<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Grand Écart &#187; faits divers</title>
	<atom:link href="http://www.grand-ecart.fr/tag/faits-divers/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.grand-ecart.fr</link>
	<description>Étirements cinéphiles</description>
	<lastBuildDate>Sat, 27 Sep 2025 21:12:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5</generator>
		<item>
		<title>38 témoins, de Lucas Belvaux</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/38-temoins-lucas-belvaux/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/38-temoins-lucas-belvaux/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 30 Mar 2012 13:13:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alice Fargier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[faits divers]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=5788</guid>
		<description><![CDATA[On a beaucoup parlé de ces <em>38 témoins</em>. Critique du nouveau film de Lucas Belvaux avec Yvan Attal, Sophie Quinton et Nicole Garcia...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>J&#8217;ai vu un cri</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche-38-temoins-belvaux.jpg" alt="Affiche du film 38 témoins de Lucas Belvaux" title="Affiche du film 38 témoins de Lucas Belvaux" width="202" height="270" class="alignleft size-full wp-image-5790" />Que feriez-vous si vous entendiez un cri en pleine nuit ? On entend un cri et l&#8217;on se dit : ce sont des gens éméchés, qui règlent leurs comptes. Cela ne me regarde pas. On entend un cri et on se dit : une femme est peut-être en train de se faire agresser&#8230; Je ne suis pas le plus fort ; il y a une trentaine de fenêtres qui donnent sur la rue, d’autres agiront.</p>
<p><em>38 témoins</em> commence comme un polar classique : le cadavre d’une femme baignant dans son sang au pied d’une cage d’escalier, la police enquête et vient chercher des témoins. Personne n’a rien vu ni entendu. Un plan d’Yvan Attal, de dos, plongé dans une semi-pénombre, nous fait croire que l’on a déjà compris l’histoire : l’assassin est recherché et nous serons de son côté. Erreur. Quoique. Le point de vue sera celui du coupable. Un coupable qui n’est pas un assassin. Et pourtant&#8230;<br />
A la différence des 37 autres, Pierre (Yvan Attal) se sent coupable. A sa femme, Louise (Sophie Quinton), qui rentre de Chine et a eu la chance d’être absente la nuit du crime, il confie tandis qu’elle dort paisiblement ce qui s’est réellement passé dans leur appartement : Pierre était là, il a entendu le cri et n’a pas bougé. <span id="more-5788"></span></p>
<p>Comment un couple peut-il tenir après une telle révélation ? C’est un des nombreux enjeux du film et il s’incarne dans la relation Pierre/Louise tendue à l’extrême. Indignation, colère, compréhension, peur, résignation, voilà quelques états par lesquels passera Louise face à un mari rongé, paralysé par sa lâcheté. Le personnage de Pierre est sartrien, il rappelle celui de Garcin dans <em>Huis clos</em>, en quête d’un jugement qui ne tombera jamais. Comme chez les amants diaboliques, le crime sépare et révèle les âmes. Car connaît-on vraiment la conscience de celui avec qui l’on couche ? Et si un lit se partage, la responsabilité, elle, est individuelle&#8230; <em>38 témoins</em> est un film collectif sur la solitude de chaque être humain face à sa conscience.</p>
<p>Quand on ouvre ses fenêtres ou qu’on sort dans la rue, la honte devient publique. Et quand une journaliste déterminée (Nicole Garcia) s’en mêle, ce sont les regards de la France entière qu’il faut pouvoir supporter. Au juge, Belvaux se préfère peintre. L’atmosphère du port du Havre, les entrées et sorties de paquebots sont captés avec grâce, le mouvement brutal des vagues s’écrasant contre la coque ou le doux glissement du navire servent à raconter les fines nuances de tensions du récit. Rien n’est documentaire, tout est dramatisé. Les dialogues sont d’une intelligence remarquable car ils semblent écrits par les personnages eux-mêmes.<br />
La vision de ce film est une expérience d’identification comparable à celle de <em>Taxi Driver</em>. Seulement ici, répétons-le, l’assassin n’est pas l’intéressé. L’identification n’est pas celle au mal, non, encore plus dérangeante car mesquine et en aucun cas héroïque, celle de la peur et de la lâcheté. Lucas Belvaux dit avoir voulu poser une distance, et refuser l’identification, c’est pourtant tout le contraire qui se produit, puisque sa mise en scène est absolument concrète et incarnée. Nous écoutons à travers les oreilles de Louise, blottie dans son canapé : le passage d’une mobylette dans la rue, les pas du voisin d’au-dessus, les pleurs d’un bébé. Un éclat de rire. Tout s’entend à travers ces murs de papier. La preuve en est donnée. Le déni collectif ne fait plus de doute.</p>
<p>« 37 ou 38 ? » demande le procureur. Hésitation. Combien de témoins ? Le 38e, ne serait-ce pas le spectateur ? Merci Monsieur le Procureur. Qu’aurais-je fait ? Qu’auriez-vous fait ? Qu’aurais-je fait ? Qu’auriez-vous fait ?</p>
<p>&nbsp;<br />
38 témoins<em> de Lucas Belvaux, avec Yvan Attal, Sophie Quinton, Nicole Garcia&#8230; France, 2012. Sortie le 14 mars 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="245" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xpei6w?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/38-temoins-lucas-belvaux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rencontre avec Justin Kurzel et Daniel Henshall</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-justin-kurzel-daniel-henshall-crimes-snowtown/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-justin-kurzel-daniel-henshall-crimes-snowtown/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 14:54:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[faits divers]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=4843</guid>
		<description><![CDATA[Comment plonger dans la vie d'un serial killer sans refaire <em>Faites entrez l'accusé</em> ? Explications de Justin Kurzel et Daniel Henshall, respectivement réalisateur et acteur des <em>Crimes de Snowtown</em>.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><em>Snowtown</em>, portrait d&#8217;un serial killer</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/affiche-crimes-snowtown.jpg" alt="Les Crimes de Snowtown, de Justin Kurzel" title="Les Crimes de Snowtown, de Justin Kurzel" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-4848" /> <a href="/cinema/crimes-snowtown-justin-kurzel/" target="_blank"><em>Les Crimes de Snowtown</em></a>, en Australie, a une résonance toute différente d&#8217;ici. Comme si sortait en France un film tiré des meurtres de Francis Heaulme. Avec un tel poids sur les épaules, comment faire une oeuvre qui ne soit pas un épisode de <em>Faites entrez l&#8217;accusé</em>, comment trouver le regard du cinéaste dans le fait divers&#8230; Autant de questions que soulève la première réalisation de Justin Kurzel et la première apparition sur grand écran de Daniel Henshall. Portrait d&#8217;un serial killer en diabolique figure salvatrice, par Kurzel et Henshall.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>En quoi avez-vous été influencés par la portée de cette histoire en Australie ?</strong></p>
<p><em>Justin Kurzel :</em> Nous voulions être le plus authentique possible, et nous voulions absolument éviter d&#8217;en faire un film de genre. Il y avait une responsabilité à essayer de faire le film le plus réaliste possible et de ne pas se laisser guider par la violence. Nous nous sommes tenus au point de vue du gamin. Je faisais attention à ne pas porter de jugement sur cette communauté. Nous voulions être fidèles à ce qui s&#8217;est passé. C&#8217;est pour ça que nous avons filmé dans la région où les événements se sont produits, avec des acteurs non professionnels qui venaient de la région. Il fallait faire un film intègre. <span id="more-4843"></span></p>
<p><em>Daniel Henshall :</em> L&#8217;histoire était encore sensible là-bas. C&#8217;est la pire histoire de serial killer d&#8217;Australie. Il nous fallait avoir beaucoup de respect pour ceux qui avaient été touchés par cette histoire, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre.  Nous tenions à ne pas tomber dans le sensationnalisme.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Le film est-il différemment perçu en Australie et dans les autres pays, pour qui l&#8217;histoire est inconnue ?</strong></p>
<p><em>JK :</em> A l&#8217;étranger, les spectateurs ont un point de vue très frais sur ce qu&#8217;est l&#8217;histoire. C&#8217;est peut-être un peu plus violent pour ceux qui l&#8217;ignorent. D&#8217;ailleurs on ne mentionne pas le côté « basé sur une histoire vraie » avant la fin du film. Ca doit être un peu plus choquant. En Australie, on sait ce qu&#8217;on va voir, on s&#8217;y prépare. En voyageant avec le film dans les festivals, j&#8217;ai constaté que l&#8217;effet était plus fort sur les spectateurs. </p>
<p><em>DH :</em> Le film est sorti en Angleterre il y a un mois, et effectivement, je me suis rendu compte que les gens n&#8217;ayant pas ces <em>a priori</em> liés à l&#8217;histoire voient plus le film comme un objet de cinéma. En Australie, c&#8217;est difficile de faire la différence entre le cinéma et la réalité. Ce n&#8217;est pas un objet d&#8217;art, c&#8217;est le récit d&#8217;un événement récent de l&#8217;histoire australienne. Mais en Angleterre, il y a eu cette « réponse » très rafraîchissante. On nous parlait plus de la forme du film que de son histoire. </p>
<p><em>JK :</em> Il y a une appréciation plus directe pour le côté artistique du film parce que les gens sont détachés des faits. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Ce qui fait du film une œuvre d&#8217;art à part entière, c&#8217;est qu&#8217;il a un point de vue et qu&#8217;il s&#8217;y tient. Pourquoi avoir choisi celui-là, celui de Jamie ? Cela rend le personnage de John, le tueur, très ambigu. </strong></p>
<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/snowtown-kurzel.jpg" rel="shadowbox[sbpost-4843];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/snowtown-kurzel.jpg" alt="Snowtown, de Justin Kurzel" title="Snowtown, de Justin Kurzel" width="280" height="162" class="alignright size-full wp-image-2884" /></a> <em>JK :</em> C&#8217;était le point de vue le plus intéressant. Ce n&#8217;est pas juste l&#8217;histoire macabre de quatre tueurs qui ont brutalement et violemment assassiné ces gens. Quand j&#8217;ai lu le scénario, j&#8217;ai vu que c&#8217;était l&#8217;histoire d&#8217;un gamin, dans cette communauté, victime d&#8217;abus sexuels. L&#8217;idée qu&#8217;il est un peu innocent, puisque manipulé, et séduit par cette figure du beau-père, est à la fois fascinante et très humaine. C&#8217;est ce que j&#8217;ai trouvé surprenant dans l&#8217;écriture de Shaun Grant : il a trouvé la manière, dans cette violence, de raconter une histoire humaine. Celle d&#8217;une relation père-fils, au milieu de cette histoire de meurtres. L&#8217;idée du gamin séduit par le diable, qui marche dans le jardin de l&#8217;enfer et qui doit décider s&#8217;il embrasse ce chemin ou non. Cette histoire là est passionnante. C&#8217;est un point de vue que tout le monde ignorait en Australie. Cette question morale : Jamie est-il un tueur ou une victime ? C&#8217;était difficile, intéressant, et pertinent. </p>
<p><em>DH :</em> Personne n&#8217;avait pensé à donner une voix aux gens impliqués dans cette histoire, ni à comprendre ce qui s&#8217;était passé avant le livre de Debi Marshall. Elle a été la première à se demander qui étaient ces gens, d&#8217;où ils venaient. Et le film essaie vraiment de leur donner une voix dans la conscience australienne. Quand on leur donne une identité, une dimension humaine, on montre leur souffrance, l&#8217;absence des systèmes policier et judiciaire. Personne ne s&#8217;occupait de ces gens. Alors quand arrive cet homme, il devient un héros, c&#8217;est le chevalier qui va affronter le mal. Là, on peut commencer à comprendre. </p>
<p align="center"><strong><em>&raquo; Lire la critique des <a href="/cinema/crimes-snowtown-justin-kurzel/">Crimes de Snowtown</a> de Justin Kurzel</em></strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>C&#8217;est très progressif. C&#8217;est un type sympa, mais on sent qu&#8217;il y a quelque chose de louche chez lui. Et avant la scène de torture, il existe toujours ce doute&#8230;</strong></p>
<p><em>JK :</em> Ce que je tenais absolument à faire, c&#8217;était à placer le public dans la situation de cette famille : que l&#8217;on puisse comprendre comment ils ont été séduits par John, comment ils lui ont fait confiance. C&#8217;était capital pour moi. On ne pouvait pas simplement faire le portrait d&#8217;un tueur sanguinaire. C&#8217;est ce qui est intéressant dans cette affaire. C&#8217;était aussi une pièce importante de la communauté, quelqu&#8217;un de respecté. Il était même vu comme un prédicateur. Il va à l&#8217;encontre de tous les clichés du serial killer. Et c&#8217;est la manière dont, progressivement, on le découvre qui est intéressante. Jamie le prend pour une figure paternelle. Pour moi c&#8217;est la tragédie de l&#8217;histoire. Et cela se sent dans les réactions du public. Quand il arrive comme un shérif, le public a ce sentiment de soulagement. Il s&#8217;occupe de cette famille, de ces enfants. Il leur fait à manger&#8230;</p>
<p><em>DH :</em> Oui, il joue avec eux&#8230;</p>
<p><em>JK :</em> &#8230;mais au fond, c&#8217;est un psychopathe.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Comment avez-vous abordé ce rôle très complexe, notamment, par rapport à ce qu&#8217;il représente en Australie ?</strong></p>
<p><em>DH :</em> Justin a levé rapidement mes craintes quand j&#8217;ai vu cet attachement à donner une dimension humaine et authentique à cette histoire. Je viens d&#8217;un endroit très différent de celui où se sont passés les faits. Donc Justin m&#8217;a demandé de vivre là-bas pendant trois mois. Pour comprendre comment les gens vivent. Bien sûr, j&#8217;avais fait mes propres recherches, j&#8217;avais mes propres idées, mais plus je connaissais ces gens, plus Justin m&#8217;en demandais, plus il me poussait, et plus j&#8217;oubliais mes <em>a priori</em>. C&#8217;était avant tout une histoire humaine, et ce n&#8217;est pas avant la scène de torture qu&#8217;on voit la violence du film. Jusque-là, c&#8217;est davantage un drame psychologique. Une fois le casting arrêté, nous avons passé un mois ensemble, les quatre ou cinq personnages principaux. Ce qui fait qu&#8217;au moment de démarrer le tournage, c&#8217;était très naturel. Le casting a été très important. Ce n&#8217;étaient pas des acteurs. Donc ils réagissaient de manière très naturelle, pas de façon préméditée ou réfléchie. On a donc compris très vite ce qui fonctionnerait et ce qui ne fonctionnerait pas. Et puis, tout se fait petit à petit. Au départ, John leur offre la sécurité et la protection. C&#8217;est difficile de dire non à ça.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>A propos de cette scène de torture, elle incarne à la fois la dualité du personnage, et celle du film. D&#8217;un côté, il y a la manière dont vous abordez l&#8217;agression sexuelle, très pudiquement mais en même temps de manière très claire. Et puis, cette scène de torture, très explicite et presque insupportable.</strong></p>
<p><em>JK :</em> On montre le point de vue de Jamie, et c&#8217;est une scène clé. Il fallait aller aussi loin, pour montrer l&#8217;effet qu&#8217;elle a sur Jamie. Ca devait être très dur et très choquant. La question est de savoir jusqu&#8217;où on pouvait aller dans cette salle de bains avec ce gamin. Même si c&#8217;était brutal, c&#8217;était fidèle à l&#8217;initiation que John veut donner à Jamie. C&#8217;était une scène délicate : combien de temps, quelle dose de mansuétude&#8230; Mais je voulais qu&#8217;on soit face à l&#8217;horreur. C&#8217;était très important. Tant que c&#8217;était en cohérence avec le point de vue de Jamie&#8230; On arrive à ce moment où le public veut sortir de la salle, c&#8217;est le moment où Jamie veut que tout s&#8217;arrête. Quand on supplie pour que ça s&#8217;arrête, c&#8217;est ce que fait Jamie. Les émotions sont très présentes et très importantes dans cette scène. Trop longue ou trop courte, et on passait à côté. Certains pensent toujours que c&#8217;est trop et sortent. Mais d&#8217;autres sont entrés dans l&#8217;histoire et trouvent ce moment fascinant et très fort. C&#8217;est subjectif, mais ce qui est sûr, c&#8217;est que cette scène nous place du point de vue de ce gamin, qui assiste à quelque chose d&#8217;insupportable. Je voulais que cette violence choque, parce que c&#8217;est choquant. Je ne voulais surtout pas que cela ressemble à un film de genre, où à des scènes déjà vues que l&#8217;on peut oublier. Ce que je montre s&#8217;est passé, et c&#8217;est absolument horrible. Je voulais amener le public à ce stade, à cette expérience de cinéma. Tout comme on rit ou on pleure du fond du cœur, je voulais livrer cette expérience viscérale. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Avant et après cette scène, les meurtres ne sont pas montrés&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/daniel-henshall-snowtown.jpg" alt="Daniel Henshall dans Les Crimes de Snowtown" title="Daniel Henshall dans Les Crimes de Snowtown" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-4849" /><em>JK :</em> Oui, cette scène a toujours été au cœur du scénario. Le reste est suggéré. D&#8217;ailleurs dans cette scène de torture, il n&#8217;y a finalement qu&#8217;une image explicite, c&#8217;est celle des ongles. Mais comparé à d&#8217;autres films, ce n&#8217;est rien ! Les gens s&#8217;imaginent qu&#8217;il y a beaucoup plus de violence qu&#8217;il n&#8217;y en a en réalité dans ce film. C&#8217;est le résidu de cette scène, qui infiltre toute la suite du film. Cela doit beaucoup à l&#8217;authenticité, au côté viscéral de cette scène. Pour moi, le reste du film tient du rêve. C&#8217;est le cauchemar de Jamie. Il est dans l&#8217;enfer de Dante et il s&#8217;essaie désespérément de s&#8217;en sortir. Mais le diable est juste à ses côtés, le tient par les épaules, et ne le laisse pas partir. Dans cette scène, on est en enfer avec lui. Et le résidu de ça est très important pour la tension du reste du film. Le dernier tiers du film est un cauchemar. Et cela se sent. C&#8217;est un tournant, on est moins dans l&#8217;observation, moins dans le commentaire. On est dans un purgatoire. Et à la fin du film, on se demande s&#8217;il va choisir le salut ou la damnation. </p>
<p>Les Crimes de Snowtown<em> (Snowtown), de Justin Kurzel, avec Daniel Henshall, Lucas Pittaway, Louise Harris. Australie, 2011. Sortie le 28 décembre 2011.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-justin-kurzel-daniel-henshall-crimes-snowtown/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Crimes de Snowtown, de Justin Kurzel</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/crimes-snowtown-justin-kurzel/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/crimes-snowtown-justin-kurzel/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 May 2011 09:44:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[faits divers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=2877</guid>
		<description><![CDATA[Alors que l'on glose beaucoup sur la violence montrée cette année à Cannes, <em>Les Crimes de Snowtown</em> détonne par la justesse de son regard. Oui, juste. N'en déplaise à tous ceux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Portrait of a serial killer</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/snowtown-kurzel.jpg" alt="Snowtown, de Justin Kurzel" title="Snowtown, de Justin Kurzel" width="280" height="162" class="alignleft size-full wp-image-2884" />Alors que l&#8217;on glose beaucoup sur la violence montrée cette année à Cannes, <em>Les Crimes de Snowtown</em> détonne par la justesse de son regard. Oui, juste. N&#8217;en déplaise à tous ceux qui ont quitté la salle de la Semaine de la critique, soufflé, pesté. Le film a des défauts. Plein. Ses personnages secondaires sont quasi inexistants, rendant l&#8217;ensemble flou et confus. Dans cette communauté, bien difficile d&#8217;identifier les uns et les autres, leur rôle, leur implication dans l&#8217;histoire qui se déroule, parfois longuement. Ce qui affaiblit certaines scènes qui auraient certainement dû être plus poignantes. Mais sur les séquences clés, <a href="/portraits/interview-justin-kurzel-daniel-henshall-crimes-snowtown/">Justin Kurzel</a> se révèle d&#8217;une finesse notable. <span id="more-2877"></span></p>
<p>Quasiment dès le début du film, des enfants sont molestés. Il les montre se faisant prendre en photo en slip, puis sans slip. Cadré à la taille. C&#8217;est rapide, efficace. Pas besoin d&#8217;en montrer plus. Ensuite, pour une scène de meurtre, tournant majeur pour le personnage principal, Jamie, 16 ans, victime de viol, le réalisateur se fait plus explicite. A raison. Cette torture qui précède le meurtre, Jamie en est le témoin, malheureux et à plus d&#8217;un titre, privilégié. Et c&#8217;est sur son regard qu&#8217;on s&#8217;attarde. Et pour que l&#8217;on comprenne la réaction de Jamie, il faut que nous aussi soyons les témoins de cette scène. Elle est longue, oui. On se serait dispensé d&#8217;un plan ou deux (dont un impliquant un orteil), certainement. Elle est insupportable, complètement. C&#8217;est même pour ça qu&#8217;il est nécessaire de la montrer. Parce que Jamie non plus ne la supporte pas.</p>
<p>Contrairement à beaucoup, Justin Kurzel n&#8217;est pas dans la complaisance, il est dans l&#8217;empathie avec son personnage. Traque ses réactions, ses émotions, montre ce qu&#8217;il voit et la façon dont il le voit. De la même manière, le tueur est avant tout une figure salvatrice pour Jamie. Un homme qui débarque et décrète qu&#8217;il va s&#8217;occuper de lui, l&#8217;aider à devenir adulte. John, impeccablement interprété par Daniel Henshall, est ce mélange d&#8217;homme providentiel, éminemment sympathique, jovial, attentionné, et de tueur sanguinaire, tortionnaire, fasciné par le mal qu&#8217;il entend pourfendre, à l&#8217;emprise malsaine sur ce gamin. Car il fait justice lui-même. Pour cette pauvre communauté oubliée des services publics. <em>Les Crimes de Snowtown</em> évoque donc également le thème de la justice populaire, émotionnelle, irréfléchie. La bravade autour d&#8217;une bière du type « si je tenais le type qui fait ça aux gosses, je l&#8217;émasculerais ». C&#8217;est le genre de soirées qu&#8217;affectionne John. Sauf que lui, il met en oeuvre les fameux sévices. Avec sa tête de type sympa.</p>
<p>Les Crimes de Snowtown<em> (Snowtown), de Justin Kurzel, avec Daniel Henshall, Lucas Pittaway, Louise Harris. Australie, 2011. Sélectionné à la Semaine de la critique du Festival de Cannes 2011. Sortie le 28 décembre 2011.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/crimes-snowtown-justin-kurzel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Michael, de Markus Schleinzer</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/michael-markus-schleinzer/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/michael-markus-schleinzer/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 May 2011 11:13:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[faits divers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=2684</guid>
		<description><![CDATA[Sobre, efficace, le premier film de Markus Schleinzer, <em>Michael</em>, sur un pédophile séquestrant un môme d’une dizaine d’années dans sa maisonnette verdâtre de banlieue autrichienne emprunte à...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/michael-schleinzer.jpg" alt="Michael de Markus Schleinzer" title="Michael de Markus Schleinzer" width="300" height="198" class="alignleft size-full wp-image-2686" />Sobre, efficace, le premier film de Markus Schleinzer, <em>Michael</em>, sur un pédophile séquestrant un môme d’une dizaine d’années dans sa maisonnette verdâtre de banlieue autrichienne emprunte à Michael Haneke son sens du cadre et de l’essentiel tout en s&#8217;accrochant au côté extrêmement terrien d’un Ulrich Seidl. Balançons donc une généralité : les Autrichiens ne sont pas du genre à prendre des détours. Ce premier film s&#8217;affiche totalement maîtrisé. Aucune vaine explication ne sera donnée. En un plan, on plante le décor, en un second, on partage une émotion, avec un autre, on raconte le passé des protagonistes. Ce long-métrage s’attaque aux entrailles d’un fait divers. Plus précisément même au lieu du crime. Alors que la télévision diffuse en fond sonore les statistiques d’enlèvements d’enfants, c’est dans la tanière du prédateur que la caméra du réalisateur autrichien pénètre, gardant toujours une distance, laissant le spectateur en périphérie, au bord. <span id="more-2684"></span></p>
<p>La journée, l’homme est assureur. Dans son petit costume, il renseigne ses souscripteurs, ne se lie pas facilement avec ses collègues sans pour autant être désagréable. Un homme discret qui préfère passer Noël seul, loin de sa mère et de sa sœur, mais s’autorise parfois un séjour au ski avec deux amis. Chaque soir, il rentre chez lui, gare sa voiture dans son garage. La caméra reste à l’extérieur, s’attarde sur les rais de lumière qui disparaissent à mesure que les stores se baissent. Silence. Ce qui intéresse Markus Schleinzer, ce n’est pas l’enfant (dont il fait une victime résistante à la colère contenue) mais son ravisseur. D’ailleurs, souvent pour suivre ce dernier, le film abandonne le gamin pour suivre le parcours de cet homme au regard taciturne. Sa solitude, son mal-être, ses obsessions… Rien qui ne le rende sympathique ou ne le condamne lourdement. Les faits. Seulement les faits. Le malaise et l’incompréhension.  </p>
<p>Dans le quotidien qu’il partage avec sa victime, Schleinzer observe froidement les gestes de tous les jours dont la banalité effraie. Effleure les peaux. Fixe un objet. Il écoute la violence muette. Une fois cet univers posé, la situation actée, il s’autorise même quelques traits d’humour. Acide. Amer. Troublant.</p>
<p><em>Michael, de Markus Schleinzer. Autriche, 2011. En compétition au Festival de Cannes 2011. Sortie le 9 novembre 2011.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/michael-markus-schleinzer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
