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	<title>Grand Écart &#187; possession</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Gérardmer 2020 : quatre nanars et un (grand) film</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 22:05:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après deux jours de la compétition gérômoise du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer, un constat s’impose : à Gérardmer, le dérèglement n’est pas seulement climatique – c’est possible, la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/saint-maud-rose-glass-gerardmer.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-27414" />Après deux jours de la compétition gérômoise du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>, un constat s’impose : à Gérardmer, le dérèglement n’est pas seulement climatique &#8211; c’est possible, la mousson dans les Vosges ? &#8211; il est également cinématographique. À mi-parcours, soit après cinq films dont quatre purges aussi ineptes qu’une raclette surgelée ou une tartiflette au Caprice des dieux, le bilan penche dangereusement dans le rouge. À moins que toute cette médiocrité ne soit qu’une machination pour laisser le champ libre à la stupéfiante épiphanie britannique que cette pluvieuse matinée de vendredi nous a réservée. Une lumière venue d’une jeune et frêle Anglaise au talent aussi insolemment mature qu’une référence à laquelle on se sent bien incapable de la rapprocher. Mais ça, c’est une autre histoire que d’autres sauront brillamment raconter…</p>
<h2><em>Snatchers</em>&#8230; Teen movie tiédasse</h2>
<p>Tout commence donc, et avant d’aller rêver à des jours meilleurs, dans la potacherie yankee lors d’un traditionnel mercredi soir d’ouverture des festivités. <em>Snatchers</em> &#8211; pour rappeler que le corps humain, en l&#8217;occurrence celui des femmes, est une matrice scénaristiquement idéale à profaner &#8211; est un pastiche de teen movie horrifique tiédasse qui transgresse du bout des lèvres et sans trop se mouiller le kiki dans la sauce piquante (paraît-il que c’est une pratique à la mode chez certains mâles sans neurones utilisateurs de l’appli TikTok). <span id="more-27406"></span>À partir d’un pitch pourtant subversif et prometteur sur la grossesse spontanée et monstrueuse d’une ado en mal de sexe, le binôme de réalisateurs “in charge” a réussi l’exploit de torcher un nanar qui ressemble furieusement à un de ces bonbons hyper-acides qui se finissent en chewing-gum fadasse. Rattrapés sciemment ou pas par une morale bien sage et jamais bonne pour le business, le duo aurait été bien inspiré de jeter un œil avant de se lancer à une pépite hilarante et transgressive comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cradiole-cooties-jonathan-milott-cary-murnion/" title="Cooties, de Jonathan Milott et Cary Murnion">Cooties</a></em>. Mais, trop tard…</p>
<h2><em>Répertoire des villes disparues</em>&#8230; Ennui abyssal</h2>
<p>Le lendemain, au saut du lit, on sent de la gravité dans l’air. Fini la rigolade, <em>Répertoire des villes disparues</em> est au programme. Voilà, un film canadien d’auteur qui promet une déclinaison originale du retour des morts-vivants sur fond d’exode rurale et de peur de l’étranger. Malheureusement, le résultat est d’un ennui abyssal. Tourner sous la neige et en 16 mm ne suffit pas à donner de la mœlle à un sujet qui n’a plus que ses tics “auteurisants” sur les os. Pourtant, l’image granuleuse, le montage fantasque, le rythme hiératique, les cadrages impressionnistes et les dialogues à contre-temps auraient dû nous emporter dans les tourments de ces braves gens médusés par le retour allégorique de tous les ex-vivants du village… Par ailleurs, avoir le film et la série <em>Les Revenants</em> dans la tête ne rend vraiment pas service à cet exercice de style fantomatique.</p>
<h2><em>Sea Fever</em>&#8230; Consternation des grands fonds</h2>
<p>Fin de journée, les choses s’enchaînent pour le meilleur… ou encore pour le pire ? On se dit qu’après avoir touché le fond, il est temps de remonter à la surface. Et pour ça, le programme nous enverrait-il des signes. Le <em>Sea Fever</em> qui se présente est certes un euro-pudding mais son pitch augure de bonnes choses à tous celles et ceux qui apprécient l’angoisse maritime à base de huis clos oppressant en pleine mer et de créature marine inconnue et malfaisante. Mais bien vite, le fol espoir laisse la place à la consternation des grands fonds. Avec son scénario mal maîtrisé, sa réalisation indigente, son suspense asthmatique, sa photographie loupée et son interprétation incertaine, le film s’avère finalement un bien mauvais copié/mal collé du <em>Cabin Fever</em> d’Eli Roth. Caramba ! Et de trois !</p>
<h2><em>1 br</em>&#8230; Ecrit par un algorithme ?</h2>
<p>C’est certain. La séance suivante doit être celle de la rédemption. Après une présentation survoltée du producteur du film, c’est à <em>1 br: the Apartment</em> de faire résonner son générique dans la salle de l’Espace Lac. Cette fois, on sent dès les premières minutes que la narration tient la route. Une jeune femme s’installe en toute confiance dans un appartement d’une résidence de Los Angeles tenue par un syndic de copropriété aux méthodes plutôt radicales. Malheureusement, 1h30 plus tard, le verdict tombe : entre emprise, soumission et ambiance sectaire avec sévices à la clé, ce film sans talent ni saveur ne s’élève jamais au-dessus d’un banal produit Netflix suspecté d’avoir été écrit par un algorithme. Quelle tristesse, encore raté…</p>
<h2><em>Saint Maud</em>&#8230; Lumière céleste !</h2>
<p>Vendredi matin, après ces quatre plaies d’Égypte, une lumière céleste a miraculeusement percé un ciel gérômois qu’on croyait définitivement voué aux ténèbres de la médiocrité… Alors pour ce premier jour de cinéma : Gloire à <em>Saint Maud</em> ! On vous en parle davantage très vite.</p>
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		<title>The Witch, de Robert Eggers</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jun 2016 06:42:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Récompensé à Sundance en 2015, projeté en compétition de ce 23e Festival de Gérardmer, The Witch fait sensation. Et pour cause : le jeune auteur-réalisateur américain Robert Eggers y déroule...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Récompensé à Sundance en 2015, projeté en compétition de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/festival-film-fantastique-gerardmer-2016/">23e Festival de Gérardmer</a>, <em>The Witch</em> fait sensation. Et pour cause : le jeune auteur-réalisateur américain Robert Eggers y déroule une maîtrise quasi parfaite de son matériau.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/the-witch-anya-taylor-joy.jpg" alt="Anya Taylor-Joy dans The Witch" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-22912" />En 1630 en Nouvelle-Angleterre, William et sa famille (une femme et cinq enfants) sont bannis de leur communauté pour désaccord avec les règles religieuses en vigueur chez les <em>Pilgrim fathers</em>. La famille prend ses affaires, son cheval, ses quelques chèvres et son bouc, et se met en quête d’une nouvelle terre, qu’elle trouvera à deux jours de route : une clairière au milieu d’une forêt. Soufflée par la beauté et la sérénité du lieu, la famille prie avec ferveur avant d’y installer la maisonnée et le cheptel. Mais la forêt, autour, pourrait bien être hantée.</p>
<p>Robert Eggers montre d’abord dans <em>The Witch</em> une passion pour son sujet littéral – la sorcellerie, encore très en « vogue » au début du XVIIe siècle –, ensuite une déférence pour les Pères Pèlerins du septième art. On y trouve l’héritage des Dreyer, Bergman et autres Murnau, étalons éternels d’un cinéma aussi formel qu’érudit. Stylistiquement ou narrativement, chaque plan rappelle l’un de ces modèles, quand il ne convoque pas les artistes picturaux de la psyché et du surnaturel : on ne serait d’ailleurs pas étonné si Eggers nous avouait avoir été inspiré par <em>La Tentation de saint Antoine</em> de Jérôme Bosch, <em>Le Cauchemar</em> de Füssli ou une toile d’Albrecht Dürer, à commencer par le <em>Jeune lièvre</em>, animal aux symboliques païennes qu’on croise ici.</p>
<p>Mais comme le tout est bien souvent supérieur à la somme des parties, <em>The Witch</em> n’est pas un amalgame de références étincelantes et plombantes pour les non-initiés. Ce qu’il emprunte à ses aïeux, Robert Eggers l’assimile et le renouvelle. Et fait de son premier long-métrage une œuvre étrange et sublime à la lisière de <em>L’Exorciste</em> et de <em>Ordet</em>, servie par un casting de haut vol et une matière première intarissable. <span id="more-22902"></span>L’austérité formelle n’évite pas le malaise, palpable dans les plans aveugles de la forêt, dans les cadrages serrés du jeune Caleb (Harvey Scrimshaw, impressionnant) en pleine crise d’hystérie religieuse ou dans les sonorités telluriques du film, voix (en VO) de l’acteur Ralph Ineson comprise. Jamais le spectacle de cette famille puritaine – et pourtant aimable – n’est voyeur ; au contraire, le spectateur assiste malgré lui à l’horreur et au cauchemar, pas gore mais intensément dérangeant. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/the-witch-a-new-england-folk-tale-robert-eggers.jpg" alt="The Witch, a New-England folk tale" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-22909" />Si Robert Eggers aurait pu se contenter de ces dispositions ténébreuses pour étourdir plus que de coutume le spectateur, il achève de le fasciner grâce à un scénario et une narration sans failles. Sorcellerie ou paranoïa, à chacun de projeter dans le métrage ses propres convictions et sa foi en l’ordalie inquisitrice. Plus subtil est le discours sous-jacent qui fait écho à l’histoire religieuse américaine, ferment de <em>The Witch</em>. L’histoire d’un triple rejet : d’abord celui de l’Eglise anglicane, carcan dont les immigrés du Nouveau Monde se sont libérés. Ensuite celui de la communauté chrétienne, trop progressiste du goût du patriarche, qui mène à l’exil loin de la civilisation. Enfin, le rejet de la fille aînée, Thomasin (l’éclatante Anya Taylor-Joy), pourtant seule personne vertueuse d’une famille meurtrie par les non-dits, l’orgueil et la luxure. Jouet innocent balloté par Dieu et par le Diable, Thomasin n’a d’autre choix que d’arracher sa liberté. Lectures multiples, œuvre protéiforme à l’immense profondeur, <em>The Witch</em> est un film de sorcières. Un film historique. Un drame social. Un conte folklorique épouvantable. Un film sur le deuil et sur la paranoïa. Tout ça à la fois ; <em>The Witch</em> est légion.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Witch <em>de Robert Eggers, avec Ralph Ineson, Kate Dickie, Anya Taylor-Joy&#8230; Etats-Unis, Canada, 2015. Sortie le 15 juin 2016.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/YjBN0ByAqDk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>February, d&#8217;Oz Perkins</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2016 16:37:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Osgood « Oz » Perkins, acteur et fils du très tranchant Anthony Perkins (inoubliable Norman Bates de <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock), signe ses débuts derrière la caméra...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/february-affiche.jpg" alt="February, d&#039;Oz Perkins" title="February, d&#039;Oz Perkins" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22959" /><strong>Osgood « Oz » Perkins, acteur et fils du très tranchant Anthony Perkins (inoubliable Norman Bates de <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock), signe ses débuts derrière la caméra avec <em>February</em>, un récit horrifique au féminin pris dans la glace d’un hiver moribond.</strong></p>
<p>Kat (Kiernan Shipka, de <em>Mad Men</em>) et Rose (Lucy Boynton) sont pensionnaires à Bramford, une prestigieuse institution catholique pour jeunes filles. C’est la fin février et bientôt les vacances. Alors que toutes leurs camarades retrouvent leurs parents venus les chercher, les deux étudiantes sont mystérieusement « oubliées » et contraintes de passer quelques jours supplémentaires entre les murs de l’internat, en attendant d’avoir des nouvelles de <em>mummy</em> et <em>daddy</em>… A des kilomètres de là, Joan (Emma Roberts, de <em>Scream 4</em> et <em>American Horror Story</em>) quitte prématurément ce qui semble être un hôpital – psychiatrique ? Assise seule sous la neige, sur un banc d’une gare routière, elle est abordée par un homme, la cinquantaine (James Remar), qui lui propose gentiment de l’aider et de l’emmener en voiture là où elle le désire. Joan accepte. Direction ? L’institut de Bramford. Pourquoi ? On ne le sait pas (encore). Mais alors que son voyage prend de sanglantes tournures, à l’institut, Kat se retrouve assaillie de visions et de voix maléfiques de plus en plus effroyables. </p>
<p>Oz Perkins nous invite donc à suivre deux pistes narratives simultanées et à accompagner les gestes et les pensées de ces trois adolescentes aux tempéraments très différents. Kat, la petite nouvelle de l’école, blonde fragile, taciturne et introvertie. <span id="more-22953"></span>Rose, l’ « ancienne », la jolie brune hautaine et revêche qui fume et qui fait le mur. Et Joan, nerveuse, excitée, agitée. Trois lignes de vie, trois fils du destin enchevêtrés que Perkins prend soin de dénouer lentement, très lentement, dans une réalisation élégante et subtile. Car si le thème de la possession compte parmi les marronniers du genre, le cinéaste nous en propose ici une approche quasi « auteurisante » de par son traitement. Images (de Julie Kirkwood) et matériaux sonores (d’Elvis Perkins, le frère) œuvrent de concert pour mieux nous figer dans le froid glacial de cet inquiétant mois de février. Plans aux compositions complexes, visages décentrés, coupés, vrombissements sourds, silences écrasants. Oz Perkins instille insidieusement le trouble en démultipliant les sources de tension, ne laissant saillir l’horreur que par petites touches, sans jamais s’y complaire. A l’écran, cela n’a l’air de rien. L’effet, lui, est redoutable. A tel point qu’on en viendrait presque à douter de la nature de l’emprise dont est victime Kat. Est-elle véritablement maligne ? Ou simplement fantasmée, désirée, tentative désespérée d’une adolescente noyée dans une immense solitude et prête à suivre le premier mentor venu, même diabolique ? Perkins laisse les portes ouvertes.</p>
<p>C&#8217;est certain, en tout cas, cet Oz-là est un magicien. Et chez les Perkins, on fait donc dans la coutellerie de père en fils. Car si Anthony a su offrir à Hitchcock le plus célèbre coup de couteau de toute l’histoire du cinéma, Oz nous assène aujourd’hui un splendide coup de poignard en plein cœur d’un des plus grands thèmes du cinéma de genre : ce <em>February</em> est une belle et lancinante variation, terrifiante et mélancolique, autour du thème de la possession, doublée d’une subtile réflexion sur l’adolescence, le sentiment d’abandon et la quête d’identité. </p>
<p>&nbsp;<br />
February<em> d&#8217;Oz Perkins, avec Emma Roberts, Kiernan Shipka, Lucy Boynton&#8230; Etats-Unis, 2015.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/nTyyT74CMaw?rel=0&amp;showinfo=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Ouija, de Stiles White</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2015 07:27:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les fantômes, les jeunes et le jouet Après le suicide inexpliqué d&#8217;une de leurs amis, une bande de jeunes, bien sous tout rapport, décide d&#8217;en savoir plus sur le drame...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les fantômes, les jeunes et le jouet</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/02/ouija-stiles-white-film-horreur-olivia-cooke.jpg" alt="Ouija, de Stiles White" title="Ouija, de Stiles White" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20279" />Après le suicide inexpliqué d&#8217;une de leurs amis, une bande de jeunes, bien sous tout rapport, décide d&#8217;en savoir plus sur le drame qui leur a rougi les yeux. Ils reviennent sur les lieux de la tragédie et découvrent une table de spiritisme. Une aubaine qui va leur permettre d&#8217;entrer en contact avec leur amie depuis l&#8217;au-delà et peut-être connaître la terrible vérité. Mais, la maison est habitée par d&#8217;autres fantômes pas vraiment &#8220;friendly&#8221;…</p>
<p>Autant le dire tout de suite, ce film est un immense complot commercial. Contrairement à toutes les autres maisons hantées qui sentent le navet, celle-ci a pour particularité de remettre au goût du jour, par un placement de produit orgiaque, un article ludo-éducatif qu&#8217;on avait peu vu depuis <em>L&#8217;Exorciste</em> : la table de spiritisme, communément appelée ouija. De quasiment tous les plans, l&#8217;objet y est décliné en deux versions : la junior, dans le préambule du film, à la structure intégrale en plastique (plateau, pointeur et fish-eye pour voir l&#8217;esprit qui fait peur, et accessoirement, assurer les jumpscares) et la vintage, plus grande et en bois vernis ignifugé. La bande de teens apeurés qui le manipule, ou plutôt les scénaristes qui font le job, nous rappellent astucieusement que ce produit &#8211; devenu désuet dans nos contrées attardées, à part chez quelques revendeurs spécialisés de foie de corbeau séché et autres élixirs à base de menstruations de génisse &#8211; est en vente dans tous les magasins de jouets du Texas à l&#8217;Oregon. Enfin, si l&#8217;on recoupe ces constatations avec le fait que le producteur du film est Michael Bay (grand manitou des <em>Transformers</em>, eux-mêmes produits dérivés d&#8217;une grosse marque de jouets), on comprend sans effort l&#8217;objectif de cette action d&#8217;envergure menée conjointement par l&#8217;industrie du jouet et celle du divertissement : relancer les chiffres de ventes d&#8217;un article en perte de vitesse. De plus, en ces temps troublés où la chose mystique revient en force, le moment est on ne peut mieux choisi. A part ça ? rien… Ah si, peut-être faudrait-il arrêter de construire des maisons avec cave et grenier. Ça éviterait aux fantômes de s&#8217;y fourrer et de toujours y laisser traîner leurs anciens effets personnels. A force, ça devient lassant. Merci !</p>
<p>PS : ce publi-reportage éhonté aura les honneurs du grand écran en avril prochain. Le pouvoir de l&#8217;argent, qu&#8217;on vous dit !</p>
<p>&nbsp;<br />
Ouija <em>de Stiles White, avec Olivia Cooke, Ana Coto, Daren Kagasoff&#8230; Etats-Unis, 2014. Présenté hors compétition au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 29 avril 2015.</em></p>
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		<title>Le Projet Atticus, de Chris Sparling</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2015 19:49:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1975, un groupe de scientifiques crée le projet Atticus, un programme d'étude des comportements paranormaux. Les cas avérés, mais non scientifiquement validés, de médiumnie et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Ce soir, dans <em>Histoires secrètes</em>&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/02/projet-atticus-chris-sparling-affiche.jpg" alt="Le Projet Atticus, de Chris Sparling" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20289" /><strong>En 1975, un groupe de scientifiques crée le projet Atticus, un programme d&#8217;étude des comportements paranormaux. Les cas avérés, mais non scientifiquement validés, de médiumnie et de télékinésie y sont étudiés selon un protocole précis. Pourtant, un cas hors du commun va précipiter la fermeture du laboratoire. Ce film documentaire propose de faire la lumière sur cette étrange affaire.</strong></p>
<p>Chris Sparling maîtrise sur le bout des doigts ses classiques de possession démoniaque. <em>L&#8217;Exorciste</em>, pour les sons gutturaux et les roulements de tête, comme tous ses succédanés où sont mis face à face émanation surnaturelle et rationalisme scientifique. Cette érudition s&#8217;avère bien utile pour tenir sans mollir le principe du faux documentaire qu&#8217;on croirait siglé Discovery Channel. Un <em>found footage</em> emballé en &#8220;docu like&#8221; où rien ne manque, des interviews des protagonistes quarante ans plus tard cadrés et éclairés dans les règles de l&#8217;art, aux archives banc-titrées avec effet Ken Burns jusqu&#8217;aux rapports top secrets caviardés. Et bien évidemment, les vidéos des événements, puisque nous sommes dans un dispositif scientifique où tout était consigné sur film argentique et sur bande vidéo. Certes, l&#8217;ensemble tire trop en longueur en répétant certaines séquences et en bouclant sur des évidences du type <em>&#8220;Nous sentions que quelque chose n&#8217;allait pas&#8221;</em> comme lors d&#8217;un retour d&#8217;écran de pub. Mais, en recréant tous les codes du genre, le réalisateur a au moins le mérite de la cohérence en nous persuadant qu&#8217;on est bien devant un 52 minutes de seconde partie de soirée sur le câble. </p>
<p>L&#8217;approche scientifique et le traitement vintage des archives vidéo apportent parfois une plus-value bien sentie aux moments effrayants, même s&#8217;ils ne brillent pas par leur originalité. En revanche, ce qui l&#8217;est davantage, c&#8217;est l&#8217;idée pour le moins farfelue, mais séduisante, que ce cas de possession soit reconnu, top secret, par l&#8217;Etat américain. Rappelons que les événements se passent en pleine guerre froide. Mises dans le coup, la CIA et l&#8217;armée supplantent les scientifiques dépassés et passent à l&#8217;action en tentant de &#8220;posséder la possession&#8221;, avec pour seul objectif de soumettre l&#8217;esprit démoniaque qui habite le corps de la pauvre femme afin d&#8217;en capter la puissance pour la transformer en arme fatale… et les Soviets n&#8217;ont qu&#8217;à bien se tenir. Evidemment, un prêtre exorciste avec masque à gaz et un vomi-geyser de pétrole plus tard, l&#8217;échec est définitif. Rideau sur le labo. Les survivants sont priés de rentrer chez eux et d&#8217;oublier cette histoire qui, de toute façon, sentait la plantade intégrale depuis le début.</p>
<p><em>Le Projet Atticus</em> est un <em>found footage</em> réussi &#8211; c&#8217;est assez rare pour le signaler &#8211; grâce à un procédé narratif correctement tenu de bout en bout par un réalisateur qui fait son boulot. Un bon DTV en forme de fausse soirée TV, suffisamment tendu pour nous faire croire qu&#8217;on vient d&#8217;arrêter de zapper.</p>
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Le Projet Atticus<em> (The Atticus Institute) de Chris Sparling, avec Rya Kihlstedt, William Mapother, John Rubinstein&#8230; Etats-Unis, 2014. Présenté hors compétition au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 25 mars 2015.</em></p>
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