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	<title>Grand Écart &#187; conte</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>The Witch, de Robert Eggers</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jun 2016 06:42:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Récompensé à Sundance en 2015, projeté en compétition de ce 23e Festival de Gérardmer, The Witch fait sensation. Et pour cause : le jeune auteur-réalisateur américain Robert Eggers y déroule...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Récompensé à Sundance en 2015, projeté en compétition de ce <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/festival-film-fantastique-gerardmer-2016/">23e Festival de Gérardmer</a>, <em>The Witch</em> fait sensation. Et pour cause : le jeune auteur-réalisateur américain Robert Eggers y déroule une maîtrise quasi parfaite de son matériau.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/the-witch-anya-taylor-joy.jpg" alt="Anya Taylor-Joy dans The Witch" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-22912" />En 1630 en Nouvelle-Angleterre, William et sa famille (une femme et cinq enfants) sont bannis de leur communauté pour désaccord avec les règles religieuses en vigueur chez les <em>Pilgrim fathers</em>. La famille prend ses affaires, son cheval, ses quelques chèvres et son bouc, et se met en quête d’une nouvelle terre, qu’elle trouvera à deux jours de route : une clairière au milieu d’une forêt. Soufflée par la beauté et la sérénité du lieu, la famille prie avec ferveur avant d’y installer la maisonnée et le cheptel. Mais la forêt, autour, pourrait bien être hantée.</p>
<p>Robert Eggers montre d’abord dans <em>The Witch</em> une passion pour son sujet littéral – la sorcellerie, encore très en « vogue » au début du XVIIe siècle –, ensuite une déférence pour les Pères Pèlerins du septième art. On y trouve l’héritage des Dreyer, Bergman et autres Murnau, étalons éternels d’un cinéma aussi formel qu’érudit. Stylistiquement ou narrativement, chaque plan rappelle l’un de ces modèles, quand il ne convoque pas les artistes picturaux de la psyché et du surnaturel : on ne serait d’ailleurs pas étonné si Eggers nous avouait avoir été inspiré par <em>La Tentation de saint Antoine</em> de Jérôme Bosch, <em>Le Cauchemar</em> de Füssli ou une toile d’Albrecht Dürer, à commencer par le <em>Jeune lièvre</em>, animal aux symboliques païennes qu’on croise ici.</p>
<p>Mais comme le tout est bien souvent supérieur à la somme des parties, <em>The Witch</em> n’est pas un amalgame de références étincelantes et plombantes pour les non-initiés. Ce qu’il emprunte à ses aïeux, Robert Eggers l’assimile et le renouvelle. Et fait de son premier long-métrage une œuvre étrange et sublime à la lisière de <em>L’Exorciste</em> et de <em>Ordet</em>, servie par un casting de haut vol et une matière première intarissable. <span id="more-22902"></span>L’austérité formelle n’évite pas le malaise, palpable dans les plans aveugles de la forêt, dans les cadrages serrés du jeune Caleb (Harvey Scrimshaw, impressionnant) en pleine crise d’hystérie religieuse ou dans les sonorités telluriques du film, voix (en VO) de l’acteur Ralph Ineson comprise. Jamais le spectacle de cette famille puritaine – et pourtant aimable – n’est voyeur ; au contraire, le spectateur assiste malgré lui à l’horreur et au cauchemar, pas gore mais intensément dérangeant. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/the-witch-a-new-england-folk-tale-robert-eggers.jpg" alt="The Witch, a New-England folk tale" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-22909" />Si Robert Eggers aurait pu se contenter de ces dispositions ténébreuses pour étourdir plus que de coutume le spectateur, il achève de le fasciner grâce à un scénario et une narration sans failles. Sorcellerie ou paranoïa, à chacun de projeter dans le métrage ses propres convictions et sa foi en l’ordalie inquisitrice. Plus subtil est le discours sous-jacent qui fait écho à l’histoire religieuse américaine, ferment de <em>The Witch</em>. L’histoire d’un triple rejet : d’abord celui de l’Eglise anglicane, carcan dont les immigrés du Nouveau Monde se sont libérés. Ensuite celui de la communauté chrétienne, trop progressiste du goût du patriarche, qui mène à l’exil loin de la civilisation. Enfin, le rejet de la fille aînée, Thomasin (l’éclatante Anya Taylor-Joy), pourtant seule personne vertueuse d’une famille meurtrie par les non-dits, l’orgueil et la luxure. Jouet innocent balloté par Dieu et par le Diable, Thomasin n’a d’autre choix que d’arracher sa liberté. Lectures multiples, œuvre protéiforme à l’immense profondeur, <em>The Witch</em> est un film de sorcières. Un film historique. Un drame social. Un conte folklorique épouvantable. Un film sur le deuil et sur la paranoïa. Tout ça à la fois ; <em>The Witch</em> est légion.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Witch <em>de Robert Eggers, avec Ralph Ineson, Kate Dickie, Anya Taylor-Joy&#8230; Etats-Unis, Canada, 2015. Sortie le 15 juin 2016.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/YjBN0ByAqDk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Les Mille et Une Nuits, de Miguel Gomes</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2015 06:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[La Quinzaine des réalisateurs 2015]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portugal]]></category>

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		<description><![CDATA[Fantaisie militante Super-film en trois volets &#8211; L’Inquiet, Le Désolé et L’Enchanté -, Les Mille et Une Nuits aura rythmé la semaine, avec ce rendez-vous pris un jour sur deux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Fantaisie militante</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-20833" alt="Les Mille et une nuits, de Miguel Gomes" title="Les Mille et une nuits, de Miguel Gomes" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/Picto_Gomes.jpg" width="280" height="117" />Super-film en trois volets &#8211; <em>L’Inquiet</em>, <em>Le Désolé</em> et <em>L’Enchanté</em> -, <em>Les Mille et Une Nuits</em> aura rythmé la semaine, avec ce rendez-vous pris un jour sur deux pour se laisser emporter par les histoires de Shéhérazade. Miguel Gomes a réussi le pari de retenir le festivalier &#8211; jongleur professionnel d’agenda en cette <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/68e-festival-international-film-cannes-cinema-joel-ethan-coen-2015/" title="13/05-24/05 : Festival de Cannes 2015">quinzaine cannoise</a>, rêvant du don d’ubiquité -, de le faire revenir à intervalle régulier pour prendre &#8211; comme le roi de Bagdad épargnant chaque soir Shéhérazade &#8211; sa dose d’absurdité grinçante. Miguel Gomes a surtout réussi le pari de raconter le Portugal en crise sans misérabilisme, en mêlant le documentaire et la fantaisie, faisant preuve d’une liberté aussi rare que folle. Au début du premier volet, <em>L’Inquiet</em>, le cinéaste, débordé par les événements qu’il veut filmer et par l’ampleur de la tâche, prend la fuite, poursuivi par son équipe. Une première rupture de ton qui en annonce d’autres, un premier contact direct avec le spectateur qui crée une complicité dont on ne se départ pas. Assister aux trois projections des <em>Mille et Une Nuits</em> c’est accepter de se lancer dans une expérience inédite, imparfaite et inégale, mais totalement réjouissante.</p>
<p>Au gré des contes de Shéhérazade, c’est un portrait du Portugal en crise que brosse Miguel Gomes. Le cinéaste a embauché une équipe de journalistes pour glaner les histoires du pays en 2013 et 2014 : le procès d’un coq, un amoureux pyromane, la fermeture des chantiers navals, les locataires d’une tour HLM, des pinsonneurs&#8230; Tout ce que raconte Miguel Gomes est vrai, mais il souligne l’absurdité de ces témoignages en les mettant en scène sous la forme de contes extraordinaires, naviguant sans cesse entre la brutalité de l’accusation et l’humour de la farce, entre la poésie de l’image et l’âpreté de la réalité. <span id="more-20827"></span>Chaque volet débute par la mise à l’index des politiques d’austérité appliquées par “des gouvernements apparemment dépourvus de justice sociale”. Et l’une des premières histoires de Shéhérazade est celle des négociations de la troïka avec le gouvernement portugais. C’est l’histoire la plus folle car c’est aussi par celle-ci que l’attaque se fait la plus forte. Un interprète qui ne traduit pas fidèlement les mots policés de la diplomatie économique mais les pensées les plus directes sur le mépris des gouvernements et des populations. La réponse à la question “<em>Mais pourquoi sont-ils si méchants ?</em>” par l’intervention d’un sorcier aux pouvoirs priapiques. Plus tard, dans le troisième volet, Shéhérazade expliquera au Grand Vizir que les histoires naissent “<em>des désirs et des peurs des hommes</em>”. C’est tout cela que raconte Miguel Gomes, dans des séquences fortes, comme <em>Les Larmes de la juge</em> (un enchaînement implacable de culpabilités, où tous sont victimes et personne n’est responsable, face à l’incapacité de l’institution) ou <em>Les Maîtres de Dixie</em> (la vie des tours HLM, les difficultés qui font qu’on se repasse le chien Dixie de maître en maître, de bâtiment en bâtiment), comme dans des chapitres plus convenus et longuets, comme <em>Le Chant enivrant des pinsons</em> <img class="alignright size-full wp-image-21823" alt="Les 1001 Nuits, de Miguel Gomes" title="Les 1001 Nuits, de Miguel Gomes" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/Picto_Gomes2.jpg" width="280" height="117" />(tout est dans le titre) ou la succession de témoignages des <em>Magnifiques</em>, chômeurs par condition. C’est là que le pari du cinéaste est totalement remporté. Pour susciter l’émotion, l’adhésion, voire la révolte, c’est en ayant recours aux mises en scène les plus saugrenues et poétiques qu’il est le plus efficace, pas dans les séquences purement documentaires.</p>
<p><em>L’Inquiet</em>, <em>Le Désolé</em> et <em>L’Enchanté</em> ont chacun leur identité et leur ton. <em>L’Inquiet</em> est le plus fou, celui où l’on accepte de suivre le cinéaste-Shéhérazade dans un délire pertinent. <em>Le Désolé</em>, comme son titre le laisse paraître, est plus désenchanté &#8211; laissant poindre plus frontalement le désespoir concret et quotidien de la crise, avant que <em>L’Enchanté</em> ne vienne clore l’expérience sous forme de ritournelle, avec enfin la rencontre avec une Shéhérazade en chair et en os. Sur l’écran, apparaît la phrase “<em>Et le jour venant à paraître, Shéhérazade se tait.</em>” Pendant ces six heures et quelques, Miguel Gomes aura fait naître toutes les émotions, fait vivre tous les registres du cinéma, passionné, amusé, ennuyé aussi. Mais il aura raconté des histoires intenses et marquantes, bien plus que tous les contes servis pendant cette quinzaine, avant de se taire pour faire place à la réflexion sur tout ce qui nous a traversés.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Mille et Une Nuits (As mil et uma noites)<em> de Miguel Gomes, avec Joana De Verona, Goncalo Waddington, Carloto Cotta&#8230; Portugal, 2015. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2015.</em></p>
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		<title>Tale of Tales, de Matteo Garrone</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2015 17:18:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[La Compétition du 68e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>C’era una volta…</em> Ancré dans le ciment d’un réalisme pur et dur avec <em>Gomorra</em>, le cinéma de Matteo Garrone avait déjà initié son glissement au-delà des frontières du réel au fil de son...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><em>C’era una volta…</em></h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/04/taletales_garrone.jpg" alt="Tale of Tales, Matteo Garrone" title="Tale of Tales, Matteo Garrone" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-21408" />Ancré dans le ciment d’un réalisme pur et dur avec <em>Gomorra</em>, le cinéma de Matteo Garrone avait déjà initié son glissement au-delà des frontières du réel au fil de son conte réaliste <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/reality-matteo-garrone/" title="Reality, de Matteo Garrone">Reality</a></em>. Avec <em>Tale of Tales</em> (<em>Il Racconto dei racconti</em>), le réalisateur italien finit de s’enfoncer intégralement dans les méandres du cinéma fantastique, en adaptant le recueil de contes le <em>Pentamerone</em>, signé Giambattista Basile, poète, courtisan et écrivain napolitain du XVIIe siècle. </p>
<p>D’aucuns pourraient s’étonner de voir Garrone prendre ainsi à revers l’approche quasi documentaire adoptée par le cinéaste dans son adaptation du roman de Roberto Saviano. En effet, son portrait de la Camorra était d’une violence frontale, loin de toute incartade fantaisiste. A ceci près que, si Saviano s’évertuait dans son livre à démonter pas à pas les mécanismes de la puissante économie mafieuse, Garrone, lui, s’était davantage attaché à rendre compte de la violence animale de l’organisation. A en décrire ses formes, ses odeurs poisseuses, ses voix miséreuses. Offrant finalement aux spectateurs une vision un brin irréelle de la fureur camorriste. Une pointe d’irréel dans le réel…</p>
<p>De ce point de vue, <em>Tale of Tales</em> pourrait se placer en miroir à <em>Gomorra</em>. Sorte de double en négatif. Au travail de terrain de Saviano, Garrone oppose ici les récits fantasmagoriques de Giambattista Basile. A l’enquête journalistique, le conte. Ce genre littéraire populaire et séculaire à travers lequel, sous couvert d’histoires légendaires à destination des enfants, les auteurs s’évertuaient à dépeindre, en forçant le trait, les mœurs de leur époque et les sentiments de leurs contemporains. A exprimer le réel dans l’irréel… <span id="more-21050"></span>	</p>
<p>Des cinquante contes qui composent le recueil de Giambattista Basile, Matteo Garrone a choisi d’en retenir trois. Trois récits au fantastique moyenâgeux, à la fois beaux et obscènes, merveilleux et horrifiques. Trois contes pour trois royaumes, trois parcours de femmes pour trois allégories autour d’un seul et même sentiment : le désir. Violent, irrépressible, destructeur. Une reine prête à mourir pour sentir la vie pousser en elle, une vieille lavandière hantée par son désir de jeunesse et enfin une adolescente et future reine avide d’aventure qui se retrouve violemment contrainte d’apprendre à grandir. A travers ce triple récit dont le cinéaste s’amuse à entrecroiser les lignes, Garrone révèle toutes les résonances modernes des textes originels de Basile. L’obsession de la beauté, de la jeunesse (Giambattista pointant déjà du doigt les méfaits dévastateurs de la chirurgie esthétique !), de la chair, de la maternité, la peur de vieillir, la brutalité du passage à l’âge adulte… Autant de thématiques profondément contemporaines, le tout enrobé d’une esthétique baroque <em>freaks</em> à souhait. Photographie tirée à quatre épingles et couleurs éclatantes. Palais Renaissance et silhouettes felliniennes. Et pour donner corps à l’improbable, on retrouve devant la caméra un casting pour le moins éclectique. De Vincent Cassel à Salma Hayek, en passant par John C. Reilly, Alba Rohrwacher et Toby Jones.  </p>
<p>On pourrait malgré tout reprocher un certain classicisme de mise en scène à ce <em>Tale of Tales</em>. Un paradoxe, dans la mesure où le choix du fantastique offrait à son réalisateur une infinité de possibles. Mais pour autant, la force de ce film, au-delà de son visuel certes très séduisant, est d’être parvenu à se hisser à la hauteur de l’universalité inhérente au conte, à trouver l’équilibre entre poésie et burlesque, grâce et horreur, violence et tendresse. Un long-métrage qui vient donc finalement s’inscrire tout à fait logiquement dans l’œuvre de Matteo Garrone, dont l&#8217;inspiration se nourrit en permanence à la source tantôt du réel, tantôt de l’imaginaire. Et l&#8217;Italien de s’amuser, au gré de ses envies, à boire plus à l&#8217;une qu&#8217;à l&#8217;autre.</p>
<p>&nbsp;<br />
Tale of Tales <em>(Il Racconto dei racconti) de Matteo Garrone, avec Salma Hayek, Vincent Cassel, John C. Reilly&#8230; Italie, Grande-Bretagne, 2015. Sortie le 1er juillet 2015.</em></p>
<p><center><iframe src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/svkrrp" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Plateau télé : semaine du 13 octobre</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Oct 2013 12:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[Cinémathèque française]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
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		<description><![CDATA[On traverse le temps cette semaine. On commence par l&#8217;adaptation d&#8217;un conte ancestral avec les techniques des débuts du cinéma pour terminer dans la modernité crue des pouvoirs de l&#8217;Internet....]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/10/oss-117-caire-nid-espions-bejo-dujardin-s.jpg" alt="Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans OSS 117" title="Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans OSS 117" width="280" height="118" class="alignleft size-full wp-image-14788" />On traverse le temps cette semaine. On commence par l&#8217;adaptation d&#8217;un conte ancestral avec les techniques des débuts du cinéma pour terminer dans la modernité crue des pouvoirs de l&#8217;Internet. Entre-temps, on aura voyagé avec René Coty, et flirté avec l&#8217;avant-garde de la Nouvelle Vague. Mais on a beau changer d&#8217;époques comme de chaînes, il est question de sujets intemporels. Où est la vraie laideur ? Qu&#8217;en est-il de l&#8217;ingérence internationale ? Existe-t-il un crime parfait ? Le génie permet-il tout ? On parle d&#8217;amour, de meurtres, d&#8217;ambition, d&#8217;humiliation. Qu&#8217;on soit en 1947 ou en 2010, le cinéma parle de nous.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>La Belle et la Bête</em>, de Jean Cocteau – dimanche, 20h45 – Arte</h4>
<p>A l&#8217;occasion des 50 ans de la mort de Jean Cocteau, les hommages se multiplient. La Cinémathèque lui ouvre ses portes pour une exposition, et <em>La Belle et la Bête</em> est de nouveau en salles, en copie restaurée, depuis le 25 septembre. Dans l&#8217;introduction du <em>Testament d&#8217;Orphée</em>, son dernier film, Jean Cocteau dit du cinéma qu&#8217;il est <em>« un admirable véhicule de poésie »</em>, qu&#8217;il s&#8217;agit de retranscrire l&#8217;irréalité avec réalisme. <em>La Belle et la Bête</em> est donc ce conte poétique, fantastique dans cette maison animée, truffé d&#8217;effets spéciaux à la Méliès (en tournant des scènes à l&#8217;envers puis en les remettant à l&#8217;endroit, par exemple), où, en grimant le beau Jean Marais en l&#8217;affreuse Bête, il pose la question de la monstruosité, celle qui anime les hommes (laids et beaux) plus que les bêtes. <span id="more-14781"></span><br />
&nbsp;</p>
<h4><em>OSS 117 : Le Caire nid d&#8217;espions</em>, de Michel Hazanavicius &#8211; dimanche, 20h45 – 6ter</h4>
<p>Comme on oublie volontairement <em>Mes amis</em>, considérons cet <em>OSS 117</em> comme les vrais premiers pas de Michel Hazanavicius au cinéma, et le début de la légende. Jean Dujardin en fait des caisses, comme il est attendu, et excelle dans ce sous-James Bond, qui en grossit tous les traits de séducteur macho et colonialiste. Outre l&#8217;inoubliable version de <em>Bambino</em>, <em>OSS 117</em>, c&#8217;est surtout un humour idiot et potache irrésistible, fait de <em>running gags</em> absurdes et délicieux. Dimanche soir, on vous conseille de vous faire une petite blanquette.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Ascenseur pour l&#8217;échafaud</em>, de Louis Malle – lundi, 00h20 – France 2</h4>
<p>On ne comprend toujours pas pourquoi on parle de musique d&#8217;ascenseur alors que le son de trompette de Miles Davis joue un rôle si essentiel à cet <em>Ascenseur pour l&#8217;échafaud</em>. Peut-être parce qu&#8217;il n&#8217;accompagne que les déambulations nocturnes de Jeanne Moreau, et non le piège dans lequel est coincé cet assassin qui a raté le crime parfait. Une ambiance oppressante à la fois à l&#8217;intérieur et à l&#8217;extérieur de la cage, rythmée par les improvisations de Miles Davis et le silence d&#8217;un ascenseur bloqué dans la nuit. L&#8217;attente d&#8217;un dénouement inextricable dans un brillant exercice de style.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>The Social Network</em>, de David Fincher – mardi, 20h45 – France 2</h4>
<p>France 2 propose une soirée spéciale Génération Y (enfin <em>« Génération quoi ? »</em> pour le documentaire suivant le film), ces jeunes qui intriguent toute la presse, avec en introduction un portrait de son pape : Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook. Mais plus que le portrait d&#8217;une « génération Facebook », c&#8217;est celui d&#8217;un geek, d&#8217;une vengeance puérile, et d&#8217;une success story aux multiples zones d&#8217;ombre que brosse David Fincher. Il filme l&#8217;ambition sans scrupule d&#8217;un loser qui détient enfin les clés du succès et de la popularité, et qui entend en profiter sans partage. L&#8217;ascension de celui qui a osé débarquer à Wall Street en sweat à capuche (deux ans après le film), ici montré en short et tongs face à une batterie d&#8217;avocats. Le portrait d&#8217;une insolence égoïste, devenue puissance mondiale.</p>
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		<title>Rencontre avec Agathe Bonitzer</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 06:11:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Elle est la nouvelle coqueluche du cinéma français. Voix douce sur teint de porcelaine rehaussé d’une chevelure de feu, Agathe Bonitzer a su, en quelques années, se faire un prénom... Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/07/agathe-bonitzer-arthur-dupont-au-bout-conte.jpg" alt="Agathe Bonitzer et Arthur Dupont dans Au bout du conte" title="Agathe Bonitzer et Arthur Dupont dans Au bout du conte" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-14075" />Elle est la nouvelle coqueluche du cinéma français. Voix douce sur teint de porcelaine rehaussé d’une chevelure de feu, Agathe Bonitzer a su, en l’espace de quelques années, se faire un prénom. Un début de carrière exigeant et des rôles forts qui ne sont pas sans rappeler une certaine Isabelle Huppert au même âge. Ca tombe bien, elle est un des modèles d’Agathe qui roule sa bille actuellement sur de nombreux projets, avec une insatiable soif d’apprendre. Elle nous livre quelques secrets de tournage du dernier Jaoui-Bacri, <em>Au bout du conte</em>, qui vient de sortir en DVD… </p>
<p><strong>Ces deux dernières années, vous enchaînez les rôles marquants au cinéma. Avez-vous le sentiment d’être affranchie de votre célèbre patronyme ? </strong></p>
<p>Oui, relativement. Je sais depuis quelques films et certains rôles, que ce métier est exactement ce qui me correspond. Si mon nom a pu m’aider, je ne pense pas, en tout cas, qu’il m’ancre dans une case. <span id="more-6018"></span></p>
<p><strong>Quel a été l’élément déclencheur, selon vous ?</strong></p>
<p>Dès que j’ai commencé à tourner pour d’autres réalisateurs que pour mes parents <em>[Pascal Bonitzer et Sophie Fillières, ndlr]</em>. Je pense par exemple au <em>Mariage à trois</em> de Jacques Doillon, à <em>Une bouteille à la mer</em> de Thierry Binisti ou à <em>A moi seule</em> de Frédéric Videau, des rôles que j’ai obtenus après avoir passé des castings ou lorsque le réalisateur songeait directement à moi.</p>
<p><strong>Et comment cela s’est-il déroulé pour <em>Au bout du conte</em> ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/07/au-bout-du-conte-jaoui-bacri-affiche.jpg" alt="Au bout du conte, d&#039;Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri" title="Au bout du conte, d&#039;Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-14076" />Je voulais travailler depuis longtemps avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Quand j’étais plus jeune, je vouais un culte à <em>On connaît la chanson</em>. Leurs films sont très dialogués, très écrits, très précis. Pour <em>Au bout du conte</em>, j’ai passé trois castings en quatre mois. Ce fut long et douloureux car j’avais une telle envie de jouer dans ce film ! Je n’ai eu le scénario qu’au bout de deux castings et chacun a eu lieu en présence d’Agnès Jaoui. J’ai aussi fait des essais avec <a href="/portraits/interview-arthur-dupont/">Arthur Dupont</a> et d’autres comédiens. J’apprécie beaucoup ce genre de casting, car on travaille vraiment. Que l’on soit pris ou non, c’est toujours très enrichissant.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous a particulièrement enthousiasmée dans ce film ?</strong></p>
<p>J’étais vraiment très heureuse lorsque j’ai su que j’étais prise ! Tout, dans le rôle de Laura, m’a séduit. J’ai su immédiatement que je l’aimerais. Le scénario était à la hauteur de mes espérances, avec beaucoup de personnages, des destins qui s’entrecroisent, des dialogues ciselés… Pour une fois, j’allais jouer la naïveté et non l’ironie, l’adolescente rebelle, ou le sarcasme comme j’ai déjà eu à le faire. C’était à la fois difficile et intéressant. </p>
<p><strong>Arthur Dupont nous avait confiés avoir beaucoup répété avec Jean-Pierre Bacri, notamment pour avoir le même bégaiement que lui. Avez-vous, vous-même, également beaucoup répété en amont du tournage ?</strong></p>
<p>Non, pas vraiment en ce qui me concerne. Pour ma préparation, il y a eu beaucoup de travail sur les costumes. J’étais tout de rouge vêtue, je devenais ainsi un chaperon rouge moderne, qui prenait toute son ampleur, sans qu’il y ait besoin d’en faire trop. Et nous avons surtout chorégraphié les scènes de groupe. </p>
<p><strong>Pouvez-vous nous livrer quelques indiscrétions sur la manière de travailler du tandem Jaoui-Bacri ?</strong></p>
<p>Agnès est très présente sur la mise en scène et Jean-Pierre est toujours sur le plateau, même quand il ne tourne pas. Il donne des indications sur le jeu, parfois uniquement d’un geste ou d’un regard. On n’a pas du tout l’impression d’être dirigés. C’est le propre des grands réalisateurs. On ressent aussi beaucoup d’amour de leur part pour les acteurs. Etre eux-mêmes comédiens leur apporte plus d’attention, plus d’écoute, ils se mettent à notre place. Ils n’ont pas besoin de parler pour se comprendre et c’était très émouvant à voir. En fait, c’est Sartre et Beauvoir, mais en plus sexy ! Agnès était à la fois le metteur en scène et ma partenaire, ce qui était assez particulier pour moi, car c’était la première fois que j’étais dirigée par une réalisatrice également comédienne. Et quand elle joue, Jean-Pierre est encore plus présent, derrière ou devant la caméra. Mais c’est elle qui dit « Action » ou « Coupez ». Une chose est certaine, comme dans le film, Agnès est une bonne fée marraine…</p>
<p><strong>Laura, votre personnage, est celui pour qui le conte se termine le moins bien…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/07/dupont-agathe-bonitzer-au-bout-conte-jaoui-bacri.jpg" alt="Arthur Dupont et Agathe Bonitzer" title="Agathe Bonitzer et Arthur Dupont dans Au bout du conte" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-14086" />Je ne suis pas tout à fait d’accord. Laura a un destin, un vrai trajet, un peu comme dans un jeu de l’oie. C’est un récit d’initiation, comme dans les contes, avec des embûches, des obstacles. Certes pour elle, le désenchantement est à la clé, mais il va lui rendre service. Elle va maintenant pouvoir vivre dans la réalité, ne plus croire au prince charmant. Il y a en somme une moralité : il faut vivre ses histoires d’amour, simplement. C’est un personnage qui a beaucoup de nuances et c’est ce qui m’a plu. Au début, avec le personnage d’Arthur Dupont, elle est très romantique, mais dès qu’elle tombe sur celui de Benjamin Biolay, le grand méchant loup, elle devient plus sensuelle, plus cynique, aussi. </p>
<p><strong>Quels contes ont le plus marqué votre enfance ?</strong></p>
<p>Je me souviens avoir trouvé <em>Boucle d’Or et les trois ours</em> très sensoriel, même si ce n’est pas un conte très profond, dans la manière dont Boucle d’Or goûte aux plats des ours ou dort dans leurs lits. Mais pour préparer le film, j’ai lu les contes de Perrault. Ils sont vraiment effrayants, en particulier <em>Barbe Bleue</em>. Et je vous recommande aussi la version de <em>Cendrillon</em> de Joël Pommerat au théâtre, c’est exceptionnel. </p>
<p><strong>Pensez-vous que le cinéma soit un bois peuplé de loups aux aguets ?</strong></p>
<p>Non, c’est le monde qui l’est ! Au cinéma, c’est le contraire. On vend du rêve, du faux. On gagne sa vie en faisant ce que l’on aime et on fait sérieusement un métier qui ne l’est pas. </p>
<p><strong>Vous qui vouliez tellement faire partie d’un film estampillé Bacri-Jaoui, qu’avez-vous pensé du résultat ?</strong></p>
<p>Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, j’étais très stressée, mais j’ai été emportée par le film tout de suite, ce qui ne m’arrive pas à chaque fois ! J’ai ri à gorge déployée et j’ai pu découvrir toutes les scènes que les autres ont tournées sans moi. Je me suis vraiment sentie spectatrice, ce n’était pas du tout une souffrance de me voir et je n’avais pas l’obsession de scruter mes imperfections. Il faut savoir se regarder quand on est acteur, pour pouvoir progresser. Je suis toujours un peu étonnée par ceux qui ne le font pas. </p>
<p><strong>Dans <em>La Religieuse</em> de Guillaume Nicloux, vous jouez avec Isabelle Huppert, une des actrices qui vous fascinent. Comment s’est déroulée cette rencontre ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/07/agnes-jaoui-au-bout-conte.jpg" alt="Agnès Jaoui dans Au bout du conte" title="Agnès Jaoui dans Au bout du conte" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-14077" />J’avais déjà travaillé avec des comédiens impressionnants, comme Reda Kateb sur <em>A moi seule</em>, qui est pour moi un grand acteur français. Mais Isabelle Huppert, c’est le Graal ! Jouer avec elle, c’était incroyable. J’étais tétanisée, alors que j’ai rarement le trac sur un plateau. Tout en jouant avec elle, j’étais à la fois spectatrice et actrice. Son interprétation est tellement personnelle et profonde… C’est un monstre de technique, ce dont je suis encore incapable pour le moment. C’est ce qui est formidable dans ce métier : on n’a jamais terminé d’apprendre. </p>
<p><strong>Vos parents sont tous deux réalisateurs. Avez-vous également une velléité, un jour, de mettre en scène ?</strong></p>
<p>Non, je n’aimerais pas devenir réalisatrice. En revanche, écrire un scénario, ça oui, pourquoi pas. Mais diriger, ce n’est mon truc. Je préfère être dirigée.</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Agathe Bonitzer est à l&#8217;affiche de </em>Au bout du conte<em> de et avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, avec aussi Arthur Dupont, Benjamin Biolay, Dominique Valadié&#8230; Sortie en DVD le 6 juillet 2013.</em></p>
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		<title>Plateau télé : semaine du 2 juin</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/programme-tv/programme-tele-semaine-2-juin-2013-demy-gondry-kechiche/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Jun 2013 07:16:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
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		<description><![CDATA[Devant la pauvreté récurrente de l&#8217;offre télévisuelle, qui malgré un sursaut, s&#8217;échine à diffuser de grands films en VF (cette semaine, Pulp Fiction sur W9), ou des mauvais films, également...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/lego-tv-s.jpg" alt="La semaine télé en Légo" width="280" height="109" class="alignleft size-full wp-image-11269" />Devant la pauvreté récurrente de l&#8217;offre télévisuelle, qui malgré un sursaut, s&#8217;échine à diffuser de grands films en VF (cette semaine, <em>Pulp Fiction</em> sur W9), ou des mauvais films, également en VF (<em>Sex &amp; the City</em> sur France 2), Grand Écart change son fusil d&#8217;épaule et préfère au programme télé quotidien une sélection du meilleur du cinéma disponible, gratuitement et en VM, sur le petit écran. Un conte psychédélique, du couscous, des films suédés, et une leçon épicurienne : on s&#8217;en tire pas si mal.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Peau d&#8217;âne</em>, de Jacques Demy – Lundi, 22h15 – Gulli</h4>
<p>Alors que Le monde enchanté de Jacques Demy peut toujours se savourer à la Cinémathèque (jusqu&#8217;en août), on peut prendre un petit cours de cuisine lundi soir sur Gulli avec l&#8217;incontournable scène du Cake d&#8217;amour. Comme tous les contes, <em>Peau d&#8217;âne</em> met en scène des princes, des princesses et des rois. Sauf qu&#8217;ici, le roi veut épouser sa fille. Bon. Le conte permet tout à Jacques Demy. D&#8217;affubler Catherine Deneuve d&#8217;une cape surmontée d&#8217;une tête d&#8217;âne, qu&#8217;elle troque pour une robe couleur de soleil, et de faire porter de seyants collants à Jacques Perrin. Il permet aussi de montrer à des enfants un conte cruel et psychédélique – on est en 1970 – où l&#8217;on chante les plaisirs de la drogue douce dans des couleurs éclatantes (un royaume où tout est bleu, et un royaume où tout est rouge), des costumes extravagants, des gros chats empaillés et des perroquets qui chantent.<span id="more-13572"></span><br />
&nbsp;</p>
<h4><em>La Graine et le mulet</em>, d&#8217;Abdellatif Kechiche – Lundi, 23h15 – France Ô</h4>
<p>Après avoir appris à faire le cake d&#8217;amour dans <em>Peau d&#8217;âne</em>, on passe à la recette du couscous. La <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/palmares-palme-or-prix-recompense-bejo-kechiche-seydoux-adele-exarchopoulos/" target="_blank">Palme d&#8217;or</a> d&#8217;Abdellatif Kechiche pour <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/la-vie-adele-abdellatif-kechiche/" target="_blank">La Vie d&#8217;Adèle</a></em> est tout sauf une surprise puisque, déjà, pour <em>La Graine et le mulet</em> – qui avait tout décroché en 2008 sauf le Lion d&#8217;or de Venise –, on avait dit qu&#8217;on n&#8217;avait jamais rien vu de tel au cinéma. Sa simplicité est sa force. Son art est le contraire de celui de l&#8217;artifice. Il construit patiemment un cinéma qui prend son temps, celui d&#8217;explorer la vérité du quotidien, des relations humaines, de l&#8217;importance des détails, et la vigueur des mots.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Soyez sympas, rembobinez</em>, de Michel Gondry – Mercredi, 20h50 – Arte</h4>
<p>Hommage ultime au cinéma, aux souvenirs qu&#8217;il laisse, et à l&#8217;émotion collective qu&#8217;il procure, <em>Soyez sympas, rembobinez</em> est la compilation des films préférés de Michel Gondry : de <em>SOS fantômes</em> à <em>2001</em>, de <em>Miss Daisy et son chauffeur</em> à <em>Men in Black</em>, tous retournés avec les moyens du bord. Un film simple qui décomplexe tout créateur et qui place le plaisir de faire et de partager au cœur de toute entreprise, pétri d&#8217;idées de génies d&#8217;autant plus bluffantes qu&#8217;elles semblent évidentes. Il faut s&#8217;appeler Michel Gondry, maître du bricolage futé, pour y penser, là est la différence.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Le bonheur est dans le pré</em>, d&#8217;Etienne Chatiliez – Jeudi, 20h45 – France 3</h4>
<p>Etienne Chatiliez n&#8217;aime rien tant que bousculer les codes bourgeois et les faire se télescoper avec le bon sens populaire. Cette fois, Sabine Azéma découvre, en compagnie d&#8217;un Eddy Mitchell en grande forme, les joies simples du lâcher prise (<em>« Profite »</em>, répète-t-il en boucle, comme un Benjamin Biolay plus terre-à-terre) pendant que Michel Serrault se fait au bonheur de la vie au grand air et de la bonne bouffe (<em>« C&#8217;est pas lourd le confit »</em>, dit l&#8217;un des frères Cantonna sur le ton de l&#8217;évidence). C&#8217;est un peu classique, mais servi par des acteurs qui s&#8217;amusent avec une telle sincérité que le plaisir est partagé.</p>
<p>&nbsp;<br />
Pour combler cette semaine télévisuelle un peu vide, on ne saurait que trop vous conseiller <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/reprise-45e-quinzaine-realisateurs-forum-images-2013/">la reprise de la 45e Quinzaine des réalisateurs</a> au Forum des images, qui dure jusqu&#8217;à la fin de cette semaine. L&#8217;occasion de découvrir <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/henri-yolande-moreau/">Henri</a></em> de Yolande Moreau, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/danse-realite-alejandro-jodorowsky/">La Danse de la réalité</a></em> d&#8217;Alejandro Jodorowsky, ou encore le savoureux <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/garcons-guillaume-table-gallienne/" title="Les Garçons et Guillaume, à table !, de Guillaume Gallienne">Les Garçons et Guillaume, à table !</a></em>, de Guillaume Gallienne.</p>
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		<title>Plateau télé : semaine du 3 mars</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/programme-tv/plateau-tele-semaine-du-3-mars/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Mar 2013 10:56:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
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		<description><![CDATA[La moitié de la France est en vacances, du coup, on s&#8217;imagine que personne n&#8217;est devant la télé. Alors si vous voulez du cinéma récent, nouveau, exigeant&#8230; passez votre chemin....]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/tv-femme-vintage-s.jpg" alt="J&#039;aime ma télé" width="280" height="109" class="alignleft size-full wp-image-10302" />La moitié de la France est en vacances, du coup, on s&#8217;imagine que personne n&#8217;est devant la télé. Alors si vous voulez du cinéma récent, nouveau, exigeant&#8230; passez votre chemin. Abonnez-vous au cinéma de votre quartier, ou aux bouquets cinéma du câble ou du satellite. Parce qu&#8217;entre <em>Le Bossu</em> et une soirée Claude Zidi, cette semaine, ce n&#8217;est pas à la télé qu&#8217;on sera bousculé par un jeune réalisateur inconnu et ambitieux. Estimons-nous heureux, on échappe aux <em>Bronzés font du ski</em>.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Dimanche 3 mars</h4>
<p><em>Le Bossu</em>, d&#8217;André Hunebelle &#8211; 20h45 &#8211; NT1<br />
<em>Comme une image</em>, d&#8217;Agnès Jaoui &#8211; 20h50 &#8211; D8<br />
<em>Madame Bovary</em>, de Vincente Minnelli &#8211; 0h15 &#8211; France 3</p>
<p>Bourvil, Jean Marais, la botte de Nevers, et toute la gloire du film de cape et d&#8217;épée. En revoyant <em>Le Bossu</em>, on peut aussi se demander pourquoi ce genre ne s&#8217;est pas appelé le film de bottes et de bouclettes, et si NT1 ne tente pas de se faire racheter par Lagardère, avec cet appel du pied un peu grossier.</p>
<p>Pas question de bottes et bouclettes dans <em>Comme une image</em>, où les apparences sont tout. Comme d&#8217;habitude, le couple Jaoui-Bacri pointe du doigt les faux-semblants, les bons sentiments de principe en contradiction avec les égoïsmes et préjugés de chacun. Bacri est toujours génial, leurs dialogues toujours percutants. A voir en attendant la sortie imminente de leur dernier film, <em>Au bout du conte</em>. <span id="more-11649"></span></p>
<p>Emma Bovary, c&#8217;est à la fois Flaubert, Isabelle Huppert, Claude Chabrol et, ici, Vincente Minnelli. On s&#8217;y perd un peu à force. Révision pour tout le monde dans Le Cinéma de minuit. Et on n&#8217;oublie pas qu&#8217;il y a le bac à la fin de l&#8217;année.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Lundi 4 mars</h4>
<p><em>SOS Fantômes</em>, d&#8217;Ivan Reitman &#8211; 20h45 &#8211; TMC<br />
<em>SOS Fantômes II</em>, d&#8217;Ivan Reitman &#8211; 22h50 &#8211; TMC<br />
<em>La Cité des jarres</em>, de Baltasar Kormakur &#8211; 22h55 &#8211; Arte</p>
<p>Ce n&#8217;est pas encore aujourd&#8217;hui que TMC se mettra à la VM pour nous proposer de revisiter les années 1980 sous un nouvel œil. Pour ça, on conseille une petite séance de <em>Soyez sympas, rembobinez</em> avant de se replonger avec délectation dans ces histoires de fantômes potaches.</p>
<p>Une fois la nostalgie passée, on se tourne vers un peu d&#8217;angoisse nordique avec <em>La Cité des jarres</em>, adaptation du roman de l&#8217;autre star islandaise, Arnaldur Indridason. Un mélange complexe entre passé et présent, la poursuite d&#8217;un tueur normal par un flic taciturne. Fascinant.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mardi 5 mars</h4>
<p><em>Alice au pays des merveilles</em>, de Tim Burton &#8211; 20h50 &#8211; M6<br />
<em>Edward aux mains d&#8217;argent</em>, de Tim Burton &#8211; 22h45 &#8211; M6</p>
<p>Après le cycle Burton sur Arte en décembre, l&#8217;exposition à la Cinémathèque l&#8217;an dernier, si vous n&#8217;avez pas frôlé l&#8217;overdose, vous pouvez vous amuser à comparer le pire et le meilleur du réalisateur autrefois tellement dérangeant qu&#8217;il s&#8217;est fait virer de Disney, pour finir par y revenir avec sa version d&#8217;<em>Alice au pays des merveilles</em>. Une version un peu consensuelle qui lorgne plus vers l&#8217;heroic fantasy que le conte psychédélique.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mercredi 6 mars</h4>
<p>En ce jour de sorties, allez plutôt au cinéma, et signifiez votre protestation contre une télévision qui donne le choix entre <em>Les Anges gardiens</em> et une chose appelée <em>Le Bêtisier fait du ski</em> en allant voir <a href="/cinema/no-pablo-larrain/" title="No, de Pablo Larrain" target="_blank">No</a>, de Pablo Larrain.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Jeudi 7 mars</h4>
<p><em>L&#8217;Aile ou la cuisse</em>, de Claude Zidi &#8211; 20h45 &#8211; France 3<br />
<em>Les Sous-doués</em>, de Claude Zidi &#8211; 20h45 &#8211; TMC<br />
<em>Les Sous-doués en vacances</em>, de Claude Zidi &#8211; 22h25 &#8211; TMC</p>
<p>Modernité au programme avec, on ne sait pourquoi, une mutualisation des chaînes pour rendre hommage à Claude Zidi. Avec cependant une certaine résonance avec l&#8217;actualité. Diffuser <em>L&#8217;Aile ou la cuisse</em> en plein scandale de la viande de cheval, c&#8217;est ça le service public : France 3 n&#8217;a pas peur de perdre des annonceurs qui tentent coûte que coûte de démontrer que Tricatel, c&#8217;est pas chez eux. Pendant ce temps-là, TMC nargue les jeunes vacanciers en leur rappelant que mine de rien, il y a le bac à la fin de l&#8217;année.</p>
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		<title>Tomi Ungerer sort du grenier</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomi-ungerer-esprit-frappeur-jean-lune-schesch/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Dec 2012 17:59:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[dessin animé]]></category>
		<category><![CDATA[film d'animation]]></category>

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		<description><![CDATA[Tomi Ungerer, auteur de classiques de la littérature jeunesse, a bercé notre enfance, avec ses ogres, ses serpents et ses brigands. A découvrir dans <em>Tomi Ungerer, l'esprit frappeur</em>, et à revoir dans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/ungerer-affiche.jpg" alt="Tomi Ungerer, l&#039;esprit frappeur" title="Tomi Ungerer, l&#039;esprit frappeur" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-10453" /><strong>Il a bercé notre enfance, même si on l&#8217;a parfois oublié, mais Tomi Ungerer n&#8217;est pas seulement cet enchanteur poétique de L&#8217;Ecole des loisirs. A découvrir dans <em>Tomi Ungerer, l&#8217;esprit frappeur</em>, et à revoir dans l&#8217;adaptation de <em>Jean de la Lune</em>.</strong></p>
<p>Tomi Ungerer, auteur de classiques de la littérature jeunesse, a bercé notre enfance, avec ses ogres, ses serpents et ses brigands. Des brigands déjà adaptés avec talent au cinéma en 2007 par l&#8217;Allemand Hayo Freitag. Le réalisateur expliquait alors que Tomi Ungerer avait été difficile à convaincre, tant il n&#8217;aime pas son travail ancien. Le dessinateur polyglotte l&#8217;explique avec infini détail dans le documentaire qui lui est consacré, en salle depuis le 19 décembre, <em>Tomi Ungerer, l&#8217;esprit frappeur</em>. Un documentaire fin et intelligent, où le dessinateur s&#8217;ouvre sur toutes les facettes de son travail et de sa vie : jeune Alsacien sous le joug allemand pendant la guerre puis sous le joug français de l&#8217;après-guerre, ou jeune homme profitant du parfum de liberté new-yorkais des années 1960. Tomi Ungerer raconte. Comme il le faisait dans ses livres. Avec une liberté de ton, une bonne dose d&#8217;humour et une certaine émotion. <span id="more-10449"></span>Alors que sur l&#8217;écran, ses dessins prennent vie avec une animation plutôt enjouée, il explique ses influences et ses ambitions. Et on comprend pourquoi avec lui, la littérature enfantine est drôle et intelligente. On comprend et on découvre aussi. Qu&#8217;il a signé des affiches politiques. Qu&#8217;il a exposé des dessins érotiques. Ce qui lui a valu d&#8217;être banni des bibliothèques américaines, pas fans du mélange des genres. C&#8217;est pourtant ce qui fait son sel. Cette manière de mettre de l&#8217;humour dans le politique, de l&#8217;intelligence dans l&#8217;enfance, et de la poésie dans l&#8217;érotisme. Dans ce documentaire, celui qui avait signé des dessins enfouis dans l&#8217;inconscient de nos mémoires d&#8217;enfants de cinq ans devient un artiste complet. Dessinateur et sculpteur, conteur militant, homme épicurien. A plus de 80 ans, il garde cet œil vif, qui peut parfois se voiler avec émotion, et cette envie de défendre son identité bringuebalée. L&#8217;esprit frappeur de Tomi Ungerer n&#8217;a pas fini de nous hanter.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/ungerer-jean-lune.jpg" alt="Jean de la Lune de Stephan Schesch" title="Jean de la Lune de Stephan Schesch" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-10463" />C&#8217;est malheureusement moins le cas de l&#8217;adaptation de <em>Jean de la Lune</em> par Stephan Schesch, producteur des <em>Trois Brigands</em>, passé réalisateur pour l&#8217;occasion. Si l&#8217;on retrouve les thèmes chers à Tomi Ungerer (l’innocence perdue, la tyrannie et la soumission au pouvoir, l&#8217;importance du regard de l&#8217;enfant) et quelques aphorismes typiques (<em>&#8220;Tout le monde sait d&#8217;où viennent les bébés, mais d&#8217;où viennent les adultes ?&#8221;</em>), la magie n&#8217;opère pas totalement. D&#8217;abord parce que l&#8217;animation, en 2D, est un peu vieillotte. Sans relief, au propre comme au figuré. Ensuite parce que les éléments de modernité rajoutés ça et là (comme un smartphone) jurent avec l&#8217;ambiance générale, clairement ancrée dans les années 1960 avec ce côté un peu psychédélique : un noir profond en contraste avec des couleurs vives, le blanc immaculé de Jean de la Lune, cet ode à la nature quasi rousseauiste. Dommage que la profondeur du propos ne se retrouve pas à l&#8217;image. </p>
<p>&nbsp;<br />
Tomi Ungerer, l&#8217;esprit frappeur <em>de Brad Bernstein, avec Tomi Ungerer, Maurice Sendak, Jules Feiffer… Sortie le 19 décembre 2012.</em><br />
Jean de la Lune <em>de Stephan Schesch, avec Tomi Ungerer, Katharina Thalbach, Michel Dodane, Jean-Yves Chatelais… Sortie 19 décembre 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xvl69h?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
<p>&nbsp;<br />
<center><iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xtdos6?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Rencontre avec Benh Zeitlin</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Sep 2012 06:40:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres & Portraits du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Louisiane]]></category>

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		<description><![CDATA[Après la Caméra d'or au 65e Festival de Cannes, <em>Les Bêtes du sud sauvage</em> reçoit le Grand Prix du Festival de Deauville...  Rencontre avec son tout jeune réalisateur, Benh Zeitlin...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/benh-zeitlin.jpg" alt="Benh Zeitlin à Cannes pour son film Les Bêtes du sud sauvage" title="Benh Zeitlin à Cannes pour son film Les Bêtes du sud sauvage © Léo-Paul Ridet" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-7033" />Déjà récompensé en début d&#8217;année à Sundance, désormais lauréat du Grand Prix du <a href="/pense-bete/festival-cinema-americain-deauville/" target="_blank">38e Festival du film américain de Deauville</a>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/betes-sud-sauvage-benh-zeitlin/" target="_blank">Les Bêtes du sud sauvage</a></em>, premier film de Benh Zeitlin, avait aussi obtenu la Caméra d&#8217;or au <a href="/pense-bete/festival-de-cannes-2012/" target="_blank">Festival de Cannes 2012</a>. C&#8217;est à cette occasion que nous avions rencontré Benh Zeitlin, alors encore dans l&#8217;ombre. Quelques minutes avant la projection officielle du film à Cannes, on n&#8217;en savait rien : aucun dossier de presse disponible, aucune information en français &#8211; ou alors, de mauvaises traductions de quelques sites américains liés à Sundance. On connaissait juste le nom du réalisateur, Benh Zeitlin, celui de sa coscénariste et auteur Lucy Alibar, et une bande-annonce magnifique à l&#8217;inspiration toute malickienne, dans laquelle deux comédiens charismatiques interprètent un père et sa fille : Dwight Henry est Wink, et Quvenzhané Wallis, 9 ans aujourd&#8217;hui, 6 au début du tournage, est Hushpuppy. Dire que Quvenzhané/Hushpuppy est charismatique est encore loin du compte : sitôt la projection terminée, on sait qu&#8217;on tient une œuvre audacieuse et riche, un réalisateur singulier, et une gamine fascinante. D&#8217;où le besoin irrépressible de demander à Benh Zeitlin, tant que le monde ne se l&#8217;arrache pas encore, pourquoi, comment, quand, et qui. <span id="more-7000"></span></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>La Louisiane est-elle pour vous une grande source d’inspiration, comme elle peut l’être en littérature ?</strong></p>
<p><em>Les Bêtes du sud sauvage</em> a vraiment commencé il y a six ans, lorsque je suis allé en Louisiane réaliser un court-métrage <em>[</em>Glory at Sea<em>, ndlr]</em>. Quand je suis rentré à New York, j’ai su que je n’y resterai pas, et j’ai déménagé en Louisiane. J’ai essayé de comprendre ce qui m’attirait autant là-bas, et ce film, c’est comme une chanson d’amour à la Louisiane.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous a fait également tomber amoureux des habitants du Bayou ?</strong></p>
<p>C’est un endroit sauvage, une sorte de frontière avec le reste du pays, et je suis tombé amoureux des gens parce qu’il y a là-bas une liberté liée à l’abandon et à la pauvreté. C’est très unique, et c’est particulier à cet endroit où l’eau et la terre se mêlent, pas comme ici <em>[Benh Zeitlin montre la plage de la Croisette sur laquelle nous nous trouvons, ndlr]</em>, où l’eau marque une limite, mais un endroit où les deux sont imbriqués l’un dans l’autre.<br />
Pour vivre dans de telles conditions, il faut être incroyablement brave, tout le monde dans le bayou a du courage et une immense fierté pour son territoire, qui fait que ses habitants ne le quitteront pas. Les gens qui vivent là-bas y sont implantés et ne vont même jamais jusqu’à traverser le pont du Mississippi.</p>
<p><strong>Les habitants sont-ils oubliés du reste du monde ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/beasts-of-the-southern-wild-affiche.jpg" alt="L&#039;affiche originale des Bêtes du sud sauvage" title="L&#039;affiche originale des Bêtes du sud sauvage" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-7034" />Ils ne le sont pas à ce point dans la réalité. Dans le film, le Bassin mélange plusieurs aspects de la culture louisianaise, qui combine à la fois culture créole, cajun et brésilienne avec celle de la Nouvelle-Orléans. Elles coexistent pleinement dans le Bassin. J’ai été aussi inspiré par l’île de Jean Charles, une communauté d’Amérindiens vivant tout au sud de la Louisiane. La petite route qui mène à l’eau dans <em>Les Bêtes du sud sauvage</em> est inspirée par ce lieu. Dans les années 1960, il y avait deux cents familles à cet endroit, les habitants parlaient français, vivaient en autosuffisance, élevaient du bétail, cultivaient leurs terres. Puis on y a découvert du pétrole, et les industriels ont chassé la population pour s’installer et construire des plateformes pétrolières. Aujourd’hui, la population s’est réduite à une trentaine de familles. Il y a quarante ans cet endroit mesurait environ 16 kilomètres de long, il n’en fait désormais que 5. En à peine plus d’une génération, cette communauté s’est effondrée. Sa culture a aussi été complètement détruite, seuls les grands-parents parlent encore français. Aujourd’hui, la population se bat avec le gouvernement pour récupérer ses terres. Même si le film ne traite pas de ce lieu en particulier, la manière dont le gouvernement a décidé de laisser tomber une population entière en cédant à la pression des industriels m&#8217;a beaucoup influencé. Aujourd’hui, c’est un lieu qui semble rayé de la carte.</p>
<p><strong>Les récents et dramatiques événements en Louisiane – l’ouragan Katrina, la marée noire de BP – ont-ils influencé l’écriture du scénario ?</strong></p>
<p>L’explosion de la plateforme Deepwater Horizon de BP s’est produite le premier jour du tournage <em>[le 20 avril 2010, ndlr]</em>. Nous étions dans la ville la plus proche de la plateforme, et comme plusieurs lieux de tournage allaient peu à peu être envahis par le pétrole, nous avons dû demander à BP la permission de franchir les barrières de protection. Le pétrole se déversait de plus en plus près de nous, comme les aurochs dans le film. Chaque jour on voyait aux informations cette marée noire se rapprocher de l’endroit où nous étions ; donc sans vraiment affecter le script, ça a modifié notre attitude sur le tournage, et ça m’a conforté dans le choix de mon sujet. Je me suis dit que dans la réalité aussi, ce monde était en train de disparaître parce que les institutions l’abandonnaient. Quant à Katrina, ce n&#8217;est pas tant cet ouragan que toutes les tempêtes qui s&#8217;abattent régulièrement dans la région qui y rendent la vie très précaire. J’étais conscient qu’il y avait constamment des ouragans, et que tout peut être balayé d’un coup.</p>
<p style="text-align: center"><a href="/cinema/betes-sud-sauvage-benh-zeitlin/" target="_blank"><strong>&raquo; Lire aussi la critique des <em>Bêtes du sud sauvage</em></strong></a></p>
<p><strong>Cette conscience de la fragilité de la vie donne un sens particulier à la mort chez ses habitants ?</strong></p>
<p>Ca ne signifie pas pour autant que les Louisianais soient suicidaires, mais pour en avoir parlé avec beaucoup de gens, quitter ces lieux et abandonner sa culture serait pire que mourir. On retrouve vraiment cette mentalité là-bas. Les fantômes sont très présents en Louisiane, on sent les gens très proches de l’au-delà. C’est quelque chose qui caractérise cette culture sauvage et sans peur.</p>
<p><strong>La relation entre Hushpuppy et son père est fascinante : il s’agit d’une éducation à la dure, mais en même temps très belle et émouvante&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/dwight-henry.jpg" alt="Dwight Henry, acteur des Bêtes du sud sauvage © Léo-Paul Ridet" title="Dwight Henry, acteur des Bêtes du sud sauvage © Léo-Paul Ridet" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-7010" />Cette relation provient d’une des pièces de ma coscénariste Lucy Alibar, <em>Juicy and Delicious</em>. Elle raconte l’histoire d’un père et de son fils qui vivent seuls dans un ranch un peu fou. C’est une pièce en grande partie autobiographique, Lucy a grandi avec un père dur et sauvage qui se défiait de la science. Lorsqu’il a contracté un cancer, il le voyait comme un démembrement de la réalité, non comme une maladie. Le personnage du père de Hushpuppy est largement inspiré de celui du père de Lucy. C’était le genre de type qui explosait son poing contre un mur quand la passion devenait trop forte, comme Hushpuppy bascule, non pas dans la violence, mais dans son imaginaire lorsque les émotions deviennent trop fortes.</p>
<p><strong><em>Les Bêtes du sud sauvage</em> fait appel à plusieurs mythologies et serait difficile à résumer simplement. Est-ce un conte, de la science-fiction, du fantastique ?</strong></p>
<p>C’est un conte, mais pas un conte de fées. Il n’y a pas réellement de créatures surnaturelles, c’est davantage une histoire à la John Henry <a href="#note">(1)</a>, où des héros folkloriques se retrouvent face à des éléments extraordinaires. Si des moments paraissent fantastiques, c’est que <em>Les Bêtes du sud sauvage</em> est envisagé à travers le regard d’une petite fille de 6 ans, qui perçoit une réalité sans barrières, et je voulais respecter sa vision de la réalité en ne dissociant pas ce qui était réel du fantasme. Si Hushpuppy croit quelque chose, c’est que c’est la réalité. Je ne voulais surtout pas qu’on puisse se dire que c’est l’histoire d’une fille qui traverse une série de désastres. Pour elle, c’est avant tout une aventure mythique, il fallait donc partager ses perceptions.</p>
<p><strong>Quvenzhané Wallis, qui incarne Hushpuppy, est surprenante. Est-ce difficile de diriger une petite fille de 6 ans ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/quvenzhane-wallis.jpg" alt="Quvenzhané Wallis aka Hushpuppy, actrice des Bêtes du sud sauvage" title="Quvenzhané Wallis aka Hushpuppy, actrice des Bêtes du sud sauvage © Léo-Paul Ridet" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-7035" />On savait d’avance que ce serait très difficile de trouver la comédienne. On a fait des castings à travers toute la Louisiane, on a auditionné entre 3500 et 4000 enfants. La première audition de Quvenzhané Wallis n’a pas été une véritable révélation, mais la petite fille est revenue pour une seconde audition, comme une vingtaine d’autres enfants. Dès qu’elle est arrivée, j’ai su qu’elle était différente. Elle n’avait pas besoin de parler, elle faisait passer des émotions par ses yeux, ce qui est très rare : en général lorsque les enfants ont fini de dire leur répliques ils redeviennent eux-mêmes, alors que Quvenzhané a su intérioriser son personnage. Elle est pleine d’énergie, très intelligente, c’est une actrice-née. Aucun des acteurs du film n’est professionnel. Pour les autres acteurs, jouer n’était pas naturel, mais jouer avec elle était pour moi aussi simple que de jouer avec un acteur professionnel. Elle savait immédiatement si son jeu était bon, s’il fallait rejouer la scène ou non. Elle a même collaboré avec moi en changeant certains dialogues, pour qu’on retrouve de véritables paroles d’enfant. On est devenus très amis, et notre duo de travail fonctionnait parfaitement. On a créé son personnage ensemble.</p>
<p><strong>Certaines séquences étaient improvisées ?</strong></p>
<p>Pendant les répétitions, on a laissé beaucoup de place à l’improvisation afin d’adapter le script à la nature des comédiens. L’écriture a évolué pour que le film soit plus authentique. Les dialogues que j’avais imaginés au départ étaient trop longs, il fallait utiliser le langage des comédiens, c’est pourquoi nous avons modifié les dialogues tout au long du tournage. Quvenzhané venait parfois avec moi relire le script et modifiait certains passages qui ne lui semblaient pas naturels, ce qui lui a permis de mieux mémoriser les dialogues. Une seule scène a été véritablement improvisée, celle où Wink et Hushpuppy pêchent avec la main. La séquence a pris seulement dix minutes pour être tournée. Nous avions simplement amené un poisson vivant et je leur avais précisé de ne pas s’occuper des dialogues. La séquence qu’on voit dans le film est la première prise. On voit bien à ce moment-là comment Quvenzhané Wallis a gagné en maturité en tant qu’actrice, de la même manière qu’Hushpuppy gagne en maturité dans le film.</p>
<p><strong><em>Les Bêtes du sud sauvage</em> est un film étrange – dans une acception positive –, avec des expérimentations narratives et visuelles : c’est un pari risqué pour un premier film. Vous attendiez-vous à rencontrer un tel succès ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/betes-sud-sauvage-hushpuppy.jpg" alt="Hushpuppy dans Les Bêtes du sud sauvage, de Benh Zeitlin" title="Hushpuppy dans Les Bêtes du sud sauvage, de Benh Zeitlin" width="280" height="204" class="alignleft size-full wp-image-7039" />Pas du tout ! C’est vrai qu’on ne peut pas raconter l’histoire en deux lignes, ce qui ne donne pas une image précise du film, donc je pensais que ce serait trop complexe pour le public. Beaucoup de raisons me faisaient penser que le grand public ne s’intéresserait pas du tout à ce film. Je suis très heureux qu’il y ait cet accueil chaleureux, car je tenais à ce que <em>Les Bêtes du sud sauvage</em> soit un film populaire, un film qui puisse être vu par tous. Comme un Disney des années 1970. L’histoire devait être fidèle à la poésie et au lyrisme de l’enfance incarnée par Hushpuppy, et exprimer de manière organique l’imaginaire du personnage. Malgré les aspects non conventionnels des <em>Bêtes du film sauvage</em>, je voulais véritablement réaliser un conte folk.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
<p><a name="note"></a><br />
<em>(1) John Henry est un héros du folklore américain. La légende raconte que John Henry, ouvrier des Chemins de fer, défia le marteau à vapeur qui commençait à priver les creuseurs de montagne de leur emploi. Victorieux mais éreinté, il mourut d&#8217;une crise cardiaque et devint le symbole des travailleurs.</em></p>
<p>Les Bêtes du sud sauvage<em> de Benh Zeitlin, avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly, Lowell Landes, Pamela Harper, Gina Montana, Amber Henry&#8230; Etats-Unis, 2011. Sortie le 12 décembre 2012. En sélection Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes.</em></p>
<p style="font-size:90%"><em>Merci à AP pour sa précieuse collaboration linguistique.</em></p>
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		<title>Blanche Neige et le chasseur, de Rupert Sanders</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jul 2012 11:36:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nomes Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>

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		<description><![CDATA[Blanche Neige et le chasseur était attendu depuis longtemps ; les premières images du film circulaient bien avant celles de Blanche Neige, pourtant sorti plusieurs semaines plus tôt. On était...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/07/blanche-neige-kristen-stewart.jpg" alt="Kristen Stewart dans Blanche Neige et le chasseur" title="Kristen Stewart dans Blanche Neige et le chasseur" width="280" height="140" class="alignleft size-full wp-image-8913" /><em>Blanche Neige et le chasseur</em> était attendu depuis longtemps ; les premières images du film circulaient bien avant celles de <em>Blanche Neige</em>, pourtant sorti plusieurs semaines plus tôt. On était donc en droit d’attendre un très bon film d’action, une belle photographie, et surtout, un scénario haletant !</p>
<p><em>&raquo; Lire la suite sur <a href="http://blog.nomesdesign.com/2012/07/10/blanche-neige-et-le-chasseur-vs-la-part-des-anges/" target="_blank" class="broken_link">Nomes Design</a></em></p>
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