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	<title>Grand Écart &#187; histoire vraie</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Loving, de Jeff Nichols</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2017 12:47:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Loving vs Virginia</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/loving.jpg" alt="Loving, de Jeff Nichols" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24111" />Le 12 juin 1967, au cœur d’une Amérique encore profondément ségrégationniste, la Cour suprême des Etats-Unis rendait inconstitutionnelle la loi de l’Etat de Virginie interdisant les unions mixtes entre personnes de races différentes et faisait du mariage l’un des « droits civils fondamentaux de l’homme ». A l’origine de ce bouleversement judiciaire et historique, il y a l’arrestation neuf ans plus tôt, sur dénonciation anonyme, de Mildred Jeter, une femme noire, et Richard Perry Loving, un homme blanc. Partis se marier un jour de juin 1958 dans le district voisin de Columbia (où les unions mixtes étaient autorisées), ils sont arrêtés à leur retour en Virginie, accusés de violation de l’interdiction. Les époux Loving sont condamnés à un an de prison, à moins de quitter l’Etat (et leurs familles) pour les vingt-cinq années à venir&#8230; Débute alors une longue et lente bataille judiciaire qui feront des Loving l’un des fers de lance du mouvement des droits civiques.</p>
<p>Ouf ! On respire&#8230; Ce film « dossier » inspiré d’une histoire vraie, n’aura finalement pas eu raison de Jeff Nichols. Il y avait pourtant de quoi se sentir fébrile, en amont de la projection, tant l’aventure du biopic s’avère souvent une longue et douloureuse traversée du désert, pesante, linéaire, engourdie par les convenances. <span id="more-23564"></span>Il faut dire que, jusque-là, Nichols nous a gratifiés d’un parfait sans-faute avec son cinéma éblouissant de simplicité et de vérité. On le découvrait en 2011 avec le fascinant <em>Take Shelter</em>. Emballés, on remontait le temps pour découvrir son premier long-métrage, <em>Shotgun Stories</em> (2008), poignant bras de fer fratricide. Du pur génie ! De là, rien d’étonnant à voir son <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mud-jeff-nichols/" title="Mud, de Jeff Nichols">Mud</a></em> recevoir les honneurs (mérités) de la Compétition officielle du Festival de Cannes en 2012. Quant à son <em>Midnight Special</em> (2015), exploration inattendue et singulière en terre SF, il apparaît comme son film le plus intime, Jeff Nichols s’appropriant le genre pour mieux lui insuffler toute sa retenue, sa sensibilité à fleur de peau et ses obsessions : un père et son fils contraints de faire face à un monde extérieur violent et un avenir inconnu. Devant une telle persistance à inventer, difficile alors d’imaginer Nichols contenir ses instincts pour rester dans le sillon tout tracé d’une histoire vraie. </p>
<p>Ce <em>Loving</em> s’annonçait donc comme une périlleuse gageure dont le cinéaste risquait de ne pas sortir indemne. Et pourtant Nichols a trouvé dans le destin du couple Mildred-Richard la parfaite caisse de résonance à ses marottes narratives : une famille fragilisée au milieu d’un environnement hostile, un mari et père soucieux de protéger les siens. <em>« Je vais te construire une maison… Je peux prendre soin de toi ! »</em>, dit Richard à sa femme. Sans se soustraire aux figures imposées par l’ossature historique du récit, Jeff Nichols en contourne néanmoins tous les écueils, s’empressant de tourner les pages sur lesquelles d’autres se seraient longuement appesantis à grands coups de cris et de larmes. Pas de « qui a dénoncé ? », pas de bavures policières outrancières, pas d’égarements dans les méandres du droit constitutionnel ni de plaidoiries interminables, pas de diatribe anti-ségrégationniste ou de pamphlet Black Panther. Racisme et violence, avocats et médias : ils sont tous là mais laissés hors champ, tout au plus rapidement suggérés, simples hémistiches d’un poème aux saveurs d’Americana, tout entier consacré à l’amour de Mildred (magnifique Ruth Negga) et Richard (éblouissant Joel Edgerton, tout en pudeur). </p>
<p>Classique, <em>Loving</em> l’est profondément. Humblement. Cachés dans la lumière des paysages du sud américain, on aperçoit les silhouettes d’Eastwood et Malick se dessiner. Entre une <em>Route de Madison</em> et une <em>Balade sauvage</em>. Alors oui, bien sûr, <em>Loving</em> n’est pas aussi éclatant que ses prédécesseurs, il a su néanmoins en garder toute l’élégance. </p>
<p>&nbsp;<br />
Loving <em>de Jeff Nichols, avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Michael Shannon, Nick Kroll&#8230; Etats-Unis, Royaume-Uni, 2016. Sortie courant 2016. En compétition au 69e festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Jimmy’s Hall : Rencontre avec Ken Loach et Paul Laverty</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jun 2014 07:05:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire vraie]]></category>
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		<description><![CDATA[Rencontre avec le réalisateur et le scénariste de <em>Jimmy's Hall</em>, où l’on parle d’un joyeux révolutionnaire irlandais, de la taille d’une vessie écossaise, de Julian Assange et de la Coupe du monde.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Où l’on parle d’un joyeux révolutionnaire irlandais, de la taille d’une vessie écossaise, de Julian Assange et de la Coupe du monde.</em> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/jimmy-hall-affiche.jpg" alt="Affiche de Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Affiche de Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18636" />Sur une table poussiéreuse du Hall tout juste rouvert, Jimmy place le gramophone qu’il a rapporté des Etats-Unis. Le disque tourne et grésille dans le silence. Un air de saxophone s’élève. En habits de grosse toile, le public de Leitrim, dans le nord brumeux de l’Irlande, hausse les sourcils. Jimmy fait un pas à droite, un pas à gauche, lance un sourire plein de fossettes sous une masse de boucles noires, puis esquisse une secousse du pelvis qui provoque des rires étouffés. Bientôt tout le monde fait ses premiers pas de shim sham, et l’interroge sur les femmes noires avec lesquelles il a dansé à New York. </p>
<p>1932. Dix ans après la signature du traité anglo-irlandais, le jeune Etat libre d’Irlande, en pleine crise économique, se dote d’un nouveau gouvernement relativement progressiste pour remplacer les conservateurs au pouvoir depuis 1921. James Gralton, un ancien membre de l’IRA et militant communiste anti-traité, qui a émigré aux Etats-Unis après la ratification, saisit l’occasion pour rentrer au pays. De retour à Effernagh, dans le comté gris et rocailleux de Leitrim, il rouvre le Pearse-Connolly Hall, une maison commune qu’il animait au temps de la révolution et qui porte le nom de deux penseurs socialistes irlandais. <span id="more-18628"></span> </p>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/jimmys-hall-ken-loach/" target="_blank">Jimmy’s Hall</a></em> redonne vie à Gralton en retraçant son combat pour la survie du lieu contre l’Eglise et les conservateurs catholiques. Le film se place comme une suite spirituelle de <em>Le vent se lève</em> : dix ans après le traité, l’Irlande est bien devenue le <em>« trou perdu infesté de prêtres »</em> annoncé dans le film de 2006. On retrouve la grisaille, la lutte, la violence. C’est pourtant la chaleur dorée du Hall qui l’emporte, et toute la personnalité simple et libre de cette baraque de fête filmée sans artifices. Moins strictement politique que <em>Le vent se lève</em>, <em>Jimmy’s Hall</em> s’attarde ainsi plutôt sur la libération de l’esprit et le rassemblement par la musique et la danse. </p>
<p>Avec ce Jimmy à la fois engagé et léger, Ken Loach crée un homme riche et nuancé, peut-être plus complet que la plupart de ses personnages principaux. Et ajoute, pour son dernier film de fiction (paraît-il), une touche légère à son œuvre : si la dignité de l’être humain passe par la justice sociale, elle doit aussi beaucoup à la joie de vivre. </p>
<p><strong>Pour situer un personnage qui nous est inconnu en France : qui est Jimmy Gralton ? Un héros national irlandais ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/loach-laverty-1.jpg" title="Ken Loach et Paul Laverty" alt="Ken Loach et Paul Laverty" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18632" />Paul Laverty (scénariste) : Non, il n’est pas du tout connu en Irlande. Même s’il est le seul Irlandais à s’être fait exiler de son propre pays, très peu de gens en ont entendu parler là-bas. Ce n’est pas étonnant : on a essayé d’effacer son souvenir. Tous les fichiers sur son arrestation et sa déportation ont mystérieusement disparu. La plupart de ceux qui le connaissent sont des locaux, des gens de Leitrim qui ont eu l’histoire par leurs grands-parents.</p>
<p><strong>Pourquoi vouloir faire un film sur lui ?</strong></p>
<p>PL : J’ai entendu parler de James Gralton par un ami comédien, rencontré au Nicaragua pendant la révolution sandiniste des années 1980 <em>[alors que Paul était avocat pour les droits de l’homme, ndlr]</em>. J’ai revu cet ami il y a trois ans. En me documentant alors sur la vie de Gralton, j’ai été frappé par la volonté collective d’ouvrir ce centre comme un espace d’apprentissage et de liberté dans un pays de plus en plus autoritaire, dominé par l’idéologie de l’Eglise catholique qui traitait l’éducation comme son apanage. La conclusion de l’histoire et ses ramifications en faisaient aussi un projet prometteur. Ken a très vite été d’accord avec moi. </p>
<p>Ken Loach : C’est une histoire très riche, qui remet en cause l’idée d’une gauche moribonde et déprimante. Le centre de Jimmy incarne un esprit frondeur, donne un espace où les idées peuvent être mises à l’épreuve.</p>
<p><strong>Comment ce film a–t-il pu voir le jour, techniquement ?</strong></p>
<p>KL : Nous avons reconstruit un véritable centre, proche de son endroit d’origine. C’était le plus facile, pour rendre au mieux l’impact de ce paysage sur les habitants, à cause des marais et de la brume. Et je pense qu’un décor grandeur nature impose une discipline de tournage que le spectateur ressent, les possibilités de plans sont limitées. Même chose pour les acteurs : nous avons tâché de recruter des gens sur place, pour garder l’esprit du lieu. Cela n’a pas été entièrement possible, donc nous avons élargi nos recherches en auditionnant à Londres, mais sans passer par une agence de casting. Barry Ward <em>[qui joue Jimmy, ndlr]</em> a été recruté comme cela ; il nous fallait quelqu’un de rare, ni trop jeune ni trop vieux, qui paraisse chaleureux, généreux, astucieux et solide. </p>
<p><strong>A cause de la disparition des archives, vous aviez peu de documents historiques pour lui redonner vie et reconstituer les faits. Comment réinventer en restant le plus proche possible de la réalité ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/loach-ken-jimmy-hall.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-18639" />KL : Il y avait quelques archives de journaux, un documentaire de la radio irlandaise, et tout ce que nous ont dit les familles de Leitrim. Insuffisant pour créer un personnage en chair et en os. Il a fallu imaginer. D’abord, c’était certainement un homme de caractère : il en faut pour être un activiste politique, aller d’un combat à un autre en sacrifiant la possibilité d’une vie de famille. Mais il devait aussi avoir une forme de vie privée, que nous avons imaginée à travers son histoire avec Oonagh.</p>
<p>PL : C’était très important d’aller voir Leitrim par nous-mêmes, pour voir cette terre de tourbe et de roseaux où les fermiers étaient si pauvres qu’ils envoyaient leurs enfants faire la récolte de pommes de terre en Ecosse. Les locaux nous ont aussi livré cette belle anecdote : la mère de Jimmy tenait le bibliobus local. Tout cela nous a permis de deviner quelqu’un de riche, très conscient de la fragilité de la vie, mais qui avait aussi appris à être curieux et à poser des questions. Et il avait certainement beaucoup de courage physique. A l’époque, en Irlande, il en fallait pour s’opposer ouvertement à un prêtre. </p>
<p><strong>Ce n’est pas évident pour un public occidental moderne de comprendre combien il a pu être difficile de s’opposer à un prêtre. Comment avez-vous pris cela en compte ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/ken-loach-laverty-jimmy-hall.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18642" />KL : On espère que le public fera le lien avec ceux qui n’ont pas le droit de s’exprimer maintenant, comme Jim à l’époque. Edward Snowden, par exemple, dont la vie est aujourd’hui menacée. Julian Assange, aussi, qui ne peut pas quitter l’ambassade de l’Equateur à Londres, il est prisonnier. Ce n’est plus l’Eglise, mais il y a toujours une forme de pouvoir orthodoxe qui préfère que certaines informations ne soient pas diffusées.</p>
<p><strong>La différence est que Julian Assange et Edward Snowden ne sont pas des gens particulièrement joyeux, pas en public en tout cas. Jimmy, au contraire, animait le Hall pour en faire un endroit de fête. Il me semble que c’est quelque chose que vous avez mis en avant presque plus que l’aspect politique.</strong> </p>
<p>KL : C’est possible… On voulait surtout montrer des scènes de chaque composante du personnage, en gardant l’activisme réel pour la fin. Vous savez, les discussions politiques du début à la fin, ça peut devenir pénible. </p>
<p>PL : Et ce n’est pas contradictoire, en fait. Rapporter un gramophone et donner des cours de jazz à Leitrim permettaient d’éveiller la curiosité. D’attirer vers de nouvelles choses et de nouveaux points de vue. La musique et la danse font partie de ce qui fait un être humain complet. </p>
<p>KL : Oui, le poème de Yeats dans le film, le jazz, tout ça fait partie de la libération de l’esprit, alors que le prêtre voulait des gens enfermés et prêts à obéir aux ordres. Nous avons cherché à donner une vision large de comment devenir ce que l’on peut être. </p>
<p><strong>Pourtant, rien de tout cela n’apparaît dans <em>Le vent se lève</em>…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/le-vent-se-leve.jpg" alt="Le Vent se lève de Ken Loach" title="Le Vent se lève de Ken Loach" width="205" height="270" class="alignleft size-full wp-image-18646" />KL : <em>[Il rit]</em>… C’est déjà un miracle qu’on ait pu montrer tout ce qu’on voulait en moins de trois heures dans ce film ! </p>
<p>PL : C’est vrai, on a déjà couvert tellement, la guerre, le traité, la guerre civile… </p>
<p>KL : C’est une règle : un film ne devrait pas être plus long qu’un match de foot. Après ça, même si c’est un bon film, on se balance sur son siège. </p>
<p>PL : Et en Ecosse, on commence à vouloir aller pisser après la pinte du début du film… C’est bien beau de parler de la structure narrative, mais il faut surtout étudier la vessie. </p>
<p><strong>A propos de musique : vous avez mis cette jolie scène dans le film, où le prêtre écoute le disque de jazz que Jimmy a déposé sur le pas de sa porte et ne voit pas de mal à le trouver bon. Il me semble que le vrai Father O’Dowd n’aurait jamais fait cela&#8230;</strong></p>
<p>PL : C’est vrai. Les articles de presse de l’époque montrent que tous ces conservateurs étaient basiques et brutaux. Father O’Dowd m’a paru tout à fait stupide. Je ne pouvais pas écrire quelque chose comme ça. Il a fallu leur donner plus d’humanité pour les rendre intéressants, pour rendre Jimmy plus intéressant aussi. </p>
<p>KL : Oui, c’est mieux de créer deux ennemis de poids similaire. Et l’écriture de Paul est très bonne au sens où tout ce que dénonce le père Sheridan du film est vrai : la culture irlandaise a vraiment été mise en danger par les occupants britanniques, pendant longtemps, notamment la destruction de la langue et les discriminations contre les catholiques. Sheridan a tout à fait raison sur ce point. Cela donne une tension intéressante au film. </p>
<p><strong>Le film se termine sur l’image d’une nuée de jeunes qui suivent Jimmy en jurant d’apprendre le shim sham à leurs enfants. Y a-t-il un message dans cette image, celui d’un éternel retour de la révolution ?</strong></p>
<p>KL : Les jeunes sont toujours ceux qui peuvent provoquer le changement… Aujourd’hui, c’est très important qu’ils continuent à croire que la situation dépend d’eux, et qu’ils s’engagent pour changer les choses. Le pire est de rester sur la touche. </p>
<p><strong>Que faut-il changer aujourd’hui ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/loach-laverty-vent-leve-jimmy.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18649" />KL : Le problème fondamental, c’est la notion de profit… Le système capitaliste laisse les employeurs faire des profits avant de redistribuer. Ce n’est pas juste, c’est pour cela qu’il faut collectiviser les moyens de production.</p>
<p>PL : il y a beaucoup de cynisme. Les gens au pouvoir sont toujours ceux qui ont provoqué la crise. Obama et son administration, par exemple. Obama est un avocat d’affaires à l’origine ; il est comme Blair, il a toujours été pro-business malgré son discours. Il a simplement volé les combats et les slogans des classes modestes aux Etats-Unis. Et prenez <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/recadrages/etude-analyse-critique-pain-gain-loup-wall-street-1-michael-bay-martin-scorsese/" target="_blank">Le Loup de Wall Street</a></em>. Il y a un mensonge dans ce film. Il fait croire que les problèmes du capitalisme viennent d’une petite troupe de gens avides et sous cocaïne. Mais ce n’est pas le cas, le problème vient de gens apparemment normaux, avec des intonations cordiales, qui ont des emplois hauts placés et font froidement marcher le système dans leur sens. </p>
<p>KL : Oui, on ressort du <em>Loup de Wall Street</em> en pensant que le système se porterait mieux si seulement certaines personnes étaient moins folles, cupides et droguées. Ce n’est pas vrai. </p>
<p><strong>Une dernière question pour Ken. Il paraît que <em>Jimmy’s Hall</em> est votre dernier film de fiction… Qu’allez-vous faire maintenant ?</strong></p>
<p>KL : Je ne sais pas. Regarder la Coupe du monde… Il faut savoir se retirer. En termes footballistiques, si on n&#8217;arrive plus à bien calculer ses passes et à courir de haut en bas du terrain, il faut partir. On verra.</p>
<p>&nbsp;<br />
Jimmy&#8217;s Hall <em>de Ken Loach avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton&#8230; Angleterre, 2013. Sortie le 2 juillet 2014.</em></p>
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		<title>Michael Kohlhaas, de Arnaud Des Pallières</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Aug 2013 08:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/affiche-michael-kohlhaas-mads-mikkelsen-arnaud-des-pallieres.jpg" alt="Michael Kohlhaas, de Arnaud Des Pallières" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-13328" /></p>
<p>La vraie révélation de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/66e-festival-cinema-cannes-2013/">66e Festival de Cannes</a>, c’est <em>Michael Kohlhaas</em>. Présenté en compétition au sein d’une sélection relativement convenue (articulée autour des « monstres » Soderbergh, Polanski, Ozon, Desplechin…), le film d’Arnaud Des Pallières est celui qui étonne le plus. </p>
<p>XVIe siècle, dans les Cévennes. Le marchand de chevaux Michael Kohlhaas mène une vie prospère et heureuse. Lorsqu’un seigneur lui vole deux chevaux et blesse son valet, il dépose une plainte au tribunal. Débouté, il prend les armes et lève une armée pour rétablir son droit. </p>
<p>Si <em>Michael Kohlhaas</em> est l’adaptation d’un récit authentique, ce n’est pourtant pas une reconstitution historique. Des Pallières efface volontairement les représentations de l’époque (costumes, décors) pour dégager une œuvre poétique et profonde, une sorte de western médiéval à l’opposé de ce qu’on aurait imaginé : exit les <em>Braveheart</em>, <em>Rob Roy</em> et autre <em>Robin Hood</em> au budget faramineux. <span id="more-12276"></span>Des Pallières en prend le contrepied, filmant la peur au ventre comme jamais (celle des victimes, comme celle des insurgés) et privilégiant l’extérieur, l’austérité des paysages. Austère et monolithique aussi, le visage taillé dans la pierre de Mads Mikkelsen, grandiose interprète du héros Michael Kohlhaas. Arnaud Des Pallières lui offre un rôle sur mesure. L’acteur illumine le film de bout en bout. Tiraillé entre son désir de justice et sa vie paisible à une époque où le système judiciaire était encore assujetti au pouvoir féodal, son personnage est un homme seul à l’extraordinaire courage : celui de prendre les armes d’abord, celui de les déposer lorsqu’il obtient réparation. Devant l’injustice et l’impossibilité de la résoudre calmement, <em>Michael Kohlhaas</em> renvoie à des questionnements beaucoup plus actuels qu’il n’y paraît, à la toute-puissance des uns, immuable constante à travers les siècles.</p>
<p>Cinéaste prolifique mais imparfait, peu suivi du grand public (<em>Parc</em>, réalisé en 2008, est son opus le plus connu), rien ne laissait supposer qu’Arnaud Des Pallières livrerait un tel chef-d’œuvre, aussi beau et maîtrisé, au casting impressionnant et impeccable autour du grand Mads. A ranger aux côtés d’autres œuvres transversales, comme <em>Aguirre</em> ou <em>Andreï Roublev</em>.</p>
<p>&nbsp;<br />
Michael Kohlhaas<em> d&#8217;Arnaud Des Pallières, avec Mads Mikkelsen, Mélusine Mayance, Delphine Chuillot, Bruno Ganz, Denis Lavant, Sergi Lopez, Amira Casar&#8230; France, Allemagne, 2012. Sortie le 3 juillet 2013. Présenté en compétition au 66e Festival de Cannes.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>127 heures de Danny Boyle</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Feb 2011 03:38:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avril 2003, Aron Ralston part en rando au Blue John Canyon, Utah. Alpiniste expérimenté, Aron Ralston part seul et n’a informé personne de son excursion. Aron Ralston s’éclate en vélo,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/127-heures.jpg" alt="127 heures" title="127 heures" width="300" height="182" class="alignleft size-full wp-image-1147" />Avril 2003, Aron Ralston part en rando au Blue John Canyon, Utah. Alpiniste expérimenté, Aron Ralston part seul et n’a informé personne de son excursion. Aron Ralston s’éclate en vélo, fait des rencontres charmantes, jouit du paysage, jusqu’à ce qu’un rocher décide de lui tomber dessus et emprisonne son bras droit. Cinq jours après, Aron Ralston, abandonné, décide de se trancher le bras pour se libérer. Et l’histoire d’Aron Ralston est vraie, bien sûr !</p>
<p>« Basé sur des faits réels », « Tiré d’une histoire vraie », « Les personnages de ce récit ont vraiment existé »… Stop ! Diantre, à quel moment la véracité de l’histoire est-elle devenue un gage de qualité, et pourquoi la formule envahit-elle les affiches de ciné depuis quelque temps ? Où est le bon temps des scénaristes qui créaient des histoires de toutes pièces, des réalisateurs qui ne se cachaient pas derrière cette intouchable formule pour justifier la médiocrité de leur film ? Et ce bon vieux : « Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé serait purement fortuite », où l&#8217;a-t-on donc caché ?</p>
<p>J’ai vérifié : aucune mention de « faits réels » sur l’affiche de <em>To Be or not To Be</em> de Lubitsch. Pourtant Hitler, il a bien existé, non ? Rien non plus sur celle d’<em>Apocalypse Now</em>. Ouf, c’est rassurant, ça m’aurait fichu les jetons que cette guerre ait vraiment eu lieu.</p>
<p>Si c’est vrai, c’est beau. Mais nom d’une pipe en bois, de qui se moque-t-on ? Danny Boyle a entre les mains une histoire hallucinante, et il en fait un clip bruyant qui peine à faire passer le temps ; à l’aide d’un paquet d’artifices, le réalisateur prend ses distances avec l’histoire vécue par Aron Ralston mais rappelle paradoxalement au spectateur à maintes reprises et avec la subtilité d’un poisson mort que tout ça a vraiment existé. On fricote avec la bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne : avouer que le film ne nous a pas plu, ce serait presque comme dire qu’on se fiche de ce qu’a vécu Ralston et qu’on y est insensible. Impossible en l’état, évidemment… Mais si les indications d’authenticité disparaissaient, on pourrait alors oublier le drame humain et se concentrer sur le seul objet cinématographique. Et on verrait, alors, ce que vaut vraiment ce <em>127 heures</em>…</p>
<blockquote><p>- Danny, ton nouveau film, là, c’est un peu chiant, non ?</p>
<p>- Hey,  patron, j’y peux rien, c’est une histoire vraie : c’est pas ma faute si  ce con de Ralston, il a rien fait que pisser et se plaindre pendant cinq jours.</p></blockquote>
<p>&nbsp;<br />
127 heures<em> (127 Hours), un film de Danny Boyle avec James Franco. Etats-Unis, 2010. Pas la peine d’y aller, lisez plutôt </em>Plus fort qu’un roc<em>, de Aron Ralston.</em></p>
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