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	<title>Grand Écart &#187; Les films de la 55e Semaine de la critique</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>One Week and a Day, d&#8217;Asaph Polonsky</title>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2016 07:30:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La mort lui va si bien Avec One Week and a Day, le réalisateur israélien Asaph Polonsky prend à revers son sujet, le deuil d’un fils, et en fait une...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La mort lui va si bien</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/OneWeek.jpg" alt="One Week and A Day, d&#039;Asaph Polonsky" width="280" height="180" class="alignleft size-full wp-image-24070" />Avec <em>One Week and a Day</em>, le réalisateur israélien Asaph Polonsky prend à revers son sujet, le deuil d’un fils, et en fait une comédie désenchantée. Dans la tradition juive, le deuil dure sept jours. Période propice à tous les scénarios (à voir : <em>Les Sept Jours</em>, de Ronit et Shlomi Elkabetz). Ici, le deuil prend une autre forme et le film commence le dernier jour du Shiv’ah, alors que les voisins de la famille viennent enfin rendre visite aux parents endeuillés. Eyal, tel un Larry David israélien &#8211; en tout cas tel qu’on l’a vu chez Woody Allen dans <em>Whatever Works</em> -, se planque maladroitement dans les buissons pour les éviter, puis tente de les enfermer dans le jardin en fermant les volets, avant de jeter à la poubelle la salade qu’ils avaient apportée. C’est clairement du côté du burlesque tranquille et de la sympathique misanthropie que se tient Asaph Polonsky. Ce qu’il filme, c’est une stratégie de l’évitement. Alors que Vicky veut reprendre le cours de sa vie, ses routines, son travail, ses rendez-vous chez le dentiste, son mari, Eyal prolonge cette parenthèse hors du temps. Tout pour ne pas retrouver le quotidien, sans son fils. Après avoir mis la main sur son cannabis thérapeutique, le père tente de s’évader, d’apaiser sa peine, avec l’aide des amis de son fils : son voisin, un trentenaire livreur de sushis et ado attardé, dont la principale qualité est de savoir rouler les joints, et une petite fille, compagne de route d’unité de soins palliatifs. <span id="more-24069"></span>Ne pas tourner la page de la vie de son fils, ne pas le laisser partir. Eyal préfère reporter sa colère sur les infirmiers, un chauffeur de taxi, ou ses voisins, et s’échapper. Par la poésie d’une fausse opération sur une malade, la joie d’une escapade à la plage, ou celle des souvenirs évoqués. Une manière délicate, joliment drôle, quoique un peu anecdotique, de retarder l’inévitable.</p>
<p>&nbsp;<br />
One Week and a Day <em>(Shavua Ve Yom) d’Asaph Polonsky, avec Shai Avivi, Evgenia Dodina, Tomer Kapon… Israël, 2016. Prix Fondation Gan pour la diffusion de la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Mimosas, d&#8217;Oliver Laxe</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2016 18:43:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Oliver Laxe, réalisateur franco-espagnol installé au Maroc, avait déjà fait bruisser la Croisette avec <em>Todos vós sodes Capitáns</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2010, et lauréat du...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nouveau western</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Mimosas.jpg" alt="Mimosas, d&#039;Oliver Laxe" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24054" />Oliver Laxe, réalisateur franco-espagnol installé au Maroc, avait déjà fait bruisser la Croisette avec <em>Todos vós sodes Capitáns</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2010, et lauréat du prix Fipresci. Avec son deuxième long-métrage, <em>Mimosas</em>, cette fois-ci à la Semaine de la critique, le cinéaste se fait mystique. Dans le Haut Atlas marocain, une caravane accompagne un cheikh vers son village pour mourir auprès des siens. L’homme ne peut aller au bout du voyage, et c’est sa dépouille qu’une partie de la caravane promet de convoyer à destination. Un homme, guidé par sa foi, se donne pour mission de les y aider. La caravane, pressée par le temps, doit traverser les montagnes, s’y perd, fait de mauvaises rencontres. Dans des paysages sublimes, le trajet prend les allures d’un western à la Sergio Leone, dans lequel les hommes de foi prennent la place des chasseurs de primes. Dans l’immensité d&#8217;un désert aride, à flanc de montagne, à la lumière du soleil couchant, dans les canyons hostiles, l’homme est bien peu de chose. Oliver Laxe se fait aussi mystérieux que la foi elle-même, explique peu, embrouille à dessein. Tant pis, ou tant mieux. On accepte de se perdre avec lui, avec eux. De se laisser porter, transporter, par la beauté des images, par une spiritualité qu’on ne maîtrise pas, mais dont on ressent la force.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mimosas<em> d’Oliver Laxe, avec Ahmed Hammoud, Shakib Ben Omar, Saïd Aagli… Espagne, Maroc, France, Qatar, 2016. Grand Prix Nespresso de la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Grave, de Julia Ducournau</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 09:29:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sœurs sourires</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Grave1.jpg" alt="Grave, de Julia Ducournau" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-23970" />Après <em>Somos lo que hay</em> et son remake américain, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/we-are-what-we-are-jim-mickle/" title="We Are What We Are, de Jim Mickle" target="_blank">We Are What We Are</a></em> &#8211; tous deux présentés à la Quinzaine, et avant <em>The Neon Demon</em>, de Nicolas Winding Refn, présenté cette année en <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">Compétition</a>, on peut dire que le genre exploré par Julia Ducournau pour son premier film est déjà bien balisé sur la Croisette. Il en faut pour épater le festivalier blasé. Et pourtant, la jeune réalisatrice semble apporter un regard inédit. </p>
<p>D’abord, parce qu’elle raconte avant tout l’histoire de l’émancipation d’une jeune fille. Déjà fille de vétérinaires, elle rentre en école vétérinaire à la suite de sa sœur. Les traditions et la transmission sont des valeurs familiales, on le comprendra. Végétarienne convaincue &#8211; une autre valeur de son éducation -, le bizutage qu’elle subit, et au cours duquel elle doit ingurgiter des reins de lapin, bouscule ses certitudes. Justine découvre le nouveau visage de sa sœur aînée, Alex, elle déjà sortie du cocon et du carcan familial. Elle se découvre aussi une appétence insoupçonnée pour la viande rouge et des pulsions auxquelles son corps ne l’avait pas habituée. Julia Ducournau filme avec une justesse bluffante cette période de la fin de l’adolescence, cette confrontation avec un nouveau soi où il s’agit d’arbitrer entre les valeurs que l’on s’est vu transmettre et celles que l’on se construit, de trouver sa voie entre les envies héritées et ses désirs profonds. La réalisatrice filme toutes ces contradictions et la transformation progressive de la jeune fille à la jeune femme au plus près des corps et par le prisme du tabou ultime. Car, depuis <em>Carrie</em>, on sait bien que le film de genre a toujours été une manière de matérialiser les bouleversements intérieurs de cet âge particulier. Les litres de sang déversés, les soudaines attaques sur les corps n’étant que le reflet d’une transformation physique et de pulsions qu’il s’agit d’apprendre à décoder. <span id="more-23969"></span></p>
<p>Parce que l’histoire de sa déviance commence par sa relation avec sa sœur, la jeune Justine brise là deux tabous en un seul. Une relation entre sœurs dont toutes les composantes sont explorées : elles sont à la fois jalouses et complices, solidaires et rivales, mais liées l’une à l’autre de manière irrémédiable. La grande sœur accompagne sa cadette, lui montre la voie, parfois avec brutalité, parfois en lui tenant la main &#8211; avec ce qu’il en reste. La petite sœur suit son aînée pour le meilleur et pour le pire, cherche son approbation tout en cherchant à s’affirmer. Rarement cette relation fraternelle aura été décrite avec tant de vérité. Une relation tumultueuse, pouvant basculer à chaque instant dans la violence, mais réservant aussi une intimité rare. Par l’histoire de ces deux sœurs, Julia Ducournau signe un film très féminin en ce qu’il montre à la fois le corps des femmes sorti de toute séduction, et dans sa crudité la plus banale, et celui des hommes comme objet de désir. Elle signe également un film d’une modernité revigorante, par ses dialogues très justes (et drôles) portés par des acteurs à la hauteur, et surtout par sa mise en scène rythmée, jouant des lumières, des couleurs et des décors, reflétant à la fois l’énergie de la jeunesse, parfois son apathie, et l’alternance des deux. Bref, un film de genre français et féminin réussi. Des mots qu’on ne pensait jamais pourvoir associer.</p>
<p>&nbsp;<br />
Grave<em>, de Julia Ducournau, avec Garance Marinier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Laurent Lucas&#8230; France, Belgique, 2016. Sélectionné à la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Davy Chou</title>
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		<pubDate>Wed, 18 May 2016 19:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 69e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 55e Semaine de la critique]]></category>
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		<description><![CDATA[Présenté à la Semaine de la Critique 2016, <em>Diamond Island</em>, le premier long du jeune réalisateur franco-cambodgien Davy Chou, a fait sensation. En racontant...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un film diamant brut</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/davy-chou-diamond-island-1.jpg" alt="Davy Chou" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23878" />Présenté à la Semaine de la Critique 2016, <em>Diamond Island</em>, le premier long du jeune réalisateur franco-cambodgien Davy Chou, a fait sensation. En racontant une jeunesse qui se brûle les ailes sur le chantier d’un futur hôtel luxueux, Davy Chou a signé un film aussi fort qu’esthétique, prémices d’une carrière prometteuse. On l’a rencontré tant que c’est encore possible…</p>
<p><strong>Comment passe-t-on d’un documentaire à un long-métrage de fiction ?</strong></p>
<p>Ca s’est fait sans y penser. Je n’ai jamais eu vocation à faire du documentaire, car mes influences naturelles vont plus du côté de la fiction. Ce qui me faisait un peu peur par contre, c’était la direction d’acteurs, car je n’en avais jamais vraiment fait. Je ne savais pas si je parviendrais à diriger des comédiens. Surtout qu’il y avait pas mal d’émotions à jouer. Je me demandais aussi si j’arriverais à trouver ces acteurs au Cambodge et à les amener à leur potentiel. </p>
<p><strong>Et finalement, comment s’est-elle déroulée, cette direction d’acteurs ?</strong></p>
<p>Ca a été beaucoup de travail. C’était absolument passionnant et j’ai adoré ça. C’était d’abord un grand plaisir de les dénicher, un prétexte pour pouvoir parler à des jeunes Cambodgiens d’une vingtaine d’années, ce que je n’avais jamais vraiment fait. Puis, pour la préparation des acteurs, on a fait les choses progressivement, en inventant nos propres techniques. Au début, je les voyais une fois par semaine, pour des choses très basiques : comment se tenir debout, se regarder, respirer… On a ensuite commencé à faire des jeux ensemble, à se parler et petit à petit, on a travaillé les émotions avec des scènes qui ne faisaient pas forcément partie du film. <span id="more-23876"></span>On a ciselé les personnages avec des improvisations et je les ai vus devenir des acteurs, qui se prennent au jeu et se lâchent. J’étais ému et fier quand est arrivé le premier jour de tournage pour chacun d’entre eux et de voir combien ils étaient prêts. Ce travail de préparation qui avait duré trois mois n’avait pas été vain.</p>
<p><strong>Aucun d’entre eux n’avait fait de cinéma auparavant ?</strong></p>
<p>Aucun, sauf Samnang Nut qui joue Virak, le chef de la bande et qui est clown et a déjà joué au théâtre. Mais tous ont été formidables. Comme je les filmais pendant la phase de préparation, le plus dur pour eux était d’appréhender la caméra et d’oublier tout le dispositif de tournage. </p>
<p><strong>Etait-ce une évidence pour vous que ce film devait se passer au Cambodge ?</strong></p>
<p>Je voulais prolonger la jeunesse que j’avais vue pendant mon documentaire, <em>Le Sommeil d’or</em>. Je voulais montrer le Cambodge d’aujourd’hui et dans ce lieu précis qui cristallise toute la relation ambiguë et parfois cruelle, entre la jeunesse et l’attraction de la modernisation. </p>
<p><strong>Que vouliez-vous vraiment raconter avec <em>Diamond Island</em> ?</strong></p>
<p>Il y a deux choses principales. Tout d’abord, un regard que j’ai souvent observé en allant au Cambodge et qui m’a tellement interpellé que j’ai voulu en faire un film pour essayer de comprendre d’où il  venait, ce qu’il racontait et ce qui le lançait. C’est le regard que les jeunes jettent sur leur environnement en transformation, quel qu’il soit et où on lit de l’émerveillement. C’est la « Spielberg’s face », à savoir ce moment de sidération qui l’emporte, avec la faculté constante de trouver de l’émerveillement. Les jeunes sont comme ça là-bas, fascinés par des objets qui chez nous ne provoqueraient pas grand-chose. J’ai donc voulu creuser cette idée : qu’est-ce qui fait qu’un jeune de 18 ans, qui vient de la campagne et qui découvre <em>Diamond Island</em> avec sa démesure kitsh et factice, porte sur lui un tel regard d’attraction et d’innocence. La seconde chose, c’est de faire un récit qui montre comment l’ambition peut devenir un démon, quel est le prix à payer pour l’accomplissement de ses rêves, ce qu’on laisse sur le bas-côté de la route, les sacrifices qu’on doit opérer. Je vois ça aussi comme une métaphore du capitalisme. La volonté d’expansion n’est jamais satisfaite et détruit des choses sur son passage. C’est un peu le parcours du personnage de Bora. </p>
<p><strong>Il choisit d’ailleurs d’aller vers la lumière, quitte à s’y brûler&#8230;</strong></p>
<p>Absolument. C’est à la fois pour lui un choix et non-choix, puisqu’il ne fait que suivre son frère idéalisé, Solei, qui lui a tant manqué. Quand il le retrouve, il y a une sorte de souffrance qui se réveille et qu’il espère guérir à son contact. Il le suit, car ce frère le tire également vers ce rêve que lui-même tente de se forger. Bora le fait peut-être contre son gré, car il n’exprime pas son propre désir. Pour Sobon Nuon, qui interprète Bora, il pense au contraire que Bora a fait un bon choix et il est heureux du parcours de son personnage. Il y a vraiment une absence de recul de cette jeunesse face à cette espèce de mystification capitaliste qui les entoure et les attire et c’est ce que je voulais montrer. </p>
<p><strong>Pourquoi Solei concentre-t-il autant de non-dits le concernant ?</strong></p>
<p>Le personnage de Solei joue de son mystère, de son aura, prenant toujours la tangente et ayant des avis très affirmés sur les choses. Mais on sent dans son regard qu’il y a quelque chose de détruit, une innocence déjà perdue. Je l’ai mis en scène comme s’il était vu de son petit frère et ces non-dits sont peut-être les raisons pour lesquelles Bora est tant fasciné par lui.</p>
<p><strong>Il y a une scène assez terrible entre Bora et une jeune fille qui ne parviennent à communiquer que quand il sort un iPhone 6 de sa poche. Ca reflète un peu l’idée d’une jeunesse désenchantée&#8230;</strong></p>
<p>Pour moi, c’est la fin du film qui l’est. <em>Diamond Island</em>, c’est le récit d’une jeunesse enchantée par des objets ou des concepts qui le provoquent, comme cet iPhone 6 qui donne l’impression qu’il s’agit d’un trésor. Un enchantement très étrange, presque sur-poétique que ce geste de sortir un téléphone de sa poche&#8230;</p>
<p><strong>Il y a une vision un peu désabusée de l’amour également, qui semble être juste un passe-temps avec un manque de communication flagrant entre les garçons et les filles…</strong></p>
<p>Je pense qu’il faut faire la différence entre la drague entre ces jeunes et le choix final de Bora. Pour les scènes de drague, ça m’amusait de travailler la distance entre les garçons et les filles, les jeux, les groupes de mecs qui parlent de filles et qui sont incapables de les aborder… On montre ainsi une part de l’adolescence cambodgienne quant à leurs rapports à l’amour, au sexe où comment mettre la main sur le ventre d’une fille devient un enjeu majeur. Ces moments-là ont l’air dérisoires, mais ils ont une importance capitale pour eux. Par contre, sans révéler la fin du film, il est vrai que le personnage de Bora fait un choix plutôt triste concernant sa vie amoureuse…</p>
<p><strong>Le décor de <em>Diamond Island</em> est étonnant…</strong></p>
<p>Il est toujours en construction. A la fin, quand on le voit terminé, ce sont des effets spéciaux.</p>
<p><strong>Ca n’a pas été compliqué de tourner dans un tel lieu ?</strong></p>
<p>C’était ma grande crainte. Si je ne pouvais pas y tourner, il n’y avait pas de film. Il a fallu rencontrer les dirigeants, leur montrer mes travaux précédents, leur expliquer mon projet. Ils ont accepté finalement très facilement et ont soutenu le film. J’ai donc eu un vrai terrain de jeu pendant deux mois pour y tourner ce que je souhaitais, sans difficulté. Sinon, j’aurais peut-être déplacé le film sur un des grands autres projets architecturaux qu’il y a à Phnom Penh, mais je trouve que Diamond Island a sa propre poésie, son charme singulier et c’est un lieu que les jeunes se sont appropriés parce qu’il est central.</p>
<p><strong>Combien de temps avez-vous mis à faire ce film ?</strong></p>
<p>J’ai écrit la première ligne en janvier 2014, le scénario s’est fini en décembre 2014, j’ai commencé le casting en janvier 2015 et on a tourné entre décembre et fin janvier 2016. Le film est donc tout frais. Ca me paraît hallucinant de me retrouver ainsi à Cannes quatre mois après le tournage. Je rêvais que c’était possible, même si une voix intérieure me disait que non. </p>
<p><strong>Vos jeunes comédiens l’ont-ils vu ?</strong></p>
<p>Oui, le jour de la première, pour les trois personnages principaux (Bora, Solei et Aza). J’étais assis à côté d’eux et j’ai passé beaucoup de temps à observer leurs visages pendant la projection. Ils souriaient, étaient surpris ou se cachaient les yeux. Une belle récompense pour moi : être avec eux qui n’avaient jamais pensé qu’un jour, ils seraient acteurs. Ils ont fourni un superbe travail et m’ont rendu une confiance formidable. Partager ce moment en leur compagnie, c’est ce qui m’émeut le plus. </p>
<p><strong>On a l’impression que le projet s’est fait dans la facilité&#8230;</strong></p>
<p>C’était pourtant tout sauf facile ! Surtout de le finir à temps ! Et c’est déjà ardu de faire un film tout court, avec un budget réduit, même si on a fini par avoir des partenaires, l’apport du CNC et d’Arte. Ca a été un combat de longue haleine. Ca fait deux ans et demi que je ne me suis pas reposé. C’est une grande chance que de pouvoir réaliser un film et il faut être à la hauteur.</p>
<p><strong>Il y a une esthétique très forte sur <em>Diamond Island</em>. Quelles ont été vos références ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/diamond-island-davy-chou-affiche.jpg" alt="Diamond Island, de Davy Chou" width="212" height="280" class="alignright size-full wp-image-23880" />Avec mon chef-opérateur, on a regardé le travail de Benoît Debie, le chef-opérateur de Gaspar Noé et du film de Ryan Gosling <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/lost-river-ryan-gosling-christina-hendricks/" title="Lost River, de Ryan Gosling">Lost River</a></em>. Il a une utilisation des lumières et des néons très novatrice, même si elle est maintenant très copiée dans le milieu du clip. On retrouve un peu ça aussi dans les films de Nicolas Winding Refn. On a aussi regardé du côté des cinéastes qui ont vraiment tenté d’explorer l’image numérique. Les caméras maintenant sont tellement bien, que ça devient parfois un peu décevant de singer la pellicule en se disant que cet âge d’or existe encore. Je trouvais ça intéressant, par souci de modernité, d’utiliser les outils d’aujourd’hui et le film s’y prêtait vraiment. Mon autre inspiration, c’est aussi <em>Miami Vice</em> de Michael Mann qui est pour moi un des meilleurs films des années 2000, ainsi que le travail des Wachowski sur <em>Speed Racer</em>. On a aussi ouvert la porte du jeu vidéo, du clip karaoké, du manga. Il y a aussi une scène de drone qui suit les personnages en scooter et qui est pour moi une inspiration de vue aérienne de jeu vidéo. Le film essaie de rester au niveau des personnages, mais sur cette scène, ça permet de prendre de l’envol et de montrer qu’il y a quelque chose de surplombant qui les entoure. </p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong></p>
<p>J’ai pas mal d’idées pour un prochain film, mais je vais prendre du temps pour laisser décanter et je vais donc me reposer un peu ! Enfin !</p>
<p>&nbsp;<br />
Diamond Island <em>de Davy Chou, avec Sobon Noun, Cheanik Nov, Madeza Chhem&#8230; Cambodge, 2015. Prix SACD de la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Albüm, de Mehmet Can Mertoglu</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2016 11:44:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un clic pour une claque Lui est professeur d’histoire. Elle, travaille pour les impôts. Quadragénaires, ils n’ont pas d’enfant mais en désirent un ardemment, au point de se lancer dans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un clic pour une claque</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/album-mehmet-can-mertoglu-1.jpg" alt="Album, de Mehmet Can Mertoglu" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-23730" />Lui est professeur d’histoire. Elle, travaille pour les impôts. Quadragénaires, ils n’ont pas d’enfant mais en désirent un ardemment, au point de se lancer dans une longue procédure d’adoption. En attendant son arrivée, ils organisent une fausse grossesse, pour faire croire à leur futur bambin qu’il est bien de leur sang. Et aussi pour les autres. Car ce couple refuse que ce secret, pourtant guère honteux, ne vienne à se savoir. Et quand le bébé est enfin dans son berceau et qu’un malencontreux cambriolage révèle l’adoption en cours, c’est le drame…</p>
<p>En compétition à la Semaine de la critique, le film turc <em>Albüm</em> désarçonne et ne fait pas dans la demi-mesure. Il faut dire qu’il est composé quasi exclusivement de plans fixes dans lesquels l’action point peu à peu, comme des photos animées qui se succéderaient pour former l’histoire de ce couple, entre drame et absurde. Le film commence par une saillie d’un taureau et la naissance d’un petit veau, métaphores de la stérilité de cet homme et de cette femme qui inspirent au début la compassion. Compassion de leur quotidien peu reluisant (appartement terne, métiers où ils s’épanouissent peu, vie sociale réduite), compassion envers leur volonté dure comme fer de présenter une grossesse radieuse à leur future progéniture par des photos d’un appareil jetable. Mais compassion qui se délite au fur et à mesure. Car s’ils n’ont pas d’enfant à aimer, ils ne sont guère aimables. A l’exemple de cette scène surréaliste dans un orphelinat où ils se permettent de dire haut et fort, sans ménagement, ce qu’ils pensent de la petite fille qu’on leur présente. <span id="more-23726"></span>Les mots racistes, les injures, l’alcool, la cigarette à haute dose achèvent de les rendre peu sympathiques, au point de souhaiter que leur procédure d’adoption ne se concrétise pas. Et quand bébé arrive dans leur vie, c’est justement pour le pire. De petit couple touchant, les voici devenus Bidochon qui se bidonnent en laissant le poupon sous un nuage de fumée ou dans sa couche souillée. Tout ce qui compte désormais pour eux : préserver les apparences, faire croire à leur nouvel entourage après un déménagement hâtif qu’ils sont bien les parents biologiques, réécrivant l’histoire de leur vie, même si c’est le pathétique qui l’emporte au bout du compte. Pour son troisième long-métrage, Mehmet Can Mertoglu se lance dans un film aux accents proches de ceux de Roy Andersson (<em>Chansons du deuxième étage</em>) entre plans esthétiques, lenteur volontaire et désespoir ironique. Il manque parfois de profondeur, tire en longueur, mais présente une intéressante et rare vision désenchantée de son pays, avide de se reconstruire et de se forger une nouvelle identité, quitte à ne pas montrer le meilleur de lui-même. Un <em>Albüm</em> au cœur pas si tendre qu’il serait dommage de ne pas ouvrir…</p>
<p>&nbsp;<br />
Albüm <em>de Mehmet Can Mertoglu, avec Sebnem Bozoklu, Murat Kilic, Muttalip Müdjeci et Riza Akin. Turquie, 2016. Prix Révélation France 4 de la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Victoria, de Justine Triet</title>
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		<pubDate>Thu, 12 May 2016 16:45:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 55e Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[comédie romantique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Victoria secrète</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Victoria.jpg" alt="Victoria, de Justine Triet" title="Victoria, de Justine Triet" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23633" />Justine Triet poursuit gentiment son ascension cannoise, palier après palier. La présentation de <em>La Bataille de Solférino</em> à l’ACID en 2013 avait fait bruisser Cannes. Celle de <em>Victoria</em> en ouverture de la Semaine de la critique fait également parler d’elle, avec la révélation Virginie Efira. Révélation parce que, même si on la voit depuis quelques temps à l’écran, l’actrice belge semble enfin avoir trouvé un rôle plus complexe que ceux auxquels elle semblait abonnée jusqu’à présent (femme de pouvoir et de séduction et/ou bonne copine drôle un peu trash). Révélation aussi parce que son personnage se dévoile petit à petit. D’abord mère célibataire travailleuse et sûre d’elle. Puis avocate avec un sens précis de la déontologie. Avant que ses interrogations existentielles prennent le dessus. Avant qu’elle accepte de défendre son ami, accusé d’avoir poignardé sa compagne. Avant qu’elle accepte de faire entrer dans sa vie un ancien client, ex-dealer, reconverti en « homme de l’ombre », (à la fois babysitter, stagiaire bénévole, épaule réconfortante, et organisateur en chef d’une vie qui se dérègle).</p>
<p>Ce portrait de femme ne manque pas d’humour et de folie &#8211; on croise, dans le désordre : un lapin maltraité, une avocate exaltée, des coups d’un soir foireux, un chien témoin n°1, un couple à la limite de la décence, un chimpanzé photographe&#8230; Notons au passage l’attention particulière donnée à chacun des seconds rôles, tous parfaits. Mais, surtout en comparaison de <em>La Bataille de Solférino</em>, tout cela manque d’une mise en scène en écho avec les soubresauts de la vie de son personnage. Dans son premier film, Justine Triet faisait ressentir le chaos, l’urgence, la pression. <span id="more-23632"></span>Ici, avec un budget plus conséquent, une caméra plus posée, des décors extrêmement graphiques, <em>Victoria</em> reste un peu trop sage dans son extravagance et ne franchit jamais les limites. Même sa volonté de transgresser quelques clichés de la comédie romantique et son interrogation de la représentation des genres &#8211; si moderne soit-elle &#8211; aboutit finalement au sauvetage d’une donzelle en détresse par un preux chevalier. Dans sa courte filmographie, Justine Triet fait tout de même preuve d’ambitions prometteuses : une brillante direction d’acteurs, un désir de complexité sans prise de tête, la volonté d’imposer une comédie drôle, intelligente, exigeante. Prochaine étape : la Quinzaine des réalisateurs dans quelques années. On y sera.</p>
<p>&nbsp;<br />
Victoria<em> de Justine Triet, avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud… France, 2016. Sélectionné à la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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