<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Grand Écart &#187; Films du 67e Festival de Cannes</title>
	<atom:link href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.grand-ecart.fr</link>
	<description>Étirements cinéphiles</description>
	<lastBuildDate>Sat, 27 Sep 2025 21:12:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5</generator>
		<item>
		<title>Titli, de Kanu Behl</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/butterfly-titly-kanu-behl/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/butterfly-titly-kanu-behl/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 May 2015 14:31:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Un Certain Regard 2014]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17313</guid>
		<description><![CDATA[Il y a quelques années, j’ai eu la chance de me rendre en Inde dans le cadre d’un tournage de documentaire. Les trajets entre les différentes étapes se faisaient en...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Titli-une-chronique-indienne-affiche.jpg" alt="Titli, une chronique indienne" title="Titli, une chronique indienne" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-20973" />Il y a quelques années, j’ai eu la chance de me rendre en Inde dans le cadre d’un tournage de documentaire. Les trajets entre les différentes étapes se faisaient en voiture. Nous avons ainsi démarré au cœur du Rajasthan pour terminer à New Delhi. C’était un voyage à la fois beau et instructif. Nous sommes partis de l’Inde rurale, très pauvre, où les routes ne sont pas goudronnées, pour finalement atteindre la capitale, son opulence, sa frénésie…</p>
<p>Tout le long du trajet, la route elle-même est un spectacle au moins aussi saisissant que les paysages. Ce qui m’a le plus marqué – en dehors des camions aux couleurs et dessins improbables – ce sont les gens sur leurs motos. Il n’est pas rare de voir trois, quatre personnes sur un engin, des familles entières tenant sur de frêles deux-roues qui semblent défier les lois de la physique. Mais eux semblent impassibles. Mille histoires se lisent pourtant sur leurs visages, leurs attitudes et la couleur du sari des femmes… Mille histoires s’inventent ainsi dans la tête des adeptes de la rêverie. On leur imagine un passé, un présent, un avenir, on leur invente une destination, on se dit qu’au bout, il y a un rêve, pour eux aussi, que vont-ils chercher ? Que fuient-ils ? <span id="more-17313"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/inde-1.jpg" alt="Inde-1" width="590" height="443" class="aligncenter size-full wp-image-21176" /></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Inde-2.jpg" alt="Inde 2" width="589" height="330" class="aligncenter size-full wp-image-21178" /></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Inde-3.jpg" alt="Inde 3" width="588" height="330" class="aligncenter size-full wp-image-21179" /></p>
<p>En découvrant <em>Titli</em>, j’ai vu se concrétiser une de ces mille histoires possibles. Première réalisation de Kanu Behl, c’est une peinture empreinte de réalisme de la vie de trois frères dans les faubourgs de New Delhi. Alors que les deux ainés survivent grâce à des larcins, Titli, le plus jeune (« titli » signifie « papillon » en hindi) rêve, lui, de s’acheter un parking dans un centre commercial en construction. Mais ses ambitions vont se heurter à la réalité d’une vie dans la pénurie et à son devoir d’aider sa famille.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Inde-4.jpg" alt="Inde 4" width="589" height="331" class="aligncenter size-full wp-image-21180" /></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/faces-45.jpg" alt="Inde 5" width="590" height="443" class="aligncenter size-full wp-image-21181" /></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/faces-46.jpg" alt="Inde 6" width="588" height="331" class="aligncenter size-full wp-image-21182" /></p>
<p>Inutile de souligner que l’on est ici à des années-lumière des extravagances bollywoodiennes… L’Inde dépeinte dans <em>Titli</em> est une société âpre et profondément inégalitaire. Une société basée sur des traditions ancestrales dont on ne peut s’extirper que par le biais de l’argent. Mais ce qui frappe – littéralement – le spectateur occidental, c’est l’incroyable violence qui émerge de tous les rapports… Violence conjugale, violence morale, violence du système de castes, violences des rapports humains et violence physique… <em>Titli</em> est un film éprouvant. La spirale infernale qui entraîne les personnages de plus en plus profondément dans l’impasse est très justement décrite. </p>
<p>Réalisé sur les lieux de l’action, en prise donc avec la réalité qu’il décrit, le film a été tourné en 40 jours, avec des acteurs et actrices pour la plupart novices. Le seul comédien de renom est Ranvir Shorey qui incarne le frère ainé Vikram, personnage terrifiant et pathétique, auquel l&#8217;artiste donne une ampleur tragique qui contrebalance merveilleusement le jeu plus naturel et spontané du reste du casting. Tout le film est centré autour des acteurs ; le directeur de la photographie, Siddath Diwan, aurait dit au réalisateur : <em>« Nous allons juste laisser les acteurs être, et nous travaillerons autour d’eux. »</em> Un parti pris dont la cohérence est pour beaucoup dans la réussite artistique du film. Chaque personnage a droit à son moment de gloire, tous existent de manière presque « charnelle ». Qu’il s’agisse du visage de Titli, entre enfance et amertume, de la détermination de sa femme, de l’inquiétant silence du patriarche, le film est fait de portraits sensibles et profondément touchants.</p>
<p>Emouvant, choquant et captivant (les deux heures du film passent sans que l’on ne s’en rende compte), <em>Titli</em> est un beau film « dur ». On en sort éprouvé, mais les jours qui suivent la projection, le souvenir des personnages ressurgit, on se demande ce qu’ils ont pu devenir, ce qu’ils font en ce moment…</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Inde-5.jpg" alt="Inde 5" width="590" height="443" class="aligncenter size-full wp-image-21183" /></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Inde-6.jpg" alt="Inde 6" width="588" height="443" class="aligncenter size-full wp-image-21184" /></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/agra-3.jpg" alt="Inde 7" width="590" height="443" class="aligncenter size-full wp-image-21185" /></p>
<p>Certains sont sans aucun doute sur une moto, entre deux destinations, en fuite… Tentant d’échapper aux griffes du destin, essayant de récolter assez d’argent pour défier leur statut social. En tout cas leurs visages scrutent l’horizon où des gratte-ciel impersonnels s’élèvent et barrent de plus en plus la vue au-delà de la ville. Enfermés dans un système dont la ville se fait l’écho, leur histoire n’est qu’une parmi tant d’autres, dont ce cinéma indien se fait la belle et talentueuse voix.</p>
<p>&nbsp;<br />
Titli, une chronique indienne <em>de Kanu Behl avec Shashank Arora, Shivani Raghuvanshi, Ranvir Shorey, Amit Sial, Lalit Behl… Inde, 2014. Selection Un Certain Regard 2014. Sortie le 6 mai 2015.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/butterfly-titly-kanu-behl/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>It Follows, de David Robert Mitchell</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2015 18:44:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Deauville]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17324</guid>
		<description><![CDATA[Plutôt pour&#8230; Jay rencontre un garçon. Après avoir couché avec lui, celui-ci lui avoue qu’il lui a « refilé » quelque chose. Pas une maladie, mais une présence maléfique qui...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Plutôt pour&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/It-follows-david-robert-mitchell-affiche.jpg" alt="It Follows, de David Robert Mitchell" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20268" /><strong>Jay rencontre un garçon. Après avoir couché avec lui, celui-ci lui avoue qu’il lui a « refilé » quelque chose. Pas une maladie, mais une présence maléfique qui se rapproche doucement d’elle.</strong></p>
<p><em>It Follows</em> est un film qui divise. Enfin, qui me divise. Comme toujours dans ces cas-là, j’ai un débat avec mon doppelganger personnel ; lui hurle que non, vraiment, il y a quelque chose de pourri au royaume de David Robert Mitchell. Moi, je réponds d’une voix douce mais non sans ironie à ses arguments, et assure placer le film bien au-dessus des derniers films horrifiques visionnés. Ca met Pilopan (oui, c’est son nom, il est fan de <em>Clerks</em>) hors de lui :</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Mais c’est quoi ce film moralisateur ? On nage en pleine Amérique puritaine ! Sur un million de sujets de départ, le réalisateur choisit ça, ce n’est pas anodin et ça en dit beaucoup sur sa petite personnalité de petit bonhomme frustré ! Coucher sans sentiments, c’est dangereux, non mais n’importe quoi !</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Bon, déjà, t’aurais pu prévenir le lecteur que tu allais spoiler l’histoire. T’es vraiment dégueulasse. Sinon, calme-toi un peu : les films d’horreur sont rarement célèbres pour leur subtilité, c’est même souvent ça qui fait leur charme. Partir sur une relation sexuelle qui va mettre en branle un putain de cauchemar éveillé (parce que franchement, on oscille entre le réalisme le plus pur et le rêve), c’est pas une mauvaise idée. Depuis <em>Halloween</em>, le sexe est un incontournable du cinéma d’horreur.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Sauf que dans <em>Halloween</em>, ça restait une métaphore ! <span id="more-17324"></span></p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Une métaphore ? Arrête, tous ceux qui couchent se font tuer dans le film, sauf la virginale Jamie Lee Curtis ! Elle survit seulement parce qu’elle est pure ! Je veux bien dire tout ce que tu veux : que c’est une métaphore de la culpabilité, du danger de l’interdit, et même de la maladie avant l’heure… mais c’était pas beaucoup plus subtil et tout aussi puritain : le sexe hors mariage, c’est dangereux. Depuis, un paquet de films ont exploité cette veine, soit directement comme <em>Teeth</em>, <em>Jennifer’s Body</em> ou <em>Scream</em> &#8211; avec humour et déférence en prime -, soit simplement en rappelant l’importance de la relation sexuelle dans ce type de film.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Alors l’idée que si les ados couchent ils vont attraper une saloperie &#8211; ici un démon -, toi ça te gêne pas ?</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Je dis pas que je ne tique pas un peu, mais les Zombies ont déjà filé la métaphore de la MST. C’était beaucoup plus politisé, ok, mais encore une fois il n’y a rien de nouveau. Soit on décide d’être systématiquement critique, et bien sûr qu’on peut voir dans <em>It Follows</em> un appel au sexe « réfléchi » chez les adolescents  : d’ailleurs la scène de fin laisse effectivement supposer que le sexe pratiqué avec amour va les sauver… soit on décide d’être naïf et innocent, et on se laisse prendre la main par le réalisateur. On accepte le postulat.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Et donc, toi, tu es naïf et innocent ?</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Pas forcément. Là où je veux en venir, c’est qu’à moins d’avoir l’occasion de discuter avec David Robert Mitchell, je lui laisse le bénéfice du doute. Et j’ai adoré tellement de choses dans le film… On fonce tête baissée dans quelque chose qu’on connaît : un démon visible seulement par les « porteurs » de la malédiction, et une relation sexuelle finale entre Jay et Paul qu’on pressent depuis le début. Ca cloisonne le film, et le réal le sait forcément ; pourtant il ne se démonte pas et offre ces deux séquences avec une classe et une efficacité que je n’avais pas vues depuis un moment.</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Oui, enfin le gars qui se fait projeter en l’air par quelque chose d’invisible, c’était un peu grotesque…</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Il fallait forcément passer par cette scène pour que l’intrigue avance ; il l’a fait au bon moment, c’est une séquence très très courte et pourtant elle donne un second souffle au film. Après ça, j’ai eu parfois l’impression d’assister à du Joe Dante, avec le même génie et la même tendresse pour les ados qui bricolent des solutions ! Je dis « bricole », parce qu’on sait bien que ça ne va pas marcher, mais c’est l’intention, la force de la jeunesse ! C’est magnifique ! Les quelques défauts du film quant à la morale, je les oublie volontiers parce que formellement, j’ai été scotché. Les effets visuels avec les plans-séquences tournoyants, la musique grave en sourdine qui résonne dans les oreilles…</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Ca aussi, ça vient d’<em>Halloween</em>. La musique <em>eighties</em> qui vient appuyer, noircir l’image, et le « monstre » qui avance inexorablement vers sa victime…</p>
<p><strong>Moi :</strong> &#8211; Grave ! Mais c’est une référence, un hommage ! Le metteur en scène de <em>It Follows</em> ne vole rien à John Carpenter, il relance plutôt le genre du <em>survival</em> à ciel ouvert. Tout comme il pioche par exemple chez Wes Craven la bonne idée d’une séquence d’ouverture du tonnerre… C’est facile de se dire qu’on va faire ça pour que tout le monde rentre immédiatement dans le film, mais c’est souvent difficile à mettre en scène, ensuite… Là, c’est parfait ! Les premières minutes sont totalement anxiogènes, puis ça continue tout du long. Je parlais d’onirisme tout à l’heure, parce que le film est parfois – volontairement – lent, et pourtant on ne perd jamais ce sentiment d’urgence et de danger. Sans aucun recours aux artifices habituels de l’héroïne qui chute et se casse la cheville, ni aux <em>jumping scares</em> inutiles ! Il n’y a simplement pas d’échappatoire. « Ca » nous suit. Même le titre est bien trouvé !</p>
<p><strong>Pilopan :</strong> &#8211; Bon, j’abandonne, de toute façon t’as réponse à tout… T’as pas été payé par le producteur, au moins, pour dire toutes ces conneries ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Plutôt contre&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/it-follows.jpg" alt="It Follows" title="It Follows" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17328" />Pour son entrée dans le cinéma de genre, David Robert Mitchell fait appel aux maîtres : <em>Halloween</em>, <em>Amityville</em>, <em>L’Exorciste</em>, <em>Ring</em>, <em>Frankenstein</em>… Ils sont venus, ils sont tous là. Mais dans une certaine confusion, entre incohérences scénaristiques et montée en tension artificielle (mettre la musique fort ne suffit pas toujours). Avec cette malédiction sexuellement transmissible (on voit des gens qui nous suivent), David Robert Mitchell délivre un discours puritain. Si le sexe inconsidéré est toujours plus ou moins lié à une mort violente dans d’atroces souffrances (règle n°1 édictée par Randy dans <em>Scream</em>), on espérait que 40 ans après les premiers <em>slashers</em>, la morale ait un peu évolué…<br />
(<a href="/auteur/mh/">Maid Marion</a>)</p>
<p>It Follows<em> de David Robert Mitchell, avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Lili Sepe&#8230; Etats-Unis, 2014. Prix de la critique du 40e Festival du film américain de Deauville. Sortie le 4 février 2015.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Snow Therapy, de Ruben Östlund</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/tourist-force-majeure-ruben-ostlund/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/tourist-force-majeure-ruben-ostlund/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2015 07:04:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Certain Regard 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Ruben Ostlund]]></category>
		<category><![CDATA[Suède]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17337</guid>
		<description><![CDATA[Girl power - La dernière fois qu’il était venu à Cannes, Ruben Östlund y présentait <em>Play</em>, une œuvre controversée sur le racisme et les limites du modèle d’intégration suédois. Dans <em>Snow Therapy</em>, c'est...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Girl power</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/tourist-force-majeure-ruben-ostlund.jpg" alt="Force majeure, de Ruben Ostlund" title="Force majeure, de Ruben Ostlund" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17340" />La dernière fois qu’il était venu à Cannes, Ruben Östlund y présentait <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/play-ruben-ostlund/" target="_blank">Play</a></em>, une œuvre controversée sur le racisme et les limites du modèle d’intégration suédois. Dans <em>Snow Therapy</em>, c’est encore des rapports humains dont il est question, mais le cinéaste pénètre cette fois des sphères plus intimes, avec beaucoup d’humour et une mise en scène maîtrisée à la perfection. L’histoire prend place dans les Alpes françaises : Thomas, Ebba et leurs deux enfants Vera et Harry passent des vacances au ski. Alors qu’ils sont confortablement installés à une terrasse d’altitude, survient une avalanche. Quand elle se rapproche dangereusement, Thomas s’enfuit, laissant femme et enfants derrière lui. Par chance l’avalanche s’arrête sans faire de blessés, mais Thomas a révélé sa lâcheté. Après ça, rien à faire pour rétablir son rôle de chef de famille. Sa femme va devenir obsédée par son geste, lui va chercher à conserver son vernis de virilité. Les deux enfants sentent la famille se désagréger. <em>Snow Therapy</em> est moins un film sur la culpabilité que sur le sentiment d’insécurité qui s’immisce dans le cercle familial. <span id="more-17337"></span>Ruben Östlund brise encore une fois les stéréotypes : la famille modèle n’en a que les apparences, et leur modèle de valeur implose dès lors qu’il se heurte à l’inconnu. Les rôles sont alors inversés, lorsque le père devient pathétique à force de plaintes et de gémissements, la mère est contrainte de résoudre la situation et de mettre en scène le Retour du Père. Une image qui en dit long sur l’archétype familial, et même sur la société : si les hommes ont le contrôle, ne serait-ce pas tout simplement parce que les femmes le veulent bien ?</p>
<p>&nbsp;<br />
Snow Therapy<em> (Turist) de Ruben Östlund, avec Kristofer Hivju, Lisa Loven Kongsli, Johannes Kuhnke, Clara Wettergren, Vincent Wettergren… Suède, 2014. Prix du jury Un Certain Regard 2014. Sortie le 28 janvier 2015.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/tourist-force-majeure-ruben-ostlund/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hard Day, de Kim Seong-hun</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/hard-day-kim-seong-hun/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/hard-day-kim-seong-hun/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2015 16:58:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Quinzaine des réalisateurs 2014]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[Corée]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=20070</guid>
		<description><![CDATA[Il est des journées plus difficiles que d’autres. Pour le policier (un peu) ripou Geon-soo, il y a l’enterrement de sa mère, sa sœur qui le presse pour ouvrir une sandwicherie et ses collègues qui...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/01/hard-day-seong-hun.jpg" alt="Hard Day, de Kim Seong-hun" title="Hard Day, de Kim Seong-hun" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20072" />Il est des journées plus difficiles que d’autres. Pour le policier (un peu) ripou Geon-soo, il y a l’enterrement de sa mère, sa sœur qui le presse pour ouvrir une sandwicherie et ses collègues qui l’interpellent au moment où la police des polices locale (beaucoup) ripou dénoue leurs petites filouteries. Le tout en même temps. Et comme si ça ne suffisait pas, il écrase un homme qui s’est mystérieusement jeté sous ses roues. Et Geon-soo de s’enfoncer toujours un peu plus dans les difficultés qui s’accumulent, en décidant de placer le corps dans son coffre, afin de le cacher dans le cercueil de sa mère, ni vu, ni connu. Ce ne sont que les prémices de ses ennuis, avec l’arrivée d’un superflic (énormément) ripou qui va le faire chanter&#8230; </p>
<p>Le cinéma coréen (du Sud, évidemment) est de plus en plus productif et nous offre chaque année un bijou comme lui seul sait le faire. Dans la lignée de <em>The Host</em>, le réalisateur Kim Seong-hun a concocté un polar décoiffant où chaque seconde est à la fois stressante (pour Geon-soo mais aussi pour le spectateur), prenante et en même temps poilante, tant les situations sont de plus en plus absurdes et confinent à un humour noir des plus jouissifs. On se souviendra longtemps de la sonnerie du portable du malencontreux renversé qui résonne inlassablement dans le cercueil cloué dans le funérarium. <span id="more-20070"></span>Ou de cette manière pour le moins efficace et inattendue de se débarrasser d’un témoin trop encombrant. Le tout dans une esthétique et une mise en scène irréprochables. Lee Seon-gyoon, superstar dans son pays, ne se ménage pas entre courses-poursuites, trésors d’imagination pour trouver comment se sortir d’inextricables situations, lâcheté assumée et mauvaise foi affichée. L’antihéros par excellence, entre désinvolture et charme, à qui on souhaite à la fois les pires malheurs du monde et qu’il puisse s’en sortir indemne. Ne cherchez pas la moindre moralité, il n’y en a pas (ou presque). <em>Hard Day</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/67e-festival-international-film-cannes-jane-campion-2014/">dernier Festival de Cannes</a>, suit ainsi la tendance actuelle des films internationaux, comme <em>Night Call</em> récemment, à savoir celle où le bien n’est pas forcément là où on le croit et que le crime finit par payer. Et qu’on peut vraiment rire de tout, même du pire. Ce qui soulage en ces jours pour le moins sombres…</p>
<p>&nbsp;<br />
Hard Day <em>de Kim Seong-hun, avec Lee Seon-gyoon, Jo Jin-woong, Shin Jung-keun… Corée du Sud, 2014. Présenté à la 46e Quinzaine des réalisateurs. Sortie le 7 janvier 2015.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/sqkfvv" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/hard-day-kim-seong-hun/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Adieu au langage, de Jean-Luc Godard</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/adieu-langage-jean-luc-godard/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/adieu-langage-jean-luc-godard/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2014 23:52:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Godard]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17013</guid>
		<description><![CDATA[Le Prix du jury du Festival de Cannes 2014 sort en DVD et Blu-ray 3D. Si Jean-Luc Godard avait prévu ce film pour la 3D, l’œuvre garde son sens sur les deux supports...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Fragmentation de l’ensemble</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/adieu-au-langage-jean-luc-godard.jpg" alt="Adieu au langage, de Jean-Luc Godard" title="Adieu au langage, de Jean-Luc Godard" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19848" /><strong>Le <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/palmares-jury-jane-campion-palme-or-2014/" title="Cannes 2014 : le palmarès" target="_blank">Prix du jury du Festival de Cannes 2014</a> sort en DVD et Blu-ray 3D. Si Jean-Luc Godard avait prévu ce film pour la 3D, l’œuvre garde son sens sur les deux supports. </strong></p>
<p>Un homme récite un texte d’une voix solennelle, les yeux rivés à son iPhone, l’appareil tenu haut entre ses deux mains. Derrière lui, ce panneau : USINE A GAZ. Un bateau blanc de tourisme part, et repart, et repart, glissant sur l’eau bleue d’un lac. Une voix d’étudiante militante donne le Contexte Historique, Bismarck, Hitler, en off impérieux qui se perd dans des bruits de moteur. L’écran devient noir ; fin de la phrase, un point blanc apparaît.  </p>
<p>Après <em>Film Socialisme</em> (2010), Jean-Luc Godard signe un nouveau film fragmenté, fait de courtes scènes chorégraphiées entrecoupées de textures visuelles et sonores &#8211; détails de peinture, parasites de radio &#8211; qui filent au gré d’une image tremblante. Les traces de la modernité se succèdent et s’emmêlent, entre objets technologiques dont les écrans mangent le salon, extraits de films d’archives sur l’obsédant nazisme, et tentatives de penser à l’ère médiatisée : <em>« Monsieur, est-ce qu’il est possible de produire un concept d’Afrique ? »</em> Une voix off très sérieuse fournit un discours libre, citant des auteurs, maniant les apories, cherchant l’absurde. Ce n’est pas l’animal qui est aveugle, mais l’homme, aveuglé par la conscience et incapable de regarder le monde. <span id="more-17013"></span></p>
<p>Un arc narratif se dessine. C’est l’histoire d’une tentative d’être ensemble. Elle commence dans un bang comme la naissance d’un nouveau monde : le mari violent a tiré, la femme part avec un autre. Elle est brune et pâle dans son trench, il est brun et pâle et mal rasé. Leur couple vit entre les tables filmées en gros plan, les machines à laver, les trajets en voiture dans une nuit brouillée par la pluie. Deux personnages à peine nommés, dont les voix mornes se jettent des questions, restent ensemble malgré les incompréhensions et le machisme ordinaire. Pourquoi ? En positif parce que l’autre permet l’émancipation de soi, possibilité rappelée par une allusion à Levinas ; en négatif parce qu’il y a « de la difficulté d’être seul », et qu’il n’y a « pas d’autre personne ». Un deuxième couple qui leur ressemble, leur « métaphore », répète leurs gestes et leurs appels croisés, en laissant libre cours à la violence qu’eux refrènent. La création du lien bute sur l’obstacle du langage. <em>« Faites en sorte que je puisse vous parler »</em>, supplie la femme, pâle et nue sur le canapé, une coupe de fruits entre les mains. <em>« Persuadez-moi que vous m’entendez »</em>, répond l’homme en off. Seul leur chien demeure, égal et fluide, posant un regard calme sur une nature douce et bruissante filmée en tons phosphorescents. </p>
<p>C’est aussi l’histoire d’une création ratée dont le couple n’est qu’une émanation, une paire de Frankenstein esclaves imaginés par une jeune femme du XIXe siècle dont la plume grince sur le papier. Dans ce cadre brisé, l’obsession moderne pour le bonheur paraît dangereuse : Godard rappelle qu’il est là pour dire un « non » salutaire, et mourir. Le couple fait pourtant un enfant, un cri jailli du ventre de la femme comme l’<em>Origine du monde</em> filmée en sépia trouble.</p>
<p>Formats saccadés, gestes chorégraphiés et sons en chœur déréglé : <em>Adieu au langage</em> suit une structure originale dont la haute précision permet à Godard de transmettre un univers organisé de ressentis indicibles. Beaucoup de références parfois lassantes d’érudition, et de considérations parfois lourdes comme des poncifs : oui, il est difficile d’être soi dans ce monde qui aime tant les personnages. Jean-Luc Godard reste chez lui. C’est quand même pour le meilleur, dans cette prolongation de la Nouvelle Vague qui montre la modernité comme elle est ressentie, isolante, brouillée, cadencée, technologique. </p>
<p>&nbsp;<br />
Adieu au langage<em> de Jean-Luc Godard, avec Héloïse Godet, Kamel Abdelli, Richard Chevallier&#8230; France, 2014. Sortie le 21 mai 2014. Sortie DVD / Blu-ray / Blu-ray 3D le 3 décembre 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/30z8fl/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/adieu-langage-jean-luc-godard/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mommy, de Xavier Dolan</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/mommy-xavier-dolan/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/mommy-xavier-dolan/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2014 07:48:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17237</guid>
		<description><![CDATA[Allô maman bobo - A 20 ans, Xavier Dolan tuait sa mère. Cinq ans plus tard, il récidive en la serrant très fort, vraiment très fort dans ses bras avec <em>Mommy</em>. Un mélo frénétique porté par...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Allô maman bobo</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/mommy-xavier-dolan.jpg" alt="Mommy, de Xavier Dolan" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17251" />A 20 ans, Xavier Dolan tuait sa mère. Cinq ans plus tard, il récidive en la serrant très fort, vraiment très fort dans ses bras avec <em>Mommy</em>. Un mélo frénétique porté par un formidable trio d&#8217;acteurs joyeusement tragiques. A sa tête, une révélation. L&#8217;extravagant Antoine-Olivier Pilon qui nous jette en pleine face son trop-plein d&#8217;énergie. Dans le rôle de la mère, on retrouve l&#8217;indéboulonnable et charismatique Anne Dorval, fidèle partenaire du Montréalais, qui s&#8217;était déjà vue confier la difficile responsabilité maternelle dans <em>J&#8217;ai tué ma mère</em>. Et enfin, il y a la voisine bègue, institutrice douce et secrète, incarnée par la délicate Suzanne Clément, autre muse des premiers jours du cinéma de Dolan.</p>
<p>Diane &#8220;Die&#8221; Desprès a derrière elle trois ans de veuvage et devant elle, un fils bipolaire à gérer, Steve, qui vient de se faire virer de son centre correctionnel. Steve souffre de TDAH – Trouble de déficit de l&#8217;attention avec ou sans hyperactivité –, accompagné d&#8217;un syndrome d&#8217;opposition-provocation. Bref, le garçon est pour le moins instable. Angélique lorsqu&#8217;il aime, diabolique lorsqu&#8217;il n&#8217;aime pas. Sa mère choisit de tenter le coup malgré tout en reprenant la garde de son rejeton. Il est son joyau et sa croix. Ils s&#8217;embrassent pour mieux s&#8217;insulter l&#8217;instant d&#8217;après. L&#8217;occasion de s&#8217;initier aux subtilités fleuries du <em>joual</em>, l&#8217;argot québécois. Couple terrible et bohème, Diane et Steve se retrouvent projetés dans l&#8217;effervescence inventive d&#8217;un Dolan définitivement très joueur. Format 1&#215;1, BO façon MTV Music Awards (Céline Dion, Oasis, Counting Crows, Lana del Rey, Dido…), couleurs vives, répliques truculentes. Comme à son habitude, le cinéaste s&#8217;appuie sur les profils hors normes de ses personnages pour justifier un cinéma tout feu tout flamme, capable de glisser sans complexe d&#8217;un ton à l&#8217;autre, de la répulsion haineuse à la passion effrénée. <span id="more-17237"></span><em>Mommy</em> est le nouvel échantillon de ce cinéma réjouissant et malin auquel nous a désormais habitués Xavier Dolan. On lui reprochera simplement peut-être quelques dérives complaisantes. Quelques effets de manche futiles. Quelques longueurs parasites. Bref, plus sommairement, dirons-nous que le Dolan gagnerait à se &#8220;dardenniser&#8221; un poil de temps à temps. Mais ces réserves émises, <em>Mommy</em> est un excellent cru et Xavier Dolan peut s&#8217;enorgueillir d&#8217;un parcours quasi sans faute. </p>
<p>Avec son cinquième long-métrage, le prodige et prodigue Québécois entretient le feu sacré qui illumine l&#8217;ensemble de sa cinématographie précoce. Il y confirme son insolente créativité en délivrant sans doute l&#8217;un de ses films les plus euphoriques. Euphorique et désespéré. <em>Mommy</em> est une déclaration d&#8217;amour tourmentée, impulsive et sans compromis.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mommy<em> de Xavier Dolan, avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément&#8230; Canada, 2014. Prix du jury du 67e Festival de Cannes. Sortie le 8 octobre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/35k5fl" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/mommy-xavier-dolan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Léviathan, d&#8217;Andreï Zviaguintsev</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 08:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17032</guid>
		<description><![CDATA[Monstre de talent - Kolia vit paisiblement dans la maison de son enfance avec sa femme Lylia et son fils Roma. Le maire de la ville, Vadim, souhaite s’approprier le terrain de Kolia pour...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Monstre de talent</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/leviathan-andrey-zvyagintsev.jpg" alt="Leviathan, d&#039;Andrey Zvyagintsev" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17072" /><strong>Kolia vit paisiblement dans la maison de son enfance avec sa femme Lylia et son fils Roma. Le maire de la ville, Vadim, souhaite s’approprier le terrain de Kolia pour s’y installer. Devant le refus de ce dernier, le maire va devenir plus agressif.</strong></p>
<p>Le titre du quatrième film d’Andreï Zviaguintsev renvoie moins au monstre marin biblique qu’à l’ouvrage de philosophie politique signé Thomas Hobbes (<em>Léviathan, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d&#8217;une république ecclésiastique et civile</em>, 1651), ouvrage qui détermine les conditions de la sujétion à un souverain tyrannique et théorise déjà le contrat social. Presque quatre siècles plus tard, Andreï Zviaguintsev fait un constat alarmant : entre le monde archaïque du XVIIe siècle et la Russie actuelle, rien a changé. La société est toujours gangrenée par le pouvoir et l’argent ; les puissants sont corrompus jusqu’à la moelle, les autres sont des pions qui ne doivent leur survie qu’à leur silence ou leur morne acceptation de la situation. Lorsque Kolia, désespéré, se réfugie dans l’alcool et croise le moine local (aussi sincère que déshérité), celui-ci lui raconte l’histoire de Job, humble devant Dieu et le mal infligé par Satan, puis récompensé par une vie longue et tranquille : <em>« Il a vécu jusqu’à 140 ans et a connu quatre générations de petits-enfants. »</em> Confirmation de la conscience malheureuse en Russie, la religion devenant la dernière maison dans laquelle se réfugier. <span id="more-17032"></span><br />
&nbsp;</p>
<p style="text-align:center"><em>« Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu&#8217;elle disparaisse de l&#8217;année, Qu&#8217;elle ne soit plus comptée parmi les mois !<br />
Que cette nuit devienne stérile, Que l&#8217;allégresse en soit bannie !<br />
Qu&#8217;elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan !<br />
Que les étoiles de son crépuscule s&#8217;obscurcissent, Qu&#8217;elle attende en vain la lumière, Et qu&#8217;elle ne voie point les paupières de l&#8217;aurore !<br />
Car elle n&#8217;a pas fermé le sein qui me conçut, Ni dérobé la souffrance à mes regards.<br />
Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n&#8217;ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? »</em><br />
Job 3, 6-11</p>
<p>&nbsp;<br />
S’il est définitivement un humaniste, Andreï Zviaguintsev évite pourtant avec intelligence de faire de ses héros des martyrs : <em>Leviathan</em> est un film sur la condition humaine davantage que sur une tragédie familiale. Une observation du réel davantage que des sentiments exacerbés. La technique utilisée par le cinéaste russe (une distance visuelle entretenue tout au long du métrage) comme son talent de metteur en images (une nature à la beauté stupéfiante, grandiose et macabre à la fois, à l’instar de ces épaves de bateaux ou ce squelette de baleine qui constellent le paysage), viennent appuyer, sans artifices superfétatoires, cette œuvre à la puissance extraordinaire. Andreï Zviaguintsev a adopté une démarche opposée à celle de nombreux cinéastes : en quatre films, il est parti du plus intime (la découverte d’un père dans <em>Le Retour</em>, l’adultère et l’avortement dans <em>Le Bannissement</em>) pour progresser vers un cinéma plus universel et plus critique : <em>Elena</em> et ce <em>Léviathan</em> rappellent que la haine et les manigances sont toujours au cœur de la Russie de Vladimir Poutine. Dans une hilarante séquence de tir, l’un des protagonistes affiche les portraits d’anciens présidents russes pour servir de cible. Kolia demande : <em>« Il n’y a pas les actuels ? »</em> L’autre, pince-sans-rire : <em>« Non, pour les nouveaux, il nous manque encore le recul historique. »</em> </p>
<p>Andreï Zviaguintsev livre une œuvre crépusculaire qui ébranle le spectateur en alertant sur une situation sans issue. Lorsque l’un des personnages meurt, les suspects sont légion : dans la Russie de Zviaguintsev (probablement pas si éloignée de nombreuses autres nations), il semble impossible d’imaginer une rationalisation de la barbarie. Un suicide, pour échapper à une existence défaillante ? Le mari, dévoré par la jalousie et la folie meurtrière ? Le fils, qui se heurte à l’attitude incompréhensible des adultes qui l’entourent ? Ou le suspect le plus évident, le maire Vadim, prêt à tout lorsqu’on le pousse dans ses retranchements. Dans une ultime séquence confondante, le réalisateur montre les riches dans l’église orthodoxe nouvellement construite écouter le pope réciter un sermon hypocrite ; l’administration et l’Eglise, main dans la main, tiennent en otages des millions d’individus. Seule certitude : les hommes disparaîtront, engloutis par le monstre qu’ils ont créé, la nature perdurera.</p>
<p>&nbsp;<br />
Léviathan <em>d’Andreï Zviaguintsev, avec Alexeï Serebriakov, Elena Liadova, Vladimir Vdovitchenkov, Roman Madianov, Sergueï Pokhodaev. Russie, 2014. Prix du scénario du 67e Festival de Cannes. Sortie le 24 septembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3uuf0u" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Whiplash, de Damien Chazelle</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Sep 2014 12:02:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quinzaine des réalisateurs 2014]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17287</guid>
		<description><![CDATA[A la baguette et tambour battant Whiplash se situerait entre Full Metal Jacket et Black Swan, la violence et les ailes qui poussent dans le dos en moins. D&#8217;un côté,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>A la baguette et tambour battant</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/whiplash-damien-chazelle.jpg" alt="Whiplash, de Damien Chazelle" title="Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17294" /><em>Whiplash</em> se situerait entre <em>Full Metal Jacket</em> et <em>Black Swan</em>, la violence et les ailes qui poussent dans le dos en moins. D&#8217;un côté, un instructeur au langage fleuri &#8211; génial JK Simmons, vu dans d&#8217;innombrables seconds rôles &#8211; et à l&#8217;humiliation publique facile. De l&#8217;autre, une ambition dévorante, l&#8217;abnégation, les répétitions qui heurtent le corps et l&#8217;esprit, le travail pour talent. Andrew, 19 ans, est batteur dans une des meilleures écoles de jazz de New York &#8211; et donc du monde, dira Terence Fletcher, maître, chef d&#8217;orchestre, mentor. Le premier talent du réalisateur Damien Chazelle est d&#8217;installer ses personnages en une seule scène inaugurale. Andrew répète, seul dans une salle. Apparaît Terence Fletcher, dont on saisit en un instant l&#8217;importante stature. &#8220;<em>Tu sais qui je suis ? Alors pourquoi t&#8217;es-tu arrêté de jouer ?</em>&#8220;, interroge-t-il. Le rapport de force est posé, et ne fera que s&#8217;intensifier. L&#8217;ambiguïté de son personnage aussi. La manipulation dont est capable celui qui se veut éducateur, ne posant que des questions pièges auxquelles il est impossible de répondre en s&#8217;en sortant avec les honneurs. La sympathie qu&#8217;il dégage, le temps d&#8217;un bref et large sourire, d&#8217;un conseil glissé de manière subliminale, de questions personnelles et faussement sincères. Avec son histoire simple, Damien Chazelle met en scène une tension et une énergie folles, alternant les gros plans sur le visage de JK Simmons, terrifiant, et ceux sur les gouttes de sueur qui perlent sur les joues d&#8217;Andrew, sur le claquement de ses baguettes sur les tambours et les cymbales, le tout sur un montage suivant le rythme entraînant de ces deux morceaux répétés en boucle, <Whiplash</em> et <em>Caravan</em>, jusqu&#8217;à un final explosif en forme de solo magistral et vengeur. <span id="more-17287"></span>C&#8217;est une guerre qu&#8217;il filme. Une guerre psychologique, faite de regards emplis des mots qu&#8217;on ne peut pas dire, de moments de bravoure et de lâcheté, où la batterie se fait rafale. Ce faisant, Damien Chazelle également au scénario, se défait de tous les pièges et parvient à conserver un suspense inattendu tout au long de son film. Son seul écueil est de poser une question sans parvenir à y répondre clairement. Il s&#8217;interroge sur les limites d&#8217;un tel enseignement. Evoque, par la bouche de Terence Fletcher, l&#8217;anecdote liée au talent de Charlie Parker. La légende veut que Charlie Parker ne soit devenu <em>Bird</em> que suite à une humiliation publique lui ayant donné la volonté nécessaire pour travailler et laver son honneur en devenant le meilleur batteur du monde. Damien Chazelle a beau ne pas glorifier, loin de là, les méthodes du professeur qu&#8217;il met en scène, il les valide en filmant la rage de vaincre de son jeune apprenti. Une seule fausse note dans une partition pleine d&#8217;éclat.</p>
<p>&nbsp;<br />
Whiplash <em>de Damien Chazelle avec Miles Teller, Melissa Benoist, J.K. Simmons. Etats-Unis, 2014. Sortie en salle le 24 décembre 2014. Présenté à la 46e Quinzaine des réalisateurs. Grand Prix du 40e Festival du film américain de Deauville.</em> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hippocrate, de Thomas Lilti</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/hippocrate-thomas-lilti/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/hippocrate-thomas-lilti/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2014 10:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique 2014]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17060</guid>
		<description><![CDATA[Qui ? Thomas Lilti a deux vies. Qui se rejoignent cette année dans Hippocrate. Le jour, il est médecin. Et sinon, il est scénariste et réalisateur. Outre ses courts-métrages réalisés pendant...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/hippocrate-thomas-lilti.jpg" alt="Hippocrate, de Thomas Lilti" title="Hippocrate, de Thomas Lilti" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17201" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Thomas Lilti a deux vies. Qui se rejoignent cette année dans <em>Hippocrate</em>. Le jour, il est médecin. Et sinon, il est scénariste et réalisateur. Outre ses courts-métrages réalisés pendant ses études, on a pu voir de lui <em>Les Yeux bandés</em>, un point de vue original, même si pas tout à fait abouti, sur le crime, porté par des acteurs discrets mais toujours surprenants (Jonathan Zaccaï, Lionel Abelanski). Il a aussi coécrit <em>Télé Gaucho</em>, le récit des aventures de Michel Leclerc à Télé Bocal, les utopies et les désillusions d&#8217;un gamin naïf et attachant, accompagné de la toujours délicieuse Sara Forestier. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Avec <em>Hippocrate</em>, qui, comme son nom l&#8217;indique, évoque certainement un sujet personnel pour le réalisateur, Thomas Lilti pourrait bien réunir les qualités de ses premiers essais : la bonne idée de faire un pas de côté pour proposer un regard différent, un ton incisif, un humour efficace, une pointe de naïveté touchante, avec un casting de première classe pour donner chair et humanité à tout ça. On y verra Vincent Lacoste, peut-être enfin sorti des rôles d&#8217;ados boutonneux, faire son première stage d&#8217;interne en médecine dans le service de son père. Un parcours initiatique, avec pour guides Jacques Gamblin et Reda Kateb. Thomas Lilti, lui, arpentera peut-être la Croisette en se disant que <em>Le Nom des gens</em>, le deuxième film de Michel Leclerc, avec le même Jacques Gamblin, avait débuté sa belle carrière à la Semaine de la critique.</p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong></p>
<p>D&#8217;un point de vue artistique, <em>Hippocrate</em> n&#8217;est sûrement pas le film de l&#8217;année, et Vincent Lacoste ne se départ décidément pas de son rôle de grand benêt qui lui colle aux basques depuis <em>Les Beaux Gosses</em>. Pourtant, il faut voir cette plongée dans le coeur de l&#8217;hôpital, parce qu&#8217;elle en aborde tous les enjeux, plus ou moins profondément, avec une acuité rare. Le tout sans signer un film grossièrement militant, qui égrainerait les situations promptes à soulever les indignations. <span id="more-17060"></span>Thomas Lilti n&#8217;est certes pas Ken Loach, mais il réalise un film à la fois simple et complexe. Simple parce qu&#8217;il est abordable, sans ce jargon propre aux séries médicales qui veulent montrer qu&#8217;elles se sont vaguement renseigné sur le sujet (pas de « <em>C&#8217;est un lupus !</em> » et autres maladies auto-immunes). Simple aussi parce que c&#8217;est à travers le regard d&#8217;un jeune interne, qui découvre l&#8217;hôpital en même temps que le spectateur qu&#8217;on pénètre cet univers parfois anxiogène, s&#8217;étonnant à la fois du comportement des patients (violents ou touchants), des subtilités du fonctionnement de l&#8217;institution, et de l&#8217;impact personnel que peut avoir l&#8217;exercice de la médecine sur ce grand gars encore naïf. La complexité vient du fait que malgré tous les thèmes abordés (l&#8217;ambiance de salle de garde, les relations entre médecins et infirmières, les responsabilités laissées aux internes, le statut des médecins étrangers, la gouvernance de l&#8217;hôpital, la gestion des lits, les erreurs médicales, la solitude du médecin face à la loi Leonetti sur la fin de vie&#8230;), Thomas Lilti ne verse pas dans le catalogue et humanise chacune de ces situations dans un ensemble étonnamment cohérent et fluide. On pardonnera le ressort dramatique final un peu artificiel, manière de se sortir de son histoire devenue un peu ingérable, parce que le réalisateur se repose sur ses acteurs, tous impressionnants de justesse. Du plus petit rôle d&#8217;infirmière aux deux premiers rôles – Vincent Lacoste et Reda Kateb –, duo a priori mal assorti, finalement complice et solidaire. A voir avant la présentation de la loi de santé publique, histoire de savoir de quoi on parle. </p>
<p>Hippocrate<em> de Thomas Lilti, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt&#8230; France, 2014. Présenté en clôture de la 53e Semaine de la critique. Sortie le 3 septembre 2014.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/hippocrate-thomas-lilti/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Gett, le procès de Viviane Amsalem, de Ronit et Shlomi Elkabetz</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/gett-proces-viviane-amsalem-ronit-et-shlomi-elkabetz/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/gett-proces-viviane-amsalem-ronit-et-shlomi-elkabetz/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2014 09:58:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quinzaine des réalisateurs 2014]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17074</guid>
		<description><![CDATA[Présenté à la 46e Quinzaine des réalisateurs Qui ? Ronit et Shlomi Elkabetz, frère et sœur, ont chacun leur carrière : on a vu Ronit Elkabetz, actrice, chez Amos Gitaï, Keren Yedaya,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Présenté à la 46e Quinzaine des réalisateurs</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/gett-proces-viviane-amsalem-ronit-shlomi-elkabetz.jpg" alt="Gett, le procès de Viviane Amsalem, de Ronit et Shlomi Elkabetz" title="Gett, le procès de Viviane Amsalem, de Ronit et Shlomi Elkabetz" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17197" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Ronit et Shlomi Elkabetz, frère et sœur, ont chacun leur carrière : on a vu Ronit Elkabetz, actrice, chez Amos Gitaï, Keren Yedaya, et récompensée pour son premier rôle dans <em>La Visite de la fanfare</em> ; Shlomi Elkabetz, scénariste et réalisateur, a également arpenté les planches à New York. C&#8217;est pour raconter une histoire personnelle, celle de leur mère, qu&#8217;ils se rapprochent et coréalisent <em>Prendre femme</em>, <em>Les Sept Jours</em>, et aujourd&#8217;hui <em>Gett, le procès de Viviane Amsalem</em>. Une initiative remarquée par les Semaines de la critique de Venise et de Cannes. </p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>On retrouve dans <em>Gett</em> le personnage de Viviane, présent dans les trois films des Elkabetz. Chacun offre un point de vue sur l&#8217;histoire de cette femme, mère de quatre enfants, qui demande le divorce, interprétée par Ronit Elkabetz elle-même. Le rôle de son mari, Eliahou, est toujours tenu par l&#8217;impeccable Simon Abkarian. Des points de vue différents sur une même histoire plus que des suites, car chacun des films se situe à des époques différentes (1979 pour <em>Prendre femme</em>, 1991 pour <em>Les Sept Jours</em>). Et parce que chacune des institutions liées au divorce est passée au crible : le couple et les enfants dans le premier, la famille élargie dans le deuxième, la justice dans le troisième. Avec à chaque fois, le poids des traditions et un contexte politique (la venue d&#8217;Anouar El Sadate à la Knesset et la guerre du Golfe), reflétant les mutations de la société israélienne. L&#8217;histoire déclinée en trois films d&#8217;une femme en lutte pour sa liberté, et d&#8217;un pays, pris entre tradition et modernité. <span id="more-17074"></span></p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong></p>
<p>Les frère-soeur Elkabetz poursuivent leur exploration de la condition des femmes en Israël, martelant avec force l’absurdité d’un système qui organise un procès &#8211; en fait un tribunal rabbinique qui s’apparente plus à de la médiation &#8211; dont l’une des parties a seule le pouvoir de rendre le verdict. Le divorce de Viviane ne sera prononcé que lorsque Elisha la répudiera. Dans ce huis clos, la noirceur du regard de Ronit Elkabetz répond aux murs blancs et neutres de la salle d’audience. De regards, justement, il n’est question que de ça. Au fil des témoignages, des reports d’audience incessants et interminables, on ne voit que ces regards. Ceux des amis et de la famille du couple, qui voudraient aider mais ne font qu’empirer les choses. Ceux des rabbins exaspérés par cette situation inextricable. Et surtout ceux que s’échangent les deux époux, implorant chacun l’autre de mettre fin à leur obstination. Celui de Ronit Elkabetz, tantôt dur, déterminé, désespéré, rageur. Celui de Simon Abkarian, sûr de lui, forcément confiant dans l’issue d’un procès dont il détient les clés. Ronit et Shlomi Elkabetz ont choisi de pointer l’absurdité de la situation par des scènes de comédie, lorsque par le témoignage de femmes mariées ou célibataires, on découvre le rôle qui leur est assigné. Ne pas dire un mot plus haut que l’autre, dans l’intérêt de la paix des ménages. Toujours veiller à l’image que l’on donne de son couple, et par là, de son mari. Par ruptures de ton, on passe du rire franc à l’émotion brute au fur et à mesure que la colère de Viviane monte, jusqu’à son explosion, expliquant que sa voix n’est pas entendue, que c’est elle qui est jugée, dans tous les aspects de sa vie, quand les réponses laconiques de son mari suffisent à convaincre. Viviane n’est qu’une femme qui demande sa liberté. Celle, simple, de ne plus vivre avec un homme, qui se transforme en parcours du combattant, avec ses soubresauts, ses déclarations enflammées, ses tentatives de conciliation, l’espoir toujours de l’issue favorable de la prochaine audience. Pour conquérir sa liberté, Viviane est prête à tout. C’est justement ce que lui demande Elisha. Abandonner sa vie pour la retrouver.</p>
<p>&nbsp;<br />
Le Procès de Viviane Amsalem <em>de Ronit et Shlomi Elkabetz, avec Ronit Elkabetz, Menashe Noy, Simon Abkarian&#8230; France, Israël, Allemagne, 2013. Sortie le 25 juin 2014.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/gett-proces-viviane-amsalem-ronit-et-shlomi-elkabetz/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
