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	<title>Grand Écart &#187; polémique</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Adrien Binh Doan</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Feb 2015 09:22:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[polémique]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[Smell of Us : dans les coulisses du dernier Larry Clark On a tout entendu sur le tournage de The Smell of Us, le dernier long-métrage de Larry Clark, celui...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><em>Smell of Us</em> : dans les coulisses du dernier Larry Clark</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/02/adrien-binh-doan-acteur.jpg" alt="Adrien Binh Doan" title="Adrien Binh Doan" width="202" height="280" class="alignleft size-full wp-image-20301" />On a tout entendu sur le tournage de <em>The Smell of Us</em>, le dernier long-métrage de Larry Clark, celui qui filme l’adolescence comme personne aux Etats-Unis (<em>Kids</em>, <em>Ken Park</em>…). On a surtout retenu l’ambiance pesante qui vit partir ses protagonistes principaux, protagonistes qui se sont longuement répandus depuis dans les médias sur cette expérience houleuse et douloureuse. Mais s’agit-il de la seule vérité ? Le jeune comédien professionnel (un des seuls sur le plateau) Adrien Binh Doan raconte son expérience à lui, qui est tout autre…</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Connaissiez-vous le travail de Larry Clark ?</strong></p>
<p>Oui, j’avais notamment vu <em>Ken Park</em> qui m’avait beaucoup marqué et avant le tournage, je me suis replongé dans certains de ses films comme <em>Kids</em> ou <em>Marfa Girl</em>.</p>
<p><strong>Comment êtes-vous arrivé sur <em>The Smell of Us</em> ?</strong></p>
<p>Dans un studio d’acteurs, l&#8217;Actors Factory, j’ai rencontré Anaïs Beluze, qui était l’assistante de Fabienne Bichet, la directrice de casting sur ce film. A la base, Larry Clark recherchait quelqu’un pour jouer le rôle d’un étranger, un jeune Roumain de 15 ans. Mais j’ai quand même fait l’audition et ça a bien marché. Comme ce n’était que pour une seule scène au départ, je n’avais pas tellement d’appréhension. C’est après seulement que j’ai appris que mon rôle allait être étoffé. Et finalement, j’ai tourné une semaine. <span id="more-20297"></span></p>
<p><strong>Comment a eu lieu votre première rencontre avec Larry Clark ?</strong></p>
<p>C’était lors du call-back <em>[la première rencontre entre les acteurs choisis et le cinéaste, ndlr]</em> qui s’est déroulé dans un appartement qu’il louait à Paris. J’ignorais que j’allais jouer ma scène avec lui. Et quand je l’ai terminée, il m’a dit tout simplement <em>« Bienvenue »</em>. Je ne l’ai revu ensuite qu’au moment du tournage. C’était assez drôle. Je me souviens que l’on me demandait quelles étaient mes restrictions pour les scènes de nu hypothétiques et Larry arrive en souriant et me dit, en me montrant une comédienne : <em>« You are going to fuck her. »</em> J’allais donc tourner une scène de sexe simulé qui n’était pas du tout prévue, scène qui a d’ailleurs été coupée au montage. Ce jour-là, j’ai tourné une scène dénudée, celle que l’on voit dans le film, avec la cliente âgée <em>[Niseema Theillaud, mère de l'actrice Marion Cotillard, ndlr]</em>, et une scène de sexe avec cette autre comédienne qui était une scène plutôt burlesque, malgré la situation. Ensuite, ils m’ont à nouveau rappelé, la veille pour le lendemain. Larry aime rajouter des scènes au scénario initial, faire évoluer les personnages… C’était un tournage rapide. On commençait parfois certaines scènes en partant du scénario <em>[qui sera bientôt édité dans un livre avec des photos de tournage, ndlr]</em>, mais ça arrivait souvent qu’elles se terminent en improvisation. </p>
<p><strong>Plusieurs comédiens ont arrêté le tournage en plein milieu, des techniciens se sont plaints, on dit que Larry Clark n’était pas dans son état normal, qu’il manipulait ses comédiens. Comment avez-vous vécu cette expérience ?</strong></p>
<p>Plutôt bien ! Mais je ne suis arrivé qu’après que les acteurs principaux sont partis. Je n’ai appris que lors de mon premier jour de tournage toutes les tensions qui avaient eu lieu, notamment avec Lucas Ionesco <em>[l’acteur principal qui n’est jamais revenu sur le tournage suite à une scène où il se fait goulûment lécher les pieds par Larry Clark pendant deux heures, ndlr]</em>. J’entendais dire que Larry Clark était un pervers, que le film n’allait pas se terminer. Je me suis alors posé des questions, même si j’étais content de pouvoir tourner avec lui. Pour moi, c’était une opportunité, un véritable cadeau dont je ne pouvais pas ne pas profiter ! Il ne m’a pas semblé avoir affaire à un réalisateur fou, mais à un artiste qui vit son tournage à fond. Il pensait réaliser son meilleur film, il disait être encore en vie pour pouvoir tourner ce film… Il n’a pas été manipulateur avec moi. C’était juste quelqu’un d’imprévisible. </p>
<p><strong>Comment avez-vous abordé les scènes dénudées ?</strong></p>
<p>Sur le moment, on se dit qu’on fait un peu la pute, avec une chaussette sur le sexe. Je ne savais pas du tout comment faire, mais je me suis lancé. Pour ma scène avec Niseema Theillaud, c’est elle qui avait décidé de se mettre nue. C’est une fan de Larry Clark et elle avait une énergie positive sur le plateau. C’est une belle scène au final. Ce qui était angoissant par contre, c’était l’ambiance un peu lourde qui régnait sur le tournage. </p>
<p><strong>A cause des tensions qui avaient eu lieu avant votre arrivée ?</strong></p>
<p>Oui. Une partie de l’équipe technique, qui était proche des comédiens, en voulait à Larry, disait que c’était grave ce qu’il avait fait. Mais ces personnes sont restées professionnelles jusqu’au bout. Tout le monde semblait sous pression. Moi, je me suis fait ma carapace, je ne voulais pas rentrer dans les détails, il me fallait faire confiance à Larry pour que ça puisse fonctionner. </p>
<p><strong>Le film a mis longtemps à sortir…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/02/the-smell-of-us-larry-clark.jpg" alt="The Smell of Us, de Larry Clark" title="The Smell of Us, de Larry Clark" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-20302" />Oui, le tournage a eu lieu durant l&#8217;été 2013. Il y avait beaucoup de rushs et Larry avait fait monter une première version qu’il a entièrement retravaillée ensuite. Et c’était difficile de trouver un distributeur. </p>
<p><strong>Qu’avez-vous pensé en voyant <em>The Smell of Us</em> pour la première fois ?</strong></p>
<p>C’était assez déstabilisant. J’étais gêné. D’un côté, je trouvais qu’il y avait plein de bonnes idées, comme les scènes filmées par ce personnage qui a toujours une caméra à la main comme une arme de défense et qui sert de témoin muet de tout ce qui se passe. Mais de l’autre côté, il y a aussi des scènes assez dégueulasses et trop longues. En le revoyant une seconde fois, j’ai compris où Larry voulait en venir : il avait retranscrit en un seul et même film toutes les manières de décrire un certain type de jeunesse d’aujourd’hui : la sexualité sans intimité, la prostitution, la drogue, l’inceste… Il voulait que ce film aille loin dans la transgression et provoque tout le monde : à la fois les comédiens, les techniciens et les spectateurs. Ce ressenti trouble et gênant est partagé par tous. Au final, c’est une réflexion trash sur une jeunesse désabusée et avec une déviance qui est partout : à tous les âges et tous les milieux sociaux. Ce film était un risque aussi pour Larry Clark en engageant des jeunes acteurs débutants qui étaient sans doute dans une autre attente que lui, dans une ville dont il ne parlait pas la langue. Il voulait que l’on vive nos personnages, qu’on soit dans la vérité. Et tous les comédiens adultes dans le film ont trouvé que c’était une très bonne expérience. </p>
<p><strong>Vous semblez défendre Larry Clark, finalement…</strong></p>
<p>Je trouve qu’on n’a pas assez entendu son point de vue. C’est peut-être son dernier film et il l’a vécu dans ce sens. Dans la version longue, on le voit filmé par les comédiens et il raconte sa vision de la vie. Je crois que c’est son film le plus personnel, dans lequel il a insufflé de la poésie dans le glauque. </p>
<p><strong>Professionnellement, que vous a apporté ce film ?</strong></p>
<p>De l’expérience pour un autre tournage d’un long qui va sortir cette année, <em>419</em> d’Eric Bartonio, des contacts pour des projets photographiques… Je suis dans une création théâtrale pour le printemps, <em>Les Cynophiles</em>. Je sens que 2015 va être une excellente année.</p>
<p>&nbsp;<br />
Adrien Binh Doan donne également des conseils pour les jeunes comédiens et relate ses expériences sur son blog : <a href="http://www.etreacteur.fr" target="_blank" rel="nofollow">www.etreacteur.fr</a><br />
The Smell of Us<em> de et avec Larry Clark, avec aussi Lucas Ionesco, Diane Rouxel, Théo Cholbi, Adrien Binh Doan, Niseema Theillaud&#8230; France, 2013. Sortie le 14 janvier 2015.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/ss0ul3" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Quel film, le Grand Tournoi : films &amp; polémiques</title>
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		<pubDate>Sun, 18 May 2014 20:51:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quel film ?]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[polémique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les six films ci-dessous ont été sélectionnés au Festival de Cannes. D'une manière ou d'une autre, ils ont tous fait scandale ou suscité une polémique. Savez-vous de quels films il s'agit ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les six films ci-dessous ont été sélectionnés au Festival de Cannes. D&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, ils ont tous fait scandale ou suscité une polémique. Savez-vous de quels films il s&#8217;agit ? Postez vos réponses en commentaire, le premier qui a tout bon gagne un cadeau !</p>
<p><center><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/1-quel-film.png" alt="Quel film - 1 ?" width="49" height="50" /></center><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/13.jpg" alt="1" width="605" height="338" class="aligncenter size-full wp-image-17745" /></p>
<p><center><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/2-quel-film.png" alt="Quel film - 2 ?" width="49" height="50" /></center><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/23.jpg" alt="2" width="605" height="360" class="aligncenter size-full wp-image-17746" /></p>
<p><center><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/3-quel-film.png" alt="Quel film - 3 ?" width="49" height="50" /></center><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/33.jpg" alt="3" width="605" height="256" class="aligncenter size-full wp-image-17747" /></p>
<p><center><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/4-quel-film.png" alt="Quel film - 4 ?" width="49" height="50" /></center><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/43.jpg" alt="4" width="605" height="344" class="aligncenter size-full wp-image-17748" /></p>
<p><center><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/5-quel-film.png" alt="Quel film - 5 ?" width="49" height="50" /></center><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/53.jpg" alt="5" width="605" height="223" class="aligncenter size-full wp-image-17749" /></p>
<p><center><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/6-quel-film.png" alt="Quel film - 6 ?" width="49" height="50" /></center><br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/63.jpg" alt="6" width="605" height="270" class="aligncenter size-full wp-image-17750" /></p>
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		<title>L&#8217;Inconnu du lac, de Alain Guiraudie</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 07:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bande à Part</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
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		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[polémique]]></category>
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		<description><![CDATA[A presque 50 ans et plusieurs films derrière lui (notamment <em>Pas de repos pour les braves</em> (2003) et <em>Le Roi de l'évasion</em> (2009) présentés à la Quinzaine de réalisateurs), Alain Guiraudie reconnaît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/l-inconnu-du-lac-guiraudie1.jpg" alt="l-inconnu-du-lac-guiraudie" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-12847" />A presque 50 ans et plusieurs films derrière lui (notamment <em>Pas de repos pour les braves</em> (2003) et <em>Le Roi de l&#8217;évasion</em> (2009) présentés à la Quinzaine de réalisateurs), Alain Guiraudie reconnaît lui-même « passer aux choses sérieuses », considérant avoir suffisamment « tourné autour du pot » de l&#8217;une de ses obsessions narratives égrenées de film en film : qu&#8217;est-ce que l&#8217;amour entre hommes ? Pour la première fois en sélection officielle (au <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/un-certain-regard/" title="La sélection Un Certain Regard du 66e Festival de Cannes">Certain Regard</a>), son dernier film <em>L&#8217;Inconnu du lac</em> aura été remarqué pour sa beauté formelle et son sujet si bien documenté, confirmant au passage l&#8217;adage qu&#8217;un cinéaste est d&#8217;autant plus captivant qu&#8217;il traite de choses qu&#8217;il connaît bien. Le film se concentre sur l&#8217;été de Franck (Pierre Deladonchamps) et Michel (Christophe Paou) qui se retrouvent quotidiennement autour d&#8217;un lieu de drague unique pour « pédés », un lac étincelant et sauvage dans la région aveyronnaise et originelle de Guiraudie. Le temps du film, le spectateur est ainsi convié à ne plus échapper à ces extérieurs naturels circonscrits, comme la scène d&#8217;un huis clos paradoxalement aéré, hautement symbolique (ici tout est nature, semble dire Guiraudie) où se baladent régulièrement des naturistes masculins en chasse pour des parties plus élaborées derrière, dans le sous-bois. <span id="more-12381"></span></p>
<p>Avec raffinement esthétique (et courage puisqu&#8217;il fait lui-même le figurant), Guiraudie expose ces mâles isolés sur la plage qui s&#8217;examinent en chiens de faïence avant d&#8217;éventuelles rencontres. Les grands, les petits, les gros, les maigres, les beaux et moches, « tout, tout, tout vous saurez tout&#8230; », un almanach souvent drôle, assez pathétique aussi, où sont logés à même enseigne ces hommes nus traqués par leurs désirs impérieux de sexe. </p>
<p>Et d&#8217;emblée Guiraudie suit Franck, telle fellation ici, telle éjaculation là, quitte à perdre l&#8217;agrément « tout public » du CNC au détour de plans porno : plus de trente ans après <em>L&#8217;Année des treize lunes</em> ou <em>Querelle</em> de Rainer Fassbinder, il s&#8217;agit d&#8217;aller de l&#8217;avant. Pas question de renâcler à filmer la réalité et les spécificités de cette micro-société. Les choses sérieuses ont lieu à l&#8217;écart dans les fourrés à même le gravier, ça fait mal, ça fait du bien, ça bande dur. Guiraudie multiplie et réitère tous les modèles possibles de l&#8217;enchevêtrement de ces corps d&#8217;hommes avant qu&#8217;ils ne se détachent et s&#8217;abandonnent, sans même s&#8217;être échangés leurs prénoms. Ici, point question d&#8217;amour, c&#8217;est la règle. Et pourtant&#8230; Guiraudie implique un dilemme amoureux de manière particulièrement judicieuse, donnant à son film les lettres de noblesse d&#8217;une sorte de « thriller existentiel » : Franck est réellement épris de Michel mais non seulement il a fait fi de toute morale (impossible à justifier sans déflorer le film) en s&#8217;abandonnant à lui, mais plus encore, Franck est témoin du véritable danger mortel qu&#8217;il encourt avec Michel&#8230; Ainsi de manière assez étonnante car peut-être à contrepied de ses intentions initiales, Guiraudie fait de Franck et Michel des personnages qui ne se démarquent pas de l&#8217;imagerie négative du « héros gay » communément admise au cinéma, des figures qui, malgré leurs apparentes décomplexions, sont toutes deux les principales victimes de leurs états. (Olivier Bombarda)</p>
<p>&nbsp;<br />
L&#8217;Inconnu du Lac <em>d&#8217;Alain Guiraudie avec Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick D&#8217;Assumçao, Jérôme Chappatte, Mathieu Vervisch, Gilbert Traina&#8230; France, 2013. Prix de la Mise en scène de la sélection Un Certain Regard du 66e Festival de Cannes. Sortie le 12 juin 2013.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez le <a href="https://itunes.apple.com/fr/app/bande-part-magazine-cinema/id600958861?mt=8&amp;ign-mpt=uo%3D2" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">numéro 4 du magazine Bande à Part</a> pour tablettes et iPad</strong></p>
<p><strong>&raquo; Découvrez notre <a href="/categorie/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/x03mms/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		</item>
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		<title>Sleeping Beauty interdit aux moins de 16 ans ?</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/recadrages/sleeping-beauty-leigh-interdiction-censure/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 09:45:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[polémique]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Sleeping Beauty</em>, le film de Julia Leigh présenté en compétition à Cannes en 2011 et dont la sortie est prévue le 16 novembre, pourrait faire l'objet d'une interdiction pour les moins de 16 ans. Censure ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>De la déculturation cinématographique comme politique intérieure de la Commission de classification des films&#8230;</h4>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/sleeping-beauty-censure.jpg" alt="Sleeping Beauty censuré" title="Sleeping Beauty censuré" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-4485" /><em>Sleeping Beauty</em>, le film de l&#8217;Australienne Julia Leigh présenté en compétition dans le cadre du <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/festival-cannes-2011/">Festival de Cannes 2011</a> et dont la sortie en France est prévue pour le 16 novembre prochain, pourrait faire l&#8217;objet d&#8217;une interdiction pour les moins de 16 ans. C&#8217;est en tout cas ce que préconiserait la Commission de classification des films. Alors, depuis trois jours, c&#8217;est le branle-bas de combat dans les services cinéma des rédactions web. Dans le contexte <em>Charlie Hebdo-Romeo Castellucci</em>, faut pas jouer avec la liberté d&#8217;expression. </p>
<p><em>Sleeping Beauty</em>, c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une jeune étudiante qui a besoin d&#8217;argent. Elle enchaîne les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de &#8220;beautés endormies&#8221; destinées à satisfaire les désirs et les plaisirs d&#8217;hommes âgés aux situations bien établies. Elle s&#8217;endort. Elle se réveille. Et c&#8217;est comme si rien ne s&#8217;était passé. <span id="more-4445"></span></p>
<p>La Commission de classification des films est chargée de visionner en amont tout film, français ou étranger, de court ou de long métrage, ainsi que toute bande-annonce, en vue d&#8217;une projection publique et d&#8217;émettre un avis auprès du ministre de la Culture sur une éventuelle restriction. Et &#8220;en raison de la peinture de personnages à la dérive dans des situations difficilement compréhensibles par un public jeune et susceptible de heurter ce dernier&#8221;, ladite Commission a donc recommandé pour <em>Sleeping Beauty</em> un &#8220;visa comportant interdiction de représentation aux moins de seize ans&#8221;. Selon elle, l&#8217;œuvre constituerait une &#8220;incitation à la prostitution&#8221; dans un climat &#8220;malsain et pervers&#8221;. Une plaisanterie !? Malheureusement non. Il est vrai que <em>Sleeping Beauty</em> déroule un univers singulier et certaines séquences pourraient paraître délicates, dérangeantes. Mais de là à parler de &#8220;choc&#8221; ! La prostitution y est abordée avec un sens critique évident. L&#8217;angle adopté est froid et distant. Julia Leigh accuse. L&#8217;acte sexuel est toujours implicite. Une façon pour la réalisatrice de mettre le spectateur à la place de son héroïne. Comme elle, on se réveille le lendemain, sans souvenirs. Et le film de nous interpeller davantage sur la condition de cette jeune fille, sur ce qui la pousse à prêter et sacrifier son corps pour gagner sa vie. On est loin de la bêtise et de la complaisance servies en permanence au cinéma comme à la télévision, et ce sans que cela ne motive la moindre réaction des autorités compétentes. Et on est bien sûr encore bien plus loin d&#8217;un <em>Caligula</em> (Tinto Brass, 1980) ou d&#8217;un <em>Romance</em> (Catherine Breillat, 1998) dans lesquels le caractère pornographique était évident. </p>
<p>La réalisatrice Julia Leigh se défend en rappelant que son film <em>&#8220;se réfère au conte du même nom, mais aussi aux œuvres de Yasunari Kawabata et Gabriel Garcia Marquez, qui ont tous deux reçus le prix Nobel de littérature, et qui ont abordé cette thématique des hommes âgés dormant avec des filles bien plus jeunes. Et même dans la Bible, le roi David cherche à passer la nuit aux côtés de jeunes vierges endormies.&#8221;</em></p>
<p>Quant à la distributrice Michèle Halberstadt (ARP Sélection), elle a aussitôt décidé de faire appel de cette décision, espérant que le ministre de la Culture saura se montrer clairvoyant ou demandera à la Commission de revoir son jugement. <em>&#8220;Le film est passé à Cannes à 19h30, ce qui prouve qu&#8217;il n&#8217;y avait aucune ambiguïté dans la tête des sélectionneurs, sinon ils l&#8217;auraient mis à 22h30&#8243;</em>, argue-t-elle. Bon, là, Michèle, pas sûr que vous ayez choisi la meilleure défense. Les projections du Festival de Cannes n&#8217;étant destinées qu&#8217;aux professionnels du cinéma, tous adultes avertis et consentants, les programmateurs n&#8217;ont pas à se soucier de la qualité de son auditoire. Le risque de traumatisme est évidemment peu probable. Une projection à 19h30 ne fait donc pas forcément de <em>Sleeping Beauty</em> un film &#8220;grand public&#8221;. Mettons ça sur le coup de la déception et de la crainte de voir le film &#8220;tué&#8221; avant même sa sortie. Mais là encore, force est de reconnaître que la Commission de classification des films n&#8217;est pas un distributeur et son rôle n&#8217;est pas de s&#8217;assurer du succès d&#8217;une œuvre. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/eyes-wide-shut.jpg" alt="Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick" title="Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick" width="259" height="270" class="alignright size-full wp-image-4450" />Pour autant, sa position (qui n&#8217;est, rappelons-le, que consultative, la décision finale revenant au ministre de la Culture) reste injustifiée et surtout totalement incohérente. Si <em>Sleeping Beauty</em> doit être interdit aux moins de 16 ans, pourquoi <em>Eyes Wide Shut</em> (1998) a-t-il été classifié &#8220;tous publics&#8221; ? L&#8217;érotisme y était pourtant bien plus explicite. C&#8217;était en 1998, me direz-vous. Les temps changent… mouais. Ok. Alors plus récemment, en 2009, <em>A l&#8217;aventure</em> de Jean-Claude Brisseau. Le réalisateur nous gratifiait d&#8217;une prétendue exploration mystique, prétexte affligeant à une mise en scène ennuyeuse et vulgaire. Se vautrant dans un érotisme à l&#8217;esthétique douteuse, le cinéaste y figurait des femmes soumises, offrant leur chair aux hommes et à leurs fantasmes. La sentence de la Commission fut sans appel : interdit aux moins de… 12 ans !! </p>
<p>Autre genre, autre violence : 2007, <em>Le Dernier Roi d&#8217;Ecosse</em> de Kevin Macdonald. Mais toujours la même question : le film comporte-t-il des images, des scènes susceptibles de choquer la sensibilité des plus jeunes ? Là encore, le film s&#8217;est vu estampillé d&#8217;une interdiction pour les seuls moins de 12 ans. On y voit pourtant clairement une femme démembrée avec ses jambes placées au niveau de ses bras et vice versa. On y voit un homme se faire pendre au bout de deux crochets plantés dans la poitrine. Non ? Toujours pas convaincu ? Ok, alors plus récemment encore. <em>The Murderer</em> du Sud-Coréen Na Hong-jin n&#8217;a lui aussi été interdit qu&#8217;aux moins de 12 ans &#8220;avec avertissement&#8221;. La violence y est permanente, brutale, exacerbée, frénétique. On y broie à mains nues, on y frappe à coups de batte, on y tranche à coups de machette. Et ce pendant plus de deux heures. Et tiens, on pourrait aussi évoquer <em>Piranha 3D</em> (2010) d&#8217;Alexandre Aja, également interdit aux moins de 12 ans. J&#8217;entends déjà les &#8220;Ah oui mais là c&#8217;est pas pareil&#8221;. Et je serai d&#8217;accord. On est dans le deuxième… troisième degré. On est dans le potache, les effusions de sang grand-guignolesques. Pourtant, un gamin de 13 ans un peu plus fragile que les autres ne pourrait-il pas se retrouver privé à vie de douces baignades estivales ? Ou alors, si on reconnaît que ce même gamin de 13 ans dispose du recul suffisant pour &#8220;identifier&#8221; cette violence, pourquoi douter de ses capacités à décrypter ou simplement s&#8217;interroger sur la prostitution telle qu&#8217;elle est abordée dans <em>Sleeping Beauty</em> ? A moins que le déluge d&#8217;hémoglobine ne soit devenu tellement trivial que notre société le juge moins embarrassant que la prostitution ? Triste constat.</br></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/richard-gere-julia-roberts-pretty-woman.jpg" alt="Richard Gere et Julia Roberts dans Pretty Woman" title="Richard Gere et Julia Roberts dans Pretty Woman" width="178" height="250" class="alignleft size-full wp-image-4456" />Finissons sur cette petite pique gentiment cynique lancée par la réalisatrice pour qui &#8220;le vrai film à interdire, c&#8217;était <em>Pretty Woman</em>&#8220;. Vous savez, l&#8217;histoire de cette jeune arpenteuse du bitume qui rencontre un homme d&#8217;affaires plein aux as, lui procure ses services, et finit par faire du shopping sur Rodeo Drive à Beverly Hills avant de l&#8217;épouser. Une belle morale bien détournée par les artifices de la comédie. Il n&#8217;en reste pas moins que <em>&#8220;(…) voir cette fille se prostituer, et gagner à la fin et le mec et l&#8217;argent, était bien plus incitatif à la prostitution !&#8221;</em>, ironise Julia Leigh. <em>&#8220;Dans Sleeping Beauty, l&#8217;héroïne hurle d&#8217;effroi en comprenant que, même s&#8217;il n&#8217;y a pas pénétration, offrir son corps endormi n&#8217;est pas anodin&#8230;&#8221;</em> Alors franchement, soyons sérieux ! Mesdames et messieurs de la Commission de classification des films, d&#8217;accord pour un moins de 12 ans &#8211; même Michèle Halberstadt est d&#8217;accord ! -, mais moins de 16 ans, tellement non !<br />
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