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	<title>Grand Écart &#187; film catastrophe</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2019 11:36:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Ils sont cinq : Albin Pettersson, Rasmus Råsmark, Hannes Krantz, Victor Danell et Olle Tholén. A ces cinq-là s&#8217;ajoute Christoffer Nordenrot, acteur au long cours et coscénariste. A eux six,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/The-Unthinkable-214x300.jpg" alt="The Unthinkable, Crazy Pictures" width="214" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-26892" />Ils sont cinq : Albin Pettersson, Rasmus Råsmark, Hannes Krantz, Victor Danell et Olle Tholén. A ces cinq-là s&#8217;ajoute Christoffer Nordenrot, acteur au long cours et coscénariste. A eux six, ils composent le collectif suédois Crazy Pictures, rassemblement assez unique de jeunes talents du septième art à qui l&#8217;on doit en ce début d&#8217;année un premier long-métrage enthousiasmant, véritable succès en Suède et reparti du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/26e-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="30/01-3/02 : 26e Festival du film fantastique de Gérardmer">26e Festival de Gérardmer</a> avec (entre autres) un Prix du jury bien mérité : <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-unthinkable-crazy-pictures-christoffer-nordenrot/" title="The Unthinkable, de Crazy Pictures">The Unthinkable</a></em>. Rencontre avec trois des membres de <a href="http://crazypictures.se/" title="Crazy Pictures" target="_blank">Crazy Pictures</a>, Olle Tholén, Albin Pettersson et Christoffer Nordenrot.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quel a été le point de départ de <em>The Unthinkable</em> ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Le noyau du film, c’était la scène du début avec la guitare, qui a servi à créer cette famille dysfonctionnelle. Le père qui voulait faire quelque chose de bien mais qui se termine mal. C’est ce qui a permis de lancer l’histoire de la famille. Parallèlement, mais sans imaginer que ça ferait partie du même film, nous pensions à cette « alarme de guerre », testée quatre fois par an en Suède. Un jour, ça ne serait plus un test. Comment réagirions-nous, que ferions-nous, où irions-nous ? En Suède, cela fait plus de 300 ans qu’il n’y a pas eu de guerre. Et si la Suède était en guerre ? C’était une pensée excitante. </p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous sommes habitués à voir ce genre de choses dans des films américains et à la télé. Mais nous n’avons pas ça en Suède. Nous nous sommes dit que c’était intéressant de faire un film à propos de ça. Quand on commence à enquêter sur ce sujet, à parler aux gens, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de choses palpitantes dans l’histoire de la Suède. Pendant la guerre froide, le gouvernement a fabriqué des bunkers pour accueillir tous les habitants. Donc il y a beaucoup de bunkers, qui n’ont en fait jamais été utilisés puisqu’il n’y a jamais eu de guerre. Mais c’était un cadre intéressant. Les bunkers existent toujours : que se passerait-il si l’alarme d&#8217;alerte se déclenche, et que cette fois-ci, c’est pour de vrai ? <span id="more-26891"></span></p>
<p><em>Albin :</em> C’était très important pour nous d’avoir tous ces éléments dans le même noyau : on suit les personnages, partout, tout le temps, et on voit l’attaque à travers leurs yeux. On s&#8217;attache à Anna.</p>
<p><strong><em>The Unthinkable</em> est tout à la fois un drame, une histoire d’amour, un film catastrophe, mais aussi un film politique ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-3-300x125.jpg" alt="THE UNTHINKABLE-effondrement pont" width="300" height="125" class="alignright size-medium wp-image-26902" /><em>Albin :</em> Nous n’avions pas prévu de faire un film politique, mais c’est inévitable quand on fait un film sur des attaques en Suède&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous voulions créer un ennemi mystérieux. Le spectateur n’a aucune idée de ce qui est en train de se passer, et de qui est derrière ça. Nous n’avons pas dit grand-chose à propos de l’ennemi. Parfois, nous avons besoin d’en dire un peu plus aux spectateurs, comme à la fin par exemple. Bien sûr, nous parlons à certains moments d’attaques d’aliens, pour ne pas être trop politique. Nous voulions vraiment avoir un ancrage dans la réalité, de façon à rendre les choses le plus plausible possible. Nous avons discuté avec des militaires, des gens sur Internet, pour tenter de trouver la façon la plus réelle de décrire les événements, si cela devait arriver un jour.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, quand on parle d&#8217;attaque militaire en Suède, on pense forcément à la Russie et à ses menaces régulières&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Bien sûr. Il y a un océan autour de la Suède, et la Russie a des sous-marins. Parfois, vous pouvez voir les sous-marins aux alentours de Stockholm : c’est quelque chose d’important en Suède. Je ne pense pas que les gens voient ça comme une menace, mais on en a toujours parlé en Suède. Certains nous ont critiqués, en disant que nous rendons les gens encore plus effrayés par la Russie. Qu’on donne à la Russie le mauvais rôle. Mais ce n’est pas la réalité.</p>
<p><em>Albin :</em> Dans <em>The Unthinkable</em>, la politique n’est qu’une petite partie qui sert à construire un tout. Nous ne voulons pas transmettre ce message ; la Russie n’est pas le « méchant » dans le film.</p>
<p><strong>Est-ce que ce scénario cauchemar est vraiment impensable ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-4-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-masque à gaz" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26904" /><em>Olle :</em> C’est un peu éloigné de la réalité. Quand nous avons créé le scénario, il y a 8 ans, c’était une fiction totale, de l’imagination. Nous avons discuté avec des gens pour le rendre plausible. Mais au fil des années, la menace se rapprochait, l’insécurité aussi. Je pense que le film est plus d’actualité aujourd’hui.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Oui, pas nécessairement avec la Russie, mais avec le monde entier. On vit dans une époque instable, les gens ont peur. Le gouvernement suédois a diffusé une brochure <em>[alertant les civils de la marche à suivre en cas d'attaque étrangère, ndlr]</em> un mois après que notre film est sorti. On aurait dit qu’elle sortait des années 1960.</p>
<p><em>Albin :</em> Ca s’est passé trois semaines avant notre première, ça nous a fait une belle campagne marketing&#8230; Certains ont pensé que nous étions à l’origine de cette brochure !</p>
<p><strong>Chaque pays a ses peurs : quelle est la peur de la Suède ?</strong></p>
<p><em>Christoffer :</em> Notre film est très axé sur les personnages, sur le fait de dire les choses avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce qu’on a travaillé avec le personnage d’Alex, et c’est quelque chose de très suédois : garder nos émotions et ne pas en parler. C’est ce qui résonne à travers le film. Mais d’un autre côté, <em>The Unthinkable</em> n’a pas grand-chose de suédois. On n’a encore jamais vu de film comme ça en Suède.</p>
<p><em>Olle :</em> Pour parler d’une vraie menace, le terrorisme est la chose la plus probable qui pourrait arriver à Stockholm. Nous voulions en faire l’expérience dans le film.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Depuis le début, c’est une fiction. Y compris la scène de la bande-annonce, avec le pont qui explose au centre de Stockholm. Nous l’avons écrite il y a plusieurs années, mais avec la peur des attaques terroristes, les gens ont été bien plus effrayés. <em>« C’est réel, ça peut arriver. »</em></p>
<p><strong>Dans la vie, vous êtes plutôt optimistes ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Oui, clairement ! Mais beaucoup de gens en Suède sont pessimistes&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Avec la situation politique actuelle en Suède, comme dans d’autres pays européens, un parti d’extrême droite est en train de monter. C’est le 3e parti, cela veut dire beaucoup de choses à propos des peurs des gens.</p>
<p><strong>Vous dites que d&#8217;une certaine manière, votre film n&#8217;est pas suédois, mais les thrillers scandinaves parlent généralement de crime sans occulter un contexte politique ou social, comme c&#8217;est le cas ici&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, d’un côté, il est très suédois, mais de l’autre non : l’attaque, et le style hollywoodien.</p>
<p><em>Albin :</em> Cette combinaison le rend unique en Suède. On voit beaucoup de films américains, mais nous sommes tous des réalisateurs suédois. Nous ne voulions pas faire un film américain, donc c’est notre point de vue sur de genre de film.</p>
<p><strong>D&#8217;où vient l&#8217;idée de créer le collectif Crazy Pictures ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-Crazy-Pictures-collective_photo-300x200.jpg" alt="Crazy Pictures collectif" width="300" height="200" class="alignright size-medium wp-image-26898" /><em>Albin :</em> Nous nous sommes tous rencontrés à l’école, quand nous avions 16 ans. On faisait déjà beaucoup de films, on s’amusait ensemble. A 17 ans, on a fait notre premier long-métrage. Ensuite, en terminant l’école, on a eu envie de continuer de travailler ensemble. Nous avions 19 ans quand nous avons lancé notre boîte de production. C’était il y a 11 ans. Depuis, nous avons fait beaucoup de courts-métrages sur YouTube, beaucoup de publicités pour vivre. Christoffer a joué le rôle principal dans plusieurs de nos films.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Ça a été une chance de les rencontrer. Ils se connaissaient depuis longtemps. J’ai commencé en tant qu’acteur dans leurs films, puis je me suis mis à écrire. C’était une belle rencontre.</p>
<p><em>Olle :</em> On est un collectif de cinéastes, et on aime la manière dont on réalise des films ensemble. Au début, on pensait que c’était étrange, qu’il fallait quelqu’un qui soit directeur, l’autre producteur, etc. Mais on n’aime pas travailler comme ça. Nous sommes un collectif, nous avons tous des compétences différentes, et un seul et même but : faire les meilleurs films possibles.</p>
<p><strong>Sur le plateau, ça fonctionne comment ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Pour vous donner un exemple, même si je ne suis pas directeur du plateau, je peux prendre le rôle de directeur. On a tous passé du temps autour d’une table, à parler du film, donc on sait tout sur le film. C’est plus facile de faire le film ensemble. Habituellement, il n’y a que deux personnes qui discutent de ça. Là, on est cinq. Comme ça, chacun peut remplacer l&#8217;autre si besoin.</p>
<p><strong>Vous avez des techniciens à vos côtés ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, on doit être 25 personnes sur le plateau. Nous sommes une équipe petite et jeune. L’âge moyen doit être de 27 ans. C’est une toute nouvelle génération.</p>
<p><strong>Être structuré de cette manière, c’est aussi une approche politique, quelque part ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui. Nous avons toujours voulu mettre la marque Crazy Pictures en avant. Les gens ne sont pas habitués à voir un collectif réaliser un film, sans préciser qui fait quoi. C’est une bonne chose pour notre marque&#8230; Vous connaissez quelqu’un qui fait la même chose ?</p>
<p><strong>Les sœurs Wachowski peut-être ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, mais elles sont toutes deux réalisatrices.</p>
<p><strong>C’est donc unique en Suède ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, nous ne connaissons personne d’autre. Nous sommes une inspiration en quelque sorte. Des jeunes gens se revendiquent maintenant en tant que boîtes de production, et veulent faire comme nous.</p>
<p><strong>Est-ce que l’industrie cinématographique suédoise voit Crazy Pictures différemment, depuis le succès du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-6-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-Alex" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26906" /><em>Albin :</em> Nous avons eu beaucoup de mal au niveau du financement du film. Nous avions 24 ans et nous faisions beaucoup de courts-métrages, nous avions le script de notre long-métrage mais aucun organisme de financement n&#8217;y croyait. Nous nous sommes donc rapprochés de notre communauté. Nous leur avons dit <em>« vous voulez voir le film ? »</em> et nous avons sorti le pilote. Nous avons récolté 30 000 euros les premières 24h, et nous avons terminé à 50 000 euros. Nous sommes ensuite retournés voir les industries cinématographiques en leur disant : <em>« Les gens croient en nous, pouvez-vous le faire également ? »</em> Nous avons eu les financements, et nous avons pu faire le film. Mais nous n’avons pas eu de subvention de l’Etat, même en s’y prenant à cinq reprises&#8230; Quand le film est sorti, plus de 100 000 Suédois sont allés le voir. Le film le plus vu l’année dernière culminait à 300 000 spectateurs. Donc le succès de <em>The Unthinkable</em>, pour un film indépendant, été fabuleux. Maintenant, il est vendu dans 90 pays. En janvier on a été nommés dans quatre catégories aux Guldbagge Awards : on a remporté le prix du « newcomer of the year ». C’est la preuve que nous sommes les bienvenus maintenant.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>Amours, catastrophes et crustacés</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Oct 2015 22:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[Charlton Heston]]></category>
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		<description><![CDATA[Quoi de mieux pour vous donner l’envie de partir en voyage que la trilogie <em>Airport</em> et son cortège de catastrophes aériennes ! <em>Airport’75</em>, <em>Airport’77</em> et <em>Airport’80</em>... avec Alain Delon !]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/airport-75-747-peril.jpg" alt="Airport 75" width="280" height="166" class="alignleft size-full wp-image-22457" />Quoi de mieux pour vous donner l’envie de partir en voyage que la trilogie <em>Airport</em> et son cortège de catastrophes aériennes ! <em>Airport’75</em> avec Charlton Heston, <em>Airport’77</em> avec Jack Lemmon et <em>Airport’80</em> avec Alain Delon. Mais ce n’est pas tout ! Vous pourrez apprécier le conflit indopakistanais dans le génial <em>Aux frontières des Indes</em>, goûter à l’occupation de la Malaisie par les Japonais dans le terrible <em>Ma vie commence en Malaisie</em> (avec la craquante Virginia McKenna), appréhender les complexes guerres tribales au Nigéria dans <em>Mozambo</em> et vous esbaudir devant la révolte des Kenyans dans <em>Simba</em>. Mais ce n’est pas tout ! Vous saurez tout de l’amour dans trois formidables longs-métrages de Douglas Sirk avec <em>Le Temps d’aimer et le temps de mourir</em>, <em>La Ronde de l’aube</em> et <em>Tempête sur la colline</em>. Du cinéma, du cinéma et encore du cinéma. </p>
<h3>Airport’75’77’80</h3>
<p>La trilogie <em>Airport</em> fonctionne toujours sur le même mode. D’abord une présentation de l’équipage et des voyageurs où l’on apprend dans une ambiance festive les secrets des uns et des autres. Un vieil alcoolique, un steward lubrique, une rombière en mal d’amour, un orphelin, une jeune mariée composent peu ou prou le panel classique d’une distribution condamnée à enfiler masque et gilet de sauvetage à partir de la 45e minute. Croyez-le ou non, mais plus c’est gros et mieux ça passe. Un rêve. La série <em>Airport</em> est le plus efficace des lubrifiants cinématographiques. Après la revue des troupes, c’est enfin le drame. Classique. Une fois la dépressurisation effectuée, tout ce petit monde flippe sa race, serre des fesses et le coté sombre de la nature humaine fait son œuvre. Le bellâtre s’avère un pleutre, la jeune mariée cache une jambe de bois et le vieil alcoolique, ancien pilote durant la Seconde Guerre mondiale, refuse de prendre les commandes sous prétexte qu’il a perdu ses lunettes dans la Loire. <span id="more-22436"></span><br />
Tous les acteurs et les actrices s’amusent comme des petits fous, et cachetonnent. Seul Alain Delon semble contrarié par le balai coincé dans son cul.<br />
Les trois films sont bourrés de charme et ce grâce aux ambiances « tournage en studio » et le coté vintage ultra <em>seventies</em>.<br />
Bref, c’est aussi fun et drôle que toute la filmographie de François Truffaut. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/airport-75-charlton-heston.jpg" alt="Airport 75" title="Airport 75" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22444" /><strong><em>Airport’75 « 747 en péril »</em> réalisé par Jack Smight avec Charlton Heston, Karen Black, George Kennedy, Gloria Swanson…</strong></p>
<p>Afin d’éviter l’épaisse nappe de brouillard qui recouvre Los Angeles, le Boeing 747 de la Columbia Airlines s’apprête à atterrir à Salt Lake City. Alors que le commandant Stacy entame sa descente vers l’aéroport, le pilote d’un petit avion de tourisme est victime d’une crise cardiaque et se crashe dans le cockpit du 747. Le pilote est grièvement blessé et incapable de tenir les commandes. Avec l’aide des aiguilleurs du ciel, la chef de cabine Nancy va tenter de maintenir l’avion en vol…<br />
Avant d’appuyer sur la touche « play » de son lecteur, on se demande un poil méfiant si Charlton Heston plombera l&#8217;atmosphère à lui tout seul armé de son sourire carnassier. Il n’en est rien. On retrouve l’acteur solaire, amoureux, absolument décontracté comme s’il prenait ce nouveau film-catastrophe comme la plus chouette des récréations. Cette vieille baderne de George Kennedy (le George Kennedy qui inspirera plus tard Zucker pour <em>Y a-t-il un pilote dans l’avion</em>) assure comme un chef devant son combo saturé de boutons. Ce n’est pas tant la crédibilité qu’il faut louer mais la tension savamment dosée. L’avion aurait dû se désagréger au premier choc mais la magie du cinéma, c’est aussi de voler décapoté.<br />
Ultra <em>badass</em>, comme dit ma grand-mère.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/airport-77-jack-lemmon.jpg" alt="Airport 77" title="Airport 77" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22445" /><strong><em>Airport’77 « Les naufragés du 747 »</em> réalisé par Jack Lemmon, Lee Grant, Joseh Cotten, James Stewart, Christopher Lee…</strong></p>
<p>Le richissime Américain Philip Stevens a décidé d’exposer sa collection d’œuvres d’art dans sa résidence de Palm Beach. Son avion privé, un Boeing 747, transporte toute sa collection, ainsi que de nombreuses personnalités amateurs d’art. Mais quand l’avion est détourné par des pirates de l’air, c’est le drame : le Boeing 747 s’écrase au milieu du triangle des Bermudes. L’avion coule lentement et échoue sur un banc de sable, à plusieurs mètres de profondeur.<br />
Le plus cool, le plus kitsch et le plus assumé de tous les épisodes. La moustache frétillante de Jack Lemmon et le visage aquilin du grand Christopher Lee y sont pour beaucoup. Ce convoi de mondains est d’autant plus réjouissant à observer que l’on souhaite assez rapidement qu’ils meurent dans d’atroces souffrances ! Si <em>Airport&#8217;75</em> suit un schéma classique, <em>Airport&#8217;77</em> prend des airs parodiques. En effet, les caractères des personnages surlignés au Stabilo Boss semblent touchés par une épidémie de psychoses. La version française, et sa pléiade de doubleurs, vaut son pesant de <em>peanuts</em>.<br />
Mon préféré.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/airport-80-alain-delon.jpg" alt="Airport 80" title="Airport 80" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22446" /><strong><em>Airport’80 « Concorde »</em> réalisé par David Lowell Rich avec Alain Delon, George Kennedy, Robert Wagner, Susan Blakely, Sylvia Kristel…</strong></p>
<p>Kevin Harrison, ingénieur talentueux, conçoit de puissants systèmes d’armes pour l’armée. Mais c’est un personnage sans scrupules : il vent ses armes à des pays peu favorables aux Etats-Unis. Lorsque la journaliste Maggie Whelan apprend ses agissements, elle s’échappe en embarquant sur le Concorde. Harrison organise alors une série d’attentats pour détruire le supersonique en plein vol. Le commandant et son équipage pourront-ils déjouer ses attaques ?<br />
Avec <em>Airport&#8217;80</em>, série B rôtie à la sauce catastrophe, bardée d’espionnage et mâtinée de comploïte aiguë, on ne sait plus trop où donner de la tête. Sur ce troisième opus, las de détruire son image, Boeing passe la main à Concorde. Alain Delon, pilote sérieux comme un pape, est sans aucun doute persuadé de piloter le vrai Concorde. Parfois, quand il desserre un peu les dents, on imagine qu’il revient des toilettes.<br />
Robert Wagner livre une prestation de haute volée en méchant guindé qu’il endossera à nouveau dans <em>Austin Powers</em>.<br />
Bref, la teneur en crédibilité atteint les 1 %. Le Concorde slalome entre les missiles. Ça secoue les boyaux ! Génial !</p>
<h3>Aux confins des mondes</h3>
<p>Quatre œuvres « Cinéma Master Class » qui nous emportent sur quatre théâtres d’opération. Ces films, aussi différents soient-il, évoquent les affres de l’occupation et de la colonisation. <em>Aux frontières des Indes</em> est un pur film d’aventures sur fond de conflits indo-pakistanais. Au contraire, <em>Ma vie commence en Malaisie</em> nous emprisonne sur une île. <em>Simba</em> et <em>Bozambo</em> reviennent sur les très complexes guerres tribales. Indiens et Africains se libèrent du joug des colonisateurs. Les Blancs résistent tant qu’ils peuvent. Voilà une merveilleuse sélection géopolitique. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/aux-frontieres-indes-bacall.jpg" alt="Aux frontières des Indes" title="Aux frontières des Indes" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22447" /><strong><em>Aux frontières des Indes</em> réalisé par J. Lee Thompson avec Lauren Bacall, Kenneth Moore, Herbert Lom, Wilfrid Hyde White…</strong></p>
<p>A la fin du XIXe siècle, le capitaine Scott (Kenneth Moore) est envoyé en mission aux frontières des Indes. Il doit sauver un jeune prince et sa gouvernante américaine (Lauren Bacall) d’une rébellion. Scott a pour instruction de les escorter à Kalapur, où ils seront enfin en sécurité. La tradition veut que tant que l’enfant est en vie, aucun coup d’Etat ne puisse triompher. Ils embarquent à bord d’un train afin de traverser le pays. Un périple de 500 kilomètres semé d’embûches mortelles commence alors.<br />
Deux heures à bord d’un train qui file à toute vitesse. <em>Aux frontières des Indes</em> propose toutes les péripéties possibles et inimaginables. Le rythme ne faiblit pas. La tension est maintenue jusqu’au bout du bout. C’est un film simple et efficace. Herbert Lom (le commissaire torturé par l’inspecteur Clouseau) incarne un douteux journaliste. On se méfie. On s’épie. L’enfant est en danger. Qui est le traître ?<br />
Un chouette moment de cinéma. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/vie-commence-malaisie.jpg" alt="Ma vie commence en Malaisie" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22448" /><strong><em>Ma vie commence en Malaisie</em> réalisé par Jack Lee avec Virginia McKenna, Peter Finch, Marie Lohr, Renee Houston…</strong></p>
<p>Une jeune Anglaise fortunée (Virginia McKenna) revient en Malaisie pour aider des villageois à construire un puits. Les souvenirs de sa vie troublée par la guerre remontent alors à la surface. Elle se remémore son histoire d’amour avec Joe (Peter Finch). En 1942, les Japonais envahissent le pays et font prisonniers les colons britanniques. Les deux amants se rencontrent dans un camp, et surmontent ensemble de terribles épreuves afin de survivre. Jusqu’à ce qu’un jour, Joe doive se sacrifier pour sauver les autres captifs.<br />
<em>Ma vie commence en Malaisie</em> revient sur l’occupation de la Malaisie par les Japonais, un pan d’histoire peu connu de la Seconde Guerre mondiale. On y voit la débâcle des colons britanniques devenus en quelques heures des migrants sans le sou. Les familles arpentent les routes dans l’espoir de quitter le pays. Les Malaisiens, quant à eux, observent une nouvelle fois des soldats ennemis piétiner leurs terres.<br />
A part la romance, tendre et jamais cucul la praline, le film ne fait pas dans la dentelle. Les hommes, les femmes et les enfants apprennent à survivre. Ainsi, naît une nouvelle société. Une nouvelle société de prisonniers avec ses propres règles et ses propres codes. Même si les geôliers veillent au grain (tout fonctionne à la baguette, même à la cantine), les représentations de la cité à l’occidentale repointent le bout de leur nez.<br />
<em>Ma vie commence en Malaisie</em> est un grand film. L’intelligence de l’écriture me pousse à vous le recommander. Virginia McKenna qui porte le film sur ses épaules est magnétique. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/simba-hurst.jpg" alt="Simba" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22449" /><strong><em>Simba</em> réalisé par Brian Desmond Hurst avec Virginia McKenna, Dirk Bogarde, Donald Sinden, Earl Cameron&#8230;</strong></p>
<p>Au début des années 1950, Alan Howard (Dirk Bogarde) s’installe au Kenya pour s’occuper de la ferme de son frère aîné, brutalement assassiné par des insurgés en lutte contre les colons. Tout en combattant la révolte du chef de tribu Simba, il tombe amoureux de Mary (Virginia McKenna), la fille d’un voisin exploitant. Même si la jeune femme partage son amour, elle condamne la croisade d’Alan contre les indigènes.<br />
Voici l’histoire de l’insurrection des Mau Mau qui a embrasé le Kenya de 1952 à 1956. On apprend beaucoup du fonctionnement des tribus mais surtout des relations et interactions entre Kenyans du cru, ouvriers africains au service des Blancs et fermiers.<br />
Le film n’évite pas l’écueil du camp humaniste contre le camp raciste mais les intentions sincères de montrer la situation telle qu’elle est, à savoir intenable entre indigènes et envahisseurs européens, valent le détour. Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre que la carte géopolitique de la région ne sera plus la même. Seule certitude, le soleil se lèvera tous les matins et se couchera tous les soirs. Quant au reste…<br />
Très conseillé.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/bozambo.jpg" alt="Bozambo" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22450" /><strong><em>Bozambo</em> réalisé par Zoltan Korda avec Paul Robeson, Leslie Banks, Nina Mae McKinney, Robert Cochran…</strong></p>
<p>Au Nigéria britannique, le commissaire Sanders (Leslie Banks) a réussi à pacifier sa province de manière exemplaire. Son plus fidèle allié est le valeureux chef de tribu Bozambo (Paul Robeson). Mais quand le colon quitte la région, le roi Mofolaba, qui vend les siens comme esclaves, enlève la femme de Bozambo pour en faire un exemple. Les tensions montent et les guerres tribales semblent être inévitables.<br />
Comme le dit Jean-Pierre Dionnet dans les bonus, <em>Bozambo</em> pourrait faire office de documentaire. On observe l’Afrique, la vraie, d’il y a 80 ans car les acteurs et les figurants ont été invités à jouer leur rôle. Avant la décolonisation, les guerres tribales faisaient rage.<br />
Rythme soutenu, trépidant. Dépaysement garanti.</p>
<h3>Cycle Douglas Sirk</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/tempête-sur-la-colline-sirk.jpg" alt="Tempête sur la colline" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22451" /><strong><em>Tempête sur la colline</em> réalisé par Douglas Sirk avec Claudette Colbert, Ann Blyth, Robert Douglas, Anne Crowford…</strong></p>
<p>Condamné à mort pour le meurtre de son frère, Valerie Carns est escortée à Northwich pour y être exécutée. Mais une inondation force ses gardes à s’abriter dans un couvent en haut d’une colline, où tout un village trouve refuge pendant les intempéries. Dans ce lieu hors du temps, protégé des drames du monde extérieur, la sœur infirmière Mary se persuade de l’innocence de la jeune femme et entreprend de la sauver.<br />
Un thriller original où une bonne sœur mène l’enquête. Sœur Mary se démène comme une furie pour sauver les fesses de Valerie Carns. D’abord, elle doit faire fi des doutes de son entourage puis prendre son courage à deux mains pour remonter le cours des événements. C’est aussi beau (la photo de l’oscarisé William Daniels est superbe) que divertissant. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/la-ronde-aube-sirk.jpg" alt="La Ronde de l&#039;aube" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22452" /><strong><em>La Ronde de l’aube</em> réalisé par Douglas Sirk (oui, forcément !) avec Rock Hudson, Robert Stack, Dorothy Malone, Jack Carson…</strong></p>
<p>Dans les années 1930, Roger Shumann, une ancienne gloire de l’aviation, vétéran de la Première Guerre mondiale, en est réduit à faire de la figuration comme cascadeur sur quelques circuits minables. Sa gloire passée est un lointain souvenir. Au cours d’un meeting aérien, il rencontre Burke Devlin, un jeune journaliste bien décidé à redonner une chance au pilote grâce à ses écrits. Mais le destin de l’ancien héros attriste tout autant le reporter que sa belle épouse l’attire irrésistiblement.<br />
<em>La Ronde de l’aube</em>, quel titre merveilleux, est une formidable étude de caractère tirée d’une nouvelle de William Faulkner. Sirk s’empare du travail de l’écrivain et l’épure pour le meilleur. Tout tient dans le personnage de Dorothy Malone, reine des garces. Comme toujours chez Sirk qui construit sa narration autour des oppositions, les hommes n’en mènent pas large.<br />
Comme le dit Jean-Pierre Dionnet dans les bonus, <em>« Voyez le film une première fois puis laissez reposer. Revoyez-le une deuxième fois et observez l’incessant jeu de miroir. »</em><br />
Ultra-conseillé. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/10/temps-aimer-mourir-sirk.jpg" alt="Le Temps d&#039;aimer et le temps de mourir" width="250" height="200" class="alignleft size-full wp-image-22453" /><strong><em>Le Temps d’aimer et le temps de mourir</em> réalisé par Douglas Sirk (quoi ? encore lui ?) avec John Gavin, Liselotte Pulver, Keenan Wynn, Thayer David…</strong></p>
<p>1944. Seconde Guerre mondiale. Ernst Graeber, jeune soldat allemand témoin des horreurs de la guerre sur le front russe revient dans sa ville natale pour quelques jours de permission. Snif. Il découvre sa maison détruite par les bombes et part à la recherche de ses parents portés disparus. Mon dieu. Snif. Pour l’aider dans sa quête, il demande conseil à Elisabeth, dont le père, opposant politique est prisonnier d’un camp de concentration, et Oscar Binding, un camarade chef de district du parti nazi. Ouh la la. Snif. Le couple va tenter de garder un semblant de raison en survivant dans un monde en ruine, nourri par la haine, la folie et la mort. Snif.<br />
Un immense film qui longtemps vous hantera. La terre gelée, les exactions, les villages abandonnés, la folie des soldats, le prologue nous embarquent sur le terrible front russe. Puis quand Ernst Graeber, le soldat en permission revenu de l’enfer, parcourt les ruines de sa ville natale, l’effet est à nouveau garanti car l’horreur est aussi perceptible que sur les positions russes. A chaque scène, on sent les personnages en sursis.<br />
L’histoire d’amour apporte un supplément d&#8217;inquiétude. L’équilibre mental de la jeune Elisabeth ne tient qu’à un fil. Mais ils s’aiment. Les épreuves se succèdent tout comme les bombardements. Ces deux âmes en peine qui recherchent leurs parents disparus doivent encore se confronter à la Gestapo.<br />
La mise en scène onirique de Sirk, époustouflante de beauté, est à couper le souffle. Imaginer les ruines d’une cathédrale aménagées en décor d’opéra. Nous foulons les décombres d’un ancien paradis. Rarement j’ai pu expérimenter un film aussi inconfortable confondant le sublime et la terreur.<br />
Les interprétations de John Gavin et Liselotte Pulver sont à la hauteur de l’enjeu.<br />
Chef-d’œuvre.</p>
<p>Ces 10 films sont disponibles en DVD et Blu-ray chez Elephant Films.</p>
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		<title>All is Lost, de J. C. Chandor</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Dec 2013 20:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le scénario d’<em>All is Lost</em> tient en une ligne : au large de Sumatra, un marin dont le bateau coule lutte en pleine mer pour sa survie. Difficile d’imaginer tenir presque deux heures sur le sujet sans recourir...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/all-is-lost-chandor-redford.jpg" alt="Robert Redford et la mer : All is Lost, de J. C. Chandor" title="Robert Redford et la mer : All is Lost, de J. C. Chandor" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-13139" />Le scénario d’<em>All is Lost</em> tient en une ligne : au large de Sumatra, un marin dont le bateau coule lutte en pleine mer pour sa survie. Difficile d’imaginer tenir presque deux heures sur le sujet sans recourir aux artifices habituels : des flash-back bien sentis (façon <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/127-heures-danny-boyle-histoire-vraie-ralston/" title="127 heures de Danny Boyle"><em>127 heures</em></a>, de Danny Boyle), des communications avec l’extérieur (<em>Buried</em>, de Rodrigo Cortés), ou même des cadeaux venus de nulle part (<em>Seul au monde</em>, de Robert Zemeckis). </p>
<p>Pourtant <em>All is Lost</em> ne ressemble en rien aux <em>survivals</em> précités, ni aux films de catastrophe maritime qui se font fort de rappeler l’insignifiance de l’homme devant la nature. Non, <em>All is Lost</em> est un drame humain, intime, presque un huis clos dans l’océan. Jeffrey C. Chandor évite l’écueil d’enchaîner les plans sur une mer déchaînée et de montrer un bateau ballotté par une lame de quinze mètres de haut. L’échouement est lent et provient d’une suite hasardeuse d’incidents, non de la légendaire tempête du siècle. Au lieu d’effets visuels grandiloquents, le réalisateur décide de faire confiance à son unique acteur, l’immense Robert Redford qui trouve ici un rôle à sa mesure. Les mots sont superflus, l’émotion passe par le regard, la détermination ou le silence frustré… et bien sûr par la mise en scène : chaque plan est minutieusement pensé et millimétré. A contre-courant des parangons du genre, Chandor réduit le champ au maximum, resserre sa caméra sur son personnage maltraité par les eaux. Se crée un climat totalement anxiogène où le hors-champ et les sons tonitruants deviennent terrifiants. Les rares séquences spectaculaires sont vues par les yeux du marin, elles nous parviennent fantasmées et déformées, presque irréelles. <span id="more-13136"></span></p>
<p><em>All is Lost</em> est un film radical qui réussit à dépasser le genre dans lequel il feint de s’enfermer. Presque un thriller, il est aussi une réflexion sur l’existence. Si rien n’est dit, le spectateur s’interroge évidemment sur la présence de cet homme perdu en pleine mer. Que fait-il ici, en retraite du monde des hommes ? Arrivé au crépuscule de sa vie, le marin, qui est aussi un fils, un père, un mari, un ami, a-t-il atteint la sagesse de l’âge qui lui permettra d’affronter une mort certaine ? Les seuls mots prononcés ici sont ceux d’une tristesse résignée, ceux d’un homme qui attend la fin. Comme <em>Le Vieil Homme et la mer</em> ou <em>Moby Dick</em>, <em>All is Lost</em> est aussi une quête initiatique, universelle, celle qui consiste à accepter sa condition, tout en restant digne.</p>
<p>&nbsp;<br />
All is Lost<em> de Jeffrey C. Chandor, avec Robert Redford. Etats-Unis, 2013. Présenté hors compétition au 66e Festival de Cannes. Sortie le 11 décembre 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/x88lfr/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Rencontre avec Alex et David Pastor</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Aug 2013 14:10:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Attention talent ! Que les frères Coen et autres Dardenne prennent garde : une autre fratrie de réalisateurs, espagnole celle-ci, montre toute l’étendue de son savoir-faire dans un film d’anticipation...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-5.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="280" height="168" class="alignleft size-full wp-image-14295" />Attention talent ! Que les frères Coen et autres Dardenne prennent garde : une autre fratrie de réalisateurs, espagnole celle-ci, montre toute l’étendue de son savoir-faire dans un film d’anticipation angoissant, <em><a href="/cinema/derniers-jours-alex-david-pastor/" target="_blank">Les Derniers Jours</a></em>. Rencontre avec Alex et David Pastor, un duo qui n’a pas fini de faire parler de lui.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Les Derniers Jours</em> est-il le fruit d’une volonté de montrer que les réalisateurs espagnols peuvent autant accoucher de films apocalyptiques que les Américains ?</strong></p>
<p>Ce n&#8217;était pas un objectif en soi. On sentait que l&#8217;on tenait une histoire qui méritait d&#8217;être racontée. En revanche, c&#8217;est un aspect que l&#8217;on avait constamment dans un coin de nos têtes. De nos jours, le public a vu le monde être détruit de tant de manières, avec des budgets colossaux et des tonnes d&#8217;effets spéciaux. Alors, on a dû être capables de livrer, à cet égard, des images saisissantes et qui ont également un sens, une portée. Et on a tenu à équilibrer tout ceci avec une solide dose de personnages et d&#8217;émotions humaines, plus terre-à-terre. C&#8217;est ce qui nous intéressait le plus et c&#8217;est ce qui est souvent négligé dans les films des studios américains.</p>
<p><strong>Votre film est-il une allégorie de la crise qui touche le monde entier et l’Espagne en particulier ?</strong></p>
<p>On a commencé à écrire le film en 2008, avant le début de la crise financière. Le propos tendait plutôt vers une critique générale de notre mode de vie contemporain, ultra-technologique : la manière dont nous passons nos journées enfermés, assis devant des ordinateurs, à vivre une vie qui n&#8217;est plus naturelle. Mais quand nous étions en train d&#8217;écrire et de retravailler le script, l&#8217;économie mondiale s&#8217;est écroulée : le marché s&#8217;est écrasé, le chômage a explosé et les gens ont commencé à perdre leurs maisons&#8230; <span id="more-14284"></span>Ca arrivait tout autour de nous, au moment même où l’on écrivait le film : à la télévision, dans les journaux, dans la rue… Ca soulignait exactement les thèmes de notre film. Non seulement notre mode de vie s&#8217;éloigne de plus en plus de Mère Nature et ne nous rend pas plus heureux, mais en plus, il semblerait qu&#8217;il ne soit pas durable. Alors, il nous a paru inévitable que la réalité trouve son chemin dans notre histoire et influence le film, particulièrement dans le cas d&#8217;Enrique, l&#8217;expert en ressources humaines, interprété par José Coronado.</p>
<p><strong>On ne sait rien de l&#8217;origine de cette épidémie qui frappe les humains&#8230; On pense évidemment à <em>Phénomènes</em> de M. Night Shyamalan ou <em>Blindness</em> de Fernando Meirelles. Aviez-vous ces deux films comme référence ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-affiche.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-14280" />C&#8217;est drôle parce qu&#8217;on travaillait déjà sur notre projet quand ces deux films sont sortis. <em>Phénomènes</em> nous a inquiétés quand on l&#8217;a vu au cinéma, car on a eu peur que certaines similarités superficielles puissent nous empêcher de trouver des financements pour <em>Les Derniers Jours</em>. C&#8217;est une peur constante quand on écrit un film. Est-ce que quelqu&#8217;un, quelque part, est-il en train de développer quelque chose qui pourrait être perçu comme similaire ? Et si c&#8217;était le cas, est-ce que cela aurait un effet néfaste sur notre projet ? Ecrire un film peut être un processus lent et, pendant ce laps de temps, d&#8217;autres films, ressemblant de près ou de loin au vôtre, peuvent sortir, et ça, c&#8217;est particulièrement angoissant. Concernant <em>Blindness</em>, le film en soi n&#8217;était pas une référence pour nous. Mais par contre, <em>L’Aveuglement</em> de José Saramago, le roman dont il est l’adaptation, lui, l&#8217;est tout à fait. Nous en sommes fans. Ce roman nous a prouvé que l&#8217;on n&#8217;a pas besoin d&#8217;expliquer le comment du pourquoi. Les origines de l&#8217;épidémie ne sont pas intéressantes en soi : ce qui est fascinant, ce sont toutes les conséquences, la manière dont les gens sont affectés et dont ils réagissent.</p>
<p><strong>Pensez-vous que l’être humain soit condamné ?</strong></p>
<p>Honnêtement, ça dépend des jours&#8230; On espère que non ! On est mariés, on a des enfants, des hypothèques, alors on vit comme tout un chacun, en pensant que le monde continuera à avancer et qu&#8217;il y aura des lendemains qui chantent. Maintenant, à chaque fois qu&#8217;on lit quelque chose à propos du réchauffement de la planète, on ne peut pas s&#8217;empêcher de paniquer. Tous les scientifiques sont d&#8217;accord pour dire que l&#8217;on n&#8217;a plus de temps à perdre, mais nous n’avons pas l’impression que des choses tangibles soient faites pour endiguer le problème. Malheureusement, conduire des vélos et utiliser des lampes à basse consommation, cela ne suffira pas. Nous avons besoin de profonds changements dans notre mode de vie, pas seulement au niveau personnel, mais au niveau macro-économique aussi. Et ça, ça exige beaucoup de coopération entre les gouvernements et entre les secteurs public et privé. Mais est-ce réellement ce qui se passe ?</p>
<p><strong>Vous dites que votre film est optimiste car une nouvelle génération réussit à dépasser les phobies de la génération précédente. Pourtant cette dernière reste dirigée par ses peurs…</strong></p>
<p>Notre film, et même chaque film en général, n’est vraiment terminé, complété, que par le public, au cinéma ou chez lui. Chaque fois que vous regardez un film, vous l&#8217;interprétez à travers vos propres expériences, votre idéologie, votre personnalité, vos connaissances… Alors c&#8217;est vraiment à vous de voir et de ressentir la fin du film comme vous l&#8217;entendez. </p>
<p><strong>Les dernières minutes proposent en effet un nouveau monde possible. Pourquoi ne pas avoir exploité davantage ce dernier chapitre ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-3.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="280" height="182" class="alignleft size-full wp-image-14297" />Eh bien, nous avons toujours su que nous voulions finir le film avec un nouveau départ, une porte entrouverte sur un avenir qui amène un mode de vie radicalement différent de celui que nous avons aujourd&#8217;hui. <em>Les Derniers Jours</em>, c&#8217;est l&#8217;histoire de Marc, la fin de l&#8217;Ancien Monde et un aperçu du Nouveau Monde, celui dans lequel le fils de Marc va vivre. Mais c’est Marc le héros, celui dont on raconte l’histoire. Ce qui arrive après, c&#8217;en est une autre. On a plaisanté sur la possibilité d&#8217;une suite qui suivrait le fils de Marc à travers le monde de demain, mais la vérité, c&#8217;est que nous aurions besoin d&#8217;un énorme budget pour achever un tel projet. Mais si cela intéresse James Cameron de le produire&#8230;</p>
<p><strong>Comment avez-vous tourné la spectaculaire scène de l’ours dans l’église ?</strong></p>
<p>Avec un vrai ours dans une vraie église, en fait ! Nous n’avions pas le budget pour créer un animal en images de synthèse, comme dans <em>L&#8217;Odyssée de Pi</em>. Rien que cela, ça aurait coûté plus cher que le budget total du film. Alors on a trouvé un dresseur qui avait un ours qui avait déjà tourné dans des films et des publicités en Espagne. Il suffisait de bien chorégraphier la scène et de l&#8217;inclure dans le storyboard. Bien sûr, il y a d&#8217;autres petits trucs : un peu d&#8217;images de synthèse pour tout fusionner et placer les acteurs à côté de l&#8217;animal, un ours factice, des doublages… En fait, c&#8217;était complètement à l&#8217;ancienne, mais on s&#8217;est bien amusés !</p>
<p><strong>Pour que le film fonctionne, il fallait un duo de comédiens à la fois antagonistes, mais qui provoquent une empathie immédiate. Comment s’est porté votre choix sur Quim Gutiérrez et José Coronado ?</strong></p>
<p>On savait pendant qu&#8217;on écrivait le script que l&#8217;on voulait José pour le rôle d&#8217;Enrique. C&#8217;est un acteur très talentueux, avec un grand charisme et une présence folle à l&#8217;écran. Mais en même temps, on sentait qu&#8217;il était mal utilisé et sous-estimé. Sa nomination aux Goya pour son rôle dans <em>No habrá paz para los malvados</em> (qu&#8217;il a remporté, d’ailleurs) a été l&#8217;argument de choc pour convaincre les producteurs que c&#8217;était notre homme. Ce qui est bien avec José, c&#8217;est qu&#8217;il est non seulement très passionné par son travail et qu&#8217;il lui donne tout, mais aussi qu&#8217;il ne craint pas de jouer un connard détestable tel qu’Enrique au début du film. Quant à Quim, il est arrivé après. On sentait qu&#8217;il était parfait pour le rôle, car il était capable d&#8217;incarner les deux facettes du personnage de Marc. D&#8217;un côté, il rend crédible et attachant ce programmateur ringard, paumé et un peu immature, incapable de grandir. C&#8217;était important pour nous de commencer avec un personnage vulnérable, un homme auquel on puisse tous s’identifier, loin des héros invincibles que l&#8217;on trouve dans les blockbusters américains. De l&#8217;autre côté, quand la merde arrive, vous arrivez complètement à croire qu&#8217;un type comme Quim peut relever le défi de se battre pour rejoindre l&#8217;amour de sa vie. C&#8217;était un équilibre difficile que Quim a parfaitement réussi à atteindre.</p>
<p><strong>Décors impressionnants, effets spéciaux, <em>Les Derniers Jours</em> est un vrai film apocalyptique. Comment parvenir à de tels rendus avec si peu de moyens ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-1.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="280" height="149" class="alignright size-full wp-image-14298" />Merci ! Nous sommes très contents si vous avez trouvé cela impressionnant ! Il y a plusieurs raisons qui nous ont permis de pouvoir créer autant de choses avec un budget si limité. La première, c&#8217;est que faire un film en Espagne coûte moins cher. Moins qu&#8217;aux Etats-Unis, où nous avions tourné <em>Infectés</em>, notre premier film. En Espagne, les gens gagnent moins d&#8217;argent. Tout le monde, du directeur jusqu&#8217;au chauffeur de camion, gagne moins que dans une production américaine. La deuxième chose, c&#8217;est que rien n&#8217;est gaspillé, le directeur de production s&#8217;assure que tout l&#8217;argent du budget est bien utilisé pour le film et que cela se voit à l&#8217;écran : décors, effets spéciaux, grues, figurants… Aux Etats-Unis, c&#8217;est différent : parfois, l&#8217;argent va dans des choses qui ne concernent pas directement le film, comme des billets d&#8217;avion en première classe. Pour <em>Infectés</em>, nous avions un assistant personnel qui nous suivait partout en nous demandant si on voulait un café. On a même réalisé une bande-annonce qui n&#8217;a jamais été utilisée. En Espagne, ce type de choses n&#8217;existe pas. Enfin, on pense que <em>Les Derniers Jours</em> a l&#8217;air beaucoup plus impressionnant qu&#8217;il ne l&#8217;est en réalité, grâce au talent, l&#8217;ingéniosité et le travail de toute l&#8217;équipe, du directeur de production au directeur artistique, en passant par le directeur de la photographie, le régisseur extérieur, les studios d&#8217;effets spéciaux… Tous ont travaillé incroyablement dur pour utiliser intelligemment le budget et trouver des solutions créatives afin de réaliser un film spectaculaire. Tout se joue sur la débrouillardise et la créativité.</p>
<p><strong>Et vous, quelles sont vos phobies ?</strong></p>
<p>Si vous comprenez ce terme en tant que peur irrationnelle, nous n’avons pas vraiment de phobie. En fait, ce qui nous empêche de dormir la nuit, c&#8217;est le changement climatique. On se dirige vers des moments difficiles, mais on n&#8217;en est pas pleinement conscients. D&#8217;une certaine manière, nous vivons un pic et les générations suivantes vont nous regarder et nous demander comment on a pu vivre aussi largement, de manière si imprudente, avec autant de gaspillage… </p>
<p>&nbsp;<br />
Les Derniers Jours <em>d’Alex et David Pastor, avec Quim Gutiérrez, José Coronado, Marta Etura. Espagne, 2012. Sortie le 7 août 2013.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/src/x3vlkv/zone/2/autoplay/no/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" width="560" height="320"></iframe></center></p>
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		<title>Les Derniers Jours, d’Alex et David Pastor</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Aug 2013 14:09:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans <em>Les Derniers Jours</em>, les hommes souffrent d’une crise d’agoraphobie aiguë. Inexplicablement. Tous, les uns après les autres, dans le monde entier, refusent de sortir à l’extérieur. D’ailleurs s’ils...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-affiche.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-14280" />Dans <em>Les Derniers Jours</em>, les hommes souffrent d’une crise d’agoraphobie aiguë. Inexplicablement. Tous, les uns après les autres, dans le monde entier, refusent de sortir à l’extérieur. D’ailleurs s’ils le font, ils meurent, comme pris d’une panique irrationnelle. Alors autant rester cloîtré chez soi ou à son travail et coloniser métros, égouts et espaces clos, en se livrant une guerre sans merci pour sa propre survie… Après <em>Infectés</em> qui traitait déjà de la fin du monde, mais aux Etats-Unis, les frères Pastor reviennent dans leur Espagne natale et utilisent Barcelone comme terrain de jeux. Ours dans une église, rats qui grouillent, rues désertes, hôpital en feu, cadavres en pagaille, supermarchés devenus châteaux forts à sauvegarder. Le chaos règne dans sa toute-puissance, comme une allégorie de la crise mondiale que nous subissons ces dernières années. Et deux hommes que tout oppose vont devoir faire équipe pour affronter le danger (intérieur et extérieur) afin de retrouver l’un sa femme enceinte, l’autre son père. Dans <em>Les Derniers Jours</em>, il y a un petit goût de <em>Phénomènes</em> de Shyamalan ou de <em>Blindness</em> de Meirelles : un virus apporté par l’air, on ne sait comment, qui joue sur les peurs des humains, jurant leur perte. <span id="more-14274"></span>Hormis quelques flash-back, tout le film se déroule dans une semi-pénombre oppressante, éclairée à la lampe-torche, avec des lumières orangées qui grésillent ou des écrans de téléphones portables devenus obsolètes. Il y a du prévisible, de-ci, de-là. On sait que les deux ennemis (charismatiques Quim Gutiérrez et José Coronado) vont devoir s’entraider et bientôt ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, véritables béquilles de sécurité dans ce monde qui vacille. Il y a quelques effets spéciaux un peu limités, reflétant un léger manque de moyens, mais aussi de superbes scènes esthétiques d’un Barcelone ravagé, dont seuls les animaux enfuis du zoo deviennent les maîtres. Et il y a surtout une fin frustrante qui aurait mérité à elle seule une plus longue exposition : la reconquête par l’homme de ce qu’il a perdu, grâce aux générations futures qui ne connaissent pas la phobie de leurs parents, qui eux, ne savent toujours pas comment affronter le monde extérieur. Une lueur d’espoir dans les ténèbres, tournée comme un conte de fées, après des scènes d’apocalypse au cruel réalisme&#8230;</p>
<p><strong>&raquo; Lire l&#8217;<a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/rencontre-freres-alex-david-pastor-realisateurs-derniers-jours-apocalypse/">interview d&#8217;Alex et David Pastor</a> à propos des <em>Derniers Jours</em></strong></p>
<p>&nbsp;<br />
Les Derniers Jours <em>d’Alex et David Pastor, avec Quim Gutiérrez, José Coronado, Marta Etura. Espagne, 2012. Sortie le 7 août 2013.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/src/x3vlkv/zone/2/autoplay/no/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" width="560" height="320"></iframe></center></p>
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		<title>Flight, de Robert Zemeckis</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2013 10:05:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[avion]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[Steven Spielberg]]></category>

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		<description><![CDATA[Autant l’annoncer tout de suite, Flight ne vole pas bien haut. Il ne frôle pas les pâquerettes, il les décapite littéralement. Mais qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/flight-robert-zemeckis-denzel-washington.jpg" title="Flight, de Robert Zemeckis" alt="Flight, de Robert Zemeckis" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11563" />Autant l’annoncer tout de suite, <em>Flight</em> ne vole pas bien haut. Il ne frôle pas les pâquerettes, il les décapite littéralement. Mais qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête de Robert Zemeckis, ex-poulain de l’écurie Spielberg, à qui l’on doit une tripotée de films culte tels que la trilogie de <em>Retour vers le futur</em>, <em>Qui veut la peau de Roger Rabbit</em>, <em>La Mort vous va si bien</em> ou le multi-oscarisé <em>Forrest Gump</em> ? Denzel Washington en pilote de ligne alcoolique et cocaïnomane qui parvient à sauver les passagers de son avion après une série d’avaries désastreuses, voilà qui semblait prometteur. Mais Robert Zemeckis n’a plus filmé d’acteurs en chair et en os depuis une dizaine d’années, après s’être perdu dans une série de films en <em>motion capture</em> qu’on a déjà oubliés. Et cela se ressent. Si la scène du crash est pour le moins impressionnante et ne donne pas envie de prendre l’avion dans la foulée, le reste n’est qu’une succession de guimauves écœurantes et de clichés qui confinent au ridicule. Et ce qui devait résonner comme un film adulte (oh des poils pubiens en gros plan !), un drame absolu (la déchéance d’un homme), devient une comédie désopilante à ses dépens. Denzel Washington est un incorrigible alcoolique ? Alors soit, mettons-lui dans la main et le gosier une bouteille de vodka de deux litres pendant qu’il conduit. <span id="more-11560"></span>On le place dans un hôtel pour éviter toute tentation ? Chic, le minibar contient une centaine de fioles d’alcools forts et pas la moindre bouteille d’eau. C’est ballot. Denzel titube, marmonne, se cogne, pleure, rit, hurle, le foie au bord de l’implosion et il s’imagine déjà avec une statuette dorée à la main pour la performance. <em>Flight</em> finit même par s’enliser dans une parodie de films de justice censée mener le héros à la rédemption, laquelle est malheureusement encore moins crédible. On espère surtout ne pas assister au crash en direct d’un réalisateur qui a bercé les années 1980 et 1990 de sucreries hollywoodiennes aussi divertissantes qu’intelligentes et qu’il saura éviter à l’avenir des turbulences à l’eau de rose fanée. </p>
<p>&nbsp;<br />
Flight<em> de Robert Zemeckis, avec Denzel Washington, Kelly Reilly, Don Cheadle, John Goodman, Bruce Greenwood… Etats-Unis, 2012. Sortie le 13 février 2013.</em> </p>
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		<title>The Bay, de Barry Levinson</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Feb 2013 09:38:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[4 juillet. Claridge, Maryland, USA. Petite station balnéaire populaire de Chesapeake Bay. Un lac, une étrange bactérie et des morts à la pelle recouverts de furoncles purulents et autres morsures...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/the-bay-levinson.jpg" alt="The Bay, de Barry Levinson" width="189" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11253" />4 juillet. Claridge, Maryland, USA. Petite station balnéaire populaire de Chesapeake Bay. Un lac, une étrange bactérie et des morts à la pelle recouverts de furoncles purulents et autres morsures non identifiées. La panique s&#8217;empare de la ville et de ses habitants. Donna Thompson (Kether Donohue), une jeune étudiante en communication, et son caméraman sont sur place pour témoigner…</p>
<p><em>Rain Man</em>, <em>Avalon</em>, <em>Good Morning Vietnam</em>, <em>Des hommes d&#8217;influence</em>, <em>Sleepers</em> ou encore <em>Sphère</em>… Barry Levinson est un vieux loup de mer du septième art à la filmographie foisonnante et pour le moins éclectique. Mais il faut bien l&#8217;avouer, en sérieux manque d&#8217;inspiration depuis une dizaine d&#8217;années. C&#8217;est donc avec plaisir que l&#8217;on retrouve le cinéaste dans un genre plutôt surprenant. Celui de la catastrophe écologique, bactériologique. Enfin, non, ce serait plutôt celui du film d&#8217;horreur ou peut-être serait-ce de l&#8217;angoisse… ? <span id="more-11252"></span>Le tout filmé comme un faux documentaire, version <em>found footage</em>, marque de fabrique (déjà en passe de devenir <em>has been</em>) des <em>Projet Blair Witch</em>, <em>Paranormal Activity</em> et autres <em>Cloverfield</em>. Mais c&#8217;est justement là que réside le problème principal de <em>The Bay</em>. Son genre, c&#8217;est celui de ne pas en avoir. Ou si, le genre du &#8220;touche-à-tout&#8221;. A croire que Levinson avait encore quelque chose à (se) prouver en choisissant de s&#8217;aventurer, à 71 ans, sur de nouveaux territoires pour finalement s&#8217;éparpiller et se perdre dans de malheureuses incohérences narratives et une mise en scène approximative.</p>
<p>Le film s&#8217;ouvre sur le visage de Donna Thompson. Le témoignage de l&#8217;apprentie journaliste, survivante miraculée, fait l&#8217;objet d&#8217;un documentaire destiné à lever le voile sur cette étrange histoire de parasites mutants – des &#8220;isopodes&#8221; –, dévorant les gens de l&#8217;intérieur. Face caméra, elle explique et nous prévient… Les images et les témoignages que l&#8217;on s&#8217;apprête à découvrir ont été omis, écartés, niés, dissimulés par les autorités locales et fédérales. Ils étaient au courant et ils n&#8217;ont rien fait… Cette petite introduction faite, s&#8217;ensuit un flot ininterrompu de séquences (<em>&#8220;footage&#8221;</em>) vidéo jetées en vrac sans aucune logique chronologique. Des séquences issues non seulement des rushs conservés par la jeune Thompson mais aussi des enregistrements récupérés (on ne sait d&#8217;ailleurs pas trop comment) à partir de différents appareils vidéo numériques : smartphones, caméscopes HD, caméras de surveillance ou encore celles dont sont équipées les voitures de police. </p>
<p>Le tout est monté de façon artificiellement aléatoire dans le seul but de nourrir une intensité dramatique très efficace, certes, mais peu appropriée au documentaire. Qui est véritablement derrière la caméra ? Question qui revient souvent tout au long du film, au rythme des invraisemblances qui parsèment le récit. Peu probable effectivement de voir ce jeune garçon plonger dans l&#8217;eau pour voler au secours de son amie en très fâcheuse posture tout en continuant à tenir fermement son smartphone à la main. Plus improbable encore, ce couple débarquant à Claridge caméscope à la main, découvrant des rues jonchées de cadavres : saisis d&#8217;effroi, ils continuent malgré tout leur petit film macabre (cadavres qui, soit dit en passant sont étonnamment bien &#8220;rangés&#8221; de part et d&#8217;autre de la rue). Totalement impossible, pour le coup, cette caméra de voiture de police &#8211; donc <em>a priori</em> fixe &#8211; qui se met soudain à changer d&#8217;axe dans un travelling vertical inexplicable. On est surpris, enfin, d&#8217;entendre ici ou là des ajouts sonores (bande-son, bruitages pour suggérer le grouillement d&#8217;un isopode…) qui n&#8217;ont, encore une fois, rien à faire dans un <em>found footage</em>.</p>
<p>Au final, Barry Levinson aurait tout aussi bien fait de rester dans le cadre d&#8217;un film-catastrophe horrifique classique plutôt que d&#8217;aller s&#8217;égarer dans un <em>found footage</em> qu&#8217;il n&#8217;a pas su tenir jusqu&#8217;au bout. <em>The Bay</em> ressemble finalement à un enchevêtrement d&#8217;images plus proche du reportage sensationnaliste à la W9 que de la construction narrative rigoureuse et didactique propre au reportage scientifique. Pourquoi pas… Sauf que d&#8217;un point de vue scénaristique et artistique, ça ne colle pas. Dommage.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Bay<em> de Barry Levinson, avec Kether Donohue, Kristen Connolly, Michael Beasley, Christopher Denham&#8230; Etats-Unis, 2012. En compétition au 20e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 19 juin 2013.</em></p>
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		<title>Apocalypse et cinéma : vive la fin du monde !</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/recadrages/apocalypse-cinema-fin-monde-21-decembre-2012/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 Dec 2012 08:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[zombies]]></category>

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		<description><![CDATA[21/12/2012. Aujourd’hui, c’est la fin du monde. Je me suis levé tôt exprès pour profiter des dernières heures d’électricité et donner d’ultimes signes de vie virtuels, envoyés dans les limbes de l’Internet...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/bombe-nucleaire-fin-monde.jpg" alt="Un champignon atomique" title="Un champignon atomique" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-10395" />21/12/2012. Aujourd’hui, c’est la fin du monde. Je me suis levé tôt exprès pour profiter des dernières heures d’électricité et donner d’ultimes signes de vie virtuels, envoyés dans les limbes de l’Internet jusqu’à la coupure finale. La fin est proche, mais je me demande encore comment ça va arriver. Le cinéma m’a préparé à tout : à affronter les zombies, à mourir instantanément pour cause d’attaque nucléaire au-dessus de ma tête – ou un peu plus tard pour cause d’attaque nucléaire pas tout à fait au-dessus de ma tête – et même à combattre le Diable. C’est d’ailleurs pour ça que je ne me sépare jamais de mon couteau suisse (toujours bien l’enfoncer dans la tête des zombies), d’une boîte d’aspirine 1000 mg (le 500 est absolument inefficace contre les radiations) et de ma bouteille d’eau bénite.</p>
<p>Malheureusement pour moi, d’après l’article « Neuf scénarios de fin du monde » (consultable <a href="http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/12/13/neuf-scenarios-de-fin-du-monde_1806224_1650684.html" target="_blank" rel="nofollow">ici</a>) publié dans le supplément Science &#038; Techno du <em>Monde</em> du 15 décembre 2012, mon kit de survie risque de peu me servir. Les scénarios envisagés par les très sérieux auteurs de l’article ne font aucune mention de revenants ni d’extraterrestres belliqueux. Exit <em>La Nuit des morts-vivants</em>, pourtant si révélateur d’une société qui se suicide à petit feu, et adieu le Mal absolu de l’oppressant <em>Prince des ténèbres</em> de John Carpenter. Même le final pré-apocalyptique de <em>Los Angeles 2013</em> du même Carpenter n’est pas retenu, alors qu’un arrêt pur et simple des tuyaux avait quelque chose de presque charmant. <span id="more-10386"></span></p>
<p>Non, depuis l’avènement de Roland Emmerich au rang de pape du film-catastrophe global, et surtout depuis que son <em>2012</em> a remis au goût du jour Mayas, dérèglement climatique et Bugarach, tout le monde s’attend à un séisme, un tsunami ou un ouragan. Ouf, aucun de ces scénarios n’est réellement retenu dans <em>Le Monde</em> ; celui qui s’en rapproche le plus, c’est celui d’« éruptions en chaîne de supervolcans », provoquant, si ce n’est la fin du monde, celle de régions complètes. Ainsi, malgré l’improbable Pierce Brosnan, <em>Le Pic de Dante</em> tiendrait la route ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/la-route-hillcoat-fin-monde.jpg" alt="La Route, de John Hillcoat" title="La Route, de John Hillcoat" width="280" height="157" class="alignright size-full wp-image-10396" /><em>La Route</em>, d’ailleurs, c’est aussi le titre du film de John Hillcoat (et surtout du roman de Cormac McCarthy) ; avec son réalisme brut et ses décors glaçants, <em>La Route</em> semble relever du documentaire. Si rien n’est explicitement précisé, le monde post-apocalyptique décrit dans l’œuvre suggère une guerre atomique, suivie d’un redoutable « hiver nucléaire ». Car en plus de décimer immédiatement des populations entières, <em>« les énormes quantités de particules arrachées à la Terre rempliraient l’atmosphère sur plusieurs dizaines de kilomètres de hauteur, jusqu’à causer pour longtemps au sol obscurité, froid et sécheresse. Et s’ensuivraient l’écroulement de l’agriculture et une famine de dimension planétaire »</em>, précise Etienne Dubuis, le journaliste du <em>Monde</em>. </p>
<p>Le nucléaire fait entrer l’homme dans une nouvelle ère : pour la première fois, il est capable d’anéantir sa planète. L’être humain ne doit plus forcément sa perte à la fatalité ou aux petits hommes verts, mais à lui-même. Meurtri à jamais par la bombe, le Japon a d’ailleurs très vite donné naissance au fantasme atomique, et le cinéma l’a formulé dès 1954. Dans <em>Godzilla</em> de Ishirō Honda, le monstre naît des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki et sème la mort autour de lui. Seul moyen de le stopper : créer une force de destruction encore supérieure. Avant que <em>Godzilla</em> ne devienne une série de films sans âme (tiens, dont le remake américain est signé… Roland Emmerich), il s’agit d’une redoutable métaphore de la peur atomique. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/monde-chair-diable-macdougall-fin-monde.jpg" alt="Le Monde, la chair et le diable, de Ranald MacDougall" title="Le Monde, la chair et le diable, de Ranald MacDougall" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-10397" />Au cinéma, la peur de l’apocalypse est souvent double : d’abord, celle de mourir ; ensuite, celle de survivre. Et de réapprendre à vivre, à se nourrir, être capable d&#8217;affronter de nouveaux dangers – ou les mêmes. Edité en DVD il y a peu, <em>Le Monde, la chair et le diable</em> est l’œuvre visionnaire de Ranald MacDougall. Après l’apocalypse nucléaire, trois survivants se retrouvent, et reconstruisent inconsciemment le même schéma sociétal, sans apprendre de leurs erreurs.</p>
<p>Le mythe du survivant abreuve largement le septième art. <em>The Last Man on Earth</em>, s’il n’est pas inoubliable, raconte parfaitement l’horrible et monotone quotidien de Robert Morgan, unique rescapé d’une pandémie. Le remake de ce film, <em>Je suis une légende</em> avec Will Smith, revient lourdement sur les événements qui ont conduit à l’extermination de l’espèce, comme pour valider avec autorité les thèses du roman de Richard Matheson. Pourtant, à en croire <em>Le Monde</em>, le risque d’un tel virus est quasi nul, pour des raisons aussi originales que logiques : un virus extrêmement virulent, comme Ebola, tue trop vite ses victimes pour se propager mondialement ; à l’inverse, un virus plus lent laisse suffisamment de temps aux scientifiques pour mettre au point un vaccin. Aux oubliettes les <em>Alerte !</em>, <em>28 jours plus tard</em>, <em>Perfect Sense</em> et autre <em>Contagion</em>, pourtant si (faussement) documenté. Chouette, une fin du monde en moins.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/melancholia-von-trier-dunst-fin-monde.jpg" alt="Kirsten Dunst dans Melancholia" title="Kirsten Dunst dans Melancholia" width="280" height="133" class="alignright size-full wp-image-10398" />De toute façon, depuis que j’ai vu l’incroyable <em><a href="/cinema/melancholia-lars-von-trier/" target="_blank">Melancholia</a></em>, je nourris le secret espoir que la fin du monde ressemble à ça. Une collision, une fin identique pour tous, calme, attendue et d’une beauté destructrice. Lars von Trier n’est pas Michael Bay et <em>Melancholia</em> n’est pas une débauche d’effets spéciaux, mais un étrange chef-d’œuvre qui se finit presque bien. En plus, toujours d’après « Neuf scénarios de fin du monde », celui-ci est l’un des plus sérieux (avec une probabilité estimée à 1 fois tous les 100 millions d’années). Mais la vraie fin, l’inéluctable apocalypse, le journal la dévoile : ce sera dans 4,8 milliards d’années, lorsque le Soleil, en fin de vie, gonflera et avalera la Terre. Une sorte de <em>Sunshine</em> inversé, en somme.</p>
<p>Avec toutes ces possibilités, et si je fais – heureusement ? – partie des survivants du 21 décembre 2012, je n’ai plus qu’à continuer de me préparer au mieux en regardant des films, un peu à la manière de Curtis LaForche, le héros de <em>Take Shelter</em>, qui se prépare au pire. Pour moi, la fin du monde, c’est chaque soir, après un épisode de <em>Walking Dead</em> et avant <em>La Nuit de la comète</em>. Je vais continuer à l’attendre tranquillement, et à me délecter de sa mécanique, qui électrise mon cinéma depuis <em>La Fin du monde</em> d’Abel Gance.</p>
<p>A demain ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="reference"><strong>Les références :</strong><br />
<em>La Nuit des morts-vivants</em>, George A. Romero, 1968<br />
<em>Prince des ténèbres</em>, John Carpenter, 1987<br />
<em>Los Angeles 2013</em>, John Carpenter, 1996<br />
<em>2012</em>, Roland Emmerich, 2009<br />
<em>Le Pic de Dante</em>, Roger Donaldson, 1997<br />
<em>La Route</em>, John Hillcoat, 2009<br />
<em>Godzilla</em>, Ishirō Honda, 1954<br />
<em>Godzilla</em>, Roland Emmerich, 1998<br />
<em>Le Monde, la chair et le diable</em>, Ranald MacDougall, 1959<br />
<em>The Last Man on Earth</em>, Ubaldo Ragona et Sidney Salkow, 1964<br />
<em>Je suis une légende</em>, Francis Lawrence, 2007<br />
<em>Alerte !</em>, Wolfgang Petersen, 1995<br />
<em>28 jours plus tard</em>, Danny Boyle, 2002<br />
<em>Perfect Sense</em>, David MacKenzie, 2011<br />
<em>Contagion</em>, Steven Soderbergh, 2011<br />
<em>Melancholia</em>, Lars von Trier, 2011<br />
<em>Armageddon</em>, Michael Bay, 1998<br />
<em>Sunshine</em>, Danny Boyle, 2007<br />
<em>Take Shelter</em>, Jeff Nichols, 2011<br />
<em>Walking Dead</em>, série créée par Frank Darabont et Robert Kirkman, 2010<br />
<em>La Nuit de la comète</em>, Thom Eberhardt, 1984<br />
<em>La Fin du monde</em>, Abel Gance, 1931</div>
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		<item>
		<title>Titanic, de James Cameron : si j&#8217;avais su&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jun 2012 09:35:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/06/titanic-cameron.jpg" alt="Le Titanic de James Cameron" title="Le Titanic de James Cameron" width="200" height="140" class="alignleft size-full wp-image-8202" />Véritable insubmersible hollywoodien devenu un incontournable de la culture populaire, <em>Titanic</em>, c&#8217;est plus de 200 millions de dollars pour 163 jours de tournage, soit le film le plus cher jamais produit à l&#8217;époque (depuis, Cameron a refait péter le score avec <em>Avatar</em>). C&#8217;est plus de 500 effets spéciaux, que même la &#8220;fumée&#8221; qui sort de la bouche des passagers tellement il fait froid, elle est numérique. Ce sont 10 000 tonnes de dynamite pour creuser un trou de 35 000 m2 : le plus grand bassin artificiel au monde destiné à recevoir les 60 millions de litres d&#8217;eau de mer nécessaires à James pour pouvoir faire mumuse avec son gros bateau de 236 mètres, soit près de 90 % de la taille réelle du paquebot. Syndrome Lego : « construire pour détruire »… Le comble du plaisir pour le grand enfant qu’est Cameron, poulain de Roger Corman dans les années 1980. Mais <em>Titanic</em>, ce sont aussi des millions de cris hystériques et de larmes de jeunes filles en fleur (et de garçons boutonneux qui ne s’en sont pas vantés) bouleversées par le destin tragique de Jack et Rose. C&#8217;est cette paume de main glissant langoureusement le long d&#8217;une vitre embuée, l’œil humide du freluquet DiCaprio au sortir de l’adolescence. Ce sont des dizaines de milliers de cœurs chavirés, de déclarations d&#8217;amour mises en bouteille et jetées à la mer, avec inscrit sur une étiquette, entre deux cœurs dessinés, <em>&#8220;For Leo&#8221;</em> ou <em>&#8220;For Kate&#8221;</em>. <em>Titanic</em>, c&#8217;est aussi la lente et longue agonie d&#8217;un navire comme si vous y étiez, le mythe qui devient réalité. C&#8217;est ce sinistre concours de saut en chute libre avec obstacles, les corps ricochant telle une boule de flipper dans les bumpers entre bite d&#8217;amarrage et pale d&#8217;hélices. C&#8217;est la vision éclairée d&#8217;un Canadien sur la lutte des classes… De quoi repousser encore un peu la lecture du <em>Manifeste</em> de Marx et Engels. C’est enfin &#8220;My Heart Will Go On&#8221; en boucle, encore et encore. Et surtout c&#8217;est cette planche bien assez large pour deux… <span id="more-8146"></span><br />
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<h4>Florilège titanesque</h4>
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<td id="noborder"><iframe frameborder="0" width="250" height="173" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xrnyi7?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></td>
<td id="noborder"><strong>Air cinema, la web-série cinéphile et moustachue&#8230;</strong><br />Bref, autant de bonnes (et de mauvaises raisons) qui ont sans doute motivé les lurons d&#8217;Air Cinema (la web-série que vous retrouvez ici chaque semaine, cet été sur Grand Écart) à jouer une scène en playback et avec des moustaches sur la bande audio (française) de ce film-monument submersible. A vous de juger du résultat. On attend vos commentaires. Cliquez sur notre page <a href="/cinema/air-web-serie-detournement/#titanic">Air Cinema</a> pour voir la scène en plein écran.</td>
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<td id="noborder"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/06/costa-croisieres.jpg" alt="Pub Costa Croisières" width="250" height="173" /></td>
<td id="noborder"><strong>De l’impact du Titanic sur les sociétés de croisières&#8230;</strong><br />
Conséquence  singulière du film <em>Titanic</em>. Depuis sa sortie, les navires de croisière interdisent aux passagers de se hisser à la proue. Plusieurs tentatives de voyageurs d&#8217;imiter les héros du film ont conduit à cette décision. Et faut-il y voir un signe : le vendredi 13 janvier 2012, quelques mois avant le centenaire du naufrage du Titanic et la sortie de la version 3D du long-métrage, le Costa Concordia sombre à proximité de l&#8217;île du Giglio au large du littoral sud de la Toscane.</td>
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<td id="noborder"><iframe frameborder="0" width="250" height="187" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x3yq9?logo=0"></iframe></td>
<td id="noborder"><strong>Et si Leonardo avait refait surface&#8230;</strong><br />
<em> « Je suis le roi du monde »</em> est l&#8217;une des scènes les plus parodiées et citées de l&#8217;histoire du septième art, mais on ne compte qu’une seule fausse suite sobrement intitulée <em>The Surface</em>… Quelque chose d’<em>Hibernatus</em> sous ecsta, sans de Funès mais avec Céline Dion remixée. Visionnage recommandé. Cliquez <a href="http://www.dailymotion.com/video/x3yq9_titanic-two-the-surface-trailer_creation" target="_blank" rel="nofollow">ici</a>, si vous voulez voir cette mascarade en plein écran.</td>
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<td id="noborder"><iframe frameborder="0" width="250" height="187" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xq7zp2?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></td>
<td id="noborder"><strong><em>Titanic</em> est aussi un film allemand d&#8217;Herbert Selpin&#8230;</strong><br /> et Werner Klingler (1943). Commandé par Goebbels, il met en scène le naufrage du paquebot pour condamner la cupidité des propriétaires britanniques du navire à travers le personnage de Joseph Bruce Ismay qui n&#8217;hésite pas à lancer son navire à toute vitesse sur l&#8217;Atlantique au mépris de la sécurité. Le lieutenant Petersen, officier allemand, s&#8217;oppose à ses méthodes et sauve le propriétaire du navire pour lui faire payer ses crimes devant la justice. Subtil, non ? Cliquez <a href="http://www.dailymotion.com/video/xq7zp2_das-titanic-1943-by-the-nazis-part1_shortfilms" target="_blank" rel="nofollow">ici</a>, si vous voulez voir de la propagande en plein écran.</td>
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<strong>Et rappelons-nous que le cinéma est magie. La preuve&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/06/titanic.png" alt="Winslet et DiCaprio sont dans une piscine" title="Winslet et DiCaprio sont dans une piscine" width="500" height="373" class="aligncenter size-full wp-image-8169" /></a></p>
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