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	<title>Grand Écart &#187; littérature</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Henri Lœvenbruck</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2024 16:39:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[On a profité de la présence d'Henri Lœvenbruck au Festival du film fantastique de Gérardmer 2024 pour lui poser quelques questions et parler adaptations de romans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/01/henri-loevenbruck-gerardmer-2024-ok-228x300.jpg" alt="Henri Loevenbruck" width="228" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27866" /><strong>On a profité de la présence d&#8217;Henri Lœvenbruck au Festival du film fantastique de Gérardmer 2024 pour lui poser quelques questions et parler adaptations de romans.</strong></p>
<p><strong>Quelques mots sur votre présence au 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer ? </strong></p>
<p>Je me réjouis de retrouver les lecteurs au Grimoire, et si je le peux, de prendre un peu de temps pour voir quelques films. Je suis impatient de voir <em>Girls</em>, le court-métrage de Julien Hosmalin, un réalisateur pour lequel j’ai une affection particulière. Je suis aussi très heureux que La Ligue de l’Imaginaire, le collectif d’auteurs que j’ai créé il y a 15 ans, soit très bien représenté avec Bernard Minier, Bernard Werber, Alexis Laipsker et Mathias Malzieu. Notre collectif a des liens étroits avec le Festival depuis longtemps. Et puis, j’ai été très touché par la proposition d’Anthony Humbertclaude de monter une exposition autour de l’adaptation BD de <em>La Moïra</em> (Glénat), à la Maison de la Culture et des Loisirs. C’est la série qui m’a fait connaître, il y a vingt ans. Et que j’étais d’ailleurs venu dédicacer ici !</p>
<p><strong>Le thème qui traverse le festival est &#8220;de l’écrit à l’écran&#8221;, qu’est-ce que cela vous inspire ?</strong></p>
<p>Les liens entre écriture et cinéma sont évidemment essentiels et me tiennent à cœur. J’ai souvent œuvré pour créer des ponts en France entre ces deux médias, notamment au sein de la Ligue de l’Imaginaire, ce collectif de romanciers dans lequel le réalisateur Sébastien Drouin (<em>Cold Meat</em>) nous a rejoints, et avec lequel nous avons souvent organisé des rencontres avec des réalisateurs tels que Jan Kounen, Cédric Klapisch ou Jean-Pierre Jeunet. On peut mettre le plus grand metteur en scène du monde derrière la caméra, s’il n’a pas un scénario solide, le film a peu de chance de réussir. Beaucoup d’écrivains, dont je fais partie, voient leurs œuvres adaptées pour le grand ou le petit écran, c’est aussi le cas de Bernard Werber, Bernard Minier et Alexis Laipsker, trois de mes camarades de la Ligue, qui sont présents au festival. C’est émouvant, cette transposition vers un autre média. De voir quelqu’un s’emparer de votre bébé pour lui donner vie, le faire grandir&#8230;</p>
<p><strong>Une transposition qui peut s’avérer difficile ? </strong></p>
<p>Le travail d’adaptation est passionnant, parfois frustrant, bien sûr, car le format audiovisuel ne laisse pas autant d’espace que les longues pages d’un roman, mais tout l’intérêt est là : savoir tirer d’une œuvre sa substantifique moelle pour que son esprit transparaisse à l’écran, mais aussi pour que l’adaptation apporte quelque chose au livre, sinon, à quoi bon ? <span id="more-27864"></span></p>
<p><strong>Quand est-ce que ça marche ?</strong></p>
<p>Quand le réalisateur et le scénariste comprennent l’âme du roman, et lui apportent l’univers visuel qui va le mieux servir celle-ci. Étrangement, l’auteur du livre n’est pas toujours la personne la mieux placée pour l’adapter en film, car il y a souvent des sacrifices à faire dans l’intrigue qui, pour l’auteur, sont un arrache-cœur, mais qui vont pourtant dans l’intérêt du langage filmé. Parfois, il faut même « trahir » le texte, comme l’a fait Ridley Scott avec <em>Blade Runner</em> : le film est très éloigné de la nouvelle dont il s’inspire, et pourtant, il a su capturer l’esprit de l’auteur, en vérité, l’esprit de l’œuvre de Philip K. Dick tout entière.</p>
<p><strong>La dernière adaptation qui vous a bluffé ?</strong></p>
<p>Il y a de grands exemples d’adaptations littéraires fort réussies au cinéma, comme <em>Stand By Me</em>, adapté par Rob Reiner à partir de la nouvelle <em>Le Corps</em>, de Stephen King, qui est au moins aussi bon sur l’écran que sur le papier. J’ai été bluffé par l’adaptation que Peter Jackson a faite du <em>Seigneur des anneaux</em>, qui était pourtant un défi de taille : tout le monde l’attendait au tournant. Et j’ai un petit faible pour <em>Incendies</em>, adaptation virtuose par Denis Villeneuve de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. À vrai dire, c’est même pour moi le meilleur film de Villeneuve.</p>
<p><strong>Un livre de genre que vous aimeriez voir porté à l’écran ?</strong></p>
<p>Les fans de Lovecraft comme moi attendent toujours une adaptation réussie de l’une de ses plus grandes nouvelles. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent, il faut l’admettre, n’est pas extraordinaire… Le fait que Guillermo Del Toro ait dû abandonner (jusqu’à nouvel ordre) son adaptation des <em>Montagnes hallucinées</em>, a été pour moi une grande déception, car je pensais que nous allions enfin avoir un film qui rende correctement hommage à Lovecraft… Cela reste à accomplir, pour essuyer l’affront du catastrophique <em>Lovecraft Country</em> !</p>
<p><strong>Les Vosges, une terre inspirante en matière de fantastique ? Pourquoi ?</strong></p>
<p>À cause de la Mirabelle, bien sûr ! Peut-être aussi de ces grandes forêts et des brumes qui enveloppent le lac de Gérardmer, à l’aube…</p>
<p><strong>Quelles sont vos relations avec le Festival ?</strong></p>
<p>Anciennes, fidèles et amicales. J’ai dû venir à une bonne vingtaine d’éditions du festival, depuis sa création &#8211; je me demande si je n’ai pas le record… -, et j’entretiens avec Gérardmer des liens particuliers, puisque j’y ai moi-même organisé le festival des Motordays pendant huit ans… Gérardmer, c’est un peu ma deuxième famille, et j’y compte des amis très chers, dont le parrain de mon deuxième fils, l’inénarrable Yves Ragazzoli.</p>
<p><strong>Votre dernier frisson de cinéphile ?</strong></p>
<p>À vrai dire, c’est plutôt un frisson de téléphile. Je suis en train de regarder la série <em>Slow Horses</em>, et je me régale de bout en bout.</p>
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		<title>Trois classiques adaptés au cinéma</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2015 13:49:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[James Joyce, William Shakespeare, Arthur Conan Doyle. John Huston, Renato Castellani et Irwin Allen. Le premier est un chef-d’œuvre du cinéma, le deuxième un classique et le troisième l’hommage au...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>James Joyce, William Shakespeare, Arthur Conan Doyle. John Huston, Renato Castellani et Irwin Allen. Le premier est un chef-d’œuvre du cinéma, le deuxième un classique et le troisième l’hommage au cinéma de quartier. Retour sur trois classiques littéraires adaptés par des maîtres du septième art.</strong><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Gens de Dublin</em> réalisé par John Huston avec Angelica Huston, Donal McCann, Bairbre Dowling ….</strong></p>
<p>Dublin hiver 1904. Les vieilles demoiselles Morhan organisent comme chaque année une soirée de réveillon, où les esprits les plus brillants et fortunés de la ville se pressent pour profiter de l’ambiance joyeuse. Parmi les convives, Gabriel Conroy (Donal McCann), le neveu favori des hôtes fait une entrée remarquée en compagnie de sa magnifique femme Gretta (Angelica Huston). Mais l’insouciance du moment est bientôt troublée par la mélancolie profonde de Gretta, dont le fantôme d’une douloureuse passion est réveillé par les récits et les chants de la fête.<br />
<em>Gens de Dublin</em> est tiré de la nouvelle <em>The Dead</em> issue du recueil <em>Gens de Dublin</em> du grand, très grand James Joyce. Cet ouvrage fait figure de référence quant à la description et l’analyse sociogéographique d’une ville au début du XXe siècle. <em>Gens de Dublin</em> est le dernier film du cinéaste John Huston. Souffrant, Huston dirigea depuis son lit, raconte la légende.<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/gens-de-dublin.jpg" alt="Gens de Dublin, de John Huston" width="243" height="162" class="alignleft size-full wp-image-20527" />Ce chef-d’œuvre, car il s’agit d’un « vrai » chef-d’œuvre, s’est inscrit au panthéon du septième art pour sa fin. Un épilogue d’une beauté absolue qui transperce le cœur.<br />
Nous voilà embarqués au cœur d’une petite maison bourgeoise. Le cocher dépose les invités. Les ombres géantes caressent les murs et passent la porte. Tombe la neige. Les conversations polies hantent le couloir. Au 1er étage, résonne la voix de la maîtresse de maison soutenue par quelques notes de piano. Entre deux chants, le parquet supporte les danses de salon. Dans la salle à manger, la carcasse de l’oie rôtie trône sur la table. Les conversations s’animent et les souvenirs surgissent. Le pudding flambé renouvelle les amitiés. L’heure du départ approche. Et la fin, sublime. <span id="more-20523"></span><br />
<em>Gens de Dublin</em>, plus qu’aucun autre film, est le siège de la simplicité et de la complexité. Vous ne trouverez jamais d’autres conversations aussi banales et aussi profondes. Les mots du quotidien chargés de convenance racontent les histoires de chacun sans jamais rien dévoiler de l’intime. Jusqu’à l’épilogue.<br />
Vous qui ne connaissez pas <em>Gens de Dublin</em>, chanceux que vous êtes ! Vous goûterez 1h19 de pureté cinématographique. John Huston possède ce génie des grands d’inventer chaque scène comme unique, dépendante de la précédente et qui appelle la suivante. Les acteurs et les actrices rivalisent de justesse.<br />
Absolument recommandé.<br />
<em>Disponible en DVD dans la Collection des Maîtres « Cinemas Master Class ».</em><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Roméo et Juliette</em> réalisé par Renato Castellani avec Laurence Harvey, Susan Shentall, John Gielgud et Flora Robson…</strong><br />
Vérone. Lors d’un bal masqué, les jeunes Roméo et Juliette tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, au mépris de la haine que se vouent leurs familles, les Capulet et les Montaigu. Le père de Juliette, afin de s’opposer à cette idée, organise l’union de sa fille avec le Comte de Paris. Dans le même temps, Roméo tue un Capulet, Tybald, pour venger Mercutio, son meilleur ami lors d’un duel. Alors que les noces de sa bien-aimée sont arrangées en toute hâte, il est poussé à l’exil, loin de Vérone.<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/romeo-and-juliet.jpg" alt="Romeo and Juliet, de Renato Castellani" width="247" height="190" class="alignright size-full wp-image-20528" />D’après les fans de Shakespeare, les vrais de vrai, les mêmes qui suivent Motorhead en tournée, ce <em>Roméo et Juliette</em> réalisé par Renato Castellani n’est pas la meilleure adaptation mais l’une des plus respectueuses. Je me garderais bien de vous pointer le film parfait, je n’en sais fichtre rien.<br />
L’image restaurée vous transporte 500 ans en arrière à l’époque où les demoiselles et les damoiseaux s’amourachaient d’une œillade coquine couverts d’oripeaux feutrés à la mode de chez eux. Ce <em>Roméo et Juliette</em>-là n’est pas très rock and roll ! Il reprend l’intrigue sans jamais trahir l’esprit de la pièce, évite les digressions et se contente d’assurer au récit que les grands thèmes étudiés à l’école soient présents. Le film rassurera l’institution scolaire mais pas sûre qu’il suscite l’engouement de la nouvelle génération. Du moment que les salauds soient salauds, les amoureux amoureux et la tragédie tragique…<br />
Un classique très plaisant à découvrir ou à redécouvrir.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray dans la Collection des Maîtres « Cinemas Master Class ».</em><br />
&nbsp;<br />
<strong><em>Le Monde perdu</em> réalisé par Irwin Allen avec Michael Rennie, Jil Saint-John, Claude Rains, Fernando Lamas…</strong><br />
Le professeur Challenger organise une grande expédition. Accompagné d&#8217;une équipe de scientifiques, il part en pleine jungle amazonienne pour explorer une plaine sur laquelle vivent encore des dinosaures.<br />
Producteur et réalisateur, grand spécialiste du film d’aventures (<em>Cinq semaines en ballon</em>, <em>Voyage au fond des mers</em>, <em>Perdus dans l’espace</em>…), Irwin Allen est comme un poisson dans l’eau dans l’univers d’Arthur Conan Doyle. Le charme du film, un brin compassé (soyons honnêtes !), réside dans les expressions guindées et la prestance des interprètes toujours disposés à lever le sourcil dans un souci de coquetterie et de complicité. Jil Saint-John incarne l’aventurière de service qui désire s’incruster coûte que coûte dans l’équipe parce que les femmes, c’est comme ça, on le droit de chausser les bottes comme les hommes, c’est comme ça, pas la peine de le répéter deux fois. Un bon conseil, évitez de planter une amie féministe devant la télé, elle risque de défaillir ! Vous retrouverez cette méfiance machiste du héros dans <em>Voyage au centre de la Terre</em>. Sacrées bonnes femmes qui feraient mieux d’astiquer les fourneaux encrassés de gras !<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/03/le-monde-perdu.jpg" alt="Le Monde perdu, de Irwin Allen" width="250" height="192" class="alignleft size-full wp-image-20529" />L’aventure, c’est l’aventure. Les expéditions à l’ancienne valent pour leur longue préparation et le mystère qui toujours s’épaissit. Aujourd’hui, le moindre satellite vous calcule l’itinéraire le plus difficile en deux temps, trois mouvements. Les mondes perdus ne le restent jamais longtemps avant d’être envahis de touristes, putes, chercheurs d’or, toxicos, trafiquants si chers à Bernard de La Villardière.<br />
<em>Le Monde perdu</em> garde une belle intensité jusqu’aux premières découvertes. Ensuite, la tension se relâche, les nerfs lâchent, chacun y va de son couplet sur les intérêts à s’accaparer, ou pas, ce foutu nouveau monde. Dans le dernier tiers, on retrouve la magie qui hante les cités oubliées.<br />
Un chouette film d’aventures à l’ancienne, plein de carton pâte et de bric et de broc.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.</em></p>
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		<title>Violette, de Martin Provost</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Mar 2014 15:45:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[biopic]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Définitivement, Martin Provost semble avoir un penchant pour les destins de femmes injustement tombées dans l’oubli. On se souvient du lumineux Séraphine avec la charismatique Yolande Moreau. Un triomphe public...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/03/violette-affiche.jpg" alt="Violette, de Martin Provost" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16520" />Définitivement, Martin Provost semble avoir un penchant pour les destins de femmes injustement tombées dans l’oubli. On se souvient du lumineux Séraphine avec la charismatique Yolande Moreau. Un triomphe public et critique. A sa sortie en salles, l’opus biographique sur Violette Leduc (incarnée par la sublime Emmanuelle Devos), auteure de romans scandaleux, ne connaît pas le même sort. Certes, ce métrage est assez sage, classique dans sa forme. De la chronologie scrupuleusement respectée au découpage en chapitres, en passant par des intérieurs feutrés, tout en clair-obscur, ou le chatoiement naturel des scènes bucoliques. Tout est soigné, impeccable. Sous le regard aiguisé d’un réalisateur scrupuleux et de son directeur de la photographie Yves Cape, c’est toute une époque qui prend vie. Le Paris littéraire d’après-guerre renaît alors et avec lui, son cortège de personnages fantasques : Simone de Beauvoir (étonnante Sandrine Kiberlain), Maurice Sachs (Olivier Py), Jean Genet (génial Jacques Bonnaffé), Jacques Guérin (Olivier Gourmet, élégant). Alors, si ce n’est le subtil jeu des acteurs, Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain en tête, rien d’éblouissant. Oui, mais on se laisse délicieusement emporter par le récit, bercé par la voix off de l’interprète principale qui donne à entendre le verbe cru et impertinent de cette femme née un siècle trop tôt.<br />
Car Violette, c’est le portrait d’une écrivaine éraflée par la vie, au destin bouleversé par sa rencontre avec la grande Simone de Beauvoir. De 1942 à 1964, le long métrage s’attache à dépeindre cette existence chaotique et sulfureuse. On la cueille pendant la guerre où elle découvre sa rage pour l’écriture, poussée par Maurice Sachs (<em>« Allez vous foutre le cul au frais sous un pommier »</em> lui lance-t-il pour l’exhorter à écrire). <span id="more-16516"></span>On la quitte près de 2h20 plus tard à l’orée de son premier succès en librairie avec <em>La Bâtarde</em>. Entre les deux, une âme écorchée se débat. Une bâtarde, justement, reprochant violemment à sa mère de l’avoir mise au monde. Elle erre, de femmes en hommes &#8211; essentiellement homosexuels -, empêtrée dans des sentiments contradictoires et empêchée d’enfanter à son tour. Un avortement et bien des infortunes amoureuses plus tard, elle mettra des mots sur son désarroi. <em>« Je ne peux pas être une mère même pour rire »</em>, hurle-t-elle lorsque son ami Jean Genet lui fait endosser ce rôle dans une pantomime filmée par ses soins. Une figure maternelle oppressante, donc, mais aussi à l’origine de l’acte d’écrire. <em>« Ma mère ne m’a jamais prise par la main »</em> ouvre <em>L’Asphyxie</em>, son premier roman. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/03/violette-simone.jpg" alt="Violette, de Martin Provost" width="250" height="200" class="alignright size-full wp-image-16527" />Violette souffre également de son appartenance au <em>deuxième sexe</em> et ne s’y sent pas à son aise. Elle se trouve moche, à cause notamment d’un nez disgracieux. Or, pour elle, <em>« la laideur chez une femme, c’est un péché mortel »</em>. Pétrie de contradictions, elle s’enlise dans une existence mélancolique. Assoiffée d’amour, elle se débrouille toujours pour tomber amoureuse d’êtres qui ne peuvent l’aimer en retour. Elle nourrira d&#8217;ailleurs son <em>Affamée</em> de sa passion à sens unique pour Simone de Beauvoir. Ivre de solitude, elle s’y perd et s’y complaît à la fois. Elle avoue être <em>« un désert qui monologue »</em>. Qu’elle s’attable pour écrire dans sa chambre miteuse à Paris ou qu’elle arpente sans but la Provence, elle se trouvera pourtant dans ces instants d’isolement. Et c’est au détour de ces moments-là, que le biopic se révèle finalement le plus éloquent. En devenant l’aventure d’une écriture. Encouragée par l’éminente Simone, Violette va au bout d’elle-même. Malgré les galères (la pauvreté, le refus des éditeurs, l’indifférence du public…) et la violence de cette maïeutique, le métier d’écrivain apparaît comme salutaire. Source d’une grande force. On n’est jamais seul quand on écrit. L’écriture donne du sens à sa vie, au-delà de la reconnaissance, et fait oublier le désert affectif. Loin d’être un porte-étendard du féminisme (ce que le Castor souhaite), le combat de Violette est tout intime, égoïste. Et c’est malgré elle qu’elle servira la cause des femmes au moment de leur libération. Par son ton irrévérencieux et les sujets qu’elle aborde sans pudeur dans ses livres, qu’il s’agisse d’avortement ou d’expériences homosexuelles. Une des réussites du film : à la fin le spectateur n’aura qu’une envie, devenir lecteur de Violette. Et de la trouver, à l’instar de son interprète, tellement <em>« attachiante »</em> !</p>
<p>Violette<em>, de Martin Provost, avec Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain, Olivier Gourmet, Jacques Bonnaffé, Olivier Py, Catherine Hiegel… France, Belgique, 2013. Sortie en DVD le 6 mars 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xvru35/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>25 novembre 1970, le jour où Mishima choisit son destin, de Koji Wakamatsu</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Nov 2013 18:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Koji Wakamatsu]]></category>
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		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 25 novembre 1970, l’écrivain Yukio Mishima et quatre membres de sa milice personnelle, la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/11/affiche-25-novembre-1970-mishima-choisit-destin-koji-wakamatsu.jpg" alt="25 novembre 1970, le jour où Mishima choisit son destin, de Koji Wakamatsu" title="25 novembre 1970, le jour où Mishima choisit son destin, de Koji Wakamatsu" width="213" height="280" class="alignleft size-full wp-image-15219" /><strong>Le 25 novembre 1970, l’écrivain Yukio Mishima et quatre membres de sa milice personnelle, la Société du Bouclier, prennent de force le quartier général des Forces d’autodéfense japonaises. Après avoir rassemblé les soldats et tenté de renverser le régime pour restaurer le pouvoir de l’Empereur, Yukio Mishima se suicide par éventration, à la manière traditionnelle des samouraïs.</strong> </p>
<p>Koji Wakamatsu n’entend pas se faire le témoin de la carrière prolifique de Yukio Mishima. Tout le film est articulé autour de la date-clé du 25 novembre 1970 et des événements qui y ont immédiatement mené. L’exégèse de l’œuvre de Mishima, Paul Schrader s’y est déjà joliment attelé en 1985 avec <em>Mishima : une vie en quatre chapitres</em>, cherchant à travers ses ouvrages – souvent autobiographiques – les raisons de l’acte final. Si Koji Wakamatsu ne passe pas sous silence la philosophie de vie de Yukio Mishima, c’est avec pudeur et distance qu’il le fait, là où Schrader jouait du maniérisme et invoquait la tragédie grecque. Wakamatsu insiste davantage sur le mouvement contestataire de gauche grandissant depuis le début des années 1960 et l’assujettissement du Japon aux Etats-Unis pour expliquer le cheminement de l’écrivain. <span id="more-6630"></span></p>
<p>Contrairement à ce qui a souvent été avancé, ce n’est pas à cause de l’échec de son coup d’Etat que Mishima a choisi de se suicider par seppuku ; dès le départ, convaincu que l’action importait davantage que le résultat et que seule la mort pouvait permettre « l’harmonie de la plume et du sabre », Mishima savait qu’il vivait le dernier jour de sa vie ce 25 novembre. Seule façon de mêler la beauté des mots à celle de l’action. De manière froide, presque chirurgicale, Wakamatsu filme la détermination de Yukio Mishima, ainsi que celle des gens qui l’entouraient : d’abord sa femme, qu’on devine conseillère agissant dans l’ombre, consciente de la volonté de son mari. Ensuite, ses disciples, qui ont juré à l’écrivain et à l’Empereur fidélité – jusqu’à la mort.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/jour-mishima-destin-wakamatsu.jpg" alt="25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin de Koji Wakamatsu" title="25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin de Koji Wakamatsu" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-6631" />On ne retrouve pas dans <em>25 novembre 1970, le jour où Mishima choisit son destin</em> la passion et la violence des anciennes œuvres du cinéaste (<em>L’Extase des anges</em>, <em>Les Anges violés</em>), mais on y devine toujours la même volonté de transmission. <em>25 novembre 1970…</em> clôt une trilogie entamée avec <em>United Red Army</em>, ou la grotesque histoire des guerres intestines de l’armée rouge japonaise au début des années 1970. Qu’il raconte l’extrême gauche ou l’extrême droite, Koji Wakamatsu avance sans fard, alertant le spectateur autant sur la difficulté de la révolte que sur la dangerosité de l’immobilisme. Si <em>25 novembre 1970…</em> apparaît comme le testament d’un écrivain controversé, il est aussi celui du cinéaste de la révolte, disparu il y a un peu plus d’un an et riche d’une filmographie exceptionnelle.</p>
<p style="text-align:center"><strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/non-interview-koji-wakamatsu-mishima/" title="La non-interview de Koji Wakamatsu">&raquo; Lire aussi le portrait de Koji Wakamatsu</a></strong></p>
<p>25 novembre 1970, le jour où Mishima choisit son destin <em>de Koji Wakamatsu, avec Arata Iura, Shinnosuke Mitsushima, Shinobu Terajima, Soran Tamoto&#8230; Japon, 2011. Présenté en sélection Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes. Sortie le 27 novembre 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xkvmu3/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Salle n°6 Tchekhov, de Karen Shakhnazarov</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 08:31:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
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		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous sommes tous des fous en puissance. Tel est le propos du réalisateur russe en adaptant la nouvelle philosophico-dérangeante d&#8217;Anton Tchekhov. La salle n°6 est l&#8217;endroit où sont isolés les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/salle-n-6-tchekhov.jpg" alt="Salle n°6 Tchékhov" title="Salle n°6 Tchékhov" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-10020" />Nous sommes tous des fous en puissance. Tel est le propos du réalisateur russe en adaptant la nouvelle philosophico-dérangeante d&#8217;Anton Tchekhov. La salle n°6 est l&#8217;endroit où sont isolés les malades mentaux incurables. L&#8217;histoire racontée par le romancier est celle d&#8217;un médecin qui va s&#8217;y retrouver comme patient.</p>
<p>Le film s&#8217;ouvre comme un documentaire dans un asile psychiatrique par un plan fixe sur un jeune enfermé depuis des années. Il répond à des questions sur les raisons de son internement. Plusieurs malades (qui ne sont pas des acteurs mais de véritables pensionnaires d&#8217;un asile)  défileront devant cette caméra immobile et se raconteront. C&#8217;est toujours un peu la même rengaine : parents alcooliques, abandon&#8230; Les mêmes regards hébétés, le même rêve (&#8220;sortir d&#8217;ici&#8221;). Mais derrière ces questions superflues, l&#8217;humain pointe le bout de son nez. Et son cortège de questionnements philosophiques sur la vie, le bien, le mal, le bonheur, Dieu&#8230; Comme pour nous dire que les fous ne sont pas si fous. Après ce prologue, la fiction éclot pour nous révéler comment, réciproquement, un homme sain bascule dans la folie. La trame narrative se déploie alors sous nos yeux mais pas de manière linéaire. Le réalisateur évacue d&#8217;emblée le suspense : on apprend que le docteur Raguine est devenu un patient et c&#8217;est d&#8217;abord défait et mutique, qu&#8217;on le rencontre. Puis on fait la connaissance d&#8217;un autre patient de l&#8217;asile, un certain Gromov qui souffre de manie de persécution, un &#8220;génie&#8221; que le docteur Raguine considérait comme un prophète. Et c&#8217;est le point de départ d&#8217;un éclatement formel : flashbacks, témoignages, mises en abîme d&#8217;images (petits films muets réalisés par un ami du docteur) nous trimballent du passé au présent, du médecin au patient. Les pistes se brouillent, s&#8217;entremêlent de manière percutante. Et deux chutes sont révélées : celle de Raguine, lente, presque douce. Ce médecin corrompu et qui a perdu tout intérêt pour ses malades. Puis celle de Gromov, fulgurante. Ce criminel inattendu. La rencontre de ces deux êtres pensants sera l&#8217;occasion de joutes verbales (parfois un peu trop denses, un peu trop longues) sur le sens de la vie, la souffrance, la recherche du bien et du bonheur. Le temps de comprendre, comme le clame Raguine, qu&#8217;il n&#8217;y a ni morale ni logique dans l’enfermement. Cela n&#8217;est qu&#8217;une simple question de hasard. Idée bien difficile à accepter, mais qui nous interpelle pourtant. Et de nous questionner sur la fragile lisière entre raison et folie. Sur les êtres qui peuplent les hôpitaux psychiatriques en Russie, et ailleurs&#8230; On restera troublé par la délicatesse et l&#8217;élégance d&#8217;une des dernières séquences du film. La &#8220;fête du nouvel an&#8221; où acteurs professionnels et vrais malades, hommes et femmes se mêlent dans l&#8217;embarras, la pudeur et l&#8217;innocence pour une ultime danse. Sublime confusion.</p>
<p>&nbsp;<br />
Salle n°6 Tchekhov<em> de Karen Shakhnazarov avec Vladimir Ilyn, Alexey Vertkov, Alexander Pankratov-Chiorny… Russie, 2009. Sortie en DVD le 5 juin 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="322" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xd6ic6?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Les Nouveaux Chiens de garde, de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 09:18:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce 11 janvier, l'adaptation des <em>Nouveaux Chiens de garde</em> remet les pendules à l'heure...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/elkabbach-aime-lagardere.jpg" alt="Jean-Pierre Elkabbach vante les mérites de son patron, Arnaud Lagardère, à la télé" title="Jean-Pierre Elkabbach vante les mérites de son patron, Arnaud Lagardère, à la télé" width="280" height="207" class="alignleft size-full wp-image-4935" />En 1932, le philosophe Paul Nizan publiait <em>Les Chiens de garde</em> pour dénoncer les agissements d’intellectuels qui, sous couvert de neutralité et d’un regard éclairé, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi. Ils expliquaient comment agir, comment penser, et se faisaient ainsi le relais silencieux d’une propagande gouvernementale. <strong>Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes dont on lit et entend les avis un peu partout</strong>, avec une régularité digne d’une montre suisse et une objectivité digne de la plus grande mauvaise foi. Les médias, contre-pouvoirs en puissance, ont laissé aux grands groupes auxquels ils appartiennent le soin de tenir les rênes. Et les autres ont abandonné leur force et leur pugnacité à leurs avantages personnels et à leur carrière. C’est le constat que fait Serge Halimi dans <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em> – le livre – publié en 1997 et revu en 2005. <strong>Il y dénonce les connivences entre journalistes et hommes politiques et l’arrivée d’une information-marchandise</strong> dont le but principal est souvent d’avaliser les décisions politiques, jamais de les invalider. <span id="more-4931"></span></p>
<p><em>Les Nouveaux Chiens de garde</em> – le film, réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, avec la participation de Serge Halimi – adapte ces thèmes et les rend encore plus incisifs en mettant en parallèle les dernières actualités et des images d’archives évocatrices. Car Balbastre, Kergoat et Halimi tirent à boulets rouges sur toutes les « stars » du journalisme et de l’économie : Arlette Chabot, Laurent Joffrin et son successeur Nicolas Demorand, l’éternel Alain Duhamel, Christine Ockrent, Alain Minc, Bernard-Henri Lévi, Michel Godet, Jean-Pierre Elkabbach… <strong>Tous ces journalistes/invités/intervenants dont l’avis semble systématiquement plus important que celui d’un inconnu, même si, année après année, leur incompétence et leur asservissement au profit (le leur, pas celui de la collectivité) n’est plus à démontrer.</strong> <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em> encourage à ne plus croire sur parole les belles phrases du journal <em>Libération</em>, les fausses déclarations d’économistes, l’indépendance des individus dans un groupe de presse ou celle d’une chaîne appartenant à un grand groupe industriel. Exemples à l’appui, sans prendre la peine de flouter les visages ou de cacher les noms, les réalisateurs dénoncent tous ces journalistes qui se permettent des « à-côtés » ou des libertés pour ne pas porter préjudice aux membres des mêmes clubs qu’eux, ceux qui encensent leur patron devant des millions de spectateurs pour promouvoir leur carrière, ceux qui changent d&#8217;avis au gré des opportunités.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/joffrin-chabot.jpg" alt="Laurent Joffrin et Arlette Chabot, ou le pluralisme de la presse..." title="Laurent Joffrin et Arlette Chabot, ou le pluralisme de la presse..." width="280" height="157" class="alignright size-full wp-image-4936" />A la sortie du livre de Serge Halimi, beaucoup ont dénoncé ce qu’ils jugeaient simpliste et caricatural. Toutes les personnes visées se sont fendues de leur réponse, expliquant que la réalité était plus compliquée, qu’il ne s’agissait que de la moitié d’un tableau beaucoup plus large, qu’Halimi falsifiait l’information. Pourtant, l’immobilisme et la crise de notre presse aujourd’hui ne vont pas en faveur des détracteurs des <em>Nouveaux Chiens de garde</em>. <strong>En 2011, Reporters sans frontières place la France en 44e place (sur 178) au baromètre de la liberté de la presse.</strong> En cause ? <em>« Tensions entre la presse et les autorités de la République, pressions accrues sur les journalistes afin qu’ils révèlent leurs sources, réforme de l’audiovisuel public. »</em> <a href="#ref">(1)</a> C’est bien ce que dénonce <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em>. Pour mieux contrôler l’information et la manière de la dispenser, le président de la République nomme aujourd’hui les patrons des médias publics : si les mêmes dirigeants clament leur indépendance, il est difficile de croire que leur carrière ne tient pas à leurs bonnes relations en haut lieu…  </p>
<p>Et si encore le charme n’opérait que sur les patrons de presse ; mais il semblerait que tout journaliste, en proie peut-être à la précarité qui touche de plus en plus ce métier, se passionne de moins en moins pour sa vocation et de plus en plus pour son intérêt, son heure de gloire, quitte à emprunter de dangereux raccourcis. Ainsi au <em>20 Heures</em> de TF1 (chaîne appartenant au groupe Bouygues), il n’est pas question de parler du défaut de construction de la centrale nucléaire de Flamanville, dont le chantier est dirigé par… Bouygues. Ou encore, ce journaliste demeuré, amateur de raccourcis horribles, <strong>qui écrit à propos de l’affaire d’Outreau que la pédophilie est monnaie courante dans le Nord</strong> : le genre de pensées ignobles qui amènent des supporters à écrire sur une banderole <em>« Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch&#8217;tis »</em> <a href="#ref">(2)</a>.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/affiche-nouveaux-chiens-garde.jpg" alt="Les Nouveaux Chiens de garde, de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat" title="Les Nouveaux Chiens de garde, de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-4937" />Ainsi, le travail de chaque journaliste serait sensiblement influencé par son employeur dès qu’il a un poids certain dans la société ? Au point que ledit journaliste aurait tellement intégré le léchage de pompes qu’il serait dans l’incapacité de reconnaître avec objectivité le lobby médiatique des grands groupes ? Pour les employés de Bouygues, Lagardère ou Dassault, la réponse est évidemment négative, leur cerveau fonctionne à plein régime, hors de question de se laisser rattraper par les intérêts de certains&#8230; La preuve par l’exemple : <strong>que pourrait bien dire un journaliste du <em>Figaro</em> – groupe détenu par Dassault, organe propagandiste à la solde de Nicolas Sarkozy, également égratigné par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat – à la vision de ce film ?</strong> Jugerait-il les tenants et les aboutissants, pèserait-il le pour et le contre, évaluerait-il les qualités et les défauts des <em>Nouveaux Chiens de garde</em> pour écrire une critique mesurée et érudite ? Ou bien serait-il rattrapé par un habitus (au sens de Bourdieu, bien sûr) l’obligeant à détester et conspuer ce qui remet en cause son intégrité et son patron ? Imaginons d’abord que ce journaliste ait bien vu le même film que moi – par pure hypothèse, imaginons qu’il ait été assis derrière moi lors de la projection presse -, et donnons-lui un nom : S. LeOuf. Imaginons donc qu’il existe, qu’il ait un blog culturel dans lequel il affiche vertement sa prétention à juger les autres (attitude figaresque s’il en est), et qu’il écrive (quelques lignes seulement, point trop n&#8217;en faut) sur <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em>. Eh bien, contre toute attente et avec beaucoup d&#8217;intelligence (!), son titre et son sujet évoqueraient Bourdieu, le moquant pour ses « concepts marxisants » et « archaïques ». Parce que les millions de personnes dans le monde qui étudient avec attention Bourdieu se fourvoient allègrement et cèdent évidemment à « une grille de lecture simpliste ». Et – éclats de rire du LeOuf – Serge Halimi de perpétuer cette analyse vulgaire de la société entre dominants et dominés… CQFD : dans certains médias, réfléchir est un luxe, critiquer les élites une hérésie. </p>
<p>C’est probablement à cela qu’on reconnaît un bon film : ses détracteurs n’acceptent même pas le dialogue et s’enferment dans un obscurantisme moyenâgeux, refusant d’imaginer que la moindre critique peut être constructive et fondée. <strong>Alors que faire, une fois qu’on a pris conscience du fossé entre information et vérité ?</strong> Continuer à regarder/lire des auteurs indépendants et passionnés : ceux des <em>Nouveaux Chiens de garde</em> partagent avec Bourdieu plusieurs thèses ; avec Pierre Carles, le goût pour les collusions entre pouvoirs et médias, à voir notamment à travers l’épisode du « dîner du Siècle » dans <em><a href="/cinema/fin-concession-pierre-carles-tf1/">Fin de concession</a></em> ; enfin, <em>Acrimed</em>, <em>Le Monde diplomatique</em> et quelques autres, portent un regard singulier et éclairé sur notre actualité. Ne plus croire les invités permanents des émissions, jamais remis en question, et les groupes aux intérêts financiers omniprésents, c’est être libres, et enfin acteurs de notre société.</p>
<p><a name="ref"></a><br />
<em>(1) Dans son rapport mondial, Reporters sans frontières pointe la dégradation de la liberté de la presse en France depuis quelques années : http://fr.rsf.org/report-france,104.html.<br />
(2) Lors de la finale de la Coupe de la Ligue opposant le PSG à Lens le 29 mars 2008, une banderole indiquant « Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch&#8217;tis » avait été déroulée par des supporters du PSG. Merci à Alain de m’avoir remémoré cette formule (faire des spéciales cace-dédi, c’est tout le plaisir d’avoir un blog).</em></p>
<p>Les Nouveaux Chiens de garde<em>, de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, avec plein de journalistes dedans. France, 2011. Sortie le 11 janvier 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="315" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xmo4q8?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Souvenirs de toiles de Michel Layaz</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:54:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
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		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Paolo Pasolini]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi de mieux qu'une petite balade cinéphile au bras d'un Suisse francophone pour une bouffée d'air frais... Dans ses livres, Michel Layaz dessine d'autres réalités, des mondes réinventés, magnifiés par...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/michel-layaz.jpg" alt="Photographie de l&#039;écrivain Michel Layaz" title="Photographie de l&#039;écrivain Michel Layaz" width="188" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4744" /><strong>Quoi de mieux qu&#8217;une petite balade cinéphile au bras d&#8217;un Suisse francophone pour une bouffée d&#8217;air frais&#8230; Dans ses livres, Michel Layaz dessine d&#8217;autres réalités, des mondes réinventés, épais, magnifiés par une langue ciselée et un sens aigu de la scansion. En vrac, on vous recommande le jouissif <em>Cher Boniface</em>, <em>La Joyeuse Complainte de l&#8217;idiot</em> ou le petit dernier sorti début 2011, <em>Deux soeurs</em>. Mais quel cinéphile est-il et que nous racontent ses souvenirs de toiles ? </strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Le premier film ?</strong></p>
<p>Dans ma famille, le cinéma n’existait pas. Tout juste si je pouvais regarder une fois par semaine un épisode de <em>Zorro</em> à la télévision durant la période où l’on diffusait cette série. Le premier film au cinéma, c’était avec ma mère qui voulait me faire plaisir. On projetait <em>La Tour infernale</em>. Pour une première, le garçon d’une dizaine d’années que j’étais a été servi : action, catastrophe, suspense et surtout de vrais héros à qui s’identifier ; mon côté chevalier blanc avide d’aventures était rassasié. Depuis lors, à part l’époustouflant <em>Titanic</em>, je ne crois pas avoir vu d’autres films de ce type. Un film catastrophe tous les trente ans : la périodicité me convient. <span id="more-4743"></span></p>
<p><strong>Les films qui bercent l’adolescence </strong>? </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/buffet-froid.jpg" alt="Gérard Depardieu dans Buffet froid" title="Gérard Depardieu dans Buffet froid" width="270" height="178" class="alignright size-full wp-image-4747" />Quels points communs entre <em>Buffet froid</em> de Bertrand Blier, <em>Hair</em> de Milos Forman ou <em>L’Arnaque</em> de George Roy Hill ? Que je les ai vus et revus et que ces trois films affirment une volonté d’émancipation face aux normes et aux régulations que la société impose. Pour le premier, je connaissais un grand nombre de répliques par cœur. Je faisais mon malin en les replaçant ici ou là, comme par exemple celle où Depardieu, toujours vêtu d’un long manteau qu’il refuse d’enlever, justifie sa tenue en déclarant à sa femme qui lui dit qu’il a l’air, ainsi vêtu, d’être en visite : <em>&#8220;On est tous en visite. On débarque, on fait un peu de tourisme, et puis on repart. Tu crois sincèrement que ça vaut la peine d’enlever son manteau ? Pour quoi faire ? Attraper la crève, prématurément ?&#8221;</em> Cette manière désinvolte de dédramatiser l’existence allégeait agréablement mes inquiétudes, permettait de relativiser craintes et moments de doute.<br />
Pour le deuxième, c’était le goût, naïf certes, de la liberté, de la loyauté, de l’affirmation joyeuse de toutes les offensives de vie. La scène où Berger chante <em>I Got Life</em> debout sur la grande table d’un banquet bourgeois me remplissait de plaisir ; à chaque pas volaient en éclats la bienséance qui étouffe et les conventions qui corsètent. C’était un absolu de délivrance.<br />
Pour le troisième, avec plusieurs amis, nous rêvions, certains soirs, d’être des gentlemen cambrioleurs. Affamés de sensations, nous fomentions des escroqueries d’esthètes, des machinations tarabiscotées qui n’avaient que très peu le goût du lucre mais beaucoup celui de l’élégance. Durant ces vagabondages, nos idoles s’appelaient Paul Newman et Robert Redford. </p>
<p><strong>Le film qui fait grandir ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/arrangement-kazan.jpg" alt="Image du film L&#039;Arrangement d&#039;Elia Kazan" title="Image du film L&#039;Arrangement d&#039;Elia Kazan" width="270" height="212" class="alignleft size-full wp-image-4750" /><em>L’Arrangement</em> d&#8217;Elia Kazan. Je n’oublierai jamais la scène au début du film où Kirk Douglas, publiciste génial qui incarne le modèle de réussite sociale, pénètre dans un tunnel sur l’autoroute au volant de sa voiture décapotable et se retrouve entre deux énormes camions, un sur sa gauche, un sur sa droite. Il lâche le volant et laisse sa voiture «flotter» entre les deux poids lourds. Ce moment est exceptionnel parce que la vie frôle la mort et se retrouve forcément exacerbée. Puis Douglas donne un coup de volant violent et précipite son bolide sous un camion. Il survit, mais commence alors, sous l’impulsion de l’irrésistible Faye Dunaway, son examen de conscience. Se révèlent tous les crissements, tous les antagonismes qu’il y a entre une vie réussie et la réussite sociale. Se pose aussi la question de savoir ce que l’on fait de son talent, à quoi ou à qui on le consacre. Bref, des questions simples mais essentielles et fécondes qui m’ont fichu de salutaires secousses.</p>
<p><strong>Le film qui fait rire aux larmes ?</strong>  </p>
<p>La scène où François, le facteur joué par Tati dans <em>Jour de fête</em>, essaie d’enfourcher son vélo et n’y parvient pas puisqu’il y a une barrière entre lui et sa jambe droite, alors même que la gauche est déjà en place sur le vélo… Je reste très attaché à ce personnage plein d’innocence et de bonté qui a le visage sale parce qu’il ne pense jamais à faire ce qui nous occupe si souvent : se contempler narcissiquement dans un miroir. J’aime rire au cinéma et je n’oublie pas que très vite, à ses débuts, le cinéma avait pour vocation d’attirer les gens, donc de les faire rire. Je suis un inconditionnel d’Harold Lloyd par exemple, du rire rebelle qu’il provoque, ou de Chaplin et de son rire plus politique encore.</p>
<p><strong>Les films dont on ne se remet pas ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/kairo.jpg" alt="Image de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa" title="Image de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa" width="270" height="166" class="alignright size-full wp-image-4753" />Il y a des films qui m’ont un peu sonné, des films dont j’ai un souvenir vague mais qui me hantent parce que j’en suis ressorti presque hypnotisé sans vouloir comprendre d’où venait cette fascination, je pense par exemple à <em>Kaïro</em> de Kiyoshi Kurosawa ou aux <em>Anges déchus</em> de Wong Kar-wai. Dans un registre moins sensible, <em>Le Mépris</em> de Godard continue à me fasciner pour de nombreuses raisons, mais entre autres parce que si la passion amoureuse est irrationnelle c’est-à-dire qu’elle ne répond à aucune logique, à aucune explication sensée, la cassure passionnelle est du même ordre. Bien sûr, on peut trouver toutes sortes de petits faits qui justifient le mépris que Bardot ressent devant Piccoli, celui qu’elle aimait peu avant, mais je suis convaincu que la vraie raison est parfaitement irraisonnable. </p>
<p><strong>Les films qui ont nourri vos livres ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/teorama-pasolini.jpg" alt="Image du film Teorema de Pasolini" title="Image du film Teorema de Pasolini" width="270" height="186" class="alignleft size-full wp-image-4755" />Le cinéma, par touche, par rime, peut faire écho à certains passages de mes livres. <em>Théorème</em>, de Pasolini, a eu une influence dans l’écriture d’un de mes livres qui s’appelle <em>Les Légataires</em>. Et puis la scène ou Marlon Brando se fait casser la gueule dans <em>Sur les quais</em> de Kazan, si je ne l’ai jamais écrite en tant que telle, elle a influencé au moins deux passages précis. Je pourrais citer d’autres exemples mais il faudrait regarder les choses dans le détail. Je sais aussi que j’aurais voulu retranscrire l’esthétique implacable et minutieuse qui donne à <em>Rusty James</em> de Francis Coppola sa beauté et sa violence. Je n’ai même pas essayé et pourtant on trouve, dans un de mes livres, un personnage qui s’hypnotise devant des poissons rouges. A coup sûr une citation appuyée à ce film.</p>
<p><strong>Qui dit cinéma suisse dit Godard. Et sinon ?</strong></p>
<p>Le travail de Jean-Stéphane Bron, notamment dans <em>Cleveland contre Wall Street</em>, est excellent. Dans ce film mi-documentaire mi-fiction qui met en scène, joué par les personnes concernées, un procès qui n’eut jamais lieu, on comprend comment les gens, crédules et intellectuellement défavorisés, se sont fait berner par ceux qui agissent sans scrupules puisqu’ils ne pensent qu’à l’argent.<br />
Je me sens proche des travaux de la vidéaste Emmanuelle Antille qui filme souvent des adolescents qui parlent peu mais expriment avec force leur fragilité. Je sais qu’elle termine un film (au sens classique du terme) et je suis sûr qu’on va bientôt en entendre parler.</p>
<p><strong>Un film dont vous auriez aimé écrire le scénario ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/sueurs-froides-vertigo.jpg" alt="Image de Sueurs froides" title="Image de Sueurs froides" width="270" height="180" class="alignright size-full wp-image-4757" />Le film est archi-connu, mais mettre au point le scénario de <em>Sueurs froides</em>, quel bonheur. Il y a plein de choses que j’aime dans ce film mais que je me sens incapable d’inventer : la machination, la manipulation, le leurre, le dédoublement, l’illusion, les traumatismes. Et pourtant ce chef-d’œuvre d’Hitchcock souffre, à mon sens, de quelques maladresses vraisemblablement insurmontables parce que quand on montre une image au cinéma (ici, la mort de celle que l’on pense être Madeleine), il est très laborieux ensuite de venir dire que cette image n’était pas vraie. Hitchcock essaie de résoudre ce problème en faisant du spectateur son complice puisque nous savons avant le principal intéressé (Scottie) que Judy a seulement joué à être Madeleine.</p>
<p><strong>L’actrice avec qui dîner ?</strong> </p>
<p>Je me méfie des icônes et je n’oublie pas que le premier mari de Norma Jeane Baker avait certainement au mur des posters de stars hollywoodiennes qu’il regardait avant de se glisser sous les draps à côté de la future Marilyne. Pourtant, j’avoue que je délaisserais Elizabeth Taylor dans <em>Soudain l’été dernier</em> de Mankiewicz, Grace Kelly dans <em>La Main au collet</em> ou encore Katharine Hepburn dans <em>Pension d’artistes</em> de Gregory La Cava pour choisir une soirée avec Faye Dunaway, celle de <em>Bonnie and Clyde</em> ou de <em>Little Big Man</em>, mais plus encore celle de <em>L’Arrangement</em>.</p>
<p><strong>L’acteur ?</strong> </p>
<p>Une partie de billard avec Marlon Brando, je ne dirais pas non !</p>
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		<title>Le Dieu du carnage</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 07:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nomes Design</dc:creator>
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		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour résoudre raisonnablement une bagarre concernant leurs enfants, deux couples mariés, d’abord prêts à faire un compromis, se réunissent. L’affaire pourrait être réglée en quelques minutes, car en apparence les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/dieu-carnage-polanski.jpg" alt="Le Dieu du carnage, de Roman Polanski" title="Le Dieu du carnage, de Roman Polanski" width="280" height="180" class="alignleft size-full wp-image-4725" />Pour résoudre raisonnablement une bagarre concernant leurs enfants, deux couples mariés, d’abord prêts à faire un compromis, se réunissent. L’affaire pourrait être réglée en quelques minutes, car en apparence les quatre semblent d’accord. Cependant la pièce de Yasmina Reza « Le Dieu du Carnage » et son adaptation de Roman Polanski racontent davantage la pression d’être accepté par la société et notre autopromotion pour y arriver.<br />
<em>&raquo; Lire la suite sur Nomes Design</em></p>
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		<title>Souvenirs de toiles de Philippe Di Folco</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 15:31:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[Longtemps journaliste, à présent romancier et essayiste... Philippe Di Folco est un fou de littérature et de cinéma et quand il ne s'attaque pas aux tabous de notre société en dirigeant <em>Le Dictionnaire</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/di-folco.jpg" alt="Philippe Di Folco (c) Renaud Monfourny" title="Philippe Di Folco (c) Renaud Monfourny" width="267" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4423" />Longtemps journaliste, à présent romancier et essayiste&#8230; Philippe Di Folco est un fou de littérature et de cinéma et quand il ne s&#8217;attaque pas aux tabous de notre société en dirigeant <em>Le Dictionnaire de la pornographie</em> ou <em>Le Dictionnaire de la mort</em>, il planche pour le septième art. Rencontre au fil des toiles avec un dingue de ciné qui cosigna notamment le scénario de l&#8217;hypnotique <em>Tournée</em> de Mathieu Amalric. </p>
<p><strong>Le premier film ?</strong></p>
<p><em>2001, l&#8217;odyssée de l’espace</em>. J’avais 6 ou 7 ans, j’étais avec ma mère, nous étions dans le cinéma Gemini situé dans le vieux Créteil, non loin d’où j’ai grandi. Je ne me souviens pas des séances de dessins animés que mes parents m’ont offertes sans doute vers cet âge… mais de celle-ci, oui. Ma mère s’était endormie. Moi, j’étais surexcité. Effrayé aussi. Longtemps, la voix de HAL 9000 me hanta. Un ami et moi avions même décidé de recréer sur son balcon un vaisseau spatial. Nous allions jouer dedans les jeudis après-midi. C’est l’un de mes plus beaux souvenirs. Cet âge est celui du merveilleux : le vaisseau volait, j’en reste persuadé. Ce film compte beaucoup pour moi encore aujourd’hui : le confluent entre la poétique et la science y constitue comme une impérissable énigme. <span id="more-4376"></span></p>
<p><strong>Le début d’un amour immodéré pour la science-fiction ? </strong></p>
<p>Mon amour immodéré pour la SF vient de <em>2001</em>… Nous ne désirons que ce qui nous déroute éperdument. Quand j’ai eu 12 ans, un complexe cinéma a ouvert en face de mon immeuble, proposant huit films par semaine. C’était l’alternative au film obligé du vendredi soir à la télé (les <em>Dossiers de l’écran</em>) et puis la liberté de choisir, de frauder (ma grande taille me permettait de voir des films d’horreur). Je me souviens surtout de <em>Star Wars</em> et d’<em>Aliens</em>. J’ai oublié les autres séances mais celles-ci, non : je suis retourné les voir trois fois. Je passais par la porte de secours, je n’avais pas un rond. Ce que je cherchais ? L’évasion, partir loin, très loin. Devenir un héros de l’espace. J’ai longtemps cru que nous coloniserions Mars pour mes 30 ans. C’est raté.</p>
<p><strong>Le film qui fait grandir ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/diabolo-menthe.jpg" alt="Image du film Diabolo Menthe de Diane Kurys" title="Image du film Diabolo Menthe de Diane Kurys" width="270" height="172" class="alignright size-full wp-image-4385" /></a>Sur le plan sexuel ? En général, c’est ça qu’on sous-entend…<br />
Je viens d’un monde cinéphile antérieur à celui des vidéos et des chaînes multiples &#8211; sans parler du Net !. La première émotion érotique, je la dois à mon père qui souhaitait voir avec moi <em>Diabolo Menthe</em> de Diane Kurys. J’avais honte quand j’entendais les propos des acteurs de 13 ou 14 ans, des ados comme moi, qui parlaient de leurs désirs, parce que mon père me regardait du coin de l’œil à chaque fois… </p>
<p><strong>Le film interdit qu&#8217;on tente de se procurer par tous les moyens ? </strong></p>
<p>A l’époque des premiers clubs vidéo, je me souviens avoir loué en fraudant <em>Caligula</em> de Tinto Brass (1979, interdit aux moins de 18 ans) alors que je n’avais pas 15 ans, mais aussi <em>Massacre à la tronçonneuse</em>, qui m’avait déçu. La copie était pourrie. On m’a également interdit <em>Vendredi 13</em>  de Sean S. Cunningham (1980) que j’ai pu me procurer en vidéo. Dans ce film la scène d’accouplement entre deux ados poignardés en plein coït m’avait surpris, voire choqué, bien plus que les galipettes de l’empereur romain précité ; <em>Caligula</em> m’avait ennuyé, je ne sais plus pourquoi. Au final, je ne recherchais pas plus que ça des scènes érotiques (l’arrivée dans mon foyer de Canal+ en 1985 et des pornos cryptés du samedi soir m’a laissé indifférent) mais j’avais des potes au lycée qui ne juraient que par ça. Quant aux salles X, je n’osais pas y aller, j’habitais la banlieue, Paris m’attirait mais pour les librairies, les bars, les clubs et donc les filles en chair et en os. Je crois qu’un soir, mes parents étaient partis, j’ai loué un film hard pour pimenter un rendez-vous, je n’avais pas beaucoup d’expérience, mais on s’est endormis avant d’avoir eu l’idée de regarder ça !</p>
<p><strong>Et les films politiques ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/aurore-murnau.jpg" alt="Image du film L&#039;Aurore de Murnau" title="Image du film L&#039;Aurore de Murnau" width="270" height="203" class="alignleft size-full wp-image-4387" /></a>Dès le lycée, dès la seconde, nos professeurs très militants nous aiguillèrent vers des salles un peu clandestines, du genre &#8220;Maison des jeunes&#8221;, où des types barbus et empestant le shit programmaient des films anti-américains, pro-chinois, pro-palestiniens, anti-capitalistes… ou limite érotiques (comme si de montrer les fesses de Jane Fonda dans <em>Barbarella</em> constituait en 1980 un acte politique). Tout cela me fatiguait.<br />
J’ai découvert à cette époque qu’essayer de voir les films de Carl Dreyer ou de Murnau constituait bel et bien un acte de rébellion, un acte de résistance face à tout ce dogmatisme et aussi, il faut bien le dire, parce que les daubes envahissaient déjà les écrans et les vidéoclubs.</p>
<p><strong>Le film qui a tout changé ?</strong></p>
<p>Je voulais devenir cinéaste. J’avais donc un but, un métier en ligne de mire et sur le plan intellectuel, je dois avouer qu’un film compte plus que tout : <em>Citizen Kane</em>. Je l’ai découvert non pas en salle mais au <em>Cinéma de minuit</em> sur FR3 vers 1980. Je me souviens de la voix de Patrick Brion qui ne pouvait contenir son admiration. Au lieu de sa brièveté habituelle, les prolégomènes de Brion s’éternisaient et disaient : &#8220;Attention, ce que tu vas voir maintenant c’est LE film absolu, c’est plus fort qu’un livre, c’est unique ! Apprends chaque image par cœur, vas-y, tu es prêt ?&#8221;<br />
J&#8217;étais face à la télé, allongé sur le tapis, à trois mètres de l’écran. Expérience d’immersion à petit niveau, renouvelée des dizaines de fois depuis en salle où le premier film d&#8217;Orson Welles est souvent reprogrammé. Ce film est un palimpseste : à chaque vision, une nouvelle couche de sens, de liens, de possibles émergent. Il ne rend pas intelligent… il est l’intelligence même. Sans sacraliser outre mesure, je dois avouer que l’année dernière en le revoyant, j’ai cru percevoir quelques défauts. Ah ! Il faut bien finir par tuer le père…</p>
<p><strong>Le film qui déclenche l&#8217;envie de raconter des histoires ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/eclipse-antonioni.jpg" alt="Image du film L&#039;Eclipse d&#039;Antonioni" title="Image du film L&#039;Eclipse d&#039;Antonioni" width="270" height="204" class="alignright size-full wp-image-4391" />Sans doute <em>L’Eclipse</em> d’Antonioni. J’avais 17 ans et en sortant de la salle de Chaillot (le film était invisible depuis 1962, enfin, paraît-il), j’ai gratté des dizaines de pages. Ce texte (perdu depuis) n’est ni du Balzac ni du Daney mais c’est quelque chose qui a à voir avec une quête, un lieu perdu, une femme disparue, un monde qui s’effiloche, qui se désintègre sous nos yeux sans que personne ne semble y prendre garde.<br />
On retrouve cela dans l’un des derniers plans de ce long métrage envoûtant au possible : un lampadaire iridescent, un grand bidon d’eau, une fuite, une rigole, et puis le noir. Je ne sais pas si j’ai rêvé tout ça&#8230; Cette scène est primitive pour moi, au sens où j’ai eu envie ce soir-là d’écrire, de raconter une histoire avant de pouvoir, du moins l’espérai-je, la filmer.</p>
<p><strong>Le film dont on ne se remet pas ?</strong></p>
<p><em>Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)</em> d’Arnaud Desplechin. En sortant – j’étais avec ma compagne –, je me suis effondré comme une merde. Je pleurais, je suffoquais. Je me suis évanoui dans ses bras et elle aussi, elle a pleuré. Peut-être parce que pour une fois, les mots devenaient inutiles, comme quand on sort du <em>Roi Lear</em>. Je n’exagère pas, ce fut cathartique ! Ensuite j’ai écrit au réalisateur. Nous avons échangé quelques lettres. Pourquoi lui écrire ? A vrai dire, je ne sais plus. Je me souviens que j’ai pensé en sortant du film à mon frère que je ne voyais plus depuis des années, il vivait à l’étranger, et tout à coup, ce vide, cet absence du frère… Rien que d’y repenser, j’en tremble. Ce film est comme un ami précieux et de toute éternité. C’est celui que j’aurais aimé écrire, c’est sans doute moi qui l’ai écrit d’ailleurs puisque Arnaud l’a inventé : il faut comprendre que quand vous entrez en communion avec une œuvre, c’est ainsi que ça se passe. Mallarmé dit cela à propos du lecteur, et il a raison. Le hasard n’existe pas dans cette histoire de rencontres entre les âmes sensibles. Il faut relire Epicure à ce propos…</p>
<p><strong>Le film le plus sombre ?</strong></p>
<p><em>Sarabande</em> de Bergman parce que les couleurs y sont comme délavées et Max von Sydow semble plus mortifère que jamais (et paradoxalement si vivant, si puissant, quand il écoute Bruckner !). Je pourrais vous citer aussi <em>In a Lonely Place</em> de Nicholas Ray (1950). La noirceur ici c’est l’impossibilité pour deux personnes de s’aimer telles qu’en elles-mêmes, c’est le Système et les préjugés qui frappent à leur porte et qui hurlent que l’amour est interdit aux cœurs purs. C’est ça le destin tragique, que les corps ne puissent pas s’éprendre éternellement, envers et contre tout. Les surréalistes l’avaient compris.</p>
<p><strong>Le film le plus chaud, érotique, sensuel ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/mille-une-nuits-pasolini.jpg" alt="Image du film Les Mille et Une Nuits de Pasolini" title="Image du film Les Mille et Une Nuits de Pasolini" width="270" height="177" class="alignleft size-full wp-image-4393" />Le plus chaud : <em>9 Songs</em> de Michael Winterbottom. Le plus érotique : <em>Intimité</em> de Patrice Chéreau. Le plus sensuel : <em>Les Mille et Une Nuits</em> de Pier Paolo Pasolini. </p>
<p><strong>Le meilleur film pour emballer ?</strong></p>
<p>C’est <em>Grease</em>, bien entendu. On a été des millions à rouler notre première pelle sur ce truc (pas si mauvais le film !). Ou alors un film bien intello. Je me souviens être allé voir des Bergman, des Garrel, des Godard dans les années 1980 avec des étudiantes de 1re année qui, dès qu’elles baillaient… « T’es super, tu es un intello avec des lunettes et tu m’emmènes voir des films super chiants » : ça marchait une fois sur quatre !</p>
<p><strong>Les héros préférés ? </strong></p>
<p>Tous les antihéros chez Cassavetes. Les farfelus chez Fellini (spécialement dans <em>E la nave va</em>). Denis Lavant dans <em>Mauvais sang</em> de Carax. Charles Denner dans <em>L&#8217;Homme qui aimait les femmes</em> de Truffaut. Le photographe de <em>Blow-Up</em> ou le journaliste dans <em>Profession : reporter</em> d&#8217;Antonioni mais aussi Maria Schneider, sublime, inoubliable !</p>
<p><strong>L&#8217;actrice avec qui dîner ? Pour lui dire quoi ?  </strong></p>
<p>J&#8217;hésite entre Cate Blanchett et Faye Dunaway. Bien entendu, pour leur proposer un scénario, à quoi sert d&#8217;écrire des films si ce n&#8217;est pour avoir le prétexte d&#8217;approcher de telles reines ? Côté Françaises, j&#8217;aime beaucoup Julie Delpy ou Noémie Lvovsky.</p>
<p><strong>L’acteur ?</strong></p>
<p>Côté anglo-saxon : Michael Fassbender ou James Franco ? Pour leurs prises de risques. Côté français, je suis comblé, j&#8217;écris en ce moment avec un être exceptionnel, Michel Vuillermoz. Sans oublier bien entendu Mathieu Amalric, mais que je considère plus comme cinéaste qu&#8217;acteur. D&#8217;une manière générale, m&#8217;intéressent les comédiens passionnés par la littérature et la poésie. Mais on peut aussi parler rugby.</p>
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		<title>Miscellanée #7 : Septième art</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 10:09:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Miscellanées]]></category>
		<category><![CDATA[invention]]></category>
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		<description><![CDATA[Une septième miscellanée ne pouvait être que sur le septième art. L'expression est utilisée par tous ; mais d'où vient-elle ? Depuis l'Antiquité les arts majeurs ont côtoyé les autres, mais ce n'est qu'au...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-2138" title="Manifeste des sept arts, de Ricciotto Canudo, 1923" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/septieme-art-canudo.jpg" alt="Manifeste des sept arts, de Ricciotto Canudo, 1923" width="292" height="300" />Une septième miscellanée ne pouvait être que sur le septième art. L&#8217;expression est utilisée par tous ; mais d&#8217;où vient-elle ?</p>
<p>Depuis l&#8217;Antiquité les arts majeurs ont côtoyé les autres, mais ce n&#8217;est qu&#8217;au XIXe siècle qu&#8217;une &#8220;liste&#8221; a été officialisée. C&#8217;est le philosophe allemand Hegel qui distingue cinq arts, les classant par matérialité et expressivité : l&#8217;architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la poésie. L&#8217;architecture constituant l&#8217;art le plus matériel et le moins expressif, la poésie le plus abstrait mais aussi celui qui fait le plus de place aux sentiments.<br />
Hegel reconnaît qu&#8217;il existe d&#8217;autres arts, mais ils sont secondaires et &#8220;nous ne pourrons en parler que d&#8217;une manière occasionnelle&#8221;.</p>
<p>Mais Hegel, pauvre de lui, n&#8217;a pas connu le cinéma (il est mort une bonne soixantaine d&#8217;années trop tôt). C&#8217;est Ricciotto Canudo (1879-1923), intellectuel et critique italien, qui a pris la relève et complété, nouvelle technologie oblige, la classification des arts. <span id="more-616"></span>Dès les années 1910, Canudo milite pour faire reconnaître le <a href="/miscellanees/domitor/">cinématographe</a> comme sixième art, puis, lui laissant la place officieuse qu&#8217;occupait dans le coeur de beaucoup la danse, publie en janvier 1923 le <em>Manifeste des sept arts</em> dans lequel il proclame :</p>
<p>&#8220;Nous avons besoin du Cinéma pour créer l&#8217;art total vers lequel tous les autres, depuis toujours, ont tendu.&#8221;</p>
<p>Et affine ainsi la définition de Hegel, substituant au classement précédent la notion inédite d&#8217;art englobant, de méta-art : le cinématographe, septième art, englobe tous les autres puisqu&#8217;il les concilie et les sublime. Le cinéma forme un tout, à la fois matérialisé et doté d&#8217;une expression sans limite.</p>
<p>Immédiatement anobli par certains, décrié par d&#8217;autres, Ricciotto Canudo n&#8217;aura malheureusement pas vu sa théorie adoptée par tous dans le monde entier, puisqu&#8217;il meurt peu de temps après avoir apporté son auguste pierre à l&#8217;édifice cinématographique. L&#8217;expression a survécu à l&#8217;homme.</p>
<p><em><strong>A lire :</strong> Ricciotto Canudo, </em>Manifeste des sept arts<em>, Séguier, 1923.</em></p>
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