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	<title>Grand Écart &#187; Italie</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Claudia Cardinale, beauté insoumise du cinéma</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Sep 2025 21:09:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Son regard brûlant et sa voix délicieusement brisée ont marqué le cinéma des plus grands, de Visconti à Sergio Leone. Mais derrière la muse fellinienne, Claudia Cardinale a surtout incarné...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Son regard brûlant et sa voix délicieusement brisée ont marqué le cinéma des plus grands, de Visconti à Sergio Leone. Mais derrière la muse fellinienne, Claudia Cardinale a surtout incarné une force tranquille et insoumise. Portrait d&#8217;une femme à la beauté farouche qui a su écrire sa propre légende au cœur d&#8217;un cinéma d&#8217;hommes.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/09/il-etait-une-fois-dans-l-ouest-leone-cardinale-copie.png" title="Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l&#039;Ouest" alt="Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l&#039;Ouest" width="300" height="138" class="alignleft size-full wp-image-27923" />Le cinéma a perdu l&#8217;un de ses regards les plus profonds, l&#8217;une de ses voix les plus singulières. Claudia Cardinale s&#8217;est éteinte ce 23 septembre 2025, emportant avec elle le souvenir d&#8217;une silhouette altière et d&#8217;un tempérament de feu. Mais réduire la Cardinale des années 1960 à sa seule silhouette serait méconnaître le tempérament qui la forgea : celui d&#8217;une femme qui, propulsée muse des plus grands réalisateurs, a su se jouer des clichés pour devenir le propre sujet de son destin, annonçant, bien avant l&#8217;heure, les premiers soubresauts d&#8217;une révolution qui se fait encore attendre.</p>
<h2>La plus belle Italienne de Tunis</h2>
<p>Née en 1938 à Tunis de parents siciliens, Claude Joséphine Rose Cardinale ne s&#8217;était jamais rêvée actrice. <em>« C&#8217;est ma sœur Blanche, blonde aux yeux bleus, qui rêvait de faire du cinéma,</em> confiait-elle dans son autobiographie <em>Mes étoiles</em>. <em>« Moi, la brune aux yeux noirs qu&#8217;on appelait &#8220;la Berbère&#8221;, je me voyais plutôt institutrice dans le désert ou exploratrice pour découvrir le monde. J&#8217;étais ce qu&#8217;on appelait un garçon manqué, toujours prête à me bagarrer pour démontrer que les filles étaient au moins aussi fortes que les garçons. »</em> Un tempérament farouche qui la plaçait à mille lieues de l&#8217;univers des studios. </p>
<p>Pourtant, le destin frappe une première fois en 1957 : sans même s&#8217;être inscrite, elle remporte le concours de « la plus belle Italienne de Tunis ». Le prix ? Un voyage à la Mostra de Venise. Repérée, scrutée, désirée par les producteurs, elle refuse d&#8217;abord les avances de ce monde qui n&#8217;est pas le sien. Mais le cinéma, déjà, l&#8217;a choisie. Claudia signe finalement, à contrecœur, un contrat d&#8217;exclusivité avec le producteur Franco Cristaldi qui façonnera son image mais contrôlera sa vie.</p>
<h2>Muse des géants, objet du désir</h2>
<p>Sa carrière épouse l&#8217;âge d&#8217;or du cinéma italien et la jeune et jolie Claudia devient vite la créature des maestros. Luchino Visconti la filme en fiancée d&#8217;Alain Delon dans <em>Rocco et ses frères</em> (1960) avant de la métamorphoser en sublime Angelica dans <em>Le Guépard</em> (1963). Face à Burt Lancaster en Prince Salina et retrouvant Delon dans le rôle de Tancrède, parée de sa crinoline, elle n&#8217;est pas qu&#8217;une apparition. Elle est le symbole d&#8217;une aristocratie qui danse une dernière valse avant de disparaître. La même année, Federico Fellini en fait l’incarnation de la femme idéale, une vision de pureté onirique qui hante le personnage de Mastroianni dans son chef-d&#8217;œuvre <em>Huit et demi</em>. « Visconti, précis, me parlait en français et me voulait brune. Fellini, bordélique, me parlait en italien et me voulait blonde. Ce sont les deux films les plus importants de ma vie. » Deux génies masculins qui ont projeté sur elle leur vision de la féminité.</p>
<p>Mais c&#8217;est peut-être avec Valerio Zurlini que Cardinale révèle le mieux cette capacité à incarner la vulnérabilité sans jamais sombrer dans la victimisation. Dans <em>La Fille à la valise</em> (1961), elle est Aida, chanteuse de cabaret abandonnée par un séducteur de la bourgeoisie. Face au très jeune Jacques Perrin, elle compose un personnage d&#8217;une dignité bouleversante, femme blessée mais jamais résignée. Le film de Zurlini suggère avec une infinie délicatesse la solitude des êtres séparés par des barrières de classe, et Cardinale y incarne déjà cette force intérieure qui ne ploie jamais.</p>
<h2>La naissance d&#8217;une icône</h2>
<p>Pourtant, Claudia Cardinale n&#8217;est pas une toile blanche. Derrière l&#8217;image qu&#8217;on construit pour elle, la femme s&#8217;affirme. Sa voix, d&#8217;abord. Rauque, légèrement voilée, elle est systématiquement doublée à ses débuts, son accent français en italien dérangeant les standards. Fellini sera le premier à la laisser parler de sa propre voix dans <em>Huit et demi</em>, révélant ce timbre unique : l&#8217;irruption de son authenticité la plus brute dans un monde qui voulait la lisser.</p>
<p>Puis c&#8217;est Sergio Leone qui lui offre le rôle de sa vie dans <em>Il était une fois dans l&#8217;Ouest</em> (1968). Seule femme au milieu d&#8217;un trio d&#8217;hommes légendaires (Bronson, Fonda, Robards), elle n&#8217;est pas un faire-valoir. Elle est le cœur du film. Son personnage, Jill McBain, crève l&#8217;écran en femme bafouée qui, loin de se soumettre, hérite de la terre et bâtit l&#8217;avenir. Elle est la civilisation face à la brutalité. Avec ce rôle, elle ne joue pas seulement un personnage : elle impose un archétype. Et ce faisant, elle accomplit un tour de force : celui d&#8217;imposer une figure féminine souveraine au cœur même d’un cinéma entièrement pensé par des hommes.</p>
<h2>Le lourd secret d&#8217;une femme libre</h2>
<p>Cette force déployée à l&#8217;écran par Claudia Cardinale, elle la puise dans un drame intime longtemps tu. À 17 ans, avant même le début de sa carrière, Claudia Cardinale est victime d&#8217;un viol dont naîtra un fils, Patrick. Pour éviter le scandale qui briserait son image de « fiancée de l&#8217;Italie », son producteur Franco Cristaldi la contraint au silence et l&#8217;oblige à faire passer son propre enfant pour son petit frère. Ce secret, qu&#8217;elle qualifiera plus tard de « fardeau terrible », illustre la violence d&#8217;un système où la vie privée d&#8217;une actrice ne lui appartenait pas.</p>
<p>Cet acte de dépossession originel forgera paradoxalement son indépendance. Alors que les contrats cherchaient à contrôler les corps, elle imposera dans tous ses contrats une clause de non-nudité. Un acte de résistance inédit pour l&#8217;époque. Elle expliquera bien plus tard ce choix comme une manière vitale de reprendre le contrôle : « Je n&#8217;ai jamais eu le sentiment d&#8217;être un objet de désir. J&#8217;ai toujours décidé moi-même », affirmait-elle.</p>
<p>Femme de convictions, Claudia Cardinale a traversé les époques en défiant les diktats, y compris celui du temps qui passe. « Je suis une légende vivante. Les monstres ont la peau dure », s&#8217;amusait-elle à dire. En nous quittant, elle laisse l&#8217;image d&#8217;une actrice magnifique, certes, mais surtout celle d&#8217;une pionnière qui, sans jamais prononcer le mot, a incarné un féminisme instinctif, une insoumission tranquille. La toile est désormais un peu plus sombre, c&#8217;est vrai. Mais elle qui ne voulait pas être une image, restera un regard. Et une voix qui, à jamais, aura eu le dernier mot.</p>
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		<title>Rencontre avec Asia Argento</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 09:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Asia Argento]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente - il aura fallu attendre 27 éditions - du jury des longs-métrages du Festival du film fantastique de Gérardmer. Elle abandonne sa...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Portrait d&#8217;une présidente</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/asia-argento-presidente-festival-gerardmer-2020.jpg" alt="Asia Argento" title="Asia Argento" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27392" /><strong>L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente &#8211; il aura fallu attendre 27 éditions &#8211; du jury des longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. Elle abandonne sa chevelure longue noir corbeau pour une coupe blonde et courte qui ne change rien à sa conception du cinéma, libre de tout engagement. Elle nous parle films de genre, possession et George Romero&#8230;</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être la première femme présidente du festival ?</strong></p>
<p>Ca fait du bien… On est dans un festival de genre, mais pour moi, le genre masculin ou féminin, ça n’a aucune importance. Mais peut-être suis-je idéaliste, je ne crois pas aux étiquettes. Je suis honorée d’être présidente du jury, mais c’est étonnant que cela ne soit pas déjà arrivé avant, car c’est déjà la 27e édition. J’ouvre la porte, comme je l’ai déjà fait auparavant dans ma vie, mais j’espère que je ne me la prendrai pas sur la tête. Ce qui arrive souvent !</p>
<p><strong>Comment définiriez-vous votre rôle de présidente ?</strong></p>
<p>J’ai émis quelques règles avec le jury, comme de se parler tous les jours quelques minutes. J’ai distribué des carnets pour écrire ses idées. C’est important d’écouter les avis des uns et des autres. J’ai la chance d’avoir un jury très intelligent. J’arrive parfois à penser comme ils pensent, à voir des choses qui m’avaient échappé. <span id="more-27387"></span></p>
<p><strong>Pourquoi si peu de femmes dans le cinéma fantastique, selon vous ?</strong></p>
<p>Même dans le cinéma tout court, je dirais. Le patriarcat est toujours au pouvoir, mais c’est politique d’aborder ce sujet.</p>
<p><strong>Qu’attendez-vous de cette édition ?</strong></p>
<p>Avec mon travail, les enfants, je ne vais plus au cinéma comme je le faisais quand j’étais plus jeune, c’est donc une occasion de voir ce qui se passe en ce moment, de voir les points de vue différents des réalisateurs et réalisatrices. Ce festival, c’est une belle manière de se mettre au courant de ce qui se passe à travers le monde. Mais je n’attends rien de particulier, car j’aime être surprise et ça m’évite d’être déçue.</p>
<p><strong>Vous avez tourné à l’âge de 9 ans, quels sont vos souvenirs d’enfance liés au fantastique ?</strong></p>
<p>J’étais dans une voiture, entourée par des comédiens déguisés en démons et je fermais les yeux quand la caméra se focalisait sur moi, j’avais peur, même si je savais que c’était pour de faux <em>[Asia parle du tournage de </em>Démons 2<em>, de Lamberto Bava]</em>.</p>
<p><strong>Avez-vous des films de genre de prédilection ?</strong></p>
<p>Je suis touchée par les films sur les possessions, les fantômes, les esprits et les démons. J’aime <em>L’Exorciste</em>, <em>L’Exorcisme d’Emily Rose</em>, <em>Deliverance from Evil</em>… Je sais pourquoi, mais c’est personnel. Cela me fait vraiment peur quand c’est bien fait. Quand j’ai vu <em>Deliverance from Evil</em>, c’était la nuit, j’étais seule et j’ai entendu du bruit, j’ai eu peur d’être possédée…</p>
<p><strong>Où prenez-vous le plus de plaisir ? Dans le jeu ou la réalisation ?</strong></p>
<p>Etre réalisatrice, c’est comme un repas complet, il y a la photographie, le jeu, les costumes… On n&#8217;a jamais le temps de s’ennuyer, alors que quand on est acteur, on s’ennuie beaucoup. </p>
<p><strong>Vous qui avez tourné à travers le monde, avez-vous perçu des différences notables dans la façon d’aborder le cinéma fantastique en fonction des pays ?</strong></p>
<p>Oui, bien sûr, parce que les cultures sont différentes. Mais cela dépend des époques aussi. Par exemple, au Japon, dans les années 1990, on ne présentait pas le cinéma fantastique de la même manière que maintenant. Mais je ne regarde pas les films en fonction de leur provenance, je suis simplement spectatrice.</p>
<p><strong>Si vous n’aviez pas évolué dans le milieu du cinéma, qu’auriez-vous fait ?</strong></p>
<p>Sans doute jardinière. Travailler avec la nature et les arbres.</p>
<p><strong>Quels souvenirs gardez-vous de votre tournage avec George Romero, <em>Le Territoire des morts</em> ?</strong></p>
<p>C’était un ami de mon père, un ami perdu, car ils ne se voyaient plus. Il avait adoré mon premier film en tant que réalisatrice, <em>Scarlet Diva</em>, et il m’a contactée, ce qui m’avait étonnée. C’était d’abord pour un autre film qu’il n’a finalement pas tourné, puis pour celui-ci. C’était encore mieux que de travailler avec mon père, car il était comme un oncle gentil, toujours très inspiré, très calme, je ne l’ai jamais vu se mettre en colère. Nous étions en communion. Il faisait des films très politiques avec le genre fantastique : si on avait envie d’y voir des zombies, on en voyait, mais il pouvait s’agir de tout autre chose. C’étaient presque des films clairvoyants.</p>
<p><strong>Cet été, vous allez tourner sous la direction de votre père dans <em>Occhiali Neri</em> ; lui demandez-vous encore des conseils ?</strong></p>
<p>Oui et pas seulement sur le cinéma, sur la vie en général. Et il m’en demande également, même si on parle beaucoup de cinéma, en effet.</p>
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		<title>Folie vintage 2 !</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Nov 2018 23:19:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec la collection Fulci, Artus films frappe fort, très fort. La petite société, devenue une référence dans le cinéma de genre, propose avec ces deux nouveaux magnifiques coffrets, <em>L’Enfer des zombies</em> et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Avec la collection Fulci, Artus films frappe fort, très fort. La petite société, devenue une référence dans le cinéma de genre, propose avec ces deux nouveaux magnifiques coffrets, <em>L’Enfer des zombies</em> et <em>L’Au-delà</em>, l’hommage que le Maître méritait depuis des années. Et ceci sans compter sur la nouvelle fournée Jess Franco qui vient tout juste d’arriver. Le tout en version intégrale non censurée et remastérisée. Il faut ce qu’il faut !</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/11/au-dela-lucio-fulci-artus-films-2.jpg" alt="L&#039;Au-delà, de Lucio Fulci" width="280" height="184" class="alignleft size-full wp-image-26595" /><strong>J’ai toujours trouvé compliqué</strong> de proposer un avis objectif des grandes œuvres de Lucio Fulci. Non pas pure fainéantise comme je sais si bien le faire, mais parce qu’elles sont uniques et méritent d’être défendues comme telles, parce qu’elles sont fabriquées au forceps, parce qu’elles font partie de l’histoire du cinéma avec un grand H, parce qu’elles sont également des modèles perfectibles, parce qu’elles sont clivantes et parce qu’elles génèrent comme peu d’œuvres artistiques peuvent en générer des discussions enflammées et passionnantes autour d’un délicieux chianti. Vous l’aurez compris, elles sont inspirantes. Alors voilà autant de raisons de s’y attarder. Attention toutefois, cette longue litanie de singularité n’est pas synonyme de « défense de dire du mal ». Non, juste qu’il faut profiter de petits bijoux comme le septième art sait en offrir. <span id="more-26592"></span><br />
Lucio Fulci, c’est un ton. Un ton à part, où la photo et la lumière jouent un rôle prépondérant au même titre que les personnages ou l’intrigue. <em>L’Au-delà</em> et <em>L’Enfer des zombies</em> incarnent à la perfection l’esprit de leur auteur à la fois hanté et enfiévré. D’ailleurs, les deux films se déroulent au cœur de territoires où les croyances et les mythes prennent une place prépondérante dans le corps et le cœur des hommes, les Caraïbes et La Nouvelle-Orléans. Là-bas, le soleil semble ne jamais vouloir sortir du crépuscule comme s’il ne pouvait y avoir d’espoir et de nouveaux lendemains. Là-bas, on maudit les âmes, on invoque les démons, on souille le sang et les organes. Là-bas, ces terres de pourrissement, siège de malheur, arrêtent le temps et vous retiennent prisonnier. <em>L’Au-delà</em> et <em>L’Enfer des zombies</em>, c’est tout cela en même temps. Une atmosphère pesante au cœur des ténèbres où la triste réalité ne tient plus qu’à un fil. Si vous appréciez les expériences sensorielles et les œuvres anxiogènes, alors vous serez comblés au centuple.<br />
Plus que les films, ce sont les magnifiques produits qu’il faut louer et saluer. Les deux coffrets blu-ray et DVD proposent donc chacun les films en version intégrale non censurée et un livret (indispensable pour comprendre les travaux du cinéaste) aux analyses ciselées autour de magnifiques images et dessins de promotion d’époque. Signalons que le soin apporté aux images couronne le succès de l’entreprise. Une remasterisation 2K ne se refuse pas !<br />
Voilà deux magnifiques idées cadeaux pour les purs bisseux !<br />
<em>Disponible en coffret blu-ray et DVD chez Artus Films</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/11/les-demons-jess-franco-artus-films.jpg" alt="Les Démons, de Jess Franco" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-26596" /><strong>Comme si la collection Fulci</strong> ne suffisait pas à notre bonheur, voilà que la collection Jess Franco peut s’enorgueillir de dévoiler cinq nouveaux titres. Cinq nouveaux titres à l’heure où je vous écris ces quelques mots ! La suite arrive. Le premier titre, mon préféré du Père Jess, <em>Les Démons</em>, s’intègre dans la trilogie que nous pourrions appeler la trilogie du juge Jeffries, horrible personnage de l’Inquisition. Cette histoire de vengeance où les deux filles illégitimes d’une vieille sorcière décident de se faire justice elles-mêmes est un sommet d’amoralité. Le diable, présent à tous les étages, n’épargne personne car chacun à sa façon est possédé par le Mal. Comme d’hab’ chez Franco, on fait fi du manichéisme qui gâte le cinéma d’épouvante contemporain. Tout le monde il est moche, tout le monde il est pourri !<br />
Si le cinéaste s’applique à lécher ses images et ses actrices, l’intrigue &#8211; même légère &#8211; ne manque pas de fond. On saisit vertement les intentions du cinéaste à nous prévenir que la nature humaine nous renvoie davantage à nos plus bas instincts plutôt qu’à nous maintenir dans la félicité et la retenue !<br />
Oh Joie, <em>La Fille de Dracula</em>, où la vieille Baronne Karlstein qui ne manque jamais de refiler sa fichue malédiction à sa descendance (il faut bien perpétuer les vieilles traditions), nous assure de grands et beaux moments de sensualité. Merci qui ? Merci Baronne ! Louisa, petite-fille de et future goule, pivot d’une sexualité débridée entre jeunes femmes, assure le service après-vente pour Dracula à la manière de Monique Olivier, épouse de Michel Fourniret. Ambiance gothique assurée.<br />
Dans <em>Les Expériences érotiques de Frankenstein</em>, Jess Franco se réapproprie les grands mythes pour mieux les passer dans sa machine à distorsion où l’on retrouve pêle-mêle le docteur Frankenstein, le docteur Seward, la bande à Orloff, Cagliostro (incarné par le grand Howard Vernon !) et toute une clique de chimères tout droit sortie des enfers. Une nouvelle fois l’héroïne, créature d’une beauté à couper le souffle, sert la soupe à de gros dégueulasses dont le seul dessein n’est autre que de bouffer de la jeune vierge, sous couvert de recherches scientifiques visant à découvrir les secrets de la vie éternelle. <em>Les Expériences érotiques de Frankenstein</em> ne rappelle rien de moins que les projets de toute secte digne de ce nom ! Eh ben voyons !<br />
<em>Tender Flesh</em>, l’un des derniers films de Jess Franco, est quant à lui un remake assumé (nouveau remake après <em>La Comtesse perverse</em>) de <em>Les Chasses du comte Zaroff</em>. Une chouette série B en mode cannibale où les tétons pointent et les fesses rondes titillent les mirettes des filles et des garçons.<br />
<em>Disponible en blu-ray et DVD remastérisé chez Artus Films</em></p>
<p><strong>En guise de conclusion</strong>, et toujours chez Artus, je signale la sortie d’<em>Orgie satanique</em> de Lance Comfort avec William Sylvester, Carole Gray et Tracy Reed qui peut sans complexe s’afficher aux cotés des meilleurs films de la Hammer. Même si le début très prometteur ne tient pas tout à fait ses promesses, le plaisir reste intact devant cette jolie perle du cinéma gothique. L’originalité de l’entreprise ne manque pas de piquant car le vampire breton, incarné par Hubert Noël, bouffe de la jeune Anglaise au petit-déjeuner ! Le succès du film réside dans le savoir-faire de Lance Comfort, réalisateur et technicien reconnu dans le métier comme un génial touche-à-tout. Recommandé.<br />
<em>Disponible en DVD chez Artus Films</em></p>
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		<title>27/10-12/11 : 40e Festival du film italien de Villerupt</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Oct 2017 12:23:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Bienvenue à Villerupt, petite commune de Meurthe-et-Moselle, où du 27 octobre au 12 novembre 2017, le cinéma italien prend possession des lieux. L&#8217;occasion de (re)découvrir l&#8217;histoire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/40e-festival-film-italien-villerupt-2017/attachment/festival-film-italien-villerupt/" rel="attachment wp-att-25815"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/07/festival-film-italien-villerupt.jpg" alt="festival-film-italien-villerupt" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25815" /></a></a><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Bienvenue à Villerupt, petite commune de Meurthe-et-Moselle, où du 27 octobre au 12 novembre 2017, le cinéma italien prend possession des lieux. L&#8217;occasion de (re)découvrir l&#8217;histoire du pays des spaghettis à travers des films immanquables, grâce à la rétrospective &#8220;le cinéma italien qui gagne&#8221;, qui vous permettra de visionner des longs-métrages italiens de 1976 à nos jours, primés lors de grands festivals (Cannes, Venise, Berlin&#8230;). Mais n&#8217;oublions pas l&#8217;hommage au réalisateur Marco Tullio Giordana avec la projection de six de ses films, la carte blanche confiée cette année à Lorenzo Codelli, chargé de la sélection du Festival de Cannes pour l&#8217;Italie, et les six prix Amilcar, décernés à l&#8217;issue du festival, parce qu&#8217;il faut bien un peu de compétition !</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le site du <a href="http://www.festival-villerupt.com/index.php" class="broken_link">Festival de Villerupt</a></em></p>
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		<title>Cuori puri, de Roberto de Paolis</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 18:29:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[Sans doute vous souvenez-vous de la famille des Lequesnoy dans <em>La vie est un long fleuve tranquille</em> d'Etienne Chatiliez. Les lundis étaient raviolis, Jésus revenait en chanson et on...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Aux innocents les mains vides</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/cuori-puri-roberto-de-paolis.jpg" alt="Cuori puri, de Roberto de Paolis" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-25471" />Sans doute vous souvenez-vous de la famille des Lequesnoy dans <em>La vie est un long fleuve tranquille</em> d&#8217;Etienne Chatiliez. Les lundis étaient raviolis, Jésus revenait en chanson et on aidait son prochain avec un serre-tête et le sourire jusqu’aux oreilles. En 2017, en Italie, rien n’a changé, ou presque. Les anniversaires servent de remerciements au Seigneur de nous avoir mis au monde, on prépare des couchages dans les églises pour recueillir les migrants et on porte des anneaux de chasteté qui invitent à rester pur(e)s jusqu’au mariage (hétérosexuel). On peut se faire des bisous sur la bouche mais pas davantage, surtout s’il y a affinités.</p>
<p>Le problème, c’est qu’ici, nous ne sommes pas dans une comédie qui dénonce, mais dans un drame qui observe. Il scrute le destin de deux jeunes gens que tout sépare. Elle, Agnese, vient de fêter ses 18 ans et vit avec sa mère chrétienne fanatique. Elles dorment ensemble, prient de concert et en viennent parfois aux mains quand la jeune fille manque à ses devoirs et arrive en retard pour le dîner. Lui, Stefano, 25 ans, est un <em>bad boy</em> dans tous les sens du terme : aussi beau que vénéneux, aussi physique que peu cérébral, aussi athée que possible. Sa famille vit dans un mobile home après avoir été expulsée et il travaille en tant que gardien d’un parking, en proie à un camp de Gitans quelque peu turbulents. Evidemment, les contraires vont s’attirer et entrer en collusion. Et l’histoire d’amour de ces deux cœurs pas aussi purs qu’ils n’en ont l’air, d’éclore un peu trop vite, un peu trop fort. <span id="more-25460"></span></p>
<p>Pour son tout premier long-métrage, Roberto de Paolis joue avec les oppositions. Elle est vertueuse, mais vole un portable dans un grand magasin. Lui est consciencieux dans son travail, vitupère les Roms qu’il croise, mais traîne avec des truands à la petite fortune et leur donne parfois un coup de main. Le monde d’Agnese est versé dans l’aide à son prochain et s’épanouit dans le calme, celui de Stefano condamne les Gitans, les accuse de tous les maux et se répand en bruit et en fureur. La mère d’Agnese a une vision extrêmement stricte de la religion, le prêtre qu’elle aime tant, lui, a conscience de son époque et compare Jésus à un GPS (si l’on dévie dans notre trajectoire de vie, il recalcule notre parcours). Agnese court après Stefano, mais n’hésite pas à le laisser dans le silence absolu selon son bon plaisir&#8230;</p>
<p>Pour accompagner les tourments des âmes perdues de ses deux personnages principaux, Roberto de Paolis a opté pour une mise en scène classique, avec un film qui s’ouvre et se referme sur les mêmes plans : une course-poursuite, mais en sens inversé, entre Stefano et Agnese. Plus qu’une histoire d’amour, <em>Cuori Puri</em> est un appel à l’émancipation, à l’éveil des sens. Et Agnese de devenir enfin femme, après l’adolescente placée sous le joug d’une mère dominatrice. Cela doit passer par du sang, bien sûr. On est toutefois bien loin de <em>Carrie</em> de Brian de Palma. Même si la découverte de sa véritable personnalité a toujours son petit effet de violence intérieure. C’est ici tout en retenue, presque imperceptible. Mais le volcan est bel et bien réveillé sous la délicatesse d’Agnese. Stefano, lave perpétuellement en ébullition, saura-t-il l’apaiser ? </p>
<p>&nbsp;<br />
Cuori Puri <em>de Roberto de Paolis, avec Selene Caramazza, Simone Liberati&#8230; Italie, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza</title>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 15:09:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 56e Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<category><![CDATA[mafia]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce fut le premier moment d’émotion du Festival de Cannes : toute l’équipe de <em>Sicilian Ghost Story</em> qui s’enlace et fond en larmes au moment du générique de fin, des larmes écloses après...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Conte de faits</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/sicilian-ghost-story-cannes-2017.jpg" alt="Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza" title="Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-25299" />Ce fut le premier moment d’émotion du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">Festival de Cannes</a> : toute l’équipe de <em>Sicilian Ghost Story</em> qui s’enlace et fond en larmes au moment du générique de fin, des larmes écloses après cette toute première projection en ouverture de la Semaine de la critique, des larmes soutenues par une standing ovation interminable. Les lumières rallumées, personne ne veut quitter la salle. Il faut dire que pour leur deuxième réalisation après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/salvo-fabio-grassadonia-antonio-piazza/" title="Salvo, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza">Salvo</a></em> en 2013, les réalisateurs Fabio Grassadonia et Antonio Piazza ont créé là une œuvre atypique et esthétique qu’il sera difficile d’oublier. Le renouveau du cinéma européen vient peut-être de l’Italie… </p>
<p>Dans la mouvance d’un Paolo Sorrentino, <em>Sicilian Ghost Story</em> prend son temps pour distiller une atmosphère soyeuse et délétère en même temps. Le film est un mélange des genres dont les ingrédients ont été savamment choisis : un tiers de conte, un tiers de chronique amoureuse adolescente, un tiers de faits divers et quelques soupçons de thriller pour saupoudrer le tout. On a parfois l’impression de revivre un nouveau <em>Labyrinthe de Pan</em>. Car l’onirisme s’entremêle au réel pour masquer la cruauté et donner des bribes d’espoir. Soit l’histoire de Luna, amoureuse de Giuseppe. Ils sont beaux, ont 13 ans et vivent leurs premiers émois amoureux avec le sourire. Mais Giuseppe, fils d’un mafieux en train de livrer ses anciens camarades de braquage à la police, est enlevé pour faire chanter ce père aussi traitre qu’absent. Le film suit alors le destin de ces deux enfants qui deviennent adultes par la force de cette séparation : Luna qui veut tout faire pour retrouver son aimé, quitte à se perdre ; Giuseppe qui subit son destin dans des geôles dénuées de fenêtres. Sa seule distraction, son unique lien avec l’extérieur : relire une lettre d’amour que lui avait donné Luna avant son enlèvement. <span id="more-25163"></span></p>
<p>Conte sur l’amour et la mort, <em>Sicilian Ghost Story</em> en emprunte tous les codes : la forêt, tantôt étrange et maléfique, tantôt sublime et protectrice ; la marâtre (la mère de Luna, stricte et peu câline qui revêt les oripeaux et le chignon serré de la Holly Hunter version <em>Leçon de piano</em>) ; le père trop tolérant qui passe tous ses caprices à Luna ; les animaux qui veillent sur les deux adolescents de près ou de loin. Mais ici, c’est le prince charmant qui est en captivité et sa belle qui tente de le délivrer. Il y a du <em>Roméo et Juliette</em> aussi, entre ces deux jeunes gens qui s’aiment sans pouvoir se l’avouer face à face. Ils sont issus de deux milieux différents. L’un d’un père malfrat, l’autre d’un monde ouvrier. Aucune des deux familles ne tolère qu’ils se voient en dehors de l’école. Mais leur amour les relie malgré la distance qui les sépare, malgré l’enfermement qui les confine, lui dans sa prison de fortune, elle dans sa chambre et sa dépression. Alors qu’ils s’étiolent simultanément, ils se retrouvent, pleins de vie, dans leurs rêves aussi beaux que funestes. S’il y a parfois des respirations humoristiques, <em>Sicilian Ghost Story</em> est comme un doux poison que l’on ne saurait s’empêcher de boire : c’est aussi bon que douloureux. Une beauté vénéneuse qu’il serait dommage de se priver d’admirer.</p>
<p>&nbsp;<br />
Sicilian Ghost Story<em> de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, avec Julia Jedikowska, Gaetano Fernandez, Corinne Musaralli… Italie, France, Suisse, 2016. Présenté à la 56e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>A ciambra, de Jonas Carpignano</title>
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		<pubDate>Mon, 22 May 2017 06:10:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Cargaison de Roms Une Cannoise exaltée dit au réalisateur Jonas Carpignano, à l’issue de la projection de son film A ciambra à la Quinzaine des réalisateurs : « Merci, vous m’avez fait voyager ! »...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Cargaison de Roms</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/a-ciambra-jonas-carpignano-1.jpg" alt="A ciambra, de Jonas Carpignano" width="280" height="159" class="alignleft size-full wp-image-25197" />Une Cannoise exaltée dit au réalisateur Jonas Carpignano, à l’issue de la projection de son film <em>A ciambra</em> à la <a href="http://www.grand-ecart.fr/70e-festival-cinema-cannes/49e-quinzaine-realisateurs-2017/selection-films-edouard-waintrop/" title="Sélection de la 49e Quinzaine des réalisateurs">Quinzaine des réalisateurs</a> : <em>« Merci, vous m’avez fait voyager ! »</em> Et quel voyage en effet que celui des bidonvilles de Roms de Calabre, l’une des régions les plus pauvres d’Italie. On y suit le quotidien de la famille Amato, fait de petites combines et de menus larcins. On pirate l’électricité, on vole des voitures que l’on revend à leurs propriétaires, on dérobe du cuivre, on cambriole, bref, on tente de survivre en bénéficiant de la protection des terribles Gadjos dont on redoute qu’ils cessent de sourire. Et parmi cette famille qui rappelle, sans le vouloir ni le savoir, celle d’<em>Affreux sales et méchants</em> d&#8217;Ettore Scola, il y a le jeune Pio dont on va suivre la trajectoire.</p>
<p>Pio admire son frère aîné, serait prêt à tout pour participer à un bon coup en sa compagnie, quitte à le suivre en prison. Mais Pio est aussi tiraillé par son amitié pour un Africain (la lie de l’humanité selon les Gitans), réfugié politique du Burkina Faso qui lui témoigne une confiance sans borne, en partageant ses (més)aventures. Lorsque Pio se retrouve chef de famille &#8211; quand son père et son frère sont emmenés au poste de police -, il décide de veiller sur les siens et de trouver de l’argent, coûte que coûte.</p>
<p>Mais comment en sont-ils arrivés là, ces Amato ? Une question qui plane tout le long du film avec les incursions oniriques qui reviennent au temps où le grand-père, encore jeune, cherchait la bonne fortune avec son cheval. Le grand-père, quasiment mutique, a désormais un pied dans la tombe et assiste aux éclats de voix de sa famille et à ses élans parfois violents, mais toujours bordés d’amour. Sans le dire, on voit dans ses yeux presque éteints qu’il souhaiterait que Pio ne suive pas cette voie et s’engage dans une autre. L’adolescent en a pourtant l’occasion, à de multiples reprises, mais le naturel revient toujours au galop. Jonas Carpignano a-t-il pour autant réalisé un film sur la fatalité ? La destinée de Pio est-elle prédéterminée depuis sa naissance ? Loin s’en faut, car ce n’est pas la première fois qu’il met ces visages devant sa caméra. <span id="more-25178"></span>La fiction rejoint la réalité et inversement. Après le déracinement de son précédent long-métrage (<em>Mediterranea</em> sur les migrants africains qui arrivent en Italie), voici l’enracinement. Profond comme les fondations de ce bidonville d’où on se faufile, le long de ses entrailles, pour échapper à la police. Profond comme l’amour qui unit cette famille. A aucun moment, il ne se pose en juge. Plutôt comme un témoin attendri. Et il était émouvant de retrouver les Amato à Cannes en habits du dimanche pour se présenter aux yeux de leur tout premier public. Gageons que ce ne sera pas la dernière fois. Et vu la virtuosité de Jonas Carpignano, qui a amalgamé en lui cinémas européen et américain, il y a fort à parier qu’on retrouvera cette famille prochainement et qu’elle nous redonnera de ses nouvelles…</p>
<p>&nbsp;<br />
A ciambra <em>de Jonas Carpignano, avec Pio Amato, Koudous Seihon, Damiano Amato, Iolanda Amato… Italie, 2017. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2017.</em></p>
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		<title>On l&#8217;appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2017 08:04:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
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		<description><![CDATA[Course-poursuite dans les ruelles de Rome. Un homme aux abois, traqué par la police, finit par se réfugier dans les eaux troubles du Tibre. Il en ressort soudain doté de pouvoirs surnaturels...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De l’antihéros au super-héros</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/01/jeekrobot-affiche.jpg" alt="On l&#039;appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti" width="208" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24725" />Course-poursuite dans les ruelles de Rome. Un homme aux abois, traqué par la police, finit par se réfugier dans les eaux troubles du Tibre. Il en ressort soudain doté de pouvoirs surnaturels après avoir été en contact avec une mystérieuse substance radioactive : force herculéenne et facultés de régénérations exceptionnelles. Cet homme, c’est Enzo (Claudio Santamaria), petite frappe solitaire et bedonnante des bas-fonds miséreux et crasseux de la Cité Eternelle, fricotant avec les hommes de main du « Gitan » (Luca Marinelli), capo maniaco-agressif de la mafia locale. Ces superpouvoirs, Enzo choisit d’abord de les mettre au service de ses malheureuses rapines… De quoi faire le plein de crèmes à la vanille dans son frigo et de films porno… Jusqu’à sa rencontre avec l’innocente et fragile Alessia (Ilenia Pastorelli) qui est la seule à voir en lui l’incarnation de Jeeg Robot, héros androïde tout droit sorti d’un manga japonais des années 1980, venu sur Terre pour sauver l’humanité…</p>
<p>Quelle surprise ! Quelle audace ! Et quel plaisir de voir la Botte italienne venir ainsi mettre un sérieux et heureux coup de pied dans la fourmilière industrieuse des films de super-héros ! L’entreprise s’avérait bien évidemment périlleuse tant le terrain se trouve investi par les puissantes franchises de la bannière étoilée. Aussi Gabriele Mainetti a-t-il choisi à raison d’en prendre le parfait contre-pied. Point de cape ni de combinaisons ajustées ou d’accessoires high-tech. Dans <em>On l&#8217;appelle Jeeg Robot</em>, on porte chemises (ouvertes, bien entendu), survêts et sweat à capuche. Point de manichéisme absolu non plus, chaque personnage révélant une certaine vulnérabilité. Chez Enzo : d’abord antihéros inadapté et misanthrope, ce n’est qu’au bout d’un douloureux parcours initiatique purificatoire que le super-criminel finira in extremis par prendre la mesure de son aura de super-héros et d’icône populaire. Et chez le méchant « Gitan » également : soumis à de violents accès de colère, il est obsédé par son besoin de reconnaissance (à travers les réseaux sociaux ou la télé-réalité) et sa peur de ne pas exister. <span id="more-24722"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/01/jeekrobot-santamaria.jpg" alt="On l&#039;appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti" width="280" height="156" class="alignright size-full wp-image-24728" />Le film de super-héros, Gabriele Mainetti en respecte certes toute la rhétorique : naissance de l’être surhumain et prise de conscience de ses pouvoirs, rédemption et don de soi, sans oublier la petite touche de romance… Mais le cinéaste s’extirpe de la sophistication américaine pour lui préférer une veine totalement inédite, quelque part entre le réalisme social dur et violent d’un <em>Gomorra</em> et l’absurde et le baroque d’un <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/reality-matteo-garrone/"><em>Reality</em></a>. Un contraste de tonalité qui donne finalement au film cette teinte unique et géniale, à la fois drôle et mélancolique. Gabrielle Mainetti mystifie le genre pour l’emmener bien au-delà du pastiche ou de la parodie, sur les terres aussi inattendues que séduisantes de la fable urbaine. Et derrière la véritable dimension divertissante de son <em>Jeeg Robot</em>, le cinéaste de dérouler une étonnante vision d’auteur.</p>
<p>&nbsp;<br />
On l&#8217;appelle Jeeg Robot <em>de Gabriele Mainetti, avec Claudio Santamaria, Ilenia Pastorelli, Luca Marinelli, Stefano Ambrogi&#8230; Italie, 2015. Sortie le 12 avril 2017.</em></p>
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		<title>Fais de beaux rêves, de Marco Bellocchio</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2016 18:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
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		<description><![CDATA[Après avoir tué la mère dans <em>Les Point dans les poches</em>, Marco Bellocchio lui adresse, 50 ans de cinéma plus tard, la plus belle des caresses avec <em>Fais de beaux rêves</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La Maman et l&#8217;orphelin</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Faisdebeauxreves.jpg" alt="Fais de beaux rêves, de Marco Bellocchio" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-23680" />Après avoir tué la mère dans <em>Les Point dans les poches</em>, en 1965, Marco Bellocchio lui adresse, cinquante ans de cinéma plus tard, la plus belle des caresses avec <em>Fais de beaux rêves</em>. Et au Bellocchio révolté des premiers pas de laisser ici parler et filmer le maestro aguerri et sûr de son art qu’il est devenu. </p>
<p>Adapté de l’œuvre éponyme et personnelle de Massimo Gramellini, <em>Fais de beaux rêves</em> raconte l’histoire d’un parcours, d’une construction. Celle d’un enfant (étonnant Nicolò Cabras) contraint d’apprendre à devenir adulte lesté d’une douleur irrépressible : la perte brutale et mystérieuse de sa maman adorée, alors qu’il n’avait que 9 ans, au soir du 31 décembre 1969. Celle douleur conditionnera toute sa vie. Son enfance, son adolescence, bien sûr, durant lesquelles ni foi ni Dieu et autre promesse de « lumière » ne parviendront à l’extirper du vide dans lequel il se sent inexorablement tomber, encore et encore. Mais alors qu’il est devenu un journaliste émérite à <em>La Stampa</em>, grand quotidien national, Massimo « l’adulte » (Valerio Mastandrea) n’a toujours pas réussi à la laisser partir. Ses angoisses, il a appris à les contrôler. Seul, éteint, écrasé, il survit, indifférent aux autres et au monde… Mais il le sait. On le lui a dit, plus jeune. <em>« La seule façon d’avoir la réponse, c’est de continuer à se poser la question. »</em> Alors Massimo d’entrevoir peut-être dans son quotidien de journaliste un chemin pour renouer avec la réalité, reprendre pied et se construire. Enfin. <span id="more-23676"></span></p>
<p>L’histoire de ce parcours chaotique écrite par Gramellini, Marco Bellocchio la filme avec douceur et élégance. Le cinéaste a trouvé dans le livre les figures de l’intime qui lui sont chères. La famille, la mère (« détruite »), le père… Mais, comme toujours chez Bellocchio, crises individuelles et collectives restent profondément liées. Souvenons-nous de l’audacieuse mise en scène de l’assassinat d’Aldo Moro autour du personnage de Chiara, la jeune terroriste de <em>Buongiorno, notte</em> (2003). Ou, plus fascinant encore, la naissance du fascisme à travers la lutte à mort d&#8217;Ida Dalser, cette femme éperdument amoureuse d’un Mussolini pas encore Duce dans le puissant <em>Vincere</em> (2009)… On retrouve cette même double dimension, individuelle et collective, dans <em>Fais de beaux rêves</em> : au portrait personnel et intérieur de Massimo vient répondre, en toile de fond, celui d’une époque, le film louvoyant sans cesse entre 1969 et la fin des années 1990. Un mouvement narratif cadencé aux rythmes de quelques « marqueurs » historiques. Ici les images en noir et blanc de <em>Belphégor</em>, série star de l’ORTF signée Claude Barma et diffusée en 1965, là celle de l’icône cathodique des années 1970 Rafaella Carrà, là encore le souvenir douloureux et toujours vivace du drame de <em>Superga</em>, qui vit l’avion transportant l’équipe de football du Torino (LE club rival de la <em>Juve</em>) s’écraser dans les environs de Turin, en mai 1949. </p>
<p>Tel un Riccardo Muti des grands soirs, Marco Bellocchio dirige sa tragédie d&#8217;une autorité toute délicate, prenant soin de ne jamais la laisser s’emporter vers un trop-plein de compassion. Qu’elles soient douloureuses ou rieuses, les séquences mère-fils se révèlent particulièrement réussies. Intenses, émouvantes, jamais douceâtres ou pleurnichardes. Et alors qu’on pourrait voir poindre le semblant d’une envolée trop appuyée, le temps d’une lecture en voix off d’une réponse de Massimo à un lecteur de <em>La Stampa</em> (du genre, « ne boude pas ta chance d’avoir une maman »), <em>il maestro</em> prend la salle – et son film – à revers d’un trait d’humour inattendu et d’une simplicité enfantine. Un bien beau mélo, donc, que ce Bellocchio.</p>
<p>&nbsp;<br />
Fais de beaux rêves<em> (Fai Bei Sogni) de Marco Bellocchio, avec Valerio Mastandrea, Barbara Ronchi, Guido Caprino, Bérénice Bejo… Italie, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016.</em></p>
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		<title>Folles de joie, de Paolo Virzi</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2016 10:31:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[L’échappée belle - Valeria Bruni-Tedeschi avance, majestueuse, ombrelle à la main, distillant réprimandes à ceux qui croisent son chemin. Dès cette première séquence, le personnage est campé...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>L’échappée belle</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/PazzaGioia.jpg" alt="Folles de joie, de Paolo Virzi" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23790" />Valeria Bruni-Tedeschi avance, majestueuse, ombrelle à la main, distillant réprimandes à ceux qui croisent son chemin. Dès cette première séquence, le personnage est campé. Drôle, acerbe, olympien, dans une autre réalité. D’emblée attachant, libre dans sa manière de dire les choses. <em>La Pazza Gioia</em> (<em>Folles de joie</em>) suit le personnage de Beatrice, pensionnaire d’un centre psychiatrique, mais qui ne semble pas y appartenir. Mythomane et bipolaire, elle détonne au milieu de ses camarades aux troubles plus évidents. Se sent clairement au-dessus de cette plèbe, elle qui revendique une lignée aristocrate. Jusqu’à sa rencontre avec Donatella. Brune, tatouée, visiblement abîmée par la vie, la jeune femme tape immédiatement dans l’oeil de la grande blonde élégante &#8211; qui se fait passer pour la psychiatre afin de faire plus ample connaissance. Un peu par hasard, les deux femmes s’échappent de leur environnement pour une aventure sur les traces de leur passé. Comme on part sur un coup de tête, non pas par colère, mais dans la joie et l’excitation de l’inconnu. Si le regard des autres, ceux qui sont censés être normaux, est parfois dur avec Beatrice et Donatella, celui du réalisateur, Paolo Virzi, est d’une grande tendresse. On a rarement vu Valeria Bruni-Tedeschi si belle, libre et exubérante, dans un personnage qui suit toutes ses envies et se fait plaisir. Micaela Ramazzotti, plus rationnelle, plus à vif aussi, est son clown blanc. Petit à petit, chacune devient une bouée pour l’autre. Seules, elles se noient. <span id="more-23789"></span>Les frasques s’enchaînent sur un rythme virevoltant, au gré des hasards et des rencontres, tandis que les carapaces se fendent peu à peu et que les liens se resserrent. Jusqu’à un dénouement qui tranche avec cette fantaisie débridée. Soudainement, le film se fait sobre. Et laisse libre cours à des émotions plus profondes. Une parenthèse enchantée, un récit initiatique bouleversant, et un duo d’actrices magnifique.</p>
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Folles de joie <em>(La Pazza Gioia) de Paolo Virzi, avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaela Ramazzotti… Italie, 2016. Sortie le 8 juin 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016.</em></p>
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