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	<title>Grand Écart &#187; road movie</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Yomeddine, d&#8217;A. B. Shawky</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2018 15:34:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les preux cavaliers</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-26240" alt="Yomeddine" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/YOMEDDINE.jpg" width="210" height="280" />Il faut bien l’avouer, depuis quelques semaines, alors que la seule information disponible sur <em>Yomeddine</em> était qu’il s’agissait d’un road-movie égyptien avec des acteurs lépreux non professionnels, les fantasmes et les blagues de mauvais goût allaient bon train. L’âne &#8211; c’est un road-movie en charrette -, <em>Shrek</em> (<em>« on est bientôt arrivé ? »</em>), les personnages à plusieurs couches, les momies, tout y est passé. Malheureusement, ce pitch intrigant débouche sur un film des plus classiques. Un homme, lépreux et habitant d’une léproserie depuis son enfance, se décide à prendre la route pour retrouver la famille qui l’y a déposé. Dans sa charrette, se cache un jeune orphelin surnommé Obama (<em>« comme le gars de la télé »</em>, dit-il drôlement). L’amitié forcée entre les deux personnages se transforme bien entendu au fil de la route et des épreuves en authentique famille recomposée. Malgré l’originalité du projet, sa volonté de montrer une Egypte différente &#8211; même la pyramide que les personnages croisent n’est pas de celles qui attirent les touristes &#8211; et d’alerter sur la situation d’une maladie plus sociale que médicale, <em>Yomeddine</em> donne une sacrée impression de déjà vu. La rencontre entre un marginal ou un personnage en rupture de ban et un enfant lui aussi isolé est un grand classique. La conclusion d’un retour chez soi après toutes ces aventures et la découverte de soi-même en est un autre, presque aussi vieux que le cinéma (<em>« There’s no place like home »</em>, l’une des premières répliques célèbres, tirée du <em>Magicien d’Oz</em>). <span id="more-26239"></span>Entre les deux, les deux personnages vivent des péripéties plus ou moins grotesques &#8211; mais l’humour tombe souvent à plat &#8211; et ne sont bien accueillis que par d’autres exclus. Le reste du monde les rejette, poussant même Beshay, le personnage principal, à crier <em>« Je suis un être humain ! »</em> face à la violence qu’il subit dans un train &#8211; réplique que l’on ne peut plus dire sérieusement depuis <em>Elephant Man </em>(surtout quand le personnage est lépreux). Reste enfin la musique assourdissante, venant surligner chaque moment d’émotion ou d’aventure, rendant le film aussi pataud que le cul-de-jatte rencontré dans les rues par nos deux aventuriers. Dommage, car les ambitions du film promettaient bien plus.</p>
<p>&nbsp;<br />
Yomeddine<em> d’A. B. Shawky, avec Rady Gamal et Ahmed Abdelhafiz. Egypte, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>American Honey, d’Andrea Arnold</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2016 10:37:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Ados de la route</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/AMERICAN-HONEY-HD-©-Parts-Labor-LLCPulse-Films-LimitedThe-British-Film-InstituteChannel-Four-Television-Corporation-2016.jpg" alt="American Honey, d&#039;Andrea Arnold" width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-23499" />Chez Andrea Arnold, on ne prend jamais les mêmes et surtout on ne recommence pas. Après son « puzzle » d’écrans vidéo dans les bas-fonds de Glasgow (<em>Red Road</em>), après son tableau d’une adolescence solitaire dans la banlieue de Londres (<em>Fish Tank</em>) et après son incartade sur les Highlands des <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/hauts-hurlevent-andrea-arnold-emily-bronte/"><em>Hauts de Hurlevent</em></a>, la cinéaste britannique a choisi cette fois-ci d’aller voir, son cinéma social sous le bras, si l’herbe qui pousse de l’autre côté de l’Atlantique est plus verte… <em>American Honey</em> (traduire <em>« Américain(e) pur sucre »</em>) est un road-movie mené tambour battant sur les routes du Midwest américain, porté par un casting encore une fois inconnu au bataillon ou presque. C’est l’histoire d’une <em>étoile</em> fuyante, Star (fantastique Sasha Lane), adolescente de 18 ans prisonnière d’une famille totalement perdue pour la cause (père incestueux, mère pas très claire, tous les deux démissionnaires). La jeune fille décide de prendre le large à bord d’un van. A son bord, une bande de jeunes dont un Shia LaBeouf en chien fou hâbleur et cabotin (un rôle sur mesure). Lancés à toute berzingue sur l’asphalte sud-américain, ils « avancent » (c’est déjà ça) de ville en ville pour faire du porte-à-porte afin de vendre des abonnements de magazines. Initiée et très vite intégrée au <em>crew</em> (à l’exception des accrochages récurrents avec Krystal, talentueuse Riley Keough, chef de meute intraitable de la petite entreprise ambulante), Star découvre un autre mode de vie. <span id="more-23498"></span>Entre liquides euphorisants de toutes sortes, marie-jeanne, batifolages et argent pas toujours très propre. Comme elle, ils ont tous quitté le foyer familial histoire de mettre <em>un peu de sucre dans leur bol</em>. De se donner une chance de devenir des adultes pas trop mal. Les moins pires possibles.</p>
<p>Pour tourner son film, Andrea Arnold a opté pour le format 4:3. Un cadre pour le moins serré, peu approprié au genre du road-movie. Et pourtant, ça tient la route. Car plus encore qu’aux paysages, Andrea Arnold s’intéresse davantage aux forces et aux tremblements qui agitent cette nouvelle famille de substitution. Avec son format 4:3, sa caméra toujours trépidante et sa lumière toujours naturelle, la cinéaste cadre au plus près des visages et des corps pour mieux nous plonger dans l’intimité de ces jeunes têtes brûlées. On passe ainsi de longs moments à l’intérieur du van, lieu de vie principal et incontournable du film. Coincée dans l’espace exigu de l’habitacle, Arnold insuffle à ces séquences (merveilleusement montées) une incroyable effervescence. L’occasion pour nous de faire plus ample connaissance avec les personnages. L’occasion également de profiter d’une bande-son aux petits oignons (oui, sur la route, on écoute de la musique), entre trap (sous-genre <em>dirty south</em> du hip-hop), pop et country. Elle est omniprésente. Assourdissante, dirons certains. Elle nous en dit pourtant beaucoup sur les émotions et les sentiments de la troupe qui, elle, y puise toute son énergie avant de rejoindre le prochain motel miteux. Quant aux missions de porte-à-porte, elles apparaissent comme autant de confrontations avec les différentes communautés (religieuses, sociales, économiques) qui composent les vastes territoires du Midwest. De la bourgeoisie Wasp et pavillonnaire de Kansas City à la réserve indienne miséreuse de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, aux champs de forage pétrolier de Williston, dans le Dakota du Nord… Et aux visages de ses adolescents, Andrea Arnold de laisser poindre alors en filigrane celui d’un sud américain contrasté, inégal, âpre et excessif. </p>
<p>&nbsp;<br />
American Honey<em> d’Andrea Arnold, avec Shia LaBeouf, Sasha Lane, Riley Keough… Angleterre, Etats-Unis, 2016. Prix du jury du 69e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Carol, de Todd Haynes</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2015 20:36:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La Compétition du 68e Festival de Cannes]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Carol-de-Todd-Haynes.jpg" alt="Carol, de Todd Haynes" title="Carol, de Todd Haynes" width="250" height="176" class="alignleft size-full wp-image-20934" />New York, années 1950. Carol est riche et mariée, mère d’une petite fille. Therese est jeune et pauvre, vendeuse au rayon jouets d’un grand magasin. L’une est corsetée par un mari qui ne la considère pas, l’autre par une société de privilégiés. Les deux vont se rencontrer et découvrir chez l’autre ce qui leur manquait.</p>
<p>Exit le lyrisme de <em>Loin du paradis</em>, l’excentricité de <em>Velvet Goldmine</em> ou la construction enchantée de <em>I’m Not There</em> : <em>Carol</em> est un film classique. Ajoutons : d’une beauté rare, magnifié par la photographie d’Ed Lachman et le jeu sublime des deux comédiennes, Cate Blanchett et Rooney Mara. La mise en scène, subtile et nonchalante, aux plans léchés, contredit la fougue qui se joue à l’écran : <em>Carol</em> est une œuvre sur la folie qui nous prend quand on tombe amoureux. Cinéaste porte étendard de la cause gay, Todd Haynes raconte cette relation entre deux femmes avec tendresse, alors que la simple présomption d’une sexualité déviante les condamne au mieux à la violence du regard des autres, au pire à des poursuites judiciaires – tous les Etats fédéraux punissaient alors les « perversions » sexuelles. Si Therese ne risque que le chagrin d’amour, Carol joue sa vie et sa position. Pourtant, malgré la menace de perdre la garde de sa fille, l’héroïne de Todd Haynes laisse de côté la raison et choisit la passion. Face au poids des conventions, Carol préfère la liberté, aussi pesante soit-elle. Une reconstitution touchante d’une certaine époque américaine, malheureusement pas si lointaine de la France de la Manif pour Tous.</p>
<p>&nbsp;<br />
Carol <em>de Todd Haynes, avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler… Royaume-Uni, Etats-Unis, 2015. Présenté en compétition au 68e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Xavier Laurent</title>
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		<pubDate>Mon, 04 May 2015 16:52:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<category><![CDATA[Juliette Binoche]]></category>
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		<description><![CDATA[Xavier Laurent&#8230; Son nom ne vous dit peut-être encore rien mais il se destine pourtant sans aucun doute à figurer parmi les castings des prochaines productions anglo-saxonnes. Comment ce petit...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/laurent_portrait.jpg" alt="Xavier Laurent" title="Xavier Laurent" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20639" /><strong>Xavier Laurent&#8230; Son nom ne vous dit peut-être encore rien mais il se destine pourtant sans aucun doute à figurer parmi les castings des prochaines productions anglo-saxonnes. Comment ce petit <em>Frenchie</em> s’est-il retrouvé à jouer aux côtés de pointures telles que George Clooney (<em>Monuments Men</em>) ou Bruce Willis (<em>Red 2</em>) ? Comment a-t-il fini par figurer sur la brûlante <em>short-list</em> pour incarner Christian Grey ? Quelles sont les différences entre les tournages bien de chez nous et ceux <em>made in USA</em> ? Xavier Laurent nous raconte&#8230;<br />
</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Comment avez-vous su que vous alliez devenir comédien ?</strong></p>
<p>Je viens du sud de la France et j’ai fait des études d’économie internationale qui m’ont conduit à me rendre à Montréal. Là-bas, je ne savais pas trop ce que je voulais faire et j’ai commencé à m’intéresser à d’autres choses, notamment dans le milieu artistique. C’est là que j’ai découvert le théâtre. Tout est alors devenu limpide, cela réunissait tout ce que j’aimais. A mon retour en France, j’ai décidé de changer de vie et je suis monté à Paris pour devenir comédien. J’ai ainsi fait le Cours Florent et différents ateliers pour tester plusieurs méthodes, dont celles américaines qui m’ont beaucoup apporté. Je me suis inséré dans ce milieu avec la série télé <em>La vie devant nous</em>, sur TF1. C’était une série assez novatrice pour l’époque. Nous avions carte blanche pour les histoires, il y avait beaucoup de budget et nous tournions avec des réalisateurs de cinéma. La série a d’ailleurs remporté un joli succès et a eu le mérite de faire éclore tout un vivier de comédiens. </p>
<p><strong>Comment passe-t-on d&#8217;une série télévisée française sur TF1 aux tournages outre-Manche et outre-Atlantique ?</strong></p>
<p>J’ai mis un peu de temps pour changer l’image que je véhiculais. J’ai fini par tenter l’aventure à l’étranger pour faire de nouvelles rencontres. Après une remise à niveau de mon anglais, je suis parti à Londres et j’ai rencontré des agents artistiques, des directeurs de casting&#8230; Et j’ai décroché mon premier rôle dans une grosse production américaine, <em>Rush</em> de Ron Howard. J’y interprétais un pilote automobile avec Daniel Brühl pour partenaire. C’était ce que je recherchais depuis longtemps et j’avais fait des pieds et des mains pour avoir ce rôle. Et j’avais eu le rendez-vous non pas grâce à mon agent de l’époque, mais grâce à l’un des agents artistiques les plus célèbres outre-Manche, Christian Hodell, quelqu’un d’adorable et de très altruiste. Malheureusement, j’ai été coupé au montage pour les besoins du film et j’en ai été très déçu. Mais malgré tout, ça a été une merveilleuse exposition pour moi : ça m’a permis de changer de catégorie et m’a ouvert des portes. </p>
<p><strong>Et c’est comme ça que l’on vous a retrouvé ensuite sur des plateaux de grosses productions américaines…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/laurent_monumentsmen.jpg" alt="Monuments Men" title="Monuments Men" width="250" height="206" class="alignright size-full wp-image-20640" />Oui. Je suis arrivé ensuite sur le tournage de <em>Red 2</em>, avec Bruce Willis, grâce à l’aide d’un ami producteur, Daniel Konrad Cooper. C’était incroyable. Bruce Willis était très gentil et tout le tournage était détendu, tout en étant très professionnel. C’est grâce à cette expérience que j’ai pu tourner dans <em>Monuments Men</em> de George Clooney, qui est le mec le plus cool de la Terre ! J’étais comme un dingue : le tournage était en Angleterre et j’avais une scène avec Matt Damon dont je suis fan. S&#8217;ils étaient tous adorables sur le plateau, ils devenaient de véritables machines de guerre ultra-professionnelles une fois que la caméra tournait. Ce fut un gros coup de pression pour moi, je n’avais pas le droit de me rater, mais ils font tout pour vous mettre à l’aise. Forcément, après une telle expérience, tu as envie que les projets s’enchaînent… J’ai alors changé d’agence artistique à Londres et c’est Dawn Green chez CAM qui s’occupe de moi désormais, ainsi que des comédiens de renom comme Martin Freeman et Aidan Turner. Pour la France, c&#8217;est Julien Lamy de l&#8217;agence 3A qui s&#8217;occupe de moi.</p>
<p><strong>Quelles différences faites-vous entre tourner en France et tourner pour Londres ou Hollywood ?</strong></p>
<p>Même si j’adore travailler en France, je suis en train de me placer de plus en plus sur des projets internationaux. Mais il y a des avantages et des inconvénients dans les deux systèmes. En France, nous faisons 250 films par an, mais le marché est plus sclérosé qu’à l’étranger. On y favorise plus les réseaux, on manque parfois de curiosité, car on n’a moins de temps. Il n’y a pas cette approche anglo-saxonne qui consiste à dénicher et promouvoir de nouveaux talents. Là-bas, on se dit qu’un nouveau talent finira peut-être par devenir une star. Les producteurs paient moins, mais ils misent sur l’avenir. Et surtout, le marché est colossal ! Tout le monde te répond ou te rencontre. Simplement, la concurrence est rude, le niveau des acteurs est tellement élevé. Et ils ont cette culture du résultat. Tu peux donc disparaître aussi rapidement que tu es monté. En France, il y a une vraie reconnaissance du travail accompli. On ne t’oubliera pas, même si tu rencontres quelques &#8220;bas&#8221; après tes &#8220;hauts&#8221;. Il faut aussi souligner que les écoles anglaises sont certes de qualité, mais extrêmement chères. Chez nous, il existe des écoles de théâtre gratuites qui offrent de belles opportunités pour tout le monde. Mais le milieu anglo-saxon est très transparent, très bien organisé, là où en France, cela reste un peu plus opaque. C&#8217;est parfois difficile d’obtenir des informations. </p>
<p><strong>Et au niveau du jeu ?</strong></p>
<p>Là aussi, l’approche est différente. Dans le cinéma français, en général, on te prend plus pour ta personnalité. Dans le cinéma anglo-saxon, il faut être capable de se transformer, de pouvoir jouer tous les types de personnages, de manier différents accents. En revanche, sur les plateaux, l’avantage français est que tout est plus à échelle humaine, alors que sur les films à gros budgets à l’étranger, on est à la disposition de la production. Tout est fragmenté, sécurisé à l’extrême. </p>
<p><strong>Et quand vous tournez à l’étranger, restez-vous le Français de service ?</strong></p>
<p>Pour le moment, c’est vrai qu’on me donne des rôles de Français. C’est ma spécificité. Il faut travailler énormément sur l’accent. Pour le gommer, cela prend beaucoup de temps&#8230;</p>
<p><strong>Quels acteurs francophones à la carrière internationale vous inspirent ?</strong></p>
<p>Reda Kateb. Chapeau bas ! C’est un gros bosseur et il fait une belle carrière. Il y a aussi Elodie Yung qui sera le premier rôle du prochain long d’Alex Proyas, <em>Gods of Egypt</em> ; Grégory Fitoussi, également, qui enchaîne pas mal de bons projets ; bien entendu Marion Cotillard qui a une carrière hallucinante, mais aussi Matthias Schoenaerts, Omar Sy, Juliette Binoche qui est géniale, et bien sûr Jean Dujardin qui a créé une ouverture incroyable pour les acteurs français. C’est le patron ! </p>
<p><strong>Vous vous destinez donc à poursuivre votre carrière internationale…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/laurent_boneinthethroat.jpg" alt="Bone in the Throat" title="Bone in the Throat" width="250" height="213" class="alignleft size-full wp-image-20641" />Oui, je vais bientôt tourner dans un film franco-hispano-suisse, tourné en anglais, <em>Lost Paradise,</em> un road movie qui se passe en Espagne, dans un univers fantastique. J’ai aussi joué dans un film anglais, <em>Bone in the Throat</em> de Graham Henman, avec Ed Westwick. C’est une comédie loufoque tirée d’un livre d’Anthony Bourdain où je joue un chef cuisinier en plein burn out. C’est un film qui a fait sa première au festival international SxSW, à Austin. Je vais bientôt travailler aussi avec Geoffroy Koeberle qui fut notamment assistant réalisateur sur pas mal de projets US. Il s&#8217;agira d&#8217;un film tourné en anglais entre Paris et Seattle et adapté de la BD <em>Zombies</em>. J’aime en général les univers denses, atypiques et les personnages hauts en couleur&#8230;</p>
<p><strong>Avec tous ces projets à l&#8217;étranger, continuez-vous malgré tout à tourner en France ?</strong></p>
<p>Oui, J’ai récemment tenu le premier rôle pour un long-métrage indépendant intitulé <em>Cuba libre</em>, réalisé par Caroline Chomienne, avec Nathalia Acevedo, Laura Boujenah et Nitsa Benchetrit. J’ai aussi produit, coécrit et joué dans un court-métrage qui se passe dans le monde manouche, <em>Dessous la caravane</em>, réalisé par Yohan Ungar et je m&#8217;apprête à réaliser mon premier court qui se passera durant la Première Guerre mondiale. Ca s&#8217;appellera <em>Les Rats</em>.</p>
<p><strong>Comment voyez-vous votre carrière à l’avenir ?</strong></p>
<p>Je me vois comme un aventurier, je n’aimerais pas travailler sur les mêmes choses, j’ai une vraie soif de découvertes, de rencontres. L&#8217;envie de me cultiver, de travailler partout, dans tous les pays. Ce serait formidable une globalisation totale du cinéma, de passer de Bollywood à Hollywood en passant par la France et l’Europe… Je me vois aussi en homme orchestre : produire, réaliser, jouer, écrire et enseigner, aussi. </p>
<p><strong>Est-il vrai que vous avez failli jouer le rôle convoité de Christian Grey dans <em>50 Shades of Grey</em> ?</strong></p>
<p>Oui ! Ca a été une belle surprise dans le sens où je me suis retrouvé sur la <em>short-list</em> pour ce film. Je ne connaissais d’ailleurs pas les livres. J’étais donc un peu inquiet quand j’ai su de quoi il s’agissait ! Mais je l’aurais fait évidemment si j’avais été pris, même si cela veut dire s’engager sur plusieurs années pour le même rôle et tourner des scènes de sexe plutôt corsées…</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Note de la rédaction : à l&#8217;heure de la publication de ces lignes, nous avons appris que Xavier Laurent rejoindra le casting d&#8217;</em>Inferno<em> de Ron Howard, la suite du </em>Da Vinci Code<em>.</em></p>
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		<title>The Homesman, de Tommy Lee Jones</title>
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		<pubDate>Tue, 20 May 2014 19:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Mobiles Hommes - Après avoir arpenté le Texas aride de la bordure mexicaine dans <em>Trois enterrements</em>, Tommy Lee Jones s'en est allé explorer pour son <em>Homesman</em> une autre contrée de l'Amérique...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Mobiles Hommes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/tommy-lee-jones-the-homesman.jpg" alt="The Homesman, de Tommy Lee Jones" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17117" />Après avoir arpenté le Texas aride de la bordure mexicaine dans <em>Trois enterrements</em> (2005), Tommy Lee Jones s&#8217;en est allé explorer pour son <em>Homesman</em> une autre contrée de l&#8217;Amérique. Le très plat Nebraska. Autre voyage et autres &#8220;passagers&#8221;. Tous biens vivants, ceux-là. Trois femmes dont l&#8217;hostilité du nord du Grand Ouest américain aura eu raison de leur esprit. Mary Bee Cuddy (Hilary Swank), pionnière libre et obstinée mais <em>&#8220;rude comme un vieux pot&#8221;</em>, se porte volontaire pour les mener jusqu&#8217;en Iowa, dans le Middle-West qu&#8217;elles ont quitté autrefois. Sur sa route, elle croise un certain George Briggs (Tommy Lee Jones) en fâcheuse posture. Un bonhomme renfrogné, vieux loup solitaire, déserteur et escroc qui ne s&#8217;embarrasse pas avec les principes. Le genre de type à s&#8217;attirer des ennuis. Comme par exemple se retrouver à califourchon, à la merci de son cheval, la corde au cou. Mais la dévote Mary Bee Cuddy a pitié de lui et accepte de le sortir de ce mauvais pas. En contrepartie, il devra promettre de l&#8217;accompagner dans son périple et de l&#8217;aider à mener sa &#8220;cargaison&#8221; à destination… Trois démentes, une vieille fille et un grossier vagabond : telle est la composition de la nouvelle équipée sauvage constituée par Tommy Lee Jones, lancée à travers les Grandes Plaines hostiles de la Frontière, région mythique de la conquête de l&#8217;Ouest, aux confins du territoire &#8220;civilisé&#8221;. </p>
<p>On retrouve dans <em>The Homesman</em> (&#8220;rapatrieur&#8221;) les marottes scénaristiques de TLJ. La solitude, l&#8217;amitié, la transmission, la folie, la culpabilité, la rédemption par le voyage. Et toujours ce paysage, personnage incontournable. Tommy Lee Jones use de toute la largeur de son cadre pour y inscrire les vastes étendues de terres indomptables, rejoignant le ciel le long d&#8217;une ligne d&#8217;horizon que suivent implacablement nos deux héros entêtés. <em>The Homesman</em> est un film horizontal. <em>&#8220;J&#8217;aime les arbres. Je n&#8217;en vois pas souvent&#8221;</em>, s&#8217;émerveille Cuddy. <span id="more-17113"></span>Un paysage binaire partagé entre ciel et terre qui serre à la perfection le doux minimalisme de la mise en scène de TLJ. Jamais un mot, une image ou une note de trop pour venir troubler cette lente et inexorable marche, tant physique que mentale, vers la délivrance. Celle des trois &#8220;folles&#8221; qui trouvent enfin dans ce voyage le moyen de s&#8217;extirper de cette maudite Frontière sale et stérile, incapable de leur donner les enfants qu&#8217;elles désirent tant. Celle de Cuddy qui voit là une occasion de s&#8217;évader de son statut de femme célibataire. Et enfin celle de Briggs qui sent bien qu&#8217;il ne fera pas de vieux os à rester trop longtemps dans la région. Mais <em>The Homesman</em>, c&#8217;est surtout un magnifique portrait de femmes jetées malgré elles au beau milieu des éléments déchaînés. Un regard insolite et authentique qui, tout en s&#8217;en inspirant, se détache admirablement de la cinématographie pléthorique du genre. Et Tommy Lee Jones d&#8217;y confirmer toute son audace dans une mise en scène à la fois puissante et dépouillée, nous gratifiant de quelques &#8220;pics&#8221; dramatiques tout à fait inattendus.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Homesman<em> de et avec Tommy Lee Jones, avec aussi Hilary Swank, James Spader, Meryl Streep… Etats-Unis, 2014. Sortie le 18 mai 2014. En compétition au 67e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Xenia, de Pános Koútras</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2014 21:23:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Certain Regard 2014]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[road movie]]></category>

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		<description><![CDATA[Sélection Un Certain Regard 2014 Qui ? L&#8217;Attaque de la moussaka géante, farce décalée (est-il nécessaire de le préciser ?) érigée en mythe par les fans de nanars, La Vie...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sélection Un Certain Regard 2014</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/xenia.jpg" alt="Xenia, de Pános Koútras" title="Xenia, de Pános Koútras" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17362" /><strong>Qui ?</strong><br />
<em>L&#8217;Attaque de la moussaka géante</em>, farce décalée (est-il nécessaire de le préciser ?) érigée en mythe par les fans de nanars, <em>La Vie véritable</em> avec Anna Mouglalis, drame bien plus amer, ou encore <em>Strella</em>, sans doute le film le plus abouti &#8211; l&#8217;histoire de Yiorgos qui, après avoir passé quatorze ans en prison, fait la connaissance de Strella, une prostituée… Elle s&#8217;avérera être son fils. Eclectique, fantaisiste, curieux, parfois âpre, toujours poétique, le cinéma de Pános Koútras trouve sa cohérence dans l&#8217;inépuisable énergie qui le traverse et l&#8217;anime.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong><br />
Son quatrième long-métrage <em>Xenia</em>, le réalisateur grec, bientôt quinqua, le décrit comme un adieu à sa jeunesse. Le <em>road trip</em> de deux frères, Danny, 16 ans, et Odysséas, 18 ans, étrangers dans leur propre pays qui, après la mort de leur mère albanaise, décident de se lancer sur les traces de leur père grec… Tout au long de leur épopée, les deux frangins se retrouveront confrontés à tous les maux qui gangrènent aujourd&#8217;hui la République hellénique. L&#8217;homophobie, les rafles anti-migrants et clandestins, le nationalisme de l&#8217;Aube Dorée… Et le cinéaste de dresser ainsi les contours d&#8217;une Grèce moderne, prise dans l&#8217;étau d&#8217;une crise sans précédent et à travers lequel Pános Koútras insuffle ses thématiques favorites : la quête d&#8217;identité et la fraternité.</p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3qspuu/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Nebraska, d&#8217;Alexander Payne</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Apr 2013 20:53:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[road movie]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec <em>Nebraska</em> Alexander Payne nous livre ce qu’il sait faire de mieux, à savoir son fameux « road movie pépère sauce aigre-douce sans édulcorant ni arôme artificiel ». En DVD le 20 août 2014.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/nebraska-alexander-payne.jpg" alt="Nebraska, d&#039;Alexander Payne" title="Nebraska, d&#039;Alexander Payne" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19074" />Un vieillard cacochyme et mal embouché, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain, à pied puisqu&#8217;il ne peut plus conduire. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville perdue du Nebraska qui s&#8217;avère être le lieu où le père a grandi. C&#8217;est ici que tout dérape. </p>
<p>Alexander Payne nous livre ce qu’il sait faire de mieux, à savoir son fameux « road movie pépère sauce aigre-douce sans édulcorant ni arôme artificiel ». <em>Monsieur Schmidt</em> et <em>Sideways</em>, déjà le prétexte à règlement du passé et réajustement du quotidien, étaient deux failles temporelles où les instants perdus qui ne se rattrapent plus retournaient à leurs maîtres comme pour mieux leur faire comprendre qu’on ne tire pas un trait si facilement sur ses actes et ses paroles. Le retour de bâton, qu’on appelle ça !<br />
Avec Payne, les voyages ne forment pas la jeunesse mais libèrent les humeurs, pas forcément les meilleures et c’est d’ailleurs la « bonne » raison pour laquelle on sait d’avance qu’on ne s’emmerdera pas une seconde même au cœur des longs silences. Un cinéaste qui sait se taire ménage sa monture, et nous avec. </p>
<p>Pour bien s’engueuler la recette est simple ; il faut un bon partenaire à maltraiter, la bonne pâte qui ne pétera pas un câble au bout de 5 kilomètres (sinon le film durait un quart d’heure !) mais qui, bon an mal an, supportera une ambiance exécrable sans pour autant se laisser marcher sur les pieds (le compère tolère jusqu’au point ultime où il enclenche sa secrète machine à coller des bourre-pifs). Les échanges pimentés ne nuisent pas à la rigolade. A ce propos, le fils mériterait le prix Nobel de la Paix pour ne pas réduire son croûton de père en bouillie dès le premier virage. <span id="more-12293"></span></p>
<p>Vous l’aurez compris, <em>Nebraska</em> exacerbe les non-dits sans pour autant balayer l’amour d’un revers de la main, sentiment omniprésent tout du long, véritable moteur du film. C’est l’amour qui conduit les personnages jusqu’au Nebraska.<br />
Cette vieille baderne de Bruce Dern joue les ours mal léchés, tandis que le fils achève sa formation de dompteur tentant de comprendre le fonctionnement de son géniteur, l’animal sauvage qu’il est resté aux yeux de ses proches.<br />
Nebraska ne manque pas de moments croustillants. On y voit les anciens tontons couler leurs derniers jours devant la télé et les jeunes cousins minauder pour tenter de s’accaparer une part du gâteau.<br />
Quand le passé ressurgit d’un bloc, les vieilles rancœurs et les regrets semblent n’avoir jamais été oubliés. La hache de guerre est à porter de la main, ni enterrée, ni enfouie au fond du puits. Le personnage incarné par Stacy Keach, le vieil ami fourbe, la grande gueule de service, vaut tout l’or du monde pour sa capacité à profiter de la situation. A chacune de ses apparitions, son sourire carnassier nous fait penser que le ver est dans le fruit.</p>
<p><em>Nebraska</em> se nourrit de tendresse et de pudeur. On croit y percevoir la réalité crue mais il faut du temps avant que les masques tombent. A fleur de peau, les hommes et les femmes sont beaux comme des camions. </p>
<p>&nbsp;<br />
Nebraska<em> d&#8217;Alexander Payne avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb, Stacy Keach… Etats-Unis, 2013. Présenté en compétition au 66e Festival de Cannes. Sortie le 2 avril 2014. Sortie DVD le 20 août 2014.</em></p>
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		<title>Cinéma jeunesse : mais où sont passées les Mamans ?</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 13:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaëlle Pairel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[dessin animé]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[film d'animation]]></category>
		<category><![CDATA[road movie]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis <em>Peau d'âne</em> jusqu'au <em>Jour des corneilles</em>, les mères ne tiennent pas toujours le meilleur rôle dans les films pour les jeunes. Tuée par les chasseurs chez Walt Disney, morte ou disparue dans le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/01/jour-des-corneilles-manon.jpg" title="Le Jour des corneilles, de Jean-Christophe Dessaint" alt="Le Jour des corneilles, de Jean-Christophe Dessaint" width="280" height="159" class="alignleft size-full wp-image-11006" />Depuis <em>Peau d&#8217;âne</em> jusqu&#8217;au <em>Jour des corneilles</em>, les mères ne tiennent pas toujours le meilleur rôle dans les films pour les jeunes. Tuée par les chasseurs chez Walt Disney, morte ou disparue dans le film d&#8217;animation de Jean-Christophe Dessaint, les mères sont tour à tour lointaines et infantiles (<em>Jiburo</em>), totalement ignorées (<em>Le Petit Gruffalo</em>, <em>Jean de la Lune</em>, <em>La Belle et la Bête</em>) ou à jamais trépassées sans que cela ne soit évoqué (<em>Ernest et Célestine</em>). Et nos héros, alors ? Comment composent-ils avec la grande absente ?</p>
<p>Dans <em>Le Jour des corneilles</em> comme dans <em>Bambi</em>, le héros Courge ou le jeune faon sont élevés par leur père. Pour Courge, la leçon de vie ressemble à un cours permanent de survie en milieu très hostile. Elevé par un père blessé, brutal et misanthrope, Courge s&#8217;invente un monde des morts réconfortant dans lequel sa mère apparaît avec une tête de biche. Bienveillante, elle tente d&#8217;accompagner son fils vers la lumière et vers une réalité plus souriante, très vite incarnée par la jeune Manon. Aucune facilité dans ce film dense et magnifique qui traite de sujets aussi complexes que la mort d&#8217;un parent, la maltraitance, la quête d&#8217;amour, la solitude et la résilience. <span id="more-10912"></span>Au contraire du père de Courge, les plus petits apprécieront le papa bourru mais très gentil du <em>Petit Gruffalo</em>. Seule figure maternelle de ce dessin animé : la mère écureuil qui campe une narratrice tendre et amusée. Dans ce film, on se moque des parents qui inventent des monstres terribles pour tenir les enfants tranquilles. On y appelle les plus jeunes à transgresser les interdits pour devenir autonomes et à s&#8217;éloigner de leurs ascendants en surmontant leurs peurs. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/belle-bete-jean-cocteau.jpg" alt="La Belle et la Bête" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-11379" />Autre temps, autre forme narrative, autre transgression, autre dépassement de soi : celui osé par la Belle dans le chef-d’œuvre de Jean Cocteau. L&#8217;appel du monstre est, ici, une quête initiatrice très connotée qui se vit loin du regard maternel. Le père « livre » sa fille à l&#8217;homme et ce faisant, lui ouvre les portes de la liberté qu&#8217;elle ne voulait pas s&#8217;accorder. Plus tard, <em>La Belle et la Bête</em> inspire le féerique <em>Peau d&#8217;âne</em> de Jacques Demy qui joue alors une variation colorée des mêmes thèmes éminemment freudiens. Sur la gamme « duo père-fille », ne pas manquer l&#8217;adaptation récente et réussie (malgré quelques longueurs) du <em>Jean de la Lune</em> de Tomi Ungerer. Cette balade nocturne met en scène un père et son adolescente dans une voiture décapotable sous les étoiles exactement. Semblant tout ignorer de la dictature, le père et la fille nous embarquent dans un road movie paisible et ouaté dont la bande musicale n&#8217;est pas sans rappeler les films de Wim Wenders. Grâce à son enfant et à Jean de la lune, le père renoue avec l&#8217;esprit de l&#8217;enfance et la jeune fille rêve éveillée sans que ni la femme ni la Maman ne soient jamais apparues. </p>
<p>Sans Maman, ainsi va la vie de Célestine qui est aussi dépourvue de père. Comme son ami Ernest dont l&#8217;extrême solitude n&#8217;a d&#8217;égale que l&#8217;immensité de son insatiable appétit. Cette superbe adaptation des albums de Gabrielle Vincent nous propose de suivre les aventures de cette souris malicieuse et de cet ours maladroit. Ils vont lier leurs destins contre toute attente et défier les lourds préjugés de leurs camps respectifs. Sous les tendres aquarelles d&#8217;<em>Ernest et Célestine</em> se cache une dénonciation affirmée du racisme ordinaire, de la compétitivité abêtissante et d&#8217;une société de consommation qui piétine les valeurs d&#8217;entraide et de solidarité. Le dénouement heureux propose surtout une très émouvante scène d&#8217;adoption où nos deux héros réinventent leur histoire commune pour se construire un socle de vie solide et pérenne. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/jiburo-lee-jung-hyang.jpg" alt="Jiburo, de Lee Jung-hyang" width="280" height="195" class="alignleft size-full wp-image-11378" />Idem pour notre jeune héros coréen Jiburo qui, au contact de sa grand-mère, va éprouver l&#8217;amour. Flanqué d&#8217;une mère infantile repartie sans lui, cette tête à claques reste seul chez sa grand-mère avec ses jeux, ses défaillances et son allure de cow-boy mal élevé et pleurnichard. Rat des villes contre rat des champs. Muette et sensible, la vieille femme ne renonce jamais à briser la carapace que cet enfant, en mal de père et de (re)pères, s&#8217;est forgée. A force d&#8217;amour, elle bouscule Jiburo dans ses certitudes et lui offre l&#8217;ancrage qui lui faisait défaut. La scène dans laquelle l&#8217;enfant tente d&#8217;apprendre à écrire à sa grand-mère est particulièrement émouvante. Alors qu&#8217;elle peine à former des lettres lisibles pour échanger avec son petit-fils, ce dernier l&#8217;accepte alors telle qu&#8217;elle est et apprend à communiquer avec sa grand-mère sur l&#8217;essentiel. Ce rapprochement final, sobre et pudique est bouleversant. A l&#8217;instar de Jiburo, tous nos héros modifient leur destin au contact de l&#8217;autre. Courge modifie son regard sur la vie et son père grâce à Manon, la Belle et la Bête se modifient l&#8217;un l&#8217;autre, Ernest et Célestine défient ensemble des destins trop vite annoncés&#8230; Chacun ayant transformé le vide en désir, l&#8217;absence en espoir, le manque en amour.</p>
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		<title>La Bande des jotas, de Marjane Satrapi</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Feb 2013 07:11:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[comédie]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/bande-des-jotas-affiche.jpg" alt="La Bande des jotas, de Marjane Satrapi" width="211" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11336" />Après le film d&#8217;animation avec <em>Persepolis</em>, après le conte mi-figue mi-raisin avec <em>Poulet aux prunes</em>, Marjane Satrapi se jette à l&#8217;eau en signant sa première fiction réaliste&#8230; ou presque. <em>La Bande des jotas</em> est un film de transition. Tout en gardant un pied dans le dessin, son premier amour, Marjane Satrapi semble exprimer son profond désir de faire du cinéma. Alors elle se lance, se détache de ses romans graphiques et improvise. Elle jette en vrac tout ce qui lui passe par la tête. L&#8217;Espagne, la mafia et… le badminton. C&#8217;est improbable, absurde, un peu foutraque mais c&#8217;est surtout sans prétention, réalisé entre amis avec les moyens du bord, en toute liberté. Un trait de folie qui nous entraîne sur les routes d&#8217;Espagne dans un road movie meurtrier centré sur trois personnages : Niels (Mattias Ripa, coproducteur du film) et Didier (Stéphane Roche, coproducteur et monteur), deux amis venus participer à un tournoi de badminton, se retrouvent associés à une femme mystérieuse aux grosses lunettes noires (Marjane Satrapi elle-même) qui prétend être la cible d&#8217;un gang mafieux dont les prénoms commencent tous par un &#8220;j&#8221; (le <em>&#8220;jota&#8221;</em> espagnol). <span id="more-11333"></span> Niels et Didier acceptent alors de troquer leurs raquettes et leurs volants contre un flingue et un couteau pour jouer les tueurs à gages de fortune. On vous l&#8217;a dit, c&#8217;est absurde. Marjane Satrapi ne s&#8217;interdit rien. Le scénario, elle l&#8217;avoue bien volontiers, est souvent écrit la veille pour le lendemain. Mais quitte à s&#8217;égarer ici ou là, la réalisatrice préfère avancer à vue. Et c&#8217;est souvent tout droit, sans fioritures. Un peu comme son personnage, &#8220;tiers-mondaine&#8221; sans gêne légèrement barrée qui donne son avis sur tout. Sur &#8220;les prénoms de salopes&#8221;, sur les types maqués avec des Japonaises. <em>&#8220;Soit ils ont des boutons, soit ils sont puceaux.&#8221;</em> Sur les terroristes. <em>&#8220;Moi je suis hyper pour les terroristes.&#8221;</em> On ne sait pas qui est cette femme et on ne le saura jamais vraiment mais, comme Niels et Didier, on s&#8217;y attache et on la suit volontiers dans ce gloubi-boulga azimuté, quelque part entre Kaurismaki et Sergio Leone. </p>
<p>&nbsp;<br />
La Bande des jotas<em> de et avec Marjane Satrapi, avec aussi Mattias Ripa, Stéphane Roche, Ali Mafakheri. France, Belgique, 2012. Sortie le 6 février 2013.</em></p>
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		<title>Les grands classiques de l&#8217;automne 2012</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Nov 2012 22:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[road movie]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet automne, nous n’allons pas manquer de nous dépayser, loin, bien loin des névroses de Lola, des regrets de Nadine, des contrariétés de Gérard, des humeurs de Polo, des caprices de Virginie…]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cet automne, nous n’allons pas manquer de nous dépayser, loin, bien loin des névroses de Lola, des regrets de Nadine, des contrariétés de Gérard, des humeurs de Polo, des caprices de Virginie… Bref, loin du cinéma qui se regarde le nombril. En route pour l’Oussouri, la Sibérie, le Mexique, l’Angleterre, les Philippines, le Mexique, l’Egypte et l’Europe moyenâgeuse.</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/10/dersou-ouzala-1975.jpg" alt="Dersou Ouzala, d&#039;Akira Kurosawa" title="Dersou Ouzala, d&#039;Akira Kurosawa" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9769" /><strong><em>Dersou Ouzala, l&#8217;aigle de la taïga</em>, d&#8217;Akira Kurosawa avec Maksim Mounzouk, Youri Solomine, Svetania Daniltchenko…</strong></p>
<p><em>Dersou Ouzala</em>, œuvre née d’une dépression après l’échec public et critique de <em>Dodes’Kaden</em> (1971), célèbre l’amour fraternel, loin des passions assassines qui déchirent les hommes civilisés, où l’indéfectible amitié se nourrit au cœur du monde sauvage.<br />
Quatre ans plus tôt, <em>Dodes’Kaden</em> explore la fange urbaine. Trop expérimental, trop philosophique, trop sombre, le public ne suit pas. Pire, les studios lâchent Kurosawa qui, anéanti, tente de mettre fin à ses jours. Trois ans plus tard, la Mosfilm (société des cinémas russes) l’invite à tourner en URSS. Kurosawa, rétabli, change de cap et choisit d’adapter les deux tomes de souvenirs du topographe Vladimir Arseniev, intitulés <em>Dersou Ouzala, l’aigle de la taïga</em>. L’histoire est celle d’une improbable mais véridique rencontre.<br />
Début du XXe siècle. Vladimir Arseniev, géographe de métier, capitaine de l’armée russe, explore les confins de la taïga de l’Oussouri. Son régiment, composé d’une dizaine d’hommes, cartographie les lisières de la Mandchourie. Le terrain accidenté et leur méconnaissance du milieu les empêchent de progresser. Un soir, s’invite autour du feu un sautillant nomade mongol qui répond au doux nom de Dersou, Dersou Ouzala. Le lendemain, Dersou, chasseur et cueilleur de son état, prend la tête de l’expédition. <span id="more-9763"></span><br />
Des pattes-d’oie au coin d’yeux rieurs, il suffit d’un rien pour qu’une fable humaniste fasse date dans l’histoire du cinéma. Si le film se lit au premier degré comme un plaidoyer pour Mère Nature et contre l’industrialisation et l’urbanisation galopante, <em>Dersou Ouzala</em> nourrit son propos de ce qui fait le sel du partage, de la générosité, jusque dans la mort. <em>Dersou</em> est une œuvre sur la foi et la résistance. La scène de la tempête, à bien des égards l’une des plus belles jamais tournées, scelle entre les deux hommes une confiance éternelle.<br />
Ce chef-d’œuvre noue les tripes, émeut les yeux, bouleverse le cœur, chavire la tête. Pourquoi ? Parce qu’il transpire la vérité. Et d’une telle amitié pure et sincère, nous rêvons en secret. Aujourd’hui notre époque célèbre la médiocrité et la fatuité comme des valeurs essentielles à notre bon fonctionnement. Il y a de quoi devenir fou, mais peu s’en plaignent. Dans ce pays là-bas, il n’y a ni Internet, ni téléphone mais deux hommes qui crient leur nom : &#8220;DERSOU&#8221;, &#8220;CAPITAINE&#8221;.<br />
<em>Disponible en DVD chez Agnes B/Edition Potemkine.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/siberiade.jpg" alt="Sibériade" title="Sibériade" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9807" /><strong><em>Sibériade</em> d&#8217;Andreï Kontchalovski avec Natalia Andreïtchenko, Sergueï Chakourov, Vitaly Solomine…</strong></p>
<p><em>Sibériade</em> raconte la société villageoise russe à travers deux familles, les fortunés Solomine et les misérables Oustioujine. Cette fresque historique récompensée par le Grand Prix du Festival de Cannes 1979 s’étale sur près de trois générations de 1917 jusqu’au milieu des années 1970.<br />
Quand la révolution touche enfin le village, les Solomine comprennent la menace qui pèse contre leurs intérêts. Les Oustioujine, quant à eux, espèrent entrevoir la « lumière » promise par les camarades.<br />
<em>Sibériade</em>, c’est quatre heures et trente minutes de cinéma pour comprendre les mutations d’une immense nation. Dans sa première partie, le film rappelle le réalisme de <em>L’Arbre aux sabots</em> où hommes et femmes du même cru cohabitent tant bien que mal autour des valeurs de la terre pour, dans une deuxième partie, embrasser une vision plus holistique de la nation jusqu’à l’arrivée des premiers puits de pétrole en lieu et place des champs de blé sauvages.<br />
<em>Sibériade</em>, chiant ou pas ? Non, c’est une puissante saga aux limites du documentaire ; du grand cinéma russe aux moyens démesurés comme seule la Mosfilm savait produire (voir <em>Guerre et Paix</em>).<br />
Peu de temps plus tard, Andreï Kontchalovski, le réalisateur, filait aux Etats-Unis pour tourner <em>Runaway Train</em> (sur un scénario d’Akira Kurosawa) et <em>Tango et Cash</em> !<br />
Son retour au pays fut autrement plus positif et bénéfique. Les voyages forment la jeunesse. Je vous conseille <em>Le Cercle des intimes</em> et <em>La Maison de fous</em>.<br />
<em>Disponible en DVD chez Agnes B/Edition Potemkine.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/alfredo-garcia-peckinpah.jpg" alt="Warren Oates dans Apportez-moi la tête d&#039;Alfredo Garcia" title="Warren Oates dans Apportez-moi la tête d&#039;Alfredo Garcia" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9808" /><strong><em>Apportez-moi la tête d&#8217;Alfredo Garcia</em> de Sam Peckinpah avec Warren Oates, Isela Vega, Robert Webber, Gig Young…</strong></p>
<p>El Jefe l’a mauvaise. Sa fille s’est fait engrosser par ce salaud d’Alfredo Garcia. Le richissime patriarche réclame la tête du fautif. Tous les chasseurs de têtes se mettent en chasse. Cours Alfredo, cours !<br />
<em>Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia</em> est sans doute l’œuvre la plus personnelle de son auteur. Il y a un ton que l’on ne reconnaît nulle part. Un rythme étrange. Même la lumière est différente. C’est peut-être le soleil du Mexique ou les vieilles bagnoles qui, usées jusqu’à la corde, tournent sur deux cylindres, mais quelque chose ou quelqu’un pousse à une fausse léthargie qui trompe nos sens et bouleverse nos repères. Toutefois le scénario solide ne laisse la part à aucun ventre mou.<br />
Ce <em>road movie</em> ne lâche jamais ce à quoi il tend ; nous apporter sur un plateau la tête d’Alfredo Garcia ! Une œuvre singulière, sans concessions, qui sort du tréfonds des tripes de Peckinpah. Si vous appréciez les dialogues ciselés, le sang et la sueur, vous serez servis.<br />
En bonus, un excellent documentaire sur le cinéaste.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Filmedia.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/ambre-preminger.jpg" alt="Ambre, d&#039;Otto Preminger" title="Ambre, d&#039;Otto Preminger" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9810" /><strong><em>Ambre</em> d&#8217;Otto Preminger avec Linda Daenelle, Cornel Wilde…</strong></p>
<p>Le légendaire patron de la Fox, Darryl F. Zanuck (pour la petite histoire, son petit-fils produit <em>The Zero Theorem</em> que tourne à Bucarest Terry Gilliam en compagnie de Christoph Waltz, David Thewlis, Tilda Swinton et Matt Damon) veut son <em>Autant en emporte le vent</em>. Pour cela, il achète les droits du roman (sulfureux, dit-on à l’époque) de Kathleen Winsor <em>Ambre</em> et engage John M. Stahl comme réalisateur. Dans le rôle-titre, Peggy Cummins. Après un mois et demi de tournage, Zanuck arrête tout, mécontent des rushs et de son actrice principale. Otto Preminger reprend les manettes laissées vacantes, tente d’imposer Lana Turner, en vain, se contente de Linda Darnell, une pouliche de l’écurie Zanuck.<br />
1660. Ambre St Clare, une modeste paysanne ambitieuse, rêve de s’émanciper et vivre la grande vie. Bruce Carlton, un aristocrate aventurier, l’arrache à sa famille de bouseux. Ambre s’immisce dans les cercles du pouvoir. Elle gravit les échelons jusqu’à devenir une proche du roi d’Angleterre. Gare aux rivales !<br />
Ambre, prête à tout pour ne pas retourner vivre dans la ferme familiale, passe aux yeux des rigoristes religieux pour une sainte nitouche, une courtisane, une fieffée salope. Je ne parle pas des religieux du XVIIe siècle mais bien de ceux de l’après-guerre. C’est tout ce que la censure et les églises américaines ont voulu retenir de ce film-fleuve ; la liberté est une effronterie. Les ligues de décence condamnent Ambre pour « encouragement à l’immoralité et la licence ». Contre toute attente, le succès sera énorme. Les femmes modernes s’incarnent dans l’héroïne.<br />
Ambre ne manque pas de beaux décors, de somptueux costumes, d’ampleur et de lyrisme mais reste dix crans en dessous de la référence, <em>Autant en emporte le vent</em>. Son principal défaut réside dans l’excessif surlignage des situations comme si nous étions incapables de comprendre le désir d’indépendance du personnage principal. Il manque finesse et magie pour se sentir comblé. Un classique à redécouvrir dans des conditions d’image tip top.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/guerillas-philippines-lang.jpg" alt="Guérillas aux Philippines" title="Guérillas aux Philippines" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9812" /><strong><em>Guérillas aux Philippines</em> de Fritz Lang avec Tyrone Power, Micheline Presle, Tom Ewel…</strong></p>
<p>Printemps 1942. Une vedette américaine coule non loin des côtes philippines. Les soldats américains, recueillis par les villageois, organisent la résistance contre les Japonais. Il s’agit de préparer le terrain aux troupes du général MacArthur.<br />
<em>Guérillas aux Philippines</em>, film mineur, un brin bancal, pas très intéressant, ne restera pas dans les annales. Oui, il n’est pas bancal, il est un brin bancal. Il n’est pas inintéressant, il n’est pas très intéressant. Le film est passé entre de nombreuses mains et son producteur, Darryl Zanuck, s’est empressé de le sortir à la veille de la guerre de Corée. Ceci explique peut-être cela, et encore, je ne suis pas sûr. Critique de Normand.<br />
Fritz Lang livre un film de guerre timide centré sur les rapports humains entre soldats américains, population philippine et soldats japonais. Les interactions restent limitées à des discussions convenues pas loin du comptoir. Insipide pour tout dire.<br />
Tourné in situ, la lumière et les éléments naturels donnent au film un aspect exotique très appréciable. Le film reste bof, mouais, pas mieux. Critique de Bourguignon.<br />
<em>Disponible en DVD chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/baionnette-canon.jpg" rel="shadowbox[sbpost-9763];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/baionnette-canon.jpg" alt="Baïonnette au canon" title="Baïonnette au canon" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9813" /></a><strong><em>Baïonnette au canon</em> de Samuel Fuller avec Richard Basehart, Gene Evans, Michael O’Shea…</strong></p>
<p>Pas besoin de tourner autour du pot, <em>Baïonnette au canon</em> est un chef-d’œuvre. <em>Next</em>. Si la violence de Peckinpah, sauvage et furibarde, s’exprime dans la destruction des corps, Sam Fuller, lui, triture les cerveaux. Peckinpah est physique, Fuller psychologique. Les deux apprécient les bons cigares, la bouteille et les vieilles catins. Un cerveau droit et un cerveau gauche, main dans la main.<br />
1951, la guerre de Corée fait rage. Débordé par les forces communistes, l’état-major américain intime l’ordre au lieutenant Gibbs de couvrir la retraite d’une armée de 15 000 hommes. Une seule stratégie pour réussir le repli : tenir une colline. Gibbs ne dispose que de quarante-huit soldats. Lui et ses hommes devront donner l’illusion du nombre. Le froid et le terrain rendent la mission encore plus dangereuse. Après moult tergiversations, c’est le caporal Denno qui prend le commandement des opérations. L’homme souffre à l’idée de tuer.<br />
Qu’ils soient aux combats ou tapis contre un rocher à attendre un ennemi invisible, nous appréhendons la peur du soldat, son découragement, ses moments de doute, tout un panel de sentiments, sensations et émotions comme seul Fuller sait imprimer sur pellicule. C’est la marque typique du cinéaste génial qui sait écrire et qui sait filmer ses mots. Une heure et demie où l’action nourrit la réflexion sur l’individu et l’intérêt collectif. Indispensable, je vous dis !<br />
<em>Disponible en DVD chez Sidonis Calysta. </em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/egyptien-michael-curtiz.jpg" alt="L&#039;Egyptien, de Michael Curtiz" title="L&#039;Egyptien, de Michael Curtiz" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9814" /><strong><em>L&#8217;Egyptien</em> de Michael Curtiz avec Jean Simmons, Victor Mature, Gene Tierney, Peter Ustinov, John Carradine…</strong></p>
<p>1 300 ans avant Jésus-Christ, pour l’avoir sauvé des griffes d’un lion, le pharaon Akhenaton nomme l’orphelin Sinouhé médecin du palais et Horemheb, son meilleur ami, chef de la garde. Tandis qu’une ambitieuse courtisane jette son dévolu sur Horemheb et lui, Sinouhé découvre la vie de la cour, ses conspirateurs décidés à tuer le souverain suprême sous prétexte qu’il impose à tous la vénération d’un seul Dieu, Aton… Contraint à l’exil par la reine Néfertiti, désormais en possession du secret de ses origines, il retrouve l’Egypte dont il apprend qu’il est héritier du trône. Mais, déjà, sa sœur, Bakétamon, et Horemheb, s’en sont emparés…<br />
J’ai préféré vous faire profiter du pitch officiel tant j’ai eu un mal de chien à tout capter de cette histoire. Je me fais vieux. La première impression qui m’est restée de <em>L’Egyptien</em> est celle du travail vite fait bien fait ; du boulot à la Michael Curtiz (tâcheron de luxe qui s’est illustré avec <em>Robin des Bois</em>, <em>Casablanca</em>…).<br />
Dans <em>L’Egyptien</em>, tout est un peu vieillot, un peu ringard, un peu surjoué (la séquence en transparence du lion, je ne vous dis que ça !). Tout comme pour <em>Ambre</em> avec <em>Autant en emporte le vent</em>, il est impossible de ne pas comparer <em>L’Egyptien</em> avec les péplums de la grande époque, <em>Ben-Hur</em>, <em>Cléopâtre</em>, <em>Le Marteau-pilon anal</em>. Le scénario égare les personnages dans un (mauvais) dédale de faux-semblants où il devient difficile de savoir si les rôles de chacun et chacune sont réellement complexes ou mal dessinés. <em>L’Egyptien</em> manque de caractère mais ne manque pas de charme.<br />
<em>Disponible en DVD et blu-ray chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/chair-sang-verhoeven.jpg" alt="La Chair et le sang, de Paul Verhoeven" title="La Chair et le sang, de Paul Verhoeven" width="220" height="148" class="alignleft size-full wp-image-9815" /><strong><em>La Chair et le sang</em> de Paul Verhoeven avec Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Tom Burlinson, Susan Tyrrel, Ronald Lacey, Jack Thompson…</strong></p>
<p>Le Moyen Age est à son crépuscule. Partout règnent les guerres, l’anarchie et les maladies vénériennes. Personne n’est à l’abri d’une chaude-pisse et de la peste bubonique. Une bande de mercenaires menés par le charismatique Martin aident un souverain déchu à reconquérir ses terres. Indésirables au château après l’accomplissement des sales besognes, les malandrins décident de se venger.<br />
Accompli en Hollande après <em>Business is Business</em>, <em>Turkish Delight</em>, <em>Cathy Tippel</em>, <em>Soldier of Oranje</em>, <em>Spetters</em>, <em>Le Quatrième Homme</em>, Verhoeven a des envies de grandeur. Il file en Angleterre avec son acteur fétiche et accouche de <em>La Chair et le sang</em>, considéré par les initiés comme l’œuvre charnière entre film culte et film-cerveau.<br />
Nous sommes au cœur du chaos, au cœur de l’horreur. Exit les méchants, les gentils. Le manichéisme de bas étage qui vérole les projets cinématographiques d’aujourd’hui, n’existe pas ici. <em>La Chair et le sang</em> structure sa narration en réseau polynucléaire ; des cercles de pouvoir qui se rétrécissent jusqu’à l’enferment et la folie. <em>La Chair et le sang</em>, c’est l’illustration de la complexité de la cité.<br />
Dans les bonus, Verhoeven explique à quel point il s’est documenté pour créer un univers réaliste aux limites du palpable (Durell, Heidzin, Bruegel pour les décors) dans un contexte, dit-il, de guerre bactériologique. Les spécialistes et les spectateurs peuvent reconnaître qu’aussi réussi soit-il, c’est du grand n’importe quoi, un bordel indéfinissable, un véritable musée de l’anachronisme.<br />
Je ne résiste pas à reproduire la conclusion de l’analyse filmique de feu Jean-Marc Bouineau (grand cinéphile disparu trop tôt) tiré de son ouvrage <em>Le Petit Livre de Paul Verhoeven</em> : <em>&#8220;</em>La Chair et le sang<em> est un film malsain, rempli de haine et de violence communicative mais magnifié par son déferlement de sauvagerie et son invitation au retour primitif.<br />
Souvent, lorsqu’on est en face de ce genre de films, on rêve à ce qu’un Kubrick aurait pu en faire, ce qu’il aurait pu ajouter de ses obsessions personnelles et là, bizarrement, on se prend à penser qu’aucun cinéaste n’aurait pu mieux faire que Paul Verhoeven. Il domine son film de bout en bout, cherche et trouve le ton et l’allure indispensables à cette </em>heroic fantasy<em> réinventée, adopte, d’un point de vue historique, la meilleure visualisation possible des temps les plus reculés de la barbarie, exhume l’art gothique d’un Joseph von Sternberg, apporte au sujet la seule interprétation qui convient, j’entends une démarche européenne car Verhoeven est alors européen jusqu’au bout des ongles. Son film porte en lui le legs du Vieux Continent, il possède encore les stigmates d’un passé lourd à assumer et, de vision onirique, devient autobiographique ou mieux, une photocopie fidèle d’une époque archaïque rapportée par son âme errante.&#8221;</em><br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray.</em></p>
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