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	<title>Grand Écart &#187; enfance</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Ma vie de Courgette, de Claude Barras</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 15:17:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est avec une infinie délicatesse que Claude Barras aborde la question de la maltraitance des enfants. De la mère du surnommé Courgette, on ne verra que le dos et les canettes de bière qui jonchent le sol...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Préparez vos mouchoirs</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Courgette_Affiche.jpg" alt="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" width="212" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23989" />C’est avec une infinie délicatesse que Claude Barras aborde la question de la maltraitance des enfants. De la mère du surnommé Courgette, on ne verra que le dos et les canettes de bière qui jonchent le sol, et l’on n’en entendra que la voix, menaçante. Seul dans sa chambre, Courgette, petit garçon aux cheveux bleus et aux yeux ronds comme des billes, dessine, élève des pyramides avec les canettes, et fait voler le cerf-volant qu’il a fabriqué. Un cerf-volant orné d’un père absent grimé en super-héros, et d’une poule. La <em>« poule »</em> avec qui papa est parti. Cette confusion enfantine dit tout de <em>Ma vie de Courgette</em> : un film à hauteur d’enfant, une capacité à faire sourire au milieu des larmes. Parce qu’on pleure beaucoup devant <em>Ma vie de Courgette</em>, adaptation en stop-motion (ou &#8220;animation en volume&#8221;) et à destination des enfants du roman de Gilles Paris, <em>Autobiographie d’une courgette</em>, avec Céline Sciamma (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/" title="Tomboy, de Céline Sciamma">Tomboy</a></em>) au scénario.</p>
<p>Il y est question d’enfants maltraités, abusés, abandonnés, tous réunis dans un orphelinat, tenu par des adultes bienveillants. Souvent, les foyers sont dépeints comme une prison. Ici, c’est au contraire le lieu de l’amitié, de la solidarité, un cocon qu’on ne veut pas quitter face aux menaces d’un monde extérieur qui n’a jusqu’ici pas fait de cadeaux. Les malheurs qui ont amené ces enfants au Foyer des Fontaines ne sont qu’évoqués &#8211; lors de l’entretien entre Courgette et le policier Raymond, lors d’une brève galerie de portraits établie par Simon, le boss de l’orphelinat, curieux fouineur cherchant à savoir à qui il a affaire. <span id="more-23988"></span>Et pourtant on ressent toute la peine et les traumatismes de ces enfants, grâce à leurs grands yeux expressifs. L’empathie est totale avec ces enfances brisées. Et comme on partage leurs pleurs et leurs craintes, on partage aussi leurs joies et leurs espoirs. Le bonheur d’être ensemble, unis face à l’adversité. Celui de trouver chez les adultes une oreille, une épaule, un foyer. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Courgette2.jpg" alt="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23993" />Alors que l’animation en stop-motion pour enfants était jusqu’ici principalement l’apanage des studios Aardman, pères de <em>Wallace &amp; Gromit</em>, <em>Ma vie de Courgette</em> engage le genre vers plus de gravité, tout en conservant beaucoup d’humour, langagier et visuel, et une simplicité rafraîchissante. Les enfants, leurs grands yeux, leurs styles, colorés et modernes, sont du côté de la vie, pleins d’énergie et de vivacité. Ils se détachent de leur environnent grisâtre, de leurs vies gâchées, pour construire une nouvelle famille, portant bien haut des valeurs d’amour inconditionnel, de solidarité et d’amitié. Si <em>Ma vie de Courgette</em> provoque les larmes pendant quasiment toute sa durée, ce sont des larmes changeantes. Tristesse, joie et espoir s’entremêlent dans un tourbillon bouleversant.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ma vie de Courgette<em> de Claude Barras, avec les voix de Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud, Michel Vuillermoz… France, Suisse, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016. Cristal du long-métrage et Prix du public au Festival d&#8217;Annecy 2016. Sortie le 19 octobre 2016.</em></p>
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		<title>Le Géant égoïste, de Clio Barnard</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2016 14:24:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Justine Monchecourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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		<category><![CDATA[enfance]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film, une séquence, un plan. Quand le cinéma donne aux mots l'envie de se faire du cinéma...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La noirceur au bout des doigts</h3>
<p><strong>Un film, une séquence, un plan. Quand le cinéma donne aux mots l&#8217;envie de se faire du cinéma. Relecture de films, entre projections réelles et rêvées. Parce qu&#8217;on ne sort jamais vraiment intact d&#8217;une salle obscure.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/03/le-geant-egoiste.jpg" alt="Le géant égoïste, de Clio Barnard" width="280" height="190" class="alignleft size-full wp-image-23180" />Nous entrons de nuit dans le film, par une colline endormie. La ligne d’horizon est haute, les étoiles embrasent le ciel. Des chevaux immobiles, têtes baissées, paissent des touffes d’herbe. Cette prairie tranquille n’est qu’une vision voilée, fantasmée, l’antichambre d’un autre monde qui se situe à la lisière de cette nuit. Après-midi gris et moite, Bradford, ville du nord de l’Angleterre. Sa rase campagne ponctuée de pylônes électriques bruissants, ses déchets ravalés, traînant le long des trottoirs et absorbés par la végétation environnante, ses rues désertes, quelques habitants, prostrés. Des maisons vétustes collées les unes aux autres, comme pour contenir le peu de chaleur qui resterait à partager. C’est dans ce cadre qu’évoluent Arbor et Swifty, deux gamins laissés-pour-compte. Ils forment un duo d’oiseaux écorchés, qui fonctionnent comme deux pôles aimantés : Arbor, persistant dans des soubresauts vitaux, électrifié par sa colère et Swifty, qui recueille les heurts dans ses mains pour les apaiser. Sous le lit, endiablé, Arbor accepte de détendre le poing pour absorber la chaleur de Swifty. Il laisse la tendresse imbibante de Swifty le toucher. Allongés sur la moquette beige, ils s’immobilisent, Swifty a le regard profond de ses ascendants gitans. L’absorbant et l’absorbé. Quand l’un ne parvient plus à se soulever et que l’autre promet de tout supporter. <span id="more-23179"></span><br />
Sortis du système scolaire, les deux amis trouvent chez Kitten, marchand de ferraille, la possibilité de récupérer leurs vies laissées sur le bord de la route. Kitten rachète vieux frigos, machines à laver, voitures, vélos à celui qui les lui apporte. Arbor ne pense alors plus qu’à une chose : remplir ses poches de livres sterling en versant dans la décharge de Kitten les décombres de la ville. Munis d’une poussette, les deux compagnons vont arpenter les rues pour ramasser les rognures recrachées par la ville. Un soir, nous les suivons, vagabonds dans une ville déshumanisée, scrutant dans l’obscurité des hommes aux desseins douteux, qui déposent des câbles sur une voie ferrée, attendant qu’un train passe et les sectionne. Arbor réalise alors que la richesse n’est pas honnête fille. Délaissant ses casseroles glanées dans les bas-côtés, Kitten lui apprend à faire fondre la gaine noire des câbles volés dans des feux en campagne, à l’abri des regards. La tâche accomplie, Arbor passe la main sur le câble, enlève la suie. Le métal brille. Arbor se met à rêver du cuivre. Face au paysage, les mains sales, il se laisse bercer par le grésillement des lignes à haute tension. C’est à ce moment-là, dans le débordement frénétique des uns et des autres que le film nous fait vaciller entre envies avides grandissantes et saccades ténues d’humanité. Que reste-t-il des liens humains, une fois la gaine retirée ?</p>
<p><strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-clio-barnard-selfish-giant-geant-egoiste/" target="_blank">&raquo; Lire l&#8217;interview de Clio Barnard sur Grand Écart</a></strong></p>
<p>&nbsp;<br />
Le Géant égoïste<em> (The Selfish Giant) de Clio Barnard, avec Conner Chapman, Shaun Thomas, Sean Gilder&#8230; Angleterre, 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Sortie le 18 décembre 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xvrkfq/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Le marché noir des films obscurs</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/films-obscurs-blaq-out-market-enfant-miroir-ridley-der-samourai-kleinert/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2015 08:31:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Amateurs de <em>midnight movies</em>, d’obscurités en tous genres et d’OFNIS, réjouissez-vous ! L’éditeur Blaq Out inaugure une nouvelle collection nommée « Blaq Market »...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Amateurs de <em>midnight movies</em>, d’obscurités en tous genres et d’OFNIS, réjouissez-vous ! L’éditeur Blaq Out inaugure une nouvelle collection nommée « Blaq Market » et pour lancer ce projet dédié aux œuvres inclassables, étranges et méconnues, il nous offre deux perles du genre : <em>L’Enfant-miroir</em> de Philip Ridley (GB, 1990) et <em>Der Samurai</em> de Till Kleinert, (Allemagne, 2014).</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/der-samurai-samourai-till-kleinert-1.jpg" alt="Le Samourai, de Till Kleinert" title="Le Samourai, de Till Kleinert" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-22526" />Penchons-nous premièrement sur le cas du <em>Samurai</em>…<br />
Récompensé par un prix lors du dernier <a href="http://www.festivaldesmauditsfilms.com" target="_blank" rel="nofollow">Festival des maudits films</a> à Grenoble, ce long-métrage allemand narre l’histoire d’un jeune policier qui va croiser la route d’un mystérieux et violent individu lors d’une nuit ensanglantée. Mélangeant les genres et les références (les loups-garous, la théorie du genre et les films de samouraïs…), le film baigne dans une ambiance de cauchemar. Tout comme le héros, on ne sait pas à quoi s’attendre, la seule certitude, c’est que cet étrange samouraï est venu pour ce policier, pour lui faire comprendre quelque chose, pour qu’il réalise ou accepte enfin…<br />
Magnifiquement réalisé &#8211; certains plans évoquent les contes de fées -, superbement interprété, <em>Der Samurai</em> est une œuvre envoûtante, unique dont le grand mérite est d’aller au bout de son « délire ». Il y a une honnêteté et un premier degré assez touchants dans ce récit d’apprentissage tordu et terriblement émouvant…<br />
Passé inaperçu lors de sa sortie en salle l&#8217;été dernier, il serait dommage de passer à côté d’un fleuron du cinéma « autre ». <span id="more-22524"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/11/enfant-miroir-philip-ridley.jpg" alt="L&#039;Enfant-miroir, de Philip Ridley" title="L&#039;Enfant-miroir, de Philip Ridley"width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-22527" /><em>L’Enfant-miroir</em> est l’œuvre du plasticien et réalisateur britannique Philip Ridley. Il s’agit de son premier long-métrage. On y découvre la vie de Seth Dove, un enfant vivant dans une petite communauté entourée de champs de blé interminables. Nous sommes dans les années 1950. Seth est convaincu que sa voisine, Dolphin Blue, une jeune veuve anglaise est en fait un vampire. Quand le frère de Seth rentre de la guerre et tombe amoureux de la jeune femme, le monde de Seth s’écroule.<br />
Résumer ce film, c’est littéralement « le résumer ». C’est-à-dire le réduire. Difficile de donner dans un synopsis l’ampleur de la narration, les différents niveaux d’histoire, les mini-intrigues qui finissent par converger à la fin et donnent lieu à l’un des plans finaux les plus glaçants du cinéma. C’est une œuvre dont la poésie, la force picturale et émotionnelle n’ont d’égal que sa maîtrise et son charme étrange, oppressant.<br />
Le film a beau se dérouler dans les champs de blé, on se sent suffoquer. C’est que pour Seth, le seul horizon possible est celui de son imaginaire. Rêveur, le garçon s’invente des histoires, des mondes imaginaires dont il a besoin pour supporter une vie au sein d’une famille absolument dysfonctionnelle et une communauté peuplée de fanatiques religieux.<br />
Drame psychologique, film d’horreur, <em>L’Enfant-miroir</em>, défie la notion de genre. C’est un film complètement à part, comme toutes les œuvres de son auteur (qui n’a réalisé que trois films à ce jour, mais trois films essentiels), un film qui dérange, qui secoue et ne s’oublie pas. Dépeignant le monde de l’enfance comme un conte dont la cruauté est sans merci, il nous met face à un spectacle terrifiant : le cycle horrible de la violence humaine. Qu’elle soit psychologique ou physique, fantasmée ou réelle, elle gouverne ce monde où Seth tente d’exister, mais où il est sans cesse contraint d’être à la fois le bourreau et la victime, un spectacle désolant et déchirant dont il ne peut pas sortir indemne.<br />
Ce chef-d’œuvre nous plonge ainsi dans un univers trouble, un monde cauchemardesque que l’on n’est même pas sûr d’avoir quitté une fois le film terminé…</p>
<p>Une rencontre avec Philip Ridley est organisée le samedi 21 novembre, plus de détails <a href="https://www.facebook.com/events/645242118912212/" target="_blank" rel="nofollow">ici</a>.</p>
<p>Le film est projeté le 22 novembre à 16h30, à l&#8217;occasion des Séances cultes du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/5e-paris-international-fantastic-film-festival-grand-rex-2015/">Paris International Fantastic Film Festival</a>, en présence de Philip Ridley.</p>
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		<title>Mister Babadook, de Jennifer Kent</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Dec 2014 23:08:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
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		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Babadook… Dook… Dook.</em> Peu de doute à avoir sur le fait que cette incantation maléfique et sépulcrale va désormais appartenir au patrimoine du septième art. En DVD le 3 décembre 2014 !]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/affiche-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="If it&#039;s in a word, or it&#039;s in a look, you can&#039;t get rid of the Babadook" title="If it&#039;s in a word, or it&#039;s in a look, you can&#039;t get rid of the Babadook" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16084" /><strong><em>Babadook… Dook… Dook.</em> Peu de doutes à avoir sur le fait que cette incantation maléfique et sépulcrale va désormais appartenir au patrimoine du septième art.</strong> Si le premier film de Jennifer Kent, un développement de son superbe court-métrage <em>Monster</em>, ne bouleverse pas la grammaire cinématographique, il révèle un style et une maîtrise qu’on ne voit plus que rarement. <em>Babadook</em> ne fait pas penser à <em>Saw</em> ou <em>28 jours plus tard</em>, films-étalons de la production actuelle ; ses références sont plus nobles, plus <em>old school</em> et moins immédiatement saisissables, à l’instar de l’excellent <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/conjuring-dossiers-warren-james-wan/" title="Conjuring, de James Wan" target="_blank">The Conjuring</a></em> sorti il y a quelques mois. </p>
<p>C’est l’histoire d’Amelia, qui élève seule son fils Samuel depuis le décès de son mari alors qu’il emmenait sa femme à la maternité. Samuel, enfant hyperactif, est en proie à de terribles cauchemars, qui s’accentuent lorsqu’il découvre un livre à l’effrayant contenu, <em>Mister Babadook</em>. D’inquiétants événements ne tardent pas à convaincre Samuel que le monstre est véritablement sorti de l’étrange ouvrage. Face à la terreur de son fils, Amelia va également commencer à se poser des questions…</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/mister-babadook-essie-davis-noah-wiseman-film-jennifer-kent.jpg" alt="Essie David et Noah Wiseman dans Babadook" title="Essie David et Noah Wiseman dans Babadook" width="280" height="181" class="alignright size-full wp-image-16085" />Si le mythe du croque-mitaine vous semble éculé au cinéma, attendez de voir le traitement qu’en fait Jennifer Kent. Inspirée par Roman Polanski, qui a fait de l’horreur domestique un art (<em>Rosemary’s Baby</em>, <em>Répulsion</em>, <em>Le Locataire</em>), la réalisatrice installe un malaise durable grâce aux multiples sonorités – bruits et musique –, aux images qui trahissent sa passion pour l’expressionnisme et pour le faiseur de fantasmagories Georges Méliès, et évidemment à l’interprétation. Chaque séquence dans la maison révèle un visage et une personnalité nouvelle des protagonistes. Comédiens protéiformes, Essie Davis et le tout jeune Noah Wiseman jouent une partition exceptionnelle, qui n’est pas pour rien dans l’angoisse que suscite le film. Jusqu’à cette scène au paroxysme de la tension et de la violence verbale, dans laquelle la mère, excédée et épuisée, s’écrie : <em>« Si tu as si faim que ça, mange ta merde ! »</em> <span id="more-16081"></span> </p>
<p><strong>
<p style="text-align:center"><a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-mister-babadook-rencontre-jennifer-kent/" title="Babadook : Rencontre avec Jennifer Kent" target="_blank">&raquo; Lire aussi l&#8217;interview de Jennifer Kent</a></p>
<p></strong></p>
<p>Film d’horreur, thriller psychologique, <em>Babadook</em> se situe quelque part entre les deux, à la lisière du fantastique. Une œuvre intense sur la cellule familiale et la difficulté d’être mère. Les nuits sans sommeil, le bruit effroyable qu’un enfant peut faire, ses élucubrations et son comportement parfois dangereux. Chaque parent a un jour fantasmé ne plus avoir d’enfant – ne serait-ce que pour quelques dizaines de minutes. Une œuvre sur la dépression et le deuil, aussi. Amelia a refoulé une tragédie passée, une de celles dont on ne sort jamais indemne, et le Babadook revient la hanter pour cela. Les rôles sont alors inversés : ce n’est plus l’enfant qui a peur du croque-mitaine caché sous le lit ou des pièces noires, c’est la mère, subitement ramenée à un passé qu’elle s’était promis d’oublier. Le monstre du placard surgit pour montrer qu’on ne se remet pas de la tragédie et de la peur, on l’apprivoise. Et si ce n’était plus le monstre tapi dans l’ombre qu’Amelia devait combattre mais celui qui est dans sa tête et qui prend la forme de son défunt mari ? Celui qu’il faut, à défaut de l’éliminer, repousser dans la cave, où il pourra être contrôlé ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/mister-babadook-livre-jennifer-kent.jpg" alt="Mister Babadook" title="Mister Babadook" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-16083" />Jennifer Kent réalise une immense œuvre, pourtant sans grands artifices (le film a vu le jour grâce à un système de finance participative à hauteur de… 30 000 dollars seulement), dans laquelle l’horreur peut prendre plusieurs visages. <em>Babadook</em> est aussi un récit initiatique, une façon pour la réalisatrice comme pour le spectateur d’affronter ses peurs les plus profondes, et de se rendre compte qu’il est toujours possible de sortir des ténèbres. <em>Babadook… Dook… Dook</em>.</p>
<div class="separation"></div>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Côté bonus du DVD</strong>, on ne retrouvera sur le DVD que <em>Monster</em>, le court-métrage qui a servi de point de départ à <em>Mister Babadook</em>, et une interview de la réalisatrice. Et comme on vous avait déjà gratifiés d&#8217;un excellent (si, si) <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-mister-babadook-rencontre-jennifer-kent/" title="Babadook : Rencontre avec Jennifer Kent">entretien avec Jennifer Kent</a> au moment de la sortie du film, on ne retiendra rien de particulier sur ces compléments. En revanche, sur le Blu-ray, on retrouve les mêmes bonus ainsi que des interviews d&#8217;Essie Davis et de l&#8217;équipe du film, et surtout un remarquable entretien avec Alex Juhasz, le génial illustrateur qui se cache derrière le livre pop-up <em>Mister Babadook</em>.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mister Babadook <em> (The Babadook) de Jennifer Kent, avec Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall, Hayley McElhinney… Australie, 2013. Prix du jury Presse, Prix du jury Jeunes et Prix spécial du jury du 21e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 30 juillet 2014. Sortie DVD le 3 décembre 2014.</em></p>
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		<title>In the Family, de Patrick Wang</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Nov 2014 15:06:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Attention, film rare. Rare, non seulement parce qu’il est diffusé dans une poignée de salles, mais aussi par son propos. Et à l’heure où en France on brandit la sacro-sainte famille comme un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/in-the-family-patrick-wang-2.jpg" alt="In the Family, de Patrick Wang" title="In the Family, de Patrick Wang" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-19677" />Attention, film rare. Rare, non seulement parce qu’il est diffusé dans une poignée de salles, mais aussi par son propos. Et à l’heure où en France on brandit la sacro-sainte famille comme un étendard et on met au pilori la théorie du genre, un film américain sur une famille homoparentale on ne peut plus normale a de quoi être anachronique. </p>
<p>Car ici, on suit la vie quotidienne de Joey et Cody et de leur fils Chip (dit Chipmunk). Entre le travail, les courses, les goûters d’anniversaire, les fêtes en famille. Rien de passionnant de prime abord. Cette famille semble si naturellement soudée qu’à aucun moment (ou presque, on a quand même de bons yeux), on ne réalise qu’il s’agit d’un couple d’hommes. Il faut qu’un drame survienne pour que toute la portée d’<em>In the Family</em> prenne son envol. Cody, le père biologique de Chip décède suite à un accident de voiture. Et voici Joey et Chip seuls au monde, se consolant l’un l’autre de la perte de l’être qui leur était le plus cher. Mais ce ne sont que les prémices de leurs mésaventures : Eileen, la sœur de Cody, devient la tutrice légale de Chip et l’enfant passe désormais des bras de celui qu’il surnomme « Papou » à celui de sa tante. Et pour couronner le tout, Joey reçoit une injonction de la police lui interdisant de s’approcher de son ex-belle-famille, qui était pourtant si bienveillante à son égard. </p>
<p>Le film, de chronique familiale, se mue en film de procès, Joey tentant de gagner la garde de celui qu’il a élevé comme son fils, alors que la loi ne le reconnaît pas comme père… Patrick Wang, également acteur principal, après avoir observé de nombreuses familles homoparentales dont les droits sont peu protégés aux Etats-Unis, s’est décidé à réaliser ce premier film pour montrer une réalité pourtant évidente : un couple homosexuel peut très bien élever un enfant sans que celui-ci n’en soit perturbé, bien au contraire. Et pour ce faire, il a usé de délicatesse, de subtilité et de juste dosage des émotions. <span id="more-19619"></span>Le film n’est jamais lacrymal et évite toute scène qui pourrait en être potentiellement chargée. A aucun moment, pour montrer la normalité de la situation, le mot « homosexuel » (une insulte encore ici bas) n’est susurré. Tous admettent le couple Cody/Joey comme une évidence. Et le thème du film devient alors non seulement l’amour filial (ce ne sont pas les liens du sang qui prévalent, en démontre Joey, lui-même adopté), mais l’intérêt de l’enfant (ainsi que le statut du beau-parent) : vaut-il mieux être élevé par un père homosexuel qui vous aime et que vous aimez, même s’il n’est pas votre parent biologique ou par une famille qui ne connaît pas jusqu’à votre groupe sanguin ?</p>
<p><em>In the Family</em> dure certes 2h50, mais ces dernières passent en un éclair. Entre scènes du quotidien où tous se retrouvent, flashbacks pour montrer comment l’histoire d’amour entre deux personnes qui n’y étaient pas destinées a pu voir le jour et incroyable scène finale à huis clos judiciaire où Joey tente d’argumenter son amour pour son fils, le film donne envie d’aimer, universellement. Que l’on soit homo ou hétéro, tout le monde peut s’y retrouver et le cœur serré, espérer que la justice, cette fois-ci, ne fera pas pencher la balance du mauvais côté. Un film non seulement rare : une œuvre indispensable. </p>
<p>&nbsp;<br />
In the Family<em> de et avec Patrick Wang, avec aussi Sebastian Brodziak, Trevor St. John, Lisa Altomare&#8230; Etats-Unis, 2013. Sortie le 19 novembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3kmz00" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Bugsy Malone, d&#8217;Alan Parker</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Oct 2014 21:11:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans l&#8217;Amérique de la prohibition, Fat Sam, chef de gang et tenancier d&#8217;un club clandestin, engage Bugsy Malone, petite frappe et dragueur à ses heures perdues. Ensemble, ils déclarent la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/10/bugsy-malone-alan-parker-jodie-foster.jpg" alt="Bugsy Malone, d&#039;Alan Parker" title="Bugsy Malone, d&#039;Alan Parker" width="280" height="159" class="alignleft size-full wp-image-19504" />Dans l&#8217;Amérique de la prohibition, Fat Sam, chef de gang et tenancier d&#8217;un club clandestin, engage Bugsy Malone, petite frappe et dragueur à ses heures perdues. Ensemble, ils déclarent la guerre à Dan le Dandy et sa bande, détenteurs d&#8217;une arme secrète invincible : une mitraillette à crème pâtissière. Tous les coups sont permis pour tenter de voler l&#8217;arme à la bande rivale, mais le chemin de Bugsy est semé d&#8217;embûches, de femmes fatales et de guets-apens&#8230;</p>
<p><em>Bugsy Malone</em> devrait être injecté en intraveineuse aux créateurs d’émissions et films pour enfants tant la magie du cinéma à conserver une saveur exceptionnelle. Ce petit chef-d’œuvre s’est même bonifié. Il fallait quand même oser transposer l’univers du Mal absolu, la mafia américaine période prohibition, au monde des 4/17 ans, âges des enfants et des adolescents visibles à l’écran. Chaque tic d’adulte, chaque manie de grande personne sur les gueules de ces mômes est un pur régal. L’imitation frise la perfection jusqu’aux voitures à pédales, aux costards et moustaches de dandy.<br />
Le grand démiurge aux commandes de <em>Bugsy Malone</em> n’est pas Alan Parker (<em>The Wall</em>, <em>Midnight Express</em>, <em>Birdy</em>…) mais le compositeur Paul Williams qui concocte un programme « soul cabaret » à tomber à la renverse tant la qualité des mélodies colle aux situations, car <em>Du rififi chez les mômes</em>, in french, est avant tout une pièce musicale savamment montée. </p>
<p>Voici une petite revue des forces en présence :</p>
<p><strong>Florrie Dugger alias Blousey</strong><br />
Blousey tente sa chance de cabaret en cabaret. Elle chante, danse, joue la comédie mais sa soif de reconnaissance la fragilise. Blousey ne se laisse pas compter fleurette facilement, la demoiselle renferme un caractère bien trempé. Indépendante mais désappointée par le système corrompu qui préfère les filles acoquinées aux malfrats, Blousey ne lâchera rien et encore moins sa carrière. Elle réussira coûte que coûte. Quand elle rencontre Bugsy, l’horizon s’éclaircit. L’amour. <span id="more-19503"></span></p>
<p><strong>Scott Baio alias Bugsy Malone</strong><br />
Bugsy est un charmeur. Le petit malfrat fauché au grand cœur, la belle gueule d’amour. Tout le monde l’apprécie car il traîne une indéniable classe. Dès la première seconde, il tombe fou raide dingue de Blousey. Petit problème, il est fauché comme les blés et Blousey n’a pas besoin d’un Bugsy dans les pattes mais d’un garçon qui a les pieds sur terre. </p>
<p><strong>Jodie Foster alias Tallulah</strong><br />
Tallulah se produit dans le cabaret de Fat Sam. Elle est la star magnétique, la vedette qui brille sous les feux de la rampe. On la regarde et on l’admire. Tallulah vous ensorcelle avec ses grands yeux clairs. Difficile d’y résister. Son verbe est fort, ses phrases puissantes. Quelle nana ! Elle craque pour Bugsy mais lui résiste à son charme.</p>
<p><strong>John Cassisi alias Fat Sam</strong><br />
Fat Sam fait tourner sa boutique comme un chef de bande. Entouré de ses hommes, il joue au dur mais il est un peu pleutre. Fort en gueule, Fat Sam craint la concurrence, surtout Dan le Dandy, son ennemi juré.</p>
<p><strong>Marty Lev alias Dan le Dandy</strong><br />
Dan le Dandy s’apprête à devenir le caïd de la ville car il utilise contre ses adversaires une arme secrète, la mitraillette à crème pâtissière bien plus meurtrière que celle à la guimauve. Sa petite moustache lui donne un air de petite frappe. Dan le Dandy crèche dans une demeure de cadors mais ses jours sont comptés. Bugsy prendra sa revanche.</p>
<p>&nbsp;<br />
Bugsy Malone <em>d&#8217;Alan Parker avec Scott Baio, Jodie Foster, Florrie Dugger, John Cassisi, Dexter Fletcher&#8230; Angleterre, 1976. Ressortie DVD chez Elephant Films le 7 octobre 2014.</em></p>
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		<title>Babadook : Rencontre avec Jennifer Kent</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jul 2014 08:21:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[On vous en disait déjà le plus grand bien en début d'année, quand il a remporté (presque) tous les prix au Festival de Gérardmer : à peine sorti, <em>Mister Babadook</em> est déjà en passe de devenir un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On vous en disait déjà <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent" target="_blank">le plus grand bien</a> en début d&#8217;année, quand il a remporté (presque) tous les prix au <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-21e-festival-international-film-fantastique-gerardmer-2014/" title="Le palmarès du 21e Festival de Gérardmer" target="_blank">Festival de Gérardmer</a></strong> : à peine sorti, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent" target="_blank">Mister Babadook</a></em> est déjà en passe de devenir un classique du film d&#8217;horreur, aux côtés de <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> ou de <em>Shining</em>, chefs-d’œuvre auxquels ce premier long-métrage de Jennifer Kent rend hommage. Normal, donc, depuis six mois qu&#8217;on trépigne d&#8217;impatience à l&#8217;idée d&#8217;encourager tous nos amis à aller le voir (en salle ce 30 juillet 2014), qu&#8217;on ait sauté sur l&#8217;occasion de rencontrer la réalisatrice australienne. Elle a accepté de se prêter à un jeu un peu différent de l&#8217;interview classique en réagissant comme bon lui semblait aux photos qu&#8217;on lui présentait. Résultat : une rencontre en mosaïque où l&#8217;on parle du besoin d&#8217;affronter ses peurs, de créativité imposée, de livre maléfique, de classiques de l&#8217;horreur, d&#8217;expressionnisme allemand, de vision d&#8217;auteur et de jeu d&#8217;acteur. </p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Naissance</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/01-short-monster-jennifer-kent.jpg" alt="Monster, court-métrage de Jennifer Kent" width="600" height="333" class="aligncenter size-full wp-image-18972" /></p>
<p>« Dans <em>Monster</em>, l’énergie du film se transférait dans la poupée. Comme l’énergie du Babadook se transfère dans le livre. Je voulais que les deux films se déroulent à hauteur d’enfant. C’est fou que cette idée soit restée aussi longtemps en moi ! Quand j’ai fait <em>Monster</em>, je ne me doutais pas du tout que je ferai un autre film avec un point de départ si proche. Je suis quelqu’un qui aime bien se confronter, c’est dans mon sang. <span id="more-18969"></span>Les gens qui réussissent à ne pas faire face à leurs difficultés, à étouffer leurs peurs, ça me fascine. C’est ce qui m’a donné envie de réaliser <em>Monster</em>, et puis j’ai voulu aller encore plus loin dans mon raisonnement, c’est pourquoi j’ai transformé mon court en long-métrage. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Créativité</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/02-film-set-plateau-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Plateau du tournage de Babadook" width="600" height="360" class="aligncenter size-full wp-image-18973" /></p>
<p>« Comme nous avions un budget très serré <em>[environ 40 000 dollars, récoltés en partie grâce à la plateforme de financement participatif Kickstarter, ndlr]</em>, on devait être très organisés. Pour que ça fonctionne on a été obligés de penser à tout avant même de commencer à construire le plateau. Par exemple la maison de <em>Babadook</em> a deux étages, c’était un élément important du film, mais on a tout construit sur un seul niveau pour respecter le budget. On a énormément travaillé en amont avec le directeur photo, et finalement, je crois que c’est très bien, le manque d’argent a apporté plus de liberté et de créativité. Ca nous a aidés à consolider notre vision du film… Mais j’aimerais quand même avoir un tout petit peu plus d’argent pour mon prochain film ! »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Noah</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/03-shining-kubrick-vs-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Shining VS Babadook" width="600" height="327" class="aligncenter size-full wp-image-18974" /></p>
<p>« Noah <em>[Wiseman, ndlr]</em> est incroyable dans ce film. Il n’avait que 6 ans quand on a tourné. 6 ans, ça ne permet pas d’avoir beaucoup d’expérience ! C’était un vrai défi pour nous tous, mais ça en valait la peine. La veille du début du tournage, je me suis dit <em>« Qu’est-ce que j’ai fait ? »</em> Je savais qu’Essie Davis pouvait bien jouer son rôle, je la connaissais très bien, je connaissais son travail en tant qu’actrice. Mais avec un enfant on n’a aucune certitude, on ne sait jamais ce que ça va donner. J’ai essayé de le guider ; je lui ai raconté l’histoire du point de vue de l’enfant, ça l’a aidé à se concentrer et à s’identifier au personnage. Et puis ça a formidablement marché. La relation entre Essie et Noah était merveilleuse, elle a aussi beaucoup aidé à ce que ça fonctionne à l’écran tout en protégeant Noah des éléments les plus sombres de <em>Babadook</em>. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Universel</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/04-photo-mari-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="248" class="aligncenter size-full wp-image-18975" /></p>
<p>« Le personnage du père n&#8217;apparaît pas dans le film, mais pourtant il est très présent, puisque sa mort et les émotions qu’elle suscite sont au cœur de <em>Babadook</em>. Ca raconte qu&#8217;il est vain d’essayer d’enfouir ses sentiments pour le reste de sa vie. On pourrait trouver ces éléments dans un drame, mais comme je voulais que les gens les ressentent vraiment, je me suis dit que la meilleure façon de faire ça était d’exagérer le tout et de construire un monde qui « grossirait » la réalité. Le genre horrifique permet de pousser les sentiments à l’extrême beaucoup plus qu’un drame classique, je crois que ça rend le sujet plus universel. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Horreur</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/05-horreur-classique-essie-davis-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Essie Davis dans Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="557" class="aligncenter size-full wp-image-18976" /></p>
<p>« Ma définition de l’horreur est très différente de celle de la majorité des gens. Pour moi, <em>Lost Highway</em> de David Lynch ou <em>Funny Games</em> de Michael Haneke sont des films d’horreur. Malheureusement, lorsqu’on utilise le mot « horreur », les gens pensent au sang, à la mort, à de mauvais scénarios, à des personnages superficiels, à un twist final… Ce sont les pires aspects du genre. Alors que des films comme ceux que je viens de citer, ou comme <em>Shining</em>, <em>Morse</em>, <em>Les Diaboliques</em>, <em>Les Yeux sans visage</em> sont des films puissants, parfois poétiques, la preuve qu’on peut faire de grands films d’horreur qui ont des choses à dire. Ce sont des œuvres qui m’ont inspirée pour <em>Babadook</em>. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Fantasmagorie</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/06-expressionnisme-noah-wiseman-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Noah Wiseman dans Babadook, de Jennifer Kent" width="300" height="451" class="aligncenter size-full wp-image-18977" /></p>
<p>« Je risque de sembler naïve, mais je crois que le cinéma du début du XXe siècle avait vraiment une force qu’on a perdue aujourd’hui. Pour moi, c’est encore très puissant. L’expressionnisme montre à la fois ce qui se passe à l’extérieur et à l’intérieur des personnages. Les images étaient tellement évocatrices ! Tout comme les images de Georges Méliès, il a prouvé qu’on pouvait faire tant de choses avec une caméra sans forcément avoir besoin d’ordinateur. Je me suis sentie très inspirée par ses œuvres et ses « trucs » visuels, ça a quelque chose de sinistre et de naïf à la fois. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Maléfique</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/07-sam-noah-wiseman-georges-melies-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Noah Wiseman aka Sam dans Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="338" class="aligncenter size-full wp-image-18978" /></p>
<p>« Noah était vraiment parfait pour ce rôle… Sur cette image il a l’air mignon mais un peu maléfique. Il y a quelque chose du Babadook en lui. Je suis ravie quand je vois cette photo, ça me fait encore dire que nous avons fait ce que nous voulions. Il faut d’ailleurs remercier Alex Holmes, qui est un chef décorateur fantastique. Il a vraiment compris ce dont on avait besoin, toute cette décoration superbe et comme venue d’une autre époque, c’est grâce à lui. Son travail est tellement détaillé, il a tellement d’élégance. Je suis très reconnaissante à toute l’équipe, et je veux continuer de travailler avec ces gens. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Livre</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/08-livre-mister-babadook-jennifer-kent-alex-juhasz.jpg" alt="Mister Babadook, le livre d&#039;Alex Juhasz et Jennifer Kent" width="600" height="323" class="aligncenter size-full wp-image-18979" /></p>
<p>« J’adore cette photo, elle est tellement forte ! Je crois que cette page n’y est pas pour rien dans la légende du livre. J’étais très stressée, je savais que le livre avait une importance capitale dans le film, il ne fallait surtout pas le rater. Avec mon producteur, on adorait le travail de l’illustrateur Alex Juhasz. C’était notre référence, alors finalement on s’est dit : <em>« Pourquoi on ne lui demanderait pas directement de le faire ? »</em> Il était aux Etats-Unis, mais il est venu en Australie six mois avant le début du tournage et on a commencé à parler du livre <em>Mister Babadook</em>. Il s’est mis à travailler dessus, et voilà : c’est un ouvrage très simple mais qui donne la chair de poule ! Il a vraiment aidé à créer la légende du Babadook. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Jeu</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/09-essie-davis-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Essie Davis dans Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="349" class="aligncenter size-full wp-image-18980" /></p>
<p>« Tous les acteurs sont différents : c’est quelque chose que j’ai appris quand j’étais actrice moi-même. Il y en a qui intellectualisent leur rôle et qui travaillent les émotions, d’autres qui y vont plus à l’instinct. L’essentiel, c’est de savoir avec qui on travaille. Comme je suis aussi actrice, ça m’aide énormément pour les diriger. Mais je refuse d’être abominable avec mes comédiens, de les pousser dans leurs retranchements et de les manipuler comme des marionnettes. Je préfère une relation de confiance comme avec Essie, qui je connais de longue date. Au début j’étais un peu inquiète de travailler avec une amie. Je lui ai fait passer une audition juste pour voir comment elle envisageait son rôle. Essie déborde d’énergie, parfois je devais même la calmer un peu ! Dans la première partie son personnage est calme et doux, je devais donc la retenir… Et puis dans la deuxième partie du film, lorsque son personnage explose, je l’ai laissée faire, et c’était parfait. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Spectatrice</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/11-wish-you-were-dead-livre-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Mister Babadook, le livre d&#039;Alex Juhasz et Jennifer Kent : &quot;you&#039;re going to wish you were dead&quot;" width="600" height="339" class="aligncenter size-full wp-image-18982" /></p>
<p>« Quand je vais au cinéma, je ne veux pas forcément entrer dans un monde de fantasmes, mais je veux ressentir quelque chose d’inhabituel, que ce soit de la peur, de la tristesse ou de la joie. C’est pour moi le plus important. Je veux être connectée avec le réalisateur, avec son univers et ses personnages. Je déteste aller au cinéma pour rester les bras croisés et attendre tranquillement la fin. »</p>
<p><em>
<p style="text-align:right; font-size:85%;">Merci à <a href="http://trendingwithattitude.blogspot.fr/" target="_blank" class="broken_link">Yasmin Laure</a> pour sa collaboration.</p>
<p></em></p>
<p>&nbsp;<br />
Mister Babadook <em> (The Babadook) de Jennifer Kent, avec Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall, Hayley McElhinney… Australie, 2013. Prix du jury Presse, Prix du jury Jeunes et Prix spécial du jury du 21e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 30 juillet 2014.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Alice Fargier</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Apr 2014 22:43:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Judith Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Alice Fargier est réalisatrice. Elle est aussi auteur pour Grand Écart, ce qui la rend encore plus sympa. C'est pourquoi on a envie de parler de son court-métrage documentaire, <em>Le Mur et l'eau</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/af/" title="Alice Fargier" target="_blank">Alice Fargier</a> est réalisatrice. Elle est aussi auteur pour Grand Écart, ce qui la rend encore plus sympa. C&#8217;est pourquoi on a envie de parler de son court-métrage documentaire, <em>Le Mur et l&#8217;eau</em>, présenté au festival suisse Visions du réel cette année. On est comme ça, nous.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/portrait-alice-fargier-realisatrice.jpg" alt="Alice Fargier" title="Alice Fargier" width="280" height="232" class="alignleft size-full wp-image-16978" />A partir de la réaction du jeune Bradley face au film des frères Dardenne, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/gamin-velo-freres-dardenne/">Le Gamin au vélo</a></em>, Alice Fargier élabore un documentaire épistolaire : d’une première vidéo, où l’enfant exprime son émotion à l’attention de Luc Dardenne, naît en effet l’idée de poursuivre le dialogue. Messagère entre l’enfant et le père spirituel, Alice Fargier tisse entre eux des liens qui, pour être virtuels, n’en sont pas moins chargés de sens. Par le biais du gamin au vélo, personnage auquel Bradley s’identifie, on assiste à la construction de sa propre identité, de sa propre sensibilité. Rencontre avec l’auteur du <em>Mur et l&#8217;eau</em>, un documentaire généreux, tout en délicatesse. <span id="more-16972"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quelle est la genèse de votre film documentaire <em>Le Mur et l’eau</em> ?</strong></p>
<p>J’ai vu <em>Le Gamin au vélo</em> des frères Dardenne au cinéma en juin 2011 et je suis sortie de la salle bouleversée. J’ai alors eu l’envie très forte de partager ce film avec les enfants que j’allais bientôt rencontrer au sein d’une colonie. Seulement, je ne savais pas que la plupart de ces enfants comme Cyril, le personnage principal du film des frères Dardenne, vivaient justement en famille d’accueil. Avec Jean-Marie Montangerand, le créateur de l’association Le Vidéobus, on s’est demandé si c’était une bonne idée de leur montrer le film, s’il ne serait pas trop violent à recevoir pour eux. Finalement, notre décision a été de projeter le film mais de l’encadrer par une parole. Comme Luc Dardenne ne pouvait pas venir en France à cette période estivale, nous lui avons proposé de tourner une  lettre filmée, adressée aux enfants. Luc Dardenne a généreusement accepté et nous nous sommes retrouvés à Paris dans une minuscule chambre d’hôtel, en pleine affaire DSK, ce qui rendait la situation assez comique ! Avec les moyens du bord, nous avons tourné cette première « lettre vidéo » (qui n’est pas restée dans le montage final). En août, j’ai rencontré les enfants et dans le groupe, la présence de Bradley m’a immédiatement frappée : sa manière de bouger, son regard&#8230; Quand on leur a appris qu’on allait les emmener au cinéma pour voir <em>Le Gamin au vélo</em>, Bradley a levé la main et a demandé : <em>« </em>Le Gamin au vélo<em>, c’est un film d’amour ou un film d’action ? »</em> J’ai souri et j’ai répondu : les deux.</p>
<p><strong>Comment s’est déroulée la projection devant les enfants ?</strong></p>
<p>Je n’ai jamais senti dans une salle de cinéma un silence aussi chargé. Il y avait une qualité d’écoute exceptionnelle. Ces enfants sont devenus tout d’un coup absolument silencieux, accrochés à leur siège, ils fixaient l’écran avec une grande concentration. L’émotion circulait, je me souviens avoir eu la chair de poule. A la fin du film, nous avons projeté la suite de la lettre vidéo et nous avons organisé une petite discussion avec les enfants. Bradley est intervenu plusieurs fois, de façon très spontanée et passionnée. Deux jours plus tard, il est venu me voir et nous avons tourné la séquence contre le mur où, la voix brisée, il livre les réflexions et les sentiments que le film a suscités en lui. Quand j’ai regardé les images en compagnie des autres intervenants, nous avons tous été frappés par la présence si forte et singulière de Bradley. Je me suis dit : <em>« Le visage de cet enfant, sa voix… C’est du cinéma ça… »</em></p>
<p><strong>Est-ce à ce moment-là que vous avez eu l’idée de faire un documentaire ?</strong></p>
<p>Pas tout à fait, à ce moment-là mon projet était différent, il était de mettre en lien deux individus. La réponse de Bradley était un remerciement au geste de Luc Dardenne et apporter cette lettre est devenu très important pour moi, parce que j’ai senti que ça l’était pour Bradley. Quand j’ai montré les images à Luc Dardenne, il m’a dit : <em>« Il faut que vous en fassiez quelque chose, il faut continuer, il faut faire un film. »</em> Et quand Luc Dardenne vous dit ça, évidemment, vous n’hésitez plus.</p>
<p><strong>Avez-vous tout de suite pensé à la forme épistolaire vidéo ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/bradley-lebouil-le-mur-et-l-eau-alice-fargier.jpg" alt="Bradley Lebouil" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-16979" />Ce n’était pas une idée théorique puisque je ne savais pas que j’allais faire ce film. Au départ, comme je l’ai dit, c’était une façon de créer une rencontre entre un réalisateur et les enfants. Puis, par la force des choses, c’est devenu le dispositif du film. J’aurais pu envoyer la lettre de Bradley par Internet, mais cela ne m’intéressait pas : il fallait que moi, je fasse le chemin. Ça me plaisait d’être la messagère, le trait d’union entre cet enfant et ce réalisateur. Je me suis formulé que ce qui était en train de se passer était passionnant d’un point de vue cinématographique, quand Luc Dardenne est devenu le spectateur du spectateur de son film. Par cette mise en abîme, j’ai senti le désir de faire un film monter en moi.</p>
<p><strong>La question du père traverse tout le film…</strong></p>
<p>Cette question était mon moteur. La figure du père absent. Cette image flotte dans le film du début à la fin. Le père que peut incarner Luc Dardenne pour Bradley et pour moi, mais aussi le père des frères Dardenne, le père de Bradley (dont on ne parle pas mais qu’on peut deviner absent) et enfin le père de Cyril, le personnage du <em>Gamin au vélo</em>. Même si mon univers cinématographique est assez éloigné de l’imaginaire des frères Dardenne, en réalisant ce film, Luc Dardenne est devenu pour moi « un père de cinéma ». Et cette figure a été un vrai encouragement, un vrai repère. Réaliser ce film a d’ailleurs changé mes rapports avec mon propre père ! C’est un peu personnel comme élément, mais j’ai longtemps été dans une quête de père de substitution, mon vrai père je l’ai toujours considéré comme un père plutôt absent. Or, je crois que faire ce film m’a permis de me réconcilier avec lui. </p>
<p><strong>Vous n’êtes pas seulement une observatrice, vous êtes partie prenante dans votre documentaire. D’ailleurs, plusieurs fois, on peut vous apercevoir…</strong></p>
<p>Ça a été une vraie question au montage. On avait commencé par escamoter un peu ma présence et ça ne fonctionnait pas. On se demandait pourquoi et je me suis aperçue que nous risquions d’omettre une partie de l’histoire, qui est d’abord celle de ma rencontre avec l’un, puis avec l’autre, et mon désir de les rapprocher. Cela peut sonner étrangement mais je me sentais investie d’une sorte de « mission ».</p>
<p><strong>Quelle était cette quête ?</strong></p>
<p>C’est une quête très concrète. Je l’ai fait pour Bradley, je voulais réellement lui faire plaisir. Quand on s’est rencontrés en colonie, il était sur la brèche. Il avait des moments de grande lumière et d’autres de grandes colères. Ses tumultes m’ont beaucoup touchée. J’espérais que cette aventure l’aiderait à s’épanouir.</p>
<p><strong>Est-ce que cela s’est en définitive avéré satisfaisant ?</strong></p>
<p>C’est en découvrant dans les rushs la joie illuminant le visage de Bradley, lorsqu’il remercie Luc Dardenne face caméra, que j’ai eu la confirmation que cette aventure lui faisait du bien. Mais déjà, quand on s’est retrouvés à la gare, j’ai senti qu’il y avait chez lui une joie profonde, une attente aussi, parce que je lui avais fait une promesse. Quand on fait une promesse aux enfants, ils la gardent dans un coin de leur tête. D’ailleurs, je m’en voulais un peu parce que je ne suis revenue que trois mois plus tard et je craignais qu’il se soit désintéressé, que ça ait perdu de l’importance pour lui. Mais en le voyant, j’ai eu la sensation que son désir était resté intact… </p>
<p><strong>Selon vous, cette expérience a-t-elle été fondatrice ? A-t-elle influencé son parcours ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/bradley-lebouil-le-mur-et-l-eau-alice-fargier-2.jpg" alt="Bradley Lebouil" width="280" height="133" class="alignleft size-full wp-image-16980" />Ça flatte un peu l’ego du réalisateur de le penser, alors je n’irais pas jusque-là mais en tout cas, chaque fois qu’on se retrouvait, il était de plus en plus épanoui… Il a la chance d’être actuellement dans une famille d’accueil très bienveillante, où il se sent en confiance et où l’on s’occupe bien de lui, je crois. Mais sans doute ce film a-t-il dû participer à sa construction. Ce n’est quand même pas rien de faire partie d’une telle aventure à cet âge, cela transforme…</p>
<p><strong>Il y a cette séquence très belle à la fin où on le voit enregistrer des sons dans le jardin. Comment est-elle arrivée dans le tournage ?</strong></p>
<p>J’ai senti que Bradley est quelqu’un de très pudique, qui n’aime pas se livrer frontalement, il lui faut toujours un objet transitionnel pour qu’il accepte de s’exprimer. Au début, le lien, c’était <em>Le Gamin au vélo</em> mais une fois qu’on avait terminé de parler du film, il fallait d’autres objets de transition, et ça a été assez logiquement les outils de cinéma. Enregistrer des sons, prendre la caméra… Cela lui permettait à la fois de parler de lui mais aussi de s’exprimer artistiquement.<br />
Je n’avais pas envie que Bradley soit simplement un sujet filmé, il fallait qu’on soit dans l’échange. Par exemple, il m’a demandé s’il pouvait prendre la caméra pour me filmer et me poser des questions, et il a tourné un entretien avec moi dans le jardin. J’étais assez mal à l’aise devant la caméra donc on ne l’a pas gardé, ça ne donnait rien d’intéressant. Mais c’était ce type de rapport ; filmeur / filmé, on inverse les rôles !</p>
<p><strong>C’est un peu le principe de tout le film, ce rapport d’inversion…</strong></p>
<p>Oui, c’était une manière d’abolir les frontières entre personnages et cinéastes ! Je voulais des statuts mobiles !<br />
Ce qui m’est le plus cher au cinéma, c’est l’idée de liberté ; à la fois comme sujet de narration mais aussi dans le mode même de mise en scène. J’avais envie d’un tournage très libre, témoignant de rencontres, d’échanges spontanés !<br />
Une caméra introduite dans le réel, ça peut vite enfermer, créer un barrage, créer du malaise et il fallait casser tout ça, il fallait oublier cette caméra et pour que cela se produise, il fallait qu’elle puisse passer de main en main, qu’elle se balade, que l’objet soit désacralisé !</p>
<p><strong>C’est aussi traduire la possibilité pour les individus de ne pas rester coincé dans leur statut…</strong></p>
<p>Oui, surtout que là, il s’agit d’un enfant ! Quel est le rapport du documentariste à un enfant ? Forcément, il peut avoir une position ascendante, eh bien non, moi, je ne voulais surtout pas de ça… Je craignais de le manipuler, de lui voler des choses et de me dire après : <em>« Il ne l’a pas vraiment voulu, je me sens malhonnête. »</em> Dans un documentaire, je trouve très compliqué de ne pas se sentir malhonnête. Quand on est face à des acteurs adultes, on peut les diriger, ils le veulent, c’est leur métier, ils sont payés pour le faire, alors que dans le documentaire, la personne filmée n’est pas payée, ce n’est pas son métier et on vient s’introduire dans sa vie… Il y a une responsabilité énorme. Alors il fallait qu’on soit tous les deux adulte et enfant ; comme Bradley est quelqu’un de très mûr, cela allait presque de soi. Et en même temps, il est très conscient de son statut lorsqu’il compare les enfants aux chats de compagnie et les adultes aux oiseaux. Je crois que je voulais le sortir de ça, qu’il puisse voler lui aussi!</p>
<p><strong>Luc Dardenne se raconte aussi en tant qu’enfant, quand il parle du rapport à son père, on peut sentir l’enfant en lui…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/luc-dardenne-mur-et-eau-alice-fargier.jpg" alt="Luc Dardenne dans Le Mur et l&#039;eau" title="Luc Dardenne dans Le Mur et l&#039;eau" width="280" height="156" class="alignright size-full wp-image-16981" />Et c’est peut-être parce que Bradley a autant donné de lui-même que Luc Dardenne a pu livrer ces paroles sur son père. Denis Freyd (le producteur français de Luc Dardenne), qui a vu le film et qui m’a accompagnée au début, m’a dit : <em>« Je pensais bien connaître les frères Dardenne mais en voyant votre film, j’ai appris quelque chose sur eux ! »</em> Il faisait sans doute allusion à cette séquence. De mon côté, j’avais lu <em>Au dos de nos images</em>, le journal de Luc Dardenne, dans lequel il évoque parmi ses notes de tournages quelques souvenirs d’enfance, dont la figure écrasante de son père. Après cette lecture, j’avais très envie de l’emmener sur ce terrain-là, mais je ne savais pas s’il accepterait de se livrer intimement. Il a été très prodigue dans sa parole.</p>
<p><strong>Est-ce que vous avez montré le film à Luc Dardenne et à Bradley ?</strong></p>
<p>Luc Dardenne a vu le film, il a même vu l’étape de montage précédente et c’était très important pour moi qu’il puisse valider le montage, ou en tout cas qu&#8217;il ne se sente pas trahi en voyant le film fini. Je lui ai envoyé la version finale (avant la suite de la postproduction) mais par les nouvelles technologies cette fois ! Et quand il m’a répondu de façon très contemporaine, par mail, qu’il trouvait (pour reprendre ses mots), le film <em>« très bien et très sensible »</em>, j’étais soulagée et heureuse, forcément. Bradley ne l’a pas encore vu et j’ai un peu peur de lui montrer, surtout qu’il a maintenant 13 ans, ce n’est plus un enfant ! J’irai sur place lui apporter le DVD. Je tiens à ce que cela ne soit pas envoyé par la poste, qu’on vienne avec deux autres amis de l’association et qu’on fasse le trajet, de sorte à encadrer le visionnage. Cela me permettra aussi de le rassurer parce que ça peut être violent de se voir à l’écran, surtout quand on est adolescent ; l’image de soi a tant d’importance à cette période de la vie !</p>
<p><strong>Est-ce que vous avez gardé contact ? Savez-vous ce qu’il devient ?</strong></p>
<p>Je sais par sa mère, qui est très fière de lui, qu’il a de très bons résultats à l’école et un très bon comportement. Il a une passion, le dessin, et il s’est déjà renseigné sur les études supérieures qu’il souhaite poursuivre. Du haut de ses 13 ans, c’est quand même pas mal !</p>
<p><strong>Pour conclure, pourriez-vous expliquer le sens de votre titre <em>Le Mur et l’eau</em> ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/bradley-lebouil-le-mur-et-l-eau-alice-fargier-3.jpg" alt="Bradley Lebouil" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-16982" />Les deux sont des objets transitionnels par lesquels la parole peut passer. Le mur contre lequel Bradley s’appuie, pivote, s’aide pour faire sortir les mots qu’il a du mal à prononcer. Et l’eau qui se trouve dans l’extrait du <em>Gamin au vélo</em> (condensant la projection) où le garçon, la tête penchée dans le lavabo, fait couler de l’eau et refuse de répondre aux questions de Samantha, la coiffeuse. Luc Dardenne me racontait que dès l’écriture avec son frère, l’eau représentait pour eux cette parole qui n’arrive pas à sortir. Le gamin fait couler de l’eau à la place des mots et c’est une manière d’attirer l’attention de Samantha, de provoquer le dialogue. Un film, c’est un peu comme cette eau ou ce mur… Un objet qui voyage… un objet sur lequel dialoguer, se rencontrer, échanger…</p>
<p>&nbsp;<br />
Le Mur et l&#8217;eau<em> d&#8217;Alice Fargier, avec Bradley Lebouil, Luc Dardenne. Suisse, 2014.</em></p>
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		<title>Pelo Malo, de Mariana Rondon</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Apr 2014 22:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[enfance]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/affichepelomalo.jpg" alt="Pelo Malo, de Mariana Rondon" title="Pelo Malo, de Mariana Rondon" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-16756" />On a rarement des nouvelles du cinéma vénézuélien. Avec <em>Pelo Malo</em>, on est heureux d’en prendre un peu et de se rendre compte qu’il y a là une parole qui ne demande qu’à traverser les frontières, surtout avec un thème aussi personnel et particulier que celui de l’identité sexuelle, à l’heure où la théorie du genre fait grincer des dents les grenouilles de bénitier. Après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/">Tomboy</a></em> ou <em>Ma vie en rose</em>, voici donc l’histoire de Junior, neuf ans, qui s’ennuie dans sa barre HLM qui se délite petit à petit et où tout le monde est parqué comme des poulets en batterie. Lui, tout ce qu’il aime, c’est danser en levant les bras, se promener avec sa meilleure amie boulotte qui se rêve en Miss Venezuela, admirer le vendeur de l’épicerie du coin qui a l’air fort sous son T-Shirt et se coiffer. Junior aime beaucoup se coiffer. Ses bouclettes de métis, il n’en veut pas. Lui, il fantasme sur l’idée d’avoir les cheveux raides et lisses et il contraint sa chevelure rebelle à toutes sortes de traitements pour y parvenir. Au grand dam de sa mère, froide et incapable de lui témoigner son amour, qui redoute plus que tout que son fils ne devienne jamais un homme comme les autres. Jusqu’à forniquer devant lui, afin de lui montrer que ce sont là les vraies valeurs et non l’épicier du coin. Et quant à sa grand-mère, si elle a compris avant lui ses futures inclinations, elle souhaite simplement le racheter à sa bru pour en faire sa chose, qu’elle pourra coiffer et vêtir à sa guise. <span id="more-16752"></span>Il n’y a donc que dans la musique que Junior peut s’évader de ce destin misérabiliste, sous fond de maladie du président Chavez pour qui les gens se rasent la tête, en signe de solidarité à sa chimiothérapie. Voilà une chronique familiale loin d’être rasante que nous livre la réalisatrice Mariana Rondon qui a obtenu pour la peine le Coquillage d’or au dernier Festival de San Sebastian. Mais c&#8217;est certainement un vent de polémique à se faire des cheveux qui l’attend dans son pays natal où le film n’est pas encore sorti. Pour autant, elle révèle ici deux talents prometteurs : Samuel Lange Zambrano (charismatique et qui a déjà tout compris au cinéma, comme Quvenzhané Wallis dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/betes-sud-sauvage-benh-zeitlin/">Les Bêtes du sud sauvage</a></em>) et Samantha Castillo dans le terrible rôle d’une mère incapable d’aimer son enfant. Un film qui grise et défrise, trop précieux pour être manqué. </p>
<p>Pelo Malo<em> de Mariana Rondon, avec Samantha Castillo, Samuel Lange Zambrano, Beto Benites… Venezuela, 2013. Sortie le 2 avril 2014.</em><br />
&nbsp;<br />
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		<title>Dark Touch, de Marina de Van</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2014 18:39:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
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		<description><![CDATA[Premier des huit films en compétition à ouvrir le bal des prétendants, <em>Dark Touch</em> affiche dès son générique la promesse d'une déchirante partition écrite en mode mineur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Ma maison… Mon enfer, mon refuge</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/affiche-dark-touch-marina-de-van.jpg" alt="Dark Touch, de Marina de Van" width="189" height="280" class="alignleft size-full wp-image-15979" />Premier des huit films en compétition à ouvrir le bal des prétendants au Grand Prix du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/21e-festival-international-film-fantastique-gerardmer-2014/" title="29/01-02/02 : 21e Festival du film fantastique de Gérardmer" target="_blank">21e Festival de Gérardmer</a>, <em>Dark Touch</em> affiche dès son générique la promesse d&#8217;une déchirante partition écrite en mode mineur. En quelques plans parfaitement maîtrisés, le prologue donne le La triste et dissonant d&#8217;un inconfortable drame surnaturel filmé à hauteur d&#8217;enfant. Neve a 10 ans et de sérieuses raisons de fuir le foyer familial. Lors d&#8217;une nouvelle nuit de souffrance, la maison, sa maison, théâtre discret de sa douleur muette, s&#8217;anime dangereusement. Saladier, tringle, buffet, crayons, lustre… Les objets du quotidien deviennent soudain des armes brutales et létales, empalant et mutilant avec une violence insensée. La maison se mue alors en une vierge de fer aux ordres d&#8217;un bourreau invisible et enragé dont seule Neve sera épargnée. Désormais orpheline, elle est recueillie au sein d&#8217;une famille amie et aimante. Neve y trouvera-t-elle le réconfort ? Quelle est cette force destructrice qui semble l&#8217;accompagner ? Malheureusement, ses larmes vont encore couler et le pire reste à venir… </p>
<p>Peu coutumière des pochades et des bluettes &#8211; <em>Regarde la mer</em> et <em>Sitcom</em> (actrice), <em>Sous le sable</em> (scénariste) ou le radical <em>Dans ma peau</em> (réalisatrice) &#8211; Marina de Van se mesure pour la première fois au cinéma fantastique tout en revisitant intelligemment la grammaire d&#8217;un genre rarement fréquenté par les femmes. Ici, pas de <em>jump scare</em>, pas de musique appuyant chaque effet, pas de terreur de consommation courante, mais une tension poisseuse imprégnant chaque plan composé avec une précision quasi obsessionnelle. <span id="more-15978"></span>Une mise en scène glaciale et glaçante, de facture résolument britannique, dans la veine d&#8217;<em>Afterlife</em> (2005 et 2006) &#8211; poignante série surnaturelle anglaise à la tristesse magnifique &#8211; où douleur sourde et tonalité dépressive sont habilement soulignées par un rythme ralenti, à des années-lumière des penchants racoleurs de l&#8217;industrie US de l&#8217;horreur prête à l&#8217;emploi. Il faut rappeler que <em>Dark Touch</em> est une coproduction européenne &#8211; tournée en anglais avec un casting irlandais &#8211; composée d&#8217;un attelage français, irlandais et suédois plutôt inédit mais qui donne tout son sens au parti pris stylistique du film. Dans une économie de dialogues en cohérence avec ses choix, et malgré quelques lignes un peu trop appuyées voire superflues, Marina de Van prend le temps de scruter les visages et de sonder les silences afin de mieux plonger dans la psyché abîmée de Neve &#8211; neige en italien, est-ce un hasard ? Dans le rôle de Neve, la jeune Missy Keating &#8211; débutante et, pour la petite histoire, fille du chanteur d&#8217;un boys band des <em>90&#8242;s</em> &#8211; est une véritable révélation. C&#8217;est dans la grisaille et les larmes de son regard intense et magnifique que toute l&#8217;horreur de son histoire explose. Tour à tour effrayée et bouleversée, elle est à la fois un fragile petit être brisé et une redoutable maîtresse de la douleur et du châtiment &#8211; mater dolorosa &#8211; emportant tout dans sa fureur. Une performance, une vraie…</p>
<p>Hormis une dernière partie, formellement toujours aussi parfaite &#8211; comme cette scène de renversement des rôles où les enfants donnent le bain aux adultes &#8211; mais assez confuse dans le propos, Marina de Van réussit son premier film de genre, comme elle l&#8217;a rappelé en préambule de la projection. <em>Dark Touch</em> est un film dérangeant qui pénètre avec effraction dans les zones d&#8217;ombre de la nature humaine. Un conte moral, ou immoral &#8211; chacun se fera son idée &#8211; où s&#8217;exprime l&#8217;effrayante colère froide d&#8217;une auteure sincère.</p>
<p>Et l&#8217;ogre et la marâtre périrent dans un feu rédempteur… encore et encore. Pour Marina de Van, la résilience est une chimère.</p>
<p>&nbsp;<br />
Dark Touch <em>de Marina de Van, avec Missy Keating, Padraic Delaney, Richard Dormer&#8230; France, Angleterre, Suède, 2012. Présenté en compétition du 21e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 19 mars 2014.</em></p>
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