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	<title>Grand Écart &#187; fantastique</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Henri Lœvenbruck</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2024 16:39:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[On a profité de la présence d'Henri Lœvenbruck au Festival du film fantastique de Gérardmer 2024 pour lui poser quelques questions et parler adaptations de romans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/01/henri-loevenbruck-gerardmer-2024-ok-228x300.jpg" alt="Henri Loevenbruck" width="228" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27866" /><strong>On a profité de la présence d&#8217;Henri Lœvenbruck au Festival du film fantastique de Gérardmer 2024 pour lui poser quelques questions et parler adaptations de romans.</strong></p>
<p><strong>Quelques mots sur votre présence au 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer ? </strong></p>
<p>Je me réjouis de retrouver les lecteurs au Grimoire, et si je le peux, de prendre un peu de temps pour voir quelques films. Je suis impatient de voir <em>Girls</em>, le court-métrage de Julien Hosmalin, un réalisateur pour lequel j’ai une affection particulière. Je suis aussi très heureux que La Ligue de l’Imaginaire, le collectif d’auteurs que j’ai créé il y a 15 ans, soit très bien représenté avec Bernard Minier, Bernard Werber, Alexis Laipsker et Mathias Malzieu. Notre collectif a des liens étroits avec le Festival depuis longtemps. Et puis, j’ai été très touché par la proposition d’Anthony Humbertclaude de monter une exposition autour de l’adaptation BD de <em>La Moïra</em> (Glénat), à la Maison de la Culture et des Loisirs. C’est la série qui m’a fait connaître, il y a vingt ans. Et que j’étais d’ailleurs venu dédicacer ici !</p>
<p><strong>Le thème qui traverse le festival est &#8220;de l’écrit à l’écran&#8221;, qu’est-ce que cela vous inspire ?</strong></p>
<p>Les liens entre écriture et cinéma sont évidemment essentiels et me tiennent à cœur. J’ai souvent œuvré pour créer des ponts en France entre ces deux médias, notamment au sein de la Ligue de l’Imaginaire, ce collectif de romanciers dans lequel le réalisateur Sébastien Drouin (<em>Cold Meat</em>) nous a rejoints, et avec lequel nous avons souvent organisé des rencontres avec des réalisateurs tels que Jan Kounen, Cédric Klapisch ou Jean-Pierre Jeunet. On peut mettre le plus grand metteur en scène du monde derrière la caméra, s’il n’a pas un scénario solide, le film a peu de chance de réussir. Beaucoup d’écrivains, dont je fais partie, voient leurs œuvres adaptées pour le grand ou le petit écran, c’est aussi le cas de Bernard Werber, Bernard Minier et Alexis Laipsker, trois de mes camarades de la Ligue, qui sont présents au festival. C’est émouvant, cette transposition vers un autre média. De voir quelqu’un s’emparer de votre bébé pour lui donner vie, le faire grandir&#8230;</p>
<p><strong>Une transposition qui peut s’avérer difficile ? </strong></p>
<p>Le travail d’adaptation est passionnant, parfois frustrant, bien sûr, car le format audiovisuel ne laisse pas autant d’espace que les longues pages d’un roman, mais tout l’intérêt est là : savoir tirer d’une œuvre sa substantifique moelle pour que son esprit transparaisse à l’écran, mais aussi pour que l’adaptation apporte quelque chose au livre, sinon, à quoi bon ? <span id="more-27864"></span></p>
<p><strong>Quand est-ce que ça marche ?</strong></p>
<p>Quand le réalisateur et le scénariste comprennent l’âme du roman, et lui apportent l’univers visuel qui va le mieux servir celle-ci. Étrangement, l’auteur du livre n’est pas toujours la personne la mieux placée pour l’adapter en film, car il y a souvent des sacrifices à faire dans l’intrigue qui, pour l’auteur, sont un arrache-cœur, mais qui vont pourtant dans l’intérêt du langage filmé. Parfois, il faut même « trahir » le texte, comme l’a fait Ridley Scott avec <em>Blade Runner</em> : le film est très éloigné de la nouvelle dont il s’inspire, et pourtant, il a su capturer l’esprit de l’auteur, en vérité, l’esprit de l’œuvre de Philip K. Dick tout entière.</p>
<p><strong>La dernière adaptation qui vous a bluffé ?</strong></p>
<p>Il y a de grands exemples d’adaptations littéraires fort réussies au cinéma, comme <em>Stand By Me</em>, adapté par Rob Reiner à partir de la nouvelle <em>Le Corps</em>, de Stephen King, qui est au moins aussi bon sur l’écran que sur le papier. J’ai été bluffé par l’adaptation que Peter Jackson a faite du <em>Seigneur des anneaux</em>, qui était pourtant un défi de taille : tout le monde l’attendait au tournant. Et j’ai un petit faible pour <em>Incendies</em>, adaptation virtuose par Denis Villeneuve de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. À vrai dire, c’est même pour moi le meilleur film de Villeneuve.</p>
<p><strong>Un livre de genre que vous aimeriez voir porté à l’écran ?</strong></p>
<p>Les fans de Lovecraft comme moi attendent toujours une adaptation réussie de l’une de ses plus grandes nouvelles. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent, il faut l’admettre, n’est pas extraordinaire… Le fait que Guillermo Del Toro ait dû abandonner (jusqu’à nouvel ordre) son adaptation des <em>Montagnes hallucinées</em>, a été pour moi une grande déception, car je pensais que nous allions enfin avoir un film qui rende correctement hommage à Lovecraft… Cela reste à accomplir, pour essuyer l’affront du catastrophique <em>Lovecraft Country</em> !</p>
<p><strong>Les Vosges, une terre inspirante en matière de fantastique ? Pourquoi ?</strong></p>
<p>À cause de la Mirabelle, bien sûr ! Peut-être aussi de ces grandes forêts et des brumes qui enveloppent le lac de Gérardmer, à l’aube…</p>
<p><strong>Quelles sont vos relations avec le Festival ?</strong></p>
<p>Anciennes, fidèles et amicales. J’ai dû venir à une bonne vingtaine d’éditions du festival, depuis sa création &#8211; je me demande si je n’ai pas le record… -, et j’entretiens avec Gérardmer des liens particuliers, puisque j’y ai moi-même organisé le festival des Motordays pendant huit ans… Gérardmer, c’est un peu ma deuxième famille, et j’y compte des amis très chers, dont le parrain de mon deuxième fils, l’inénarrable Yves Ragazzoli.</p>
<p><strong>Votre dernier frisson de cinéphile ?</strong></p>
<p>À vrai dire, c’est plutôt un frisson de téléphile. Je suis en train de regarder la série <em>Slow Horses</em>, et je me régale de bout en bout.</p>
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		<title>Rencontre avec Mathieu Turi et Sébastien Vanicek</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2024 15:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Membres du jury longs-métrages du 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer et incarnations du renouveau du cinéma fantastique français, Mathieu Turi et Sébastien Vanicek parlent de leur passion pour le grand cinéma.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Le cinéma dans la peau</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/01/vermines-film-1-300x168.jpg" alt="vermines-film-1" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27862" /><strong>Membres du jury longs-métrages du 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer et incarnations du renouveau du cinéma fantastique français, les réalisateurs Mathieu Turi et Sébastien Vanicek nous parlent de leur passion pour le grand cinéma.</strong></p>
<p><strong>Vous êtes les deux spécialistes du cinéma de genre du jury cette année. Une forme de reconnaissance de votre travail ?</strong></p>
<p><strong>Sébastien Vanicek : </strong>Mathieu a déjà trois films, moi un. Je débarque donc. Sinon, regarder des films grandioses et décerner des prix, je trouve ça plutôt particulier vu que j’ai un film qui est actuellement en exploitation (<em>Vermines</em>). Je le prends effectivement comme une reconnaissance et une marque de confiance de la part de mes pairs. Mais, même si j’en suis très honoré, j’ai encore un petit travail de légitimité à faire…</p>
<p><strong>Mathieu Turi : </strong>Ce que je trouve très intéressant, c’est justement qu’on soit deux réalisateurs de genre parmi d’autres personnes qui ne viennent pas de cette culture. Nous avons dix films de genre à voir, j’avais hâte de connaître leur regard sur le genre et qu’on mélange nos points de vue. En tant que juré et cinéaste, je préfère être dans l’émotion que dans l’analyse. C’est une démarche assez spéciale de se retrouver du côté du jugement alors qu’on déteste qu’on juge nos films, surtout de façon non constructive.</p>
<p><strong>Compte tenu de ses évolutions, quelle serait aujourd’hui votre définition du cinéma de genre ?</strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Pour moi, ça ne veut pas dire grand-chose. Même si je crois qu’en France quand on parle de film de genre, on pense en priorité au cinéma fantastique et d’horreur. Mais là aussi, c’est très large parce qu’on peut y mettre à la fois un slasher dont le seul but est de faire flipper et un film fantastique poétique. <span id="more-27860"></span></p>
<p><strong>SV : </strong>Je préfère parler de cinéma genré. Selon sa sensibilité, on peut filmer de façon genrée ou réaliste. La différence vient de là où on place la caméra. Pour ma part, j’ai réalisé plusieurs courts-métrages qui ont tout de suite été classés comme films de genre alors qu&#8217;on n&#8217;y trouve aucun élément fantastique. En revanche, ils expriment tous ma volonté de faire vibrer les spectateurs par le son et l’image. C’est cette approche physique presque organique qui représente le cinéma que je veux faire.</p>
<p><strong>À quand remonte votre passion pour le cinéma fantastique ? </strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Ce sont deux moments différents. Ce n’est ni <em>The Thing</em> de Carpenter, qui est sans doute le premier film que j’ai vu de ma vie quand j’étais enfant, ni même un autre film d’horreur, mais le making-of de <em>Braveheart</em> de Mel Gibson qui m’a vraiment donné envie de faire du cinéma. Ma pulsion de cinéma n’est donc pas synchro avec ma rencontre avec l’horreur. Les films communiquent toujours avec nous d’une façon totalement imprévisible.</p>
<p><strong>SV : </strong>Ça n’a pas été automatique pour moi d’aller sur le fantastique et le film d’horreur. Mais il faut reconnaître que le film d’horreur est une opportunité pour beaucoup de réalisateurs qui n’ont pas de moyens mais qui veulent faire ressentir des choses fortes aux spectateurs. C’est une belle porte d’entrée pour débuter. C’est le lieu des hauts concepts qui tiennent en trois lignes. En réalité, j’aime le cinéma tout court. C’est Ridley Scott qui m’a donné cette envie de cinéma. De <em>Gladiator</em> à <em>Alien</em>, c’est un immense réalisateur qui explore tous les genres et qu’on ne peut résumer à cette appellation.</p>
<p><strong>MT : </strong>Même si je réalise des films de création d’univers où la mise en scène est très typée, ça ne veut pas dire que je ne peux pas être bouleversé par un film qui mise tout sur ses dialogues. Comme beaucoup de gens qui font du cinéma, je suis un fan absolu de Spielberg qui est capable de raconter des choses insensées avec sa caméra. La preuve avec <em>The Fabelmans</em> dont le dernier plan raconte à lui tout seul une carrière entière. Cette mise en abyme ultime méritait à elle seule un oscar. Plus que le genre, c’est ce cinéma qui m’intéresse. Évidemment, je mets aussi Ridley Scott dans le même panier !</p>
<p><strong>Vous êtes deux représentants de la nouvelle vague du film d’horreur français. Qu’est-ce qui vous rapproche et/ou vous sépare de celle des French Frayeurs des années 2000 ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Depuis mes débuts, je fais des films avec la même équipe et sans le moindre soutien dans le milieu du cinéma. Tout au plus, Alexandre Aja est venu nous voir pour nous féliciter de faire un film d’araignée en France ! En réalité, j’ai juste fait le film que j’avais envie de voir en salle. Si on veut me caser dans une nouvelle génération, tant mieux pour le cinéma français mais moi je ne me sens appartenir à rien du tout.</p>
<p><strong>MT : </strong>C’est vrai qu’il se passe effectivement quelque chose depuis <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em>. Mais c’est très différent de la vague des French Frayeurs qui était avant tout une initiative de la part de Canal+, qui ouvrait alors une fenêtre de production aux réalisateurs de cinéma d’horreur et fantastique. Au contraire, tous les films de genre sortis depuis 2016 ont tous des parcours extrêmement différents et ont surtout été financés par de l’argent privé. C’est cette diversité et le fait qu’on soit toutes et tous arrivés au même moment qui fait qu’on ne se sent pas appartenir à une vague mais plutôt à une époque.</p>
<p><strong>Comment réalise-t-on un film à petit budget ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Avant tout, il faut avoir envie de se bagarrer et se préparer à faire avec très peu. Pour y arriver, il faut être apte, flexible et surtout savoir s’entourer des bonnes personnes, ce qui permet de faire plus de choses en moins de temps. Il ne faut pas avoir peur d’être fatigué et stressé. Sans budget, le niveau d’exigence physique et mentale est encore plus fort. Contrairement à une grosse production, on n’a pas les moyens de reporter ou de retourner une séquence ratée. On n’a pas le choix, il faut viser juste !</p>
<p><strong>MT : </strong>Moi aussi, j’ai commencé sans connaître personne dans le milieu. De toute façon, faire du cinéma est tellement difficile&#8230; Ma méthode est de lancer pleins de projets en même temps et de voir ce qui prend. Si on se met à calculer en se mettant sur un projet uniquement parce qu’il est dans l’air du temps, généralement ça capote. On passe énormément de temps sur nos films, deux ans, parfois trois ou plus dans le cas d’un premier long, alors autant les aimer comme nos enfants.</p>
<p><strong>La sortie en salle est-elle à chaque film un objectif ? Quel regard portez-vous sur les plateformes de streaming ?</strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Au moment du Covid, tout le monde s’est sans doute emballé un peu trop vite en affirmant que le streaming allait détruire la salle. Finalement, on s&#8217;aperçoit que ça n’a pas été le cas. En revanche, on constate aujourd’hui que le public a des envies de fraîcheur en allant vers d’autres propositions de cinéma. La preuve en est avec l’échec, relatif, des blockbusters Marvel au profit de films plus personnels comme <em>Barbie</em> et <em>Oppenheimer</em>. Moi, je n’oppose pas salle et plateforme. Je trouve au contraire que les plateformes ouvrent de nouvelles opportunités de financement. Je rappelle que nos deux films ont été financés par des plateformes. En France, on a la chance d’avoir réussi à les intégrer au financement du cinéma. Et je tiens aussi à dire qu’elles permettent d&#8217;amener la culture à des gens qui n’ont pas forcément les moyens d’aller voir trente films par an en salle.</p>
<p><strong>SV : </strong>En France, comme on n’a pas de système de studio, ça reste toujours difficile de monter un film sans le CNC ni Canal+, qui ne donne plus autant qu’avant. Dans ces conditions, les plateformes nous sauvent. Par exemple, sans Netflix, je n’aurais jamais pu faire <em>Vermines</em>. Aujourd’hui, elles affichent clairement leur volonté de faire des films qui sortent en salle. Tout en sachant qu’un film comme le mien actuellement à l’affiche sera vraiment rentable à partir de sa diffusion en streaming. La chronologie des médias actuelle jouant en notre faveur.</p>
<p><strong>MT : </strong>Concernant la chronologie des médias, on peut sans doute affiner encore certaines choses mais il faut reconnaître qu’elle protège ce qu’il y a à protéger. Elle s’est raccourcie et bien adaptée aux évolutions de l’époque. Sinon, je tenais à dire que nous sommes la preuve que les plateformes aident à faire des films.</p>
<p><strong>Quel film imaginez-vous réaliser dans 20 ans ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Sans hésiter, un film d’époque, un péplum ou une fresque historique avec des milliers de figurants en costume. C’est ça pour moi le cinéma. Ça me fait rêver !</p>
<p><strong>MT : </strong>Je crois alors qu’on a le même ! J’aimerais tellement adapter <em>La Religion</em>, le fantastique roman historique de Tim Willocks sur le siège de Malte par les Ottomans en 1565. J’espère y arriver un jour. Des costumes, des décors, du son, de l’image, de l’ampleur, une dimension épique… Voilà tout ce qui me fait vibrer.</p>
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		<title>Rencontre avec Lorcan Finnegan</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2020 13:35:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
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		<description><![CDATA[Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne 27e édition du Festival de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Un bonheur insoutenable</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/lorcan-finnegan-portrait.jpg" alt="Lorcan Finnegan" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27464" />Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e édition du Festival de Gérardmer</a>. Un film délirant, stupéfiant et signifiant qui méritait bien quelques confidences de la part de son jeune réalisateur irlandais. Rencontre avec Lorcan Finnegan.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Vivarium</em> est une fable surréaliste, métaphorique et cruelle. Êtes-vous d’accord avec cette définition ?</strong></p>
<p>Oui, tout à fait. Même s’il y a tout un tas d’autres interprétations possibles.</p>
<p><strong>Sans oublier sa dimension politique&#8230; </strong></p>
<p>Sociopolitique serait plus juste.</p>
<p><strong>Justement, quels sont les sujets qui parcourent <em>Vivarium</em> ?</strong></p>
<p>Même si chacun y trouve l’interprétation qu’il souhaite, pour moi <em>Vivarium</em> est un point de vue sur un certain mode de vie que l’on a voulu nous vendre comme idéal à partir de la fin des années 1950. En réalité, c’est un modèle absurde et atroce ! Je ne parle évidemment pas de tous les lotissements ni de toutes les banlieues pavillonnaires mais plutôt de ces programmes immobiliers aberrants qui ont poussé au milieu de nulle part. Ils favorisent l’individualisme tout en brisant les individus. Les promoteurs y vendent très cher du rêve à grand renfort de marketing à des gens qui y seront prisonniers pour la vie. Une vie de cauchemar qu&#8217;ils vont passer à rembourser des prêts où les contacts sociaux sont réduits au minimum et où il doivent faire des kilomètres en voiture chaque matin pour aller travailler. C’est quand même très étrange de faire ce choix de vie&#8230; <span id="more-27450"></span></p>
<p><strong>Comment est née l’idée du film ?</strong></p>
<p>Du boom économique qui a eu lieu en Irlande entre 2005 et 2008. À ce moment-là, ces programmes immobiliers ont poussé comme des champignons à travers tout le pays. Les banques accordaient des prêts sans compter et le gouvernement en tirait de gros bénéfices. Mais quand, en 2008, la crise des subprimes a éclaté, ceux qui avaient acheté se sont retrouvés piégés dans ces endroits sans âme. Revendre leur maison devenait impossible, personne ne pouvant plus les acheter, alors que leur niveau d&#8217;endettement grossissait dangereusement. Ces lotissements sont devenus des sortes de cimetières. J’ai connu personnellement pas mal de personnes dans ce cas&#8230; Ce sont toutes ces idées autour d’un contrat social mensonger que nous avons voulu explorer avec le scénariste Garrett Shanley.</p>
<p><strong>Votre vision est sombre. Pensez-vous que nous ayons définitivement perdu la partie face à ce système ?</strong></p>
<p>Sans doute pas si nous nous rendons compte de ce qui se trame à notre insu. La petite fille au début du film n’aime pas ce qu’elle voit (des oisillons morts après avoir été éjectés de leur nid par d’autres poussins plus forts) et c’est bien ! La prise de conscience est indispensable pour les générations futures.</p>
<p><strong>Y aurait-il derrière tout ça une forme de dictature du bonheur ?</strong></p>
<p>Sans doute est-ce la marque du capitalisme de nous imposer un idéalisme illusoire…</p>
<p><strong>Quel est le sens de cette scène d’ouverture naturaliste avec les oisillons ?</strong></p>
<p>Il s’agit de coucous, une race d’oiseaux qui pond dans le nid des autres avant d’abandonner ses œufs. Une fois nés, les poussins coucous dégagent du nid les autres oisillons pour être élevés et nourris de façon exclusive par leurs parents d&#8217;adoption. Ils ont un comportement de parasites. Après avoir vu un documentaire sur les coucous, avec Garrett nous nous sommes dit qu’ils feraient une bonne métaphore des promoteurs immobiliers. Voilà comment est née une des idées principales de l’intrigue. Sinon, c’est également une référence à la violence de la sélection naturelle qui sévit au sein de toutes les espèces, humains compris.</p>
<p><strong>Quel est le rôle des deux classiques de ska jamaïcain<sup>(1)</sup> des <em>60’s</em> que vous utilisez ?</strong></p>
<p>Ce sont des chansons qui parlent de pauvreté sur un rythme ensoleillé. De révolte sociale dans la bonne humeur. C’est à la fois de super morceaux et de formidables contrepoints, d’abord entre paroles et musique, puis entre la musique et la situation désespérée du couple à l’écran.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le film de genre pour traiter votre sujet ?</strong></p>
<p>Le film fantastique permet d’avoir une grande liberté et de laisser libre cours à sa créativité. En se coupant de toute représentation du réel, on peut exagérer à souhait, utiliser toutes les perspectives que l’on veut pour montrer la complexité et l’étrangeté de nos comportements.</p>
<p><strong>Quelles ont été vos références pour ce film ?</strong></p>
<p>L’influence graphique de Magritte est évidente et était présente depuis le début dans le scénario. Je pense aussi aux films du Suédois Roy Andersson, notamment pour la lumière et la photographie, à <em>La Femme des sables</em> (1964) de Hiroshi Teshigahara, au <em>Dernier Survivant</em> (1985), un film de SF post-apocalyptique de Geoff Murphy et à <em>Lost Highway</em> de David Lynch.</p>
<p><strong>Et vos films préférés ?</strong></p>
<p>Qui sait, je ne les ai peut-être pas encore vus… Sinon, j’ai grandi avec les films d’horreur et les épisodes de <em>Twilight Zone</em> à la télévision, les films de David Cronenberg. J’aime tous les genres de films, du moment que c’est du bon cinéma. En aparte, j’aimerais dire qu’on me parle souvent de <em>Black Mirror</em> comme si c’était une référence de <em>Vivarium</em>. Mais la vérité est que le projet a été initié bien avant la diffusion du premier épisode de la série, qui est excellente par ailleurs. </p>
<p><strong>Votre prochain projet sera-t-il toujours un film fantastique ?</strong></p>
<p>Ce sera effectivement un thriller surnaturel sur le thème de la vengeance. Il y aura encore une dimension politique puisqu’il évoquera l’exploitation humaine en Asie liée à l’industrie occidentale de la mode. Grâce au cinéma, on peut envoyer des messages importants au plus grand nombre. Quoi qu’il en soit, j’ai besoin d’une thématique forte pour aller au bout d’un projet.</p>
<p>(1) <em>A message To You Rudy</em> (Dandy Livingstone, 1967) et <em>007</em> (Desmond Dekker, 1967).</p>
<p>&nbsp;<br />
Vivarium <em>de Lorcan Finnegan, avec Jesse Eisenberg, Imogen Poots. Etats-Unis, Irlande, 2019. En compétition au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 11 mars 2020.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Rose Glass</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 16:08:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[À tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Un sacre largement mérité pour elle et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Allons voir si la rose qui ce matin avait déclose&#8230;</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/rose-glass-saint-maud-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Rose Glass" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27492" />À tout juste 30 ans, la jeune réalisatrice anglaise Rose Glass a littéralement atomisé la compétition du <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020/" title="Le palmarès du 27e Festival de Gérardmer">27e Festival international du film fantastique de Gérardmer</a>. Un sacre largement mérité pour elle et son premier long-métrage, <em>Saint Maud</em>. L’histoire de Maud – divine Morfydd Clark –, jeune et (très) pieuse infirmière à domicile envoyée auprès d’une chorégraphe gravement malade pour lui prodiguer ses derniers soins. Mais plus qu’au serment d’Hippocrate, c’est aux sermons de Dieu que Maud semble vouée, préférant consacrer son énergie à sauver l’âme de sa patiente plutôt qu’à soulager son corps&#8230; Plébiscité à quatre reprises (Grand Prix du jury, prix de la Critique, du Jury Jeunes et de la Meilleure musique originale), le film restera pour nous cette lumière éblouissante, aussi inattendue qu’inespérée, venue sortir de l’obscurité une compétition bien décevante. Certes, on sortira également du lot l’audacieux <em>Vivarium</em> de Lorcan Finnegan et l’original <em>Vigil</em> de Keith Thomas, mais il n’y avait sinon pas photo face à cette première réalisation d’une insolente maîtrise. Une Rose s’est donc bien éclose cette année à Gérardmer&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avez-vous choisi le cinéma de genre pour votre premier film ?</strong></p>
<p>Pour être honnête, au tout début, je n’étais pas partie dans l’idée de faire un film fantastique ou un film d’horreur. L’histoire a finalement et naturellement évolué dans cette voie. J’ai toujours su que je voulais faire des films intenses, plutôt surréalistes, étranges. Ce n’est donc pas étonnant si j’ai fini par me diriger vers une forme de cinéma plutôt extrême, comme celle du cinéma de genre. <span id="more-27481"></span></p>
<p><strong>Quel est votre rapport à la religion ? Quelle cheminement, personnel ou intellectuel, vous a mené à aborder ces questions de croyance et de foi ?</strong></p>
<p>J’ai grandi dans une famille chrétienne, non pratiquante. On allait de temps en temps à l&#8217;église. J&#8217;ai été baptisée, scolarisée dans une école catholique, avec des nonnes pour professeurs. Des femmes très cool ! Donc oui, la religion a toujours été autour de moi dans ma jeunesse. Et lorsque vous êtes enfant et que quelque chose fait ainsi partie de votre vie, vous ne vous posez pas de questions. Cela fait partie de votre quotidien. Adolescente, la religion ne m’intéressait pas vraiment. Cela m’ennuyait plutôt de devoir aller à l’église, je ne croyais pas en Dieu et je regardais tout cela d’un œil plutôt cynique. Mais en grandissant, j’ai pris un peu plus de distance avec la religion et j’ai commencé à m’intéresser non pas à la religion en tant qu’organisation mais à la foi. Qu’est-ce que cela signifie « avoir la foi » ? Pourquoi certaines personnes croient et d’autres non ? Dans quelle mesure la foi peut-elle influer psychologiquement la vie de quelqu’un ? </p>
<p><strong>Justement, pourquoi Maud a-t-elle la foi, d&#8217;où lui vient une telle ferveur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/saint-maud-rose-glass-grand-prix-gerardmer-2020.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-27472" />Plutôt que quelqu’un qui aurait grandi dans la foi, j&#8217;étais intéressée par l&#8217;idée qu&#8217;une personne la trouve en cours de route. Maud s&#8217;y accroche parce qu&#8217;elle lui permet de s&#8217;élever. Sa ferveur religieuse repose sur une conception inhabituelle du christianisme. Elle s’est inventée de nombreuses règles qui l’aident dans sa vie quotidienne. C’est une façon de prendre soin d’elle, comme une thérapie. Sans être moi-même croyante, je pense que l&#8217;idée de vouloir faire partie de quelque chose de plus grand pour donner un sens à sa vie et trouver sa place dans le monde, c&#8217;est un besoin vital assez universel. Dans mon film, Maud se croit choisie par Dieu, qu&#8217;Il lui a confié une mission importante. Je voulais capter la réalité de sa vie, sa tristesse, sa solitude&#8230; Toutes ces raisons qui la poussent à s’accrocher à cette identité de quasi sainte. Sa foi est une réaction évidente à quelque chose qui dysfonctionnait dans son existence. Et je pense que cela l’a vraiment aidée. Simplement, en l&#8217;absence d’une véritable vie sociale, cela finit par prendre des proportions bien trop importantes. Elle va trop loin et cela devient dangereux.</p>
<p><strong>Il y a tellement de films sur la possession, mais sur la possession par l&#8217;Esprit Saint, c’est plus inhabituel&#8230;</strong></p>
<p>Vraiment ? Je ne sais pas. Mais je ne parlerais pas ici de « possession ». Certes, j’imagine qu’une personne pieuse, croyant fermement en Dieu, peut se sentir comme habitée, connectée à une sorte d&#8217;esprit sain. Dans le film, j’emmène Maud très loin dans sa foi. C’est en ce sens qu’elle peut éventuellement paraître possédée. Mais, s’ils sont poussés à l’extrême chez elle, ces moments de ravissement extatique religieux qui la traversent sont, selon moi, ressentis de façon plus contrôlée par de nombreux croyants. Encore une fois, cet état d’extase atteint par Maud répond à un désir très humain. On essaie tous de transcender nos corps, de transcender notre réalité ennuyeuse. Je crois que la vie est compliquée, désordonnée, chaotique et inexplicable. Et que c&#8217;est finalement profondément humain de vouloir trouver quelque chose qui nous élève, qui rend les choses plus claires. Simplement, cela prend des proportions incontrôlables chez Maud.</p>
<p><strong>Maud, c’est la rencontre entre Jeanne d’Arc et Travis Bickle (<em>Taxi Driver</em>), deux de vos inspirations. Mais vous en citez beaucoup d’autres, notamment Ingmar Bergman&#8230; </strong></p>
<p>Oui, un film en particulier, <em>Á travers le miroir</em>. L’histoire d’une jeune femme qui, sortant d&#8217;un hôpital psychiatrique, revient dans sa famille pour la première fois. Simplement, elle reste rongée par sa schizophrénie, sujette à des crises de délire psychotique. Là encore, tout dépend de la manière dont on regarde les choses. Personnellement, je qualifie ses crises de psychotiques, mais pour d’autres il pourra s’agir d’une véritable connexion divine. Avec <em>Saint Maud</em>, j&#8217;ai voulu faire un film qui fonctionne de la même manière, que l’on peut interpréter à sa guise. Peut-être que le cas de Maud relève de la psychiatrie, résultat de ses expériences de vie passées, ou peut-être entretient-elle réellement une relation avec l’Esprit Saint. </p>
<p><strong>Il n&#8217;y a encore pas si longtemps, parler à Dieu était un signe de divinité. Aujourd&#8217;hui, vous passez pour un dingue&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/saint-maud-rose-glass-gerardmer.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-27414" />Absolument. Il y a notamment cette théorie soutenue par certains psychologues disant que Jeanne d&#8217;Arc souffrait d&#8217;une forme d’épilepsie due à des problèmes au niveau du lobe temporal. Et l’un des symptômes serait justement ce qu&#8217;ils appellent des crises extatiques. Jeanne d’Arc en aurait souffert, tout comme Dostoïevski. Des crises qui s’accompagnaient de sentiments de « révélations », d’ « élévation ». C’est ce que vit Maud. Des crises qu’elle interprète comme autant de manifestations divines. Mais si la science et la psychologie viennent aujourd’hui se substituer de plus en plus aux explications religieuses, mystiques ou spirituelles, je ne pense pas que cela change pour autant le ressenti des personnes qui vivent ces « expériences ». Science, psychologie et religion se rencontrent ici à une intersection très intéressante, je trouve.</p>
<p><strong>Vous expliquez que beaucoup d&#8217;histoires de la Bible permettent de comprendre l&#8217;humanité, sans doute de trouver sa place. Mais avec Maud, cela ne marche pas. Est-ce à dire que, dans un esprit faible, les histoires religieuses peuvent devenir une source de désordre mental ?</strong></p>
<p>Alors, je ne parlerais pas d’« esprit faible ». Ce serait trop désobligeant. Je ne pense pas me tromper en disant que la plupart des chrétiens n’appréhendent pas les textes de la Bible littéralement mais les interprètent comme autant d’allégories, de paraboles et de mythes. Prendre ces récits au pied de la lettre me paraît dangereux, selon moi. Mais je ne dirais pas que c’est une faiblesse non plus. On appréhende tous la réalité de façon subjective et l’une des forces du cinéma est de nous permettre de plonger dans la subjectivité d’une autre personne. D’explorer son monde, de vivre ses expériences de manière viscérale. Une façon de sortir un peu de nos strictes bulles de réflexion personnelles. Et le cinéma permet de se glisser dans les esprits les plus étranges, les plus extrêmes. C’est très excitant et on pourrait être surpris de s’y reconnaître, jusqu’à avoir de l’empathie pour ces esprits « extrêmes »&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Saint Maud<em> de Rose Glass, avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight&#8230; Royaume-Uni, 2019. Grand Prix du jury du 27e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Sortie en salle le 25 novembre 2020.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Alice Winocour</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 08:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Winocour]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
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		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après Proxima qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/interview-alice-winocour-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Alice Winocour au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27437" /><strong>Après <em>Proxima</em> qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette réalisatrice singulière, qui ne cache pas son amour pour le film de genre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir accepté d’être jurée au Festival de Gérardmer ?</strong></p>
<p>Parce que je me suis toujours intéressée au cinéma fantastique, même si ce n’est pas un genre qui m’a construite en tant que cinéaste, mais ça m’a beaucoup aidée. Par exemple, pour mon premier film, <em>Augustine</em>, je me suis inspirée de films d’exorcisme, de possession… C’est un cinéma inspirant qui n’est pas celui d’où je viens et je voulais donc en savoir plus.</p>
<p><strong>Quels sont vos films fantastiques de référence ?</strong></p>
<p>Les films qui ont vraiment compté pour moi, qui m’ont construite, ce sont les films de David Cronenberg comme <em>La Mouche</em>, <em>Faux-semblants</em>… J’ai revu <em>Crash</em> il n’y a pas longtemps. Le cinéma doit être comme ses films, une expérience physique et sensorielle, le rapport au corps me fascine. Je trouve qu’on n’aborde pas assez la sensualité, la sensorialité… Le cinéma d’horreur qui travaille les questions d’inconscient ou de psychanalyse, cela m’intéresse tout autant, comme le film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em> de Julia Ducournau ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell"><em>It Follows</em></a> de David Robert Mitchell. <span id="more-27433"></span></p>
<p><strong>Vos films sont d’ailleurs axés sur le corps…</strong></p>
<p>Oui, comme dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/maryland-alice-winocour-kruger/" title="Maryland, d’Alice Winocour">Maryland</a></em>, mon deuxième film, qui n’est que dans le point de vue sensoriel du personnage, dans une vision fragmentaires des choses à travers ses perceptions. Dans <em>Proxima</em> aussi. </p>
<p><strong>De plus en plus de femmes tournent des films de genre, pourriez-vous y verser vous-même ?</strong></p>
<p>J’ai besoin d’avoir une connexion intime avec le sujet, cela peut être dans n’importe quel genre. J’appartiens à une génération qui mélange plus ou moins diverses influences, différentes cultures. Ce que j’admire dans le cinéma de Julia Ducournau, qui était dans la même école que moi, c’est sa manière de se servir du carcan du genre, pour injecter des problématiques de cinéma d’auteur. </p>
<p><strong>Quels sont les critères pour juger les films que vous voyez en tant que jurée ?</strong></p>
<p>Je ne les vois pas selon une autre grille de lecture que n’importe quel festival. Ce qui m’importe c’est l’émotion, les problématiques explorées de notre monde contemporain… Il y a évidemment le critère de la peur, du jeu, de la bande son. Dans mes films, je passe énormément de temps à travailler dessus, cela participe d’un cinéma immersif et sensoriel et c’est parfois trop laissé de côté, je suis souvent frustrée que ça ne soit pas travaillé davantage. Un film silencieux peut être plus terrifiant que le bruit, comme dans <em>Les Oiseaux</em>.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fait peur au cinéma ?</strong></p>
<p>Je suis quelqu’un de très peureux. Les <em>home invasion movies</em>, c’est quelque chose qui me terrifie, me marque, comme <em>Panic Room</em> de David Fincher… Ce sont aussi des émotions de mon enfance comme <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock. Avec mon frère, on le regardait 5 à 6 fois par jour, parfois certaines séquences en boucle. Cela faisait partie de notre vie, on vivait dans ce film. C’était à la fois une frayeur et une fascination.</p>
<p><strong>Les ingrédients d&#8217;un bon film fantastique ?</strong></p>
<p>La bande son est très importante pour moi, comme le sous-texte de ce que cela raconte de notre société d’aujourd’hui. Qu’il y ait une seconde couche. Je suis déçue si cela ne réinvente pas la réalité ou si l’on voit des choses déjà vues des milliards de fois. Dans <em>It Follows</em>, ce qui était bien justement, c’était son côté immatériel.</p>
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		<title>Répertoire des villes disparues, de Denis Côté</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/repertoire-villes-disparues-denis-cote-quebec-gerardmer-2020/</link>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2020 14:38:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[fantômes]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le silence et la grisaille de l’hiver québécois, une voiture sort brusquement de la route pour aller s’encastrer dans des blocs de béton. Au volant, Simon. Mort sur le coup. Le début d’un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Chronique d’une mort annoncée</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/repertoire-villes-disparues-affiche.jpg" alt="Répertoire des villes disparues, de Denis Côté" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27452" />Dans le silence et la grisaille de l’hiver québécois, une voiture sort brusquement de la route pour aller s’encastrer dans des blocs de béton. Au volant, Simon. Mort sur le coup. Le début d’un deuil douloureux pour la famille – Simon laisse derrière lui un frère, une mère et un père dévastés – mais aussi pour les quelque 200 habitants d’Irénée-les-Neiges. Dans <em>Répertoire des villes disparues</em>, 11e long métrage de Denis Côté, le réalisateur canadien retrouve ses marottes. La perte, le deuil, l’isolement, l’ennui. Il filme la peur de l’autre et le repli sur soi d’une communauté villageoise au cœur d’un Québec rural à l’agonie. Repli sur soi face à la mort prématurée de l’un des leurs. Mais aussi face à la disparition inéluctable de leur village. Car la transformation du monde n’attend pas. N’attend plus. Elle est violente et irréversible. A moins de s’ouvrir rapidement à ce monde en mutation, les habitants d’Irénée-les-Neiges se condamnent à une mort certaine. Et leur commune, à devenir un village fantôme. « Village fantôme »&#8230; Denis Côté prend d’ailleurs l’idée à la lettre pour la figurer à l’écran à travers l’apparition de mystérieuses silhouettes. Des revenants immobiles et mutiques, anciens villageois de retour sur leur terre, rappelant à « ceux qui restent » leur devoir de réagir pour ne pas sombrer dans l’oubli. Revenants qui ne sont pas sans rappeler ceux de Robin Campillo ou de Fabrice Gobert. <span id="more-27440"></span></p>
<p>Filmé en 16 mm, <em>Répertoire des villes disparues</em> est enveloppé d’un charme lugubre à l’étrangeté inquiétante. Une esthétique vaporeuse qui participe à la propagation quasi imperceptible d’une angoisse diffuse tout au long du récit. Sauf qu’il y a un hic, malheureusement. Si les âmes disparues sont de retour à Irénée-les-Neiges, le film semble en manquer cruellement. Passée l’immersion plutôt séduisante dans cet univers mélancolique, le récit finit par se désincarner peu à peu, et ce en dépit de la très bonne prestation collective du casting. Un écueil regrettable dû, peut-être, au non-choix de Denis Côté qui semble vouloir ménager la chèvre et le chou, tergiversant entre poésie désabusée et film quasi documentaire, façon <em>Strip-tease</em>. Une « hésitation » qui finit par nous sortir de la langueur cotonneuse et hypnotique initiale. C’est dommage tant les choix narratifs comme esthétiques s’avéraient au départ plus prometteurs. Mais Denis est passé à côté&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Répertoire des villes disparues <em>de Denis Côté, avec Robert Taylor, Josee Deschenes, Diane Lavallée, Jean-Michel Anctil, Jocelyn Zucco&#8230; Québec, 2019. En compétition au 27e Festival de Gérardmer.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Harry Kümel</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 14:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[vampire]]></category>

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		<description><![CDATA[Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/levres-rouges-c-malavida.jpg" alt="Les Lèvres rouges" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27381" />Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de l&#8217;histoire de la comtesse Bathory version vampire, avec une Delphine Seyrig sulfureuse en diable. Un film présenté au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival international du film fantastique de Gérardmer 2020</a> lors de la nouvelle édition de Rétromania. Tandis que le film va bientôt ressortir en version restaurée, rencontre avec son réalisateur.</p>
<p><strong>Avez-vous été surpris de l&#8217;invitation du festival ?</strong></p>
<p>Pas vraiment, car <em>Les Lèvres rouges</em> est assez connu dans le monde du fantastique et je suis souvent invité pour en parler dans de nombreux festivals. Cela dit, je ne connaissais pas celui de Gérardmer.</p>
<p><strong>Quelle est la genèse des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>J’avais déjà réalisé un premier long-métrage et des producteurs sont venus me voir pour me demander si je voulais bien faire un autre film, mais dans la veine fantastique, qui se vendait bien à l’époque. J’ai accepté et en me promenant à Bruxelles, j’ai vu un fascicule dédié à Elizabeth Bathory, la fameuse Comtesse sanglante. Je l’ai acheté, j’ai lu l’histoire de cette femme et tout de suite, j’ai voulu écrire quelque chose sur elle. Comme cela nécessitait beaucoup de fonds, de faire une reconstitution historique, on est plutôt partis sur l’idée qu’il s’agissait d’un vampire qui survit en se baignant dans le sang de jeunes vierges, pour rester éternellement jeune. Elle traverse le monde en compagnie de sa servante. Avec le producteur, nous avons écrit un synopsis très rapidement, qui a ensuite été envoyé au scénariste Jean Ferry, avec qui j’écrivais un autre film, <em>Malpertuis</em>. Un très grand scénariste. Il m’a envoyé un télégramme en me disant qu’il acceptait de collaborer sur ce film et qu’il voulait en faire les dialogues. Quelques mois plus tard, le film était vendu au Festival de Cannes. Cela se faisait très facilement et rapidement, à l’époque. <span id="more-27375"></span></p>
<p><strong>Pourquoi le choix de Delphine Seyrig ?</strong></p>
<p>C’était la condition que j’avais émise pour faire ce film. Si l’on mettait une actrice de grand renom dans le rôle principal, cela prendrait de l’allure et donnerait une aura particulière au film. Ce qui a particulièrement réussi. Delphine était une amie d’Alain Resnais. Elle a accepté, car Resnais trouvait que le film se lisait comme une bande dessinée dont il raffolait. On s’est très bien entendus elle et moi, c’était très agréable de travailler avec elle. Les seuls qui ont des problèmes avec elle, ce sont les producteurs. Elle réclamait toujours son argent, elle considérait les producteurs comme des ennemis. C’était comme un réflexe naturel chez elle, très français. </p>
<p><strong>Au moment de la sortie, est-ce que ce fut un choc ?</strong></p>
<p>Il est d’abord sorti aux Etats-Unis, car il y avait un co-financier américain. Avec un sujet pareil, cela n’aurait pas pu se faire uniquement sur des fonds belge. Il est sorti à New York et a fait un malheur. Il est sorti avec un slogan qui donnait envie de le voir. C’est grâce à cela que le film est sorti ensuite en Belgique. Il y a eu des critiques qui l’ont trouvé scandaleux, mais globalement l’accueil était plutôt bon. J’étais d’ailleurs excessivement étonné moi-même. C’est même devenu un film culte ! Je le revois maintenant comme s’il était tourné par un autre. On n&#8217;était pas habitués à voir ce genre de film, mélangeant érotisme et fantastique, avec une actrice connue et une très belle photographie. Cela ne s’était jamais fait aussi explicitement. C’est ça qui avait fait de l’effet à l’époque. </p>
<p><strong>Des réalisateurs se réclament-ils des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! C’est très flatteur ! Quand je consulte les pages anglophones sur Internet sur moi, je découvre plein de commentaires élogieux. On vient de restaurer le film en version haute définition, qui sortira bientôt et les techniciens venaient voir la restauration en trouvant qu’on ne faisait plus de films comme ça, avec une telle couleur, une telle photographie, comme si c’était nouveau. Un cinéma qui est bien fait reste intemporel. Je ne dis pas cela par nostalgie, mais je suis très heureux que le film vieillisse bien, qu’il tienne le coup, comme du bon vin.</p>
<p><strong>Aviez-vous l’impression de faire quelque chose de précurseur à l’époque ?</strong></p>
<p>Non, pas du tout ! Un réalisateur pour moi, c’est l’interprète d’un scénario. La mise en scène, c’est trouver des solutions d’images et de son pour des moments dramatiques. C’est tout. Il faut toujours étonner le spectateur. C’est ce que disait Hitchcock. C’est grâce à lui que j’ai voulu faire du cinéma. Le seul devoir d’un réalisateur, c’est d’étonner. Prenez récemment un film comme 1917 de Sam Mendes, l’étonnement est à chaque moment. Ce n’est pas le sujet qui fait le film, qui est ici classique. Mais la manière dont il est fait, le rend étonnant. Ce qui est important et fait durer les films, c’est leur facture, quel que soit le sujet. Le sujet n’est que le porte-manteau du film. Un film ne doit surtout pas refléter la réalité de tous les jours. Les films doivent être vus en salle, avec des êtres humains autour de soi. </p>
<p><strong>Des réalisateurs vous surprennent-ils ?</strong></p>
<p>Le film de genre est ce qu’il y a de plus intéressant de nos jours. Un film comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/parasite-bong-joon-ho/" title="Parasite, de Bong Joon-ho">Parasite</a></em> est un film fantastique dans tous les sens du terme. Les films les plus intéressants ne viennent plus d’Europe, mais de l’Asie, comme ceux de l’Inde, de la Corée du Sud, du Japon. Ce sont des grands films. La Russie commence à retrouver de l’intérêt petit à petit. La France a des problèmes avec le cinéma fantastique. Georges Franju, à qui on doit <em>Les Yeux sans visage</em>, est mort dans la pauvreté. Des cinéastes comme René Clément ont essayé de se mettre au genre et ont été assassinés par la critique de la Nouvelle Vague. Quand j’ai vu <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>, j’avais été époustouflé, mais les critiques belges n’y avaient rien compris, parce qu’ils s’attachaient à l’histoire&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Lèvres rouges <em>de Harry Kümel, avec Delphine Seyrig, John Karlen, Danielle Ouimet. Allemagne, Belgique, France, 1971.</em></p>
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		<title>29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jan 2020 12:14:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Asia Argento]]></category>
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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Asia Argento. Christophe Gans. Alice Winocour. Jean-François Rauger. Arielle Dombasle. Voici quelques-uns des membres du jury longs-métrages &#8211; présidé par Asia Argento &#8211; du 27e Festival...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/attachment/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020/" rel="attachment wp-att-27368"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020.jpg" alt="27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="195" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27368" /></a><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Asia Argento. Christophe Gans. Alice Winocour. Jean-François Rauger. Arielle Dombasle. Voici quelques-uns des membres du jury longs-métrages &#8211; présidé par Asia Argento &#8211; du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Marina de Van. Olivier Assayas. Coralie Fargeat. Jan Kounen. Quelques-uns des invités du festival, auxquels ce millésime 2020 rendra hommage. Tobe Hooper. William Friedkin. Benjamin Christensen. Quelques-uns des réalisateurs cultes dont on verra tout ou partie des œuvres sur grand écran vosgien.<br />
On ne le présente plus, d&#8217;année en année le Festival de Gérardmer conserve sa belle réputation, due à des invités et une programmation de (bon) genre jubilatoire. Ajoutez la neige, les fondues savoyardes et les bières artisanales : Gérardmer, le paradis de l&#8217;horreur.</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le site du <a href="http://festival-gerardmer.com/2020/" target="_blank" class="broken_link">Festival de Gérardmer</a>.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2019 11:36:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Ils sont cinq : Albin Pettersson, Rasmus Råsmark, Hannes Krantz, Victor Danell et Olle Tholén. A ces cinq-là s&#8217;ajoute Christoffer Nordenrot, acteur au long cours et coscénariste. A eux six,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/The-Unthinkable-214x300.jpg" alt="The Unthinkable, Crazy Pictures" width="214" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-26892" />Ils sont cinq : Albin Pettersson, Rasmus Råsmark, Hannes Krantz, Victor Danell et Olle Tholén. A ces cinq-là s&#8217;ajoute Christoffer Nordenrot, acteur au long cours et coscénariste. A eux six, ils composent le collectif suédois Crazy Pictures, rassemblement assez unique de jeunes talents du septième art à qui l&#8217;on doit en ce début d&#8217;année un premier long-métrage enthousiasmant, véritable succès en Suède et reparti du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/26e-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="30/01-3/02 : 26e Festival du film fantastique de Gérardmer">26e Festival de Gérardmer</a> avec (entre autres) un Prix du jury bien mérité : <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-unthinkable-crazy-pictures-christoffer-nordenrot/" title="The Unthinkable, de Crazy Pictures">The Unthinkable</a></em>. Rencontre avec trois des membres de <a href="http://crazypictures.se/" title="Crazy Pictures" target="_blank">Crazy Pictures</a>, Olle Tholén, Albin Pettersson et Christoffer Nordenrot.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quel a été le point de départ de <em>The Unthinkable</em> ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Le noyau du film, c’était la scène du début avec la guitare, qui a servi à créer cette famille dysfonctionnelle. Le père qui voulait faire quelque chose de bien mais qui se termine mal. C’est ce qui a permis de lancer l’histoire de la famille. Parallèlement, mais sans imaginer que ça ferait partie du même film, nous pensions à cette « alarme de guerre », testée quatre fois par an en Suède. Un jour, ça ne serait plus un test. Comment réagirions-nous, que ferions-nous, où irions-nous ? En Suède, cela fait plus de 300 ans qu’il n’y a pas eu de guerre. Et si la Suède était en guerre ? C’était une pensée excitante. </p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous sommes habitués à voir ce genre de choses dans des films américains et à la télé. Mais nous n’avons pas ça en Suède. Nous nous sommes dit que c’était intéressant de faire un film à propos de ça. Quand on commence à enquêter sur ce sujet, à parler aux gens, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de choses palpitantes dans l’histoire de la Suède. Pendant la guerre froide, le gouvernement a fabriqué des bunkers pour accueillir tous les habitants. Donc il y a beaucoup de bunkers, qui n’ont en fait jamais été utilisés puisqu’il n’y a jamais eu de guerre. Mais c’était un cadre intéressant. Les bunkers existent toujours : que se passerait-il si l’alarme d&#8217;alerte se déclenche, et que cette fois-ci, c’est pour de vrai ? <span id="more-26891"></span></p>
<p><em>Albin :</em> C’était très important pour nous d’avoir tous ces éléments dans le même noyau : on suit les personnages, partout, tout le temps, et on voit l’attaque à travers leurs yeux. On s&#8217;attache à Anna.</p>
<p><strong><em>The Unthinkable</em> est tout à la fois un drame, une histoire d’amour, un film catastrophe, mais aussi un film politique ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-3-300x125.jpg" alt="THE UNTHINKABLE-effondrement pont" width="300" height="125" class="alignright size-medium wp-image-26902" /><em>Albin :</em> Nous n’avions pas prévu de faire un film politique, mais c’est inévitable quand on fait un film sur des attaques en Suède&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Nous voulions créer un ennemi mystérieux. Le spectateur n’a aucune idée de ce qui est en train de se passer, et de qui est derrière ça. Nous n’avons pas dit grand-chose à propos de l’ennemi. Parfois, nous avons besoin d’en dire un peu plus aux spectateurs, comme à la fin par exemple. Bien sûr, nous parlons à certains moments d’attaques d’aliens, pour ne pas être trop politique. Nous voulions vraiment avoir un ancrage dans la réalité, de façon à rendre les choses le plus plausible possible. Nous avons discuté avec des militaires, des gens sur Internet, pour tenter de trouver la façon la plus réelle de décrire les événements, si cela devait arriver un jour.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, quand on parle d&#8217;attaque militaire en Suède, on pense forcément à la Russie et à ses menaces régulières&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Bien sûr. Il y a un océan autour de la Suède, et la Russie a des sous-marins. Parfois, vous pouvez voir les sous-marins aux alentours de Stockholm : c’est quelque chose d’important en Suède. Je ne pense pas que les gens voient ça comme une menace, mais on en a toujours parlé en Suède. Certains nous ont critiqués, en disant que nous rendons les gens encore plus effrayés par la Russie. Qu’on donne à la Russie le mauvais rôle. Mais ce n’est pas la réalité.</p>
<p><em>Albin :</em> Dans <em>The Unthinkable</em>, la politique n’est qu’une petite partie qui sert à construire un tout. Nous ne voulons pas transmettre ce message ; la Russie n’est pas le « méchant » dans le film.</p>
<p><strong>Est-ce que ce scénario cauchemar est vraiment impensable ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-4-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-masque à gaz" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26904" /><em>Olle :</em> C’est un peu éloigné de la réalité. Quand nous avons créé le scénario, il y a 8 ans, c’était une fiction totale, de l’imagination. Nous avons discuté avec des gens pour le rendre plausible. Mais au fil des années, la menace se rapprochait, l’insécurité aussi. Je pense que le film est plus d’actualité aujourd’hui.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Oui, pas nécessairement avec la Russie, mais avec le monde entier. On vit dans une époque instable, les gens ont peur. Le gouvernement suédois a diffusé une brochure <em>[alertant les civils de la marche à suivre en cas d'attaque étrangère, ndlr]</em> un mois après que notre film est sorti. On aurait dit qu’elle sortait des années 1960.</p>
<p><em>Albin :</em> Ca s’est passé trois semaines avant notre première, ça nous a fait une belle campagne marketing&#8230; Certains ont pensé que nous étions à l’origine de cette brochure !</p>
<p><strong>Chaque pays a ses peurs : quelle est la peur de la Suède ?</strong></p>
<p><em>Christoffer :</em> Notre film est très axé sur les personnages, sur le fait de dire les choses avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce qu’on a travaillé avec le personnage d’Alex, et c’est quelque chose de très suédois : garder nos émotions et ne pas en parler. C’est ce qui résonne à travers le film. Mais d’un autre côté, <em>The Unthinkable</em> n’a pas grand-chose de suédois. On n’a encore jamais vu de film comme ça en Suède.</p>
<p><em>Olle :</em> Pour parler d’une vraie menace, le terrorisme est la chose la plus probable qui pourrait arriver à Stockholm. Nous voulions en faire l’expérience dans le film.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Depuis le début, c’est une fiction. Y compris la scène de la bande-annonce, avec le pont qui explose au centre de Stockholm. Nous l’avons écrite il y a plusieurs années, mais avec la peur des attaques terroristes, les gens ont été bien plus effrayés. <em>« C’est réel, ça peut arriver. »</em></p>
<p><strong>Dans la vie, vous êtes plutôt optimistes ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Oui, clairement ! Mais beaucoup de gens en Suède sont pessimistes&#8230;</p>
<p><em>Christoffer :</em> Avec la situation politique actuelle en Suède, comme dans d’autres pays européens, un parti d’extrême droite est en train de monter. C’est le 3e parti, cela veut dire beaucoup de choses à propos des peurs des gens.</p>
<p><strong>Vous dites que d&#8217;une certaine manière, votre film n&#8217;est pas suédois, mais les thrillers scandinaves parlent généralement de crime sans occulter un contexte politique ou social, comme c&#8217;est le cas ici&#8230;</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, d’un côté, il est très suédois, mais de l’autre non : l’attaque, et le style hollywoodien.</p>
<p><em>Albin :</em> Cette combinaison le rend unique en Suède. On voit beaucoup de films américains, mais nous sommes tous des réalisateurs suédois. Nous ne voulions pas faire un film américain, donc c’est notre point de vue sur de genre de film.</p>
<p><strong>D&#8217;où vient l&#8217;idée de créer le collectif Crazy Pictures ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-Crazy-Pictures-collective_photo-300x200.jpg" alt="Crazy Pictures collectif" width="300" height="200" class="alignright size-medium wp-image-26898" /><em>Albin :</em> Nous nous sommes tous rencontrés à l’école, quand nous avions 16 ans. On faisait déjà beaucoup de films, on s’amusait ensemble. A 17 ans, on a fait notre premier long-métrage. Ensuite, en terminant l’école, on a eu envie de continuer de travailler ensemble. Nous avions 19 ans quand nous avons lancé notre boîte de production. C’était il y a 11 ans. Depuis, nous avons fait beaucoup de courts-métrages sur YouTube, beaucoup de publicités pour vivre. Christoffer a joué le rôle principal dans plusieurs de nos films.</p>
<p><em>Christoffer :</em> Ça a été une chance de les rencontrer. Ils se connaissaient depuis longtemps. J’ai commencé en tant qu’acteur dans leurs films, puis je me suis mis à écrire. C’était une belle rencontre.</p>
<p><em>Olle :</em> On est un collectif de cinéastes, et on aime la manière dont on réalise des films ensemble. Au début, on pensait que c’était étrange, qu’il fallait quelqu’un qui soit directeur, l’autre producteur, etc. Mais on n’aime pas travailler comme ça. Nous sommes un collectif, nous avons tous des compétences différentes, et un seul et même but : faire les meilleurs films possibles.</p>
<p><strong>Sur le plateau, ça fonctionne comment ?</strong></p>
<p><em>Albin :</em> Pour vous donner un exemple, même si je ne suis pas directeur du plateau, je peux prendre le rôle de directeur. On a tous passé du temps autour d’une table, à parler du film, donc on sait tout sur le film. C’est plus facile de faire le film ensemble. Habituellement, il n’y a que deux personnes qui discutent de ça. Là, on est cinq. Comme ça, chacun peut remplacer l&#8217;autre si besoin.</p>
<p><strong>Vous avez des techniciens à vos côtés ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, on doit être 25 personnes sur le plateau. Nous sommes une équipe petite et jeune. L’âge moyen doit être de 27 ans. C’est une toute nouvelle génération.</p>
<p><strong>Être structuré de cette manière, c’est aussi une approche politique, quelque part ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui. Nous avons toujours voulu mettre la marque Crazy Pictures en avant. Les gens ne sont pas habitués à voir un collectif réaliser un film, sans préciser qui fait quoi. C’est une bonne chose pour notre marque&#8230; Vous connaissez quelqu’un qui fait la même chose ?</p>
<p><strong>Les sœurs Wachowski peut-être ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, mais elles sont toutes deux réalisatrices.</p>
<p><strong>C’est donc unique en Suède ?</strong></p>
<p><em>Olle :</em> Oui, nous ne connaissons personne d’autre. Nous sommes une inspiration en quelque sorte. Des jeunes gens se revendiquent maintenant en tant que boîtes de production, et veulent faire comme nous.</p>
<p><strong>Est-ce que l’industrie cinématographique suédoise voit Crazy Pictures différemment, depuis le succès du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/04/THE-UNTHINKABLE-photo-6-300x125.png" alt="THE UNTHINKABLE-Alex" width="300" height="125" class="alignleft size-medium wp-image-26906" /><em>Albin :</em> Nous avons eu beaucoup de mal au niveau du financement du film. Nous avions 24 ans et nous faisions beaucoup de courts-métrages, nous avions le script de notre long-métrage mais aucun organisme de financement n&#8217;y croyait. Nous nous sommes donc rapprochés de notre communauté. Nous leur avons dit <em>« vous voulez voir le film ? »</em> et nous avons sorti le pilote. Nous avons récolté 30 000 euros les premières 24h, et nous avons terminé à 50 000 euros. Nous sommes ensuite retournés voir les industries cinématographiques en leur disant : <em>« Les gens croient en nous, pouvez-vous le faire également ? »</em> Nous avons eu les financements, et nous avons pu faire le film. Mais nous n’avons pas eu de subvention de l’Etat, même en s’y prenant à cinq reprises&#8230; Quand le film est sorti, plus de 100 000 Suédois sont allés le voir. Le film le plus vu l’année dernière culminait à 300 000 spectateurs. Donc le succès de <em>The Unthinkable</em>, pour un film indépendant, été fabuleux. Maintenant, il est vendu dans 90 pays. En janvier on a été nommés dans quatre catégories aux Guldbagge Awards : on a remporté le prix du « newcomer of the year ». C’est la preuve que nous sommes les bienvenus maintenant.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>Le palmarès du 26e Festival de Gérardmer</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Feb 2019 22:18:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<category><![CDATA[palmarès]]></category>

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		<description><![CDATA[La planète part en sucette, les nazis reprennent du poil de la puppet, les enfants violés sont des zombies et la fibre optique nous bouffe la vie, l’identité devient un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/26e-festival-film-fantastique-gerardmer-2019.jpg" alt="26e Festival du film fantastique de Gérardmer" title="26e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-26794" /><strong>La planète part en sucette, les nazis reprennent du poil de la puppet, les enfants violés sont des zombies et la fibre optique nous bouffe la vie, l’identité devient un problème quand la nature reprend ce qu’elle sème… Voilà quelques-unes des réjouissances que réservait la sélection dépressionnaire (la neige et la pluie sont tombées en masse) de cette 26e édition du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/26e-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="30/01-3/02 : 26e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival du film fantastique de Gérardmer</a>.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Résultat des courses : la Suède avec ses deux films en compétition et une armée de fachos à l’échelle 1/100e font une OPA sur le palmarès, sans que l’on n’y trouve rien à redire. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Grand Prix</h3>
<p><em>The Puppet Master</em> : Pop corn movie de sensibilité grolandaise scénarisé par deux Suédois (encore !).</p>
<h3>Prix du jury ex aequo</h3>
<p><em>Aniara</em> : Après la Terre, direction la mort (en version suédoise).<br />
<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/the-unthinkable-crazy-pictures-christoffer-nordenrot/" title="The Unthinkable, de Crazy Pictures">The Unthinkable</a></em> : Champion de la soirée réalisé par un collectif de jeunes (suédois) plein d’avenir.</p>
<h3>Prix de la meilleure musique</h3>
<p><em>The Puppet Master</em> : Et un joli vase en cristal pour Fabio Frizzi, maître italien du genre.</p>
<h3>Prix de la critique</h3>
<p><em>The Unthinkable</em> : Maîtrise, inventivité, sincérité, efficacité. Les critiques ont adoré ce cocktail (suédois).</p>
<h3>Prix du public</h3>
<p><em>The Puppet Master</em> : Tout le monde a bien ri.</p>
<h3>Prix du jury jeunes</h3>
<p><em>The Unthinkable</em> : Les jeunes aiment les jeunes.</p>
<h3>Prix du jury Syfy</h3>
<p><em>The Witch</em> : Escapade coréenne.</p>
<h3>Prix du court métrage</h3>
<p><em>Diversion</em> : Bon courage pour la suite.</p>
<p>Et une pensée sincère pour les oubliés du palmarès que sont <em>The Dark</em> et <em>Lifechanger</em>.</p>
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