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	<title>Grand Écart &#187; David Lynch</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Souvenirs de toiles de Jonathan Lambert</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Jan 2016 07:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[Alfred Hitchcock]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Il a impressionné l’an dernier dans Réalité de Quentin Dupieux, présenté au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer. Il revient sur les lieux du crime, en tant que membre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/jonathan-lambert-2.jpg" alt="Jonathan Lambert" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22855" />Il a impressionné l’an dernier dans <em>Réalité</em> de Quentin Dupieux, présenté au 22e Festival du film fantastique de Gérardmer. Il revient sur les lieux du crime, en tant que membre du jury pour <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/festival-film-fantastique-gerardmer-2016/" title="27/01-31/01 : 23e Festival du film fantastique de Gérardmer">l’édition 2016</a>. Nous l’avons rencontré et il en a profité pour nous livrer quelques souvenirs cinéphiles… </p>
<p><strong>Votre premier souvenir de cinéma ?</strong></p>
<p>J’ai un souvenir très marquant de ma mère m’emmenant au cinéma voir <em>Amarcord</em> de Fellini et d’une scène très particulière, où l’actrice principale ouvrait son corset et montrait une poitrine démesurée. C’était fou, insolite, drôle et excitant à la fois. </p>
<p><strong>Le film qui a bercé votre enfance ?</strong></p>
<p>Les Tex Avery. Et quand je tombe dessus, encore aujourd’hui, je reste bloqué devant. C’était l’anti-Disney, avec de la folie, des sous-entendus érotiques, des idées incroyables. C’était <em>Y-a-t-il un pilote dans l’avion</em> avant l’heure… <span id="more-22847"></span></p>
<p><strong>Le film fantastique qui vous a traumatisé à l’époque ?</strong></p>
<p><em>Psychose</em>, notamment pour la scène du travestissement de Norman Bates en sa mère et parce qu’Alfred Hitchcock mettait de l’humour pince-sans-rire pendant tout le film.</p>
<p><strong>Quel comédien disparu inviteriez-vous à dîner ?</strong></p>
<p>Michel Serrault et Jean Carmet. C’étaient deux excellents acteurs, très bons même dans les films mauvais, qui pouvaient tout jouer, du film grave aux comédies. Des géants de cinéma, avec une vraie humanité qui se dégageait d’eux, de la force et de la vérité. </p>
<p><strong>Le film le plus érotique ?</strong></p>
<p><em>Le sexe qui parle</em> de Claude Mulot, qui était incroyable. Je défie quiconque de me dire pourquoi il regarde vraiment ce film : pour se masturber ou rire, tellement c’est drôle. C’est l’histoire d’une femme qui a un vagin qui parle, avec une voix à la Muppet Show. </p>
<p><strong>Les premières larmes devant un film ?</strong></p>
<p><em>Peter et Elliott le dragon</em>. Je me souviens parfaitement de ce moment. Je l’avais vu avec ma tante et ma sœur, au cinéma Napoléon aujourd’hui disparu, sur l’avenue de la Grande Armée. Dès qu’on est sortis de la salle, j’ai fondu en larmes et on m’a emmené manger une glace Mystère pour me réconforter. Je ne l’ai jamais revu, mais ça m’avait marqué, cette incrustation entre animation et film en prises de vues réelles.</p>
<p><strong>Les derniers fous rires ?</strong></p>
<p><em>Team America</em> par les créateurs de <em>South Park</em> que je n’avais pas vu au cinéma, mais que je viens de découvrir. J’en ai pleuré de rire.</p>
<p><strong>Votre film culte ?</strong></p>
<p><em>Le Magnifique</em> avec Belmondo qui rassemble tous les genres : c’est fort, gore et drôle à la fois.</p>
<p><strong>Votre panthéon du cinéma ?</strong></p>
<p>David Lynch, Alfred Hitchcock, François Ozon, les frères Farrelly, Benoît Mariage, Pedro Almodovar&#8230;</p>
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		<title>Retour sur l&#8217;Apéro Ciné Quiz #2</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jul 2015 10:33:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
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		<category><![CDATA[Quentin Tarantino]]></category>
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		<description><![CDATA[Merci d'avoir été si nombreux à nous suivre pour cette deuxième édition et à venir remplir dans la bonne humeur la belle Salle 300 du Forum des images ce mardi 30 juin !]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Merci d&#8217;avoir été si nombreux à nous suivre pour cette <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/2e-apero-cine-quiz-gratuit-grand-ecart-forum-images-2015/" title="30/06 : 2e Apéro Ciné Quiz Grand Écart au Forum des images">deuxième édition</a> et à venir remplir dans la bonne humeur la belle Salle 300 du Forum des images ce mardi 30 juin ! Nous espérons que vous avez pris autant de plaisir à jouer que nous en avons eu à organiser la soirée. Et pour les heureux gagnants du quiz, nous espérons que vous avez commencé à regarder vos DVD et qu&#8217;ils vous plaisent ! On en profite d&#8217;ailleurs pour remercier encore une fois nos partenaires, sans qui la planète Cinéma serait un peu plus terne : Arte, Artus Films, Blaq out, Carlotta Films, ED Distribution, les éditions Dunod, Le Pacte, Luminor Films, Memento, Potemkine Films, Wild Bunch, Wild Side.<br />
Et merci encore à Zina, Géraldine, Margot, Cyril, Marion, Aurélie, Yvan, au médecin qui a sauvé la vie de Jean-Nicolas, à <a href="http://bullesdeculture.com/" target="_blank">Bulles de Culture</a> pour leurs photos et à tous les autres !</p>
<p>On se quitte en images et &#8211; chose promise, chose due &#8211; avec la liste des films aperçus ou entendus pendant ce deuxième Apéro Ciné Quiz. <span id="more-22172"></span></p>

<a href='http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-boutiques-2015.jpg' rel='shadowbox[sbalbum-22172];player=img;' title='Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images'><img width="150" height="150" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-boutiques-2015-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images" /></a>
<a href='http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/stand-lpas-minuscule-motion.jpg' rel='shadowbox[sbalbum-22172];player=img;' title='Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images'><img width="150" height="150" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/stand-lpas-minuscule-motion-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images" /></a>
<a href='http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-presentation-2015.jpg' rel='shadowbox[sbalbum-22172];player=img;' title='Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images'><img width="150" height="150" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-presentation-2015-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images" /></a>
<a href='http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-ambiance-2015.jpg' rel='shadowbox[sbalbum-22172];player=img;' title='Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images'><img width="150" height="150" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-ambiance-2015-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images" /></a>
<a href='http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-ambiance2-2015.jpg' rel='shadowbox[sbalbum-22172];player=img;' title='Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images'><img width="150" height="150" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/apero-cine-quiz-2-forum-images-ambiance2-2015-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images" /></a>
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<a href='http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/30062015-IMG_1473.jpg' rel='shadowbox[sbalbum-22172];player=img;' title='Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images'><img width="150" height="150" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/30062015-IMG_1473-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Apéro Ciné Quiz #2 au Forum des images" /></a>

<p>1. <em>Paul</em>, de Greg Mottola, 2011.<br />
2. <em>Les Lois de l’hospitalité</em> (Our Hospitality), de Buster Keaton, 1923.<br />
3. <em>Boulevard du crépuscule</em> (Sunset Boulevard), de Billy Wilder, 1950.<br />
4. <em>Gremlins</em>, de Joe Dante, 1984.<br />
5. <em>Les Goonies</em>, de Richard Donner, 1985.<br />
6. <em>Twin Peaks : Fire Walk With Me</em>, de David Lynch, 1992.<br />
7. <em>La Machine</em> (aka En route vers la mort), de Paul Vecchiali, 1977.<br />
8. <em>Les Sorcières de Zugarramurdi</em> (Las Brujas de Zugarramurdi), d’Alex de la Iglesia, 2013.<br />
9. <em>Les Vampires</em>, de Louis Feuillade, 1915.<br />
10. <em>Green Hornet</em>, de Michel Gondry, 2011.<br />
11. <em>La Classe américaine</em>, de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, 1993.<br />
12. <em>Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures</em>, d’Apichatpong Weerasethakul.<br />
13. <em>Donnie Darko</em>, de Richard Kelly, 2001.<br />
14. <em>Strange Days</em>, de Kathryn Bigelow, 1995.<br />
15. <em>Ne nous jugez pas</em> (Somos lo que hay), de Jorge Michel Grau, 2010.<br />
16. <em>Tremors</em>, de Ron Underwood, 1990.<br />
17. <em>Leviathan</em>, d’Andrei Zviaguintsev.<br />
18. <em>La Piel que habito</em>, de Pedro Almodovar, 2011.<br />
19. <em>Les Yeux sans visage</em>, de Georges Franju, 1960.<br />
20. <em>Holy Motors</em>, de Leos Carax, 2012.<br />
21. <em>Invasion USA</em>, de Joseph Zito, 1985.<br />
22. <em>Retour vers le futur 2</em>, de Robert Zemeckis, 1989.<br />
23. <em>Cold in July</em>, de Jim Mickle, 2014.<br />
24. <em>Point Limite Zéro</em> (Vanishing Point), de Richard Sarafian, 1971.<br />
25. <em>Terminus</em>, de Pierre-William Glenn, 1987.<br />
26. <em>Bellflower</em>, d’Evan Glodell, 2011.<br />
27. <em>Rain Man</em>, de Barry Levinson, 1988.<br />
28. <em>Hercule à New York</em>, d’Arthur Allan Seidelman, 1969.<br />
29. <em>Velvet Goldmine</em>, de Todd Haynes, 1998.<br />
30. <em>Wayne’s World</em>, de Penelope Spheeris, 1992.<br />
31. <em>The Color Wheel</em>, d’Alex Ross Perry, 2011.<br />
32. <em>L’Arche russe</em>, d’Alexandre Sokourov, 2001.<br />
33. <em>A Touch of Sin</em>, de Jia Zhang-ke, 2013. Avec Zhao Tao.<br />
34. <em>Calcium Kid</em>, d’Alex de Rakoff, 2004.<br />
35. <em>Post Tenebras Lux</em>, de Carlos Reygadas, 2012.<br />
36. <em>Le Viol du vampire</em>, de Jean Rollin, 1967.<br />
37. <em>La Main sur le berceau</em> (The Hand that rocks the cradle), de Curtis Hanson, 1992.<br />
38. <em>Kingsman</em>, de Matthew Vaughn, 2015.<br />
39. <em>The Wicker Man</em>, de Robin Hardy, 1973.<br />
40. <em>Kill List</em>, de Ben Wheatley, 2012.<br />
41. <em>Tonnerre sous les tropiques</em> (Tropic Thunder), de Ben Stiller, 2008.<br />
42. <em>Beetlejuice</em>, de Tim Burton, 1988.<br />
43. <em>Jackie Brown</em>, de Quentin Tarantino, 1997.<br />
44. <em>Mean Streets</em>, de Martin Scorsese, 1973.<br />
45. <em>Le Sud</em> (Sur), de Fernando Solanas, 1988.<br />
46. <em>Damnation</em>, de Bela Tarr, 1988.<br />
47. <em>Edge of Tomorrow</em>, de Doug Liman, 2014.<br />
48. <em>Intolerance</em>, de Phil Mulloy, 2000.<br />
49. <em>Lucifer Rising</em>, de Kenneth Anger, 1972-1980.<br />
50. <em>Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages</em>, de Michel Audiard, 1968.<br />
51. <em>L’Espion qui venait du surgelé</em> (Dr Goldfoot and the Girl Bombs), de Mario Bava, 1966.<br />
52. <em>Emprise</em> (Frailty), de Bill Paxton, 2001.<br />
53. <em>Crocodile</em>, de Kim Ki-duk, 1996.<br />
54. <em>Profs</em>, de Patrick Schulmann, 1987.<br />
55. <em>L’An 01</em>, de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, 1973.<br />
56. <em>Mary et Max</em>, d’Adam Elliot, 2009.<br />
57. <em>Réalité</em>, de Quentin Dupieux, 2014.<br />
58. <em>Drôle de grenier</em>, de Vivian Schilling et Jiri Barta, 2009.<br />
59. <em>Control</em>, d’Anton Corbijn, 2007.<br />
60. <em>L’Au-delà</em>, de Lucio Fulci, 1981.<br />
61. <em>A l’intérieur</em>, de Julien Maury et Alexandre Bustillo, 2007.<br />
62. <em>Cendrillon</em>, studios Disney, 1950.<br />
63. <em>Chicken Run</em>, studios Aardman, 2000.<br />
64. <em>Le Roi et l’oiseau</em>, de Paul Grimault, 1980.<br />
65. <em>Alice au pays des merveilles</em>, studios Disney, 1951.<br />
66. <em>Les Muppets, le film</em> (The Muppet Movie), de James Frowley, 1979.<br />
67. <em>Princess Bride</em>, de Rob Reiner, 1987.<br />
68. <em>Prête-moi ta main</em>, d’Eric Lartigau, 2006.<br />
69. <em>Buffet froid</em>, de Bertrand Blier, 1979.<br />
70. <em>Le Convoi sauvage</em> (Man in the Wilderness), de Richard Sarafian, 1971.<br />
71. <em>Tales from the Gimli Hospital</em>, de Guy Maddin, 1988.<br />
72. <em>Institut Benjamenta (ou ce rêve que les gens appellent la vie humaine)</em>, des frères Quay, 1995.<br />
73. <em>Fantastic Mr Fox</em>, de Wes Anderson, 2009.<br />
74. <em>Taram et le chaudron magique</em> (The Black Cauldron), 1985.<br />
75. <em>Mind Game</em>, de Masaaki Yuasa, 2004.<br />
76. <em>De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites</em> (The Effect of Gamma Rays on Man-in-the-Moon Marigolds), de Paul Newman, 1972.<br />
77. <em>Great Balls of Fire</em>, de Jim McBride, 1989.<br />
78. <em>It Follows</em>, de David Robert Mitchell, 2014.<br />
79. <em>Jusqu’en enfer</em> (Drag Me To Hell), de Sam Raimi, 2009.<br />
80. <em>Le Secret de mon succès</em>, d’Herbert Ross, 1987.<br />
81. <em>M.A.S.H.</em>, de Robert Altman, 1970.<br />
82. <em>Léon</em>, de Luc Besson, 1994.<br />
83. <em>Le Cercle rouge</em>, de Jean-Pierre Melville, 1970.<br />
84. <em>En quatrième vitesse</em> (Kiss me Deadly), de Robert Aldrich, 1955.<br />
85. <em>L’Impasse</em> (Carlito’s Way), de Brian De Palma, 1993.<br />
86. <em>Nostalgie de la lumière</em> (Nostalgia de la luz), de Patricio Guzman, 2010.<br />
87. <em>Still the Water</em> (Futatsume no mado), de Naomi Kawase, 2014.<br />
88. <em>Truman Show</em>, de Peter Weir, 1998.<br />
89. <em>La Porte du paradis</em> (Heaven’s Gate), de Michael Cimino, 1980.<br />
90. <em>Mort ou vif</em> (The Quick and the Dead), de Sam Raimi, 1994.<br />
91. <em>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander)</em>, de Woody Allen, 1972.<br />
92. <em>L’Impitoyable lune de miel !</em> (I Married a strange person !), de Bill Plympton, 1997.<br />
93. <em>Turkish Délices</em> (Turks Fruit), de Paul Verhoeven, 1973.<br />
94. <em>Midori</em>, de Hiroshi Harada, 1992.<br />
95. <em>L’Inspecteur Harry</em>, de Don Siegel, 1971.<br />
96. <em>La Balade sauvage</em> (Badlands), de Terrence Malick, 1973.<br />
97. <em>Mister Lonely</em>, d’Harmony Korine, 2007.<br />
98. <em>Bubba Ho-Tep</em>, de Don Coscarelli, 2002.<br />
99. <em>Hellzapoppin</em>, de Henry C. Potter, 1941.<br />
100. <em>La Poupée</em> (Die Puppe), d’Ernst Lubitsch, 1919.<br />
101. <em>Playtime</em>, de Jacques Tati, 1967.<br />
102. <em>Le Sadique</em> (The Sadist), de James Landis, 1963.<br />
103. <em>Persona</em>, d’Ingmar Bergman, 1966.<br />
104. <em>Dead Sushi</em>, de Noboru Iguchi, 2012.<br />
105. <em>Le Dernier Rivage</em> (On the Beach), de Stanley Kramer, 1959.<br />
106. <em>Mad Max : Fury Road</em>, de George Miller, 2015.<br />
107. <em>Malevil</em>, de Christian de Chalonge, 1980.<br />
108. <em>La Nuit américaine</em>, de François Truffaut, 1973.<br />
109. <em>Jennifer 8</em>, de Bruce Robinson, 1992.<br />
110. <em>Crash</em>, de David Cronenberg, 1996.<br />
111. <em>Les Autres</em>, d’Alejandro Amenabar, 2001.<br />
112. <em>Belle de jour</em>, de Luis Bunuel, 1966.<br />
113. <em>Les Maîtres de l’univers</em>, de Gary Goddard, 1987.<br />
114. <em>La Passion de Jeanne d’Arc</em>, de Carl Theodor Dreyer, 1927.<br />
115. <em>Frankenstein Junior</em>, de Mel Brooks, 1974.<br />
116. <em>Adieu au langage</em>, de Jean-Luc Godard, 2014.</p>
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		<title>Babadook : Rencontre avec Jennifer Kent</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jul 2014 08:21:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On vous en disait déjà <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent" target="_blank">le plus grand bien</a> en début d&#8217;année, quand il a remporté (presque) tous les prix au <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-21e-festival-international-film-fantastique-gerardmer-2014/" title="Le palmarès du 21e Festival de Gérardmer" target="_blank">Festival de Gérardmer</a></strong> : à peine sorti, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/babadook-jennifer-kent-essie-davis/" title="Mister Babadook, de Jennifer Kent" target="_blank">Mister Babadook</a></em> est déjà en passe de devenir un classique du film d&#8217;horreur, aux côtés de <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> ou de <em>Shining</em>, chefs-d’œuvre auxquels ce premier long-métrage de Jennifer Kent rend hommage. Normal, donc, depuis six mois qu&#8217;on trépigne d&#8217;impatience à l&#8217;idée d&#8217;encourager tous nos amis à aller le voir (en salle ce 30 juillet 2014), qu&#8217;on ait sauté sur l&#8217;occasion de rencontrer la réalisatrice australienne. Elle a accepté de se prêter à un jeu un peu différent de l&#8217;interview classique en réagissant comme bon lui semblait aux photos qu&#8217;on lui présentait. Résultat : une rencontre en mosaïque où l&#8217;on parle du besoin d&#8217;affronter ses peurs, de créativité imposée, de livre maléfique, de classiques de l&#8217;horreur, d&#8217;expressionnisme allemand, de vision d&#8217;auteur et de jeu d&#8217;acteur. </p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Naissance</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/01-short-monster-jennifer-kent.jpg" alt="Monster, court-métrage de Jennifer Kent" width="600" height="333" class="aligncenter size-full wp-image-18972" /></p>
<p>« Dans <em>Monster</em>, l’énergie du film se transférait dans la poupée. Comme l’énergie du Babadook se transfère dans le livre. Je voulais que les deux films se déroulent à hauteur d’enfant. C’est fou que cette idée soit restée aussi longtemps en moi ! Quand j’ai fait <em>Monster</em>, je ne me doutais pas du tout que je ferai un autre film avec un point de départ si proche. Je suis quelqu’un qui aime bien se confronter, c’est dans mon sang. <span id="more-18969"></span>Les gens qui réussissent à ne pas faire face à leurs difficultés, à étouffer leurs peurs, ça me fascine. C’est ce qui m’a donné envie de réaliser <em>Monster</em>, et puis j’ai voulu aller encore plus loin dans mon raisonnement, c’est pourquoi j’ai transformé mon court en long-métrage. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Créativité</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/02-film-set-plateau-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Plateau du tournage de Babadook" width="600" height="360" class="aligncenter size-full wp-image-18973" /></p>
<p>« Comme nous avions un budget très serré <em>[environ 40 000 dollars, récoltés en partie grâce à la plateforme de financement participatif Kickstarter, ndlr]</em>, on devait être très organisés. Pour que ça fonctionne on a été obligés de penser à tout avant même de commencer à construire le plateau. Par exemple la maison de <em>Babadook</em> a deux étages, c’était un élément important du film, mais on a tout construit sur un seul niveau pour respecter le budget. On a énormément travaillé en amont avec le directeur photo, et finalement, je crois que c’est très bien, le manque d’argent a apporté plus de liberté et de créativité. Ca nous a aidés à consolider notre vision du film… Mais j’aimerais quand même avoir un tout petit peu plus d’argent pour mon prochain film ! »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Noah</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/03-shining-kubrick-vs-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Shining VS Babadook" width="600" height="327" class="aligncenter size-full wp-image-18974" /></p>
<p>« Noah <em>[Wiseman, ndlr]</em> est incroyable dans ce film. Il n’avait que 6 ans quand on a tourné. 6 ans, ça ne permet pas d’avoir beaucoup d’expérience ! C’était un vrai défi pour nous tous, mais ça en valait la peine. La veille du début du tournage, je me suis dit <em>« Qu’est-ce que j’ai fait ? »</em> Je savais qu’Essie Davis pouvait bien jouer son rôle, je la connaissais très bien, je connaissais son travail en tant qu’actrice. Mais avec un enfant on n’a aucune certitude, on ne sait jamais ce que ça va donner. J’ai essayé de le guider ; je lui ai raconté l’histoire du point de vue de l’enfant, ça l’a aidé à se concentrer et à s’identifier au personnage. Et puis ça a formidablement marché. La relation entre Essie et Noah était merveilleuse, elle a aussi beaucoup aidé à ce que ça fonctionne à l’écran tout en protégeant Noah des éléments les plus sombres de <em>Babadook</em>. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Universel</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/04-photo-mari-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="248" class="aligncenter size-full wp-image-18975" /></p>
<p>« Le personnage du père n&#8217;apparaît pas dans le film, mais pourtant il est très présent, puisque sa mort et les émotions qu’elle suscite sont au cœur de <em>Babadook</em>. Ca raconte qu&#8217;il est vain d’essayer d’enfouir ses sentiments pour le reste de sa vie. On pourrait trouver ces éléments dans un drame, mais comme je voulais que les gens les ressentent vraiment, je me suis dit que la meilleure façon de faire ça était d’exagérer le tout et de construire un monde qui « grossirait » la réalité. Le genre horrifique permet de pousser les sentiments à l’extrême beaucoup plus qu’un drame classique, je crois que ça rend le sujet plus universel. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Horreur</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/05-horreur-classique-essie-davis-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Essie Davis dans Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="557" class="aligncenter size-full wp-image-18976" /></p>
<p>« Ma définition de l’horreur est très différente de celle de la majorité des gens. Pour moi, <em>Lost Highway</em> de David Lynch ou <em>Funny Games</em> de Michael Haneke sont des films d’horreur. Malheureusement, lorsqu’on utilise le mot « horreur », les gens pensent au sang, à la mort, à de mauvais scénarios, à des personnages superficiels, à un twist final… Ce sont les pires aspects du genre. Alors que des films comme ceux que je viens de citer, ou comme <em>Shining</em>, <em>Morse</em>, <em>Les Diaboliques</em>, <em>Les Yeux sans visage</em> sont des films puissants, parfois poétiques, la preuve qu’on peut faire de grands films d’horreur qui ont des choses à dire. Ce sont des œuvres qui m’ont inspirée pour <em>Babadook</em>. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Fantasmagorie</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/06-expressionnisme-noah-wiseman-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Noah Wiseman dans Babadook, de Jennifer Kent" width="300" height="451" class="aligncenter size-full wp-image-18977" /></p>
<p>« Je risque de sembler naïve, mais je crois que le cinéma du début du XXe siècle avait vraiment une force qu’on a perdue aujourd’hui. Pour moi, c’est encore très puissant. L’expressionnisme montre à la fois ce qui se passe à l’extérieur et à l’intérieur des personnages. Les images étaient tellement évocatrices ! Tout comme les images de Georges Méliès, il a prouvé qu’on pouvait faire tant de choses avec une caméra sans forcément avoir besoin d’ordinateur. Je me suis sentie très inspirée par ses œuvres et ses « trucs » visuels, ça a quelque chose de sinistre et de naïf à la fois. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Maléfique</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/07-sam-noah-wiseman-georges-melies-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Noah Wiseman aka Sam dans Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="338" class="aligncenter size-full wp-image-18978" /></p>
<p>« Noah était vraiment parfait pour ce rôle… Sur cette image il a l’air mignon mais un peu maléfique. Il y a quelque chose du Babadook en lui. Je suis ravie quand je vois cette photo, ça me fait encore dire que nous avons fait ce que nous voulions. Il faut d’ailleurs remercier Alex Holmes, qui est un chef décorateur fantastique. Il a vraiment compris ce dont on avait besoin, toute cette décoration superbe et comme venue d’une autre époque, c’est grâce à lui. Son travail est tellement détaillé, il a tellement d’élégance. Je suis très reconnaissante à toute l’équipe, et je veux continuer de travailler avec ces gens. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Livre</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/08-livre-mister-babadook-jennifer-kent-alex-juhasz.jpg" alt="Mister Babadook, le livre d&#039;Alex Juhasz et Jennifer Kent" width="600" height="323" class="aligncenter size-full wp-image-18979" /></p>
<p>« J’adore cette photo, elle est tellement forte ! Je crois que cette page n’y est pas pour rien dans la légende du livre. J’étais très stressée, je savais que le livre avait une importance capitale dans le film, il ne fallait surtout pas le rater. Avec mon producteur, on adorait le travail de l’illustrateur Alex Juhasz. C’était notre référence, alors finalement on s’est dit : <em>« Pourquoi on ne lui demanderait pas directement de le faire ? »</em> Il était aux Etats-Unis, mais il est venu en Australie six mois avant le début du tournage et on a commencé à parler du livre <em>Mister Babadook</em>. Il s’est mis à travailler dessus, et voilà : c’est un ouvrage très simple mais qui donne la chair de poule ! Il a vraiment aidé à créer la légende du Babadook. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Jeu</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/09-essie-davis-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Essie Davis dans Babadook, de Jennifer Kent" width="600" height="349" class="aligncenter size-full wp-image-18980" /></p>
<p>« Tous les acteurs sont différents : c’est quelque chose que j’ai appris quand j’étais actrice moi-même. Il y en a qui intellectualisent leur rôle et qui travaillent les émotions, d’autres qui y vont plus à l’instinct. L’essentiel, c’est de savoir avec qui on travaille. Comme je suis aussi actrice, ça m’aide énormément pour les diriger. Mais je refuse d’être abominable avec mes comédiens, de les pousser dans leurs retranchements et de les manipuler comme des marionnettes. Je préfère une relation de confiance comme avec Essie, qui je connais de longue date. Au début j’étais un peu inquiète de travailler avec une amie. Je lui ai fait passer une audition juste pour voir comment elle envisageait son rôle. Essie déborde d’énergie, parfois je devais même la calmer un peu ! Dans la première partie son personnage est calme et doux, je devais donc la retenir… Et puis dans la deuxième partie du film, lorsque son personnage explose, je l’ai laissée faire, et c’était parfait. »<br />
&nbsp;</p>
<h4><span style="background-color:#ffff66;">Spectatrice</span></h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/11-wish-you-were-dead-livre-babadook-jennifer-kent.jpg" alt="Mister Babadook, le livre d&#039;Alex Juhasz et Jennifer Kent : &quot;you&#039;re going to wish you were dead&quot;" width="600" height="339" class="aligncenter size-full wp-image-18982" /></p>
<p>« Quand je vais au cinéma, je ne veux pas forcément entrer dans un monde de fantasmes, mais je veux ressentir quelque chose d’inhabituel, que ce soit de la peur, de la tristesse ou de la joie. C’est pour moi le plus important. Je veux être connectée avec le réalisateur, avec son univers et ses personnages. Je déteste aller au cinéma pour rester les bras croisés et attendre tranquillement la fin. »</p>
<p><em>
<p style="text-align:right; font-size:85%;">Merci à <a href="http://trendingwithattitude.blogspot.fr/" target="_blank" class="broken_link">Yasmin Laure</a> pour sa collaboration.</p>
<p></em></p>
<p>&nbsp;<br />
Mister Babadook <em> (The Babadook) de Jennifer Kent, avec Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall, Hayley McElhinney… Australie, 2013. Prix du jury Presse, Prix du jury Jeunes et Prix spécial du jury du 21e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 30 juillet 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3xfqfl/zone/2/"></script></center></p>
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		<item>
		<title>Rencontre avec Arnold de Parscau et Benoît Delépine</title>
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		<comments>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-ablations-rencontre-arnold-parscau-benoit-delepine/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2014 07:50:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Ménochet]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[D'une certaine manière, <em>Ablations</em> est un cauchemar. Celui de son personnage principal, d'abord, incarné par l'immense Denis Ménochet, qui court après la personne qui lui a volé un rein (oui...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/arnold-de-parscau-benoit-delepine-ablations-1.jpg" alt="Arnold de Parscau et Benoît Delépine (c) Vincent Brachet" title="Arnold de Parscau et Benoît Delépine (c) Vincent Brachet" width="260" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18748" />D&#8217;une certaine manière, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ablations-arnold-de-parscau-denis-menochet/" title="Ablations, d’Arnold de Parscau" target="_blank">Ablations</a></em> est un cauchemar. Celui de son personnage principal, d&#8217;abord, incarné par l&#8217;immense Denis Ménochet, qui court après la personne qui lui a volé un rein (oui, oui, un rein, vous avez bien lu). Celui de Benoît Delépine, aussi, qui a écrit le scénario d&#8217;<em>Ablations</em> après un épisode paranoïaque où il croyait réellement avoir perdu un rein.</p>
<p>Mais d&#8217;une certaine manière, <em>Ablations</em> est aussi un rêve : celui de la rencontre fortuite entre un génie de l&#8217;absurde et un jeune homme talentueux qui vient à peine de terminer ses études de cinéma. Un clip pour David Lynch et une recherche Google plus tard naît ce premier long-métrage surréaliste aussi drôle que noir. Explications.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Benoît, qu’est-ce qui vous a poussé à écrire <em>Ablations</em> ?</strong></p>
<p><em>Benoît Delépine :</em> Après une nuit très arrosée, j’ai eu un « black-out » total, c’est-à-dire que je ne me souvenais plus trop de ce que j’avais fait, mais j’avais très mal aux reins. Je flippais comme une brute. J’ai eu un instant de panique en me réveillant, j’ai couru dans ma salle de bains pour voir si je n’avais pas un problème, et dans ma tête m’est apparue cette cicatrice qui n’existait heureusement pas dans la réalité. Ca a été le point de départ du film. <span id="more-18738"></span></p>
<p><strong>Et la suite ? </strong></p>
<p><em>BD :</em> La suite, c’est le cerveau à remplacer d’urgence. J’attends une greffe, je suis sur liste d’attente.</p>
<p><strong>La suite concernant <em>Ablations</em>, alors. Pourquoi avoir choisi Arnold de Parscau ?</strong></p>
<p><em>BD :</em> Je trouvais que ce scénario gagnerait à aller très loin dans le malaise, donc je me suis dit que ce n’était pas forcément un film pour moi en tant que réalisateur mais plus pour quelqu’un qui aurait cette sensibilité-là. J’ai cherché sur Internet un jeune réalisateur qui ferait des films qui me plaisent et qui soit dans cet axe-là, et je suis tombé sur Arnold, qui venait d’être choisi par David Lynch pour réaliser un clip de son dernier disque. Ce clip m’a énormément plu. Ce n’est pas le nom de David Lynch qui m’a plu, c’est vraiment le clip lui-même qui m’a scié. Je me suis dit qu’il fallait absolument que je le rencontre et que je lui propose de réaliser ce scénario.</p>
<p><strong>Comment s’est passée la rencontre ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/affiche-ablations-arnold-de-parscau-denis-menochet.jpg" alt="Ablations, d&#039;Arnold de Parscau" title="Ablations, d&#039;Arnold de Parscau" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-18740" /><em>Arnold de Parscau :</em> Benoît m’a laissé un message téléphonique et je l’ai immédiatement rappelé.</p>
<p><em>BD :</em> Les Pages jaunes c’est très bien ! Mieux que Facebook.</p>
<p><em>AdP :</em> Oui, je suis vraiment sur les Pages jaunes, je ne sais même pas pourquoi j’y apparais ! </p>
<p><em>BD :</em> Et comme il n’y a qu’un Arnold de Parscau en France, j’ai eu de la chance, je suis directement tombé sur lui !</p>
<p><em>AdP :</em> Et donc, on s’est vus très peu de temps après, on a déjeuné ensemble tous les deux, on a un peu discuté, et on a vu Denis Ménochet juste après. </p>
<p><em>BD :</em> J’avais écrit le film pour Denis Ménochet. J’ai besoin d’avoir quelqu’un en tête pour écrire. Par exemple dans mon premier album de bande dessinée, <em>L’Imploseur</em>, je voyais Albert Dupontel, et du coup les dessinateurs ont dessiné Dupontel dans tout l’album ! Pour moi c’est vraiment important que les personnages principaux soient incarnés.</p>
<p><strong>Et Denis Ménochet s’est immédiatement laissé convaincre ?</strong></p>
<p><em>BD :</em> Oui, mais ça a été plus compliqué qu’avec Arnold. Je l’ai appelé pour lui dire que j’avais écrit un film pour lui, j’ai laissé plusieurs messages, jusqu’à ce qu’un Denis Ménochet qui habite Paris m’appelle et me demande d’arrêter de l’importuner. Les Pages jaunes, ça ne marche pas tout le temps ! Je suis donc passé par son agent pour avoir le numéro du Denis Ménochet que je cherchais. Je lui ai envoyé le scénario, il m’a rappelé deux jours après pour dire qu’il adorait, et ensuite on s’est vus tous les trois avec Arnold, on s’est tapés dans la main. J’ai encore la photo dans mon téléphone ! Regardez ! <em>[Il cherche la photo]</em></p>
<p><em>AdP :</em> A partir de là, on ne s’est plus quittés.</p>
<p><strong>Benoît, vous êtes aussi réalisateur, c’était difficile de se limiter au rôle de scénariste sur le tournage ?</strong></p>
<p><em>BD :</em> Je ne comptais pas venir souvent sur le tournage, mais j’y suis allé le premier jour pour marquer le coup, et le chef-opérateur m’a dit : <em>« Non, non, laisse-le, fous-lui la paix ! »</em> Il voyait que ça déstabilisait tout le monde. Alors je suis parti, et je ne suis revenu que le dernier jour. Mais Jean-Pierre Guérin, le producteur, était présent… Ah, ça y est, je l’ai retrouvée ! <em>[Il nous montre une photo de lui, Arnold et Denis Ménochet qui se tapent dans la main]</em></p>
<p><strong>Belle photo. Arnold, comment on vit l’expérience du premier long-métrage ?</strong></p>
<p><em>AdP :</em> C’est une histoire hallucinante. Je venais de sortir de l’école un an avant, j’avais seulement réalisé des courts-métrages étudiant, et Benoît m’a proposé de faire mon premier long. Il faut avoir confiance ! Il avait vu <em>Tommy</em>, mon clip pour Lynch, mais ça dure 4 minutes, ce n’est pas pareil de confier 90 minutes à quelqu’un… Il faut vraiment avoir de l’audace.</p>
<p><em>BD :</em> Dans le clip d’Arnold, on sentait une vraie maîtrise, une façon de diriger les comédiens vraiment intéressante. Si on arrive à faire ça sur un court, il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas sur un long. Mais c’est aussi la rencontre elle-même qui m’a convaincu. C’est quelqu’un de calme, de posé, si j’avais senti quelqu’un de pas du tout sûr de lui ou hésitant, un peu perdu, Jean-Pierre et moi aurions changé d’avis, on n’aurait pas laissé la responsabilité d’un film à n’importe qui !</p>
<p><em>AdP :</em> Et puis on a fait un petit bout d’essai, d’ailleurs, un petit teaser de deux minutes. On a tourné une scène du film – mais la version finale qu’on voit dans <em>Ablations</em> est meilleure !</p>
<p><em>BD :</em> Elle valait ce qu’elle valait, mais c’est quand même elle qui a convaincu Canal+ et Ciné+ d’investir dans le projet.</p>
<p><strong>Il s’agissait de quelle scène ?</strong></p>
<p><em>AdP :</em> La scène dans la boîte de nuit et le réveil dans le terrain vague.</p>
<p><strong>La scène dans la boîte évoque vraiment David Lynch…</strong></p>
<p><em>AdP :</em> Oui, c’est vrai que c’est la scène la plus inspirée de Lynch, si j’ose dire que je me suis inspiré de lui. C’est vrai que dans cette scène tout est étrange, il y a un travesti, il y a des triplés au fond, il y a des rideaux rouges, et c’est une scène qui me tenait à cœur, je voulais vraiment en faire quelque chose de « malaisant », d’étrange… Bref, tout ce qui caractérise les films de Lynch ! Il y a plusieurs autres séquences qui vont dans ce sens-là, mais c’est vrai que pour celle-ci j’avais très envie de faire quelque chose qui refléterait mon propre univers. Mais malgré tout c’était écrit par Benoît, dans le scénario on sentait déjà qu’il s’agissait d’une scène assez étrange, avec le personnage qui a la tête qui tourne, la musique langoureuse… J’ai simplement essayé de confirmer l’envie de Benoît.</p>
<p><strong><em>Ablations</em> est un film très visuel. Pour vous, c’est aussi important de soigner les images que l’histoire ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/virginie-ledoyen-ablations-arnold-de-parscau.jpg" alt="Virginie Ledoyen dans Ablations" title="Virginie Ledoyen dans Ablations" width="280" height="155" class="alignleft size-full wp-image-18741" /><em>AdP :</em> J’aime qu’il y ait une forme originale, mais le fond est très important pour moi aussi, sinon je ferais des clips. Il fallait que l’histoire soit solide, et c’est ce que j’ai trouvé en lisant le scénario, même si le point de départ est très simple : un mec perd son rein.</p>
<p><em>BD :</em> Les idées visuelles d’Arnold ne sont pas gratuites. Il y a toujours quelque chose dans l’enfoncement, il y a une image qui correspond à la descente aux enfers du personnage principal. Certains vont probablement dire que c’est surligné, mais en tout cas il y a à chaque fois une idée qui correspond au fond du film.</p>
<p><em>AdP :</em> Oui, il y a sûrement des choses pour certains qui sont trop surlignées, mais il y en a d’autres qui le sont beaucoup moins, et probablement que des gens n’ont pas vu certains détails. J’ai caché plein de petites choses dans le film, peut-être que je suis le seul à le savoir ! Mais des choses qui vont toujours dans le sens de l’histoire.</p>
<p><em>BD :</em> Il y a un plan extraordinaire dans le film, celui avec le zoom avant sur la pupille de Virginie Ledoyen qui pleure puis le zoom arrière, et le décor et les vêtements de Virginie changent. J’ai longtemps cherché comment il avait fait ! Je cherchais un point de coupe, quelque chose. On n’avait pas un budget suffisamment important pour des effets spéciaux, je savais que c’était autre chose. J’ai fini par m’humilier en lui demandant, l’air de rien : <em>« Tiens au fait, comment tu as fait ça ? »</em></p>
<p><em>AdP :</em> C’était un décor sur roulettes, une fois qu’on est en gros plan sur son œil, le décor bouge en arrière-plan, on ne le voit pas ; en même temps une habilleuse enlève la robe de Virginie – elle en avait une autre en dessous – et une coiffeuse défait son chignon pour lui faire une autre coupe. Quand la caméra recule, il s’agit d’une autre scène.</p>
<p><strong>Très astucieux : c’est un effet spécial « à l’ancienne »…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/benoit-delepine-ablations.jpg" alt="Benoît Delépine (c) Vincent Brachet" title="Benoît Delépine (c) Vincent Brachet" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18747" /><em>AdP :</em> Je n’aime pas du tout les effets spéciaux sur ordinateur. Même le plan de la soupe dans <em>Tommy</em>, c’est un seau que j’ai collé sous la table, rempli de soupe, pour que le bras puisse s’enfoncer. Et puis j’ai fait la même chose en immense quand il sort de la soupe : il est en fait dans une poubelle remplie de soupe.</p>
<p><em>BD :</em> J’adore ces trucs à la Méliès, avec Gus <em>[Gustave Kervern, ndlr]</em> on adore ça aussi. « Fil de Nylon Production » ! Quand on arrive à faire un effet incroyable avec absolument rien, c’est génial !</p>
<p><em>AdP :</em> Je ne suis pas très « fond vert », je n’aime pas trop les effets informatiques, d’abord parce que je trouve que c’est trop facile, et puis parce que ça demande des connaissances assez poussées sur le sujet, au moins pour expliquer précisément ce que tu souhaites en tant que réalisateur, donc je suis sûr que si je le faisais je me planterais ! </p>
<p><strong>Arnold, en tant que spectateur, qu’allez-vous voir ?</strong></p>
<p><em>AdP :</em> J’aime les bons films ! Je ne regarde pas énormément de films actuels, je me plonge plutôt dans les classiques que je n’ai pas encore vus. Je suis un fan inconditionnel de Stanley Kubrick, de David Lynch, et puis j’aime bien Ettore Scola, Roy Andersson qui fait des films assez hallucinants avec des personnages qui ne bougent pas. A côté de ça j’adore aussi les frères Coen, Quentin Tarantino, Martin Scorsese… Tous les incontournables ! Mais je n’ai pas un genre en particulier. Il n’y a peut-être que les comédies romantiques que je ne vais pas trop voir, et encore, il y en a quelques-unes que j’adore. J’aime surtout beaucoup frissonner. Le dernier frisson que j’ai eu au cinéma, c’était devant <em>Prisoners</em>, de Denis Villeneuve, et dans un autre genre, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/alabama-monroe-felix-van-groeningen-bluegrass/" title="Alabama Monroe, de Felix Van Groeningen" target="_blank">Alabama Monroe</a></em> m’avait bouleversé.</p>
<p><strong>Vous vous sentez proche de certains réalisateurs ?</strong></p>
<p><em>AdP :</em> J’ai du mal à dire si ce que je fais ressemble au cinéma de quelqu’un d’autre. Ce que je sais c’est qu’il y a une époque où Lynch était vraiment mon réalisateur favori et j’avais envie d’aller dans cette atmosphère étrange, et maintenant j’ai envie d’aller vers quelque chose de moins étrange, de plus ancré dans le réel, mais où l’émotion gagne le spectateur. C’est important que le film provoque quelque chose à l’intérieur de nous. C’est assez rare de ressentir ça.</p>
<p><strong>Retomber dans les classiques est aussi une source d’inspiration ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/arnold-de-parscau-ablations.jpg" title="Arnold de Parscau (c) Vincent Brachet" alt="Arnold de Parscau (c) Vincent Brachet" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18746" /><em>AdP :</em> Bien sûr. Il y a souvent plus de fond dans les classiques que dans ce qu’on voit aujourd’hui. Pour mon prochain film, je veux vraiment avoir une histoire qui touche, ça ne doit pas être seulement visuel, je trouve que les classiques sont une grande source d’inspiration. Je me nourris de ça, mais aussi de peinture, sculpture, et même de ce que je vois dans la rue. Quand j’assiste à une scène d’engueulade dans la rue, ça me donne des idées.</p>
<p><strong>Le prochain film sera donc inspiré du quotidien ?</strong></p>
<p><em>AdP :</em> En fait, je ne sais pas vraiment. Même si je veux aller vers le réel, je ne crois pas que j’arriverai à sortir totalement du style un peu bizarre que j’ai défendu jusqu’à présent&#8230; Je suis en train de me trouver. Je suis en train de trouver le style que je veux défendre. Je veux apprendre de mes erreurs, me diversifier. Je suis très content d’avoir fait <em>Ablations</em>, mais est-ce que je vais aller exactement dans la même direction pour le prochain ? Non, je crois que c’est important de faire quelque chose de différent. Ca n’a pas trop d’intérêt de refaire la même chose. Ce que je veux, c’est émouvoir le spectateur ; je ne sais pas encore si ce sera avec de l’humour, de la tristesse ou du frisson…</p>
<p style="font-size:90%"><em>Merci à Vincent Brachet pour sa collaboration</em></p>
<p>Ablations <em>d’Arnold de Parscau, avec Denis Ménochet, Virginie Ledoyen, Philippe Nahon, Yolande Moreau, Florence Thomassin, Serge Riaboukine&#8230; France, Belgique, 2013. Sortie le 16 juillet 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xprpm0/zone/2/"></script></center></p>
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		<title>Sept leçons de Bill Viola aux cinéastes</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Apr 2014 14:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Stanley Kubrick]]></category>

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		<description><![CDATA[L’œuvre de l'artiste vidéo Bill Viola est exposée au Grand Palais jusqu’au 21 juillet 2014. Ouverture sur son univers...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/viola_affiche.jpg" alt="Affiche Bill Viola au Grand Palais" title="Affiche Bill Viola au Grand Palais" title="Affiche Bill Viola au Grand Palais" width="234" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16773" /><strong>Lui, ce n’est pas du cinéma : c’est de la sculpture, de la texture, de l’entomologie, de nouvelles horloges.</strong> Nulle volonté chez lui de se présenter comme un réalisateur. Son travail, l’artiste américain Bill Viola, pionnier de l’art vidéo né en 1951, l’envisage comme une « capture d’âmes », une « sculpture du temps », une rééducation du regard sans contraintes de narration ou de personnages. Là se trouve une différence importante entre l’art vidéo et le cinéma, où le premier s’affranchit des (ultimes !) contraintes structurelles du second pour livrer au regard plus qu’un écran, plus qu’une surface de projection. Des écrans, Bill Viola en tapisse les murs, en fixe par séries de cinq, en remplit toute une pièce, sur différentes matières et différents formats, se faisant couturier minimaliste de la toile blanche. Et de l’image assemblée à cette installation naît un objet, avec son dehors et son dedans, comme une fenêtre ouverte sur un espace mental où se répète en boucle, sans nous mais par accident pour nous, un unique et étrange fragment d’une intériorité palpable comme une étoffe.  </p>
<p>Un plongeur de chair pâle suspendu au-dessus d’une eau verte et mouvante. Une vieille femme grenue, maigre et blanche qui s’allonge sur une dure paillasse de moine, puis s’allonge à nouveau, et encore, sans pourtant jamais se relever. Un mur de feu qui devient graduellement noir, graduellement liquide, pour accueillir la silhouette en robe qui s’y noie. <span id="more-16772"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/fire-woman-bill-viola.jpg" alt="Fire woman de Bill Viola" title="Fire woman de Bill Viola" width="239" height="426" class="alignright size-full wp-image-16791" />Et pourtant. Les images qui défilent et se répètent portent la graine de ce qui fait le cinéma : des propositions d’agencement, de mouvements et de sons qui deviennent unités et prennent le sens que chacun leur accorde, avec le réflexe éventuel de chercher une forme de récit, d’action, de héros et de dénouement. <em>« C’est l’histoire d’une femme qui marche dans le désert, ses longues robes rouges et ses cheveux noirs volent dans le vent, le ciel brûle, l’horizon tremble de chaleur, et à la fin d’un long parcours elle rencontre une autre femme. »</em> Mais la brièveté du film, l’absence de contexte, la lenteur même des mouvements chez les acteurs de Bill Viola force à se détacher de cette conclusion pour laisser l’esprit voguer sur les formes et intégrer comme uniques les milliards de minuscules interactions entre les choses ou personnes filmées. </p>
<p><em>« Les images fixes peuvent contenir des petites histoires »</em>, explique David Lynch lorsqu’il se fait photographe. Plus riches et moins nettes, les images mouvantes, si elles forment un ensemble uni comme la déclinaison d’une image fixe, contiennent à la fois des fresques, des graines d’histoires, des germes de sens, et des exercices de style pour réalisateurs. </p>
<p>Ainsi les matières, les structures et les interactions détaillées par Bill Viola pourraient nourrir le cinéma, c’est-à-dire à la fois la recherche du créateur et la compréhension de l’œil qui regarde. Et la richesse étonnante de sa palette, qui décline des références esthétiques, religieuses et culturelles de toutes les époques, serait capable d’inspirer ou d’expliquer un grand nombre de genres et de formes. Du vaudeville au drame, du noir et blanc au Technicolor, de la nature morte à la 3D, Bill Viola ne propose pas des films, mais peut-être bien des instants de cinéma qu&#8217;il dissèque par le ralenti.</p>
<p><strong>Propositions libres, incomplètes et tout à fait contestables&#8230; </strong></p>
<p><strong>1 &#8211; Bill Viola, l’hommage à George Méliès : Escamotage d’un plongeur (<em>The Reflecting Pool</em>, 1977-1979)</strong></p>
<p>Un bassin d’extérieur de forme carrée, une eau mouvante verte et noire qui reflète les arbres de l’arrière-plan. Un homme apparaît et s’apprête à plonger : l’image se fige, laissant une masse de chair suspendue au-dessus de l’eau, tandis que le liquide continue de remuer. Escamotage à la Georges Méliès, l’admirateur de Houdin et le père du cinéma, qui ne se lassait pas d’étendre le domaine de la prestidigitation par des coupures opportunes de la bande, parvenant ainsi à faire apparaître des femmes dans des salons vides et à changer en un clin d’œil des voitures en corbillard. Par le même type de technique, Bill Viola « sculpte le temps », permettant à des images séparées dans le réel de se rencontrer sur l’écran. Peu à peu le plongeur figé s’estompe contre le vert. Deux silhouettes apparaissent en reflet dans l’eau, se rapprochent et se croisent le long de la margelle, sans que jamais l’on voit quiconque marcher près du bassin. Puis l’eau s’assombrit et le plongeur en sort, nu comme un ver, et s’en va. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/sleep-of-reason-bill-viola.jpg" alt="Sleep of reason de Bill Viola" title="Sleep of reason de Bill Viola" width="300" height="198" class="alignleft size-full wp-image-16782" /><strong>2 &#8211; Bill Viola et David Lynch (<em>The Sleep of Reason</em>, 1988)</strong></p>
<p>Lynch, pratiquant régulier de la méditation transcendantale, qu’il utilise comme un moyen de plonger vers la source où attraper les « gros poissons » de la création. Viola, qui conçoit ses films comme des méditations : la lenteur, la répétition, le symbolisme de l’inconscient, oui, nous y sommes ! L’installation <em>The Sleep of Reason</em> montre une veille commode au centre d’une pièce vide sur laquelle sont posés un vieux vase de porcelaine, un vieux radio-réveil, un vieux téléviseur en noir et blanc où apparaît le visage d’une vieille personne endormie. Rien ne se passe, les minutes changent en rouge sur le réveil, jusqu’à ce que brutalement la pièce s’éteigne et que s’élève un fort bruit d’usine ou de train en marche. Les quatre murs se couvrent d’images tremblantes d’orages, ou de squelettes aux rayons X, ou d’insectes ou de visages en gros plan. Quelques secondes, puis le rêve disparaît, le sommeil redevient lisse et paisible. A peine averti de cette manière, le spectateur assis dans un coin se laisse ensuite surprendre et agresser par le rêve suivant. Mais bientôt il l’attend. S’installe alors une sorte de bercement, de rythme aller-retour entre le dehors et le dedans, où l’on craint et souhaite les plongées dans le hasard dérangeant de l’intérieur qui sont habituelles au cinéma de David Lynch. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/heaven-and-earth-bill-viola.jpg" alt="Heaven and Earth de Bill Viola" title="Heaven and Earth de Bill Viola" width="283" height="224" class="alignright size-full wp-image-16785" /><strong>3 &#8211; Bill Viola et Stanley Kubrick : <em>2001, Odyssée de l’Espace</em> (<em>Heaven and Earth</em>, 1992)</strong></p>
<p>2001 : de la naissance de l’homme à son déclin puis à sa renaissance dans un espace et un temps trop larges pour être clairement définis. Par une sculpture vidéo Bill Viola recrée ce cycle, disposant deux colonnes – l’une montant du sol et l’autre tombant du plafond – chacune munie en son bout d’un écran, les deux se faisant face comme les terminaisons d’une synapse. Celui du bas montre l’image fixe en noir et blanc d’un nouveau-né posé dans son berceau, et celui du haut celle d’un vieillard allongé dans un lit. Les images, silencieuses et sans contexte, se réfléchissent l’une l’autre, les traits se confondent, le début et la fin se mêlent. Elles forment un tout à elles deux ; un peu, si l’on veut, comme le retour du fœtus de Kubrick vers une certaine Terre indéfinie en provenance de la demeure extraterrestre du vieillard.</p>
<p><strong>4 &#8211; Bill Viola et James Cameron : il y a 3D et 3D (<em>The Veiling</em>, 1995)</strong></p>
<p>Une pièce très sombre aux parois noires. Douze écrans de toile argentée suspendus au plafond en parallèle l’un de l’autre. De chaque côté de la salle, un projecteur encastré dans le mur. Les deux appareils diffusent les mêmes images, de vagues et d’écume, de cheveux dans le vent, d’œil et de battements de cils, d’un arbre la nuit éclairé par une seule lampe. Les images se posent sur les six premiers écrans, agrandies à chaque fois par diffraction, jusqu’à se réduire sur les six autres pour revenir à l’autre projecteur. Créé par cette répétition, un animal marin semble flotter au milieu de la pièce, se mouvant lentement dans les faisceaux des projecteurs ; la 3D devient bien réelle, assez vraie pour que l’on tende la main pour sentir le lent ballet de la créature. </p>
<p><strong>5 &#8211; Bill Viola et James Cameron, bis : sous l’océan (<em>Ascension</em>, 2000)</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/tristans-ascension-bill-viola.jpg" alt="Bill Viola" title="Bill Viola" width="239" height="425" class="alignleft size-full wp-image-16788" />1950&#8242;s : Bill Viola, encore enfant, tombe au fond d’un lac et y découvre « le plus bel univers qu’il ait jamais vu ». Il en conclut qu’il faut chercher les belles choses « sous la surface » et conçoit plus tard ces vidéos comme un moyen de replonger dans l’onde. Pour cela l’eau est très présente dans l’œuvre de Bill Viola, tour à tour vive et effervescente, calme et cristalline, pâle ou d’un bleu profond, ou riche et torrentielle et blanche comme la neige, capable d’apaiser en caressant ou en engloutissant. En elle, Viola voit une image de la continuité du temps, de même que la vidéo est flux d’images ininterrompues : mais de ce travail de texture, James Cameron pourrait tirer une réflexion sur de nouveaux arrangements lumineux prêts à servir un nouvel <em>Abyss</em>. </p>
<p><strong>6 &#8211; Bill Viola et… Shakespeare : <em>Macbeth</em> (<em>Three Women</em>, 2008)</strong></p>
<p>Trois femmes en noir et blanc se tiennent debout, immobiles et serrées l’une contre l’autre au centre d’un écran tout en hauteur fixé sur un mur noir. Leurs visages, leurs longs cheveux et leurs robes foncées attrapent une lumière blafarde et semblent coulées l’une dans l’autre par la nuée de parasites qui couvre l’image. Sans quitter le spectateur des yeux, elles avancent lentement, comme en apesanteur, légèrement inquiétantes dans la vacuité de leur visage. Trois femmes menaçantes, un air de connivence maléfique entre elles et contre moi : les sorcières de Macbeth s’avancent, suggérant à quel point il serait merveilleux et approprié de voir toute la tragédie jouée derrière un rideau triste et flou de parasites. La première touche l’écran, un rideau gris s’ouvre pour la laisser passer : le rideau coule comme de l’eau sur elle, la lavant et lui rendant sa couleur, des cheveux blonds et une robe bleue. Elle s’observe ainsi. Mais elle revient bientôt en arrière pour disparaître à nouveau dans le gris où sont restées ses sœurs.  </p>
<p><strong>7 &#8211; Bill Viola et… tous : acteurs, émotions et personnages (<em>The Quintet of the Astonished</em>, 2000)</strong></p>
<p>Cinq personnages, une femme et quatre hommes, debout et rapprochés devant un fond noir, filmés en un plan montrant seulement le haut du corps. Lumière blanche et coupante, couleurs ocres et teints cireux qui rappellent la peinture médiévale, Viola revendiquant un tableau de Jérôme Bosch comme inspiration de cette vidéo. Que se passe-t-il ? Pas grand-chose, je m’ennuie ; saisis au ralenti, les personnages sourient, pleurent, se rapprochent et s’éloignent l’un de l’autre, chacun pris dans une gamme individuelle d’expressions et d’émotions qui forme un tout extrêmement lent et riche en détails. Et voici que peu à peu je comprends : les grimaces, les inclinaisons du visage, les demi-sourires et les esquisses de froncement prennent une signification émotionnelle vaste mais claire sous mes yeux, et le groupe finit par former un tout sans même se regarder. Le ballet lent devient hypnotisant et chargé de sens. Qui sont-ils, d’où viennent-ils, que font-ils? Les questions essentielles que Bill Viola ne cesse de se poser, qu’il définit comme le fil conducteur de son œuvre, s’imposent sur ces personnages. </p>
<p>… Ainsi, et d’autres encore. Dans cette lenteur et cette variété le regard s’exerce, apprend la patience et la précision, s’enrichit de techniques et de compréhensions nouvelles qui aident à mieux regarder ce cinéma où la réalisation raconte les histoires. </p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Bill Viola, exposition au Grand Palais jusqu’au 21 juillet 2014. </em></p>
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		<title>Plateau télé : semaine du 23 février 2014</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Feb 2014 19:24:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[César]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors qu'on se prépare à célébrer le cinéma à la fin de la semaine avec les César vendredi soir puis les Oscars dans la nuit de dimanche à lundi pour les insomniaques, la télé aurait pu faire un effort...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/television-tv-moustache-noeud-pap.jpg" alt="Moustache TV" title="Moustache TV !" width="280" height="156" class="alignleft size-full wp-image-16401" />Alors qu&#8217;on se prépare à célébrer le cinéma à la fin de la semaine avec les César vendredi soir puis les Oscars dans la nuit de dimanche à lundi pour les insomniaques, la télé aurait pu faire un effort et se mettre sur son 31. Eh bien non. France 2 a innové avec succès en diffusant une série britannique en VM (la très réussie <em>Broadchurch</em>, avec David Tennant, ex-<em>Doctor Who</em>), mais France 3 reste à la traîne. Et si elle a la pertinence de diffuser <em>Le Discours d&#8217;un roi</em>, récompensé des 4 oscars les plus prestigieux (film, scénario, réalisateur, acteur), elle le fait en VF. Ce qui, pour un film sur les difficultés d&#8217;élocution du roi George VI, n&#8217;a aucun sens. Bref, heureusement qu&#8217;Arte existe et viendra nous sortir du marasme, avec notamment la poursuite de son cycle sur la guerre de 14-18 (<em>Capitaine Conan</em> et <em>Johnny s&#8217;en va-t-en guerre</em>). Ca vous laissera du temps pour commencer à faire des paris et pronostics sur les cérémonies du week-end, et à confectionner des grilles de bingo (intermittents, blague sur Julie Gayet, merci Claude Berri, larmes, bides, un moment gênant à la Jeanne Balibar, bisous à mes enfants qui me regardent à la télé, irruption de Gérard Depardieu, etc.). A vos stylos. <span id="more-16394"></span><br />
&nbsp;</p>
<h4><em>L&#8217;Horloger de Saint-Paul</em>, de Bertrand Tavernier – dimanche, 20h45 – Arte</h4>
<p>Pas de prise de risques inconsidérés. Tavernier, pour son premier film (récompensé du prix Louis-Delluc), a tapé dans les valeurs sûres : une adaptation de Simenon – qui, donc, n&#8217;a pas inspiré que des épisodes de <em>Maigret</em> –, transposée dans sa ville natale de Lyon, interprétée par Philippe Noiret. L&#8217;histoire d&#8217;un père qui découvre son fils lorsque celui-ci est recherché pour meurtre. L&#8217;histoire d&#8217;une complicité perdue et retrouvée. En arrière-plan, Tavernier brosse aussi le portrait de la France pompidolienne : les flics, les syndicats, le rapport de force. « <em>Tu vas voir que les Français ont encore voté comme des cons</em> », disent les premiers dialogues du film, après un long plan sur une voiture en flammes. Une violence sous-jacente, qui met une histoire intime sous tension et la place sur un terrain politique.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Mulholland Drive</em>, de David Lynch – dimanche, 20h50 – HD1</h4>
<p>L&#8217;une est aussi blonde que l&#8217;autre est brune. Une histoire d&#8217;opposés qui s&#8217;attirent jusqu&#8217;à se confondre. Une fois de plus David Lynch nous perd dans le dédale des inconscients, le sien, le nôtre, celui de ses personnages. Des longues scènes hypnotiques, une mystérieuse clé bleue, une quête. Avec David Lynch, on n&#8217;est jamais sûr de savoir où l&#8217;on va, de comprendre ce qu&#8217;on cherche et ce qu&#8217;on trouve. Peu importe, c&#8217;est le voyage qui compte. Se laisser embarquer, se perdre, et se raccrocher à un mot énigmatique avant d&#8217;aller se coucher : <em>silencio</em>.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Un poison violent</em>, de Katell Quillévéré – mercredi, 20h50 – Arte</h4>
<p>Sensation de la Quinzaine des réalisateurs 2010, <em>Un poison violent</em> suit Anna, 14 ans, et ses doutes alors qu&#8217;elle doit s&#8217;engager sur le chemin religieux. Au moment où elle doit faire sa confirmation, elle se trouve à la fois attirée par un jeune garçon et bouleversée par le départ de son père. Le parcours initiatique d&#8217;une jeune fille pendant l&#8217;été en Bretagne. Le conflit entre la chair et la foi, deux attirances contraires. Elle se crée, chemin faisant, ses propres valeurs, ses propres limites, affronte ses désirs.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Le Vilain</em>, d&#8217;Albert Dupontel – mercredi, 20h45 – France 4</h4>
<p>Vilain est un mot qui va bien à Albert Dupontel. Un mot un peu enfantin, à la fois désuet et réjouissant. Un mot de sale gosse. Espiègle, inventif, et finalement attachant. Dupontel écrit, depuis <em>Bernie</em>, des personnages outranciers, démesurés, dont la violence n&#8217;a d&#8217;égale que leur bêtise. Comme si le Coyote de Chuck Jones prenait vie sous nos yeux. Des stratagèmes impensables pour un duo burlesque vivifiant. Catherine Frot, grimée en vieille femme, face à son fils, Dupontel, donc, dans une escalade de cascades, de déguisements et de bruitages. A quelques jours des César, où Albert Dupontel concourt avec <em>Neuf mois ferme</em>, on se replonge avec délice dans l&#8217;univers déjanté d&#8217;un réalisateur qui se fait de plus en plus tendre avec les années. </p>
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		<title>Les Small Stories de David Lynch s&#8217;exposent à la MEP</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Feb 2014 09:01:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>

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		<description><![CDATA[Faut-il apprécier l’œuvre de Lynch plasticien / photographe en ayant en tête ses films, faut-il les lier, créer des parallèles, ou faut-il rigoureusement séparer ces deux sphères de créations en les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/lynch-photo2.jpg" alt="David Lynch, Small Stories" title="David Lynch, Small Stories" width="250" height="221" class="alignleft size-full wp-image-15896" /><strong>Faut-il apprécier l’œuvre de Lynch plasticien / photographe en ayant en tête ses films, faut-il les lier, créer des parallèles, ou faut-il rigoureusement séparer ces deux sphères de créations en les traitant comme des univers thématiquement apparentés mais foncièrement indépendants ? </strong></p>
<p>Bon, j’admets qu’il y a des entrées en matière plus « sexy » pour parler d’une exposition photo. Mais la personnalité de David Lynch, son univers cinématographique, sont un terreau d’analyse si intrigant et fertile qu’il est dur de s’empêcher de théoriser dès qu’on est face aux créations d’un des artistes les plus intéressants de l’ère moderne. Et force est de constater que le Lynch cinéaste est plus « facile » d’approche que le plasticien. Une déclaration forcément subjective, n’étant point critique d’art, je n’oserais pas prétendre être une référence.</p>
<p>Mais il m’a toujours semblé que l’ambiance des films de Lynch tirait sa force de l’interaction entre temps, images et musique. Bref, ce qui définit le cinéma me direz-vous… Mais c’est justement le milieu dans lequel la plupart des spectateurs l’on découvert et qui a défini (à tort ou à raison) les contours de sa création. Après, on a découvert le photographe, le plasticien… Il y a eu notamment l’exposition à la Fondation Cartier en 1997, avec sculptures, installations et peintures. Personnellement, j’ai toujours plus de mal à me passionner pour les tableaux, n’y retrouvant pas la fulgurance visuelle de films tels <em>Lost Highway</em> ou le légendaire <em>Mulholland Drive</em>. <span id="more-15889"></span></p>
<p>D’où cette idée, très théorique bien sûr, de considérer à part les créations lynchiennes. De ne pas chercher à retrouver son cinéma dans ses photos et vice versa. L’exposition <em>Small Stories</em> qui se déroule actuellement à la Maison européenne de la photographie (jusqu&#8217;au 16 mars 2014) est à cet égard assez intéressante. Conçue à l’initiative de l’institution parisienne, cette exposition se compose d’une quarantaine de photos, toutes en noir et blanc. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/lynch-interior1.jpg" alt="David Lynch, interior1" title="David Lynch, interior1" width="230" height="228" class="alignright size-full wp-image-15909" /><em>&#8220;Les images fixes peuvent raconter des histoires. La plupart du temps, les images fixes racontent de petites histoires. Et il arrive parfois que les histoires intéressantes soient de petites histoires.<br />
Les petites histoires se déroulent sur une période très courte. Cependant, la pensée et les émotions peuvent être impliquées quand on regarde une image fixe, et les petites histoires peuvent se développer jusqu’à devenir de grandes histoires. Tout ça dépend, bien sûr, du spectateur.<br />
Il est quasiment impossible de ne pas voir une sorte d’histoire émerger d’une image fixe. Et ça, je trouve que c’est un phénomène magnifique.&#8221;</em><br />
David Lynch</p>
<p>&nbsp;<br />
Cette présentation donne une bonne idée de la démarche de l&#8217;exposition : ce n’est pas une grande rétrospective de l’ensemble de son œuvre, mais une contribution modeste, une nouvelle en quelque sorte, si Lynch était écrivain… </p>
<p>Les photos présentées peuvent se regrouper en gros sous trois ensembles. <em>Interior #</em>, <em>Head #</em> et <em>Window with…</em>. J’ai été plus touché par la série <em>Interior</em> qui &#8211; ironie de celui qui s’impose une grille de lecture pour mieux l’ignorer &#8211; m’a rappelé des thèmes cinématographiques et même des ambiances à la <em>Inland Empire</em> ou <em>Lost Highway</em>.</p>
<p>Les photos sont pour le moins déconcertantes, avec un travail sur le grain (qui rappelle la vidéo) et le flou pour certaines et une préférence pour l’abstraction qui donne parfois l’impression que Lynch a pris en photo ses peintures.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/lynch-interior11.jpg" alt="David Lynch, Small Stories, interior11" title="David Lynch, Small Stories, interior11" width="280" height="204" class="alignleft size-full wp-image-15894" /><em>Interior #11</em> avec le dirigeable qui flotte seul au milieu d’une pièce, est un exemple assez figuratif mais assez exemplaire tout de même. Un objet dans le vide d’une pièce, une pénombre, des murs, un escalier qui pourrait mener vers la sortie ou vers une pièce où reposent de sombres secrets : il n’en faut pas plus pour faire tourner l’imaginaire et élaborer un scénario cauchemardesque et tortueux. Ou <em>Interior #1</em>, tout en perspectives impossibles, comprenant un personnage qui comme l’indique la bulle « explose » ?</p>
<p>Les petites histoires de Lynch sont comme une succession de fragments de rêves / cauchemars qu’il faut prendre comme tels : incomplets, imparfaits, partiels, ébauchés. Si la narration filmique permet de créer une ambiance sur la durée et, par le son, d’envoûter le spectateur, les photos ne reposent que sur cette inquiétante étrangeté que nous lui connaissons bien. Singulières, frappantes et parfois franchement difficiles à comprendre (la série <em>Still Life</em> où l&#8217;on voit des fragments de dessins ? de graffitis ?), elles constituent néanmoins une pièce de plus dans ce puzzle ô combien étrange qu’est l’univers mentale de David Lynch. Une exposition intéressante mais dont il ne faut pas attendre un choc révélateur comme le furent certains de des films auparavant.</p>
<p>Et soyons honnêtes : si on est parfois dur avec Lynch ces derniers temps, c’est que peu de gens (moi inclus) sont réceptifs à sa passion de la méditation transcendantale et que nous sommes tous en train de fantasmer sur un nouveau film, un nouveau choc, un autre labyrinthe… </p>
<p>Entre-temps, cette exposition est une belle rencontre avec l’imaginaire lynchien, un passe-temps qui ne calmera pas la faim mais étanchera un peu la soif.</p>
<p>Et puis, il y a de l’espoir tout de même : <a href="http://blogs.indiewire.com/theplaylist/david-lynch-confirms-twin-peaks-blu-ray-with-new-material-but-sorry-no-third-season-20140122" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">ici</a> et <a href="http://news.moviefone.com/2014/01/24/twin-peaks-fire-walk-with-me-deleted-scenes/" target="_blank" rel="nofollow">là</a>. C’est déjà ça…</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>David Lynch &#8211; Small Stories, à la Maison européenne de la photographie, 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris. Du 15 janvier au 16 mars 2014.</em></p>
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		<title>Ablations, d&#8217;Arnold de Parscau</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Feb 2014 12:39:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Ménochet]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Un homme se réveille en pleine nature, sans souvenir de ce qui lui est arrivé. Rentré chez lui, il se découvre une grande cicatrice dans le bas du dos. Après...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/affiche-ablations-arnold-de-parscau-denis-menochet.jpg" alt="Ablations, d&#039;Arnold de Parscau" title="Ablations, d&#039;Arnold de Parscau" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18740" />Un homme se réveille en pleine nature, sans souvenir de ce qui lui est arrivé. Rentré chez lui, il se découvre une grande cicatrice dans le bas du dos. Après avoir consulté son ancienne maîtresse, chirurgienne, l’évidence s’impose : on lui a enlevé un rein.</p>
<p><em>« J’y crois pas. »</em> Abasourdi, incapable d’offrir une meilleure formule, c’est ainsi que l’homme accueille la nouvelle. L’homme, c’est Denis Ménochet, acteur fabuleux qui porte le film sur ses épaules. A la fois fort et fragile, il incarne merveilleusement ce personnage peu à peu envahi par la rage et la folie. L’homme perd pied à la manière des héros lynchiens : dans un bordel, référence directe au surréaliste One-Eyed Jack’s, l’établissement de luxure aux couleurs chaudes de <em>Twin Peaks</em>. Le héros d’<em>Ablations</em> croit y voir son ravisseur, tapi dans l’ombre, comme il croit apercevoir des cicatrices sur tous les corps. De sous-jacente, la folie va se faire grandissante au fur et à mesure de son enquête ; des rêves éveillés lui offrent une réalité déformée, dans laquelle il se bat pour sauver son rein et découvrir la vérité. Séquences magnifiques de maîtrise formelle et d’ingéniosité signées Arnold de Parscau. Le tout jeune (25 ans) réalisateur avait précédemment réalisé un superbe clip pour « Good Day Today » de David Lynch ; c’est dire si l’influence du cinéaste sur <em>Ablations</em> est consciente. Pourtant, au gré de l’évolution du récit, de Parscau parvient avec facilité à s’émanciper de son modèle et donne au film une nouvelle tournure, davantage centrée sur l’enquête, dans laquelle pointe le second degré. On retrouve alors la patte de Benoît Delépine, scénariste du film et roi de l’absurde concret. <span id="more-16069"></span>L’humour – souvent pathétique – trouve une place idéale autant dans la rencontre entre le protagoniste et un vétérinaire que dans ce couple de cinéma à l’autodérision naturelle : Yolande Moreau et Philippe Nahon, toujours parfaits. Casting de rêve, mise en scène au cordeau, récit surprenant, emprunts cinéphiliques jouissifs : rien ne manque dans <em>Ablations</em>. Sauf un rein.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ablations <em>d’Arnold de Parscau, avec Denis Ménochet, Virginie Ledoyen, Philippe Nahon, Yolande Moreau, Florence Thomassin, Serge Riaboukine et un rein. France, Belgique, 2013. Sortie le 16 juillet 2014. Présenté en compétition au 21e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xprpm0/zone/2/"></script></center></p>
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		<title>Berberian Sound Studio, de Peter Strickland</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Feb 2013 17:53:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Peter Strickland]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Berberian Sound Studio</em> de Peter Strickland, est un film absolument ahurissant. Mystérieux. Contrariant et fascinant à la fois. Une plongée dans l'envers du décor du <em>giallo</em>, le film noir italien...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/berberian-sound-studio-peter-strickland.jpg" alt="Berberian Sound Studio, de Peter Strickland" title="Berberian Sound Studio, de Peter Strickland" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11759" /><em>&#8220;Bienvenue dans un nouveau monde sonore&#8221;</em>, s&#8217;exclame Santini (Antonio Mancino), patron du sordide Berberian Sound Studio (studio de postproduction) qui accueille tel un messie Gilderoy (formidable Toby Jones), ingénieur du son introverti à la silhouette discrète, tout droit débarqué d&#8217;Angleterre pour assurer le mixage de la dernière production Santini, <em>The Equestrian Vortex</em> (<em>Le Vortex équestre</em>). Une sombre histoire de prêtres torturant des sorcières, à la recherche des stigmates du Malin… Oui, petite précision chronologique : nous sommes en Italie en 1976 et le <em>giallo</em> vit alors ses heures de gloire. Le <em>giallo</em>, c&#8217;est, à l&#8217;origine, l&#8217;équivalent littéraire de la <em>Série noire</em> française mais qui, transposé au cinéma, a développé ses propres codes pour devenir un genre à part entière. Celui d&#8217;un cinéma d&#8217;exploitation à la confluence de l&#8217;horreur, de l&#8217;érotisme et du polar, favorisant souvent la forme au détriment du scénario. Des réalisateurs comme Mario Bava ou, plus tard, Dario Argento en ont écrit les plus &#8220;belles&#8221; pages… Voilà donc notre pauvre Gilderoy, plus habitué à l&#8217;ambiance champêtre du documentaire naturaliste, qui se retrouve plongé dans un univers inconnu, entre violence et décadence : un réalisateur libidineux, des femmes en cabines simulant des cris d&#8217;horreur, de pauvres quartiers de pastèques violemment tailladés à la machette en guise de bruitages… L&#8217;atmosphère est poisseuse, hostile, asphyxiante. Confronté à ce milieu dont il ignore tout, Gilderoy devra affronter ses plus profondes angoisses… <span id="more-11314"></span> </p>
<p>Le montage de Strickland est acéré, les cadres précis, les images léchées. Mais au-delà de la seule immersion visuelle dans l&#8217;envers du décor de ces productions des années 1970, Peter Strickland a tenu à en soigner la reconstitution sonore, rendant par la même occasion un véritable hommage aux bonnes vieilles techniques de l&#8217;enregistrement analogique. Le &#8220;clac&#8221; des machines mises sous tension, la course folle de la pellicule sur les bobines, le frétillement de l&#8217;aiguille du modulomètre sont autant de totems sonores qui scandent le film d&#8217;un bout à l&#8217;autre. <em>Berberian Sound Studio</em> se regarde d&#8217;abord avec les oreilles. Le rythme y est hypnotique. On avance dans le récit par cercles concentriques. Il y a le film dans le film. La réalité de la vie du studio qui se mêle à la fiction de ce <em>Equestrian Vortex</em> (<em>vortex</em>… <em>&#8220;spirale&#8221;</em>, <em>&#8220;tourbillon&#8221;</em>). Et la frontière entre les deux qui se brouille en même temps que Gilderoy se laisse inexorablement envahir par ses démons. </p>
<p><em>&#8220;Ce n&#8217;est pas un film d&#8217;horreur. C&#8217;est un film de Santini&#8221;</em>, nous précise-t-on. Effectivement, si l&#8217;horreur est au centre du scénario de Peter Strickland, son film n&#8217;a rien d&#8217;horrifique. Le cinéaste utilise le genre comme un prétexte pour une variation sur ses règles et ses codes. On ne verra rien de ce <em>giallo</em> sur lequel travaille Gilderoy. Un choix judicieux qui nous enferme ainsi encore un peu plus dans ce huis clos poisseux et malsain. Où se situe ce Berberian Sound Studio ? Dans quelle région ? Quelle ville ? Aucune indication n&#8217;est délivrée. Le spectateur est maintenu dans le flou le plus total. On ne voit pas Gilderoy en pousser la porte d&#8217;entrée comme on ne le verra d&#8217;ailleurs jamais en sortir. Et on en vient même à douter de sa propre existence lorsque, se rendant à l&#8217;accueil pour la énième fois au sujet du remboursement de son billet d&#8217;avion, Gilderoy s&#8217;entend dire qu&#8217;il n&#8217;y a jamais eu de vol le jour de sa prétendue arrivée en Italie. Le film s&#8217;enfonce alors encore un peu plus dans la folie. Il ne s&#8217;agirait plus du portrait d&#8217;un homme cédant peu à peu à ses délires : le film tout entier serait un délire. Une vue de l&#8217;esprit tourmenté de Gilderoy, de ses peurs, de ses fantasmes. Serait-il possible alors que l&#8217;ingénieur anglais n&#8217;ait jamais quitté son pays ? N&#8217;ait jamais pris l&#8217;avion ? N&#8217;ait jamais mis les pieds au Berberian Sound Studio ?</p>
<p><em>Berberian Sound Studio</em>, deuxième long-métrage signé Peter Strickland, est un film absolument ahurissant. Mystérieux. Contrariant et fascinant à la fois. On en ressort sans en avoir tout compris, agacé de s&#8217;être laissé déstabiliser mais conscient de ne jamais rien avoir vu de semblable. David Lynch n&#8217;est pas loin. On se repasse le film, en quête d&#8217;un détail qui nous aurait échappé. Mais rien n&#8217;y fait. Il faudra y retourner…</p>
<p style="text-align:center"><strong>&raquo; Lire aussi <a href="/portraits/interview-peter-strickland-berberian-sound-studio-giallo/" title="Rencontre avec Peter Strickland">l&#8217;interview de Peter Strickland</a></strong></p>
<p>&nbsp;<br />
Berberian Sound Studio<em> de Peter Strickland, avec Toby Jones, Cosimo Fusco, Antonio Mancino, Fatma Mohamed, Chiara d&#8217;Anna&#8230; Angleterre, 2012. Prix du jury du 20e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 3 avril 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/fmkkk/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Lana Del Rey, naissance d&#8217;une image</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/musique/lana-del-rey-lizzy-grant-lynch/</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Sep 2011 00:16:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>

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		<description><![CDATA[La blogosphère s’enflamme… Les déclarations d’amour se succèdent et se ressemblent, depuis des semaines il me semble qu’on ne parle que d’elle. Le buzz aurait-il raison, pour une fois ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La blogosphère s’enflamme… Les déclarations d’amour se succèdent et se ressemblent, depuis des semaines il me semble qu’on ne parle que d’elle. Le buzz aurait-il raison, pour une fois ? « Lolita incendiaire » pour les uns, objet de crainte pour les autres, je décide enfin de me faire ma propre opinion. Et là…</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/09/lana-diet-mtn-dew.jpg" alt="Lana Del Rey dans le clip de Diet Mtn Dew" title="Lana Del Rey dans le clip de Diet Mtn Dew" width="280" height="178" class="aligncenter size-full wp-image-4085" /></p>
<p>Histoire d’un coup de foudre (musical, mais peu importe…). Histoire de la naissance d’un personnage qui doit (tout ?) énormément au cinéma&#8230; <span id="more-4079"></span></p>
<p><strong>Lana Del Rey, donc.</strong></p>
<p>Ou Lizzy Grant, apparemment selon l’état civil. Interprète, auteur et semblerait-il aussi réalisatrice de ses clips. Et c’est là que l’histoire devient étrange, mais hautement intéressante pour l’amateur d’images, pour le cinéphile mélomane qui est en quête d’absolu. Car si on considère l’œuvre de la demoiselle, il est indéniable que la matière théorique abonde, explose. Les références sont légion et le dosage est trop savant pour être pure coïncidence.</p>
<p>Qui est Lana Del Rey ?</p>
<p>Tentative d’un « portrait » en 5 clips.</p>
<h3>Diet Mtn Dew</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/u89_AiQu9BQ" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
A première vue, rien de particulier. Bon, d’accord, la voix, superbe. Une chanson gentiment R’n’B, un tantinet FM, agréable somme toute. A l’image une photo, c’est tout. Elle regarde l’objectif coiffée d’une couronne de fleurs et arborant un T-shirt pop. Blonde. Lèvres refaites, ça saute aux yeux.<br />
Oui, et alors ? 4’17. Une image vidéo, deux personnes sur une plage, en contre-jour, un coucher de soleil ? Quelques secondes et c’est fini. Les dernières notes de la chanson continuent, comme si de rien n’était.<br />
Annonce d’un mystère, d’une suite ? Quelque chose se tramerait-il sous la façade trop lisse, trop parfaite (artificielle) de ce visage figé ?<br />
Réponse avec le prochain clip.</p>
<h3>Kinda Outta Luck</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/4DtZNmkJYks" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
Explosion de références, d’extraits. Rita Hayworth, Marlène Dietrich, Jessica Rabbit, Betty Boop, Ray Liotta, Bugs Bunny, Daffy Duck, Tom &#038; Jerry… Plus film noir, plus pop culture, plus femme fatale, tu meurs.</p>
<p>Et Lana Del Rey. Face caméra, le regard fixé sur son retour image, le plan YouTube par excellence. Je me regarde comment je suis sur Internet. Lana entre toutes ces icônes, Lana toute seule avec sa bouteille de Jim Bean. Avec sa moue (plus qu’artificielle, les lèvres souvenez-vous…), son regard de petite fille perdue dans un maelström d’images, sa joie de gamine et sa chanson. Plus pop que la précédente, plus prenante. Une évolution certaine, un style qui s’affirme. Le montage est bien dosé, le trouble s’installe pour de bon.</p>
<p>Forcément, elle est touchante parmi toutes ces légendes, ces images immortelles du septième art, comme une fan qui s’est incrustée via sa webcam pour faire la figurante, au moins une fois, par ses moyens, entre les modèles de sa vie… Et ce texte déroutant… (Serait-il question de meurtre ? D’un père se trouvant dans le coffre de la voiture ?). Espiègle, se jouant des codes de la femme fatale, Lana joue avec nos émotions, et semble postuler pour un poste de <em>mème</em> en CDD. Charmant…<br />
&nbsp;</p>
<h3>Video Games</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/HO1OV5B_JDw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
Comment décrit-elle sa musique déjà ? Gansta Nancy Sinatra. Hollywood Sad Core.<br />
Toujours seule dans son cadre, Lana oscille entre tristesse et vagues sourires. Parfois, une fenêtre en arrière-fond. Starlette délaissée, son rêve de gloire brisé ? D’autres références apparaissent. Hollywood, leitmotiv lancinant, sirène cruelle pour jeunes filles naïves. Les néons &#8211; de Las Vegas ? Paradis artificiel / Enfer du jeu. Un jeune homme fait du skate-board, on pense à Jackass. Des images de jeunes filles sur une vespa, filmées en Super 8 ? Tout cela semble bizarrement homogène. Il y a une cohérence dans ses images qui est incarnée par la seule voix de Lana Del Rey. C’est un clip, me direz-vous, rien de plus normal. Sauf que, sauf que Paz de La Huerta. Filmée un soir par des paparazzis, saoule, titubante, star sexy et trash, vidéo sale de la téléréalité, sublimée par le chant, et cela devient comme une cérémonie. <em>Video Games</em> est peut-être une ode à la déchéance de l’image féminine, broyée et régurgitée par le système hollywoodien. Les lettres sur la colline, plus que jamais un phare, Charybde et Scylla en un seul lieu, sans cesse affamé, en quête de starlette à détruire.<br />
Tiens, mais ça y est, je me rappelle où il me semble l’avoir vue…<br />
&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/09/mulholland-drive-lynch.jpg" alt="Melissa George dans Mulholland Drive, de David Lynch" title="Melissa George dans Mulholland Drive, de David Lynch" width="280" height="187" class="aligncenter size-full wp-image-4083" /><br />
&nbsp;</p>
<h3>Blue Jeans</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/8t-I-Lqy06g" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
Bon, il s’agit de Melissa George dans <em>Mulholland Drive</em>… J’aurai appris quelque chose. Mais le référent ultime est là. L’univers de Lana Del Rey c’est le Hollywood labyrinthique et insondable de <em>Mulholland Drive</em> (n’y a-t-il pas une chanteuse nommée Rebekah Del Rio, dans le film ?). D’où l’émoi d’un cinéphile amoureux de Lynch.<br />
Mais c’est aussi le Hollywood vu par Bret Easton Ellis dans son <em>Imperial Bedrooms</em> qui transparaît dans ces clips. Le personnage de Rain Turner, actrice ratée qui se prostitue en jouant de sa superficialité, de son corps. Obsédée par l’envie d’avoir un rôle, elle tente par tous les moyens de s’incruster dans les castings. Tentatives désespérées face à une machine froide, qui n’est pas dupe de son jeu.<br />
Lana pose toujours, mais sort de chez elle. Dans une voiture, dehors, hyperconsciente de son image, la diva éclate au grand jour grâce à un titre dramatique, définitif. <em>I will love you till the end of time</em>, chante-t-elle, et ce refrain adressé à un ancien amant, à tous les internautes, la propulse dans un au-delà vertigineux.<br />
Lana Del Rey (son nom d’artiste, rappelons-le) devient une image, totale et absolue. Se nourrissant des pulsions les plus noires et inconnues de l’univers lynchien, elle passe du statut d’anonyme à celui d’icône, en un plan.<br />
2’56, les flammes dévorent l’écran. 2’57, elle est là. Parfaite, Über-artificielle, éternelle. Des lunettes de soleil au rouge à lèvres en passant par la jupe fleurie, les détails sont trop parfaitement arrangés. <em>This is the girl</em>, disait Adam Kesher en voyant Melissa George.<br />
Il n’y a rien à ajouter.</p>
<p>Alors, <em>what happened</em> ?</p>
<p>Lana Del Rey, au début jeune fille paumée du Midwest qui veut jouer dans la cours des grands, via YouTube s’incruste parmi les stars. Vampirisant les étoiles de l’Americana hollywoodienne, elle devient image elle-même. Personnage de fiction à part entière. On dirait un personnage de Lynch (une des choristes qu’on aperçoit dans <em>Mulholland Drive</em>) qui déciderait de se nourrir de son environnement fictionnel pour crever l’écran. C’est le parcours de Betty dans <em>Mulholland Drive</em>.<br />
Lana Del Rey ou le Remake du cinéma lynchien en cinq clips.</p>
<p>PS : Lana Del Rey peut-elle exister en dehors de la sphère d’Internet ? Une prestation scénique me paraît presque hérétique, cela ne pourrait être que décevant, il me semble. Son personnage peut-il être de chair et de sang ?</p>
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