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	<title>Grand Écart &#187; homosexualité</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>120 battements par minute, de Robin Campillo</title>
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		<pubDate>Sun, 21 May 2017 19:46:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<em>« On est vivant ou on est mort »</em>, lance Sean, personnage principal s’il en est du nouveau film de Robin Campillo, <em>120 battements par minute</em>. Ligne directrice du long-métrage, la phrase claque comme...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La fureur de vivre</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/120-battements-minute-robin-campillo-arnaud-valois-adele-haenel.jpg" alt="120 battements par minute, de Robin Campillo" title="120 battements par minute, de Robin Campillo" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25148" /><em>« On est vivant ou on est mort »</em>, lance Sean, personnage principal s’il en est du nouveau film de Robin Campillo, <em>120 battements par minute</em>. Ligne directrice du long-métrage, la phrase claque comme cette œuvre précise, documentée, vivante et hautement romanesque. </p>
<p>Pendant 2 heures et 20 minutes (qui passent tellement vite), le réalisateur des <em>Revenants</em> et de <em>Eastern Boys</em> nous invite à partager la vie d’un groupe d’activistes d’Act Up. Assis à leurs côtés dans le petit amphithéâtre qui leur sert de QG pour leur RH (Réunion Hebdo), le spectateur semblable aux nouveaux venus dans ce groupe militant, se fait d’abord timide et observateur, avant de devenir partie prenante des débats, des actions, de cette lutte pour la vie et contre le silence qui entoure l’épidémie du sida.</p>
<p>Gays, lesbiennes, hémophiles, mères d’enfants malades, séronégatifs… On apprend à connaître ce collectif dans toutes ses individualités. On guette leurs réactions, on devine leurs doutes, on écoute leurs certitudes. <em>120 battements par minute</em> prend le temps de faire exister ses personnages. Tous ses personnages. Il fait le choix d’un didactisme incarné qui procède par touche. Jamais redondant, toujours palpitant, il mêle intime et politique, humour cinglant et tragique au naturel, romanesque et réalisme. <span id="more-25135"></span></p>
<p>Dans cette course contre la montre, notre cœur s’emballe. Souvent. Et les particules de poussière flottent dans l’air comme les confettis pendant la Gay Pride. La mort qui rôde. L’urgence de se sentir vivant. Tout s’imbrique dans une dramaturgie fascinante. Le portrait sans filtre d’un groupe qui découvre sa force en se heurtant à l’immobilité des dirigeants et au silence complice d’une société qui ne se sent pas encore vraiment concernée. L’histoire d’amour entre Arnaud, séronégatif, nouveau venu chez Act Up et Sean, séropositif, militant de la première heure… </p>
<p><em>« Des molécules pour qu’on s’encule »</em>, le slogan d’Act Up est cru, comme ce film sans artifices. Le corps, sujet central, est à la fois arme et cible. Catapulte balançant des litres de faux sang sur les murs immaculés d’un laboratoire pharmaceutique qui tarde à communiquer les résultats de nouveaux traitements, il se laisse tomber au sol pour résister pacifiquement aux forces de l’ordre. Il défile dans la rue, saute les portiques du métro, danse sur les dancefloors, fait l’amour dans des scènes extrêmement sensuelles. De la vie menacée par la mort naît une énergie débordante qui transporte toute la première partie du film. Puis les T4 diminuent, les espoirs s’amenuisent, Act Up patine, et la mort frappe. Evidemment. Et avec elle, la peine, la solitude. Le soulagement aussi. Et après ? Poursuivre le combat, continuer à vivre. Renaître de leurs cendres. </p>
<p>&nbsp;<br />
120 battements par minute <em>de Robin Campillo, avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel. France, 2017. En compétition au 70e festival de Cannes. Sortie le 23 août 2017.</em> </p>
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		<title>Coby, de Christian Sonderegger</title>
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		<pubDate>Sat, 20 May 2017 10:09:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[« Je me sens toujours femme : j’ai toujours 21 ans de femme derrière moi, je l’ai été plus longtemps qu’un homme », tente d’expliquer Jacob à deux collègues féminines,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/06/coby-affiche-film-christia-sonderegger.jpg" alt="Coby, de Christian Sonderegger" title="Coby, de Christian Sonderegger" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25725" /><em>« Je me sens toujours femme : j’ai toujours 21 ans de femme derrière moi, je l’ai été plus longtemps qu’un homme »</em>, tente d’expliquer Jacob à deux collègues féminines, qui peinent à comprendre. Avant d’être Jacob, il était Suzana, et pendant sa période de transition (sous prise de testostérone) il était… Coby. A 18 ans, Suzana informe ses parents de son homosexualité. A 21 ans, elle commence les injections de testostérone.</p>
<p>Dans ce documentaire édifiant (aux petits airs de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/laurence-anyways-xavier-dolan/" title="Laurence Anyways, de Xavier Dolan">Laurence Anyways</a></em> de Xavier Dolan), Christian Sonderegger a filmé sur plusieurs années la transition sexuelle de son frère cadet, né femme. Nous découvrons dans un cadre familial à quel point le choix de Suzana a chamboulé les vies de ses proches. Celles de Christian, de son père, de sa mère, et de la petite amie de Coby, Sara. Tous sont sans cesse en gravitation autour du protagoniste. <span id="more-25724"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>De la confusion des genres</h3>
<p><em>Coby</em> alterne entre témoignages, photographies d’un Coby petite fille ou adolescente, extraits de vidéos Youtube où Coby et Sara racontent les changements progressifs d’une femme sous testostérone, et le présent, mis en scène pour la bonne cause. Dans ce présent, Jacob ressemble à un jeune homme tout ce qu’il y a de plus normal : costaud, barbu, voix grave. Pourtant, il n’a pas subi l’opération dont on parle tant, celle du changement de sexe. Pour sauver les apparences, il utilise des prothèses génitales. Deux conversations importantes marquent les esprits. La première dans un café où, le cadre dûment posé, Sara raconte à Jacob que depuis qu’il ressemble à un homme et que les gens le prennent pour tel, elle s’est mise à rêver de lui avec un pénis. Allez comprendre. Dans le salon, Jacob explique à Christian la raison qui pourrait retarder l’intervention médicale visant à lui retirer un utérus devenu inutile : Sara est terrifiée à l’idée de porter un enfant et s’y refuse, mais si un jour ils en veulent quand même un&#8230; l’utérus de Jacob serait une alternative. Oui, c’est compliqué.</p>
<h3>Amour, toujours</h3>
<p>La chose la plus impressionnante, c’est la bienveillance des parents, qui ont totalement accepté le changement de leur fille, même si ça n’a pas toujours été le cas. Cet amour se retrouve dans la manière de filmer de Christian Sonderegger. Il est émouvant de ressentir toute l’affection et le soutien qu’il porte, lui et les autres, à sa sœur. Le film <em>Coby</em> glisse avec aisance sur un sujet aussi délicat et méconnu que la transsexualité, pour renverser et écrabouiller les préjugés. <em>Big up</em> pour l’incroyable Sara, qui a démarré sa relation avec Jacob du temps où il était Suzana, et ne l&#8217;a jamais lâché depuis. Elle explique à quel point il est parfois difficile de (re)trouver sa place quand on se promène aux côtés du centre absolu de l’attention.</p>
<p>Regarder ce documentaire pour quelqu’un qui ne connaît la transsexualité que de loin, c’est découvrir comment ça se passe, psychologiquement et physiquement. Pour tout le monde, c’est réaliser à quel point la vie que l’on mène est déterminée par son sexe. La difficulté d’y voir clair quand les deux genres s’entremêlent est à se donner une migraine, mais peut-être faut-il simplement arrêter de se poser trop de questions. Comme avec Coby, ce jeune homme qui se sent pleinement homme à l’extérieur, mais toujours femme à l’intérieur. Point barre.</p>
<p>&nbsp;<br />
Coby <em>de Christian Sonderegger. France, 2017. Présenté à la sélection ACID au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Mademoiselle, de Park Chan-wook</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 19:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sex Crimes en Corée - Park Chan-wook signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu'il y paraît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sex Crimes en Corée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/mademoiselle-park-chan-wook-affiche.jpg" alt="Mademoiselle, de Park Chan-wook" width="197" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23753" /><strong><em>Sympathy for Mister Vengeance</em> et <em>Old Boy</em> (2002 et 2003) étaient baroques et totalement fous. <em>Stoker</em> (2012), esthétiquement parfait, était inconsistant. Park Chan-wook, quelque part entre tout ça, signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu&#8217;il y paraît.</strong> </p>
<p>C’est en lisant <em>Du bout des doigts</em> de Sarah Waters que le réalisateur coréen décide de réaliser <em>Mademoiselle</em>. Il en reprend la trame mais modifie l’époque et les personnages. Ses héroïnes n’évolueront pas dans l’Angleterre victorienne mais dans la Corée des années 1930. Alors sous colonisation japonaise, le pays est ballotté entre plusieurs cultures. Park Chan-wook prend pour cadre une vaste demeure où se croisent les influences occidentales et orientales : architecture victorienne, pièces « à l’anglaise » (tables, tapisseries, décoration chargée) qui s&#8217;opposent à celles « à la japonaise » (futons, beauté zen et simplicité), lieux mystérieux avec ambiance steampunk avant l’heure. Pour sublimer le décor, Park utilise un objectif anamorphique, lui permettant d’enregistrer des plans très larges et de les restituer au format classique. Le procédé multiplie les détails à l’écran. Et rend l’histoire d’Hideko et de Sookee divinement enivrante. <span id="more-23750"></span></p>
<p>Hideko est une riche héritière sous la coupe de son oncle. Désireux de lui voler son héritage, un escroc qui se fait appeler le Comte demande à Sookee de devenir la servante d’Hideko pour l’espionner et l’inciter à s’enfuir avec lui. Film d’arnaque, polar tendu, drame social, triangle amoureux, <em>Mademoiselle</em> brille bien plus que son prédécesseur, le décevant <em>Stoker</em>. Si chaque plan est ultra-soigné pour épouser les formes de ses héroïnes, ce n’est jamais une fin en soi mais une façon de servir l’histoire. De susciter l’attention et la tension. Dans la plus pure tradition des films d’arnaqueurs, on ne distingue jamais bien la proie du prédateur. Le découpage emprunte au baroque de la Trilogie de la Vengeance, recoupant les morceaux au gré du récit, dévoilant par touches les enjeux et les secrets. Et surtout, faisant place à un érotisme rarement vu au cinéma, intense et délicat, qui arrive naturellement, avec légèreté et sans artifice. On savait Park Chan-wook ultra-doué pour les effusions de sang ; on le sait maintenant ultra-doué, tout court.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mademoiselle (Agassi)<em> de Park Chan-wook, avec Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong… Corée, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 1er novembre 2016.</em></p>
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		<title>The Duke of Burgundy, de Peter Strickland</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Jun 2015 22:20:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a des films qui vous transpercent. Des films qui, une heure et demie auparavant n’existaient pas et après, qui sont tout. Des œuvres d’une telle beauté que la seule envie qui se saisit de vous après...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/duke-of-burgundy-peter-strickland.jpg" alt="The Duke of Burgundy, de Peter Strickland" title="The Duke of Burgundy, de Peter Strickland" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22134" />Il y a des films qui vous transpercent. Des films qui, une heure et demie auparavant n’existaient pas et après, qui sont tout. Des œuvres d’une telle beauté que la seule envie qui se saisit de vous après visionnage – pour peu que vous soyez porté sur la chose, on se comprend – c’est d’écrire à leur sujet. Ecrire des choses belles et émouvantes, trouver des phrases aux tournures infiniment poétiques, des phrase qui s’imprimeront durablement dans la mémoire des lecteurs, à tel point qu’ils n’auront pas d’autre choix que d’aller au cinéma pour calmer l’incendie que ces mots auront allumé en eux. De tels films existent, <em>The Duke of Burgundy</em> en fait partie. Mais je serais incapable d’en approcher le mystère ou la beauté formelle avec les maigres mots que je maîtrise. Parce que ce rêve fou qui a germé – égaler la splendeur du film par une critique toute aussi éloquente et réussie – est totalement vain.</p>
<p>Le film de Peter Strickland raconte une histoire d’amour entre deux femmes. Une histoire de domination et de jeu de rôles. Une histoire où les codes et les règles ont une importance primordiale. Et quand, au sein de cette histoire de leurs histoires, l’une d’entre elles sort de son rôle, leur relation se crispe.</p>
<p>Qu’est-ce que le désir et comment naît-il ? Comment s’entretient-il ? La fiction est–elle finalement plus forte que la froide réalité ? Les thèmes et questionnements qui traversent <em>The Duke of Burgundy</em> sont bien connus. Comme toutes les œuvres fétichistes, ce n’est pas le fond qui va marquer durablement la rétine, mais la forme. La forme que cette quête de désir va prendre et les abîmes dans lesquels les personnages vont plonger pour assouvir leurs désirs. <span id="more-22129"></span></p>
<p>Fétichisme, le mot est tombé. Le film entier, en soi est un objet, un bel objet. Il n’y a pas un plan qui ne soit pas soigné, méticuleusement pensé. L’image est sublime, la lumière et les couleurs ravissent le regard à chaque instant. Et dans ce bel objet, que l’on a envie de poser chez soi, d’exposer pour embellir son intérieur, chaque objet, chaque décor est beau. Les verres à eau sont superbes. Le film célèbre le moindre détail comme si c’était un tableau de maître. Il suffit de voir ce plan sur des culottes qui trempent dans de l’eau savonneuse pour succomber au culte qu’instaure le film.</p>
<p>Ainsi, on est entraîné, fasciné dans un univers uniquement peuplé de femmes, dans un village qui pourrait être un pays d’Europe de l’Est. La période est incertaine, peut-être les années 1960-1970… Toutes les femmes assistent à des conférences de « lépidoptéristes », les experts en papillons. D’ailleurs, le seul « homme » de tout le film est ce fameux Duke, vous l’aurez compris, c’est un papillon : la Lucine…</p>
<p><em>The Duke of Burgundy</em> est une œuvre énigmatique, un labyrinthe sensoriel exquis. Ceux qui ont vu le précédent film du réalisateur, le sublime <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/berberian-sound-studio-peter-strickland-giallo/" title="Berberian Sound Studio, de Peter Strickland">Berberian Sound Studio</a></em> savent à quoi s’attendre (ou presque…). Il y a dans une séquence de ce film vénéneux et tendre à la fois plus de « cinéma » que dans la majorité des sorties annuelles*.</p>
<p>Ainsi, on constate à quel point l’auteur tente de s’approcher de l’émerveillement qu’il a ressenti en se laissant emporter par les ailes de ce long-métrage envoûtant. Et à quel point il retombe irrémédiablement dans la basse description d’émotions sincères mais esthétiquement inadéquates.</p>
<p><em>The Duke of Burgundy</em>, c’est le cinéma en tant que geste. La beauté de ce geste, et de ceux qui sont filmés, le talent artisanal presque, de la fabrication et l’assommante beauté d’une fiction qui se déroule – semble-t-il – au moment même où l’on regarde. Car c’est là le grand mystère de ce film, celui qui me hante depuis que je l’ai vu (mais en suis-je si sûr ?) : j’ai l’impression que le film n’existe pas en dehors de sa projection, qu’une fois le visionnage terminé, il retourne dans les eaux profondes d’où il a émergé. Et ainsi je justifie mon incapacité à en parler, car j’essaye de cerner une œuvre qui m’échappe, qui échappe au triste réel (triste langage), car elle appartient à un monde où l’imaginaire détient à lui seul les clés de la compréhension.</p>
<p>Et j’envie ce film de vivre là où j’ai toujours voulu exister. Et je le remercie de m’y transporter et de me donner à vivre l’amour de ces femmes, un amour de l’image, passion ô combien dangereuse et insatiable.</p>
<p style="font-size:90%">*La phrase donc qui aurait dû figurer sur l’affiche du film… Ô Vanité quand tu nous tiens…</p>
<p>&nbsp;<br />
The Duke of Burgundy <em>de Peter Strickland, avec Sidse Babett Knudsen, Chiara D’Anna, Eugenia Caruso&#8230; Royaume-Uni, 2015. Sortie le 17 juin 2015.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/szvvx3/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Carol, de Todd Haynes</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2015 20:36:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Carol-de-Todd-Haynes.jpg" alt="Carol, de Todd Haynes" title="Carol, de Todd Haynes" width="250" height="176" class="alignleft size-full wp-image-20934" />New York, années 1950. Carol est riche et mariée, mère d’une petite fille. Therese est jeune et pauvre, vendeuse au rayon jouets d’un grand magasin. L’une est corsetée par un mari qui ne la considère pas, l’autre par une société de privilégiés. Les deux vont se rencontrer et découvrir chez l’autre ce qui leur manquait.</p>
<p>Exit le lyrisme de <em>Loin du paradis</em>, l’excentricité de <em>Velvet Goldmine</em> ou la construction enchantée de <em>I’m Not There</em> : <em>Carol</em> est un film classique. Ajoutons : d’une beauté rare, magnifié par la photographie d’Ed Lachman et le jeu sublime des deux comédiennes, Cate Blanchett et Rooney Mara. La mise en scène, subtile et nonchalante, aux plans léchés, contredit la fougue qui se joue à l’écran : <em>Carol</em> est une œuvre sur la folie qui nous prend quand on tombe amoureux. Cinéaste porte étendard de la cause gay, Todd Haynes raconte cette relation entre deux femmes avec tendresse, alors que la simple présomption d’une sexualité déviante les condamne au mieux à la violence du regard des autres, au pire à des poursuites judiciaires – tous les Etats fédéraux punissaient alors les « perversions » sexuelles. Si Therese ne risque que le chagrin d’amour, Carol joue sa vie et sa position. Pourtant, malgré la menace de perdre la garde de sa fille, l’héroïne de Todd Haynes laisse de côté la raison et choisit la passion. Face au poids des conventions, Carol préfère la liberté, aussi pesante soit-elle. Une reconstitution touchante d’une certaine époque américaine, malheureusement pas si lointaine de la France de la Manif pour Tous.</p>
<p>&nbsp;<br />
Carol <em>de Todd Haynes, avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler… Royaume-Uni, Etats-Unis, 2015. Présenté en compétition au 68e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>In the Family, de Patrick Wang</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Nov 2014 15:06:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Attention, film rare. Rare, non seulement parce qu’il est diffusé dans une poignée de salles, mais aussi par son propos. Et à l’heure où en France on brandit la sacro-sainte famille comme un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/in-the-family-patrick-wang-2.jpg" alt="In the Family, de Patrick Wang" title="In the Family, de Patrick Wang" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-19677" />Attention, film rare. Rare, non seulement parce qu’il est diffusé dans une poignée de salles, mais aussi par son propos. Et à l’heure où en France on brandit la sacro-sainte famille comme un étendard et on met au pilori la théorie du genre, un film américain sur une famille homoparentale on ne peut plus normale a de quoi être anachronique. </p>
<p>Car ici, on suit la vie quotidienne de Joey et Cody et de leur fils Chip (dit Chipmunk). Entre le travail, les courses, les goûters d’anniversaire, les fêtes en famille. Rien de passionnant de prime abord. Cette famille semble si naturellement soudée qu’à aucun moment (ou presque, on a quand même de bons yeux), on ne réalise qu’il s’agit d’un couple d’hommes. Il faut qu’un drame survienne pour que toute la portée d’<em>In the Family</em> prenne son envol. Cody, le père biologique de Chip décède suite à un accident de voiture. Et voici Joey et Chip seuls au monde, se consolant l’un l’autre de la perte de l’être qui leur était le plus cher. Mais ce ne sont que les prémices de leurs mésaventures : Eileen, la sœur de Cody, devient la tutrice légale de Chip et l’enfant passe désormais des bras de celui qu’il surnomme « Papou » à celui de sa tante. Et pour couronner le tout, Joey reçoit une injonction de la police lui interdisant de s’approcher de son ex-belle-famille, qui était pourtant si bienveillante à son égard. </p>
<p>Le film, de chronique familiale, se mue en film de procès, Joey tentant de gagner la garde de celui qu’il a élevé comme son fils, alors que la loi ne le reconnaît pas comme père… Patrick Wang, également acteur principal, après avoir observé de nombreuses familles homoparentales dont les droits sont peu protégés aux Etats-Unis, s’est décidé à réaliser ce premier film pour montrer une réalité pourtant évidente : un couple homosexuel peut très bien élever un enfant sans que celui-ci n’en soit perturbé, bien au contraire. Et pour ce faire, il a usé de délicatesse, de subtilité et de juste dosage des émotions. <span id="more-19619"></span>Le film n’est jamais lacrymal et évite toute scène qui pourrait en être potentiellement chargée. A aucun moment, pour montrer la normalité de la situation, le mot « homosexuel » (une insulte encore ici bas) n’est susurré. Tous admettent le couple Cody/Joey comme une évidence. Et le thème du film devient alors non seulement l’amour filial (ce ne sont pas les liens du sang qui prévalent, en démontre Joey, lui-même adopté), mais l’intérêt de l’enfant (ainsi que le statut du beau-parent) : vaut-il mieux être élevé par un père homosexuel qui vous aime et que vous aimez, même s’il n’est pas votre parent biologique ou par une famille qui ne connaît pas jusqu’à votre groupe sanguin ?</p>
<p><em>In the Family</em> dure certes 2h50, mais ces dernières passent en un éclair. Entre scènes du quotidien où tous se retrouvent, flashbacks pour montrer comment l’histoire d’amour entre deux personnes qui n’y étaient pas destinées a pu voir le jour et incroyable scène finale à huis clos judiciaire où Joey tente d’argumenter son amour pour son fils, le film donne envie d’aimer, universellement. Que l’on soit homo ou hétéro, tout le monde peut s’y retrouver et le cœur serré, espérer que la justice, cette fois-ci, ne fera pas pencher la balance du mauvais côté. Un film non seulement rare : une œuvre indispensable. </p>
<p>&nbsp;<br />
In the Family<em> de et avec Patrick Wang, avec aussi Sebastian Brodziak, Trevor St. John, Lisa Altomare&#8230; Etats-Unis, 2013. Sortie le 19 novembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3kmz00" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Rencontre avec July Jung</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Nov 2014 08:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres et Portraits du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Corée]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>

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		<description><![CDATA[July Jung est une nouvelle venue dans le cinéma coréen. Elle réalise <em>A Girl at my Door</em>, un premier long-métrage beau et touchant. Une histoire de salut et de renaissance. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le choix de July</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/july-jung-portrait.jpg" alt="July Jung" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-17979" />July Jung est une nouvelle venue dans le cinéma coréen. Elle réalise <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/girl-at-my-door-july-jung/" title="A Girl at my Door, de July Jung">A Girl at my Door</a></em>, un premier long-métrage beau et touchant. Une histoire de salut et de renaissance sur fond d&#8217;intrigue policière. Pour une fois qu&#8217;une femme émerge de la Nouvelle Vague coréenne, on en profite pour lui poser quelques questions sur la représentation de sa figure féminine, incarnée par la délicate actrice Bae Doona.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir choisi de faire du personnage de Young-nam une lesbienne ?</strong></p>
<p>J’ai fait trois courts-métrages dont les personnages principaux étaient des hommes. Pour mon premier long-métrage, je voulais un personnage féminin, tout simplement parce que je suis une femme et que c’était plus simple pour moi de rendre les émotions de mon héroïne. En ce qui concerne son homosexualité, je voulais qu’elle soit très solitaire et qu’elle ne puisse pas nier la cause de cette solitude, aussi son identité sexuelle devenait une évidence. </p>
<p><strong>C’est difficile d’être homosexuel en Corée du Sud ?</strong></p>
<p>Je ne peux pas vraiment le dire, parce que je ne le suis pas. Etre homosexuel, je crois que c’est dur partout dans le monde, mais c’est sûrement encore plus dur en Corée, parce que là-bas on n’accepte pas la différence.</p>
<p><strong>Seule une femme pouvait prendre soin de Dohee ?</strong></p>
<p>Un homme pourrait aussi, mais ça n’aurait pas été le même film ! Ce qui m’intéressait c’était la rencontre de ces deux individus solitaires, et pour que ça prenne la forme que je souhaitais il était nécessaire que ce soit deux femmes, ça n’aurait pas marché avec quelqu’un de l’autre sexe. <span id="more-17971"></span></p>
<p><strong>Le choix de Bae Doona pour incarner Young-nam était évident ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/kim-sae-ron-bae-doona-a-girl-at-my-door.jpg" alt="Kim Sae-ron et Bae Doona" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-17981" />Pendant l’écriture du scénario, je n’ai songé à aucune actrice particulière, mais dès que nous sommes arrivés à la phase de production, j’ai immédiatement pensé à Bae Doona, c’était mon premier choix. Certains réalisateurs écrivent un rôle pour un acteur, pour moi c’était l’inverse. J’ai d’abord imaginé mon personnage, et j’ai eu l’extraordinaire chance qu’il soit incarné à la perfection par Bae Doona.</p>
<p><strong>Le film policier est surtout un prétexte pour s’interroger sur la notion de salut…</strong></p>
<p>J’ai voulu que Young-nam soit policière parce c’est un métier très hiérarchisé, qui me permettait de mieux exprimer sa situation. Il y a une collision entre sa fonction et son identité sexuelle. Dans le film, on voit Young-nam exercer son métier, ce qui relève effectivement du genre policier, mais ce n’est pas le véritable sujet de <em>A Girl at my Door</em>. Je voulais surtout montrer comment deux personnes peuvent partager des sentiments et surmonter leurs décisions.</p>
<p><strong>L’amour peut sauver ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/a-girl-at-my-door-july-jung.jpg" alt="A Girl at my Door, de July Jung" width="205" height="280" class="alignleft size-full wp-image-17976" />L’amour a plusieurs facettes… A cause de l’amour que Dohee éprouve envers Young-nam, celle-ci se retrouve dans une situation délicate. Mais l’amour permet aussi de partager plein de choses, et de sauver quelqu’un comme Young-nam sauve Dohee. En fait, la notion de salut est un peu trop forte : on ne peut pas dire que Dohee et Young-nam ont trouvé le salut. Elles rencontreront peut-être de nouvelles difficultés plus tard. Mais jusque-là, Young-nam avait accepté toutes les injustices de la société, et à la fin de <em>A Girl at my Door</em> elle va changer sa manière de vivre. C’est ce que je voulais montrer.</p>
<p><strong>A la production on retrouve Lee Chang-dong, un autre réalisateur dont les personnages sont souvent féminins. Vous vous sentez proche de son cinéma ?</strong></p>
<p>Lee Chang-dong est l’un des meilleurs réalisateurs du monde ! J’ai vraiment eu énormément de chance de l’avoir comme producteur. <em>Secret Sunshine</em>, <em>Poetry</em> et surtout <em>Oasis</em> sont des films magnifiques, sa manière de raconter des histoires et de montrer les sentiments de ses personnages m’a beaucoup influencée. J’adore son univers, et je m’en suis beaucoup inspirée pour mes propres personnages.</p>
<p>&nbsp;<br />
A Girl at my Door<em> de July Jung, avec Bae Doona, Kim Sae-ron, Song Sae-byeok&#8230; Corée du Sud, 2014. Présenté en sélection Un Certain Regard au 67e Festival de Cannes. Sortie le 5 novembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/38sz05" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Pelo Malo, de Mariana Rondon</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Apr 2014 22:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>

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		<description><![CDATA[On a rarement des nouvelles du cinéma vénézuélien. Avec <em>Pelo Malo</em>, on est heureux d’en prendre un peu et de se rendre compte qu’il y a là une parole qui ne demande qu’à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/affichepelomalo.jpg" alt="Pelo Malo, de Mariana Rondon" title="Pelo Malo, de Mariana Rondon" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-16756" />On a rarement des nouvelles du cinéma vénézuélien. Avec <em>Pelo Malo</em>, on est heureux d’en prendre un peu et de se rendre compte qu’il y a là une parole qui ne demande qu’à traverser les frontières, surtout avec un thème aussi personnel et particulier que celui de l’identité sexuelle, à l’heure où la théorie du genre fait grincer des dents les grenouilles de bénitier. Après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/">Tomboy</a></em> ou <em>Ma vie en rose</em>, voici donc l’histoire de Junior, neuf ans, qui s’ennuie dans sa barre HLM qui se délite petit à petit et où tout le monde est parqué comme des poulets en batterie. Lui, tout ce qu’il aime, c’est danser en levant les bras, se promener avec sa meilleure amie boulotte qui se rêve en Miss Venezuela, admirer le vendeur de l’épicerie du coin qui a l’air fort sous son T-Shirt et se coiffer. Junior aime beaucoup se coiffer. Ses bouclettes de métis, il n’en veut pas. Lui, il fantasme sur l’idée d’avoir les cheveux raides et lisses et il contraint sa chevelure rebelle à toutes sortes de traitements pour y parvenir. Au grand dam de sa mère, froide et incapable de lui témoigner son amour, qui redoute plus que tout que son fils ne devienne jamais un homme comme les autres. Jusqu’à forniquer devant lui, afin de lui montrer que ce sont là les vraies valeurs et non l’épicier du coin. Et quant à sa grand-mère, si elle a compris avant lui ses futures inclinations, elle souhaite simplement le racheter à sa bru pour en faire sa chose, qu’elle pourra coiffer et vêtir à sa guise. <span id="more-16752"></span>Il n’y a donc que dans la musique que Junior peut s’évader de ce destin misérabiliste, sous fond de maladie du président Chavez pour qui les gens se rasent la tête, en signe de solidarité à sa chimiothérapie. Voilà une chronique familiale loin d’être rasante que nous livre la réalisatrice Mariana Rondon qui a obtenu pour la peine le Coquillage d’or au dernier Festival de San Sebastian. Mais c&#8217;est certainement un vent de polémique à se faire des cheveux qui l’attend dans son pays natal où le film n’est pas encore sorti. Pour autant, elle révèle ici deux talents prometteurs : Samuel Lange Zambrano (charismatique et qui a déjà tout compris au cinéma, comme Quvenzhané Wallis dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/betes-sud-sauvage-benh-zeitlin/">Les Bêtes du sud sauvage</a></em>) et Samantha Castillo dans le terrible rôle d’une mère incapable d’aimer son enfant. Un film qui grise et défrise, trop précieux pour être manqué. </p>
<p>Pelo Malo<em> de Mariana Rondon, avec Samantha Castillo, Samuel Lange Zambrano, Beto Benites… Venezuela, 2013. Sortie le 2 avril 2014.</em><br />
&nbsp;<br />
<center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xfrp53/zone/2/autoplay/no/"></script></center> </p>
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		<title>Rencontre avec Pierre Deladonchamps</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-pierre-deladonchamps-inconnu-lac-giraudie/</link>
		<comments>https://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-pierre-deladonchamps-inconnu-lac-giraudie/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Nov 2013 09:29:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres & Portraits du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[Après avoir créé la polémique avec son affiche, <em>L’Inconnu du lac</em> sort en DVD. L'occasion pour l'acteur Pierre Deladonchamps de s'exprimer sur son rôle et sur le cinéma d'Alain Guiraudie...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/09/pierre-deladonchamps-joseph-schiano-di-lombo.jpg" alt="Pierre Deladonchamps (c) Joseph Schiano Di Lombo" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-14524" /><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/linconnu-lac-alain-guiraudie/">L’Inconnu du lac</a></em> avait un peu bousculé le dernier <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/">Festival de Cannes</a>, récompensé du Prix de la Mise en scène à <a href="/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/un-certain-regard/" title="Un Certain Regard 2013">Un Certain Regard</a>. Depuis, le film a rencontré succès public et critique, s’invite dans les festivals internationaux et va bientôt sortir en DVD. Rencontre avec Pierre Deladonchamps qui interprète Franck, le personnage principal, un de ces rôles suffisamment forts pour bâtir une belle et longue carrière. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Connaissiez-vous le cinéma très particulier d&#8217;Alain Guiraudie avant d&#8217;accepter ce rôle ? </strong></p>
<p>J&#8217;avais uniquement vu <em>Le Roi de l&#8217;évasion</em>. J&#8217;avais adoré ce film qui était un ovni dans le cinéma français. C&#8217;est plus tard durant les différentes étapes du casting et des répétitions qui ont suivi, que j&#8217;ai pu voir tous les autres films d&#8217;Alain. J&#8217;ai énormément aimé <em>Ce vieux rêve qui bouge</em> et <em>Les héros sont immortels</em>. <span id="more-14521"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quelles indications vous a-t-il données pour interpréter Franck ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/09/pierre-deladonchamps-inconnu-lac-giraudie.jpg" alt="Pierre Deladonchamps dans L&#039;Inconnu du lac d&#039;Alain Giraudie" width="280" height="117" class="alignright size-full wp-image-14527" />Le maître-mot, je crois, c&#8217;était la simplicité, le naturel. Alain ne voulait pas de &#8220;performance&#8221; d&#8217;acteur mais se rapprocher au plus près de la sincérité, ce qui me convenait tout à fait. Il n&#8217;aime pas quand cela se voit trop, qu&#8217;un acteur joue. D&#8217;ailleurs, il lui est souvent arrivé de caster des non-professionnels pour ses précédents films. Nous avons abordé les scènes-clés de manière détendue. Nous avons pas mal répété et ça nous a aidés au moment du tournage. Il faut dire aussi que je me suis vraiment très bien entendu avec les deux autres rôles principaux, Christophe Paou et Patrick d&#8217;Assumçao. Le travail était fluide, et nous avions à peu de chose près la même manière d&#8217;aborder les scènes. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Aujourd&#8217;hui encore, de nombreux comédiens n&#8217;osent pas interpréter un personnage gay, surtout en début de carrière, de peur d&#8217;être cantonné à ce genre de rôle par la suite. Avez-vous longuement réfléchi avant d&#8217;accepter ce film ?</strong>  </p>
<p>C&#8217;est une question que l&#8217;on me pose beaucoup&#8230; Elle est légitime, mais je pense que cela ne sera plus un problème pour les acteurs si d&#8217;autres prouvent que ce n&#8217;est pas un frein à nos carrières. C&#8217;est vraiment amusant de voir à quel point l&#8217;homosexualité d&#8217;un personnage (uniquement les hommes, d&#8217;ailleurs) est de suite rattachée à la propre sexualité du comédien. On ne se pose jamais la question pour des rôles autrement plus marquants. C&#8217;est notre métier de justement se mettre dans la peau de tous types de personnages. Et c&#8217;est ça qui est plaisant dans le métier d&#8217;acteur, vivre des morceaux de vie et des choses qui ne nous seraient pas arrivées sans cela. Donc non je n&#8217;ai pas réfléchi avant d&#8217;accepter de jouer ce rôle, en tout cas pas vis-à-vis de l&#8217;homosexualité du personnage. Les scènes de sexe frontal et non simulées, oui cela m&#8217;a posé problème et j&#8217;ai demandé à ce qu&#8217;elles soient jouées par des doublures. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Marie Trintignant disait que lors du tournage de <em>Nuit d&#8217;été en ville</em>, il lui était difficile, en rentrant chez elle, d&#8217;allumer la lumière et de regarder son corps après avoir joué nue toute la journée. Est-ce quelque chose qui vous a également interpellé lors du tournage de <em>L&#8217;Inconnu du lac</em> ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/09/inconnu-lac-giraudie-alain.jpg" alt="L&#039;Inconnu du lac de Alain Giraudie" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-14528" />Absolument pas. Dès le début du tournage, j&#8217;ai décidé de ne pas me préoccuper du fait d&#8217;être filmé nu. Je me suis &#8220;programmé&#8221; pour ne pas y penser, ne pas tenter de contrôler quoi que ce soit ou de n&#8217;accepter d&#8217;être filmé que comme ci ou comme ça. Mon corps est comme il est, j&#8217;aimerais parfois qu&#8217;il soit différent sur certains points, mais je ne le déteste pas. Pour tout vous dire, je n&#8217;ai même pas voulu faire de la muscu pour tenter de le rendre plus beau. Franck est un mec lambda qui n&#8217;est ni bien, ni mal foutu. Ca tombe bien, moi aussi !</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Comment avez-vous envisagé les scènes d&#8217;amour, qui sont explicites ? </strong></p>
<p>Les scènes d&#8217;étreintes et de simulation sexuelle, nous les avions répétées en amont, parfois même chorégraphiées. Nous avions d&#8217;une part la contrainte de l&#8217;axe de la caméra, et puis aussi le souhait d&#8217;une certaine fluidité, sans pour autant en faire des scènes parfaites. Dans la vie quand on fait l&#8217;amour, on est parfois un peu gauche, on hésite, on est mal installé, etc. On a voulu garder cette authenticité. Pour ce qui est du jeu en lui-même, on n’a pas trop réfléchi, on s&#8217;est lancés dans le vide, mais pas sans filet. On savait qu&#8217;on pouvait interrompre à tout moment si l’on avait un problème. Et puis Alain ne nous a pas essorés de dizaines de prises à chaque fois, donc nous étions concentrés. Et comme je vous l&#8217;ai dit, nous avons été doublés pour le sexe frontal et consultés à l&#8217;issue du montage pour que l&#8217;on donne notre aval à ces inserts. Nous n&#8217;avons pas touché à un seul plan de ces scènes, car Alain les avait parfaitement intégrées et puis finalement, il n&#8217;y en a eu que deux&#8230; C&#8217;est beaucoup moins que ce qui était prévu initialement, mais je pense que c&#8217;est finalement mieux ainsi. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Votre regard a-t-il changé sur la communauté gay depuis le tournage ? On ne peut pas dire qu&#8217;Alain Guiraudie en livre ici une vision optimiste, renforçant une image de sexe facile et vite consommé qui est souvent mise en avant dans les films sur le sujet&#8230;</strong></p>
<p>Le cinéma d&#8217;Alain n&#8217;est pas un cinéma militant. Il n&#8217;essaie pas ici ou là de donner une bonne image de l&#8217;homosexualité. Et je crois qu&#8217;il a raison. Certes il faut combattre l&#8217;homophobie comme toutes les autres discriminations. Mais cela ne doit pas être une raison pour ne raconter que des histoires mignonnes avec des gentils homosexuels qui donnent une bonne image&#8230; Le rôle du cinéma est de raconter toutes les réalités. Pas seulement celles qui sont belles à voir. Par ailleurs, je trouve réducteur de penser qu&#8217;une communauté n&#8217;est perçue par l&#8217;opinion qu&#8217;à travers des films qui la concernent. Cela peut y participer, mais <em>L&#8217;Inconnu du lac</em> est d&#8217;abord une fiction qui n&#8217;a pas la prétention d&#8217;être une vitrine exhaustive des comportements des homos&#8230; Mais ces comportements existent. Alain les montre, sans jugement, avec tendresse parfois. Pensez-vous que puisque cela peut choquer certaines personnes, il aurait dû s&#8217;interdire de le faire ? Et puis je ne suis pas d&#8217;accord avec vous, il y a beaucoup de films sur l&#8217;homosexualité qui ne mettent pas en avant le sexe facile et vite consommé. Je trouve au contraire qu&#8217;on nous montre de plus en plus de films où l&#8217;homosexualité n&#8217;est pas le sujet principal du film mais en fait partie intégrante, sans vouloir orienter l&#8217;opinion du public.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu&#8217;avez-vous pensé de la polémique qui a eu lieu autour de l&#8217;affiche du film, interdite dans certaines villes d&#8217;Ile-de-France ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/09/inconnu-lac-alain-giraudie.jpg" alt="Affiche de L&#039;Inconnu du lac de Alain Giraudie" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-14529" />Interdite dans deux villes d&#8217;Ile-de-France, oui&#8230; Versailles et Saint-Cloud. Mon point de vue sur l&#8217;affiche, c’est qu&#8217;elle n&#8217;est pas choquante. On voit surtout le premier plan, à savoir un dessin de deux hommes qui s&#8217;embrassent. Au second plan oui, on peut deviner qu&#8217;un homme fait une fellation à un autre, mais c&#8217;est assez petit et franchement, beaucoup de gens ne l&#8217;avaient même pas remarqué. Le climat ambiant a voulu que l&#8217;on s&#8217;arrête sur tout détail qui puisse choquer, provoquer. Cette censure n&#8217;a fait que se retourner contre leurs auteurs, puisque les médias ont encore plus parlé du film. Je suis un fervent défenseur de la liberté d&#8217;expression et de la liberté de l&#8217;art. L&#8217;art sert aussi à bousculer, à créer le débat. C&#8217;est essentiel dans une société pour qu&#8217;elle ne s&#8217;aseptise pas. Donc je respecte les critiques, je ne les partage pas et je pense qu&#8217;il est sain de ne pas imposer de censure aux œuvres via le prétexte du politiquement correct. Je suis de ceux qui confient au public le choix et le libre arbitre de décider de ce qu&#8217;ils veulent voir. </p>
<p>&nbsp;<br />
L’Inconnu du lac <em>d’Alain Guiraudie, avec Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick D’Assumçao, Jérôme Chappatte, Mathieu Vervisch, Gilbert Traina… France, 2013. Prix de la Mise en scène de la sélection Un Certain Regard du 66e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>La Vie d&#8217;Adèle &#8211; Chapitre 1 &amp; 2 de Abdellatif Kechiche</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Oct 2013 19:03:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bande à Part</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/la-vie-d-adele.jpg" alt="La Vie d&#039;Adèle d&#039;Abdellatif Kechiche" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-13343" />Depuis son premier film, <em>La Faute à Voltaire</em> (2000), chacune des œuvres d&#8217;Abdellatif Kechiche est sélectionnée dans les plus grands festivals internationaux où elles créent l&#8217;événement. C&#8217;est dire que Cannes 2013 attendait son « Kechiche », placé malignement en toute fin de programmation. Le film, <em>La Vie d&#8217;Adèle Chapitre 1 &#038; 2</em>, véritable choc d&#8217;une durée de trois heures, s&#8217;est avéré grandiose et aura d&#8217;emblée gagné sa cible : au lendemain de la projection et dans un consensus quasi irréel, le <em>Film français</em> recensait pas moins de douze « palmes »  attribuées par le carré VIP des critiques français dans son traditionnel tableau de notation des films cannois.</p>
<p>Adapté d&#8217;une bande dessinée (<em>Le bleu est une couleur chaude</em>, de Julie Maroh), <em>La Vie d&#8217;Adèle</em>, cinquième film du réalisateur franco-tunisien, raconte l&#8217;histoire d&#8217;amour entre Adèle, une lycéenne de 15 ans qui découvre sa sexualité (Adèle Exarchopoulos, ingénue et fantastique) et une étudiante des Beaux-Arts, Emma, lesbienne accomplie aux cheveux bleus (Léa Seydoux, superbe dans son meilleur rôle à ce jour).<span id="more-12269"></span></p>
<p>Le spectateur suit tout d&#8217;abord le quotidien affectif d&#8217;Adèle, encore vierge mais décidée à se laisser déniaiser par un gentil gars qui a craqué pour elle. Malheureusement, ce premier coït n&#8217;est pas très satisfaisant et Adèle pense qu&#8217;il lui manque quelque chose. Au détour d&#8217;un baiser hasardeux avec l&#8217;une de ses copines, elle a la révélation qu&#8217;elle est attirée par les filles et très vite, Adèle rencontre Emma. Lorsqu&#8217;elles s&#8217;embrassent pour la première fois entre deux rayons de soleil, les jeunes femmes s&#8217;unissent d&#8217;un amour qui semble défier les lois de la gravitation. Sexuellement tout est au beau fixe là aussi, régulièrement et dans de longues scènes tonitruantes, les filles s&#8217;envoient en l&#8217;air. Progressivement, leur vie commune trouve son sens dans le bonheur partagé de chaque instant. Emma, plus mature et plus forte prend Adèle sous son aile protectrice et partage son savoir, tandis qu&#8217;Adèle qui entre progressivement dans la vie adulte, est toujours source de fraîcheur, de dévotion et d&#8217;une inspiration renouvelée pour Emma. Néanmoins, un jour, un nuage vient assombrir l&#8217;ordre établi de leur vie tranquille&#8230;</p>
<p>Au delà de l&#8217;apparente simplicité des récits de Monsieur Kechiche, c&#8217;est toujours son style et sa mise en scène qui impressionnent l&#8217;esprit et le cœur. Sa méthode cinématographique cherche inlassablement la note juste (la « Blue note » tel un musicien de jazz) et vise notamment à s&#8217;attarder sur ce qu&#8217;il nomme lui-même sa « dimension contemplative ». Répétant inlassablement les scènes avec des acteurs qui se donnent entièrement, créant un « climat » de confiance avec eux plusieurs mois avant le tournage, multipliant les prises pendant, focalisant sur des « petites choses », privilégiant les gros plans (beaucoup de bouches, de visages chez Kechiche), le cinéaste traque tout de ses personnages et ne cède rien derrière la caméra, à l&#8217;aune d&#8217;un Maurice Pialat, figure quasi tutélaire, qui plane sur tout le film. Le montage, enfin, vient à bout des rushs (apparemment toujours en quantité incommensurable) et produit l&#8217;émergence de la vie à l&#8217;écran, cette impression inaltérable d&#8217;un surgissement d&#8217;une « vérité » qui, en même temps qu&#8217;elle contracte le temps, place le public en apnée jusqu&#8217;au bout du film.<br />
A tous les niveaux ainsi, <em>La Vie d&#8217;Adèle Chapitre 1 &#038; 2</em> d&#8217;Abdellatif Kechiche fait l&#8217;effet d&#8217;une bombe, mais plus encore, l&#8217;effet d&#8217;une victoire : celle de l&#8217;équipe du film et celle du spectateur. (Olivier Bombarda)</p>
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La Vie d&#8217;Adèle <em>d&#8217;Abdellatif Kechiche, avec Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche&#8230; France 2013. Palme d&#8217;or du 66e Festival de Cannes. Sortie le 9 octobre 2013.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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