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	<title>Grand Écart &#187; viol</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Revenge, de Coralie Fargeat</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Feb 2018 20:19:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[gore]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Barbie tue Rick</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/revenge-coralie-fargeat-affiche.jpg" alt="Revenge, de Coralie Fargeat" width="216" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26083" />Richard, que nous rebaptiserons Caliente (au sang aussi chaud que son pantalon quand il en porte) emmène dans une villa Air B&#8217;nB en plein milieu du désert marocain, sa nouvelle conquête du moment, Jennifer, alias Shakira pour ses racines décolorées et son légendaire déhanché. Ils passent leur temps à batifoler, nager dans la piscine et faire du rien. Jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée de Michael Hanouna (tant Vincent Colombe qui l&#8217;incarne est un croisement entre Michael Youn et Cyril Hanouna) et de Gras Double (au physique appelé à mourir en premier dans d&#8217;atroces souffrances), ses amis et associés, qui contemplent Shakira et ses mini-bikinis, l&#8217;écume au bord des lèvres. Evidemment, tout ceci ne peut que mal tourner. Caliente absent pour la matinée, Michael Hanouna et Gras Double entreprennent de s&#8217;amuser un peu avec Shakira devenue subitement plus farouche. Et peu encline à partager ses miasmes avec les amis de son amant. Qu&#8217;importe, un viol plus tard, Shakira ne désire plus qu&#8217;une seule chose : rentrer chez elle au plus tôt. Caliente, à la sensibilité proche du cactus, ne l&#8217;entend pas de cette oreille et la laisse pour morte en plein désert. Mais l&#8217;est-elle vraiment ?</p>
<p>Si <em>Revenge</em> avait été réalisé par un homme, on aurait parlé de sexisme. Mais comme c&#8217;est le premier long-métrage d&#8217;une femme, on dira plutôt que c&#8217;est de féminisme qu&#8217;il s&#8217;agit. Car les plans placés au niveau de la croupe qui chaloupe de Shakira et sa propension à ne jamais porter de vêtements trop longs, pourraient porter à confusion. D&#8217;autant que la belle a tout de la bête aux premiers abords. Et qu&#8217;il suffit que ses cheveux se ternissent par la poussière et le sang, pour qu&#8217;elle se mette à réfléchir à vitesse grand V et se transformer en MacGyver. <span id="more-26077"></span>Mais voilà, c&#8217;est Coralie Fargeat, dont c&#8217;est le premier film, après des courts-métrages remarqués. Et elle n&#8217;hésite pas à dénuder Caliente et à en faire le même objet de fantasme, fesses en gros plan comprises. En revanche, à la différence de ses consoeurs qui se sont déjà risquées au film de genre plutôt gore, telles que Marina De Van ou Julia Ducourneau, ici, point de finesse : tout repose essentiellement sur le deuxième (voire troisième) degré. Pour mieux dénoncer ? Non, car ce qui aurait pu être un premier long nerveux et revendicateur, ne devient qu&#8217;une énième série B, vite consommée, vite oubliée. Les méchants sont très très méchants, jouent comme des acteurs de téléfilms produits par AB Production et les dialogues sont aussi effrayants que les scènes sont trash (un pieu enfoncé dans le corps de Shakira, symbole phallique bien appuyé au demeurant, une cautérisation à <strong><em>base</em></strong> de bière, des viscères enveloppées dans du film alimentaire ou un tesson de verre enfoncé profondément dans un pied). Le film est peuplé d&#8217;invraisemblances grand-guignolesques supposées volontaires, mais qui desservent le propos : une femme-objet qui préfère s&#8217;animer et s&#8217;affranchir de son image, qui se libère de la beauté plastique qui l&#8217;emprisonne. L&#8217;absence totale d&#8217;émotion, de compassion, de profondeur, font que peu à peu, on se désintéresse du sort de Shakira qui s&#8217;ensanglante et sanglote. On ne s&#8217;étonne même plus de la voir courir aussi rapidement qu&#8217;une voiture, une carabine à la main, en soutien-gorge et petite culotte. On est loin, très loin, d&#8217;un <em>Kill Bill</em> à la française. <em>Revenge</em> aurait pu être un tigre qui se révolte et ravage le cirque qui l&#8217;a emprisonné. Et il avait tous les ingrédients pour ce faire. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;un chaton déçu de ne pas avoir eu assez de croquettes&#8230; Sans rancune, Shakira !</p>
<p>&nbsp;<br />
Revenge<em> de Coralie Fargeat, avec Matilda Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe et Guillaume Bouchède. France, 2017. Présenté en compétition officielle du Festival du film fantastique de Gérardmer 2018. Sortie le 7 février 2018.</em></p>
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		<title>La Belle et la Meute, de Kaouther Ben Hania</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Oct 2017 16:10:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la section Un Certain Regard]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<description><![CDATA[Mariam est comme toutes les jeunes filles de son âge. Elle aime aller en discothèque, s’amuser, prendre des selfies, s’habiller un peu sexy et pourquoi pas, aller prendre l’air avec ce beau ténébreux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La plus belle n’ira plus danser</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/10/la-belle-et-la-meute-affiche.jpg" alt="La Belle et la Meute, de Kaouther Ben Hania" title="La Belle et la Meute, de Kaouther Ben Hania" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25988" />Mariam est comme toutes les jeunes filles de son âge. Elle aime aller en discothèque, s’amuser, prendre des selfies, s’habiller un peu sexy et pourquoi pas, aller prendre l’air avec ce beau ténébreux qui la dévisage tant. Mais après ces premières minutes idylliques, l’enfer se glisse sous ses pas. Une ellipse la présente en train de courir dans la rue, en larmes, poursuivie par le ténébreux en question qui la prend dans ses bras pour la calmer. La belle vient de se faire violer collectivement par une meute de policiers. Elle décide de porter plainte et de réclamer justice, coûte que coûte, mais elle ira de situation kafkaïenne en absurdité désespérante. Car, on a oublié de le préciser, mais ce détail a toute son importance, Mariam vit en Tunisie. Et malgré le Printemps arabe, les jeunes filles restent des victimes dont on tait la souffrance, la corruption est toujours prégnante, la police n’est qu’une parodie d’elle-même à la solde des politiques et toute affaire de mœurs est forcément de la faute des femmes.</p>
<p>Car c’est de la faute de Mariam si elle est sortie dans la rue, si elle a embrassé un preux chevalier, un outrage pur et dur. C’est encore de sa faute, si habillée d’une robe courte et maquillée à l’européenne, sans voile, elle a aguiché sans le savoir, sans le vouloir, une horde de policiers dénués d’âme qui la filment tout en la fustigeant. C’est encore de sa faute si aucune clinique privée ne veut la prendre en charge, s’il faut un dépôt de plainte au commissariat pour pouvoir être auscultée, si personne ne peut et ne veut l’aider. Et son seul roc, ce garçon inconnu qui la suit malgré tout et tente de la soutenir, est victime à son tour. Coupable d’avoir fait partie des émeutiers, d’être anti-système. <span id="more-25984"></span></p>
<p><em>La Belle et la Meute</em> et ses neuf chapitres comme un conte horrifique, a fait partie des films qui ont fait sensation lors du dernier <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">Festival de Cannes</a>, dans la catégorie Un Certain Regard. Il ne cesse, depuis, de remporter des trophées à l’international. Mais son mérite n’est pas là. Il provient du fait qu’il soit réalisé par une femme, Kaouther Ben Hania (<em>Zaineb n’aime pas la neige</em>), qui entend bien dénoncer l’opprobre jeté dans son pays, malgré ce que l’on aurait pu prendre pour une avancée historique. Pour les femmes, rien n’a changé ou presque. Sa Mariam cherchant justice se revendique en Marianne guidant le peuple. Elle est brillamment interprétée par Mariam Al Ferjani, aux yeux de biche traquée, qui est de tous les plans, qui protège du mieux qu’elle peut le semblant de dignité qui lui reste, qui troque le sourire contre une détermination sans faille. Elle est de tous les plans, tous les avilissements. Elle est magnifique. Tout comme le film, images bleutées, sensation de malaise étouffante, caméra virevoltante lors de plans-séquences impressionnants, avec option indignation en prime. Un film témoignage et coup de poing qui risque de faire parler de lui pendant longtemps, trop longtemps&#8230; </p>
<p>&nbsp;<br />
La Belle et la Meute <em>de Kaouther Ben Hania, avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda, Mohamed Akkari et Chedly Arfaoui. Tunisie, 2016. Sortie le 18 octobre 2017. </em></p>
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		<title>Elle, de Paul Verhoeven</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/isabelle-huppert-elle-paul-verhoeven/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2016 08:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Paul Verhoeven]]></category>
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		<description><![CDATA[Hupperisation - Une femme forte et froide, bourgeoise violentée, un poil déséquilibrée : le type de rôle dans lequel on imagine très bien Isabelle Huppert. Verhoeven aussi.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Hupperisation</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/elle-paul-verhoeven-affiche.jpg" alt="Elle, de Paul Verhoeven" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24231" /><strong>Qui ?</strong><br />
Paul Verhoeven, c’est une écrasante charge politique (<em>Starship Troopers</em>, <em>Black Book</em>), de l’érotisme fulgurant et controversée (<em>Spetters</em>, <em>Basic Instinct</em>, <em>Turkish Délices</em>), de la science-fiction visionnaire (<em>Total Recall</em>, <em>Robocop</em>). Souvent, tout ça à la fois. Et ce qu’on attend moins de ce cinéaste violent, outrancier et décomplexé, c’est le paradoxe d’un homme qui respecte la foi et les croyances et publie <em>Jésus de Nazareth</em> en 2010, fruit de trente années de recherches du « Jésus historique ». Sans se départir de son engagement, puisqu’il y suggère notamment que les miracles n’existent pas et que le Sauveur aurait des penchants homosexuels.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
En mal de réalisation depuis qu’il a décidé de faire de son <em>Jésus de Nazareth</em> un livre au lieu d’un film, et que l’expérience de <em>Tricked</em> (un scénario participatif) s’est avérée plus enrichissante que véritablement qualitative, c’est en lisant <em>Oh…</em> du Français Philippe Djian que le Néerlandais a trouvé la matière à un nouveau long-métrage. <em>Elle</em>, adaptation libre de notre Djian national, avec au casting Isabelle Huppert dans le premier rôle, Laurent Laffite, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Vimala Pons. Un casting de rêve pour l’histoire de Michèle, présidente d’une florissante société de jeux vidéo, violée un jour par un inconnu, qui se met en tête de retrouver son agresseur. <span id="more-24229"></span></p>
<p><strong>Résultat des courses</strong><br />
Une femme forte et froide, bourgeoise violentée, un poil déséquilibrée : le type de rôle dans lequel on imagine très bien Isabelle Huppert. Verhoeven aussi, qui lui offre ce portrait de femme pragmatique à la résilience sans failles. Michèle/Huppert surmonte les épreuves, envers et contre tout. Et pourtant, jamais de pathos ni de mélo. Paul Verhoeven désamorce la violence grâce à la sobriété des interprétations, à l’humour grinçant omniprésent, à une mise en scène structurée comme une peinture de Mondrian : chaque chose est à sa place pour former un tout plus vrai que nature. Ni totalement thriller, ni totalement comédie, ni totalement subversion, <em>Elle</em> est un savant mélange de malaise et de loufoque, sorte d’improbable rencontre entre Michael Haneke et Judd Apatow. Depuis 24 ans que Paul Verhoeven n’était pas revenu présenter un film sur la Croisette (la dernière fois, c’était <em>Basic Instinct</em> en 1992), on l’avait un peu oublié, à tort. Le retour du Hollandais Violent au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/69e-festival-international-film-cannes-2016/" title="11/05-22/05 : 69e Festival de Cannes">69e Festival de Cannes</a> s’accompagne d’un « Oh… » troublé et fasciné.</p>
<p>&nbsp;<br />
Elle <em>de Paul Verhoeven, avec Isabelle Huppert, Laurent Laffite, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Vimala Pons&#8230; France, Allemagne, 2015. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 25 mai 2016. </em></p>
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		<title>Paulina, de Santiago Mitre</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Apr 2016 09:03:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de la Critique 2015]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Paulina est une femme de conviction. On le comprend dès la première séquence, où elle expose à son magistrat de père son projet d’abandonner sa brillante carrière d’avocate pour donner...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/PAULINA_Still2.jpg" alt="Paulina, de Santiago Mitre" title="Paulina, de Santiago Mitre" width="280" height="142" class="alignleft size-full wp-image-21544" />Paulina est une femme de conviction. On le comprend dès la première séquence, où elle expose à son magistrat de père son projet d’abandonner sa brillante carrière d’avocate pour donner des cours d’instruction civique dans un quartier défavorisé. Une discussion à bâtons rompus afin de savoir où et à quelle place on est le plus utile, comment œuvrer de la meilleure manière pour la justice sociale. Têtue, déterminée, Paulina commence vite à donner des cours sur la démocratie avec pour effet boomerang le fait de voir la classe se vider en quelques secondes au nom de la liberté. Ce premier cours est en fait l’illustration du film à venir : un idéal, des principes moraux, confrontés à la réalité. Car Paulina, rentrant d’une soirée arrosée à moto, se fait agresser et violer. Femme forte, elle devient victime. Un statut qu’on lui impose et qu’elle rejette. Lors de sa déposition à la police, on lui demande plusieurs fois comment elle était habillée. <em>&#8220;Pas de façon provocante, si c’est la question&#8221;</em>, répond-elle froidement, montrant qu’elle n’a rien perdu de sa lucidité d’avocate. Pourtant, tout son entourage lui refuse le pouvoir de prendre une quelconque décision pour la suite : reprendre ses cours, retrouver ses agresseurs, retourner sur les lieux, garder l’enfant qu’elle porte. Tout est sujet à débat, à combat. Santiago Mitre, le réalisateur, filme la solitude de cette femme incomprise. Sa volonté &#8211; comprendre son agresseur sans passer par la justice que défend son père ou la vengeance que veut assouvir son petit ami &#8211; est effectivement parfois difficile à suivre. <span id="more-21539"></span>Mais le cinéaste ne la lâche pas d’une semelle, si ce n’est pour quelques flash-backs illustrant un autre point de vue (celui de son père, de son petit ami ou de son agresseur). La caméra reste fixée sur le regard fort de l’actrice, Dolores Fonzi, pendant encore quelques minutes au générique de fin, achevant ainsi le beau portrait d’une femme qui tombe et se relève seule, qu’on suit même si on ne la comprend pas. Celui d’une femme qui repense son rapport à la justice, à la vérité et à la violence à l’aune de son expérience, en ne choisissant aucune des facilités qui lui sont offertes.</p>
<p>&nbsp;<br />
Paulina<em> de Santiago Mitre, avec Dolores Fonzi, Oscar Martinez, Cristian Salguero&#8230; Argentine, 2015. Grand Prix Nespresso et prix Fipresci de la Semaine de la critique 2015. Sortie le 13 avril 2016.</em></p>
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