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	<title>Grand Écart &#187; guerre</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Westerns et films noirs</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2021 13:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[film noir]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour penser à autre chose qu’à ce foutu virus, nous avons concocté à votre intention une petite sélection de films noirs et de westerns. Avec comme coup de cœur le viscéral <em>Passeur d’hommes</em> et l’ultra-tendu <em>Midi gare centrale</em>. <em>La Peine du talion</em> et <em>Le Relais de l’Or Maudit</em>, deux westerns majeurs, devraient vous retourner le cerveau. Et n’oubliez pas d’éteindre votre téléphone et BFM !</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><em>Passeur d’hommes</em> (1979), de Jack Lee Thompson</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/03/passeur-hommes-mcdowell-thompson.jpg" alt="Passeur d&#039;hommes, de Jack Lee Thompson" width="280" height="134" class="alignleft size-full wp-image-27662" />La France occupée par le Troisième Reich, deux résistants demandent à un berger d’escorter le professeur Bergson et sa famille en Espagne, un pays neutre dans une Europe en guerre. Appelé le Basque, celui-ci accepte cette mission particulièrement périlleuse. Périlleuse parce que lui et les fugitifs doivent non seulement franchir les Pyrénées en plein hiver, mais surtout échapper à Von Berkow, un officier SS de la pire espèce, prêt à mettre la région à feu et à sang pour les arrêter…<br />
<em>Passeur d’hommes</em> a mauvaise réputation. Une très injuste mauvaise réputation car <em>Passeur d’hommes</em> est de ces films des années 1970 qui ne s’embarrassent pas des contingences du classique mais assument fièrement leurs outrances. D’abord les outrances d’un Malcolm McDowell (pléonasme) fardé en nazi fou d’Hitler jusqu’au bout du slip (qui rappelle à bien des égards Peter O’Toole dans <em>La Nuit des généraux</em>) qui n’ont rien à envier aux légendaires bougonneries d’un Anthony Quinn une nouvelle fois grimé en berger solitaire façon pâtre grec. Vulgaire pour les uns, absurde couillonnade pour les autres, <em>Passeur d’hommes</em> n’est rien de moins qu’une œuvre « pulp » qui préfigure <em>Inglourious Basterds</em> de Tarantino. Les paysages enneigés des Pyrénées apportent un indéniable supplément d’âme à cette chasse à l’homme bourrée de suspense. Entre deux séances de torture, le dernier quart d’heure est tout simplement tétanisant. <em>Passeur d’hommes</em> ne laisse pas indifférent et ça, c’est une grande qualité.<br />
Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta<br />
<span id="more-27657"></span></p>
<h2><em>Midi gare centrale</em> (1950), de Rudolph Maté</h2>
<p>Lorna Murchison, dont le père possède une importante fortune, est enlevée par des kidnappeurs qui espèrent obtenir, en échange de la jeune fille aveugle, une importante rançon. Mr Murchison est prêt à obéir aux ordres des ravisseurs mais la police découvre le drame. La gare centrale est dès lors sous une constante surveillance&#8230;<br />
<em>Midi gare centrale</em> est un thriller noir qui va à mille à l’heure. Sa durée, resserrée à 81 minutes, ne laisse aucune place aux fioritures ou aux longues plages de réflexion. Une vie est en jeu, il faut aller au plus vite. Le cinéaste et très grand technicien Rudolph Maté se sert des bâtiments de la grande ville (et notamment d’une gare, lieu des plus familiers) comme autant d’éléments nourrissant le danger. En effet, l’environnement urbain semble perpétuellement vivant, voire organique, tant la photo, les cadres et la lumière servent le déroulement de l’intrigue. Aux côtés de William Holden et Nancy Olson, Lyle Bettger interprète l’un des plus grands salauds de l’histoire du cinéma. Très recommandé.<br />
Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Violence au Kansas</em> (1959), de Melvin Frank</h2>
<p>Marqué au fer rouge par la guerre contre le Mexique, Cam Bleeker s’évade de prison pour rejoindre la ferme où l’attendrait sa femme. Quand il y parvient, sérieusement blessé, il découvre que celle-ci est morte, et que les lieux sont désormais habités par une jeune veuve et ses deux enfants. Si Sam entreprend de s’établir auprès d’eux, les autorités le rattrapent. Contre sa liberté, le gouverneur lui propose un marché : capturer le hors-la-loi Luke Darcy&#8230;<br />
Ce western méconnu mérite d’être redécouvert. Non parce qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre du genre mais parce que le grand Jeff Chandler (vu dans <em>La Flèche brisée</em>) bouffe l’écran à chacune de ses apparitions. Quel charisme ! On plonge dans un Kansas en proie au désordre où hommes, femmes et enfants ne sont rien d’autre que les victimes collatérales des grandes huiles essentielles qui ne pensent qu’au fric et à leurs intérêts (politiques, donc !). <em>Violence au Kansas</em> nous fait penser qu’en 150 ans d’histoire rien n’a véritablement changé.<br />
Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Californie en flammes</em> (1952), de Lew Landers</h2>
<p>Les années 1840. Si la Californie vit toujours sous domination mexicaine, Don Arturo Bordega et ses partisans se battent pour qu’elle intègre la jeune fédération des États-Unis. D’autres puissances étrangères manœuvrent aussi pour se l’accaparer, en particulier la Russie qui, pour déstabiliser la région, s’appuie sur la rapacité de bandes armées&#8230;<br />
Alors celui-là, les aficionados du genre l’attendaient depuis longtemps. Visez un peu ; un pan obscur de la grande histoire de l’Amérique dévoilé. La fameuse période où la Russie convoitaient les terres vierges de l’Amérique de l’Ouest. Des Rouges chez les Peaux Rouges ! Si la rareté ne fait pas la qualité, on peut autant apprécier <em>Californie en flammes</em> comme la curiosité qu’il est que pour les nombreux genres qu’ils brassent. Le plus souvent, on ne sait pas trop si l’on a affaire à un western ou un film de cape et d’épée. La Mexican « Zorro » Touch est très présente. Une évidence, il ne faut pas trop se monter le bourrichon car le traitement du sujet n’est pas des plus pertinents. On a vu mieux. Reste le charme suranné d’un film qui refait surface après avoir été remisé dans les placards durant des décennies.<br />
Disponible en DVD et combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>SPECIAL GLENN FORD</h2>
<h2><em>La Peine du talion</em> (1948), de Henry Levin</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/03/peine-du-talion-glenn-ford-henry-levin.jpg" alt="La Peine du talion, de Henry Levin" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-27663" />Malgré le drapeau blanc que hisse un détachement sudiste en signe de capitulation, le colonel Devereaux ordonne à ses hommes de faire feu. Un massacre. Si son second, le capitaine Del Stewart, garde le silence sur ce crime de guerre, il le fait uniquement par amitié. Quand, la paix revenue, les deux hommes se retrouvent, Devereaux exerce d’une main de fer la fonction de juge. Nommé shérif, Stewart se rend à l’évidence que celui-ci sombre peu à peu dans la folie et qu’il couvre les méfaits de Carter, l’homme le plus influent de la région…<br />
Voici le western puissant par excellence qui raconte la folie d’un homme et son inexorable chute. Cet officier,  fou de guerre, ce juge, avide de justice expéditive, suscite autant le dégoût que l’admiration. Et c’est ce sentiment trouble qui nous étreint qui donne au film sa valeur et sa singularité. <em>La Peine du talion</em>, c’est l’histoire du manichéisme pour les nuls dans le Grand Ouest. Autant dire que l’affaire n’est pas aussi simple que prévue, et que ce foutu manichéisme peut être jeté aux orties. Dans le Grand Ouest, où se situe la frontière entre le Bien et le Mal ? Hein ? Je vous le demande. Le grand Henry Levin réalise un western complexe porté par deux magnifiques interprètes, Glenn Ford et William Holden.<br />
Disponible en DVD et combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Traquée</em> (1947), de Richard Wallace</h2>
<p>Stephen Prince, qui est banquier, et sa maîtresse Paula Craig décident de partir en emportant 250 000 dollars. Voulant faire croire à la disparition de Stephen, ils jettent leur dévolu sur Mike Lambert, qu’ils décident de tuer pour faire passer son corps pour celui de Stephen&#8230;<br />
Ce petit film noir à Papa ne manque pas de charme. Glenn Ford et Janis Carter évoluent au cœur d’une trame machiavélique. Efficace.<br />
Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Le Relais de l’Or Maudit</em> (1952), de Roy Huggins</h2>
<p>Commandés par le major Matt Stewart, des soldats sudistes attaquent un convoi nordiste transportant de l&#8217;or. Si une de leurs victimes leur apprend que la guerre est terminée depuis un mois, il est désormais trop tard. Désormais considérés comme des bandits, ils se rendent à l&#8217;évidence qu&#8217;ils ont été manipulés par leur officier supérieur. En gardant le butin pour eux, ils deviennent à leur tour des proies, prises en chasse par tous les hors-la-loi de l&#8217;État, ainsi que par les représentants de la loi…<br />
<em>Le Relais de l’Or Maudit</em> est un très grand western. Forcément, quand un scénariste de renom (Roy Huggins) déploie tout son talent au poste de réalisateur, il y a fort à parier que le résultat final soit à la hauteur des enjeux. Et ça l’est ! Le film propose une articulation de chapitres maîtrisés de bout en bout qui tendent à préparer un final haut en couleur. En premier lieu, nous vivons une succession de morceaux de bravoure qui posent le ton pour se conclure sur un huis clos tendu où toutes les certitudes que nous avions sur les personnages s’évanouissent en un claquement de colt. <em>Le Relais de l’Or Maudit</em> ne cesse de nous interroger sur les affres de la nature humaine. C’est du grand art ! Évidemment, si le cast aux petits oignons y est pour beaucoup (Randolph Scott et Lee Marvin en tête) dans la sublimation du scénario et la mise en scène de Huggins, le prestige de l’équipe technique avec Yakima Canutt (le plus grand coordinateur/cascadeur de Hollywood) et Charles Lawton Jr (chef opérateur de <em>3h10 pour Yuma</em>) achève d’inscrire <em>Le Relais de l’Or Maudit</em> dans le panthéon du western.<br />
Disponible en DVD et en blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
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		<title>Rencontre avec Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2019 11:36:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/The-Unthinkable-214x300.jpg" alt="The Unthinkable, Crazy Pictures" width="214" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-26892" />Ils sont cinq : Albin Pettersson, Rasmus Råsmark, Hannes Krantz, Victor Danell et Olle Tholén. A ces cinq-là s&#8217;ajoute Christoffer Nordenrot, acteur au long cours et coscénariste. A eux six, ils composent le collectif suédois Crazy Pictures, rassemblement assez unique de jeunes talents du septième art à qui l&#8217;on doit en ce début d&#8217;année un premier long-métrage enthousiasmant, véritable succès en Suède et reparti du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/26e-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="30/01-3/02 : 26e Festival du film fantastique de Gérardmer">26e Festival de Gérardmer</a> avec (entre autres) un Prix du jury bien mérité : <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-unthinkable-crazy-pictures-christoffer-nordenrot/" title="The Unthinkable, de Crazy Pictures">The Unthinkable</a></em>. Rencontre avec trois des membres de <a href="http://crazypictures.se/" title="Crazy Pictures" target="_blank">Crazy Pictures</a>, Olle Tholén, Albin Pettersson et Christoffer Nordenrot.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quel a été le point de départ de <em>The Unthinkable</em> ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Le noyau du film, c’était la scène du début avec la guitare, qui a servi à créer cette famille dysfonctionnelle. Le père qui voulait faire quelque chose de bien mais qui se termine mal. C’est ce qui a permis de lancer l’histoire de la famille. Parallèlement, mais sans imaginer que ça ferait partie du même film, nous pensions à cette « alarme de guerre », testée quatre fois par an en Suède. Un jour, ça ne serait plus un test. Comment réagirions-nous, que ferions-nous, où irions-nous ? En Suède, cela fait plus de 300 ans qu’il n’y a pas eu de guerre. Et si la Suède était en guerre ? C’était une pensée excitante. </p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous sommes habitués à voir ce genre de choses dans des films américains et à la télé. Mais nous n’avons pas ça en Suède. Nous nous sommes dit que c’était intéressant de faire un film à propos de ça. Quand on commence à enquêter sur ce sujet, à parler aux gens, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de choses palpitantes dans l’histoire de la Suède. Pendant la guerre froide, le gouvernement a fabriqué des bunkers pour accueillir tous les habitants. Donc il y a beaucoup de bunkers, qui n’ont en fait jamais été utilisés puisqu’il n’y a jamais eu de guerre. Mais c’était un cadre intéressant. Les bunkers existent toujours : que se passerait-il si l’alarme d&#8217;alerte se déclenche, et que cette fois-ci, c’est pour de vrai ? <span id="more-26891"></span></p>
<p><em>Albin :</em> C’était très important pour nous d’avoir tous ces éléments dans le même noyau : on suit les personnages, partout, tout le temps, et on voit l’attaque à travers leurs yeux. On s&#8217;attache à Anna.</p>
<p><strong><em>The Unthinkable</em> est tout à la fois un drame, une histoire d’amour, un film catastrophe, mais aussi un film politique ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-3-300x125.jpg" alt="THE UNTHINKABLE-effondrement pont" width="300" height="125" class="alignright size-medium wp-image-26902" /><em>Albin :</em> Nous n’avions pas prévu de faire un film politique, mais c’est inévitable quand on fait un film sur des attaques en Suède&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous voulions créer un ennemi mystérieux. Le spectateur n’a aucune idée de ce qui est en train de se passer, et de qui est derrière ça. Nous n’avons pas dit grand-chose à propos de l’ennemi. Parfois, nous avons besoin d’en dire un peu plus aux spectateurs, comme à la fin par exemple. Bien sûr, nous parlons à certains moments d’attaques d’aliens, pour ne pas être trop politique. Nous voulions vraiment avoir un ancrage dans la réalité, de façon à rendre les choses le plus plausible possible. Nous avons discuté avec des militaires, des gens sur Internet, pour tenter de trouver la façon la plus réelle de décrire les événements, si cela devait arriver un jour.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, quand on parle d&#8217;attaque militaire en Suède, on pense forcément à la Russie et à ses menaces régulières&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Bien sûr. Il y a un océan autour de la Suède, et la Russie a des sous-marins. Parfois, vous pouvez voir les sous-marins aux alentours de Stockholm : c’est quelque chose d’important en Suède. Je ne pense pas que les gens voient ça comme une menace, mais on en a toujours parlé en Suède. Certains nous ont critiqués, en disant que nous rendons les gens encore plus effrayés par la Russie. Qu’on donne à la Russie le mauvais rôle. Mais ce n’est pas la réalité.</p>
<p><em>Albin :</em> Dans <em>The Unthinkable</em>, la politique n’est qu’une petite partie qui sert à construire un tout. Nous ne voulons pas transmettre ce message ; la Russie n’est pas le « méchant » dans le film.</p>
<p><strong>Est-ce que ce scénario cauchemar est vraiment impensable ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-4-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-masque à gaz" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26904" /><em>Olle :</em> C’est un peu éloigné de la réalité. Quand nous avons créé le scénario, il y a 8 ans, c’était une fiction totale, de l’imagination. Nous avons discuté avec des gens pour le rendre plausible. Mais au fil des années, la menace se rapprochait, l’insécurité aussi. Je pense que le film est plus d’actualité aujourd’hui.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Oui, pas nécessairement avec la Russie, mais avec le monde entier. On vit dans une époque instable, les gens ont peur. Le gouvernement suédois a diffusé une brochure <em>[alertant les civils de la marche à suivre en cas d'attaque étrangère, ndlr]</em> un mois après que notre film est sorti. On aurait dit qu’elle sortait des années 1960.</p>
<p><em>Albin :</em> Ca s’est passé trois semaines avant notre première, ça nous a fait une belle campagne marketing&#8230; Certains ont pensé que nous étions à l’origine de cette brochure !</p>
<p><strong>Chaque pays a ses peurs : quelle est la peur de la Suède ?</strong></p>
<p><em>Christoffer :</em> Notre film est très axé sur les personnages, sur le fait de dire les choses avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce qu’on a travaillé avec le personnage d’Alex, et c’est quelque chose de très suédois : garder nos émotions et ne pas en parler. C’est ce qui résonne à travers le film. Mais d’un autre côté, <em>The Unthinkable</em> n’a pas grand-chose de suédois. On n’a encore jamais vu de film comme ça en Suède.</p>
<p><em>Olle :</em> Pour parler d’une vraie menace, le terrorisme est la chose la plus probable qui pourrait arriver à Stockholm. Nous voulions en faire l’expérience dans le film.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Depuis le début, c’est une fiction. Y compris la scène de la bande-annonce, avec le pont qui explose au centre de Stockholm. Nous l’avons écrite il y a plusieurs années, mais avec la peur des attaques terroristes, les gens ont été bien plus effrayés. <em>« C’est réel, ça peut arriver. »</em></p>
<p><strong>Dans la vie, vous êtes plutôt optimistes ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Oui, clairement ! Mais beaucoup de gens en Suède sont pessimistes&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Avec la situation politique actuelle en Suède, comme dans d’autres pays européens, un parti d’extrême droite est en train de monter. C’est le 3e parti, cela veut dire beaucoup de choses à propos des peurs des gens.</p>
<p><strong>Vous dites que d&#8217;une certaine manière, votre film n&#8217;est pas suédois, mais les thrillers scandinaves parlent généralement de crime sans occulter un contexte politique ou social, comme c&#8217;est le cas ici&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, d’un côté, il est très suédois, mais de l’autre non : l’attaque, et le style hollywoodien.</p>
<p><em>Albin :</em> Cette combinaison le rend unique en Suède. On voit beaucoup de films américains, mais nous sommes tous des réalisateurs suédois. Nous ne voulions pas faire un film américain, donc c’est notre point de vue sur de genre de film.</p>
<p><strong>D&#8217;où vient l&#8217;idée de créer le collectif Crazy Pictures ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-Crazy-Pictures-collective_photo-300x200.jpg" alt="Crazy Pictures collectif" width="300" height="200" class="alignright size-medium wp-image-26898" /><em>Albin :</em> Nous nous sommes tous rencontrés à l’école, quand nous avions 16 ans. On faisait déjà beaucoup de films, on s’amusait ensemble. A 17 ans, on a fait notre premier long-métrage. Ensuite, en terminant l’école, on a eu envie de continuer de travailler ensemble. Nous avions 19 ans quand nous avons lancé notre boîte de production. C’était il y a 11 ans. Depuis, nous avons fait beaucoup de courts-métrages sur YouTube, beaucoup de publicités pour vivre. Christoffer a joué le rôle principal dans plusieurs de nos films.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Ça a été une chance de les rencontrer. Ils se connaissaient depuis longtemps. J’ai commencé en tant qu’acteur dans leurs films, puis je me suis mis à écrire. C’était une belle rencontre.</p>
<p><em>Olle :</em> On est un collectif de cinéastes, et on aime la manière dont on réalise des films ensemble. Au début, on pensait que c’était étrange, qu’il fallait quelqu’un qui soit directeur, l’autre producteur, etc. Mais on n’aime pas travailler comme ça. Nous sommes un collectif, nous avons tous des compétences différentes, et un seul et même but : faire les meilleurs films possibles.</p>
<p><strong>Sur le plateau, ça fonctionne comment ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Pour vous donner un exemple, même si je ne suis pas directeur du plateau, je peux prendre le rôle de directeur. On a tous passé du temps autour d’une table, à parler du film, donc on sait tout sur le film. C’est plus facile de faire le film ensemble. Habituellement, il n’y a que deux personnes qui discutent de ça. Là, on est cinq. Comme ça, chacun peut remplacer l&#8217;autre si besoin.</p>
<p><strong>Vous avez des techniciens à vos côtés ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, on doit être 25 personnes sur le plateau. Nous sommes une équipe petite et jeune. L’âge moyen doit être de 27 ans. C’est une toute nouvelle génération.</p>
<p><strong>Être structuré de cette manière, c’est aussi une approche politique, quelque part ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui. Nous avons toujours voulu mettre la marque Crazy Pictures en avant. Les gens ne sont pas habitués à voir un collectif réaliser un film, sans préciser qui fait quoi. C’est une bonne chose pour notre marque&#8230; Vous connaissez quelqu’un qui fait la même chose ?</p>
<p><strong>Les sœurs Wachowski peut-être ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, mais elles sont toutes deux réalisatrices.</p>
<p><strong>C’est donc unique en Suède ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, nous ne connaissons personne d’autre. Nous sommes une inspiration en quelque sorte. Des jeunes gens se revendiquent maintenant en tant que boîtes de production, et veulent faire comme nous.</p>
<p><strong>Est-ce que l’industrie cinématographique suédoise voit Crazy Pictures différemment, depuis le succès du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-6-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-Alex" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26906" /><em>Albin :</em> Nous avons eu beaucoup de mal au niveau du financement du film. Nous avions 24 ans et nous faisions beaucoup de courts-métrages, nous avions le script de notre long-métrage mais aucun organisme de financement n&#8217;y croyait. Nous nous sommes donc rapprochés de notre communauté. Nous leur avons dit <em>« vous voulez voir le film ? »</em> et nous avons sorti le pilote. Nous avons récolté 30 000 euros les premières 24h, et nous avons terminé à 50 000 euros. Nous sommes ensuite retournés voir les industries cinématographiques en leur disant : <em>« Les gens croient en nous, pouvez-vous le faire également ? »</em> Nous avons eu les financements, et nous avons pu faire le film. Mais nous n’avons pas eu de subvention de l’Etat, même en s’y prenant à cinq reprises&#8230; Quand le film est sorti, plus de 100 000 Suédois sont allés le voir. Le film le plus vu l’année dernière culminait à 300 000 spectateurs. Donc le succès de <em>The Unthinkable</em>, pour un film indépendant, été fabuleux. Maintenant, il est vendu dans 90 pays. En janvier on a été nommés dans quatre catégories aux Guldbagge Awards : on a remporté le prix du « newcomer of the year ». C’est la preuve que nous sommes les bienvenus maintenant.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>The Unthinkable, de Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2019 15:04:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/the-unthinkable-christoffer-nordenrot-1.jpg" alt="The Unthinkable, de Crazy Pictures" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-26777" />Alex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son rejeton qu’il l’aime. Après une dispute, Anna quitte Bjorn, puis c’est au tour d’Alex de quitter son ancien militaire de père. Devenu jeune adulte, Alex vit seul à Stockholm quand plusieurs attaques terroristes surviennent. </p>
<p>Voilà le pitch de <em>The Unthinkable</em>, premier long-métrage du collectif Crazy Pictures, rassemblement de cinq amis qui conservent le contrôle de leurs films en maîtrisant à la fois le scénario, la réalisation, le montage, les décors, la photo et les effets spéciaux. Au vu du résultat, leur mini-conglomérat alternatif affiche un insolent succès : <em>The Unthinkable</em> a tout d’une grosse production au budget conséquent, alors qu’il a coûté à peine 2 millions de dollars, en partie financés par crowdfunding. Au-delà de ce constat entrepreneurial, les qualités artistiques et formelles de <em>The Unthinkable</em> sont indéniables. Crazy Pictures soigne ses effets sonores et visuels, et installe une atmosphère de fin du monde dès les premières minutes, alors que le récit se concentre encore massivement sur la passion entre Alex et Eva. Leur histoire d’amour avortée constitue le fil rouge de <em>The Unthinkable</em>, même lorsque les menaces de guerre se font réelles. Le film suédois rappelle d’ailleurs quelques jolies œuvres du genre, et notamment <em>Perfect Sense</em> de David Mackenzie (2011). <span id="more-26775"></span></p>
<p>Mais derrière la passion, <em>The Unthinkable</em> parle surtout de terrorisme. Ses racines suédoises le rendant assez unique et terrifiant ; alors qu’ailleurs dans le cinéma mondial, reflet de nos peurs oblige, le terrorisme aborde quasi systématiquement la religion islamique et l’embrigadement, les angoisses d’Europe du Nord, et particulièrement suédoises, sont tout autres : le peuple menaçant, aux portes du pays, est gouverné par Vladimir Poutine. Les thèses complotistes d’un des protagonistes du film, d’abord farfelues, se font de plus en plus réalistes au fur et à mesure que l’intrigue évolue. Les récentes intimidations russes envers la Suède, le rétablissement du service militaire obligatoire en 2017 et la distribution dans tout le pays de tracts en 2018 informant les habitants de la conduite à tenir en cas d’attaque, sont autant d’éléments qui permettent de mieux appréhender la portée politique de <em>The Unthinkable</em>. Histoire d’amour, film de guerre, manifeste politique : le premier long-métrage de Crazy Pictures est suffisamment dense pour promettre au collectif un bel avenir.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>Les Filles du soleil, d’Eva Husson</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2018 21:48:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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		<description><![CDATA[Le chant des partisanes - Etrangement, <em>Les Filles du soleil</em> - qui célèbre le courage des combattantes kurdes - ouvre et se conclut sur le personnage de Mathilde (Emmanuelle Bercot), reporter...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le chant des partisanes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/les-filles-du-soleil-golshifteh-farahani-eva-husson-cannes.jpg" alt="Les Filles du soleil, de Eva Husson" width="280" height="141" class="alignleft size-full wp-image-26373" />Etrangement, <em>Les Filles du soleil</em> &#8211; qui célèbre le courage des combattantes kurdes &#8211; ouvre et se conclut sur le personnage de Mathilde (Emmanuelle Bercot), reporter française et blessée de guerre. Une place prépondérante qui traduit le regard occidental, un peu ethno-centré, de la réalisatrice française Eva Husson. Un regard de femme aussi, sur des femmes, qui célèbre la vie &#8211; comme les paroles de la chanson de combat des soldates, écrite par la réalisatrice, à la gloire des femmes, de la vie et de la liberté. <em>Les Filles du soleil</em> pose plusieurs questions : peut-on filmer la guerre avec tant de beauté graphique ? L’histoire de ces femmes, et l’émotion qu’elle suscite, devait-elle s’accompagner de facilités de scénario (flashbacks, timing de certains événements, retrouvailles opportunes) et d’une musique grandiloquente ? Pour la première, après avoir vu tant de films de guerre oscillant du gris au kaki, on se laisse à dire oui. Les paysages (bien qu’ils soient géorgiens et non kurdes), la lumière donnent du souffle au film. A la seconde, on est plutôt tenté de répondre par la négative, tant ils finissent par agacer et amoindrir la portée du sujet. <em>Les Filles du soleil</em> en devient inutilement démonstratif, sans compter que l’attention portée à la féminité des personnages gomme leur dimension idéologique : en dehors du fait qu’elles s’appellent <em>« camarade »</em>, aucune référence n’est ainsi faite au marxisme des combattants kurdes. <span id="more-26368"></span>Les hommes, quant à eux, pleutres au combat, implacables dans la torture, ne sont pas à l’honneur. Reste le regard déterminé de Golshifteh Farahani, qui emporte tout. Le titre du film est au pluriel, mais c’est sur elle seule que repose la force du film. <em>« Nous sommes toutes des héroïnes »</em>, dit-elle dans une conclusion un peu bravache. Peut-être. Elle, assurément, en est une.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Filles du soleil<em> d’Eva Husson, avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot, Zübeyde Bulut&#8230; France, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Les Proies, de Sofia Coppola</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Aug 2017 22:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1971, c’était à Clint Eastwood que le rôle d’un caporal blessé échouait dans <em>Les Proies</em>, réalisé par Don Siegel. Le film, trop cynique pour l’époque, montrait Eastwood comme un salaud et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Chemin de proies</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/proies-beguiled-sofia-coppola-colin-farrell-elle-fanning.jpg" alt="Les Proies, de Sofia Coppola" title="Les Proies, de Sofia Coppola" width="280" height="140" class="alignleft size-full wp-image-25432" />En 1971, c’était à Clint Eastwood que le rôle d’un caporal blessé échouait dans <em>Les Proies</em>, réalisé par Don Siegel. Le film, trop cynique pour l’époque, montrait Eastwood comme un salaud et non comme le héros américain qu’il devait être. Résultat : un échec commercial et critique. A rebours, <em>Les Proies</em> a pourtant constitué une réussite : d’abord parce qu’il a indirectement permis à Clint Eastwood de passer peu après à la réalisation avec le superbe <em>Un frisson dans la nuit</em> (<em>Play Misty for Me</em> en VO), dans lequel on retrouve également un homme tourmenté par une femme. Don Siegel y joue d’ailleurs un petit rôle. Ensuite, parce qu’il faut bien le dire : <em>Les Proies</em> de Don Siegel, première adaptation du roman de Thomas Cullinan, était sacrément bon.</p>
<p>En 2017, Sophia Coppola réadapte <em>Les Proies</em>. Avec sobriété et beaucoup d’élégance. Il s’agit moins d’un remake du film de Don Siegel que d’un hommage à un cinéaste souvent décrié malgré son héritage. Car <em>L’Invasion des profanateurs de sépultures</em>, film phare de la SF moderne et métaphorique, c’est lui ; <em>L’Inspecteur Harry</em>, modèle du polar poisseux avec Clint Eastwood, c’est lui ; le film-testament <em>Le Dernier des géants</em> avec John Wayne, c’est encore lui. Ce n’est pas un hasard si depuis quelques années, vingt-cinq ans après sa disparition, on s’intéresse de nouveau à Donald Siegel. <span id="more-25429"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/proies-beguiled-sofia-coppola-nicole-kidman-dunst.jpg" alt="Les Proies, de Sofia Coppola" title="Les Proies, de Sofia Coppola" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-25430" />Dans <em>Les Proies</em>, un caporal nordiste blessé à la jambe trouve refuge dans un pensionnat de jeunes filles sudiste. En pleine guerre de Sécession, elles sont encore quelques-unes à continuer de suivre les cours et enseignements donnés par la professeur Edwina (Kirsten Dunst) et la directrice de l’école, Martha (Nicole Kidman). L’homme est vu d’un mauvais œil, mais la charité chrétienne oblige à lui porter secours plutôt qu’à le livrer en pâture à l’armée sudiste. Et puis, dans ce petit univers fermé et exclusivement féminin, l’arrivée d’un mâle fort et cultivé suscite beaucoup d’intérêt. Le caporal McBurney sait jouer de ses charmes : entre la pensionnaire délurée (Elle Fanning), la professeur désespérée et la directrice d’école troublée par ce corps robuste, le militaire devine très vite que s’il ne veut retourner ni au front ni à l’échafaud, le pensionnat et son jardin sont pour lui un paradis inespéré à défendre coûte que coûte. Pour y rester, il va falloir séduire et faire des promesses. La cinéaste propose d’ailleurs une lecture plus ambiguë que celle de son prédécesseur, les proies n’étant pas toujours celles qu’on croit. Moins fantaisiste que de coutume, Sofia Coppola saisit l’atmosphère incandescente du moment. Comme un western, <em>Les Proies</em> offre aux regards et aux non-dits plus de poids qu’aux rares actions : l’arrivée du Yankee, sa dépendance grandissante, l’inéluctable dénouement en sont les trois moments d’intensité dramatique. <em>Les Proies</em> avance avec lenteur, offre au spectateur un duel saisissant et effroyable entre une Nicole Kidman protectrice et un Colin Farrell calculateur. Autour de ces deux acteurs parfaits, une Kirsten Dunst mélancolique et une Elle Fanning à la nubilité impatiente, admirablement dirigés par Sofia Coppola qu’on n’attendait pas dans un récit aux contours classiques. Le résultat réhabilite le cinéma de Don Siegel et redonne à celui de Sofia Coppola l’aura qu’il mérite. Des <em>Proies</em> de choix.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Proies <em>(The Beguiled) de Sofia Coppola, avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning… Etats-Unis, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Frost, de Sharunas Bartas</title>
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		<pubDate>Sat, 27 May 2017 09:37:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
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		<description><![CDATA[Voyage au bout de l’ennui Vilnius, en Lituanie. Rokas se voit chargé d’une mission par un ami : apporter de l’aide humanitaire sur le front ukrainien, alors que gronde le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Voyage au bout de l’ennui</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/frost-sharunas-bartas-cannes-2017.jpg" alt="Frost, de Sharunas Bartas" title="Frost, de Sharunas Bartas" width="280" height="140" class="alignleft size-full wp-image-25550" />Vilnius, en Lituanie. Rokas se voit chargé d’une mission par un ami : apporter de l’aide humanitaire sur le front ukrainien, alors que gronde le conflit meurtrier entre Russes et séparatistes. Comme interdit, Rokas accepte, même si on ignore ses motivations exactes. Il propose à sa jeune compagne Inga, toute aussi expressive, de l’accompagner. Elle opine du chef mollement. Leur apathie ne les quittera jamais, qu’ils fassent l’inventaire du chargement de la camionnette (vêtements, chaussures, vivres, médicaments), qu’ils se mettent en route, qu’ils cherchent leur chemin ou rencontrent des journalistes. Parmi ces derniers, Vanessa Paradis, qui apparaît telle une chimère dans cette odyssée d’Ulysse sans remous. Au cours de cette soirée presque anachronique, on sirote du champagne, déguste du fromage tout en s’émouvant de la détresse humaine des victimes de la guerre qui s’éternise et du froid qui les étreint. On parle d’amour aussi, ou on le fait. Et Rokas et Inga de repartir sans sourires ni soupirs.</p>
<p>A ce stade du récit, plus d’1h30 se sera écoulée. 1h30 où l’ennui primera. Le sous-texte est pavé de bonnes intentions (secourir ceux qui en ont besoin, rapporter ce que l’on voit pour alerter l’opinion publique), mais la forme est aussi peu avenante qu’un épisode long format de l’inspecteur Derrick. On sort rarement de la fourgonnette où s’appesantit le silence (le couple ne sachant pas communiquer) et quand enfin les deux protagonistes s’en extirpent, c’est pour garder les lèvres serrées et le regard fuyant. Tant et si bien qu’on comprend de moins en moins leurs intentions. Que viennent-ils donc faire dans cette galère ? Eux-mêmes semblent l’ignorer. Mais dans le dernier tiers du film, tout à coup, alors que plane l’ombre de la mort, alors que le danger rôde, ils se réveillent enfin, s’animent, parlent, se touchent et parfois, nous touchent. <span id="more-25544"></span></p>
<p>C’est dans ce dernier tiers que Sharunas Bartas trouve son sujet. Le film se fait plus politique avec le point de vue de soldats lors des différents check-points, de plus en plus dangereux. Mais surtout, il s’intéresse enfin à Rokas, solide comme un roc, en apparence au moins. Il ne desserre pas les dents mais serre enfin les poings, armé d’un courage qu’on ne lui soupçonnait pas. Au fur et à mesure qu’il approche de son but, il devient vivant, voire naît devant nous. De son portable, il se fait reporter amateur, il a envie de voir tout ceci de plus près, il s’anime littéralement, curieux de tout, de cette mort toute proche. Il lui faudra cet appel pour prendre goût à la vie. Et Frost de n’être plus la rencontre d’un homme face à son destin, mais celle d’un homme qui va vivre, enfin, réellement. Ulysse achève ainsi son odyssée. Longue, lente, mais prenante, au bout du chemin. </p>
<p>&nbsp;<br />
Frost <em>de Sharunas Bartas, avec Andrzej Chyra, Lyja Maknaviciute, Vanessa Paradis… Lituanie, France, Ukraine, Pologne, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Under the Shadow, de Babak Anvari</title>
		<link>https://www.grand-ecart.fr/cinema/under-the-shadow-babak-anvari-prix-jury-gerardmer-2017/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 22:29:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au début des années 1980, l'Iran dirigé d'une main de fer par la jeune révolution islamique est engagé dans une guerre totale (qui durera huit ans, devenant de fait l'une des plus longues de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Djinn tonique sous les bombes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/01/under-the-shadow-film-iran-gerardmer.jpg" alt="Under the Shadow, de Babak Anvari" title="Under the Shadow, de Babak Anvari" width="280" height="109" class="alignleft size-full wp-image-24788" />Au début des années 1980, l&#8217;Iran dirigé d&#8217;une main de fer par la jeune révolution islamique est engagé dans une guerre totale (qui durera huit ans, devenant de fait l&#8217;une des plus longues de l&#8217;histoire contemporaine) contre l&#8217;Irak de Saddam Hussein. La population de Téhéran vit au rythme d&#8217;incessantes et terrorisantes alertes aux bombardements quand un obus se fiche dans le toit de l&#8217;immeuble où une jeune mère vit seule avec sa fille après le départ pour le front de son mari médecin. Refusant de quitter son appartement pour se mettre à l&#8217;abri dans sa belle famille à tendance conservatrice, Shideh constate d&#8217;étranges changements de comportement chez la petite Dorsa alors qu&#8217;apparaissent au quotidien d&#8217;inquiétantes manifestations surnaturelles. Comme ne cesse de lui répéter une voisine, le missile serait le vaisseau d&#8217;un esprit malfaisant, un djinn voyageant avec le vent en quête d&#8217;une âme pure à posséder.</p>
<p>Au jeu des pronostics d&#8217;avant <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/24e-festival-film-fantastique-gerardmer-2017/" title="25/01-29/01 : 24e Festival de Gérardmer">festival</a>, on était loin d&#8217;imaginer que la surprise viendrait du film iranien de la compétition 2017. Il faut reconnaître qu&#8217;un film de genre iranien, premier long-métrage de surcroît, sur une histoire de possession démoniaque, suscitait au mieux de la curiosité, au pire de l&#8217;indifférence. La plus belle des récompenses étant toujours celle qui torpille sans ménagement nos préjugés les plus tenaces, on est alors incroyablement heureux et ému d&#8217;avoir découvert sa pépite, sa révélation, son coup de cœur absolu. Car <em>Under the Shadow</em> de Babak Anvari est un de ces moments de grâce plutôt rare et génialement marginal dans l&#8217;univers parfois trop codifié du film d&#8217;auteur à vocation horrifique. <span id="more-24785"></span></p>
<p>Plus grand qu&#8217;un genre où il est finalement un peu à l&#8217;étroit, ce premier film écrit et réalisé par un seul homme est d&#8217;une incroyable maturité à la fois formelle et substantielle. Dans le huis clos étouffant et quasi exclusif d&#8217;un appartement-prison devenu paradoxalement un îlot de liberté &#8211; quand à l&#8217;extérieur règnent conjointement le chaos de la guerre et l&#8217;atroce ordre moral instauré par les Mollahs – la peur et l&#8217;angoisse infusent le quotidien d&#8217;une femme prête à entrer en résistance contre les forces hostiles qui veulent lui prendre sa fille. Armée d&#8217;un misérable rouleau de scotch – avec lequel elle colmate et défend ce qui peut encore l&#8217;être &#8211; de son rationalisme et de son amour pour Dorsa, Shideh engage une lutte allégorique à armes inégales contre l&#8217;intrusion insidieuse et inéluctable des démons de la guerre et de la morale religieuse qui menacent de les anéantir et de les soumettre. Une porte qui s&#8217;ouvre, une fissure au plafond, une fenêtre brisée, une poupée perdue, une K7 vidéo saccagée de Jane Fonda en mode prof de fitness… La terreur jaillit par éclairs d&#8217;une violence inouïe des détails les plus anodins d&#8217;un quotidien devenu mortifère. </p>
<p>Portée par une mise en scène tirée au cordeau d&#8217;où la poésie n&#8217;est jamais absente, l&#8217;actrice principale Narges Rashidi fait une composition remarquablement nuancée dans un rôle de femme insoumise qui, après avoir été déchue du rêve de sa vie – elle voulait être médecin &#8211; par les gardiens de la révolution, se bat pour ne pas perdre tout ce qui lui reste, sa fille. Au-delà de cet art iranien de la représentation à la fois pudique et clinique de l&#8217;intime – on pense bien sûr à Asghar Farhadi &#8211; <em>Under the Shadow</em> est représentatif d&#8217;un cinéma de genre moderne où les codes de l&#8217;épouvante cohabitent en parfaite harmonie avec des enjeux qui leur sont supérieurs.</p>
<p>&nbsp;<br />
Under the Shadow <em>de Babak Anvari, avec Narges Rashidi, Bobby Naderi, Arash Marandi&#8230; Angleterre, Iran, Jordanie, Qatar, 2016. Prix du Jury du 24e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
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		<title>The Last Face, de Sean Penn</title>
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		<pubDate>Wed, 18 May 2016 21:19:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un film sur <em>« un amour impossible… entre un homme… et une femme »</em> (sic). Les premières images font peur, et le reste n’est guère mieux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/The-Last-Face_photo.jpg" alt="The Last Face, de Sean Penn" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-23516" /><strong>Qui ?</strong><br />
Sean Penn n’est jamais où on l’attend. Le beau gosse des années 1980, sorte de nouveau James Dean, a peu à peu mué en acteur-réalisateur engagé. <em>La Dernière Marche</em>, <em>Harvey Milk</em>, <em>Into the Wild</em>, campagne contre l’intervention américaine en Irak en 2003, humanitaire en Haïti ou en Louisiane, reporter gonzo menant à l’arrestation du narco-trafiquant El Chapo… Aucun sujet ne lui échappe, tout le concerne. A Cannes aussi, il a tenu tous les rôles. Prix d’interprétation masculine pour <em>She’s so Lovely</em>, président du jury (remettant la Palme d’or à <em>Entre les murs</em>) et réalisateur en compétition, avec <em>The Pledge</em>. Cette connaissance des arcanes cannoises le mènera-t-il au plus haut ?</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Dans <em>The Last Face</em>, Sean Penn met en scène celle qui n’était pas encore son ex, Charlize Theron, tombant sous le charme de Javier Bardem, au sein d’une ONG plongée dans une guerre civile au Liberia. Au casting décidément international, on retrouve également Adèle Exarchopoulos et Jean Reno. Outre la thérapie conjugale un peu hasardeuse, on attend du réalisateur qu’il tire le meilleur de sa propre expérience avec les ONG et les zones de conflit. On se doute qu’il dénoncera avec violence les horreurs de la guerre, on espère sans trop de grandiloquence et de naïveté. De tout ça, on peut craindre le pire comme le meilleur. Sean Penn, jamais où on l’attend.</p>
<p><strong>Résultat des courses</strong><br />
Un film sur <em>« un amour impossible… entre un homme… et une femme »</em> (sic). Les premières images font peur, et le reste n’est guère mieux. Côté cinématographie (regroupons-y la mise en scène, la direction et le jeu d’acteurs, le scénario, le montage, les dialogues, les décors, la musique), c’est zéro. Oui, ça peut paraître cruel, mais il faut bien le remarquer : la réalisation de <em>The Last Face</em> est si mauvaise qu’il doit bien y avoir une place pour elle quelque part dans le <em>Guinness Book</em>. Sean Penn s’inspire à la fois de Terrence Malick (mais même le plus mauvais des Malick est mieux réalisé que <em>The Last Face</em>) et d’une pub pour une ONG. Trop occupé par son nombril, le cinéaste américain (à qui l&#8217;on doit pourtant <em>The Indian Runner</em> et <em>Into The Wild</em>) a oublié de rendre l’histoire crédible, de diriger correctement les comédiens (question rhétorique : Jean Reno est-il comédien ?), de proposer une véritable réflexion sur un tel sujet.</p>
<p>Bien sûr, peut-on vraiment dire d’un mauvais film qu’il est mauvais sans paraître insensible, dès lors qu’il est plein de bons sentiments ? Sean Penn veut provoquer chez le spectateur une prise de conscience en lui montrant les atrocités de la guerre (lacérations, viols, amputations, enfants-soldats… tout y passe). L’intention est louable, mais cachée sous une telle couche de narcissisme (Wren, l’alter ego fantasmé de Sean ?) et de lourdeur (à côté, <em>Urgences</em> est d’une subtilité rare) qu’elle manque son but. <em>The Last Face</em> nous apprend principalement que les méchants sont vraiment méchants, mais ne nous renseigne pas tellement sur ce qui a rendu possibles ces conflits. A part quelques mots sur le rôle des Etats-Unis et de l’Europe au milieu du film (une vingtaine de secondes, en arrondissant généreusement) et un joli discours final sur la notion de « réfugié » &#8211; malgré, ici aussi, beaucoup de narcissisme. Si « l’espoir d’un monde meilleur » que Sean Penn entrevoit n’a que <em>The Last Face</em> comme défenseur, la planète a du souci à se faire. Espérons au moins que les millions engloutis dans ce projet soient en partie reversés à une fondation humanitaire.<br />
<em>(<a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/jnb/" target="_blank">JNB</a>)</em></p>
<p>&nbsp;<br />
The Last Face<em> de Sean Penn, avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos, Jean Reno… Etats-Unis, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Eva ne dort pas, de Pablo Agüero</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Apr 2016 06:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[biopic]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Gael Garcia Bernal]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Don’t look for me Argentina - D’Eva Peron, la plupart d’entre nous connaît surtout le tube de Madonna <em>Don’t Cry For Me Argentina</em>, interprété lorsqu’elle...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Don’t look for me Argentina</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/Eva_Affiche.jpg" alt="Eva ne dort pas, de Pablo Agüero" title="Eva ne dort pas, de Pablo Agüero" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23201" />D’Eva Peron, la plupart d’entre nous connaît surtout le tube de Madonna <em>Don’t Cry For Me Argentina</em>, interprété lorsqu’elle tenait le rôle-titre du film <em>Evita</em>. Nous n’en apprendrons guère plus avec <em>Eva ne dort pas</em>, qui tient plus de la fantasmagorie que de la biographie ou de l’enquête historique. Le réalisateur Pablo Agüero surprend dès les premiers instants par la voix off de Gael Garcia Bernal &#8211; dont le visage est sur l’affiche, mais pas plus de cinq minutes à l’écran &#8211; traitant Eva Peron de tous les noms, trouvant les insultes les plus basses. Ce militaire, marchant lentement de son pas oppressant, raconte la mort et la disparition du corps de cette figure adulée, regrettant de ne pas avoir fait en sorte de s’en débarrasser pour de bon, d’avoir laissé place à la légende. </p>
<p>Malgré cette attaque brutale et intrigante, Pablo Agüero fait ressentir rapidement, notamment par des images d’archives, l’aura d’Evita auprès de la population argentine. Une présence fascinante au-delà de la mort. Il met alors en scène le corps défunt, dans une lumière belle et sombre, qui sacralise le personnage, avant de le profaner dans une scène d’embaumement mystique. <img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/Eva_jba-production-Haddock-1.jpg" alt="Eva ne dort pas, de Pablo Agüero" title="Eva ne dort pas, de Pablo Agüero" width="280" height="157" class="alignright size-full wp-image-23202" />On est happé par cette ambiance christique, les débuts, sous nos yeux, d’une religion athée et politique. Le film prend un nouveau tournant avec l’enlèvement du corps par les militaires. C’est cette fois la présence étrange de Denis Lavant qui s’offre au spectateur. Seul dans une camionnette bringuebalante, passant de mystérieux coups de fil, il transporte le cercueil pour une destination secrète. Avant d’être rejoint par un jeune soldat, à son tour pris par le charisme du corps momifié. <span id="more-23200"></span></p>
<p>Mais c’est là qu’<em>Eva ne dort pas</em> stagne. Après 45 minutes intenses dans une ambiance très travaillée, avec peu de moyens mais beaucoup d’efforts sur les sons et les lumières, le film se perd en dialogues abscons. D’abord une joute virile entre Denis Lavant et le soldat, puis la confrontation entre le général Aramburu déchu &#8211; responsable du coup d’Etat et de la disparition du corps, caché au Vatican pendant 17 ans &#8211; et de jeunes péronistes arrogants. Tout ce qui fascinait dans la première partie s’évapore peu à peu, pour des longues séquences en plan fixe un peu vaines. L’évocation est plus forte que la parole. Comme si le mythe ne pouvait que se ressentir, se suggérer, mais en aucun cas laisser place à la parole, à la vanité des hommes.</p>
<p>&nbsp;<br />
Eva ne dort pas <em>(Eva no duerme) de Pablo Agüero, avec Denis Lavant, Imanol Arias, Daniel Fanego, Gael Garcia Bernal&#8230; Argentine, 2015. Sortie le 6 avril 2016.</em></p>
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		<title>Cinéma Master Class : la collection des maîtres</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2015 08:28:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<category><![CDATA[armée]]></category>
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		<category><![CDATA[nazisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Six films anglais inédits réalisés entre 1936 et 1946. Six films de propagande. Six films commandés par les autorités militaires anglaises et par Winston Churchill en personne...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Six films anglais inédits réalisés entre 1936 et 1946. Six films de propagande. Six films commandés par les autorités militaires anglaises et par Winston Churchill en personne. Six films pour galvaniser les foules contre l’obscurantisme nazi. Six films pour gagner la guerre et préparer l’après-guerre. Six films pour tenir six ans. Alexander Korda, Michael Powell, Laurence Olivier, David Lean, tous ces grands artistes ont participé à l’effort de guerre. Vous serez surpris par l’intelligence de ces œuvres qui, si elles utilisent un manichéisme de bon aloi et, dirons-nous, nécessaire, ne tombent jamais dans la manipulation grossière.<br />
C’est parti pour la revue des troupes.</p>
<h4>1936-1940</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/La-Conquête-de-lair.jpg" alt="La Conquête de l&#039;air" width="181" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22101" /><strong><em>La Conquête de l’air</em> réalisé par Alexander Korda assisté de Zoltan Korda, John Monk Saunders, Alexander Esway, William Cameron Menzies, Alexander Shaw et Peter Bezencenet avec Laurence Olivier, Henry Victor, Frederic Culley, John Abbott&#8230;</strong></p>
<p>Des anciens temps à l’époque moderne troublée par la Seconde Guerre mondiale, l’appel des airs a fasciné l’homme. L’histoire de cette véritable conquête à travers ses plus célèbres inventeurs et aventuriers : des frères Wright à Saint-Exupéry, des ballons aux hélicoptères. Un récit mélangeant images d’archives et reconstitutions allant de pionniers de l’aviation à l’entrée en guerre de l’Angleterre.<br />
Réalisé entre 1936 et 1940, cet outil de propagande commandé par le ministère de l’aviation britannique revient depuis l’Antiquité jusqu’aux heures sombres de la Seconde Guerre mondiale sur ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines qui ont donné de leur personne pour imiter les z’oiseaux.<br />
Le récit ne manque ni de charme ni d’humour quand il s’agit de narrer les aventures d’olibrius habillés en poulet, persuadés qu’un saut effectué de la plus haute tour du château suffira à les faire s’envoler. Plus dure sera la chute. Réaliser l’impensable se paie comptant. <span id="more-22099"></span><br />
<em>La Conquête de l’air</em> survole l’histoire de l’aviation et des pays (Italie, France et Angleterre) qui ont contribué aux développements des techniques de vol et à l’amélioration des machines. La conquête de l’air, d’abord course à l’innovation, fut meurtrière.<br />
Un récit passionnant.<br />
<em>Disponible en DVD.</em></p>
<h4>1939</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/Le-lion-a-des-ailes.jpg" alt="Le lion a des ailes" width="181" height="280" class="alignright size-full wp-image-22102" /><strong><em>Le lion a des ailes</em> réalisé par Michael Powell (entre autres) avec Ralph Richardson, Merle Oberon, June Duprez, Flora Robson&#8230;</strong></p>
<p>Sur terre, sur mer et dans les airs, l’Angleterre se prépare à combattre l’Allemagne nazie et à défendre sa liberté contre les armées d’Hitler. Alors qu’un officier de la Royal Air Force se prépare à partir sur le front, sa femme et son entourage participent également, chacun à leur façon, à l’effort de guerre. Le lion est prêt à rugir.<br />
Un film de propagande pur jus tourné en douze jours par six réalisateurs dont l’illustre Michael Powell. Commandé par Churchill lui-même la veille de la Seconde Guerre mondiale, <em>Le lion a des ailes</em> célèbre ni plus ni moins que la puissance de l’aviation militaire anglaise. Pourtant à l’époque, la Royal Air Force dispose seulement de vieux coucous pourris incapables de rivaliser avec les appareils ultramodernes de la Luftwaffe. Les civils ne savent pas. L’armée ne se vante pas de ses faiblesses. Pendant ce temps, loin des plateaux de tournage, les ouvriers anglais s’affairent le jour et la nuit pour sortir des chaînes d’assemblage des chasseurs dignes de ce nom.<br />
A travers la voix empruntée d’un narrateur, <em>Le lion a des ailes</em> fait la promotion du « bon vivre en Angleterre » contre « l’enfer promis par le IIIe Reich ». A chaque nouveau chapitre, on se croirait davantage devant les informations télévisées européennes que devant un film de guerre. C’est une façon ludique de maîtriser le fil narratif.<br />
<em>Le lion a des ailes</em> vaut pour son traitement de l’information pendant les préparatifs de guerre. Tentez l’aventure, vous ne risquez pas l’intoxication.<br />
<em>Disponible en DVD.</em></p>
<h4>1939</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/Q-planes.jpg" alt="Q-planes" width="180" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22103" /><strong><em>Q-planes</em> réalisé par Tim Whelan et Arthur B. Woods avec Laurence Olivier, Ralph Richardson, Valerie Hobson, George Curzon&#8230;</strong></p>
<p>Quand les prototypes d’avions de guerre disparaissent mystérieusement, Scotland Yard envoie le major Hammond mener l’enquête. Il peut compter sur le soutien du meilleur pilote de la base, Tony McVane, et de la journaliste infiltrée Kay. Le mystère est toujours entier quand l’aviateur est envoyé à son tour en mission d’essai, qui tourne à la catastrophe quand l&#8217;appareil est descendu en plein océan Atlantique. Mais cette attaque donnera peut-être la clé de l’énigme.<br />
<em>Q-planes</em> assume sa nature hybride, une comédie de guerre où le sérieux n’hésite pas à se mêler à la plus pure absurdité. Blake Edwards portera le genre au firmament avec <em>Opération Jupons</em> (1959) et la saga des <em>Inspecteur Clouseau</em>. On peut craindre les gags lourdauds et les situations embarrassantes mais il n’en est rien. Le major Hammond a de la tenue ! Soixante-seize ans plus tard, l’humour froid et sophistiqué tient encore la route. Un rythme maîtrisé, des personnages cocasses, quelques saillies drolatiques et le tour est joué.<br />
<em>Q-planes</em> a été réalisé dans l’unique but de lancer la London films, une nouvelle firme destinée à remonter le moral des troupes et de la population.<br />
Une curiosité.<br />
<em>Disponible en DVD.</em></p>
<h4>1943</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/The-Demi-paradise.jpg" alt="The Demi-Paradise" width="181" height="280" class="alignright size-full wp-image-22104" /><strong><em>The Demi-Paradise</em> réalisé par Anthony Asquith avec Laurence Olivier, Penelope Ward, Marjorie Fielding, Michael Shepley&#8230;</strong></p>
<p>1943, Ivan Kouznetsoff, ingénieur soviétique, se rappelle de son périple en Angleterre un peu avant le conflit afin d’aider à créer une nouvelle hélice pour des navires capables de briser la glace. Ses préjugés sont mis à rude épreuve dès son arrivée et sa rencontre avec une jeune et charmante Britannique, Ann, qui va l’aider à comprendre ce peuple inconnu, son humour, sa chaleur et sa force. Les liens se resserrent alors que la Russie est attaquée par l’Allemagne nazie.<br />
Jean-Pierre Dionnet ne cache pas dans les bonus que <em>The Demi-Paradise</em>, aussi réussi soit-il, a servi d’outil de propagande dans le dessein de célébrer l’amitié anglo-russe, au moins sur les écrans de cinéma du roi George VI. En 1943, l’Angleterre caressait la Russie dans le sens du poil. Le héros russe (Laurence Olivier, 100 % britannique, 100 % joyeux cabotin) sert de ciment entre deux cultures que tout oppose. &#8220;Les nazis n’ont qu’à bien se tenir car nous, les forces alliées, sommes soudées&#8221; : c’est un peu le message à retenir. On s’amuse des incompréhensions polies, décalage culturel, que chaque personnage porte à l’autre. Les discussions servent à effacer les préjugés et préparent la victoire.<br />
Il règne dans <em>The Demi-Paradise</em> une profondeur surprenante qui fait oublier les clichés. Une très belle surprise.<br />
<em>Disponible en DVD.</em></p>
<h4>1942</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/Ceux-qui-servent-en-mer.jpg" alt="Ceux qui servent en mer" width="202" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22100" /><strong><em>Ceux qui servent en mer</em> réalisé par David Lean et Noel Coward avec Noel Coward, Richard Attenborough, Michael Wilding, John Mills&#8230;</strong></p>
<p>Fleuron de la Marine britannique, le HMS Torrin est coulé en mer par les nazis, suite à un raid aérien. Les rescapés racontent son histoire et leur lutte héroïque contre les éléments et l’ennemi. A travers le récit de ces hommes se battant pour survivre et de leur navire, c’est toute l’histoire d’une nation en guerre qui nous est contée.<br />
<em>Ceux qui servent en mer</em> est ce que l’on appelle un « film somme ». Une œuvre qui brasse une telle quantité de sujets qu’elle suscite à chaque visionnage des réflexions nouvelles.<br />
Le navire sombre dès les premières minutes. Les marins rejoignent un canot. La messe est dite. La caméra passe sur les visages meurtris des survivants. A ce moment une série de flash-back s’enchaînent et s’entremêlent. Nous découvrons la vie de chacun. Les vies secrètes et familiales jusqu’aux événements tragiques qui les porteront au navire HMS Torrin.<br />
Passionnant de bout en bout.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray.</em></p>
<h4>1946</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/06/Etrange-aventurière.jpg" alt="L&#039;Etrange aventurière" width="181" height="280" class="alignright size-full wp-image-22105" /><strong><em>L’Etrange Aventurière</em> réalisé par Frank Launder avec Deborah Kerr, Trevor Howard, Raymond Huntley David Tomlinson&#8230;</strong></p>
<p>En 1944, Bridie, une jeune et volontaire Irlandaise, se rend à Dublin le jour de sa majorité, bien décidée à rejoindre l’IRA. Son désir de mener bataille contre l’oppresseur britannique est si fort, qu’elle se retrouve vite recrutée par un espion nazi, qui utilise ses sentiments pour récolter des informations sur l’armée britannique. Postée comme serveuse dans un bar près d’une prison militaire, elle va mettre la main sur un document vital, prompt à mettre en péril le débarquement allié. Alors que son indécision sur son devoir commence à croître, d’autres parties manœuvrent en secret pour récupérer les précieuses informations.<br />
Un film d’espionnage bourré de charme. Voilà ce qu’est <em>L’Etrange Aventurière</em>. Deborah Kerr incarne une jeune militante irlandaise naïve et maladroite, motivée et revancharde, une proie de choix pour les sbires des services spéciaux. On en pince pour cette femme de caractère décidée contre vents et marées à porter la voix de l’Irlande, même si ses idéaux, un poil décalés en période de guerre, sortent tout droit des livres d’école. Bridie l’intrépide expérimente la vie sur le terrain avec son lot de danger, apprenant à reconnaître le vrai du faux.<br />
<em>L’Etrange Aventurière</em> n’emprunte jamais un ton moqueur vis-à-vis de son héroïne. Elle met les pieds dans le plat pour notre plus grand bonheur.<br />
Une belle surprise.<br />
<em>Disponible en DVD.</em></p>
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