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	<title>Grand Écart &#187; Chili</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>La Fiancée du désert, de Cecilia Atan et Valeria Pivato</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 12:03:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la section Un Certain Regard]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
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		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[On a tous entendu parler de cet ami d&#8217;ami qui a changé de vie. Uberisation et crise économique ont posé les jalons de ces alternatives de plus en plus fréquentes....]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/fiancee-desert-cecilia-atan-valeria-pivato.jpg" alt="La Fiancée du désert, de Cecilia Atan et Valeria Pivato" width="200" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25523" />On a tous entendu parler de cet ami d&#8217;ami qui a changé de vie. Uberisation et crise économique ont posé les jalons de ces alternatives de plus en plus fréquentes. Un licenciement, un déménagement, une passion, un besoin de voir ailleurs, de suivre l&#8217;autre, un travail ou une organisation qui a du sens à l&#8217;autre bout du monde. Les raisons ne manquent pas de prendre un nouveau départ. Mais il y a toujours une constante : il est communément admis que pour changer son destin, on se doit d&#8217;être jeune. Ne pas avoir d&#8217;enfant, être éligible à l&#8217;apprentissage d&#8217;un nouveau métier, pouvoir obtenir un visa longue durée&#8230; Les deux réalisatrices Cecilia Atan et Valeria Pivato prouve pourtant le contraire. Pied de nez aux conventions et à une société qui oublie ses vieux, <em>La Fiancée du désert</em> raconte l&#8217;histoire de Teresa, 54 ans, ayant travaillé toute sa vie pour la même famille. A la mort de la doyenne, Teresa est obligée d&#8217;accepter un autre poste loin de chez elle, à Buenos Aires. La longue route la mène près d&#8217;un sanctuaire où des milliers de pèlerins se pressent chaque année pour quémander un petit miracle. Elle, elle y perd son sac et demande de l&#8217;aide au Gringo, vendeur ambulant de tout et de rien qui roule sa bosse un peu partout. L&#8217;homme propose d&#8217;emmener Teresa à destination et la confronte à tout ce que sa famille patronale lui a interdit : la femme va se frotter à une nouvelle existence et découvrir que l&#8217;inconnu n&#8217;est pas forcément terrifiant. <span id="more-25520"></span>Elle découvre l&#8217;immensité du désert argentin et va apprendre à l&#8217;apprivoiser pour en faire un compagnon de sa liberté gagnée. Une quête de sens portée par l&#8217;actrice Paulina Garcia, la cinquantaine fière et fraîche qu&#8217;on suit avec intérêt malgré l&#8217;insistance des réalisatrices à utiliser des effets de flou pour rappeler au spectateur que la visibilité est limitée.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Fiancée du désert <em>(La Novia del desierto) de Cecilia Atan et Valeria Pivato, avec Pauline Garcia&#8230; Argentine, Chili, 2017. Présenté en sélection Un Certain Regard au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Niels Schneider et Cristian Jimenez</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jul 2016 14:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Chronique d'une famille dysfonctionnelle depuis le départ inopiné du père, <em>Voix off</em> est une comédie chilienne joyeusement foutraque qui lorgne du côté du cinéma européen. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/voix-off-cristian-jimenez-affiche.jpg" alt="Voix off, de Cristian Jimenez" title="Voix off, de Cristian Jimenez" width="187" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24431" />Chronique d&#8217;une famille dysfonctionnelle depuis le départ inopiné du père, <em>Voix off</em> est une comédie chilienne joyeusement foutraque qui lorgne du côté du cinéma européen. Nous avons rencontré le réalisateur Cristian Jimenez et le comédien Niels Schneider, caution francophone (mais en espagnol) dans un second rôle touchant et imprévisible.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Cristian Jimenez :</strong> Alors, tu as vu le film finalement ?</p>
<p><strong>Niels Schneider :</strong> Oui, j&#8217;ai acheté un grand projecteur, c&#8217;est comme si je l&#8217;avais vu au cinéma !</p>
<p><strong>Alors, votre réaction, Niels ? </strong></p>
<p><strong>NS :</strong> J&#8217;ai adoré ! Quand je suis arrivé sur ce film, j&#8217;étais comme mon personnage, je ne comprenais rien ! Surtout que les acteurs improvisaient tout le temps. Mais j&#8217;ai vraiment aimé le rythme singulier. C&#8217;est un film à la fois léger et profond, on s&#8217;attache aux personnages qui ont tous une réelle dimension, aucun n&#8217;est sacrifié.</p>
<p><strong>CJ :</strong> Tu étais vraiment dans la situation du personnage&#8230;</p>
<p><strong>NS :</strong> Complètement ! </p>
<p><strong>CJ :</strong> Je te regardais un peu de l&#8217;extérieur et j&#8217;ai vu des choses que tu ne voyais pas forcément car tu étais dans l&#8217;action, tout en ayant des moments de lucidité extrêmes sur ce que tu étais en train de faire.</p>
<p><strong>NS :</strong> Exactement. C&#8217;est drôle, car sur le tournage, j&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;être le confident des autres comédiens. Comme Antoine <em>[le personnage joué par Niels, ndlr]</em> peut l&#8217;être de tous les personnages. <span id="more-24428"></span></p>
<p><strong>On est d&#8217;ailleurs aussi, en tant que spectateur, un peu désarçonné. Le film a une narration particulière, sans que les ellipses ne soient annoncées, sans unité de temps. On est directement avec cette famille&#8230;</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Oui, on plonge dans le film sans faire les présentations. Je voulais faire des ellipses tout en gardant la sensation d&#8217;un temps serré. Au début, c&#8217;est Noël et à la fin, c&#8217;est l&#8217;été, mais entre les deux, le moment où l&#8217;on se trouve n&#8217;est jamais précisé. Ce qui peut être étonnant pour un public européen, c&#8217;est que Noël chez nous, au Chili, c&#8217;est en été. </p>
<p><strong>Votre film, c&#8217;est un peu <em>Tout sur mon père</em>&#8230;</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Un ami m&#8217;a fait cette blague, mais c&#8217;est vrai que le père dans le film ne prend pas beaucoup de temps à l&#8217;écran, il est comme un fantôme dont on parle tout le temps, qui est l&#8217;objet de rumeurs, il bouche les éléments dramatiques de l&#8217;histoire. Il a une présence forte en conséquence de son absence. C&#8217;est tellement chilien ! On a toujours l&#8217;impression d&#8217;une absence dans les familles. </p>
<p><strong>C&#8217;est ce que vous vouliez démontrer ? L&#8217;absence du père ?</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Je voulais parler d&#8217;un film qui avait pour titre <em>Voix off</em>, je voulais que les sons soient au centre. Je ne commence pas le scénario par une interprétation, une démonstration. Je me suis juste basé sur ce que j&#8217;ai pu entendre ici ou là, même si l&#8217;absence du père, oui, c&#8217;est très chilien. </p>
<p><strong>Ce qui fonctionne dans le film, c&#8217;est l&#8217;alchimie entre les deux comédiennes qui interprètent ces deux sœurs, à la fois proches et distantes l&#8217;une de l&#8217;autre&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/voix-off-ingrid-isensee.jpg" alt="Voix off, de Cristian Jimenez" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-24432" /><strong>CJ :</strong> J&#8217;adore ces deux comédiennes. Je n&#8217;avais jamais avant travaillé avec Maria José Siebald, qui est aussi danseuse et fait des performances. Ingrid Isensee, par contre, c&#8217;est mon ex-femme, je la connais donc très bien et j&#8217;aimais cette combinaison et ces différences entre les deux, qui est à la fois très forte et tellement improbable. On a commencé par les scènes de match de tennis entre elles et c&#8217;est là que leur relation a commencé à se construire, entre complicité et compétitivité. </p>
<p><strong>Niels parlait tout à l&#8217;heure d&#8217;improvisations sur le plateau&#8230;</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Oui, il y en avait. Même si on avait un scénario avec des scènes très écrites et dialoguées. </p>
<p><strong>NS :</strong> Tu m&#8217;avais même dit : &#8220;N&#8217;apprends pas !&#8221; Mais deux-trois heures avant une scène, parfois, je te voyais t&#8217;enregistrer sur un magnétophone&#8230;</p>
<p><strong>CJ :</strong> Oui, je prenais ainsi des notes que je partageais avec les comédiens. Il y avait des dialogues qu&#8217;il fallait apprendre par cœur, mais je regardais aussi ce qui se passait autour, je laissais une certaine liberté. Je voulais capturer une sensation familiale, c&#8217;était ça le plus important. </p>
<p><strong>Il y a un personnage français dans le film ; vous-même parlez notre langue. Cristian, vous semblez avoir une belle relation avec la France ?</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Cela fait huit ans que je passe du temps dans votre pays. Je voulais montrer une famille chilienne qui vit dans un certain milieu intellectuel et où il est normal que les enfants partent faire des études dans un autre pays. Je voulais donc un personnage qui vive ailleurs et qui reviendrait dans son pays natal. </p>
<p><strong>Et vous avez pensé tout de suite à Niels pour incarner Antoine ?</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> On s&#8217;était rencontré à Cannes il y a quelques années&#8230;</p>
<p><strong>NS :</strong> Et on a plein d&#8217;amis en commun. </p>
<p><strong>CJ :</strong> J&#8217;avais en tête un personnage plus jeune que celui d&#8217;Ana pour incarner son mari, pour que ce ne soit pas un couple évident, que les spectateurs se demandent pourquoi ils sont ensemble. Ce qui crée un peu de mystère autour de ce couple. </p>
<p><strong>Ce n&#8217;était pas compliqué, Niels, d&#8217;avoir un tel rôle en espagnol ?</strong></p>
<p><strong>NS :</strong> On s&#8217;en est parlé longuement avec Cristian. Quand j&#8217;ai reçu le scénario, en français, il y avait quelque chose qui me plaisait dans ce personnage d&#8217;Antoine, j&#8217;aimais le ton qui se dégageait du film, comme un écho avec le cinéma de Woody Allen, car Cristian aborde des choses profondes avec beaucoup de légèreté. J&#8217;aime ses dialogues en moulins à paroles dans lesquels il faut détisser les choses. Il y a quelque chose de très beau là-dedans et mon personnage, je le trouvais assez émouvant, par sa présence un peu enfantine dans cette famille. Et jouer en espagnol, c&#8217;est une liberté, on ne contrôle pas ce qu&#8217;on fait, c&#8217;est agréable car il y a un total lâcher-prise. Ca donne de la spontanéité. </p>
<p><strong>CJ :</strong> Ce qu&#8217;il y avait d&#8217;intéressant, c&#8217;est qu&#8217;Antoine peut aussi se montrer assez violent&#8230;</p>
<p><strong>NS :</strong> C&#8217;est vrai ! Il est imprévisible.</p>
<p><strong>CJ :</strong> Je voulais qu&#8217;Antoine, qui paraît si doux, puisse passer comme ça dans un état d&#8217;ultraviolence soudaine. Il y a une scène coupée où il s&#8217;énerve pour une histoire de cadeau&#8230;</p>
<p><strong>NS :</strong> Pourquoi tu l&#8217;as coupée ?</p>
<p><strong>CJ :</strong> Pour la bonne longueur du film. Même si j&#8217;aimais bien cette scène. C&#8217;est ça, le montage : sacrifier des choses qu&#8217;on apprécie&#8230; </p>
<p><strong>NS :</strong> Je voulais absolument faire ce film, parce que j&#8217;aime ce que fait Cristian, qu&#8217;il fallait partir trois semaines au Chili sans savoir exactement ce que j&#8217;allais faire ou dire. C&#8217;était assez vertigineux et tellement improbable !</p>
<p><strong>Antoine est d&#8217;ailleurs le lien entre tous les personnages, une sorte de tampon pour eux&#8230;</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> C&#8217;est aussi parce qu&#8217;on ne sait pas ce qui s&#8217;est passé entre les deux filles et leur mère avant. Lui, il arrive dans cette famille, il a un regard un peu naïf sur elle. Il ne comprend pas pourquoi sa femme et sa belle-sœur sont énervées contre leur mère, parce que lui, il la trouve chouette, ne la connaissant pas vraiment. Il devient son confident. Il ne juge pas. Les relations entre les personnages sont parfois un peu violentes, mais ça fait partie des familles en général. C&#8217;est pour ça que je voulais commencer le film par un accouchement, parce que c&#8217;est le début d&#8217;une famille et qu&#8217;en même temps, il y a une certaine violence.</p>
<p><strong>Comment s&#8217;est passée cette scène justement, qui est aussi drôle également ?</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Oui, on a introduit de l&#8217;humour parce que la mère qui regarde l&#8217;accouchement de sa fille se demande qui tient la caméra et pourquoi elle n&#8217;a pas été conviée. C&#8217;est une vraie scène d&#8217;accouchement qu&#8217;on a trouvée et on a filmé tout ce qu&#8217;il y a autour avec une caméra similaire pour donner l&#8217;illusion que c&#8217;est ce que vivent les personnages. </p>
<p><strong>Cristian, vous qui vivez maintenant en Europe, quel regard avez-vous sur le cinéma chilien actuel ?</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> Le cinéma chilien est dans un moment intéressant, fort et dans la diversité. Cela fait dix ans qu&#8217;il retrouve de la vitalité, il y a plusieurs générations qui tournent en même temps. Je suis content de faire partie de ce mouvement encore jeune et je pense que le meilleur est à venir. </p>
<p><strong>Vous allez réaliser un film en France et en français&#8230;</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> J&#8217;ai fait un autre film au Chili depuis <em>Voix off</em>, mais là j&#8217;ai envie de me lancer ici. Je n&#8217;ai pas de stratégie particulière. Je pense qu&#8217;on peut faire des films n&#8217;importe où.</p>
<p><strong>Et quel regard portez-vous sur le cinéma français ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/07/cristian-jimenez-niels-schneider-2.jpg" alt="Cristian Jimenez et Niels Schneider" width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-24433" /><strong>CJ :</strong> Au Chili, il n&#8217;y avait pas vraiment de cinéma à cause de la dictature. On est dans l&#8217;adolescence du cinéma chilien. Alors que le cinéma français est tellement fort, c&#8217;est une référence, il y a une vraie tradition. Nous, on ose peut-être faire des choses différentes car nous ne sommes pas issus d&#8217;une telle tradition ancestrale. On fait un peu le Far West du côté créatif. </p>
<p><strong><em>Voix off</em> a été produit en partie par Julie Gayet. Comment l&#8217;avez-vous rencontrée ?</strong></p>
<p><strong>CJ :</strong> A Tokyo, dans un festival, il y a sept ans. J&#8217;y étais pour mon premier film, Julie elle, c&#8217;était pour <em>8 fois debout</em> et elle avait remporté le prix d&#8217;interprétation féminine. On est devenus amis. Et elle a fini par produire mon second film et celui-ci. </p>
<p>&nbsp;<br />
Voix off <em>de Cristian Jimenez, avec Ingrid Isensee, Niels Schneider, María José Siebald, Paulina García&#8230; Chili, France, 2014. Sortie le 29 juin 2016.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Brontis Jodorowsky</title>
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		<pubDate>Tue, 17 May 2016 06:26:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 69e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
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		<category><![CDATA[Alejandro Jodorowsky]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>Poesia sin fin</em> marque la huitième collaboration entre le maître Alejandro Jodorowsky et son fils Brontis. Un film apaisé où Alejandro se réconcilie avec son propre père...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un Jodorowsky peut en cacher un autre</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/brontis-jodorowsky-poesia-sin-fin-1.jpg" alt="Brontis Jodorowsky" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23872" /><em>Poesia sin fin</em> marque la huitième collaboration entre le maître <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/alejandro-jodorowsky-par-philippe-rouyer-danza-realidad-santa-sangre/" title="Alejandro Jodorowsky vu par Philippe Rouyer">Alejandro Jodorowsky</a> et son fils Brontis. Un film apaisé où Alejandro se réconcilie avec son propre père, interprété justement par Brontis. Le réalisateur d’<em>El Topo</em> et de <em>La Montagne sacrée</em> qui transpire autant la poésie que l’art, ne pouvait qu’engendrer de l’artistique lui-même. Brontis Jodorowsky est devenu comédien et metteur en scène, avec son propre univers qu’il nous invite à explorer. Tout en parlant d’Alejandro, qui n’est jamais bien loin…</p>
<p><strong>Dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/danse-realite-alejandro-jodorowsky/" title="La Danse de la réalité, de Alejandro Jodorowsky">La Danza de la realidad</a></em> et <em>Poesia sin fin</em>, vous jouez le rôle du père de votre père. Comment passe-t-on de fils à père ?</strong></p>
<p>J’ai simplement revêtu un costume et plongé dans les situations, car je suis un acteur. Vous savez, j’ai beaucoup travaillé avec d’autres metteurs en scène que mon père. Pour <em>La Danza de la realidad</em>, il m’avait dit de bien me préparer, car j’allais incarner mon grand-père. Je lui ai dit qu&#8217;en réalité je n&#8217;allais pas devenir cette autre personne que je n&#8217;avais jamais connue, sinon que, que j’allais plutôt incarner le personnage de son scénario. Le cinéma est un artisanat très lourd, avec de nombreuses personnes impliquées sur le tournage, beaucoup d’argent investi, donc on ne peut pas être dans le psychologique, les rapports au père. On fait simplement ce qu’on a à faire. L’effet psychologique, par contre, d’incarner un tel rôle, ça a commencé pour Alejandro et moi à la projection du film il y a deux ans, à la Quinzaine des réalisateurs, au moment où le film était enfin livré au monde, devenait lui-même. Nous commencions enfin à le percevoir avec du recul. <span id="more-23870"></span></p>
<p><strong>Comment interprétez-vous la scène où votre fils vous rase la tête ?</strong></p>
<p>C’est une scène dont on me parle beaucoup. Il y a quelque chose qui touche, mais qui n’est pas simple à expliquer. Le fils enlève les attributs d’identité à son père. Il libère son père de l’image que lui, le fils, se fait de son père. La mémoire est toujours une fiction. Ce qu’Alejandro montre de son père dans <em>La Danza de la realidad</em> et <em>Poesia sin fin</em>, c’est la vision qu’il en a, faite d’éléments réels, de ressentis et de ressentiments. C’est donc un regard porté. Alejandro réinvente sa mémoire pour pouvoir travailler avec. Il en a le droit, car tout souvenir que l’on a est en partie faussé, de toute manière. C&#8217;est toujours le reflet d&#8217;un point de vue sur les choses : quand tu as cinq ans, tu vois ta mère comme une femme grande et surpuissante et quand tu arrives à dix-huit ans, tu t’aperçois que non, qu&#8217;elle mesure 1,60 mètre et qu&#8217;elle se débat comme elle peut avec la vie ; ton regard a changé. C’est la même personne pourtant. Je pense que ça a été très libérateur pour Alejandro, car tondre quelqu’un, c’est très violent. Il avait le sentiment que son père voulait lui voler sa vie et, même si c’est de l’ordre du fantasme, il avait besoin de lui rendre cette violence avant de le pardonner. Mais quand il lui tond sa moustache et ses cheveux, il se dit à lui-même : « Cesse de voir ton père comme ça. » Ce n’est pas tuer le père, mais l&#8217;accepter enfin avec ses qualités et ses limites et se libérer du ressentiment.</p>
<p><strong>Dans <em>Poesia sin fin</em>, votre père vous dirige, vous jouez avec votre frère Adan, il y a quelque chose de sécurisant de travailler ainsi en famille ?</strong></p>
<p>Je ne dirais pas sécurisant, car les enjeux sont très forts pour Alejandro que de faire reposer le film sur les épaules de ses fils, moi dans <em>La Danza de la realidad</em> et mon frère Adan dans <em>Poesia sin fin</em>. C’est un gros risque pour lui. On aurait pu ne pas être en cohérence avec ce projet. Mais on se connaît et on s’apprécie artistiquement. En tant qu’artiste moi-même, j’aime beaucoup l’univers de mon père et je le respecte énormément. Tout comme j’admire beaucoup mon frère qui a aussi composé la musique de <em>Poesia sin fin</em> qui apporte tant au film.</p>
<p><strong>On peut imaginer que grandir avec Jodorowsky peut aider à se découvrir une vocation artistique…</strong></p>
<p>En fait, ça s’est trouvé comme ça, car Alejandro n’a poussé aucun de ses enfants à devenir artiste, même si chacun s’est épanoui dans son domaine, s’est développé avec une forme de rigueur et d’ambition artistiques et qu’ensemble, tout fonctionne bien, comme un orchestre. Alejandro aime aussi travailler avec nous, car il n’aime pas le faire avec des stars, il fuit le star-system et je le comprends. D’un autre côté, je crois qu’il s’est dit qu’avec nous, il avait un matériau sous la main ! Les liens familiaux ne doivent obliger à rien. A la base, je voulais être vétérinaire ou pilote d’avion, mais ça m’est passé quand j’ai compris que c’était sensiblement pareil qu’être chauffeur de bus. Puis, j’ai fait une fac de psycho et je suis arrivé au théâtre par hasard. Quand j’ai dit à mon père que j’arrêtais la fac pour être sur scène, il m’a dit de faire ce que je voulais. Il ne m’a ni encouragé, ni découragé, il m’a laissé entièrement libre de mon choix. J’ai fait mon parcours d’acteur pendant une vingtaine d’années au théâtre, tout seul. Le nom de mon père ne m’a jamais aidé. Maintenant, il est reconnu, mais avant, c’était difficile pour lui. C’est pour ça qu’il s’est tourné vers la bande dessinée. Quand j’ai fait du théâtre pendant sept ans avec Ariane Mnouchkine, le nom de Jodorowsky ne l’a pas impressionnée ! J’ai recommencé à travailler avec lui quand j’avais 48 ans, parce qu’il était venu me voir au théâtre et avait adoré ce que j’avais fait. On a collaboré ensemble sur trois pièces de théâtre, dont <em>Le Gorille</em>, que je reprends cet été dans le festival off d&#8217;Avignon, et c’était un vrai désir mutuel. </p>
<p><strong>Vous pouvez donc lui dire que tel rôle qu’il vous donne ne vous intéresse pas…</strong></p>
<p>Absolument ! Je pourrai lui faire comprendre qu’il n’a pas besoin de moi pour ce rôle-ci ou celui-là, mais ce n&#8217;est jamais arrivé car il m&#8217;a toujours proposé une véritable aventure artistique. Autre exemple, j’ai une nièce qui était adolescente à l’époque et qui a refusé un second rôle qu’il lui offrait parce qu’il fallait partir tourner pendant deux mois au Chili et qu&#8217;elle sentait que ce serait trop long pour elle.</p>
<p><strong>Combien de temps a duré le tournage de <em>Poesia sin fin</em> ?</strong></p>
<p>Huit semaines. La préparation du film elle-même a été très rapide aussi, pendant deux mois, car il y avait très peu d’argent au départ. Ils ont commencé sans avoir le budget. Alejandro s’est dit qu’il irait jusqu’où il pouvait, ce qui fait partie de sa fantaisie. Il voulait même terminer le film en plan fixe, avec lui-même racontant la fin si on n’avait pas le budget d’ici là, dans un esprit brechtien. La préparation a été si courte que parfois, on jouait avec des costumes terminés d’être cousus quelques secondes avant la scène ! Heureusement, le budget s’est complété avec le crowfunding et un producteur s’est greffé à la toute fin, ainsi que Le Pacte.</p>
<p><strong>Vous avez joué avec de nombreux metteurs en scène. Le travail avec eux est-il différent que celui d’avec votre père ?</strong></p>
<p>Chaque metteur en scène est unique et à chaque fois, c’est une aventure différente. Il n’y a pas de règle, l’art est réfractaire au dogme. Il faut que ce soit une rencontre, que l’autre vienne vers toi et toi vers lui. En général, pour moi, ce qui prime, c’est l’œuvre. J’essaie d’éviter l’ego. Je suis un acteur très discipliné. Quand un réalisateur vient me diriger et m’indiquer ce que je dois faire, ça ne me pose aucun problème. Car certains n’aiment d’ailleurs pas que l’on propose des choses. Le bon réalisateur donne l’impression aux acteurs que c’est eux qui ont tout trouvé. Le bon acteur, lui, donne l’impression au réalisateur qu’il lui doit tout… Quand tous les deux sont bons, alors les choses surgissent d&#8217;elles-mêmes, dans l&#8217;amour porté à l’œuvre. La différence avec Alejandro, c’est qu’on se connaît, on s’est pratiqué depuis que je suis enfant, qu’on adore tout ce qui est poétique et métaphorique et qu’on se fait entièrement confiance. Quand je démarre un film avec lui, je sais qu’il sera beau et qu’à l’intérieur de son univers, je pourrai composer mon personnage. </p>
<p><strong>Aimeriez-vous réaliser à votre tour ?</strong></p>
<p>Oui, ça me démange. J’ai mis en scène des pièces de théâtre et trois opéras, mais je sais que réaliser un film, c’est très différent. Quand j’ai mis en scène des opéras, je me suis vraiment senti à ma place, j’arrivais à proposer une vision dans laquelle les artistes pouvaient bouger et ils y prenaient beaucoup de plaisir. Ils pouvaient être eux-mêmes à l’intérieur d’un univers. Et puis, j’aimerais réaliser car la condition de l&#8217;acteur est en quelque sorte misérable : on est tributaire du désir des autres. Il faut être désiré pour devenir aimant. La chose la plus difficile au monde est d’ailleurs de dire à quelqu’un « je t’aime ». On devient vulnérable, c’est une marque de confiance énorme. Etre simplement acteur, c’est très difficile, très angoissant. </p>
<p><strong>Alejandro Jodorowsky a dit que <em>Poesia sin fin</em> était un « acte poétique ». Etes-vous d’accord avec cette définition ?</strong></p>
<p>Oui. Il cherche en tout cas à porter la poésie à l’écran. C’est la première fois que j’entends des poèmes déclamés dans un film qui paraissent naturels, comme dans les films de Jacques Demy où les personnages chantent. Ca passe très bien. J’ai vu dernièrement des films français où il s’agissait simplement de filmer un scénario. Qu’on l’aime ou non, quoi qu’on en pense, le cinéma de mon père est celui de quelqu’un qui cherche une expression purement cinématographique très visuelle, avec des couleurs, des compositions, une expressivité des corps,où chaque image est une proposition poétique. Après, est-ce que c’est un bon ou un mauvais poème, un poème qui touche ou non, c’est à chacun de le dire selon son ressenti. Dans la famille, on s&#8217;est toujours dit &#8220;un poème par jour&#8221; ; une activité qui ne sert à rien&#8230; à part polir son âme.</p>
<p><strong>Après tout ce travail opéré avec votre père, arrive-t-il encore à vous surprendre et vous-même, le surprenez-vous ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/poesia-sin-fin-alejandro-jodorowsky-affiche.jpg" alt="Poesia sin fin, d&#039;Alejandro Jodorowsky" width="198" height="280" class="alignright size-full wp-image-23874" />Je ne peux pas répondre pour lui, mais d’une certaine manière, non. Mais ça ne veut pas dire que je sois blasé. C’est un jardin dans lequel j’ai grandi et où j’ai toujours plaisir à me promener. A chaque saison, ça fleurit et c’est beau. Si je ne suis pas surpris, je garde intacte ma capacité d’émerveillement.</p>
<p><strong>Et en tant que spectateur, comment percevez-vous l’évolution des films de votre père ?</strong></p>
<p>Je trouve qu’il va de la frustration à une expression plus apaisée. Dans <em>El Topo</em> par exemple, ça crie tout le temps. C’est le film d’un échec. Il y a deux parties dans le film et à chaque fois ça se termine par un échec. Il y exprimait son désespoir, confrontation avec ses limites et ses efforts désespérés pour les dépasser. Alors que dans ses derniers films, il n’y a plus de désespoir. Il ne se bat plus <em>contre</em> le monde, mais <em>pour</em> le monde. Pour résumer, je dirais qu&#8217;Alejandro est passé d’une recherche mentale à une recherche émotionnelle. </p>
<p>&nbsp;<br />
Poesia sin fin <em>de et avec Alejandro Jodorowsky, avec aussi Adan Jodorowsky, Brontis Jodorowsky, Pamela Flores, Leandro Taub… France, Chili, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016.</em></p>
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		<title>Neruda, de Pablo Larrain</title>
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		<pubDate>Sat, 14 May 2016 05:12:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>

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		<description><![CDATA[Pablo par Pablo - Comment retranscrire la vie de Pablo Neruda ? Voilà la question existentielle qu’a dû longuement se poser Pablo Larrain avant de commencer sa nouvelle adaptation...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Pablo par Pablo</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/neruda-pablo-larrain-gael-garcia-bernal.jpg" alt="Neruda, de Pablo Larrain" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-23712" />Comment retranscrire la vie de Pablo Neruda ? Voilà la question existentielle qu’a dû longuement se poser Pablo Larrain avant de commencer sa nouvelle adaptation de faits réels, après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/no-pablo-larrain/" title="No, de Pablo Larrain">No</a></em> et <em>El Club</em>. Par le biais d’un biopic traditionnel ? En y injectant de la fiction ? Et devait-il axer sur l’homme, le poète ou le sénateur ? Sur sa grandeur ou sa décadence ? Ses amours tumultueuses ou ses amitiés communistes ? S’attaquer à un tel monument ne s’improvise pas. Alors, c’est à un heureux mélange de chacun de ces ingrédients que l’on assiste dans <em>Neruda</em>. Pablo politique s’enflamme, Pablo poète déclame. Pablo aime (sa femme, certes, mais aussi toutes les autres). Pablo sème : ses vers à tout-va ; ses idées aussi, qui se répandent à travers le Chili ; ses poursuivants toujours en retard. Car c’est à un jeu du chat et de la souris que le grand homme se livre. Déchu, le voici en cavale, caché, grimé, en voiture, en bateau, par monts et par vaux, à cheval sous la neige. Et surtout, dans son ombre, de près et de loin, un commissaire fictif imbu de lui-même, grotesque et ambitieux, qui se rêverait autre chose qu’un personnage issu de l’imagination fertile du poète. Les deux personnages soliloquent, se répondent, s’interpellent, sans jamais se rencontrer réellement. Ils sont le clown blanc et le clown triste l’un de l’autre. Sans Pablo Neruda, point d’Oscar Peluchonneau. <span id="more-23710"></span></p>
<p>En trait d’union entre les deux, Delia, l’épouse artiste, l’amoureuse, la sacrifiée. La fascinée, surtout. Par son Pablo version dramaturge, tandis qu’elle exècre les contradictions politiques de l’autre Pablo, coincé entre ses idéaux communistes et sa vie bourgeoise. Par Oscar, qui ne lâche rien et qu’elle essaie d’avertir de sa non-existence et de flatter : sans lui, la grandeur de l’exil volontaire de son compagnon n’aura aucune portée historique. Le réalisateur Pablo Larrain retrouve toute la verve ironique de <em>No</em> qui rendait hommage au peuple chilien brisant les chaînes de la dictature Pinochet. Pour ce faire, il s’adjoint trois talents singuliers : Gael Garcia Bernal tout en moustaches et qu’il retrouve pour la seconde fois, Luis Gnecco en Neruda plus vrai que nature et Mercedes Moran, sa femme charismatique. Si le film cède trop facilement aux sirènes de la farce au détriment de celles de l’histoire et de la poésie, la cavale au ralenti de Neruda avec Peluchonneau à ses trousses ne manque pas de saveur, ni d’admiration réciproque entre ces deux hommes poursuivis chacun par un idéal qui converge aux mêmes points : la renommée et la reconnaissance. Deux versions d’un même homme, deux points de vue si différents et pourtant si proches. C’est là toute l’originalité de ce <em>Neruda</em> qu’il ne serait Pablo de manquer !</p>
<p>&nbsp;<br />
Neruda <em>de Pablo Larrain, avec Gael Garcia Bernal, Luis Gnecco, Mercedes Moran… Chili, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016. Sortie le 4 janvier 2017.</em></p>
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		<title>Alejandro Jodorowsky vu par Philippe Rouyer</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2016 23:05:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alejandro Jodorowsky]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[culte]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Rouyer]]></category>

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		<description><![CDATA[Le journaliste de <em>Positif</em> Philippe Rouyer anime ce samedi 30 janvier une discussion avec le réalisateur culte Alejandro Jodorowsky, en son hommage au Festival de Gérardmer...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/alejandro-jodorowsky-copy-dr.jpg" alt="Alejandro Jodorowsky" title="Alejandro Jodorowsky" width="280" height="224" class="alignleft size-full wp-image-22890" /><strong>Le journaliste de <em>Positif</em> Philippe Rouyer anime ce samedi 30 janvier 2016 une discussion avec le réalisateur culte Alejandro Jodorowsky, dans le cadre d’un hommage tout particulier au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/festival-film-fantastique-gerardmer-2016/">Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. Il nous parle d’un artiste qui ne laisse personne indifférent. </strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi animer cette discussion avec Alejandro Jodorowsky ?</strong></p>
<p>C’était une proposition du Festival et j’ai accepté tout de suite avec plaisir, car je trouve le cinéma de Jodorowsky passionnant. Ce sera un grand moment, car c’est un artiste sans langue de bois et très généreux en entretien, qui va sans doute interpeler un public qui ne serait pas habitué à son style de cinéma. Un cinéma qui ne ressemble à rien de traditionnel et qui est un véritable choc émotionnel.</p>
<p><strong>Comment définir Jodorowsky ?</strong></p>
<p>C’est un poète visionnaire. Il part de films de genre qu’il distord totalement pour en faire des films très personnels. Je pense à <em>El Topo</em> et <em>Santa sangre</em>, aux terrains balisés qui bifurquent. Son dernier film, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/danse-realite-alejandro-jodorowsky/" title="La Danse de la réalité, de Alejandro Jodorowsky">La Danza de la realidad</a></em> est par exemple un film autobiographique racontant sa jeunesse et que l’on pourrait rapprocher des films de Bunuel ou Ruiz, mais qui devient une quête mystique. On pourrait dire que son cinéma rappelle les effets de la drogue, mais sans en prendre. <span id="more-22884"></span>Même si on n’adhère pas à son œuvre, on ne peut qu’être saisi par la beauté et les idées incroyables qui s’en dégagent. On se souvient de ses films, car c’est un véritable choc à chaque fois. Tout cinéaste important ne peut, de toute manière, pas laisser indifférent et divise. Toutefois, son <em>Danza de la realidad</em> est mieux maîtrisé et a reçu un accueil unanime. Et on attend beaucoup de son prochain film, <em>Poesia sin fin</em> sur son enfance à Santiago du Chili.</p>
<p><strong>Il semble inspirer bon nombre de cinéastes…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/el-topo-alejandro-jodorowsky.jpg" alt="El Topo, de et avec Alejandro Jodorowsky" title="El Topo, de et avec Alejandro Jodorowsky" width="280" height="189" class="alignright size-full wp-image-22886" />Oui, son adaptation de <em>Dune</em> en est l’exemple parfait. Il reste tout un tas d’éléments de préproduction comme les storyboards, où l&#8217;on prend la mesure de ce qu’aurait été ce film, que ce soit la distribution prévue (Mick Jagger, Orson Welles) ou la conception des vaisseaux qui rappellent ceux que l’on retrouvera plus tard dans <em>Star Wars</em>. Même ses créatures sont proches de l’Alien conçu par H.R. Giger. C’est incroyable, l’influence de cette œuvre qui pourtant n’a jamais vu le jour, faute de financement&#8230;</p>
<p><strong>Qui sont ses héritiers ?</strong></p>
<p>Nicolas Winding Refn se réclame de lui, comme un fils spirituel, car il fait aussi un cinéma mental, avec un vrai travail sur le genre, s’appuyant sur une réalité et allant au-delà. Il y aurait aussi Jan Kounen pour son intérêt des pratiques métaphysiques, que l’on retrouve dans <em>Blueberry</em>.<br />
Il a lui aussi le talent de ne pas être seulement réalisateur.</p>
<p><strong>Le cinéma n&#8217;est que l&#8217;une des facettes de l’œuvre de Jodorowsky&#8230;</strong></p>
<p>Oui, c’est un artiste protéiforme comme l’était Cocteau. Il a par exemple créé le mouvement Panique, héritage du dadaïsme et du surréalisme, avec Roland Topor et Fernando Arrabal. Son cinéma est d’ailleurs le fruit de ce passé, c’est pourquoi ses films sont si bouillonnants et dans une ébullition créatrice. Entre <em>Le Voleur d&#8217;arc-en-ciel</em> et <em>La Danza de la realidad</em>, ce sont écoulés 23 ans pendant lesquels il a fait tout autre chose. Pour lui, le cinéma n’est qu’un mode d’expression.</p>
<p><strong>Quels films conseiller à quelqu’un qui n&#8217;est pas familier de son cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/danse-realite-alejandro-jodorowsky.jpg" alt="La Danse de la réalité, d&#039;Alejandro Jodorowsky" title="La Danse de la réalité, d&#039;Alejandro Jodorowsky" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-12840" />Pour commencer, je suggérerais <em>La Danza de la realidad</em> et <em>Santa sangre</em>, qui sont ses films les plus narratifs. Il y a dans <em>Santa sangre</em> un traitement extraordinaire du personnage du tueur en série. C’est un cinéma de sensation, d’émotion qui peut vite échapper à un public qui attend qu’on lui raconte une histoire. Alejandro Jodorowsky vise au sublime, en prenant le risque d’être grotesque.</p>
<p><strong>Que pensez-vous des films choisis pour cet hommage ?</strong></p>
<p>Ce sont ses quatre meilleurs films, le Festival ne s’y est pas trompé. Je conseillerais toutefois de terminer le cycle par <em>La Montagne sacrée</em>, sans doute le film le plus déroutant, avec des moments de cinéma inouïs.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Allende, mi abuelo Allende, de Marcia Tambutti Allende</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2015 16:46:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>

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		<description><![CDATA[Au-delà d’une enquête sur un personnage public, historique et emblématique du Chili, Marcia Tambutti Allende est surtout à la recherche de son grand-père, Salvador Allende.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Mon grand-père, ce héros</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/abuelo-salvador-allende-chili-marcia-tambutti.jpg" alt="Allende, mi abuelo Allende" title="Allende, mi abuelo Allende" width="275" height="280" class="alignleft size-full wp-image-21752" />Au-delà d’une enquête sur un personnage public, historique et emblématique du Chili, Marcia Tambutti Allende est surtout à la recherche de son grand-père, Salvador Allende. &#8220;Chicho&#8221; pour les intimes. Il s’agit de découvrir quel homme il était, quel mari, quel père, quel grand-père, donc, à travers les photos et films privés. En interrogeant sa propre famille, elle se confronte en fait à un tabou inattendu. La famille Allende a connu le deuil et l’exil et se retrouve face à des plaies encore ouvertes. La réalisatrice, qui met en scène ses conversations avec ses tante, frère, mère, grand-mère et cousins, se confronte au silence, au refus de faire resurgir des souvenirs douloureux, qu’il s’agisse des événements mêmes du 11 septembre 1973, de l’exil, du suicide de l’une des filles d’Allende à Cuba, ou de la vie familiale avant le coup d’Etat qui est celle d’une famille entièrement tournée vers la politique (les maisons hypothéquées et vendues pour financer les campagnes, l’absence du père et mari, les secrétaires personnelles qui sont aussi les maîtresses). L’émotion et la pudeur sont palpables dans chaque silence, chaque esquive, chaque refus d’obstacle, et ils sont nombreux. <em>Allende, mi abuelo Allende</em> souligne aussi l’importance de la photo, alors même que chacun stocke aujourd’hui des gigaoctets sans jamais les consulter. <span id="more-21713"></span>Ici, les photos de famille &#8211; dont de nombreuses ont disparu lors du coup d’Etat &#8211; sont l’objet d’un véritable enjeu émotionnel. Il y a celles que l’on refuse de voir, celles que l’on cache, celles dont on ne veut pas se séparer. Et, enfin, il y a l’album qui réunit toute la famille, permet l’expression et le partage de sentiments enfouis. Marcia Tambutti Allende signe là un film à la fois très personnel et universel sur les douleurs et les non-dits, sur la transmission et la mémoire. Un portrait de famille bouleversant.</p>
<p>&nbsp;<br />
Allende, mi abuelo Allende<em> de Marcia Tambutti Allende. Chili, Mexique, 2015. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2015. Lauréat du prix documentaire L&#8217;Oeil d&#8217;or 2015.</em></p>
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		<title>Bout de rêve : 261690 JODOROWSKY</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Oct 2013 11:42:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alejandro Jodorowsky]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le 24 juillet 2013, une planète se nomme 261690 JODOROWSKY. Rencontre avec l'astronome qui l'a baptisée ainsi. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/10/incal-jodorowsky_alejandro.jpg" alt="Incal Tome 6" title="Incal Tome 6" width="280" height="200" class="alignleft size-full wp-image-14763" />En attendant de rencontrer Alejandro Jodorowsky, puisque Wildside ressort le 6 novembre prochain trois films restaurés du cinéaste et écrivain chilien (<em>La Montagne sacrée</em>, <em>El Topo</em> et <em>Santa Sangre</em>), scrutons un moment la voûte céleste pour contempler celle qui porte désormais son nom. Depuis le 24 juillet dernier, une planète se nomme, grâce à l’astronome français Jean-Claude Merlin qui l’a découverte à Nogales dans l’Arizona le 24 décembre 2005 (n’est-ce pas poétique ?) : 261690 JODOROWSKY. Rencontre.</strong><br />
&nbsp;<br />
&nbsp;</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous raconter les conditions de découverte de cette planète ?</strong></p>
<p>La plupart du temps, c&#8217;est en observant un astéroïde qu&#8217;on en découvre un autre qui passe dans le même coin du ciel au même moment. Et bien souvent, en suivant le deuxième, on en découvre un troisième, et ainsi de suite. C&#8217;est ce qui est arrivé avec l&#8217;objet découvert le 24 décembre 2005 qui est devenu aujourd&#8217;hui l&#8217;astéroïde Jodorowsky. Je l&#8217;ai trouvé en cherchant à ré-observer un autre astéroïde que j&#8217;avais découvert quelques jours auparavant. Il y en a encore des centaines de milliers à découvrir. <span id="more-14758"></span></p>
<p><strong>A quoi correspond le numéro 261690 ?</strong></p>
<p>On connaît actuellement plus de 500 000 astéroïdes. Près de 370 000 d&#8217;entre eux ont été suffisamment observés pour que leur orbite autour du Soleil soit bien établie : ils portent alors un numéro d&#8217;ordre définitif. L&#8217;objet qui nous intéresse porte donc le numéro 261 690. A partir du moment où un astéroïde reçoit un tel numéro définitif, le découvreur a le privilège de proposer un nom. Sur les 370 000 astéroïdes numérotés, seulement 15 000 d&#8217;entre eux portent un nom, les autres se contentent d&#8217;un numéro en attendant que leurs découvreurs fassent une proposition&#8230; s&#8217;ils ont l&#8217;idée, le temps et l&#8217;inspiration de le faire.</p>
<p><strong>Où se situe Jodorowsky dans le cosmos et à quoi ressemble-t-elle ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/10/la-montagne-sacree-jodorowsky.jpg" alt="La Montagne sacrée d&#039;Alejandro Jodorowsky" title="La Montagne sacrée d&#039;Alejandro Jodorowsky" width="280" height="200" class="alignright size-full wp-image-14769" />C&#8217;est un bon gros caillou de 5 kilomètres environ, tout sombre, tout irrégulier et plein de cratères. Un peu comme un morceau de la surface lunaire. On ne l&#8217;a pas vu de près. On connaît son éclat et comme on connaît sa distance et la région du système solaire où il se trouve, on peut faire une estimation de son diamètre. C&#8217;est à peu près tout pour l&#8217;instant. Il gravite dans la ceinture principale entre Mars et Jupiter, en moyenne à 470 millions de kilomètres du Soleil. 261690 JODOROWSKY met environ 5 ans et demi pour boucler une révolution complète autour du Soleil. Elle s’approche au mieux à 290 millions de kilomètres de la Terre. Ce n&#8217;est donc pas très loin de la Terre, c&#8217;est beaucoup plus proche que la plus proche des étoiles. </p>
<p><strong>Pourquoi avoir décidé de nommer cette planète Jodorowsky ?</strong></p>
<p>On honore quelqu&#8217;un ou un lieu, un concept en fonction de critères purement subjectifs et personnels et d&#8217;une inspiration que l&#8217;on a à un moment donné. J’ai revu <em>El Topo</em> à cette époque et cela m&#8217;a incité à honorer Jodorowsky. C&#8217;est mon film préféré. La première fois que je l’ai vu, j&#8217;avais 16 ans. Je cherche aussi à proposer des noms qui ont pour moi une certaine esthétique et une orthographe originale pour qu&#8217;ils puissent se distinguer des autres astéroïdes.</p>
<p><strong>Comment baptise-t-on une planète ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/10/el-topo-jodorowsky-wildside.jpg" alt="Affiche El Topo de Alejandro Jodorowsky" width="209" height="280" class="alignleft size-full wp-image-14772" />Il y a des aspects techniques, scientifiques, littéraires &#8211; il faut pouvoir écrire quelques lignes en bon anglais. 16 caractères maximum, le plus court possible, prononçable par la plupart des êtres humains&#8230; Pas un truc du genre &#8220;zxqw&#8221;. Il y a aussi des choses qui ne se font pas : pas de militaires ni de politiques, pas de noms injurieux ou de mauvais goût. Pas de nom qui ressemble trop à des noms déjà donnés&#8230; C&#8217;est une activité rattachée au monde scientifique et donc gratuite. Il n&#8217;y a pas de business ni d&#8217;entreprise privée qui touche des royalties dans l&#8217;affaire. On ne paye pas pour cela et on ne gagne pas d&#8217;argent non plus.</p>
<p><strong>Quels liens pouvez-vous faire entre cette planète et l’œuvre de Jodorowsky ?</strong></p>
<p>Les liens que Jodo fera lui-même. Même (surtout) si c&#8217;est mystique, émotionnel, nostalgique. <strong>J&#8217;ai voulu lui offrir un petit morceau d&#8217;éternité : il va graviter là-haut tranquillement pour des dizaines de millions d&#8217;années, c&#8217;est déjà pas mal</strong>. Il ne regardera plus jamais le ciel de la même façon : si cela peut l&#8217;inspirer dans sa créativité, ce serait excellent.</p>
<p><strong>Quand on pense à Jodorowsky, on pense plutôt à la magie qu’à la science, non ?</strong></p>
<p>Quand on baptise un astéroïde, on est plus dans l&#8217;émotionnel que dans la science. Personnellement je voulais faire plaisir à un artiste dont j&#8217;ai apprécié les créations et j&#8217;ai pensé aussi que cela ferait plaisir à ceux qui l&#8217;apprécient. A ce stade-là, la science on s&#8217;en fout. Et puis quand on s&#8217;appelle Merlin, on a le droit de s&#8217;intéresser à la magie, non ?</p>
<p><strong>Est-ce une évidence qu’un passionné d’astronomie s’intéresse à l’œuvre de Jodorowsky ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/10/film-el-topo-jodorowsky-alejandro.jpg" alt="El Topo d&#039;Alejandro Jodorowsky" title="El Topo d&#039;Alejandro Jodorowsky" width="280" height="207" class="alignright size-full wp-image-14774" />Un passionné d&#8217;astronomie peut aussi être passionné de cinéma, de musique, de voyages, de vieilles pierres, de météorites, de monnaies anciennes, de bière belge (j&#8217;ai un faible pour la Grimbergen ambrée), de chocolat noir. J&#8217;arrête là, cela deviendrait indiscret&#8230; J&#8217;ai baptisé plusieurs dizaines d&#8217;astéroïdes parmi lesquels : Rammstein, Yves Coppens, Marcel Bleustein-Blanchet, Gotlib, Mandryka, Enki Bilal, Claire Bretécher, Amélie Nothomb, Peter Falk, Roberto Alagna et puis Carnac, Cluny, Rapa Nui&#8230; et même le Marsupilami ! J&#8217;ajoute tout de même que je suis un fan de science-fiction : j&#8217;en ai beaucoup consommé avant de plonger dans l&#8217;astronomie, ce qui fait que je suis en fait très bon public, tout à fait capable de laisser de côté les invraisemblances scientifiques pour me laisser aller dans le rêve et l&#8217;imaginaire. </p>
<p><strong>Alejandro Jodorowsky est-il au courant de votre hommage ? Comment a-t-il réagi ?</strong></p>
<p>Bien sûr qu&#8217;il est au courant. Les Humanoïdes Associés ont été super sympa de faire suivre l&#8217;information. Jodorowsky est plus que ravi et très reconnaissant. Je pense que pour lui l&#8217;honneur va au-delà de lui-même : c&#8217;est pour lui une réhabilitation de son nom de famille qui était méprisé au Chili, que ce soit à l&#8217;époque de son père ou à l&#8217;époque de ses études théâtrales.</p>
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		<title>La Danse de la réalité, de Alejandro Jodorowsky</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Sep 2013 06:03:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Alejandro Jodorowsky]]></category>
		<category><![CDATA[Apichatpong Weerasethakul]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<description><![CDATA[L’histoire de Jaime et Sara, et de leur fils Alejandro, à Tocopilla, dans le Chili des années 1930. Jaime est un communiste convaincu qui veille d’une main de fer sur sa femme et sur son fils...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/danse-realite-alejandro-jodorowsky.jpg" alt="La Danse de la réalité, d&#039;Alejandro Jodorowsky" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-12840" /><strong>L’histoire de Jaime et Sara, et de leur fils Alejandro, à Tocopilla, dans le Chili des années 1930. Jaime est un communiste convaincu qui veille d’une main de fer sur sa femme, chanteuse d’opéra ratée, et sur son fils dont il veut faire un modèle de virilité.</strong></p>
<p>Après plusieurs projets annoncés puis avortés (<em>King Shot</em> et <em>Les fils d’El Topo</em>) et vingt-trois ans de silence cinématographique, plus personne n’attendait vraiment un nouveau film d’Alejandro Jodorowsky. On s’était presque fait une raison : Jodorowsky était désormais écrivain, prolifique scénariste de bande dessinée et cartomancien à ses heures, mais il était devenu un cinéaste à la retraite. Alors, entendre que son nouveau film, tourné dans le plus grand des secrets, allait être projeté à la <a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/45e-quinzaine-realisateurs/" title="La sélection de la Quinzaine des réalisateurs 2013" target="_blank">45e Quinzaine des réalisateurs</a> constituait une annonce d’envergure : le paisible papy entouré de ses chats dans son appartement parisien allait redonner vie à ses créatures monstrueuses, à ses héros tourmentés et à son univers surréaliste.</p>
<p>Surprise supplémentaire : <em>La Danse de la réalité</em> est l’adaptation de son propre ouvrage et lève enfin le mystère sur l’enfance du cinéaste. Ou plutôt : une partie du mystère. Car Jodorowsky est un conteur qui préfère la légende au réalisme cru, le symbolisme au fait. Qu’il soit né au Chili de parents immigrés, on n’en doute pas. Que sa mère se pensait diva et veillait affectueusement sur son « petit prince », certainement. Que son père représentait une autorité sèche et crainte, probablement. Mais le symbole agit chez Jodorowsky comme chez personne d’autre (ou alors peut-être chez Apichatpong Weerasethakul, autre électron libre du cinéma) : son processus de création relève davantage de l’écriture automatique et de « l’expérience cérébrale » que d’un souci de raconter une histoire intelligible et comprise intégralement par le plus grand nombre. <span id="more-12839"></span></p>
<p>Ainsi chaque élément est forcé, chaque personnage fantasmé et chaque situation devient allégorie. Fidèle à ses concepts surréalistes et au mouvement Panique qu’il fonda, l’auteur se laisse dépasser par son univers. Embarqué dans le train de ses pensées, il réalise une œuvre psychique et œdipienne : <em>« Pour moi, ce film est comme une bombe psychologique »</em>, admet le réalisateur. Alejandro y joue son propre personnage, quand l’un de ses fils joue son père, un autre le dictateur Ibañez. Derrière l’écran, sa femme réalise les costumes et son fils Adan compose la musique… Le cinéma envisagé comme moteur de la « psychomagie », cette doctrine qui propose de parler le langage de l’inconscient. Le cinéma comme don reçu, et non comme produit.</p>
<p>On retrouve en tout cas dans <em>La Danse de la réalité</em> les obsessions de son auteur et, peut-être, leurs plus lointaines racines : cette fascination pour les monstres de foire et autres <em>freaks</em> qu’Alejandro tient de sa découverte du monde circassien, son inclinaison pour les martyrs, pour la violence et la cruauté. Et, bien sûr, la foi qu’il a en la rédemption après la chute. Autant d’éléments qui, en substance, sont au centre de <em>Fando et Lis</em>, <em>Santa Sangre</em>, <em>La Montagne sacrée</em> et du cultissime <em>El Topo</em>. Adoré par certains, détesté par beaucoup, le cinéma d’Alejandro constitue surtout une promesse : celle d’un « autre chose », un univers singulier, bizarre, théâtral et terriblement original qui imprègne durablement le spectateur.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Danse de la réalité <em>(La Danza de la realidad) de et avec Alejandro Jodorowsky, avec aussi Brontis Jodorowsky, Pamela Flores, Jeremias Herskovits, Cristobal Jodorowsky, Adan Jodorowsky&#8230; Chili, France, 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Sortie le 4 septembre 2013.</em></p>
<p><strong>&raquo; Découvrez notre <a href="/categorie/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>28/06-08/07 : 41e Festival international du film de La Rochelle</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Jun 2013 17:37:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[William Kentridge]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Rétrospectives burlesques, hommages éclectiques, découvertes chiliennes et centenaire du cinéma indien, la programmation du 41e Festival international du film de La Rochelle s’annonce envoûtante. Côté rétrospectives,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/festival-international-du-film-de-la-rochelle.jpg" alt="festival-international-du-film-de-la-rochelle" width="147" height="210" class="alignleft size-full wp-image-13956" /><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Rétrospectives burlesques, hommages éclectiques, découvertes chiliennes et centenaire du cinéma indien, la programmation du 41e Festival international du film de La Rochelle s’annonce envoûtante. Côté rétrospectives, 30 films de Max Linder et 22 films de Billy Wilder, dont 5 présentés en avant-première de leur réédition en salle sont à découvrir.<br />
Quant aux hommages, ils sont denses. De Valeria Bruni Tedeschi  à Andreas Dresen, de José Luis Guérin à Heddy Honigmann et de <a href="/sorties-culturelles/expositions/william-kentridge-laboratoire-negation-temps/">William Kentridge</a> à Jerry Lewis, chacun y trouvera son bonheur.<br />
Côté Pacifique, 40 ans après le coup d’Etat mené par le général Augusto Pinochet germe un tout nouveau cinéma chilien. Le festival y présente 14 films de 6 cinéastes différents dont <em>La Sagrada Familia</em> de Sebastian Lelio et <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/no-pablo-larrain/" title="No, de Pablo Larrain">No</a></em> de Pablo Larrain.<br />
Direction maintenant l’Inde, avec une sélection de films plus ou moins connus mais qui détiennent une singularité et une vision très particulière du pays. 6 films seront projetés dont le premier, le plus historique (réalisé en 1913), <em>Raja Harishchandra</em> de Dadasaheb Phalke.<br />
Pour ponctuer le tout : peinture animée et cinéma pour enfants. Entre un hommage au studio Folimage qui produit des séries d’animation ludo-éducatives et trois longs-métrages avec <em>Zazie dans le métro</em>, <em>Side Walk Stories</em> et <em>La Grosse Bête</em>, les enfants seront conquis. </p>
<p><em>&raquo; Tout le programme sur le site du <a href="http://www.festival-larochelle.org/" target="_blank" rel="nofollow">Festival international du film de La Rochelle</a></em></p>
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		<title>Magic Magic, de Sebastian Silva</title>
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		<pubDate>Tue, 07 May 2013 21:09:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alice Fargier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<category><![CDATA[Sebastian Silva]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Du rire à la terreur</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/magic-magic-sebastian-silva-2.jpg" alt="Magic Magic, de Sebastian Silva" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-13491" /><em>« Désolée de m’imposer dans tes vacances. Ma mère a pensé que cela me ferait du bien… »</em> s’excuse Alicia, jeune étudiante américaine au regard fragile, dans une salle de bains qui ne lui appartient pas, dans un pays qu’elle ne connaît pas : le Chili. Ce sera son premier voyage hors du territoire US. Sa cousine, Sara, la rassure. Elle se dit folle de joie de passer ces vacances avec Alicia et de lui présenter ses amis chiliens… Le spectateur ignore déjà quelque chose, on ne lui dit pas tout. Quels sont les problèmes d’Alicia ? Pourquoi Sara, elle, n’y fait aucune allusion ?</p>
<p>Le spectateur devient très actif et le restera pendant les trois quarts du film, jusqu’à ce qu’il se sente littéralement impuissant. Sebastian Silva, le cinéaste, s’amuse à nous mener par le bout du nez, nous faisant passer d’un point de vue à un autre sans jamais tout nous dévoiler. Sara doit s’absenter subitement pour un examen de fac imprévu (on comprendra par la suite qu’il s’agit d’un avortement) et son amie Alicia va devoir rester seule avec les trois autres copains chiliens : Brick, Augustin et Barbara. Alicia s’isole du groupe et tombe dans la paranoïa… Sebastian Silva entame alors le portrait d’une jeune fille souffrant des premiers symptômes de schizophrénie. Seulement, tous ces jeunes adolescents un peu cruels s’amusent avec elle comme ils s’amuseraient avec n’importe quelle nouvelle fille un peu timorée et facile à manipuler. Le cinéaste ne cherche pas à dénoncer une insensibilité ou un manque de conscience ; son point de vue se promène et ne juge pas. Il nous parle en fait d’un « ratage ». Les personnages vont rater les signes de la maladie d’Alicia. Ils n’ont pas les antennes pour les décoder, trop pris dans leurs propres problématiques : l’homosexualité de Brick, l’avortement du bébé d’Augustin et Sara… L’adolescence est une période où les bouleversements intimes sont tels qu’ils rendent aveugles. Et comme ces adolescents un peu bêtes, nous rions à ces jeux bizarres qui pourraient être innocents. </p>
<p>La manière dont ces sublimes paysages du sud du Chili sont filmés et dont la nature et les animaux qui la peuplent sont présents par le son (piaillements continus d’oiseaux, geignements de chien galeux…) nous plonge dès le début dans une réalité teintée d’onirisme, écartant nos mécanismes de pensée rationnelle. La scène d’hypnose par exemple, aussi improbable soit-elle, fonctionne formidablement bien. Le réalisateur dit s’être inspiré du <em>Locataire</em> de Roman Polanski et l’on comprend très bien pourquoi. La réussite du film est de parvenir à nous glisser dans le point de vue d’une jeune schizophrène. De simples craquements de chips dans la bouche d’une autre deviennent terrifiants… Nous adhérons à l’hypersensibilité de la jeune femme et à l’altération de sa perception. Sebastian Silva jette le spectateur dans la confusion, et le manque de repères et d’informations suscite chez lui un fort sentiment d’inquiétude. La dernière partie du film, qui engage des pratiques chamaniques, est la plus terrifiante mais il n’en sera rien révélé ici&#8230;</p>
<p>Quel public ce long-métrage parviendra-t-il à attirer dans les salles ? Il obéit en apparence à tout ce qu’il faut pour qu’un film fasse recette : de jeunes acteurs hollywoodiens montants, Juno Temple, Emily Browning, Catalina Sandino Moreno, Michael Cera et un pitch façon <em>teen-movie</em> d’horreur, genre très apprécié par le grand public… Seulement comment réagiront les premiers spectateurs face à ces déroutants personnages d’adolescents si étranges ? Avec toutes les audaces et l’intelligence que comporte ce <em>Magic Magic</em>, on lui souhaite de toucher très large.</p>
<p><strong>&raquo; Lire <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/rencontre-interview-sebastian-silva-magic-cannes-2013/" title="Rencontre avec Sebastian Silva">l&#8217;interview de Sebastian Silva</a> à propos de <em>Magic Magic</em></strong><br />
&nbsp;<br />
Magic Magic<em> de Sebastian Silva, avec Juno Temple, Michael Cera, Emily Browning… Chili, Etats-Unis, 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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