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	<title>Grand Écart &#187; Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Frost, de Sharunas Bartas</title>
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		<pubDate>Sat, 27 May 2017 09:37:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Voyage au bout de l’ennui</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/frost-sharunas-bartas-cannes-2017.jpg" alt="Frost, de Sharunas Bartas" title="Frost, de Sharunas Bartas" width="280" height="140" class="alignleft size-full wp-image-25550" />Vilnius, en Lituanie. Rokas se voit chargé d’une mission par un ami : apporter de l’aide humanitaire sur le front ukrainien, alors que gronde le conflit meurtrier entre Russes et séparatistes. Comme interdit, Rokas accepte, même si on ignore ses motivations exactes. Il propose à sa jeune compagne Inga, toute aussi expressive, de l’accompagner. Elle opine du chef mollement. Leur apathie ne les quittera jamais, qu’ils fassent l’inventaire du chargement de la camionnette (vêtements, chaussures, vivres, médicaments), qu’ils se mettent en route, qu’ils cherchent leur chemin ou rencontrent des journalistes. Parmi ces derniers, Vanessa Paradis, qui apparaît telle une chimère dans cette odyssée d’Ulysse sans remous. Au cours de cette soirée presque anachronique, on sirote du champagne, déguste du fromage tout en s’émouvant de la détresse humaine des victimes de la guerre qui s’éternise et du froid qui les étreint. On parle d’amour aussi, ou on le fait. Et Rokas et Inga de repartir sans sourires ni soupirs.</p>
<p>A ce stade du récit, plus d’1h30 se sera écoulée. 1h30 où l’ennui primera. Le sous-texte est pavé de bonnes intentions (secourir ceux qui en ont besoin, rapporter ce que l’on voit pour alerter l’opinion publique), mais la forme est aussi peu avenante qu’un épisode long format de l’inspecteur Derrick. On sort rarement de la fourgonnette où s’appesantit le silence (le couple ne sachant pas communiquer) et quand enfin les deux protagonistes s’en extirpent, c’est pour garder les lèvres serrées et le regard fuyant. Tant et si bien qu’on comprend de moins en moins leurs intentions. Que viennent-ils donc faire dans cette galère ? Eux-mêmes semblent l’ignorer. Mais dans le dernier tiers du film, tout à coup, alors que plane l’ombre de la mort, alors que le danger rôde, ils se réveillent enfin, s’animent, parlent, se touchent et parfois, nous touchent. <span id="more-25544"></span></p>
<p>C’est dans ce dernier tiers que Sharunas Bartas trouve son sujet. Le film se fait plus politique avec le point de vue de soldats lors des différents check-points, de plus en plus dangereux. Mais surtout, il s’intéresse enfin à Rokas, solide comme un roc, en apparence au moins. Il ne desserre pas les dents mais serre enfin les poings, armé d’un courage qu’on ne lui soupçonnait pas. Au fur et à mesure qu’il approche de son but, il devient vivant, voire naît devant nous. De son portable, il se fait reporter amateur, il a envie de voir tout ceci de plus près, il s’anime littéralement, curieux de tout, de cette mort toute proche. Il lui faudra cet appel pour prendre goût à la vie. Et Frost de n’être plus la rencontre d’un homme face à son destin, mais celle d’un homme qui va vivre, enfin, réellement. Ulysse achève ainsi son odyssée. Longue, lente, mais prenante, au bout du chemin. </p>
<p>&nbsp;<br />
Frost <em>de Sharunas Bartas, avec Andrzej Chyra, Lyja Maknaviciute, Vanessa Paradis… Lituanie, France, Ukraine, Pologne, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Sean Baker</title>
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		<pubDate>Thu, 25 May 2017 10:25:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
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		<description><![CDATA[Sean Baker s’est déjà fait remarquer avec <em>Tangerine</em>, entièrement tourné à l’iPhone. Dévoilé à Sundance, le film, qui suivait deux prostituées transgenres, a récolté une vingtaine de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Motel des Amériques</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Sean_Baker.jpg" alt="Sean Baker" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25507" />Sean Baker s’est déjà fait remarquer avec <em>Tangerine</em>, entièrement tourné à l’iPhone. Dévoilé à Sundance, le film, qui suivait deux prostituées transgenres, a récolté une vingtaine de prix dans les festivals, dont le prix du Jury de Deauville. C’est à Cannes, à la <a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/49e-quinzaine-realisateurs-2017/selection-films-edouard-waintrop/" title="Sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs" target="_blank">Quinzaine</a>, qu’il réserve la primeur de <em>The Florida Project</em>, cette fois-ci de retour en 35 mm. Il met en scène les journées de Moonee, petite fille espiègle de 6 ans. <em>Les 400 Coups</em> version Amérique contemporaine où les conséquences de la crise de 2008 poussent les familles paupérisées à s’entasser dans des motels miteux. Celui dans lequel vit Moonee, avec sa jeune mère Halley, a la particularité de se situer aux abords de Disney World et de s’appeler le Magic Castle. C’est uniquement du point de vue des enfants, livrés à eux-mêmes dans cette zone désenchantée, que se place le réalisateur, choisissant de montrer leur insouciance et leur sens de l’aventure quand, en arrière-plan, se dessine un monde des adultes bien moins rose que les murs du motel géré par Willem Dafoe.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire du point de vue des enfants </strong>?</p>
<p>D’abord, c’est un film sur les enfants. Je voulais que le public fasse l&#8217;expérience d&#8217;un été avec Moonee, montrer ce à quoi elle est exposée et ce qu&#8217;elle absorbe, ou non. J&#8217;avais le désir de capturer ça. Et quand on passe du temps avec des enfants, on adopte leur regard, on se met à leur niveau.</p>
<p><strong>D&#8217;où le choix de montrer certaines choses et de ne pas en montrer d&#8217;autres, vous laissez le spectateur compléter le puzzle&#8230;</strong></p>
<p>Je voulais que le public comprenne les choses au fur et à mesure. L&#8217;idée première était de montrer  une gamine qui se comporte comme une gamine, de montrer la vision merveilleuse que peuvent avoir les enfants du monde, leur sens de l&#8217;aventure et leur nature comique. Parce que je présente cette histoire sous l&#8217;emballage du divertissement, je voulais que cela soit au premier plan et que tous les aspects plus durs, le contexte politique, les questions que cela pose soient présents, mais restent au second plan. <span id="more-25503"></span></p>
<p><strong>Vous pensez qu&#8217;on dit plus de choses avec la comédie ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/The-Florida-Project-affiche.jpg" alt="The Florida Project, de Sean Baker" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-25509" />L&#8217;humour est un langage universel, j&#8217;espère. J’ai remarqué avec mes films précédents que cela fonctionne. En racontant une histoire sur le ton de la comédie, du divertissement, je pouvais atteindre un public plus large. Une fois que le film sort, c&#8217;est là notre opportunité de parler des questions trans, en l&#8217;occurrence pour <em>Tangerine</em>. Les filles m&#8217;accompagnaient et sont devenues des sortes de porte-parole : on pouvait parler, alerter sur leur situation. Et cela crée également plus d&#8217;empathie, une connexion se fait avec les personnages. C&#8217;est ce que je cherchais en premier lieu : amusons-nous avec les enfants, courons avec eux, faisons des bêtises avec eux, rions avec eux, et là, finalement, on présente la terrible situation dans laquelle ils se trouvent. Je dois parier sur l&#8217;intelligence des gens. Les bons films ne sont pas ceux qui prennent les gens pour des imbéciles ou avec condescendance. Je pense que les spectateurs doivent faire leur part du boulot, parce que ça les engage, ça retient leur attention.</p>
<p><strong>Quelle importance cela a-t-il que cette histoire se déroule aux abords de Disney World ?</strong></p>
<p>C&#8217;est une part essentielle du film. Cette vie de motel, la situation dans laquelle se trouvent ces familles, la pauvreté, c&#8217;est un phénomène qui traverse tout le pays, et même le monde. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle les &#8220;sans domicile cachés&#8221;. Mais, il y a une ironie extrême dans le fait de se trouver à quelques kilomètres de ce qui est censé être l&#8217;endroit le plus magique au monde. C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;on a tourné là, implanté notre histoire là. Et puis c&#8217;est un film, j&#8217;essaie de rendre les choses cinématographiques et de rendre cette ironie folle par l&#8217;image.</p>
<p><strong>Pour autant, vous ne montrez pas tout de suite que l&#8217;on est à cet endroit précis, on se demande d&#8217;abord où on est avec ces couleurs, les noms des motels, etc.</strong></p>
<p>Il y a beaucoup de choses qu&#8217;on ne veut pas dire au spectateur parce que, pour les gens qui vivent là, c&#8217;est le quotidien. Ils ne pensent pas en permanence à Disney World. Tout cela, ce n&#8217;est que l’arrière-plan de leur vie. Je voulais que le public comprenne petit à petit où l&#8217;on se trouve. La première scène qui le dit clairement, c&#8217;est lorsque le couple de touristes arrive. On voulait que ce soient eux qui le disent, parce que le tourisme tirait toute l&#8217;économie locale. Car il n&#8217;y a pas que Disney, mais aussi les studios Universal et beaucoup de parcs d&#8217;attractions. C&#8217;est un endroit qui attire les touristes du monde entier, et dont le monde entier a entendu parler. Disney est un des phénomènes culturels les plus partagés dans le monde, c&#8217;est proche de la religion à cet égard. C&#8217;est pour cela que j&#8217;ai voulu tourner là, pas pour pointer Disney du doigt. C&#8217;est plutôt la responsabilité de la crise immobilière et financière de 2008, dont on ressent encore les effets près de dix ans plus tard.</p>
<p><strong>Le casting de <em>The Florida Project</em> mêle acteurs professionnels, non-professionnels ou débutants, tous, en particulier Brooklynn Prince (Moonee), avec un naturel bluffant. Jusqu&#8217;à quel point le scénario était-il écrit ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/The_Florida_Project-3©-Marc-Schmidt.jpg" alt="The_Florida_Project-3" width="280" height="235" class="alignleft size-full wp-image-25511" />On avait un scénario, bien sûr. Mais je dévie toujours du scénario de départ. On improvise aussi derrière la caméra. Si quelque chose ne fonctionne pas, on change. Donc le scénario a beaucoup évolué depuis le lancement de la production. Et quand je choisis des acteurs qui jouent pour la première fois, c&#8217;est l&#8217;instinct qui prime, et donc le casting est primordial. Je pense qu’il est parfois plus essentiel que le scénario. Le personnage d&#8217;Halley est très différent de Bria Vinaite, l&#8217;actrice. Mais Bria a des points communs avec Halley, ne serait-ce que physiquement, avec tous ses tatouages, et son énergie. Il y a des traits de sa personnalité ou de son histoire personnelle qui résonnent avec ceux de son personnage. Pour moi, ça fait partie du cinéma de laisser les acteurs apporter quelque chose d&#8217;eux-mêmes, même les acteurs plus expérimentés. Willem Dafoe a aussi apporté sa personnalité, en changeant des répliques, inspiré par ce qu&#8217;il dirait à ses propres enfants. Je pense que ça permet aux acteurs de s&#8217;approprier le personnage plus rapidement et plus facilement.</p>
<p><strong>Qu’apporte cette diversité du casting ?</strong></p>
<p>Je trouve qu&#8217;il est toujours plus difficile de faire de la place à un personnage quand il est interprété par un visage très connu. Cela demande plus de temps au spectateur pour oublier l&#8217;acteur et entrer dans l&#8217;histoire. Et la vraisemblance, l’adhésion du spectateur sont plus faciles à atteindre avec un nouveau visage. Après, il y a bien sûr des acteurs comme Willem Dafoe qui est tellement fantastique qu&#8217;il est capable de créer ça en quelques secondes. J&#8217;aime donc mélanger ces acteurs expérimentés avec des débutants parce que cela crée une alchimie, et puis cela apporte de la fraîcheur. Ca fait partie des raisons pour lesquelles j&#8217;adore Spike Lee. Il a découvert tellement de nouveaux talents. De plus, j&#8217;ai remarqué que les méthodes des acteurs professionnels déteignent sur les non-professionnels et la naïveté, la spontanéité et le manque de méthode déteignent sur les professionnels. C&#8217;est très intéressant de voir comment ils interagissent. Ca peut être difficile pour les professionnels, cela demande de la patience. On ne peut pas faire ça avec des divas. Mais Willem est certainement l&#8217;acteur le plus facile avec qui travailler !</p>
<p>&nbsp;<br />
The Florida Project<em> de Sean Baker, avec Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Willem Dafoe, Valeria Cotto, Christopher Rivera&#8230; Etats-Unis, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Otez-moi d&#8217;un doute, de Carine Tardieu</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 19:50:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les deux font un père</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Otez_moi_d_un_doute-1.jpg" alt="Otez moi d&#039;un doute" title="Otez moi d&#039;un doute"width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25703" />Avec <em>La Tête de maman</em> et <em>Du vent dans mes mollets</em>, Carine Tardieu a déjà imprimé sa marque dans la comédie française, à la fois franchement drôle et joliment sensible. Elle retrouve d&#8217;ailleurs ici les coscénaristes respectifs de ces deux films, Michel Leclerc (<em>Le Nom des gens</em>) et Raphaële Moussafir. Les mères et leurs filles (ou plutôt les filles et leurs mères) occupaient jusqu&#8217;ici le centre de l&#8217;écran. Cette fois, place aux pères. Ceux qui nous élèvent, ceux que l&#8217;on se choisit, ceux que l&#8217;on veut éviter, ceux qui se révèlent et qui sont parfois les mêmes. Erwan (François Damiens), démineur breton, doit faire face à un autre genre de déflagration : un test génétique lui apprend que son père n&#8217;est pas son père. De son côté, sa fille Juliette (parfaite Alice de Lencquesaing) souhaite élever son enfant sans père. Le prétexte pour montrer différentes figures paternelles, interroger la suprématie des liens du sang. Prétexte aussi à différents quiproquos, malheureusement parfois attendus et proches du vaudeville, en particulier dans la veine de la comédie romantique. Et ce malgré l’alchimie évidente du couple François Damiens / Cécile de France. Cependant, la plume des scénaristes fait toujours mouche, avec des dialogues percutants. Les acteurs, François Damiens et l’iconoclaste et burlesque Esteban &#8211; déjà vu notamment dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/effet-aquatique-solveig-anspach/" title="L’Effet aquatique, de Sólveig Anspach" target="_blank">L’Effet aquatique</a></em> &#8211; en tête, assurent le reste de la comédie. <span id="more-25702"></span>La corde sensible revient au duo de pères, Guy Marchand et André Wilms, que l’on a plaisir à retrouver en vieux bougons, chacun à leur manière. La relation qu’établit François Damiens avec ce père biologique, figure idéale de vieux militant sympa, revalorise celle qu’il a avec son père de toujours, forcément un peu envahissant, un peu vieillissant. Franchement drôle et joliment sensible, disions-nous donc, quoiqu&#8217;un peu plus attendu que les films précédents de la réalisatrice.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ôtez-moi d&#8217;un doute<em> de Carine Tardieu, avec François Damiens, Cécile de France, Alice de Lencquesaing, Esteban, Guy Marchand, André Wilms&#8230; France, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs. Sortie le 6 septembre 2017.</em></p>
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		<title>Cuori puri, de Roberto de Paolis</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 18:29:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Aux innocents les mains vides</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/cuori-puri-roberto-de-paolis.jpg" alt="Cuori puri, de Roberto de Paolis" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-25471" />Sans doute vous souvenez-vous de la famille des Lequesnoy dans <em>La vie est un long fleuve tranquille</em> d&#8217;Etienne Chatiliez. Les lundis étaient raviolis, Jésus revenait en chanson et on aidait son prochain avec un serre-tête et le sourire jusqu’aux oreilles. En 2017, en Italie, rien n’a changé, ou presque. Les anniversaires servent de remerciements au Seigneur de nous avoir mis au monde, on prépare des couchages dans les églises pour recueillir les migrants et on porte des anneaux de chasteté qui invitent à rester pur(e)s jusqu’au mariage (hétérosexuel). On peut se faire des bisous sur la bouche mais pas davantage, surtout s’il y a affinités.</p>
<p>Le problème, c’est qu’ici, nous ne sommes pas dans une comédie qui dénonce, mais dans un drame qui observe. Il scrute le destin de deux jeunes gens que tout sépare. Elle, Agnese, vient de fêter ses 18 ans et vit avec sa mère chrétienne fanatique. Elles dorment ensemble, prient de concert et en viennent parfois aux mains quand la jeune fille manque à ses devoirs et arrive en retard pour le dîner. Lui, Stefano, 25 ans, est un <em>bad boy</em> dans tous les sens du terme : aussi beau que vénéneux, aussi physique que peu cérébral, aussi athée que possible. Sa famille vit dans un mobile home après avoir été expulsée et il travaille en tant que gardien d’un parking, en proie à un camp de Gitans quelque peu turbulents. Evidemment, les contraires vont s’attirer et entrer en collusion. Et l’histoire d’amour de ces deux cœurs pas aussi purs qu’ils n’en ont l’air, d’éclore un peu trop vite, un peu trop fort. <span id="more-25460"></span></p>
<p>Pour son tout premier long-métrage, Roberto de Paolis joue avec les oppositions. Elle est vertueuse, mais vole un portable dans un grand magasin. Lui est consciencieux dans son travail, vitupère les Roms qu’il croise, mais traîne avec des truands à la petite fortune et leur donne parfois un coup de main. Le monde d’Agnese est versé dans l’aide à son prochain et s’épanouit dans le calme, celui de Stefano condamne les Gitans, les accuse de tous les maux et se répand en bruit et en fureur. La mère d’Agnese a une vision extrêmement stricte de la religion, le prêtre qu’elle aime tant, lui, a conscience de son époque et compare Jésus à un GPS (si l’on dévie dans notre trajectoire de vie, il recalcule notre parcours). Agnese court après Stefano, mais n’hésite pas à le laisser dans le silence absolu selon son bon plaisir&#8230;</p>
<p>Pour accompagner les tourments des âmes perdues de ses deux personnages principaux, Roberto de Paolis a opté pour une mise en scène classique, avec un film qui s’ouvre et se referme sur les mêmes plans : une course-poursuite, mais en sens inversé, entre Stefano et Agnese. Plus qu’une histoire d’amour, <em>Cuori Puri</em> est un appel à l’émancipation, à l’éveil des sens. Et Agnese de devenir enfin femme, après l’adolescente placée sous le joug d’une mère dominatrice. Cela doit passer par du sang, bien sûr. On est toutefois bien loin de <em>Carrie</em> de Brian de Palma. Même si la découverte de sa véritable personnalité a toujours son petit effet de violence intérieure. C’est ici tout en retenue, presque imperceptible. Mais le volcan est bel et bien réveillé sous la délicatesse d’Agnese. Stefano, lave perpétuellement en ébullition, saura-t-il l’apaiser ? </p>
<p>&nbsp;<br />
Cuori Puri <em>de Roberto de Paolis, avec Selene Caramazza, Simone Liberati&#8230; Italie, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Un beau soleil intérieur, de Claire Denis</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 12:15:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le cinoche de Binoche - Peut-être est-ce là l'apanage des grandes actrices : on ne cesse de les redécouvrir. Ici, dès le premier plan, sublime, on voit Juliette Binoche comme on a l'impression de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le cinoche de Binoche</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Un-beau-soleil-interieur-de-Claire-Denis-photo-1.jpg" alt="Un beau soleil intérieur, de Claire Denis" title="Un beau soleil intérieur, de Claire Denis" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-25342" />Peut-être est-ce là l&#8217;apanage des grandes actrices : on ne cesse de les redécouvrir. Ici, dès le premier plan, sublime, on voit Juliette Binoche comme on a l&#8217;impression de ne l&#8217;avoir jamais vue. Belle, libre, amoureuse, à fleur de peau, impatiente, le tout parfois dans la même scène. Binoche porte le film, de la première à la dernière scène. Donne corps aux mots de Christine Angot, souligne aussi l&#8217;ironie de leur vacuité, le ridicule de la parade amoureuse maladroite. Si la réalisatrice, Claire Denis, et sa coscénariste se sont éloignées des <em>Fragments d&#8217;un discours amoureux</em> de Roland Barthes, il en reste un film fragmentaire, où le discours tient le rôle principal. Isabelle, quinqua divorcée, cherche l&#8217;amour absolu. Elle tombe d&#8217;abord sur un banquier marié, imbuvable et égoïste. Puis c&#8217;est au tour d&#8217;un acteur qui, lui, préfère l&#8217;avant. La rencontre, le jeu de la séduction &#8211; même si manifestement il n&#8217;est pas très doué pour ça. Car l&#8217;une des meilleures scènes du film voit les deux futurs amants enchaîner les platitudes dans une voiture qu&#8217;ils n&#8217;arrivent pas à quitter, mais dans laquelle ils n&#8217;arrivent pas à se parler, si ce n&#8217;est pour ne rien dire. On retrouve là le verbe si particulier de Christine Angot, dont la réalisatrice souligne le sous-texte par ses plans répétés sur des mains hésitantes. Juliette Binoche et Nicolas Duvauchelle y ajoutent leur trouble. Vient ensuite la rencontre improbable dans une boîte de nuit provinciale, désapprouvée par les amis du milieu, ou le lourdaud (savoureux Philippe Katerine) sur lequel on tombe toujours au mauvais moment. <span id="more-25340"></span>Saynète après saynète &#8211; sans malheureusement éviter l&#8217;effet catalogue -, Claire Denis filme le pathétique de la quête amoureuse, les montagnes russes des sentiments, la dissonance des ressentis. Juliette Binoche passe du rire aux larmes, de la joie au désespoir, de l&#8217;amour au dégoût avec une aisance impressionnante. Son duo final avec Gérard Depardieu, long échange entre un médium manipulateur et une femme avide d&#8217;espoir, montre à l&#8217;écran deux monstres du cinéma, point d&#8217;orgue de cette comédie qui n&#8217;en est pas tout à fait une, et qui voit défiler les noms du cinéma français, comme un name-dropping vaniteux et creux, comme peuvent l&#8217;être parfois les relations amoureuses.</p>
<p>&nbsp;<br />
Un beau soleil intérieur<em> de Claire Denis, avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Josiane Balasko, Nicolas Duvauchelle, Bruno Podalydès, Gérard Depardieu&#8230; France, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs. Sortie le 27 septembre 2017.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Mouly Surya</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-mouly-surya-marlina-cannes-2017/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 10:28:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<category><![CDATA[Indonésie]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Nouveau western Marlina, la tueuse en quatre actes suit les pas d’une femme sur l’île de Sumba en Indonésie. Un homme frappe à sa porte, s’enquiert de son mari. En...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nouveau western</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Marlina_the_murdere_in_four_acts-3.jpg" alt="Marlina, la tueuse en quatre actes" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-25638" /><em>Marlina, la tueuse en quatre actes</em> suit les pas d’une femme sur l’île de Sumba en Indonésie. Un homme frappe à sa porte, s’enquiert de son mari. En son absence (il est mort quelques semaines plus tôt), il revient, accompagné de quelques autres, pour lui dérober son bétail. Mais Marlina ne se laisse pas faire. La tête de son agresseur, qu’elle a tranchée alors qu’il la violait, en guise de trophée, elle entreprend de se rendre en ville, à la police. Sur le chemin, elle rencontre une jeune voisine enceinte, une femme âgée qui se rend à un mariage, une petite fille qui lui rappelle son enfant disparu, le tout en évitant les membres survivants du gang lancés à sa poursuite. Dans des paysages époustouflants, faits de landes et de collines arides avec la mer pour horizon, l’épopée de Marlina s’organise en chapitres, entre vengeance et repentir. Des éléments de western sur un rythme lent et posé, un personnage déterminé et perdu à la fois, une vision résolument féministe. Tels sont les ingrédients du troisième film de Mouly Surya, avec qui l’on découvre le cinéma indonésien.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Le plus surprenant dans votre film, ce sont ces paysages quasi désertiques. Est-ce de là que vient l’idée de donner à cette histoire des allures de western ?</strong></p>
<p>L’île de Sumba est en fait à l’origine de l’histoire. C’est le réalisateur Garin Nugroho qui m’a donné l’idée de l’histoire, qui se déroulait là-bas. Je n’y avais jamais été, je m’y suis donc rendue avec mes producteurs et j’ai été épatée. Pour un film tourné en Indonésie, les gens s’attendent sans doute à des paysages verts, des forêts… C’est aussi ce qui fait de Sumba un endroit vraiment spécial, beau et inattendu. C’est une terre très sèche, ce qui est rare en Indonésie. L’histoire aurait pu se dérouler n’importe où, et elle comportait déjà des éléments de western. En tant que réalisatrice, je pouvais l’emmener partout, mais quand j’ai découvert ce paysage proche du Texas, c’est là que je me suis décidée. Je flirtais avec l’idée d’en faire un western. En voyant ces paysages, ça a été une évidence. <span id="more-25637"></span></p>
<p><strong>C’est une histoire de revanche, comme tout bon western, mais surtout une histoire de légitime défense…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Marlina_the_murdere_in_four_acts-4.jpg" alt="Marlina, la tueuse en quatre actes" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-25646" />Oui, j’aime les sentiments « entre-deux », dans une zone grise. On est dans la fiction avec l’histoire de Marlina, mais cet entre-deux, c’est la vraie vie. Je ne crois pas que lorsque que quelqu’un accomplisse une vengeance, ce ne soit que de la vengeance. C’est ça et d’autres choses. Par exemple, l’actrice m’a demandé pourquoi elle trimballait la tête partout. Je lui ai dit « tu la portes avec fierté, c’est ton trophée, tu as gagné ». C’est le genre de sentiment que je veux introduire dans le film, subtilement. Car en même temps, Marlina est une prisonnière tant que les autres membres du groupe sont à sa recherche. On se situe entre la revanche et la défense, entre la fierté et la culpabilité, entre le deuil de son mari et la volonté de survivre. C’est un film sur ça, sur ces sentiments entre-deux.</p>
<p><strong>Avec cette histoire de vengeance féminine, organisée en chapitres, on pense d’abord à <em>Kill Bill</em>. Mais les deux films ne sauraient être plus différents. Est-ce une référence que vous aviez en tête, peut-être pour justement vous en éloigner ?</strong></p>
<p>J’ai effectivement essayé de rester loin de <em>Kill Bill</em> autant que possible. C’est sûr que quand on pense western, on pense d’abord Tarantino, surtout avec le sabre qu’utilise Marlina, et ce, même si Tarantino n’est pas le premier à avoir utilisé ces thèmes. Mais j’ai essayé de rester fidèle à l’île de Sumba, à l’accent parlé par les acteurs, par exemple, pour arriver au final à quelque chose qui me ressemble, qui soit authentiquement indonésien. Ca n’aurait eu aucun sens de faire un western à l’occidentale.</p>
<p><strong>Vous amenez votre ton, imposez votre rythme. Et le film est (presque) non-violent…</strong></p>
<p>Les films asiatiques ont cette tendance à être plus subtils, à raconter l’histoire plus lentement, à être plus patients. J’ai beaucoup revu de classiques japonais, comme la série des <em>Zatoïchi</em>. Ces films sans presque aucun mouvement de caméra, avec une approche totalement différente. C’est plus de là que venait mon inspiration. Je n’ai pas montré ces films à mon équipe, mais c’est ce que j’avais à l’esprit.</p>
<p><strong>Comment avez-vous défini ce ton à la fois très lent, très tendu et avec une pointe d’humour ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Marlina_the_murdere_in_four_acts-2.jpg" alt="Marlina, la tueuse en quatre actes" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-25648" />Je travaille avec le même chef opérateur et le même compositeur depuis mon premier film. On est dans une zone de confort. Donc on essaye de se poser des défis. Dans mes autres films aussi, on me parlait de ce ton un peu excentrique, que j’aime bien et me définit bien. Je voulais pour ce film mélanger la beauté, la tension, la peur. Marlina est mystérieuse et assez imprévisible. C’est peut-être de là que vient l’humour.</p>
<p><strong>Vous brossez le portrait de femmes de chaque génération : une enfant, une femme enceinte, Marlina et la femme du bus, plus âgée. Cette palette de représentations était voulue ?</strong></p>
<p>Ce que je voulais explorer le plus, c’était les stéréotypes de genre. Mais cela s’est fait assez naturellement, on n’avait pas projeté d’avoir toutes les générations. La femme du bus, c’est un genre de femmes qu’on trouve dans toutes les cultures : la femme plus âgée, assez bavarde et forte tête. Concernant la petite fille, il s’agissait surtout de montrer une autre facette de Marlina, qui a perdu un enfant et trouve la paix avec cette enfant rencontrée au hasard, du même âge et avec le même prénom que son fils. En revanche, Novi, la femme enceinte, j’y tenais beaucoup. Elle est en contraste avec Marlina. Marlina est en deuil quand Novi porte la vie. Elle représente la femme traditionnelle qui attend son mari.</p>
<p><strong>C’est aussi un moyen de montrer la solidarité entre ces femmes…</strong></p>
<p>Oui, bien sûr, il s’agit toujours d’être ensemble pour les femmes ! C’est comme ça qu’on est les plus fortes ! Novi n’était pas dans l’histoire originale, c’est un personnage que nous avons ajouté. Je voulais montrer en quoi l’action d’une femme a des conséquences sur l’action des autres femmes. On suit nos mères, on suit nos sœurs, on se passe le flambeau…</p>
<p><strong>C’est donc un film au féminisme revendiqué ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Mouly_SURYA-2.jpg" alt="Mouly Surya" width="187" height="280" class="alignright size-full wp-image-25649" />C’est surtout un film qui montre l’histoire d’une femme. De là à revendiquer le fait de faire un film féministe, je ne sais pas… Même si je tue des hommes dans le film ! Je voulais montrer la force des femmes que j’ai trouvées à Sumba quand j’y ai fait mes recherches. C’est aussi ce qui m’a motivée. J’ai réalisé les privilèges que nous avons en tant qu’habitantes de grandes villes. Quand je suis allée à Sumba, il y avait les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Dans les villages un peu touristiques que nous avons visités, les femmes restaient en arrière quand les hommes buvaient, riaient et se mettaient en avant. C’est une image que je ne pouvais pas me sortir de la tête, cette séparation entre les hommes et les femmes. C’est assez particulier, très traditionnel, et évidemment sexiste. Mais la plupart de l’Indonésie fonctionne comme ça, même dans les plus grandes villes. Au début du film, Markus arrive et demande où est le mari. C’est toujours ce qui se fait : chercher d’abord l’homme de la maison. </p>
<p><strong>N’avez-vous pas eu peur d’un certain manichéisme : les femmes sont bonnes, les hommes sont mauvais ?</strong></p>
<p>Les hommes de mon film sont principalement des voleurs, c’est pour ça qu’ils sont mauvais ! Mais le plus jeune de la bande est plus sympathique, il a un certain sens de l’amitié qui devient d’ailleurs sa faiblesse au cours du film… Je ne voulais pas justement de ce déséquilibre entre des personnages totalement bons ou totalement mauvais. Et puis ce que l’on voit, c’est que les voleurs qui s’intéressent à votre maison frappent d’abord à la porte pour vous prévenir ! Ce sont des voleurs polis ! On en revient à l’entre-deux.</p>
<p>&nbsp;<br />
Marlina, la tueuse en quatre actes<em> de Mouly Surya, avec Marsha Timothy, Dea Panendra, Egi Fedly&#8230; Indonésie, France, Malaisie, Thaïlande, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Nothingwood, de Sonia Kronlund</title>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 10:39:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Kaboul Stories Il y a Hollywood, il y a Bollywood, et même maintenant Nollywood, pour le cinéma du Nigeria. Ici, c&#8217;est « Nothingwood », explique Salim Shaheen, sorte d&#8217;Ed Wood afghan &#8211;...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Kaboul Stories</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/nothingwoodaffiche.jpg" alt="Nothingwood" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25632" />Il y a Hollywood, il y a Bollywood, et même maintenant Nollywood, pour le cinéma du Nigeria. Ici, c&#8217;est « Nothingwood », explique Salim Shaheen, sorte d&#8217;Ed Wood afghan &#8211; qui délègue à son acteur fétiche, Qurban Ali, l&#8217;amour du travestissement. Sonia Kronlund connaît l&#8217;Afghanistan, qu&#8217;elle arpente pour ses reportages sur France Culture et ses documentaires depuis une quinzaine d’années. Mais en suivant les pas de ce réalisateur excentrique et colérique, on sent qu&#8217;elle découvre une autre facette de ce pays en guerre depuis 40 ans. Celle d&#8217;une résistance par le cinéma. Enfin plutôt la série Z. Salim Shaheen est le réalisateur de 111 films, mêlant combats plus proches de <em>Bioman</em> que de Bruce Lee, playback à la Bollywood et effets spéciaux rudimentaires. Salim Shaheen fait des films avec rien, si ce n&#8217;est avec passion. Il raconte à la journaliste, qu&#8217;il s&#8217;amuse à balader dans les recoins peu rassurants de son pays, son enfance bercée par le cinéma indien et les coups qu&#8217;il recevait en retour de la part de son père et de ses camarades. Il raconte aussi comment une roquette a tué dix personnes lors de l’un de ses tournages, poursuivi dans les jours suivants par les survivants et leurs béquilles. Tourner coûte que coûte, vite, dans les pires conditions, mais avec une envie indéfectible. Bien sûr, dans ce que dit ce réalisateur à la verve et au caractère de Jean-Pierre Mocky, il faut faire le tri. Mais malgré l&#8217;ego, malgré les exagérations, il ressort du témoignage que livre Sonia Kronlund une forme de résistance salutaire, un bras d&#8217;honneur joyeux à l&#8217;oppression, qu&#8217;elle vienne des talibans &#8211; qui, eux-mêmes, s&#8217;échangent les DVD sous le manteau -, des guerres menées par les Russes ou les Américains. On peut prendre Salim Shaheen pour un illuminé. On doit aussi l&#8217;entendre lorsqu&#8217;il raconte la destruction des Bouddhas de Bâminyân, voir le regard interloqué de celui à qui Qurban Ali achète une burqa pour un rôle, écouter les rires d&#8217;une salle de cinéma de fortune devant l&#8217;un de ses films. Si on en venait à l&#8217;oublier, on retrouve avec <em>Nothingwood</em> l&#8217;essence du cinéma, industrie du rêve et du divertissement au sens littéral, qui enfonce les barrières même là où on les croit infranchissables.</p>
<p>&nbsp;<br />
Nothingwood<em> de Sonia Kronlund. France, Afghanistan, 2016. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs. Sortie le 14 juin 2017.</em></p>
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		<title>Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, de Bruno Dumont</title>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 09:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jeanne entend sa voie 1425, Domrémy dans les Vosges (en fait sur les plages du nord de la France, photogéniques au possible). Une petite fille de 8 ans chantonne entre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Jeanne entend sa voie</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/jeannette-enfance-jeanne-arc-bruno-dumont-s.jpg" alt="Jeannette, de Bruno Dumont" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-25237" />1425, Domrémy dans les Vosges (en fait sur les plages du nord de la France, photogéniques au possible). Une petite fille de 8 ans chantonne entre deux moutons. Ou plutôt psalmodie des prières, face caméra, le regard pénétrant et pénétré. Avant d’entamer une roue et de faire un grand écart. C’est Jeannette, future Jeanne d’Arc bouteuse d’Anglais hors de France. D’ailleurs, l’invasion des mangeurs de pudding de notre bon royaume l’inquiète autant qu’elle dévore son âme. Elle, ce qu’elle voudrait, c’est un guerrier qui mènerait une armée et délivrerait notre pays. Et quand elle ne récite pas cette litanie patriotique, elle danse et chante, bientôt rejointe par une autre petite fille, deux nonnes jumelles adeptes du jeter de tête sur musique metal et trois saints aux parures kitsh qui adorent reproduire les gestes des chorégraphies de <em>Pulp Fiction</em>. Et plus tard, devenue adolescente, elle poursuit ses incessantes prières avec une autre jeune fille qui se déplace comme une araignée, la tête à l’envers et un jeune oncle rappeur de province et fan de dab.</p>
<p>Forcément, quand Bruno Dumont, qui poursuit sa nouvelle orientation de carrière où rien n’est sérieux, mais fait sérieusement (après l’absurde du <em>P’tit Quinquin</em> et l’outrance de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ma-loute-bruno-dumont/" title="Ma Loute, de Bruno Dumont">Ma Loute</a></em> l’année dernière), adapte Charles Péguy, ça donne un objet cinématographique aussi réjouissant que dérangeant. Une comédie musicale sur fond historique et religieux (le réalisateur se déclarant pourtant aussi incroyant que Péguy), il faut le voir pour le croire. Jeannette s’émoustille sans sourire sur des musiques électroniques, pop et rock qui surgissent sans crier gare. Jeannette s’ennuie en attendant qu’il se passe quelque chose. Jeannette préfère se promener dans les ruisseaux cheveux au vent que garder ses moutons qui bêlent entre deux répliques. <span id="more-25181"></span>On rit souvent quand tout à coup les personnages se lancent dans d’anachroniques chorégraphies, quand le discours se fait trop alambiqué pour des bouches de huit ans, quand le ridicule s’assume sans desservir le texte, quand le profane saccage le sacré et que le sacré l’emporte sur le profane. Les images léchées et sophistiquées sur des chansons à la Michel Legrand gorgées de Prozac, fascinent et servent le mythe de la Jeanne d’Arc des livres d’histoire. C’est parce qu’aucun guerrier ne se déclare qu’elle décide de l’incarner, quitte à perdre les siens et à leur mentir. Elle enfourche alors un cheval pour la première fois et gagne le lointain, à la recherche de sa glorieuse et canonique destinée. En musique, forcément.</p>
<p>&nbsp;<br />
Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc <em>de Bruno Dumont, avec Lise Leplat Prudhomme, Jeanne Voisin, Lucile Gauthier, Aline et Elise Charles… France, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Chloe Zhao</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/the-rider-rodeo-brady-jandreau-interview-chloe-zhao-cannes-2017/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 09:14:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chloe Zhao]]></category>
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		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
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		<description><![CDATA[Deux ans après <em>Les Chansons que mes frères m’ont apprises</em>, Chloe Zhao revient sur la Croisette, à la Quinzaine des réalisateurs pour présenter <em>The Rider</em>... Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La femme qui murmurait à l’oreille des chevaux</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/portrait-chloe-zhao-the-rider-cannes-quinzaine-realisateurs-2017.jpg" alt="Chloe Zhao" title="Chloe Zhao" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25223" />Deux ans après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-chansons-freres-ont-apprises-chloe-zhao-john-reddy-jashaun-saint-john/">Les Chansons que mes frères m’ont apprises</a></em>, Chloe Zhao revient sur la Croisette, à la <a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/49e-quinzaine-realisateurs-2017/selection-films-edouard-waintrop/" title="Sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs">Quinzaine des réalisateurs</a> pour présenter son deuxième long-métrage, tout aussi beau et bouleversant, <em>The Rider</em>. Ou l’exploration de la solitude d’un jeune champion de rodéo obligé de renoncer à ses rêves à cause d’un accident qui a failli lui coûter la vie. A la limite du documentaire, les principaux protagonistes incarnent leurs propres rôles et osent montrer leurs émotions sans artifices. Rencontre avec la réalisatrice Chloe Zhao, qui filme les chevaux comme on respire. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce que votre premier film, <em>Les chansons que mes frères m’ont apprises</em>, a changé pour vous ?</strong></p>
<p>La chose la plus importante, c’est qu’il m’a fait quitter New York où je vivais depuis douze ans pour Denver, dans l’Etat du Colorado, où je ne connaissais personne. C’est comme si je recommençais tout depuis le début. Et j’avais davantage de temps pour moi. C’est d’ailleurs la raison qui m’a conduite à réaliser <em>The Rider</em>, car je vivais alors près du Dakota du Sud. En partant de New York, je suis devenue une meilleure personne, même si je continue d’aimer cette ville. </p>
<p><strong>Vous saviez que ce film avait obtenu un joli succès en France ?</strong></p>
<p>Oui, le distributeur, Diaphana, avait l’air très content. C’est super de savoir que ce film a marché chez vous. D’ailleurs, lequel de mes deux avez-vous préféré ?</p>
<p><strong><em>The Rider</em>, probablement&#8230;</strong></p>
<p>Moi aussi !</p>
<p><strong><em>Les Chansons que mes frères m’ont apprises</em> parlait de la communauté des Indiens d’Amérique, ici, avec <em>The Rider</em>, on s’intéresse aux cow-boys. Etait-ce un souci d’égalité ?</strong></p>
<p>Vous savez, les cow-boys que l’on voit dans <em>The Rider</em> ont aussi du sang indien. Les personnages de mes deux films vivent dans la même réserve. Pour moi, ce n’est pas une question de couleur de peau, d’autant qu’ils vivent tous ensemble, mais c’était intéressant pour moi de montrer les deux côtés. <span id="more-25214"></span></p>
<p><strong>Comment avez-vous rencontré Brady ?</strong></p>
<p>Je l’ai rencontré dans un ranch de la réserve il y a deux ans de cela. Il marchait avec ses vaches et j’ai trouvé qu’il avait un superbe visage. Quand je l’ai vu dresser des chevaux, j’ai tout de suite su qu’il serait le héros de mon prochain film. </p>
<p><strong>Savait-il à l’époque que vous étiez réalisatrice ?</strong></p>
<p>Pas au début, mais il l’a su par Cat Clifford qui joue de la guitare dans mon premier film et qu’il connaît bien. </p>
<p><strong>C’était difficile de le convaincre de jouer dans <em>The Rider</em> ?</strong></p>
<p>Non, car le rodéo, c’est du show business, il avait donc déjà l’habitude de se montrer devant des caméras. </p>
<p><strong>Après la première projection du film, vous aviez dit que 90 % de ce que l’on voyait à l’écran était issu de la réalité…</strong></p>
<p>Non, en fait cela ne concerne que Brady. Il y a beaucoup d’éléments qui viennent de la fiction pour le film. Mais il est vrai que le personnage de Brady est proche de ce qu’il est dans la vraie vie. La cicatrice que l’on voit sur son crâne, vers le milieu du film est réelle. Au début, c’est juste une reconstitution de ce qu’il a traversé après son accident. </p>
<p><strong>Il a donc revécu son accident pour le film ?</strong></p>
<p>Il s&#8217;est blessé en avril de l’année dernière et on tournait en septembre. Il m’avait raconté toute son histoire et je l’ai réécrite pour l’occasion. Je ne crois pas que ça l’ait dérangé plus que cela, de revivre tout ça, car il est plus physique que psychologique.</p>
<p><strong>C’était son premier film, comment était-il sur le plateau ?</strong></p>
<p>C’est quelqu’un de très concentré, qui sait exactement où se placer vis-à-vis des caméras. Lui et les autres jeunes gens qui sont dans le film, ses vrais amis dans la vie, sont des personnes authentiques, ils s’en fichaient des caméras. La seule chose qui perturbait un peu Brady, c’est la scène où il devait pleurer. Il m’avait dit ne pas l’avoir fait depuis plus de sept ans, qu’il ne savait pas s’il pourrait le faire. On s’est installés dans la voiture où la scène devait avoir lieu, juste lui et moi et on a parlé de choses tragiques qui lui étaient arrivées. Et il a pleuré finalement, ses larmes sont sorties toutes seules. C’était incroyable, car il est très dur, mais pour lui, la caméra est une permission pour être vulnérable, pour exprimer sa tristesse. Quand on a terminé la scène, il était tout heureux d’avoir pu le faire. Il était super fier. Ce qu’il n’a pas aimé par contre, ce sont les scènes où il devait travailler dans un supermarché. C’est un homme de la nature, un homme de la terre, qui aime chasser et pêcher. Si on le met entre quatre murs ou dans un bureau, il deviendrait fou. </p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous intéressait finalement dans ce film ? Montrer le destin de cet homme ou filmer les rodéos ?</strong></p>
<p>Les rodéos font partie prenante de l’identité des Etats-Unis. J’ai toujours voulu les inclure dans un film. Mais surtout ici, je voulais célébrer ceux qui doivent abandonner leurs rêves mais qui continuent de rêver. Je ne voulais pas seulement montrer des héros dont les rêves se réalisent. Que se passerait-il si un super-héros perdait ses pouvoirs et devenait un humain comme les autres ? C’est plus intéressant. Mon film est dédié à ces laissés-pour-compte qui sont généralement oubliés par Hollywood.</p>
<p><strong>Brady va-t-il entamer une carrière dans le cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/brady-jandreau-the-rider-chloe-zhao-cannes-2017.jpg" alt="Brady Jandreau dans The Rider" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-25224" />Je l’espère, il ferait un superbe acteur. Mais il faudrait le convaincre de quitter le Dakota du Sud. Il est vraiment très proche de ses chevaux, donc si vous lui proposez de passer quelques mois en Europe pour tourner un film, je ne suis pas certaine qu’il accepterait. Ses chevaux lui manqueraient trop. Mais s’il peut rester aux Etats-Unis, possible qu’il le ferait, même si je ne le vois pas courir après une audition. </p>
<p><strong>Vous aimez filmer les paysages, comme le ferait Terrence Malick. Peut-on dire que la nature est votre personnage principal ?</strong></p>
<p>Oui, le premier et le dernier. La relation de l’homme à la nature est la question la plus importante de notre civilisation. Le temps et les saisons nous affectent. Il faut arrêter de détruire la nature. Quand on voit les vagues d’un océan ou un orage, on constate à quel point la nature est belle et forte, il faut être humble par rapport à tout ça. </p>
<p><strong>La solitude, les addictions, font partie des thèmes de vos deux films. Sont-ce là des thèmes récurrents pour vous ?</strong></p>
<p>Les addictions proviennent de la solitude. Mais la solitude, oui, m’intéresse. J’aime montrer et explorer les difficultés des liens entre les gens, les difficultés d’être avec soi-même. Je me suis aussi posée beaucoup de questions sur moi, car je me sens étrangère partout où je vais : j’étais une enfant solitaire, je suis partie de chez moi très jeune… J’aime ma solitude, même si c’est difficile. Je pense que je peux dire que je suis devenue amie avec ma solitude et qu’il est important pour les gens d’apprendre à vivre seul.</p>
<p><strong>Quels sont vos prochains projets ?</strong></p>
<p>Je travaille sur deux films différents : l’un est un western historique et l’autre se passera en Chine. J’ai envie d’y retourner. </p>
<p>&nbsp;<br />
The Rider <em>de Chloe Zhao, avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jeandreau, Cat Clifford, James Clhoon&#8230; Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs. </em></p>
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		<title>Patti Cake$, de Geremy Jasper</title>
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		<pubDate>Mon, 22 May 2017 11:03:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Comment faire du vieux avec du neuf</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/patti-cake-.jpg" alt="Patti Cake$" width="280" height="178" class="alignleft size-full wp-image-25699" />Patti fait partie de celles qui rêvent leurs vies plutôt que de se lancer dans l’arène. Elle habite dans une petite ville du New Jersey, exerce le doux métier de barman dans un restaurant miteux où sa mère vient vomir régulièrement. En surpoids, surnommée Dumbo par toute personne qu’elle rencontre, la bouclette blonde et le regard d’acier, elle ne survit que grâce à son flow (elle rappe comme personne), son meilleur ami Jheri et sa grand-mère Nana. Elle, ce qu’elle voudrait, ce n’est plus avoir une mère alcoolique qui lui taxe ses pourboires, c’est groover sur les plus grandes scènes, produite par sa star préférée, le grand OZ qui inspire et expire des dollars et des substances illicites. Alors, elle prend le taureau par les cornes et avec Jheri et le mutique (et fascinant) Basterd, elle crée son propre groupe, PBNJ où Killa P, son double du show biz, va essayer de s’imposer.</p>
<p>N’en jetez plus, la couple est pleine. <em>Patti Cake$</em> est le parfait représentant des films américain estampillés « auteur ». On a un personnage fort (dans tous les sens du terme) qui ne connaît que la misère et qui rêve de gloire. On a un entourage peu reluisant. On a une battle de rap à la <em>8 miles</em>. On a des épreuves qui pleuvent sans discontinuer (grand-mère malade, argent qui se tarit, petits boulots qui s’accumulent, insultes qui ricochent sur la caboche et autres découragements venant de toutes parts). On a la chute du rêve et on a la rédemption. On a Patti qui pense sur le capot de sa voiture, les phares allumés et qui écrit la chanson qui la révèlera à elle-même. On a la mère qui ne soutient pas sa progéniture et qui finira par avoir un moment de lucidité et de maternité. On a l’histoire d’amour interraciale. Oui,<em>Patti Cake$</em> coche toutes les cases. </p>
<p>C’est dommage car le propos de Geremy Jasper se veut résolument moderne : une héroïne atypique (une <em>Precious</em> blanche à bouclettes), du hip hop chiadé (même si ça aurait pu se passer dans le monde de la country), des scènes à la fois drôles et déprimantes inscrites dans l’air du temps et des morceaux de musique qui restent en tête. Ce n’est pas pour rien que ce brillant réalisateur de clips (notamment pour Florence and the Machine) a le sens du rythme et de l’esthétique. Il a surtout celui du flair, avec son casting imparable : le trio féminin de la grand-mère, de la mère et surtout de Patti elle-même, attachante et au charisme indéniable. Ce <em>Divines</em> à l’américaine avait tout pour séduire sur le papier et il séduit, d’ailleurs, en grande partie, grâce à l’abattement de ses acteurs, plus vrais que nature, qui vivent chaque scène comme si elle devait être la dernière de leur existence. Danielle Macdonald dévore l’écran, manipule les mots comme une poétesse des cités, crache son mal-être et ses espoirs déçus avec une force redoutable. Pour elle, <em>Patti Cake$</em> vaut le déplacement. En espérant la retrouver la prochaine fois dans un scénario moins convenu.</p>
<p>&nbsp;<br />
Patti Cake$ <em>de Geremy Jasper, avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Cathy Moriarty, Siddarth Dhananjay, Mamoudou Athie… Etats-Unis, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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