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	<title>Grand Écart &#187; Gregory Peck</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>La sélection Chandeleur 2014</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Mar 2014 09:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gregory Peck]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ryan Gosling]]></category>

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		<description><![CDATA[La sélection Chandeleur 2014, pour le moins éclectique, vaut le coup d’œil avec les aventuriers perdus, l’horreur nazie, l’ado barjot, les Roms massacrés, le conflit israélo-palestinien, les pirates...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La sélection Chandeleur 2014, pour le moins éclectique, vaut le coup d’œil avec les aventuriers perdus, l’horreur nazie, l’ado barjot, les Roms massacrés, le conflit israélo-palestinien, les pirates somaliens et l’amour est un joyeux bordel. Sans oublier trois chefs-d’œuvre qui comptent une chasse avec la SS, la guerre en Afrique et pour terminer les réjouissances, la guerre en Asie. Rien que ça !<br />
N’hésitez pas à vous inscrire à notre nouveau concours organisé par les filles de la rédaction : « Etes-vous plutôt Prozac ou Lexomil ? »<br />
&nbsp;</p>
<h3>Les coups de cœur</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/gold-thomas-arslan.jpg" alt="Gold, de Thomas Arslan" title="Gold, de Thomas Arslan" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16454" /><strong><em>Gold</em> de Thomas Arslan, avec Nina Ross, Marko Mandic, Lars Rudolph…</strong></p>
<p>1898. Canada. Emilie Meyer rejoint un groupe d’immigrés allemands déterminés à gagner les espaces aurifères du Klondike. C’est le début d’un long et difficile périple en terre d’eldorado.<br />
La nature sauvage nous l’appréhendons, la domestiquons et s’il le faut, nous l’anéantissons. Ces aventuriers, quant à eux, goûtent à l’hostilité d’un monde inconnu, cette sensation qu’en cas de malheur il est trop tard pour faire demi-tour et crever sur place s’impose comme le meilleur des dénouements.<br />
<em>Gold</em> ne raconte pas comment faire fortune mais à quel point la fortune se mérite. La bonne fortune, c’est d’abord rester en vie. Ces hommes et femmes se mettent nus au grand air. Les plus faibles (pas forcément ceux que l’on croit) se désagrègent au contact des éléments. La survie joue le rôle du fil directeur avec l’immensité du Canada en toile de fond. <em>Gold</em>, c’est du « Malick » en moins pompeux. <span id="more-16353"></span><br />
<em>Disponible en DVD chez blaqout.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/medecin-de-famille-lucia-puenzo-nazi.jpg" alt="Le Médecin de famille, de Lucia Puenzo" title="Le Médecin de famille, de Lucia Puenzo" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16457" /><strong><em>Le Médecin de famille</em> de Lucia Puenzo, avec Alex Brendemühl, Natalia Oreiro, Diego Peretti…</strong></p>
<p>Patagonie, 1960. Eva, Lenzo et leurs trois enfants s’installent en périphérie de Bariloche. Le couple reprend l’affaire familiale, un hôtel cossu au bord d’un lac, paradis de carte postale, au pied de la cordillère des Andes. Leur premier hôte est un médecin responsable de la clinique vétérinaire, une élégante personne aux manières courtoises qui s’intéresse beaucoup à la cadette de 12 ans, Lilith, une adorable poupée aux yeux clairs. Lilith ne grandit pas. Le docteur lui propose un remède.<br />
Après la Seconde Guerre mondiale, San Carlos de Bariloche, ville germanophone jusqu’au bout des ongles, accueillit quelques serviteurs du IIIe Reich dont Joseph Mengele. <em>Le Médecin de famille</em> revient sur le court séjour du criminel de guerre en Argentine avant sa fuite en Egypte et son retour en Amérique latine. Mengele ne fut jamais inquiété, jamais retrouvé et mourut au Brésil, noyé comme un pauvre con.<br />
La réalisatrice présente le monstre en homme serviable. Une glaçante façade quand nous le suspectons une fois de plus d’utiliser ces innocents comme terrain d’expérience. Le Mal absolu fascine autant qu’il débecte. Sans effet de manche, nous assistons impuissants à la destruction de la beauté et de l’innocence.<br />
Très chaudement recommandé pour la mise en scène et l’interprétation. Cerise sur le gâteau, <em>Le Médecin de famille</em>, sans montrer de signes ostentatoires, distille les codes du thriller d’espionnage. Respect et discrétion assurés… du double langage.<br />
<em>Disponible en DVD chez Pyramide Video.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/united-states-leland-ryan-gosling.jpg" alt="The United States of Leland, de Matthew Ryan Hoge" title="The United States of Leland, de Matthew Ryan Hoge" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16458" /><strong><em>The United States of Leland</em> de Matthew Ryan Hoge, avec Ryan Gosling, Kevin Spacey, Lena Olin…</strong></p>
<p>Leland, 16 ans, poignarde un handicapé mental. Placé dans un centre de détention, un enseignant s’intéresse à lui.<br />
<em>The United States of Leland</em> n’explique pas (ni ne justifie, ni n’excuse) sous le couvert de discussions et d’explications psycho-socio-bidules le geste fou d’un adolescent mais tente d’appréhender une certaine idée de l’absolu désœuvrement. Bref, l’approche est compliquée. Leland, fragile et intoxiqué, pur produit des paradis artificiels, supporte les névroses modernes qui gangrènent la société occidentale, à savoir l’illusion de l’abandon. Prends-toi en main, c’est ton destin.<br />
Ryan Gosling qui porte une tête de chien battu ne ménage pas ses efforts pour donner au public l’envie de lui filer une croquette. Ce jeune intello paumé nous rappelle ces lycéens meurtriers coupables de massacre.<br />
Un film complexe et conseillé, surtout à <a href="/auteur/mc/" title="Mélanie Carpentier">Mélanie Carpentier</a> qui en ce moment, je trouve, fait un peu trop sa maline.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/just-the-wind-bence-fliegauf.jpg" title="Just the Wind, de Bence Fliegauf" alt="Just the Wind, de Bence Fliegauf" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16459" /><strong><em>Just the Wind</em> de Bence Fliegauf, avec Katalin Toldi, Lajos Sárkány, Gyöngyi Lendvai…</strong></p>
<p>Une histoire vraie. Mari et ses enfants, Anna et Rio, Roms d’origine, habitent loin de la grande ville. On les a éloignés, eux et tous les autres. La famille rêve de rejoindre le patriarche émigré au Canada. Mari, Anne et Rio subissent sans broncher la précarité et le racisme ordinaire. Depuis quelques semaines des familles entières sont assassinées.<br />
Le soleil se lève. La maison s’éveille. Les enfants se préparent. Mari travaille depuis des heures. Le chemin qui mène à l’école semble s’étirer sur des dizaines de kilomètres. Le soir, les enfants foulent les prairies fleuries. Le village tremble au son des beuveries. Retour au logis, bordé de roseaux. Rio court le bois, s’invente un monde meilleur. Anna s’instruit, s’applique à l’école. Mari accumule les pécules. Le soleil se lève. La maison s’éveille…<br />
Bence Fliegauf filme l’amour filial et l’horreur. Sa mise en scène réaliste mais pudique n’y va pas par quatre chemins.<br />
<em>Just The Wind</em> a été récompensé par l’Ours d’Argent au dernier Festival de Berlin. Vous comprendrez pourquoi cette œuvre politique sur le massacre des Roms glace le sang. Vous n’en sortirez pas indemne.<br />
Très conseillé.<br />
<em>Disponible en DVD chez blaqout.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/hijacking-tobias-lindholm.jpg" alt="Hijacking, de Tobias Lindholm" title="Hijacking, de Tobias Lindholm" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16460" /><strong><em>Hijacking</em> de Tobias Lindholm, avec Pilou Asbæk, Søren Malling…</strong></p>
<p>Un navire danois est pris d’assaut par des pirates somaliens en plein océan Indien. Commence une longue négociation.<br />
Tiré d’une histoire vraie, <em>Hijacking</em> joue l’efficacité par l’économie de moyens. C’est une partie à cinq qui s’engage entre les ravisseurs, les otages, les négociateurs, l’armateur et les familles, où chacun joue la montre en tentant de conserver sa dignité et son honneur. Chaque minute du film nous semble la dernière tant l’incompréhension détériore toutes les tentatives de dialogue. Les questions abondent sur le sort des otages et des familles.<br />
Tobias Lindholm utilise le navire comme le théâtre d’une tragédie. Chaque recoin du bateau libère une tension particulière. J’ai préféré cette version à celle de Paul Greengrass (le remake intitulé <em>Captain Phillips</em> avec Tom Hanks) car le réalisateur danois n’abuse pas des scènes d’action. Le silence et les cris provoquent naturellement le malaise. L’immensité de l’océan nous saoule jusqu’à l’écœurement.<br />
<em>Hijacking</em> saisit par son intensité, sa retenue et sa subtilité.<br />
Très conseillé.<br />
<em>Disponible en DVD chez AD Vitam.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/5-cameras-brisees-emad-burnat-guy-davidi.jpg" alt="Cinq caméras brisées, d&#039;Emad Burnat et Guy Davidi" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16462" /><strong><em>Cinq caméras brisées</em> d&#8217;Emad Burnat et Guy Davidi</strong></p>
<p>Emad Burnat filme l’avancée des colonies juives sur les terres de son village et l’élévation d’un mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie.<br />
Il a fallu cinq caméras à Emad Burnat pour certifier du conflit israélo-palestinien et de l’oppression de Tsahal envers les paysans, les femmes et les enfants. Bien entendu, <em>Cinq caméras brisées</em> ne raconte rien de moins que l&#8217;effroi vu du camp palestinien. C’est toute la polémique.<br />
Le documentaire mérite d’exister mais il ne suffit pas. En l’état, il ne peut qu’exciter les esprits tourmentés. A prendre avec des pincettes à sucre.<br />
<em>Disponible en DVD chez blaq out.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/la-poussiere-du-temps-theo-angelopoulos.jpg" alt="La Poussière du temps, de Theo Angelopoulos" title="La Poussière du temps, de Theo Angelopoulos" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16463" /><strong><em>La Poussière du temps</em> de Theo Angelopoulos, avec Willem Dafoe, Michel Piccoli, Bruno Ganz, Irène Jacob…</strong></p>
<p>L’histoire d’un amour à travers le grand royaume de l’Histoire, des années 1950 à nos jours. Un cinéaste américain d’origine grecque réalise un film sur le destin tragique de ses parents et leurs amours contrariées par l&#8217;Histoire au temps de la guerre froide. Pour son film, son enquête le mène en Italie, en Allemagne, en Russie, au Canada et aux Etats-Unis. Véritable voyage à travers le monde du XXe siècle et travail de mémoire, une élégie sur la destinée humaine et l’absolu de l’amour&#8230; Que seule vient troubler la poussière du temps&#8230;<br />
L’ultime film de Theo Angelopoulos, mort le 24 janvier 2012 percuté par une voiture alors qu’il tournait <em>L’Autre Mer</em>, dernier chapitre de la trilogie <em>Eleni</em> (<em>Eleni : la terre qui pleure</em>, <em>La Poussière du temps</em>), transpire cette incroyable poésie qui imprègne toute son œuvre. Le maître grecque sait « prendre le temps ». Mieux, il sait le restaurer. Une saga philosophique sur l’amour et la famille.<br />
<em>Disponible en DVD chez blaq out. </em><br />
&nbsp;</p>
<h3>Trois grands classiques</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/chasse-a-l-homme-fritz-lang.jpg" alt="Chasse à l&#039;homme, de Fritz Lang" title="Chasse à l&#039;homme, de Fritz Lang" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16464" /><strong><em>Chasse à l&#8217;homme</em> de Fritz Lang, avec Joan Bennet, Walter Pidgeon, George Sanders, John Carradine…</strong></p>
<p>Arrêté par les Allemands, un capitaine anglais s&#8217;évade et regagne clandestinement l&#8217;Angleterre, avec les services secrets allemands à ses trousses. Avec l&#8217;aide d&#8217;une jeune femme, il essaye de leur échapper. Mais les espions allemands remontent progressivement jusqu&#8217;à lui.<br />
1941. En pleine Seconde Guerre Mondiale, Fritz Lang signe ce que l’on appelle aujourd’hui une œuvre antinazie, un pamphlet pacifique à la lisière du thriller qui étonne par la singulière simplicité des situations, véritable moteur scénaristique d’une efficacité redoutable.<br />
<em>Chasse à l’homme</em> évite les fioritures et les intrigues secondaires afin de ne jamais laisser penser que l’Allemagne nazie s’égare, trompé par son Furher mégalomane. Le Reich ne s’égare pas. Il va de front, droit dans ses bottes, décidé à conquérir le monde, décidé à annihiler tout danger potentiel et tout adversaire potentiel.<br />
Lang construit son film en tableau. Crescendo, il réveille la conscience du spectateur. La vérité et la réalité se révèlent sous nos yeux.<br />
Un chef-d’œuvre.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/enfants-de-salauds-andre-de-toth.jpg" alt="Enfants de salauds, d&#039;André de Toth" title="Enfants de salauds, d&#039;André de Toth" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16465" /><strong><em>Enfants de salauds</em> d&#8217;André de Toth, avec Michael Caine, Nigel Davenport, Nigel Green…</strong></p>
<p>1942, en Libye. Un commando composé d&#8217;anciens criminels part pour une mission à risque derrière les lignes allemandes. Leur but : passer les lignes de Rommel déguisés en soldats italiens.<br />
Le ton est donné. Le désert écrase les hommes. Les héros s’accommodent d’antihéros. Les ennemis tapis dans l’ombre sortent au grand jour, sans crainte, prêts à en découdre.<br />
<em>Enfants de salauds</em> ne fait pas dans la dentelle et pourtant le travail d’Andre de Toth force le respect tant il laisse à penser qu’être élevé au grade de « salaud » signifie ténacité et courage. Ces hommes-là, ces brutes, sont mal nés. Quand la lie de l’humanité sert le bien, il y a de quoi méditer sur notre propre compte.<br />
<em>Enfants de salauds</em> est un film puissant et passionnant, de bout en bout.<br />
Très recommandé.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta.</em></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/flamme-pourpre-gregory-peck-robert-parrish.jpg" alt="La Flamme pourpre, de Robert Parrish" title="La Flamme pourpre, de Robert Parrish" width="220" height="116" class="alignleft size-full wp-image-16466" /><strong><em>La Flamme pourpre</em> de Robert Parrish, avec Gregory Peck, Win Min Tham, Branda de Banzie…</strong></p>
<p>Birmanie. Un pilote canadien traumatisé par la mort de sa femme et devenu machine à tuer est envoyé visiter un camp de réfugiés où il rencontre une jeune et attirante femme birmane.<br />
Si <em>Chasse à l’homme</em> et <em>Enfants de salauds</em> ont épuisé vos nerfs, <em>La Flamme pourpre</em> saura vous rasséréner. Le grand Robert Parrish, aidé du charismatique Gregory Peck, invite à réfléchir sur l’état du monde pendant la guerre. <em>La Flamme pourpre</em> fonctionne par symbole et par allégorie sur le thème &#8211; ô combien &#8211; difficile du pardon. Des œuvres comme celle-ci, nous en redemandons.<br />
<em>Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta.</em></p>
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		<title>Vacances romaines de William Wyler</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2011 18:35:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Audrey Hepburn]]></category>
		<category><![CDATA[fétiches]]></category>
		<category><![CDATA[Gregory Peck]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[William Wyler]]></category>

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		<description><![CDATA[La trentaine passée, se manifeste cette nécessité absurde du retour aux sources. De répondre aux très quelconques "qui suis-je ?", "où vais-je ?", "d’où viens-je ?". D’Italie, en l'occurrence...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>« It’s so Audrey ! »</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/hepburn-300x227.jpg" alt="Audrey Hepburn dans Vacances romaines" title="Audrey Hepburn" width="300" height="227" class="alignleft size-medium wp-image-529" /> La trentaine passée, se manifeste cette nécessité absurde du retour aux sources. De répondre aux très quelconques &#8220;qui suis-je ?&#8221;, &#8220;où vais-je ?&#8221;, &#8220;d’où viens-je ?&#8221;. D’Italie, en l’occurrence. Enfin, mon arrière-grand-père surtout. Parce que sur ma carte d’identité, c’est du bon vieux &#8220;Paris, 14e arrondissement&#8221;. Mais qu’importe. Voilà qu’à 30 ans, je me mets à manger des pâtes de façon frénétique, à boire du Prosecco en écoutant Gian-Maria Testa. Et surtout, je vais en Italie. Souvent. Naples, Venise, Florence, Sienne, re-Venise, Sicile, rere-Venise, re-Sicile. Et à chaque retour, le même cinéma ! Ce besoin de prolonger l’aventure à travers un film. Après Naples, c’était <em>Voyage en Italie</em> de Rossellini. Tout juste débarqué de Sicile, je me repassais pour la 3745e fois la trilogie tragique des Corleone et découvrais pour la première fois la fresque majestueuse de Visconti, <em>Le Guépard</em> (tout récemment restauré, une merveille !)… Dernière aventure transalpine en date : Rome. Les derniers jours d’octobre passés sous l’été indien de la cité éternelle. Le pied ! Alors de retour à Paris, en vrac, tout y passe. Je me précipite dans l’érotisme – encore contenu – de la <em>Dolce Vita</em> de Fellini. L’occasion d’admirer une fontaine de Trevi méconnaissable, débarrassée de sa horde de touristes barbares. Je poursuis avec <em>Un amour à Rome</em> de Dino Risi. Aucun intérêt. Et enfin, je découvre <em>Vacances romaines</em>. </p>
<p>L’histoire de cette princesse Ann, issue d’une des familles les plus brillantes d’Europe (le film ne nous en dit pas davantage) en visite officielle à Rome. Ecrasée par l’ennui d’une vie réglée dans ses moindres détails, la jeune femme aspire à faire voler en éclats cette étiquette que son rang lui impose. Alors elle s’évade et plonge au cœur d’une Rome vibrante, tourbillonnante, enivrante. Le temps d’une journée, elle veut faire les choses dont elle a toujours eu envie. Aller dans un café, regarder les vitrines, marcher sous la pluie. Pour la guider dans cette escapade impromptue et insouciante, il y aura le séduisant Joe Bradley. Il est journaliste américain. Elle l’ignore. Lui croit tenir son scoop. Il finira par lâcher prise et tomber amoureux de la belle princesse.</p>
<p><em>A priori</em>, donc, une énième comédie romantique made in Californie, légère et naïve, autour des jeux de l’amour et du mensonge. Et pourtant, <em>Vacances romaines</em> se révèle sensiblement différent de la dynamique générale du cinéma des années 1950 pour se montrer au final d’une incroyable audace.</p>
<p>Ce devait être un film de Frank Capra, ce fut William Wyler. Le réalisateur de <em>La vie est belle</em> se défile lorsqu’il apprend que l’auteur du scénario est un certain Dalton Trumbo (<em>Johnny s’en va-t-en guerre</em>), embourbé jusqu’au cou dans la fange maccarthyste &#8211; pour la petite histoire, Trumbo apparaît au générique sous le pseudo de Ian McLellan Hunter, qui lui sert alors de couverture. Wyler s’en cogne et accepte le projet. Aussitôt, il part à la recherche de son couple star.</p>
<p>Ce devait être un film avec Cary Grant, cador incontesté de la comédie hollywoodienne. Ce fut Gregory Peck, le tragédien. Grant craignant, en toute modestie et après avoir lu le script, de voir le personnage de la princesse Ann lui faire de l’ombre. </p>
<p>Et pour incarner l’héroïne, ce devait être Elizabeth Taylor ou Jean Simmons. Ce fut une certaine Audrey Hepburn, jeune danseuse d’origine anglo-néerlandaise encore inconnue. La jeune femme n’est pas de ces muses plantureuses, aux cuirs chevelus exagérément fournis et aux poitrines opulentes. C’est un petit bout de femme à la silhouette douce et fragile. Un peu garçon manqué, un peu femme-enfant. Une jolie frimousse, l’espièglerie discrète, mutine. Audrey Hepburn détonne, mais porte en elle son propre romantisme. Un romantisme que Wyler capte lors d’un casting resté depuis célèbre. Absent ce jour-là, il donne pour consigne à son caméraman de laisser le moteur tourner au-delà du « cut ! ». Une séquence pendant laquelle la jeune femme évoque notamment son enfance durant la guerre à Arnhem en 1944, aux Pays-Bas. Y apparaît une Audrey au naturel gracieux, entre innocence et séduction, naïveté et malice. William Wyler a compris. </p>
<p>Enfin, ce devait être un film en Technicolor tourné dans les studios d’Hollywood. Ce fut du noir et blanc, tourné essentiellement à Rome, une exception pour l’époque. Un noir et blanc atemporel qui permet de fondre le lieu dans l’histoire, au service des personnages (il était peut-être également question pour la Paramount d’économiser quelques billets…). Et il y a cette ville, protagoniste essentiel du film, dont on arpente chaque recoin : du Colisée à la piazza di Spagna en passant par la fontaine de Trevi et le château Saint-Ange. Autant de choix esthétiques qui permettent à Wyler d’ancrer son film dans l’instant et font de la capitale italienne un parfait écrin aux déambulations du duo amoureux. On y verrait presque les prémices de la Nouvelle Vague.</p>
<p>Plus qu’un film, <em>Vacances romaines</em> retrace la naissance d’une étoile, la toute jeune Audrey Hepburn. Et à travers elle, l’allégorie d’une vie insoumise et exaltée, d’une certaine fureur de vivre. Une sorte de conte de fées à l’envers, à la fin duquel les jeunes filles n’auront plus envie d’être princesse. Un conte sans miracle, où chaque chose reprend sa place. Pas de « vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » mais une impitoyable réalité où les responsabilités et la nature de nos conditions surpassent toute autre considération. La douce romance, presque inoffensive, se fait alors tragique. Et tel l’empereur Titus, contraint par la loi de Rome de se séparer de la reine de Palestine Bérénice (dans la pièce éponyme de Racine), la jolie princesse Ann, consciente de son devoir envers sa famille et son pays, « [repartira] ayant oublié sa pantoufle de vair ». La faute à ce foutu <em>fatum</em> ! Mais ce qui devait être vécu l’a été et tous deux, nous avec, sortent grandis de cette aventure, conscients d’avoir touché du doigt l’essentiel. </p>
<p><em>Vacances romaines</em>, un film à la magie élégante et raffinée, ensoleillé et euphorisant, avec un soupçon d’amertume. Un film qui me fait surtout penser que je retournerais bien en vacances à Rome.</p>
<p>&nbsp;<br />
<center><iframe title="YouTube video player" width="480" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/AlzkdqW_X44" frameborder="1" allowfullscreen></iframe></center></p>
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