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	<title>Grand Écart &#187; Irlande</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Lorcan Finnegan</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2020 13:35:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
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		<description><![CDATA[Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne 27e édition du Festival de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Un bonheur insoutenable</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/lorcan-finnegan-portrait.jpg" alt="Lorcan Finnegan" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27464" />Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e édition du Festival de Gérardmer</a>. Un film délirant, stupéfiant et signifiant qui méritait bien quelques confidences de la part de son jeune réalisateur irlandais. Rencontre avec Lorcan Finnegan.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Vivarium</em> est une fable surréaliste, métaphorique et cruelle. Êtes-vous d’accord avec cette définition ?</strong></p>
<p>Oui, tout à fait. Même s’il y a tout un tas d’autres interprétations possibles.</p>
<p><strong>Sans oublier sa dimension politique&#8230; </strong></p>
<p>Sociopolitique serait plus juste.</p>
<p><strong>Justement, quels sont les sujets qui parcourent <em>Vivarium</em> ?</strong></p>
<p>Même si chacun y trouve l’interprétation qu’il souhaite, pour moi <em>Vivarium</em> est un point de vue sur un certain mode de vie que l’on a voulu nous vendre comme idéal à partir de la fin des années 1950. En réalité, c’est un modèle absurde et atroce ! Je ne parle évidemment pas de tous les lotissements ni de toutes les banlieues pavillonnaires mais plutôt de ces programmes immobiliers aberrants qui ont poussé au milieu de nulle part. Ils favorisent l’individualisme tout en brisant les individus. Les promoteurs y vendent très cher du rêve à grand renfort de marketing à des gens qui y seront prisonniers pour la vie. Une vie de cauchemar qu&#8217;ils vont passer à rembourser des prêts où les contacts sociaux sont réduits au minimum et où il doivent faire des kilomètres en voiture chaque matin pour aller travailler. C’est quand même très étrange de faire ce choix de vie&#8230; <span id="more-27450"></span></p>
<p><strong>Comment est née l’idée du film ?</strong></p>
<p>Du boom économique qui a eu lieu en Irlande entre 2005 et 2008. À ce moment-là, ces programmes immobiliers ont poussé comme des champignons à travers tout le pays. Les banques accordaient des prêts sans compter et le gouvernement en tirait de gros bénéfices. Mais quand, en 2008, la crise des subprimes a éclaté, ceux qui avaient acheté se sont retrouvés piégés dans ces endroits sans âme. Revendre leur maison devenait impossible, personne ne pouvant plus les acheter, alors que leur niveau d&#8217;endettement grossissait dangereusement. Ces lotissements sont devenus des sortes de cimetières. J’ai connu personnellement pas mal de personnes dans ce cas&#8230; Ce sont toutes ces idées autour d’un contrat social mensonger que nous avons voulu explorer avec le scénariste Garrett Shanley.</p>
<p><strong>Votre vision est sombre. Pensez-vous que nous ayons définitivement perdu la partie face à ce système ?</strong></p>
<p>Sans doute pas si nous nous rendons compte de ce qui se trame à notre insu. La petite fille au début du film n’aime pas ce qu’elle voit (des oisillons morts après avoir été éjectés de leur nid par d’autres poussins plus forts) et c’est bien ! La prise de conscience est indispensable pour les générations futures.</p>
<p><strong>Y aurait-il derrière tout ça une forme de dictature du bonheur ?</strong></p>
<p>Sans doute est-ce la marque du capitalisme de nous imposer un idéalisme illusoire…</p>
<p><strong>Quel est le sens de cette scène d’ouverture naturaliste avec les oisillons ?</strong></p>
<p>Il s’agit de coucous, une race d’oiseaux qui pond dans le nid des autres avant d’abandonner ses œufs. Une fois nés, les poussins coucous dégagent du nid les autres oisillons pour être élevés et nourris de façon exclusive par leurs parents d&#8217;adoption. Ils ont un comportement de parasites. Après avoir vu un documentaire sur les coucous, avec Garrett nous nous sommes dit qu’ils feraient une bonne métaphore des promoteurs immobiliers. Voilà comment est née une des idées principales de l’intrigue. Sinon, c’est également une référence à la violence de la sélection naturelle qui sévit au sein de toutes les espèces, humains compris.</p>
<p><strong>Quel est le rôle des deux classiques de ska jamaïcain<sup>(1)</sup> des <em>60’s</em> que vous utilisez ?</strong></p>
<p>Ce sont des chansons qui parlent de pauvreté sur un rythme ensoleillé. De révolte sociale dans la bonne humeur. C’est à la fois de super morceaux et de formidables contrepoints, d’abord entre paroles et musique, puis entre la musique et la situation désespérée du couple à l’écran.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le film de genre pour traiter votre sujet ?</strong></p>
<p>Le film fantastique permet d’avoir une grande liberté et de laisser libre cours à sa créativité. En se coupant de toute représentation du réel, on peut exagérer à souhait, utiliser toutes les perspectives que l’on veut pour montrer la complexité et l’étrangeté de nos comportements.</p>
<p><strong>Quelles ont été vos références pour ce film ?</strong></p>
<p>L’influence graphique de Magritte est évidente et était présente depuis le début dans le scénario. Je pense aussi aux films du Suédois Roy Andersson, notamment pour la lumière et la photographie, à <em>La Femme des sables</em> (1964) de Hiroshi Teshigahara, au <em>Dernier Survivant</em> (1985), un film de SF post-apocalyptique de Geoff Murphy et à <em>Lost Highway</em> de David Lynch.</p>
<p><strong>Et vos films préférés ?</strong></p>
<p>Qui sait, je ne les ai peut-être pas encore vus… Sinon, j’ai grandi avec les films d’horreur et les épisodes de <em>Twilight Zone</em> à la télévision, les films de David Cronenberg. J’aime tous les genres de films, du moment que c’est du bon cinéma. En aparte, j’aimerais dire qu’on me parle souvent de <em>Black Mirror</em> comme si c’était une référence de <em>Vivarium</em>. Mais la vérité est que le projet a été initié bien avant la diffusion du premier épisode de la série, qui est excellente par ailleurs. </p>
<p><strong>Votre prochain projet sera-t-il toujours un film fantastique ?</strong></p>
<p>Ce sera effectivement un thriller surnaturel sur le thème de la vengeance. Il y aura encore une dimension politique puisqu’il évoquera l’exploitation humaine en Asie liée à l’industrie occidentale de la mode. Grâce au cinéma, on peut envoyer des messages importants au plus grand nombre. Quoi qu’il en soit, j’ai besoin d’une thématique forte pour aller au bout d’un projet.</p>
<p>(1) <em>A message To You Rudy</em> (Dandy Livingstone, 1967) et <em>007</em> (Desmond Dekker, 1967).</p>
<p>&nbsp;<br />
Vivarium <em>de Lorcan Finnegan, avec Jesse Eisenberg, Imogen Poots. Etats-Unis, Irlande, 2019. En compétition au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 11 mars 2020.</em></p>
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		<title>Chasseuse de géants, d&#8217;Anders Walter</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 07:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[La jeune Barbara n'est pas qu'une adolescente à lunettes munie d'un serre-tête avec des oreilles de lapin. Non, elle pourfend également des géants de son marteau magique...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un géant encore trop vert&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/chasseuse-geants-anders-walter-1.jpg" alt="Chasseuse de géants, d&#039;Anders Walter" width="280" height="155" class="alignleft size-full wp-image-26091" />La jeune Barbara n&#8217;est pas qu&#8217;une adolescente à lunettes munie d&#8217;un serre-tête avec des oreilles de lapin. Non, elle pourfend également des géants de son marteau magique, baptisé du nom d&#8217;un ancien joueur de baseball. Du moins, le croit-elle dur comme fer. Car ni ses frère et sœur, ni sa nouvelle amie Sophia, ni ses camarades à la brimade facile, ni sa psychologue, ne daignent la prendre au sérieux. Aussi traîne-t-elle comme une carapace, le qualificatif de folle, qui lui permet, au mieux, d&#8217;être évitée par tout un chacun. Au pire, elle n&#8217;est pas à l&#8217;abri d&#8217;une rouste intempestive. Mais qu&#8217;importe ! Elle a le monde à sauver de ces géants malfaisants qui ne trouvent rien de mieux que de se confondre avec les arbres de la forêt&#8230;</p>
<p>Il a fallu plus de deux années et demie au réalisateur danois Anders Walter pour réaliser cette <em>Chasseuse de géants</em>, qui succède à <em>Helium</em>, Oscar du court-métrage en 2014. Courtisé par Hollywood, fasciné par le roman graphique éponyme de Joe Kelly et JM Ken Niimura, le réalisateur a emmené femme et enfant à Los Angeles pour tenter de développer ce projet d&#8217;envergure qui nécessite à la fois de grands élans d&#8217;émotion et des effets spéciaux impressionnants. Le film possède d&#8217;ailleurs toutes les qualités et les menus défauts des premiers longs-métrages : une envie de montrer son savoir-faire, un besoin de se mesurer aux plus grands (Guillermo Del Toro ne semble pas si loin), quitte à faire trop long et oublier au passage, entre une sincérité évidente de son propos, des pointes d&#8217;originalité&#8230; <span id="more-26062"></span></p>
<p>Car Anders Walter passe après bien des films ambitieux sur l&#8217;enfance ou l&#8217;adolescence qui se réfugie dans l&#8217;imaginaire pour éviter de se plonger dans une réalité tragique. Il y a déjà eu, entre autres, <em>L&#8217;Histoire sans fin, Donnie Darko, Le Labyrinthe de Pan</em> et plus près de nous,<em> Quelques minutes après minuit</em>, un frère jumeau de cette<em> Chasseuse de géants</em>, en plus fort, vibrant et mieux maîtrisé. Si Anders Walter évite le copier-coller de justesse avec ce dernier, il souffre terriblement de la comparaison. Mais il a une arme qui le sauve malgré tout : non pas un marteau magique, mais une interprète saisissante pour le rôle ô combien difficile de Barbara. Physique, charismatique, émouvante, Madison Wolfe, 15 ans et ses déjà quatre années de carrière. A chaque fois, elle se plonge corps et âme, comme une grande, dans des prestations dramatiques marquantes : <em>Conjuring 2, Joy</em> ou encore<em> Dalton Trumbo</em>. Le géant Hollywood n&#8217;a qu&#8217;à bien se tenir&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Chasseuse de géants<em> (I Kill Giants) d&#8217;Anders Walter, avec Madison Wolfe, Zoe Saldana, Imogen Poots, Sydney Wade&#8230; Etats-Unis, Belgique et Irlande, 2017. Présenté en compétition officielle du Festival du film fantastique de Gérardmer 2018.</em></p>
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		<title>The Lodgers de Brian O&#8217;Malley</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Feb 2018 14:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A deux, on est moins forts - Il était une fois deux jumeaux, Rachel et Edward. Ils vivent en reclus, comme dans tout bon conte qui se respecte, dans une grande demeure perdue au fond des bois...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>A deux, on est moins forts&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/the-lodgers-brian-o-malley.jpg" alt="The Lodgers, de Brian O&#039;Malley" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-26059" />Il était une fois deux jumeaux, Rachel et Edward. Ils vivent en reclus, comme dans tout bon conte qui se respecte, dans une grande demeure perdue au fond des bois et au bord d&#8217;un lac aux eaux sombres. Bien évidemment, ils cachent un épouvantable secret qui commence à devenir trop lourd pour leurs frêles épaules. Pour tromper l&#8217;ennui qui pèse sur leur existence, ils suivent des règles imposées par des esprits censés veiller sur eux : ils ne doivent jamais ramener de personnes inconnues en leur logis qui tombe en ruines, être dans leurs lits à minuit et ne jamais être trop longtemps séparés l&#8217;un de l&#8217;autre. Sous peine de&#8230; On ignore quoi au juste, mais certainement pas une partie de bingo improvisée.</p>
<p>Evidemment, le jour de leurs 18 ans, ces règles qui les construisent et les définissent, vont peu à peu voler en éclats. Car Rachel ne rêve que d&#8217;une chose : connaître le monde extérieur (en dehors de l&#8217;épicerie du coin où elle s&#8217;en va quérir des denrées alimentaires à crédit) et si possible, le faire en solitaire. Et quand elle rencontre Sean, le fils de l&#8217;épicière rentré éclopé de la guerre, cela agit comme un détonateur en elle. Cette vie tant rêvée, elle la veut désormais coûte que coûte, elle la sent à portée de main et en amoureux tant qu&#8217;à faire, même si cela en vient à contrecarrer les plans de ses esprits domestiques qui n&#8217;ont dès lors plus qu&#8217;un seul objectif : la tourmenter. Et ce qui commence comme une jolie petite comptine que Rachel et Edward se chantent pour eux (en réalité, les règles qui les régissent), devient peu à peu un horrible cauchemar&#8230; <span id="more-26053"></span></p>
<p>Brian O&#8217;Malley revient enfin au cinéma, trois ans après <em>Let us Prey</em> qui avait déjà fait couler des hectolitres de sueur froide. Avec<em> The Lodgers</em> (ou<em> Les Locataires</em>), il met le curseur encore plus loin. Si les histoires de maisons délabrées dans la forêt où vivent en autarcie des personnages blafards sont presque un genre à elles seules dans le cinéma fantastique, il réussit à insuffler suffisamment d&#8217;originalité à son récit pour captiver de bout en bout celui ou celle qui daignera tourner les pages de ce conte horrifique. Les images sont à elles seules époustouflantes d&#8217;esthétisme. La caméra se promène en virtuose dans les couloirs défraîchis et humides de la demeure, les prises de vues sous-marines sont aussi angoissantes que fascinantes et surtout, le réalisateur capte la beauté dans chaque détail et qu&#8217;importe, au final, le terrible secret qui relie ce frère et cette sœur à ces esprits (plus ou moins) protecteurs. Tout le chemin parcouru qui y mène est jalonné de moments forts en suspense et en émotions, portés par deux comédiens exceptionnels : Charlotte Vega et Bill Milner, aux pâleurs surannées dont on aimerait y découvrir quelques couleurs, quelques traces de vie et d&#8217;espoir. Entre attraction et répulsion, au bord d&#8217;un inceste passionnel, les deux frère et sœur semblent inéluctablement placés sur le même chemin funeste. A moins d&#8217;un grand sacrifice. Et dès lors, ce ne sont plus les esprits qui nous terrorisent, mais les choix qu&#8217;ils vont devoir faire pour s&#8217;en affranchir&#8230; Un film aussi beau que vénéneux.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Lodgers <em>de Brian O&#8217;Malley, avec Charlotte Vega, Bill Milner, Eugene Simon, David Bradley&#8230; Irlande, 2017. En compétition officielle du Festival de Gérardmer 2018.</em></p>
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		<title>L&#8217;Epreuve, d&#8217;Erik Poppe</title>
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		<pubDate>Fri, 08 May 2015 11:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/affiche-epreuve-erik-poppe-binoche-coster-waldau.jpg" alt="L&#039;Epreuve, d&#039;Erik Poppe" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-21078" />Abus d&#8217;alcool à foison, overdoses en veux-tu en voilà, sexe dans tous ses états, vice du jeu, le cinéma pointe souvent de la pellicule les addictions en tous genres, les héros qui sombrent malgré eux, emportés dans leur spirale infernale qu&#8217;ils ont eux-même initiée. Mais l&#8217;addiction à son métier, rarement. <em>A fortiori</em> quand il est dangereux, au point de perdre la vie quand ce n&#8217;est pas sa famille. Voilà la première originalité de <em>L&#8217;Epreuve</em>. Ici, Rebecca (Juliette Binoche, intense et nuancée) est photographe de guerre. C&#8217;est sa passion, ce qui rythme son existence. On pense à Sebastiao Salgado dans sa première partie de carrière. Comme lui, elle est incapable de ne pas affronter la mort sur son propre terrain. Elle est sur tous les fronts en guerre et n&#8217;hésite pas à brandir son objectif en toute circonstance, même si elle risque d&#8217;y perdre un bras. Là, en l&#8217;occurrence, c&#8217;est un poumon, après un reportage explosif à Kaboul. Son mari (Nikolaj Coster-Waldau, impressionnant et touchant) la recueille à l&#8217;hôpital. Et comme d&#8217;habitude, il panse les plaies de celle qui est partie si loin de sa famille (deux filles en manque de mère et de repères) pour capturer en noir et blanc, ici un conflit armé, là des gens agonisants après un attentat terroriste. C&#8217;est la seconde originalité du film. Ulysse et Pénélope sont inversés. Ulysse porte jupon et s&#8217;envole à l&#8217;autre bout du monde, pendant qu&#8217;une Pénélope à barbe s&#8217;inquiète et veille sur leur progéniture. Mais Pénélope n&#8217;en peut plus de cette vie et oblige Ulysse à quitter son univers d&#8217;aventures mortifères pour une vie paisible entouré des siens. Rebecca accepte. Mais chassez le naturel, l&#8217;appareil photo revient au galop, emportant tout sur son passage&#8230; Tantôt drame intime, aux images léchées et esthétiques, tantôt romance contrariée ou véritable film de guerre (le premier quart d&#8217;heure est particulièrement prenant), <em>L&#8217;Epreuve</em> oscille entre plusieurs genres. Il prend son temps, ne juge jamais ses personnages qui ont tous leurs raisons d&#8217;agir comme ils le font. S&#8217;il n&#8217;évite pas les violons et les sanglots, le personnage de Rebecca est si rare au cinéma qu&#8217;il serait dommage de passer à côté de lui et de ses choix. Si Salgado a su transformer son art en magnifiques paysages et reportages animaliers pour retrouver une paix intérieure, gageons que Rebecca en fera autant, quand elle sera allée au bout du chemin. Elle n&#8217;en est plus très loin. C&#8217;est là, sa plus grande épreuve. </p>
<p>&nbsp;<br />
L&#8217;Epreuve <em> (Tusen ganger god natt) d&#8217;Erik Poppe , avec Juliette Binoche, Nikolaj Coster-Waldau, Lauryn Canny&#8230; Norvège, Irlande, Suède, 2013. Sortie le 6 mai 2015. </em></p>
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		<title>Mademoiselle Julie, de Liv Ullmann</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Sep 2014 20:39:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
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		<description><![CDATA[Adaptation imprécise - Irlande, 1890. Lors des fêtes de la nuit de la Saint-Jean, la belle Mademoiselle Julie, fille de baron réputée lunatique, descend aux cuisines du château familial pour réclamer...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Adaptation imprécise</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/09/mademoiselle-julie-liv-ullman-chastain-affiche.jpg" alt="Mademoiselle Julie, de Liv Ullmann" title="Mademoiselle Julie, de Liv Ullmann" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19170" />Irlande, 1890. Lors des fêtes de la nuit de la Saint-Jean, la belle Mademoiselle Julie, fille de baron réputée lunatique, descend aux cuisines du château familial pour réclamer une danse au jeune valet de son père. Elle séduit, il résiste, ils tombent ensemble : la nuit se referme autour de leur couple, précipitant une lutte d’amour, de morale et de pouvoir où la survie de l’un réclame la chute de l’autre. </p>
<p>Difficile pourtant de ressentir la fureur de la pièce d’August Strindberg (1888) dans le silence paisible de cette cuisine bien rangée choisie par Liv Ullmann. L’âtre reste froid, les fenêtres laissent entrer une lumière d’après-midi, les cuivres scintillent comme le chignon de Jessica Chastain. Ni cris, ni musique, ni désordre d’un banquet, rien de la folie de cette nuit de la Saint-Jean où Strindberg voulait pourtant que « la lassitude grise et la tête s’échauffe ». Dans ce décor de Vermeer, demoiselle confuse et valet troublé courent avec raideur autour de la table, peinant à transmettre leur rage et leur impuissance.</p>
<p>Jessica Chastain, dont on pouvait espérer un rendu flamboyant du trouble complexe de l’héroïne, livre une performance de souffles courts et de roulements d’yeux sauvée par un moment de grâce au sommet de la tension. Jeu inégal aussi pour Colin Farrell, qui alterne entre soumission et triomphe, s’éloignant du renversement net voulu par Strindberg au cœur de la pièce. <span id="more-19167"></span>L&#8217;ensemble crée un effet volatile et sans direction, où l’on comprend les enjeux de la folie féminine et de l’opposition de classe, sans pleinement vivre le dilemme posé à l’héroïne. C’est finalement Samantha Morton, dans le rôle secondaire de la cuisinière fiancée au valet, qui parvient à camper le personnage le plus précis.</p>
<p>Si cette adaptation de la réalisatrice norvégienne montre des choix intéressants, libérant notamment l’héroïne de toute référence à l’éducation donnée par sa mère, c’est souvent le texte même de Strindberg, toujours neuf et puissant, qui vient soutenir le film. </p>
<p>&nbsp;<br />
Mademoiselle Julie<em> de Liv Ullmann, avec Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton&#8230; Norvège, Irlande, 2014. Sortie le 10 septembre 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3l03z5/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Jimmy’s Hall : Rencontre avec Ken Loach et Paul Laverty</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jun 2014 07:05:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[histoire vraie]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande]]></category>
		<category><![CDATA[Ken Loach]]></category>

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		<description><![CDATA[Rencontre avec le réalisateur et le scénariste de <em>Jimmy's Hall</em>, où l’on parle d’un joyeux révolutionnaire irlandais, de la taille d’une vessie écossaise, de Julian Assange et de la Coupe du monde.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Où l’on parle d’un joyeux révolutionnaire irlandais, de la taille d’une vessie écossaise, de Julian Assange et de la Coupe du monde.</em> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/jimmy-hall-affiche.jpg" alt="Affiche de Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Affiche de Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18636" />Sur une table poussiéreuse du Hall tout juste rouvert, Jimmy place le gramophone qu’il a rapporté des Etats-Unis. Le disque tourne et grésille dans le silence. Un air de saxophone s’élève. En habits de grosse toile, le public de Leitrim, dans le nord brumeux de l’Irlande, hausse les sourcils. Jimmy fait un pas à droite, un pas à gauche, lance un sourire plein de fossettes sous une masse de boucles noires, puis esquisse une secousse du pelvis qui provoque des rires étouffés. Bientôt tout le monde fait ses premiers pas de shim sham, et l’interroge sur les femmes noires avec lesquelles il a dansé à New York. </p>
<p>1932. Dix ans après la signature du traité anglo-irlandais, le jeune Etat libre d’Irlande, en pleine crise économique, se dote d’un nouveau gouvernement relativement progressiste pour remplacer les conservateurs au pouvoir depuis 1921. James Gralton, un ancien membre de l’IRA et militant communiste anti-traité, qui a émigré aux Etats-Unis après la ratification, saisit l’occasion pour rentrer au pays. De retour à Effernagh, dans le comté gris et rocailleux de Leitrim, il rouvre le Pearse-Connolly Hall, une maison commune qu’il animait au temps de la révolution et qui porte le nom de deux penseurs socialistes irlandais. <span id="more-18628"></span> </p>
<p><em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/competition-palme-or-2014/jimmys-hall-ken-loach/" target="_blank">Jimmy’s Hall</a></em> redonne vie à Gralton en retraçant son combat pour la survie du lieu contre l’Eglise et les conservateurs catholiques. Le film se place comme une suite spirituelle de <em>Le vent se lève</em> : dix ans après le traité, l’Irlande est bien devenue le <em>« trou perdu infesté de prêtres »</em> annoncé dans le film de 2006. On retrouve la grisaille, la lutte, la violence. C’est pourtant la chaleur dorée du Hall qui l’emporte, et toute la personnalité simple et libre de cette baraque de fête filmée sans artifices. Moins strictement politique que <em>Le vent se lève</em>, <em>Jimmy’s Hall</em> s’attarde ainsi plutôt sur la libération de l’esprit et le rassemblement par la musique et la danse. </p>
<p>Avec ce Jimmy à la fois engagé et léger, Ken Loach crée un homme riche et nuancé, peut-être plus complet que la plupart de ses personnages principaux. Et ajoute, pour son dernier film de fiction (paraît-il), une touche légère à son œuvre : si la dignité de l’être humain passe par la justice sociale, elle doit aussi beaucoup à la joie de vivre. </p>
<p><strong>Pour situer un personnage qui nous est inconnu en France : qui est Jimmy Gralton ? Un héros national irlandais ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/loach-laverty-1.jpg" title="Ken Loach et Paul Laverty" alt="Ken Loach et Paul Laverty" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18632" />Paul Laverty (scénariste) : Non, il n’est pas du tout connu en Irlande. Même s’il est le seul Irlandais à s’être fait exiler de son propre pays, très peu de gens en ont entendu parler là-bas. Ce n’est pas étonnant : on a essayé d’effacer son souvenir. Tous les fichiers sur son arrestation et sa déportation ont mystérieusement disparu. La plupart de ceux qui le connaissent sont des locaux, des gens de Leitrim qui ont eu l’histoire par leurs grands-parents.</p>
<p><strong>Pourquoi vouloir faire un film sur lui ?</strong></p>
<p>PL : J’ai entendu parler de James Gralton par un ami comédien, rencontré au Nicaragua pendant la révolution sandiniste des années 1980 <em>[alors que Paul était avocat pour les droits de l’homme, ndlr]</em>. J’ai revu cet ami il y a trois ans. En me documentant alors sur la vie de Gralton, j’ai été frappé par la volonté collective d’ouvrir ce centre comme un espace d’apprentissage et de liberté dans un pays de plus en plus autoritaire, dominé par l’idéologie de l’Eglise catholique qui traitait l’éducation comme son apanage. La conclusion de l’histoire et ses ramifications en faisaient aussi un projet prometteur. Ken a très vite été d’accord avec moi. </p>
<p>Ken Loach : C’est une histoire très riche, qui remet en cause l’idée d’une gauche moribonde et déprimante. Le centre de Jimmy incarne un esprit frondeur, donne un espace où les idées peuvent être mises à l’épreuve.</p>
<p><strong>Comment ce film a–t-il pu voir le jour, techniquement ?</strong></p>
<p>KL : Nous avons reconstruit un véritable centre, proche de son endroit d’origine. C’était le plus facile, pour rendre au mieux l’impact de ce paysage sur les habitants, à cause des marais et de la brume. Et je pense qu’un décor grandeur nature impose une discipline de tournage que le spectateur ressent, les possibilités de plans sont limitées. Même chose pour les acteurs : nous avons tâché de recruter des gens sur place, pour garder l’esprit du lieu. Cela n’a pas été entièrement possible, donc nous avons élargi nos recherches en auditionnant à Londres, mais sans passer par une agence de casting. Barry Ward <em>[qui joue Jimmy, ndlr]</em> a été recruté comme cela ; il nous fallait quelqu’un de rare, ni trop jeune ni trop vieux, qui paraisse chaleureux, généreux, astucieux et solide. </p>
<p><strong>A cause de la disparition des archives, vous aviez peu de documents historiques pour lui redonner vie et reconstituer les faits. Comment réinventer en restant le plus proche possible de la réalité ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/loach-ken-jimmy-hall.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-18639" />KL : Il y avait quelques archives de journaux, un documentaire de la radio irlandaise, et tout ce que nous ont dit les familles de Leitrim. Insuffisant pour créer un personnage en chair et en os. Il a fallu imaginer. D’abord, c’était certainement un homme de caractère : il en faut pour être un activiste politique, aller d’un combat à un autre en sacrifiant la possibilité d’une vie de famille. Mais il devait aussi avoir une forme de vie privée, que nous avons imaginée à travers son histoire avec Oonagh.</p>
<p>PL : C’était très important d’aller voir Leitrim par nous-mêmes, pour voir cette terre de tourbe et de roseaux où les fermiers étaient si pauvres qu’ils envoyaient leurs enfants faire la récolte de pommes de terre en Ecosse. Les locaux nous ont aussi livré cette belle anecdote : la mère de Jimmy tenait le bibliobus local. Tout cela nous a permis de deviner quelqu’un de riche, très conscient de la fragilité de la vie, mais qui avait aussi appris à être curieux et à poser des questions. Et il avait certainement beaucoup de courage physique. A l’époque, en Irlande, il en fallait pour s’opposer ouvertement à un prêtre. </p>
<p><strong>Ce n’est pas évident pour un public occidental moderne de comprendre combien il a pu être difficile de s’opposer à un prêtre. Comment avez-vous pris cela en compte ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/ken-loach-laverty-jimmy-hall.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18642" />KL : On espère que le public fera le lien avec ceux qui n’ont pas le droit de s’exprimer maintenant, comme Jim à l’époque. Edward Snowden, par exemple, dont la vie est aujourd’hui menacée. Julian Assange, aussi, qui ne peut pas quitter l’ambassade de l’Equateur à Londres, il est prisonnier. Ce n’est plus l’Eglise, mais il y a toujours une forme de pouvoir orthodoxe qui préfère que certaines informations ne soient pas diffusées.</p>
<p><strong>La différence est que Julian Assange et Edward Snowden ne sont pas des gens particulièrement joyeux, pas en public en tout cas. Jimmy, au contraire, animait le Hall pour en faire un endroit de fête. Il me semble que c’est quelque chose que vous avez mis en avant presque plus que l’aspect politique.</strong> </p>
<p>KL : C’est possible… On voulait surtout montrer des scènes de chaque composante du personnage, en gardant l’activisme réel pour la fin. Vous savez, les discussions politiques du début à la fin, ça peut devenir pénible. </p>
<p>PL : Et ce n’est pas contradictoire, en fait. Rapporter un gramophone et donner des cours de jazz à Leitrim permettaient d’éveiller la curiosité. D’attirer vers de nouvelles choses et de nouveaux points de vue. La musique et la danse font partie de ce qui fait un être humain complet. </p>
<p>KL : Oui, le poème de Yeats dans le film, le jazz, tout ça fait partie de la libération de l’esprit, alors que le prêtre voulait des gens enfermés et prêts à obéir aux ordres. Nous avons cherché à donner une vision large de comment devenir ce que l’on peut être. </p>
<p><strong>Pourtant, rien de tout cela n’apparaît dans <em>Le vent se lève</em>…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/le-vent-se-leve.jpg" alt="Le Vent se lève de Ken Loach" title="Le Vent se lève de Ken Loach" width="205" height="270" class="alignleft size-full wp-image-18646" />KL : <em>[Il rit]</em>… C’est déjà un miracle qu’on ait pu montrer tout ce qu’on voulait en moins de trois heures dans ce film ! </p>
<p>PL : C’est vrai, on a déjà couvert tellement, la guerre, le traité, la guerre civile… </p>
<p>KL : C’est une règle : un film ne devrait pas être plus long qu’un match de foot. Après ça, même si c’est un bon film, on se balance sur son siège. </p>
<p>PL : Et en Ecosse, on commence à vouloir aller pisser après la pinte du début du film… C’est bien beau de parler de la structure narrative, mais il faut surtout étudier la vessie. </p>
<p><strong>A propos de musique : vous avez mis cette jolie scène dans le film, où le prêtre écoute le disque de jazz que Jimmy a déposé sur le pas de sa porte et ne voit pas de mal à le trouver bon. Il me semble que le vrai Father O’Dowd n’aurait jamais fait cela&#8230;</strong></p>
<p>PL : C’est vrai. Les articles de presse de l’époque montrent que tous ces conservateurs étaient basiques et brutaux. Father O’Dowd m’a paru tout à fait stupide. Je ne pouvais pas écrire quelque chose comme ça. Il a fallu leur donner plus d’humanité pour les rendre intéressants, pour rendre Jimmy plus intéressant aussi. </p>
<p>KL : Oui, c’est mieux de créer deux ennemis de poids similaire. Et l’écriture de Paul est très bonne au sens où tout ce que dénonce le père Sheridan du film est vrai : la culture irlandaise a vraiment été mise en danger par les occupants britanniques, pendant longtemps, notamment la destruction de la langue et les discriminations contre les catholiques. Sheridan a tout à fait raison sur ce point. Cela donne une tension intéressante au film. </p>
<p><strong>Le film se termine sur l’image d’une nuée de jeunes qui suivent Jimmy en jurant d’apprendre le shim sham à leurs enfants. Y a-t-il un message dans cette image, celui d’un éternel retour de la révolution ?</strong></p>
<p>KL : Les jeunes sont toujours ceux qui peuvent provoquer le changement… Aujourd’hui, c’est très important qu’ils continuent à croire que la situation dépend d’eux, et qu’ils s’engagent pour changer les choses. Le pire est de rester sur la touche. </p>
<p><strong>Que faut-il changer aujourd’hui ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/loach-laverty-vent-leve-jimmy.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" title="Jimmy&#039;s Hall de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18649" />KL : Le problème fondamental, c’est la notion de profit… Le système capitaliste laisse les employeurs faire des profits avant de redistribuer. Ce n’est pas juste, c’est pour cela qu’il faut collectiviser les moyens de production.</p>
<p>PL : il y a beaucoup de cynisme. Les gens au pouvoir sont toujours ceux qui ont provoqué la crise. Obama et son administration, par exemple. Obama est un avocat d’affaires à l’origine ; il est comme Blair, il a toujours été pro-business malgré son discours. Il a simplement volé les combats et les slogans des classes modestes aux Etats-Unis. Et prenez <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/recadrages/etude-analyse-critique-pain-gain-loup-wall-street-1-michael-bay-martin-scorsese/" target="_blank">Le Loup de Wall Street</a></em>. Il y a un mensonge dans ce film. Il fait croire que les problèmes du capitalisme viennent d’une petite troupe de gens avides et sous cocaïne. Mais ce n’est pas le cas, le problème vient de gens apparemment normaux, avec des intonations cordiales, qui ont des emplois hauts placés et font froidement marcher le système dans leur sens. </p>
<p>KL : Oui, on ressort du <em>Loup de Wall Street</em> en pensant que le système se porterait mieux si seulement certaines personnes étaient moins folles, cupides et droguées. Ce n’est pas vrai. </p>
<p><strong>Une dernière question pour Ken. Il paraît que <em>Jimmy’s Hall</em> est votre dernier film de fiction… Qu’allez-vous faire maintenant ?</strong></p>
<p>KL : Je ne sais pas. Regarder la Coupe du monde… Il faut savoir se retirer. En termes footballistiques, si on n&#8217;arrive plus à bien calculer ses passes et à courir de haut en bas du terrain, il faut partir. On verra.</p>
<p>&nbsp;<br />
Jimmy&#8217;s Hall <em>de Ken Loach avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton&#8230; Angleterre, 2013. Sortie le 2 juillet 2014.</em></p>
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		<title>Jimmy&#8217;s Hall, de Ken Loach</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Apr 2014 09:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compétition du 67e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande]]></category>

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		<description><![CDATA[En compétition au 67e Festival de Cannes Qui ? Sa productrice, Rebecca O&#8217;Brien, a déclaré cet été que Ken Loach raccrocherait « probablement » les gants, en tout cas de la fiction, après...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>En compétition au 67e Festival de Cannes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/jimmy-s-hall-ken-loach.jpg" alt="Jimmy&#039;s Hall, de Ken Loach" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-17182" /><strong>Qui ?</strong></p>
<p>Sa productrice, Rebecca O&#8217;Brien, a déclaré cet été que Ken Loach raccrocherait « <em>probablement</em> » les gants, en tout cas de la fiction, après <em>Jimmy&#8217;s Hall</em>. Alors quel plus bel écrin que les 24 marches rouges du Palais des festivals pour lui dire adieu, lui qui a déjà dans son escarcelle une Palme d&#8217;or (<em>Le vent se lève</em>), trois prix du Jury (<em>Hidden Agenda</em>, <em>Raining Stones</em>, et <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/part-des-anges-ken-loach/">La Part des anges</a></em>), un prix du Scénario pour son fidèle comparse Paul Laverty (<em>Sweet Sixteen</em>) et une ribambelle de prix FIPRESCI (critique internationale) et de prix œcuméniques, en douze participations. Mais le détenteur du record du nombre de films en compétition pourrait changer d&#8217;avis. Ce dernier tour de piste a finalement réveillé ses envies, puisque Ken Loach, 78 ans en juin, a déclaré au <em>Hollywood Reporter</em> qu&#8217;« <em>un petit film contemporain pourrait être une possibilité</em> » pour retravailler avec Paul Laverty, son scénariste depuis <em>Carla&#8217;s Song</em>, sans convoquer une production trop encombrante. Sur les marches du Palais, Ken Loach commencera alors sa carrière à la Aznavour : une première tournée d&#8217;adieu&#8230; avant les suivantes.</p>
<p><strong>Quoi ?</strong></p>
<p>Pour ses faux adieux au Festival, Ken Loach avait pourtant bien fait les choses. Avec <em>Le vent se lève</em> – comme il l&#8217;avait fait avec <em>Land and Freedom</em> – ce ne sont plus les luttes sociales du quotidien qu&#8217;il met en scène, mais celles de l&#8217;Histoire, en l&#8217;occurrence celle des guerres civile et pour l&#8217;indépendance de l&#8217;Irlande dans les années 1920. Pour ce qui était annoncé comme sa dernière participation, Ken Loach met toutes les chances de son côté en refoulant le sol irlandais avec un portrait de Jimmy Gralton. Leader communiste dans l&#8217;Irlande des années 1930, il est le seul Irlandais expulsé d&#8217;Irlande alors qu&#8217;il utilisait sa salle de danse, Jimmy&#8217;s Hall, donc, comme une tribune politique. Une histoire de l&#8217;oppression qui traverse le siècle, avec laquelle Ken Loach, comme l&#8217;Irlande et la Grande-Bretagne, n&#8217;en ont pas terminé.</p>
<p><strong>Résultat des courses ?</strong> </p>
<p>Sur une table poussiéreuse du Hall tout juste rouvert, Jimmy place le gramophone qu’il a rapporté des Etats-Unis. Le disque tourne et grésille dans le silence. Un air de saxophone s’élève. En habits de grosse toile, le public de Leitrim, dans le nord brumeux de l’Irlande, hausse les sourcils. Jimmy fait un pas à droite, un pas à gauche, lance un sourire plein de fossettes sous une masse de boucles noires, puis esquisse une secousse du pelvis qui provoque des rires étouffés. Bientôt tout le monde fait ses premiers pas de shim sham, et l’interroge sur les femmes noires avec lesquelles il a dansé à New York.</p>
<p>1932. Dix ans après la signature du traité anglo-irlandais, le jeune Etat libre d’Irlande, en pleine crise économique, se dote d’un nouveau gouvernement relativement progressiste pour remplacer les conservateurs au pouvoir depuis 1921. James Gralton, un ancien membre de l’IRA et militant communiste anti-traité, qui a émigré aux Etats-Unis après la ratification, saisit l’occasion pour rentrer au pays. De retour à Effernagh, dans le comté gris et rocailleux de Leitrim, il rouvre le Pearse-Connolly Hall, une maison commune qu’il animait au temps de la Révolution et qui porte le nom de deux penseurs socialistes irlandais.</p>
<p>Jimmy’s Hall redonne vie à Gralton en retraçant son combat pour la survie du lieu contre l’Eglise et les conservateurs catholiques. Le film se place comme une suite spirituelle de Le Vent se Lève : dix ans après le traité, l’Irlande est bien devenue le «trou perdu infesté de prêtres » annoncé dans le film de 2006. On retrouve la grisaille, la lutte, la violence. C’est pourtant la chaleur dorée du Hall qui l’emporte, et toute la personnalité simple et libre de cette baraque de fête filmée sans artifices. Moins strictement politique que Le Vent se Lève, Jimmy’s Hall s’attarde ainsi plutôt sur la libération de l’esprit et le rassemblement par la musique et la danse.</p>
<p>Avec ce Jimmy à la fois engagé et léger, Ken Loach crée un homme riche et nuancé, peut-être plus complet que la plupart de ses personnages principaux. Et ajoute, pour son dernier film de fiction (paraît-il), une touche légère à son œuvre : si la dignité de l’être humain passe par la justice sociale, elle doit aussi beaucoup à la joie de vivre.</p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3qfllx/zone/2/"></script></center></p>
<p>Jimmy&#8217;s Hall, <em>de Ken Loach avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton&#8230; Angleterre. Sortie en salle le 2 juillet 2014.</em></p>
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		<title>The Last Days on Mars, de Ruairi Robinson</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2014 06:35:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que l&#8217;équipe scientifique de la base Tantalus vit ses dernières heures sur Mars avant de laisser la place à la relève, un de ses membres fait une découverte capitale...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/the-last-days-on-mars-ruairi-robinson-s.jpg" alt="The Last Days on Mars, de Ruairi Robinson" title="The Last Days on Mars, de Ruairi Robinson" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-16059" />Alors que l&#8217;équipe scientifique de la base Tantalus vit ses dernières heures sur Mars avant de laisser la place à la relève, un de ses membres fait une découverte capitale à partir d&#8217;un prélèvement fossile : l&#8217;existence d&#8217;une forme de vie bactérienne. Afin de s&#8217;en attribuer tout le mérite, il s&#8217;empresse de partir sur le terrain en dépit des normes de sécurité. Et là, c&#8217;est le drame… Le sol se dérobe sous ses pieds et il disparaît dans les profondeurs de la crevasse. Le reste de l&#8217;équipe se lance à son secours, mais en vain. Petrovich et Dalby, l&#8217;équipière qui l&#8217;accompagnait dans sa sortie, restent introuvables avant de réapparaître dans un drôle d&#8217;état… Devenus hyper-agressifs, les lascars ont la face cramoisie et sont adeptes d&#8217;une bagarre de tradition. Un style pied-poing certainement hérité des pubs irlandais… Attention, les zombies sont dans la place !</p>
<p>Seul film de SF en compétition, <em>The Last Days on Mars</em> montre d&#8217;entrée ses muscles d&#8217;aspirant blockbuster. Production irlandaise labellisée par un studio à la réputation universelle, casting de vieux routiers pour faire le job &#8211; Liev Schreiber, Elias Koteas (USA) et Olivia Williams (GB) &#8211; premier long-métrage d&#8217;un jeune Irlandais, Ruairi Robinson, fournisseur officiel de courts-métrages depuis dix ans… Un packaging séduisant sur le papier qui devait garantir un honorable divertissement du samedi soir. Confier les clés du vaisseau à un bleu est un pari toujours louable et parfois payant pour apporter audace et fraîcheur à des entreprises déjà bien formatées. Malheureusement, de peur d&#8217;abîmer la grosse berline qu&#8217;on vient de lui confier, Robinson la joue timide et scolaire. <span id="more-16056"></span>Avec une tension affichant 0,5 sur le manomètre, il paraît évident que le suspense est une option absente de cette version martienne du film de zombies. Alors que l&#8217;équipe Tantalus commence à se faire décimer puis infecter dans les règles &#8211; ayant cours dans tout film d&#8217;horreur spatiale, du pire au meilleur &#8211; sans qu&#8217;on éprouve la moindre compassion, l&#8217;ennui gagne sérieusement du terrain. Le temps de  s&#8217;interroger jusqu&#8217;à la fin du film sur les modalités de transmission de l&#8217;infection : se fait-elle par l&#8217;air de Mars ? Par le sang des infectés ? Par simple contact avec un infecté ? Par tout ça en même temps ? Est-ce que ça compte quand un zombie utilise une perceuse ? Et l&#8217;étranglement, ça marche aussi ? Le nombre de zombies est-il inversement proportionnel à la durée du film ?…</p>
<p>Suspense manquant à l&#8217;appel, narration indigente, décors de pacotille, sens de l&#8217;action inexistant, ennui abyssal… Non, Mr Robinson ! avec <em>The Last Days on Mars</em>, vous venez de manquer votre permis de film martien en affichant un score inférieur à <em>Mission to Mars</em>… Ah, quand même.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Last Days on Mars <em>de Ruairi Robinson, avec Liev Schreiber, Olivia Williams, Elias Koteas&#8230; Angleterre, Irlande, 2013. Présenté en compétition du 21e Festival international du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
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		<title>As if I am not There, de Juanita Wilson</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/as-if-not-there-juanita-wilson-guerre-balkans/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/as-if-not-there-juanita-wilson-guerre-balkans/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 18:23:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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		<description><![CDATA[Adaptation du livre de la journaliste croate Slavenka Drakulic, <em>As if I'm not there</em> raconte l’histoire vraie d'une jeune institutrice kidnappée pour servir de monnaie d’échange aux soldats serbes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/as-if-affiche.jpg" title="As if I am not there, de Juanita Wilson" alt="As if I am not there, de Juanita Wilson" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11601" />Premier long-métrage de la réalisatrice irlandaise Juanita Wilson, <em>As if I am not There</em> est un film qui dérange, qui malmène son spectateur. Adaptation du livre éponyme de la journaliste croate Slavenka Drakulic, il met en images l’histoire vraie de cette jeune institutrice kidnappée comme tous les gens de son village pour servir de monnaie d’échange aux soldats serbes en pleine guerre des Balkans. Dès la scène d’ouverture, le choix de la réalisatrice est clair. On est du côté de l’intime, immergé dans la tête &#8211; et le corps &#8211; de Samira, cette institutrice infortunée. Alors commence la vie au camp, dans un entrepôt délabré, et se déploie sous nos yeux le quotidien de ces prisonnières de tous âges. Si la faim, la crasse, la maltraitance et la brutalité des gardiens nous mettent vite mal à l’aise, ce n’est rien comparé aux viols perpétrés par des geôliers que la guerre a vidé de leur humanité. Le calvaire commence pour Samira et ses compagnes de malheur. Et au spectateur qui se voit contraint d’assister à des scènes d’une rare sauvagerie, la réalisatrice montre sans ambages et sans pudeur la monstruosité des hommes. On pourrait reprocher la vanité de ces scènes qui nous infligent une expérience simplement traumatisante. <span id="more-11598"></span>Mais on peut aussi convenir que l’émotion brutale est nécessaire pour condamner la guerre et ses atrocités. Comment survivre à la barbarie ? Tandis que ses compagnes vont subir leur sort sans mot dire, Samira, elle, va tenter à sa manière, de se protéger. L’actrice Natasa Petrovic (dont c’est le premier film) crève l’écran, jouant tour à tour la détresse, l’angoisse, la compassion, mais aussi la révolte et la détermination. La mise en scène est sobre. Le traitement, malgré le sujet, est empreint de poésie, lorsque le rythme se fait languissant, les couleurs mordorées, la musique douce. Alors, au cœur de l’horreur asphyxiante, à la fin du film, quand point l’espoir d’un avenir meilleur, on peut enfin respirer…</p>
<p>&nbsp;<br />
As if I am not There<em> de Juanita Wilson, avec Natasa Petrovic, Miraj Grbic… Irlande, Macédoine, Suède, 2010. Sortie le 27 février 2013.</em></p>
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