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	<title>Grand Écart &#187; Ben Wheatley</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>High-Rise, de Ben Wheatley</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2016 06:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Wheatley]]></category>
		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
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		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[« Nous vivons dans un monde de simulacres. Et par là, je ne veux pas seulement parler de notre perception de l’existence des célébrités du ciné, de la télé ou de la politique, mais aussi...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/high-rise-ben-wheatley-affiche.jpg" alt="High-Rise, de Ben Wheatley" title="High-Rise, de Ben Wheatley" width="192" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23368" /><em>« Nous vivons dans un monde de simulacres. Et par là, je ne veux pas seulement parler de notre perception de l’existence des célébrités du ciné, de la télé ou de la politique, mais aussi bien de nos rapports humains entre nous. La relation tissée entre hommes et femmes de nos jours est une sorte de roman. Nous vivons nos propres vies comme des vies légendaires. C’est en ce sens que l’on ne peut plus parler de réalisme au sens ancien du terme, nous vivons l’ère des réalismes imaginaires. Il n’y a plus de frontières précises entre le mythe et la réalité. »</em> <a href="#ref">(1)</a></p>
<p>Ecrivain majeur de la seconde partie du XXe siècle, J.G. Ballard est l&#8217;un des plus grands visionnaires de la littérature contemporaine. S’attaquer à l’adaptation d’une de ses œuvres-phares n’est donc pas anodin. D’autant plus quand les réalisateurs qui l’ont précédé avec succès sont Steven Spielberg (<em>L’Empire du soleil</em>) et David Cronenberg (<em>Crash</em>).<br />
Mais même en faisant abstraction des réalisateurs susmentionnés, il reste le simple (sic) fait que l’œuvre ballardienne est en soi un vecteur de réflexion immensément riche. Rares sont ceux qui ont scruté avec autant de perspicacité leur époque et ont « prédit » l’avenir avec autant de finesse psychologique que Ballard tout au long de ses romans.<br />
S’attaquer à Ballard, c’est affronter le défi de représenter l’espace ballardien, une notion qui établit un rapport complexe et organique entre espace intérieur et espace extérieur, l’un et l’autre se reflétant mutuellement. Tout comme Lovecraft professait l’existence d’une géométrie « non-euclidienne » impossible à représenter, Ballard a imaginé des paysages lointains issus d’un rêve et décrit des errances humaines dont l’intérêt réside dans l’acceptation finale du héros de se laisser aller au temps, un temps nouveau, autre&#8230; <span id="more-23358"></span><br />
Et puis, il y a le regard de l’écrivain sur la ville, l’architecture, la suburbia (<em>« L’espace suburbain est pour lui le nouveau terrain de la déviance, de l’obsession, de la bizarrerie. C’est une sorte de lieu pathogène, de paysage mi trivial et mi infâme. »</em> <a href="#ref">(2)</a>), terme contemporain qui désigne les villes en périphérie, les « banlieues » aux espaces similaires partout dans le monde, cet espace intermédiaire que Ballard a décidé d’habiter, ayant été un résident de Shepperton la plupart de sa vie.</p>
<p><em>I.G.H.</em>, titre français de <em>High-Rise</em>, clôture ainsi la « trilogie du béton », une phase déterminante de l’œuvre ballardienne. C’est un aboutissement stylistique et philosophique : narrant la détérioration des relations interpersonnelles dans un immeuble de grande hauteur dans la banlieue londonienne, Ballard y décrit une société repliée sur elle-même qui régresse et développe une guerre balkanique au sein de la tour. Ce qui pourrait être une fable un peu indigeste et prévisible devient un miroir effrayant de notre civilisation où les écarts entre riches et pauvres ne cessent de déchirer le tissu social et où les rêves d’un chacun se fracassent contre le béton d’une architecture aveugle, tombeau d’une humanité qui retrouve une étincelle de sérénité dans l’acceptation de sa sauvagerie inévitable.</p>
<p>D’emblée on peut se réjouir d’une chose : il n’est pas nécessaire de savoir tout cela pour apprécier <em>High-Rise</em> de Ben Wheatley. Alors pourquoi un tel préambule ? Car c’est tout aussi bien de le savoir, que de l’apprendre après coup. Ben Wheatley ne s’embarrasse pas d’un discours théorique pesant, il nous dévoile un film foutraque, généreux, parfois bancal mais toujours divertissant, surprenant et esthétiquement ravissant. Et il se trouve en plus que c’est là peut-être la plus fidèle adaptation de Ballard au cinéma. Spielberg et Cronenberg avaient tous deux brillamment trahi la source de leur récit. Wheatley embrasse le roman, s’y plonge, injecte ses obsessions et ressort avec un film dont la fragilité et le côté punk se marient parfaitement avec le ton de Ballard qui semble parfois (faussement) découvrir ses personnages au moment de les écrire. Il y a ainsi des moments de fureur, de poésie, des échappées lyriques et des blagues vulgaires. Tout ça s’enchaînant avec la logique qui se trouvait dans les films des années 1970.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/04/high-rise-ben-wheatley-tom-hiddleston.jpg" alt="High-Rise, de Ben Wheatley" title="High-Rise, de Ben Wheatley" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23373" />En situant son film à l’époque où Ballard a écrit le roman, Wheatley renoue avec l’esprit libre et expérimental du cinéma de cette époque. Et comme il l’explique, situer le film de nos jours aurait été une erreur : les technologies actuelles, particulièrement les réseaux sociaux rendraient un tel événement différent, c’est un prisme biaisé qui donnerait une portée trop étroite à ce récit. Alors qu’en renouant avec le look <em>70’s</em>, Wheatley crée une dystopie du passé qui nous éclaire mieux sur notre société actuelle.</p>
<p>Soutenu par un casting cinq étoiles en très grande forme, <em>High-Rise</em>, pardonnez le jeu de mots, atteint des sommets. Tom Hiddleston confirme qu’il est un des acteurs les plus intéressants de sa génération et Sienna Miller trace une carrière singulière tout en douceur et discrétion. Jeremy Irons retrouve les sommets de son art en étant sur le toit de cet immeuble improbable, entre la pyramide et le HLM.</p>
<p>La liberté de ton du film en agacera certains, d’autres critiqueront le désordre ambiant qui semble affecter la mise en scène. Mais ce n’est pas sans rappeler le précédent film du réalisateur : <em>A Field In England</em>. Manifeste anarcho-punk psychédélique complètement barré dont on ne sort pas indemne. Wheatley injecte autant de folie et d’inventivité dans son immeuble au récit (presque) classique que dans son petit film expérimental. Le résultat est détonnant, déroutant, enthousiasmant&#8230; pour qui accepte son destin et se laisse porter par la créature hybride qu’est <em>High-Rise</em>, odyssée dévastatrice, onde de choc, murmure, bref, une œuvre un peu inclassable mais bouleversante car elle parle à notre être profond.</p>
<p>Tout comme un roman de Ballard qui nous perd parfois (et se perd sûrement&#8230;), il faut accepter que nous n’avons pas le contrôle de la narration, que nous sommes une figure dans un faisceau de connexions et que tout cela est appelé à disparaître, tôt ou tard. Ce réseau est peut-être une fiction, un rêve ou autre chose, peu importe, il faut enfin intérioriser qu’il n’y a plus de distinction entre ça et la « vie », entre le cinéma et la réalité. <em>High-Rise</em> n’est pas qu’un film, c’est le fragment d’une histoire à venir, l’annonce d’une apocalypse qui épelle notre nom.</p>
<p><a href="#ref" name="ref"></a></p>
<p style="font-size:90%">(1) J.G. Ballard dans « Zones d’influences », entretien avec J.G. Ballard par Stan Barets &#038; Yves Frémion, 1977. Paru dans <em>J.G. Ballard – Hautes altitudes</em> (dir.) Jérôme Schmidt &#038; Emilie Notéris, Editions ère, 2008, Alfortville.<br />
(2) Bruce Bégout « SUBURBIA du monde (urbain) clos à l’univers (suburbain) infini ». Paru dans <em>J.G. Ballard – Hautes altitudes</em> (dir.) Jérôme Schmidt &#038; Emilie Notéris, Editions ère, 2008, Alfortville.</p>
<p>&nbsp;<br />
High-Rise de Ben Wheatley, avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons, Sienna Miller&#8230; Angleterre, 2015. Sortie le 6 avril 2016.</p>
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		<title>Kill List, de Ben Wheatley</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jul 2012 15:36:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Wheatley]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
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		<description><![CDATA[C'est une sacrée tambouille que nous a préparée là Ben Wheatley. Un jeu de dupes diabolique, à la fois drame social, thriller, film d'horreur. En salle le 11 juillet 2012...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/07/kill-list-ben-wheatley.jpg" alt="Kill List, de Ben Wheatley" title="Kill List, de Ben Wheatley" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-8905" />C&#8217;est une sacrée tambouille que nous a préparée là Ben Wheatley. Un jeu de dupes diabolique mis en scène par un réalisateur habile et audacieux et déjà récompensé du prix de la Critique lors du <a href="/cinema/compte-rendu-festival-film-policier-beaune/">dernier Festival international du film policier de Beaune</a>. Drame social, polar, thriller, film d&#8217;horreur. <em>Kill List</em> est tout ça à la fois. Ca commence comme un Ken Loach. Avec une image sobre et réaliste, Ben Wheatley nous plonge au cœur d&#8217;un couple en crise, rongé par ses soucis d&#8217;argent. Ex-soldat obsédé par une expérience passée douloureuse, Jay (excellent Neil Maskell) n&#8217;a pas travaillé depuis huit mois. Devenu tueur à gages, il vit reclus chez lui, se laissant doucement sombrer en dépit des coups de gueule de sa femme Shel (MyAnna Buring) pour le faire réagir. Mais poussé par son meilleur ami et partenaire Gal (Michael Smiley), il finit par accepter un contrat. Le job, buter trois types. Les commanditaires, de mystérieux clients en costard-cravate. <em>Kill List</em> entame alors son premier virage pour basculer dans un polar noir sanguinolent. La tension restée jusque-là simplement palpable se précise. Elle enfle inexorablement. Et ce qui devait être pour Jay une mission &#8220;propre&#8221;, efficace, histoire de se remettre en selle, réveille en lui de vieux démons. <span id="more-8903"></span>Peu à peu dominé par la peur et la paranoïa, il se laisse submerger par une violence haineuse et féroce. Alors que Jay s&#8217;enfonce insensiblement dans les ténèbres, le film glisse une nouvelle fois pour prendre des apparences bien plus terrifiantes et perverses, quasi fantastiques. Jusqu&#8217;à l&#8217;ultime point d&#8217;orgue&#8230; Le montage est sec, tranchant, elliptique. Dialogues et images avancent parfois à contretemps. Ben Wheatley, c&#8217;est évident, prend un malin plaisir à brouiller les pistes. A nous faire sentir le poids des non-dits. Mais pour autant, <em>Kill List</em> n&#8217;apparaît jamais comme un simple exercice de style ou comme un quelconque numéro d&#8217;équilibriste trans-genres. Aucun à-coup, aucun soubresaut ne viennent rythmer cette progressive et inéluctable descente aux enfers. Le réalisateur pousse son récit et son personnage d&#8217;une atmosphère à l&#8217;autre avec beaucoup de naturel, nous entraînant dans un dédale d&#8217;interprétations dont Wheatley a pris soin de dissimuler les clefs.</p>
<p>&nbsp;<br />
Kill List<em> de Ben Wheatley, avec Neil Maskell, MyAnna Buring, Harry Simpson, Michael Smiley… Angleterre, 2011. Prix de la Critique du 4e Festival du film policier de Beaune. Sortie le 11 juillet 2012.</em></p>
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