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	<title>Grand Écart &#187; roman</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Une semaine dans la vie de Stephen King, un roman d’Alexandra Varrin</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Mar 2015 16:10:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Sa passion pour Stephen King, Alexandra Varrin nous l’explique avec pudeur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/alexandra-varrin-une-semaine-dans-vie-stephen-king-livre.jpg" alt="Une semaine dans la vie de Stephen King, d&#039;Alexandra Varrin" title="Une semaine dans la vie de Stephen King, d&#039;Alexandra Varrin" width="184" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20407" />Sa passion pour Stephen King, Alexandra Varrin l’expose sans ambages, et nous l’explique avec pudeur. Une pudeur bien à elle, qui s’exprime dans un style franc du collier et bourré d’énergie, sans doute la meilleure façon d’éviter les malentendus et les lecteurs à la con. Une présentation sans armure. La passion faite de considération nourrit la prose comme elle renforce la couenne.<br />
Cette fille-là se présente comme tendre à l’intérieur et terrible à l’extérieur. « Nougat et nougatine », disait ma grand-mère Alexandrine, trois fois championne du monde de Nain Jaune. Alexandra ne se dissimule pas sous les artifices du fan décérébré, vous l’aurez compris. Attention toutefois quand j’écris « terrible », ne comprenez pas « terrible » dans le sens « méchante et mauvaise » mais plutôt que la demoiselle s’est offerte une paire de couilles à faire pâlir de honte Tom Hardy et qu’elle les pose rarement sur le buffet de l’entrée.<br />
Il y a du jus dans ce roman. </p>
<p>Alexandra passe sa jeunesse au cœur de la Franche-Comté chez ses grands-parents qui l’élèvent et côtoie « maman », mais pas tout le temps. L’amour ne manque pas, il est difficile de l’apprécier.<br />
Dans cette histoire, le maître apparaît au détour d’un rayon de bibliothèque municipale. Quand la jeune Alexandra, âgée d’une douzaine de printemps tardifs, se fond dans l’univers du King, c’est pour ne plus jamais revenir. Le ticket sera sans retour. <span id="more-20401"></span></p>
<p>Mais quid de cette fameuse semaine ? Fin 2013, Stephen King débarque à Paris promouvoir <em>Docteur Sleep</em> roman qui reprend le personnage de Danny Torrance, le jeune héros de <em>Shining</em> devenu adulte. Quelques semaines plus tôt, le milieu et les passionnés savent que l’écrivain prendra son temps car l’homme voyage peu. Alexandra rappelle l’angoisse de l’attente mais surtout la crainte de manquer l’occasion de le croiser, et pire, l’appréhension de le sentir à proximité sans même pouvoir le caresser des yeux. Rater la moindre consolation reste insupportable. C’est sans compter sur cette fameuse paire de burnes qui encombre le pantalon de la demoiselle car Alexandra nous donne une sacrée leçon de volonté. <em>Une semaine dans la vie de Stephen King</em>, c’est le titre du roman. La messe est dite. Alexandra nous fait vivre jour après jour les rendez-vous télé et radio et cerise sur une pâtisserie d’Annie Wilkes, les fameux moments où. Les fameux moments où quoi ? Pour les découvrir, je vous conseille d’acheter le roman. Aussi, Alexandra revient en détail sur deux œuvres majeures : le cycle de <em>La Tour sombre</em> et <em>Le Fléau</em> dans le dessein de mieux nous expliquer la complexité de l’univers du King. Une belle attention pour les néophytes, une belle mise au point pour les fans.<br />
Un roman qui résonne avec beaucoup d’amour et de passion. </p>
<p>- Alexandra, donne-nous ton avis sur les adaptations cinéma !<br />
- Mais bien sûr Cédric.</p>
<p><strong><em>Carrie</em> réalisé par Brian De Palma ?</strong><br />
Une très bonne adaptation après laquelle il aurait été de bon ton de s’arrêter. Je ne sais pas à combien de suites et remakes nous en sommes exactement, mais ça en fait probablement le texte le plus rentable de toute la carrière de Stephen King !</p>
<p><strong><em>Dead Zone</em> réalisé par David Cronenberg ?</strong><br />
Jusque-là c’était parfait. Et puis il y a eu cette série stupide… </p>
<p><strong><em>Christine</em> réalisé par John Carpenter ?</strong><br />
Je n’ai vu le film qu’une fois et il y a longtemps ; je me souviens que toute l’atmosphère des années 1950 personnifiée par la voiture en elle-même et la BO y était retranscrite à la perfection, avec de bonnes scènes terrifiantes en prime. L’aspect plus psychologique concernant le personnage d’Arnie Cunningham y est juste esquissé, en revanche, alors qu’il occupe une place très importante dans le livre. C’est visuellement moins intéressant que cette horrible bagnole, cela dit. </p>
<p><strong><em>Shining</em> réalisé par Stanley Kubrick ?</strong><br />
Stephen King n’a pas aimé cette adaptation, en arguant du fait qu’elle était trop différente de son livre et en avançant un argument imparable : personne de sensé n’embaucherait un type à l’allure de Jack Nicholson pour s’occuper seul de la gestion d’un hôtel comme l’Overlook.<br />
Le documentaire <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/room-237-kubrick-rodney-ascher/" title="Room 237, de Rodney Ascher">Room 237</a></em> offre une théorie intéressante partant du principe que Kubrick aurait délibérément pris le parti de « tuer » l’œuvre d’origine pour se l’approprier complètement : dans le livre, les Torrance arrivent à l’hôtel à bord d’une coccinelle rouge, qui est jaune dans le film et on voit cette voiture jaune croiser son double rouge, accidenté – ce qui ne relève certainement pas du hasard.<br />
Stephen King a incontestablement raison en disant que l’adaptation de Kubrick est différente, voire en opposition à son livre. Ce qui n’enlève rien au fait que le <em>Shining</em> de Kubrick soit un très très grand film d’horreur. </p>
<p><strong><em>Stand By Me</em> réalisé par Rob Reiner ?</strong><br />
Le livre est un très beau conte sur l’amitié, la nostalgie de l’enfance et le passage à l’âge adulte, autant d’émotions qui sont parfaitement retranscrites dans le film. </p>
<p><strong><em>Misery</em> réalisé par Rob Reiner ?</strong><br />
Sans cette adaptation, seuls les lecteurs du livre se seraient rendu compte à quel point Annie Wilkes est un personnage casse-pied, et je trouve important que ce constat frappe l’imaginaire collectif de la manière la plus large et percutante possible. Kathy Bates est une actrice formidable. </p>
<p><strong><em>Les Evadés</em> réalisé par Frank Darabont ?</strong><br />
Pourquoi ce titre ? Sérieusement ? <em>La Rédemption de Shawshank</em>, c’était très bien ; là c’est comme si on avait donné au <em>Sixième Sens</em> un titre du genre « Le mec en fait c’est parce qu’il est mort qu’il voit des morts ». </p>
<p><strong><em>Dolores Claiborne</em> réalisé par Taylor Hackford ?</strong><br />
Une fois de plus, Kathy Bates est une actrice formidable. </p>
<p><strong><em>Un élève doué</em> réalisé par Bryan Singer ?</strong><br />
La nouvelle va encore plus loin dans le sordide, mais le film est un sacré choc aussi. La joyeuse marche du papi dans son petit déguisement m’a particulièrement fait froid dans le dos. </p>
<p><strong><em>La Ligne verte</em> réalisé par Frank Darabont ?</strong><br />
Comme <em>Les Evadés</em>, on est très très proche du livre, avec des passages entiers de narration qui sont repris en voix off. Qui n’a pas pleuré en voyant <em>La Ligne verte</em> la première fois ? </p>
<p><strong><em>Cœurs perdus en Atlandide</em> réalisé par Scott Hicks ?</strong><br />
Anthony Hopkins doit être un des seuls acteurs capables d’incarner un personnage comme Hannibal Lecter et de le faire instantanément oublier en campant le rôle d’un bienveillant. </p>
<p><strong><em>Fenêtre secrète</em> réalisé par David Koepp ?</strong><br />
La nouvelle avait été un choc pour moi parce que je l’ai lue à un âge où la schizophrénie était un thème peu à la mode dans les histoires et films d’horreur, hormis <em>Psychose</em> bien sûr. Je ne m’attendais pas du tout à la chute, qui est sans doute prévisible maintenant – le fait que <em>Fenêtre secrète</em> (le film) soit sorti après un film comme <em>Fight Club</em> n’a sûrement pas joué en sa faveur.<br />
Johnny Depp fait un très bon Mort Rainey en tout cas, mais je le soupçonne d’être un peu comme ça dans la vraie vie : fou à lier, crade et en peignoir. </p>
<p><strong><em>Chambre 1408</em> réalisé par Mikael Hafström ?</strong><br />
Je retiens une scène parmi toutes : celle où John Cusack, à la fenêtre de la fameuse chambre, fait signe à une personne qui se trouve dans l’immeuble d’en face, plein d’espoir à l’idée d’avoir trouvé un moyen de s’échapper de son enfer, et se rend compte que ladite personne ne fait qu’imiter en effet de miroir les mêmes gestes que lui. Ensuite un fantôme l’attaque, ça gâche un peu l’effet, finalement. </p>
<p><strong><em>The Mist</em> réalisé par Frank Darabont ?</strong><br />
C’est dommage qu’il faille se fader tous les soliloques de la vieille bigote avant la fin, magistrale. </p>
<p><strong><em>Ça</em> réalisé par Tommy Lee Wallace ?</strong><br />
Tim Curry fait bien Grippe-Sou.<br />
A part ça, ce téléfilm reste une sombre daube qui aura quand même traumatisé toute une génération et pour lequel j’ai une étrange affection qui me pousse à le revisionner de temps en temps, quand vraiment ça ne va pas.<br />
Tout le symbolisme très très fort dans le livre au sujet de l’enfance, de la croyance, a simplement été éradiqué, et la richesse et la multiplicité des niveaux de lecture du roman en est réduite à une peau de chagrin. </p>
<p><strong>Un coup de cœur et un coup de boule ?</strong><br />
Je vais déjà commencer par le coup de gueule à propos de Jamey Sheridan dans l’adaptation en mini-série du <em>Fléau</em> (par Mick Garris) : le méchant le plus charismatique de toute l’œuvre de Stephen King, la figure du Mal absolu, l’agent du Chaos, ça n’est pas possible qu’il ait un <em>mullet</em>.<br />
Je pense que Rob Reiner et Frank Darabont réalisent les meilleures adaptations de Stephen King. Toutes celles de la liste sont globalement réussies d’ailleurs, et je pense que les ratées (type <em>Les Tommyknockers</em>, <em>Les Langoliers</em>, <em>Simetierre</em> et j’en passe) viennent du fait que les réalisateurs focalisent sur les éléments surnaturels au détriment d’une réflexion sociologique très riche, invariablement présente dans les romans.<br />
Et je trouve ça dommage, parce que beaucoup de gens qui n’ont vu que les films passent à côté de la multiplicité des degrés de lecture que les romans restent les plus susceptibles de nous offrir.<br />
En conséquence, tout ce que je demande, c’est qu’on n’adapte jamais <em>La Tour sombre</em> !</p>
<p>Merci Alexandra !</p>
<p>&nbsp;<br />
Une semaine dans la vie de Stephen King<em> d’Alexandra Varrin, éditions Léo Scheer. Sortie le 3 septembre 2014. 252 pages.</em></p>
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		<title>Souvenirs de toiles de Caryl Férey</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 08:26:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaëlle Pairel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Godard]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>

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		<description><![CDATA[De souvenirs de toiles en souvenirs de toiles, balade cinématographique au bras d'un blouson noir sur le dos, devenu maître du polar : Caryl Férey. 
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/10/caryl-ferey.jpg" alt="Caryl Férey" title="Caryl Férey" width="236" height="269" class="alignleft size-full wp-image-4181" />Au nom de l&#8217;amitié, du noir et du romantisme se dessine l&#8217;univers de Caryl Férey, à jamais baroudeur, totalement rock&#8217;n'roll, et toujours volubile. Il est l&#8217;une des plus belles plumes du roman noir éditée dans la collection <em>Série noire</em>. Voyageur depuis son adolescence, pour chacun de ses livres, il part à l&#8217;aventure.<br />
L&#8217;écriture incarnée de Caryl Férey nourrit ses polars. Le travail préparatoire se vit chez lui comme des <em>road-movies</em> qui le portent aux confins de la Nouvelle-Zélande, de l&#8217;Afrique du Sud et aujourd&#8217;hui, de l&#8217;Argentine.<br />
<em>Mapuche</em>, sa prochaine œuvre, est en cours d&#8217;écriture. Avec ce style rythmé et fiévreux qui lui est propre, Caryl Férey y dénonce encore et toujours les valeurs génocidaires des pionniers sans foi et pleins de reproches. Blouson noir sur le dos, rencontre au fil des toiles aux bras du maître du polar&#8230; <span id="more-4172"></span><br />
&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
<strong>Noir c&#8217;est noir, même dans <em>Blanche-Neige</em>&#8230;</strong></p>
<p>Oui car ce que j&#8217;ai adoré dans ce premier film vu au cinéma, c&#8217;est le noir de la salle. Quant au film, je me souviens que la scène dans la forêt m&#8217;avait effrayé&#8230; Blanche-Neige court, s&#8217;accroche aux arbres, crie&#8230; Mais, au-delà de ce souvenir, c&#8217;est le projectionniste passionné de cinéma grâce à qui nous avions une programmation qui a marqué ma mémoire. J&#8217;habitais Montfort-sur-Meu à l&#8217;époque, à côté de Rennes, et nous recevions les films avec une semaine seulement de décalage par rapport à la sortie nationale. Entre Blanche-Neige et l&#8217;adolescence, je n&#8217;ai pas de grands souvenirs mais le cinéma était la sortie de la semaine entre jeunes. </p>
<p><strong>Et puis, la révélation : l&#8217;Australie déjantée de <em>Mad Max</em>&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/10/mad-max.jpg" alt="Mel Gibson dans Mad Max" title="Mel Gibson dans Mad Max" width="260" height="167" class="alignright size-full wp-image-4193" />1982, <em>Mad Max</em> me fait quitter l&#8217;enfance. Je m&#8217;identifie totalement à cet antihéros <em>destroy</em>, habillé en perfecto qui devient l&#8217;uniforme du rockeur de l&#8217;époque &#8211; et donc le mien.<br />
Ce film a été un accélérateur&#8230; Je deviens ado et je commence à écrire 4000 pages sur quatre ans inspirées par le désert, le <em>road-movie</em>, l&#8217;univers déglingué de ces guerriers de la route. A peine majeur, je pars seul en Nouvelle-Zélande et à mon retour à Paris &#8211; vers 20 ans &#8211; l&#8217;écriture s&#8217;impose comme une évidence. Je travaille encore le style mais mes scénarios se tiennent. Et la lecture de Djian me libère. Je comprends qu&#8217;on peut écrire différemment.</p>
<p><strong>De <em>Mad Max</em> à <em>Pierrot le fou</em> : un deuxième coup de foudre&#8230;</strong> </p>
<p>A Paris, je rencontre un pote qui me prête <em>Pierrot le fou</em>. Je le regarde plusieurs fois sans conviction avant d&#8217;être pris par l&#8217;histoire. Je crois que j&#8217;ai grandi grâce à ce film. Je l&#8217;ai vu des dizaines et des dizaines de fois, lu toutes les références littéraires citées dans le film, découvert l&#8217;histoire de la peinture avec Elie Faure. J&#8217;ai écouté la bande-son car <em>Pierrot le fou</em> est un film qui peut juste s&#8217;écouter. J&#8217;ai monté mes scènes préférées pour me les passer à loisir&#8230; j&#8217;ai recréé mon <em>Pierrot le fou</em>. Pour moi, c&#8217;est un film initiatique. Il a profondément inspiré l&#8217;un de mes premiers livres <em>Plutôt crever</em>. Pierrot, l&#8217;antihéros par excellence avec une dimension romantique sublime, un instant de poésie. Ce film est beau et triste.</p>
<p><strong>Le Cinéma de minuit et la découverte du cinéma noir américain&#8230;</strong></p>
<p>Dans le même temps, je regarde à l&#8217;envi le cinéma américain des années 1970 : <em>Bonnie and Clyde</em>, <em>La Horde sauvage</em>, <em>La Croix de fer</em>, <em>Guet-Apens</em>. Du cinéma construit sur de<br />
grands scénarios avec un jeu d&#8217;acteur très spontané, très animal. A l&#8217;opposé des comédiens français des films noirs des années 1940 dont je trouve le travail trop théâtral. Ma préférence va vers le cinéma noir américain découvert grâce à l&#8217;émission <em>Le Cinéma de minuit</em> : <em>Le Portrait de Dorian Gray</em>, <em>Pandora</em> d&#8217;Albert Lewin&#8230; <em>Haka</em>, un de mes romans, s&#8217;inspire de l&#8217;histoire d&#8217;amour de <em>Bonnie and Clyde</em>.</p>
<p><strong>De <em>I comme Icare</em> à <em>Peur sur la ville</em> : un nouveau cinéma noir à la française&#8230; </strong></p>
<p>En France, Belmondo, Trintignant, Delon marquent une nouvelle génération d&#8217;acteurs instinctifs et renouvellent le genre. Ils portent des films politiques, noirs en dessinant des antihéros sombres et combattants. Je déteste les personnages mous.</p>
<p><strong>Après les années 1970, les années cauchemars sauvées par <em>Blade Runner</em>&#8230; </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/10/blade-runner-affiche.jpg" alt="Affiche de Blade Runner" title="Affiche de Blade Runner" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-4195" />Je déteste tout des années 1980 : le cinéma comme la musique. Une exception, <em>Blade Runner</em> de Ridley Scott qui raconte deux histoires d&#8217;amour magnifiques. L&#8217;univers de ce film a été pillé par la suite et c&#8217;est logique car tout y est. Le film propose une esthétique totalement nouvelle. Et si les scènes sont parfois violentes, elles sont aussi très puissantes d&#8217;un point de vue émotionnel. Avec cette ambiguïté nourrie autour de l&#8217;identité réelle de Harrison Ford, à la fois traqueur des répliquants et répliquant lui-même.</p>
<p><strong>Le cinéma, c&#8217;est avant tout une histoire et des personnages&#8230; </strong></p>
<p>Oui avec, en filigrane, l&#8217;engagement. Je réalise que ma sensibilité de gauche a inspiré mon parcours de spectateur. Dans les westerns, j&#8217;ai toujours été du côté des Indiens. Dernièrement, j&#8217;ai aimé <em>Les Citronniers</em> d&#8217;Eran Riklis, <em>Le Nom des autres</em> ou encore les documentaires de Michael Moore. Je dis dernièrement car je vais rarement au cinéma. Je vis le cinéma à la maison et nous partageons nos coups de coeur. J&#8217;ai fait découvrir <em>Pierrot le fou</em> à ma fille. En retour, j&#8217;ai regardé, avec elle, tout Marilyn Monroe. Mais c&#8217;est vrai qu&#8217;avant tout, je suis des personnages et regarde de vrais histoires réalisées à partir de scénarios solides. Lorsque je vais au cinéma, c&#8217;est parce que le sujet me plaît ou sur les conseils des potes.<br />
&nbsp;<br />
&nbsp;</p>
<p><strong>Avant de croiser Cary Férey dans une salle obscure, lisez sans modération : </strong><br />
<em>Haka et Utu</em>, <em>Zulu</em>, <em>La Jambe gauche de Joe Strummer</em> et <em>Plutôt crever</em>, tous disponibles chez Folio policier. </p>
<p><strong>Pour les enfants et adolescents :</strong><br />
<em>Krotokus 1er, roi des animaux</em>, disponible chez Pocket jeunesse, ainsi que <em>La Cage aux lionnes</em>, <em>Alice au Maroc</em>, <em>La Dernière Danse des Maoris</em>, parus chez Syros jeunesse. </p>
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		<title>L&#8217;Été mouche, de Bertrand Ferrier</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 21:03:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaëlle Pairel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/06/ete-mouche-ferrier.jpg" alt="L&#039;Eté mouche, de Bertrand Ferrier" title="L&#039;Eté mouche, de Bertrand Ferrier" width="202" height="280" class="alignleft size-full wp-image-3540" />« Il s&#8217;apprête à visionner un <em>unmaking of</em> Balte contant le naufrage d&#8217;un film du grand Nikaro Hito, qui n&#8217;a jamais achevé, pour des raisons cosmiques, métaphysiques, substantielles et autres, ce qui aurait pu être son chef-d&#8217;œuvre &#8211; raisons qui vont enfin être dévoilées au public haletant. Bref, dès les premières secondes, il se demande : qu&#8217;est-ce que je fous ici, bordel, merde ? »</p>
<p>« Puis : qu&#8217;est-ce qu&#8217;elle fout, elle, pendant ce temps ? » C&#8217;est la question que se pose, tout au long de ce roman, le narrateur largué dès la page 21 qui rêve de reconquérir son amour perdu. Flash-back, scènes revisitées à l&#8217;envi, ce roman drôle et mélancolique est la confession d&#8217;un garçon perdu dans ses rêves. Amoureux éconduit, auteur en quête de reconnaissance, amant maladroit et ami infidèle, le narrateur se cogne aux murs contre lesquels il écrase les mouches. Les chapitres brefs, rythmés, truffés d&#8217;humour et de dialogues savoureux rappellent les films de Rohmer. Ambiance estivale et décor parisien pour conter les premiers pas hésitants d&#8217;un jeune homme dans le monde mouvementé des adultes en devenir. Et quelques fausses pistes pour un scénario en perpétuelle interrogation : « Je rentrais de la gare de Lyon, tu es venue me voir et tu m&#8217;as dit : je crois que je ne suis pas amoureuse de toi. Et, je t&#8217;ai répondu : tu te trompes mon amour. Tu te trompes complètement. » Ici, plusieurs histoires se croisent pour finir par dresser le portrait d&#8217;un « jeune mais brillant écrivain » resté seul « dans son eau de boudin ». Ce roman très visuel est une succession de courts-métrages, tristes et légers, selon l&#8217;humeur du lecteur-spectateur. A lire à l&#8217;ombre d&#8217;une terrasse, loin des mouches et « dans la lumière du soleil ».</p>
<p>L&#8217;Été mouche<em> de Bertrand Ferrier, éditions Grasset Jeunesse – Coll.Lampe de poche. Roman pour adolescents, mai 2011, 172 pages.</em></p>
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		<title>Mon vieux et moi de Pierre Gagnon</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Feb 2011 12:42:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Gagnon]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[vieux]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/02/mon-vieux-et-moi.jpg" alt="Mon vieux et moi de Pierre Gagnon" title="Mon vieux et moi de Pierre Gagnon" width="219" height="300" class="alignleft size-full wp-image-1080" />Le narrateur vient de partir à la retraite après une carrière dans l’aide sociale. Il n’a ni femme, ni enfant et rend tous les dimanches visite à sa tante dans une maison de retraite. Il y rencontre l’un de ses voisins de chambre : Léo. 99 ans. Lorsque sa tante décède, le narrateur décide d’adopter Léo. S’ensuivent les démarches administratives pour valider l’adoption, les préparatifs pour le recevoir à la maison et surtout le récit de leur cohabitation. </p>
<p>Pierre Gagnon propose une écriture fragmentée. Par bribes, il raconte les moments les plus significatifs de l’histoire de ce couple étrange. Sans déballage ni misérabilisme, il s’attaque au thème de la vieillesse. Découpant son texte en deux temps : avant et après la chute que fera Léo, cet écrivain canadien consacre sa première partie, presque une farce, au rire et à l’émotion que suscite cette drôle de rencontre, puis sa seconde, plus grave, à la peur, la fuite du temps, l’attente et la déchéance. Mais au cœur de ce roman, Gagnon questionne surtout le rapport aux autres. Loin des clichés du genre : anecdotes intergénérationnelles, vieux revêche, paroles du sage…</p>
<p><em>Mon Vieux et moi</em> s’impose comme un condensé de vie et une certaine forme d’acceptation lucide et optimiste : « Quand le corps et la tête lâchent, l&#8217;affection ne peut plus rien. » La touche québécoise. </p>
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