personnel ou intellectuel, vous a mené à aborder ces questions de croyance et de foi ?</strong></p>
<p>J’ai grandi dans une famille chrétienne, non pratiquante. On allait de temps en temps à l&#8217;église. J&#8217;ai été baptisée, scolarisée dans une école catholique, avec des nonnes pour professeurs. Des femmes très cool ! Donc oui, la religion a toujours été autour de moi dans ma jeunesse. Et lorsque vous êtes enfant et que quelque chose fait ainsi partie de votre vie, vous ne vous posez pas de questions. Cela fait partie de votre quotidien. Adolescente, la religion ne m’intéressait pas vraiment. Cela m’ennuyait plutôt de devoir aller à l’église, je ne croyais pas en Dieu et je regardais tout cela d’un œil plutôt cynique. Mais en grandissant, j’ai pris un peu plus de distance avec la religion et j’ai commencé à m’intéresser non pas à la religion en tant qu’organisation mais à la foi. Qu’est-ce que cela signifie « avoir la foi » ? Pourquoi certaines personnes croient et d’autres non ? Dans quelle mesure la foi peut-elle influer psychologiquement la vie de quelqu’un ? </p>
<p><strong>Justement, pourquoi Maud a-t-elle la foi, d&#8217;où lui vient une telle ferveur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/saint-maud-rose-glass-grand-prix-gerardmer-2020.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-27472" />Plutôt que quelqu’un qui aurait grandi dans la foi, j&#8217;étais intéressée par l&#8217;idée qu&#8217;une personne la trouve en cours de route. Maud s&#8217;y accroche parce qu&#8217;elle lui permet de s&#8217;élever. Sa ferveur religieuse repose sur une conception inhabituelle du christianisme. Elle s’est inventée de nombreuses règles qui l’aident dans sa vie quotidienne. C’est une façon de prendre soin d’elle, comme une thérapie. Sans être moi-même croyante, je pense que l&#8217;idée de vouloir faire partie de quelque chose de plus grand pour donner un sens à sa vie et trouver sa place dans le monde, c&#8217;est un besoin vital assez universel. Dans mon film, Maud se croit choisie par Dieu, qu&#8217;Il lui a confié une mission importante. Je voulais capter la réalité de sa vie, sa tristesse, sa solitude&#8230; Toutes ces raisons qui la poussent à s’accrocher à cette identité de quasi sainte. Sa foi est une réaction évidente à quelque chose qui dysfonctionnait dans son existence. Et je pense que cela l’a vraiment aidée. Simplement, en l&#8217;absence d’une véritable vie sociale, cela finit par prendre des proportions bien trop importantes. Elle va trop loin et cela devient dangereux.</p>
<p><strong>Il y a tellement de films sur la possession, mais sur la possession par l&#8217;Esprit Saint, c’est plus inhabituel&#8230;</strong></p>
<p>Vraiment ? Je ne sais pas. Mais je ne parlerais pas ici de « possession ». Certes, j’imagine qu’une personne pieuse, croyant fermement en Dieu, peut se sentir comme habitée, connectée à une sorte d&#8217;esprit sain. Dans le film, j’emmène Maud très loin dans sa foi. C’est en ce sens qu’elle peut éventuellement paraître possédée. Mais, s’ils sont poussés à l’extrême chez elle, ces moments de ravissement extatique religieux qui la traversent sont, selon moi, ressentis de façon plus contrôlée par de nombreux croyants. Encore une fois, cet état d’extase atteint par Maud répond à un désir très humain. On essaie tous de transcender nos corps, de transcender notre réalité ennuyeuse. Je crois que la vie est compliquée, désordonnée, chaotique et inexplicable. Et que c&#8217;est finalement profondément humain de vouloir trouver quelque chose qui nous élève, qui rend les choses plus claires. Simplement, cela prend des proportions incontrôlables chez Maud.</p>
<p><strong>Maud, c’est la rencontre entre Jeanne d’Arc et Travis Bickle (<em>Taxi Driver</em>), deux de vos inspirations. Mais vous en citez beaucoup d’autres, notamment Ingmar Bergman&#8230; </strong></p>
<p>Oui, un film en particulier, <em>Á travers le miroir</em>. L’histoire d’une jeune femme qui, sortant d&#8217;un hôpital psychiatrique, revient dans sa famille pour la première fois. Simplement, elle reste rongée par sa schizophrénie, sujette à des crises de délire psychotique. Là encore, tout dépend de la manière dont on regarde les choses. Personnellement, je qualifie ses crises de psychotiques, mais pour d’autres il pourra s’agir d’une véritable connexion divine. Avec <em>Saint Maud</em>, j&#8217;ai voulu faire un film qui fonctionne de la même manière, que l’on peut interpréter à sa guise. Peut-être que le cas de Maud relève de la psychiatrie, résultat de ses expériences de vie passées, ou peut-être entretient-elle réellement une relation avec l’Esprit Saint. </p>
<p><strong>Il n&#8217;y a encore pas si longtemps, parler à Dieu était un signe de divinité. Aujourd&#8217;hui, vous passez pour un dingue&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/saint-maud-rose-glass-gerardmer.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-27414" />Absolument. Il y a notamment cette théorie soutenue par certains psychologues disant que Jeanne d&#8217;Arc souffrait d&#8217;une forme d’épilepsie due à des problèmes au niveau du lobe temporal. Et l’un des symptômes serait justement ce qu&#8217;ils appellent des crises extatiques. Jeanne d’Arc en aurait souffert, tout comme Dostoïevski. Des crises qui s’accompagnaient de sentiments de « révélations », d’ « élévation ». C’est ce que vit Maud. Des crises qu’elle interprète comme autant de manifestations divines. Mais si la science et la psychologie viennent aujourd’hui se substituer de plus en plus aux explications religieuses, mystiques ou spirituelles, je ne pense pas que cela change pour autant le ressenti des personnes qui vivent ces « expériences ». Science, psychologie et religion se rencontrent ici à une intersection très intéressante, je trouve.</p>
<p><strong>Vous expliquez que beaucoup d&#8217;histoires de la Bible permettent de comprendre l&#8217;humanité, sans doute de trouver sa place. Mais avec Maud, cela ne marche pas. Est-ce à dire que, dans un esprit faible, les histoires religieuses peuvent devenir une source de désordre mental ?</strong></p>
<p>Alors, je ne parlerais pas d’« esprit faible ». Ce serait trop désobligeant. Je ne pense pas me tromper en disant que la plupart des chrétiens n’appréhendent pas les textes de la Bible littéralement mais les interprètent comme autant d’allégories, de paraboles et de mythes. Prendre ces récits au pied de la lettre me paraît dangereux, selon moi. Mais je ne dirais pas que c’est une faiblesse non plus. On appréhende tous la réalité de façon subjective et l’une des forces du cinéma est de nous permettre de plonger dans la subjectivité d’une autre personne. D’explorer son monde, de vivre ses expériences de manière viscérale. Une façon de sortir un peu de nos strictes bulles de réflexion personnelles. Et le cinéma permet de se glisser dans les esprits les plus étranges, les plus extrêmes. C’est très excitant et on pourrait être surpris de s’y reconnaître, jusqu’à avoir de l’empathie pour ces esprits « extrêmes »&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Saint Maud<em> de Rose Glass, avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight&#8230; Royaume-Uni, 2019. Grand Prix du jury du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Sortie en salle le 25 novembre 2020.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Alice Winocour</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 08:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Winocour]]></category>
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		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
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		<description><![CDATA[Après Proxima qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/interview-alice-winocour-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Alice Winocour au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27437" /><strong>Après <em>Proxima</em> qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette réalisatrice singulière, qui ne cache pas son amour pour le film de genre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir accepté d’être jurée au Festival de Gérardmer ?</strong></p>
<p>Parce que je me suis toujours intéressée au cinéma fantastique, même si ce n’est pas un genre qui m’a construite en tant que cinéaste, mais ça m’a beaucoup aidée. Par exemple, pour mon premier film, <em>Augustine</em>, je me suis inspirée de films d’exorcisme, de possession… C’est un cinéma inspirant qui n’est pas celui d’où je viens et je voulais donc en savoir plus.</p>
<p><strong>Quels sont vos films fantastiques de référence ?</strong></p>
<p>Les films qui ont vraiment compté pour moi, qui m’ont construite, ce sont les films de David Cronenberg comme <em>La Mouche</em>, <em>Faux-semblants</em>… J’ai revu <em>Crash</em> il n’y a pas longtemps. Le cinéma doit être comme ses films, une expérience physique et sensorielle, le rapport au corps me fascine. Je trouve qu’on n’aborde pas assez la sensualité, la sensorialité… Le cinéma d’horreur qui travaille les questions d’inconscient ou de psychanalyse, cela m’intéresse tout autant, comme le film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em> de Julia Ducournau ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell"><em>It Follows</em></a> de David Robert Mitchell. <span id="more-27433"></span></p>
<p><strong>Vos films sont d’ailleurs axés sur le corps…</strong></p>
<p>Oui, comme dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/maryland-alice-winocour-kruger/" title="Maryland, d’Alice Winocour">Maryland</a></em>, mon deuxième film, qui n’est que dans le point de vue sensoriel du personnage, dans une vision fragmentaires des choses à travers ses perceptions. Dans <em>Proxima</em> aussi. </p>
<p><strong>De plus en plus de femmes tournent des films de genre, pourriez-vous y verser vous-même ?</strong></p>
<p>J’ai besoin d’avoir une connexion intime avec le sujet, cela peut être dans n’importe quel genre. J’appartiens à une génération qui mélange plus ou moins diverses influences, différentes cultures. Ce que j’admire dans le cinéma de Julia Ducournau, qui était dans la même école que moi, c’est sa manière de se servir du carcan du genre, pour injecter des problématiques de cinéma d’auteur. </p>
<p><strong>Quels sont les critères pour juger les films que vous voyez en tant que jurée ?</strong></p>
<p>Je ne les vois pas selon une autre grille de lecture que n’importe quel festival. Ce qui m’importe c’est l’émotion, les problématiques explorées de notre monde contemporain… Il y a évidemment le critère de la peur, du jeu, de la bande son. Dans mes films, je passe énormément de temps à travailler dessus, cela participe d’un cinéma immersif et sensoriel et c’est parfois trop laissé de côté, je suis souvent frustrée que ça ne soit pas travaillé davantage. Un film silencieux peut être plus terrifiant que le bruit, comme dans <em>Les Oiseaux</em>.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fait peur au cinéma ?</strong></p>
<p>Je suis quelqu’un de très peureux. Les <em>home invasion movies</em>, c’est quelque chose qui me terrifie, me marque, comme <em>Panic Room</em> de David Fincher… Ce sont aussi des émotions de mon enfance comme <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock. Avec mon frère, on le regardait 5 à 6 fois par jour, parfois certaines séquences en boucle. Cela faisait partie de notre vie, on vivait dans ce film. C’était à la fois une frayeur et une fascination.</p>
<p><strong>Les ingrédients d&#8217;un bon film fantastique ?</strong></p>
<p>La bande son est très importante pour moi, comme le sous-texte de ce que cela raconte de notre société d’aujourd’hui. Qu’il y ait une seconde couche. Je suis déçue si cela ne réinvente pas la réalité ou si l’on voit des choses déjà vues des milliards de fois. Dans <em>It Follows</em>, ce qui était bien justement, c’était son côté immatériel.</p>
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		<title>Rencontre avec Asia Argento</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 09:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Asia Argento]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente - il aura fallu attendre 27 éditions - du jury des longs-métrages du Festival du film fantastique de Gérardmer. Elle abandonne sa...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Portrait d&#8217;une présidente</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/asia-argento-presidente-festival-gerardmer-2020.jpg" alt="Asia Argento" title="Asia Argento" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27392" /><strong>L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente &#8211; il aura fallu attendre 27 éditions &#8211; du jury des longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. Elle abandonne sa chevelure longue noir corbeau pour une coupe blonde et courte qui ne change rien à sa conception du cinéma, libre de tout engagement. Elle nous parle films de genre, possession et George Romero&#8230;</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être la première femme présidente du festival ?</strong></p>
<p>Ca fait du bien… On est dans un festival de genre, mais pour moi, le genre masculin ou féminin, ça n’a aucune importance. Mais peut-être suis-je idéaliste, je ne crois pas aux étiquettes. Je suis honorée d’être présidente du jury, mais c’est étonnant que cela ne soit pas déjà arrivé avant, car c’est déjà la 27e édition. J’ouvre la porte, comme je l’ai déjà fait auparavant dans ma vie, mais j’espère que je ne me la prendrai pas sur la tête. Ce qui arrive souvent !</p>
<p><strong>Comment définiriez-vous votre rôle de présidente ?</strong></p>
<p>J’ai émis quelques règles avec le jury, comme de se parler tous les jours quelques minutes. J’ai distribué des carnets pour écrire ses idées. C’est important d’écouter les avis des uns et des autres. J’ai la chance d’avoir un jury très intelligent. J’arrive parfois à penser comme ils pensent, à voir des choses qui m’avaient échappé. <span id="more-27387"></span></p>
<p><strong>Pourquoi si peu de femmes dans le cinéma fantastique, selon vous ?</strong></p>
<p>Même dans le cinéma tout court, je dirais. Le patriarcat est toujours au pouvoir, mais c’est politique d’aborder ce sujet.</p>
<p><strong>Qu’attendez-vous de cette édition ?</strong></p>
<p>Avec mon travail, les enfants, je ne vais plus au cinéma comme je le faisais quand j’étais plus jeune, c’est donc une occasion de voir ce qui se passe en ce moment, de voir les points de vue différents des réalisateurs et réalisatrices. Ce festival, c’est une belle manière de se mettre au courant de ce qui se passe à travers le monde. Mais je n’attends rien de particulier, car j’aime être surprise et ça m’évite d’être déçue.</p>
<p><strong>Vous avez tourné à l’âge de 9 ans, quels sont vos souvenirs d’enfance liés au fantastique ?</strong></p>
<p>J’étais dans une voiture, entourée par des comédiens déguisés en démons et je fermais les yeux quand la caméra se focalisait sur moi, j’avais peur, même si je savais que c’était pour de faux <em>[Asia parle du tournage de </em>Démons 2<em>, de Lamberto Bava]</em>.</p>
<p><strong>Avez-vous des films de genre de prédilection ?</strong></p>
<p>Je suis touchée par les films sur les possessions, les fantômes, les esprits et les démons. J’aime <em>L’Exorciste</em>, <em>L’Exorcisme d’Emily Rose</em>, <em>Deliverance from Evil</em>… Je sais pourquoi, mais c’est personnel. Cela me fait vraiment peur quand c’est bien fait. Quand j’ai vu <em>Deliverance from Evil</em>, c’était la nuit, j’étais seule et j’ai entendu du bruit, j’ai eu peur d’être possédée…</p>
<p><strong>Où prenez-vous le plus de plaisir ? Dans le jeu ou la réalisation ?</strong></p>
<p>Etre réalisatrice, c’est comme un repas complet, il y a la photographie, le jeu, les costumes… On n&#8217;a jamais le temps de s’ennuyer, alors que quand on est acteur, on s’ennuie beaucoup. </p>
<p><strong>Vous qui avez tourné à travers le monde, avez-vous perçu des différences notables dans la façon d’aborder le cinéma fantastique en fonction des pays ?</strong></p>
<p>Oui, bien sûr, parce que les cultures sont différentes. Mais cela dépend des époques aussi. Par exemple, au Japon, dans les années 1990, on ne présentait pas le cinéma fantastique de la même manière que maintenant. Mais je ne regarde pas les films en fonction de leur provenance, je suis simplement spectatrice.</p>
<p><strong>Si vous n’aviez pas évolué dans le milieu du cinéma, qu’auriez-vous fait ?</strong></p>
<p>Sans doute jardinière. Travailler avec la nature et les arbres.</p>
<p><strong>Quels souvenirs gardez-vous de votre tournage avec George Romero, <em>Le Territoire des morts</em> ?</strong></p>
<p>C’était un ami de mon père, un ami perdu, car ils ne se voyaient plus. Il avait adoré mon premier film en tant que réalisatrice, <em>Scarlet Diva</em>, et il m’a contactée, ce qui m’avait étonnée. C’était d’abord pour un autre film qu’il n’a finalement pas tourné, puis pour celui-ci. C’était encore mieux que de travailler avec mon père, car il était comme un oncle gentil, toujours très inspiré, très calme, je ne l’ai jamais vu se mettre en colère. Nous étions en communion. Il faisait des films très politiques avec le genre fantastique : si on avait envie d’y voir des zombies, on en voyait, mais il pouvait s’agir de tout autre chose. C’étaient presque des films clairvoyants.</p>
<p><strong>Cet été, vous allez tourner sous la direction de votre père dans <em>Occhiali Neri</em> ; lui demandez-vous encore des conseils ?</strong></p>
<p>Oui et pas seulement sur le cinéma, sur la vie en général. Et il m’en demande également, même si on parle beaucoup de cinéma, en effet.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rencontre avec Harry Kümel</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-harry-kumel-levres-rouges-comtesse-bathory-delphine-seyrig/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 14:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[vampire]]></category>

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		<description><![CDATA[Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/levres-rouges-c-malavida.jpg" alt="Les Lèvres rouges" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27381" />Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de l&#8217;histoire de la comtesse Bathory version vampire, avec une Delphine Seyrig sulfureuse en diable. Un film présenté au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival international du film fantastique de Gérardmer 2020</a> lors de la nouvelle édition de Rétromania. Tandis que le film va bientôt ressortir en version restaurée, rencontre avec son réalisateur.</p>
<p><strong>Avez-vous été surpris de l&#8217;invitation du festival ?</strong></p>
<p>Pas vraiment, car <em>Les Lèvres rouges</em> est assez connu dans le monde du fantastique et je suis souvent invité pour en parler dans de nombreux festivals. Cela dit, je ne connaissais pas celui de Gérardmer.</p>
<p><strong>Quelle est la genèse des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>J’avais déjà réalisé un premier long-métrage et des producteurs sont venus me voir pour me demander si je voulais bien faire un autre film, mais dans la veine fantastique, qui se vendait bien à l’époque. J’ai accepté et en me promenant à Bruxelles, j’ai vu un fascicule dédié à Elizabeth Bathory, la fameuse Comtesse sanglante. Je l’ai acheté, j’ai lu l’histoire de cette femme et tout de suite, j’ai voulu écrire quelque chose sur elle. Comme cela nécessitait beaucoup de fonds, de faire une reconstitution historique, on est plutôt partis sur l’idée qu’il s’agissait d’un vampire qui survit en se baignant dans le sang de jeunes vierges, pour rester éternellement jeune. Elle traverse le monde en compagnie de sa servante. Avec le producteur, nous avons écrit un synopsis très rapidement, qui a ensuite été envoyé au scénariste Jean Ferry, avec qui j’écrivais un autre film, <em>Malpertuis</em>. Un très grand scénariste. Il m’a envoyé un télégramme en me disant qu’il acceptait de collaborer sur ce film et qu’il voulait en faire les dialogues. Quelques mois plus tard, le film était vendu au Festival de Cannes. Cela se faisait très facilement et rapidement, à l’époque. <span id="more-27375"></span></p>
<p><strong>Pourquoi le choix de Delphine Seyrig ?</strong></p>
<p>C’était la condition que j’avais émise pour faire ce film. Si l’on mettait une actrice de grand renom dans le rôle principal, cela prendrait de l’allure et donnerait une aura particulière au film. Ce qui a particulièrement réussi. Delphine était une amie d’Alain Resnais. Elle a accepté, car Resnais trouvait que le film se lisait comme une bande dessinée dont il raffolait. On s’est très bien entendus elle et moi, c’était très agréable de travailler avec elle. Les seuls qui ont des problèmes avec elle, ce sont les producteurs. Elle réclamait toujours son argent, elle considérait les producteurs comme des ennemis. C’était comme un réflexe naturel chez elle, très français. </p>
<p><strong>Au moment de la sortie, est-ce que ce fut un choc ?</strong></p>
<p>Il est d’abord sorti aux Etats-Unis, car il y avait un co-financier américain. Avec un sujet pareil, cela n’aurait pas pu se faire uniquement sur des fonds belge. Il est sorti à New York et a fait un malheur. Il est sorti avec un slogan qui donnait envie de le voir. C’est grâce à cela que le film est sorti ensuite en Belgique. Il y a eu des critiques qui l’ont trouvé scandaleux, mais globalement l’accueil était plutôt bon. J’étais d’ailleurs excessivement étonné moi-même. C’est même devenu un film culte ! Je le revois maintenant comme s’il était tourné par un autre. On n&#8217;était pas habitués à voir ce genre de film, mélangeant érotisme et fantastique, avec une actrice connue et une très belle photographie. Cela ne s’était jamais fait aussi explicitement. C’est ça qui avait fait de l’effet à l’époque. </p>
<p><strong>Des réalisateurs se réclament-ils des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! C’est très flatteur ! Quand je consulte les pages anglophones sur Internet sur moi, je découvre plein de commentaires élogieux. On vient de restaurer le film en version haute définition, qui sortira bientôt et les techniciens venaient voir la restauration en trouvant qu’on ne faisait plus de films comme ça, avec une telle couleur, une telle photographie, comme si c’était nouveau. Un cinéma qui est bien fait reste intemporel. Je ne dis pas cela par nostalgie, mais je suis très heureux que le film vieillisse bien, qu’il tienne le coup, comme du bon vin.</p>
<p><strong>Aviez-vous l’impression de faire quelque chose de précurseur à l’époque ?</strong></p>
<p>Non, pas du tout ! Un réalisateur pour moi, c’est l’interprète d’un scénario. La mise en scène, c’est trouver des solutions d’images et de son pour des moments dramatiques. C’est tout. Il faut toujours étonner le spectateur. C’est ce que disait Hitchcock. C’est grâce à lui que j’ai voulu faire du cinéma. Le seul devoir d’un réalisateur, c’est d’étonner. Prenez récemment un film comme 1917 de Sam Mendes, l’étonnement est à chaque moment. Ce n’est pas le sujet qui fait le film, qui est ici classique. Mais la manière dont il est fait, le rend étonnant. Ce qui est important et fait durer les films, c’est leur facture, quel que soit le sujet. Le sujet n’est que le porte-manteau du film. Un film ne doit surtout pas refléter la réalité de tous les jours. Les films doivent être vus en salle, avec des êtres humains autour de soi. </p>
<p><strong>Des réalisateurs vous surprennent-ils ?</strong></p>
<p>Le film de genre est ce qu’il y a de plus intéressant de nos jours. Un film comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/parasite-bong-joon-ho/" title="Parasite, de Bong Joon-ho">Parasite</a></em> est un film fantastique dans tous les sens du terme. Les films les plus intéressants ne viennent plus d’Europe, mais de l’Asie, comme ceux de l’Inde, de la Corée du Sud, du Japon. Ce sont des grands films. La Russie commence à retrouver de l’intérêt petit à petit. La France a des problèmes avec le cinéma fantastique. Georges Franju, à qui on doit <em>Les Yeux sans visage</em>, est mort dans la pauvreté. Des cinéastes comme René Clément ont essayé de se mettre au genre et ont été assassinés par la critique de la Nouvelle Vague. Quand j’ai vu <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>, j’avais été époustouflé, mais les critiques belges n’y avaient rien compris, parce qu’ils s’attachaient à l’histoire&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Lèvres rouges <em>de Harry Kümel, avec Delphine Seyrig, John Karlen, Danielle Ouimet. Allemagne, Belgique, France, 1971.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Au pays de Film Republic</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/agence-vente-film-republic-metier-cinema/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Jun 2017 07:30:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[films indépendants]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[métiers du cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[Ameline Thomas est responsable des ventes pour Film Republic, agence de vente internationale basée à Londres, spécialisée dans les longs-métrages art-house et de langue étrangère. C’est à elle et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Rencontre avec Ameline Thomas</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/06/filmrepublic.jpg" alt="filmrepublic" width="280" height="109" class="alignleft size-full wp-image-25782" />Ameline Thomas est responsable des ventes pour <a href="http://filmrepublic.biz/" target="_blank">Film Republic</a>, agence de vente internationale basée à Londres, spécialisée dans les longs-métrages art-house et de langue étrangère. C’est à elle et à ses deux collègues, Xavier Henry Rashid et Inès Skrbic, qu’il revient de faire le lien entre producteurs et distributeurs. Faire connaître un film aux acheteurs, négocier ses ventes et sa représentation à l’international, organiser ses campagnes publicitaires mais aussi gérer son circuit festivalier et ses prix. Bref, c’est beaucoup de missions. Une chance, mais surtout une grande responsabilité.</p>
<p>Comme chaque année, Film Republic se rend au marché du film du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">Festival de Cannes</a>. Pendant douze jours, c’est <em>the place to be</em> pour rencontrer acheteurs et programmateurs, et pour présenter leurs nouvelles acquisitions. C&#8217;est là qu&#8217;on a rencontré Ameline Thomas. Entretien éclairant sur le travail et les enjeux d’une société de vente de films.</p>
<p><strong>En quoi vous différenciez-vous d’une société de distribution ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/06/people-that-are-not-me-film-republic.jpg" alt="People That Are Not Me, Film Republic" title="People That Are Not Me, Film Republic" width="196" height="280" class="alignright size-full wp-image-25741" />De façon purement technique, un distributeur a une relation B2C (Business to Consumer), alors qu’une agence de vente est B2B (Business to Business). Notre rôle est de faire parvenir le film aux sociétés de distribution, de trouver pour chaque territoire l’acheteur adapté ; à lui par la suite de rendre ce film disponible aux spectateurs, via le média de son choix (salles, TV, VOD, airlines…). Il arrive que certaines compagnies fassent à la fois de la vente et de la distribution (c’est le cas, par exemple, de Pathé), d’autres font également de la production (Europacorp), et d’autres encore sont diffuseurs (comme Canal+, TF1…). Il existe des agences de vente spécialisées pour tout type de film, du blockbuster au film d’auteur, film de genre, LGBT+, docs, art &amp; essai, etc.</p>
<p><strong>Comment démarchez-vous de potentiels clients ?</strong></p>
<p>Dans notre circuit, les acheteurs tendent à privilégier soit ce qu’ils connaissent, soit qui ils connaissent. Dans la catégorie « ce qu’ils connaissent », il y a les titres qui ont été sélectionnés dans les festivals les plus importants (Cannes, Berlin, Venise, Sundance…). C’est la raison pour laquelle il est primordial de positionner au mieux un film dès le début. La stratégie festivalière mise en place peut accroître la valeur de l’œuvre et son potentiel de vente de façon décisive. L’autre facteur, le facteur humain, est tout aussi important. La présence d’un agent de vente, en plus d’apposer un certain sceau de qualité et de rentabilité, assure la représentation du ou des films à l’échelle internationale, et facilite les rapprochements entre acheteurs de différents pays. <span id="more-25730"></span></p>
<p><strong>Comment se déroule une journée type au Festival de Cannes pour Film Republic ?</strong></p>
<p>Sur le papier, notre travail peut sembler très glam. En vrai, le quotidien pendant les marchés et festivals est surtout épuisant ; entre deux et quatre rendez-vous par heure, de tôt le matin à tard le soir, à pitcher nos films à la chaîne en chassant sans relâche les distributeurs les plus appropriés pour chaque titre. Le soir, on se sépare pour couvrir un maximum de cocktails et réceptions, jusqu’à une quinzaine organisés chaque jour. On ajoute à ça quelques projections, très tôt ou très tard, quelques heures de sommeil, et ça repart !</p>
<p><strong>Vous rendez-vous dans d’autres festivals en France ou à l’étranger ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/06/brothers-of-the-night-film-republic.jpg" alt="Brothers of the Night, Film Republic" title="Brothers of the Night, Film Republic" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25739" />A nous trois, nous nous partageons une quarantaine de festivals chaque année, parmi lesquels des pitching pools, marchés de coproduction, forums de documentaires, événements tels que Karlovy Vary, Asian Film Market, Nordic Film Market, Cinelink à Sarajevo, Cinemart à Rotterdam, les grands marchés tels que Cannes, l’EFM de Berlin, etc.</p>
<p><strong>Que diriez-vous de l’état du marché de la vente de film actuellement ?</strong></p>
<p>On ne peut pas nier ou ignorer que le marché change à toute vitesse. Plus que jamais, il est nécessaire d’avoir une vision large des revenus d’un film, étalée sur plusieurs années. Traditionnellement, les acheteurs TV et salle se complètent pour arriver à un bilan positif ; or on a vu ces dernières années les diffuseurs acheter moins et payer moins, et en conséquence, tous les mois, de nombreuses agences de vente mettent la clé sous la porte. La conséquence directe des restrictions budgétaires chez les grands diffuseurs du câble est que ces diffuseurs achèteront en bloc aux plus gros vendeurs de quoi remplir leurs créneaux, essentiellement des valeurs dites « sûres », soit &#8211; eh oui &#8211; des titres d’Hollywood. C’est une réalité avec laquelle il faut composer, mais qui est indéniablement frustrante quand notre travail est de faire voir et faire valoir des œuvres indépendantes et étrangères. </p>
<p><strong>Pour finir, quelles sont les qualités indispensables pour exercer ce métier ?</strong></p>
<p>Une bonne mémoire, un bon métabolisme, des cordes vocales fonctionnelles, et une dose nécessaire de recul.</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>&raquo; <a href="http://filmrepublic.biz/" target="_blank" rel="nofollow">http://filmrepublic.biz/</a></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rencontre avec Sean Baker</title>
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		<pubDate>Thu, 25 May 2017 10:25:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Sean Baker s’est déjà fait remarquer avec <em>Tangerine</em>, entièrement tourné à l’iPhone. Dévoilé à Sundance, le film, qui suivait deux prostituées transgenres, a récolté une vingtaine de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Motel des Amériques</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Sean_Baker.jpg" alt="Sean Baker" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25507" />Sean Baker s’est déjà fait remarquer avec <em>Tangerine</em>, entièrement tourné à l’iPhone. Dévoilé à Sundance, le film, qui suivait deux prostituées transgenres, a récolté une vingtaine de prix dans les festivals, dont le prix du Jury de Deauville. C’est à Cannes, à la <a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/49e-quinzaine-realisateurs-2017/selection-films-edouard-waintrop/" title="Sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs" target="_blank">Quinzaine</a>, qu’il réserve la primeur de <em>The Florida Project</em>, cette fois-ci de retour en 35 mm. Il met en scène les journées de Moonee, petite fille espiègle de 6 ans. <em>Les 400 Coups</em> version Amérique contemporaine où les conséquences de la crise de 2008 poussent les familles paupérisées à s’entasser dans des motels miteux. Celui dans lequel vit Moonee, avec sa jeune mère Halley, a la particularité de se situer aux abords de Disney World et de s’appeler le Magic Castle. C’est uniquement du point de vue des enfants, livrés à eux-mêmes dans cette zone désenchantée, que se place le réalisateur, choisissant de montrer leur insouciance et leur sens de l’aventure quand, en arrière-plan, se dessine un monde des adultes bien moins rose que les murs du motel géré par Willem Dafoe.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire du point de vue des enfants </strong>?</p>
<p>D’abord, c’est un film sur les enfants. Je voulais que le public fasse l&#8217;expérience d&#8217;un été avec Moonee, montrer ce à quoi elle est exposée et ce qu&#8217;elle absorbe, ou non. J&#8217;avais le désir de capturer ça. Et quand on passe du temps avec des enfants, on adopte leur regard, on se met à leur niveau.</p>
<p><strong>D&#8217;où le choix de montrer certaines choses et de ne pas en montrer d&#8217;autres, vous laissez le spectateur compléter le puzzle&#8230;</strong></p>
<p>Je voulais que le public comprenne les choses au fur et à mesure. L&#8217;idée première était de montrer  une gamine qui se comporte comme une gamine, de montrer la vision merveilleuse que peuvent avoir les enfants du monde, leur sens de l&#8217;aventure et leur nature comique. Parce que je présente cette histoire sous l&#8217;emballage du divertissement, je voulais que cela soit au premier plan et que tous les aspects plus durs, le contexte politique, les questions que cela pose soient présents, mais restent au second plan. <span id="more-25503"></span></p>
<p><strong>Vous pensez qu&#8217;on dit plus de choses avec la comédie ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/The-Florida-Project-affiche.jpg" alt="The Florida Project, de Sean Baker" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-25509" />L&#8217;humour est un langage universel, j&#8217;espère. J’ai remarqué avec mes films précédents que cela fonctionne. En racontant une histoire sur le ton de la comédie, du divertissement, je pouvais atteindre un public plus large. Une fois que le film sort, c&#8217;est là notre opportunité de parler des questions trans, en l&#8217;occurrence pour <em>Tangerine</em>. Les filles m&#8217;accompagnaient et sont devenues des sortes de porte-parole : on pouvait parler, alerter sur leur situation. Et cela crée également plus d&#8217;empathie, une connexion se fait avec les personnages. C&#8217;est ce que je cherchais en premier lieu : amusons-nous avec les enfants, courons avec eux, faisons des bêtises avec eux, rions avec eux, et là, finalement, on présente la terrible situation dans laquelle ils se trouvent. Je dois parier sur l&#8217;intelligence des gens. Les bons films ne sont pas ceux qui prennent les gens pour des imbéciles ou avec condescendance. Je pense que les spectateurs doivent faire leur part du boulot, parce que ça les engage, ça retient leur attention.</p>
<p><strong>Quelle importance cela a-t-il que cette histoire se déroule aux abords de Disney World ?</strong></p>
<p>C&#8217;est une part essentielle du film. Cette vie de motel, la situation dans laquelle se trouvent ces familles, la pauvreté, c&#8217;est un phénomène qui traverse tout le pays, et même le monde. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle les &#8220;sans domicile cachés&#8221;. Mais, il y a une ironie extrême dans le fait de se trouver à quelques kilomètres de ce qui est censé être l&#8217;endroit le plus magique au monde. C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;on a tourné là, implanté notre histoire là. Et puis c&#8217;est un film, j&#8217;essaie de rendre les choses cinématographiques et de rendre cette ironie folle par l&#8217;image.</p>
<p><strong>Pour autant, vous ne montrez pas tout de suite que l&#8217;on est à cet endroit précis, on se demande d&#8217;abord où on est avec ces couleurs, les noms des motels, etc.</strong></p>
<p>Il y a beaucoup de choses qu&#8217;on ne veut pas dire au spectateur parce que, pour les gens qui vivent là, c&#8217;est le quotidien. Ils ne pensent pas en permanence à Disney World. Tout cela, ce n&#8217;est que l’arrière-plan de leur vie. Je voulais que le public comprenne petit à petit où l&#8217;on se trouve. La première scène qui le dit clairement, c&#8217;est lorsque le couple de touristes arrive. On voulait que ce soient eux qui le disent, parce que le tourisme tirait toute l&#8217;économie locale. Car il n&#8217;y a pas que Disney, mais aussi les studios Universal et beaucoup de parcs d&#8217;attractions. C&#8217;est un endroit qui attire les touristes du monde entier, et dont le monde entier a entendu parler. Disney est un des phénomènes culturels les plus partagés dans le monde, c&#8217;est proche de la religion à cet égard. C&#8217;est pour cela que j&#8217;ai voulu tourner là, pas pour pointer Disney du doigt. C&#8217;est plutôt la responsabilité de la crise immobilière et financière de 2008, dont on ressent encore les effets près de dix ans plus tard.</p>
<p><strong>Le casting de <em>The Florida Project</em> mêle acteurs professionnels, non-professionnels ou débutants, tous, en particulier Brooklynn Prince (Moonee), avec un naturel bluffant. Jusqu&#8217;à quel point le scénario était-il écrit ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/The_Florida_Project-3©-Marc-Schmidt.jpg" alt="The_Florida_Project-3" width="280" height="235" class="alignleft size-full wp-image-25511" />On avait un scénario, bien sûr. Mais je dévie toujours du scénario de départ. On improvise aussi derrière la caméra. Si quelque chose ne fonctionne pas, on change. Donc le scénario a beaucoup évolué depuis le lancement de la production. Et quand je choisis des acteurs qui jouent pour la première fois, c&#8217;est l&#8217;instinct qui prime, et donc le casting est primordial. Je pense qu’il est parfois plus essentiel que le scénario. Le personnage d&#8217;Halley est très différent de Bria Vinaite, l&#8217;actrice. Mais Bria a des points communs avec Halley, ne serait-ce que physiquement, avec tous ses tatouages, et son énergie. Il y a des traits de sa personnalité ou de son histoire personnelle qui résonnent avec ceux de son personnage. Pour moi, ça fait partie du cinéma de laisser les acteurs apporter quelque chose d&#8217;eux-mêmes, même les acteurs plus expérimentés. Willem Dafoe a aussi apporté sa personnalité, en changeant des répliques, inspiré par ce qu&#8217;il dirait à ses propres enfants. Je pense que ça permet aux acteurs de s&#8217;approprier le personnage plus rapidement et plus facilement.</p>
<p><strong>Qu’apporte cette diversité du casting ?</strong></p>
<p>Je trouve qu&#8217;il est toujours plus difficile de faire de la place à un personnage quand il est interprété par un visage très connu. Cela demande plus de temps au spectateur pour oublier l&#8217;acteur et entrer dans l&#8217;histoire. Et la vraisemblance, l’adhésion du spectateur sont plus faciles à atteindre avec un nouveau visage. Après, il y a bien sûr des acteurs comme Willem Dafoe qui est tellement fantastique qu&#8217;il est capable de créer ça en quelques secondes. J&#8217;aime donc mélanger ces acteurs expérimentés avec des débutants parce que cela crée une alchimie, et puis cela apporte de la fraîcheur. Ca fait partie des raisons pour lesquelles j&#8217;adore Spike Lee. Il a découvert tellement de nouveaux talents. De plus, j&#8217;ai remarqué que les méthodes des acteurs professionnels déteignent sur les non-professionnels et la naïveté, la spontanéité et le manque de méthode déteignent sur les professionnels. C&#8217;est très intéressant de voir comment ils interagissent. Ca peut être difficile pour les professionnels, cela demande de la patience. On ne peut pas faire ça avec des divas. Mais Willem est certainement l&#8217;acteur le plus facile avec qui travailler !</p>
<p>&nbsp;<br />
The Florida Project<em> de Sean Baker, avec Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Willem Dafoe, Valeria Cotto, Christopher Rivera&#8230; Etats-Unis, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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