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	<title>Grand Écart &#187; Russie</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>L’Eté, de Kirill Serebrennikov</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2018 20:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Children of the revolution</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/Leto.jpg" alt="Leto" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-26265" />La montée des marches de <em>L’Eté</em> a marqué le premier geste politique du festival, les acteurs arborant des badges à l’effigie du cinéaste et une grande pancarte au nom de Kirill Serebrennikov. Assigné à résidence pour une sombre et paraît-il douteuse histoire de détournement de subventions, il est le premier absent de cette compétition. Dans un entrechoc entre réalité et fiction, les acteurs ont brandi en haut des marches le nom de leur metteur en scène quand leurs personnages ne peuvent lever le poing. Car, à Leningrad au début des années 1980, le rock est sérieusement cadenassé. Les groupes qui jouent au club local doivent être approuvés par une commission qui évalue la qualité des textes, lesquels se doivent de mettre en valeur le héros soviétique &#8211; à moins qu’ils ne soient qualifiés de comiques, au grand dam de l’auteur. L’auteur, c’est Viktor, aspirant chanteur &#8211; future réelle figure du rock soviétique, Viktor Tsoi &#8211; qui s’acoquine avec la gloire locale, Mike, buvant ses conseils et ses références : Blondie, T. Rex, Lou Reed, David Bowie, Bob Dylan&#8230; Kirill Serebrennikov brosse le portrait d’un petit groupuscule, qui joue de la guitare à la plage, rêve de gloire et d’Occident en s’enivrant dans les volutes de fumée, sur la bande-son d’une musique qu’ils ne pourront jamais jouer devant un public &#8211; public lui aussi bien tenu en laisse lors des concerts. Un portrait désinvolte et drôle, avec une énergie à l’unisson de cette ferveur punk, quand les deux chanteurs se prennent, eux, bien au sérieux. Ils fantasment de pouvoir écrire des textes comme Lou Reed &#8211; dont ils consignent et traduisent les paroles dans des cahiers &#8211; ou Bob Dylan &#8211; dont ils admirent le pouvoir contestataire. Ne pouvant parler de la société russe, eux sont cantonnés à évoquer les amourettes de lycée, le trouble adolescent tant que ça ne se voit pas trop, ou les affres du couple bien installé. C’est donc le réalisateur qui s’en charge, dans des scènes de comédie musicale improvisées dans un bus &#8211; où les passagers entonnent Iggy Pop &#8211; ou dans un train &#8211; en réponse à un homme qui ne juge pas la petite bande digne du communisme par une réjouissante interprétation clipesque de <em>Psycho Killer</em>, des Talking Heads. <span id="more-26259"></span>Alors que la chronique du groupe est en noir et blanc, ces séquences s’habillent de points de couleur (rouge, forcément) et de textes en surimpression sur la pellicule. Un surgissement inattendu et bienfaiteur, laissant échapper la révolte de cette jeunesse empêchée. Mais, comme le rappelle régulièrement un personnage portant à lui seul le rôle de choeur antique, s’adressant à la caméra : <em>« Ca ne s’est pas passé comme ça. »</em> Le réalisateur porte un regard bienveillant, quoique un peu moqueur, sur ces jeunes dont les ambitions sont forcément limitées, une tendresse sans nostalgie à la revendication sourde. Le tout se drape d’un triangle amoureux &#8211; la star, sa femme et l’aspirant &#8211; au sein duquel les désirs sont là aussi enfermés, malgré les espaces de liberté que l’on s’octroie. A l’image du reste du film, cette romance reste à l’état de fantasme, même si les personnages tentent comme ils peuvent de contourner les entraves, timidement, sans oser vraiment. Reste pour se consoler ces fulgurances colorées, soupape légère, frappante, irruption survoltée mais seulement rêvée dans un monde statique en noir et blanc.</p>
<p>&nbsp;<br />
L’Eté<em> (Leto) de Kirill Serebrennikov, avec Roma Sver, Irina Starshenbaum, Teo Yoo&#8230; Russie, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Sep 2017 08:14:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un selfie ou la vie</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/faute-amour-maryana-spivak-matvey-novikov-zvyaguintsev-s.jpg" alt="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" title="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-25083" />Face A. Genia et Boris divorcent. Depuis sa chambre, Alyosha les entend crier. Ils se disputent au sujet de la garde de leur enfant ; non pas pour le garder, mais justement pour ne pas s’encombrer de ce garçon de 12 ans que les hormones commencent à travailler. Le lendemain matin, Alyosha fugue ; les parents se lancent à sa recherche.</p>
<p>Face B. Du <em>Retour</em> à <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev">Leviathan</a></em>, Andreï Zviaguintsev explore le monde dans lequel il vit. D’une sphère à l’autre, avec le recul nécessaire. Il scrute les travers intimes de nos contemporains – <em>Le Bannissement</em> – ou les scories politiques ataviques – <em>Leviathan</em>. Dans <em>Faute d’amour</em>, le cinéaste russe prend la mesure de son talent et mêle les deux. La force du discours n’a d’égale que la subtilité presque respectueuse de ces individus en perte de repères, qui troquent une existence en communion avec l’autre pour un égotisme générationnel. Le plus intime et le plus domestique des drames de la vie – le divorce des parents – est alors chez Andreï Zviaguintsev une simple manifestation de cette translation de valeurs. </p>
<p>Car en filigrane de ce <em>Faute d’amour</em> saisissant et cynique, c’est toute une attitude vis-à-vis du monde, toute une posture qu’expose le réalisateur. A force de mises en scène permanentes à la télévision dans les émissions de téléréalité et les shows politiques, sur les réseaux sociaux ou dans la religion (le film se déroule quelques mois avant le <a href="http://www.grand-ecart.fr/recadrages/apocalypse-cinema-fin-monde-21-decembre-2012/" title="Apocalypse et cinéma : vive la fin du monde !">21 décembre 2012</a>, prétendue date de l’Apocalypse), nous avons tous oublié de nous intéresser à autre chose qu’à nous-mêmes. <span id="more-25074"></span>Ou alors, quand nous le faisons, c’est en regardant le monde à travers l’étroitesse d’un écran. Finalement, Andreï Zviaguintsev pose une simple question : savons-nous encore nous intéresser aux autres ? Ou faut-il, comme Genia et Boris, perdre ce qu’on a de plus précieux pour en saisir l’importance ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/faute-amour-andrei-zviaguintsev-affiche.jpg" alt="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" title="Faute d&#039;amour, d&#039;Andrei Zviaguintsev" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-25084" />Zviaguintsev explore les processus de ce narcissisme victorieux, qui interdit aux individus le recul nécessaire à un questionnement sérieux et une ouverture à l&#8217;autre. Lorsque Genia passe un moment romantique avec son amant, elle surfe sur son téléphone. Lorsqu’elle s’ennuie, elle regarde les photos de sa <em>timeline</em>. Au restaurant, ses voisines de table font un selfie, moues séductrices comprises, pour immortaliser le moment. Le personnage central de <em>Faute d’amour</em> ? C’est le smartphone, qui remplace les relations humaines par un ersatz de sentiments et d’amour. La technologie sans limite a-t-elle bridé notre empathie ? La peur et la haine &#8211; irréductibles à la seule Russie &#8211; sont-ils les conducteurs de cet enfermement psychologique qui nous fait préférer le confort à la vie ?</p>
<p>Avec intelligence, le réalisateur d’<em>Elena</em> évite l’écueil de tomber dans ce qu’il dénonce. Il raconte l’histoire d’Alyosha sans artifice, sans pathos, musique larmoyante ni effets tape-à-l’œil. <em>Faute d’amour</em> est un film beau et sobre, peut-être encore plus que ses précédentes œuvres. En grand cinéaste, Andrei Zvyaguintsev s’efface avec humilité et honnêteté pour ne pas interférer dans la plus importante des missions de l’artiste : ouvrir une fenêtre sur le monde pour mieux le comprendre &#8211; et, peut-être, le corriger.</p>
<p>&nbsp;<br />
Faute d’amour <em>(Nelyubov) d’Andrei Zvyaguintsev, avec Maryana Spivak, Alexey Rozin, Matvey Novikov… Russie, France, 2017. Prix du jury au 70e Festival de Cannes. Sortie le 20 septembre 2017.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Sergei Loznitsa</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Aug 2017 21:19:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En mai 2017, Sergei Loznitsa montait les 24 marches du palais des Festivals de Cannes pour nous y présenter, en compétition, sa <em>Femme douce</em>, troisième long-métrage de fiction. L’histoire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Odyssée infernale</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Unefemmedouce-affiche.jpg" alt="Une femme douce, de Sergei Loznitsa" title="Une femme douce, de Sergei Loznitsa" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25580" />En mai 2017, Sergei Loznitsa montait les 24 marches du palais des Festivals de <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">Cannes</a> pour nous y présenter, en compétition, sa <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/une-femme-douce-sergei-loznitsa-russie/">Femme douce</a></em>, troisième long-métrage de fiction. L’histoire éreintante mais fascinante d’une descente aux enfers au cœur d’une Russie post-soviétique gangrenée par la sottise, la misère, les violences et les humiliations. Une odyssée infernale réalisée avec vigueur et rigueur par un Loznitsa plus noir que jamais, magnifiquement mise en lumière par Oleg Mutu, chef op’ hors pair et compagnon de la première heure de Sergei, et survolée de la tête et des épaules par une fantastique Vasilina Makovtseva dans le rôle de la douce femme. Sortis sonnés de la projection cannoise, pas vraiment certains d’avoir tout saisi mais convaincus d’avoir assisté à quelque chose de puissant et nécessaire, nous avons pu enfin rencontrer le réalisateur, à la veille de sa sortie en salle, le 16 août.<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Une femme douce</em> est une coproduction européenne réalisée en Lettonie… Dans quelle mesure s’agit-il pourtant d’un film profondément russe ?</strong></p>
<p>Ce type de coproduction européenne, c’est la seule façon pour moi de continuer à faire des films. Je ne pourrais pas les réaliser là-bas. En Russie, on vous dira bien évidemment que ce sont les Américains qui les financent. Mais <em>Une femme douce</em> s’adresse d’abord aux spectateurs russes. Simplement, parce qu’il s’agit également d’une œuvre artistique, les spectateurs internationaux peuvent aussi s&#8217;y intéresser.  </p>
<p><strong>Un peu effrayé mais fasciné, on ressort du film convaincu d’avoir peut-être manqué de « clés » pour tout comprendre… Qu’en dites-vous ?</strong></p>
<p>Lorsque vous vous retrouvez face à un tableau du peintre néerlandais Jérôme Bosch, que vous le regardez avec attention, je suis absolument convaincu qu’il y a plein de choses que vous ne comprenez pas. Et il y a notamment cette représentation complexe du cosmos tel que l’on se l’imaginait à l’époque mais que l’artiste a par ailleurs imprégnée de principes d’alchimie. Une représentation qui, dans l’ensemble, nous passe très largement au-dessus de la tête. Cela n’empêche pas pour autant ces toiles d’interagir sur nous. Mais si nous voulions véritablement en saisir les moindres coups de pinceau, cela nécessiterait une étude particulière et approfondie de chaque parcelle de ses tableaux. Mais, rassurez-vous, à la différence des œuvres de Bosch, mes films sont bien plus simples !<span id="more-25937"></span></p>
<p><strong>Votre film a-t-il une date de sortie prévue en Russie ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer aux Russes ?</strong></p>
<p>En ce qui concerne le message, il est dans le film. A chacun d’y lire ce qu’il veut. Tout ce que j’y décris, chaque circonstance, chaque situation est inspirée de la vie réelle. Néanmoins, on pourra toujours s’abriter derrière le fait qu’il s’agit d’un film de fiction, que tout y a été inventé… même si ce n’est pas le cas. Cela m’a permis d’y mettre de l’humour, d’y glisser des éléments entre les lignes. Des éléments que les Russes seront bien sûr plus à même de saisir que les autres spectateurs. Si l’on prend, par exemple, la grande scène finale, le contre-point onirique, elle relève de toute l’histoire de la Russie, depuis les Bolcheviks jusqu’aux remises de décorations, aujourd’hui, au Kremlin. On y entend des discours que les Russes connaissent absolument par cœur. Simplement, j’ai opté cette fois-ci pour un point de vue ironique, ce qui ne s’était encore jamais fait dans le cinéma russe. En ce qui concerne la date de sortie du film, je ne sais pas encore… J’espère qu&#8217;<em>Une femme douce</em> sortira et j’espère aussi qu’il y aura suffisamment d’intelligence et de sens de l’humour chez les Russes pour pouvoir l’apprécier. </p>
<p><strong>Cette <em>Femme douce</em>, impassible, quasi-muette, apparaît un peu comme un robot d’exploration terrestre. Elle semble être nos yeux et nos oreilles sur un territoire où il n’est pas ou plus possible de mettre les pieds… Quelles consignes aviez-vous donné à votre actrice Vasilina Makovtseva ?</strong></p>
<p>Il y a une grande tradition, pas seulement en Russie, chez les metteurs en scène de théâtre pour montrer quelque chose à travers les yeux du héros. Ce n’est pas moi qui l’ai inventé. Je ne fais que m’inscrire dans cette tradition-là. Dans mon film, il y a donc à la fois le point de vue de l’héroïne mais aussi cet espace que j’ai envie d’étudier et sur lequel je m’avance. Compte tenu de la situation dans laquelle se retrouve cette femme, elle ne peut pas être plus active qu’elle ne l’est à l’écran pour attirer notre attention. Néanmoins, je ne pense pas que l’on puisse la qualifier de « robot », ce n’est pas tout à fait ça. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’ai rien eu à expliquer à l’actrice parce que, encore une fois, cette situation dans laquelle elle se trouve est tellement reconnaissable et connue, tellement ordinaire que c’était tout à fait clair pour elle. Les seules consignes que je lui ai données, c’était où elle devait se placer, vers où elle devait regarder… Soit plus dure ici, moins là… Pas plus. On a tourné le film dans son déroulé, avec la fatigue qui s’accumulait au fur et à mesure que nous avancions dans le récit. Et je tenais à ce que cette fatigue-là soit ressentie à l’écran. Que l’on voie qu’elle n’a pas dormi pendant plusieurs nuits et la porter ainsi jusqu’à la scène finale. On voit des cernes apparaître sous ses yeux, une posture qui commence à tomber… Mais Hitchcock avait cette réponse lorsqu’on lui demandait comment il travaillait avec les acteurs : <em>« Moi je ne travaille pas avec les acteurs, je les paye. »</em> Et Aki Kaurismäki, à la même question, répond : <em>« Moi, la seule chose que je leur dis, c’est de parler moins fort. »</em>  </p>
<p><strong>Vous êtes autant un cinéaste de fictions que de documentaires. Dans quelle mesure votre approche de la fiction empreinte-t-elle au langage documentaire, et inversement ?</strong></p>
<p>Pour moi, il n’y a pas de différence entre les deux. Simplement, le niveau de complexité n’est pas le même. Comme je n’ai pas la possibilité de lever des fonds en permanence pour tourner des films de fiction, entre les deux, il y a des pauses, assez longues, pendant lesquelles je réalise des films documentaires. Mon niveau de responsabilité est évidemment moindre dans le cadre d’un film documentaire. Je peux faire un peu plus « n’importe quoi ». Je les tourne lorsque je suis totalement libre, je n’ai donc pas besoin de convaincre qui que ce soit de ce que je fais. Je peux à ce moment-là m’essayer à différentes formes de cinéma, à différents jeux de caméra. C’est l’occasion de tenter des choses nouvelles, de faire des essais. Le cinéma documentaire me sert en quelque sorte de chambre d’expérimentation. Mon approche des films de fiction est évidemment bien moins expérimentale… pour l’instant.</p>
<p><strong>Votre film est politique, bien sûr, mais il ne se dégage finalement aucun véritable responsable-coupable de la tyrannie absurde qui semble imprégner chaque strate de la Russie d’<em>Une femme douce</em>. Comme s’il n’y avait finalement aucun moyen de remonter jusqu’aux racines du mal…</strong></p>
<p>Lorsqu’une société prend une voie qu’elle n’aurait pas dû prendre pour virer brutalement au totalitarisme, on a curieusement très souvent cette impression qu’il y a forcément un tyran responsable. Que c’est la responsabilité de quelqu’un qui, à un moment donné, a choisi d’entraîner la société dans cette direction… C’est un problème qui est notamment soulevé dans le film <em>Jugement à Nuremberg</em> de Stanley Kramer [1961, ndlr], dans lequel la question générale posée est « Que faire lorsque c’est le peuple lui-même qui choisit cette voie ? » Il y a notamment ce personnage du juge allemand incarné par Burt Lancaster. Dans le box des accusés, il répond, avec  beaucoup de raison, <em>« J’ai servi mon peuple. C’est le peuple qui a choisi ces lois-là et ma responsabilité était de bien les faire respecter. »</em> Et ce problème n’est toujours pas résolu aujourd’hui. Selon moi, ce serait évidemment trop simpliste que de dire « c’est Hitler le coupable » ou « c’est Staline le coupable », et les autres ne seraient que des victimes innocentes. Non. Tout le monde est coupable. Tout le monde est responsable. Et c’est justement parce que cette responsabilité est collective que la société est ce qu’elle est aujourd’hui. A l’image de celle décrite dans <em>Une femme douce</em>. Violente, brutale, absurde. Et ce n’est pas propre à la Russie. Le problème est général. Si un peuple s’est un jour choisi un régime démocratique, cela ne signifie pas pour autant que demain il ne s’engagera pas dans la voie de la dictature et du totalitarisme. Il s’agit donc de se battre pour la démocratie tous les jours ! Il faut la soutenir quotidiennement.</p>
<p><strong>A l’issue de votre film, il n’y a pas d’échappatoire à l’horreur, destinée à se répéter inlassablement. Pensez-vous que la Russie ait atteint un point de non-retour ?</strong></p>
<p>On a une blague, une histoire que l’on se raconte depuis dix, quinze ans&#8230; On a tous pensé qu’en Russie, on avait déjà atteint le fond… jusqu’au jour où on a finalement entendu quelqu’un qui toquait sous nos pieds… Plus sérieusement, il y a une hyperbolisation à l’intérieur du film qui fait que tout y est évidemment concentré, bien plus que dans la réalité. Mais l’important, ça reste de continuer à « montrer » afin que les gens « voient », réfléchissent. Et quitte à réfléchir, tant qu’à faire, ce n’est pas pour baisser les bras. Après, tout dépend de chacun. Les gens ont-il suffisamment de force pour changer les choses ? Le futur nous le dira. Et je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un problème typiquement russe. On a une toute petite planète, avec peu de place pour s’y mouvoir. C’est donc un problème qui nous concerne tous…</p>
<p>&nbsp;<br />
Une femme douce <em>(Кроткая) de Sergei Loznitsa, avec Vasilina Makovtseva, Marina Kleshcheva… France, Allemagne, Pays-Bas, Lituanie, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes. Sortie le 16 août 2017.</em></p>
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		<title>Une femme douce, de Sergei Loznitsa</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 17:49:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Voyage au bout (du bout) de l’enfer</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Unefemmedouce-affiche.jpg" alt="Une femme douce, Sergei Loznitsa" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25580" />Sergei Loznitsa n’en démord pas. La Russie post-soviétique s’enfonce, sombre, se noie dans une déliquescence morale que rien ne semble pouvoir freiner. Et tel un Ulysse passablement échauffé, le réalisateur biélorusse n’est pas encore prêt à s’en retourner plein d’usage et de raison, préférant enquiller les odyssées implacables à travers une Russie frelatée. De quoi presque faire passer le cinéma d’Andreï Zviaguintsev pour un doux sirop d’orgeat. C’est en 2010 que Loznitsa, après avoir fait ses armes à l’école du documentaire (son <em>Maidan</em> de 2014 prouve qu’il ne l’a pas quittée), s’essayait à un premier récit de fiction avec <em>My Joy</em>, riche et exigeant voyage spatio-temporel à bord d’un camion dans une Russie rongée par la violence et la corruption, la prostitution et le crime. Il reprenait le large trois ans plus tard pour son émouvant parcours <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/dans-la-brume-sergei-loznitsa-guerre-tarkovski-klimov/" title="Dans la brume, de Sergei Loznitsa">Dans la brume</a></em>. Dans une réalisation toujours aussi écorchée, on y suivait, en 1942, dans une forêt de Biélorussie, le parcours toujours aussi chaotique de deux combattants de la Résistance soviétique chargés de retrouver et d’exécuter un homme sage et tranquille, accusé à tort de collaboration avec l’ennemi allemand. Et voilà aujourd’hui Loznitsa de nous revenir avec <em>Une femme douce</em>, nouvelle épopée dans les tréfonds d’une Russie kafkaïenne… </p>
<p>Un jour, une femme dont on ne sait et ne saura pas grand-chose (pas même son nom) reçoit le colis qu’elle a envoyé quelque temps plus tôt à son mari incarcéré. Inquiète et profondément désemparée, elle décide de se rendre dans la cité pénitentiaire. Débute alors pour elle une longue et douloureuse errance dans une région reculée de la Russie sibérienne, afin de livrer son colis et de s’assurer que son mari est bien là-bas, toujours en vie… Au programme de cette charmante excursion : sottise, misère, aliénation, violences et humiliations (chouette !). On aura rarement (jamais) vu un opus de Loznitsa aussi accablant et désespéré. La diatribe est terrifiante. A croire que pour le réalisateur, il y a le feu à tous les étages de la mère-patrie et qu’il n’y a plus rien à sauver.<span id="more-25573"></span> Ainsi, au fil de son périple, la <em>douce femme</em> ne cesse de se heurter à des sommets d’absurdité. De sentir, à chaque pas en avant qu’elle croit franchir, le sol se dérober inlassablement sous ses pieds. Et nous de la regarder, impuissants, s’enfoncer dans ce cauchemar éveillé, féroce et cruel. Un cauchemar dans lequel Sergei Loznitsa a convoqué une myriade de créatures toutes plus repoussantes les unes que les autres. Sorte d’ignoble cour des miracles où ont été rassemblés idiots et fous, démons et âmes mortes. Une débauche de folie hystérique qui contraste avec le regard absent et le visage impassible (ceux de Loznitsa ?) de cette femme atone, quasi aphone à laquelle la comédienne Vasilina Makovtseva parvient à insuffler une force tranquille tout à fait étonnante.</p>
<p><em>Une femme douce</em> est une partition hallucinée et hallucinante dans laquelle le chef Sergei Loznitsa donne la pleine mesure de sa rigueur intransigeante : le cadre, le hors-cadre, la photographie, les longs plans-séquences. Tout est au millimètre. Chaque plan est un tableau parfaitement agencé et coloré (chapeau bas au chef op Oleg Mutu !). Mais à vrai dire, cette partition-là, on en connaissait et en aimait déjà la musique… Mais il y a cette séquence irréelle, venue de nulle part, au deux tiers du film. Un ornement onirique, un contrepoint fellinien qui vient offrir au spectateur une échappatoire à l’horreur… avant de mieux y replonger. A l’infini (re-chouette !). Dans <em>Une femme douce</em>, Sergei Loznitsa ne fait définitivement pas de quartier, nous délivrant un brûlot politique et romanesque d’une rare cruauté. Une fresque horrifiante où l’absurde et la terreur semblent imprégner chacune des strates d’une société russe à la dérive. Remarquable !  </p>
<p>&nbsp;<br />
Une femme douce<em> (Кроткая) de Sergei Loznitsa, avec Vasilina Makovtseva, Marina Kleshcheva… France, Allemagne, Pays-Bas, Lituanie, 2017. En compétition au 70e Festival de Cannes. Sortie le 16 août 2017.</em></p>
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		<title>06/03-14/03 : 3e Festival du film russe de Paris</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Mar 2017 11:44:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? La troisième édition du Festival du film russe de Paris, qui se tiendra du 6 au 14 mars 2017, mettra la musique à l’honneur puisque le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/03/dame-pique-pavel-lounguine.jpg" alt="La Dame de pique, de Pavel Lounguine" title="La Dame de pique, de Pavel Lounguine" width="200" height="150" class="alignleft size-full wp-image-24866" /><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>La troisième édition du Festival du film russe de Paris, qui se tiendra du 6 au 14 mars 2017, mettra la musique à l’honneur puisque le thème choisi s’intitule « Quand les Russes chantent ». Le jury, composé notamment de comédiens français comme Patrick Chesnais, Rufus ou Dominique Labourier, aura fort à faire pour départager les cinq films en compétition pour glaner le Grand Prix. On y retrouvera ainsi <em>La Dame de pique</em> de Pavel Lounguine qui fera l’ouverture, <em>Insight</em> d’Alexander Kott, <em>Bons baisers de Saint-Pétersbourg</em> (par un collectif de sept réalisatrices, ce qui est à souligner), <em>La Boîte</em> d’Edouard Bourdakov et <em>Paradis</em> d’Andreï Kontchalovski. Le grand gagnant aura notamment le droit d’être distribué en France. Alors, lequel sera bientôt visible sur nos écrans ? Réponse le 14 mars.</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le site du <a href="http://www.quandlesrusses.com/" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">Festival du film russe</a></em></p>
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		<title>Le Disciple, de Kirill Serebrennikov</title>
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		<pubDate>Fri, 13 May 2016 15:52:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
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		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Veniamin est adolescent. A l’école, il passe son temps à lire la Bible et refuse de retirer ses vêtements à la piscine. Devant la curiosité du corps professoral, Veniamin voit une invitation à continuer...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Veniamin est adolescent. A l’école, il passe son temps à lire la Bible et refuse de retirer ses vêtements à la piscine. Devant la curiosité, voire l’amusement, du corps professoral et de ses camarades, Veniamin voit une invitation à continuer.</p>
<h3>Foi grave</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/disciple-kirill-serebrennikov-affiche.jpg" alt="Le Disciple, de Kirill Serebrennikov" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23689" />Perdre ses repères à l’adolescence, lorsque des filles dénudées se baladent à la piscine et que l’éveil à la sexualité s’accompagne d’un grand point d’interrogation, qu’on est élevé par une mère célibataire qui cumule les boulots et que nos camarades de classe ne nous portent pas dans leur cœur : rien d’anormal. Et avant de trouver un sens à la vie – s’il y en a bien un à trouver –, on peut se perdre momentanément, comme le suppose la mère de Veniamin au début du film, dans la drogue ou la masturbation. Ce qui est moins normal, c’est de se réfugier si jeune dans la religion et de connaître une crise mystique. De velléité spirituelle, le catholicisme prend une place de plus en plus importante pour Veniamin. Et lorsqu’il fait son « coming out » bigot à sa mère, il y voit une libération et une autorisation implicite, un signe qu’il doit évangéliser ses pairs. Les professeurs l’écoutent débiter ses sornettes, demander l’obligation des maillots de bain féminins une-pièce à la piscine, exiger l’arrêt des cours d’éducation sexuelle, installer une croix dans l’école… Seule la professeur de biologie, Elena, tient bon et ne recule pas devant les prédications du jeune garçon. Les autres membres enseignants sont caricaturaux, au mieux figés dans l’immobilisme, au pire rétrogrades et en grande partie responsables, par leur intellect défaillant, de la situation. Ce n’est d’ailleurs pas ce débat-là (celui de savoir si l’homme descend du singe ou d’Adam) qui intéresse le réalisateur Kirill Serebrennikov. C’est le mécanisme : comment Veniamin franchit la frontière. <span id="more-23687"></span></p>
<h3>La croix et la manière</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/uchenik-disciple-kirill-serebrennikov.jpg" alt="Le Disciple, de Kirill Serebrennikov" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-23690" />Lentement mais sûrement, la crise mystique glisse vers le fanatisme religieux. Dès lors, la curiosité un peu jalouse (de la facilité avec laquelle Veniamin charme son auditoire) laisse la place chez le spectateur à la stupeur et à l’effroi. Le mécanisme d’embrigadement est implacable, à cela près que dans Le Disciple, Veniamin joue tous les rôles : celui du gourou, du bourreau, de la victime. Année 2016 oblige, impossible de ne pas penser à ces gamins qui interprètent les textes religieux comme bon leur semble, sans le recul nécessaire. Et qui finissent par se faire exploser au nom d’un Dieu vengeur. Veniamin trouve une justification de tous ses actes dans la Bible ; pire, comme on jouerait son destin sur un coup de dés, lui récite la Bible pour trouver le courage d’agir. A l’instar de ces popes et autres ecclésiastes qui prêchent la bonne parole alors qu’eux mêmes devraient balayer devant leur porte, Veniamin fait du prosélytisme en occultant ses propres pensées. Kirill Serebrennikov fait à la fois preuve d’ironie et d’honnêteté intellectuelle en incrustant chacune des citations à l’image lorsqu’elle sont dites, afin qu’on ne puisse l’accuser, à son tour, de détourner les Ecritures. Le Disciple est alors implacable : pour l’avenir de la Russie – et en filigrane, du reste du monde –, l’extrémisme religieux est un fléau à combattre, et le dialogue, avec des figures adultes intelligentes et cultivées, la solution. </p>
<p>&nbsp;<br />
Le Disciple<em> (Uchenik) de Kirill Serebrennikov, avec Victoria Isakova, Petr Skvortsov, Julia Aug, Alexandr Gorchilin&#8230; Russie, 2016. Présenté en sélection Un Certain Regard au 69e Festival de Cannes. Prix François Chalais 2016.</em> </p>
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		<title>Léviathan, d&#8217;Andreï Zviaguintsev</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 08:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Monstre de talent - Kolia vit paisiblement dans la maison de son enfance avec sa femme Lylia et son fils Roma. Le maire de la ville, Vadim, souhaite s’approprier le terrain de Kolia pour...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Monstre de talent</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/leviathan-andrey-zvyagintsev.jpg" alt="Leviathan, d&#039;Andrey Zvyagintsev" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17072" /><strong>Kolia vit paisiblement dans la maison de son enfance avec sa femme Lylia et son fils Roma. Le maire de la ville, Vadim, souhaite s’approprier le terrain de Kolia pour s’y installer. Devant le refus de ce dernier, le maire va devenir plus agressif.</strong></p>
<p>Le titre du quatrième film d’Andreï Zviaguintsev renvoie moins au monstre marin biblique qu’à l’ouvrage de philosophie politique signé Thomas Hobbes (<em>Léviathan, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d&#8217;une république ecclésiastique et civile</em>, 1651), ouvrage qui détermine les conditions de la sujétion à un souverain tyrannique et théorise déjà le contrat social. Presque quatre siècles plus tard, Andreï Zviaguintsev fait un constat alarmant : entre le monde archaïque du XVIIe siècle et la Russie actuelle, rien a changé. La société est toujours gangrenée par le pouvoir et l’argent ; les puissants sont corrompus jusqu’à la moelle, les autres sont des pions qui ne doivent leur survie qu’à leur silence ou leur morne acceptation de la situation. Lorsque Kolia, désespéré, se réfugie dans l’alcool et croise le moine local (aussi sincère que déshérité), celui-ci lui raconte l’histoire de Job, humble devant Dieu et le mal infligé par Satan, puis récompensé par une vie longue et tranquille : <em>« Il a vécu jusqu’à 140 ans et a connu quatre générations de petits-enfants. »</em> Confirmation de la conscience malheureuse en Russie, la religion devenant la dernière maison dans laquelle se réfugier. <span id="more-17032"></span><br />
&nbsp;</p>
<p style="text-align:center"><em>« Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu&#8217;elle disparaisse de l&#8217;année, Qu&#8217;elle ne soit plus comptée parmi les mois !<br />
Que cette nuit devienne stérile, Que l&#8217;allégresse en soit bannie !<br />
Qu&#8217;elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan !<br />
Que les étoiles de son crépuscule s&#8217;obscurcissent, Qu&#8217;elle attende en vain la lumière, Et qu&#8217;elle ne voie point les paupières de l&#8217;aurore !<br />
Car elle n&#8217;a pas fermé le sein qui me conçut, Ni dérobé la souffrance à mes regards.<br />
Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n&#8217;ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? »</em><br />
Job 3, 6-11</p>
<p>&nbsp;<br />
S’il est définitivement un humaniste, Andreï Zviaguintsev évite pourtant avec intelligence de faire de ses héros des martyrs : <em>Leviathan</em> est un film sur la condition humaine davantage que sur une tragédie familiale. Une observation du réel davantage que des sentiments exacerbés. La technique utilisée par le cinéaste russe (une distance visuelle entretenue tout au long du métrage) comme son talent de metteur en images (une nature à la beauté stupéfiante, grandiose et macabre à la fois, à l’instar de ces épaves de bateaux ou ce squelette de baleine qui constellent le paysage), viennent appuyer, sans artifices superfétatoires, cette œuvre à la puissance extraordinaire. Andreï Zviaguintsev a adopté une démarche opposée à celle de nombreux cinéastes : en quatre films, il est parti du plus intime (la découverte d’un père dans <em>Le Retour</em>, l’adultère et l’avortement dans <em>Le Bannissement</em>) pour progresser vers un cinéma plus universel et plus critique : <em>Elena</em> et ce <em>Léviathan</em> rappellent que la haine et les manigances sont toujours au cœur de la Russie de Vladimir Poutine. Dans une hilarante séquence de tir, l’un des protagonistes affiche les portraits d’anciens présidents russes pour servir de cible. Kolia demande : <em>« Il n’y a pas les actuels ? »</em> L’autre, pince-sans-rire : <em>« Non, pour les nouveaux, il nous manque encore le recul historique. »</em> </p>
<p>Andreï Zviaguintsev livre une œuvre crépusculaire qui ébranle le spectateur en alertant sur une situation sans issue. Lorsque l’un des personnages meurt, les suspects sont légion : dans la Russie de Zviaguintsev (probablement pas si éloignée de nombreuses autres nations), il semble impossible d’imaginer une rationalisation de la barbarie. Un suicide, pour échapper à une existence défaillante ? Le mari, dévoré par la jalousie et la folie meurtrière ? Le fils, qui se heurte à l’attitude incompréhensible des adultes qui l’entourent ? Ou le suspect le plus évident, le maire Vadim, prêt à tout lorsqu’on le pousse dans ses retranchements. Dans une ultime séquence confondante, le réalisateur montre les riches dans l’église orthodoxe nouvellement construite écouter le pope réciter un sermon hypocrite ; l’administration et l’Eglise, main dans la main, tiennent en otages des millions d’individus. Seule certitude : les hommes disparaîtront, engloutis par le monstre qu’ils ont créé, la nature perdurera.</p>
<p>&nbsp;<br />
Léviathan <em>d’Andreï Zviaguintsev, avec Alexeï Serebriakov, Elena Liadova, Vladimir Vdovitchenkov, Roman Madianov, Sergueï Pokhodaev. Russie, 2014. Prix du scénario du 67e Festival de Cannes. Sortie le 24 septembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/3uuf0u" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>12/11-18/11 : 12e Semaine du cinéma russe à Paris</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Sep 2014 10:17:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Andrei Zviaguintsev]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Le cinéma russe aura marqué 2014 de son empreinte avec la consécration d&#8217;Andreï Zviaguintsev (son film Léviathan, en salle ces jours-ci, a reçu à Cannes le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/12e-regards-de-russie-semaine-cinema-russe-paris-2014.jpg" alt="Regards de Russie 2014" title="Regards de Russie 2014" width="161" height="220" class="alignleft size-full wp-image-19351" /><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Le cinéma russe aura marqué 2014 de son empreinte avec la consécration d&#8217;Andreï Zviaguintsev (son film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/leviathan-andrey-zviagintsev/" title="Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev" target="_blank">Léviathan</a></em>, en salle ces jours-ci, a reçu à <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/67e-festival-international-film-cannes-jane-campion-2014/" target="_blank">Cannes</a> le Prix du scénario). Rien de plus naturel que de continuer sur notre lancée et de grandement conseiller aux lecteurs de Grand Écart de pousser les portes de trois cinémas parisiens : l’Arlequin (76 Rue de Rennes), le Majestic Passy (18 Rue de Passy) et le Reflet Médicis (3/7 Rue Champollion). Regards de Russie &#8211; 12e Semaine du nouveau cinéma russe se déroule cette année du 12 au 18 novembre et va présenter une vingtaine de films inédits pour la plupart, accompagnés de rencontres et débats avec les réalisateurs, acteurs, producteurs&#8230;<br />
Programme complet à venir.</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le <a href="http://www.cinema-russe-paris.com/" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">site de la Semaine du cinéma russe</a></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;Ile de Giovanni, de Mizuho Nishikubo</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jun 2014 22:43:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[film d'animation]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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		<description><![CDATA[1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s'organise entre la reconstruction et la peur de l'invasion...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/ile-giovanni-mizuho-nishikubo.jpg" alt="L&#039;Ile de Giovanni, de Mizuho Nishikubo" width="188" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18308" />1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s&#8217;organise entre la reconstruction et la peur de l&#8217;invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l&#8217;armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l&#8217;île que tout oppose, mais l&#8217;espoir renaît à travers l&#8217;innocence de deux enfants, Tanya et Jumpei&#8230;</p>
<p><em>L’Ile de Giovanni</em> rappelle à notre mémoire le destin d’une petite île japonaise annexée par les forces du bloc soviétique après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui encore, le Japon revendique ce caillou de 182 km2 rattaché aux îles Kouriles. La Russie d’aujourd’hui dirigée par Poutine n’est pas près de céder à l’Empire du Soleil Levant la moindre parcelle de terre.<br />
Au vu des événements relatés, l’animé aurait pu se diluer dans une soupe lacrymale mais tel n’est pas le cas. L’excès de pathos boursoufle le cinéma autant qu’il parasite une bonne intrigue. Face au courage d’un peuple qui a connu l’exil forcé, la production a préféré œuvrer dans le bon sens, à savoir nous raconter les bonnes et les mauvaises fortunes d’hommes et de femmes et ce, sans sucre ajouté et en toute sobriété. Respect.<br />
La qualité du film réside avant tout dans sa fluidité. Les ruptures de ton, empreintes d’une nostalgie omniprésente, s’enchaînent sans à-coups. Kanta et Jumpei vivent la défaite comme les enfants qu’ils sont, ou qu’ils ne sont plus par la force des choses, avant que les forces russes réquisitionnent leur maison, leur école et leurs jardins. Eux qui, après la reddition, s’attendaient à voir débarquer les Américains. Après le temps des privations, c’est le temps de la confiscation. Tanya, fille d’un officier soviétique, adorable gamine arrachée à sa terre natale, symbolise l’occupation. C’est elle qui tente la réconciliation. <span id="more-18306"></span></p>
<p>Le noyau dur du film raconte la vie dans les camps à l’extrême orient de la fédération soviétique. Une descente aux enfers. Le coup de génie du réalisateur et du scénariste est d’avoir mis en parallèle une narration minutieuse des faits historiques et la nouvelle de Kenji Miyazawa, <em>Train de nuit dans la voie lactée</em>, découverte par Kanta et Jumpei durant leur enfance et qui évoque un au-delà où les horreurs du monde seraient bannies. Entre souci de réalisme et souci de poésie, la fluidité du récit achève de consolider les fameuses ruptures de ton. Un peu comme Miyazaki dans <em>Le vent se lève</em> et Isao Takahata dans <em>Le Tombeau des lucioles</em>, les scènes contemplatives permettent de reprendre un peu d’oxygène. Mizuho Nishikubo ne cache rien des conditions d’internement et de la brutalité de l’Armée rouge.<br />
Au gré des émotions que traversent les personnages, les visages se déforment rappelant l’animation japonaise d’autrefois quand les sentiments exacerbés à l’extrême virent à l’absurde. <em>L’Ile de Giovanni</em> s’adresse aux adolescents en âge de comprendre la folie des hommes. Un très grand dessin animé. </p>
<p>&nbsp;<br />
L&#8217;Ile de Giovanni<em> (Giovanni no shima) de Mizuho Nishikubo. Japon, 2013. Sortie le 28 mai 2014.</em></p>
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		<title>13/11-19/11 : 11e Semaine du cinéma russe à Paris</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Nov 2013 10:35:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/11/regards-russie-11e-semaine-cinema-russe-paris-festival-2013.jpg" alt="11e Semaine du cinéma russe à Paris" title="11e Semaine du cinéma russe à Paris" width="178" height="250" class="alignleft size-full wp-image-15131" /><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Regards de Russie &#8211; la Semaine du cinéma russe à Paris n&#8217;est pas dédiée aux seuls films d&#8217;auteurs, déjà relayés dans de nombreux festivals internationaux, mais s&#8217;attache à montrer un reflet objectif des tendances qui existent dans le cinéma russe d&#8217;aujourd&#8217;hui. En dix-huit films récents &#8211; pour la plupart sortis cette année en Russie -, cette 11e Semaine montre autant de films de genre que d&#8217;auteurs, de films primés dans divers festivals que de blockbusters plébiscités par le public russe. Pour parfaire le tout, les séances seront suivies de rencontres avec les réalisateurs. Du 13 au 19 novembre 2013, voyagez en terres russes en pénétrant les trois cinémas parisiens participant à l&#8217;événement : l&#8217;Arlequin (76 rue de Rennes, 6e arrondissement), le Majestic Passy (18 rue de Passy, 16e arrondissement) et le Reflet Médicis (3/7 rue Champollion, 5e arrondissement).</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le site <a href="http://www.cinema-russe-paris.com/" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">Regards de Russie</a></em></p>
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